DVD. Rossini: Matilde di Shabran (Florez, 2012)

Rossini-Matilde-Di-Shabran_Olga-Peretyatko-Mario-Martone-Juan-Diego-Florez,images_big,28,0743816-1DVD. Rossini : Matilde di Shabran (Florez, 2012)   …   Souvenons-nous c’était en 1996, ici même à Pesaro, lieu des révélations rossiniennes, le jeune Juan Diego Florez faisait à 23 ans ses débuts foudroyants dans le rôle de Corradino de Matilde di Shabran : ténor en or pour oeuvre méconnue. Normal car il y faut des chanteurs hors pairs, capables sous le masque formaté d’une comédie légère, de vrais tempéraments vocaux qui osent prendre des risques. Depuis, le Péruvien divin a chanté 3 fois ce rôle désormais emblématique de son style comme de sa carrière ; un rôle fétiche lié à ses débuts fulgurants, en quelque sorte qui méritait bien d’être filmé, ici pour la reprise en 2012 … Le Florez 2012 est plus libre et inventif, fin et nuancé encore qu’à ses débuts, sans avoir perdu aucun de ses aigus filés d’une candeur et d’une précision inouïes. Le jeu d’acteur a gagné une imagination qui fait miracle.
Mis en perspective avec sa participation 2013 au même festival (Guillaume Tell en version française où il éblouit dans le rôle d’Arnold), Juan Diego Florez affirme bien ses affinités inégalées au bel canto rossinien, tissé dans la clarté solaire et le style le plus raffiné qui soit.

 

 

Florez plus rossinien que jamais

 

Shabran_Juan Diego Florez dvd DeccaDéjà enregistrée pour le disque en 2006 avec une partenaire mémorable elle aussi, -Annick Massis-, l’oeuvre a donc les faveurs de l’archivage, mais pour le transfert au dvd, le ténor change de complice pour le rôle titre en la personne de Olga Peretyatko, nouvelle voix rossinienne chez Sony classical, voix ronde et corsée, d’une musicalité à la hauteur de son royal partenaire (la diva vient de sortir un premier album dédié à Mozart, Rossini, Johann Strauss où sa coloratura s’épanouit avec un mordant très affirmé). En outre, l’exceptionnel Nicola Alaimo, repéré dans Stiffelio de Verdi (où il jouait Stankar, le père vengeur avec une justesse vocale et dramatique impeccable) à Monaco dernièrement, fait tout le relief du rôle d’Aliprando : subtilité, simplicité, flexibilité : quelle distribution ! Après Riccardo Frizza, Michele Mariotti dirige l’action avec une vivacité efficace sans surlignage abusif ni démonstration pâteuse : les finales d’acte dont le quintette du I donnent le vertige et le tournis par leur évidente précision et leur irrésistible nervosité collective. Dans sa version napolitaine, plus riche et caractérisée que la création romaine de 1821, cette Matilde di Shabran a certes un livret un rien léger, mais ce qu’y réalisent les interprètes, tous à l’avenan, relève d’un miracle récent, à inscrire en lettres blanches parmi les redécouvertes les plus extraordinaires de l’histoire rossinienne récente. Incontournable.

 

Rossini : Matilde di Shabran. Juan Diego Florez (Corradino). Olga Peretyako (Matilde), Nicola Alaimo (Aliprando)… Orchestra e coro del Teatro comunale di Bologna. Michele Mariotti, direction. Mario Martone, mise en scène. 2 dvd Decca 0743813

 

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