PESARO. Juan Diego Florez chante Uberto pour les 20 ans de sa carrière

festival-de-pesaro-logo-rossini-2016-juan-diego-florez-donna-del-lagoPESARO. Juan Diego Florez chante Uberto : 8-17 aoĂ»t 2016. Le tĂ©nor pĂ©ruvien n’est pas seulement l’ambassadeur du festival Rossini de Pesaro. Depuis sa formidable prise de rĂ´le, presque Ă  pied levĂ©, dans l’immense dĂ©fi vocal du rĂ´le de Corradino dans Matilde di Shabran en 1996, prise de rĂ´le qui fut rĂ©vĂ©lation et dans sa carrière Ă  son aube, tremplin spectaculaire, Juan Diego Florez est surtout le plus grand tĂ©nor rossinien et au-delĂ , dĂ©tenteur d’une perfection vocale belcantiste qui Ă©blouit tout autant dans les opĂ©ras d’avant Verdi, ceux de Donizetti et surtout Bellini. Depuis 20 ans dĂ©jĂ , Juan Diego Florez chante sur les scènes du monde entier et particulièrement Ă  Pesaro chaque Ă©tĂ©, oĂą il a lancĂ© sa prestigieuse carrière. Du 8 au 17 aoĂ»t 2016, le tĂ©nor adulĂ© – vĂ©ritable trĂ©sor vivant au PĂ©rou, l’équivalent de son confrère Joseph Calleja pour la RĂ©publique de Malte – le plus petit Ă©tat de l’Union EuropĂ©enne-, chante Giacomo (Jacques V d’Ecosse) / Uberto, amoureux de la fille de son ennemi, Elena, qui est pourtant promise Ă  Rodrigo, et qui aime Malcolm… imbroglio amoureux, ou Ă©chiquier sentimental croisĂ© d’oĂą jaillissent les vrais identitĂ©s. MalgrĂ© ses rivaux dĂ©clarĂ©s, l’Ă©blouissant Uberto chante sa flamme irrĂ©pressible pour la belle Elena dans son fameux air  qui ouvre l’acte II : « O fiamma soave », sommet du beau chant rossinien enivrĂ©, sensuel, amoureux. Prince cachĂ©, et coeur noble comme gĂ©nĂ©reux c’est Ă  dire capable d’abnĂ©gation et de renoncement, Uberto sait sacrifier ses propres sentiments pour le bonheur d’Elena qui au final, peut Ă©pouser son aimĂ©, Malcolm. En 1819, Rossini signe ainsi, dans les couleurs pastorales raffinĂ©es de l’orchestre oĂą brillent le chant Ă©lĂ©giaque du cor et de la clarinette entre autres, le premier opĂ©ra romantique italien, avant les sommets lyriques des Bellini et Donizetti.

De toute évidence, par la subtilité de son chant, la pureté lumineuse de son style, Juan Diego Florez incarne à travers le personnage d’Uberto, la perfection du chant rossinien à son sommet. Incontournable.

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PESARO : Juan Diego Florez chante Uberto dans La Donna del Lago de Rossini, les 8, 11, 14 et 17 août 2016. Toutes les infos, réservez sur le site du Festival Rossini de Pesaro / Rossini Opera Festival Pesaro (Italie)

 

 

 

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Visage juvĂ©nile mais style affĂ»tĂ©, millĂ©mĂ©trĂ©, incandescent et raffinĂ© : Juan Diego Florez en 2016 confirme un immense talent, la perfection rossinienne au masculin…

DVD. Rossini: Matilde di Shabran (Florez, 2012)

Rossini-Matilde-Di-Shabran_Olga-Peretyatko-Mario-Martone-Juan-Diego-Florez,images_big,28,0743816-1DVD. Rossini : Matilde di Shabran (Florez, 2012)   …   Souvenons-nous c’Ă©tait en 1996, ici mĂŞme Ă  Pesaro, lieu des rĂ©vĂ©lations rossiniennes, le jeune Juan Diego Florez faisait Ă  23 ans ses dĂ©buts foudroyants dans le rĂ´le de Corradino de Matilde di Shabran : tĂ©nor en or pour oeuvre mĂ©connue. Normal car il y faut des chanteurs hors pairs, capables sous le masque formatĂ© d’une comĂ©die lĂ©gère, de vrais tempĂ©raments vocaux qui osent prendre des risques. Depuis, le PĂ©ruvien divin a chantĂ© 3 fois ce rĂ´le dĂ©sormais emblĂ©matique de son style comme de sa carrière ; un rĂ´le fĂ©tiche liĂ© Ă  ses dĂ©buts fulgurants, en quelque sorte qui mĂ©ritait bien d’ĂŞtre filmĂ©, ici pour la reprise en 2012 … Le Florez 2012 est plus libre et inventif, fin et nuancĂ© encore qu’Ă  ses dĂ©buts, sans avoir perdu aucun de ses aigus filĂ©s d’une candeur et d’une prĂ©cision inouĂŻes. Le jeu d’acteur a gagnĂ© une imagination qui fait miracle.
Mis en perspective avec sa participation 2013 au mĂŞme festival (Guillaume Tell en version française oĂą il Ă©blouit dans le rĂ´le d’Arnold), Juan Diego Florez affirme bien ses affinitĂ©s inĂ©galĂ©es au bel canto rossinien, tissĂ© dans la clartĂ© solaire et le style le plus raffinĂ© qui soit.

 

 

Florez plus rossinien que jamais

 

Shabran_Juan Diego Florez dvd DeccaDĂ©jĂ  enregistrĂ©e pour le disque en 2006 avec une partenaire mĂ©morable elle aussi, -Annick Massis-, l’oeuvre a donc les faveurs de l’archivage, mais pour le transfert au dvd, le tĂ©nor change de complice pour le rĂ´le titre en la personne de Olga Peretyatko, nouvelle voix rossinienne chez Sony classical, voix ronde et corsĂ©e, d’une musicalitĂ© Ă  la hauteur de son royal partenaire (la diva vient de sortir un premier album dĂ©diĂ© Ă  Mozart, Rossini, Johann Strauss oĂą sa coloratura s’Ă©panouit avec un mordant très affirmĂ©). En outre, l’exceptionnel Nicola Alaimo, repĂ©rĂ© dans Stiffelio de Verdi (oĂą il jouait Stankar, le père vengeur avec une justesse vocale et dramatique impeccable) Ă  Monaco dernièrement, fait tout le relief du rĂ´le d’Aliprando : subtilitĂ©, simplicitĂ©, flexibilitĂ© : quelle distribution ! Après Riccardo Frizza, Michele Mariotti dirige l’action avec une vivacitĂ© efficace sans surlignage abusif ni dĂ©monstration pâteuse : les finales d’acte dont le quintette du I donnent le vertige et le tournis par leur Ă©vidente prĂ©cision et leur irrĂ©sistible nervositĂ© collective. Dans sa version napolitaine, plus riche et caractĂ©risĂ©e que la crĂ©ation romaine de 1821, cette Matilde di Shabran a certes un livret un rien lĂ©ger, mais ce qu’y rĂ©alisent les interprètes, tous Ă  l’avenan, relève d’un miracle rĂ©cent, Ă  inscrire en lettres blanches parmi les redĂ©couvertes les plus extraordinaires de l’histoire rossinienne rĂ©cente. Incontournable.

 

Rossini : Matilde di Shabran. Juan Diego Florez (Corradino). Olga Peretyako (Matilde), Nicola Alaimo (Aliprando)… Orchestra e coro del Teatro comunale di Bologna. Michele Mariotti, direction. Mario Martone, mise en scène. 2 dvd Decca 0743813