lundi, février 6, 2023

CRITIQUE, opéra. Philharmonie de Luxembourg, le 30 nov 2022. MOZART : La Clemenza di Tito / Osborn, Bartoli, Desandre… G Capuano.

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CRITIQUE, opéra. Philharmonie de Luxembourg, le 30 nov 2022. MOZART : La Clemenza di Tito / Osborn, Bartoli, Desandre…Les Musiciens du Prince-Monaco, Gianluca Capuano. Le 30 novembre dernier, la Philharmonie de Luxembourg invitait – au sein de sa richissime programmation, et après que le spectacle eût tourné un peu partout, tant à la Philharmonie de Paris qu’à la Fondation Gianadda de Martigny – Les Musiciens du Prince-Monaco dirigés par leur chef Gianluca Capuano, pour une version de concert de La Clemenza di Tito de W. A. Mozart, avec une distribution « 6 » étoiles : John Osborn dans le rôle-titre, Cecilia Bartoli en Sesto, Alexandra Marcellier en Vitellia, Mélissa Petit en Servilia, Lea Desandre en Annio et Peter Kalman en Publio.

A noter tout d’abord qu’une certaine mise en espace était ici présente, par l’entremise de projections vidéo donnant à voir des représentations de la Rome antique, sous forme de gravures anciennes. Cette bonne surprise est contrebalancée par la mauvaise nouvelle par laquelle débute la soirée : Alexandra Marcellier, qui devait interpréter le rôle de Vitellia, est tombée malade le jour même du concert, et l’institution luxembourgeoise n’a pas eu le temps de lui trouver une remplaçante. Qu’à cela ne tienne, Cecilia Bartoli et Mélissa Petit se chargeront de délivrer les airs qui lui incombaient !

 

 

Bartoli en majesté

 

 

Comme l’on pouvait s’y attendre, la grande Cecilia Bartoli vole la vedette au rôle-titre, d’autant que la prestation du ténor américain le nez plongé dans sa tablette (tandis que ses collègues ont appris leur rôle, eux…) ne contribue guère à en faire le héros de la soirée ! Grande idée de lui avoir fait chanter l’air le plus célèbre de la partition, le sublime « Parto, parto », non en s’adressant à Vitellia (de toute façon absente…) mais au clarinettiste solo Francesco Spandolini. Elle incarne cet anti-héros avec son habituelle présence poignante, et un timbre qui n’a rien perdu de sa séduction, et pour tout dire avec une voix somptueuse dans tous ses différents registres. 

Malgré le bémol émis envers John Osborn, il n’en reste pas moins un excellent Tito, son ténor alliant élégance dans l’émission et justesse dans le style. De son côté, Lea Desandre offre à Annio son timbre riche et sa présence ardente, tout en s’exprimant avec un parfait naturel dans la langue de ses aïeux. Enfin, avec sa voix fraîche et fruitée, et sa présence délicate, la jeune soprano française Mélissa Petit est une belle surprise en Servilia, tandis que Peter Kalman est un luxe dans le court rôle de Publio.

Dernier bonheur de la soirée, sous la baguette de son chef titulaire Gianluca Capuano, Les Musiciens du Prince-Monaco s’imposent par la variété des couleurs, la souplesse des phrasés ; un accompagnement toujours juste des chanteurs en s’adaptant aux différents coloris des voix. Enthousiaste, le public luxembourgeois leur fait une incroyable fête !

 

 

 

 

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CRITIQUE, opéra. Philharmonie de Luxembourg, le 30 nov 2022. La Clemenza di Tito de W. A. Mozart par Les Musiciens du Prince-Monaco dirigés par Gianluca Capuano. Photo : © S Grébille

 

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