samedi 15 juin 2024

CRITIQUE, opéra. BORDEAUX, Grand-Théâtre (du 8 au 12 novembre). DVORAK : Rusalka. A. Yorentz Sargsyan, T. Muzek, I. Stopina, W. Smilek… Clarac & Deloeuil > Le Lab / Domingo Hindoyan.

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

Moins d’un mois après avoir été étrennée à l’Opéra Grand Avignon (en coproduction avec Marseille, Nice et Toulon), la production de Rusalka d’Antonin Dvorak revue et corrigée par Clarac & Deloeil > Le Lab atteint les bords de la Garonne, au Grand-Théâtre de Bordeaux (pour seulement trois représentations). Notre confrère Alexandre Pham a largement et judicieusement commenté le spectacle, et nous n’aurons pas grand-chose à rajouter, sinon féliciter encore les deux compères pour leurs “relectures” toujours sensibles et intelligentes des ouvrages qui leur sont confiés, à l’instar du génial Serse (haendélien) transposé dans un skateport la saison passée à l’Opéra de Rouen.

 

 

On y retrouve la même distribution que dans la Cité papale, à l’exception du Prince ici incarné par le ténor croate Tomislav Muzek, et avouons que la production a perdu au change avec Misha Didyk qui tenait le rôle à Avignon. D’essence mozartienne, alors qu’une voix large et puissante est requise pour cette partie, le chanteur éprouve de réelles difficultés dans la vocalité tendue de son personnage, auquel il apporte néanmoins la beauté de son timbre et une belle musicalité. A l’inverse, la soprano arménienne Ani Yorentz Sargsyan campe une Rusalka au chant puissant. Les accents sensuels de la soprano, comme la superbe densité de son registre aigu, capables par ailleurs de beaux son filés, lui assurent une place de choix dans la lignée des grandes interprètes du rôle.
On apprécie aussi le timbre chaud et le tempérament de feu de l’ardente Jezibaba de la mezzo roumaine Cornelia Oncioiu, tandis que sa consoeur française (d’origine russe) Irina Stopina déploie la beauté vénéneuse de la Princesse étrangère, avec un médium moiré et riche, que couronnent quelques notes exposées au superbe éclat. Quant à la basse polonaise Wojtek Smilek, il campe un Vodnik très émouvant à défaut d’être sonore. De leur côté, les Dryades (Mathilde Lemaire, Valentine Lemercier et Julie Goussot) forment un trio d’une homogénéité exceptionnelle, et ni le Marmiton de Clémence Pousssin, ni le Garde-chasse de Fabrice Alibert ne passent inaperçus.

Enfin et surtout, pour ses débuts dans la fosse du Grand-Théâtre, le chef vénézuelien Domingo Hindoyan (dont sa fameuse épouse Sonya Yoncheva donnait un récital la veille dans cette même ville) nous offre un enchantement de chaque instant. Sublimée par les magnifiques couleurs chatoyantes et délicates d’un Orchestre national de Bordeaux Aquitaine en état de grâce, la sublime musique de Dvorak coule de source, avec une évidence jubilatoire.

 

 

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CRITIQUE, opéra. Bordeaux, Grand-Théâtre (du 8 au 12 novembre). DVORAK : Rusalka. A. Yorentz Sargsyan, T. Muzek, I. Stopina, W. Smilek… Clarac & Deloeuil > Le Lab / Domingo Hindoyan.

 

 

VIDEO : Sonya Yoncheva chante “L’air à la lune” extrait de Rusalka de Dvorak

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