lundi 24 juin 2024

Claudio Abbado est mort

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Claudio Abbado, chef milanais d’origine sarde, né le 26 juin 1933 s’est éteint ce jour à Bologne (Nord de l’Italie), à l’âge de  80 ans. De la génération des Carlos Kleiber ou Seiji Ozawa, Claudio Abbado a dirigé les plus grands orchestres du monde, pilotant La Scala de Milan (1968-1986), se dédiant à la fin de sa carrière au sein d’orchestres nouvellement constitués (la plupart à son initiative), dans le cadre de festivals qu’il a piloté également, à l’interprétation profonde et intime des oeuvres, favorisant aussi la professionnalisation de la jeune génération de musiciens.  Formé à Vienne, il est révélé à Salzbourg en 1965 dans la Symphonie n°2  » Résurrection  » de Gustav Mahler à l’invitation de Karajan. Dès lors, ce choriste qui a observé la direction de Walter et de Böhm, n’a de cesse d’étudier les oeuvres choisies avec un acharnement exemplaire, prolongeant l’étoffe des plus grands tel Carlos Kleiber dont chaque lecture est l’accomplissement d’heures de travail pour la compréhension la plus juste des partitions.
Ses choix sont minutieux, ouverts à la modernité et à la création (ardent défenseur comme le pianiste Maurizio Pollini des œuvres de Luigi Nono). Mahler et Mozart restent ses compositeurs fétiches : il a laissé la quasi intégrale du premier, au cd comme au dvd, frappant les spectateurs par la concentration et le recueillement quasi mystiques qu’il savait atteindre et nourrir avec ses orchestres.

 

 

 

Claudio Abbado est mort

Le chef d’orchestre Claudio Abbado est mort aujourd’hui lundi 20 janvier 2014 à Bologne.

 

 

 

ABADDO_Claudio_Abbado__6__Credit_Kasskara__highA l’Opéra, travaillant avec de grands metteurs en scène (Ponnelle), Abbado apprécie Rossini (Le Barbier de Séville avec Berganza) et Verdi (Simon Boccanegra ou Don Carlos chanté en français) : toujours son élégance et son éloquence, soucieuse des équilibres, des dynamiques et des timbres servent essentiellement la clarté et la tension dramatique comme de plus en plus avec le temps, le sens humaniste des sujets et des situations. C’est dans le sillon de  ce chambrisme serti de nouvelles couleurs qu’il devient directeur du Philharmonique de Berlin à la succession de Karajan en 1989. Période féconde pour l’artiste phare du label Deutsche Grammophon.Récemment,  Claudio Abbado qui se sortait d’un cancer (comme l’atteste son physique marqué lors du Requiem de Verdi retransmis à la télévision en 2000), a créé l’orchestre du Festival de Lucerne en 2003, où les meilleurs solistes des Philharmoniques de Berlin et de Vienne, et du Concertgebauw d’Amsterdam côtoient les jeunes instrumentistes du Mahler Chamber Orchestra (autre phalange qu’il a fondé en 1985, lui-même successeur de l’Orchestre des Jeunes de la communauté européenne créé dès 1978)).
A Lucerne, Claudio Abbado poursuit son exploration familière des Symphonies de Mahler, cycle qu’il dirige comme s’il s’agissait de son propre testament musical.
Monstre de travail, d’une finesse rare et d’une authentique humilité, Claudio Abbado laisse un héritage discographique et audiovisuel d’une richesse mésestimée, meilleur outil pour comprendre à présent sa gestuelle racée, faussement modeste. D’une pudeur qui se révèle pendant le concert, Abbado demeure un modèle incontesté. A l’époque des instruments d’époque, sa direction (sur instruments modernes le plus souvent), aérienne, transparente, intuitive offre le modèle d’une conception musicienne où le goût+, serviteur de la musique, s’impose devant toute autre considération. Engagé (nommé sénateur à vie en Italie), Claudio Abbado affirmait il y a quelques semaines :  » la musique aide à mieux vivre ensemble « . Un dernier message auquel on ne peut que souscrire. 

 

Claudio Abbado au disque :
Parmi nos coups de coeur : Le Barbier de Séville de Rossini précédemment cité (DG) ; le récital  (Sehnsucht) de Jonas Kaufmann chez Decca pour son Wagner immensément humain (air de Siegmund de La Walkyrie) ; Don Carlos de Verdi : un Verdi éblouissant là encore de tendresse sincère, de lumineuse finesse à l’orchestre… (Decca).

Chez Deutsche Grammophon, sort le 17 février un nouvel album Mozart : 2 Concertos pour piano de Mozart avec une complice de longue date, la pianiste Martha Argerich (n°20 et 25). Avec l’Orchestre Mozart.

 

 

 

Illustration : Portrait de Claudio Abbado (1933-2014) © Kasskara pour Deutche Grammophon

 

 

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