lundi, février 6, 2023

2023 : anniversaires et célébrations : opéra, danse, compositeurs (Callas, Noureev, Rachmaninov, Lalo, Ligeti …)

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L’année 2023 promet d’être riche en célébrations ; sources de (re)découvertes multiples, ce dans tous les genres (danse, opéra, symphonique,…), grâce à l’hommage aux grands interprètes devenus mythiques (Callas, Noureev), de créateurs géniaux (Lalo, Rachmaninov, Ligeti) dont les mondes poétiques interrogent et fascinent toujours.

 

 

 

 

RUDOLF NOUREEV / les 30 ans de la mort

Rudolf Noureev (1938 – 1993) – 30 ans de la mort. D’origine tatare, né en 1938, Rudolf Noureev est décédé à Paris le 6 janvier 1993. Le Seigneur de la danse, fut un danseur doué d’une puissance et d’un style raffiné, transcendant la danse grâce au duo qu’il forme avec la prima ballerine Margot Fonteyn (leur première Giselle remonte à février 1962 à Londres) ; Noureev est aussi un chorégraphe avisé, qui a renouvelé nombre de ballets romantiques classiques (d’après Petipa : Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant, Casse-Noisette, Raymonda, La Bayadère, ultime chorégraphie élaborée à partir de sa version de 1877 et créée en 1992…), en particulier pendant son activité comme directeur de la Danse à l’Opéra de Paris de 1983 à 1989… Grâce à lui, le danseur n’est plus le faire valoir de la première ballerine : le danseur ne pose plus, il pense désormais… ; et le corps de Ballet gagne une présence et un rôle dramatique amplifiés. Leur place renforcée favorise l’émergence d’un ballet conçu comme un spectacle total. En 1961, à l’aéroport du Bourget à Paris, le jeune danseur russe de 23 ans, alors en tournée entre Paris et Londres demande l’asile politique : il restera en Europe pour ne plus jamais retourner en URSS, sauf pour revenir auprès de sa mère mourante.

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VOIR Noureev danser, dans Hommage à Nijinsky / The Joffrey Ballet : https://archive.org/details/NureyevAndJoffreyTributeToNijinski

LIRE aussi notre portrait de Rudolf Noureev : https://www.classiquenews.com/rudolf-noureev-portraitfrance-3-vendredi-19-dcembre-2008-23h25-2/

LIRE aussi notre présentation du docu « From Russia with love » : https://www.classiquenews.com/rudolf-noureev-from-russia-with-lovearte-musica-du-17-mars-au-6-avril-2008/

 

 

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ÉDOUARD LALO – centenaire de la naissance

Edouard Lalo aurait eu 200 ans, ce 27 janvier… Le Lillois né en 1823 se forme au Conservatoire de Lille, rejoint Paris comme violoniste puis devient l’altiste du Quatuor Armingaud. Sa carrière de compositeur peine à connaître le succès ; celui ci arrive tardivement avec son opéra Le Roi d’Ys (créé en mai 1888). Il reste quantité de partitions à ré estimer car Lalo fut un mélodiste, un symphoniste de grand talent comme en témoigne la Symphonie Espagnole, le Concerto pour violoncelle, son ballet Namouna

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LIRE aussi notre présentation critique du livre biographie Edouard LALO (éditions BLEU NUIT) : https://www.classiquenews.com/gilles-thieblot-edouard-lalo-bleu-nuit-diteur-collection-horizons/

 

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Serge Rachmaninov / 150 ans de la naissance

Serge Rachmaninov (1873 – 1943), né le 1er avril 1873, incarne l’âme romantique par excellence à l’époque de Ravel et Debussy. Exilé russe dès 1917, le pianiste et compositeur russe exprime les déchirements et la nostalgie d’un tempérament puissant et raffiné (en particulier au piano pour lequel il écrit 4 Concertos), déraciné, hors de sa terre natale. Il rejoint la Suisse, les Etats-Unis pour des tournées triomphales. Croyant sincère (Vêpres, Les Cloches…), l’orthodoxe Rachmaninov est un symphoniste de premier plan qui manie les couleurs de l’orchestre avec la magie d’un peintre (l’Île des Morts, Les danses symphoniques…). Ses opéras de jeunesse au souffle fantastique et onirique sont à redécouvrir en urgence.

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LIRE notre critique du DVD des 3 opéras : Aleko, Le Chevalier ladre, Francesca da Rimini / juin 2015, Bruxelles / Mikhail Tatarnikov (Bel Air classiques) : https://www.classiquenews.com/troika-dvd-compte-rendu-critique-rachmaninov-aleko-le-chevalier-ladre-francesca-da-rimini-2-dvd-bel-air-classiques/

LIRE aussi notre critique du coffret DECCA  intégrale RACHMANINOV 2014 :
https://www.classiquenews.com/cd-coffret-rachmaninov-the-complete-works-integrale-32-cd-decca/

 

 

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GYÖRGY LIGETI – centenaire de la naissance

Né le 28 mai 1923 en Transylvanie, Ligeti – le jeune homme déjà compositeur doit porter l’étoile jaune, et suit une première formation à Kolozvar (actuelle Cluj-Napoca / 1941-1943), avant d’être enrôlé au sein de l’armée hongroise en 1944. Il fuit échappant à la déportation. Marqué par la guerre et la barbarie, la musique de Ligeti tend à transcender l’horreur ordinaire en exprimant le mystère, l’inquiétude, l’étrange, source d’une pleine conscience comme d’une espérance même fragile. Formé à l’académie Liszt de Budapest, il admire Bartok et comme lui se passionne pour la richesse des mélodies populaires (de Hongrie et de Transylvanie). Après avoir enseigner à l’Académie Liszt, harmonie, contrepoint, composition (1950-1956), Ligeti fuit (encore) la Hongrie et rejoint l’Allemagne, découvrant l’avant-garde contemporaine (Karlheinz Stockhausen, Boulez, …) ; Ligeti, opposé par principe à tout dogmatisme autoritaire, cultive rapidement un style personnel (Glissandi, 1957 ; Artikulation, 1958) ; rejoint Vienne (1959), devient citoyen autrichien et enseigne la composition à Darmstadt, à Stockholm, à Berlin et à Hambourg. Atmosphères (1961) est son oeuvre emblématique, où la densité et la couleur priment sur l’écoulement mélodique ou la progression harmonique. Ni fin ni début, mais statique, la musique de Ligeti ne cesse en réalité de se mouvoir en métamorphoses : c’est « une surface de timbres », déclare Ligeti. Une constellation insaisissable et perpétuellement diverse en liaison avec sa propre identité par nature « plurielle » : transylvanien, Ligeti se dit « ressortissant roumain » ; mais sa langue maternelle est le hongrois, tout en étant lui-même juif : « Mais, n’étant pas membre d’une communauté juive, je suis un juif assimilé. Je ne suis cependant pas tout à fait assimilé non plus, car je ne suis pas baptisé. »
Requiem (1965), Lux Aeterna (1966), Lontano (1967) sont autant de jalons d’un monde sonore épanoui et troublant, dont la vibration parle en particulier au réalisateur Kubrick qui utilise les sons de Ligeti dans son oeuvre cinématographique (2001, l’Odyssée de l’espace ; Shine …).
La musique de Ligeti est comme l’homme lui-même, irréductible à toute catégorisation et tout étiquetage. Elle est multiple et viscéralement, humaine. Cette conscience serait désespérée si l’humour et la dérision, sciemment cultivés n’étaient eux aussi présents, forces salvatrices de dépassement et de résilience… comme en témoigne son opéra « Le Grand Macabre » (créé à l’Opéra royal de Stockholm en avril 1978 – 2è version de 1996, créée au Festival de Salzbourg 1997), miroir d’un travail sur les ressorts de l’imaginaire et de l’art contre la brutalité terrifiante du réel.

 

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LIRE notre dossier LIGETI 2023 : https://www.classiquenews.com/centenaire-gyorgy-ligeti-1923-2023/

VOIR le Grand Macabre / vidéo intégrale NDR Elbphilharmonie Orchestre – Alan Gilbert / Hambourg mai 2019 : https://www.youtube.com/watch?v=0l43g9x_LlE 

 

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MARIA CALLAS – centenaire de la naissance

Maria Callas (1923 – 1977) – Centenaire de la mort de Maria Callas, née le 2 décembre 1923 : Norma, Violetta (La Traviata), Tosca… Bel cantiste douée d’un tempérament réaliste unique, Maria Callas a incarné les héroïnes de l’opéra romantique (surtout italien ; outre sa « Carmen » anthologique) ; son élégance, sa technique, son instinct d’actrice et de tragédienne en font une icône inégalée, inégalable qui demeure un modèle pour tous les chanteurs, perfectionnistes du chant comme du théâtre. Sa grande médiatisation, et ses aventures amoureuses au sein de la jet set ont nourri le mythe Callas, toujours aussi fascinant que bouleversant, dans la vie comme sur la scène.

 

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LIRE notre dossier Maria Callas : https://www.classiquenews.com/maria-callas-dossier-20071965-1977-declin-et-solitude-les-10-roles-discographie/

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