RIO de Janeiro. Bruno Procopio dirige Baroques et Romantiques français

procopio-bruno-portrait-vignette-verticale--maestro-skyscraper-sept-dec-16RIO DE JANEIRO, les 4 et 7 octobre 2016. Bruno Procopio dirige Français Baroques et Romantiques. Rien ne semble rĂ©sister Ă  l’Ă©lectricitĂ© communicative du chef transatlantique, Bruno Procopio. Entre ancien et nouveau monde, de Paris Ă  Rio, le jeune maestro franco-brĂ©silien joue et rĂ©ussit la carte des Ă©changes musicaux en interprĂ©tant avec la subtilitĂ© requise – grĂące Ă  sa maĂźtrise des instruments d’Ă©poque, et aussi de la pratique “historiquement informĂ©e”, les compositeurs français, baroques et romantiques. En tĂ©moignent les deux concerts Ă©vĂ©nements prĂ©sentĂ©s Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil), les 4 et 7 octobre prochains, Sala Cecilia Meireles : au programme, d’abord un programme “Des LumiĂšres au Romantisme” avec Rameau (un compositeur qu’il connaĂźt sur le bout des doigts), Jadin, Rigel, Dauvergne, Mozart et GrĂ©try ; puis le 7 octobre, dans un programme intitulĂ© “De la RĂ©volution Ă  l’Empire” :  Rameau (sublime Suite de Castor et Pollux, version de 1782, rĂ©orchestrĂ© par Dauvergne entre autres), Saint-George, Jadin et MĂ©hul (la Symphonie n°1 devrait ĂȘtre une rĂ©vĂ©lation). Pour exprimer le souffle et l’Ă©lĂ©gance des oeuvres programmĂ©s, Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (qu’il a dĂ©jĂ  dirigĂ© les deux annĂ©es passĂ©es) et la pianofortiste sensible et virtuose, Nathalia Valentin (qui est aussi Ă  la ville, son Ă©pouse). Energie, complicitĂ©, articulation sont au rendez vous de ces 2 concerts cariocas Ă©vĂ©nements. Et pour refermer une formidable boucle transatlantique, le chef aux deux cultures en dialogue, dirige Ă  Paris, au TCE, un remarquable programme Villa-Lobos, Jobim, Milhaud, Neukomm, le 4 dĂ©cembre 2016, pilotant les forces vives de l’Orchestre Lamoureux… De Paris Ă  Rio de Janeiro, Bruno Procopio est bien le chef transatlantique de l’heure. Un exemple pour tous les musiciens de sa gĂ©nĂ©ration par son ouverture et sa connaissance (rare) de la pratique “historiquement informĂ©e” qu’il apporte actuellement aux orchestres sur instruments modernes…

LIRE notre présentation complÚte des concerts Baroques et Romantiques dirigés par Bruno Procopio avec la pianofortiste Natalia Valentin, les 4 et 7 octobre 2016, Sala Cecilia Meireles de Rio de Janeiro (Brésil)

 

 

2Ăšme Semaine de musique baroque Ă  Rio

Bruno Procopio et Natalia Valentin jouent les Baroques et Romantiques Français à Rio

2 derniers concerts Ă  ne pas manquer (4 et 7 octobre 2016)

 

 

 

Rio de Janeiro, Sala Cecilia MeirelesRIO de Janeiro : Bruno Procopio, maestro expressivo !

Mardi 4 octobre 2016

Programme
Des LumiĂšres au Romantisme

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Extraits des Nouvelles Suites de PiĂšces de clavecin

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Sonate pour pianoforte op. IV n°3 en fa# mineur

Henri-Joseph RIGEL (1741-1799)
Duo pour clavecin et pianoforte op. XIV n°1 en mib majeur

Antoine DAUVERGNE (1713-1797)
Chansons pour soprano, violon, pianoforte et clavecin

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Sonate pour clavecin et accompagnement de violon K.9 en sol majeur (K9)
Sonate pour violon et pianoforte en mi mineur (K304)

AndrĂ©-Ernest-Modeste GRÉTRY (1741-1813)
Romances

 

Katia Velletaz*, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
Bruno Procopio, clavecin
Natalia Valentin, pianoforte

*chanteur en résidence

RESERVEZ votre place

Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

Dans les annĂ©es 1760, la fin du rĂšgne de Louis XV est marquĂ©e par un frĂ©missement artistique sans prĂ©cĂ©dent : l’ancien style baroque cĂšde insensiblement la place Ă  une nouvelle musique, teintĂ©e des courants germaniques de l’« Empfindsamkeit » et du « Sturm und Drang ». Les anciennes formes, les anciens genres, les anciens instruments perdent de leur lustre au profit d’expĂ©riences musicales jusque-lĂ  inouĂŻes. Toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs contribue Ă  ce renouveau, rĂ©vĂ©lant des personnalitĂ©s plus ou moins fortes et attachantes. Rameau ou Mondonville avaient amorcĂ© une nouvelle orientation ; ce sont Dauvergne, Rigel ou GrĂ©try qui prolongeront cette voie. À quinze ans d’intervalle, les compositions du jeune Mozart (de passage en France en 1763 et 1778) tĂ©moignent Ă  leur maniĂšre de la rapide Ă©volution des goĂ»ts. Le classicisme est en marche.

 

 

 

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesRio de Janeiro, Sala Cecilia Meireles

Vendredi 7 octobre 2016

Programme
De la RĂ©volution Ă  l’Empire

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Suite de Castor et Pollux (version 1782)

Joseph Bologne de SAINT-GEORGE (1745-1799)
Concerto pour violon et orchestre op. II n°2 en ré majeur

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Concerto pour piano et orchestre n°2 en ré mineur

Nicolas-Étienne MÉHUL (1763-1817)
Symphonie n°1 en sol mineur

Orchestre Symphonique du Brésil (OSB)
Stéphanie-Marie Degand, violon
Natalia Valentin, piano
Bruno Procopio, direction musicale

RESERVEZ votre place

Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

À la veille de la RĂ©volution, Paris est devenu la capitale internationale des arts, et tout particuliĂšrement de la musique. On y croise les auteurs les plus cĂ©lĂšbres du temps, Piccinni, Salieri, Mozart, J.C. Bach, Paisiello et beaucoup d’autres. Si l’OpĂ©ra fascine par son ton Ă©pique et ses effectifs colossaux, les sociĂ©tĂ©s de concert attirent un public tout aussi nombreux qui se presse pour entendre les symphonies et les concertos Ă  la mode. L’ancien rĂ©pertoire vit ses derniĂšres heures : seul Rameau, avec Castor et Pollux, connaĂźt encore les honneurs de la scĂšne passĂ© 1780. Le Chevalier de Saint-George – surnommĂ© « le Mozart noir » – est une des personnalitĂ©s les plus influentes : ses concertos, redoutables, marquent une nouvelle Ă©tape dans l’escalade Ă  la virtuositĂ© qui caractĂ©rise alors l’École de violon française. À la mĂȘme pĂ©riode, Hyacinthe Jadin dĂ©veloppe les possibilitĂ©s du nouveau pianoforte ; nommĂ© professeur au Conservatoire lors de sa crĂ©ation en 1795, il fait figure de visionnaire mais sera fauchĂ© par la mort Ă  24 ans seulement. MĂ©hul, quant Ă  lui, se rĂ©vĂšle avec Cherubini l’un des premiers compositeurs français au style vĂ©ritablement « romantique » : ses sonates, ses opĂ©ras et surtout ses quatre symphonies, ouvrent la voie Ă  une musique d’un nouveau genre et marqueront toutes les premiĂšres annĂ©es du XIXe siĂšcle.

 

 

 

discographie

 

cd-Bruno-Procopio-karl-philipp-emanuel-Bach-sonates-wurtembergeoises-1742-1743-bruno-procopio-clavecin-582-PARATY515501_couv_HM Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014)… CD. Compte rendu critique. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014). 2014 s’est achevĂ© sans que l’on ait vraiment en France saluĂ© ni commĂ©morĂ© le gĂ©nie du fils Bach le plus zĂ©lĂ© et respectueux de son pĂšre : Carl Philipp Emanuel. Celui qui fit tant pour la rĂ©habilitation de l’oeuvre paternelle (avant Mendelssohn), fut aussi mĂ©prisĂ© et minorĂ© par son employeur Ă  Berlin, -FrĂ©dĂ©ric II-, qu’il devint aprĂšs Telemann, Ă  Hambourg, une personnalitĂ© de premier plan : officielle et vĂ©nĂ©rĂ© comme Haydn Ă  Vienne. C’est que le gĂ©nie exceptionnel de CPE pour le


Rameai in Caracas, Bruno Procopio CD. Bruno Procopio : Rameau in Caracas… CD. Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012)   
  DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube trĂšs officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur


CD Ă©vĂ©nement. Rameau rĂ©vĂ©lĂ© Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (label Paraty)… Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (Procopio, 2012) critique de cd Avec ses PiĂšces pour clavecin en concert, Rameau offre un aboutissement inĂ©galĂ© dans l’art de la musique de chambre mais selon son goĂ»t, c’est Ă  dire avec impertinence et nouveautĂ©: jamais avant lui, le clavecin, instrument polyphonique et d’accompagnement n’avait osĂ© revendiquer son autonomie expressive de la sorte. PubliĂ© en 1741, voici bien le sommet du chambrisme français sous la rĂšgne de Louis XV: alors que Bach se concentre sur le seul tissu polyphonique, Rameau fait Ă©clater la palette sonore du clavier central, qui de pilier confinĂ© devient soliste…

 

 

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesbeethoven_rondos_bagatelles_pianoforte_natalia_valentin_cd_ParatyCD Ă©vĂ©nement Natalia Valentin, pianoforte joue les Bagatelles de Beethoven (1 cd Paraty)… Et de 7! Depuis sa crĂ©ation en 2006, le jeune label Paraty, portĂ© par le claveciniste Bruno Procopio, enchaĂźne les rĂ©ussites discographiques. AprĂšs plusieurs rĂ©citals signĂ©s Ivan Illic, Nicolas Stavy, et rĂ©cemment un superbe enregistrement Mendelssohn de Cyril HuvĂ© (sur un piano Broadwood 1840), voici le dernier disque de la fortepianiste Natalia Valentin, dans un cycle de partitions du jeune Beethoven. Le choix de l’’instrument (prodigieux fortepiano d’un facteur anonyme de l’Allemagne du sud, de la fin du XVIIIĂš, restaurĂ© par Christopher Clarke), grĂące Ă  sa “prell-mĂ©canique”, apporte un regard neuf et une sonoritĂ© Ă  la fois perlĂ©e et vivifiante sur les oeuvres choisies: Rondos et Bagatelles (7 de l’opus 33, datĂ©es de 1802) d’un feu Ă©poustouflant entre nervositĂ©, grĂące et Ă©lĂ©gance. Mais dĂ©jĂ  pour NoĂ«l 2009, le jeune label aux pĂ©pites musicales annonce un superbe double album “Matinas do Natal” de Marcos Portugal: l’ensemble Turicum enregistre en premiĂšre mondial une partition crĂ©Ă©e Ă  Rio de Janeiro en 1811, vĂ©ritable crĂšche pastorale sur le thĂšme de la NativitĂ© aux couleurs inĂ©dites
 LIRE notre compte rendu complet du cd Les Bagatelles de Beethoven par la pianofortiste Natalia Valentin (aoĂ»t 2009).

 

 

 

Comptes rendus

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

 

 

Marcos Portugal, le Rossini luso-brĂ©silien Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal Ă  Rio (10 dĂ©cembre 2012). Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore
 Leonardo Pascoa (Giorgio), 
 Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’époque du jeune empire brĂ©silien en 1811. L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de


 

 

 

 

VOIR

 

Bruno Procopio joue Neukomm et Gossec Ă  Rio (Symphonie Ă  17 parties), Cidade das Artes, Rio de Janeiro, le 4 avril 2015. VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817. la Symphonie Ă  17parties de François-Joseph Gossec (1734-1829), composĂ©e en 1809. Partition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio dirige Ă  Caracas, en septembre 2013 :

Orquesta barroca Juvenil Simon Bolivar, Carracas, Bruno Procopio, CPE Bach, Carl Philip Emanuel BachVIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orchestre Simon Bolivar. En septembre 2013, le chef franco brĂ©silien retrouve Ă  Caracas les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar dans plusieurs Concertos et Symphonies de Carl Philipp Emanuel Bach. AprĂšs avoir jouer Rameau (ouvertures et ballets des opĂ©ras, mais sur instruments modernes en 2012), Bruno Procopio inaugure le nouvel ” Orquesta Barroca Juvenil SĂ­mon Bolivar “, phalange dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e des Ɠuvres baroques, classiques et prĂ©romantiques. Fougue, prĂ©cision, style, mordant, l’entente du chef invitĂ© et des instrumentistes rĂ©alise l’un des meilleurs concerts CPE Bach de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, soulignant aussi l’anniversaire CPE Bach en 2014 (300 ans de la naissance). Le fils de Jean-SĂ©bastien est un gĂ©nie dĂ©fricheur et expĂ©rimentateur : sa virtuositĂ© au clavier s’entend aussi Ă  l’orchestre d’une libertĂ© inventive Ă  la fois, mĂ©lancolique et fantaisiste voire fantasque
 trĂšs liĂ©e aux nouvelles tendances esthĂ©tique de l’Empfindsamkeit (“sensibilitĂ©â€, courant littĂ©raire surtout qui prĂ©figure dĂ©jĂ  les affres et vertiges du sentiment romantique). Reportage vidĂ©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM

 

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio recrĂ©e L’Oro no compra amore de Marcos Portugal, dĂ©cembre 2012 :

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini
 Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio
 Pour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues.  GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

 

 

 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Dimanche 4 décembre 2016

Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux
dans un programme Villa-Lobos, Milhaud, Jobim, Neukomm…

procopio-bruno-maestro-chef-d-orchestrePARIS, TCE. Musique brĂ©silienne Ă  Paris, le 4 dĂ©cembre 2016. Tubes et musique sacrĂ©e : de Villa-Lobos et Jobim Ă  Neukomm. Orchestre associĂ© du TCE ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, l’Orchestre Lamoureux offre un concert de musique brĂ©silienne Ă  la fois Ă©clectique et historique ; au plus large public, le programme dirigĂ© par Bruno Procopio, maestro impetuoso et charismatique, joue des standards brĂ©siliens universels et rĂ©cents : l’enivrante Bachianas Brasileiras n°5 de Villa-Lobos, Saudades do Brasil de Milhaud, sans omettre, l’irrĂ©sistible tube, ambassadeur de l’art de vivre du quartier carioca d’Ipanema, The Girl from Ipanema de Jobim
 Mais acuitĂ© personnelle du chef Procopio oblige, en liaison avec son amour pour sa culture natale et ce travail particulier dans l’interprĂ©tation des partitions classiques et romantiques, plusieurs extraits de la lĂ©gendaire Missa Pro Die Acclamationes Johannes VI, signĂ© Neukomm. C’est l’emblĂšme de la musique impĂ©riale brĂ©silienne, quand le BrĂ©sil devenu indĂ©pendant, construit son image sur une identitĂ© certes occidentale, mais singuliĂšre : Neukomm, le Mozart brĂ©silien, a fourni alors Ă  la Cour de l’Empereur du BrĂ©sil Jean VI, plusieurs partitions musicales emblĂ©matique de cet ordre politique et culturel nouveau dont tĂ©moigne Ă©videmment la Messe Ă©crite pour son couronnement et que Bruno Procopio Ă  Paris, s’ingĂ©nie dĂ©but dĂ©cembre 2016 Ă  ressusciter avec le faste, le souffle et le relief vocal, choral, instrumental requis. Sigismund Neukomm est bien connu des mĂ©lomanes car le Sazlbourgeois, Ă©lĂšve de Joseph Haydn entreprit de terminer le Requiem de Mozart laissĂ© inachevĂ© (Libera me). La partition autographe datĂ©e de 1819 fut dĂ©couverte rĂ©cemment Ă  Rio de Janeiro : elle est le fruit du travail de Neukomm installĂ© au BrĂ©sil et qui mena son travail de composition avec le plus grand compositeur local, le mulĂątre JosĂ© Mauricio Nunes Garcia. La version du Requiem de Mozart, achevĂ© par Neukomm a Ă©tĂ© enregistrĂ©e par Jean-Claude Malgoire en 2006.

procopio-bruno-maestro--neukomm-avril-2015-concert-orchestre-maestro-classiquenews-582-390

Concert Ă©vĂ©nement “Joyaux BrĂ©siliens au TCE, Tubes et musique sacrĂ©e, de Villa-Lobos Ă  Neukom… par Bruno Procopio et l’Orchestre Lamoureux Ă  PARIS… En LIRE +

 

Bruno Procopio joue Baroques et Romantiques français à Rio

Bruno Procopio joue Rameau et Mondonville Ă  RioRIO (BrĂ©sil) : Bruno Procopio dirige les Baroques Français, 1er, 4, 7 octobre 2016. Rio de Janeiro se met au diapason des compositeurs baroques français, – rejoints en 2016 par quelques Romantiques car le cycle de concerts cariocas fĂȘte aussi le Bicentenaire de la mission artistique française Ă  Rio / 1816 – 2016, une colonie d’artistes et de crĂ©ateurs (regroupĂ©s par l’ex secrĂ©taire de l’Institut, Joachim Lebreton), qui aprĂšs la chute de l’Empire et de NapolĂ©on Ier, ont choisi de s’exiler outre Atlantique, atteignant le 26 mars 1816 Rio de Janeiro ; les artistes français exilĂ©s introduisent in coco l’esthĂ©tique des LumiĂšres et l’idĂ©al nĂ©oclassique au Nouveau Monde. Un Ă©cole royale des Sciences, Arts et MĂ©tiers (validĂ©e par le roi Dom JoĂŁo VI,1816-1829) est crĂ©Ă©e dans la foulĂ©e dĂšs aoĂ»t 1816. Y enseignent les peintres Jean-Bapstiste Debret, Nicolas-Antoine Taunay, l’architecte Montigny, le sculpteur Auguste-Marie Taunay


 

 

 

2Ăšme Semaine de musique baroque Ă  Rio

 

procopio-mondonville-rio-septembre-2015A l’initiative du CMBV (l’institution fĂȘte ses 30 ans au cours de la saison 2017), l’ensemble des 3 concerts rythment ainsi en octobre 2016, la dĂ©jĂ  2Ăšme Semaine de musique baroque française Ă  Rio de Janeiro, exceptionnelle initiative qui malgrĂ© le fort attachement du BrĂ©sil et de la France sur le plan culturel, amorce une coopĂ©ration musicale sur un mode inĂ©dit  (VOIR le reportage exclusif 1Ăšre Semaine de musique baroque française Ă  Rio, rĂ©alisĂ© par CLASSIQUENEWS en octobre 2015 : transmission, masterclasses, concerts, partitions
).

Au programme, transmission du savoir, rencontres et Ă©changes autour de la pratique sur instruments d’époque, autour du chant baroque
 Rare les expĂ©riences artistiques et pĂ©dagogiques qui favorisent la diffusion du patrimoine musical Baroque hors de France : l’enjeu de cette Semaine française Ă  Rio est d’autant plus importante qu’elle permet aussi aux jeunes instrumentistes de l’UniversitĂ© de Rio, comme aux musiciens professionnels de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (jouant donc sur instruments
modernes), de perfectionner leur propre technique en intégrant les spécificités du jeu historiquement informé.


Renaud de Sacchini recrĂ©Ă© Ă  Rio de Janeiro !Le nouveau cycle de concerts met l’accent sur les Baroques Français
(Leclair, Rameau, Dauvergne, GrĂ©try, Rigel
) Ă©videmment, en particulier le premier concert : « Du Grand SiĂšcle aux LumiĂšres », samedi 1er octobre 2016 ; les deux derniers concerts, couvrent un large spectre des LumiĂšres Ă  la RĂ©volution, jusqu’à l’Empire : « Des LumiĂšres au Romantisme » (Rigel, Saint-Georges, 
 mardi 4 octobre 2016), puis « De la RĂ©volution Ă  l’Empire » (Jadin, MĂ©hul, samedi 7 octobre 2016). Avec l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio, StĂ©phane-Marie Degand (violon), Katia Velletaz (soprano), Natalia Valentin (pianoforte) et Bruno Procopio qui assure la double fonction de claveciniste et de chef d’orchestre. Les puristes regretteront que les programmes s’arrĂȘtant Ă  l’Empire, ne correspondent pas exactement Ă  la pĂ©riode pendant laquelle les artistes français se sont fixĂ©s Ă  Rio (Ă  partir de 1816 donc), mais les occasions sont trop rares d’écouter de la musique de Jadin ou de MĂ©hul, de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique. C’est d’ailleurs probablement la premiĂšre fois qu’à Rio, rĂ©sonneront les accents musicaux conçus par ces deux compositeurs, hĂ©ritiers des LumiĂšres, actifs sous l’Empire et aprĂšs


 

 bruno-procopio-liege-rameau-symphonique-copyright-classiquenews-2014-grand-angle-tout-orchestre

 

Bruno Procopio dirige le Philharmonique Royal de LiĂšge dans un programme exceptionnel intitulĂ© “Rameau symphonique”, dĂ©cembre 2014

 
 
 

BRUNO PROCOPIO, CHEF ELECTRIQUE

 

procopio_bruno_chemise_bleueDĂ©diĂ© Ă  la rĂ©surrection des oeuvres baroques comme romantiques, le chef Bruno Procopio (qui a la double nationalitĂ© : brĂ©silienne et française) s’entend Ă  merveille Ă  jongler entre les deux cultures, d’une rive Ă  l’autre, des deux extrĂ©mitĂ©s de l’Atlantique. Le jeune maestro affirme depuis plusieurs annĂ©es un tempĂ©rament convaincant dans la dĂ©fense des oeuvres de Rameau, Sacchini ou Gossec, sans omettre le symphoniste brillant hĂ©roĂŻque de Neukomm (VOIR la vidĂ©o Bruno Procopio dirige la Symphonique HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro, avril 2015). GrĂące Ă  lui, grĂące aux nombreux concerts qu’il a dĂ©jĂ  dirigĂ©s (dont une performance inoubliable Ă  l’OpĂ©ra Municipal de Rio, consacrĂ© au prĂ©curseur de Rossini : Marcos Portugal — rĂ©surrection de L’Oro no compra amor, dĂšs 2013 : VOIR notre reportage vidĂ©o exclusif Bruno Procopio recrĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Rio, L’Amor no compra oro de Marcos Portugal), le patrimoine musical français et les opĂ©ras baroques et romantiques, ressuscitent peu Ă  peu en terre brĂ©silienne. Elle trouve un Ă©cho croissant Ă  en juger par l’enthousiasme des publics spectateurs de chaque « recrĂ©ation ».
En 2014, Bruno Procopio assurait la rĂ©alisation artistique et musicale de l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, emblĂšme du goĂ»t gluckiste de Marie-Antoinette en France : une Ă©criture Ă©tonnamment resserrĂ©e, dense, tendue, – synthĂšse habile des style europĂ©ens : virtuositĂ© vocale italienne, feu et Ă©lĂ©gance de l’écriture orchestrale-, ciselant le profil de la magicienne Armide, dĂ©passĂ©e, dĂ©munie par son amour pour le beau Renaud (1783).

procopio-bruno-maestro--neukomm-avril-2015-concert-orchestre-maestro-classiquenews-582-390

 

En avril 2015, Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio dans la Symphonique HĂ©roĂŻque de Neukomm, recrĂ©ation majeure

En 2015, Bruno Procopio offrait un nom moins splendide concert Sala Meireles dĂ©diĂ© aux XVIIIĂš français, dont entre autres, Les PiĂšces de clavecin en concert de Rameau (une oeuvre qu’il a enregistrĂ©e sous son propre label, Paraty), et un second avec l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio comprenant surtout la Cantate de ClĂ©rambault, La Muse de l’OpĂ©ra et le Concerto pour violon de Leclair (soliste : Sophie-Marie Degand). C’était le fruit dĂ©jĂ  impressionnant du travail rĂ©alisĂ© par les musiciens français pilotant les jeunes instrumentistes brĂ©siliens invitĂ©s alors, pendant la 1Ăšre Semaine de Musique Baroque Ă  Rio, Ă  suivre masterclasses et confĂ©rences sur la pratique historiquement informĂ©e, celle sur instruments d’époque.

En octobre 2016, l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© carioca pourra Ă  nouveau travailler l’écriture concertante de Leclair – d’un feu et d’un crĂ©pitement tout Vivaldien, mais couplĂ© Ă  l’élĂ©gance française-, puisque un autre Concerto pour violon est Ă  l’affiche Ă  nouveau de la 2Ăšme Semaine (concert d’ouverture, le 1er octobre 2016).

 

 

 

A Caracas, Bruno Procopio dirige l'Orquesta Barroca Juvenil Simon BolivarDEFIS MAITRISÉS
 En 2016, le chef claveciniste retrouve l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil avec lequel il avait dĂ©jĂ  travaillĂ© l’opĂ©ra de Marcos Portugal, et aussi un concert Neukomm et Gossek en avril 2015. Sensibiliser les musiciens d’orchestre, jouant sur instruments modernes, au raffinement des ornements, Ă  une autre tenue d’archet, nĂ©cessite un savoir faire que le jeune maestro franco-brĂ©silien maĂźtrise indiscutablement; il a pu conduire une autre superbe expĂ©rience de ce type avec un autre orchestre sur instruments modernes peu familier des compositeurs Baroques français : le Royal Philharmonique de LiĂšge, dans un programme entiĂšrement dĂ©diĂ© aux ouvertures et suites de ballets des opĂ©ras de Rameau, c’était Ă  LiĂšge en dĂ©cembre 2014 (VOIR notre reportage vidĂ©o spĂ©cial : Rameau symphonique Ă  LiĂšge / Bruno Procopio dirige le Philharmonique de LiĂšge). Le programme a aussi Ă©tĂ© le sujet d’un formidable disque « Rameau in Caracas »: fruit d’une coopĂ©ration Ă©galement menĂ©e sur instruments modernes avec les musiciens de l’Orchestre symphonique Simon Bolivar du Venezuela (rĂ©alisĂ© en 2012 : LIRE note compte rendu critique du cd « rameau in Caracas », 1cd Paraty, CLIC de CLASSIQUENEWS d’octobre 2013). Peu d’orchestre modernes ont produit une telle qualitĂ© de son, une telle finesse de couleurs et d’accents, portĂ©s par une motricitĂ© et une rythmique, littĂ©ralement ensorcelantes ; et l’on sait la difficultĂ© de rĂ©ussir les danses de Rameau  (cf Ouverture et chaconnes de Castor et Pollux)!

LIRE aussi notre compte rendu complet Programme Rameau symphonique à LiÚge, décembre 2014 :

MĂȘme engagement total, mĂȘme finesse et mĂȘme vitalitĂ© stimulante pour les nouveaux programmes Ă  l’affiche d’octobre Ă  Rio. D’autant qu’à ses cĂŽtĂ©s, la pianofortiste Natalia Valentin (qui est aussi son Ă©pouse Ă  la ville) dĂ©fendra avec une sensibilitĂ© dĂ©jĂ  remarquĂ©e, les oeuvres de l’élĂ©gant Jadin.

 

procopio-bruno-maestro-marcos-portugal

 

 En dĂ©cembre 2012, Ă  l’OpĂ©ra de Rio de Janeiro, Bruno Procopio recrĂ©e l’opĂ©ra “L’oro no compra Amore”, joyau lyrique et comique de Marcos Portugal (1804), chef d’oeuvre dont Rossini s’est inspirĂ©…

 

 
 
 

2Ăšme Semaine de musique baroque Ă  Rio

Bruno Procopio et Natalia Valentin jouent les Baroques et Romantiques Français à Rio

2 derniers concerts Ă  ne pas manquer (4 et 7 octobre 2016)

 
 
 

Rio de Janeiro, Sala Cecilia MeirelesRIO de Janeiro : Bruno Procopio, maestro expressivo !

Mardi 4 octobre 2016

Programme
Des LumiĂšres au Romantisme

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Extraits des Nouvelles Suites de PiĂšces de clavecin

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Sonate pour pianoforte op. IV n°3 en fa# mineur

Henri-Joseph RIGEL (1741-1799)
Duo pour clavecin et pianoforte op. XIV n°1 en mib majeur

Antoine DAUVERGNE (1713-1797)
Chansons pour soprano, violon, pianoforte et clavecin

Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Sonate pour clavecin et accompagnement de violon K.9 en sol majeur (K9)
Sonate pour violon et pianoforte en mi mineur (K304)

AndrĂ©-Ernest-Modeste GRÉTRY (1741-1813)
Romances

 

Katia Velletaz*, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
Bruno Procopio, clavecin
Natalia Valentin, pianoforte

*chanteur en résidence

RESERVEZ votre place

Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

Dans les annĂ©es 1760, la fin du rĂšgne de Louis XV est marquĂ©e par un frĂ©missement artistique sans prĂ©cĂ©dent : l’ancien style baroque cĂšde insensiblement la place Ă  une nouvelle musique, teintĂ©e des courants germaniques de l’« Empfindsamkeit » et du « Sturm und Drang ». Les anciennes formes, les anciens genres, les anciens instruments perdent de leur lustre au profit d’expĂ©riences musicales jusque-lĂ  inouĂŻes. Toute une gĂ©nĂ©ration de compositeurs contribue Ă  ce renouveau, rĂ©vĂ©lant des personnalitĂ©s plus ou moins fortes et attachantes. Rameau ou Mondonville avaient amorcĂ© une nouvelle orientation ; ce sont Dauvergne, Rigel ou GrĂ©try qui prolongeront cette voie. À quinze ans d’intervalle, les compositions du jeune Mozart (de passage en France en 1763 et 1778) tĂ©moignent Ă  leur maniĂšre de la rapide Ă©volution des goĂ»ts. Le classicisme est en marche.

 
 
 
 

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesRio de Janeiro, Sala Cecilia Meireles

Vendredi 7 octobre 2016

Programme
De la RĂ©volution Ă  l’Empire

 

Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764)
Suite de Castor et Pollux (version 1782)

Joseph Bologne de SAINT-GEORGE (1745-1799)
Concerto pour violon et orchestre op. II n°2 en ré majeur

Hyacinthe JADIN (1776-1800)
Concerto pour piano et orchestre n°2 en ré mineur

Nicolas-Étienne MÉHUL (1763-1817)
Symphonie n°1 en sol mineur

Orchestre Symphonique du Brésil (OSB)
Stéphanie-Marie Degand, violon
Natalia Valentin, piano
Bruno Procopio, direction musicale

RESERVEZ votre place

Consultez aussi le site du CMBV, page agenda

À la veille de la RĂ©volution, Paris est devenu la capitale internationale des arts, et tout particuliĂšrement de la musique. On y croise les auteurs les plus cĂ©lĂšbres du temps, Piccinni, Salieri, Mozart, J.C. Bach, Paisiello et beaucoup d’autres. Si l’OpĂ©ra fascine par son ton Ă©pique et ses effectifs colossaux, les sociĂ©tĂ©s de concert attirent un public tout aussi nombreux qui se presse pour entendre les symphonies et les concertos Ă  la mode. L’ancien rĂ©pertoire vit ses derniĂšres heures : seul Rameau, avec Castor et Pollux, connaĂźt encore les honneurs de la scĂšne passĂ© 1780. Le Chevalier de Saint-George – surnommĂ© « le Mozart noir » – est une des personnalitĂ©s les plus influentes : ses concertos, redoutables, marquent une nouvelle Ă©tape dans l’escalade Ă  la virtuositĂ© qui caractĂ©rise alors l’École de violon française. À la mĂȘme pĂ©riode, Hyacinthe Jadin dĂ©veloppe les possibilitĂ©s du nouveau pianoforte ; nommĂ© professeur au Conservatoire lors de sa crĂ©ation en 1795, il fait figure de visionnaire mais sera fauchĂ© par la mort Ă  24 ans seulement. MĂ©hul, quant Ă  lui, se rĂ©vĂšle avec Cherubini l’un des premiers compositeurs français au style vĂ©ritablement « romantique » : ses sonates, ses opĂ©ras et surtout ses quatre symphonies, ouvrent la voie Ă  une musique d’un nouveau genre et marqueront toutes les premiĂšres annĂ©es du XIXe siĂšcle.

 
 
 
 

discographie

 

cd-Bruno-Procopio-karl-philipp-emanuel-Bach-sonates-wurtembergeoises-1742-1743-bruno-procopio-clavecin-582-PARATY515501_couv_HM Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014)… CD. Compte rendu critique. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014). 2014 s’est achevĂ© sans que l’on ait vraiment en France saluĂ© ni commĂ©morĂ© le gĂ©nie du fils Bach le plus zĂ©lĂ© et respectueux de son pĂšre : Carl Philipp Emanuel. Celui qui fit tant pour la rĂ©habilitation de l’oeuvre paternelle (avant Mendelssohn), fut aussi mĂ©prisĂ© et minorĂ© par son employeur Ă  Berlin, -FrĂ©dĂ©ric II-, qu’il devint aprĂšs Telemann, Ă  Hambourg, une personnalitĂ© de premier plan : officielle et vĂ©nĂ©rĂ© comme Haydn Ă  Vienne. C’est que le gĂ©nie exceptionnel de CPE pour le


Rameai in Caracas, Bruno Procopio CD. Bruno Procopio : Rameau in Caracas… CD. Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012)   
  DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube trĂšs officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur


CD Ă©vĂ©nement. Rameau rĂ©vĂ©lĂ© Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (label Paraty)… Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (Procopio, 2012) critique de cd Avec ses PiĂšces pour clavecin en concert, Rameau offre un aboutissement inĂ©galĂ© dans l’art de la musique de chambre mais selon son goĂ»t, c’est Ă  dire avec impertinence et nouveautĂ©: jamais avant lui, le clavecin, instrument polyphonique et d’accompagnement n’avait osĂ© revendiquer son autonomie expressive de la sorte. PubliĂ© en 1741, voici bien le sommet du chambrisme français sous la rĂšgne de Louis XV: alors que Bach se concentre sur le seul tissu polyphonique, Rameau fait Ă©clater la palette sonore du clavier central, qui de pilier confinĂ© devient soliste…

valentin_Natalia_pianoforte_valentin_beethoven_caprices_bagatellesbeethoven_rondos_bagatelles_pianoforte_natalia_valentin_cd_ParatyCD Ă©vĂ©nement Natalia Valentin, pianoforte joue les Bagatelles de Beethoven (1 cd Paraty)… Et de 7! Depuis sa crĂ©ation en 2006, le jeune label Paraty, portĂ© par le claveciniste Bruno Procopio, enchaĂźne les rĂ©ussites discographiques. AprĂšs plusieurs rĂ©citals signĂ©s Ivan Illic, Nicolas Stavy, et rĂ©cemment un superbe enregistrement Mendelssohn de Cyril HuvĂ© (sur un piano Broadwood 1840), voici le dernier disque de la fortepianiste Natalia Valentin, dans un cycle de partitions du jeune Beethoven. Le choix de l’’instrument (prodigieux fortepiano d’un facteur anonyme de l’Allemagne du sud, de la fin du XVIIIĂš, restaurĂ© par Christopher Clarke), grĂące Ă  sa “prell-mĂ©canique”, apporte un regard neuf et une sonoritĂ© Ă  la fois perlĂ©e et vivifiante sur les oeuvres choisies: Rondos et Bagatelles (7 de l’opus 33, datĂ©es de 1802) d’un feu Ă©poustouflant entre nervositĂ©, grĂące et Ă©lĂ©gance. Mais dĂ©jĂ  pour NoĂ«l 2009, le jeune label aux pĂ©pites musicales annonce un superbe double album “Matinas do Natal” de Marcos Portugal: l’ensemble Turicum enregistre en premiĂšre mondial une partition crĂ©Ă©e Ă  Rio de Janeiro en 1811, vĂ©ritable crĂšche pastorale sur le thĂšme de la NativitĂ© aux couleurs inĂ©dites
 LIRE notre compte rendu complet du cd Les Bagatelles de Beethoven par la pianofortiste Natalia Valentin (aoĂ»t 2009).

 
 
 
 

Comptes rendus

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

 

 

Marcos Portugal, le Rossini luso-brĂ©silien Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal Ă  Rio (10 dĂ©cembre 2012). Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore
 Leonardo Pascoa (Giorgio), 
 Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’époque du jeune empire brĂ©silien en 1811. L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de


 

 

 

 

VOIR

 

Bruno Procopio joue Neukomm et Gossec Ă  Rio (Symphonie Ă  17 parties), Cidade das Artes, Rio de Janeiro, le 4 avril 2015. VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817. la Symphonie Ă  17parties de François-Joseph Gossec (1734-1829), composĂ©e en 1809. Partition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’époque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’époque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux
 la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio dirige Ă  Caracas, en septembre 2013 :

Orquesta barroca Juvenil Simon Bolivar, Carracas, Bruno Procopio, CPE Bach, Carl Philip Emanuel BachVIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orchestre Simon Bolivar. En septembre 2013, le chef franco brĂ©silien retrouve Ă  Caracas les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar dans plusieurs Concertos et Symphonies de Carl Philipp Emanuel Bach. AprĂšs avoir jouer Rameau (ouvertures et ballets des opĂ©ras, mais sur instruments modernes en 2012), Bruno Procopio inaugure le nouvel ” Orquesta Barroca Juvenil SĂ­mon Bolivar “, phalange dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e des Ɠuvres baroques, classiques et prĂ©romantiques. Fougue, prĂ©cision, style, mordant, l’entente du chef invitĂ© et des instrumentistes rĂ©alise l’un des meilleurs concerts CPE Bach de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, soulignant aussi l’anniversaire CPE Bach en 2014 (300 ans de la naissance). Le fils de Jean-SĂ©bastien est un gĂ©nie dĂ©fricheur et expĂ©rimentateur : sa virtuositĂ© au clavier s’entend aussi Ă  l’orchestre d’une libertĂ© inventive Ă  la fois, mĂ©lancolique et fantaisiste voire fantasque
 trĂšs liĂ©e aux nouvelles tendances esthĂ©tique de l’Empfindsamkeit (“sensibilitĂ©â€, courant littĂ©raire surtout qui prĂ©figure dĂ©jĂ  les affres et vertiges du sentiment romantique). Reportage vidĂ©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM

 

 

VOIR notre reportage Bruno Procopio recrĂ©e L’Oro no compra amore de Marcos Portugal, dĂ©cembre 2012 :

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini
 Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio
 Pour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues.  GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

 
 

 
 
 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Dimanche 4 décembre 2016

Bruno Procopio dirige l’Orchestre Lamoureux
dans un programme Villa-Lobos, Milhaud, Jobim, Neukomm…

 
 

procopio-bruno-maestro-chef-d-orchestrePARIS, TCE. Musique brĂ©silienne Ă  Paris, le 4 dĂ©cembre 2016. Tubes et musique sacrĂ©e : de Villa-Lobos et Jobim Ă  Neukomm. Orchestre associĂ© du TCE ThĂ©Ăątre des Champs-ElysĂ©es, l’Orchestre Lamoureux offre un concert de musique brĂ©silienne Ă  la fois Ă©clectique et historique ; au plus large public, le programme dirigĂ© par Bruno Procopio, maestro impetuoso et charismatique, joue des standards brĂ©siliens universels et rĂ©cents : l’enivrante Bachianas Brasileiras n°5 de Villa-Lobos, Saudades do Brasil de Milhaud, sans omettre, l’irrĂ©sistible tube, ambassadeur de l’art de vivre du quartier carioca d’Ipanema, The Girl from Ipanema de Jobim
 Mais acuitĂ© personnelle du chef Procopio oblige, en liaison avec son amour pour sa culture natale et ce travail particulier dans l’interprĂ©tation des partitions classiques et romantiques, plusieurs extraits de la lĂ©gendaire Missa Pro Die Acclamationes Johannes VI, signĂ© Neukomm. C’est l’emblĂšme de la musique impĂ©riale brĂ©silienne, quand le BrĂ©sil devenu indĂ©pendant, construit son image sur une identitĂ© certes occidentale, mais singuliĂšre : Neukomm, le Mozart brĂ©silien, a fourni alors Ă  la Cour de l’Empereur du BrĂ©sil Jean VI, plusieurs partitions musicales emblĂ©matique de cet ordre politique et culturel nouveau dont tĂ©moigne Ă©videmment la Messe Ă©crite pour son couronnement et que Bruno Procopio Ă  Paris, s’ingĂ©nie dĂ©but dĂ©cembre 2016 Ă  ressusciter avec le faste, le souffle et le relief vocal, choral, instrumental requis. Sigismund Neukomm est bien connu des mĂ©lomanes car le Sazlbourgeois, Ă©lĂšve de Joseph Haydn entreprit de terminer le Requiem de Mozart laissĂ© inachevĂ© (Libera me). La partition autographe datĂ©e de 1819 fut dĂ©couverte rĂ©cemment Ă  Rio de Janeiro : elle est le fruit du travail de Neukomm installĂ© au BrĂ©sil et qui mena son travail de composition avec le plus grand compositeur local, le mulĂątre JosĂ© Mauricio Nunes Garcia. La version du Requiem de Mozart, achevĂ© par Neukomm a Ă©tĂ© enregistrĂ©e par Jean-Claude Malgoire en 2006.

procopio-bruno-maestro--neukomm-avril-2015-concert-orchestre-maestro-classiquenews-582-390

Concert Ă©vĂ©nement “Joyaux BrĂ©siliens au TCE, Tubes et musique sacrĂ©e, de Villa-Lobos Ă  Neukom… par Bruno Procopio et l’Orchestre Lamoureux Ă  PARIS… En LIRE +

 

Reportage vidĂ©o. RIO de JANEIRO (BrĂ©sil): Bruno Procopio jouer Mondonville avec l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© (UNIRIO)

procopio-mondonville-rio-septembre-2015Reportage vidĂ©o. RIO de JANEIRO (BrĂ©sil): Comment jouer Mondonville Ă  RIO ?LES FRANCAIS BAROQUES A RIO… PĂ©dagogue et passeur hors-pair, entre deux mondes, le chef et claveciniste Bruno Procopio joue Mondonville avec l’orchestre baroque de l’UniversitĂ© (UNIRIO). Reportage vidĂ©o. En septembre 2015, le chef et claveciniste Bruno Procopio pilote la rencontre pĂ©dagogique entre le CMBV et les instrumentistes de l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio de Janeiro. Jouer Mondonville et Leclair Ă  Rio… les musiciens baroques français au BrĂ©sil. Une expĂ©rience transculturelle et pĂ©dagogique exceptionnelle. Reportage vidĂ©o © CLASSIQUENEWS.COM 2016. RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham. Avec le soutien du Bureau Export

VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015)

VIDEO. Bruno Procopio dirige la Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm Ă  Rio de Janeiro (avril 2015). Montage © studio CLASSIQUENEWS.COM 2015. Le chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio fait retentir le romantisme enflammĂ© martial et lyrique de la grande Symphonie HĂ©roĂŻque de Neukomm crĂ©Ă©e en 1817

 

 

 

procopio-bruno-gossec-concert-rio-de-janeiro-brazil-bresil-582

 

 

LIRE notre compte rendu critique complet du concert NEUKOMM / GOSSEC par le maestro franco brésilien Bruno Procopio à Rio de Janeiro en avril 2015

 

 

Extrait de notre compte rendu critique :
brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert.Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent créé l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, 
 sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique trĂšs marquĂ© esprit des LumiĂšres circule de l’une Ă  l’autre des partitions. (…).

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂȘme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est fonciĂšrement classique et mĂȘme haydnien mais il affirme un sens des modulations trĂšs original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangĂšre Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y rĂšgne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ? …

 

 

 

VIDEO, extraits. Rio de Janeiro (Brésil). Bruno Procopio joue la Symphonie à 17 parties de Gossec (avril 2015)

procopio-bruno-gossec-concert-rio-de-janeiro-brazil-bresil-582VIDEO, extraits. Le 4 avril 2015, Ă  la Cidade das Artes Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil), le jeune chef franco brĂ©silien BRUNO PROCOPIO dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) : la Symphonie Ă  17parties de François-Joseph Gossec (1734-1829), composĂ©e en 1809. Partition majeure de la symphonie romantique française Ă  l’Ă©poque de NapolĂ©on : entre classicisme et premier romantisme, la virtuositĂ© Ă©nergique de Gossec s’impose Ă  nous, commune Ɠuvre fondatrice du symphoniste français Ă  l’Ă©poque des Viennois Haydn, Mozart et Beethoven. Bruno Procopio s’engage pour diffuser la connaissance et l’interprĂ©tation des compositeurs français en AmĂ©rique Latine : aprĂšs avoir dirigĂ© le Simon Bolivar Orchestra du Venezuela, le jeune chef Ă  la double culture, brĂ©silienne et française, retrouvait l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio de Janeiro dans un programme dĂ©diĂ© au premier romantisme français : vitalitĂ© et Ă©nergie, puissance mais sensibilitĂ© aux dĂ©tails instrumentaux… la direction du chef de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Ă  la fois analytique et dramatique, trouve un Ă©quilibre idĂ©al au service des grands classiques et romantiques français. Extraits vidĂ©o exclusifs © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

 

 

Approfondir : Jouer Gossec Ă  Rio de Janeiro (avril 2015)

 

 

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert. Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent crĂ©Ă© l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, 
 sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique trĂšs marquĂ© esprit des LumiĂšres circule de l’une Ă  l’autre des partitions.

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-rio-de-janeiro-582-frontal

 

 

A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

Jouer Gossec et Neukomm Ă  Rio

Mais le trait original vient pourtant d’un souci personnel dans la coloration des unissons comme des dessus cordes/flĂ»tes puis flĂ»tes/hautbois. Gossec tout en rĂ©pĂ©tant souvent un mĂȘme motif rythmique et mĂ©lodique, sait particuliĂšrement bien raffiner les combinaisons instrumentales Ă  chaque reprise, dans le but de colorer son orchestration. La variĂ©tĂ© des instruments offre une expĂ©rience de coloration (hautbois/ clarinette) plutĂŽt « moderne » vis Ă  vis du cadre strictement classique des LumiĂšres. S’il n’était cette sensibilitĂ© originale aux instruments, le style de Gossec regarde plutĂŽt du cĂŽtĂ© de Haydn que de Beethoven. Bruno Procopio saisit et sert idĂ©alement l’intensitĂ© du matĂ©riau musical avec une fluiditĂ© permanente passant d’un mouvement Ă  l’autre avec une intelligence communicative qui souligne l’invention instrumentale de Gossec. Ce bouillonnement dynamique souligne l’apport du compositeur parmi les plus inventifs de sa gĂ©nĂ©ration et qui impressionna tant Mozart lors de son sĂ©jour Ă  Paris en 1778. C’est d’ailleurs grĂące Ă  Gossec, alors directeur du Concert Spirituel, que Wolfgang reçoit la commande, prestigieuse pour la capitale française, des fameuses Symphonies parisiennes. Entre l’écriture classique et viennoise (plutĂŽt archaĂŻsante si la partition remonte de fait Ă  1809) et sa grande sensibilitĂ© instrumentale (solos de clarinette en particulier 
) et son souci de la couleur (trait de modernitĂ© a contrario), le jeune chef franco-brĂ©silien rĂ©ussit totalement l’équilibre entre mesure et sensualitĂ©. En revanche, de prĂšs de 30 mn en durĂ©e, la carrure de l’Ɠuvre prĂ©figure Beethoven.

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂȘme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est fonciĂšrement classique et mĂȘme haydnien mais il affirme un sens des modulations trĂšs original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangĂšre Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y rĂšgne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ?

 

 

procopio-gossec-neukomm-avril-2015-rio-de-janeiro-582

 

 

Comme Mozart et Beethoven, Neukomm rĂ©utilise un ancien air composĂ© par Haendel (ici,  l’air de Macbeth pour le mouvement lent central). InspirĂ© par l’art du Symphoniste, ayant crĂ©Ă© entre ancien et nouveau monde, Bruno Procopio souligne l’allant gĂ©nĂ©ral, l’exaltation d’une plume pleine de feu et de contrastes. Il fait surgir avec bonheur, la vivacitĂ© martiale et l’énergie solaire d’une Symphonie de conquĂȘte.  En 1816 avant de partir pour Rio, Neukomm, serviteur de Talleyrand, compose le Requiem jouĂ© lors de la commĂ©moration du traitĂ© de Vienne. Au BrĂ©sil, il compose le Libera me pour la fin du Requiem de Mozart, dans une rĂ©alisation alors dirigĂ©e Ă  Rio, par le compositeur officiel Nunes Garcia. Il est donc lĂ©gitime d’inscrire au programme Neukomm aux cĂŽtĂ©s de Gossec. L’un et l’autre sont emblĂ©matiques du langage classique des LumiĂšres. Or le second, a fait le voyage et transmet et diffuse l’hĂ©ritage de la culture europĂ©enne sous les tropiques.

AprĂšs Renaud de Sacchini (1783) – avec l’OSB toujours, crĂ©ation brĂ©silienne de mars 2015, Bruno Procopio retrouve les dĂ©fis de la musique française de la fin du XVIIIĂš, au tournant des esthĂ©tiques classique et romantique dĂ©fis pimentĂ©s par sa rĂ©alisation sur instruments modernes. Jouer sur instruments modernes nĂ©cessite un apprentissage spĂ©cifique pour les instrumentistes : nouvelle expĂ©rience technique que leur apporte Bruno Procopio (dont coups d’archets selon une approche historiquement informĂ©e, nouveau raffinement dans l’interprĂ©tation des parties ornementales
)

Comme c’était aussi l’enjeu du concert Ă  LiĂšge, avec le Philharmonique Royal (jouer Rameau sur instruments modernes, dĂ©cembre 2014, – voir ci aprĂšs notre reportage classiquenews : “Rameau Symphonique par Bruno Procopio Ă  LiĂšge”). Mais un autre dĂ©fi attend bientĂŽt Bruno Procopio, crĂ©er ThĂ©sĂ©e de Gossec composĂ© en 1781 autre fleuron de l’esthĂ©tique des LumiĂšres et qui a dĂ©sormais toute sa place dans ce nouveau sillon prometteur, tracĂ© entre la France et le BrĂ©sil grĂące Ă  l’énergie d’un chef audacieux. D’autant qu’en 2016, la France et le BrĂ©sil cĂ©lĂšbreront le bicentenaire de la Mission française au BrĂ©sil. Prochains Ă©vĂ©nements Ă  venir.

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction. Par notre rĂ©dacteur Camille de Joyeuse.

Le chef d’orchestre Bruno Procopio en vidĂ©o

 

procopio-bruno-chef-maestro-gossec-neukomm-rio-de-janeiro-avril-2015

 

 

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige Rameau à LiÚge avec le Philharmonique Royal de LiÚge (décembre 2014)

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige RENAUD de Sacchini à Rio, Sala Cecilia Meireles  / Brazilian Symphony Orchestra (mars 2015)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue Carl Philipp Emmanuel Bach à Caracas / Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Vénézuela (septembre 2013)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue les PiÚces pour clavecin en concerts de Rameau (avril 2013)

 

 

Illustrations : Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) dans un programme Gossec et Neukomm, Rio de Janeiro, avril 2015 © CLASSIQUENEWS.COM

Rio, Brésil. Bruno Procopio dirige Rameau et Clérambault

procopio_bruno_chemise_bleueRio, salle C. Mereiles, les 19 et 22 septembre 2015. Mondonville et Rameau. Ambassadeur de choc, le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio retrouve son pays natal pour deux concerts de musique baroque française. Un programme qu’il a coutume de dĂ©fendre sous les tropiques, – le maestro impĂ©tueux et articulĂ© a dĂ©jĂ  enregistrĂ© un superbe disque d’extraits d’opĂ©ras de Rameau, ouvertures et ballets de Rameau avec le Symphonique Simon Bolivar du Venezuela Ă  Caracas (1 cd Paraty : vrai dĂ©fi d’un Ă©clat Ă©tincelant sur instruments modernes : ” Rameau in Caracas “). Rio 2015 voit le prolongement d’un travail spĂ©cifique sur le Baroque français en AmĂ©rique Latine. Une vision artistique entre les deux Mondes, de chaque cĂŽtĂ© de l’Atlantique qui s’Ă©tait dĂ©jĂ  illustrĂ©e par un jalon prĂ©cĂ©dent en mars dernier, et dans le mĂȘme lieu avec la crĂ©ation carioca de l’opĂ©ra français nĂ©oclassique Renaud de Sacchini (1782), emblĂšme du goĂ»t lyrique parisien favorisĂ© par Marie-Antoinette (VOIR le reportage Renaud de Sacchini recrĂ©Ă© Ă  Rio par Bruno Procopio, mars 2015). Le 19 septembre (20h), concert de musique de chambre oĂč la virtuositĂ© concertante de Mondonville et le gĂ©nie recrĂ©ateur de Rameau dialoguent. Sons harmoniques du premier (1738, oĂč Mondonville s’inspire et prolonge l’exemple de Leclair), puis cinq Concerts des PiĂšces pour clavecin en concert (1741).  AprĂšs les PiĂšces de clavecin en sonates (avec violon) de Mondonville, Rameau surpasse tout ce qui fut Ă©crit avant lui, inventant pour chaque piĂšce, un titre aux rĂ©fĂ©rences biographiques (pour certaines secrĂštes aux allusions Ă  dĂ©mĂȘler par les spĂ©cialistes), qui rĂ©capitule en leur rendant hommage, tous les soutiens, patrons protecteurs, mĂ©cĂšnes qui l’ont accompagnĂ© et soutenu pendant ses premiĂšres annĂ©es parisiennes. Le cycle est l’un des favoris dĂ©fendus depuis ses annĂ©es d’apprentissage Ă  Paris par Bruno Procopio qui assure la partie de clavecin.

img02_Rameau

 

 

Le 22 septembre, 20h, concert orchestral comprenant surtout ClĂ©rambault et Mondonville et quelques autres pour lequel Bruno Procopio quitte le clavecin pour la baguette, afin de diriger l’Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio (OBU).  Au programme deux piĂšces aussi rares qu’exceptionnelles : PiĂšces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) de Mondonville et surtout La Muse de l’OpĂ©ra ou Les CaractĂšres lyriques, Cantate Ă  voix seule et symphonie (1716) de ClĂ©rambault. EditĂ©e sĂ©parĂ©ment en 1716, sur un poĂšme d’Auguste Paradis de Moncrif, la cantate avec des moyens ambitieux (proches du divertissement) fait paraĂźtre la muse de l’OpĂ©ra, qui dĂ©crit les ficelles et artifices du thĂ©Ăątre pour exprimer les « caractĂšres lyriques » : la variĂ©tĂ© des airs et des formes dĂ©voile l’intelligence dramatique de ClĂ©rambault : air de triomphe avec trompette, scĂšne pastorale avec musette, Ă©vocation de chasses au son des cors, tempĂȘte, sommeil, ramage d’oiseau, scĂšne infernale
 c’est un catalogue intelligemment combinĂ© soit tous les motifs de l’opĂ©ra français, ici traitĂ©s par un compositeur qui souhaite en dĂ©montrer et aussi cultiver sa profondeur, entre virtuositĂ© italianisante et noblesse de la dĂ©clamation française.

 

OBU orchestre baroque de l'université de Rio Orquesra barroca da Unirio

 

 

Rameau, ClĂ©rambault, Mondonville Ă  Rio. GrĂące au CMBV, Centre de musique baroque de Versailles, le Baroque français s’exporte. Le concert est l’aboutissement d’un cycle de masterclasses et de rĂ©pĂ©titions avec les jeunes instrumentistes brĂ©siliens, sensibilisĂ©s au style baroque français et formĂ©s Ă  la pratique sur instruments d’époque. Un dĂ©fi qui fusionne transmission et pĂ©dagogie auprĂšs des jeunes instrumentistes encore nĂ©ophytes dans l’interprĂ©tation de la musique française du XVIIIĂšme siĂšcle, et aussi expĂ©rience professionnelle grĂące Ă  ce concert public. Le projet fait partie des nombreux chantiers initiĂ©s par le Centre de musique baroque de Versailles, dĂ©sormais ouvert Ă  l’international, soucieux depuis quelques annĂ©es de faire rayonner la connaissance et l’interprĂ©tation de la musique baroque française dans le monde. Partitions, Ă©quipe pĂ©dagogique sont les nouveaux moyens de l’institution versaillaise pour rĂ©aliser de nouveaux types de concerts, permettant aux jeunes professionnels de se perfectionner toujours et encore en se frottant  à l’accomplissement du concert publique. Il s’agit de deux premiĂšres mondiales Ă  Rio. L’Ă©tĂ© 2015 a rĂ©alisĂ© un autre projet du CMBV Ă  Innsbruck en aoĂ»t : le festival de musique ancienne et baroque mondialement reconnu accueillait pour la premiĂšre fois de son histoire, son premier opĂ©ra français, Armide de Lully (1686) dans une nouvelle production, mise en scĂšne par Cristina Colonna sous la direction de Patrick Cohen-AkĂ©nine et avec le concours de jeunes instrumentistes et chanteurs accompagnĂ©s par le CMBV, dont pour certains, les  laurĂ©ats du Concours Cesti 2014. Reportage vidĂ©o : Armide de Lully Ă  Innsbruck (aoĂ»t 2015)

 

 

 Bruno Procopio et le CMBV : Rameau, Clérambault, Mondonville à Rio

Concert du 19 septembre 2015, 20h
Durée : 1h25 sans entracte

 

Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Les Sons harmoniques, Sonates Ă  violon seul avec la basse continue (1738)

Sonate opus 4 n°1 en si mineur : Grave – Allegro – Aria. Amoroso – Allegro

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
PiĂšces de clavecin en concert (1741)

PREMIER CONCERT :
La Coulicam. Rondement – La Livry. Rondeau gracieux – Le VĂ©zinet. Gaiement, sans vitesse

DEUXIÈME CONCERT :
La Laborde. Rondement – La Boucon. Air, gracieux – L’Agaçante. Rondement – 1er et 2e Menuet

TROISIÈME CONCERT :
La Lapopliniùre. Rondement – La Timide. 1er et 2e Rondeau gracieux – 1er et 2e Tambourin

QUATRIÈME CONCERT :
La Pantomime. Loure vive – L’Indiscrùte. Vivement – La Rameau. Rondement

CINQUIÈME CONCERT :
La Forqueray. Fugue – La Cupis. Rondement – La Marais. Rondement

 

Concert du 22 septembre 2015, 20h
Durée : 1h20 sans entracte

 

Eugénie Lefebvre, soprano
Stéphanie-Marie Degand, violon
François Joubert-caillet, basse de viole
Bruno Procopio, clavecin

Orchestre baroque de l’UniversitĂ© de Rio (OBU)
Laura Ronai, direction artistique

 

Jean-Henry d’Anglebert (1629-1691)
Prélude en sol majeur, pour clavecin

Jean-Baptiste Antoine Forqueray (1699-1782)
La Leclair, pour clavecin

Antoine Forqueray (1672-1745)
Premier Livre de Piùces de viole avec la basse continue (1747) – extraits
La Couperin – La Buisson

Claude Balbastre (1727-1799)
La Lugeac, pour clavecin

Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Piùces de clavecin avec voix ou violon opus 5 (1748) – extraits

Amoroso « Paratum cor meum  » – Allegro « In Domino laudabitur  »

Paratum cor meum, Deus,
Paratum cor meum,
Cantabo et psalmum dicam

(Psaume 56 verset 10)

Mon cƓur est prĂ©parĂ©, ĂŽ mon Dieu ;
Mon cƓur est tout prĂ©paré :
Je chanterai, et je ferai retentir vos louanges sur les instruments.

In Domino laudabitur anima mea :
Audiant mansueti et laetentur.
(Psaume 33 verset 7)

Mon Ăąme ne mettra sa gloire que dans le Seigneur.
Que ceux qui sont doux et humbles Ă©coutent ceci, et qu’ils se rĂ©jouissent.

Jean-Marie Leclair (1697-1764)
Concerto pour violon opus 10 n°6 en sol mineur (ca 1743)

Allegro ma poco – Andante – Allegro

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
La Muse de l’OpĂ©ra ou Les CaractĂšres lyriques. Cantate Ă  voix seule et symphonie (1716)

PrĂ©lude – RĂ©citatif – Air gai – TempĂȘte – RĂ©citatif – Air – Sommeil – PrĂ©lude infernal – RĂ©citatif – Air

LA MUSE DE L’OPÉRA ou LES CARACTÈRES LYRIQUES. Cantate à voix seule et symphonie

RĂ©citatif (fort gravement)

Mortels, pour contenter vos désirs curieux
Cessez de parcourir tous les climats du monde,
Par le puissant effort de l’art qui nous seconde,
Ici tout l’Univers se dĂ©couvre Ă  vos yeux.

Air gai
Au son des trompettes bruyantes
Mars vient embellir ce séjour ;
Diane avec toute sa cour
Vous offre des fĂȘtes galantes ;
Et mille chansons Ă©clatantes
RĂ©veillent l’écho d’alentour.
Des bergers la troupe légÚre
Vient folùtrer sur ces gazons ;
À leurs danses, à leurs chansons,
On voit que le Dieu de CythĂšre
Leur a donné de ses leçons.

TempĂȘte (fort et marquĂ©)

Mais quel bruit interrompt ces doux amusements ?
Le soleil s’obscurcit, la mer s’enfle et s’irrite ;
Dieux ! quels terribles flots ! et quels mugissements !
La terre tremble, l’air s’agite,
Tous les vents déchainés, mille effrayants
Éclairs, semblent confondre l’Univers.
Quels sifflements affreux ! Quel horrible tonnerre !
Le ciel est-il jaloux du repos de la terre ?

RĂ©citatif
Non, les Dieux attendris par nos cris Ă©clatants,
Ramùnent les beaux jours de l’aimable printemps.

Air
Oiseaux, qui sous ces feuillages
Formez des accents si doux,
L’Amour quand il vous engage
Vous traite bien mieux que nous ;
Il n’est jamais parmi vous
Jaloux, trompeur, ni volage.

Sommeil (doucement)
Vos concerts, heureux oiseaux,
Éveillent trop tît l’aurore,
Laissez les mortels encore
Plongés au sein du repos.

Prélude infernal (lentement, fort et marqué)
Mais quels nouveaux accords dont l’horreur est extrĂȘme ?
Qui fait ouvrir le séjour infernal ?
Que de démons sortis de ce gouffre fatal !

Les implacables SƓurs suivent Pluton lui-mĂȘme.

RĂ©citatif

Ne craignons rien, un changement heureux
Vient nous offrir de doux présages,
Et les dĂ©mons changĂ©s sous d’aimables images,
Amusent nos regards par d’agrĂ©ables jeux.

Air gai et piqué
Ce n’est qu’une belle chimùre
Qui satisfait ici vos vƓux ;
Eh ! n’ĂȘtes-vous pas trop heureux
Qu’on vous sĂ©duise pour vous plaire ?
Dans ce qui flatte vos désir
Croyez tout ce qu’on fait paraütre ;
On voit s’envoler les plaisirs
Lorsque l’on cherche à les connaütre.

 

 

CD. LIRE notre critique du cd PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau par Bruno Procopio

 

VOIR notre reportage vidéo : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio à Cuenca (Espagne), Avec Maria Bayo (avril 2014)

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction.

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOrio-cidade-des-artes-rio-de-janeiro-bruno-procopio-concert-gossec-neukommRio de Janeiro, compte rendu concert. Dans la nouvelle salle de concerts “Cidade des Artes” – sorte d’insecte prismatique Ă  pattes dessinĂ© par Christian de Porzemparc- , les Cariocas retrouvent le chef brillant, nerveux, fougueux mais aussi nuancĂ© qui avait le mois prĂ©cĂ©dent crĂ©Ă© l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, Sala Cecilia Meireles, – au centre de Rio-:  Bruno Procopio dans un dispositif qui lui est dĂ©sormais spĂ©cifique : jouer deux auteurs au carrefour du classicisme et du romantisme, 
 sur instruments modernes. Tout le dĂ©fi est lĂ  : rĂ©aliser accents, style, continuitĂ© des partitions selon les apports de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e. Un enjeu qui dĂ©passe la seule question des esthĂ©tiques et rĂ©clame des instrumentistes et du chef, un engagement total pour rĂ©ussir le rĂ©sultat final. De Sacchini Ă  Gossec, le geste est d’autant plus fluide et assurĂ© que l’esthĂ©tique trĂšs marquĂ© esprit des LumiĂšres circule de l’une Ă  l’autre des partitions.

Pour la Symphonie de Gossec (1734 – 1829), Bruno Procopio a respectĂ© l’usage instrumental historique : c’est Ă  dire le nombre impressionnant de contrebasses : car l’orchestre en France Ă  l’époque de Gossec totalise prĂšs de 12% des effectifs de cordes : le principe est rĂ©alisĂ© Ă  Rio et la sonoritĂ© qui en dĂ©coule apporte ses bĂ©nĂ©fices expressifs : puisque la musique ne module pas beaucoup, l’éloquence Ă©largie des basses nourrie une matiĂšre Ă©tonnamment riche malgrĂ© des lignes plutĂŽt simples. Des quatre mouvements (Maestoso – Allegro molto ; Larghetto ; Menuet – trio ; Finale : Allegro molto), le chef rĂ©alise la continuitĂ© tout en apportant les fruits d’un travail spĂ©cifique sur le relief instrumental.

 

 

procopio-bruno-concert-gossec-neukomm-rio-de-janeiro-582-frontal

 

 

A 17 parties soit 17 pupitres, l’orchestre de Gossec demeure rĂ©solument classique avec clarinettes et trompettes par deux. Ordinairement datĂ©e de 1809, la Symphonie pourrait remontĂ©e Ă  une Ă©poque prĂ©cĂ©dente : le dernier mouvement commence par un systĂšme fuguĂ© dĂ©fendu par les premiers violons selon la tradition du Concert Spirituel telle qu’elle s’était affirmĂ©e dans le paysage de la fin XVIIIĂš Ă  Paris.  De fait, outre ces points d’écriture, tout l’esprit de la Symphonie de Gossec rĂ©sonne de l’Esprit des LumiĂšres plutĂŽt que du plein romantisme. L’auteur de ThĂ©sĂ©e, opĂ©ra majeur, trĂšs emblĂ©matique de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique de la fin du XVIIIĂš europĂ©en, reste rĂ©solument classique et respectueux des inflexions de son Ă©poque.

Jouer Gossec et Neukomm Ă  Rio

Mais le trait original vient pourtant d’un souci personnel dans la coloration des unissons comme des dessus cordes/flĂ»tes puis flĂ»tes/hautbois. Gossec tout en rĂ©pĂ©tant souvent un mĂȘme motif rythmique et mĂ©lodique, sait particuliĂšrement bien raffiner les combinaisons instrumentales Ă  chaque reprise, dans le but de colorer son orchestration. La variĂ©tĂ© des instruments offre une expĂ©rience de coloration (hautbois/ clarinette) plutĂŽt « moderne » vis Ă  vis du cadre strictement classique des LumiĂšres. S’il n’était cette sensibilitĂ© originale aux instruments, le style de Gossec regarde plutĂŽt du cĂŽtĂ© de Haydn que de Beethoven. Bruno Procopio saisit et sert idĂ©alement l’intensitĂ© du matĂ©riau musical avec une fluiditĂ© permanente passant d’un mouvement Ă  l’autre avec une intelligence communicative qui souligne l’invention instrumentale de Gossec. Ce bouillonnement dynamique souligne l’apport du compositeur parmi les plus inventifs de sa gĂ©nĂ©ration et qui impressionna tant Mozart lors de son sĂ©jour Ă  Paris en 1778. C’est d’ailleurs grĂące Ă  Gossec, alors directeur du Concert Spirituel, que Wolfgang reçoit la commande, prestigieuse pour la capitale française, des fameuses Symphonies parisiennes. Entre l’écriture classique et viennoise (plutĂŽt archaĂŻsante si la partition remonte de fait Ă  1809) et sa grande sensibilitĂ© instrumentale (solos de clarinette en particulier 
) et son souci de la couleur (trait de modernitĂ© a contrario), le jeune chef franco-brĂ©silien rĂ©ussit totalement l’équilibre entre mesure et sensualitĂ©. En revanche, de prĂšs de 30 mn en durĂ©e, la carrure de l’Ɠuvre prĂ©figure Beethoven.

Pour sa part, Sigismond Neukomm (1778-1858) retrouve Ă  Rio, un rivage familier. Le Viennois, parti de Paris vers Rio en 1816 dans le cadre de la Mission française au BrĂ©sil, s’inscrit naturellement dans ce programme carioca : il a mĂȘme composĂ© sa Symphonie hĂ©roĂŻque pendant la traversĂ©e, de l’Europe au Nouveau Monde. Tout un symbole. Comme la Symphonie de Gossec, le style de Neukomm est fonciĂšrement classique et mĂȘme haydnien mais il affirme un sens des modulations trĂšs original, parfois abrupts, dont l’activitĂ© des contrastes, reste Ă©trangĂšre Ă  Gossec : son parfum romantique est plus Ă©vident de ce fait. Place est favorise Ă  la fanfare qui y rĂšgne sans discontinuer : ne s’agit-il pas de la Symphonie hĂ©roĂŻque en rĂ© majeur ?

 

 

procopio-gossec-neukomm-avril-2015-rio-de-janeiro-582

 

 

Comme Mozart et Beethoven, Neukomm rĂ©utilise un ancien air composĂ© par Haendel (ici,  l’air de Macbeth pour le mouvement lent central). InspirĂ© par l’art du Symphoniste, ayant crĂ©Ă© entre ancien et nouveau monde, Bruno Procopio souligne l’allant gĂ©nĂ©ral, l’exaltation d’une plume pleine de feu et de contrastes. Il fait surgir avec bonheur, la vivacitĂ© martiale et l’énergie solaire d’une Symphonie de conquĂȘte.  En 1816 avant de partir pour Rio, Neukomm, serviteur de Talleyrand, compose le Requiem jouĂ© lors de la commĂ©moration du traitĂ© de Vienne. Au BrĂ©sil, il compose le Libera me pour la fin du Requiem de Mozart, dans une rĂ©alisation alors dirigĂ©e Ă  Rio, par le compositeur officiel Nunes Garcia. Il est donc lĂ©gitime d’inscrire au programme Neukomm aux cĂŽtĂ©s de Gossec. L’un et l’autre sont emblĂ©matiques du langage classique des LumiĂšres. Or le second, a fait le voyage et transmet et diffuse l’hĂ©ritage de la culture europĂ©enne sous les tropiques.

AprĂšs Renaud de Sacchini (1783) – avec l’OSB toujours, crĂ©ation brĂ©silienne de mars 2015, Bruno Procopio retrouve les dĂ©fis de la musique française de la fin du XVIIIĂš, au tournant des esthĂ©tiques classique et romantique dĂ©fis pimentĂ©s par sa rĂ©alisation sur instruments modernes. Jouer sur instruments modernes nĂ©cessite un apprentissage spĂ©cifique pour les instrumentistes : nouvelle expĂ©rience technique que leur apporte Bruno Procopio (dont coups d’archets selon une approche historiquement informĂ©e, nouveau raffinement dans l’interprĂ©tation des parties ornementales
)

Comme c’était aussi l’enjeu du concert Ă  LiĂšge, avec le Philharmonique Royal (jouer Rameau sur instruments modernes, dĂ©cembre 2014, – voir ci aprĂšs notre reportage classiquenews : “Rameau Symphonique par Bruno Procopio Ă  LiĂšge”). Mais un autre dĂ©fi attend bientĂŽt Bruno Procopio, crĂ©er ThĂ©sĂ©e de Gossec composĂ© en 1781 autre fleuron de l’esthĂ©tique des LumiĂšres et qui a dĂ©sormais toute sa place dans ce nouveau sillon prometteur, tracĂ© entre la France et le BrĂ©sil grĂące Ă  l’énergie d’un chef audacieux. D’autant qu’en 2016, la France et le BrĂ©sil cĂ©lĂšbreront le bicentenaire de la Mission française au BrĂ©sil. Prochains Ă©vĂ©nements Ă  venir.

 

 

Compte rendu, concert. Rio de Janeiro, Cidade das Artes, le 4 avril 2015. Sigismund Neukomm (1778 – 1858) : Grande Symphonie HĂ©roĂŻque Op.19. François-Joseph Gossec (1734 – 1829) : Symphonie Ă  17 parties (1809) de Brazilian Symphony Orchestra. Bruno Procopio, direction.

Le chef d’orchestre Bruno Procopio en vidĂ©o

 

procopio-bruno-chef-maestro-gossec-neukomm-rio-de-janeiro-avril-2015

 

 

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige Rameau à LiÚge avec le Philharmonique Royal de LiÚge (décembre 2014)

VOIR le reportage Bruno Procopio dirige RENAUD de Sacchini à Rio, Sala Cecilia Meireles  / Brazilian Symphony Orchestra (mars 2015)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue Carl Philipp Emmanuel Bach à Caracas / Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Vénézuela (septembre 2013)

VOIR le reportage Bruno Procopio joue les PiÚces pour clavecin en concerts de Rameau (avril 2013)

 

 

Illustrations : Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB) dans un programme Gossec et Neukomm, Rio de Janeiro, avril 2015 © CLASSIQUENEWS.COM

VIDEO, reportage. Renaud de Sacchini, créé à Rio de Janeiro (Brésil) par Bruno Procopio: 1/2

brunoProcopio_okok sacchini renaud RIOVIDEO, reportage. Renaud de Sacchini Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil) par Bruno Procopio : 1/2 (mars 2015). Les 21 et 22 mars 2015, le chef d’orchestre franco-brĂ©silien Bruno Procopio pilotant l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, crĂ©Ă©e sous les tropiques, le chef d’oeuvre de Sacchini: Renaud, tragĂ©die lyrique de 1783, fleuron de l’opĂ©ra des LumiĂšres sous le rĂšgne de Marie-Antoinette. BĂ©nĂ©ficiant d’un plateau brĂ©silien dont surtout l’exceptionnelle mezzo Luisa Francesconi, la production Ă©tait un temps fort de la programmation lyrique Ă  la Sala CecilĂ­a Meireles de Rio de Janeiro (JG Ripper, direction). Grand reportage vidĂ©o : 1/2 © studio CLASSIQUENEWS.COM

LIRE aussi la nomination de Mr JG Ripper, directeur de l’OpĂ©ra de Rio (juin 2015)

LIRE notre compte rendu critique complet de Renaud de Sacchini par Bruno Procopio, Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars 2015, Sala Cecília Meireles, Rio de Janeiro, Brésil)

Rio (BrĂ©sil). Bruno Procopio joue Gossec, Neukomm, Garcia…

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

Rio de Janeiro, concert Bruno Procopio. CitĂ© des Arts, samedi 4 avril 2015, 16h. AprĂšs avoir crĂ©er l’opĂ©ra de Sacchini de 1783, Renaud, dans la salle Cecilia de Meireles, superbe rĂ©vĂ©lation pour les cariocas avec l’étonnante mezzo Luisa Francesconi (les 21 et 22 mars derniers), Bruno Procopio retrouve Ă  Rio, l’OSB Orchestre symphonique du BrĂ©sil Ă  la Cidade das Artes, dans un programme qui fĂȘte les 450 ans de la fondation de la citĂ© carioca. Au programme, plusieurs maĂźtres europĂ©ens : le belge Gossec et le germanique Neukomm, ainsi que deux musiciens emblĂ©matiques de l’essor de la musique savante Ă  l’heure coloniale : Marcos Portugal (gĂ©nie prossinien) et Nunes Garcia. Outre des oeuvres sacrĂ©es (Laudamus Te de la Missa Grande de Portugal, Laudamus Te de la Missa de Sainte CĂ©cile de Garcia), le chef franco brĂ©silien affirme sa stimulante Ă©nergie dans le genre symphonique : Symphonie pour 17 parties de Gossec et Sinfonia Heroica de Neukomm (opus 19). Dans la superbe salle de la CitĂ© des Arts de Rio, nouvellement inaugurĂ©e, Bruno Procopio offre une nouvelle leçon de direction et de sensibilitĂ©, dĂ©voilant dans son pays d’origine, le raffinement d’une musique qui a surtout su assimiler et rĂ©Ă©crire les sources europĂ©ennes. De Gossec et Neukomm, Bruno Procopio rĂ©vĂšle le feu orchestral, sans omettre de rĂ©vĂ©ler la profonde ferveur de la Messe testament de Nunes Garcia, compositeur emblĂ©matique de la prĂ©sence du roi du Portugal Jean VI Ă  Rio : la messe de Sainte CĂ©cile. Le programme comprend aussi une Ɠuvre sacrĂ©e de Marcos Portugal : la Missa Grande dont Bruno Procopio a enregistrĂ© une version pour orgue et chƓur Ă  Cuenca (Espagne) avant de diriger la pĂ©tillante comĂ©die prĂ©rossinienne L’oro no compra amore
 (un opĂ©ra savoureux aux accents prĂ©rossiniens). Le programme Ă©voque surtout l’amitiĂ© entre compositeurs : ainsi Nunes Garcia qui se rapproche de Neukomm (dĂšs l’arrivĂ©e de ce dernier en 1816) et grĂąces auquel il dirige Mozart et Haydn Ă  Rio.

 

 

 

Bruno Procopio dirige les compositeurs de Jean VI Ă  Rio de Janeiro

De Gossec et Neukomm à Nunes Garcia


 

GOSSEC_Gossec-portraitAuteur de 50 symphonies dĂšs 1756, soit bien avant Haydn, Gossec (1734-1829) est bien l’inventeur du genre, sachant se renouveler et affirmer mĂȘme l’essor de la forme purement instrumentale aux cĂŽtĂ©s de GrĂ©try. TrĂšs proche de Mozart, Gossec enseigne aussi au Conservatoire, les spĂ©cificitĂ©s de la composition entre 1795 et 1814. Le gĂ©nie de Gossec rĂ©cemment rĂ©vĂ©lĂ© dans son opĂ©ra ThĂ©sĂ©e (1781) qui saisit et surprend par l’ambition de l’écriture, sa spatialisation et son intensitĂ© dramatique, vrai souffle lyrique si rare Ă  l’opĂ©ra-, tient Ă  une pensĂ©e universelle (comme GrĂ©try) et une adaptabilitĂ© tenace et salvatrice malgrĂ© les perturbations de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire. Sous directeur de l’AcadĂ©mie royale de musique aprĂšs Dauvergne en 1782, il dirige la nouvelle Ă©cole royale de chant en 1784. Aux cĂŽtĂ©s du peintre David, scĂ©nographe des grandes cĂ©rĂ©monies rĂ©volutionnaires, Gossec devient le principal compositeur des RĂ©publicains, accomplissant dans la musique l’esprit des LumiĂšres. Il meurt dĂ©chu et Ă©cartĂ© sous la Restauration Ă  95 ans.
Sa symphonie pour 17 parties date de 1809 et tĂ©moigne des ultimes Ă©volutions du compositeur : Gossec qui avait connu Stamitz Ă  Mannheim, et en proche de Mozart, affirme ici une sensibilitĂ© pour l’orchestration Ă©tonnante qui prĂ©figure Berlioz. Jamais jouĂ©e de son vivant, la partition n’est pas publiĂ©e et frappe pourtant par le raffinement instrumental requis : flĂ»tes, hautbois, bassons, cors par deux
 elle est traversĂ©e par un souffle unique et cite mĂȘme l’air des libertaires : « ah, ça ira, ça ira » dans le dernier mouvement.

Sigismund_von_Neukomm_(1)Sigismond Neukomm (1778-1858) appartient Ă  la gĂ©nĂ©ration postĂ©rieure Ă  celle de Gossec. ElĂšve du frĂšre de Joseph Haydn (Michael), Neukomm comme Gossec favorise l’évolution du passage entre l’esprit des LumiĂšres et le prĂ©romantisme. Voyageur assidu, Neukomm rĂ©side 5 annĂ©es Ă  Rio : il y joue Mozart oĂč il compose un Libera me pour complĂ©ter le Requiem incomplet et devient le professeur du Roi du BrĂ©sil Jean VI. Neukomm dĂ©veloppe aussi une activitĂ© ethnomusicale, Ă©crivant plus de 90 Ɠuvres inspirĂ©es directement de motifs populaires brĂ©siliens !

JosĂ©_Mauricio_Nunes_GarciaNunes Garcia est un compositeur brĂ©silien nĂ© et mort Ă  Rio en 1767 et 1830. Ce fils d’esclaves originaires du Minas Gerais, devient rapidement une personnalitĂ© majeure de l’essor musicale Ă  Rio. OrdonnĂ© prĂȘtre en 1792, devenu maĂźtre de chapelle de la CathĂ©drale de Rio dĂšs 1798, Garcia compose toute la musique pour la Cour royale : il livre quantitĂ© de partitions d’une qualitĂ© Ă©vidente que traverse aussi le souci de dĂ©fense des idiomes brĂ©siliens. En 1808, quand arrive le roi du Portugal, Garcia suscite l’admiration du prince rĂ©gent Jean VI, mĂ©lomane averti. Le monarque le nomme MaĂźtre de la chapelle royale dont le siĂšge est l’Ă©glise Nossa senhora do Carmo (alors Ă©levĂ©e au rang de cathĂ©drale). MalgrĂ© l’opposition des membres de la cour, tous originaires du Portugal, Jean VI honore son musicien mĂ©tis qu’il fait chevalier de l’ordre du Christ. Garcia dut cependant accepter au poste de maĂźtre de chapelle le portugais Fonseca Portugal, venu de Lisbonne en 1811, qui devint son supĂ©rieur. En 1816, Garcia compose deux chefs d’oeuvre, commande du Tiers-Ordre du Carmel en hommage Ă  la reine Marie IĂšre de Portugal : le Requiem et l’Office des dĂ©funts.
Quand arrivent les artistes de la mission française en 1816 (oĂč figurent les peintres Debret et Taulnay, l’architecte Montigny), tous les membres venus d’Europe louent la personnalitĂ© du « mulĂątre » brĂ©silien. Garcia se lie d’amitiĂ© avec Neukomm, arrivĂ© la mĂȘme annĂ©e : les deux compositeurs suscitĂšrent l’opposition de la Cour mais reçurent la faveur indĂ©fectible du roi Jean VI. GrĂące Ă  Neukomm, Garcia dirige les oeuvres de Mozart (Requiem en 1819) et de Haydn (La CrĂ©ation en 1821).
AprĂšs la dĂ©part de Jean VI au Portugal (1821) et l’indĂ©pendance du BrĂ©sil en 1822, Garcia perd appui et protection. Cependant la Messe pour Sainte CĂ©cile, chant du cygne de 1826, affirme un gĂ©nie inĂ©galĂ© Ă  son Ă©poque, heureuse synthĂšse entre l’écriture savante proeuropĂ©enne et une inspiration indigĂšne pure et noble : jusqu’à sa mort en 1830, Garcia ne cesse de rĂ©viser l’orchestration de cette Messe testament.

Brésil, Rio de Janeiro. Cidade das Artes, Cité des Arts.
Samedi 4 avril 2015, 16h.

boutonreservationGabriella Pace, soprano
OSB Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction
Série 450 ans de la fondation de Rio de Janeiro (Brésil)

FRANÇOIS-JOSEPH GOSSEC
Sinfonia para 17 Partes

MARCOS PORTUGAL
Missa Grande | Laudamus Te
SIGISMUND VON NEUKOMM
Missa Solene | Quoniam

JOSÉ MAURÍCIO NUNES GARCIA
Missa de Santa CecĂ­lia | Laudamus Te

SIGISMUND VON NEUKOMM
Sinfonia Heroica, Op. 19

Compte rendu critique, opéra. Rio (Brésil), Salle Cecilia Meireles, les 21 et 22 mars 2015. Sacchini : Renaud, création. Luisa  Francesconi  (Armida). .. OSB Orchestre  symphonique du Brésil. Bruno  Procopio, direction. Version mise en espace.

Deux soirĂ©es Ă  Rio de Janeiro au BrĂ©sil ont pu faire entendre aux Cariocas, venus en nombre dans la salle Cecilia de Meireles dans le centre ville,  l’Ă©clectisme Ă©lĂ©gantissime du napolitain Sachini. ll est le champion du thĂ©Ăątre lyrique: invitĂ© Ă  grands frais sous le rĂšgne de Louis XVI et Marie-Antoinette,  Sacchini rĂ©adapte l’ancien livret mis en musique par Lully mais dans un style plus direct et nerveux propre au classicisme prĂ©romantique des annĂ©es 1780.

Antonio_SacchiniParfait reprĂ©sentant  de cet Ă©clectisme  europĂ©en  qui a cours  en France sous le rĂšgne de Marie Antoinette, ce Renaud crĂ©Ă©  en 1783, illustre  bien l’Ăąge d’or  des arts du spectacle quelques annĂ©es avant la RĂ©volution. Pour plaire  aux parisiens, le Napolitain  recycle  plusieurs ouvrages qu’il avait prĂ©cĂ©demment composĂ©  pour Londres. La partition  est resserrĂ©e de 5 Ă  3  actes. La vision  est originale parfois puissante : trĂšs  soucieuse  de vraisemblance  psychologique  évidemment Ă  l’endroit  d’Armide dont la figure  s’avĂšre effectivement saisissante lors des deux soirĂ©es  brĂ©siliennes. A ses cĂŽtĂ©s  son pĂšre  Hidraot  ne manque pas non plus de profondeur dans une tendresse hĂ©roĂŻque et paternelle  qu’on a peu montrĂ©  à l’opĂ©ra  jusque lĂ .

 

 

Bruno Procopio explore et rĂ©vĂšle les vertiges d’Armide de l’opĂ©ra ‘ Renaud ” (1783)

Sacchini sous les tropiques

 

 

brunoProcopio dirige Renaud sacchini

 

A Rio, salle Cecilia de Meireles, l’excellent Bruno Procopio dirige l’OSB, Orchestre Symphonique du BrĂ©sil et fait Ă©tinceler la lyre dramatique de l’Ă©lĂ©quent et si raffinĂ© Sacchini sous les tropiques…

 

 

Pour le reste, les personnages de Renaud ou de la reine des amazones Antiope sont plutĂŽt rapidement esquissĂ©s : des types, non  des individus. Les deux fonctionnent en faire valoir d’Armide : le premier ne cesse d’exalter sa tendresse  et sa nature de guerrier Ă©pris,  amoureux ;  la seconde Ă  l’inverse incarne l’ordre de haine guerriĂšre, exhorte Ă  la reprĂ©sentation de la combattante  qui s’inscrit contre les hommes. La vocalise de son air unique exprime cette nature furieuse. Quel  ordre  la belle  Armide  choisira t elle ?Dans la sphĂšre  des grandes figures  tragiques lĂ©guĂ©es  par l’esprit des LumiĂšres en France, Armide incarne ici  une figure fĂ©minine passionnante Ă  laquelle  ont aussi contribuĂ©  d’une certaine maniĂšre Jean ChrĂ©tien Bach  (Amadis), Vogel  (La toison d’or), Gretry  (Andromaque)… un profil nouveau de femme  particuliĂšrement  riche et contradictoire dont les sentiments  émergeants  et nouveaux confirment l’inflexion nouvelle, celle du romantisme. Le passage apporte ses fruits emblĂ©matiques : ceux de la sensibilitĂ©  palpitante et mĂȘme frĂ©nĂ©tique au lieu de la passion  baroque;  ceux du fantastique spectaculaire  plutĂŽt que du merveilleux.

VoilĂ  qui prĂ©pare  évidement Ă  l’accomplissement du cycle : MĂ©dĂ©e  de Cherubini  (1797 ), elle-mĂȘme  prĂ©figurant aux grandes hĂ©roĂŻnes romantiques  du XIX Ăšme. Il serait passionnant  de reconstruire ce profil poĂ©tique dans un rĂ©cital discographique intitulĂ© : “hĂ©roĂŻnes tragiques Ă  l’Ă©poque des lumiĂšres”, programme presque rĂ©alisĂ©  par VĂ©ronique Gens mais avec une incarnation plus charnelle et puissante sans rien sacrifier de la clartĂ©  linguistique. Cela semble dĂ©sormais possible grĂące au talent  inouĂŻ  de l’interprĂšte Ă©coutĂ©e  et dĂ©couverte  à Rio  les 21 et 22 mars derniers.

 

 

La mezzo soprano brésilienne Luisa Francesconi trouve le ton juste

une Armide amoureuse irrésistible

 

francesconi-luisa-armide-sacchiniChaque  apparition d’Armide prĂ©cise davantage l’Ăąme  d’une amoureuse  impuissante saisie  par le charme de Renaud. Elle tente  bien  de se dĂ©faire de cet envoĂ»tement des sens en suscitant les furies  infernales, mais rien n’y fait  et la guerriĂšre rend les armes face au pouvoir de l’amour. C’est bien l’enjeu  de l’acte II, le plus  passionnant qui exige de l’interprĂšte  une souplesse et une intensitĂ© de jeu qui doit aussi s’appuyer sur une technicitĂ© vocale  remarquable. La mezzo brĂ©silienne Luisa  Francesconi rĂ©unit toutes les qualitĂ©s pour rĂ©ussir les dĂ©fis et les enjeux d’Armide. Le velours cuivrĂ© de son timbre, son mĂ©dium charnu, ses aigus remarquablement couverts et placĂ©s, l’articulation  donc l’intelligibilitĂ©, surtout le jeu  trĂšs  économe produisent une  hĂ©roĂŻne  de bout en bout captivante  dont l’air inoubliable “Barbare amour”, sont les jalons  d’une interprĂ©tation superlative. La cantatrice  qui chante Carmen et aussi  Charlotte  de Werther  de Massenet,  offre  lors des deux soirĂ©es une leçon  d’intelligence vocale  et de grande sensibilitĂ©  thĂ©Ăątrale. IntensitĂ©  contenue qui contraste d’autant mieux avec l’agilitĂ©  plus dĂ©corative des autres personnages. On est loin du livret originel de Quinault pour Lully oĂč l’enchanteresse savait envoĂ»ter sans sincĂšrement l’inflĂ©chir le beau Renaud : la magicienne, dĂ©pendante de ses propres sortilĂšges, ne savait plus retenir sa haine destructrice quand Renaud fut libĂ©rer de l’envoĂ»tement. Chez Sacchini, le goĂ»t ayant changĂ©, c’est une Armide tempĂ©rĂ©e et amoureuse comblĂ©e, qui conclue l’opĂ©ra.

 

procopio-bruno-paraty-582-420-une-homepage-a-la-une-classiquenewsSaluons particuliĂšrement  le travail du chef Bruno Procopio qui fidĂšle  à ses prĂ©cĂ©dentes rĂ©alisations dans le Nouveau Monde, perfectionne encore ses remarquables aptitudes dans l’interprĂ©tation des oeuvres baroques et rares, ce avec d’autant plus d’audace et de sens des dĂ©fis qu’il  dirige l’orchestre Symphonique du BrĂ©sil  (OSB) : c’est Ă  dire une phalange sur …instruments modernes. Or le feu  constant,  la souplesse et la nervositĂ© du geste apportent d’indiscutables  rĂ©sultats  dans la tenue des choeurs, le souci des rĂ©citatifs, la noblesse grave ou nostalgique des nombreux ballets qui sont tous d’un style gluckiste maĂźtrisĂ©. De la succession des airs, du savant jeu des contrastes naĂźt  un sens  indiscutable de l’architecture rendant mieux perceptible la structuration de l’action en atmosphĂšres, toutes dĂ©pendantes de  l’esprit oscillant d’une Armide  dĂ©chirĂ©e, indĂ©cise, toujours foudroyĂ©e : pour preuve la scĂšne du front de guerre qui ouvre le III oĂč Ă  l’apparition de la combattante alors en proie aux doutes et aux vertiges  les plus effrayants, rĂ©pond le chant frĂ©nĂ©tique  et convulsif de l’orchestre qui dĂ©crit un paysage dĂ©vastĂ©, celui de la dĂ©faite encore fumante de son propre camp.

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroAprĂšs  avoir dirigĂ© ici  mĂȘme – Ă  quelques  mĂštres de lĂ  : au  Teatro  Municipal, superbe opĂ©ra de Rio, le si subtil Oro  no  compra amore de 1806  (encore une histoire  amoureuse) du gĂ©nie local Marcos  Portugal dont  il avait su  exprimer  la vitalitĂ©  rossinienne, le chef plus inspirĂ© que jamais, affirme  deux annĂ©es  plus tard sur le fil des mĂȘmes risques  assumĂ©s,  une maestriĂ  stimulante ; comĂ©die lĂ©gĂšre puis  drame heroico sentimental : tout lui va. La tragĂ©die  lyrique de Sacchini ne pouvait trouver meilleur  ambassadeur : le public y a ovationnĂ© et la cantatrice  pour sa flamme profonde  et subtile, et le chef au charisme irrĂ©sistible. Qui aurait imaginĂ©  tel accomplissement sous les tropiques?  Existerait il une passion française au BrĂ©sil?  En particulier pour l’opĂ©ra des LumiĂšres?  A voir  le public des deux soirĂ©es, sans omettre  la curiositĂ©  comme l’envie d’apprendre et d’en dĂ©coudre, partagĂ©e  par tous les chanteurs locaux rĂ©unis pour la production, il n’y a plus aucun doute.

RIO : Bruno Procopio crée Renaud de Sacchini

Antonio_SacchiniRio. Salla C.Meireles. Sacchini : Renaud. Bruno Procopio. Les 21 et 22 mars 2015, 19h. RecrĂ©Ă© rĂ©cemment Ă  Metz, puis objet d’un enregistrement discographique que Classiquenews a largement relayĂ© Ă  l’Ă©poque, l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, crĂ©Ă© en 1783 est une commande de la Cour de  Marie-Antoinette et de Louis XVI : l’Ă©poque est Ă  la confrontation des maniĂšres (italiennes, nordiques, germaniques) pour qu’Ă©merge enfin, aprĂšs Gluck, une formule nouvelle pour l’opĂ©ra français. Les partitions alors crĂ©Ă©es Ă  Paris tĂ©moignent toutes d’une effervescence sans pareil, un Ăąge d’or de la crĂ©ativitĂ© favorisĂ©e quelques annĂ©es avant la RĂ©volution : Andromaque de GrĂ©try (1778), La Toison d’or de Vogel (1786), ThĂ©sĂ©e de Gossec (1782), Renaud de Sacchini (1783), Atys de Piccinni, Amadis de Gaule de JC Bach… sont autant de propositions dues Ă  des Ă©trangers, Ă©tapes majeures pour le renouvellement de l’opĂ©ra. A chaque crĂ©ation, des attentes nouvelles ; un esprit de confrontation et d’oppositions systĂ©matique : Gluck fut comparĂ© Ă  Piccinni, puis ce dernier ) Sacchini comme avant Gluck on aima mesurer le gĂ©nie de Rameau selon le modĂšle Lullyste, pour l’aduler comme le massacrer.  Paris aime les cabales, et feint de s’en Ă©tonner.

Champion de l’Ă©loquence ramĂ©lienne, Bruno Procopio s’attaque au Renaud de Sacchini

Les Italiens Ă  Paris : victorieux Sacchini

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRenaud de Sacchini porte bien mal son nom car c’est la sarrasine Armide qui demeure la figure protagoniste de l’ouvrage. AidĂ©e par la reine Antiope et ses amazones guerriĂšres, Armide dĂ©truit toute alliance entre chrĂ©tiens et musulmans car elle exhorte ses troupes Ă  tuer l’indigne Renaud (I). Mais quand les amazones lui livre Renaud, Armide sent son amour pour lui renaĂźtre : elle outrepasse les biensĂ©ances alors, en livrant Ă  son aimĂ©, les secrets de l’armĂ©e musulmane. Renaud s’Ă©chappe et laisse Armide qui desespĂ©rĂ©e, sollicite les furies infernales, … en vain (II). L’acte III est le plus saisissant, en particulier sur le plan orchestral, recyclant ce style frĂ©nĂ©tique expressif, dramatiquement irrĂ©sistible, hĂ©ritĂ© de Gluck : Sacchini illustre la dĂ©solation du combat final, thĂ©Ăątre de ruines qui peint la dĂ©faite des Sarrasins. C’est aussi la dĂ©sespĂ©rance absolue qui s’empare de l’esprit d’Armide trahie et dĂ©munie, rendu impuissante face Ă  l’amour que lui inspire Renaud. Suicidaire, la magicienne est prĂȘte Ă  se frapper car elle a perdu l’amour du chrĂ©tien comme elle a trahi son clan : mais Renaud paraĂźt avec Hidraot, -le pĂšre d’Armide-, jurant un amour indĂ©fectible pour celle qui croyait avoir tout perdu. L’opĂ©ra s’achĂšve donc sur une sĂ©quence positive. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de la crĂ©ation de Renaud de Sacchini Ă  Rio de Janeiro (BrĂ©sil)

boutonreservationRio. Salla Cecilia Meireles. 
Sacchini : Renaud, 1783. 
Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction. Les 21 et 22 mars 2015, 20h.

 

 

 

Antonio_SacchiniVIDEO. Visionner notre reportage exclusif RENAUD de SACCHINI recrĂ©Ă© par le CMBV Ă  l’Arsenal de Metz en octobre 2012.

 

 

Rio. Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini (1783)

Antonio_SacchiniRio. Salla Cecilia Meireles. Sacchini : Renaud, 1783. Bruno Procopio. Les 21 et 22 mars 2015, 19h. RecrĂ©Ă© rĂ©cemment Ă  Metz, puis objet d’un enregistrement discographique que Classiquenews a largement relayĂ© Ă  l’Ă©poque, l’opĂ©ra Renaud de Sacchini, crĂ©Ă© en 1783 est une commande de la Cour de  Marie-Antoinette et de Louis XVI : l’Ă©poque est Ă  la confrontation des maniĂšres (italiennes, nordiques, germaniques) pour qu’Ă©merge enfin, aprĂšs Gluck, une formule nouvelle pour l’opĂ©ra français. Les partitions alors crĂ©Ă©es Ă  Paris tĂ©moignent toutes d’une effervescence sans pareil, un Ăąge d’or de la crĂ©ativitĂ© favorisĂ©e quelques annĂ©es avant la RĂ©volution : Andromaque de GrĂ©try (1778), La Toison d’or de Vogel (1786), ThĂ©sĂ©e de Gossec (1782), Renaud de Sacchini (1783), Atys de Piccinni, Amadis de Gaule de JC Bach… sont autant de propositions dues Ă  des Ă©trangers, Ă©tapes majeures pour le renouvellement de l’opĂ©ra. A chaque crĂ©ation, des attentes nouvelles ; un esprit de confrontation et d’oppositions systĂ©matique : Gluck fut comparĂ© Ă  Piccinni, puis ce dernier ) Sacchini comme avant Gluck on aima mesurer le gĂ©nie de Rameau selon le modĂšle Lullyste, pour l’aduler comme le massacrer.  Paris aime les cabales, et feint de s’en Ă©tonner.

Champion de l’Ă©loquence ramĂ©lienne, Bruno Procopio s’attaque au Renaud de Sacchini

Les Italiens Ă  Paris : victorieux Sacchini

Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroRenaud de Sacchini porte bien mal son nom car c’est la sarrasine Armide qui demeure la figure protagoniste de l’ouvrage. AidĂ©e par la reine Antiope et ses amazones guerriĂšres, Armide dĂ©truit toute alliance entre chrĂ©tiens et musulmans car elle exhorte ses troupes Ă  tuer l’indigne Renaud (I). Mais quand les amazones lui livre Renaud, Armide sent son amour pour lui renaĂźtre : elle outrepasse les biensĂ©ances alors, en livrant Ă  son aimĂ©, les secrets de l’armĂ©e musulmane. Renaud s’Ă©chappe et laisse Armide qui desespĂ©rĂ©e, sollicite les furies infernales, … en vain (II). L’acte III est le plus saisissant, en particulier sur le plan orchestral, recyclant ce style frĂ©nĂ©tique expressif, dramatiquement irrĂ©sistible, hĂ©ritĂ© de Gluck : Sacchini illustre la dĂ©solation du combat final, thĂ©Ăątre de ruines qui peint la dĂ©faite des Sarrasins. C’est aussi la dĂ©sespĂ©rance absolue qui s’empare de l’esprit d’Armide trahie et dĂ©munie, rendu impuissante face Ă  l’amour que lui inspire Renaud. Suicidaire, la magicienne est prĂȘte Ă  se frapper car elle a perdu l’amour du chrĂ©tien comme elle a trahi son clan : mais Renaud paraĂźt avec Hidraot, -le pĂšre d’Armide-, jurant un amour indĂ©fectible pour celle qui croyait avoir tout perdu. L’opĂ©ra s’achĂšve donc sur une sĂ©quence positive.

rio-salla-cecilia-meireles-renaud-sacchini-opera-par-Bruno-Procopio-direction-21-et-22-mars-2015Le talent de Sacchini vient de son Ă©clectisme et de sa sensibilitĂ© europĂ©enne : le goĂ»t de la grandeur hĂ©roĂŻque, la virtuositĂ© (dans l’air final de la CoryphĂ©e : “Que l’Ă©clat de la victoire…”), la nervositĂ© de l’orchestre, la force palpitante des chƓurs… composent un savant mĂ©lange, combinaison gagnante qui tĂ©moigne du talent de celui qu’on voulut en son temps opposer Ă  Piccinni. De fait, les Italiens Ă  Paris connaĂźtront aprĂšs le dĂ©part de Gluck, et malgrĂ© la concurrence d’autres Ă©trangers, une vraie gloire parisienne. Le traitement de la figure d’Armide, amoureuse alanguie comme surtout, furie haineuse et vengeresse, se classe dans le sillon de la MĂ©dĂ©e de Vogel dans La Toison d’or (1786), et annonce bientĂŽt la MĂ©dĂ©e de Cherubini (1797) dont le profil radicalement violent et barbare prĂ©figure l’Ăšre romantique, si friande de magicienne tragique, amoureuse dĂ©truite et languissante…

boutonreservationRio. Salla Cecilia Meireles.
Sacchini : Renaud, 1783.
Orchestre Symphonique du Brésil
Bruno Procopio, direction. Les 21 et 22 mars 2015, 20h.

 

 

 

 

VIDEO. Visionner notre reportage exclusif RENAUD de SACCHINI recrĂ©Ă© par le CMBV Ă  l’Arsenal de Metz en octobre 2012.

Antonio_SacchiniMettre en musique le merveilleux… Sacchini Ă  l’Ă©cole du thĂ©Ăątre français. Sacchini (1730-1786) arrive Ă  Paris en 1783, depuis Londres; il succĂšde ainsi Ă  Gluck et son compatriote Piccinni et prolonge Ă©videmment les avancĂ©es stylistiques de ses prĂ©dĂ©cesseurs. Pour le temple international du lyrique qu’est Paris, Sacchini offre une nouvelle musique moderne aux anciens livrets hĂ©ritĂ©s de l’ñge baroque. Renaud ne fait pas exception: contrairement Ă  son titre, l’ouvrage cosmopolite et brillant, fait place nette au personnage clĂ© de l’amoureuse enchanteresse Armide. La magicienne cĂšde ici sa baguette pour dĂ©voiler un visage tendre et implorant qui saura in fine convaincre et sĂ©duire son ennemi jurĂ© Renaud dont elle est tombĂ©e amoureuse malgrĂ© la guerre qui fait rage et qui oppose leurs deux clans respectifs
 Style gluckiste, orchestre flamboyant voire frĂ©nĂ©tique (prĂ©lude du II), alliance des divertissements et du pathĂ©tique, des accents tragiques comme hĂ©roĂŻque (le pĂšre d’Armide, Hidraot tient aussi un rĂŽle important tout en tension virile), surtout arabesques stylĂ©es d’un bel canto italianisant
 Assurant le passage du merveilleux vers le fantastique, du classicisme au romantisme, Renaud de Sacchini incarne un sommet lyrique français, en une formule europĂ©enne, au temps des LumiĂšres. Reportage exclusif CLASSIQUENEWS.COM, prĂ©sentation et commentaires par BenoĂźt Dratwicki, directeur scientifique du CMBV, Centre de musique baroque de Versailles. © CLASSIQUENEWS.TV, octobre 2012

 

 

 

Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014)

cd-Bruno-Procopio-karl-philipp-emanuel-Bach-sonates-wurtembergeoises-1742-1743-bruno-procopio-clavecin-582-PARATY515501_couv_HMCD. Compte rendu critique. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonates Wurtembergeoises Wq 49 (1 cd Paraty, 2014). 2014 s’est achevĂ© sans que l’on ait vraiment en France saluĂ© ni commĂ©morĂ© le gĂ©nie du fils Bach le plus zĂ©lĂ© et respectueux de son pĂšre : Carl Philipp Emanuel. Celui qui fit tant pour la rĂ©habilitation de l’oeuvre paternelle (avant Mendelssohn), fut aussi mĂ©prisĂ© et minorĂ© par son employeur Ă  Berlin, -FrĂ©dĂ©ric II-, qu’il devint aprĂšs Telemann, Ă  Hambourg, une personnalitĂ© de premier plan : officielle et vĂ©nĂ©rĂ© comme Haydn Ă  Vienne. C’est que le gĂ©nie exceptionnel de CPE pour le clavier faisait venir des visiteurs de marque dans sa maison hambourgeoise : il y donnait des rĂ©citals sur son fameux clavicorde Silbermann (acquis en 1746), offrant une leçon Ă  chaque fois, de raffinement et d’Ă©lĂ©gance, de maĂźtrise des phrasĂ©s, de distinction agogique, de respiration, de naturel et de profondeur… Un maĂźtre.

 

 

 

Fantaisie libre et fascinante de CPE

 

 

Carl Philipp Emanuel BachDans une forme que le pĂšre n’eut jamais l’occasion d’aborder, la Sonate pour clavecin, Carl Philipp Emanuel affirme un tempĂ©rament hors normes. Le recueil est dĂ©dicacĂ© Ă  son Ă©lĂšve, Charles II EugĂšne de Wurtemberg. On sait avec quelle science, Bach fils savait sculpter le son sur son clavicorde : tremblement et port du son grĂące Ă  une pression du doigt que permet la mĂ©canique de l’instrument choisi. Une telle sensibilitĂ© d’approche se retrouve dans le raffinement de l’Ă©criture et permet de rĂ©aliser cette Ă©loquence improvisĂ©e qui a tant marquĂ© ses contemporains. Cet essor nouveau du sentiment annonce par sa teinte Empfinsamkeit (sensibilitĂ©), le romantisme, mais appartient encore Ă  l’Ăąge baroque par sa formulation toujours soumise Ă  la loi palpitante des contrastes et des variations.

CD 1. DĂšs la premiĂšre Sonate (H30), les qualitĂ©s de l’interprĂšte s’affiche sans fard : l’ampleur et la mesure classique du Moderato initial affirme le tempĂ©rament nerveux du claveciniste Bruno Procopio. Cette maĂźtrise calibrĂ©e n’empĂȘche en rien le jaillissement d’une digitalitĂ© franche et palpitante Ă  la fois qui sait Ă©viter toute dĂ©monstration superficielle : en tĂ©moigne pour la seciton finale (Allegro assai), la somptueuse frĂ©nĂ©sie si proche de Domenico Scaralatti avec ses Ă©clairs en cascades, vĂ©ritable tempĂȘte plus Sturm und Drang qu’ Empfindsamkeit, dernier allegro, Ă  la fois nuit d’orage et course Ă  l’abĂźme. L’implication coulante et dansante de Bruno Procopio colore cette sublime conclusion de la H30 composĂ© Ă  Berlin en 1742, d’une sensibilitĂ© Ă©chevelĂ©e, d’une tenue ferme et hallucinĂ©e Ă  la fois.

La H31 exprime bien cette ambivalence de CPE entre affirmation de la maĂźtrise et dĂ©sĂ©quilibre qui menace toujours et s’exprime dans des variations et modulations harmoniques tout Ă  coup inquiĂ©tantes.  Presque Ă©purĂ©e et d’un dĂ©pouillement soudainement assagi comme rĂ©confortĂ© l’Adagio (plage 5) se distingue nettement ; il est d’une douceur introspective presque tendre oĂč CPE semble jouer Ă  traverser le mĂȘme motif dans les tonalitĂ©s les plus imprĂ©vues. L’Allegro final captive par son Ă©nergie presque hystĂ©rique : une ivresse riche en contrastes rythmique (trop appuyĂ©s selon l’humeur de l’interprĂšte?… quoiqu’il en soit la vitalitĂ© proche de la folie enivre.

Directe et franche et plus resserrĂ©e encore la H33 (Teplice, 1743) prĂ©cise ce CPE d’une robuste inventivitĂ©, passionnĂ© des carrures brisĂ©es, des Ă©pisodes syncopĂ©e, oĂč la pensĂ©e vagabonde sans limites (plage 7). ÂpretĂ©, rugositĂ© mĂȘme refondent un langage, marquĂ© par l’inquiĂ©tude. Quel contraste avec l’appel aux cimes sereines de l’Adagio qui suit ; ou le discours furieusement Ă©noncĂ© du Vivace final, d’une coupe franche parfois dure qui elle aussi laisse entrevoir des lendemains implosifs : est ce rĂ©ellement soustendu par CPE ou subtilement agencĂ© par un claviĂ©riste manifestement inspirĂ© par le compositeur : ici, la virtuositĂ© affleure la folie en un vertige qui fait la valeur de ce programme envoĂ»tant. Le clavier de CPE est loin d’ĂȘtre cette synthĂšse admirĂ©e de bon goĂ»t et d’Ă©lĂ©gance raffinĂ©e qui marqua tant Haydn et Mozart. C’est un laboratoire permanent oĂč l’imprĂ©visible Ă©prouve constamment la raison, suscitant Ă  l’extrĂ©mitĂ© du spectre sonore, une Ă©pice imprĂ©vue, la folie. Tout s’organise et se dĂ©sorganise au diapason d’une pulsion aventureuse qui ose tout dire et tout exprimer.

 

 

Sonates atypique de Carl Philipp Emanuel

 

bach_CPE_carl_philipp_emanuelLe contenu du CD2 convainc tout autant. Dans la H32 : on se dĂ©lecte essentiellement du temps suspendu et caressant d’une belle opulence de son dans l’Andante, enfin serein et presque insouciant (plage 2).  A part, la Sonate H36 (Berlin, 1744) se prĂ©cise tel le miroir des inquiĂ©tudes d’un compositeur non reconnu et certainement d’une certaine façon, humiliĂ©; dĂ©considĂ©rĂ© par le souverain en place. Ou alors oscilloscope de ses crises de goutte qu’il soignait alors aux eaux de Teplice en 1743. L’humeur dĂ©licate et capricieuse semble piloter toute la Sonata en si mineur d’une somptueuse ampleur imaginative. La versatilitĂ© y rĂšgne d’une mesure Ă  l’autre : jamais prĂ©visible, l’Ă©criture dessine de subtiles arabesques et il faut une virtuositĂ© digitale experte pour en exprimer toutes les nuances aventureuses. Ainsi le Moderato d’ouverture avec ses variantes de 1762 qui semble affirmer l’entrĂ©e avec une inventivitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e Ă  chaque nouvel Ă©noncĂ© (prĂšs de 10 mn d’exploration et de rĂ©itĂ©ration sonore sans faiblir). Comme un feu d’artifice qui dĂ©tend les tensions accumulĂ©es Ă  la limite du supportable, l’Allegro final offre un jaillissement libĂ©rateur d’une exquise fluiditĂ© de ton.

CLIC_macaron_20dec13Le tempĂ©rament et une volontĂ© coĂ»te que coĂ»te d’en dĂ©coudre… caractĂ©risent cette lecture des trĂ©sors d’invention d’un Bach singulier Ă  son Ă©poque. L’engagement et l’Ă©nergie de Bruno procopio portent tout l’Ă©difice, sachant idĂ©alement brosser de CPE Bach, ce portrait flamboyant d’un homme des LumiĂšres, savant mais facĂ©tieux, vĂ©ritable archĂ©type prĂ©figurant Haydn et Mozart par l’intelligence et la passion de l’exploration sonore. Superbe rĂ©cital d’un claveciniste qui est aussi un chef captivant.

 

 

CPE Bach (1714-1788) : WĂŒrttemberg Sonates / Sonates de Wurtemberg Wq 49 : H30, H31, H33, H32, H34, H36 (Berlin, 1742 et 1744 ; Teplice, 1743). Bruno Procopio, clavecin. 2 cd Paraty 515501. EnregistrĂ© Ă  la ferme de Villefavard en juin 2014. Parution annoncĂ©e : le 5 mai 2015. CLIC de classiquenews de mars 2015.

 

 

VidĂ©o. OpĂ©ra de Rio. Bruno Procopio recrĂ©e L’oro no compra amore de Marcos Portugal (1804)

RIO, OpĂ©ra : Bruno Procopio dirige L’Oro no compra amore de Marcos Portugal (dĂ©cembre 2012). Marcos Portugal, compositeur officiel de la cour impĂ©riale du BrĂ©sil compose nombre d’ouvrages italiens dont la verve et le raffinement prĂ©figure directement Rossini… Bruno Procopio ressuscite L’oro no compta amorce, premier opĂ©ra italien reprĂ©sentĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Rio…
Bruno Procopio dirige Renaud de Sacchini Ă  Rio de JaneiroPour les 250 ans de sa naissance, l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta Sinfonica Brasileira) cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du compositeur portugais, Marcos Portugal (1762-1830). Le jeune chef français d’origine brĂ©silienne Bruno Procopio dirige les musiciens dans une partition crĂ©Ă©e d’abord Ă  Lisbonne en 1804 puis reprise en 1811 Ă  Rio : L’oro non compta amorce l’essor de l’opĂ©ra dans le nouveau monde. L’OpĂ©ra de Rio accueille cette recrĂ©ation majeure qui conclut la saison musicale de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil. PrĂ©sentĂ©e en version de concert le 10 dĂ©cembre 2012, l’ouvrage jalonne un champ d’expĂ©rimentation qui permet aux instrumentistes d’élargir leur rĂ©pertoire tout en ressuscitant des Ɠuvres mĂ©connues. Musicien officiel de la Cour, Marcos Portugal ne fait pas qu’introduire l’éclat et la vitalitĂ© de l’opĂ©ra italien dans le Nouveau Monde : il sait synthĂ©tiser le meilleur du genre comique Ă  son Ă©poque, prĂ©figurant en grande partie ce que Rossini puis Donizetti rĂ©aliseront aprĂšs lui. SpĂ©cialiste de la rhĂ©torique baroque, Bruno Procopio propose aux musiciens de l’Orchestre, une expĂ©rience nouvelle: jouer une Ɠuvre oubliĂ©e, pourtant liĂ©e Ă  l’histoire de l’OpĂ©ra Ă  Rio, en veillant particuliĂšrement au jeu et au style spĂ©cifique Ă  un ouvrage romantique du dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle. GRAND REPORTAGE VIDEO, version français © CLASSIQUENEWS 2012

Brésil. 1er Festival international de Musique ancienne de Diamantina

diamantina-festival-2015-bresil-orgueBrĂ©sil. Diamantina, 1er festival international de musique ancienne. 20 fĂ©vrier > 1er mars 2015. Diamantina : la ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, c’est surtout un nom destinĂ© Ă  briller. Si son passĂ© illustre la quĂȘte des chercheurs de diamants venus explorer les massifs montagneux plutĂŽt escarpĂ©s, la citĂ© situĂ©e au nord-est du Minas Gerais, territoire cĂ©lĂšbre pour la richesse de son patrimoine, entend Ă©blouir par un Ă©vĂ©nement nouveau : son premier festival de musique ancienne dĂšs fĂ©vrier 2015.

diamantina-festival-homepage-582-420-classiquenewsNouveau festival baroque au BrĂ©sil. Le nouveau festival international de musique ancienne est d’autant mieux inscrit dans les ruelles Ă©troites aux façades blanches quadrillĂ©es de lignes bleu ou jaune vifs que son rĂ©pertoire rĂ©pond au style architectural de la citĂ© historique : ses fenĂȘtres aux encadrements surlignĂ©s, – typique du style colonial baroque (XVIII Ăšme)-,  ses toitures Ă  tuiles, sa cathĂ©drale baroque, ses nombreuses Ă©glises remarquablement conservĂ©es, rappellent la mĂ©moire culturelle d’une ville qui a connu son essor Ă  l’Ă©poque coloniale. C’est avec une autre perle historique, Paraty, l’un des fleurons patrimoniaux du BrĂ©sil.
Le festival rĂ©alise une alliance idĂ©ale entre musique et patrimoine qui rĂ©active l’attrait touristique d’une ville particuliĂšrement dynamique aujourd’hui. On connaĂźt le bĂ©nĂ©fice que permet pour les municipalitĂ©s, l’implantation d’un festival : Cuenca en Espagne (Castilla La Mancha), Salzbourg Ă©videmment, Aix en Provence en France : toutes ces villes ont eu l’intelligence de dĂ©velopper et soutenir un Ă©vĂ©nement culturel majeur, devenu un emblĂšme internationnalement saluĂ© et cĂ©lĂ©brĂ©.

 

 

 

Nouveau festival baroque au Brésil

le premier festival international de musique ancienne Ă  Diamantina

 

 

marco-breschia-diamantina-bresil-premeir-festival-de-musique-ancienne-582-594Le festival international de musique ancienne de Diamantina prend son essor Ă  1200m d’altitude, sur un massif assez aride dans la vallĂ©e du fleuve Jequitinhonha, l’une des rĂ©gions les plus isolĂ©es et Ă©nigmatiques de l’état de Minas Gerais au BrĂ©sil. PortĂ©e par Lira Cultura, sous les auspices du MinistĂšre de la Culture du BrĂ©sil, l’Ă©vĂ©nement offre un Ă©cho au riche passĂ© local. Diamantina s’est dĂ©veloppĂ© tout au long du XVIIIe siĂšcle Ă  partir d’un noyau urbain (appelĂ© Arraial do Tejuco), oĂč la lĂ©gendaire ex-esclave Chica da Silva, qui avait su sĂ©duire l’adjudicataire du contrat royal pour le monopole de l’extraction des diamants, JoĂŁo Fernandes, vĂ©cut comme une authentique reine. TĂ©moignage Ă©loquent de cette pĂ©riode de richesse et de splendeur, l’orgue de l’église du tiers-ordre de Notre Dame du Carme est le plus ancien entiĂšrement construit au BrĂ©sil et toujours conservĂ©. L’instrument, entiĂšrement conçu et exĂ©cutĂ© entre 1782 et 1787 par le facteur d’orgues autodidacte pĂšre Manoel de Almeida e Silva, a Ă©tĂ© utilisĂ© par le compositeur JosĂ© Joaquim diamantina orgue 1780Emerico Lobo de Mesquita dans la composition de plusieurs fleurons de la musique coloniale brĂ©silienne. En Ă©cho Ă  cet essor culturel et musical contemporain du rĂšgne de Louis XVI et Marie-Antoinette en France, le nouveau festival de Musique Ancienne de Diamantina propose une programmation sui suit ses intentions : « Patrimoine ImmatĂ©riel / Patrimoine MatĂ©riel : un dialogue nĂ©cessaire ». Autour de l’orgue historique de ND des Carmes, l’Ɠuvre de Lobo de Mesquita sera ressuscitĂ©e donc rĂ©estimĂ©e, mise en valeur dans son contexte luso-brĂ©silien, ibĂ©ro-amĂ©ricain et italo-ibĂ©rique. De passionnantes confrontations, de probables (re)dĂ©couvertes jalonneront ainsi les concerts Ă  venir.

 

 

procopio_bruno_chemise_bleueBrĂ©sil, Diamantina. PremiĂšre Ă©dition du Festival International de Musique Ancienne de Diamantina, du 20 fĂ©vrier au 1er mars 2015. 8 concerts, cours d’interprĂ©tation historique du rĂ©pertoire d’orgue ibĂ©rique et italien, exposĂ©s, dĂ©bats, ateliers pour les enfants (consulter en ligne la programmation 2015)… Artistes invitĂ©s : les ensembles Ministriles de Marsias (Espagne), Favola d’Argo (Portugal/Espagne) et Alemmares (Portugal), les organistes Bruno Forst, JoĂŁo Vaz, Elisa Freixo, Marco Brescia (fondateur du festival), portrait ci dessus Ă  l’orgue, sans omettre le claveciniste francobrĂ©silien (et chef d’orchestre) Bruno Procopio. En clĂŽture du festival 2015, concert de cloches dans toutes la ville historique, avec la participation de plusieurs secteurs culturels et artistiques de la ville et de la rĂ©gion…

 

 

 

Approfondir :
Visitez le site officiel du Festival International de Musique Ancienne de Diamantina

 

Voir aussi le site de l’orgue historique Almeida e Silva / Lobo de Mesquita (1787) de Diamantina

 

 

 

diamantina-vile-baroque-couloir-passerelle-rue-582

 

 

 

Pourquoi y aller ?

 

4 raisons pour aller Ă  Diamantina, et assister au 1er festival de musique ancienne :

1- la beauté de la ville historique (qui est aussi le berceau du président brésilien, Juscelino Kubitschek, initiateur de la construction de Brasilia.)
2- le climat Ă  cette pĂ©riode de l’annĂ©e : fin de l’Ă©tĂ© (donc chaleur plus supportable)
3- l’intĂ©rĂȘt et l’originalitĂ© de la programmation musicale dĂ©veloppĂ©e autour d’un orgue historique unique au monde restaurĂ© par le facteur français FrĂ©dĂ©ric Desmottes (qui a aussi restaurĂ© les deux orgues historiques de la CathĂ©drale de Cuenca en Espagne)
4- la forte attraction des sites naturels environnants la citĂ© de Diamantina : cascades, lacs, paysages vallonĂ©s… d’une beautĂ© sauvage prĂ©servĂ©e saisissante.

VoilĂ  autant d’arguments culturels, environnementaux qui font du Festival international de musique ancienne de Diamantina, un Ă©vĂ©nement dĂ©sormais Ă  suivre.

 

 

 

Illustrations : vues de la ville de Diamantina (Minas Gerais, BrĂ©sil, DR). L’organiste et fondateur du festival de musique ancienne de Diamantina : Marco Breschia © Lisa Soares. Bruno Procopio (DR).

 

 

Compte rendu, concert. LiÚge. Salle Philharmonique. Orchestre philharmonique royal de LiÚge. Rameau symphonique : ouvertures et ballets des opéras Zoroastre, Naïs, Castor et Pollux, Acante et Céphise
 Bruno Procopio, direction.

Maestro surprenant. Rameau : une Ă©preuve dĂ©cisive pour les orchestres modernes ? Alors que s’impose peu Ă  peu l’orthodoxie des instruments anciens, nouveaux jalons pour une sonoritĂ© historique des orchestres, Bruno Procopio, spĂ©cialiste de l’approche historiquement informĂ©e, propose de jouer Rameau sur instruments … modernes. Une vision ouverte, curieuse, audacieuse qui ouvre de nouvelles perspectives et favorise surtout l’enrichissement musical et technique des musiciens d’orchestre. Non tout ne dĂ©pend pas uniquement des instruments : il en suffit pas de jouer Rameau, Bach, Haendel avec des cordes en boyaux pour rĂ©ussir immĂ©diatement un concert… le style, la rĂ©alisation technique, le jeu et d’autres questions relevant de l’esthĂ©tique, font aussi une vision.

 

 

 

bruno-procopio-liege-rameau-symphonique-copyright-classiquenews-2014-grand-angle-tout-orchestre

 

 

En 2012, Ă  Caracas (VĂ©nĂ©zuela) avec l’orchestre de Gustavo Dudamel (Simon Bolivar Symphony Orchestra), Bruno Procopio avait dĂ©montrĂ© une Ă©tonnante maĂźtrise de l’écriture et de l’énergie ramĂ©liennes en un concert offrant, sur instruments modernes donc, un florilĂšge d’extraits d’ouvertures et de danses du Dijonais. L’expĂ©rience valait dĂ©fi : comment rĂ©ussir (comme ici) Ă  faire jouer aujourd’hui un orchestre moderne dans les Ɠuvres de Rameau, compositeur parmi les plus difficiles du baroque français ? Le rĂ©sultat (inouĂŻ) peut s’Ă©couter Ă  prĂ©sent grĂące au disque Ă©ditĂ© dans le prolongement de cette aventure “Rameau in Caracas” (1 cd Paraty) : Ă©loquente dĂ©monstration que l’on peut interprĂ©ter et exprimer le gĂ©nie orchestral de Rameau avec des instruments modernes… – C’est aussi ce que rĂ©ussit Sir Simon Rattle avec le Philharmonique de Berlin !
Pour fĂȘter Ă  son tour les 250 ans de la disparition de Rameau, l’Orchestre Philharmonique royal de LiĂšge indique une curiositĂ© mĂ©ritante et aussi un goĂ»t exemplaire du risque en invitant Bruno Procopio Ă  faire de mĂȘme : jouer Rameau sur instruments modernes mais avec la culture et la connaissance de la pratique d’époque, des traitĂ©s historiques prĂ©cisant la maniĂšre de rĂ©aliser les attaques, les ornements, la dynamique et l’hagogique, la succession dĂ©concertante des rythmes divers… Bref, un dĂ©fi rare pour un orchestre qui n’a pas l’habitude d’une syntaxe et d’une langue parmi les plus Ă©prouvantes de la musique baroque.

 

 

 

L’orchestre Ă  l’Ă©cole de Rameau

Rameau électrisé sur instruments modernes

 

C’est pour l’Orchestre, une occasion unique d’apprendre d’un jeune chef passĂ© maĂźtre dans l’art symphonique ramĂ©lien ; c’est pour ce dernier, une expĂ©rience humaine et artistique aux vertus pĂ©dagogiques inestimables. Rien de mieux pour dĂ©poussiĂ©rer et dynamiser, rĂ©gĂ©nĂ©rer et surtout enrichir la vie d’un orchestre, que ce type d’expĂ©rience musicale aux bĂ©nĂ©fices multiples.
Bruno Procopio a donc passĂ© 3 jours (seulement) avec les instrumentistes du Philharmonique royal de LiĂšge, les pilotant dans le jeu savant et trĂšs technique, si exigeant aussi dans la rĂ©alisation motorique, d’un Rameau d’une complexe mais gĂ©niale inspiration.
Le programme reprend pour partie celui de Caracas (cf. le programme du cd Rameau in Caracas prĂ©citĂ©), faisant se succĂ©der plusieurs Ouvertures et Suites de danses dont le choc des contrastes, l’Ă©clat martial pour certaines (comme NaĂŻs) – timbales et trompettes en diable-, rappelaient non sans opportunitĂ©, la thĂ©matique de la saison symphonique de l’OPRL : “guerre(s) et paix”.

 

 

bruno-procopio-liege-rameau-symphonique-2-copyright-classiquenews-2014

 
 
 

D’une tenue rythmique impeccable, soucieux de la structure, exploitant de son mieux les ressources de l’orchestre en timbres et en accents, le jeune maestro convainc pas une franchise de ton, une sĂ»retĂ© Ă  la fois Ă©conome et efficace, une Ă©nergie dansante qui emportent le collectif. Sa battue d’une clartĂ© exemplaire rĂ©tablit les Ă©quilibres entre les pupitres, jouant de l’acoustique naturelle de la Salle Philharmonique qui rĂ©serve elle aussi bien des surprises pour celui qui la dĂ©couvre. C’est un guide d’une brillante fermetĂ© qui sait traverser un parcours semĂ© d’embĂ»ches avec d’autant plus de mĂ©rite que le temps de prĂ©paration a Ă©tĂ© rĂ©duit.
Le gain pour l’orchestre en termes de dĂ©passement, de risques assumĂ©s, d’enrichissements nouveaux dans le jeu proprement dit est indiscutable. Mais alors quels orchestres en Europe, en France oseraient une telle expĂ©rience ? C’est aussi Ă  l’aune de ce pari artistique et musical, pour ne pas dire strictement technicien- que se mesure l’intĂ©rĂȘt de la dĂ©marche. A tous les orchestres qui souhaitent enrichir encore leur approche des rĂ©pertoires, assimiler Rameau ainsi, pour mieux mieux jouer Gluck ou Mozart et Haydn, voilĂ  un sillon fertile en accomplissements inĂ©dits.  Pour l’annĂ©e de ses 250 ans, Rameau ne pouvait mieux ĂȘtre servi, rĂ©vĂ©lĂ©, rĂ©habilitĂ© : et si son Ă©criture Ă©tait une formidable Ă©cole pour tous les orchestres ? A mĂ©diter. Bruno Procopio nous en apporte dĂ©jĂ  la preuve. Gageons que le jeune maestro n’affirme bientĂŽt son intuition et son travail en visionnaire.

 

 

LiĂšge. Salle Philharmonique. Dimanche 14 dĂ©cembre 2014. Concert “Rameau Symphonique”. Dans le cadre de la saison 2014-2015 de l’Orchestre philharmonique royal de LiĂšge : “Guerre(s) et paix”. Rameau : Ouvertures et Ballets des opĂ©ras Zoroastre, NaĂŻs, Castor et Pollux, Acante et CĂ©phise, Les Indes Galantes
 Bruno Procopio, direction.

 

 

Approfondir
LIRE notre critique intégrale du cd Rameau in Caracas par Bruno Procopio et les Soloists of the Simon Bolivar Symphony Orchestra of Venezuela (1 cd Paraty 2012)

 

Illustrations : photographies © CLASSIQUENEWS 2015

LiĂšge. Grand concert Rameau symphonique par Bruno Procopio, annonce

LiĂšge, OPRL. Bruno Procopio joue Rameau. Le 14 dĂ©cembre 2014, 16h. Dans la Salle Philharmonique, voici un rĂ©cital symphonique qui cĂ©lĂšbre l’annĂ©e Rameau 2014 et sur instruments modernes. Faire jouer Rameau, le plus grand compositeur baroque français, en dirigeant des orchestres modernes ? C’est le choix audacieux du chef Bruno Procopio. AprĂšs l’Orchestre SimĂłn BolĂ­var de Caracas, le voici Ă  Liege ce 14 dĂ©cembre 2014, 16h pilotant l’OPRL, l’Orchestre philharmonique royal de LiĂšge.

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

 

VOIR notre reportage Les Grands Motets de Rameau Ă  Cuenca

 

 

L’Ă©lĂšve au clavecin de Christophe Rousset qui a dirigĂ© et enregistrĂ© les Grands Motets, les PiĂšces pour clavecin en concerts, n’en est pas Ă  un dĂ©fi prĂšs. Jouer Rameau sur des instruments qui ne sont pas anciens peut paraĂźtre contradictoire de la part d’un enfant de la rĂ©volution baroque. Il n’en est rien bien au contraire car l’expĂ©rience pourrait s’avĂ©rer particuliĂšrement formatrice pour le chef et les musiciens. Nouvelle technique d’archet, rĂ©alisation des attaques, ornements, vibrato, phrasĂ©s. .. tout le vocabulaire instrumental est ici reformulĂ© dans le sens de la lisibilitĂ© et de la clartĂ©. Bruno Procopio apprend pour sa part de nouvelles facettes de sa maĂźtrise pĂ©dagogique. Le style et l’esprit des oeuvres Baroques en particulier la vitalitĂ© rythmique et l’esprit chorĂ©graphique de Rameau, sa sensualitĂ© comme sa profondeur sont des clĂ©s redoutables pour rĂ©ussir une immersion dans l’esthĂ©tique baroque.

Bruno Procopio : maestro assoluto !

 

 

VOIR notre reportage Jouer Carl Philip Emanuel Bach Ă  Caracas

Jouer Rameau sur instruments modernes

Le Rameau symphonique de Bruno Procopio

 

 

Castor et Pollux de Rameau (1737-1754)De quoi faire encore et encore progresser les instrumentistes du Philharmonique de LiĂšge. Bruno Procopio connaĂźt d’autant mieux ce programme qu’il l’a enregistrĂ© dans les mĂȘmes conditions instrumentales et avec les mĂȘmes enjeux esthĂ©tiques Ă  Caracas au Venezuela, avec les musiciens du Simon Bolivar Orchestra, l’orchestre si Ă©nergique et audacieux qu’ a pilotĂ© Gustavo Dudamel. Du Venezuela Ă  LiĂšge, Bruno Procopio transmet la mĂȘme tension recrĂ©atrice, le mĂȘme Ă©lan dansant, un sens affĂ»tĂ© de la transmission et s’agissant de Rameau, un sens remarquable de la construction dramatique comme des respirations poĂ©tiques. .. un art de la direction d’autant mieux adaptĂ© pour les ouvertures et les ballets extraits des opĂ©ras de Rameau.

 

Concert Rameau 2014 Ă  la salle Philharmonique de LiĂšge

LiĂšge, salle philharmonique. Bruno Procopio dirige l’OPRL, Rameau 2014. Dimanche 14 dĂ©cembre 2014, 16h.

Jean-Philippe Rameau

Ouvertures et ballets de Zoroastre, Dardanus, NaĂŻs, Castor et Pollux, Acanthe et CĂ©phise, Les Indes galantes

Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge

Bruno Procopio, direction

28/16 € – GRATUIT pour les moins de 16 ans

 

« Rencontre avec
 » Bruno Procopio. Le mercredi 10 dĂ©cembre Ă  18h30, au Foyer Ysaye, StĂ©phane Dado (OPRL) anime une rencontre d’une heure avec Bruno Procopio : l’occasion de faire connaissance avec le musicien francobrĂ©silien qui ne craint pas de sortir des sentiers battus (il est aussi fondateur du label de disques Paraty). EntrĂ©e gratuite.

 

 

boutonreservation

 

 
 

 

LiĂšge. Grand concert Rameau symphonique par Bruno Procopio

LiĂšge, OPRL. Bruno Procopio joue Rameau. Le 14 dĂ©cembre 2014, 16h. Dans la Salle Philharmonique, voici un rĂ©cital symphonique qui cĂ©lĂšbre l’annĂ©e Rameau 2014 et sur instruments modernes. Faire jouer Rameau, le plus grand compositeur baroque français, en dirigeant des orchestres modernes ? C’est le choix audacieux du chef Bruno Procopio. AprĂšs l’Orchestre SimĂłn BolĂ­var de Caracas, le voici Ă  Liege ce 14 dĂ©cembre 2014,  16h pilotant l’OPRL, l’Orchestre philharmonique royal de LiĂšge.

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

 

VOIR notre reportage Les Grands Motets de Rameau Ă  Cuenca

 

 

L’Ă©lĂšve au clavecin de Christophe Rousset qui a dirigĂ© et enregistrĂ© les Grands Motets,  les PiĂšces pour clavecin en concerts, n’en est pas Ă  un dĂ©fi prĂšs.  Jouer Rameau sur des instruments qui ne sont pas anciens peut paraĂźtre contradictoire de la part d’un enfant de la rĂ©volution baroque.  Il n’en est rien bien au contraire car l’expĂ©rience pourrait s’avĂ©rer particuliĂšrement formatrice pour le chef et les musiciens.  Nouvelle technique d’archet, rĂ©alisation des attaques,  ornements,  vibrato,  phrasĂ©s. .. tout le vocabulaire instrumental est ici reformulĂ© dans le sens de la lisibilitĂ© et de la clartĂ©. Bruno Procopio apprend pour sa part de nouvelles facettes de sa maĂźtrise pĂ©dagogique. Le style et l’esprit des oeuvres Baroques en particulier la vitalitĂ© rythmique et l’esprit chorĂ©graphique de Rameau, sa sensualitĂ© comme sa profondeur sont des clĂ©s redoutables pour rĂ©ussir une immersion dans l’esthĂ©tique baroque.

Bruno Procopio : maestro assoluto !

 

 

VOIR notre reportage Jouer Carl Philip Emanuel Bach Ă  Caracas

Jouer Rameau sur instruments modernes

Le Rameau symphonique de Bruno Procopio

 

 

De quoi faire encore et encore progresser les instrumentistes du Philharmonique de LiĂšge. Bruno Procopio connaĂźt d’autant mieux ce programme qu’il l’a enregistrĂ© dans les mĂȘmes conditions instrumentales et avec les mĂȘmes enjeux esthĂ©tiques Ă  Caracas au Venezuela, avec les musiciens du Simon Bolivar Orchestra,  l’orchestre si Ă©nergique et audacieux qu’ a pilotĂ© Gustavo Dudamel.  Du Venezuela Ă  LiĂšge,  Bruno Procopio transmet la mĂȘme tension recrĂ©atrice, le mĂȘme Ă©lan dansant, un sens affĂ»tĂ© de la transmission et s’agissant de Rameau, un sens remarquable de la construction dramatique comme des respirations poĂ©tiques. .. un art de la direction d’autant mieux adaptĂ© pour les ouvertures et les ballets extraits des opĂ©ras de Rameau.

Concert Rameau 2014 Ă  la salle Philharmonique de LiĂšge

LiĂšge,  salle philharmonique. Bruno Procopio dirige l’OPRL,  Rameau 2014. Dimanche 14 dĂ©cembre 2014, 16h.

Jean-Philippe Rameau

Ouvertures et ballets de Zoroastre, Dardanus, NaĂŻs, Castor et Pollux, Acanthe et CĂ©phise, Les Indes galantes

Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge

Bruno Procopio, direction

28/16 € – GRATUIT pour les moins de 16 ans

 

 

« Rencontre avec  » Bruno Procopio. Le mercredi 10 dĂ©cembre Ă  18h30, au Foyer Ysaye, StĂ©phane  Dado (OPRL) anime une rencontre d’une heure avec Bruno Procopio : l’occasion de faire connaissance avec le musicien francobrĂ©silien qui ne craint pas de sortir des sentiers battus (il est aussi fondateur du label de disques Paraty). EntrĂ©e gratuite.

 

 

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  LiĂšge

LiĂšge, OPRL. Bruno Procopio joue Rameau. Le 14 dĂ©cembre 2014, 16h. Dans la Salle Philharmonique, voici un rĂ©cital symphonique qui cĂ©lĂšbre l’annĂ©e Rameau 2014 et sur instruments modernes. Faire jouer Rameau, le plus grand compositeur baroque français, en dirigeant des orchestres modernes ? C’est le choix audacieux du chef Bruno Procopio. AprĂšs l’Orchestre SimĂłn BolĂ­var de Caracas, le voici Ă  Liege ce 14 dĂ©cembre 2014,  16h pilotant l’OPRL, l’Orchestre philharmonique royal de LiĂšge.

Il a osé ce que personne avant lui n'avait osé, renouant avec l'audace de premiers conquérants et pionniers baroqueux : jouer et enregistrer Rameau à Caracas sur instruments modernes ! Le résultat dépasse nos attentes...

 

VOIR notre reportage Les Grands Motets de Rameau Ă  Cuenca

 

 

L’Ă©lĂšve au clavecin de Christophe Rousset qui a dirigĂ© et enregistrĂ© les Grands Motets,  les PiĂšces pour clavecin en concerts, n’en est pas Ă  un dĂ©fi prĂšs.  Jouer Rameau sur des instruments qui ne sont pas anciens peut paraĂźtre contradictoire de la part d’un enfant de la rĂ©volution baroque.  Il n’en est rien bien au contraire car l’expĂ©rience pourrait s’avĂ©rer particuliĂšrement formatrice pour le chef et les musiciens.  Nouvelle technique d’archet, rĂ©alisation des attaques,  ornements,  vibrato,  phrasĂ©s. .. tout le vocabulaire instrumental est ici reformulĂ© dans le sens de la lisibilitĂ© et de la clartĂ©. Bruno Procopio apprend pour sa part de nouvelles facettes de sa maĂźtrise pĂ©dagogique. Le style et l’esprit des oeuvres Baroques en particulier la vitalitĂ© rythmique et l’esprit chorĂ©graphique de Rameau, sa sensualitĂ© comme sa profondeur sont des clĂ©s redoutables pour rĂ©ussir une immersion dans l’esthĂ©tique baroque.

Bruno Procopio : maestro assoluto !

 

 

VOIR notre reportage Jouer Carl Philip Emanuel Bach Ă  Caracas

 
 

 
 

Jouer Rameau sur instruments modernes

Le Rameau symphonique de Bruno Procopio

 

 

De quoi faire encore et encore progresser les instrumentistes du Philharmonique de LiĂšge. Bruno Procopio connaĂźt d’autant mieux ce programme qu’il l’a enregistrĂ© dans les mĂȘmes conditions instrumentales et avec les mĂȘmes enjeux esthĂ©tiques Ă  Caracas au Venezuela, avec les musiciens du Simon Bolivar Orchestra,  l’orchestre si Ă©nergique et audacieux qu’ a pilotĂ© Gustavo Dudamel.  Du Venezuela Ă  LiĂšge,  Bruno Procopio transmet la mĂȘme tension recrĂ©atrice, le mĂȘme Ă©lan dansant, un sens affĂ»tĂ© de la transmission et s’agissant de Rameau, un sens remarquable de la construction dramatique comme des respirations poĂ©tiques. .. un art de la direction d’autant mieux adaptĂ© pour les ouvertures et les ballets extraits des opĂ©ras de Rameau.

Rameau_Joseph_Aved-Portrait_de_Jean-Philippe_Rameau_vers_1728L’Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge participe ainsi aux concerts-anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), inscrits au programme de l’annĂ©e Rameau 2014, en interprĂ©tant les suites des plus cĂ©lĂšbres opĂ©ras du compositeur. Des Indes galantes à Zoroastre en passant par Castor et Pollux, soit six opĂ©ras de Rameau que l’OPRL fait revivre le dimanche 14 dĂ©cembre Ă  16 heures dans l’extraordinaire Salle Philharmonique de LiĂšge, cĂ©lĂšbre pour son acoustique Ă©lectrisante. C’est lĂ  il y a peu que classique news avait captĂ© plusieurs sĂ©quences de l’enregistrement du ThĂ©sĂ©e de Gossec remarquable opĂ©ra composĂ© Ă  la fin du rĂšgne de Marie-Antoinette, frappant par la couleur et l’Ă©nergie de son orchestration,  la noirceur des personnages en particulier celui de MĂ©dĂ©e, la construction trĂšs originale de choeurs ambitieux Ă  l’ampleur spatialisĂ©e…Bruno Procopio. Pour ce « best-of symphonique » baroque sur instruments modernes, l’OPRL fait appel Ă  la vedette du moment dans ce domaine, le claveciniste et chef brĂ©silien Bruno Procopio. De Paris Ă  Caracas. Bruno Procopio est avant tout claveciniste, formĂ© Ă  Paris auprĂšs de Pierre HantaĂŻ et Christophe Rousset. En tant que chef, il dirige rĂ©guliĂšrement plusieurs orchestres sud-amĂ©ricains, dont le fameux Orchestre Symphonique SimĂłn BolĂ­var de Gustavo Dudamel (Venezuela), qu’il a initiĂ© au baroque français avec son projet« Rameau Ă  Caracas ». La presse a saluĂ© un talent rare au feu communicant : « Tant d’évidence avec un orchestre moderne aux cordes nombreuses relĂšve du miracle. Cette expĂ©rience exotique rĂ©vĂšle comme rarement la fantaisie effrontĂ©e de Rameau » (Classica). « Vous n’en croirez pas vos oreilles » (Diapason)
 le disque Ă©ditĂ© chez Paraty (Rameau Ă  Caracas) a Ă©tĂ© Ă©lu CLIC de classique news (il fait aussi partie des cd incontournables de notre bilan discographique Rameau 2014). Bruno Procopio explique qu’il a conçu son programme de maniĂšre Ă  valoriser les deux dimensions fondamentales de la musique de Rameau : la danse et le drame en une sĂ©lection subtile et remarquablement Ă©laborĂ©e des ballets et ouvertures des opĂ©ras.

 

 

 

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  Caracas

 

 

 

 

Concert Rameau 2014 Ă  la salle Philharmonique de LiĂšge

LiĂšge,  salle philharmonique. Bruno Procopio dirige l’OPRL,  Rameau 2014. Dimanche 14 dĂ©cembre 2014, 16h.

Jean-Philippe Rameau

Ouvertures et ballets de Zoroastre, Dardanus, NaĂŻs, Castor et Pollux, Acanthe et CĂ©phise, Les Indes galantes

Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge

Bruno Procopio, direction

28/16 € – GRATUIT pour les moins de 16 ans

 

 

« Rencontre avec  » Bruno Procopio. Le mercredi 10 dĂ©cembre Ă  18h30, au Foyer Ysaye, StĂ©phane  Dado (OPRL) anime une rencontre d’une heure avec Bruno Procopio : l’occasion de faire connaissance avec le musicien francobrĂ©silien qui ne craint pas de sortir des sentiers battus (il est aussi fondateur du label de disques Paraty). EntrĂ©e gratuite.

 

 

 

approfondir :

Le site de Bruno Procopio :www.brunoprocopio.com

(extraits de presse : http://brunoprocopio.com/wp/fr/presse/)

Bruno Procopio dirige les Grands motets de Rameau au Festival de Cuenca 2014, critique sur  http://www.classiquenews.com/cuenca-2014/

Bruno Procopio explique son projet « Rameau Ă  Caracas » avec l’Orchestre Symphonique SimĂłn BolĂ­var, reportage Classiquenews : https://www.youtube.com/watch?v=Fnt4DlFE3_g

Extraits de presse : CD « Rameau à Caracas » :

Rameai in Caracas, Bruno Procopio« Vous avez bien lu : l’orchestre rĂ©vĂ©lĂ© par Gustavo Dudamel dans les mambos de Bernstein et de Marquez, l’énorme machine qui ne joue les symphonies de Mahler qu’à seize contrebasses et douze cors, rĂ©duit ses forces Ă  cinquante et, sous la direction d’un jeune claveciniste brĂ©silien formĂ© Ă  Paris, le mĂ©connu Bruno Procopio, gambade dans le jardin rĂ©putĂ© le plus Ă©pineux du rĂ©pertoire. Est-ce d’avoir appris son mĂ©tier par la danse ? Est-ce de porter plus haut le jeu collectif que la prouesse individuelle ? Vous n’en croirez pas vos oreilles. La fermetĂ© des phrases, la justesse des ornements, l’économie du vibrato, la perfection des Ă©quilibres, la scansion des menuets, le tournoiement des passepieds, le naturel du style
 Zoroastre est un miracle. »(Ivan Alexandre, Diapason, )

« Fin connaisseur de ce rĂ©pertoire, le claveciniste Bruno Procopio a appris Ă  l’orchestre le style, les gestes et le son idoines. Attaques prĂ©cises, vibrato limitĂ©, notes inĂ©gales : la transformation est impressionnante. Ce voyage Ă  Caracas se rĂ©vĂšle un des meilleurs remĂšdes contre la morositĂ© ambiante. » (Philippe Venturini, Les Echos, 12/2013)

« The SimĂłn BolĂ­var Symphony Orchestra are known for bringing energy and vibrancy to their playing, and this album is no exception. Royal and regal, or lively and lilting, it’s a treat to hear the musicians bringing the dotted dance rhythms to life, and adding a sense of excitement to every note.  » (Classic FM, 12/2013)

 

 

LIRE aussi la critique complĂšte du cd Rameau Ă  Caracas par notre rĂ©dacteur Carter Chris Humphray : “Rameau Ă©lectrisĂ©” (1 cd Paraty)

 

 
 

 

Bruno Procopio, jeune maestro Ă  LiĂšge et Ă  Rio (dĂ©cembre 2014 – mars 2015)

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  CaracasBruno Procopio maestroso : LiĂšge, 14 dĂ©cembre 2014. Rio, 21,22 mars 2015. Agenda chargĂ© pour le jeune chef franco brĂ©silien Bruno Procopio : le dĂ©fricheur mobile habile, capable de ciseler sur instruments modernes un Rameau Ă©lĂ©gant, prĂ©cis, dramatique (avec les instrumentistes de Gustavo Dudamel: ceux de l’Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Venezuela), porteur d’une nouvelle version des PiĂšces pour clavecin en concerts (nouveau cd paru en 2013 avant l’annĂ©e Rameau et sur instruments anciens), dirige en dĂ©cembre 2014 puis mars 2015, deux programmes prometteurs, attendus, ambitieux. Les deux sont littĂ©ralement originaux, signes extĂ©rieurs d’un tempĂ©rament dynamique qui se passionne pour le dĂ©frichement et les nouvelles postures. D’abord Rameau Ă©videmment et sur instruments modernes, ceux de l’Orchestre philharmonique royal de LiĂšge (une nouvelle expĂ©rience qui renouvelle son expĂ©rience Ă  Caracas), d’emblĂ©e dĂ©cisive pour le perfectionnement et la culture de l’orchestre liĂ©geois ; puis le grand genre lyrique et tragique hĂ©ritĂ© de l’époque des LumiĂšres : Renaud du napolitain Sacchini, champion Ă  Paris et Ă  Versailles Ă  l’époque de Marie Antoinette, d’un style Ă©clairĂ©, raffinĂ©, europĂ©en, et plutĂŽt trĂšs dramatique
 il fut invitĂ© Ă  Paris pour rivaliser avec Gluck, champion de l’opĂ©ra français d’alors. Mais Sacchini finit par faire du.. Gluck, tant le Germanique avait rĂ©gĂ©nĂ©rĂ© le style lyrique français


 

 

Bruno Procopio : de Rameau Ă  Sacchini, de LiĂšge… Ă  Rio de Janeiro

procopio_bruno_chemise_bleueBruno Procopio s’est forgĂ© une trĂšs solide rĂ©putation comme ramiste fervent et engagĂ© : il l’a dĂ©montrĂ© encore Ă  Cuenca en Espagne (Castilla La Mancha) au dernier festival de PĂąques (Semana de MĂșsica religiosa de Cuenca, avril 2014. Voir notre reportage vidĂ©o : Bruno Procopio dirige Ă  Cuenca les Grands Motets de Rameau) : les grands motets de Rameau, offrande de jeunesse d’un compositeur gĂ©nial, ont bouleversĂ© l’audience ibĂ©rique en avril dernier, retrouvant la star baroque ibĂ©rique, Maria Bayo (inoubliable interprĂštre de La Calisto de Cavalli version RenĂ© Jacobs). A LiĂšge en dĂ©cembre prochain, Bruno Procopio s’engage Ă  dĂ©fendre l’enjeu symphonique des ballets et ouvertures des opĂ©ras de Rameau. En mars 2015 Ă  Rio, le jeune maestro, esprit articulĂ© expressif, taillĂ© pour l’opĂ©ra, comme il l’avait fait en dĂ©cembre 2012, de l’opĂ©ra comique facĂ©tieux L’Oro no compra amore de Marcos Portugal – le Rossini brĂ©silien- (ouvrage crĂ©Ă© Ă  Lisbonne en 1804 puis crĂ©Ă© Ă  Rio en 1811), dĂ©voilera une autre partition oubliĂ©e frappante par son raffinement dramatique. Sacchini s’y montre inspirĂ© par son sujet oĂč perce surtout la figure Ăąpre, haineuse, puissante de l’enchanteresse Armide dont l’orchestre rugissant, convulsif exprime les aspirations frustrĂ©es, les dĂ©sirs inapaisĂ©s, la souffrance de la guerriĂšre amoureuse… Sacchini y brosse en 1783 pour la Cour Ă  l’Ă©poque de Marie-Antoinette le portrait de la femme tiraillĂ©e, impuissante et submergĂ©e par la passion… mais finalement tendre et heureuse : un portrait de femme passionnant, une silhouette singuliĂšre qui annonce la future MĂ©dĂ©e de Cherubini Ă  l’extrĂ©mitĂ© du siĂšcle (1797). Pour cette rĂ©surrection d’un opĂ©ra de Sacchini de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, Bruno Procopio suit la direction pionniĂšre de son ex professeur de clavecin, Christophe Rousset, lequel a rĂ©cemment dirigĂ© et enregistrĂ© Renaud de Sacchini (1783). Voir notre reportage vidĂ©o de Renaud de Sacchini...

 

 

 

 

Année Rameau 2014 : concerts, opéras, temps forts de septembre à décembre 2014LIEGE, Philharmonie. Le 14 décembre 2014, 20h
Suites de ballets et ouvertures des opéras de Rameau.
Il s’agit du mĂȘme programme que le disque « Rameau in Caracas » enregistrĂ© avec les instrumentistes du Simon Bolivar Symphonic Orchestra of Venezuela.

 

 

Programme :

Zoroastre, Tragédie Lyrique (Paris, 1756)
Ouverture
PremiÚre et DeuxiÚme Gavotte en rondeau, Acte I, ScÚne 3
Premier et DeuxiÚme Menuet, Acte II, ScÚne 4
Contredanse, Acte II, ScÚne 4
Entrée des Indiens, Acte II, ScÚne 4
Ballet Figuré, Air des Esprits Infernaux, Acte IV, ScÚne 5
Air des Esprits Infernaux, TrÚs vite, Acte IV, ScÚne 5
Loure, Acte III, ScĂšne 9
Ballet FigurĂ© – Air, Acte IV, ScĂšne 5
Premier et DeuxiÚme Passepied, Acte III, ScÚne 9
PremiÚre et DeuxiÚme Gavotte, Acte V, ScÚne 7

Dardanus, Tragédie Lyrique (Paris,1739)
Ouverture
Entrée pour les Guerriers, Acte I, ScÚne III
Premier et DeuxiÚme Tambourin, Prologue, ScÚne II

Naïs, Pastorale héroïque (Paris 1749)
Ouverture
Entrée Des Luteurs, Chaconne & Air de Triomphe

pause

Castor et Pollux, Tragédie Lyrique (Paris, 1737)
Ouverture
Air pour les AthlÚtes, Acte I, ScÚne III
TroisiÚme Air, Acte I, ScÚne IV - 2e Air, Acte II, ScÚne V
Premier et DeuxiÚme Tambourin, Acte I, ScÚne IV
Premier et DeuxiÚme Passepied, Acte IV, ScÚne II
Chaconne, Acte V, ScÚne VII

Acanthe et Céphise ou La Sympathie, Pastorale Héroïque (Versailles 1751)
Ouverture
Tambourin, Acte III
Contredanse, Acte III

Les Indes Galantes, Opéra-Ballet (Paris, 1735)
Chaconne, TroisiÚme Entrée : Les Sauvages, ScÚne VI

+ d’infos :
Pour la rencontre avec le public : le concert Rameau symphonique est prĂ©cĂ©dĂ© d’une rencontre avec Bruno Procopio, le 10 dĂ©cembre 2014 Ă  18h30.
Pour le concert du 14 décembre 2014 

 

 

 

Antonio_SacchiniRIO DE JANEIRO. Sala Cecilia Meireles, Rio de Janeiro
Les 21 et 22 mars 2015 Ă  20h
Largo da Lapa, 47 ‹Centro – Rio de Janeiro. ‹Tel.: (21) 2332-9223
Sacchini : Renaud, tragédie lyrique, 1783

Solistes :
Armide – Adriane Queiroz
Renaud – Geilson Santos
Hidraot – Leonardo Pascoa
Adraste, Arcas, Tissapherne, MĂ©gĂšre – Murillo Neves
MĂ©lisse – Nivea Raf
Doris, Antiope, Iphise – Mariana Lima

Brazilian Symphony Orchestra
ChƓur : Associação de Canto Coral do Rio de Janeiro
Bruno Procopio, direction

 

 

 

CUENCA 2014 : Les Grands Motets de Rameau par Bruno Procopio, Les SiÚcles (avril 2014, grand reportage vidéo)

procopio_bruno_chemise_bleueVIDEO. Bruno Procopio joue les Grands Motets de Rameau. Le claveciniste et chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio est un interprĂšte familier de Rameau. Pour commĂ©morer le 250Ăšme anniversaire du compositeur dijonnais, le plus grand gĂ©nie musical du XVIIIĂš en France, Bruno Procopio dirige Ă  Cuenca (Espagne) lors du dernier festival Semana de MĂșsica religiosa (PĂąques 2014), en avril 2014, les Grands Motets de Rameau avec Les SiĂšcles et entre autres solistes la diva ibĂ©rique Maria Bayo… Ayant jouĂ© Rameau sur instruments modernes avec l’Orchestre Symphonique Simon Bolivar du VĂ©nĂ©zuela (et avec quel panache unanimement saluĂ© par la critique), ayant aussi publiĂ© une nouvelle lecture des PiĂšces pour clavecin en concerts, Bruno Procopio poursuit son exploration de Rameau en soulignant pour l’annĂ©e des 250 ans de la disparition du compositeur, le feu et l’exceptionnelle virtuositĂ© des Grands Motets, partitions de jeunesse d’une absolue maturitĂ© musicale. Grand reportage vidĂ©o © studio CLASSIQUENEWS.TV 2014

Bruno Procopio joue Rameau à la CÎte-Saint-André

video_procopio_manonFestival Berlioz. Rameau : Procopio / Kossenko. Le 25 aoĂ»t 2014.  Deux ramistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, Bruno Procopio et Alexis Kossenko cĂ©lĂšbrent le gĂ©nie de Jean-Philippe Rameau pour l’annĂ©e des 250 ans de sa disparition en 1764. Le premier, claveciniste et chef d’orchestre, a enregistrĂ© et publiĂ© chez Paraty deux disques particuliĂšrement remarquĂ©s : un cycle d’extraits des ouvertures et ballets des opĂ©ras avec l’orchestre Simon Bolivar sur instruments modernes (album intitulĂ© ” Rameau in Caracas “), puis une nouvelle lecture des PiĂšces pour clavecin en concerts.  Le second, flĂ»tiste, a Ă©ditĂ© chez  Erato un rĂ©cital instrumental et lyrique dĂ©diĂ© au Rameau amoureux avec la soprano Sabine Devielhe et son ensemble Les Ambassadeurs. Les deux musiciens ont tous les deux Ă©tudiĂ© au Conservatoire SupĂ©rieur de Paris (CNSMDP).

Bruno Procopio / Alexis Kossenko

Rameau new generation

 

 

 

procopio-kossenko-clavecin-flute-baroque-Rameau-CPE-BACH

 

 

CPE Bach 2014. ParallĂšlement les deux interprĂštes s’engagent Ă©galement pour rĂ©tablir le gĂ©nie d’un autre compositeur baroque, Carl Philipp Emanuel Bach dont 2014 marque le tricentenaire. Par son Ɠuvre, son style et son activitĂ© musicale en particulier Ă  Hambourg, Carl Philipp montre qu’il ne doit pas sa cĂ©lĂ©britĂ© uniquement pour ĂȘtre le fils de Bach dont il a ƓuvrĂ© Ă  rĂ©Ă©diter les Ɠuvres et Ă©ditĂ© le catalogue : c’est un auteur majeur de l’Ă©poque classique, illustre reprĂ©sentant de l’esthĂ©tique Empfindsamkeit.
En 2014, Alexis Kossenko s’apprĂȘte Ă  publier d’ici l’hiver 2014, un nouveau disque dĂ©diĂ© aux Trios et aux Concertos (Alpha 821). De son cĂŽtĂ©, Bruno Procopio vient d’enregistrer au clavecin, les fameuses Sonates WĂŒrttembeg, considĂ©rĂ©es comme l’un des plus importants recueils de Sonates pour clavier de la premiĂšre moitiĂ© du XVIIIĂšme siĂšcle. L’album devrait sortir Ă©galement dans le dernier trimestre de cette annĂ©e (Ă©galement pour le label Paraty, distribuĂ© par Harmonia Mundi). Le claveciniste connaĂźt d’autant mieux le style et l’Ă©criture de CPE Bach qu’il a enregistrĂ© avec le mĂȘme Orchestre Simon Bolivar (et pour cette session, premiĂšre pour la phalange vĂ©nĂ©zuĂ©lienne) sur instrument d’Ă©poque, plusieurs Sinfonie du compositeur baroque.

 

 

 

agenda

 

En aoĂ»t 2014, avant la sortie de leur albums CPE Bach, les deux ramistes reconnus abordent l’intĂ©grale des PiĂšces pour clavecin en concert de Jean-Philippe Rameau, les 6 aoĂ»t  au festival  Musique et nature en Bauges, puis 25 aoĂ»t au festival Berlioz de la CĂŽte Saint-AndrĂ©.

Rameau : PiĂšces pour clavecin en concert
Bruno Procopio, clavecin
Alexis Kossenko, flûte
Patrick Bismuth, violon
Romina Lischka, viole de gambe

VOIR Bruno Procopio jouer les PiĂšces pour clavecin en concerts

Mercredi 6 août 2014, 21h (Eglise de Pugny-Chatenod)
Lundi 25 août 2014, 17h (Couvent des Carmes, Beauvoir en Royans)

 

Premier concert : La Coulicam – La Livri – Le VĂ©zinet
DeuxiĂšme Concert : La Laborde – La Boucon – L’Agaçante – Premier Menuet et DeuxiĂšme Menuet
TroisiĂšme Concert : La PopliniĂšre – La Timide – Premier tambourin et DeuxiĂšme tambourin en rondeau
QuatriĂšme Concert : La Pantomime – L’indiscrĂšte – La Rameau
CinquiĂšme concert : Fugue La Forqueray – La Cupis – La Marais

 

 

 

L’art de la conversation en musique

 

Rameau_Joseph_Aved-Portrait_de_Jean-Philippe_Rameau_vers_1728Les PiĂšces pour clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Au dĂ©but de sa carriĂšre et bien avant les premiers accomplissements lyriques, Rameau a publiĂ© trois livres de piĂšces de clavecin entre 1706 et 1728, puis sont venues les PiĂšces de clavecin en concerts
 C’est son seul cycle de musique de chambre et le plus inventif de son temps.  Rameau explique dans la prĂ©face (intitulĂ©e « Avis aux concertants »), qu’ayant constatĂ© le succĂšs immĂ©diat de la forme mĂȘlant clavecin et violon, il a souhaitĂ© Ă©crire pour cette combinaison particuliĂšrement concertante, riche en possibilitĂ©s de dialogues, telle une vĂ©ritable conversation en musique : « Le quatuor y rĂšgne le plus souvent, Ă©crit-il. Il faut non seulement que les trois instruments se confondent entre eux, mais encore que les concertants s’entendent les uns les autres, et que surtout le violon et la viole se prĂȘtent au clavecin, en distinguant ce qui n’est qu’accompagnement, de ce qui fait partie du sujet. C’est en saisissant bien l’esprit de chaque piĂšce, que le tout s’observe Ă  propos. » Chaque instrumentiste doit donc maĂźtriser qualitĂ© d’Ă©coute et virtuositĂ© caractĂ©risĂ©e.
Jamais relĂ©guĂ© au second plan tel un instrument d’accompagnement, le clavecin a souvent un rĂŽle concertant, mais il peut ĂȘtre Ă  l’unisson avec les dessus ou leur servir d’accompagnateur colorĂ©. “Cinq de ces piĂšces ont d’ailleurs Ă©tĂ© adaptĂ©es par lui-mĂȘme pour clavecin seul. Lors de notre enregistrement, nous nous sommes donc interrogĂ© sur la position du clavecin Ă  cĂŽtĂ© des deux dessus. Comment respecter son rĂŽle concertant ? Nous avons donc choisi de le mettre au centre de l’enregistrement, car la difficultĂ© a Ă©tĂ© pour nous de situer les instruments les uns par rapport aux autres” ajoute Bruno Procopio.

Le cas des PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau reflĂšte idĂ©alement le goĂ»t des LumiĂšres en France au XVIIIĂšme : c’est l’emblĂšme d’un art de vivre copiĂ© comme modĂšle dans toute l’Europe. A Rameau revient le prodige d’offrir au temps de Voltaire et des Rois Ă©clairĂ©s (Louis XV et La Pompadour, FrĂ©dĂ©ric II de Prusse, L’impĂ©ratrice Catherine…) l’expression musicale d’un raffinement inĂ©dit oĂč les instruments Ă©voque le jeu et les enjeux de la conversation telle qu’elle a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e au moment oĂč toute l’Europe cultivĂ©e parlait français.
“Les PiĂšces de clavecin en concerts constituent une sorte de maillon entre les sonates en trio italiennes ou les trios polyphoniques de Bach, comme la sonate en trio qui clĂŽt L’Offrande musicale,  et les sonates pour clavier – clavecin ou piano-forte – avec accompagnement de violon obligĂ© ou ad libitum qui se dĂ©veloppĂšrent considĂ©rablement Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle, en France notamment. Dans ce genre de compositions oĂč le clavier se taillait la part du lion, l’instrument Ă  cordes se bornait Ă  doubler la mĂ©lodie ou Ă  ponctuer les basses. AnimĂ© par son expĂ©rience de musicien de thĂ©Ăątre, Rameau s’émancipe du cadre forgĂ© par les Italiens et par ses prĂ©dĂ©cesseurs français et raffine sur les dĂ©tails. Il compose de vĂ©ritables trios, car chaque « Concert » est un trio presque symphonique oĂč le clavecin, affranchi de toute fonction polyphonique, devient un instrument soliste Ă  part entiĂšre Ă  cĂŽtĂ© de ses deux partenaires qui lui apportent un lumineux complĂ©ment de richesse sonore “, complĂšte Bruno Procopio Ă  propos des PiĂšces pour clavecin en concerts. Contribution rĂ©alisĂ©e pour la sortie de son disque Rameau (d’aprĂšs les propos recueillis par AdĂ©laĂŻde de Place).

 

 

discographie : 3 cd incontournables

Lire notre critique du cd Rameau : PiĂšces pour clavecin en concerts par Bruno Procopio

Lire notre critique du cd Rameau : ouvertures et ballets des opĂ©ras de Rameau par Bruno Procopio avec l’orchestre Simon Bolivar du Venezuela

Lire notre critique du cd Rameau : le grand thĂ©Ăątre de l’amour par Les Ambassadeurs, Sabine Devielhe et Alexis Kossenko

Concerts Rameau : Procopio / Kossenko. Les 6 et 25 août 2014.

video_procopio_manon Rameau : Procopio / Kossenko. Les 6 et 25 aoĂ»t 2014.  Deux ramistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, Bruno Procopio et Alexis Kossenko cĂ©lĂšbrent le gĂ©nie de Jean-Philippe Rameau pour l’annĂ©e des 250 ans de sa disparition en 1764. Le premier, claveciniste et chef d’orchestre, a enregistrĂ© et publiĂ© chez Paraty deux disques particuliĂšrement remarquĂ©s : un cycle d’extraits des ouvertures et ballets des opĂ©ras avec l’orchestre Simon Bolivar sur instruments modernes (album intitulĂ© ” Rameau in Caracas “), puis une nouvelle lecture des PiĂšces pour clavecin en concerts.  Le second, flĂ»tiste, a Ă©ditĂ© chez  Erato un rĂ©cital instrumental et lyrique dĂ©diĂ© au Rameau amoureux avec la soprano Sabine Devielhe et son ensemble Les Ambassadeurs. Les deux musiciens ont tous les deux Ă©tudiĂ© au Conservatoire SupĂ©rieur de Paris (CNSMDP).

Bruno Procopio / Alexis Kossenko

Rameau new generation

 

 

 

procopio-kossenko-clavecin-flute-baroque-Rameau-CPE-BACH

 

 

CPE Bach 2014. ParallĂšlement les deux interprĂštes s’engagent Ă©galement pour rĂ©tablir le gĂ©nie d’un autre compositeur baroque, Carl Philipp Emanuel Bach dont 2014 marque le tricentenaire. Par son Ɠuvre, son style et son activitĂ© musicale en particulier Ă  Hambourg, Carl Philipp montre qu’il ne doit pas sa cĂ©lĂ©britĂ© uniquement pour ĂȘtre le fils de Bach dont il a ƓuvrĂ© Ă  rĂ©Ă©diter les Ɠuvres et Ă©ditĂ© le catalogue : c’est un auteur majeur de l’Ă©poque classique, illustre reprĂ©sentant de l’esthĂ©tique Empfindsamkeit.
En 2014, Alexis Kossenko s’apprĂȘte Ă  publier d’ici l’hiver 2014, un nouveau disque dĂ©diĂ© aux Trios et aux Concertos (Alpha 821). De son cĂŽtĂ©, Bruno Procopio vient d’enregistrer au clavecin, les fameuses Sonates WĂŒrttembeg, considĂ©rĂ©es comme l’un des plus importants recueils de Sonates pour clavier de la premiĂšre moitiĂ© du XVIIIĂšme siĂšcle. L’album devrait sortir Ă©galement dans le dernier trimestre de cette annĂ©e (Ă©galement pour le label Paraty, distribuĂ© par Harmonia Mundi). Le claveciniste connaĂźt d’autant mieux le style et l’Ă©criture de CPE Bach qu’il a enregistrĂ© avec le mĂȘme Orchestre Simon Bolivar (et pour cette session, premiĂšre pour la phalange vĂ©nĂ©zuĂ©lienne) sur instrument d’Ă©poque, plusieurs Sinfonie du compositeur baroque.

 

 

 

agenda

 

En aoĂ»t 2014, avant la sortie de leur albums CPE Bach, les deux ramistes reconnus abordent l’intĂ©grale des PiĂšces pour clavecin en concert de Jean-Philippe Rameau, les 6 aoĂ»t  au festival  Musique et nature en Bauges, puis 25 aoĂ»t au festival Berlioz de la CĂŽte Saint-AndrĂ©.

Rameau : PiĂšces pour clavecin en concert
Bruno Procopio, clavecin
Alexis Kossenko, flûte
Patrick Bismuth, violon
Romina Lischka, viole de gambe

VOIR Bruno Procopio jouer les PiĂšces pour clavecin en concerts

Mercredi 6 août 2014, 21h (Eglise de Pugny-Chatenod)
Lundi 25 août 2014, 17h (Couvent des Carmes, Beauvoir en Royans)

 

Premier concert : La Coulicam – La Livri – Le VĂ©zinet
DeuxiĂšme Concert : La Laborde – La Boucon – L’Agaçante – Premier Menuet et DeuxiĂšme Menuet
TroisiĂšme Concert : La PopliniĂšre – La Timide – Premier tambourin et DeuxiĂšme tambourin en rondeau
QuatriĂšme Concert : La Pantomime – L’indiscrĂšte – La Rameau
CinquiĂšme concert : Fugue La Forqueray – La Cupis – La Marais

 

 

 

L’art de la conversation en musique

 

Rameau_Joseph_Aved-Portrait_de_Jean-Philippe_Rameau_vers_1728Les PiĂšces pour clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Au dĂ©but de sa carriĂšre et bien avant les premiers accomplissements lyriques, Rameau a publiĂ© trois livres de piĂšces de clavecin entre 1706 et 1728, puis sont venues les PiĂšces de clavecin en concerts
 C’est son seul cycle de musique de chambre et le plus inventif de son temps.  Rameau explique dans la prĂ©face (intitulĂ©e « Avis aux concertants »), qu’ayant constatĂ© le succĂšs immĂ©diat de la forme mĂȘlant clavecin et violon, il a souhaitĂ© Ă©crire pour cette combinaison particuliĂšrement concertante, riche en possibilitĂ©s de dialogues, telle une vĂ©ritable conversation en musique : « Le quatuor y rĂšgne le plus souvent, Ă©crit-il. Il faut non seulement que les trois instruments se confondent entre eux, mais encore que les concertants s’entendent les uns les autres, et que surtout le violon et la viole se prĂȘtent au clavecin, en distinguant ce qui n’est qu’accompagnement, de ce qui fait partie du sujet. C’est en saisissant bien l’esprit de chaque piĂšce, que le tout s’observe Ă  propos. » Chaque instrumentiste doit donc maĂźtriser qualitĂ© d’Ă©coute et virtuositĂ© caractĂ©risĂ©e.
Jamais relĂ©guĂ© au second plan tel un instrument d’accompagnement, le clavecin a souvent un rĂŽle concertant, mais il peut ĂȘtre Ă  l’unisson avec les dessus ou leur servir d’accompagnateur colorĂ©. “Cinq de ces piĂšces ont d’ailleurs Ă©tĂ© adaptĂ©es par lui-mĂȘme pour clavecin seul. Lors de notre enregistrement, nous nous sommes donc interrogĂ© sur la position du clavecin Ă  cĂŽtĂ© des deux dessus. Comment respecter son rĂŽle concertant ? Nous avons donc choisi de le mettre au centre de l’enregistrement, car la difficultĂ© a Ă©tĂ© pour nous de situer les instruments les uns par rapport aux autres” ajoute Bruno Procopio.

Le cas des PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau reflĂšte idĂ©alement le goĂ»t des LumiĂšres en France au XVIIIĂšme : c’est l’emblĂšme d’un art de vivre copiĂ© comme modĂšle dans toute l’Europe. A Rameau revient le prodige d’offrir au temps de Voltaire et des Rois Ă©clairĂ©s (Louis XV et La Pompadour, FrĂ©dĂ©ric II de Prusse, L’impĂ©ratrice Catherine…) l’expression musicale d’un raffinement inĂ©dit oĂč les instruments Ă©voque le jeu et les enjeux de la conversation telle qu’elle a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e au moment oĂč toute l’Europe cultivĂ©e parlait français.
“Les PiĂšces de clavecin en concerts constituent une sorte de maillon entre les sonates en trio italiennes ou les trios polyphoniques de Bach, comme la sonate en trio qui clĂŽt L’Offrande musicale,  et les sonates pour clavier – clavecin ou piano-forte – avec accompagnement de violon obligĂ© ou ad libitum qui se dĂ©veloppĂšrent considĂ©rablement Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle, en France notamment. Dans ce genre de compositions oĂč le clavier se taillait la part du lion, l’instrument Ă  cordes se bornait Ă  doubler la mĂ©lodie ou Ă  ponctuer les basses. AnimĂ© par son expĂ©rience de musicien de thĂ©Ăątre, Rameau s’émancipe du cadre forgĂ© par les Italiens et par ses prĂ©dĂ©cesseurs français et raffine sur les dĂ©tails. Il compose de vĂ©ritables trios, car chaque « Concert » est un trio presque symphonique oĂč le clavecin, affranchi de toute fonction polyphonique, devient un instrument soliste Ă  part entiĂšre Ă  cĂŽtĂ© de ses deux partenaires qui lui apportent un lumineux complĂ©ment de richesse sonore “, complĂšte Bruno Procopio Ă  propos des PiĂšces pour clavecin en concerts. Contribution rĂ©alisĂ©e pour la sortie de son disque Rameau (d’aprĂšs les propos recueillis par AdĂ©laĂŻde de Place).

 

 

discographie : 3 cd incontournables

Lire notre critique du cd Rameau : PiĂšces pour clavecin en concerts par Bruno Procopio

Lire notre critique du cd Rameau : ouvertures et ballets des opĂ©ras de Rameau par Bruno Procopio avec l’orchestre Simon Bolivar du Venezuela

Lire notre critique du cd Rameau : le grand thĂ©Ăątre de l’amour par Les Ambassadeurs, Sabine Devielhe et Alexis Kossenko

Bruno Procopio et Le Sans Pareil Ă  Valloire (Savoie)

procopio_bruno_chemise_bleueFestival Valloire baroque. Bruno Procopio, Le Sans Pareil, les 28 et 29 juillet 2014. La fabuleuse Ă©glise de Valloire en Savoie (Notre Dame de l’Assomption dĂ©corĂ©e de 1630 Ă  1682) tĂ©moigne en Maurienne de l’essor du baroque propre au premier XVIIĂš : un dĂ©lire de bois sculptĂ© et peint, d’anges souriant et enchanteurs, de retables en or tĂ©moignant d’une ferveur exceptionnelle. Les 28 et surtout 29 juillet, le claveciniste et chef d’orchestre franco brĂ©silien Bruno Procopio apportent la rythmique exaltante du Portugal et du BrĂ©sil en abordant plusieurs compositeurs des deux pays, des deux rives de l’Atlantique. DĂ©fenseur depuis ses dĂ©buts de l’Ă©criture mozartienne et prĂ©rossinienne de Marcos Portugal dont il a rĂ©cemment enregistrĂ© la Missa Grande, Bruno Procopio prĂ©sente au festival de Valloire une collection de piĂšces du XVIIIĂš signĂ©es Marcos Portugal et JoĂŁo Rodrigues Esteves. Le Magnificat de Esteves rĂ©vĂšle une parfaite maĂźtrise du style italien et une grande affinitĂ© stylistique avec le compositeur romain Ottavio Pitoni.
Marcos Portugal est le plus important compositeur du Portugal et du Nouveau Monde aux XVIIIĂšme et XIXĂšme siĂšcles. Premier compositeur de la cour de Lisbonne, il suit le roi Don JoĂŁo VI Ă  Rio de Janeiro. AprĂšs le retour de la famille royale en 1821, il devient le premier compositeur du BrĂ©sil naissant avec plus de 150 Ɠuvres sacrĂ©es composĂ©es pour la CathĂ©drale de Rio et pas moins de 40 opĂ©ras (dont l’excellent L’oro no compra amore rĂ©cemment ressuscitĂ© par Bruno Procopio Ă  l’OpĂ©ra de Rio, dĂ©cembre 2012).
La deuxiĂšme partie du programme est un voyage au cƓur de la CathĂ©drale de Rio de Janeiro Ă  la fin du XVIIIĂšme  siĂšcle, oĂč JosĂ© MaurĂ­cio Nunes Garcia, le plus important compositeur brĂ©silien de l’époque coloniale, dirigeait la musique de l’entourage du vice‐roi. Tout au long du XVIIIĂšme siĂšcle, les Ă©changes entre Lisbonne et le BrĂ©sil, sa plus importante colonie, ne se sont pas rĂ©sumĂ©s Ă  l’importation de richesses miniĂšres et de marchandises: le domaine culturel et l’intense activitĂ© artistique et musicale apportent leur contribution Ă  des Ă©changes de plus en plus intenses des deux cĂŽtĂ©s de l’Atlantique.

 

 

Le Sans Pareil – Les musiciens navigateurs

 

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  CaracasSur les chemins immĂ©moriaux qui alimentent et resserrent les liens ancestraux entre l’Europe et le Nouveau Monde, Ă©mergent quelques figures de proue. Se souvient-on qu’en 1394 naissait d’une famille princiĂšre du Portugal, l’Infant Dom Henrique, celui que l’on surnommera Ă  vingt ans Henri le Navigateur ? C’est ainsi que s’ouvre l’ñge d’or de l’empire colonial portugais, qui voit Vasco de Gama doubler le Cap de Bonne-EspĂ©rance et atteindre l’Inde, puis Pedro Alvarez Cabral accoster en 1500 sur une plage du futur … BrĂ©sil. Mais Henri le Navigateur n’aura pas vu ces dĂ©couvertes de son vivant. Six cents ans plus tard, en 1994, Bruno Procopio, jeune claveciniste brĂ©silien, arrive en France pour y perfectionner son apprentissage instrumental (auprĂšs entre autres de Christophe Rousset). Sa jeunesse a Ă©tĂ© baignĂ©e de ce rĂ©pertoire trĂšs particulier que l’on appelle musique coloniale brĂ©silienne. Le terme colonial n’implique pas une forme artistique imposĂ©e par l’occupant portugais, qui ne serait qu’un pittoresque reflet des canons europĂ©ens.
Une fois passĂ©e la frĂ©nĂ©sie initiale d’appropriation de l’or et des bois prĂ©cieux, vint en effet le temps des Ă©changes culturels. Le foisonnement de l’architecture baroque portugaise dans les Ă©glises du Minas Gerais en tĂ©moigne. Et la musique ne fut pas en reste, avec l’émergence au XVIIIĂšme siĂšcle d’une musique sacrĂ©e, singuliĂšre, elle-mĂȘme hĂ©ritiĂšre des maĂźtres de Lisbonne. C’est pour tĂ©moigner de cette richesse musicale que Bruno Procopio fonde dĂšs 2004, avec le soutien de musicologues brĂ©siliens, les « Solistes du Palais Royal ». Outre sa relation privilĂ©giĂ©e avec le style colonial, l’ensemble parcourt aussi bien la musique europĂ©enne, et plus particuliĂšrement les compositeurs qui ont contribuĂ©, grĂące aux Ă©changes avec le Nouveau Monde, Ă  la pluralitĂ© et au raffinement musical de la cour du Portugal. Aujourd’hui, le Sans-Pareil, ce Vaisseau amiral rĂȘvĂ© par Louis XV et qui ne vit jamais le jour, se rĂ©incarne. Une caravelle musicienne dĂ©tache ses amarres du Palais-Royal pour prendre le large. En hommage lointain Ă  Dom Henrique, les Musiciens Navigateurs, emmenĂ©s par Bruno Procopio, partent Ă  la rencontre du BrĂ©sil. Ils emmĂšnent Ă  bord les talents cumulĂ©s d’une longue pratique musicale, et sont avides de dĂ©couvertes Ă  venir de l’autre cĂŽtĂ© de l’OcĂ©an.

 

Baroques, de Lisbonne Ă  Rio de Janeiro
Bruno Procopio,
les musiciens navigateurs du Sans Pareil
Ɠuvres de Marcos Portugal, Esteves, Nunes Garcia…

Lundi 28 juillet 2014, 15h
Espace Culturel Le Savoie Ă  Saint-Michel-de-Maurienne

Mardi 29 juillet 2014, 21h
Eglise de Valloire

RĂ©servations +33 (0)7 89 55 12 76
Renseignements‹Office du Tourisme de Valloire‹+33(0)4 79 59 03 96 ou info@valloire.net
contact@festivalvalloirebaroque.com
Consulter aussi le site du festival de valloire (Savoie)

Programme
João Rodrigues Esteves (vers 1700 – 1751 Lisbonne)
Magnificat

José Gomes Veloso (Portugal 18Úme siÚcle)
Iste Sanctus

Marcos Portugal (1762 Lisbonne – 1830 Rio de Janeiro)
Missa Grande (Extraits)
Kyrie I – Christe – Kyrie II
Gloria
Laudamus te
Qui sedes ad dexteram Patris
Cum Sancto Spiritu
Credo
Sanctus – Hosanna
Benedictus – Hosanna

JosĂ© MaurĂ­cio Nunes Garcia (1767 – 1830 Rio de Janeiro)
Requiem « Missa dos Defuntos » (1809)
Magnificat « Cùntico de Nossa Senhora para às Vésperas de São José » (1810)

Musique populaire brĂ©silienne pour chƓur Ă  4 voix
MuiĂ© RendĂȘra (domaine populaire)
Tristeza pé no Chão (Mamão)
Rosa Amarela (Villa-Lobos)

‹‹Le Sans Pareil
Bruno Procopio, orgue et direction
Françoise Masset, soprano
Jean-Christophe Clair, contre ténor
David Lefort, ténor
Sidney Fierro, baryton basse

 
 
 
 

3 raisons de ne pas manquer ce concert :

 

- Le sujet et l’enjeu de ce programme d’emblĂ©e passionnant : mettre en miroir les meilleures compositeurs du Portugal au 18Ăšme siĂšcle et leur confrĂšre brĂ©silien, l’immense (et trop peu connu) Nunes Garcia.

- La musique portugaise est trĂšs proche de la musique polyphonique italienne de la mĂȘme pĂ©riode, nĂ©anmoins la musique de Garcia Ă©crite Ă  Rio est originale et personnelle ; certes, le compositeur s’inspirait de la musique europĂ©enne qui arrivait au BrĂ©sil, mais il fait une musique bien plus concise, en ce qui concerne la rhĂ©torique : phrases courtes et bien ciselĂ©es,  une seule exposition du texte liturgique pour aller au cƓur des fidĂšles, moins de rigueur sur la tradition harmonique pour crĂ©er une musique colorĂ©e qui surprend Ă  chaque instant.  Il s’agi donc de rĂ©vĂ©ler l’écriture si exaltante et profonde de Nunes Garcia

- Le profil artistique de Bruno Procopio, chef d’orchestre et claveciniste : musicien virtuose, douĂ© d’une intelligibilitĂ© musicale rare, Bruno Procopio a montrĂ© sa passion pour le rĂ©pertoire musical portugais et brĂ©silien. Ses disques Marcos Portugal et plus rĂ©cents, dĂ©diĂ©s Ă  Rameau, affirme le tempĂ©rament d’un interprĂšte mĂ»r, capable de conduire les grands effectifs tout en Ă©clairant la gravitĂ© individuelle et la poĂ©sie intĂ©rieure des partitions choisies. Programme incontournable.

 

 

Bruno Procopio grand invité de KTO

Bruno Procopio : les Grands Motets de Rameau Ă  Cuenca (Espagne)TĂ©lĂ©, KTO, 7-14 juin 2014. Bruno Procopio, chef d’orchestre. Entretien. Le jeune chef d’orchestre Bruno Procopio est l’invitĂ© d’Emmanuelle Dancourt dans son Ă©mission VIP, du 7 au 14 juin 2014. Rameau, Marcos Portugal, Carl Philipp Emmanuel Bach
 les grands noms du baroque europĂ©en, de la France et de l’Allemagne des LumiĂšres 
 jusqu’au BrĂ©sil (avec Marcos Portugal qui du Portugal s’expatrie outre Atlantique) n’ont plus de secret pour le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio. D’un continent l’autre, de chaque cĂŽtĂ© de l’Atlantique, le fougueux interprĂšte de François Couperin Ă©galement (somptueuse lecture des Barricades MystĂ©rieuses) cultive les champs florissants de la conversation musicale, apportant chez Rameau un tempĂ©rament et une Ă©nergie peu commune, Ă  Caracas ou Ă  Rio, Ă  la tĂȘte des instrumentistes du Simon Bolivar Orchestra ou ceux de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, les ferments de la pratique historiquement informĂ©e. Il a jouĂ© puis enregistrĂ© les PiĂšces pour clavecin en concert, puis un programme d’extraits d’ouvertures et de ballets de Rameau Ă  Caracas avec l’orchestre de Gustavo Dudamel, l’Orchestre Simon Bolivar du Venezuela (2 disques Ă©vĂ©nements Ă©ditĂ© par le label Paraty). En quelques annĂ©es, le bouillonnant chef, maestro affĂ»tĂ©, douĂ© d’un rare sens dramatique aura rĂ©vĂ©lĂ© la verve prĂ©rossinnienne de Marcos Portugal (recrĂ©ation Ă  Rio de son joyau comique L’oro no compta amore de 1804) tout en soulignant sa haute inspiration sacrĂ©e en jouant la fameuse Missa Grande Ă  Cuenca (Espagne). Admirable interprĂšte de Jean-Philippe Rameau, Bruno Procopio pour l’annĂ©e 2014, vient de diriger en avril 2014, les Grands Motets du Dijonais : fougueuses piĂšces spectaculaires (avec chƓur), surtout hautement lyriques avec le concours de la diva ibĂ©rique Maria Bayo… Bruno Procopio dans une mise en place impeccable a soulignĂ© la science expĂ©rimentale et foisonnante du Rameau d’avant les opĂ©ras (son premier ouvrage est crĂ©Ă© en 1733 : Hippolyte et Aricie ; les grands Motets auraient Ă©tĂ© composĂ©s Ă  Lyon vers 1714)…

EngagĂ©, passionnĂ© dans le renouvellement des oeuvres baroques (mais pas que), Bruno Procopio Ă©voque sa carriĂšre, ses goĂ»ts, son expĂ©rience de la direction. Prochainement, il dirigera Ă  nouveau l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio (septembre 2014) puis l’Orchestre national de Lille (dĂ©cembre 2014) 
. Sur le plateau de KTO est Ă©galement invitĂ©e aux cĂŽtĂ©s de Bruno Procopio, la comĂ©dienne centenaire GisĂšle Casadesus.

 

 

 

Bruno Procopio, grand invité de KTO

Magazine VIP, Visages inattendus de personnalités. Présenté par Emmanuelle Dancourt.

Samedi 7 juin Ă  20h40

Dimanche 8 juin Ă  17h00 et 1h35

Lundi 9 juin Ă  11h10

Mardi 10 juin Ă  7h50 et 22h45

Jeudi 12 juin Ă  11h00

Vendredi 13 juin Ă  14h35

Samedi 14 juin Ă  8h40

L’émission sera Ă©galement accessible sur le site de KTO dĂšs sa premiĂšre diffusion : voir le site KTO tĂ©lĂ©vision catholique.  

 

Bruno Procopio grand invité de KTO

Bruno Procopio : les Grands Motets de Rameau Ă  Cuenca (Espagne)TĂ©lĂ©, KTO, 7-14 juin 2014. Bruno Procopio, chef d’orchestre. Entretien. Le jeune chef d’orchestre Bruno Procopio est l’invitĂ© d’Emmanuelle Dancourt dans son Ă©mission VIP, du 7 au 14 juin 2014. Rameau, Marcos Portugal, Carl Philipp Emmanuel Bach
 les grands noms du baroque europĂ©en, de la France et de l’Allemagne des LumiĂšres 
 jusqu’au BrĂ©sil (avec Marcos Portugal qui du Portugal s’expatrie outre Atlantique) n’ont plus de secret pour le claveciniste et chef d’orchestre Bruno Procopio. D’un continent l’autre, de chaque cĂŽtĂ© de l’Atlantique, le fougueux interprĂšte de François Couperin Ă©galement (somptueuse lecture des Barricades MystĂ©rieuses) cultive les champs florissants de la conversation musicale, apportant chez Rameau un tempĂ©rament et une Ă©nergie peu commune, Ă  Caracas ou Ă  Rio, Ă  la tĂȘte des instrumentistes du Simon Bolivar Orchestra ou ceux de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, les ferments de la pratique historiquement informĂ©e. Il a jouĂ© puis enregistrĂ© les PiĂšces pour clavecin en concert, puis un programme d’extraits d’ouvertures et de ballets de Rameau Ă  Caracas avec l’orchestre de Gustavo Dudamel, l’Orchestre Simon Bolivar du Venezuela (2 disques Ă©vĂ©nements Ă©ditĂ© par le label Paraty). En quelques annĂ©es, le bouillonnant chef, maestro affĂ»tĂ©, douĂ© d’un rare sens dramatique aura rĂ©vĂ©lĂ© la verve prĂ©rossinnienne de Marcos Portugal (recrĂ©ation Ă  Rio de son joyau comique L’oro no compta amore de 1804, joyau lyrique dĂ©lirant qui prĂ©figure directement Le Barbier de SĂ©ville de Rossini) tout en soulignant sa haute inspiration sacrĂ©e en jouant la fameuse Missa Grande Ă  Cuenca (Espagne). Admirable interprĂšte de Jean-Philippe Rameau, Bruno Procopio pour l’annĂ©e 2014, vient de diriger en avril 2014, les Grands Motets du Dijonais : fougueuses piĂšces spectaculaires (avec chƓur), surtout hautement lyriques avec le concours de la diva ibĂ©rique Maria Bayo… Bruno Procopio dans une mise en place impeccable a soulignĂ© la science expĂ©rimentale et foisonnante du Rameau d’avant les opĂ©ras (son premier ouvrage est crĂ©Ă© en 1733 : Hippolyte et Aricie ; les grands Motets auraient Ă©tĂ© composĂ©s Ă  Lyon vers 1714)…

EngagĂ©, passionnĂ© dans le renouvellement des oeuvres baroques (mais pas que), Bruno Procopio Ă©voque sa carriĂšre, ses goĂ»ts, son expĂ©rience de la direction. Prochainement, il dirigera Ă  nouveau l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil Ă  Rio (septembre 2014 dans la rĂ©surrection d’un opĂ©ra mĂ©connu de Sacchini, Renaud, fleuron de l’opĂ©ra français Ă  l’Ă©poque de Marie-Antoinette) puis l’Orchestre national de Lille (dĂ©cembre 2014) 
. Sur le plateau de KTO est Ă©galement invitĂ©e aux cĂŽtĂ©s de Bruno Procopio, la comĂ©dienne centenaire GisĂšle Casadesus.

 

 

 

Bruno Procopio, grand invité de KTO

Magazine VIP, Visages inattendus de personnalités. Présenté par Emmanuelle Dancourt.

Samedi 7 juin Ă  20h40

Dimanche 8 juin Ă  17h00 et 1h35

Lundi 9 juin Ă  11h10

Mardi 10 juin Ă  7h50 et 22h45

Jeudi 12 juin Ă  11h00

Vendredi 13 juin Ă  14h35

Samedi 14 juin Ă  8h40

L’émission sera Ă©galement accessible sur le site de KTO dĂšs sa premiĂšre diffusion : http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/v.i.p..html

 

 

Rameau 2014. Bruno Procopio dirige les Grands Motets

procopio_bruno_chemise_bleueRAMEAU 2014. Bruno Procopio dirige les Grands Motets Ă  Cuenca (Espagne), le 19 avril 2014.  Le Chef français aborde la flamme thĂ©Ăątrale des Grands Motets de Jean-Philippe Rameau : un volet sacrĂ© dans l’inspiration du compositeur français qui prĂ©lude Ă  ses accomplissements lyriques. Le concert clĂŽt le festival de musique sacrĂ©e Ă  Cuenca en avril 2014. InterprĂšte remarquĂ©, toujours exigeant de Rameau, le jeune chef et claveciniste Bruno Procopio doit Ă  ses racines latines (il est nĂ© brĂ©silien), un feu caractĂ©risĂ©, habile autant Ă  la finesse qu’à l’énergie communicante. Comme claveciniste, il a enregistrĂ© les PiĂšces pour clavecin en concerts, renouvelant l’inventivitĂ© et la libertĂ© d’une partition concertante majeure ; comme chef, il a dirigĂ© Ă  Caracas, les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar : une expĂ©rience musicale qui fut un dĂ©fi s’agissant de musiciens qui dĂ©couvrait alors le baroque français (et sur instruments modernes)
 En avril, Bruno Procopio participe aux cĂ©lĂ©brations Rameau 2014, offrant une nouvelle lecture des Grands Motets, en clĂŽture du festival de PĂąques Ă  Cuenca (SMR, Semana de Musica religiosa de Cuenca, Espagne, le 19 avril 2014), l’un des plus grands festivals europĂ©ens de musique sacrĂ©e. Entretien exclusif pour classiquenews.com.

Quelle vision souhaitez vous transmettre de Rameau en 2014 ?

J’ai commencĂ© Ă  aborder ce grand compositeur au disque en 2013, quand j’ai fait paraĂźtre deux albums que lui Ă©taient dĂ©diĂ©s, l’un comprenant les Ɠuvres orchestrales en dirigeant les Soloists of SimĂłn BolĂ­var Symphony Orchestra du Venezuela ; l’autre avec l’intĂ©grale des PiĂšces de clavecin en concerts. En clĂŽture de la Semana de Musica religiosa de Cuenca, ce 19 avril 2014, j’aborde pour la premiĂšre fois l’intĂ©grale des Motets de Rameau avec l’orchestre Les SiĂšcles (chƓur et orchestre), une formation que j’admire depuis des annĂ©es, fondĂ©e par le chef François-Xavier Roth. Pour moi, Rameau est sans doute le meilleur compositeur français du XVIII Ăšme siĂšcle et l’un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s dans toute l’histoire de la musique. Rameau est un mĂ©lange d’art savant comme de profond enracinement du langage “français” insufflĂ© par Lully et ses contemporains.  Rameau reste encore un compositeur mĂ©connu du grand public français, j’espĂšre que 2014 permettra de rĂ©parer cette injustice.

A travers ses Grands Motets, en quoi Rameau renouvelle t-il le genre ?

Tous les Motets ont Ă©tĂ© composĂ©s dans sa jeunesse, avant son arrivĂ© Ă  Paris en 1722. La voix affirmĂ©e du compositeur est dĂ©jĂ  prĂ©sente dans les trois Motets mais un parfum du sud (l’Italie) est bien prĂ©sent dans la forme (comme l’attestent les duos, trio, les airs de virtuositĂ©). Le langage musical est trĂšs personnel, Ă©minemment français dans le traitement des ornements. Il est Ă©tonnant de voir comment ce jeune compositeur a posĂ© dĂ©jĂ  tous les jalons de son style en tant que compositeur dans ses grands motets. C’est comme s’il Ă©tait pressĂ© de montrer ce dont il est capable, et il y rĂ©ussit Ă  merveille. Dans le plus court des Motets (Quam Dilecta), Rameau arrive Ă  placer avec naturel la polyphonie chorale, des soli virtuoses, un trio. En Ă  peine vingt minutes, la partition offre un Ă©ventail complet de ses moyens expressifs. Le motet le plus important (In Convertendo) a Ă©tĂ© repris par ses soins au Concert Spirituel au printemps 1751. MalgrĂ© un important remaniement de l’Ɠuvre pour l’occasion, la critique a Ă©tĂ© sĂ©vĂšre, et le public apparemment déçu. En sachant que l’Ɠuvre comporte l’une des pages les plus rĂ©ussies de la musique sacrĂ©e française, grĂące Ă  ses chƓurs fabuleux, par sa diversitĂ© ausi, la critique nous semble ingrate et dĂ©placĂ©e, mais parfois il faut bien trois siĂšcles pour qu’un chef d’Ɠuvre soit reconnu Ă  sa juste valeur.

Bruno Procopio : les Grands Motets de Rameau Ă  Cuenca (Espagne)

Est-il pour vous ce grand symphoniste qui prépare déjà Berlioz, par son goût de la musique pure et des couleurs instrumentales ?

Au XVIIIĂšme siĂšcle chaque musique a sa fonction, mĂȘme si parfois elle doit ĂȘtre mondaine, donc je ne pourrais pas parler de musique pure dans l’absolu. En tout cas, sa musique pour orchestre reste avant-gardiste dans le traitement harmonique et dans l’originalitĂ© du traitement de la forme. Comme dernier survivant d’un style ancrĂ© dans les 17Ăšme et 18Ăšme siĂšcles, le plan qui lui est propre est celui de la Suite de Danses. Berlioz est l’hĂ©ritier de la nouvelle mode, celle des vĂ©ritables symphonistes français, tels Gossec, MĂ©hul, Lesueur… Si mes souvenirs son bons, Berlioz cite une seule fois Rameau dans ses Ă©crits. MalgrĂ© les 50 ans qui sĂ©parent la disparition de Rameau et les toutes premiĂšres Ɠuvres de Berlioz, il y a bien une nette rupture de point de vue.

Mais le gĂ©nie de Rameau fait d’un apparent passĂ©isme, la voie ouverte Ă  de nouvelles aventures musicales. Rameau pour moi a la mĂȘme importance et il reste aussi marginal que Carl Philipp Emanuel Bach Ă  son Ă©poque. AprĂšs Rameau, la Suite de danse sera supplantĂ©e par la musique italienne, quant au style Sensible crĂ©Ă© par CPE, il n’est qu’un appendice compris uniquement par ses admirateurs les plus proches et non des moindres : Mozart, Haydn, Beethoven.

Jouer Rameau sur instruments d’Ă©poque ou sur instruments modernes apporte quel bĂ©nĂ©fice pour un chef et pour les musiciens d’orchestre ?

Je pense que Rameau reste difficile mĂȘme pour un baroqueux averti : le langage est vraiment sophistiquĂ© et la vocalitĂ© n’est pas habituelle, donc il faut une grande connaissance du style pour apprivoiser les tournures propres au langage de Rameau. Concernant les Grand Motets, il y a une grande profusion d’ornements que nous devons Ă©tudier de prĂȘt pour savoir s’ils sont des “coulĂ©s ou des appoggiatures » par exemple, donc des notes jouĂ©es avant le temps, ou sur le temps.

Parmi les chefs qui vous ont prĂ©cĂ©dĂ©, quel serait celui qui a le mieux compris et servi l’esthĂ©tique de Rameau ? Et pourquoi ?

Je pourrais en citer plusieurs, mais celui qui aura vraiment marquĂ© l’interprĂ©tation, c’est William Christie avec ses innombrables disques dĂ©diĂ©s Ă  Rameau. Je les Ă©coute rĂ©guliĂšrement ; ils ont Ă©tĂ© trĂšs formateurs pour moi. L’Ă©lĂ©gance et l’Ă©quilibre de ses enregistrement sont un exemple pour tous les musiciens qui souhaitent aborder cette culture musicale.

Bruno Procopio dirige les Grands Motets de Rameau, à Cuenca (Espagne), en clîture du festival de musique religieuse, SMR Semana de Musica Religiosa de Cuenca, le 19 avril 2014, 20h (Auditorio). Les Grands Motets de Rameau. Maria Bayo, soprano. Solistes, chƓur et orchestre Les Siùcles. Bruno Procopio, direction.

VIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orquesta Barroca Juvenil Simon Bolivar, septembre 2013

Orquesta barroca Juvenil Simon Bolivar, Carracas, Bruno Procopio, CPE Bach, Carl Philip Emanuel BachVIDEO. A Caracas, Bruno Procopio joue CPE Bach avec l’Orchestre Simon Bolivar. En septembre 2013, le chef franco brĂ©silien retrouve Ă  Caracas les instrumentistes de l’Orchestre Simon Bolivar dans plusieurs Concertos et Symphonies de Carl Philipp Emanuel Bach. AprĂšs avoir jouer Rameau (ouvertures et ballets des opĂ©ras, mais sur instruments modernes en 2012), Bruno Procopio inaugure le nouvel ” Orquesta Barroca Juvenil SĂ­mon Bolivar “, phalange dĂ©sormais dĂ©diĂ©e Ă  l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e des Ɠuvres baroques, classiques et prĂ©romantiques. Fougue, prĂ©cision, style, mordant, l’entente du chef invitĂ© et des instrumentistes rĂ©alise l’un des meilleurs concerts CPE Bach de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique, soulignant aussi l’anniversaire CPE Bach en 2014 (300 ans de la naissance). Le fils de Jean-SĂ©bastien est un gĂ©nie dĂ©fricheur et expĂ©rimentateur : sa virtuositĂ© au clavier s’entend aussi Ă  l’orchestre d’une libertĂ© inventive Ă  la fois, mĂ©lancolique et fantaisiste voire fantasque… trĂšs liĂ©e aux nouvelles tendances esthĂ©tique de l’Empfindsamkeit (“sensibilitĂ©”, courant littĂ©raire surtout qui prĂ©figure dĂ©jĂ  les affres et vertiges du sentiment romantique). Reportage vidĂ©o exclusif CLASSIQUENEWS.COM

CD. Bruno Procopio : Rameau in Caracas

CD. Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012)   …  DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube trĂšs officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur baroque sur… instruments modernes, de surcroĂźt avec des instrumentistes qui Outre-Atlantique n’ont que trĂšs peu Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la rhĂ©torique et l’Ă©loquence du XVIIIĂš français. C’est donc pour eux un vrai dĂ©fi instrumental liĂ© Ă  une dĂ©couverte de rĂ©pertoire.

Rameai in Caracas, Bruno ProcopioA rebours des approches historiques, Bruno Procopio dĂ©montre que la justesse musicale et artistique ne se rĂ©duit pas au seul choix des instruments. Le claveciniste expert de la pratique baroque française transmet de toute Ă©vidence la science ambivalente d’un Rameau ici Ă  la fois somptueux symphoniste et dramaturge de premier plan, chorĂ©graphe et poĂšte, prĂ©curseur des concepteurs Ă  venir de musique pure. L’absence de voix ne pĂšse d’aucun poids; tant le chant de l’orchestre, -cordes admirables de prĂ©cision et de fluiditĂ©, vents et bois gorgĂ©s de couleurs dĂ©jĂ  impressionnistes (!)-, restitue l’imaginaire lyrique de Rameau. Ouvertures et danses des opĂ©ras du Dijonais composent de facto une entrĂ©e inĂ©dite pour les musiciens, expĂ©rience premiĂšre galvanisĂ©e et flamboyante grĂące Ă  l’Ă©nergie et la prĂ©cision du maestro franco-brĂ©silien (Contredanse du II de Zoroastre). Que ces esprits animaux tempĂȘtent de façon infernale (coupes et abattage des bassons), ivresse et grandiose panache du Ballet figurĂ©, coloris chatoyants des gavottes finales du mĂȘme Zoroastre (1756).

 

 

Rameau électrisé

 

La mise en place, la sĂ»retĂ© nerveuse et jamais courte des rythmes dansĂ©s attestent de l’assurance superlative du jeune chef. Que son Rameau est racĂ©, de caractĂšre comme d’agilitĂ© : Ă©lectrique vitalitĂ© qui fuse comme des comĂštes enflammĂ©es des Tambourins d’une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible (formidables bassons) du Prologue de Dardanus (1739)

L’ouverture de Castor et Pollux (1737) si proche dans sa coupe Ă©tagĂ©e et fuguĂ©e de celle d’Hippolyte dĂ©voile toute la flexibilitĂ© du chef capable de conduire ses troupes en une clartĂ© faite drame, entre intellect et sensualitĂ© tendre, alliance contradictoire et constitutive de l’Ă©criture de Rameau. La Chaconne du V confirme ce lĂącher prise qui fait toute la grĂące Ă  la fois solennelle et intime voire nostalgique de Rameau. Quant Ă  la seconde Chaconne, (ultime volet de ce programme, extrait des Indes Galantes, 1735) emprunte de ce geste balancĂ© et sublime, voire suspendu et de caractĂšre lullyste, le chef en exprime et la tendresse et cet abandon d’une indicible douceur lĂ  aussi nostalgique. Au sentiment d’une solennitĂ© rĂȘveuse se joint surtout la vitalitĂ© contrastĂ©e des pupitres subtilement Ă©lectrisĂ©s par le chef douĂ© d’une imagination fertile sur le motif ramĂ©lien: la prĂ©cision de la mise en place, le relief des bois, la coupe des cordes d’un impeccable aplomb rythmique, frappent immĂ©diatement.

Ce disque est Ă©tonnant, tant Rameau n’avait pas Ă©tĂ© ressuscitĂ© avec autant de vĂ©ritĂ© ni de saine justesse. Sans le fruitĂ© des instruments d’Ă©poque (parfois Ă  dĂ©faut d’une baguette convaincante, rien que sĂ©ducteurs), l’oreille se concentre sur le geste, la conception de l’architecture, la carrure et l’allant des rythmes, la richesse des dynamiques, c’est Ă  dire l’Ă©mergence et l’essor d’une vision musicale. Tout cela, Bruno Procopio le maĂźtrise absolument et l’on souhaite entendre bientĂŽt un opĂ©ra intĂ©gral dirigĂ© sous sa conduite: un vƓu pieu bientĂŽt satisfait pour l’annĂ©e 2014 Ă  venir, celle des 250 ans de la mort du compositeur si gĂ©nial ?

 

Rameau in Caracas. Ouvertures et ballets de Jean-Philippe Rameau: Zoroastre, Dardanus, Acanthe et Céphise, Les Indes Galantes. Soloists of the Simon Bolivar symphony Orchestra of Venezuela. Bruno Procopio, direction. 1 cd Paraty 2012, 512120. Durée: 1h03mn.

 

CD, critique. Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (Bruno Procopio, label Paraty – 2012)

Un CD Ă©vĂ©nementRameau: PiĂšces de clavecin en concert (Procopio, 2012) –  critique de cd – Avec ses PiĂšces pour clavecin en concert, Rameau offre un aboutissement inĂ©galĂ© dans l’art de la musique de chambre mais selon son goĂ»t, c’est Ă  dire avec impertinence et nouveautĂ©: jamais avant lui, le clavecin, instrument polyphonique et d’accompagnement n’avait osĂ© revendiquer son autonomie expressive de la sorte. PubliĂ© en 1741, voici bien le sommet du chambrisme français sous la rĂšgne de Louis XV: alors que Bach se concentre sur le seul tissu polyphonique, Rameau fait Ă©clater la palette sonore du clavier central, qui de pilier confinĂ© devient soliste concertant (avec les deux instruments de dessus: violon ou flĂ»te, et viole ou 2Ăš violon).

La prĂ©Ă©minence du clavecin est dĂ©jĂ  annoncĂ©e par les Sonates d’Elisabeth Jacquet de la Guerre et de MontĂ©clair. Mais l’inventivitĂ© mĂ©lodique, le raffinement, la vivacitĂ© Ă©lectrisante du style ramĂ©lien repoussent encore les limites du genre (ivresse concertante de l’Agaçante). Disons immĂ©diatement ce qui nous gĂȘne: la partie et l’aciditĂ© tendue du violon qui semble dire d’un bout Ă  l’autre, je suis lĂ  et je revendique le premier plan mĂ©lodique (Le VĂ©zinet): un contresens qui affecte le chant libre et si facĂ©tieux, fluide et si volubile du clavecin. Question de sonoritĂ© et de style, le violon contorsionne toujours, se pique de tournures affectĂ©es, semble rĂ©gler un sort Ă  chaque phrase. Que son Rameau est perruquĂ© en petit marquis. L’option peut dĂ©ranger. Elle s’avĂšre particuliĂšrement mordante dans le portrait charge de La PoupliniĂšre (la La PopliniĂšre): Ă©vocation aigre-douce du protecteur de Rameau, tracĂ©e, il est vrai, plus Ă  l’acide qu’à l’encre respectueuse. Nonobstant, saluons la complicitĂ© des autres instruments: viole toute en nuances et expression (et de surcroĂźt d’une difficultĂ© monstre, Rameau y rend hommage par exemple Ă  Forqueray, rien de moins!, en ouverture du VĂšme Concert) Et quand la flĂ»te de l’excellent François Lazarevitch se joint au violon et Ă  la viole (La Livri), la tonalitĂ© d’une douceur immĂ©diatement rayonnante, entre tendre voluptĂ© et tristesse mĂ©lancolique, convainc sans rĂ©serves; les interprĂštes accordĂ©s trouvent le ton juste, voire envoĂ»tant: on aimerait connaĂźtre ce Livri entre autres, dont la piĂšce Ă©ponyme brosse un portrait bien sĂ©duisant (en vĂ©ritĂ© l’un des protecteurs du compositeur mort rĂ©cemment). MĂȘme constat pour la pudeur (autobiographique?) de La Timide oĂč la flĂ»te allemande attĂ©nue l’incisive agressivitĂ© du violon.

Et que dire pour clore le chapitre des rĂ©serves, du pincĂ© sec du violon dans les Tambourins du IIIĂš Concert : aigreur acide bien peu enjouĂ©e et fidĂšle au soleil des danses qui ont la Provence pour origine
. Pour autant la vitalitĂ© de La Rameau (concession du maĂźtre Ă  lui-mĂȘme), l’engagement de La Forqueray, la berceuse secrĂšte et mystĂ©rieuse de La Cupis, la grĂące purement chorĂ©graphique de La Marais accrĂ©ditent pour les plus rĂ©servĂ©s la haute valeur musicale de cet album Rameau dont les options et partis divers ne manqueront pas de susciter rĂ©actions voire dĂ©bats. le clavecin roi de Rameau Mais au cƓur de ce programme des plus rĂ©jouissants, d’autant plus opportun pour la prochaine annĂ©e Rameau 2014, s’affirme le clavecin de Bruno Procopio: l’ex Ă©lĂšve des Rousset et HantaĂŻ y confirme son immense talent, son intelligence interprĂ©tative, une finesse flamboyante qui Ă©claire le gĂ©nie d’un Rameau touchĂ© par la grĂące. Belle idĂ©e de souligner la place centrale dans l’Ɠuvre du Dijonais en ajoutant 5 des 7 piĂšces composant la Suite en la du IIIĂš Livre de clavecin de 1728: ici se succĂšdent Allemande, Courante, Sarabande
 d’une exaltante euphorie intimiste, oĂč les doigts experts savent relever les dĂ©fis techniques et poĂ©tiques du jeu des ” Trois mains ” et de la Triomphante finale, habilement et lĂ©gitimement retenue en conclusion superlative. Le choix du clavecin (copie d’un RĂŒckers avec petit ravalement dans le style français) ajoute Ă  la perfection du jeu de Bruno Procopio: au timbre clair de l’instrument rĂ©pondent aussi la puissance et la rondeur d’un son chantant, souvent bondissant. Faisons ainsi rĂ©vĂ©rence Ă  la superbe Sarabande, dont la noblesse et la tendresse sont magnifiquement exprimĂ©es: le claveciniste saisit tout ce en quoi l’écriture de Rameau sait s’enivrer d’un monde sonore pur qui place au dessus de tout le gĂ©nie musical; la musique sans les paroles se fait chant, drame, tissu Ă©motionnel


RamĂ©lien de cƓur, Bruno Procopio rĂ©alise un acte de foi. Heureuse annĂ©e 2013 qui voit aussi paraĂźtre presque simultanĂ©ment un second cd Rameau, mais non pas intimiste celui-lĂ , mais plutĂŽt symphonique et chorĂ©graphique, dĂ©diĂ©e aux ouvertures et ballets de Rameau, de surcroĂźt avec un orchestre peu familier du Baroque français, l’Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Venezuela. Le claveciniste a troquĂ© l’étoffe du concertiste pour la baguette du chef. Autre programme, autre dĂ©fi
 pleinement relevĂ© lĂ  encore.

Jean-Philippe Rameau: PiÚces de clavecin en concert (1741). Nouvelles Suites de piÚces de clavecin (1728). Patrick Bismuth, violon? François Lazarevitch, flûtes allemandes. Emmanuelle Guigues, viole de gambe. 1 cd Paraty 412201. Durée: 1h19mn. Enregistré en 2012.

VIDEO. Le claveciniste Bruno Procopio joue Jean-Philippe Rameau

Rameau : PiĂšces de clavecin en concerts par Bruno Procopio

video_procopio_manonBruno Procopio: PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Le claveciniste virtuose Bruno Procopio en dialogue avec trois autres solistes d’exception souligne l’invention expressive de ce nouveau dispositif instrumental qui fait de Jean-Philippe Rameau, un dĂ©fricheur visionnaire… PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau par Bruno Procopio, clavecin, avec Philippe Couvert, violon; François Lazarevich, flĂ»te allemande; Emmanuelle Guigues, viole de gambe. Reportage vidĂ©o exclusif classiquenews.com

Rameau in Caracas, Soloists of SimĂłn BolĂ­var Symphony Orchestra of Venezuela

Programme festif et exaltant en prĂ©lude Ă  l’annĂ©e Rameau (2014), qui marque le 250Ăšme anniversaire de la mort du compositeur.

Rameau in Caracas
Soloists of the SimĂłn BolĂ­var Symphony Orchestra of Venezuela
conducted by Bruno Procopio

Jouer Rameau Ă  Caracas – Les Soloists of SimĂłn BolĂ­var Symphony Orchestra of Venezuela, invitent Bruno Procopio Ă  diriger un programme totalement dĂ©diĂ© Ă  Jean-Philippe Rameau. C’est pour les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens, une dĂ©couverte exceptionnelle : celle du baroque français, premiĂšre incursion dans la musique française du XVIIIĂšme siĂšcle.

Bruno Procopio commente :
J’ai surtout voulu susciter la curiositĂ© des musiciens de l’Orchestre pour une musique vers laquelle ils ne se seraient pas tournĂ©s spontanĂ©ment ; je souhaitais aussi me confronter Ă  un orchestre qui n’avait pas eu l’opportunitĂ© d’aborder la musique baroque française, afin de construire une identitĂ© musicale Ă  partir de zĂ©ro. J’ai pu ainsi concrĂ©tiser toute la vision que j’ai de cette musique et j’ai trouvĂ© un terrain d’accueil dĂ©pourvu d’a priori.

Pendant la pause de l’une de nos rĂ©pĂ©titions, un musicien m’a soufflĂ© Ă  l’oreille : “Maestro, c’est la musique la plus belle que j’ai jouĂ©e.” VoilĂ  la rĂ©compense d’une telle entreprise.

IDOL_PARATY512120

CD. Rameau in Caracas. Bruno Procopio, direction

CD. Rameau in Caracas. Bruno Procopio, direction
Rameau in Caracas (Bruno Procopio et The Simon Bolivar Symphony orchestra of Venezuela, 2012). DĂ©fi magistral rĂ©ussi pour jeune chef audacieux ! Ce nouveau cd Paraty adoube trĂšs officiellement le tempĂ©rament du claveciniste Bruno Procopio comme chef d’orchestre. Poursuivant une nouvelle et dĂ©jĂ  riche collaboration avec les musiciens vĂ©nĂ©zuĂ©liens de l’Orchestre Simon Bolivar (la phalange qui hier accompagnait et permettait aussi l’essor du jeune Gustavo Dudamel), Bruno Procopio ne montre pas seulement sa lumineuse sensibilitĂ© et sa versatilitĂ© contagieuse chez Rameau, il confirme l’ampleur et la sĂ»retĂ© de son approche, n’hĂ©sitant pas ici Ă  aborder le compositeur baroque sur… instruments modernes, de surcroĂźt avec des instrumentistes qui Outre-Atlantique n’ont que trĂšs peu Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la rhĂ©torique et l’Ă©loquence du XVIIIĂš français. C’est donc pour eux un vrai dĂ©fi instrumental liĂ© Ă  une dĂ©couverte de rĂ©pertoire.4ySPwI81N8_2013213KWHG9N5ZBPA rebours des approches historiques, Bruno Procopio dĂ©montre que la justesse musicale et artistique ne se rĂ©duit pas au seul choix des instruments. Le claveciniste expert de la pratique baroque française transmet de toute Ă©vidence la science ambivalente d’un Rameau ici Ă  la fois somptueux symphoniste et dramaturge de premier plan, chorĂ©graphe et poĂšte, prĂ©curseur des concepteurs Ă  venir de musique pure. L’absence de voix ne pĂšse d’aucun poids; tant le chant de l’orchestre, -cordes admirables de prĂ©cision et de fluiditĂ©, vents et bois gorgĂ©s de couleurs dĂ©jĂ  impressionnistes (!)-, restitue l’imaginaire lyrique de Rameau. Ouvertures et danses des opĂ©ras du Dijonais composent de facto une entrĂ©e inĂ©dite pour les musiciens, expĂ©rience premiĂšre galvanisĂ©e et flamboyante grĂące Ă  l’Ă©nergie et la prĂ©cision du maestro franco-brĂ©silien (Contredanse du II de Zoroastre). Que ces esprits animaux tempĂȘtent de façon infernale (coupes et abattage des bassons), ivresse et grandiose panache du Ballet figurĂ©, coloris chatoyants des gavottes finales du mĂȘme Zoroastre (1756).

Rameau électrisé

La mise en place, la sĂ»retĂ© nerveuse et jamais courte des rythmes dansĂ©s attestent de l’assurance superlative du jeune chef. Que son Rameau est racĂ©, de caractĂšre comme d’agilitĂ© : Ă©lectrique vitalitĂ© qui fuse comme des comĂštes enflammĂ©es des Tambourins d’une Ă©lĂ©gance irrĂ©sistible (formidables bassons) du Prologue de Dardanus (1739)

L’ouverture de Castor et Pollux (1737) si proche dans sa coupe Ă©tagĂ©e et fuguĂ©e de celle d’Hippolyte dĂ©voile toute la flexibilitĂ© du chef capable de conduire ses troupes en une clartĂ© faite drame, entre intellect et sensualitĂ© tendre, alliance contradictoire et constitutive de l’Ă©criture de Rameau. La Chaconne du V confirme ce lĂącher prise qui fait toute la grĂące Ă  la fois solennelle et intime voire nostalgique de Rameau. Quant Ă  la seconde Chaconne, (ultime volet de ce programme, extrait des Indes Galantes, 1735) emprunte de ce geste balancĂ© et sublime, voire suspendu et de caractĂšre lullyste, le chef en exprime et la tendresse et cet abandon d’une indicible douceur lĂ  aussi nostalgique. Au sentiment d’une solennitĂ© rĂȘveuse se joint surtout la vitalitĂ© contrastĂ©e des pupitres subtilement Ă©lectrisĂ©s par le chef douĂ© d’une imagination fertile sur le motif ramĂ©lien: la prĂ©cision de la mise en place, le relief des bois, la coupe des cordes d’un impeccable aplomb rythmique, frappent immĂ©diatement.

Ce disque est Ă©tonnant, tant Rameau n’avait pas Ă©tĂ© ressuscitĂ© avec autant de vĂ©ritĂ© ni de saine justesse. Sans le fruitĂ© des instruments d’Ă©poque (parfois Ă  dĂ©faut d’une baguette convaincante, rien que sĂ©ducteurs), l’oreille se concentre sur le geste, la conception de l’architecture, la carrure et l’allant des rythmes, la richesse des dynamiques, c’est Ă  dire l’Ă©mergence et l’essor d’une vision musicale. Tout cela, Bruno Procopio le maĂźtrise absolument et l’on souhaite entendre bientĂŽt un opĂ©ra intĂ©gral dirigĂ© sous sa conduite: un vƓu pieu bientĂŽt satisfait pour l’annĂ©e 2014 Ă  venir, celle des 250 ans de la mort du compositeur si gĂ©nial ?

Rameau in Caracas. Ouvertures et ballets de Jean-Philippe Rameau: Zoroastre, Dardanus, Acanthe et Céphise, Les Indes Galantes. Soloists of the Simon Bolivar symphony Orchestra of Venezuela. Bruno Procopio, direction. 1 cd Paraty 2012, 512120. Durée: 1h03mn.

CD. Rameau: le clavecin solaire de Bruno Procopio (PiĂšces pour clavecin en concerts)

CD. Bruno Procopio illumine les PiĂšces pour clavecin en concerts de Rameau (1 cd Paraty)

Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (Procopio, 2012)
critique de cd
rameau_pieces_clavecin_concerts_paraty_cd_bruno_procopioAvec ses PiĂšces pour clavecin en concert, Rameau offre un aboutissement inĂ©galĂ© dans l’art de la musique de chambre mais selon son goĂ»t, c’est Ă  dire avec impertinence et nouveautĂ©: jamais avant lui, le clavecin, instrument polyphonique et d’accompagnement n’avait osĂ© revendiquer son autonomie expressive de la sorte. PubliĂ© en 1741, voici bien le sommet du chambrisme français sous la rĂšgne de Louis XV: alors que Bach se concentre sur le seul tissu polyphonique, Rameau fait Ă©clater la palette sonore du clavier central, qui de pilier confinĂ© devient soliste concertant (avec les deux instruments de dessus: violon ou flĂ»te et viole ou 2Ăš violon.

La prĂ©Ă©minence du clavecin est dĂ©jĂ  annoncĂ©e par les Sonates d’Elisabeth Jacquet de la Guerre et de MontĂ©clair. Mais l’inventivitĂ© mĂ©lodique, le raffinement, la vivacitĂ© Ă©lectrisante du style ramĂ©lien repoussent encore les limites du genre (ivresse concertante de l’Agaçante). Disons immĂ©diatement ce qui nous gĂȘne: la partie et l’aciditĂ© tendue du violon qui semble dire d’un bout Ă  l’autre, je suis lĂ  et je revendique le premier plan mĂ©lodique (Le VĂ©zinet): un contresens qui affecte le chant libre et si facĂ©tieux, fluide et si volubile du clavecin. Question de sonoritĂ© et de style, le violon contorsionne toujours, se pique de tournures affectĂ©es, semble rĂ©gler un sort Ă  chaque phrase. Que son Rameau est perruquĂ© en petit marquis. L’option peut dĂ©ranger. Elle s’avĂšre particuliĂšrement mordante dans le portrait charge de La PoupliniĂšre (la La PopliniĂšre): Ă©vocation aigre douce du protecteur de Rameau, tracĂ©e, il est vrai,  plus Ă  l’acide qu’Ă  l’encre respectueuse.

Nonobstant, saluons la complicitĂ© des instruments autres: viole toute en nuances et expression (et de surcroĂźt d’une difficultĂ© monstre, Rameau y rend hommage Ă  Forqueray, rien de moins!)
Et quand la flĂ»te de l’excellent François Lazarevitch se joint au violon et Ă  la viole (La Livri), la tonalitĂ© d’une douceur rayonnante, entre tendre voluptĂ© et tristesse mĂ©lancolique, les interprĂštes accordĂ©s trouvent le ton juste, voire envoĂ»tant: on aimerait connaĂźtre Livri entre autres, dont la piĂšce Ă©ponyme brosse un portrait bien sĂ©duisant (en vĂ©ritĂ© l’un des protecteurs du compositeur mort rĂ©cemment). MĂȘme constat pour la pudeur (autobiographique?) de La Timide oĂč la flĂ»te allemande attĂ©nue l’incisive agressivitĂ© du violon. Et que dire pour clore le chapitre des rĂ©serves, du pincĂ© sec du violon dans les Tambourins du IIIĂš Concert, aigreur acide bien peu enjouĂ©e et fidĂšle au soleil des danses qui ont la Provence pour origine…. Pour autant la vitalitĂ© de La Rameau (concession du maĂźtre Ă  lui-mĂȘme), l’engagement de La Forqueray, la berceuse secrĂšte et mystĂ©rieuse de La Cupis, la grĂące purement chorĂ©graphique de La Marais accrĂ©ditent pour les plus rĂ©servĂ©s la haute valeur musicale de cet album Rameau dont les options et partis divers ne manqueront pas de susciter rĂ©actions et dĂ©bats.

le clavecin royal et concertant de Rameau

Mais au cƓur de ce programme des plus rĂ©jouissants, d’autant plus opportun pour la prochaine annĂ©e Rameau 2014, s’affirme le clavecin de Bruno Procopio: l’ex Ă©lĂšve des Rousset et HantaĂŻ y confirme son immense talent, son intelligence interprĂ©tative, une finesse flamboyante qui Ă©claire le gĂ©nie d’un Rameau touchĂ© par la grĂące. Belle idĂ©e de souligner la place centrale dans l’Ɠuvre du Dijonais en ajoutant 5 des 7 piĂšces composant la Suite en la du IIIĂš Livre de clavecin de 1728: ici se succĂšdent Allemande, Courante, Sarabande… d’une exaltante euphorie intimiste, oĂč les doigts experts savent relever les dĂ©fis techniques et poĂ©tiques du jeu des ” Trois mains ” et de la Triomphante finale, habilement et lĂ©gitimement retenue en conclusion superlative. Le choix du clavecin (copie d’un RĂŒckers avec petit ravalement dans le style français) ajoute Ă  la perfection du jeu de Bruno Procopio: au timbre clair de l’instrument rĂ©pondent aussi la puissance et la rondeur d’un son chantant, souvent bondissant.

RĂ©vĂ©rence Ă  la superbe Sarabande, dont la noblesse et la tendresse sont magnifiquement exprimĂ©es: la claveciniste saisit tout ce que l’Ă©criture de Rameau sait s’enivrer d’un monde sonore pur qui place au dessus de tout le gĂ©nie musical; la musique sans les paroles se fait chant, drame, tissu Ă©motionnel… RamĂ©lien de cƓur, Bruno Procopio rĂ©alise un acte de foi. Heureuse annĂ©e 2013 qui voit aussi paraĂźtre presque simultanĂ©ment un second cd Rameau, mais non pas intimiste, plutĂŽt symphonique et chorĂ©graphique, dĂ©diĂ©e aux ouvertures et ballets de Rameau, de surcroĂźt avec un orchestre peu familier du Baroque français, l’Orchestre Symphonique Simon Bolivar du Venezuela. Autre programme, autre dĂ©fi… pleinement relevĂ© lĂ  encore.


Jean-Philippe Rameau: PiĂšces de clavecin en concert (1741). Nouvelles Suites de piĂšces de clavecin (1728).
Patrick Bismuth, violon? François Lazarevitch, flûtes allemandes. Emmanuelle Guigues, viole de gambe. 1 cd Paraty 412201. Durée: 1h19mn. Enregistré en 2012.

Radio. France Musique. Musiques Ă  Rio, les 6,13,20 janvier 2013,16h

Radio. France Musique. Musiques Ă  Rio, les 6,13,20 janvier 2013,16h

RIO_christ_bras_ouverts_448_bruno_procopio_brazil_Rio-de_janeiro_travel

logo_fmusiqueL’Air des Lieux ouvre l’annĂ©e 2013 sous le soleil du plein Ă©tĂ© brĂ©silien, du cĂŽtĂ© d’Ipanema et de Copacabana, plages mythiques du farniente tropical- entre une visite au Christ RĂ©dempteur, (corcovado), et dans les coulisses de l’OpĂ©ra carioca, le ThĂ©Ăątre municipal de Rio oĂč point d’orgue d’une randonnĂ©e spectaculaire et divinement sonore, le jeune chef français nĂ© au BrĂ©sil, Bruno Procopio, ressuscitait le 10 dĂ©cembre dernier, un joyau lyrique et comique du Rossini luso-brĂ©silien, Marcos Portugal…: L’oro no compra amore (crĂ©Ă© en 1811 Ă  Rio)…  Trois Ă©missions gorgĂ©es de soleil et de saine vitalitĂ©, enregistrĂ©es au BrĂ©sil !

Musiques Ă  Rio

L’Air des Lieux à Rio de Janeiro

Par Stéphane Grant et AgnÚs Cathou
Dimanches 6, 13 et 20 janvier 2013
France Musique, de 16h Ă  18h
L’air des lieux, magazine

Les 6 et 13 janvier 2013

Les deux premiers volets sont consacrĂ©s Ă  la 3Ăšme Ă©dition du concours international BNDES de piano de Rio de Janeiro. Le Concours carioca auquel participe l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (Orquesta SinfĂŽnica Bresileira) permet Ă  Rio de renouer avec la grande histoire du piano au BrĂ©sil, celle qu’une interprĂšte comme Guiomar Novaes a incarnĂ© hier, celle dont Nelson Freire porte aujourd’hui les couleurs flamboyantes avec ce tact si personnel. C’est Ă  Rio en 1886 que Toscanini se produit pour la premiĂšre fois comme chef !
L’Air des Lieux tĂ©moigne dans les coulisses, de l’activitĂ© du concours, tout en Ă©tant proche des organisateurs, de ses candidats, des membres du jury (dont le Français Jean-Philippe Collard et l’Argentin Sergio Tiempo).
Le lieu d’accueil du Concours est un bĂątiment mythique de la vie musicale Ă  Rio: l’OpĂ©ra est un cadre Ă  la fois dĂ©licieusement kitsch et grandiose, synthĂšse de l’OpĂ©ra Garnier et de l’OpĂ©ra-Comique Ă  Paris ; le ThĂ©Ăątre municipal de Rio est construit au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle et dĂšs son inauguration se met au diapason de l’avant-garde et de la crĂ©ation europĂ©enne. EdifiĂ© en 1909, inaugurĂ© en 1910, Rio dĂ©veloppe un partenariat artistique Ă©troite avec le ThĂ©Ăątre Colon de Buenos Aires (Argentine): chefs, chanteurs de renom se dĂ©placent de l’un Ă  l’autre thĂ©Ăątre assurant ici et lĂ  une activitĂ© lyrique et musicale de premier plan… Les grandes Ɠuvres françaises y sont crĂ©Ă©es systĂ©matiquement, Rio devenant un avant poste de l’art lyrique français romantique, postromantique et moderne: Les Huguenots, L’Africaine, Carmen, PellĂ©as, MĂąrouf, mais aussi les moins connus: Les cadeaux de NoĂ«l de Xavier Leroux, BĂ©atrice et Fortunio de Messager, L’Etranger de D’Indy, Monna Vanna de FĂ©vrier… AprĂšs la Guerre, Callas, Tebaldi, Bidu SayĂŁo et tant d’autres ont fait l’ñge d’or de l’opĂ©ra au BrĂ©sil, comme les Ɠuvres europĂ©ennes plus rĂ©centes investissent la glorieuse scĂšne carioca: L’Aiglon, Dialogues des CarmĂ©lites, La Voix humaine…

Piano, opĂ©ra et samba Ă  Rio…

Le 20 janvier 2013

procopio_bruno_chemise_bleuePortrait de Bruno Procopio Ă  Rio. Le claveciniste et chef d’orchestre d’origine brĂ©silienne est revenu Ă  Rio recrĂ©er un opĂ©ra inĂ©dit du compositeur luso-brĂ©silien Marcos Portugal (1762-1830), L’oro no compra amore. A la tĂȘte de l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil, l’une des phalanges la plus ancienne du pays, le jeune maestro approfondit son approche d’un ouvrage romantique qui porte les prĂ©mices du belcanto. C’est aussi pour les instrumentistes et l’OpĂ©ra de Rio, l’occasion de rendre hommage Ă  l’une des figures musicales les plus importantes Ă  l’Ă©poque du BrĂ©sil impĂ©rial, au dĂ©but du XIXĂšme siĂšcle. L’ouvrage, perle comique prĂ©rossinienne est crĂ©Ă© Ă  Lisbonne en 1804. Quand Portugal rejoint la cour du roi portugais au BrĂ©sil, il importe tout le savoir faire et l’Ă©clat de l’opĂ©ra italien europĂ©en outre-Atlantique et devient le premier compositeur officiel au BrĂ©sil: L’oro no compra amore est ainsi crĂ©Ă© Ă  Rio en 1811: c’est le premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© au BrĂ©sil. L’air des lieux suit le jeune musicien dans son travail de prĂ©paration, aux cĂŽtĂ©s de solistes et musiciens brĂ©siliens
 L’enfant du pays connaĂźt aussi d’autres lieux emblĂ©matiques de la fiĂšvre musicale Ă  Rio: les lieux nocturnes et branchĂ©es du BrĂ©sil mĂ©tissĂ© et authentique
 Car Ă  quelques semaines du Carnaval, les grandes Ă©coles de samba sont elles aussi en pleine effervescence


Illustrations: La baie de Rio depuis le Christ rédempteur à Corcovado, Bruno Procopio (DR)

Compte rendu. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal à Rio (10 décembre 2012)

Rio, OpĂ©ra. Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore… Leonardo Pascoa (Giorgio), … Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction

L’Oro no compra amore ressuscite Ă  Rio

Exaltante rĂ©habilitation Ă  l’OpĂ©ra de Rio (Theatro Municipal) du compositeur luso brĂ©silien Marcos Portugal: son opĂ©ra comique italien L’Oro no compra amore valait bien cette recrĂ©ation, d’autant que dĂ©jĂ  applaudi et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ© dĂšs 1804 Ă  Lisbonne, il s’agit du premier opĂ©ra italien crĂ©Ă© sur le sol brĂ©silien Ă  l’Ă©poque du jeune empire brĂ©silien en 1811.
L’initiative est d’autant plus lĂ©gitime que Rio redĂ©couvre l’un de ses compositeurs les plus importants; de surcroĂźt grĂące Ă  un musicien natif: Bruno Procopio, ardent dĂ©fenseur pour la rĂ©habilitation du compositeur, gloire musicale de Lisbonne, Vienne, Paris, Londres jusqu’Ă  Rio… Il est naturellement pertinent de recrĂ©er un opĂ©ra comique du Rossini tropical, gĂ©nie du thĂ©Ăątre lyrique et surtout serviteur de la couronne portugaise: de Maria Ier, au RĂ©gent Joao devenu Joao VI, puis Ă  son fils Pedro, premier empereur du BrĂ©sil indĂ©pendant-, Marcos Portugal est un auteur loyal et fidĂšle, crĂ©ateur fĂ©cond, immensĂ©ment douĂ© dont la reprĂ©sentation en version de concert de L’oro no compra amore de 1804, rĂ©tablit la force d’un caractĂšre vif et palpitant, surtout ce mordant facĂ©tieux qui montre aussi une intelligence remarquable dans l’art du timing dramatique.

Portugal, le Rossini brésilien

MalgrĂ© une distribution bancale (de loin la performance du Giorgio du baryton Leonardo Pascoa, le loyal amant de Lisetta, se bonifie en cours de sĂ©ance: bel aplomb vocal et finesse de plus en plus assurĂ©e), la rĂ©alisation de l’opĂ©ra sur la scĂšne carioca n’a pas manquĂ© de panache ni de fiĂšvre musicale, en particulier gĂące au geste millimĂ©trĂ© du jeune chef Bruno Procopio, spĂ©cialiste de Rameau, Couperin et autres compositeurs baroques: la main du jeune maestro prĂ©serve au delĂ  des vocalitĂ©s engagĂ©es et diversement fanfaronnantes, l’unitĂ© du drame, sa motricitĂ© pĂ©tillante… Le chef canalise ses troupes, en fait jaillir des accents d’une belle vivacitĂ©; sa prĂ©cision et son Ă©nergie trĂšs rĂ©flĂ©chie sont un rĂ©gal et donnent souvent de merveilleuses prouesses au moment du concert ; car de l’intensitĂ©, il en faut pour bien jouer le thĂ©Ăątre de Portugal: un jeu permanent de sĂ©duction, confrontations, surenchĂšre vocale Ă  plusieurs personnages qui citent les meilleures comĂ©dies de Haydn et de Mozart; prĂ©figure la trĂ©pidation et l’urgence d’un Rossini, tout en prĂ©parant le bel canto du plein XIXĂš ; annonce surtout les joyaux donizettiens: tout au long du programme, on aura certes pensĂ© Ă  Rossini (Le Barbier, de 12 ans plus tardif Ă  L’Oro s’annonce dĂšs le dĂ©but dans le choeurs d’hommes Ă  mezza voce, puis dans le fameux final du I), surtout Ă  Donizetti… Portugal approche par la finesse thĂ©Ăątrale des situations et la profondeur des profils psychologiques ce Don Pasquale par exemple dont la Norina Ă  venir, se profile dĂ©jĂ  dans cette Ă©lĂ©gance faussement badine du rĂŽle de Lisetta, pleine d’astuces et de facĂ©ties en diable. MaĂźtresse des cƓurs, arbitre faussement ingĂ©nue d’une comĂ©die qui est dĂ©jĂ  un marivaudage.

Duos, trios, et surtout ensembles (final du I, de prĂšs de 20 minutes)… l’auditeur n’a pas une minute Ă  lui pour prendre le temps de mesurer la virtusoitĂ© irrĂ©sistible de celui qui en 1804, n’est pas encore le directeur de la musique de la cour de Rio, mais le maĂźtre absolu de la scĂšne lyique Ă  Lisbonne, comme directeur de Teatro Royal Sao Carlo.
D’autant que la reprĂ©sentation de ce soir, nous Ă©pargne tous les rĂ©citatifs. L’urgence et la subilitĂ© fulgurante sont donc les qualitĂ©s maĂźtresses du spectacle en version de concert, admirablement dĂ©fendues par un chef qui cisĂšle, accentue, insuffle Ă  la bouillonnante partition, ce grain de finesse, de folie, de suprĂȘme Ă©lĂ©gance. MĂȘme en version de concert, la partition dĂ©borde de thĂ©ĂątralitĂ© ardente et vive.

Elégance virtuose

Le geste, la scupuleuse et vivante approche prĂ©servent le relief virtuose, souvent enchanteur des instruments de l’orchestre: une phalange ici peu habituĂ©e Ă  ce genre de rĂ©pertoire; preuve s’il en est que jouer Marcos Portugal dans le pays qui a vu ses derniers triomphes, les plus importants, est encore un dĂ©fi Ă  relever pour les instrumentistes locaux. L’accord particulier des clarinettes, des cors, la vitalitĂ© des cuivres complĂ©mentaires (somptueuses trompettes d’une justesse admirable), cet Ă©quilibre mozartien et rossinien d’une palette musicale Ă  la fois fine et colorĂ©e, rĂ©tablit la place (immense) de Portugal dans l’histoire de l’opĂ©ra italien au dĂ©but du XIXĂš. L’Oro est mĂȘme le premier opĂ©ra italien jouĂ© sur le nouveau continent au moment oĂč Joao VI rĂ©clame prĂšs de lui son cher Portugal (1811).
D’une distribution alĂ©atoire, oĂč l’articulation de l’italien reste problĂ©matique en particulier chez Lisetta, saluons d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le tempĂ©rament expressif de chacun, tout en regrettant que tous manquent de cette finesse d’intonation, de ce naturel orfĂšvrĂ© mais naturel qui faisait les magnifiques interprĂ©tations d’une Berganza chez Rossini.

Nonbstant voici rĂ©habilitĂ© et d’excellente maniĂšre, la vitalitĂ© irrĂ©sistible de Marcos Portugal dans ce Rio qui l’accueillit et lui rĂ©serva une nouvelle carriĂšre glorieuse sur le nouveau continent. AprĂšs avoir rĂ©tabli dans une version rĂ©duite mais magnifiquement concertante (avec orgue), la Missa Grande de 1782, une oeuvre de jeunesse composĂ©e pour Maria Ier, Ă  Cuenca en avril 2012 (Espagne), Bruno Procopio poursuit son exploration de l’Ɠuvre de Portugal: cet Oro no compra amore restituĂ© en dĂ©cembre 2012, est Ă©blouissant d’intelligence, de saine vitalitĂ©, de franche et nerveuse Ă©lĂ©gance. RĂ©ussite totale pour le jeune maestro qui peu Ă  peu, depuis son travail tout aussi dĂ©fricheur et audacieux avec l’Orquestra sinfonica Simon Bolivar de Venezuela (qu’il a conduit dans l’interprĂ©tation de Rameau), gagne peu Ă  peu ses galons de trĂšs grand chef: jouer Rameau Ă  Caracas (sur instruments modernes), rĂ©tablir Marcos Portugal Ă  Rio, dans sa place, sont des dĂ©fis relevĂ©s avec panache ; la diversitĂ© virtuose et souvent gĂ©nial de Marcos Portugal mĂ©rite absolument l’engagement que lui rĂ©serve Bruno Procopio. Tout en servant un auteur encore trop mĂ©connu, tout en permettant Ă  une phalange orchestrale de premier plan Ă  Rio, l’opportunitĂ© d’Ă©largir son rĂ©pertoire et de perfectionner son jeu expressif selon le style de l’Ă©poque, en redĂ©couvrant un auteur qui a marquĂ© l’histoire musicale locale, le chef dĂ©voile une captivante attention aux partitions choisies. DĂ©frichement, audace, finesse, partage et gĂ©nĂ©rositĂ©. Bravo Maestro !

Rio, OpĂ©ra (Teatro Municipal). Le 10 dĂ©cembre 2012. Marcos Portugal: L’oro no compra amore (1804, version de 1811), cycle OpĂ©ra & rĂ©pertoire, sĂ©rie lyrique en concert. Marianna Lima (Lisetta), Leonardo Pascoa (Giorgio), Geilson Santos (Alberto), Manuel Alvarez (Pasquale), Anubal Mancini (Cecchino), Andressa Inacio (Dorina), Veruschka Mainhard (Carlotta), Daniel Soren (Casalichio),… Orchestre Symphonique du BrĂ©sil (OSB, Orquestra SinfĂŽnica Bresileira). Bruno Procopio, direction.

approfondir

Bruno Procopio: PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau. Le claveciniste virtuose Bruno Procopio en dialogue avec trois autres solistes d’exception souligne l’invention expressive de ce nouveau dispositif instrumental qui fait de Jean-Philippe Rameau, un dĂ©fricheur visionnaire… PiĂšces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau par Bruno Procopio, clavecin, avec Philippe Couvert, violon; François Lazarevich, flĂ»te allemande; Emmanuelle Guigues, viole de gambe. Reportage vidĂ©o exclusif
Bruno Procopio dirige le Youth Simon Bolivar orchestra Ă  Caracas: jouer Rameau au VĂ©nĂ©zuela (reportage vidĂ©o avril 2011). Le 14 avril 2011, le jeune claveciniste et chef d’orchestre, Bruno Procopio se distingue comme directeur musical de l’Orchestre des Jeunes Simon Bolivar Ă  Caracas (Venezuela),  qu’a conduit partout dans le monde le dynamique et si charimastique Gustavo Dudamel… La phalange qui joue sur instruments modernes n’Ă©tait guĂšre sensibilisĂ©e jusque lĂ  Ă  la maniĂšre baroque.
La Missa Grande de Marcos Portugal Ă  Cuenca

A Cuenca (Espagne, Castilla La Mancha), Bruno Procopio dirige en chef invitĂ© le choeur L’Echelle pour la Missa Grande de Marcos Portugal. Le concert en ouverture du festival SMR 2012 (Semana de Musica Religiosa de Cuenca) sollicite aussi le concours de l’orgue historique baroque conçu par Julian de la Orden (1770) pour la CathĂ©drale. Concert Ă©vĂ©nement qui est aussi le sujet d’un cd Ă  venir dĂ©but 2013. Grand reportage vidĂ©o rĂ©alisĂ© en mars et avril 2012.

Bruno Procopio ressuscite un joyau lyrique de Marcos Portugal

Bruno Procopio dirige Rameau Ă  Caracas
Rio, Opéra. Bruno Procopio ressuscite Marcos Portugal, le Rossini Lusino-brésilien
résurrection lyrique à Rio (Brésil)

Bruno Procopio ressuscite un joyau lyrique de Marcos Portugal

L’Oro no compra Amore (1804)

DĂ©fricheur et grand expert des sonoritĂ©s sur instruments d’Ă©poque, le chef Bruno Procopio poursuit sa carriĂšre musicale au service d’un gĂ©nie de la veine comique, aprĂšs Cimarosa, avant Rossini: Marcos Portugal. Avec L’oro no compra amore (1804), le compositeur portugais Ă©lĂšve le genre lĂ©ger au niveau des meilleurs Haydn et de Mozart: facĂ©tie, subtilitĂ©, action et raffinement, tout  indique un tempĂ©rament Ă  redĂ©couvrir d’urgence. RĂ©surrection attendue et rĂ©vĂ©lation d’un tempĂ©rament lyrique qui surtout, inspira directement Rossini. Bruno Procopio dirige l’Orchestre Symphonique du BrĂ©sil dans L’Oro no compra Amore de Marcos Portugal (Lisbone, 1804)… Le 10 dĂ©cembre Ă  l’OpĂ©ra de Rio …  En lire +