LILLE, ONL : 4è et 5è symphonies de Mahler

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLILLE, ONL. MAHLER : 4è, 5è Symphonies, 8, 28 juin 2019. Poursuite de l’odyssée Mahlérienne par l’ONL Orchestre National de Lille et son chef et directeur musical, Alexandre Bloch. Le auditeurs dans la vaste salle de l’Auditorium du Nouveau Siècle peuvent à nouveau mesurer l’écriture révolutionnaire de Gustav Mahler dans le domaine orchestral : un travail spécifique sur les couleurs, l’architecture et la spatialisation, sans omettre le sens et la direction de l’édifice construit, aussi essentiel que l’œuvre de son confrère (admirateur) Richard Strauss, ou que celles en France, des visionnaires au début du XXè, Ravel et Debussy. Mahler propose une arche symphonique régénérée, singulière et décisive. Un défi pour les musiciens de l’ONL Orchestre national de Lille.
Les 8 (4ème Symphonie) puis 28 juin (5è), se concrétise à nouveau l’imaginaire mahlérien à l’aune d’une existence toute entière marquée par la composition, l’activité comme directeur et chef de l’Opéra de Vienne, et l’amour, incarné enfin par la belle Alma Schindzler…

 

 

 

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LILLE, Auditorium du Nouveau Siècle

 

 

 

SAMEDI 8 JUIN 2019, 18h30
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°4

SOPRANO: ELIZABETH WATTS
couplée avec RACHMANINOV :
Rhapsodie sur un thème de Paganini
(Alexander Gavrylyuk, piano)
 

RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-4/

 

VENDREDI 28 JUIN 2019 2019, 20h
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°5
Programme présenté aussi le 24 juin (Dunkerque, le Bateau feu),
le 25 juin Basilique Saint-Denis, 20h,
le 27 juin, Compiègne (Festival des Forêts)
RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction
Jonas Ehrler, chef assistant

 

 

 

Le 28 juin, à 18h45 : Rencontre mahlérienne insolite avec Marina Mahler,
petite-fille de Gustav Mahler, fondatrice de la Malher Foundation  ;
puis à l’issue du concert, bord de scène avec Alexandre Bloch
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/
(pour les spectateurs muni d’un billet du concert)

 
 
 

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Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL – Orchestre National de Lille (© Ugo Ponte)

 
 

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4ème et 5ème Symphonies de Gustav MAHLER :
Clés de compréhension

 

 

 

4ème SYMPHONIE : la vie céleste
Suite de l'odyssée MAHLER par l'Orchestre National de LilleC’est à Maiernigg, dans sa cabane retraite (le Häuschen) que le compositeur contemple la sainte et miraculeuse Nature, son essence inspirante, dyonisiaque ; il peut y réaliser de longues marches dans les Dolomites, excursion à valeur thérapeutiques et profondément bienfaitrices. Mahler achève la 4è symphonie à l’été 1900 (et l’orchestration à l’hiver 1900). Il n’a pas encore rencontré à Vienne, la belle Alma, qui sera la dédicataire secrète de la 5è Symphonie, ample poème de l’amour et de ses noces inespérées avec celle que tous les artistes adorent voire plus, Zemlinsky, Klimt…

La 4è prolonge l’extase de la 3è dont elle reprend certains motifs (alors entonnés par le choeur d’enfants et la soliste alto). Dans le climat pastoral et très apaisé de la 4è, Mahler écarte le chœur, et préfère la soprano qui entonne le lied final, conclusion vocale de sa nouvelle symphonique.
A Vienne, la création de cette 4è (12 janvier 1902) est un fiasco, sujet de mordantes critiques des pseudo-spécialistes : vulgarité, bavardage, confusion… sont les reproches adressés à Mahler. L’accueil du public américain sera tout différent et suscite la défense des œuvres mahlériennes très tôt aux USA. Le compositeur y renouvelle encore les limites et la forme symphonique, réalisant une osmose rare entre lied et orchestre dans la quatrième et dernier section pour soprano et orchestre (« la vie céleste », extrait du cor enchanté de l’enfant : révélation de la vie au Paradis, loin de l’existence terrestre) : un temps suspendu, d’extase et d’accomplissement à relier avec sa rencontre inespérée avec celle qui devient sa femme Alma (leur mariage a lieu le 9 mars 1902, et leur lune de miel… en Russie).

 

 

 

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5ème SYMPHONIE… tout l’amour d’Alma
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’époux comblé exprime son bien-être nouveau dans la 5è : nouveau poème purement instrumental cette fois (comme les 6è, puis 7è : les plus autobiographiques de son catalogue). Alors que Gustav Mahler est une figure reconnue comme chef et le brillant mais impétueux dircteur de l’Opéra de Vienne – ce qui n’est pas sans causé de profondes tensions avec l’administration de la Hofoper, les artistes les plus audacieux mené par Klimt, inaugure alors en avril 1902, la 14è expos de la Sécession : un hommage à Beethoven et sa 9è, avec statue de Klinger, fresque de Klimt qui représente ouvertement Mahler en chevalier éperdu, épris, anguleux… Mahler rencontre l’un des peintres engagés Alfred Roller qui deviendra à partir de 1903, le décorateur et metteur en scène attitré de Mahler pour ses grandes productions à l’Opéra de Vienne… Comme compositeur, il est comblé car sa 3è Symphonie est enfin créée triomphalement à Krefeld le 9 juin 1902 : un immense événement auquel a participé entre autres Richard Strauss, lequel est clairvoyant sur le génie de son compatriote, et aussi Alma, qui bouleversée, a le sentiment définitif d’être aux côtés d’un être exceptionnel…
La 5è est justement la partition du couple, de ses promesses, ses désirs, son bonheur prononcé. Eté 1902 : Mahler dans son cabanon du Häuschen, achève le nouveau cycle orchestral. La partition est terminée fin août 1902, dans le climat apaisé et contemplatif des longues marches dans la nature.

PLAN.. en 5 séquences. La 5è raconte d’abord l’agonie et le malheur, le traumatisme de la mort, celui qu’il a vécu en février 1901, quand faillit mourir d’une hémorragie intestinale (sauvé in extremis par les médecins). Les deux premiers mouvements sont marqués par ce sentiment du malheur total : le premier en forme de marche funèbre (comme l’ouverture de la 2è) ; le second « orageux, animé, très véhément »). Mahler y prolonge l’expérience des opus précédents, inventant une langue essentielle, purement musicale, où sans référence (sauf le leid final), le programme et le développement tendent à l’abstraction, à partir de sa propre imagination.
De cette inspiration jaillissante, puissante, originale, s’affirme la liberté inédite du Sherzo (le plus développé de Mahler) : sans connotation parodique ou caricaturale, l’auteur y déploie un pur sentiment de joie lumineuse (l’amour d’Alma), et il faut toute la béatitude éperdue, renoncement, adieu apaisé, immense caresse sensorielle de l’Adagietto pour équilibrer la tension globale de la symphonie. La dernière et cinquième séquence (Rondo-finale. Allegro) clâme la victoire en un choral grandiose (annoncé par la clarinette dans l’introduction) où percent des cuivres brucknériens… tant critiqués par Alma d’ailleurs.

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