Pretty YENDE chante La Traviata

radio-classique-logo-2016RADIO CLASSIQUE, Lun 16 mars 2020, 20h30. VERDI : Traviata. Mariotti. EnregistrĂ© le 21 sept 2019 Ă  OpĂ©ra Garnier, l’ouvrage de Verdi est ici dĂ©fendu dans une nouvelle mise en scĂšne de l’australien Simon Stone qui multiplie les rĂ©fĂ©rences Ă  notre sociĂ©tĂ© consumĂ©riste actuelle, gavĂ©e de gadgets aussi vains qu’envahissants. Notre collaborateur Sabino Pena Arcia, prĂ©sent lors de la crĂ©ation de cette nouvelle production parisienne, prĂ©cise : « nous avons droit Ă  un premiĂšre acte qui frappe l’oeil par l’usage ingĂ©nieux de la vidĂ©o (signĂ©e Zakk Hein), avec les rĂ©fĂ©rences contemporaines d’Instagram et Whatsapp. Violetta a donc des milliers de « followers », va faire la fĂȘte dans un cĂ©lĂšbre club privĂ© parisien, s’achĂšte un #kebab en fin de soirĂ©e, etc.. Cela interpelle, c’est surprenant, c’est agrĂ©able, traviata-pretty-yende-opera-bastille-critique-opera-classiquenewsc’est cool, c’est fugace  » Que vaut le chant et l’orchestre ? Ayant attendu le bon moment pour incarner la courtisane Violetta ValĂ©ry, le soprano sud-africaine Pretty Yende 
 « a le physique qui correspond au personnage et surtout elle est tout particuliĂšrement juste dans la caractĂ©risation, qui peut facilement sombrer dans l’excĂšs de pathos. Si son jeu d’actrice est gĂ©nial, le bijou est dans la voix. Sa performance est resplendissante, son souffle coupe le souffle et son legato ensorcelle, tout simplement. Le timbre est beau et touchant, et ses coloratures, bien que virtuoses, ne sont jamais frivoles. » Il est vrai qu’à ses cĂŽtĂ©s, Germont pĂšre et fils : Ludovic TĂ©zier et Benjamin Bernheim assurent chacun leur partie. Diffusion Ă  ne pas manquer.

LIRE ici la critique complĂšte de notre rĂ©dacteur : Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra Garnier, 12 septembre 2019. La Traviata, Verdi. Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Ludovic TĂ©zier
 Orchestre de l’opĂ©ra. Michele Mariotti, direction. Simon Stone, mise en scĂšne
https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-paris-garnier-le-12-sept-2019-verdi-la-traviata-yende-bernheim-mariotti-stone/

COMPTE-RENDU, critique opéra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim

manon massent pretty yen bernheim critique opera classique newsCOMPTE-RENDU, critique opĂ©ra. PARIS, Bastille, le 5 mars 2020. MASSENET : MANON. Yende / Bernheim. AprĂšs Bordeaux, le tĂ©nor Benjamin Bernheim reprend le rĂŽle du Chevalier Des Grieux Ă  Bastille, amoureux transi de la belle Manon ; mais trahi par elle, il devient l’abbĂ© de Saint-Sulpice, avant de retomber dans les bras de celle qui n’a jamais cessĂ© de l’aimer
 RĂ©cemment aurĂ©olĂ© d’une Victoire de la musique (fĂ©v 2020), le chanteur incarne efficacement le personnage dont l’abbĂ© PrĂ©vost, premier auteur avant Massenet, souligne la candeur, l’innocence voire une certaine naĂŻvetĂ© 
fatale. Le tĂ©nor reviendra, pour la saison prochaine 2020-2021, Ă  Bastille aussi, incarnant FAUST de Gounod.
SaluĂ©e Ă  Paris sur la mĂȘme scĂšne dans Lucia di Lammermoor (oct 2016), La Traviata en sept 2019 avec dĂ©jĂ  B.Bernheim comme partenaire, Pretty Yende incarne Manon faisant rayonner son art coloratoure enchanteur au profit d’une nouvelle prise de rĂŽle rafraĂźchissante qui manque cependant d’implication textuelle : pas assez articulĂ©e, parfois inintelligible, la jeune diva sud-africaine manque sa partie Ă  cause d’une mauvaise diction du français et un format qui paraĂźt parfois sous dimensionnĂ© pour le rĂŽle (air du Cours la Reine, et graves inaudibles). Pourtant le caractĂšre est prĂ©sent et la sincĂ©ritĂ© du chant, toujours intacte. On est quand mĂȘme loin des Beverly Sills ou Ileana Cotrubas, voire rĂ©cemment sur cette mĂȘme scĂšne, RenĂ©e Fleming. Tout cela manque et d’épaisseur et d’émotions. Parmi les seconds rĂŽles, Ludovic TĂ©zier (Lescaut) culmine par sa bravoure racĂ©e, onctueuse (un rien trop paternel pour le cousin de Des Grieux), comme Rodolphe Briand (fin Guillot de Mortfontaine, vraie incarnation de l’esprit du Paris Louis XV).

 

 

Manon en meneuse de revue

 

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yende bernheim manon massenet bastille critique opera classique newsHĂ©las, le chef Dan Ettinger aborde Massenet comme une rutilante tapisserie nĂ©obaroque, pompe et puissance pompier en prime : les voix sont couvertes, les chƓurs saturĂ©s, et la direction privilĂ©gie l’effet sur la respiration. Le ballet nĂ©o Versaillais pĂ©tille et ronfle Ă  souhait façon revue musicale. Quant Ă  la scĂšne oĂč Manon fait la reconquĂȘte de son ex amant devenu abbĂ©, la musique verse des rubans de suavitĂ© sirupeuse. La caricature n’est pas loin. Encore une direction surdimensionnĂ©e qui affecte la perception du Massenet, subtil peintre des sentiments. D’autant qu’à la subtilitĂ© d’un XVIIIĂš pourtant Ă©lĂ©gant et parisien dans la partition, le metteur en scĂšne de la nouvelle production parisienne, Vincent Huguet, ex collaborateur de Patrice ChĂ©reau, prĂ©fĂšre l’ivresse des AnnĂ©es Folles qui fait de Manon, une meneuse de revue, la vĂ©ritable reine du Paris libĂ©rĂ©. Ce parti pris aux rĂ©alisations Art DĂ©co trĂšs esthĂ©tisantes, n’empĂȘche pas confusion et mĂ©li-mĂ©los dans la scĂ©nographie et la lisibilitĂ© de certaines situations (la fin de la courtisane mourante.
). Les inserts de JosĂ©phine Baker (comme si l’on avait pas compris le parallĂšle Baker / Manon) coupe la continuitĂ© de l’Ɠuvre originelle et finissent par agacer. L’époque est au zapping, au redĂ©coupage, au saucissonage, quitte Ă  dĂ©naturer la partition d’origine. Soit. La production vaut surtout par le duo des chanteurs dans les deux rĂŽles protagonistes. Attention B. Bernheim / P. Yende ne chantent pas sur toutes les dates ; ils sont remplacĂ©s par d’autres solistes. Voir le site de l’OpĂ©ra Bastille afin d’identifier la distribution qui concerne la date requise. Illustrations : photos ONP © J Benhamou

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LIRE aussi notre présentation de MANON de MASSENET
http://www.classiquenews.com/nouvelle-manon-de-massenet-a-bastille/

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VIDEO : voir le teaser MANON de MASSENET / OpĂ©ra Bastille / Yende, Bernheim – mars 2020

https://www.youtube.com/watch?v=1bMXcG8_Nys&feature=emb_logo

 

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Nouvelle Manon de Massenet Ă  Bastille

massenet jules portrait classiquenewsPARIS, Bastille : nouvelle MANON de Massenet : 26 fev – 10 avril 2020 – Massenet contrairement Ă  ce qu’il dĂ©clare dans Souvenirs (souvent rĂ©Ă©criture idĂ©alisatrice sujette Ă  caution), compose Manon sur une longue durĂ©e Ă  partir du livret de Meilhac et Gille. La composition s’accĂ©lĂšre surtout en 1882, aprĂšs la crĂ©ation milanaise d’HĂ©rodiade. Du genre opĂ©ra-comique, la partition comporte quelque scĂšnes parlĂ©es, surtout un personnage issu du thĂ©Ăątre comique XVIIIĂš chantĂ© par un « trial », c’est Ă  dire un tĂ©nor lĂ©ger : le vieux Guillot de Morfontaine qui malgrĂ© son Ăąge avancĂ© en pince pour Manon; mais celle-ci acceptant puis rechignant ses cadeaux exorbitants, ne pourra guĂšre Ă©chapper Ă  la vengeance du vieux satire blessĂ© ; Massenet cite surtout le style français rococo et galant (ballet du Cours la Reine dans un style purement Louis XV et Pompadour). Pour le rĂŽle titre, le compositeur a subtilement mĂȘlĂ© les diverses facettes d’un personnage qui est tout sauf superficiel : attachant. Le rĂŽle exige virtuositĂ© coloratoure et dramatisme intense. Il faut autant exprimer la frivolitĂ© triomphante de la jeune coquette que le dĂ©sarroi sincĂšre de la courtisane coupable et amoureuse


D’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost (1731), Manon de Massenet prĂ©cĂšde l’opĂ©ra Ă©ponyme (Manon Lescaut) de Puccini (1893). AprĂšs son opĂ©ra, Massenet compose une suite chambriste Ă  Manon, Le portrait de Manon (1894), oĂč il resserre encore son Ă©criture et approfondit sa nostalgie du grand style, mais sur un mode intimiste nouveau, trĂšs proche du thĂ©Ăątre.
Dans Manon, premiĂšre lecture (crĂ©ation Ă  l’OpĂ©ra Comique, le 19 janvier 1884), Massenet rĂ©invente le personnage central de la jeune femme, frivole et amoureuse, fragile et trop lĂ©gĂšre 
 le rĂŽle est brillamment incarnĂ© par les meilleures sopranos de la Belle Epoque: Marie Heilbronn (qui meurt trop tĂŽt Ă  35 ans en mars 1886), puis Sibyl Sylberson (Ă  partir de 1891 Ă  l’OpĂ©ra Comique)


Massenet soigne le brio des airs solistes: air du rĂȘve de Des Grieux (comme une romance ancienne); grand air brillant et virtuosissime pour la soprano vedette : “je marche sur tous les chemins” (air du Cours La Reine) et depuis lors, emblĂšme de toute coloratoure qui se respecte, lĂ  mĂȘme oĂč a brillĂ© sans pareille, Beverly Sills, sur les traces de la crĂ©atrice du rĂŽle, Marie Heilbronn.
Plus que dans Carmen de Bizet, Manon ose des tournures nouvelles, faisant Ă©voluer en permanence l’écriture du discours vocal : air, arioso, drame chantĂ©; la prosodie de Massenet est fine et libre, d’une libertĂ© et d’une invention remarquables. Le grand duo amoureux Ă  Saint-Sulpice oĂč la sirĂšne sĂ©ductrice reconquiert son ancien amant devenu abbĂ© (!) est l’un des sommets de l’opĂ©ra et l’épisode prosodique le plus rĂ©ussi Ă  ce titre.

 

 

 

 

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PARIS, Opéra Bastilleboutonreservation
du 26 février au 10 avril 2020
3h25 avec 2 entractes
RĂ©servez directement vos places sur le site de l’OpĂ©ra de Paris
https://www.operadeparis.fr/saison-19-20/opera/manon

La distribution alterne deux Ă©quipes : avec Pretty Yende / Amina Edris dans le rĂŽle titre, Benjamin Bernheim / Stephen Costello (le chevalier DesGrieux), Ludovic TĂ©zier (Lescaut)
 Dans la nouvelle mise en scĂšne de Vincent Huguet.

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. PARIS, Garnier, le 12 sept 2019. VERDI: La Traviata. Yende, Bernheim, Mariotti / Stone.

Traviata opera garnier paris critique opera classiquenews 600x337_charles_duprat_opera_national_de_paris-la-traviata-19-20-charles-duprat-onp-22-_1Compte rendu, opĂ©ra. Paris. OpĂ©ra Garnier, 12 septembre 2019. La Traviata, Verdi. Pretty Yende, Benjamin Bernheim, Ludovic TĂ©zier
 Orchestre de l’opĂ©ra. Michele Mariotti, direction. Simon Stone, mise en scĂšne. Nouvelle production du chef-d’Ɠuvre verdien, La Traviata, Ă  l’affiche pour la rentrĂ©e 2019 2020 de l’OpĂ©ra National de Paris. L’australien Simon Stone signe une transposition de l’intrigue Ă  notre Ă©poque, avec la volontĂ© Ă©vidente de parler Ă  la jeunesse actuelle. La soprano Pretty Yende dans le rĂŽle-titre fait une prise de rĂŽle magistrale, entourĂ©e des grandes voix telles que celles du tĂ©nor Benjamin Bernheim et du baryton Ludovic TĂ©zier. L’orchestre maison est dirigĂ© par le chef italien Michele Mariotti. Une nouveautĂ© riche en paillettes et perlimpinpin, bruyante et incohĂ©rente parfois, malgrĂ© la beautĂ© plastique indĂ©niable de la soprano, les nĂ©ons, les costumes hautes en couleur… le bijou reste invisible aux yeux.

 

 

La Traviata 2.0

en frivolité stylisée

 

 

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La Traviata est certainement l’un des opĂ©ras les plus cĂ©lĂšbres et jouĂ©s dans le monde entier. Le livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs La Dame aux camĂ©lias d’Alexandre Dumas fils n’y est pas pour rien. Le grand Verdi a su donner davantage de consistance et d’humanitĂ© aux personnages mis en musique. Si l’histoire archiconnue de Violetta ValĂ©ry, « courtisane », est un produit de son Ă©poque, inspirĂ© d’ailleurs de faits rĂ©els, seule la musique fantastique de Verdi cautionne l’indĂ©niable popularitĂ© inĂ©puisable de l’opus. Si le public contemporain europĂ©en est de moins en moins friand d’histoires tragiques oĂč les femmes sont condamnĂ©es Ă  la victimisation par une sociĂ©tĂ© Ă  la misogynie conquĂ©rante, nous aimons toujours ĂȘtre conquis par les sopranos qui s’attaquent au rĂŽle, et qui malgrĂ© la mort tragique sur scĂšne, gagnent nĂ©anmoins Ă  la fin de la performance, par la force de leur talent et leur insigne compĂ©tence.

Dans la transposition du metteur en scĂšne, M. Stone, nous avons droit Ă  un premiĂšre acte qui frappe l’oeil par l’usage ingĂ©nieux de la vidĂ©o (signĂ©e Zakk Hein), avec les rĂ©fĂ©rences contemporaines d’Instagram et Whatsapp. Violetta a donc des milliers de « followers », va faire la fĂȘte dans un cĂ©lĂšbre club privĂ© parisien, s’achĂšte un #kebab en fin de soirĂ©e, etc.. Ca interpelle, c’est surprenant, c’est agrĂ©able, c’est cool, c’est fugace
 C’est souvent anti musical. Regardons ce qu’il se passe sur scĂšne au moment le plus connu du grand public de cet acte, la chanson Ă  boire (le Brindisi)
 Rien. Cela pourrait ĂȘtre presque intĂ©ressant, de faire d’un morceau choral et dansant un moment de tension dramatique apparente
 Mais pourquoi ? Et comment ? Personne ne sait. La musique est dansante et lĂ©gĂšre, mais personne ne bouge. Si les interprĂštes n’avaient pas tournĂ© le dos au public Ă  certains moments, nous aurions pu dire qu’il s’agissait d’une mise en scĂšne d’inspiration baroque, du fait de l’aspect profondĂ©ment conventionnel de la proposition.
A un moment au 2e acte, nous avons droit Ă  des nĂ©ons tout Ă  fait orgiaques, c’est audacieux et c’est kitsch. On adore. ImmĂ©diatement aprĂšs vient une procession des choristes dĂ©guisĂ©s en plusieurs personnages des fantasmes Ă©rotiques, il y a du cuir, du latex, des godemichets
 et sagement se forment des couples tout Ă  fait hĂ©tĂ©ronormĂ©s, qui sagement regardent le public de face, sans bouger, pendant qu’ils chantent leur chƓur puis quittent la scĂšne. Il y a aussi pendant cet acte un bovidĂ© sur scĂšne. A la fin de l’acte la salle fut inondĂ© d’applaudissements
 et de quelques huĂ©es. Au troisiĂšme acte, le plus sobre, dans un contexte mĂ©dical, plus ou moins explicite, l’espace scĂ©nique est constamment « pollué » par des mĂ©canismes qui font marcher la scĂ©nographie, produisant d’insupportables bruits.

Heureusement les performances vocales sont salvatrices. Il y a un travail d’acteur indĂ©niable, surtout de la part des protagonistes, mais Ă©galement chez quelques seconds rĂŽles. Ils sont habitĂ©s par le drame, mĂȘme si la proposition est Ă©trangement moins dramatique que ce que nous en attendions.

 

 

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Pretty Yende dans le rĂŽle-titre est une force discrĂšte. Nous savons qu’elle a longtemps attendu avant d’incarner le rĂŽle, malgrĂ© les propositions depuis de nombreuses annĂ©es. Elle a bien fait ! Elle a le physique qui correspond au personnage et surtout elle est tout particuliĂšrement juste dans la caractĂ©risation, qui peut facilement sombrer dans l’excĂšs de pathos. Si son jeu d’actrice est gĂ©nial, le bijou est dans la voix. Sa performance est resplendissante, son souffle coupe le souffle et son legato ensorcelle, tout simplement. Le timbre est beau et touchant, et ses coloratures, bien que virtuoses, ne sont jamais frivoles. Son interprĂ©tation ultime, l’«addio del passato » Ă  la fin de l’opĂ©ra est un moment inoubliable, oĂč seul les frissons nous rappellent que le temps n’était pas vraiment suspendu. Une prise de rĂŽle magistrale !

Dans le triumvirat des protagonistes, les rĂŽles masculins d’Alfredo et de Giorgio Germont, fils et pĂšre, sont tout aussi brillamment interprĂ©tĂ©s. La performance de Ludovic TĂ©zier dans le rĂŽle du pĂšre est une Master Class de chant lyrique et de style. Le tĂ©nor Benjamin Bernheim est tout panache ! Il est vaillant dans les limites de la proposition scĂ©nique, mais a surtout une force expressive remarquable dans l’instrument. Le timbre est charmant ; sa voix remplit la salle et touche les coeurs.

Le choeur de l’OpĂ©ra sous la direction de JosĂ© Luis Basso est Ă  la hauteur des autres Ă©lĂ©ments de la production. La direction musicale du chef Michele Mariotti est tout Ă  fait intĂ©ressante. Si dans l’ensemble tout paraĂźt correcte, la performance des vents est tout Ă  fait hors du commun. Si les voix de la Yende et de Bernheim, lors du duo du 1er acte « Un di, felice, eterea » sont ravissantes, les vents sont quant Ă  eux, 
sublimes.

 

 

 

 

 
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Nouvelle Traviata Ă  l’OpĂ©ra National de Paris, avec un trio de protagonistes qui cautionnent entiĂšrement le dĂ©placement, une mise en scĂšne pĂ©tillante et lĂ©gĂšre qui ne laisse pas indiffĂ©rent. A l’affiche au Palais Garnier les 18, 21, 24, 26 et 28 septembre ainsi que les 1, 4, 6, 9, 12 et 16 octobre 2019, avec deux distributions. Illustrations : © Charles Duprat / OnP

 

 
 

 

Compte-rendu, Opéra. Barcelone, Liceu, le 19 oct 2018. BELLINI : I Puritani. Camarena, Yende, Miksimmon / Franklin.

Compte-rendu, OpĂ©ra. Liceu de Barcelone, le 19 octobre 2018. Vincenzo Bellini : I Puritani. Camarena, Yende, Kwicein, Mimica
 Miksimmon / Franklin. En rĂ©unissant Pretty Yende et Javier Camarena en tĂȘtes d’affiche, I Puritani au Gran Teatre del Liceu de Barcelone Ă©tait sans aucun doute l’un des spectacles les plus attendus de la saison europĂ©enne. Pour ce qui est de la partie vocale, les attentes n’ont pas Ă©tĂ© déçues


 
 
 

Grande soirée belcantiste au Liceu !

 
 
 

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Pour le reste, on sait que I Puritani est un opĂ©ra extrĂȘmement difficile Ă  mettre en scĂšne, son livret accusant d’évidents dĂ©sĂ©quilibres, et ce n’est pas la mise en scĂšne confiĂ©e Ă  l’irlandaise Annilese Miskimmon qui viendra rĂ©soudre la difficile Ă©quation, puisqu’elle complexifie un peu plus une histoire dĂ©jĂ  passablement alambiquĂ©e. Car elle voir un parallĂšle entre l’époque de Cromwell Ă  laquelle se passe l’histoire et la guerre de religion qui ensanglanta Belfast au milieu des annĂ©es 70. Mais Ă  la simple transposition, Miksimmon prĂ©fĂšre juxtaposer les deux Ă©poques, et dans le (misĂ©rable et affreux) dĂ©cor d’une salle des fĂȘtes de la banlieue de Belfast, ce sont des personnages habillĂ©s en costumes du XVIIe qui y Ă©voluent
 L’intrigue apparaĂźt encore plus opaque qu’elle ne l’est dĂ©jĂ , et l’on pardonnera encore moins cette nouvelle habitude de modifier les « happy ends » en drame : ici Arturo ne convole pas vers un juste bonheur mais est assassinĂ© par les protestants, Elvira n’ayant d’autre choix que de sombrer Ă  nouveau dans la folie


De son cĂŽtĂ©, la direction musicale de Christopher Franklin alterne hauts et bas, commençant sous le signe de l’épure avant de basculer dans un ouragan sonore de proportions presque wagnĂ©riennes. On portera nĂ©anmoins Ă  son crĂ©dit sa maniĂšre d’accompagner les chanteurs et de prĂ©server la continuitĂ© musicale de la partition, ce qui n’est pas une tĂąche facile dans I Puritani


Par bonheur, la distribution vocale rachĂšte tout. L’Arturo de Javier Camarena Ă©tait, bien entendu, la principale attraction de la soirĂ©e, et le tĂ©nor mexicain s’est jouĂ© de cette tessiture suraigĂŒe avec son aisance coutumiĂšre, y ajoutant une puretĂ© dans le legato, une lumiĂšre dans le timbre, une suavitĂ© dans les accents, et une intensitĂ© dans le phrasĂ© sans rivales aujourd’hui dans ce rĂ©pertoire. Tour Ă  tour tendre et ardent, le personnage convainc de bout en bout, mĂȘme s’il « se contente » d’un contre-RĂ© en lieu et place du contre-Fa attendu dans le fameux « Credeasi misera ». PropulsĂ©e vers les sommets depuis qu’elle a remportĂ© le prestigieux Concours Operalia, la soprano sud-africaine Pretty Yende ne dĂ©mĂ©rite pas en Elvira, dĂ©livrant un chant techniquement irrĂ©prochable, et faisant preuve d’une capacitĂ© Ă  contrĂŽler superbement l’émission de ses notes aigĂŒes, claires et timbrĂ©es sans jamais ĂȘtre criĂ©es, mais l’actrice peine en revanche Ă  convaincre dans les moments les plus dramatiques de la partition. Devant l’enthousiasme gĂ©nĂ©rĂ© par leur duo du III, Camarena et Yende bissent le cĂ©lĂšbre « Vieni fra queste braccia », qui rĂ©colte bien 5mn d’applaudissements… Le baryton polonais Mariusz Kwicein offre un magnifique portrait de Riccardo, en ajoutant Ă  la noblesse du phrasĂ© bellinien une incroyable souplesse dans les ornements. Quant Ă  la basse croate Marko Mimica, il possĂšde tous les atouts pour ĂȘtre un Giorgio d’exception : splendeur du timbre, puissance vocale, legato racĂ© et prestance scĂ©nique. Les comprimari n’appellent aucun reproche, avec une mention pour l’Enrichetta de Lidia Vinyes-Curtis, tandis que le ChƓur du Gran Teatre del Liceu s’avĂšrent Ă©galement d’une trĂšs belle tenue.

 
 
 

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Compte-rendu, OpĂ©ra. Liceu de Barcelone, le 19 octobre 2018. Vincenzo Bellini : I Puritani. Camarena, Yende, Kwicein, Mimica
 Miksimmon / Franklin. Illustration © A. Bofill

 
 
 

PARIS : Pretty Yende chante Lucia Ă  Bastille

PARIS, OpĂ©ra Bastille. Donizetti : Lucia di Lammermoor, 14 octobre – 16 novembre 2016. En adaptant pour Donizetti en 1835, le roman de Walter Scott, Salvatore Cammarano souligne l’impuissance tragique d’une fille pourtant bien nĂ©e
 elle est noble en son chĂąteau, mais orpheline et sans le sou.

 

 

 

TOURS : Lucia de Lammermoor, les 7, 9, 11 octobre 2016

Le supplice de Lady Jane Grey par le peintre Hippolyte Paul Delaroche, 1834.

 

 

donizetti-687Lucia pourrait ĂȘtre une histoire parallĂšle au RomĂ©o et Juliette de Shakespeare, l’une de ses possibles « variations » : il y est question comme dans le drame mĂ©diĂ©val d’une rivalitĂ© entre deux clans, ici les Ashton et les Ravenswood. Et dans ce conflit qui dĂ©truit les familles, surgit l’amour qui unit pourtant deux de ses membres : Lucia Ashton aime passionnĂ©ment Eduardo Ravenswood. Mais le frĂšre de Lucia, Lord Enrico Ashton fait savoir dĂšs la premiĂšre scĂšne qu’il dĂ©cide du sort de sa soeur et la promet Ă  un riche mariage, – avec Arturo Bucklaw, pour redorer le blason familial (et empocher les fruits de la dot). Les quiproquos malheureux (rendus possible par une Ă©tonnante passivitĂ© aveugle d’Eduardo), prĂ©cipite le sort de Lucia pourtant constante et loyale dans ses sentiments : si elle Ă©pouse forcĂ©e, Arturo, elle le tue le soir des noces, puis devenue folle, se tue, entrainant le suicide d’Eduardo. TragĂ©die inĂ©luctable des amants sur terre : les cƓurs purs ne sont pas de ce monde. Le dernier et troisiĂšme acte de Lucia est le plus spectaculaire : la scĂšne de folie, Ă©crin Ă  vocalises, permet Ă  la seule figure vraiment dĂ©veloppĂ©e du drame lyrique, Lucia, Ăąme pure et sacrifiĂ©e, de dĂ©velopper sa langueur mortifĂšre dans une sĂ©rie de vocalises que Donizeeti doit Ă  son prĂ©dĂ©cesseur Bellini. Donizetti cisĂšle la langue du bel canto le plus suave et dĂ©licat, sur le livret de Cammarano particuliĂšrement efficace et simple, dans lequel le trio infernal de l’opĂ©ra italien romantique : baryton noir voire sadique (Enrico le frĂšre), tĂ©nor ardent angĂ©lique (Edgardo l’amant Ă©cartĂ©), soprano Ă©clatant sacrificiel (Lucia) se fixe dĂ©finitivement. Courrez applaudir cette production Ă  l’OpĂ©ra Bastille, pour y YENDE-Pretty-582-390-pretty-yende-james-vaughan-verbier-festival_d_jpg_720x405_crop_upscale_q95Ă©couter entre autres l’excellente et envoĂ»tante soprano sud africaine Pretty Yende, qui dĂšs 2010, Ă©tait couronnĂ©e du Premier Prix au Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini : une artiste jeune et subtile, aux facilitĂ©s techniques exceptionnelles, qui doit sa suprĂȘme musicalitĂ© Ă  son passage entre autres, au sein de l’AcadĂ©mie de La Scala. Depuis sa distinction au Concours Bellini 2010, Pretty Yende chante au Metropolitan Opera, Ă  La Scala et Ă  prĂ©sent, sur la scĂšne de Bastille dans un rĂŽle de pur bel canto, rĂŽle pour lequel elle avait justement dĂ©crochĂ© le Prix Bellini 2010. C’Ă©tait dĂ©jĂ  en France. Voici donc le grand retour de la jeune diva bellinienne dans un ouvrage qu’elle sert admirablement.

Pretty Yende, nouvelle diva belcantisteCD. Pretty Yende vient de publier chez Sony classical son premier album, dĂ©diĂ©, logiquement aux compositeurs italiens belcantistes, de Rossini, Ă  Donizetti, dans omettre le maĂźtre entre tous, Bellini. CD “A journey” par Pretty Yende, CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016

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Lucia di Lammermoor de Donizetti Ă  l’OpĂ©ra Bastille

Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Direction musicale : Riccardo Frizza
Mise en scĂšne : Andrei Serban

Lucia : Prety Yende, soprano (14,17, 23 octobre, 4, 8, 16 novembre 2016)
/ Nina Minasyan

Edgardo : Piero Pretti / Rame Lahaj
Enrico : Artur Rucinski
Arturo Bucklaw : Oleksiy Palchykov
Alisa : Gemma Ni Bhriain
Normanno : Yu Shao

Choeurs et Orchestre de l’OpĂ©ra National de Paris

 

 

CD, compte rendu critique. « A journey »  Pretty Yende, soprano. Bel canto et opĂ©ras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes
 (1cd Sony classical)

YENDE-pretty-cd-a-journey-582-582-cd-review-cd-compte-rendu-classiquenews-clic-de-classiquenews-Pretty-Yende-CoverCD, compte rendu critique. «  A journey »  Pretty Yende, soprano. Bel canto et opĂ©ras romantiques français : Rossini, Bellini, Donizetti, Gounod, Delibes
 (1cd Sony classical)Jeune souveraine du beau chant
 Coloratoure exceptionnellement douĂ©e, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende (Ă  peine trentenaire en 2016) fut rĂ©vĂ©lĂ©e avant tout dĂšs 2010, lors du premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, seule compĂ©tition (française) dĂ©diĂ©e aux spĂ©cifiĂ©s du chant bellinien (c’est Ă  dire prĂ©verdien); son chant sĂ»r et raffinĂ© s’affirme ici au sommet de sa jeune carriĂšre, telle une nouvelle Jessye Norman, alliant la grĂące, le style, une technicitĂ© brillante et naturelle 
 au service des compositeurs lyriques d’avant Verdi : Rossini et son Ă©lĂ©gance virtuose ; Bellini et ses langueurs suaves d’une ineffable tendresse ; Donizetti, touche Ă  touche gĂ©niale autant dans la veine dramatique et tragique que comique et bouffone
 Soit de l’expressivitĂ© mordante et une noblesse naturelle doublĂ©e d’une technicitĂ© acrobatique avĂ©rĂ©e
 autant de qualitĂ©s qui lors du premier Concours prĂ©citĂ©, avait particuliĂšrement marquĂ© les esprits du Jury et du public.
Vraie coloratoure, douĂ©e d’une flexibilitĂ© saisissante, aux cĂŽtĂ©s de la beautĂ© d’un timbre qui demain, chantera Bellini Ă©videmment (Lucia Ă  l’OpĂ©ra Bastille en 2016), surtout Mozart, la jeune diva (nĂ©e en 1985) affirme sans dĂ©tours, une Ă©tonnante maturitĂ©, une plasticitĂ© riche et nuancĂ©e malgrĂ© son jeune Ăąge.
L’agilitĂ© des vocalises, la justesse de l’intonation, Ă  la fois sĂ©duisante et brillante illumine l’intelligence juvĂ©nile de sa Rosina (Una voce poco fa) : tout l’art de la jeune diva se dĂ©ploie ici : assurĂ©e, palpitante, d’un cristal inouĂŻ tant le brio pyrotechnique de ses vocalises reste remarquable de prĂ©cision et de musicalitĂ©. En elle, rayonne une coloratoure virtuose, Ă©lĂ©gante, noble, d’une grande finesse de style et d’une juvĂ©nilitĂ© expressive illimitĂ©es.
En Français, sa LakmĂ© dĂ©roule une suavitĂ© Ă  la fois opulente et enchantĂ©e, dans le duo des fleurs de LamĂ© (avec Kate Aldrich, Ă  l’émission bien basse et comme voilĂ©e
 de surcroĂźt sur un tempo trop lent Ă  notre goĂ»t). Si la tenue de Pretty Yende demeure sans faille, il n’en va pas de mĂȘme avec ses partenaires
 2Ăšme chanteuse ici et chef. La baguette lourde, trop dĂ©taillĂ©e, finit par enliser, malheureusement le duo qui en consĂ©quence, n’est pas le meilleur titre du rĂ©cital. Les rĂ©centes lectures sur instruments d’époque ont dĂ©voilĂ© une autre sonoritĂ©, pour les opĂ©ras romantiques français.

BELLINIENNE ENCHANTERESSE
 Ecartons ces infimes rĂ©serves qui d’ailleurs ne concernent pas la jeune diva mĂ©ritante mais plutĂŽt ses partenaires. Car l’évidence vient aprĂšs ces Rossini et Delibes du dĂ©but : le plat de rĂ©sistance reste le premier air Bellinien : BĂ©atrice di Tenda, « Respiro io qui 
 puis Ah, la pena in lor Piombo » ; l’expĂ©rience bellinienne spĂ©cifique de Pretty Yende se distingue nettement dans cette sĂ©quence vocalement convaincante – dommage lĂ  encore que la direction de Marco Armiliato en fait des tonnes, Ă  contrecourant de la finesse Ă©lĂ©gantissime requise (que rĂ©alise sans faute la soprano pour sa part). Tendresse initiale du rĂ©citatif, – Ă  l’évocation de la fleur flĂ©trie, condamnĂ©e ; Pretty Yende exprime avec une subtilitĂ© irrĂ©sistible la noblesse d’une Ăąme sacrifiĂ©e. Puis Ă  l’énoncĂ© de l’air proprement dit (par le cor et les flĂ»tes), la suavitĂ© enchantĂ©e du timbre impose dĂ©finitivement la cantatrice belcantiste. C’est une femme qui dĂ©voile une conscience nouvelle, celle qui lui fait mesurer son aveuglement prĂ©cĂ©dent, une princesse d’une subtilitĂ© impressionnante que son repentir rend davantage admirable sur le plan moral: les vocalises et le legato sont parfaits de prĂ©cision, d’intensitĂ©, et dans une vision globale, relĂšvent d’une intelligence musicienne capable de construire l’air en une vision architecturĂ©e idĂ©alement Ă©noncĂ©e. Pretty Yende nuance son expressivitĂ© sans jamais sacrifier l’élĂ©gance du chant, la noblesse de l’intonation, affirmant des variations d’une justesse dĂ©chirante (avec le choeur affligĂ©, compassionnel). La cabalette de la souveraine fraternelle impose le mĂȘme souci esthĂ©tique et un sens du texte qui se dĂ©roule comme une caresse, capable de vocalises qui Ă©galent indiscutablement celles de l’impĂ©ratrice actuelle du genre, Edita Gruberova (souhaitons la mĂȘme intelligence et la mĂȘme longĂ©vitĂ© Ă  sa jeune hĂ©ritiĂšre Pretty Yende).

 
 
CD. PRETTY YENDE, nouvelle diva belcantiste

 
 

Ambassadrice de charme et d’un style raffinĂ© chez Rossini, Bellini, Donizetti


Pretty Yende : nouvelle et sublime diva belcantiste

 

L’idĂ©al esthĂ©tique, Ă©lĂ©gantissime, d’une tendresse souriante, toujours raffinĂ©e, portant le Rossini du Comte Ory, se dĂ©ploie pareillement et en français dans la grande scĂšne suivante : « En proie Ă  la tristesse  » : « La Yende » maĂźtrise le texte, reste intelligible, douĂ©e de nuances et de couleurs d’une suavitĂ© lĂ  encore irrĂ©sistible. Sa Comtesse s’alanguit, semble sculpter son superbe miel vocal sans limites, assĂ©nant des aigus supersoniques d’une clartĂ©, intensitĂ©, couleur remarquablement sĂ»res (remerciement Ă  l’ermite : « CĂ©leste providence », puis cabalette qui suit : « Cher Isolier  »).

Plus sombre, la couleur de la Juliette de Gounod, confirme les affinitĂ©s de la diva avec le romantisme français : « Dieu quel frisson court dans les veines  » ; l’amoureuse pure et la mort, s’affirment ici dans un tableau terrible, pathĂ©tique, hĂ©roique, d’essence fantastique aussi dont la froide volontĂ© impose une morbide dĂ©termination (Ă©vocation du poignard), auquel le lyrisme Ă©perdu de « verse toi-mĂȘme ce breuvage » convoque immĂ©diatement l’intensitĂ© de l’actrice tragique et tendre. LĂ  encore on regrette la lourdeur de la baguette, mais la finesse de la chanteuse Ă©blouit totalement. La versatilitĂ© expressive et dans chaque sĂ©quence Ă©motionnelle, le style et l’intelligibilitĂ© de l’interprĂšte imposent une exceptionnelle flexibilitĂ© dramatique.

RĂŽle qu’elle connaĂźt parfaitement Ă  prĂ©sent pour l’avoir chantĂ© au Concours Bellini dĂšs 2010, sa Lucia saisit par la mĂȘme maturitĂ©, une intelligence dramatique exquise, son incandescente juvĂ©nilitĂ©. alors que ses consoeurs attendent l’Ăąge mĂ»r pour triompher des vocalises entre autres, Pretty Yende Ă©blouit par la jeunesse de son chant. Longuement prĂ©sentĂ© Ă  la harpe, « Ancor non giunse!  » est plainte Ă©thĂ©rĂ©e d’une tristesse infinie (du caractĂšre qui marqua tant Chopin), ensuite l’énoncĂ© de « Regnava tel silenzio » affirme la profondeur de la diva, puis enfin sa priĂšre irrĂ©pressible, creuse sa joie infinie : la palette des nuances et des couleurs Ă©blouit par son intensitĂ©, la carrure irrĂ©prochable des vocalises dĂ©montre une maĂźtrise coloratoure Ă©poustouflante


La derniĂšre plage confirme les dispositions belcantistes, prĂ©cisĂ©ment belliniennes de la jeune diva : d’un caractĂšre immĂ©diatement enivrĂ© et enchantĂ©, ciselant une Elvira (I Puritani, un rĂŽle que Pretty Yende avait dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© lors du Concours Bellini 2010), d’une surprenante intensitĂ©, la soprano Ă©blouit par sa facilitĂ© acrobatique, la flexibilitĂ© des vocalises, la justesse des notes tenues couvertes, et dans l’ensemble de l’architecture dramatique, une intensitĂ© continue jamais mise Ă  mal, jamais dĂ©placĂ©e, jamais forcĂ©e, toujours sincĂšre et d’une finesse absolue. En plus de sa vocalisation habitĂ©e, Pretty Yende affirme une intelligence et une vĂ©ritĂ© expressive indiscutables.
« Qui la voce sua soave  » exprime le rĂȘve, la fragilitĂ©, l’hypersensibilitĂ© d’une Ăąme prĂȘte Ă  sâ€˜Ă©vanouir Ă  force d’épreuves surmontĂ©s, de traumatismes vĂ©cus. L’autoritĂ© vocale, l’élĂ©gance et la finesse du chant effacent toute rĂ©serve : Pretty Yende impose un talent d’actrice tragique irrĂ©sistible dans la grande scĂšne de la folie : la derniĂšre sĂ©quence aprĂšs 11mn d’effusion coloriste, tragique, de candeur hĂ©bĂ©tĂ©e, affirme une ardeur Ă©chevelĂ©e : « Vien diletto Ăš in ciel la luna! / Viens mon bien aimĂ© la lune est dans le ciel »  , celle d’une femme sacrifiĂ©e, devenue folle
 la vocalitĂ© rayonnante, rĂ©alisant toutes les variations possibles, de Pretty Yende impose une exceptionnelle intelligence virtuose, le chant exprimant le paroxysme Ă©motionnel qui emporte la jeune femme mariĂ©e contre son grĂ© et rendue criminelle. Stupenda.

Aucun doute, le Concours Bellini 2010 avait bien raison de couronner le gĂ©nie belcantiste de la jeune diva
 que toutes les scĂšnes du monde s’arrachent non sans raison Ă  prĂ©sent. C’est pourquoi malgrĂ© l’entourage musical parfois dĂ©cevant (chef, orchestre et chanteurs n’ont certes pas la finesse musicale de la diva), ce premier disque est davantage qu’une carte de visite : c’est bien la confirmation qu’un immense talent belcantiste est maintenant prĂȘt Ă  Ă©blouir le monde lyrique. On ne peut que s’incliner devant une telle perfection vocale. Bravissimo Pretty.

 
 

CLIC D'OR macaron 200CD événement, compte rendu critique. PRETTY YENDE, soprano. A Journey : airs de Rossini (Le Barbier de Séville, Le Comte Ory) ; Bellini (Béatrice de Tende / Beatrice di Tenda, I Puritani), Donizetti (Lucia di Lammermoor), Delibes, Gounod. Orchestra sinfonica nazionale della RAI. Marco Armiliato, direction (1 cd SONY classical). Enregistrement réalisé à Turin (Italie) en août et septembre 2015. CLIC de CLASSIQUENEWS.COM (rentrée 2016). Parution : le 16 septembre 2016.

 
 

AGENDA : Pretty Yende aprĂšs avoir chantĂ© Rosina du Barbier de SĂ©ville Ă  l’OpĂ©ra Bastille Ă  Paris, revient du 14 octobre au 16 novembre 2016, dans le rĂŽle de Lucia, Lucia di Lammermoor. VISITER le site de l’OpĂ©ra national de Paris, page dĂ©diĂ©e Ă  Lucia di Lammermoor avec Pretty Yende

CD Ă©vĂ©nement, annonce : « A journey » : PRETTY YENDE, soprano. Airs d’opĂ©ras : Rossini, Bellini, Donizetti, Delibes, Gounod (1 cd SONY classical, Turin, aoĂ»t-septembre 2015)

YENDE-pretty-cd-a-journey-582-582-cd-review-cd-compte-rendu-classiquenews-clic-de-classiquenews-Pretty-Yende-CoverCD Ă©vĂ©nement, annonce : «  A journey » : PRETTY YENDE, soprano. Airs d’opĂ©ras : Rossini, Bellini, Donizetti, Delibes, Gounod (1 cd SONY classical, Turin, aoĂ»t-septembre 2015). RĂ©vĂ©lĂ©e par le Premier Prix obtenu en 2010 au premier Concours international de Bel Canto Vincenzo Bellini, la jeune diva sud africaine Pretty Yende Ă©blouit dans un nouveau rĂ©cital lyrique Ă  paraĂźtre en septembre 2016 chez SONY CLASSICAL. Le seul concours français dĂ©diĂ© au chant bellinien – compĂ©tition unique au monde et française (co fondĂ©e par le chef Marco Guidarini et Youra Simonetti / MusicArte) avait eu avant tout le monde, l’intuition qu’une nouvelle grande voix Ă©tait nĂ©e. “A star is born” selon la formule : de fait, 6 ans aprĂšs avoir Ă©tĂ© ainsi distinguĂ©e en France, la soprano convainc totalement dans un rĂ©cital lyrique qui n’est pas une carte de visite artistique – le fleuron de toute jeune diva en dĂ©but de carriĂšre : c’est plutĂŽt la confirmation de son immense tallent bellinien, l’éclatante dĂ©monstration de sa stupĂ©fiante maĂźtrise belcantiste, la rĂ©vĂ©lation confirmĂ©e qu’une nouvelle Edita Gruberova est prĂȘte dĂ©sormais Ă  prendre la relĂšve dans la registre des coloratoures aux facilitĂ©s stratosphĂ©riques, alliant, autoritĂ© expressive, agilitĂ© technique, surtout finesse d’un style qui cisĂšle articulation, phrasĂ©s, legato. C’est peu dire que dans ce nouvel album irrĂ©sistible, Pretty Yende Ă©blouit par l’intelligence de son chant et la subtilitĂ© de son style. Ses Elvira et Lucia (chez Bellini et Donizetti), ses Rossini (Rosina du Barbier de SĂ©ville et Comtesse du Comte Ory) y affirment l’éclat actuel d’un bel canto exceptionnellement raffinĂ© et techniquement sĂ»r; Pretty Yende confirme qu’une immense diva bellinienne est enfin prĂ©sente, prĂȘte Ă  Ă©blouir les scĂšnes lyriques; mais l’album affirme aussi ses affinitĂ©s avec le romantisme français (Gounod et Delibes). Prochain compte rendu de l’album « A journey » / un voyage, par la soprano sud Africaine Pretty Yende, Ă  venir sur Classiquenews.com

 

 

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Compte-rendu, opéra. Barcelone ; Gran Teatre del Liceu, le 27 juin 2015. Gaetano Donizetti : Don Pasquale. Roberto de Candia (Don Pasquale), Pretty Yende (Norina), Juan Francisco Gatell (Ernesto), Mariusz Kwiecien (Malatesta). Laurent Pelly, mise en scÚne. Diego Matheuz, direction.

Bien qu’indiquĂ©e comme nouvelle production, ce Don Pasquale au Liceu de Barcelone – signĂ©e par le cĂ©lĂšbre metteur en scĂšne Laurent Pelly (dont on se souvient in loco d’une Fille du rĂ©giment et d’une Cendrillon plutĂŽt rĂ©ussies) – est la reprise d’un spectacle qui a vu le jour l’Ă©tĂ© passĂ© au Festival de Santa Fe. En situant l’intrigue dans les annĂ©es cinquante, Pelly vise Ă  souligner les analogies entre le cinĂ©ma italien de cette pĂ©riode-lĂ  et le chef d’Ɠuvre comique de Donizetti, qui, par certains aspects, pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une comĂ©die Ă  la Monicelli ou Ă  la Risi avant la lettre. L’homme de thĂ©Ăątre français signe un spectacle trĂšs agrĂ©able et amusant en tout cas, avec quelques trouvailles hilarantes, comme le renversement – au sens propre – de la maison de Don Pasquale, au III, aprĂšs que Norina ait dĂ©cidĂ© de transformer la triste demeure du vieillard en un endroit coquet et colorĂ©.

 

 

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Soprano et ténor en verve à Barcelone

2 voix Ă  suivre : Pretty Yende et Juan Francisco Gatell

 

 

C’est la soprano sud africaine Pretty Yende qui interprĂšte le rĂŽle de la jeune dĂ©lurĂ©e. Elle a tout pour sĂ©duire, Ă  commencer par un tempĂ©rament dramatique et un abattage qui auraient dĂ» mettre Don Pasquale sur ses gardes, quant Ă  la prĂ©tendue « naĂŻvetĂ© » de la jeune fille ! Bref, la chanteuse entraĂźne tout le monde dans le tourbillon de sa vitalitĂ©. Sur le plan vocal, les moyens sont incontestables, avec un aigu d’une grande facilitĂ©, soutenus par une technique impeccable.

Dans le rĂŽle-titre, la basse bouffe italienne Roberto de Candia confirme sa totale maĂźtrise d’un emploi qu’il ne tire jamais vers la caricature ni les effets faciles. Sa voix saine nous change de tant de Pasquale aux moyens usĂ©s, l’interprĂšte s’avĂ©rant plus touchant que grotesque, avec une articulation et une projection de la langue de Dante exemplaires. A saluer Ă©galement la performance du baryton polonais Mariusz Kwiecien qui s’impose d’entrĂ©e, dans le rĂŽle de Malatesta, avec un magnifique « Bella siccome un angelo ». La voix est bien conduite, le chanteur gĂ©nĂ©reux, et la prĂ©sence scĂ©nique incontestable.
Mais la vĂ©ritable surprise est venue de du tĂ©nor argentin Juan Francisco Gatell qui, malgrĂ© son jeune Ăąge, campe un Ernesto d’une sensibilitĂ© et d’un raffinement dans le phrasĂ© dignes d’admiration. Son art de la nuance fait notamment merveille dans le fameux « Com’Ăš gentil », d’abord susurrĂ©, puis couronnĂ© in fine par un aigu Ă©clatant. Une mention Ă©galement pour les chƓurs maisons, auxquels le public rĂ©serve une ovation aprĂšs leur « valzer » du troisiĂšme acte.

liceu-barcelone-pretty-yende-don-pasquale-compte-rendu-critique-clasiquenews1Sous la baguette du jeune chef brĂ©silien Diego Matheuz – nommĂ© rĂ©cemment directeur musical de La Fenice de Venise -, l’Orchestre du Gran Teatre del Liceu rĂ©pond avec beaucoup de concentration au moindre de ses gestes, pour obtenir une exĂ©cution plus qu’honorable. On apprĂ©cie surtout les qualitĂ©s de maestro concertatore de Matheuz qui dirige avec finesse, richesse de coloris et variĂ©tĂ© dans la dynamique, sans jamais sacrifier les voix, ni le nĂ©cessaire Ă©quilibre entre fosse et plateau. Lui fait peut-ĂȘtre dĂ©faut ce zeste de flexibilitĂ© dans le rythme, obtenu par un savant dosage de rubato et de rallentando, que Don Pasquale rĂ©clame, plus que tout autre opĂ©ra de
Donizetti.

 

 

Compte-rendu.Opéra. Barcelone ; Gran Teatre del Liceu, le 27 juin 2015. Gaetano Donizetti : Don Pasquale. Roberto de Candia (Don Pasquale), Pretty Yende (Norina), Juan Francisco Gatell (Ernesto), Mariusz Kwiecien (Malatesta). Laurent Pelly, mise en scÚne. Diego Matheuz, direction.

 

 

Berlin, Deutsche Oper. Pretty Yende chante Lucia di Lammermoor

une-evasion-deutsche-oper-berlin-580-570Berlin, Deutsche Oper. Donizetti : Lucia di Lammermoor :  les 1er, 6 fĂ©vrier 2015. L’annĂ©e oĂč meurt Bellini, sur le mĂ©tier des Puritains pour la scĂšne parisienne, Donizetti son challenger livre Lucia di Lammermoor crĂ©Ă© au San Carlo de Naples le 26 septembre 1835. Le compositeur gagne ainsi ses lettres de noblesse, s’affirmant avant Verdi, tel le champion du romantisme lyrique Ă  l’italienne. Walter Scott donne l’intrigue inspirĂ©e d’une histoire authentique : celle de Janet Dalrymple qui en 1668 assassine son mari pendant leur nuit de noces et le paye fort au prix de sa raison. Edgardo fait figure de bon, opposĂ© Ă  Enrico, le mĂ©chant manipulateur contre lequel doit lutter la riche hĂ©ritiĂšre Lucia. ModĂšle des hĂ©roïšnes romantiques sacrifiĂ©es, Lucia s’immole en perdant la raison dans la fameuse scĂšne de la folie, martyr et embrasement extatique Ă  l’acte III. Le rĂŽle de Lucia offre au soprano coloratoure, de style bellinien obligĂ©, une palette de sentiments nuancĂ©s et profonds, exprimĂ©s avec une rare justesse : dĂ©sir d’une jeune Ăąme juvĂ©nile, d’autant plus exacerbĂ©e face Ă  un frĂšre sadique et noir et un amant Ă©trangement distanciĂ©, absent, aimant mais si peu complice.

 

Lucia, un sommet du bel canto romantique

 

lucia-deutsche-oper-berlin-580-380-pretty-yendeLucia est encore une adolescente au dĂ©sir ardent, d’un romantisme entier et passionnel : les vocalises de sa partie s’intensifient Ă  mesure que la souffrance ou la frustration se dĂ©ploient. Elle affronte directement la brutalitĂ© d’une sociĂ©tĂ© phallocratique qui traite les femmes comme des marchandises, Ă  Ă©pouser ou Ă  renier. La figure de l’Ă©pouse sacrifiĂ©e, comme immolĂ©e par son propre frĂšre marque les esprits des contemporains de Donizetti dont Ă©videmment Flaubert : Emma Bovary, la protagoniste tragique de son roman fameux, assiste Ă  la reprĂ©sentation de Lucia en français : Emma voit alors dans Lucia, sa propre image, une prĂ©monition de son propre destin dĂ©sormais vouĂ© Ă  la mort. C’est Maria Callas la premiĂšre qui en 1955 restitue en bellinienne accomplie la force Ă©motionnelle du personnage, les aspirations de la jeune femme affrontĂ©e malgrĂ© elle et jusqu’Ă  la mort, Ă  l’esprit Ă©troit et roublard d’une sociĂ©tĂ© d’hommes hostiles…

 

 

 

2 raisons pour ne pas manquer La Lucia de Berlin

l’Ă©valuation de classiquenews.com

CLIC D'OR macaron 2001- la mise en scÚne classique promet de respecter la gradation de plus en plus pathétique et tragique du drame, en particulier la scÚne de la folie de Lucia au III

CLIC_macaron_20142- dans le rĂŽle de Lucia, la jeune soprano sud africaine Pretty Yende fait ses dĂ©buts attendus dans un grand rĂŽle romantique tendu et nuancĂ© ; de la grĂące juvĂ©nile et adolescente Ă  la folie de la femme sacrifiĂ©e et criminelle, la cantatrice, couronnĂ©e par le Grand Prix Bellini en 2010 (avant sa distinction par le prix Operalia l’annĂ©e suivante en 2011) devrait Ă©blouir l’audience par sa ligne vocale, son timbre diamantin taillĂ© pour les hĂ©roĂŻnes angĂ©liques, mais aussi son intelligence des coloratoures, non plus mĂ©caniques mais finement expressives. Classiquenews suit la carriĂšre de Pretty Yende depuis ses dĂ©buts et l’obtention de son Grand Prix au 1er Concours Bellini 2010.

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Temps forts de la partition, acte par acte :
Ce qu’il ne faut pas manquer, les Ă©pisodes du drame les plus dĂ©cisifs…

En Ecosse, les Ashton (Enrico et sa soeur Lucia) vouent une terrible haine à leur rival, Edgardo, hériter de la famille Ravenswood.
Au I : Les deux amants. EnivrĂ©s par leur amour, Edgardo et Lucia s’abandonnent Ă  la langueur extatique (duo Sulla tomba)
Au II : Le mariage forcĂ©. C’est l’acte de la manigance, celle du frĂšre sadique Enrico et de son complice Raimondo qui forcent Lucia Ă  Ă©pouser un bon parti : Arturo Bucklaw. Les deux intrigants rĂ©alisent leur projet en faisant croire Ă  Lucia qu’Edgardo l’a trahie pour une autre. Le sextuor final est le plus impressionnant : face aux agents du complot (Enrico, Raimondo, Arturo) se dressent les amants hier unis, Ă  prĂ©sent dĂ©sunis : Edgardo jette l’anneau que lui avait remis Lucia au I.
Au III : La folie de Lucia. Alors qu’Edgardo et Enrico se sont donnĂ© rendez vous pour se battre, surgit Lucia dĂ©mente, errant dans le chĂąteau encore animĂ© par les murmures de la fĂȘte nuptiale : elle vient de tuer Arturo, sa robe maculĂ©e de sang (scĂšne de la folie : Il dolce suono…). Alors qu’il allait se battre avec Enrico, Edgardo en apprenant la mort de Lucia, se poignarde.

 

 

Lucia di Lammermoor au Deutsche Oper de Berlin :
Vendredi 6 fĂ©vrier – Berlin, 19h30‹

Ivan Repusic, direction musicale
Filippo Sanjust, mise en scĂšne

Simone Piazzola, Enrico
Pretty Yende, Lucia
Joseph Calleja, Edgardo
Matthew Newlin, Arturo
Andrew Harris, Raimondo
Ronnita Miller, Alice

Orchestre et choeur de la Deutsche Oper
Visiter le site du Deutsche Oper Berlin

A l’affiche les 1er, 6 fĂ©vrier 2015
Consulter la page Lucia di Lammermoor sur le site du Deutsche Oper Berli

 

 
 

 

Organisez votre séjour à Berlin : les 6 et 7 février 2015

Profitez de la reprĂ©sentation du vendredi 6 fĂ©vrier 2015 au Deutsche Oper pour rester Ă  Berlin, et voir le lendemain samedi 7 fĂ©vrier : Macbeth de Verdi au Staatsoper de Berlin, 18h. Daniel Barenboim, direction. Avec Placido Domingo, Macbeth. RenĂ© Pape, Banquo. Liudmyla Monastyrska, Lady Macbeth, Rollando Villazon, Macduff… Peter Mussbach, mise en scĂšne. LĂ  aussi le plateau vocal promet un grand moment musical et lyrique (Placido Domingo en Macbeth) d’autant plus convaincant sous la baguette de Barenboim et dans la mise en scĂšne de Peter Musbach (homme de thĂ©Ăątre dont le travail scĂ©nique et visuel demeure toujours passionnant).

Week end Ă  Berlin : Lucia et Macbeth, les 6 et 7 fĂ©vrier 2015. Destination voyage culturel et lyrique proposĂ© par Europera La Fugue. A partir de 250 euros par personne… toutes les infos, les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site www.europera.com