RETRAITÉS de l’Opéra de Paris : résistance des grévistes

Ballet Opera de Paris, Albin MichelRETRAITÉS de l’Opéra de Paris : résistance des grévistes  -  Après avoir dansé leur ballet sur les marches de l’Opéra Garnier, les danseuses de la maison « royale » (créée par Louis XIV), en tutu et coiffes blanches, conservent leurs avantages et obtiennent de premières concessions du gouvernement Philippe dont la clause du « grand-père ». Des avancées jugées non recevables. Les danseuses de l’Opéra s’étaient donner en spectacle ce 24 déc 2019, sur le perron Garnier (extrait du Lac des cygnes) pour manifester leur refus du nouveau régime de retraites. Attentif, le gouvernement Philippe leur accordent plusieurs concessions, dont la fameuse « clause du grand-père » : seuls les danseurs recrutés après 2022 seront concernés par la réforme. Contrairement aux autres salariés dont s’est la génération 1975 qui s’impose, les danseurs de l’Opéra de Paris assujettis à la Réforme sont ceux de la génération 1977 et 1980, dérogation exceptionnelle. Mais les personnels de l’Opéra n’ont pas levé leur droit de grève pour autant.

 

 

 

danseuses-opera-de-paris-garnier-contre-retraite-greve-opera-de-paris-classiquenews

 

 

 

Actuellement, le régime qui s’applique (créé en 1698) prévoit un départ possible en retraite à 60 ans pour les musiciens de l’orchestre, 57 ans pour les choristes et les techniciens, 42 ans pour les danseurs (au regard de la pénibilité réelle de leur activité). Les 3 dernières années de salaire sont prises en compte pour les artistes ; 6 derniers mois pour le reste du personnel. Il n’existe pas de telles conditions dans les autres institutions françaises. Leur coût s’élève à 27 millions d’euros. Source : Les Échos. D’après la lettre adressée par le directeur de l’Opéra à ses personnels, en date du 23 décembre 2019.

Peu à peu le gouvernement accepte sur certaines filières des concessions qui permettent le maintien des régimes spéciaux. Le gouvernement Philippe et Emmanuel Macron peuvent-ils encore parler de régime universel ? L’allocution du président de la République, pour les vœux de la nouvelle année 2020 sont donc très attendus.

 

 

 

PERTES IMPORTANTES POUR L’INSTITUTION PARISIENNE… Depuis le début du mouvement contestataire contre la réforme des retraites, 54 représentations à l’Opéra de Paris ont été annulées ; la direction craint une perte d’au moins 12 millions, et avec le recul, la perte d’au moins 1/10ème de son CA annuel, faisant craindre des économies drastiques sur les saisons à venir. Consulter régulièrement le site de l’Opéra de Paris pour connaître les spectacles maintenus ou annulés pendant les fêtes 2019 / 2020.

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. Paris, Palais Garnier, 11 juin 2019. MOZART : Don Giovanni.Dupuis… Jordan / van Hove.

mozart wolfgang _doris_stockminiCompte rendu, opéra. Paris. Palais Garnier, 11 juin 2019. Don Giovanni, Mozart. Etienne Dupuis, Jacquelyn Wagner, Nicole Car, Philippe Sly… Orchestre et choeurs de l’opéra. Philippe Jordan, direction. Ivo van Hove, mise en scène. Nouvelle production du chef-d’œuvre de Mozart, Don Giovanni, à l’affiche à l’Opéra de Paris. Le metteur en scène Ivo van Hove signe un spectacle gris parpaing ; le chef Philippe Jordan assure la direction musicale de l’orchestre associé à une distribution fortement histrionique, rayonnante de théâtralité, entièrement éprise du mélodrame joyeux du génie salzbourgeois !

L’opéra des opéras, la pièce fétiche des romantiques, ce deuxième fils du duo Da Ponte-Mozart, transcende le style de l’opera buffa proprement dit pour atteindre les sommets dans le registre de la… tragédie. Avant cette fresque immense, jamais la musique n’avait été aussi vraie, aussi réaliste, aussi sombre ; jamais elle n’avait exprimé aussi brutalement le contraste entre les douces effusions de l’amour et l’horreur de la mort. Peut-être le chef d’œuvre de Mozart le plus enflammé, le plus osé… qui raconte l’histoire de notre anti-héros libertin préféré et sa descente aux enfers avec la plus grande attention aux pulsions humaines, avec la plus grande humanité en vérité.

nouvelle production de Don Giovanni à Garnier
… Prima la musica, mais pas trop

Le spectacle commence avec la scène ouverte montrant le décor unique d’architecture brutaliste signé Jan Versweyveld, où l’on aperçoit des escaliers, des fenêtres… le gris maussade omniprésent paraîtrait servir de fond neutre au jeu d’acteur très ciselé dont les chanteurs font preuve… et qui peut être apprécié glorieusement par les personnes assises près de la scène et avec des jumelles. Si nous nous sommes régalés du travail d’interprétation et de caractérisation des interprètes sur scène, la production met en valeur surtout la partition. Ma non troppo.

Certaines mise en scènes s’affirment volontairement extra-sobres avec l’idée sous-jacente de laisser parler la musique. C’est un bel idéal qui peut faire des effets inouïs sur l’expérience lyrique. Il paraît que ce n’est pas une volonté affichée par le metteur en scène, qui, malgré quelques moments de grand impact et de justesse, est parfois carrément anti-musical. Ainsi le baryton Etienne Dupuis dans sa prise du rôle éponyme a-t-il apprécié le fait de chanter le morceau le plus sensible, le plus beau, le plus sublime de sa partition, la chansonnette du 2e acte « Deh vieni alla finestra », en coulisses, caché. Difficile à comprendre, et encore plus à pardonner.

Nous sommes en l’occurrence contents de nous concentrer sur l’interprétation musicale. L’Orchestre maison dirigé par Philippe Jordan est pure élégance et raffinement, les tempi sont plutôt modérés. Bien sûr comme d’habitude, les vents font honneur dans leur excellente interprétation aux sublimes pages que leur dédie Mozart, et les cordes dans leur perfection trouvent un bon dosage entre tension et relâche dans l’exécution. Remarquons également les musiciens jouant sur la scène au deuxième acte, avec un swing chambriste et pompier digne du XVIIIe siècle. Nous n’avons pas senti l’effroi durant la célèbre ouverture en ré mineur, mais nous avons eu droit à une sorte de décharnement diabolique et très enjoué pour le pseudo-final à la fin de l’œuvre, la descente aux enfers de Don Giovanni (nous sommes heureux du respect de la partition originale avec le maintien du lieto fine, la fin heureuse conventionnée propre au 18e siècle malgré ses très nombreux détracteurs du 19e).

Le baryton Etienne Dupuis signe un Don Giovanni sobre, plus hautain qu’altier, plus vicelard que libertaire, et ceci lui va très très bien. Son épouse dans la vie réelle incarne le rôle de la femme répudiée du Don, Donna Elvira. Nicole Car est une des artistes qui captivent l’auditoire avec sa présence et son chant en permanence. Que ce soit dans sa cavatine au 1e acte « Ah che mi dice mai » ou son air au 2e « Mi tradi quell’alma ingrata » où elle est fabuleusement dramatique à souhait dans son incarnation d’une femme amoureuse et blessée. Si elle est touchante, bouleversante d’humanité, son chant est riche, charnu, charnel, tout au long des trois heures de représentation.

La Donna Anna de la soprano Jacquelyn Wagner, avec une partition encore plus redoutable, est tout autant brillante d’humanité, et elle assure ses airs virtuoses avec dignité, sans faire preuve d’affectation pyrotechnique, mais au contraire donnant à ses vocalises une intensité fracassante de beauté. Le Leporello de Philippe Sly est un beau valet. Son physique agréable et son attitude espiègle sont une belle contrepartie légère à l’aspect très sensuel et troublant de son instrument en action. Il a cet incroyable mérite d’avoir réussi des interventions personnelles sur la partition dès son entrée au 1er acte « Notte e giorno faticar », où il s’approprie du personnage avec facilité, et ajoute un je ne sais quoi qui marche et qui plaît. Qu’il continue d’oser ! C’est lui également qui suscite la toute première éclosion d’applaudissements dans la soirée, après son célèbre air du 1er acte « Madamina, il catalogo è questo », sans aucun doute grâce à la force de son expression musicale plus qu’à l’intérêt de la proposition scénique…

Le Don Ottavio du ténor Stanislas de Barbeyrac est une très agréable surprise. Nous remarquons l’évolution de son gosier, et ceci impacte aussi son interprétation lyrique qui s’éloigne un maximum de la caricature viennoise à laquelle elle est souvent condamnée. S’il y a un moment d’une incroyable beauté dans les propositions d’une beaucoup trop austère sobriété, c’est précisément l’air redoutable du 1er acte : « Dalla sua pace ». Ivo van Hove l’oblige à l’interpréter assis par terre au milieu de la scène, et ceci a le plus grand impact émotionnel de la soirée ; le ténor y est touchant et l’auditoire lui fait le cadeau d’applaudissements et de bravos bien mérités. Le couple Zerlina et Masetto interprété par Elsa Dreisig et Mikhail Timoshenko est plein de vivacité, même si les voix sont un peu instables en début de soirée, nous félicitons leurs efforts. Remarquons également l’excellente prestation des choeurs de l’Opéra parisien, dirigés par Alessandro di Stefano.

Une production qui a également le mérite de finir après trois heures de gris avec une projection-création vidéo (signée Christopher Ash) inspirée des scènes infernales de Bosch, et qui est tout à fait effrayante, puis par une éclosion de couleurs estivales qui s’accorde avec l’épilogue-fin heureux de l’opus. A voir et revoir, écouter et applaudir… pour Mozart et les chanteurs. A l’affiche à l’Opéra Garnier encore les 16, 19, 21, 24 et 29 juin ainsi que les 1, 4, 7, 10 et 13 juillet 2019.

DVD événement, critique. PLAY : Alexander Ekman (Ballet de l’Opéra de Paris, 2017, 1 dvd BelAir classiques)

PLAY-ekman-opera-garnier-paris-dec-2017-critique-ballet-danse-par-classiquenews-DVD-bel-air-classiques-CLIC-de-CLASSIQUENEWSDVD événement, critique. PLAY : Alexander Ekman (Ballet de l’Opéra de Paris, 2017, 1 dvd BelAir classiques). Réjouissante création chorégraphique… PARIS, Opéra Garnier, décembre 2017. La musique de Mikael Karlsson renforce l’impact visuel et rythmique du ballet conçu par le suédois Alexander Ekman ; la force expressive et suspendue du premier, la liberté imaginative du second forment ici un spectacle d’une beauté saisissante, au mouvement vif, nerveux, haletant jusque dans ses contrastes ludiques voire espiègles (ballons, balles, bulles renforcent la vision aérienne, immatérielle du drame…) qui alternent les tableaux aux couleurs nettes, aux géométries claires et propres.


PLAY eckman opera paris ballet critique danse ballet par classiquenews dvd bel air classiques2Le Suédois Alexander Ekman
a dansé avec le Nederlands Dans Theater et le Ballet Cullberg avant de créer comme chorégraphe. Amateur du spectaculaire et de l’onirique (donc ici structures métalliques, danseurs suspendus, élévations…), deux constantes dans son écriture qui alimentent toujours la part de l’esthétique directe, franche, Ekman occupe tout le plateau du Palais Garnier dans cette production parisienne de décembre 2017, – pour les fêtes de fin d’année, qui méritait bien d’être fixée par l’enregistrement. Femmes cervidées, hommes princesses, groupe et solistes… le chorégraphe dans son premier travail avec les danseurs français, métisse les identités pour mieux porter l’élan des corps dans un geste libre, essentiellement, viscéralement … poétique.

CLIC D'OR macaron 200Pour cette nouvelle création, Alexander Ekman s’associe au compositeur Mikael Karlsson, déjà collaborateur sur plusieurs ballets, mais également à une équipe d’instrumentistes inattendus sur la scène de Garnier, comme la chanteuse de negro-spiritual Callie Day, ou la percussioniste et marimbiste Adélaïde Ferrière, primée aux Victoires de la Musique Classique 2017. Sur le plateau le spectacle est total et le jeu des danseurs ne cesse à travers un enchaînement de séquences visuelles et mobiles, d’interroger la forme d’un conte dansé, d’une dramaturgie du mouvement, du sens de la direction et de l’espace… Avec « PLAY », le jeu est partout. Un plaisir physique, visuel, sensoriel, un spectacle accompli et réjouissant … que le dvd devait forcément mémoriser. Jubilatoire liberté de la danse ludique. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2018.

________________________________________________________________________________________________

DVD événement, critique. PLAY : Alexander Ekman (Ballet de l’Opéra de Paris, 2017, 1 dvd BelAir classiques) – CLIC de CLASSIQUENEWS

https://belairclassiques.com/film/alexander-ekman-ballet-opera-paris-play-dvd-blu-ray

PLAY [DVD & BLU-RAY]
Chorégraphie, décors et costumes : Alexander Ekman
Musique : Mikael Karlsson
avec Stéphane Bullion – Danseur Étoile
Muriel Zusperreguy – Première Danseuse
Vincent Chaillet – Premier Danseur
et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris
PLAY eckman ballet paris dvd belairclassiques1 critique ballet par classiquenewsMarion Barbeau, Aurélia Bellet, Alice Catonnet, Silvia Saint-Martin, Ida Viikinkoski, Juliette Hilaire, Laurène Levy, Charlotte Ranson, Jennifer Visocchi, Claire Gandolfi, Marion Gautier De Charnacé, Clémence Gross, Caroline Osmont, Sofia Rosolini, Chelsea Adomaitis, Margaux Gaudy-Talazac, Mouget Shanti
Aurélien Houette, Allister Madin, Marc Moreau, Jérémy-Loup Quer, Daniel Stokes, Simon Valastro, Adrien Couvez, Yvon Demol, Alexandre Gasse, Antoine Kirscher, Mickaël Lafon, Hugo Vigliotti, Takeru Coste, Simon Le Borgne, Antonin Monié, Andréa Sarri

Les musiciens
Chanteuse Gospel : Calesta «Callie» Day
Piano : Frédéric Vaysse Knitter
Premier violon : Amanda Favier
Second violon : Pauline Fritsch
Alto : Benoît Marin
Violoncelle : Eric Villeminey
Contrebasse : François Gavelle
Saxophone soprano : Christian Wirth
Saxophone alto : Géraud Etrillard
Saxophone ténor : Adrien Lajoumard
Saxophone baryton : Pascal Bonnet
Percussions : Adélaïde Ferrière

Costumes : Xavier Ronze
Lumières : Tom Visser
Vidéaste : T.M. Rives
Assistante du chorégraphe : Ana Maria Lucaciu
Conseillère stratégique et dramaturge : Carina Nildalen
Assistante aux décors : Claire Puyenchet

FICHE TECHNIQUE
Enregistrement HD : Opéra national de Paris (Palais Garnier) | 12/2017
Réalisation : Tommy Pascal
Date de parution : 28 septembre 2018
Distribution : Outhere Distribution France

1 DVD
Référence : BAC155
Code-barre : 3760115301559
Durée : 106 min.
Livret : FR/ANG
Image : Couleur, 16/9, NTSC
Son : PCM 2.0, Dolby Digital 5.1
Code région : 0

1 BLU-RAY
Référence : BAC555
Code-barre : 3760115305557
Durée : 106 min.
Livret : FR / ANG
Image : Couleur, 16/9, Full HD
Son : PCM 2.0, DTS HD Master audio 5.1
Code région : A, B, C

Beaux-livres. Opéra Garnier (Éditions de La Martinière)

opera-garnier-jp-delagarde-1Beaux-livres. Opéra Garnier (Éditions de La Martinière). 290 photographies composent la valeur visuelle de ce beau-livre édité en format carré par les éditions de La Martinière. Un portfolio de vues et clichés remarquables, signé par le photographe Jean-Pierre Delagarde dont on ne saurait trop louer le sens de la composition et du détail. Jamais l’Opéra Garnier n’a paru mieux chatoyant, plus précieux, chromatiquement inventif… certes prouesse architecturale et technologique, mais aussi d’un fini aussi parfait qu’une œuvre d’art ou un meuble luxueux, tel un immense cabinet de curiosité. Le dessin général des volumes n’affecte en rien la richesse du décor de surface, ses matières clinquantes et précieuses, dans toutes les disciplines (peintures, sculptures…). De sorte que l’on redécouvre ici comment le Palais de Charles Garnier concentre l’excellence des arts français propre aux années 1870.

Dans sa préface l’architecte français de l’Opéra national de Pékin, dernier joyau de l’art lyrique du XXème siècle, Paul Andreu, sait souligner combien le Palais Garnier reste pour son temps un miracle d’intégration urbaine, un écrin imaginatif pour la représentation, surtout un volume d’une lisibilité absolue… C’est aussi une expérience sensorielle que restitue l’admirable structure éditoriale du livre. Visiter ainsi l’Opéra inauguré en 1875 (ce qui rend son éclectisme pompier contemporain des dernières audaces impressionnistes) permet de mesurer le délire décoratif, l’objet social, l’intelligence de son dispositif, permettant de passer de la rue à la scène grâce à une série d’espaces progressifs faisant toujours l’admiration des publics et des visiteurs aujourd’hui.

opera-garnier-apollon-lyre

 

Opéra Garnier

 

la martiniere opera garnierAu détour d’une page, mieux que sur place – car l’œil est toujours distrait par une myriade d’éléments présents, le cahier photographique dévoile des détails dont on loue à juste titre la pertinence, dévoilant elle-même la cohérence et l’unité globale : dans la couloir de la salle de spectacle, les bustes sculptés des compositeurs dont l’oublié Félicien David ; au plafond peint par Chagall, comme une mise en abîme : la propre façade de l’opéra Garnier, telle une boîte rougeoyante d’où jaillit surdimensionné le groupe sculpté en façade, la Danse de Carpeaux… ; le profil des renommées de Barthélémy : sublimes allégories suspendues toute d’or vêtues … Si l’on se délecte tout autant de la fameuse ceinture de lumière à l’extérieur, bientôt totalement rénovée (comptant des sculptures non moins remarquables dont le livre, notre seule réserve, se montre étrangement économe), ce sont aussi les luminaires de la salle, du foyer, qui font vibrer les matières et les couleurs des espaces…
Le texte clair et synthétique restitue le parcours du visiteur/spectateur, invité au spectacle : des vestibules à la rotonde des abonnés, le grand escalier que chacun emprunte pour rejoindre le lieu de la représentation (quelque soit son fauteuil), les étages, la salle de spectacle.
Le chapitre sur les façades est un autre volet remarquable : il insiste non sans raison sur le soin que Charles Garnier a apporté à chaque détail décoratif sans atténuer la lisibilité du plan architectural (partout comme des emblèmes règnent la lyre, surtout les masques dramatiques, même sur les ceintures des cheminées extérieures que le passant devine à peine de la rue…) : l’or, le métal moulé, la pierre sculpté rythment magnifiquement les masses cubiques, créant comme en une partition de pierre, le jeu des accélérations, des répétitions, des correspondances, … Chacun des 3 groupes monumentaux sur les cimes et toitures est parfaitement détaillé, décrit, analysé (dont le sublime Apollon debout élevant la lyre d’or, entouré des deux groupes latéraux dédiés chacun à la Poésie et à l’Harmonie)…  Le Palais Garnier n’usurpe pas sa renommée : certes par les événements de musique et de danse qui s’y réalisent mais aussi comme le manifeste le plus éblouissant concentré des arts et des sciences de la fin du XIXème parisien.
Le court texte sur l’histoire de l’Opéra, de 1875 à nos jours évoque les multiples jalons d’une histoire plusieurs fois centenaire qui a marqué l’histoire de l’opéra et de la danse : décors d’époque, costumes, affiches restituent la flamboyante créativité du haut lieu de l’art lyrique en France où ont pesé le regard et la pensée des directeurs successifs, de Jacques Rouché à Rolf Liebermann et Gérard Mortier… où se sont dépassés les artistes et interprètes, chanteurs, danseurs et chorégraphes glorieux, aujourd’hui légendaires : Rose Caron, Vaslav Nijinski, Béjart, Cunningham, Carlson, Noureev, Van Dam, Eda-Pierre, Price… entre autres ici évoqués. Magistral.

 

 

opera-garnier-vestibule-escalier

 

 

 

Opéra Garnier. Beau-livre éditions de La Martinière. 448 pages. 21 x 21 cm.  290 photographies de Jean-Pierre Delagarde. Textes de Aurélien Poidevin. Préface de Paul Andreu. Parution annoncée : le 22 mai 2014. Illustrations : © JP Delagarde