Compte-rendu, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra. Ravel, L’heure espagnole, 17 nov 2018. Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon, Jonathan Stockhammer

Compte-rendu critique. OpĂ©ra. LYON, Ravel, L’heure espagnole, 17 novembre 2018. Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Jonathan Stockhammer. Deux ans aprĂšs le magnifique Enfant et les sortilĂšges, la mĂȘme Ă©quipe reprend le premier opĂ©ra de Ravel et renouvelle l’enchantement prĂ©cĂ©dent. Une rĂ©ussite exemplaire et un spectacle magique pour les oreilles et les yeux. Sur scĂšne c’est le mĂȘme dispositif ingĂ©nieux qui nous avait ravi deux ans auparavant. L’orchestre est de nouveau sur la scĂšne, masquĂ© par un tulle qui occupe l’essentiel de l’espace, un dĂ©cor minimaliste (des escaliers pivotants, des cartons qui reprĂ©sentent des horloges), l’essentiel Ă©tant projetĂ© sur le tulle.

  
 
 

RAVEL Ă  LYON : Heure enchanteresse

  
 
 

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L’univers fĂ©Ă©rique de GrĂ©goire Pont, Ă  mi-chemin entre le cinĂ©ma cartoonesque et les jeux de lumiĂšre d’une prĂ©cision exceptionnelle, ne laisse au spectateur aucun temps mort, en collant comme jamais Ă  la musique raffinĂ©e de Ravel et au livret Ă©lĂ©gant de Nohain qui repose pourtant sur une intrigue dramatiquement mince, mais enchante par les nombreuses rĂ©fĂ©rences littĂ©raires et les savoureux jeux de mots. La rĂ©alisation est d’autant plus exemplaire que la briĂšvetĂ© de l’Ɠuvre interdit toute facilitĂ© gratuite que permet la virtuositĂ© d’une technique dĂ©jĂ  Ă©prouvĂ©e. On est en effet littĂ©ralement emportĂ© par ce dĂ©luge d’images qui Ă©voque l’univers d’un Tim Burton et qui mĂ©riterait pour chacune un commentaire circonstancié : les dĂ©licats jeux d’ombre, les changements de dĂ©cor Ă  vue (quand celui-ci se met en branle pour Ă©voquer le mal de mer ou que les horloges gĂ©antes se mettent Ă  tancer, puis se transforment en gratte-ciel new-yorkais), l’arrivĂ©e du poĂšte Gonzalve annoncĂ©e par un petit film en noir et blanc. On est face au mĂȘme univers graphique flamboyant, fourmillant de dĂ©tails fascinants dans lequel les interprĂštes se dĂ©placent avec une aisance confondante, grĂące Ă  une direction d’acteurs d’une prĂ©cision horlogĂšre. Le travail exceptionnel de James Bonas doit ici ĂȘtre saluĂ©, tout comme les merveilleux costumes de Thibault Vancraenenbroeck.
Le contexte hispanique est illustrĂ© certains dĂ©tails croustillants (les cornes de taureau du muletier par exemple), tandis que l’ensemble est transfigurĂ© par l’univers fabuliste animalier (Torquemada en souris, Gonzalve en lapin, Concepcion en chatte et Don Gomez en cochon), dans un vĂ©ritable festival de sons et lumiĂšres (de Christophe Chaupin), on ne peut plus idoine dans la ville qui en est le plus beau symbole. Pour cette Ɠuvre singuliĂšre oĂč la dĂ©clamation est presque plus importante que le chant Ă  proprement parler (Ă  l’exception du magnifique quintette final), les interprĂštes ont dĂ©ployĂ© un raffinement et un jeu scĂ©nique exemplaires, d’une justesse vraiment remarquable. ClĂ©mence Poussin campe une Concepcion plus vraie que nature : timbre clair, diction et projection idĂ©ales ; Quentin Desgeorges est un poĂšte attachant Ă  la voix sonore et affirmĂ©e, doublĂ© d’un acteur irrĂ©sistible ; habituĂ© aux productions du Studio OpĂ©ra (il avait magnifiquement tirĂ© son Ă©pingle du jeu dans la fĂ©Ă©rique Belle au bois dormant de Respighi la saison derniĂšre), GrĂ©goire Mour est un Torquemada Ă  la voix ductile et charmante, tandis que la verve comique de Martin HĂ€ssler en Don Gomez fait des merveilles, malgrĂ© de lĂ©gers dĂ©fauts dans la prononciation du français, dĂ©faut qui ne transparaĂźt guĂšre chez Christoph Engel qui assure une prĂ©sence vocale et scĂ©nique tout en sobre retenue.
Dans la fosse, Jonathan Stockhammer conduit avec grĂące, justesse, dans ses moindres nuances de timbre et de rythme, les forces en grande forme Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, contribuant Ă  parfaire une production qui mĂ©rite tous les Ă©loges.

  
 
    
 
 

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Compte-rendu. Lyon, OpĂ©ra de Lyon, Ravel, L’heure espagnole, 17 novembre 2018. ClĂ©mence Poussin (Concepcion), Quentin Desgeorges (Gonzalve), GrĂ©goire Mour (Torquemada), Christoph Engel (Ramiro), Martin HĂ€ssler (Don Gomez), GrĂ©goire Pont (concept et vidĂ©o), James Bonas (mise en scĂšnes), Thibault Vancraenenbroeck (dĂ©cors et costumes), Christophe Chaupin (lumiĂšres), Orchestre de l’opĂ©ra de Lyon, Jonathan Stockhammer (direction) / illustration : GrĂ©goire PONT / OpĂ©ra de Lyon / dĂ©cors pour L’Heure Espagnole 2018.Compte-rendu, opĂ©ra. LYON, OpĂ©ra. Ravel, L’heure espagnole, 17 nov 2018. Orchestre de l’OpĂ©ra de Lyon, Jonathan Stockhammer
 

  
 
    
 
 

L’Heure espagnole Ă  Nantes et Ă  Angers

Angers Nantes OpĂ©ra. Ravel : L’Heure Espagnole, 9-23 septembre 2015. CrĂ©Ă©e  Ă  l’OpĂ©ra-Comique en mai 1911, la comĂ©die musicale imaginĂ©e par Ravel joue avec dĂ©lices et subtilitĂ© des genres mĂȘlĂ©s, Ă  la fois chronique rĂ©aliste et fĂ©erie aux parfums allusivement espagnole (l’action se dĂ©roule Ă  TolĂšde au XVIII Ăšme).
Maurice_Ravel_1925Épouse de l’horloger Torquemada, Concepcion s’ennuie ferme : elle compte les heures et ne peut guĂšre solliciter le poĂšte Gonzalve, apparemment Ă©pris mais qui repousse toujours toute effusion. C’est un sĂ©ducteur impuissant qui la rend chĂšvre. Aussi quand paraĂźt le beau muletier Ramiro, la jeune femme s’éprend aussitĂŽt de lui
 Le vaudeville un rien coquin et savoureux inspire Ă  Ravel, une forme inĂ©dite, musicalement extrĂȘmement sophistiquĂ©e, Ă  la mesure de son gĂ©nie comme orchestrateur toujours audacieux, jamais en manque d’inspiration et d’expĂ©rimentation. Outre le raffinement de son langage musical, la justesse de sa prosodie (les rĂ©citatifs et dialogues sont d’une prĂ©cision exceptionnelle), Ravel subjugue encore aujourd’hui par la modernitĂ© du sujet : il y est bien question du dĂ©sir fĂ©minin. Concepcion aime les hommes et exprime son dĂ©sir de façon manifeste sous couvert de l’anecdote et de la comĂ©die. La libertĂ© de ton, la franchise des situations, souvent trĂšs comiques (les hommes cachĂ©s dans les horloges Ă  la barbe de Torquemada), tout cela rĂ©invente la scĂšne thĂ©Ăątrale Ă  l’aube de la premiĂšre guerre, et souligne l’originalitĂ© d’un Ravel dĂ©cidĂ©ment inclassable : son imaginaire lyrique relĂšve dĂ©jĂ  d’un impressionnisme surrĂ©aliste rĂ©ceptif Ă  l’activitĂ© de la psychĂ© ici fĂ©minine : seule le personnage de Concepcion et dans une moindre mesure, Ramiro grĂące au regard que lui porte la jeune espagnole, ont vraiment de l’épaisseur. Il n’en fallait pas moins pour rebuter l’audience parisienne, jamais trĂšs ouverte Ă  tant de nouveautĂ©s poĂ©tiques.

 

 

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C’est la premiĂšre production lyrique d’Angers Nantes OpĂ©ra dirigĂ©e par le chef Pascal RophĂ©, directeur musical de l’ONPL

Nantes, La Cité : les 9 et 11 septembre 2015

Angers, Centre de CongrĂšs: les 22 et 23 septembre 2015

CouplĂ©es Ă  L’Heure espagnole : la quatriĂšme piĂšce des Miroirs de Ravel : Alborada del Gracioso (L’Aubade au bouffon) et la musique pour ballet de Manuel de Falla : Le Tricorne.

VIDEO, reportage : L’Heure espagnole de Ravel Ă  l’OpĂ©ra de Tours

TOURS-aude-estremo-concepcion-heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-clic-de-classiquenews-avril-2015VIDEO, reportage : L’Heure espagnole de Ravel Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 10,12,14 avril 2015. OpĂ©ra en un acte couplĂ© avec La Voix humaine de Poulenc. Entretiens avec Catherine Dune (mise en scĂšne) et Aude Estremo (Concepcion). La femme de l’horloger Torquemada, Concepcion est frustrĂ©e et malheureuse, malgrĂ© son mari, ses amants… poupĂ©e prise au piĂšge par son propre Ă©poux, un rien voyeur manipulateur, Concepcion dĂ©couvre l’amour vĂ©ritable quand elle croise le chemin du muletier…  Extraits de la production prĂ©sentĂ©e Ă  Tours sous la direction de Jean-Yves Ossonce. © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

 

Voir aussi notre CLIP vidĂ©o de La Voix humaine et de l’Heure Espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours, les 10,12 et 14 avril 2015
 

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra, le 10 avril 2015. Poulenc : La Voix humaine. Ravel : L’Heure Espagnole. Anne-Sophie Duprels, Elle. Aude Estremo (Concepcion)
 OSRCT. Jean-Yves Ossonce, direction. Catherine Dune, mise en scĂšne.

FamiliĂšre de la scĂšne tourangelle, la soprano Catherine Dune – qui chantait cette saison Despina de Cosi  fan Tutte de Mozart, offre ici sa premiĂšre mise en scĂšne Ă  Tours. La sensibilitĂ© et l’humanitĂ© de l’artiste se ressentent  dans l’approche du diptyque choisi par le chef et directeur Jean-Yves  Ossonce : en associant les deux drames en un acte, La voix humaine puis L’Heure espagnole, de Poulenc et Ravel respectivement, il s’agit bien Ă  travers chaque hĂ©roĂŻne : “Elle ” puis la femme  de l’horloger Torquemada, Concepcion, de deux portraits de femmes que la question du dĂ©sir et de l’amour taraude, exalte, exulte, met au devant de la scĂšne.

 
 

Nouvelle production convaincante Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Deux portraits du désir féminin

 

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015Deux espaces clos, lieux de l’enfermement, unissent les deux univers lyriques mais le poids Ă©touffant du huit clos – vĂ©ritable billot sentimental  et cathartique oppresse chanteuse et spectateurs dans La Voix humaine quand les dĂ©lices doux amers, tragico comiques de la dĂ©licieuse comĂ©die  de Ravel, produisent un univers tout autre :  magique et onirique surtout fantastique et surrĂ©aliste. C’est ce second volet qui nous a le plus  sĂ©duit. … non pas tant par sa durĂ©e : presque une heure quand La voix humaine totalise  3/4 d’heure,  que par la profonde cohĂ©rence qu’apporte la mise en scĂšne.
L’Heure espagnole impose sa durĂ©e impĂ©rieuse au couple dĂ©luré  et si mal appareillĂ© de l’horloger Torquemada (en blouse et Ă  lunettes, sorte de voyeur de laboratoire), et de son Ă©pouse la belle brune Concepcion dont l’excellente Aude Estremo fait une prodigieuse incarnation : tigresses toute en contrĂŽle, la pulpeuse collectionne les amants sans ĂȘtre satisfaite, -frustration inconfortable qui on le comprend en cours de soirĂ©e n’est pas sans ĂȘtre cultivĂ©e par son Ă©poux lui-mĂȘme dont Catherine Dune fait l’observateur assidu mais discret des frasques de sa femme. La sensibilitĂ© extrĂȘme de la metteure en scĂšne sait aussi cultiver la pudeur et l’innocence quand surgit l’amour vĂ©ritable entre Concepcion et le muletier Ramiro dont le charme direct et physique contraste avec le poĂšte Gonzalvo, bellĂątre mou des corridas d’opĂ©rettes, aux Ă©lans amoureux toujours vellĂ©itaires (impeccable Florian Laconi).
Dans cet arĂšne  de pure fantasmagorie, Didier Henry a le ton juste du songe ; le baryton Alexandre Duhamel (Ramiro),  celui naturel  du charme sans esbroufe, et c’est surtout la mezzo Aude Estremo, dĂ©cidĂ©ment qui en donnant corps au personnage central,  rend son parcours trĂšs convaincant d’autant que la voix est sonore, naturellement puissante et finalement articulĂ©e. Son piquant et son tempĂ©rament L’univers dĂ©lurĂ© fantasque dĂ©fendu ici  souligne avec finesse les multiples joyaux dont la partition est constellĂ©e ; c’est un travail visuel qui s’accorde idĂ©alement Ă  la tenue de l’orchestre dont le raffinement permanent et le swing hispanisant convoquent le grand opĂ©ra : l’air de Concepcion,  qu’elle aventure qui marque le point de basculement du personnage (son coup de foudre troublant vis Ă  vis du muletier) fait surgir une vague irrĂ©pressible de candeur et de sincĂ©ritĂ© dans une cycle qui eut paru artificiel par sa mĂ©canique rĂ©glĂ©e Ă  la seconde  (les sacs  de sable que l’on Ă©ventre pour en faire couler la matiĂšre comme un sablier).

voix-humaine-anne-sophie-duprels-tours-opera-classiquenews-copyright-2015En premiĂšre partie de soirĂ©e (La Voix humaine), Anne-Sophie Duprels sĂ©duit indiscutablement par son chant velouté  et puissant Ă  la diction parfois couverte par l’orchestre. Sur un matelas dĂ©multipliĂ©, ring de ses ressentiments sincĂšres amĂšres, le chant se libĂšre peu Ă  peu dans une mise en scĂšne Ă©purĂ©e presque glaçante dont les lumiĂšres accusent la progression irrĂ©pressible : la cage qui enserre le coeur meurtri de l’amoureuse en rupture s’ouvre peu Ă  peu Ă  mesure que les cordes qui la composent et qui descendent depuis les cintres, sont levĂ©es, ouvrant l’espace ; rĂ©vĂ©lant l’hĂ©roĂŻne Ă  elle-mĂȘme en une confrontation ultime : dire, exprimer et nommer la souffrance, c’est se libĂ©rer. C’est au prix de cette Ă©preuve salvatrice – essentiellement cathartique-,  qu‘Elle prend conscience de sa force et de sa volontĂ© ; volontĂ© de dire : tu me quittes. Soit je l’accepte. Laisser faire, lĂącher prise, renoncer. … autant d’expĂ©riences clĂ©s que la formidable soprano Ă©claire de sa prĂ©sence douce et carressante, nuancĂ©e et intense.

Dans la fosse, en maĂźtre des couleurs et des teintes atmosphĂ©riques, Jean Yves Ossonce fait couler dans la Voix humaine le sirop onctueux et ductile de l’ocĂ©an de sensualitĂ© dont a parlĂ© Poulenc,  lequel semble compatir avec Elle ; le chef trouve aussi le charme d’une dĂ©contraction Ă©lĂ©gantissime de l’Heure Espagnole, dont le dialogue idĂ©al avec la mise en scĂšne et les dĂ©cors suscite un formidable cirque nocturne, enchanteur et rĂ©aliste Ă  la fois. La profondeur se glisse continĂ»ment dans cet Ă©loge feint de la lĂ©gĂšreté  La rĂ©ussite Ă©tant totale, voici aprĂšs le formidable Trittrico de Puccini prĂ©sentĂ© en mars dernier (prĂ©cision et sĂ©duction cinĂ©matographique), la nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours  qui crĂ©e lĂ©gitimement l’Ă©vĂ©nement dans l’agenda lyrique de ce printemps. A voir au Grand ThĂ©Ăątre de Tours les 10, 12 et 14 avril 2015.

 

 

 

APPROFONDIR : voir notre clip vidĂ©o La Voix humaine et l’Heure espagnole au Grand thĂ©Ăątre de Tours les 10,12,14 avril 2015

 

 

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Illustrations : © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015

Tours, OpĂ©ra : La Voix humaine, L’heure espagnole, les 10,12,14 avril 2015

heure-espagnole-ravel-opera-de-tours-aude-estremo-clip-video-classiquenews-copyright-2015VIDEO,clip. Tours: La Voix humaine,L’heure Espagnole. Les 10,12,14 avril 2015. Catherine Dune met en scĂšne deux portraits du dĂ©sir fĂ©minin : La Voix humaine sur un vaste lit, sorte de ring oĂč s’exacerbent les jalons d’une catharsis Ă©motionnelle ; puis L’Heure espagnole dont le dispositif visuel plonge dans une fantasmagorie onirique d’une profonde cohĂ©rence. Deux interprĂštes se distinguent : Anne-Sophie Duprels qui incarne “ELLE”, Ăąme dĂ©vastĂ©e certes mais promise Ă  une renaissance imprĂ©vue ; puis Aude Estremo dont le personnage de Concepcion, sauvage et fragile Ă  la fois, dominateur et contrĂŽlĂ© n’est pas sans rappeler par sa finesse de ton et sa forte intĂ©rioritĂ©, les femmes chez Bunuel… Nouvelle production Ă©vĂ©nement au Grand ThĂ©Ăątre de Tours. RĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS.TV 2015. LIRE aussi notre prĂ©sentation de La Voix humaine et de L’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 

 

 

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Sensible et en tension, la soprano Anne-Sophie Duprels incarne “Elle”, la voix palpitante et sur le fil,  de Poulenc et Cocteau (illustrations © CLASSIQUENEWS.TV 2015)

 

 

 

 

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

   
Catherine Dune, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théùtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte 
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Elle : Anne-Sophie Duprels

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’aprùs sa piùce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry

La Voix humaine et l’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours

tours-opera-voix-humaine-heure-espagnole-ravel-poulencTours. OpĂ©ra. La Voix humaine, L’Heure espagnole, les 10, 12, 14 avril 2015.  AprĂšs nous avoir rĂ©galer avec une Ă©blouissante nouvelle production du Trittico de Puccini (1918) en mars 2015 (voir notre reportage Il Trittico de Puccini Ă  l’OpĂ©ra de Tours), le Grand ThĂ©Ăątre tourangeau enchaĂźne les cycles de drames en un acte avec ce qui pourrait ĂȘtre l’Ă©quivalent français du thĂ©Ăątre Puccinien : deux actions lyriques en un acte, l’une tragique et dĂ©sespĂ©rĂ©e : La voix humaine de Poulenc ; la seconde, espiĂšgle, spirituelle, facĂ©tieuse donc plus lĂ©gĂšre : L’Heure Espagnole de Ravel. Les deux “comĂ©dies” excellent Ă  articuler un texte savoureux qui exige des acteurs certes, surtout des interprĂštes totalement engagĂ©s dans l’expressivitĂ© intelligible.

Poulenc, 1938
POULENC_francis_francis-poulenc_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95-1TragĂ©die lyrique certes, surtout drame intime. Celui d’une femme qui rompt avec son amant qu’elle aime encore. RĂ©aliste et amĂšre, tendre et dĂ©sespĂ©rĂ©, le mĂ©lodrame pour une seule voix et orchestre, La Voix Humaine, d’aprĂšs le texte de Cocteau (Ă©crit pour Berthe Bovy en 1938), dĂ©peint toutes les facettes de la dĂ©raison ampoureuse. “Elle” est une femme au bord de l’hystĂ©rie, trahie, abandonnĂ©e, humiliĂ©e… qui cherche en vain des motifs de plainte puis de renoncement : au tĂ©lĂ©phone, elle exprime toute sa profonde et impuissante solitude ; l’amour bafouĂ© et rompu suscite la folie comme la dĂ©raison ; rĂȘve ou cauchemar Ă©veillĂ©, ou soliloque autosacrificiel, la scĂšne se borne uniquement au ressentiment de l’hĂ©roĂŻne.

Ravel, 1911
Maurice_Ravel_1925Egalement en un acte, la comĂ©die musicale de Ravel est crĂ©Ă©e Ă  l’OpĂ©ra-Comique en mai 1911. A TolĂšde au XVIIIĂš, L’Ă©pouse de l’horloger Torquemada, Concepcion, s’ennuie ferme et se dĂ©sespĂšre que son soupirant le poĂšte Gonzalve lui rĂ©cite des vers… Heureusement survient celui que l’on attendait pas, Ramiro le muletier qui entreprend la belle… avec succĂšs.
De quiproquos en rebondissements, Concepcion cache ses soupirants et amant indĂ©sirables dans les horloges du magasin, et trop naĂŻf pour ne pas ĂȘtre cocu, Torquemada demande Ă  Ramiro de revenir ainsi chaque matin… LIRE notre prĂ©sentation complĂšte de La Voix humaine et de l’Heure espagnole Ă  l’OpĂ©ra de Tours

 

Opéra de Tours
LA VOIX HUMAINE
FRANCIS POULENC

L’HEURE ESPAGNOLE
MAURICE RAVEL

  
Catherine Dune, mise en scĂšne
Jean-Yves Ossonce, direction  

boutonreservationVendredi 10 avril 2015 – 20h
Dimanche 12 avril 2015 – 15h
Mardi 14 avril 2015 – 20h

Conférence, samedi 28 mars 2015, 14h30
Grand Théùtre, Salle Jean Vilar
entrée gratuite

 

 

 

distributions

LA VOIX HUMAINE
Tragédie lyrique en un acte
Livret de Jean Cocteau
Création le 6 février 1959 à Paris
Editions Ricordi

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Elle : Anne-Sophie Duprels *

L’HEURE ESPAGNOLE
Comédie musicale en un acte
Livret de Franc-Nohain, d’aprĂšs sa piĂšce
Création le 19 mai 1911 à Paris
Editions Durand

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scĂšne : Catherine Dune
DĂ©cors : Elsa Ejchenrand *
Costumes : Elisabeth de Sauverzac *
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Conception : Aude Extremo
Gonzalvo : Florian Laconi
Torquemada : Antoine Normand
Ramiro : Alexandre Duhamel
Don Inigo Gomez : Didier Henry