CD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica)

la-grande-chapelle-recasens-albert-MORREALES-lamentabatur-Iacob-critique-cd-review-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica). Albert Recasens et son ensemble La Grande Chapelle atteignent un nouveau sommet choral dans cet album superlatif qui souligne les mille subtilitĂ©s polyphoniques du sĂ©villan Cristobal de Morales, compositeur majeur du premier Siècle d’or (XVIè). C’est un rappel de ce que fut SĂ©ville et sa cathĂ©drale autour de 1500, quand Francisco de Peñalosa, Escobar (concepteur du plus ancien Requiem de la musique ibĂ©rique) dĂ©veloppent la riche tradition musicale locale. Le jeune Morales respecte les caractères idiomatiques des musiques et traditions liturgiques propres aux localitĂ©s qu’il a servi comme compositeur officiel : SĂ©ville donc, mais aussi, surtout, Rome puisqu’il rejoint le Vatican au service du pape Paul III Farnèse en 1535, pendant 10 ans ; puis se fixe Ă  Tolède jusqu’en 1547, enfin Malaga (1551) oĂą il meurt en 1555.

 

 

 

Polyphonies de CarĂŞme
Gravités humaines de Morales

 

 

 

Albert Recasens s’intĂ©resse au contexte musical dans lequel Morales a Ă©voluĂ©, mais aussi rĂ©tablit la place des particularismes locaux – tradition et Ă©criture authentiquement sĂ©villanes, andalous ; grandeur et souffle plus « europĂ©ens » c’est Ă  dire francoflamands appris Ă  Rome (Josquin)…
MORALES-la-grande-chapelle-recasens-lamentabatur-Iacob-critique-cd-review-cd-classiquenews-cristobal_de_Morales_by_James_CaldwallLa Grande Chapelle évoque l’ordinaire et le rituel liturgique à l’occasion d’événements importants du calendrier religieux : 3 dimanches précédant le Carême ; abstinence du Carême avant Pâques ; temps de réflexion et de méditation où le croyant est invité à questionner le sens de la crucifixion et de la résurrection. Entre style sévère (plain chant harmonisé / développé) et épisodes plus expressifs (motets polyphoniques), les chanteurs savent soigner une sonorité globale enveloppante et aérienne (évocation de la plénitude céleste, promise, espérée) et articuler le texte, soulignant tout ce que Morales (portrait gravé ci contre) réalise comme accentuation musicale selon les mots importants du texte (« conturbat » / l’effroi face à la mort, puis sur « miserere mei »… dans le répons « Peccantem me quotidie » au syllabisme plus accentué / qu’il soit ou non de Morales comme certains en doutent aujourd’hui). Comme Victoria et Guerrero, Morales cultive une manière économe et grave, en particulier dans les Matines des morts (Circumdederunt me, sur un plain chant typiquement sévillan, noble et méditatif). Pièce maîtresse de cette collection déplorative et tendre à la fois, Lamentabatur Iacob étend en plus de 9 mn, sa formidable prière lacrymale (Jacob y pleure ses enfants) comme une arche flamboyante, cependant toujours mesurée, aux mille nuances de timbres et de couleurs de la peine et de l’affliction. L’effet de nuage choral contraste avec l’éloquente sculpture des lignes solistes du motet qui suit « Accepit Iesus panes » claire évocation de l’élévation du Fils.
CLIC D'OR macaron 200Le programme gagne encore en dramatisation et en gravité, dans les 4 sections finales (du Temps de la Passion / Tempus Passionis), au geste à la fois extatique et pourtant très détaillé. Les interprètes réalisent une somptueuse nature morte, vanité chorale, à la fois puissante et sombre. L’essor du souffle, la maîtrise de l’intonation, l’équilibre souverain entre incarnation et évocation spirituelle témoignent de l’excellence des 7 chanteurs de La Grande Chapelle que l’on s’étonne de ne pas  écouter ni suivre plus régulièrement en France. Le choix du visuel de couverture est judicieux : l’une des mises au tombeau du Titien pour Philippe II : la vibration de la touche et l’éclat transparent de la palette picturale entrent en correspondance avec l’approche pointilliste et unitaire de l’ensemble piloté depuis 2007 par Albert Recasens. CLIC de CLASSIQUENEWS de l’automne 2019.

 

 

 

 

 

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CD Ă©vĂ©nement, critique. MORALES (1500 – 1553) : Lamentabatur Iacob / Musiques pour le temps de CarĂŞme. La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda Musica LAU019) – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Valladolid, sept 2018.

 

 

 

VISITEZ le site de la Grande Chapelle / Albert Recasens
http://www.laudamusica.com/index.php

 
  

 

CD, événement, annonce. El Rey Planète, Le Roi Planète. Juan Hidalgo (Musica para el Rey Planeta)

HIDALGO juan la grande chapelle le roi planete albert recasens cd critique review classiquenews mars 2016 Portada-hidalgo1-394x350CD, Ă©vĂ©nement, annonce. El Rey Planète, Le Roi Planète. Juan Hidalgo (Musica para el Rey Planeta). La Grande Chapelle. Albert Recasens (1 cd Lauda). Au service du patrimoine ibĂ©rique baroque, Albert Recasens et ses musiciens de La Grande Chapelle (ici 8 instrumentistes, 5 chanteurs) ressuscitent la ferveur du plein XVIIè espagnol. A l’époque du Roi Soleil, Juan Hidalgo avec Calderon invente le genre de la Zarzuela : le compositeur officiel Ă  la Cour de Madrid, sous les règnes de Philippe IV et Charles II, s’affirme par le raffinement de son Ă©criture et la recherche constante d’éloquence poĂ©tique et expressive. La contribution est d’autant plus dĂ©cisive que Hidalgo reste Ă  dĂ©couvrir, son profil biographique Ă©tant mal connu et encore imprĂ©cis malgrĂ© son importance musicale et les fonctions qu’il occupa. Albert Recasens rĂ©unit ici plusieurs Tonos et Villancicos : une majoritĂ© de mĂ©lodies dans ce cycle captivant sont enregistrĂ©s pour la première fois. VoilĂ  ce qu’Ă©crivait notre rĂ©dacteur alertĂ© et convaincu, Benjamin Ballifh au moment de la crĂ©ation en France du programme de La Grande Chapelle  et Albert Recasens en France lors du Festival estival de Saintes 2014 :

 

“Musicien pour le Roi Planète

Qui est-il ? Juan Hidalgo (1614-1685) est incontestablement le plus grand auteur lyrique du XVIIème siècle espagnol. Il a travaillé étroitement avec l’auteur dramatique Pedro Calderon de la Barca et crée avec lui le genre de la zarzuela (El laurel de Apolo) et le semi-opéra (Fortunas de Andrómeda y Perseo ou La estatua de Prometeo). Il a su former une association fructueuse pour des opéras célèbres comme La púrpura de la rosa (1659) et Celos aun del aire matan (1660), representées lors des festivités du mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche qui couronnaient le traité des Pyrénées (1660). Juan Hidalgo était aussi harpiste de la cour royale d’Espagne et il a composé plusieurs œuvres sacrées en latin et en espagnol (villancicos et tonos) qui révèlent un style résolument moderne. Juan Hidalgo fut le maître de musique de la Chambre Royale depuis 1645), au service de deux rois : Philippe IV (1621-1665) et Charles II (1665-1700). La diffusion du répertoire de villancicos et tonos du Maître Hidalgo est immédiate et importante : il existe des copies en Espagne, ans toute l’Europe et en Amérique latine (Madrid, Barcelone, El Escorial, Ségovie, Valence, Burgos, Salamanque, Valladolid, Munich, Guatemala, Lima, Sucre et New York).

 

 

 

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Pour le quadricentenaire de la naissance de Juan Hidalgo en 2014, La Grande Chapelle mène Ă  son terme un processus de recherche prĂ©alable aux concerts. Le programme “Musique pour le Roi Planète” offre par la première fois des inĂ©dits et des chefs-d’oeuvre emblĂ©matiques des deux versants de sa production (sacrĂ©e et théâtrale). Bien qu’il occupe une place importante dans l’histoire de la musique hispanique, son Ĺ“uvre et sa biographie demeurent mĂ©connues. Encore aujourd’hui, il n’existe aucun catalogue dĂ©taillĂ© ni aucune Ă©dition des Ĺ“uvres complètes de Hidalgo. La majeure partie des Ĺ“uvres jouĂ©es Ă  Saintes constituent une redĂ©couverte musicologique (première interprĂ©tation Ă  l’époque moderne). La restitution a Ă©tĂ© complexe Ă©tant donnĂ© la dispersion des sources, les nombreuses variantes et les faux anonymes. Davantage que les partitions liĂ©es au théâtre, -plus connues, il s’agit des tonos courtisans profanes et des pièces sacrĂ©es en espagnol qui ont Ă©tĂ© largement diffusĂ©es en Espagne et en AmĂ©rique au XVIIème siècle.” LIRE la prĂ©sentation complète du programme de La Chapelle Royale et Albert Recasens, ” Juan Hidalgo, musicien du Roi Planète”… 

 

 

Pleine critique complète dans le mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2016. Juan Hidalgo : Musica para el Rey Planeta par Albert Recasens et La Grande Chapelle (1 cd Lauda, enregistrement réalisé en novembre 2014).

 

 

 

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Francesc Valls : Misa Scala Aretina Ă  11 voix (A. Recasens, juin 2014, 1 cd Lauda)

valls francesc - missa aretina LAU014CD. Francesc Valls : Misa scala Aretina à 11 voix (A. Recasens, juin 2014, 1 cd Lauda). Albert Recasens a le don du défrichement : voici une messe inédite d’un compositeur ibérique ente le XVIIè et le XVIIIè d’une valeur indiscutable, actif à Barcelone dans le premier quart du XVIIIè : Francesc Valls. Formé à Valence, Valls devient maître de chapelle de la cathédrale de Barcelone en 1706. Proche du cercle des lettrés et modernes amateurs dont l’Academia Desconfiada créée en 1700, Valls se distingue très vite, livrant la musique des grandes célébrations de l’heure, dont les événements en liaison avec la guerre de Succession, à la demande  du Conseil des Cent, du Diputacio de Catalogne, des deux souverains en conflit. Ainsi les villancicos polychoraux (dont Sombras couardes ici enregistré); des messes spectaculaires débutant sur l’hymne à st Jean-Baptiste. Proche de l’Archiduc, Valls doit payer ses accointances politiques : il renonce à sa charge à Barcelone en 1719. Jusqu’en 1735, Valls occupe sa retraite par la rédaction de son fameux traité musical où il explique la composition, le contrepoint, surtout l’alchimie délicate du style concertant des voix et des instruments, exemples (ses œuvres principalement) à l’appui. Valls synthétise les recherches les plus pointues à son époque révélant une connaissance universelle, assimilant Zarlino, Kircher, Rameau, Pedro de Ulloa…

CLIC_macaron_20dec13En liaison avec la prĂ©sence de Philippe V Ă  Barcelone pour les Cortes catalanes, la Missa Scala Aretina se distingue et date de 1701 ou plus probablement de janvier 1702. La majestĂ© et le spectaculaire le disputent au raffinement et Ă  la sĂ©duction de l’écriture liturgique, rĂ©vĂ©lant la maĂ®trise de Valls. La messe a Ă©tĂ© ensuite rĂ©utilisĂ©e selon les besoins et les occurrences d’une pĂ©riode compliquĂ©e quand Philippe V s’opposa Ă  l’Archiduc Charles III d’Autriche, soutenu par aragonais, catalans, valenciennes. Charles installe sa cour Ă  Barcelone regroupant trompettes et timbales (si prĂ©sents dans la Missa Aretina a 11); il est possible que la Missa fut encore donnĂ©e pour cĂ©lĂ©brer la victoire d’Almenara, portĂ©e par Charles contre Philippe en 1710 (de cette reprise remonte la doublure des violons par la bonda – hautbois et bassons- propre Ă  l’archiduchesse). L’œuvre prend un caractère polĂ©mique jusqu’en 1717, quand elle est vivement dĂ©criĂ©e par des thĂ©oriciens compositeurs Ă  charge (Albors de la cathĂ©drale de Grenade, un proche des Bourbons) : il reproche Ă  Valls l’usage d’une dissonance  dans le Qui tollis du Gloria sur les mots « miserere nobis », de quoi renouveler les querelles d’un Artusi et d’un Monteverdi au siècle prĂ©cĂ©dent. La licence poĂ©tique de Valls dĂ©montre un gĂ©nie thĂ©oricien, vĂ©ritable dramaturge mĂŞme en contexte liturgique. Procès politique moins esthĂ©tique car les dĂ©tracteurs de Valls, jaloux par son talent, lui reprochent d’avoir servi le fĂ©lon Charles contre les intĂ©rĂŞts Bourbon.

Dans les faits, Albert Recasens a bien raison de ressusciter une Ĺ“uvre fondamentale du baroque ibĂ©rique : majestueuse et profonde, composĂ©e pour 3 choeurs, un orchestre de violons, hautbois, trompettes (formant quatrième choeur) avec accompagnement de violone, harpe et orgue. Les 2 premiers choeurs sont dĂ©volus aux solistes auxquels sont destinĂ©s de nombreux solos. La cellule de base – Ă©chelle des six notes de do Ă  la (hexacorde) qui donne son titre Ă  la partition, produit le sentiment d’élĂ©vation, de crescendo, de grandeur solennelle et majestueuse continue. La grandiose double fugue Ă  11 parties et l’écriture globale montrent combien Valls maĂ®trise le contrepoint le plus complexe mais aussi le style concertant Ă  l’italienne.

Sans emphase, articulés, et même palpitants sous la direction attentive de leur chef Albert Recasens, les chanteurs et instrumentistes de la Grande Chapelle poursuivent un travail de défrichement réellement passionnant : leur geste interprétatif rend hommage à l’inspiration sacrée d’un Valls audacieux, soucieux de clarté, efficace et réfléchi dans les options concertantes choisies. C’est évidemment plus qu’un petit maître. Un compositeur d’un souffle impérieux se dévoile pas à pas, dans son écriture italianisante, par ses accents dissonants (si décriés à son époque avec le retentissement politisé que l’os ait à présent).

francesc valls par solimena philippe V Charles IIIAux cĂ´tĂ©s de la Misa scala Aretina, Albert Recasens ajoute diverses partitions Ă©crites au cours de la carrière de Valls : Motet Sancta et immacula en stile osservato, originellement rĂ©pons de NoĂ«l; ou Lamentation de JĂ©rĂ©mie aux mĂ©lismes sĂ©duisants et duos vocaux dĂ©lectables.  Le psaume Lauda Ierusalem (avant 1705) est une partition concertante pour 3 choeurs vocaux et un quatrième composĂ© de violons et trompette, selon un dispositif proche de la Missa Aretina. La virtuositĂ© du motet Pascal, Surrexit castor bonus s’exprime dans le duo vertigineux violon et voix de soprano. MĂŞme le bref et saisissant motet Domine vim patior (texte d’IsaĂŻe) sert dans son traitĂ© d’exemple de composition dans le genre chromatique : un modèle dans le genre et un aperçu foudroyant de la manière Valls. N’omettons pas non plus les deux villancicos (en particulier Sombras cobardes – lâches obscuritĂ©s aux rĂ©fĂ©rences politiques manifestes), genre familier de la crĂ©ativitĂ© d’un Valls dĂ©cidĂ©ment très attachant, fĂ©cond, essentiel, profond, facĂ©tieux dans le contrĂ´le des diffĂ©rents plans de lecture et de comprĂ©hension.  Tout cela compose un brillant rĂ©quisitoire pour l’œuvre d’un musicien de valeur dont le gĂ©nie s’attacha au prestige de la Cour Ă©phĂ©mère catalane de Charles III, rival finalement dĂ©fait de Philippe V. Après ses prĂ©cĂ©dentes gravures dĂ©diĂ©es Ă  Alonso Lobo et auparavant Ă  une fĂŞte pascale place Navona Ă  Rome (musiques de Tomas Luis de Victoria : coup de coeur de classiquenews), ce nouveau disque Lauda est une rĂ©vĂ©lation.

Francesc Valls (ca 1671-1747) : Missa Aretina à 11 voix, motets, psaume, villancicos. La Grande Chapelle, Albert Recasens, enregistré en juin 2014. 1 cd Lauda LAU 014.

 

 

 

Francesc Valls
Missa Scala Aretina

La Grande Chapelle, Albert Recasens (direction)

• 1. Salmo: Lauda Ierusalem, a 10 06:37

• 2. Responsorio a la Virgen.: Sancta et immaculata, a 8* 05:26

• 3. Tono al Santísimo Sacramento: En el misterioso circo, a 4* 04:43

• 4. Lección: De lamentatione Ieremiae prophetae, a 8* 06:05

• 5. Motete para el día de Pascua: Surrexit Pastor bonus, a solo* 03:01

• 6. Motete: Plorans ploravit, a 4 01:59

• 7. Motete: Domine vim patior, a 4 02:12

• 8. Invitatorio a la Expectación de Nuestra Señora: Ave Maria, a 8* 03:30

• 9. Villancico a Santo Tomás de Aquino: Sombras cobardes, a 12* 06:55

• Misa «Scala Aretina», a 11

• Kyrie

• 10. Kyrie eleison, a 11 01:40

• 11. Christe eleison, a 7 01:38

• 12. Kyrie eleison, a 11 02:18

• Gloria

• 13. Gloria in excelsis Deo, a 11 01:50

• 14. Gratias agimus tibi, a 11 02:27

• 15. Qui tollis peccata mundi, a 7 02:12

• 16. Quoniam tu solus Sanctus 01:01

• 17. Cum Sancto Spiritu, a 11 01:19

• Credo

• 18. Credo in unum Deum, a 11 02:50

• 19. Et incarnatus est, a 4 01:01

• 20. Crucifixus, a 11 00:57

• 21. Et resurrexit, a 11 00:31

• 22. Et ascendit, a 11 01:46

• 23. Et in Spiritum Sanctum, a 11 03:34

• Sanctus

• 24. Sanctus, a 11 03:35

• 25. Agnus Dei, a 11 03:44

 

 

The Missa Scala Aretina by Francesc Valls is considered to be one of the most important works of Spanish music history. Written in the polychoral tradition and based on Guido d’Arezzo’s hexachord, and named after him, the work was composed for the cathedral of Barcelona, possibly to celebrate the closing of the Catalonian Parliament in January 1702. It owes its fame to the heated controversy over aesthetics which arose as a result of one of its passages. At one point the controversy involved over 50 musicians including Alessandro Scarlatti, and against the political backdrop of the Spanish War of Succession (1700-1714). La Grande Chapelle tackles the fascinating challenge of rediscovering this unique work in its original setting and presents us with a number of excellent unpublished pieces from Valls’ huge musical production.

1 cd Lauda LAU014

 

Visiter le site du label LAUDA, La Grande Chapelle, Albert Recasens

 

 

CD. Albert Recasens ressuscite Francesc Valls

 

Saint-Jean-Baptiste par Solimena, gĂ©nie napolitain, actif Ă  l’Ă©poque de Valls dont il laisse un portrait prĂ©sumĂ© (ci dessus reproduit)

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2014. Hidalgo; La Grande Chapelle, Albert Recasens, direction.

Albert Recasens, directeur de La Grande ChapelleSi en cette annĂ©e 2014 nous fĂŞtons le deux cent cinquantième anniversaire de la mort de Jean Philippe Rameau (nous y reviendrons dans une autre chronique) nous oublions, comme de coutume, de cĂ©lĂ©brer la naissance de nombreux autres compositeurs, plus ou moins oubliĂ©s. Le compositeur espagnol Juan Hidalgo (1614-1685) est de ceux ci. ArrivĂ© en France dans la suite de l’infante Marie ThĂ©rèse, venue Ă©pouser Louis XIV, il a composĂ© nombres de partitions Ă  l’occasion des noces royales cĂ©lĂ©brĂ©es en grande pompe Ă  St Jean de Luz puis Ă  Paris. Jamais rejouĂ©es depuis 1660, les oeuvres d’Hidalgo sont rapidement tombĂ©es dans l’oubli et il a fallu Ă  Albert Recasens, chef et co-fondateur, avec son père, de La Grande Chapelle, un long et patient travail de recherches musicales et musicologiques pour parvenir Ă  les retrouver et Ă  les rassembler en un programme cohĂ©rent.

La Grande Chapelle fĂŞte royalement le quadricentenaire Hidalgo

Musicalement moins reconnue que l’Italie, la France et l’Allemagne, l’Espagne a pourtant donnĂ© le jour Ă  nombre de compositeurs prolifiques dont fait partie Juan Hidalgo. Ses motets et les villancicos constituent une partie non nĂ©gligeable de son oeuvre. Des copies ont Ă©tĂ© retrouvĂ©es tant en Europe (Espagne, France, Allemagne) qu’en AmĂ©rique du nord (États Unis) et en AmĂ©rique latine (Guatemala, Mexique …) dĂ©montrant ainsi la popularitĂ© de Juan Hidalgo de son vivant. Au programme de ce concert, ce sont des villancicos vocaux ou instrumentaux et des motets vifs et joyeux qui sont chantĂ©s alternativement en solo, en duo, Ă  trois ou Ă  quatre.

Les quatre chanteurs de La Grande Chapelle sont dotĂ©s de fort belles voix qui se complètent remarquablement; saluons par ailleurs l’excellente diction des quatre solistes qui sont soudĂ©s par une Ă©vidente complicitĂ© et des liens musicaux très forts. Albert Recasens dirige avec sobriĂ©tĂ© et talent les villancicos et motets Ă  trois et quatre voix dont le ton est Ă  la fois recueilli et allègre. Les deux solistes, respectivement soprano et tĂ©nor, brillent particulietement en solo ou en duo, ces deux formes occupant un grand tiers du concert. Pour donner un peu de rĂ©pit aux chanteurs les musiciens jouent deux villancicos instrumentaux assez courts mais sĂ©duisants qui leur permettent de se mettre en valeur avec simplicitĂ©.

La Grande Chapelle et son chef reçoivent un accueil très chaleureux d’autant plus qu’avec un programme de musique baroque espagnole le pari Ă©tait loin d’ĂŞtre gagnĂ©. Cependant le talent et la proximitĂ© d’Albert Recasens tant avec ses musiciens qu’avec le public lui permet de dĂ©voiler avec aisance un programme de toute beautĂ© composĂ© d’oeuvres oubliĂ©es depuis trop longtemps. Saluons le long et patient travail de recherche musicologique, remarquable defendu par La Grande Chapelle car il permet d’exhumer des oeuvres injustement oubliĂ©es ; souhaitons que linkyiat8ve du chef donnera lieu Ă  la parution d’un CD d’ici Ă  quelques mois.

Saintes. Abbaye aux dames, le 14 juillet 2014. Juan Hidalgo (1614-1685) : Venid querubines alados, Mas ay piedad, Oh admirable Sacamento, Rompa el aire en suspiros, Pajarillo que cantas alegre, Escuchad mi voz (instrumental), Anarda divina, Cuando el alba aplaude; Suprema deida que miro, Antorcha brillante; Ay corazon amante, Luceros y flores arded y lucid, Cielos que florece el ampo (instrumental), Aunque en el pan del cielo, Oigan en ecos y esdrujulos, Escuchad atended; La Grande Chapelle, Albert Recasens, direction.

La Grande Chapelle ressuscite Juan Hidalgo Ă  Saintes

Albert Recasens, directeur de La Grande ChapelleSaintes. La Grande Chapelle : Hidalgo, musique pour le Roi Planète, le 14 juillet 2014, 13h. Splendeurs baroques ibériques. Le madrilène Albert Recasens et son ensemble vocal et instrumental, La grande Chapelle que nous avions suivi dans son exploration de Lobo au festival de Cuenca 2013,  ressuscitent les musiques festives et cérémonielles de Juan Hidalgo (1614-1685), compositeur oublié entre France et Espagne au XVIIème. On lui doit le rituel commémoratif pour les Noces de Louis XIV. Intitulé « Musique pour le Roi Planète », le programme inédit en France et présenté à Saintes cet été, regorupe plusieurs œuvres de Juan Hidalgo (1614-1685), en particulier ses tonos, villancicos religieux et pièces pour la scène.

Musicien pour le Roi Planète

Qui est-il ? Juan Hidalgo (1614-1685) est incontestablement le plus grand auteur lyrique du XVIIème siècle espagnol. Il a travaillĂ© Ă©troitement avec l’auteur dramatique Pedro Calderon de la Barca et crĂ©e avec lui le genre de la zarzuela (El laurel de Apolo) et le semi-opĂ©ra (Fortunas de AndrĂłmeda y Perseo ou La estatua de Prometeo). Il a su former une association fructueuse pour des opĂ©ras cĂ©lèbres comme La pĂşrpura de la rosa (1659) et Celos aun del aire matan (1660), representĂ©es lors des festivitĂ©s du mariage de Louis XIV et de Marie-ThĂ©rèse d’Autriche qui couronnaient le traitĂ© des PyrĂ©nĂ©es (1660). Juan Hidalgo Ă©tait aussi harpiste de la cour royale d’Espagne et il a composĂ© plusieurs Ĺ“uvres sacrĂ©es en latin et en espagnol (villancicos et tonos) qui rĂ©vèlent un style rĂ©solument moderne. Juan Hidalgo fut le maĂ®tre de musique de la Chambre Royale depuis 1645), au service de deux rois : Philippe IV (1621-1665) et Charles II (1665-1700). La diffusion du rĂ©pertoire de villancicos et tonos du MaĂ®tre Hidalgo est immĂ©diate et importante : il existe des copies en Espagne, ans toute l’Europe et en AmĂ©rique latine (Madrid, Barcelone, El Escorial, SĂ©govie, Valence, Burgos, Salamanque, Valladolid, Munich, Guatemala, Lima, Sucre et New York).

 

 

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Pour le quadricentenaire de la naissance de Juan Hidalgo en 2014, La Grande Chapelle mène Ă  son terme un processus de recherche prĂ©alable aux concerts. Le programme “Musique pour le Roi Planète” offre par la première fois des inĂ©dits et des chefs-d’oeuvre emblĂ©matiques des deux versants de sa production (sacrĂ©e et théâtrale). Bien qu’il occupe une place importante dans l’histoire de la musique hispanique, son Ĺ“uvre et sa biographie demeurent mĂ©connues. Encore aujourd’hui, il n’existe aucun catalogue dĂ©taillĂ© ni aucune Ă©dition des Ĺ“uvres complètes de Hidalgo. La majeure partie des Ĺ“uvres jouĂ©es Ă  Saintes constituent une redĂ©couverte musicologique (première interprĂ©tation Ă  l’époque moderne). La restitution a Ă©tĂ© complexe Ă©tant donnĂ© la dispersion des sources, les nombreuses variantes et les faux anonymes. Davantage que les partitions liĂ©es au théâtre, -plus connues, il s’agit des tonos courtisans profanes et des pièces sacrĂ©es en espagnol qui ont Ă©tĂ© largement diffusĂ©es en Espagne et en AmĂ©rique au XVIIème siècle.

 

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