GRAND ENTRETIEN avec Jean-Nicolas DIATKINE, piano : LISZT l’ILLUSIONNISTE

GRAND ENTRETIEN avec Jean-Nicolas DIATKINE : LISZT l’Illusionniste – La technicitĂ© et la sensibilitĂ© se rĂ©vèlent chez un interprète d’autant mieux quand il sert un rĂ©pertoire, des Ĺ“uvres oĂą les affinitĂ©s se rĂ©alisent. Une alliance miraculeuse lorsque l’instrument idĂ©al se dĂ©voile lui aussi sous les mains agiles du pianiste. C’est le cas de Jean-Nicolas Diatkine dont le nouvel album, dĂ©diĂ© aux sortilèges de Liszt l’illusionniste, auteur de la Ballade n°2, transcripteurs fabuleusement inspirĂ© par les lieder de Schubert et quelques extraits d’opĂ©ras de Wagner. A travers les relectures de Liszt et dans le drame amoureux tragique de la Ballade n°2 se dĂ©ploie l’imagination ciselĂ©e d’un interprète hors normes. ENTRETIEN pour classiquenews
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CLASSIQUENEWS : D’une façon générale, quelles sont les qualités principales du piano que vous avez choisi pour ce programme ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : Lors d’un enregistrement, les micros sont répartis dans un espace relativement proche de l’instrument, afin d’en éclaircir et séparer nettement les harmoniques les uns des autres, pour que la vitesse d’exécution ne nuise pas à la clarté de l’énonciation musicale. Cependant, dans les pages que j’ai enregistrées, les demandes de Liszt concernant l’usage de la pédale de sustain se heurtent sur un piano moderne au risque de confusion sonore qui aboutirait à une saturation qui masquerait les détails essentiels. Lorsque j’ai essayé le Schiedmayer de 1916, j’ai été séduit par sa longueur de son exceptionnelle, sa grande richesse de timbres selon les registres, et enfin sa capacité à garder intactes des harmonies très différentes, même juxtaposées ensemble par l’usage de la pédale spécifié par le compositeur.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous mettez en avant ses propriétés capables de réaliser les staccatos tout en utilisant la pédale, comme c’est le cas dans Ständchen ; Y a t il d’autres morceaux où cette faculté distinctive et expressive est bénéfique à Schubert et à Wagner ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : A part Ständchen, où l’usage de la pédale permet d’amplifier le chant, c’est à dire la ligne mélodique, c’est dans Parsifal que Liszt m’a paru être le plus audacieux et pourtant très précis. Là s’efface une vision sécurisante de l’écoulement des sons, celle qui joue avec la pesanteur de la dominante vers la tonique au grès des modulations, et qu’on appelle d’ailleurs « résolution » ! Au contraire, les résonnances demandées par Liszt créent une incertitude et donc une tension qui demandent une écoute et une réaction d’instant en instant ; on se rapproche plutôt de la mécanique quantique ! Le Schiedmayer peut y faire des merveilles.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte en réalité la transcription de Liszt aux pièces originelles, vocales pour Schubert / symphoniques chez Wagner ? Où se situe la créativité voire la liberté du transcripteur ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : En ce qui concerne les lieder de Schubert, j’ai été longtemps déçu par la lecture de ces partitions, parce que j’y attendais une transmission fidèle de la partition originale, comme Liszt a pu le faire avec les symphonies de Beethoven, y usant parfois de trouvailles pianistiques stupéfiantes pour respecter l’impact de la masse orchestrale. Malgré tout, le travail m’a permis de découvrir comment Liszt s’est saisi directement des émotions de Schubert, comme s’il avait pu les entendre intérieurement à l’instant même où Schubert allait les coucher sur le papier, en amont de sa plume, en quelque sorte. Alors, il a choisi de les rendre en utilisant ses immenses moyens pianistiques et sur des pianos beaucoup plus puissants que du temps de Schubert. Il y a découvert des continents sonores inconnus, et, comme le sont des sommets enneigés et lointains, difficiles d’accès.
Cependant, dans certaines pages que je n’ai pas choisies, comme Die Forelle, ou Das Sterbenglöcklein, l’emploi d’une virtuosité acrobatique est devenu un but en soi, et il m’a semblé que Schubert y passait au second plan, celui du faire-valoir. Paradoxalement, elles m’ont aussi clairement indiqué la voie à suivre.
Les transcriptions de Wagner témoignent de l’extraordinaire pouvoir d’un immense pianiste-illusionniste à faire rentrer l’orchestre dans le piano. Leur seule faiblesse serait sans cela d’avoir un début et une fin, et un temps extrêmement limité pour amener l’auditeur au sommet de la tension musicale. C’est là aussi un point de divergence avec Wagner dont le souffle atteint des durées aux dimensions gigantesques.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous choisi les pièces de ce programme ? Comment se répondent-telles les unes aux autres ? Quel cheminement réalise l’auditeur pendant son écoute ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : Pour répondre d’abord à votre dernière question, je suis convaincu que si l’agencement des pièces est bien fait, chaque journée peut apporter à l’auditeur une écoute différente. La musique restera vivante même enfermée dans un support avec un emballage en cellophane. Il me semble que c’est le cas, au point que le résultat m’échappe à moi-même. Ce serait mentir que d’affirmer que je l’avais prévu.
Le point de départ a été de choisir les Lieder les plus contrastés, puis sortir parfois de l’ordre chronologique pour retrouver une alternance dans les variations de la puissance dramatique et sonore. Cependant leur mise en relation interne tient plus à l’auditeur qu’à Schubert et à son transcripteur : la plupart n’appartiennent pas à un cycle et sont indépendants sur tous les plans, hormis les quatre du Chant du Cygne.
Cette œuvre s’appuie sur deux cycles de poèmes qui ont été composés par deux poètes aussi différents que le jour et la nuit, Rellstab et Heine. J’apprécie particulièrement l’éloignement tonal entre Der Atlas et le Double, qui met ce dernier particulièrement en lumière, comme aurait dit Victor Hugo : il en devient encore plus sombre.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quel attrait ou enrichissement tire l’interprète des transcriptions de Liszt ?

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDJEAN-NICOLAS DIATKINE : Depuis longtemps, le jeu de Liszt au piano me fascine et m’interroge : il reste un mystère que les très nombreux témoignages le concernant n’ont pas réussi à dissiper, tout en façonnant son mythe. En écoutant au disque les interprétations d’œuvres de Liszt par Ferruccio Busoni, Joseph Levine et Eugène D’Albert, j’ai trouvé dans leur exécution une magie et une liberté qui m’inspirent beaucoup. Par extrapolation, elles m’ont donné une direction pour imaginer celles de Liszt. Mais sans aucun doute, c’est la lecture au clavier des transcriptions de Schubert qui m’a ouvert sur ce chemin des portes essentielles dont je ne soupçonnais pas l’existence, jusque-là.

Propos recueillis en juin 2022

 

 

 

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Jean-Nicolas DIATKINE a joué le programme de son nouvel album LISZT : Ballade n°2 / Transcriptions des lieder de Schubert, extraits d’opéras de Wagner, à PARIS, Salle Gaveau le 2 juin 2022. LIRE ici notre critique complète du récital.
CRITIQUE, concert. PARIS, Gaveau, le 2 juin 2022. RĂ©cital de Jean-Nicolas Diatkine, piano : Liszt, transcriptions des lieder de Schubert / extraits d’opĂ©ras de Wagner. On reste saisi par l’intelligence musicale de l’interprète ; sa figure modeste et humble mais son clavier surpuissant et capable de nuances les plus orfĂ©vrĂ©es. En abordant les transcriptions de Liszt d’après Schubert, Jean-Nicolas Diatkine expose ses talents de conteur enivrĂ©, voire hallucinĂ© (Gretchen am Spinnrade d’après Goethe dont il exprime jusqu’à l’infini mĂ©lancolique, et les aspirations d’une jeune âme envoĂ»tĂ©e) ; pour chaque lied sublimĂ© par la traduction pianistique qu’en dĂ©livre Liszt, l’écoute se dĂ©lecte de cadences de rĂŞve mais l’onirisme des phrases n’écarte jamais ce mordant expressif qui fait jaillir sous les doigts, la vitalitĂ© du texte initial, les accents des poèmes mis en musique par Schubert…. EN LIRE PLUS

 

 

 

DIATKINE CD carrev1CD : LISZT : Ballade n°2 / Transcriptions des lieder de Schubert, extraits d’opĂ©ras de Wagner – Jean-Nicolas DIATKINE, piano (1 cd Solo Musica, prochaine critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews) – CLIC de CLASSIQUENEWS Ă©tĂ© 2022.

 

 

 

 

 

 

CRITIQUE, concert. PARIS, Gaveau, le 2 juin 2022. Récital de Jean-Nicolas Diatkine, piano : Liszt, transcriptions des lieder de Schubert / extraits d’opéras de Wagner. 

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDCRITIQUE, concert. PARIS, Gaveau, le 2 juin 2022. Récital de Jean-Nicolas Diatkine, piano : Liszt, transcriptions des lieder de Schubert / extraits d’opéras de Wagner. On reste saisi par l’intelligence musicale de l’interprète ; sa figure modeste et humble mais son clavier surpuissant et capable de nuances les plus orfévrées. En abordant les transcriptions de Liszt d’après Schubert, Jean-Nicolas Diatkine expose ses talents de conteur enivré, voire halluciné (Gretchen am Spinnrade d’après Goethe dont il exprime jusqu’à l’infini mélancolique, et les aspirations d’une jeune âme envoûtée) ; pour chaque lied sublimé par la traduction pianistique qu’en délivre Liszt, l’écoute se délecte de cadences de rêve mais l’onirisme des phrases n’écarte jamais ce mordant expressif qui fait jaillir sous les doigts, la vitalité du texte initial, les accents des poèmes mis en musique par Schubert. Le pianiste a à cœur de révéler la vitalité intrinsèque et la vocalité parfois âpre de chaque poème : l’élan schumannien de « Rastlose Liebe » (lui aussi d’après Goethe) ; l’extase suspendue de l’Ave Maria, son temps étiré, flottant ; surtout le dramatisme à la fois noir et angélique de Roi des Aulnes (Erlkönig, d’après Goethe). La sincérité dépouillée et toujours chantante des lieder extraits du Chant du cygne (liebesbotschaft, surtout Ständchen…) révèle aussi une écoute particulière centrée sur le clavier dont l’imagination fabuleuse du pianiste fait jaillir des pépites sonores, des phrasés d’une profondeur bouleversante ; le toucher diseur semble recréer chaque mesure dans une intériorité régénérée.

La volubilité technique et l’art de faire chanter le clavier s’accordent en détachant pourtant toutes les voix simultanées… habile gestion de la pédale… gageure ici car l’instrument (Steinway) n’a pas la technicité ni la beauté des graves du piano Schiedmayer de Stuttgart, spécialement préparé, choisi pour l’enregistrement de ce programme exceptionnel. La capture en studio fait valoir les performances spectaculaires du clavier : ses notes graves remarquables, et médianes jamais lourdes ; ses aigus perlés qui s’envolent et dessinent les arabesques et volutes à l’infini.. Le chant principal redessine l’activité des contre chants : brio et fantaisie pilotent l’essor d’une vocalità pianistique accomplie dont la clé est la mesure, le refus du pathos et d’une théâtralité bruyante, de toute bravoura spectaculaire. Rien n’est joué si n’est audible le sens de son énoncé. La vision poétique est d’autant plus aboutie qu’elle canalise le geste et privilégie l’éclat de la nuance.
Sur son Steinway cependant, le pianiste détache chaque plan sonore afin de ciseler le verbe musical dont il se joue des contrastes, des heurts rythmiques, des nappes harmoniques. Son talent est pictural.
A l’écoute des lieder pourtant sans paroles, le texte et les intentions dramatiques, les abysses psychologiques s’articulent, libèrent la richesse poétique du sujet ; les nuances, la profondeur, les scintillements allusives, les paysages schubertiens vaporeux et terrifiants, dramatiques et mystérieux prennent vie (Der Doppelgänger d’après Heine / ultime lied extrait du Chant du cygne dont Jean-Nicolas Diatkine caresse le caractère de gravitas, énoncé comme un long questionnement).

Le piano diseur et poétique
de Jean-Nicolas Diatkine

Certes, le piano de Gaveau n’a pas le spectre expressif ni la spatialité dessiné par l’excellent Schiedmayer ; mais ici, les arrières plans finement dessinés, palpitent, éclaircissant de nouveaux rapport dans l’éloquence d’un discours libéré et comme décuplé, démultiplié, par un geste d’une finesse saisissante, par une imagination ciselée et maîtrisée.
La texture poétique, expressive et si personnelle affirme un tempérament qui pense et re sculpte la musique avec une grâce enthousiasmante. La modestie et la discrétion sont piliers d’une sensibilité musicale littéralement envoûtante.
Puis Liszt s’affirme dans l’immensité de son génie narrateur. La partition au centre du programme dévoile chez l’interprète d’autres somptueuses qualités. Dans la Ballade n°2, poème pianistique aux largesses symphoniques, l’architecture chaotique et terrifiante alterne mouvements souterrains et aspirations éthérées célestes, contrastes saisissants qui cependant développent toute une narration dramatique sur le thème de Léandre et Héro, amants éprouvés, sacrifiés, broyés par la machine océane selon la légende d’Ovide ; ce qui est remarquable c’est la sublimation qu’apporte Liszt, explicitée par le jeu de l’interprète ; son regard infiniment tendre pour ses héros et ce don dont il les bénit en exprimant la grâce de leur amour… son piano dit et les gouffres sans fond et le pouvoir immense de l’amour, lequel sublime l’élan des amants dont le pianiste exprime toutes les facettes du sentiment amoureux et tragique.
On invite l’auditeur Ă  revivre cette alchimie poĂ©tique en se reportant au cd du programme que les extraits d’opĂ©ras de Wagner (Tristan und Isolde, Lohengrin, Parsifal,…) complètent miraculeusement : nouvel album de Jean-Nicolas Diatkine paru en juin chez Solo Musica – CLIC de CLASSIQUENEWS Ă©tĂ© 2022.
Jean-Nicolas Diatkine est un immense interprète ; son piano murmure et transporte ; sa sensibilité éblouit par sa justesse et sa sincérité. Magistral.

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CRITIQUE, concert. PARIS, Gaveau, le 2 juin 2022. Récital de Jean-Nicolas Diatkine, piano : Liszt, transcriptions des lieder de Schubert / Ballade n°2 / extraits d’opéras de Wagner.

PARIS (Gaveau) : Jean-Nicolas DIATKINE joue Schubert et Wagner, transcripts par LISZT

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDPARIS, GAVEAU, Jeu 2 juin 2022. JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano. LISZT, SCHUBERT, WAGNER… RĂ©cital Ă©vĂ©nement autant pour l’artiste engagĂ©, dĂ©fricheur de l’absolu, capable de fouiller jusqu’au trĂ©fonds de l’œuvre, rĂ©vĂ©lant ses pĂ©pites enfouies ; que pour l’instrument aussi car Jean-Nicolas Diatkine a jouĂ© pour l’enregistrement cd du programme, un piano Schiedmayer de 1916, parfaitement restaurĂ© dont le timbre et le format sonore s’accordent au choix des pièces abordĂ©es ; Ă  Gaveau, Jean-Nicolas Diatkine jouera un Steinway, le Schiedmayer n’Ă©tant pas transportable.

Le programme reprend pour une large part les œuvres jouées dans le dernier cd du pianiste : soit plusieurs perles conçues par Schubert et Wagner mais transcrites par le magicien Liszt. La ciselure verbale du lied schubertien, l’extase lyrique wagnérienne sont ainsi sublimées par l’écriture du Liszt transcripteur qui dans ce jeu d’adaptation et de relecture, offre au clavier la possibilité de suggérer tout en finesse. JN Diatkine prend soin de recueillir et respecter à la lettre les indications du transcripteur, en particulier le recours à la pédale qui ne dilue pas le contrepoint ni le relief de chaque voix mais permet de détacher et articuler (staccato de Ständchen de Schubert). Le chant multiple des harmonies gagne en force et en suggestion poétique, d’autant que les plans simultanés sont restitués sans dilution.

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PARIS, Salle GAVEAU : RĂ©cital de Jean-Nicolas DIATKINE, pianoboutonreservation
Jeudi 2 Juin 2022 Ă  20h30
SCHUBERT, WAGNER
Transcriptions par Liszt

 

 

TRANSCRIPTIONS MAGICIENNES SUR UN SCHIEDMAYER… Comment la musique peut dire et exprimer les mots de la poĂ©sie ? Jean-Nicolas DIATKINE interroge dans ce programme entre verbe et note, la capacitĂ© de l’instrument Ă  parler et Ă  chanter : « la musique prend alors la place des mots dans l’ordre poĂ©tique, et le serviteur devient roi ».
Dans les pièces de ce programme qui aborde l’imaginaire de Schubert et de Wagner, Jean-Nicolas Diatkine précise : « Dans ses transcriptions des lieder de Schubert, Liszt a tenu à faire imprimer, au-dessus de la portée, le texte du poème mis en musique. Il donne par ce moyen à l’interprète de précieuses indications sur le phrasé et l’accentuation qu’il désire ».
Illusionniste, Liszt transcripteur opère une sublimation de Schubert et de Wagner en touchant au plus près l’essence des partitions originelles. Au service des opéras de Wagner, leur ampleur et leur puissance onirique comme leur acuité psychologique, le piano de Liszt devient symphonique, à l’écoute des passions des héros wagnériens. Il reste à l’imaginaire du pianiste d’en exprimer la sincérité comme la justesse poétique. Récital événement.

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Programme :

Schubert-Liszt : Sélection de mélodies transcrites pour piano
(Dont Le Roi des Aulnes, Marguerite au rouet, Ave Maria, SĂ©rĂ©nade…)

Liszt : Ballade n°2

Wagner-Liszt : Transcriptions d’opĂ©ras
Le Choeur des Pèlerins (Tannhäuser)
Le rêve d’Elsa (Lohengrin)
L’admontion de Lohengrin (Lohengrin)
La mort d’Isolde (Tristan et Isolde)
La Marche Solennelle vers le Saint-Graal (Parsifal)

 

 

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de la Salle Caveau, ici

 

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Le programme du rĂ©cital Ă  Gaveau ce 2 juin 2022 reprend le cycle des pièces enregistrĂ©es par Jean-Nicolas Diatkine dans son nouvel album : FRANZ LISZT : Schubert and Wagner Transcriptions – Ballade n°2 – 1 cd Solo MUSICA

 

 

 

 

 

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VOIR : Jean-Nicolas DIATKINE joue Schubert-Liszt : ” Auf dem Wasser zu singen “: https://youtu.be/ccGdyNl2LTw

 

 

 

 

 

 

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TEASER VIDEO : Jean-Nicolas Diatkine joue Schubert revu par Liszt : ” Auf dem Wasser zu singen ” :

 

 

 

PARIS (Gaveau) : Jean-Nicolas DIATKINE joue les transcriptions de Liszt d’après Schubert et Wagner

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDPARIS, GAVEAU, Jeu 2 juin 2022. JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano. LISZT, SCHUBERT, WAGNER… RĂ©cital Ă©vĂ©nement autant pour l’artiste engagĂ©, dĂ©fricheur de l’absolu, capable de fouiller jusqu’au trĂ©fonds de l’œuvre, rĂ©vĂ©lant ses pĂ©pites enfouies ; que pour l’instrument aussi car Jean-Nicolas Diatkine a jouĂ© pour l’enregistrement cd du programme, un piano Schiedmayer de 1916, parfaitement restaurĂ© dont le timbre et le format sonore s’accordent au choix des pièces abordĂ©es ; Ă  Gaveau, Jean-Nicolas Diatkine jouera un Steinway, le Schiedmayer n’Ă©tant pas transportable.

Le programme reprend pour une large part les œuvres jouées dans le dernier cd du pianiste : soit plusieurs perles conçues par Schubert et Wagner mais transcrites par le magicien Liszt. La ciselure verbale du lied schubertien, l’extase lyrique wagnérienne sont ainsi sublimées par l’écriture du Liszt transcripteur qui dans ce jeu d’adaptation et de relecture, offre au clavier la possibilité de suggérer tout en finesse. JN Diatkine prend soin de recueillir et respecter à la lettre les indications du transcripteur, en particulier le recours à la pédale qui ne dilue pas le contrepoint ni le relief de chaque voix mais permet de détacher et articuler (staccato de Ständchen de Schubert). Le chant multiple des harmonies gagne en force et en suggestion poétique, d’autant que les plans simultanés sont restitués sans dilution.

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PARIS, Salle GAVEAU : RĂ©cital de Jean-Nicolas DIATKINE, pianoboutonreservation
Jeudi 2 Juin 2022 Ă  20h30
SCHUBERT, WAGNER
Transcriptions par Liszt

 

 

TRANSCRIPTIONS MAGICIENNES SUR UN SCHIEDMAYER… Comment la musique peut dire et exprimer les mots de la poĂ©sie ? Jean-Nicolas DIATKINE interroge dans ce programme entre verbe et note, la capacitĂ© de l’instrument Ă  parler et Ă  chanter : « la musique prend alors la place des mots dans l’ordre poĂ©tique, et le serviteur devient roi ».
Dans les pièces de ce programme qui aborde l’imaginaire de Schubert et de Wagner, Jean-Nicolas Diatkine précise : « Dans ses transcriptions des lieder de Schubert, Liszt a tenu à faire imprimer, au-dessus de la portée, le texte du poème mis en musique. Il donne par ce moyen à l’interprète de précieuses indications sur le phrasé et l’accentuation qu’il désire ».
Illusionniste, Liszt transcripteur opère une sublimation de Schubert et de Wagner en touchant au plus près l’essence des partitions originelles. Au service des opéras de Wagner, leur ampleur et leur puissance onirique comme leur acuité psychologique, le piano de Liszt devient symphonique, à l’écoute des passions des héros wagnériens. Il reste à l’imaginaire du pianiste d’en exprimer la sincérité comme la justesse poétique. Récital événement.

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Programme :

Schubert-Liszt : Sélection de mélodies transcrites pour piano
(Dont Le Roi des Aulnes, Marguerite au rouet, Ave Maria, SĂ©rĂ©nade…)

Liszt : Ballade n°2

Wagner-Liszt : Transcriptions d’opĂ©ras
Le Choeur des Pèlerins (Tannhäuser)
Le rêve d’Elsa (Lohengrin)
L’admontion de Lohengrin (Lohengrin)
La mort d’Isolde (Tristan et Isolde)
La Marche Solennelle vers le Saint-Graal (Parsifal)

 

 

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Le programme du rĂ©cital Ă  Gaveau ce 2 juin 2022 reprend le cycle des pièces enregistrĂ©es par Jean-Nicolas Diatkine dans son nouvel album : FRANZ LISZT : Schubert and Wagner Transcriptions – Ballade n°2 – 1 cd Solo MUSICA

 

 

 

 

 

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VOIR : Jean-Nicolas DIATKINE joue Schubert-Liszt : ” Auf dem Wasser zu singen “: https://youtu.be/ccGdyNl2LTw

 

 

 

 

 

 

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TEASER VIDEO : Jean-Nicolas Diatkine joue Schubert revu par Liszt : ” Auf dem Wasser zu singen ” :

 

 

 

PARIS, Gaveau : Jean-Nicolas DIATKINE joue Schubert, Liszt, Wagner

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDPARIS, GAVEAU, Jeu 2 juin 2022. JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano. LISZT, SCHUBERT, WAGNER… RĂ©cital Ă©vĂ©nement autant pour l’artiste engagĂ©, dĂ©fricheur de l’absolu, capable de fouiller jusqu’au trĂ©fonds de l’œuvre, rĂ©vĂ©lant ses pĂ©pites enfouies ; que pour l’instrument aussi car Jean-Nicolas Diatkine a jouĂ© pour l’enregistrement du cd, un piano Schiedmayer de 1916, parfaitement restaurĂ© dont le timbre et le format sonore s’accordent au choix des pièces abordĂ©es ; Ă  Gaveau, Jean-Nicolas Diatkine jouera un Steinway, le piano Schiedmayer Ă©tant trop fragile pour ĂŞtre transporter.

Le programme reprend pour une large part les œuvres jouées dans le dernier cd du pianiste : soit plusieurs perles conçues par Schubert et Wagner mais transcrites par le magicien Liszt. La ciselure verbale du lied schubertien, l’extase lyrique wagnérienne sont ainsi sublimées par l’écriture du Liszt transcripteur qui dans ce jeu d’adaptation et de relecture, offre au clavier la possibilité de suggérer tout en finesse. JN Diatkine prend soin de recueillir et respecter à la lettre les indications du transcripteur, en particulier le recours à la pédale qui ne dilue pas le contrepoint ni le relief de chaque voix mais permet de détacher et articuler (staccato de Ständchen de Schubert). Le chant multiple des harmonies gagne en force et en suggestion poétique, d’autant que les plans simultanés sont restitués sans dilution.

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PARIS, Salle GAVEAU : RĂ©cital de Jean-Nicolas DIATKINE, pianoboutonreservation
Jeudi 2 Juin 2022 Ă  20h30
SCHUBERT, WAGNER
Transcriptions par Liszt

 

 

TRANSCRIPTIONS MAGICIENNES SUR UN SCHIEDMAYER… Comment la musique peut dire et exprimer les mots de la poĂ©sie ? Jean-Nicolas DIATKINE interroge dans ce programme entre verbe et note, la capacitĂ© de l’instrument Ă  parler et Ă  chanter : «  la musique prend alors la place des mots dans l’ordre poĂ©tique, et le serviteur devient roi ».
Dans les pièces de ce programme qui aborde l’imaginaire de Schubert et de Wagner, Jean-Nicolas Diatkine précise  : « Dans ses transcriptions des lieder de Schubert, Liszt a tenu à faire imprimer, au-dessus de la portée, le texte du poème mis en musique. Il donne par ce moyen à l’interprète de précieuses indications sur le phrasé et l’accentuation qu’il désire ».
Illusionniste, Liszt transcripteur opère une sublimation de Schubert et de Wagner en touchant au plus près l’essence des partitions originelles. Au service des opéras de Wagner, leur ampleur et leur puissance onirique comme leur acuité psychologique, le piano de Liszt devient symphonique, à l’écoute des passions des héros wagnériens. Il reste à l’imaginaire du pianiste d’en exprimer la sincérité comme la justesse poétique. Récital événement.

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Programme :

Schubert-Liszt : Sélection de mélodies transcrites pour piano
(Dont Le Roi des Aulnes, Marguerite au rouet, Ave Maria, SĂ©rĂ©nade…)

Liszt : Ballade n°2

Wagner-Liszt : Transcriptions d’opĂ©ras
Le Choeur des Pèlerins  (Tannhäuser)
Le rêve d’Elsa (Lohengrin)
L’admontion de Lohengrin (Lohengrin)
La mort d’Isolde (Tristan et Isolde)
La Marche Solennelle vers le Saint-Graal (Parsifal)

 

 

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Le programme du rĂ©cital Ă  Gaveau ce 2 juin 2022 reprend le cycle des pièces enregistrĂ©es par Jean-Nicolas Diatkine dans son nouvel album : FRANZ LISZT : Schubert and Wagner Transcriptions – Ballade n°2 – 1 cd Solo MUSICA

 

 

 

 

 

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VOIR : Jean-Nicolas DIATKINE joue Schubert-Liszt :  ” Auf dem Wasser zu singen “:  https://youtu.be/ccGdyNl2LTw

 

 

 

PARIS, Gaveau. JEAN-NICOLAS DIATKINE JOUE BEETHOVEN

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDPARIS, Gaveau. Récital JN DIATKINE, le 17 juin 2021, 20h30. Jean-Nicolas Diatkine vient de publier chez Solo Musica un recueil discographique réunissant les Sonates n°7, 23 et 28 de Beethoven : nouvelle offrande d’un cheminement mené sur le long terme et qui ne cesse toujours et encore d’interroger la matière musicale conçue par Ludwig. « Beethoven représente à la fois le sommet et la base de toute ma vie musicale ; le sommet parce que son exploration ouvre sans cesse de nouveaux paysages, de nouveaux espaces, à l’infini. La base, car il a été un point originel dans mon éveil musical d’enfant. Jouer aux petites voitures et aux avions ( que j’ai conservés sous la forme d’un simulateur de vol dont je suis tou-jours passionné ) ne pouvait s’accomplir pour moi qu’avec les symphonies de Beethoven jouées sur un tourne-disque en arrière-plan, jusqu’à ce qu’elles prennent finalement le dessus sur mes scenarii de jeux », précise le pianiste viscéralement Beethovénien. « Plus tard j’ai eu l’occasion d’approcher avec mon maître le compositeur Narcis Bonet la puissance créatrice de Beethoven, dont il réédita les symphonies en collaboration avec Igor Markevitch » poursuit Jean-Nicolas Diatkine que la connaissance des œuvres de Beethoven a rendu plus conscient et éveillé encore. Sa sensibilité et son acuité interprétative découlent d’une profonde connaissance des Sonates confrontées à la langue de ses symphonies. A Gaveau, le pianiste tisse les filiations fondatrices qui unissent Schumann, Liszt, Wagner… et Beethoven. Relation d’admiration et de célébration où le mythe de l’amour fatal, impossible et transscendant traverse et nourrit les partitions inspirées par les figures mémorables de Héro et Léandre, Tristan und Isolde…

Jean-Nicolas Diatkine à Gaveau…
Les mondes shakespeariens, dansants de Beethoven

Au clavier, l’interprète en exprime la puissance créatrice, la faculté géniale d’organisation ; Beethoven est un architecte et aussi un promeneur qui offre à l’auditeur une multiplicité de paysages et chemins de traverses, réunis, organisés dans une unicité bouleversante.
Comme un passeur et un guide, le pianiste tente de réaliser un milieu salvateur qui prône l’équilibre des sens : entre l’instant présent vertical, où l’instrumentiste joue et l’auditeur reçoit l’oeuvre et l’autre chemin, horizontal bien défini de la partition originelle; à travers l’ordre et la loi (selon le mot du chef Furtwängler) affirmés avec une volonté inouïe, le pianiste sème son parcours de repères, jalonnant la promenade de joyaux qui frappent par leur esprit d’architecture et de clarté.

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PARIS, Salle Gaveauboutonreservation
JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano – JEUDI 17 JUIN 2021, 20h30
RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.sallegaveau.com/spectacles/jean-nicolas-diatkine-piano-2-1

Programme :

Beethoven : Sonate N°28 op.101
Wagner-Liszt : Isoldesliebestod
Liszt : Ballade n°2
Schumann : Études Symphoniques op.13

PAR TÉLÉPHONE
01.49.53.05.07
Du lundi au vendredi de 10h Ă  18h

BILLETTERIE
Du lundi au vendredi de 10h Ă  18h
et 1h avant chaque concert.

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VOIR / ECOUTER Jean-Nicolas Diatkine (Paris, Gaveau, déc 2011)

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Sonate n°28 opus 101 de BEETHOVEN
BEETHOVEN 2020 dossier portrait discographie selection classiquenewsPoint commun entre le concert et l’enregistrement cité, la Sonate n°28 opus 101. La première écoute de la partition revêt la forme et l’expérience d’un rêve, selon JN Diatkine. « Cette œuvre commença à exercer sur moi la même fascination que les ruines de Troie sur les archéologues ». « Everest » pour les pianistes (comme peut l’être le quatuor op.131), la 28 opus 101 offre la même complexité raffinée que la forme quatuor : dialogue entre les voix, usage des phrasés propres aux coups d’archet, et de leur respiration ; la multiplicité des voix en dialogues inscrit la partition dans un échange permanent, multiple, mobile. JN Diatkine souligne l’admiration de Wagner pour l’oeuvre : « Beethoven a découvert là un monde tout nouveau, où tout est mélodie, formes, des formes qui s’avancent vers quelqu’un, même si aucun œil ne les voit » indique l’auteur du Ring.
Le premier mouvement aspire à une libération dansante (« le fameux Chant sacré d’action de grâce d’un convalescent à la Divinité en mode Lydien ») ; puis Beethoven affirme sa volonté en une marche à l’esprit conquérant voire belliqueux, qui enchaîne plusieurs épisodes dramatiques resserrés, rapidement réconciliés en un accomplissement final facétieux ; le 3ème mouvement fait surgir une mélancolie brutale qui s’apaise par l’accord de mi majeur arpégé vers le bas puis vers le haut. Le 4è et dernier mouvement affirme une énigme conçue autour de son noyau central, la fugue en la mineur, jaillissement burlesque qui reprenant la verve comique de Shakespeare, cite aussi le rire final de Falstaff. La coda déconcerte l’auditeur sur le même mode surprenant et délirant ; en une série d’accords ascendants, Beethoven semble nous dire : «  Vous croyez que c’est fini ? Et bien détrompez-vous ». Au service de la partition, Jean-Nicolas Diatkine souligne la dérision créatrice d’un Beethoven insaisissable.

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PARIS. RĂ©cital de piano : Jean-Nicolas DIATKINE Ă  GAVEAU

Jean-Nicolas Diatkine Ă  GaveauPARIS, Gaveau. 3 avril 2019, 20h. RĂ©cital JN DIATKINE, piano. Classiquenews avait dĂ©jĂ  remarquĂ© le jeu facĂ©tieux mais prĂ©cis, imaginatif mais juste du pianiste Jean-Nicolas Diatkine (Ă  Gaveau aussi en nov 2014 : programme Ravel, Chopin…). C’est un lutin Ă©clairĂ© et cultivĂ© qui lui-mĂŞme cherche et trouve des filiations poĂ©tiques secrètes d’un musicien l’autre, d’une partition Ă  un Ă©crivain (ainsi Proust parlant de Chopin…). L’éclectisme des programmes nourrit en rĂ©alitĂ© une riche rĂ©flexion sur le jeu des inspirations, sur la construction des Ă©difices poĂ©tiques… C’est Ă©videmment le cas de ce nouveau rĂ©cital qui marie Mozart (gluckiste, et d’une gravitas enfin apaisĂ©e dans l’Adagio k540), Beethoven (passionnĂ©, conquĂ©rant, inflexible) et Chopin (mĂ©lancolique et langoureux mais surtout vif, nerveux, fier…).

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDDans l’Appassionnata, Beethoven alors au service du Prince Lichnowsky, refuse de jouer pour les Français de Napoléon qui occupent son palais : Lichnowsky fait enfoncer la porte de la chambre du compositeur qui s’y était réfugié ; mais Beethoven fier comme un paon, s’obstine et quitte les lieux (et son protecteur à Vienne). Dans une lettre demeurée fameuse, il exprime comme Mozart, l’unicité et l’indépendance non serviles de son génie : « « Prince, ce que vous êtes, vous l’êtes par le hasard de la naissance. Ce que je suis, je le suis par moi-même. Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven – signé : Beethoven ». JN Diatkine saura souligner entre chaque note musicale, cette assurance qui n’est pas arrogance mais suprême conscience de la pureté de son art. Inflexible Beethoven et tellement naïf aussi.

Puis la main preste, allégée, s’accorde à la pensée fugace des Préludes, ceux de Chopin : 24 esquisses dont l’acuité critique du pianiste révélera surtout le fourmillement des idées, jaillissantes, fulgurantes. Mais le génie de Chopin tient surtout à sa relecture du genre emblématique de la dignité de sa nation, occupée, meurtrie, martyrisée : dans la Polonaise opus 53, il y a certes le souvenir de la marche noble des princes en représentation ; il y a surtout l’expression intime d’une blessure qui sublime la souffrance en … grâce. Magie de l’acte créateur et poétique.

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RĂ©cital Jean-Nicolas DIATKINE, piano

PARIS, Salle Gaveau
Mercredi 3 avril 2019, 20h30

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.sallegaveau.com/spectacles/jean-nicolas-diatkine-piano

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Programme: 

Mozart :
Adagio K. 540 et Variations sur un thème de Gluck K. 455

Beethoven :
Sonate n°23 op.57 « Appassionata”

Chopin :
24 Préludes (1839)
Polonaise op. 53 “HĂ©roĂŻque” (1842)

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Salle Gaveau Ă  PARIS
45-47 rue La Boétie
75008 PARIS
01.49.53.05.07

Le pianiste Jean-Nicolas Diatkine Ă  Gaveau

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDParis, Salle Gaveau, le 12 novembre 2014, 20h30. RĂ©cital Jean-Nicolas Diatkine, piano. Beethoven, Brahms, Ravel, Chopin marquent chacun un jalon dans les traversĂ©es intĂ©rieures que propose le pianiste Jean-Nicolas Diatkine. Dans la Vienne du premier romantisme, les Sonates pour piano de Beethoven font l’admiration des mĂ©lomanes : dans les salons de la bonne sociĂ©tĂ© oĂą le dĂ©coratif et le moderne stimulent l’attrait pour l’Ă©lĂ©gance musicale, la personnalitĂ© de monsieur Ludwig Van Beethoven intrigue dĂ©jĂ . Victime de son succès fracassant, le compositeur pianiste regrette que bon nombre d’Ă©diteurs publient sans son contrĂ´le, de nombreuses transcriptions de ses oeuvres. La Sonate n°9 prend le contrecoup de cette usurpation organisĂ©e : Beethoven en Ă©crit lui-mĂŞme la transcription pour quatuor Ă  cordes : dans sa conception mĂŞme pour le piano, Ludwig y concentre et renouvelle dans le mĂŞme temps le principe des 4 voix dialoguĂ©es (dans l’esprit facĂ©tieux, resserrĂ©, Ă©lĂ©gantissime du modèle pour tous, Haydn). Les 4 parties discutent et concertent sur le clavier avec une telle souplesse et vivacitĂ© que l’on pense Ă  l’inverse : Beethoven n’aurait-il pas Ă©crit d’abord le quatuor puis sa transcription pour le piano seul ?… Depuis la madrigal monteverdien, jamais le musique n’aura Ă  ce point exprimer la volubilitĂ© concertante, le plaisir rare et d’un instant partagĂ©, vĂ©cu Ă  … quatre, comme l’emblème d’une conversation fraternelle… dĂ©jĂ  se profile la fraternitĂ© de l’Hymne Ă  la joie, composĂ© effectivement 25 ans après.

A l’inverse, Brahms dans ses huit pièces de l’opus 76 se replie en une introspection fĂ©conde, d’une rare intĂ©rioritĂ© qui sait pourtant comme Sibelius, interroger le mystère de la nature, comme s’il s’agissait d’Ă©tablir une secrète correspondance entre les Ă©lans de l’âme solitaire avec les phĂ©nomènes du cosmos. En rĂ©fĂ©rences Ă  Mendelssohn, le critique Hansslick, son champion, vivement remontĂ© contre Wagner alors, y  parle de “Romances sans paroles” : plĂ©nitude expressive des notes, aussi puissantes que les mots du poète.

 

 

 

De la Structure Ă  la Magie

Jean-Nicolas Diatkine Ă  Gaveau

 

diatkine jean nicolas piano salle gaveauDans Gaspard de La Nuit, d’après les trois poèmes d’Aloysius Bertrand (1820), Ravel  ressuscite les mondes enchantĂ©s fantastiques du romantisme germanique le plus troublant. Jean-Nicolas Diatkine prĂ©cise combien l’Ă©criture filigranĂ©e et ciselĂ©e du musicien rĂ©pond prĂ©cisĂ©ment au raffinement parfois dĂ©lirant mais subjuguant du poème originel : “Soulignons seulement comment Ravel y  exprime le caractère diabolique du lutin Scarbo : Tout en se dilatant jusqu’ Ă  devenir aussi grand qu’une cathĂ©drale puis rĂ©trĂ©cir et disparaĂ®tre sous le lit, il Ă©met toutes sortes de sons inquiĂ©tants auxquels se mĂŞlent des caractères de danse hispaniques parfaitement reconnaissables. La fĂ©minitĂ© de ces rythmes diaboliques nous emmène  bien loin  de MĂ©phistophĂ©lès tel que Liszt le conçoit dans sa valse du mĂŞme nom, valse dont la virtuositĂ© a pourtant certainement  influencĂ© Ravel dans sa composition “, l’on ne saurait ĂŞtre plus sensible et ouvert Ă  la puissante et fĂ©conde magie du miroitement poĂ©tique.

Diatkine jean nicolas piano salle gaveau diatkine jean nicolas ditakine pianiste 428589_jean-nicolas-diatkine-recital-de-piano-1_203319Le rĂ©cital Ă©vĂ©nement de Jean-Nicolas Diatkine se conclue par les Trois Mazurkas, et la Sonate N°3 op.58 de FrĂ©dĂ©ric Chopin dont on ne souligne pas assez l’intensitĂ© douloureuse parfois impĂ©tueuse et puissante de l’Ă©toffe musicale : si Liszt brille et pavane, volontiers dĂ©monstratif et toujours très virtuose, surtout pendant sa pĂ©riode de rĂ©citaliste-, FrĂ©dĂ©rici Chopin tout en cultivant le murmure crĂ©pusculaire et les climats allusifs, exprime tout autant une Ă©tonnante force de dĂ©termination.  Jean-Nicolas Diatkine nous rappelle l’expression du compositeur, ici particulièrement emblĂ©matique : « La plume me brĂ»le les doigts ». Le pianiste ajoute, pour conclure sa prĂ©sentation du programme Ă  Gaveau : “Laissons donc le dernier mot Ă  Marcel Proust : « Les phrases au long col sinueux et dĂ©mesurĂ© de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent par chercher et essayer leur place en dehors et bien loin de la direction de leur dĂ©part, bien loin du point oĂą on avait su espĂ©rer qu’atteindrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet Ă©cart de fantaisie que pour revenir plus dĂ©libĂ©rĂ©ment – d’un retour plus prĂ©mĂ©ditĂ©, avec plus de prĂ©cision, comme sur un cristal qui rĂ©sonnerait jusqu’à faire crier – vous frapper au cĹ“ur. »

RĂ©cital du pianiste Jean-Nicolas Diatkine. Paris, Salle Gaveau, mercredi 12 novembre 2014, 20h30.

Programme

Beethoven, Sonate N°9 op.14 N°1
Brahms, Huit pièces pour piano op.76
Ravel, Gaspard de la Nuit
Chopin, Trois Mazurkas, Sonate N°3 op.58

Jean-Nicolas Diatkine : en savoir plus

À lire et à écouter 

Critique musicale sur France Musique, émission « Changez de disque » : 
http://bit.ly/1lPndjQ
Interview de Jean-Nicolas Diatkine par Thierry Vagne: 
http://vagnethierry.fr/jean-nicolas-diatkine/ 
Vidéo du concert de Jean-Nicolas Diatkine du 5 décembre 2011, salle >
Gaveau: http://youtu.be/B-PQGZe_IGY
Son CD consacré à Liszt, Schumann & Bonet, est disponible sur 
Qobuz.com: http://bit.ly/131bciE
La page officielle facebook de JN Diatkine: https://www.facebook.com/jean.nicolas.diatkine.pianiste 

Discographie 

Beethoven : n° 21 en do Majeur, opus 53,Waldstein –  Robert Schumann : Carnaval, opus 9. Enregistrement 2012.   Franz Liszt : Sonate en si mineur - Robert Schumann : Kreisleriana - Narcis Bonet : Cincos Noturnos (ParnassiĂ© Editions 2007).  SĂ©lection de MĂ©lodies de Georges Bizet avec Zeger Vandersteene, tĂ©nor (Gents MuzikaalArchief 2006).  Les 16 MĂ©lodies de Henri Duparc avec Zeger Vandersteene, tĂ©nor (Gents MuzikaalArchief 2005). 

 

Informations pratiques salle Gaveau 

Mercredi 12 novembre 2014 Ă  20h30
Salle Gaveau
45 rue de la Boétie
75008 Paris
Tarifs : 45 €, 35 €, 25 €, 15 €
RĂ©servation : 01 49 53 05 07
www.sallegaveau.com