La Valse de Ravel

reiland david maestro mains baguette enchanteresseMETZ, Arsenal. Ven 22 nov 19. LA VALSE de RAVEL. L’Orchestre National de METZ et David Reiland (notre photo, DR) jouent la si délicate Valse de Ravel, hymne à la danse et aussi orgie progressive de rythmes et de couleurs dans laquelle Maurice le si mesuré et pudique, « ose » faire imploser le tissu symphonique jusqu’à la transe la plus débridée, à l’obsessionnelle ivresse. Auparavant la virtuosité, spécialité toute française et parisienne au XVIIIè, transporte grâce à la Symphonie Concertante de Mozart, créée à Paris en 1779 où brillent en dialogue avec l’orchestre, deux invités attendus, prometteurs : l’alto (Adrien La Marca) et le violon (Alena Baeva).

METZ, Arsenal
Orchestre National de Metz
David Reiland, direction
violon : Alena Baeva
alto : Adrien La Marca

Vendredi 22 novembre 2019, 20h

RESERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/la-valse-de-ravel
1h15 + entracte

Clés d’écoute, conférence préalable par Philippe Malhaire
19h – EntrĂ©e libre

Programme

MOZART : Ouverture de Cosi fan tutte / Symphonie Concertante

RAVEL : La Vase / Le Boléro

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, dir.

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction. Très rĂ©ussi et mĂŞme passionnant premier concert du National de Metz Ă  l’Arsenal : pour l’ouverture de sa nouvelle saison 2019 – 2020, l’Orchestre National de Metz jouait ce vendredi 13 septembre 2019, Mozart puis Berlioz sous la direction de son directeur musical, depuis septembre 2018, David Reiland. La 41è faisait ainsi son entrĂ©e au rĂ©pertoire de la phalange messine ; un point important car il s’agit aussi pour le maestro d’élargir et d’enrichir toujours les champs musicaux des instrumentistes messins. David Reiland a dirigĂ© la 40è ici mĂŞme en 2015, alors qu’il n’était pas encore directeur musical. Le maestro nous offre deux lectures investies, abouties, Ă©tonnamment ciselĂ©es et vivantes.

 

 

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Dans les faits, c’est d’abord un formidable travail sur les cordes qui s’affirme : flexibilitĂ© et articulation constantes, apportant Ă  l’architecture mozartienne sa grande soliditĂ© structurelle et un sens naturel des respirations. Chaque phrase est magistralement Ă©tirĂ©e, explicitĂ©e, avec des nuances savoureuses, sur des tempi roboratifs. Ainsi l’Allegro initial affirme une Ă©nergie pleine d’équilibre et d’élĂ©gance, parfaitement adaptĂ© au dessin nĂ©oclassique et lui-mĂŞme architecturĂ© de la grande salle. L’Andante qui suit saisit par son intensitĂ© et sa profondeur dans l’épure la mieux Ă©noncĂ©e ; c’est une effusion lĂ  encore riche en nuances et passages dynamiques maĂ®trisĂ©s oĂą deux qualitĂ©s nous semblent dĂ©sormais emblĂ©matiques de David Reiland : sa tendresse intĂ©rieure, son Ă©lĂ©gance expressive. Du très peu – un matĂ©riau finalement très rĂ©duit, le chef construit une totalitĂ© qui respire et Ă©meut ; rĂ©vĂ©lant chez Mozart, le magicien du cĹ“ur et de la profondeur ; sa mĂ©lancolie dĂ©jĂ  romantique, son urgence Ă  la dĂ©passer… Enfin le Finale (Molto Allegro) gagne un surcroĂ®t de mordant et d’articulation, rĂ©vĂ©lant la puissance d’un contrepoint dont l’énergie mais aussi le dĂ©tail des timbres, la violence rythmique prĂ©figurent dĂ©jĂ  Beethoven. Et l’on se dit, davantage qu’ailleurs, comme il aurait Ă©tĂ© passionnant sous une telle direction, de dĂ©couvrir ce que Mozart aurait composĂ© après 1791 s’il n’était pas mort si tĂ´t.

 

 

 

Dans la forge berliozienne,
élégance et nuance, passion et contrastes de David Reiland

 

 

 

Reiland davidDans la seconde partie (après l’entracte), un autre bain orchestral, celui tout aussi captivant du Berlioz de 1834. Soit quatre ans après la Fantastique qui est déjà en soi un Everest symphonique. Déjà présenté (mais avec récitant) à La Côté Saint-André cet été dans le cadre du Festival BERLIOZ 2019 (celui des 150 ans de la mort d’Hector), « Harold en Italie » stigmatise les sentiments contradictoires de Berlioz avec l’Italie. David Reiland en délivre une lecture magistrale par son souci du détail, de la tension et de la respiration poétique. Chaque accent semble inscrit dans un vaste mouvement dont la compréhension globale surprend et convainc. Chez Berlioz, le motif du paysage italien suscite un embrasement des sens, de la jubilation extatique à la transe quasi grimaçante (cf le Finale et son « orgie de brigands »), dévoilant chez Hector, l’alchimiste symphonique, dont la fougue et l’inventivité n’empêchent (grâce à la sensibilité hyperactive du chef) ni la clarté ni la transparence.
En jouant de tous les filtres ensorcelants nés du souvenir, Berlioz édifie un monument à plusieurs plans et registres; dont les rugissements surtout après le final de l’Orgie de Brigands laissent l’auditeur, sidéré. La texture orchestral se fait grand cerveau émotionnel dont les strates renvoient aux souvenirs réels ou fantasmés. David Reiland décrypte cette matière en fusion, entre imagination et réalité, aux épanchements imprévisibles. Grand amoureux, Berlioz reste un grand frustré, toujours insatisfait : il ne s’épargne aucun accent ténu, aucune trouvaille de timbres inédite pour exprimer au plus juste, le sentiment d’une immense et permanente insatisfaction. Voilà pourquoi l’énonciation de l’idée fixe, amoureuse, bascule souvent dans la folie. Mais quelle folie, car elle passe par le chant libéré d’un orchestre laboratoire. Sous la direction du jeune maestro, l’auditeur ne perd aucun accent instrumental, aucune phrase musicale, tant la précision du chef est constante. Et sa concentration, généreuse en indications gestuelles.

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David Reiland © Cyrille Guir / CMM cité musicale METZ 2019

Dès le premier tableau « Harold aux montagnes », chef et instrumentistes font surgir le massif naturel de l’ombre, avec une tendresse déjà mélancolique qui tient du mystère : David Reiland exprime cette alliance spécifique à Berlioz qui fusionne rêverie et fantastique. La tendresse intérieure, contemplative de l’alto d’Adrien Boisseau, trouve constamment le ton juste et une sonorité quasi voluptueuse, dans ce vortex d’une rare poésie. On y retrouve, talent rare de la filiation née d’un programme habilement construit, cette même tendresse grave qui se déployait dans l’Andante de la Jupiter mozartienne écoutée dans la première partie.… On ne doute plus de l’extrême sensibilité du chef, sa maestrià élégantissime à passer d’un univers à l’autre.
Ciselant une définition et une articulation là encore très françaises, David Reiland joue avec autant d’intelligence sur les effets sonores et de spatialisation, soulignant aux côtés du Berlioz, orchestrateur fascinant, l’immense paysagiste (comme Turner dilate l’espace et creuse l’infini de la couleur), capable d’élargir de façon cosmique, les perspectives orchestrales, en étagement, en profondeur, en hauteur. Ici s’affirme déjà l’auteur des champs goethéens de la Damnation de Faust (créée en 1846).

La fin du mĂŞme premier mouvement est ensuite caractĂ©risĂ©e avec le nerf et une Ă©nergie de tous les diables, comme si la grande machine symphonique s’emballait, en une distanciation, dĂ©sormais et rĂ©aliste et cynique, de l’idĂ©al amoureux. La forge musicale resplendit alors dans toute sa perfection vivante car il revient au chef un travail exemplaire sur la mise en place, la comprĂ©hension de l’architecture et du drame, – exposition et rĂ©itĂ©rations…, le sens et la direction du flux orchestral, l’audace des timbres et des couleurs qui scintillent tout en se reconstruisant en permanence.

DAVID REILAND, maestrissimo !Quelle belle idĂ©e de prendre le tempo prĂ©cisĂ© par Hector lui-mĂŞme dans la marche des pèlerins (106 Ă  la noire) : le maestro offre une relecture complète sur un tempo revivifiĂ©, celui d’une marche active et sportive qui souligne la structure allante de l’architecture berliozienne. MĂŞmes vertiges mais ceux ci superbement contrastĂ©s dans le vaste Ă©pisode final (Orgie de brigands) oĂą les remous du bain orchestral atteignent houle et tempĂŞte d’un ocĂ©an spectaculaire. C’est un Ă©pisode de rĂ©capitulation oĂą tous les thèmes sont rĂ©exposĂ©s et superposĂ©s en un contrepoint proprement … cosmique. L’imagination de Berlioz n’a pas de limites : ravĂ©lien naturel, David Reiland, orfèvre des nuances et capable d’un souffle irrĂ©sistible, y rĂ©alise une parure instrumentale et une direction saisissantes. Aucun doute, l’Orchestre a trouvĂ© son chef. Cette nouvelle saison (la seconde donc sous son mandat) s’annonce prometteuse. Et le concert s’inscrit parmi les meilleures contributions Ă  l’anniversaire Berlioz 2019. A suivre.

 

 

 

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David Reiland et l’Orchestre National de Metz © Cyrille Guir / CMM citĂ© musicale METZ 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture la saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction.

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LIRE aussi pour les 150 ans en 2019 de la mort de Hector Berlioz, notre grand dossier BERLIOZ 2019 :
http://www.classiquenews.com/berlioz-2019-dossier-pour-les-150-ans-de-la-mort/?fbclid=IwAR2Co0LYiAjWECfKJKZx6d-NzRJjfVIGlsi4SraP4R8MgZmhpWyQ48xTTJg

 

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PROCHAIN CONCERT de l’Orchestre national de METZ, dirigé par David REILAND à l’Arsenal de METZ : Le Boléro de Ravel dans un dispositif décomplexé, accessible

METZ, Arsenal. Ravel : BOLÉRO, dim 22 sept 2019, 18h. APERO-CONCERT. LIRE ici notre présentation du Boléro de Ravel par David Reiland et le National de Metz :
https://www.classiquenews.com/metz-apero-concert-le-bolero-de-maurice-ravel/

LIRE aussi notre présentation de HAROLD en Italie de Berlioz :
https://www.classiquenews.com/metz-concert-douverture-david-reiland-joue-berlioz/ 

 

 

 

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Découvrez aussi la nouvelle saison 2019 2020 de la cité musicale Metz, et nos temps forts à ne pas manquer :

 

 

https://www.classiquenews.com/metz-cite-musical-metz-saison-2019-2020-temps-forts/METZ Cité musicale-METZ, saison 2019 – 2020. La nouvelle saison 2019 2020 de la Cité musicale-Metz affirme davantage l’ampleur de la vie culturelle et musicale destinées au messins et aux visiteurs de METZ. A travers son éloquente diversité des lieux et des offres (aux côtés de l’Orchestre National de Metz, trois salles à METZ : Arsenal, BAM, Trinitaires), la programmation messine affiche un bel éclectisme, pourtant doué d’une cohérence manifeste. L’offre sait exploiter à l’échelle de la ville, les sites et phalanges présentes pour unifier et clarifier davantage l’offre musique et danse à Metz. En plus de son cœur artistique, la Cité musicale-Metz favorise les plaisirs de la musique à travers ses actions d’éducation artistique, de médiations, ses nombreuses rencontres conviviales, familiales… lesquelles tissent désormais un lien constant entre l’art et les citoyens. En somme, un modèle de culture vivante intégrée.

 

 

 

 

 

 

METZ, concert d’OUVERTURE : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂ®tresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂ®nant l’alto qui est saisi d’un haut le cĹ“ur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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METZ Cité Musicale : Concert inaugural de la saison 2019 2020. David Reiland joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂ®tresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂ®nant l’alto qui est saisi d’un haut le cĹ“ur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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Metz, apéro-concert : le BOLÉRO de Maurice Ravel

ravel maurice compositeurMETZ, Arsenal. Ravel : BOLÉRO, dim 22 sept 2019, 18h. APERO-CONCERT. De retour d’une tournée aussi harassante que triomphale aux USA, début 1928, Ravel rentre en avril 1928 au Havre et y termine à l’automne le Boléro. C’est peu dire que le compositeur soucieux du détail et de la précision, admirait la mécanique : une vision d’usine aurait inspiré la partition orchestrale qui répond à la commande passée par la danseuse Ida Rubinstein, pour la musique d’un nouveau ballet devant durer… moins de 17 mn. Il en découle la répétition d’un motif (« arabo-espagnol ») fixé dès l’été 1928 à Saint-Jean de Luz : répété, en un vaste crescendo et qui s’inspire de la Danse Grotesque de Daphnis… Ainsi 169 fois, s’affirme l’ostinato (ritournelle, procédé baroque) en un vaste crescendo où l’orchestre semble expérimenter toutes les couleurs, les alliages de timbres, les procédés qui font dialoguer les 2 motifs, qui les opposent, les détournent, les fusionnent… en un râle (tutti) à la fois lascif et libérateur. On dit même que la partition dans son flux, respecte les 5 phases du sommeil, de l’endormissement au rêve profond ; et aussi les paliers vers l’ivresse extatique car le caractère progressivement charnel du morceau, pour ne pas dire érotique, voire orgasmique, ne serait pas étranger à son fabuleux succès à travers le monde. Peu à peu, à mesure que chaque instrument s’empare du thème, les auditeurs peuvent réviser le langage orchestral : et identifier quand ils jouent ou sont mis en avant, le tambour / caisse claire, la flûte, la clarinette, le basson, la petite clarinette, le hautbois d’amour, la flûte avec trompette en sourdine, le saxophone ténor puis soprano, puis l’alliance jubilatoire des célesta / cor / piccolos… jusqu’à l’avènement des cordes, de la trompette… Créé et radiodiffusé le 11 janvier 1930, Boléro dévoile au monde, le génie du plus grand compositeur vivant. De toute évidence, la pièce d’essence (et par destination) chorégraphique, est à présent jouée telle une pièce de musique pure, dans les théâtres et les salles de concert. A tel point qu’on en oublie le prétexte narratif et chorégraphique. Le dim 22 septembre 2019, l’Arsenal de METZ propose un nouvel apéro-concert avec le Boléro de Ravel par l’Orchestre National de Metz et son directeur musical, David Reiland. RV est pris pour cet épisode accessible et détendu à 18h.

 

 

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METZ, Arsenal
Grande salle
BOLERO de RAVEL
dimanche 22 septembre 2019, 18h

RÉSERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/apero-concert-avec-le-bolero-de-ravel

 

 

Le Boléro est joué en couplage avec une autre œuvre au programme :
Rebecca Saunders : Void,
pour duo de percussions et orchestre
Percussions : Minh-Tâm Nguyen, François Papirer
(solistes des Percussions de Strasbourg)

 

 

METZ, cité musical : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂ®tresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂ®nant l’alto qui est saisi d’un haut le cĹ“ur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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METZ : concert d’ouverture par David Reiland, le 13 sept 2019

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

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HAROLD en ITALIE (1834)
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1 – Harold aux montagnes, scène de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂ®tresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂ®nant l’alto qui est saisi d’un haut le cĹ“ur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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COMPTE-RENDU, opéra. LUXEMBOURG, le 10 mai 2019. BIZET : Les Pêcheurs de perles. D Reiland / FC Bergman

Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans). Conçue par l’Opéra des Flandres en fin d’année dernière, la nouvelle production des Pêcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte à Luxembourg en ce début de printemps avec un plateau vocal identique. Il est à noter que ce spectacle de très bonne tenue sera repris début 2020 à l’Opéra de Lille avec des chanteurs et un chef différents : une excellente initiative, tant s’avère réjouissant le travail du collectif théâtral anversois « FC Bergman », dont c’est là la toute première mise en scène lyrique.

 

 

 

Le jeune Bizet au Luxembourg

Première réussie pour FC BERGMAN

 

 

 pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 1

 

 

 

Ce collectif créé en 2008 a en effet la bonne idée de transposer l’action des Pêcheurs de perles dans une maison de retraite, ce qui permet au trio amoureux de revivre les événements les ayant conduits à l’impasse : des doubles de Leïla et Nadir, interprétés par deux jeunes danseurs, revisitent ainsi le superbe décor tournant, constitué d’une immense vague figée qui symbolise les illusions perdues des protagonistes. Le travail de FC Bergman fourmille de détails savoureux, distillant quelques traits humoristiques bienvenus pour corser l’action : ainsi du chœur des retraités aussi farfelu qu’attentif au respect de « l’ordre moral ». Pour autant, la mise en scène n’en oublie pas de dénoncer le tabou de la mort dans les maisons de retraite, donnant à voir la fin de vie dans toute sa crudité. On rit jaune, mais on s’amuse beaucoup de ce second degré qui permet d’animer un livret parfois redondant et statique : de quoi compenser les faiblesses d’inspiration de ce tout premier ouvrage lyrique d’envergure de Bizet, créé en 1863, soit douze ans avant l’ultime chef d’œuvre Carmen. On notera également quelques traits de poésie astucieusement traités au niveau technique, tels ces doubles figés comme des statues aux poses acrobatiques improbables, qui défient les lois de l’attraction terrestre. De même, le ballet des tourtereaux en tenue d’Eve est parfaitement justifié au niveau théâtral.

 

 

 

pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 2

 

 

 

Face à cette mise en scène réussie, le plateau vocal réuni se montre plus inégal en comparaison. Ainsi du décevant Zurga de Stefano Antonucci, dont le placement de voix et la justesse sont mis à mal par les redoutables changements de registres. Le chant manque de l’agilité requise, avec une émission étroite dans l’aigu, et plus encore étranglée dans le suraigu : le public, chaleureux en fin de représentation, ne semble pas lui en tenir rigueur pour autant. Il est vrai que le chant idéalement projeté d’Elena Tsallagova (Leïla) emporte l’adhésion d’emblée par une diction au velouté sensuel, d’une aisance confondante dans l’aigu. Il ne lui manque qu’un grave plus affirmé encore pour faire partie des grandes de demain. A ses côtés, Charles Workman (Nadir) assure bien sa partie malgré un timbre qui manque de couleurs. On aime son jeu et sa classe naturelle qui apportent beaucoup de crédibilité à son rôle. A ses côtés, le Chœur de l’Opéra des Flandres manque sa première intervention, manifestement incapable d’éviter les décalages dans les accélérations, avant de se reprendre ensuite dans les parties plus apaisées.

L’une des plus belles satisfactions de la soirée vient de la fosse, où David Reiland (né en 1979) fait crépiter un Orchestre de l’Opéra des Flandres admirable d’engagement.

Récemment nommé directeur musical de l’Orchestre national de Metz (en 2018), le chef belge n’a pas son pareil pour exalter les contrastes et conduire le récit en un sens dramatique toujours précis et éloquent. David Reiland fait désormais parti de ces chefs à suivre de très près.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opéra. Luxembourg, Grand Théâtre, le 10 mai 2019. Bizet : Les Pêcheurs de perles. Elena Tsallagova (Leïla), Charles Workman (Nadir), Stefano Antonucci (Zurga), Stanislav Vorobyov (Nourabad, Jeune Zurga), Bianca Zueneli (Jeune Leïla), Jan Deboom (Jeune Nadir). Chœur et Orchestre de l’Opéra des Flandres, direction musicale, David Reiland / mise en scène, FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, Joé Agemans)

A l’affiche du Grand Théâtre de Luxembourg jusqu’au 10 mai 2019. Crédit photo : Annemie Augustins

 

 

 

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi. Quels sont les dĂ©fis de la partition ? Que rĂ©vèlent-ils de l’Ă©criture du jeune Verdi ? Quelques jours avant de diriger la nouvelle production de Nabucco de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, Ă  partir du 3 juin prochain, le chef David Reiland souligne la richesse d’une partition certes de jeunesse, mais d’une force et d’une acuitĂ© passionnantes… 

reiland david_35172835DAVID REILAND travaille la pâte orchestrale du jeune Verdi comme un orfèvre sculpte la matière brute. Le chef David Reiland retrouve la scène de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne après y avoir dirigĂ© une saisissante Tosca. DouĂ© d’un tempĂ©rament taillĂ© pour le théâtre, le jeune maestro belge que nous avons suivi Ă  Paris au CNSMD dans Schliemann de Jolas (nouvelle version 2016), renoue ici avec la furiĂ  du Verdi de la jeunesse, soit un Nabucco dont il travaille le relief spĂ©cifique de l’orchestre, l’accord fosse / plateau, la tension globale d’un opĂ©ra parfois spectaculaire et rugissant…  DAVID REILAND : “C’est un opĂ©ra du jeune Verdi trentenaire oĂą la forme est très efficace, plutĂ´t percussive et cuivrĂ©e ; oĂą l’orchestre est narratif et scrutateur de l’action” prĂ©cise David Reiland. “Il est fondamental pour le compositeur de renouer Ă  La Scala de Milan avec le succès, dĂ©montrer ses capacitĂ©s, faire la preuve de sa maĂ®trise : de fait, Verdi emploie la forme du seria en numĂ©ros, et un orchestre aux formulations souvent conventionnelles pour l’Ă©poque. Pour autant, ce Verdi qui dĂ©montre, sait aussi Ă©pouser la voix et rĂ©ussir toutes les tensions Ă  l’orchestre ; dĂ©jĂ  se profilent aussi cette caractĂ©risation intime et le choc des contrastes comme la justesse des situations psychologiques qui annoncent les grands ouvrages de la maturitĂ© (Trouvère, Rigoletto, La Traviata). Dès le dĂ©but, tout doit ĂŞtre parfaitement en place et avancer naturellement : après l’ouverture qui est un pot pourri des airs les plus marquants, la première scène convoque un grand choeur accompagnĂ© par tout l’orchestre : il faut d’emblĂ©e savoir traiter la masse. Le dĂ©fi de la partition rĂ©side essentiellement dans la gestion globale de cette tension permanente, exceptionnellement contrastĂ©e : dĂ©gager une architecture,… et donc bien sĂ»r, approfondir certains Ă©pisodes particulièrement bouleversants par la caractĂ©risation très fine que le jeune compositeur a su rĂ©ussir.

NOIRE MAIS SI HUMAINE : ABIGAILLE. Prenez par exemple le premier air d’Abigaille – comme d’ailleurs l’ensemble de ses airs car elle est très bien servie tout au long de l’opĂ©ra-, celui qui ouvre l’acte II : on s’attend Ă  un dĂ©ferlement de fureur en rapport avec le caractère de la jeune femme, car elle comprend alors qu’elle n’est pas la fille du souverain… après un dĂ©veloppement très Ă©nergique, Verdi surprend et Ă©crit un air d’une tendresse bouleversante ; Abigaille est une âme blessĂ©e ; c’est une force haineuse qui s’est construite dans la violence parce qu’il y a au fond d’elle, cette profonde dĂ©chirure que Verdi sait remarquablement exprimer. C’est pour moi l’un des passages les plus bouleversants de la partition ; d’une couleur très chambriste, comme une sorte d’Ă©pure, utilisant le cor anglais et le violoncelle.

L’opĂ©ra aurait dĂ» s’appeler Abigaille tant le personnage est captivant par sa richesse, sa complexitĂ©. En comparaison, le rĂ´le-titre : Nabucco, certes varie entre schizophrĂ©nie, fureur, pardon car en fin d’action, il sait s’humaniser en effet ; sa partie dĂ©voile aussi la passion du compositeur pour les voix masculines ;  mais les couleurs que lui rĂ©serve Verdi ne sont pas aussi contrastĂ©es que celle d’Abigaille. Son profil est plus linĂ©aire, en cela hĂ©ritier de l’opĂ©ra seria.

Le CHOEUR. Aux cĂ´tĂ©s des protagonistes, le chĹ“ur est l’autre personnage crucial de Nabucco : le peuple tient une place essentielle. “Va pensiero” est Ă  juste titre cĂ©lèbre, et l’Ă©criture contrapuntique avec des imitations très serrĂ©es souligne la volontĂ© pour Verdi de dĂ©montrer sa dextĂ©ritĂ©, mais elle exige une rĂ©alisation prĂ©cise qui est l’autre grand dĂ©fi de la partition”.

Nabucco de Verdi, nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, les 3, 5 et 7 juin 2016. David Reiland, direction musicale. LIRE notre prĂ©sentation de Nabucco de Verdi Ă  Saint-Etienne

Propos recueillis le 30 mai 2016.

Nabucco Ă  Saint-Etienne par David Reiland

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thème cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©règlements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vèle rugissante, Ă©trangère Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son père Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂ´ne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂŞte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succès du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala après sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂ´t reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cĹ“ur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Ă‚ge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂ®tre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂĽncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

David Reiland dirige un nouveau Nabucco

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thème cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©règlements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vèle rugissante, Ă©trangère Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’après un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritière de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fère Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonnière des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son père Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂ´ne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂŞte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lèbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette dernière va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succès du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala après sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succès de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂ´t reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, foncièrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, règne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cĹ“ur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Ă‚ge des Lumières / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scène
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂ®tre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂĽncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution très intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO)

GODARD banjamin symphonie 2 cd review critique cd classiquenews Titelive_0761203504428_D_0761203504428CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO). L’Ă©clectisme de Godard, qui l’impose dans le terreau de la France fin de siècle (autour des annĂ©es 1880), signe ici un cycle symphonique qu’une oreille expĂ©ditive taxerait de superficialitĂ© dĂ©monstrative voire d’offrande Ă  l’acadĂ©misme pompier, en manque Ă©vident de profondeur. Or concernant l’opus 57, la Symphonie n°2 (1879), on y dĂ©tecte d’Ă©videntes parentĂ©s stylistiques qui composent comme un contexte esthĂ©tique et musical propre Ă  l’habiletĂ© Ă©rudite du compositeur dont l’opus reprĂ©sente son cycle orchestral pourtant le plus ambitieux ; c’est mĂŞme un jalon important de l’histoire symphonique en France avant les opus de Lalo, Saint-SaĂ«ns, surtout Franck dont la Symphonie en rĂ© de 1888/1889 marque le sommet des recherches contemporaines : l’Ă©coute du cd CPO dĂ©voile un souci de traiter tous les aspects de l’Ă©criture orchestrale, de surcroĂ®t dans un effectif relativement imposant (bassons et cors jusqu’Ă  quatre, trombones par trois…) ; le 1er mouvement fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’optimisme altier de Mendelssohn, le 2è mouvement totalement construit sous forme de Variations (histoire de montrer pour Godard, ses aptitudes Ă  varier l’orchestration sur un mĂŞme thème) rappelle Brahms ; tandis que le Scherzo cite Gounod (rĂ©miniscences de l’esprit de la Reine Mab) ou Massenet (dans cette grandiloquence très Second-Empire). Le 3ème mouvement est de loin le plus intĂ©ressant car il dĂ©voile le souci d’articulation, et la grande agilitĂ© Ă  varier la caractĂ©risation du chef David Reiland, requis pour cet exercice peu facile du dĂ©frichement. Sauf erreur il s’agit bien d’une première mondiale. Or l’Ă©blouissante agilitĂ© mozartienne de la direction, en particulier dans la succession des tableaux si contrastĂ©s de l’Allegro final, s’avère le meilleur choix artistique pour la rĂ©habilitation du compositeur romantique français. On demeure Ă©tonner cependant que les initiateurs du projets n’aient pas choisi un orchestre sur instruments anciens.

Romantisme français orchestral

David Reiland explore avec finesse l’Ă©clectisme symphonique de Godard

reiland-david-chef-maestro-582-594La juste caractĂ©risation des timbres, leur format sonore militent ici pour un allègement salvateur de la texture car l’Ă©criture française orchestrale Ă  de très rares exceptions près, sonne solennelle voire lourde – donc automatiquement grandiloquente. Or David Reiland dont on connaĂ®t dĂ©sormais l’aptitude singulière Ă  l’articulation et Ă  la clartĂ©, Ă©vite toute Ă©paisseur, toute emphase, atteignant une transparence dĂ©taillĂ©e, une activitĂ© sonore palpitante qui s’avère passionnante Ă  suivre d’Ă©pisode en Ă©pisode. Cette Symphonie n°2 prolonge la maturitĂ© d’une Ă©criture qui s’est affirmĂ©e dramatique et expressive dans le grand format, une maĂ®trise qui s’Ă©tait dĂ©voilĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente en 1878 quand l’auteur remporte le Prix de la Ville de Paris, soucieuse de relancer la vogue des oratorios fervents, avec Le Tasse, vaste cycle symphonique et dramatique de 1877 (une Ă©popĂ©e orchestrale bien plus naturelle que Le Paradis perdu de son comparse ThĂ©odore Dubois, actif Ă  la mĂŞme pĂ©riode et pour le mĂŞme Prix, Ă©galement sujet d’un disque dont Classiquenews en son temps a rendu compte).
Grâce Ă  la vigilance du maestro belge, le dĂ©tail liĂ© Ă  un grand sens de l’analyse synthĂ©tique, saisit le caractère de chaque sĂ©quence, sans omettre la perception de l’architecture globale. VoilĂ  qui se retrouve aussi dans sa direction de chef lyrique Ă  laquelle nous devons dĂ©jĂ  de grandes rĂ©ussites.
CaractĂ©risĂ©es, les Trois pièces (opus 51) sont vives et ainsi subtilement dĂ©taillĂ©es (hautbois et flĂ»te très exposĂ©s dans la BrĂ©silienne, verve mĂ©lodique d’un très bel entrain de la très cĂ©lèbre Kermesse… laquelle pourrait servir d’accompagnement musical Ă  l’entrĂ©e du chĹ“ur dans un opĂ©ra de … Massenet). Dans la Symphonie opus 23, Godard ancien Ă©lève du symphoniste Henri Reber (rĂ©cemment dĂ©voilĂ© lui aussi et acteur raffinĂ© très germanisant Ă©galement, pour un symphonisme français souple et presque aĂ©rien), cultive un style fragmentĂ©, fortement caractĂ©risĂ© selon les 5 Ă©pisodes mouvements dont le profil spĂ©cifique oriente la Symphonie annoncĂ©e plutĂ´t vers la Suite d’orchestre. Dans ce cycle crĂ©Ă© en 1881, le travail de David Reiland impose une très forte implication expressive qui le distingue de nombre d’approches routinières : le maestoso est grandiloquent, effectivement nĂ©obaroque dans ces citations de Haendel, et donc dans le goĂ»t du XIXè Ă©clectique, “gothique” (d’oĂą le titre de l’opus). L’Andantino qui suit frappe par sa carrure allante et sa vive pulsion rythmique ; le Grave est sombre et majestueux ; et mĂŞme le finale plus ouvertement nĂ©obaroque, – proche en cela d’un Massenet dĂ©cidĂ©ment, celui des intermèdes versaillais de Manon-, affirme une santĂ© nerveuse aux couleurs prĂ©cises et justement nuancĂ©es. Le chef apporte toute la finesse possible Ă  une Ă©criture qui n’empĂŞche jamais une certaine complaisance au goĂ»t dominant, plus proche de Saint-SaĂ«ns que de Wagner ; mais un style français Ă©loignĂ© du wagnĂ©risme pour remonter le temps vers Mendelssohn et ici, aussi Bach aux cĂ´tĂ©s de Haendel. SĂ©vère dans sa construction et les multiples rĂ©fĂ©rences formelles qu’elle convoque, la Suite Gothique diffuse ici une intensitĂ© versatile souvent irrĂ©sistible. La tenue des instrumentistes de l’orchestre germanique sous la baguette du chef David Reiland emporte l’enthousiasme par leur finesse et l’Ă©lĂ©gance continuelle qui traverse les 3 cycles symphoniques heureusement redĂ©couverts. La direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23. Trois Morceaux (Marche funèbre, BrĂ©silienne, Kermesse). MĂĽnchner Rundfunkorchester. David Reiland, direction (1 cd CPO enregistrement rĂ©alisĂ© en septembre 2015).

LIRE aussi la critique cd complète du Paradis Perdu de Théodore Dubois (mars 2012)

LIRE aussi notre critique cd complète de la Symphonie n°4 d’Henri Reber (mai 2012)

Compte rendu, opĂ©ra. Betsy Jolas : Iliade l’amour, crĂ©ation. Le 15 mars, Pars, CNSMDP. David Reiland

IliadeLamour_agendaSCHLIEMANN devient ILIADE L’AMOUR. BientĂ´t 90 ans, – en aoĂ»t prochain, Betsy Jolas rĂ©vise son opĂ©ra Schliemann, crĂ©Ă© Ă  Lyon en 1995, et ici Ă  Paris, le retaille pour une nouvelle offre lyrique en 1h45 et 10 tableaux. L’Ĺ“uvre intitulĂ©e “Iliade l’amour” et prĂ©sentĂ©e dans la salle de concert du CNSMDP en partenariat avec la Philharmonie de Paris laisse dubitatif. MĂŞme resserrĂ©, le livret produit d’inĂ©vitables tunnels d’une inaction bavarde qui finit par ennuyer : de surcroĂ®t le metteur en scène amĂ©nage au risque de plomber le dĂ©roulement des pauses silencieuses qui n’apportent absolument rien Ă  l’Ă©lucidation de l’action ni Ă  son onirisme. D’autant que la figure de l’archĂ©ologue allemand si passionnĂ© par Troie, subit quelques dĂ©formations antihistoriques, rĂ©solument fantasques, Ă  la façon d’une biographie subjective, vue ici – ou plutĂ´t revĂ©cue Ă  travers le tĂ©moignage de sa propre fille, Andromache (fière et Ă©nigmatique AnaĂŻs Bertrand) dont le metteur en scène fait une figure Ă©vanescente, parfois hors scène, telle la narratrice d’une Ă©vocation chaotique, par bribes, au fil rĂ©trospectif.
Dans cette expĂ©rience musicale qui se veut totale, l’oreille a du mal Ă  repĂ©rer d’un bout Ă  l’autre, l’idĂ©e d’une continuitĂ© dramatique, … d’autant que le texte qui reste difficile Ă  comprendre, reste dĂ©cousu et souvent Ă©nigmatique. Le livret a Ă©tĂ© Ă©crit Ă  deux mains par la compositrice et Bruno Bayen dont la pièce originelle “Schliemann, Ă©pisodes ignorĂ©s” a fourni la trame de dĂ©part.
Cependant certaines sĂ©quences prises isolĂ©ment arrivent cependant Ă  captiver telle le duo entre Schliemann et sa dernière Ă©pouse Sophia (palpitante Marianne Croux, scène V), puis la berceuse de cette dernière (scène VI) oĂą en un chant plus dĂ©veloppĂ© et fluide, la jeune femme synthĂ©tise prĂ©cisĂ©ment l’enjeu de l’ouvrage, entre songe et rĂ©alitĂ©, quand elle chante, au bord d’une rĂŞverie finalement dĂ©pressive : “je suis l’Ă©pouse de ton rĂŞve”. Sophia ne semble exister que par les fantasmes de son Schliemann de mari, plus Ă©vanescente que rĂ©elle, elle semble interdite Ă  possĂ©der une vĂ©ritable identitĂ©. Toutes les figures sur la scène d’un paquebot en croisière s’apparentent Ă  des apparitions sans guère d’Ă©paisseur que la musique pourtant suractive de Betsy Jolas finit par Ă©parpiller tout Ă  fait. Le travail sur la langue française (avec inserts d’anglais, de grecs, d’allemand…) focuse souvent sur l’anecdotique et semble rĂ©pondre au fragmentaire très percussif de la fosse. Pas assez abouti non plus, l’Ă©mergence des saillies drĂ´latiques comme l’Ă©pisode “cabaret” avec un enquĂŞteur bègue (Ă©patant Fabien Hyon), oĂą le gouvernement turc cherche Ă  reprendre le trĂ©sor que Schliemann a exhumĂ© sur les ruines de Troie…

 

 

 

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De Schliemann Ă  Iliade l’amour. Les forces vives du CNSMDP crĂ©ent l’opĂ©ra de Betsy Jolas dans sa nouvelle version

Forme décousue / direction épatante

 

Ceux qui pensaient retrouver prĂ©cisĂ©ment une sorte d’hommage poĂ©tique sur la vie de l’archĂ©ologue allemand, mĂŞlant antiquitĂ© recherchĂ©e/fantasmĂ©e ou une rĂ©flexion sur l’oubli, la trace que convoque la quĂŞte des civilisations et de l’Histoire en seront pour leur frais. MĂŞme le titre “Iliade l’amour” convoquant le principe d’une Ă©popĂ©e amoureuse trompe l’attente : la musique de Betsy Jolas, plus pointilliste Ă©parse que scintillante et miroitante, manque cruellement de sensualitĂ©. L’intitulĂ© est cependant respectĂ©, la promesse d’une lyre amoureuse s’incarnant Ă©videmment dans le rĂ´le de Sophia, quintessence d’une fĂ©minitĂ© multiple, – la vraie quĂŞte ici de Schliemann, dĂ©sireux d’Ă©pouser celle qui incarne Ă  ses yeux HĂ©lène de Troie-; – exigeant un soprano agile et volubile, jusqu’Ă  sa dĂ©chirante imploration lacrymale, sur le corps mort de l’Ă©poux Ă  la fin de l’opĂ©ra de chambre.

Pilote continĂ»ment impliquĂ©, aux gestes aĂ©riens et fluides, le chef belge, dĂ©jĂ  remarquĂ© entre autres comme baguette lyrique Ă  Saint-Etienne, David Reiland sait trouver la justesse et l’Ă©quilibre d’une partition pourtant dĂ©sĂ©quilibrĂ©e dont le flux chaotique installe avec difficultĂ© la notion d’intrigue scĂ©nique. La subtile pulsion et l’attention analytique que sa direction insuffle, parvient Ă  unifier et mĂŞme densifier la texture, en une continuitĂ© dramatique souvent passionnante, en particulier dans la succession des 3 derniers tableaux. Le souci d’Ă©quilibre plateau / fosse, tout ce travail sur la couleur et la rĂ©sonance, l’articulation de la ligne, farouchement recherchĂ©e, identifiĂ©e, cultivĂ©e tempère l’âpretĂ© d’une partition dont la rĂ©alisation théâtrale n’allait pas de soi (et Ă©tait mĂŞme le premier dĂ©fi). A la tĂŞte des forces vives du CNSMDP (classes de chanteurs et de musiciens, tous très engagĂ©s), ce que parvient Ă  obtenir le maestro par ailleurs fin mozartien, relève donc de l’exploit. Chapeau bas. Baguette Ă  suivre.

 

 

 

Iliade l’amour de Betsy Jolas, d’après Schliemann (1995)
Opéra de chambre en dix scènes, livret du compositeur et de Bruno Bayen
Créé au CNSMDP le 6 mars 2016

direction musicale : David Reiland
Mise en scène: Antoine Gindt

Scénographie
Etudiantes de l’ENSAD sous la supervision d’Elise Capdenat

Costumes
Fanny Brouste

Lumières
Ondine Trager

Heinrich Schliemann
Julien Clément

Sophia
Marianne Croux

Andromache
AnaĂŻs Bertrand

Spencer
Igor Bouin

Mr Haak
Fabien Hyon

Nelly
Eva ZaĂŻcik

L’appariteur
Guilhem Worms

Marina Ruiz, Yi Li, sopranos
Adèle Charvet, Lucie Louvrier, mezzo-sopranos
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténors

Orchestre du Conservatoire de Paris

Le Schielemann II de Betsy Jolas Ă  Paris

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. 12-17 mars 2016. Nouvelle version de l’opĂ©ra Schliemann de Betsy Jolas crĂ©Ă©e initialement Ă  Lyon en 1995. 20 ans après l’avoir livrĂ©, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archĂ©ologue passionnĂ© par les rĂ©cits d’Homère. Schliemann est le pionnier de l’archĂ©ologie grecque, en particulier mycĂ©nienne, dĂ©couvreur de Troie (1870) et de Mycènes (1874),  et mĂŞme sil dĂ©veloppe des mĂ©thodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e juste ouvrant après lui la voie Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs passionnĂ©s par la question de l’antiquitĂ© grecque.
Direction inspirĂ©e habitee. Cette manière de rĂ©crĂ©ation est portĂ©e par la direction exaltante affĂ»tĂ©e du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimĂ©e mais son heure viendra assurĂ©ment-, l’Ă©gal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick NĂ©zet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempĂ©raments dĂ©fendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre Ă©nergie et acuitĂ© poĂ©tique. Tout au long de ce cycle de reprĂ©sentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction Ă  la fois chaleureuse habitĂ©e, prĂ©cise et nerveuse d’un maestro taillĂ© pour l’opĂ©ra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la pièce Schliemann ,Épisodes ignorĂ©s de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – DurĂ©e : 1h35 environ

12-17 mars 2016 Ă  20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
RĂ©servations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scène

Orchestre du Conservatoire
Julien Clément, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

Élèves du département des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
AnaĂŻs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva ZaĂŻcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, tĂ©nor – Mr Haak, dĂ©tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
Adèle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la préparation des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la préparation de l’ensemble vocal

Élèves de la direction des études chorégraphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.

Schielemann II (2016) de Jolas

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. Les 12,14 et 15 mars 2016. Nouvelle version de l’opĂ©ra Schliemann de Betsy Jolas crĂ©Ă©e initialement Ă  Lyon en 1995. 20 ans après l’avoir livrĂ©, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archĂ©ologue passionnĂ© par les rĂ©cits d’Homère. Schliemann est le pionnier de l’archĂ©ologie grecque, en particulier mycĂ©nienne, dĂ©couvreur de Troie (1870) et de Mycènes (1874),  et mĂŞme sil dĂ©veloppe des mĂ©thodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e juste ouvrant après lui la voie Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs passionnĂ©s par la question de l’antiquitĂ© grecque.
Direction inspirĂ©e habitee. Cette manière de rĂ©crĂ©ation est portĂ©e par la direction exaltante affĂ»tĂ©e du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimĂ©e mais son heure viendra assurĂ©ment-, l’Ă©gal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick NĂ©zet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempĂ©raments dĂ©fendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre Ă©nergie et acuitĂ© poĂ©tique. Tout au long de ce cycle de reprĂ©sentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction Ă  la fois chaleureuse habitĂ©e, prĂ©cise et nerveuse d’un maestro taillĂ© pour l’opĂ©ra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la pièce Schliemann ,Épisodes ignorĂ©s de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – DurĂ©e : 1h35 environ

Les 12, 14, 15 mars 2016 Ă  20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
RĂ©servations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scène

Orchestre du Conservatoire
Julien Clément, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

Élèves du département des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
AnaĂŻs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva ZaĂŻcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, tĂ©nor – Mr Haak, dĂ©tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
Adèle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la préparation des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la préparation de l’ensemble vocal

Élèves de la direction des études chorégraphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.