COMPTE-RENDU opéra, critique. LIVE STREAMING du 5 mai 2021, Lille, Nouveau SiÚcle. MOZART : THAMOS. Orchestre National de Lille, David Reiland (direction)

THAMOS-SAIS-2-opera-orchestre-national-de-lille-critique-annonce-classiquenews-mozart-thamosCOMPTE-RENDU opĂ©ra, critique. LIVE STREAMING du 5 mai 2021, Lille, Nouveau SiĂšcle. MOZART : THAMOS. Orchestre National de Lille, David Reiland (direction). La partition relĂšve de l’esthĂ©tique galante mais colorĂ©e des Ă©clairs et contrastes saisissants du Sturm und drang auquel le jeune Mozart apporte sa propre sensibilitĂ© instrumentale ; il accorde une place privilĂ©giĂ©e aux choeurs (premiers Ă  s’exprimer dans l’explicitation du drame), porteurs de l’espĂ©rance des peuples, exprimant cette aspiration viscĂ©rale Ă  la fraternitĂ© universelle. Nous sommes bien dans un contexte moral franc-maçon (« accorde Ă  la jeunesse frivole, vertus et discipline  ») ; tout le drame qui va se jouer met en scĂšne l’application des prĂ©ceptes des LumiĂšres pour l’édification des hommes. Le politique (le jeune prince Thamos) est invitĂ© Ă  favoriser et mettre en Ɠuvre ce vaste programme d’éducation de la sociĂ©tĂ©. La forme orchestrale suit la lumineuse direction de cette philosophie musicale : le sens du dĂ©tail, les rebonds dramatiques, l’esprit des nuances sont ici garantis par la direction souple et sensible de l’excellent David Reiland, venu de Metz (dont il est directeur musical de l’Orchestre National) pour diriger la phalange lilloise.
Sur scĂšne, l’action illustre ce passage de la gangue originelle, boueuse, bitumeuse, brute Ă  l’accomplissement de l’individu humain, maĂźtre de son destin, corps enfin libĂ©rĂ© de son enveloppe archaĂŻque et primitive. Selon la conception de Damien Chardonnet-Darmaillacq (qui a rĂ©alisĂ© une adaptation d’aprĂšs la piĂšce de thĂ©Ăątre dont la partition assure les inserts musicaux), la mise en scĂšne et l’appareillage vidĂ©o (film tournĂ© au PhĂ©nix de Valenciennes prĂ©alablement au concert) exprime l’opĂ©ration de transformation de la matiĂšre vers sa sublimation ; passage oĂč se rĂ©alise l’alchimie organique, Ă  l’image d’un accouchement symbolique.
David Reiland veille Ă  l’articulation de chaque intermĂšde orchestral dont l’ampleur et le souffle annoncent le Mozart Symphoniste d’Idomeneo et de la pleine maturitĂ©, celui des 3 derniĂšres symphonies.

 

 

 

Illumination de Thamos / MĂ©tamorphose de SaĂŻs

David Reiland et l’Orchestre National de Lille jouent le drame qui prĂ©figure La FlĂ»te EnchantĂ©e,
Thamos, roi d’Egypte, musique de scùne maçonique

 

 L'ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE joue THAMOS de MOZART

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Le chant des cordes dit Ă  la fois la solitude du hĂ©ros Thamos et aussi l’espoir que sa vertu suscite au sein de la foule. La vitalitĂ© dĂ©taillĂ©e des instruments, timbres caractĂ©risĂ©s dans l’esprit d’un orchestre de chambre, souligne chaque Ă©tape de la sublimation du corps primitif vers sa rĂ©vĂ©lation finale : ainsi se dĂ©voile la figure de la princesse SaĂŻs, vierge du temple de soleil qui est aimĂ©e de Thamos, bien qu’elle soit la fille de son ennemi tutĂ©laire. La vidĂ©o expose l’histoire de Thamos Ă  travers le regard et l’expĂ©rience vĂ©cue par la jeune femme.
Orchestralement, David Reiland exprime toute l’activitĂ© Ă©motionnelle de la texture mozartienne ; oui, Mozart est bien ce poĂšte du cƓur humain, des sentiments les plus ineffables, ce magicien qui explore et ausculte Ăąme et corps ; grĂące Ă  l’éloquence des instrumentistes lillois, l’écriture orchestrale parle
 et chante (comme un chanteur d’opĂ©ra) ; elle explique et commente mieux que des paroles chantĂ©es, tout ce qui se dĂ©voile peu Ă  peu sur l’écran : la manifestation d’une mĂ©tamorphose. Pour autant, le lien entre la jeune femme qui dĂ©voile son visage et Thamos aurait pu ĂȘtre mieux expliquĂ©. Mettre en avant SaĂŻs ainsi est juste mais n’aurait-il pas aussi visualiser Thamos Ă  ses cĂŽtĂ©s pour comprendre comment sa place est primordiale dans l’avĂšnement du Prince ?

La gangue primitive qui emprisonne SaĂŻs fait rĂ©fĂ©rence Ă  la momification ; peu Ă  peu se dĂ©roule sa mise Ă  nu ; et l’ĂȘtre vertueux se rĂ©vĂšle ainsi, resplendissant selon le rituel maçonnique Ă©gyptien. L’impression de sĂ©quences enchaĂźnĂ©es qui nuit Ă  la continuitĂ© d’un vrai drame s’explique par la nature mĂȘme de la musique Ă©crite par le jeune Mozart : musique de scĂšne plutĂŽt que drame musical continu. Les airs de solistes sont rares. Mais pas la caractĂ©risation des instruments solistes (cor, hautbois, flĂ»te
).
Dans ce parcours instrumental qui suit l’action en s’illuminant, David Reiland et le metteur en scĂšne nous parlent d’humanitĂ© renouvelĂ©e, Ă  naĂźtre, porteuse des valeurs et vertus des LumiĂšres ; ce miracle est l’enjeu et le sujet du drame de Thamos. Tout le systĂšme philosophique et moral superbement incarnĂ© / explicitĂ© par l’orchestre, annonce les valeurs de l’opĂ©ra Ă  venir, plus accompli dans sa forme lyrique, et aussi chantĂ© en allemand, La FlĂ»te enchantĂ©e de 1791. Du langage classique des annĂ©es 1770, David Reiland fait un organe vivant, palpitant qui nous parle directement, veillant constamment aux phrasĂ©s, Ă  la vitalitĂ© des contrastes : dans l’alliage des timbres associĂ©s, on y perçoit dĂ©jĂ  les couleurs et les accents des opĂ©ras Ă  venir : Idomeneo bien sĂ»r, mais aussi Don Giovanni et sa noblesse grave, d’essence tragique.

Comme la rĂ©solution de l’énigme visuelle / orchestrale, surgit l’espĂ©rance du 2Ăš choeur (Ă  24’18 : « Dieu dont la puissance s’étend sur toute chose!  / Toi qui t’élĂšve et jamais ne faiblit
. rĂšgne, souverain sans Ă©gal dans la grandeur » : excellemment prĂ©parĂ©s par Thibault Lenaerts, le chƓur de chambre de Namur (et la soprano qui sort de la masse chorale soulignant la dĂ©licatesse des instruments) apporte sa couleur articulĂ©e, transparente, fusionnant sans Ă©paisseur avec la ductilitĂ© d’un orchestre lui aussi comme sublimĂ©, irradiĂ© par l’enseignement lumineux et initiatique (cĂ©lĂ©bration du guide et pĂšre pour tous, garant du bien commun).
En un couronnement tendre, l’air de basse qui conclut le cycle confirme la maturitĂ© de cette Ă©criture mozartienne frappĂ©e du sceau de la sincĂ©ritĂ© (« Vous fils de la poussiĂšre  ») : son souffle incantatoire se rapproche aussi de l’air du commandeur de Don Giovanni, vĂ©ritable proclamation presque terrifiante et avertissement Ă  qui se dresserait contre le couronnement de Thamos le valeureux ; c’est aussi une claire prĂ©figuration du personnage de Sarastro, grand prĂȘtre du soleil dans La FlĂ»te enchantĂ©e. L’ultime choeur (« Sublime Soleil, protĂšge la couronne du roi
 », solarisation collective et cĂ©lĂ©bration du souverain Ă©clairĂ©) sonne comme un hymne de dĂ©livrance et de rĂ©confort.
L’équilibre sonore, la souplesse et l’élĂ©gance de la direction de David Reiland prĂ©servent le charme fraternel de la partition, son ambition humaniste, son raffinement formel comme son sens dramatique.
Encore embryonnaire en sa discontinuitĂ© archaĂŻque, la partition de Thamos manifeste une maturitĂ© directe qui pourra se dĂ©ployer pleinement dans La FlĂ»te EnchantĂ©e. Ce jalon de la dramaturgie mozartienne est magistralement dĂ©fendu par l’équipe lilloise. Superbe spectacle irradiĂ© de grandeur, d’espoir, de lumiĂšre. Du pain bĂ©ni pour notre temps. Un spectacle fort et lumineux Ă  vivre sur la scĂšne du Nouveau SiĂšcle en novembre 2021. Incontournable.

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VOIR et REVOIR THAMOS roi d’Egypte par l’Orchestre National de Lille
sur la chaüne youtube de l’ON LILLE ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE ici :
https://www.youtube.com/watch?v=fh_8qngY3ow&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

 

EN REPLAY jusqu’au 5 juin 2021.

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VIDEO : entretien avec David Reiland : « Thamos est un vĂ©ritable bijou »  dont il faut rĂ©ussir la synchronisation entre musique et image.

 

https://www.youtube.com/watch?v=IpmaG_XU8FQ&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=3

 

 

 

STREAMING concert. THAMOS par l’ON LILLE / Orchestre National de Lille

audito-2.0-Orchestre-National-de-lille-concerts-annonce-critique-classiquenewsLIVE STREAMING. L’ONL joue THAMOS, le 5 mai 2021, 20h. L’Orchestre National de Lille propose pour la 1Ăšre fois Thamos de Mozart sous la direction de David Reiland. Coproduction inĂ©dite en rĂ©gion Hauts-de-France, le programme associe l’Orchestre National de Lille et plusieurs lieux culturels rĂ©gionaux : Le PhĂ©nix de Valenciennes, le ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial de CompiĂšgne et la Maison de la Culture d’Amiens. Le spectacle musical comprenant une mise en espace Ă©laborĂ©e sera jouĂ© ensuite en novembre 2021 devant le public. Auparavant le programme lyrique sera accessible depuis l’Audito 2.0 durant 1 mois, gratuitement, du 5 mai au 5 juin 2021. David Reiland poursuit ainsi sa complicitĂ© communicative avec les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille dans ce programme lyrique et symphonique, aprĂšs avoir dirigĂ© un concert prĂ©cĂ©dent le 17 avril dernier, dans le cadre de l’offre digitale AUDITO 2.0 de l’Orchestre Lillois : Concerto n°21 pour piano de Mozart avec la jeune soliste Marie-Ange Nguci (LIRE notre compte rendu du CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

 

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VOIR ICI Thamos, Roi d’Egypte
de Wolfgang Amadeo Mozart
sur la chaüne youtube de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Ă  partir du 5 mai 2021
LIVE STREAMING le 5 mai 2021, 20h
https://www.youtube.com/playlist?list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-
(L’AUDITO 2.0 est la salle de concert virtuelle, 100% numĂ©rique
de l’ON LILLE, Orchestre National de Lille)

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L’ON LILLE joue THAMOS, ROI d’EGYPTE

Une prĂ©figuration de LA FLÛTE ENCHANTÉE

 

 

 

Mozart_1780Presque 20 avant son dernier opĂ©ra (1791), La FlĂ»te enchantĂ©e, Mozart (ĂągĂ© de 18 ans) reçoit la commande d’un ouvrage Ă  la conception similaire, Ă©galement chantĂ© en allemand : selon l’idĂ©al maçonnique (le commanditaire est le baron Tobias Philipp von Gebler, futur grand-maĂźtre d’une Loge franc-maçonne viennoise), il s’agit dans Thamos, d’un drame Ă©gyptien, opposant les tĂ©nĂšbres et la lumiĂšre, en une geste hautement symbolique suscitant dĂ©jĂ  les mĂȘmes personnages : Tamino, la Reine de la nuit


Mozart affine sa partition et remet au baron non sans fiertĂ© (comme il le mentionne dans sa correspondance Ă  son pĂšre Leopold), une musique de scĂšne, conçu comme un drame : comprenant trois chƓurs et quatre entractes. Il s’agit dĂšs avant l’EnlĂšvement au sĂ©rail et La FlĂ»te bien sĂ»r, d’une contribution majeure Ă  l’Ă©laboration d’un opĂ©ra en langue allemande.

Le spectacle qui engage les instrumentistes de l’Orchestre National de Lille, est mis en espace par le metteur en scĂšne Damien Chardonnet-Darmaillacq. Sa « mise en scĂšne de concert » dĂ©veloppe une relecture trĂšs contemporaine du rĂ©cit. « Entre chassĂ©s-croisĂ©s amoureux, complots politiques, revers et rĂ©vĂ©lations », il souligne combien Thamos, roi d’Egypte, est une Ɠuvre injustement mĂ©connue qui « épouse les battements du rĂ©cit dans une savante et subtile alternance de chƓurs et d’orchestrations ». La force du rĂ©cit et de ses symboles est ainsi explicitĂ©e grĂące Ă  l’exposition privilĂ©giĂ©e du personnage fĂ©minin de « SaĂŻs », dont l’apparition dans la partition de Mozart est trĂšs fugace, mais non moins essentielle pour l’intrigue. SaĂŻs dont la mĂ©tamorphose est la clĂ© de voĂ»te de tout l’édifice mozartien, s’exprime ainsi par la voix d’une comĂ©dienne. Le dispositif scĂ©nique et vidĂ©o met l’accent sur la notion de transformation et de mĂ©tamorphose qui opĂšrent une subtile Ă©volution du personnage : SaĂŻs, en vĂ©ritĂ© Tharsis qui est aimĂ©e de Thamos, est la fille de Menes, souverain dĂ©chu qui s’oppose au dĂ©part au couronnement de Thamos. Mais comme dans tout opĂ©ra de Mozart, la question politique croise un riche canevas Ă©motionnel et sentimental oĂč l’amour dĂ©fait le nƓud des intrigues de pouvoir ; il est force de rĂ©vĂ©lation et de dĂ©passement…

 

 

Bande-annonce de Thamos : https://cutt.ly/jbdS7Iu

A la rencontre des acteurs de Thamos
Retrouvez les interviews de David Reiland (chef), Damien Chardonnet- Darmaillacq (mise en scĂšne), Sylvie MĂ©lis (lumiĂšres et scĂ©nographie) dans L’Audito 2.0 : https://bit.ly/2INlAIg

Photos : crédit Ugo Ponte ONL

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Thamos, Roi d’Egypte
Synopsis (5 actes avec intermĂšdes musicaux)
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Acte 1
Amour et pouvoir
 Dans le temple du soleil, le chƓur des prĂȘtres et des vierges cĂ©lĂšbrent le prochain couronnement du jeune prince Thamos comme roi d’Egypte. Mais Menes, prĂ©cĂ©dent souverain renversĂ© par le pĂšre de Thamos (Ramses) entend se venger sous les traits du grand prĂȘtre Sethos. Or Thamos aime SaĂŻs qui est en rĂ©alitĂ© la propre fille de MenĂšs : Tharsis qui se cache parmi les vierges du temple. Le couple d’intrigants, le prince ambitieux PhĂ©ron et Mirza, la cheffe des vierges, convoitent eux aussi le pouvoir.

Entracte musical

Acte 2
Illusions et manipulation : SaĂŻs / Tharsis avoue aimer le futur Roi Thamos, mais Mirza la destine Ă  Pheron ; de son cĂŽtĂ©,, Thamos ne croit pas dans l’infidĂ©litĂ© de Pheron.

Entracte musical

Acte 3
Pheron en dévoilant le projet de complot contre Thamos permet à Sethos de comprendre que sa fille Tharsis est vivante et se dissimule sous les traits de Saïs.

Entracte musical

Acte 4
Croyant qu’elle est trahie par Thamos, SaĂŻs / Tharsis obĂ©it Ă  Mirza et se consacre au culte du soleil (dans la lumiĂšre, la jeune femme est pourtant aveuglĂ©e et manipulĂ©e). Thamos prend conscience de la trahison de Pheron : il est alors couronnĂ© Pharaon devant le chƓur des prĂȘtres et des vierges.

Acte 5
ApothĂ©ose de Thamos, couronnĂ© Pharaon
 Sethos reconnaĂźt Thamos comme Pharaon. Mirza Ă©choue Ă  soulever le peuple : elle se suicide. Insultant les dieux, PhĂ©ron est foudroyĂ©. Sethos / Menes reconnaĂźt sa fille Tharsis, la dĂ©livre de ses vƓux au dieu du soleil et l’a fait reine d’Egypte, Ă©pouse de Thamos.

Entracte final avec chƓur des prĂȘtres et des vierges du soleil puis air du grand prĂȘtre Sethos.

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VOIR le TEASER VIDEO THAMOS de MOZART par l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE :
 

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction

CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. Concert en live streaming au format raisonnable, un seul Concerto pour piano
 mais quelle Ɠuvre : du pur Mozart ; grave et tendre, c’est Ă  dire bouleversant, capable de faire imploser l’esthĂ©tique galante par une intelligence versatile qui multiplie les champs de vision et les climats Ă©motionnels les plus contrastĂ©s. Ce n°21 est certainement le moins conforme des Concertos de Wolfgang. Relevant les dĂ©fis multiples d’une Ɠuvre inclassable et complexe, dĂ©jĂ  pleinement romantique (pourtant datĂ©e de fĂ©vrier 1785), l’Orchestre National de Lille invite deux tempĂ©raments accomplis, ambassadeurs inspirĂ©s de la psychĂ© mozartienne : le chef David Reiland et la jeune soliste Marie-Ange Nguci, dĂ©jĂ  sollicitĂ©e en juin dernier au Lille Piano(s) Festival 2020. Cette seconde prĂ©sence, en dialogue avec les instrumentistes lillois sonnent comme la confirmation de la rĂ©vĂ©lation Ă©prouvĂ©e en 2020.

Entre grĂące et majestĂ©, profondeur et brio, Mozart conçoit une tragĂ©die inscrite au cƓur, tempĂȘte intĂ©rieure dans laquelle le chant tĂ©nu, cristallin, prĂ©cis et intense de la pianiste tente de se reconstruire au diapason d’une rĂ©sistance maintenue malgrĂ© la passion Ă©ruptive de ce mouvement panique initial. Toute la finesse de la pianiste Ă©claire ce mariage ineffable entre luciditĂ©, tendresse, mĂ©lancolie et gouffre d’angoisse. Autant d’exaltation et de peine Ă©perdue prĂ©figure les Ă©clairs des 3 derniĂšres symphonies (Ă  partir de 1788).
Entre sensibilitĂ© voire abandon, Ă©lĂ©gance et profonde voire grave tendresse, Marie-Ange Nguci masquĂ©e, Ă©blouit par un jeu vif argent, viscĂ©ralement ancrĂ© dans la langueur, la conscience, un legato qui rĂ©pare et console. La vibration intĂ©rieure se dĂ©ploie ici dans les variations du premier mouvement dont la jeune pianiste fait un aria riche en crĂ©pitements et nuances, alliant passion et pudeur. Aucun doute, l’interprĂšte Ă©claire ce romantisme Ă  l’Ɠuvre chez Mozart, d’autant que le chef David Reiland redouble de prĂ©cision et de souplesse, en fin mozartien qu’il est (cf compte rendu du concert Mozart / Ravel, Arsenal de Metz, nov 2019).

 

 

 

La magie mozartienne par l’Orchestre national de Lille

Entre juvénilité et tendresse, gravité et fureur,
Marie-Ange Nguci éblouit dans le Concerto n°20 de Mozart

 

 

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Le mouvement central (notĂ© « ROMANCE »), l’un des plus bouleversants de la littĂ©rature mozartienne (usĂ© jusqu’à l’abus par les cinĂ©astes de tout poil) dĂ©ploie l’ivresse d’un clavier qui s’adoucit en dialogue avec les bois, mais sait mordre et rugir portĂ© par l’accent des cordes ; sur le tapis des cordes bondissantes, murmurĂ©es, la pianiste s’accorde des instants suspendus, magiciens ; sa gravitas sobre, son sens de l’urgence (en sol mineur comme l’agitation de la symph 40 de juillet 1788), sa gestion des silences indiquent une maturitĂ© dĂ©jĂ  entiĂšre.
Le FINALE (Rondo) irradie d’éclairs dramatiques et de fureur romantique grĂące Ă  l’acuitĂ© et la vivacitĂ© prĂ©cise que sait susciter la direction du chef dont on soupçonne une attention particuliĂšre au raffinement des timbres, Ă  leur Ă©quilibre, Ă  la vivacitĂ© de leur subtil mĂ©lange, conçu par un Mozart, aussi gourmet que gourmand (jeu de la flĂ»te, des hautbois, des bassons, en dialogue avec le piano enivrĂ©, extatique, comme en Ă©tat de transe Ă©merveillĂ©e et toujours attendrie)

Le fini sonore et cette Ă©loquence Ă©lectrique rapprochent soudainement le Concerto n°21 du Mozart des planches lyriques, celui de Don Giovanni Ă  venir (1787) comme de Cosi.‹La derniĂšre variation affirme l’absolu de la plĂ©nitude comme de la solitude d’un piano tendre et crĂ©pitant au jeu naturel et coulant, qui au contact des bois complices galope enfin dans les champs Ă©lysĂ©ens ; magie de la suprĂȘme lĂ©gĂšretĂ©, virtuose et prĂ©cise, mesurĂ©e et souple, celle d’un enfance qui a jailli, lumineuse insouciance, sans entraves ni contraintes, aprĂšs de sombres pressentiments, de terribles effondrements.

LILLE PIANOS fESTIVAL 2020 : l'Ă©vĂ©nement digital en direct sur YOUTUBESuperbe rĂ©cital qui confirme le talent volubile, profond, de Marie-Ange Nguci : ce 2Ăš concert avec l’Orchestre National de Lille confirme le premier (en solo), lors du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020) : la jeune artiste Ă©loignĂ©e des montreurs d’agilitĂ© creuse, a pour elle, un feu intĂ©rieur qu’elle tirera bĂ©nĂ©fice Ă  cultiver dans cette tension et cette simplicitĂ© ; un tempĂ©rament musicien qu’il faut dĂ©sormais suivre absolument.

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CONCERT LIVE STREAMING, critique. LILLE, sam 17 avril 2021. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE. MOZART : Concerto pour piano n°21. Marie-Ange NGUCI, piano / David Reiland, direction. REVOIR le concert en REPLAY sur le chaĂźne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, ICI

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LIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND

NGUCI-Marie-ange-piano-concert-critique-classiquenews-orchestre-national-de-lille-streaming-liveLIVE STREAMING, LILLE, ONL : sam 17 avril 2021. MOZART : Cto pour piano n°20 – MA NGUCI / D REILAND. Programme Ă©vĂ©nement ce samedi grĂące Ă  la complicitĂ© de l’Orchestre National de Lille et du chef (actuel directeur musical de l’Orchestre national de Metz), David Reiland : l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle affiche en direct samedi Ă  partir de 20h, l’un des concertos les plus Ă©blouissants de Mozart, son n°20 : frappĂ© du sceau de l’urgence, de la gravitĂ©, de la profondeur et de l’élĂ©gance
 mozartienne. Il faut un toucher de velours qui sait aussi mordre pour exprimer l’écriture Ă  la fois tendre et tragique du compositeur. En fĂ©vrier 1785, Wolfgang est l’auteur le plus en vue de Vienne, capable d’un prodige alliant tendresse ineffable et grandeur sombre ; Haydn s’inclinera alors devant la partition et dĂ©clare Ă  Leopold, le pĂšre de Mozart : « votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse ». Le raffinement de l’orchestration, la partie jamais « bavarde » ou strictement virtuose du piano, la volubilitĂ© des atmosphĂšres, contrastĂ©es qui se succĂšdent avec naturel et mĂȘme vertige, indiquent la maturitĂ© de Wolfgang qui choisit la mĂȘme tonalitĂ© que l’ouverture du futur opĂ©ra « Don Giovanni » dĂšs le dĂ©but du Concerto. Un souffle intensĂ©ment dramatique saisit immĂ©diatement l’auditeur (Allegro). Le point d’accomplissement de la partition demeure le mouvement central ou « Romance » , ample priĂšre suspendue, touchĂ©e par la grĂące d’une inspiration qui regarde au delĂ  du rĂ©el, qui exprime au delĂ  de tout sentiment terrestre. Le Rondo final laisse se libĂ©rer l’invention parfois tumultueuse d’un esprit Ă  vif : Mozart exprime tous les sentiments humains en un drame aussi intĂ©rieur que dĂ©monstratif. Il s’émancipe de la frivolitĂ© du style galant pour atteindre une profondeur nouvelle, prĂ©-romantique. La fin semble d’une allĂ©gresse insouciante jusqu’au dernier accord, singulier qui interroge (rĂ©/do diĂšse) : ainsi est la facĂ©tie mozartienne, trouble, ambivalente, multiple voire insondable Ă  l’égal du choix du rĂ© mineur pour ce rondo Ă©tourdissant, bouleversant. Une richesse allusive qui suscite l’interrogation. Est ce la raison pour laquelle le n°20 fut apprĂ©ciĂ© et jouĂ© par Beethoven (qui Ă©crivit mĂȘme sa propre cadence), inaugurant une passion que partageront (Ă  juste titre) Brahms, Clara Schumann, Busoni
 ?

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La jeune pianiste française Marie-Ange Nguci retrouve ainsi LILLE dont elle Ă©tait la rĂ©vĂ©lation du dernier LILLE PIANO(S) FESTIVAL (juin 2020) : on se souvient qu’en plein confinement de la culture, dans la stricte observation des mesures sanitaires, l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE proposait alors un festival 100% digital dont CLASSIQUENEWS a rendu compte des programmes principaux :
https://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020/

Aux cĂŽtĂ©s de Jonathan Biss (direct depuis Philadelphie), Jean-François Zygel (improvisant d’aprĂšs Beethoven), David Kadouch dans un formidable concert de clĂŽture, Marie-Ange Nguci affirmait son tempĂ©rament lunaire et cristallin dans un programme personnel (Bach / Busoni), Beethoven, Ravel, Scriabine.

NGUCI-marie-ange-piano-concert-critique-lille-pianos-digital-classiquenews-juin-2020« Fulgurant, mordant et d’une Ă©tonnante intelligence des contrastes, le jeu de Marie-Ange Nguci Ă©coute la matiĂšre, fait surgir des Ă©lans murmurĂ©s d’une poĂ©tique Ă©trange, liquide, suspendue, auxquels rĂ©pondent des dĂ©flagrations tranchantes ; mais il y aussi un impressionnisme sonore qui s’écoule, et des rythmes qui s’entrecroisent et se chevauchent dans un festival Ă©motionnel permanent, contrĂŽlĂ©, scintillant  », Ă©crivions-nous lors du LILLE PIANO(S) FESTIVAL de juin 2020. LIRE ici nos comptes rendus du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2020 :
http://www.classiquenews.com/lille-pianos-festival-2020-ledition-100-digitale/

Ambassadrice des la profondeur mozartienne, l’interprĂšte devrait dĂ©voiler toute la palette de sa dĂ©jĂ  riche sensibilitĂ©, d’autant plus sous la baguette d’un chef lui aussi mozartien jusqu’au bout des ongles, l’excellent David Reiland.

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VOIR le concert MOZART : Concerto pour piano n°20ORCHESTRE-NATIONAL-DE-LILLE-AUDITO-2.00-concert-digital-en-direct-depuis-l-auditorium-du-nouveau-siecle-lille-annonce-critique-concert-classiquenews
Marie Ange NGUCI, piano
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
David Reiland, direction
https://www.youtube.com/watch?v=WPvxff5nKEg&list=PLjt12Zt-aSM12p3JI5CXB8zllWROJOD9-&index=1

LIRE le programme de salle ici :
https://bit.ly/MozartConcertoONL​

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RETROUVER les concerts digitaux de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE / «  AUDITO 2.0 », la salle de concert numĂ©rique de l’ON LILLE / Orchestre National de Lille :
https://bit.ly/2INlAIg

RETROUVER LA PROCHAINE PROGRAMMATION du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2021
ici : www.lillepianosfestival.fr

 

 

 

METZ. Concerts du nouvel An Ă  l’Arsenal

METZ, 27, 28, 29 dĂ©c 2019. Concerts du NOUVEL AN. 3 dates pour fĂȘter le Nouvel an 2020. On se prend Ă  rĂȘver que Metz, grĂące Ă  l’Arsenal qui est le lieu de rĂ©sidence de l’Orchestre National de Metz, devienne un haut lieu de symphonisme Ă  la fois flamboyant et Ă©lĂ©gantissime
 dans la plus pure tradition viennoise. DĂ©jĂ , voici un programme que n’auraient pas reniĂ© les instrumentistes du Philharmonique de Vienne, tant ils ont depuis longtemps dĂ©jĂ  trouvĂ© le style pour embraser comme personne, l’éclat, les couleurs, la souplesse des fameuses valses conues par la dynastie des Trauss pĂšre et fils
 ; polkas, galops de la tribu Strauss, les deux Johann, pĂšre et fils, en tĂȘte. Les auditeurs messins ont bien de la chance de pouvoir suivre ici le travail du chef, directeur musical de l’Orchestre national de Metz, David Reiland. D’auant que ce dernier convainc de concert en concert par sa conception remarquable de l’articulation souple des cordes (comprĂ©hension spĂ©cifique des Ɠuvres mozartiennes) Ă  laquelle rĂ©pond un souci non moins unique dans le relief et la dĂ©finition Ă©quilibrĂ©e des couleurs de l’orchestre


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Arsenal, Metzboutonreservation
CONCERTS DU NOUVEL AN
3 concerts à l’Arsenal de Metz
Orchestre national de Metz
David Reiland, direction
27 et 28 dĂ©cembre 2019 – 20h
29 dĂ©cembre 2019 – 16h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-du-nouvel-an-27dec

 

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programme :

Piotr Ilitch TchaĂŻkovski
La belle au bois dormant, Suite
EugÚne Onéguine, Polonaise

Franz von Suppé
Cavalerie légÚre, Ouverture

Johann Strauss fils
FrĂŒhlingsstimmen
Wiener Blut
Le beau danube bleu

Johann Strauss pĂšre
Tritsch Tratsch Polka

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Programme repris pour 6 dates en tournée

DU 3 AU 11 JANVIER 2020
â€ș Longeville-lĂšs-Metz, Dieuze, Hombourg-Haut, Sarrebourg, Mancieulles, Chaumont
CONCERTS DU NOUVEL AN
Orchestre national de Metz

 VEN 3 JAN, 20H30
â€ș Centre socio-culturel Robert Henry,
Longeville-lĂšs-Metz

SAM 4 JAN, 20H
â€ș Les Salines royales, Dieuze

DIM 5 JAN, 16H
â€ș Salle des fĂȘtes, Hombourg-Haut

JEU 9 JAN, 20H30
â€ș Salle des fĂȘtes, Sarrebourg

VEN 10 JAN, 20H30
â€ș Espace Saint-Pierremont, Mancieulles

SAM 11 JAN, 20H
â€ș Salle des fĂȘtes, Chaumont

COMPTE-RENDU, critique, concert. METZ, Arsenal, le 22 nov 2019. MOZART, RAVEL. Orchestre National de Lorraine / David Reiland.

reiland-david-orchestre-national-de-metz-concert-annonce-classiquenewsCOMPTE-RENDU, critique, concert. METZ, Arsenal, le 22 nov 2019. MOZART, RAVEL. Orchestre National de Metz / David Reiland. Il est toujours rĂ©vĂ©lateur voire Ă©difiant de faire dialoguer au cours d’une mĂȘme soirĂ©e les deux compositeurs ; le premier, Mozart, gĂ©nie de l’élĂ©gance et de la sincĂ©ritĂ© incarnĂ©es ; le second, Ravel, grand admirateur du premier, restant le modĂšle absolu du raffinement et de l’incandescence… On regrette mĂȘme la cĂ©sure rĂ©alisĂ©e entre les deux parties du concert messin Ă  l’Arsenal, tant leur gĂ©nie respectif parle, dans l’écriture orchestrale, d’une mĂȘme lumiĂšre, d’une mĂȘme exigence.

 

 

 
Le National de Metz Ă  son meilleur

GrĂące brillante, introspective de Mozart
VoluptĂ© Ă©ruptive de Ravel…

 

 

 

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David Reiland, directeur musical de l’Orchestre National de Metz © C Guir / CitĂ© musicale METZ

 

 

 

 

Directeur musical du National de Metz, David Reiland a le souci du dĂ©tail comme de l’architecture; passĂ© par Salzbourg, il connait l’équilibre subtile qui fait rayonner une sonoritĂ© spĂ©cifique Ă  l’orchestre en particulier dans la symphonie concertante pour violon et alto de Wolfgang, un sommet de tout ce qui, relevant de l’esprit des lumiĂšres, fut capable en intelligence, lĂ©gĂšretĂ©, esprit de conversation. Le tapis instrumental entre cordes et bois redouble de flexibilitĂ© bondissante, de vivacitĂ© Ă©lĂ©gante, de nerf comme d’Ă©loquence, en particulier au niveau des cordes toujours magnifiquement galbĂ©es sous le pilotage du chef.
Les deux solistes invitĂ©s Alena Baev (violon) et Adrien la Marca (alto), affirment une indĂ©niable musicalitĂ©, brillant comme deux gemmes complĂ©mentaires ; elle, du fait de la tessiture et du timbre mĂȘme de son instrument, solaire et vibrante ; lui, complice attentionnĂ©, tel son double noir, sombre Ă©videmment- instrument que jouait Wolfgang lui-mĂȘme, sĂ©duisant, percutant par cette gravitas, moins bavarde, plus subjective, directe. La personnalitĂ© des deux tempĂ©raments rayonne enveloppĂ©s, portĂ©s par un tel Ă©crin orchestral. Du moins on note une disposition plus solistique chez elle comparĂ©e Ă  son partenaire
 qui en plusieurs reprises et appels en regards complices, … n’est guĂšre exaucĂ©. Qu’importe la musicalitĂ© est lĂ , rayonnante.
De son cĂŽtĂ©, la direction du chef Ă©blouit indiscutablement, ciselant un Mozart d’une acuitĂ© expressive directe mais nuancĂ©e en particulier dans le formidable Andante central qui atteint une profondeur hors temps suspendue, dĂ©jĂ  romantique. Selon cette clairvoyance visionnaire dont est capable Mozart et dont il garde le secret spĂ©cifique.

La deuxiÚme partie, purement orchestrale, confirme la complicité créative, engageante entre chef et musiciens.
Les Ravel sont tout autant passionnants. Ils rĂ©vĂšlent sous le feu flamboyant des instrumentistes la part de luciditĂ© et de clairvoyance finalement terrifiante d’un compositeur rattrapĂ© par le cynisme le plus impitoyable. La Valse tout d’abord dĂ©roule des rubans de soie voluptueux et melliflus, mais le rythme enivrant implose bientĂŽt en plein vol, produisant des sirĂšnes Ă©tourdissantes ; spasmes et convulsions d’une irrĂ©pressible douleur : tĂ©moin de la guerre et de la barbare sanguinaire, Ravel tire la sonnette d’alarme orchestrale. On oublie souvent sous les effets d’une voluptĂ© amplifiĂ©e, oublieuse, et de plus en plus affirmĂ©e, le cri de cette conscience douloureuse. David Reiland et son orchestre expriment cette implosion graduelle qui fait basculer un Ă©lan prĂ©alablement enivrĂ©… en cauchemar formellement dĂ©tonant.
MĂȘme accomplissement pour le BolĂ©ro, entĂȘtant et envoĂ»tant Ă  souhait mais aussi d’une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e que n’aurait pas reniĂ© Ravel lui-mĂȘme, passionnĂ© de mĂ©canique et d’horlogerie (grĂące Ă  son pĂšre). On y dĂ©tecte dans la prĂ©cision et une transparence rythmiquement hypnotique (cf le mordant imperturbable de la caisse claire et sa formule rythmique d’un bout Ă  l’autre, Ă©noncĂ©e comme un compte Ă  rebours), un mĂȘme cycle de destruction qui passe de l’ivresse mĂ©lodique Ă  la convulsion orgiaque.
AssurĂ©ment un concert rondement dĂ©fendu qui confirme le niveau acquis grĂące Ă  l’entente du chef et des instrumentistes du National de Metz lesquels au terme de plusieurs bis n’hĂ©sitent pas Ă  saluer comme le fait le public plus qu’enthousiaste, le charisme engageant de leur directeur musical. VoilĂ  qui positionne idĂ©alement le National de Metz ainsi Ă©lectrisĂ© par son chef, parmi le top 6 des meilleurs orchestres hexagonaux. A suivre.

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. METZ, Arsenal, le 22 nov 2019. MOZART, RAVEL. Orchestre National de Metz / David Reiland.

 

 

 

 

Critique précédente concert David Reiland / Orchestre National de Metz (13 sept 2019) :

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction. TrĂšs rĂ©ussi et mĂȘme passionnant premier concert du National de Metz Ă  l’Arsenal : pour l’ouverture de sa nouvelle saison 2019 – 2020, l’Orchestre National de Metz jouait ce vendredi 13 septembre 2019, Mozart puis Berlioz sous la direction de son directeur musical, depuis septembre 2018, David Reiland. La 41Ăš faisait ainsi son entrĂ©e au rĂ©pertoire de la phalange messine ; un point important car il s’agit aussi pour le maestro d’élargir et d’enrichir toujours les champs musicaux des instrumentistes messins. David Reiland a dirigĂ© la 40Ăš ici mĂȘme en 2015, alors qu’il n’était pas encore directeur musical. Le maestro nous offre deux lectures investies, abouties, Ă©tonnamment ciselĂ©es et vivantes.

 

 

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METZ, Arsenal, ce soir : La Valse de Ravel par David Reiland

reiland david maestro mains baguette enchanteresseMETZ, Arsenal. ce soir 22 nov, 20h. LA VALSE de RAVEL. L’Orchestre National de METZ et David Reiland (notre photo, DR) jouent la si dĂ©licate Valse de Ravel, hymne Ă  la danse et aussi orgie progressive de rythmes et de couleurs dans laquelle Maurice le si mesurĂ© et pudique, « ose » faire imploser le tissu symphonique jusqu’à la transe la plus dĂ©bridĂ©e, Ă  l’obsessionnelle ivresse. Auparavant la virtuositĂ©, spĂ©cialitĂ© toute française et parisienne au XVIIIĂš, transporte grĂące Ă  la Symphonie Concertante de Mozart, crĂ©Ă©e Ă  Paris en 1779 oĂč brillent en dialogue avec l’orchestre, deux invitĂ©s attendus, prometteurs : l’alto (Adrien La Marca) et le violon (Alena Baeva).

METZ, Arsenal
Orchestre National de Metz
David Reiland, direction
violon : Alena Baeva
alto : Adrien La Marca

Vendredi 22 novembre 2019, 20h

RESERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/la-valse-de-ravel
1h15 + entracte

ClĂ©s d’écoute, confĂ©rence prĂ©alable par Philippe Malhaire
19h – EntrĂ©e libre

Programme

MOZART : Ouverture de Cosi fan tutte / Symphonie Concertante

RAVEL : La Valse / Le Boléro

La Valse de Ravel

reiland david maestro mains baguette enchanteresseMETZ, Arsenal. Ven 22 nov 19. LA VALSE de RAVEL. L’Orchestre National de METZ et David Reiland (notre photo, DR) jouent la si dĂ©licate Valse de Ravel, hymne Ă  la danse et aussi orgie progressive de rythmes et de couleurs dans laquelle Maurice le si mesurĂ© et pudique, « ose » faire imploser le tissu symphonique jusqu’à la transe la plus dĂ©bridĂ©e, Ă  l’obsessionnelle ivresse. Auparavant la virtuositĂ©, spĂ©cialitĂ© toute française et parisienne au XVIIIĂš, transporte grĂące Ă  la Symphonie Concertante de Mozart, crĂ©Ă©e Ă  Paris en 1779 oĂč brillent en dialogue avec l’orchestre, deux invitĂ©s attendus, prometteurs : l’alto (Adrien La Marca) et le violon (Alena Baeva).

METZ, Arsenal
Orchestre National de Metz
David Reiland, direction
violon : Alena Baeva
alto : Adrien La Marca

Vendredi 22 novembre 2019, 20h

RESERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/la-valse-de-ravel
1h15 + entracte

ClĂ©s d’écoute, confĂ©rence prĂ©alable par Philippe Malhaire
19h – EntrĂ©e libre

Programme

MOZART : Ouverture de Cosi fan tutte / Symphonie Concertante

RAVEL : La Valse / Le Boléro

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, dir.

COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction. TrĂšs rĂ©ussi et mĂȘme passionnant premier concert du National de Metz Ă  l’Arsenal : pour l’ouverture de sa nouvelle saison 2019 – 2020, l’Orchestre National de Metz jouait ce vendredi 13 septembre 2019, Mozart puis Berlioz sous la direction de son directeur musical, depuis septembre 2018, David Reiland. La 41Ăš faisait ainsi son entrĂ©e au rĂ©pertoire de la phalange messine ; un point important car il s’agit aussi pour le maestro d’élargir et d’enrichir toujours les champs musicaux des instrumentistes messins. David Reiland a dirigĂ© la 40Ăš ici mĂȘme en 2015, alors qu’il n’était pas encore directeur musical. Le maestro nous offre deux lectures investies, abouties, Ă©tonnamment ciselĂ©es et vivantes.

 

 

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Dans les faits, c’est d’abord un formidable travail sur les cordes qui s’affirme : flexibilitĂ© et articulation constantes, apportant Ă  l’architecture mozartienne sa grande soliditĂ© structurelle et un sens naturel des respirations. Chaque phrase est magistralement Ă©tirĂ©e, explicitĂ©e, avec des nuances savoureuses, sur des tempi roboratifs. Ainsi l’Allegro initial affirme une Ă©nergie pleine d’équilibre et d’élĂ©gance, parfaitement adaptĂ© au dessin nĂ©oclassique et lui-mĂȘme architecturĂ© de la grande salle. L’Andante qui suit saisit par son intensitĂ© et sa profondeur dans l’épure la mieux Ă©noncĂ©e ; c’est une effusion lĂ  encore riche en nuances et passages dynamiques maĂźtrisĂ©s oĂč deux qualitĂ©s nous semblent dĂ©sormais emblĂ©matiques de David Reiland : sa tendresse intĂ©rieure, son Ă©lĂ©gance expressive. Du trĂšs peu – un matĂ©riau finalement trĂšs rĂ©duit, le chef construit une totalitĂ© qui respire et Ă©meut ; rĂ©vĂ©lant chez Mozart, le magicien du cƓur et de la profondeur ; sa mĂ©lancolie dĂ©jĂ  romantique, son urgence Ă  la dĂ©passer
 Enfin le Finale (Molto Allegro) gagne un surcroĂźt de mordant et d’articulation, rĂ©vĂ©lant la puissance d’un contrepoint dont l’énergie mais aussi le dĂ©tail des timbres, la violence rythmique prĂ©figurent dĂ©jĂ  Beethoven. Et l’on se dit, davantage qu’ailleurs, comme il aurait Ă©tĂ© passionnant sous une telle direction, de dĂ©couvrir ce que Mozart aurait composĂ© aprĂšs 1791 s’il n’était pas mort si tĂŽt.

 

 

 

Dans la forge berliozienne,
élégance et nuance, passion et contrastes de David Reiland

 

 

 

Reiland davidDans la seconde partie (aprĂšs l’entracte), un autre bain orchestral, celui tout aussi captivant du Berlioz de 1834. Soit quatre ans aprĂšs la Fantastique qui est dĂ©jĂ  en soi un Everest symphonique. DĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© (mais avec rĂ©citant) Ă  La CĂŽtĂ© Saint-AndrĂ© cet Ă©tĂ© dans le cadre du Festival BERLIOZ 2019 (celui des 150 ans de la mort d’Hector), « Harold en Italie » stigmatise les sentiments contradictoires de Berlioz avec l’Italie. David Reiland en dĂ©livre une lecture magistrale par son souci du dĂ©tail, de la tension et de la respiration poĂ©tique. Chaque accent semble inscrit dans un vaste mouvement dont la comprĂ©hension globale surprend et convainc. Chez Berlioz, le motif du paysage italien suscite un embrasement des sens, de la jubilation extatique Ă  la transe quasi grimaçante (cf le Finale et son « orgie de brigands »), dĂ©voilant chez Hector, l’alchimiste symphonique, dont la fougue et l’inventivitĂ© n’empĂȘchent (grĂące Ă  la sensibilitĂ© hyperactive du chef) ni la clartĂ© ni la transparence.
En jouant de tous les filtres ensorcelants nĂ©s du souvenir, Berlioz Ă©difie un monument Ă  plusieurs plans et registres; dont les rugissements surtout aprĂšs le final de l’Orgie de Brigands laissent l’auditeur, sidĂ©rĂ©. La texture orchestral se fait grand cerveau Ă©motionnel dont les strates renvoient aux souvenirs rĂ©els ou fantasmĂ©s. David Reiland dĂ©crypte cette matiĂšre en fusion, entre imagination et rĂ©alitĂ©, aux Ă©panchements imprĂ©visibles. Grand amoureux, Berlioz reste un grand frustrĂ©, toujours insatisfait : il ne s’épargne aucun accent tĂ©nu, aucune trouvaille de timbres inĂ©dite pour exprimer au plus juste, le sentiment d’une immense et permanente insatisfaction. VoilĂ  pourquoi l’énonciation de l’idĂ©e fixe, amoureuse, bascule souvent dans la folie. Mais quelle folie, car elle passe par le chant libĂ©rĂ© d’un orchestre laboratoire. Sous la direction du jeune maestro, l’auditeur ne perd aucun accent instrumental, aucune phrase musicale, tant la prĂ©cision du chef est constante. Et sa concentration, gĂ©nĂ©reuse en indications gestuelles.

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David Reiland © Cyrille Guir / CMM cité musicale METZ 2019

DĂšs le premier tableau « Harold aux montagnes », chef et instrumentistes font surgir le massif naturel de l’ombre, avec une tendresse dĂ©jĂ  mĂ©lancolique qui tient du mystĂšre : David Reiland exprime cette alliance spĂ©cifique Ă  Berlioz qui fusionne rĂȘverie et fantastique. La tendresse intĂ©rieure, contemplative de l’alto d’Adrien Boisseau, trouve constamment le ton juste et une sonoritĂ© quasi voluptueuse, dans ce vortex d’une rare poĂ©sie. On y retrouve, talent rare de la filiation nĂ©e d’un programme habilement construit, cette mĂȘme tendresse grave qui se dĂ©ployait dans l’Andante de la Jupiter mozartienne Ă©coutĂ©e dans la premiĂšre partie.
 On ne doute plus de l’extrĂȘme sensibilitĂ© du chef, sa maestriĂ  Ă©lĂ©gantissime Ă  passer d’un univers Ă  l’autre.
Ciselant une dĂ©finition et une articulation lĂ  encore trĂšs françaises, David Reiland joue avec autant d’intelligence sur les effets sonores et de spatialisation, soulignant aux cĂŽtĂ©s du Berlioz, orchestrateur fascinant, l’immense paysagiste (comme Turner dilate l’espace et creuse l’infini de la couleur), capable d’élargir de façon cosmique, les perspectives orchestrales, en Ă©tagement, en profondeur, en hauteur. Ici s’affirme dĂ©jĂ  l’auteur des champs goethĂ©ens de la Damnation de Faust (crĂ©Ă©e en 1846).

La fin du mĂȘme premier mouvement est ensuite caractĂ©risĂ©e avec le nerf et une Ă©nergie de tous les diables, comme si la grande machine symphonique s’emballait, en une distanciation, dĂ©sormais et rĂ©aliste et cynique, de l’idĂ©al amoureux. La forge musicale resplendit alors dans toute sa perfection vivante car il revient au chef un travail exemplaire sur la mise en place, la comprĂ©hension de l’architecture et du drame, – exposition et rĂ©itĂ©rations
, le sens et la direction du flux orchestral, l’audace des timbres et des couleurs qui scintillent tout en se reconstruisant en permanence.

DAVID REILAND, maestrissimo !Quelle belle idĂ©e de prendre le tempo prĂ©cisĂ© par Hector lui-mĂȘme dans la marche des pĂšlerins (106 Ă  la noire) : le maestro offre une relecture complĂšte sur un tempo revivifiĂ©, celui d’une marche active et sportive qui souligne la structure allante de l’architecture berliozienne. MĂȘmes vertiges mais ceux ci superbement contrastĂ©s dans le vaste Ă©pisode final (Orgie de brigands) oĂč les remous du bain orchestral atteignent houle et tempĂȘte d’un ocĂ©an spectaculaire. C’est un Ă©pisode de rĂ©capitulation oĂč tous les thĂšmes sont rĂ©exposĂ©s et superposĂ©s en un contrepoint proprement 
 cosmique. L’imagination de Berlioz n’a pas de limites : ravĂ©lien naturel, David Reiland, orfĂšvre des nuances et capable d’un souffle irrĂ©sistible, y rĂ©alise une parure instrumentale et une direction saisissantes. Aucun doute, l’Orchestre a trouvĂ© son chef. Cette nouvelle saison (la seconde donc sous son mandat) s’annonce prometteuse. Et le concert s’inscrit parmi les meilleures contributions Ă  l’anniversaire Berlioz 2019. A suivre.

 

 

 

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David Reiland et l’Orchestre National de Metz © Cyrille Guir / CMM citĂ© musicale METZ 2019

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique. MEZT, Arsenal, le 13 sept 2019. Concert d’ouverture la saison 2019 2020. Mozart : Symphonie n°41 « Jupiter » / BERLIOZ : Harold en Italie. Adrien Boisseau, alto. Orchestre National de METZ. David Reiland, direction.

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LIRE aussi pour les 150 ans en 2019 de la mort de Hector Berlioz, notre grand dossier BERLIOZ 2019 :
http://www.classiquenews.com/berlioz-2019-dossier-pour-les-150-ans-de-la-mort/?fbclid=IwAR2Co0LYiAjWECfKJKZx6d-NzRJjfVIGlsi4SraP4R8MgZmhpWyQ48xTTJg

 

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PROCHAIN CONCERT de l’Orchestre national de METZ, dirigĂ© par David REILAND Ă  l’Arsenal de METZ : Le BolĂ©ro de Ravel dans un dispositif dĂ©complexĂ©, accessible

METZ, Arsenal. Ravel : BOLÉRO, dim 22 sept 2019, 18h. APERO-CONCERT. LIRE ici notre prĂ©sentation du BolĂ©ro de Ravel par David Reiland et le National de Metz :
https://www.classiquenews.com/metz-apero-concert-le-bolero-de-maurice-ravel/

LIRE aussi notre présentation de HAROLD en Italie de Berlioz :
https://www.classiquenews.com/metz-concert-douverture-david-reiland-joue-berlioz/ 

 

 

 

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Découvrez aussi la nouvelle saison 2019 2020 de la cité musicale Metz, et nos temps forts à ne pas manquer :

 

 

https://www.classiquenews.com/metz-cite-musical-metz-saison-2019-2020-temps-forts/METZ CitĂ© musicale-METZ, saison 2019 – 2020. La nouvelle saison 2019 2020 de la CitĂ© musicale-Metz affirme davantage l’ampleur de la vie culturelle et musicale destinĂ©es au messins et aux visiteurs de METZ. A travers son Ă©loquente diversitĂ© des lieux et des offres (aux cĂŽtĂ©s de l’Orchestre National de Metz, trois salles Ă  METZ : Arsenal, BAM, Trinitaires), la programmation messine affiche un bel Ă©clectisme, pourtant douĂ© d’une cohĂ©rence manifeste. L’offre sait exploiter Ă  l’échelle de la ville, les sites et phalanges prĂ©sentes pour unifier et clarifier davantage l’offre musique et danse Ă  Metz. En plus de son cƓur artistique, la CitĂ© musicale-Metz favorise les plaisirs de la musique Ă  travers ses actions d’éducation artistique, de mĂ©diations, ses nombreuses rencontres conviviales, familiales
 lesquelles tissent dĂ©sormais un lien constant entre l’art et les citoyens. En somme, un modĂšle de culture vivante intĂ©grĂ©e.

 

 

 

 

 

 

METZ, concert d’OUVERTURE : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’ĂȘtre Ă  la fois gĂ©nĂ©reux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi Ă  la fĂȘte, grĂące au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : vĂ©ritable manifeste de l’éloquence et de la souverainetĂ© orchestrale, traversĂ© dĂšs son premier mouvement par un feu romantique irrĂ©sistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. ApothĂ©ose conclusive, le dernier morceau fuguĂ©, lumineux et victorieux, semble synthĂ©tiser tout ce que vĂ©hicule l’esprit des LumiĂšres. Mais le directeur musical du National de METZ cĂ©lĂšbre aussi, aux cĂŽtĂ©s de Mozart, l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : il nous rĂ©serve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y rĂ©invente le plan symphonique avec instrument obligĂ©. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurĂ©es dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intĂ©resse surtout Ă  redĂ©finir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en rĂ©alitĂ©, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spĂ©cifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant Ă  elle
 Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poĂ©tique, oĂč l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le dĂ©ferlement de flux passionnel Ă  l’évocation de son sĂ©jour italien, liĂ© Ă  l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement rĂ©volutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste Ă©loquent de la rĂ©forme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltĂ©es, les annĂ©es qui suivent ses fiançailles avec la belle aimĂ©e, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). MĂȘme si la comĂ©dienne adulĂ©e dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaĂźt de premiĂšres annĂ©es bĂ©nies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune pĂšre compose alors une partition dĂ©lirante, voire autobiographique (comme pouvait l’ĂȘtre l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligĂ©, l’alto. PressĂ© par Paganini, Berlioz Ă©crit une symphonie avec alto, quand il lui Ă©tait demandĂ© au prĂ©alable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le gĂ©nie expĂ©rimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du hĂ©ros de Byron, Childe Harold, ĂȘtre fantasque, rĂȘveur, mĂ©lancolique, toujours insatisfait
 le double de Berlioz ? DĂ©couvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, dĂ©clare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose ChrĂ©tien Uhran qui crĂ©e l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme rĂ©pond Ă  l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le hĂ©ros messianique, seul, fier, face au destin ou Ă  la force des Ă©lĂ©ments ou des paysages


1 – Harold aux montagnes, scĂšne de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pĂšlerins chantant la priĂšre du soir (allegretto) / souvenir des pĂšlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂźtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂźnant l’alto qui est saisi d’un haut le cƓur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La crĂ©ation suscite un vif succĂšs. Mais Berlioz Ă©ternel frustrĂ©, dĂ©sespĂšre de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des DĂ©bats, Ă  la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraiturĂ© par Ingres). S’il n’est Ă©coutĂ© par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mĂ©lomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz
 Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes
 Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’ñme, le souffle de la musique en un geste habitĂ©, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matiĂšre sonore qu’il rend franche ou soyeuse, Ăąpre ou onctueuse, toujours passionnĂ©ment expressive Ă  l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332FormĂ© Ă  Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant Ă  Metz, David Reiland a su affirmer une belle Ă©nergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idĂ©alement Ă  son agencement architecturale intĂ©rieure : dans cet Ă©crin Ă  l’élĂ©gance nĂ©oclassique, Le chef Ă  Metz entend dĂ©fendre le rĂ©pertoire du XVIIIĂš musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de sĂ©duire et fidĂ©liser tous les publics (surtout ceux toujours frileux Ă  l’idĂ©e de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expĂ©rience orchestrale).
David Reiland dirigeait dĂ©jĂ  l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015


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METZ Cité Musicale : Concert inaugural de la saison 2019 2020. David Reiland joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’ĂȘtre Ă  la fois gĂ©nĂ©reux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi Ă  la fĂȘte, grĂące au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : vĂ©ritable manifeste de l’éloquence et de la souverainetĂ© orchestrale, traversĂ© dĂšs son premier mouvement par un feu romantique irrĂ©sistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. ApothĂ©ose conclusive, le dernier morceau fuguĂ©, lumineux et victorieux, semble synthĂ©tiser tout ce que vĂ©hicule l’esprit des LumiĂšres. Mais le directeur musical du National de METZ cĂ©lĂšbre aussi, aux cĂŽtĂ©s de Mozart, l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : il nous rĂ©serve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y rĂ©invente le plan symphonique avec instrument obligĂ©. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurĂ©es dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intĂ©resse surtout Ă  redĂ©finir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en rĂ©alitĂ©, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spĂ©cifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant Ă  elle
 Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poĂ©tique, oĂč l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le dĂ©ferlement de flux passionnel Ă  l’évocation de son sĂ©jour italien, liĂ© Ă  l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement rĂ©volutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste Ă©loquent de la rĂ©forme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltĂ©es, les annĂ©es qui suivent ses fiançailles avec la belle aimĂ©e, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). MĂȘme si la comĂ©dienne adulĂ©e dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaĂźt de premiĂšres annĂ©es bĂ©nies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune pĂšre compose alors une partition dĂ©lirante, voire autobiographique (comme pouvait l’ĂȘtre l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligĂ©, l’alto. PressĂ© par Paganini, Berlioz Ă©crit une symphonie avec alto, quand il lui Ă©tait demandĂ© au prĂ©alable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le gĂ©nie expĂ©rimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du hĂ©ros de Byron, Childe Harold, ĂȘtre fantasque, rĂȘveur, mĂ©lancolique, toujours insatisfait
 le double de Berlioz ? DĂ©couvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, dĂ©clare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose ChrĂ©tien Uhran qui crĂ©e l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme rĂ©pond Ă  l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le hĂ©ros messianique, seul, fier, face au destin ou Ă  la force des Ă©lĂ©ments ou des paysages


1 – Harold aux montagnes, scĂšne de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pĂšlerins chantant la priĂšre du soir (allegretto) / souvenir des pĂšlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂźtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂźnant l’alto qui est saisi d’un haut le cƓur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La crĂ©ation suscite un vif succĂšs. Mais Berlioz Ă©ternel frustrĂ©, dĂ©sespĂšre de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des DĂ©bats, Ă  la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraiturĂ© par Ingres). S’il n’est Ă©coutĂ© par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mĂ©lomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz
 Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes
 Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’ñme, le souffle de la musique en un geste habitĂ©, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matiĂšre sonore qu’il rend franche ou soyeuse, Ăąpre ou onctueuse, toujours passionnĂ©ment expressive Ă  l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332FormĂ© Ă  Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant Ă  Metz, David Reiland a su affirmer une belle Ă©nergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idĂ©alement Ă  son agencement architecturale intĂ©rieure : dans cet Ă©crin Ă  l’élĂ©gance nĂ©oclassique, Le chef Ă  Metz entend dĂ©fendre le rĂ©pertoire du XVIIIĂš musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de sĂ©duire et fidĂ©liser tous les publics (surtout ceux toujours frileux Ă  l’idĂ©e de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expĂ©rience orchestrale).
David Reiland dirigeait dĂ©jĂ  l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015


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Metz, apĂ©ro-concert : le BOLÉRO de Maurice Ravel

ravel maurice compositeurMETZ, Arsenal. Ravel : BOLÉRO, dim 22 sept 2019, 18h. APERO-CONCERT. De retour d’une tournĂ©e aussi harassante que triomphale aux USA, dĂ©but 1928, Ravel rentre en avril 1928 au Havre et y termine Ă  l’automne le BolĂ©ro. C’est peu dire que le compositeur soucieux du dĂ©tail et de la prĂ©cision, admirait la mĂ©canique : une vision d’usine aurait inspirĂ© la partition orchestrale qui rĂ©pond Ă  la commande passĂ©e par la danseuse Ida Rubinstein, pour la musique d’un nouveau ballet devant durer
 moins de 17 mn. Il en dĂ©coule la rĂ©pĂ©tition d’un motif (« arabo-espagnol ») fixĂ© dĂšs l’étĂ© 1928 Ă  Saint-Jean de Luz : rĂ©pĂ©tĂ©, en un vaste crescendo et qui s’inspire de la Danse Grotesque de Daphnis
 Ainsi 169 fois, s’affirme l’ostinato (ritournelle, procĂ©dĂ© baroque) en un vaste crescendo oĂč l’orchestre semble expĂ©rimenter toutes les couleurs, les alliages de timbres, les procĂ©dĂ©s qui font dialoguer les 2 motifs, qui les opposent, les dĂ©tournent, les fusionnent
 en un rĂąle (tutti) Ă  la fois lascif et libĂ©rateur. On dit mĂȘme que la partition dans son flux, respecte les 5 phases du sommeil, de l’endormissement au rĂȘve profond ; et aussi les paliers vers l’ivresse extatique car le caractĂšre progressivement charnel du morceau, pour ne pas dire Ă©rotique, voire orgasmique, ne serait pas Ă©tranger Ă  son fabuleux succĂšs Ă  travers le monde. Peu Ă  peu, Ă  mesure que chaque instrument s’empare du thĂšme, les auditeurs peuvent rĂ©viser le langage orchestral : et identifier quand ils jouent ou sont mis en avant, le tambour / caisse claire, la flĂ»te, la clarinette, le basson, la petite clarinette, le hautbois d’amour, la flĂ»te avec trompette en sourdine, le saxophone tĂ©nor puis soprano, puis l’alliance jubilatoire des cĂ©lesta / cor / piccolos
 jusqu’à l’avĂšnement des cordes, de la trompette
 CrĂ©Ă© et radiodiffusĂ© le 11 janvier 1930, BolĂ©ro dĂ©voile au monde, le gĂ©nie du plus grand compositeur vivant. De toute Ă©vidence, la piĂšce d’essence (et par destination) chorĂ©graphique, est Ă  prĂ©sent jouĂ©e telle une piĂšce de musique pure, dans les thĂ©Ăątres et les salles de concert. A tel point qu’on en oublie le prĂ©texte narratif et chorĂ©graphique. Le dim 22 septembre 2019, l’Arsenal de METZ propose un nouvel apĂ©ro-concert avec le BolĂ©ro de Ravel par l’Orchestre National de Metz et son directeur musical, David Reiland. RV est pris pour cet Ă©pisode accessible et dĂ©tendu Ă  18h.

 

 

 REILAND-david-portrait-concert-annonce-classiquenews-METZ-saison-2019-2020

 

 

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METZ, Arsenal
Grande salle
BOLERO de RAVEL
dimanche 22 septembre 2019, 18h

RÉSERVEZ
https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/apero-concert-avec-le-bolero-de-ravel

 

 

Le BolĂ©ro est jouĂ© en couplage avec une autre Ɠuvre au programme :
Rebecca Saunders : Void,
pour duo de percussions et orchestre
Percussions : Minh-Tùm Nguyen, François Papirer
(solistes des Percussions de Strasbourg)

 

 

METZ, cité musical : David REILAND joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’ĂȘtre Ă  la fois gĂ©nĂ©reux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi Ă  la fĂȘte, grĂące au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : vĂ©ritable manifeste de l’éloquence et de la souverainetĂ© orchestrale, traversĂ© dĂšs son premier mouvement par un feu romantique irrĂ©sistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. ApothĂ©ose conclusive, le dernier morceau fuguĂ©, lumineux et victorieux, semble synthĂ©tiser tout ce que vĂ©hicule l’esprit des LumiĂšres. Mais le directeur musical du National de METZ cĂ©lĂšbre aussi, aux cĂŽtĂ©s de Mozart, l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : il nous rĂ©serve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y rĂ©invente le plan symphonique avec instrument obligĂ©. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurĂ©es dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intĂ©resse surtout Ă  redĂ©finir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en rĂ©alitĂ©, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spĂ©cifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant Ă  elle
 Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poĂ©tique, oĂč l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le dĂ©ferlement de flux passionnel Ă  l’évocation de son sĂ©jour italien, liĂ© Ă  l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement rĂ©volutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste Ă©loquent de la rĂ©forme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltĂ©es, les annĂ©es qui suivent ses fiançailles avec la belle aimĂ©e, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). MĂȘme si la comĂ©dienne adulĂ©e dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaĂźt de premiĂšres annĂ©es bĂ©nies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune pĂšre compose alors une partition dĂ©lirante, voire autobiographique (comme pouvait l’ĂȘtre l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligĂ©, l’alto. PressĂ© par Paganini, Berlioz Ă©crit une symphonie avec alto, quand il lui Ă©tait demandĂ© au prĂ©alable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le gĂ©nie expĂ©rimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du hĂ©ros de Byron, Childe Harold, ĂȘtre fantasque, rĂȘveur, mĂ©lancolique, toujours insatisfait
 le double de Berlioz ? DĂ©couvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, dĂ©clare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose ChrĂ©tien Uhran qui crĂ©e l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme rĂ©pond Ă  l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le hĂ©ros messianique, seul, fier, face au destin ou Ă  la force des Ă©lĂ©ments ou des paysages


1 – Harold aux montagnes, scĂšne de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pĂšlerins chantant la priĂšre du soir (allegretto) / souvenir des pĂšlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂźtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂźnant l’alto qui est saisi d’un haut le cƓur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La crĂ©ation suscite un vif succĂšs. Mais Berlioz Ă©ternel frustrĂ©, dĂ©sespĂšre de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des DĂ©bats, Ă  la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraiturĂ© par Ingres). S’il n’est Ă©coutĂ© par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mĂ©lomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz
 Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes
 Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’ñme, le souffle de la musique en un geste habitĂ©, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matiĂšre sonore qu’il rend franche ou soyeuse, Ăąpre ou onctueuse, toujours passionnĂ©ment expressive Ă  l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332FormĂ© Ă  Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant Ă  Metz, David Reiland a su affirmer une belle Ă©nergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idĂ©alement Ă  son agencement architecturale intĂ©rieure : dans cet Ă©crin Ă  l’élĂ©gance nĂ©oclassique, Le chef Ă  Metz entend dĂ©fendre le rĂ©pertoire du XVIIIĂš musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de sĂ©duire et fidĂ©liser tous les publics (surtout ceux toujours frileux Ă  l’idĂ©e de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expĂ©rience orchestrale).
David Reiland dirigeait dĂ©jĂ  l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015


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METZ : concert d’ouverture par David Reiland, le 13 sept 2019

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’ĂȘtre Ă  la fois gĂ©nĂ©reux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi Ă  la fĂȘte, grĂące au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : vĂ©ritable manifeste de l’éloquence et de la souverainetĂ© orchestrale, traversĂ© dĂšs son premier mouvement par un feu romantique irrĂ©sistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. ApothĂ©ose conclusive, le dernier morceau fuguĂ©, lumineux et victorieux, semble synthĂ©tiser tout ce que vĂ©hicule l’esprit des LumiĂšres. Mais le directeur musical du National de METZ cĂ©lĂšbre aussi, aux cĂŽtĂ©s de Mozart, l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : il nous rĂ©serve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y rĂ©invente le plan symphonique avec instrument obligĂ©. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurĂ©es dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intĂ©resse surtout Ă  redĂ©finir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en rĂ©alitĂ©, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spĂ©cifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant Ă  elle
 Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poĂ©tique, oĂč l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le dĂ©ferlement de flux passionnel Ă  l’évocation de son sĂ©jour italien, liĂ© Ă  l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement rĂ©volutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste Ă©loquent de la rĂ©forme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltĂ©es, les annĂ©es qui suivent ses fiançailles avec la belle aimĂ©e, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). MĂȘme si la comĂ©dienne adulĂ©e dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaĂźt de premiĂšres annĂ©es bĂ©nies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune pĂšre compose alors une partition dĂ©lirante, voire autobiographique (comme pouvait l’ĂȘtre l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligĂ©, l’alto. PressĂ© par Paganini, Berlioz Ă©crit une symphonie avec alto, quand il lui Ă©tait demandĂ© au prĂ©alable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le gĂ©nie expĂ©rimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du hĂ©ros de Byron, Childe Harold, ĂȘtre fantasque, rĂȘveur, mĂ©lancolique, toujours insatisfait
 le double de Berlioz ? DĂ©couvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, dĂ©clare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose ChrĂ©tien Uhran qui crĂ©e l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme rĂ©pond Ă  l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le hĂ©ros messianique, seul, fier, face au destin ou Ă  la force des Ă©lĂ©ments ou des paysages


1 – Harold aux montagnes, scĂšne de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pĂšlerins chantant la priĂšre du soir (allegretto) / souvenir des pĂšlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂźtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂźnant l’alto qui est saisi d’un haut le cƓur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La crĂ©ation suscite un vif succĂšs. Mais Berlioz Ă©ternel frustrĂ©, dĂ©sespĂšre de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des DĂ©bats, Ă  la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraiturĂ© par Ingres). S’il n’est Ă©coutĂ© par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mĂ©lomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz
 Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes
 Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’ñme, le souffle de la musique en un geste habitĂ©, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matiĂšre sonore qu’il rend franche ou soyeuse, Ăąpre ou onctueuse, toujours passionnĂ©ment expressive Ă  l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332FormĂ© Ă  Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant Ă  Metz, David Reiland a su affirmer une belle Ă©nergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idĂ©alement Ă  son agencement architecturale intĂ©rieure : dans cet Ă©crin Ă  l’élĂ©gance nĂ©oclassique, Le chef Ă  Metz entend dĂ©fendre le rĂ©pertoire du XVIIIĂš musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de sĂ©duire et fidĂ©liser tous les publics (surtout ceux toujours frileux Ă  l’idĂ©e de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expĂ©rience orchestrale).
David Reiland dirigeait dĂ©jĂ  l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015


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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. LUXEMBOURG, le 10 mai 2019. BIZET : Les PĂȘcheurs de perles. D Reiland / FC Bergman

Compte-rendu, opĂ©ra. Luxembourg, Grand ThĂ©Ăątre, le 10 mai 2019. Bizet : Les PĂȘcheurs de perles. David Reiland / FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, JoĂ© Agemans). Conçue par l’OpĂ©ra des Flandres en fin d’annĂ©e derniĂšre, la nouvelle production des PĂȘcheurs de perles de Georges Bizet (1838-1875) fait halte Ă  Luxembourg en ce dĂ©but de printemps avec un plateau vocal identique. Il est Ă  noter que ce spectacle de trĂšs bonne tenue sera repris dĂ©but 2020 Ă  l’OpĂ©ra de Lille avec des chanteurs et un chef diffĂ©rents : une excellente initiative, tant s’avĂšre rĂ©jouissant le travail du collectif thĂ©Ăątral anversois « FC Bergman », dont c’est lĂ  la toute premiĂšre mise en scĂšne lyrique.

 

 

 

Le jeune Bizet au Luxembourg

PremiÚre réussie pour FC BERGMAN

 

 

 pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 1

 

 

 

Ce collectif crĂ©Ă© en 2008 a en effet la bonne idĂ©e de transposer l’action des PĂȘcheurs de perles dans une maison de retraite, ce qui permet au trio amoureux de revivre les Ă©vĂ©nements les ayant conduits Ă  l’impasse : des doubles de LeĂŻla et Nadir, interprĂ©tĂ©s par deux jeunes danseurs, revisitent ainsi le superbe dĂ©cor tournant, constituĂ© d’une immense vague figĂ©e qui symbolise les illusions perdues des protagonistes. Le travail de FC Bergman fourmille de dĂ©tails savoureux, distillant quelques traits humoristiques bienvenus pour corser l’action : ainsi du chƓur des retraitĂ©s aussi farfelu qu’attentif au respect de « l’ordre moral ». Pour autant, la mise en scĂšne n’en oublie pas de dĂ©noncer le tabou de la mort dans les maisons de retraite, donnant Ă  voir la fin de vie dans toute sa cruditĂ©. On rit jaune, mais on s’amuse beaucoup de ce second degrĂ© qui permet d’animer un livret parfois redondant et statique : de quoi compenser les faiblesses d’inspiration de ce tout premier ouvrage lyrique d’envergure de Bizet, crĂ©Ă© en 1863, soit douze ans avant l’ultime chef d’Ɠuvre Carmen. On notera Ă©galement quelques traits de poĂ©sie astucieusement traitĂ©s au niveau technique, tels ces doubles figĂ©s comme des statues aux poses acrobatiques improbables, qui dĂ©fient les lois de l’attraction terrestre. De mĂȘme, le ballet des tourtereaux en tenue d’Eve est parfaitement justifiĂ© au niveau thĂ©Ăątral.

 

 

 

pecheurs de perles BIZET LUXEMBOURG mai 19 David Reiland critique opera classiquenews 2

 

 

 

Face Ă  cette mise en scĂšne rĂ©ussie, le plateau vocal rĂ©uni se montre plus inĂ©gal en comparaison. Ainsi du dĂ©cevant Zurga de Stefano Antonucci, dont le placement de voix et la justesse sont mis Ă  mal par les redoutables changements de registres. Le chant manque de l’agilitĂ© requise, avec une Ă©mission Ă©troite dans l’aigu, et plus encore Ă©tranglĂ©e dans le suraigu : le public, chaleureux en fin de reprĂ©sentation, ne semble pas lui en tenir rigueur pour autant. Il est vrai que le chant idĂ©alement projetĂ© d’Elena Tsallagova (LeĂŻla) emporte l’adhĂ©sion d’emblĂ©e par une diction au veloutĂ© sensuel, d’une aisance confondante dans l’aigu. Il ne lui manque qu’un grave plus affirmĂ© encore pour faire partie des grandes de demain. A ses cĂŽtĂ©s, Charles Workman (Nadir) assure bien sa partie malgrĂ© un timbre qui manque de couleurs. On aime son jeu et sa classe naturelle qui apportent beaucoup de crĂ©dibilitĂ© Ă  son rĂŽle. A ses cĂŽtĂ©s, le ChƓur de l’OpĂ©ra des Flandres manque sa premiĂšre intervention, manifestement incapable d’éviter les dĂ©calages dans les accĂ©lĂ©rations, avant de se reprendre ensuite dans les parties plus apaisĂ©es.

L’une des plus belles satisfactions de la soirĂ©e vient de la fosse, oĂč David Reiland (nĂ© en 1979) fait crĂ©piter un Orchestre de l’OpĂ©ra des Flandres admirable d’engagement.

RĂ©cemment nommĂ© directeur musical de l’Orchestre national de Metz (en 2018), le chef belge n’a pas son pareil pour exalter les contrastes et conduire le rĂ©cit en un sens dramatique toujours prĂ©cis et Ă©loquent. David Reiland fait dĂ©sormais parti de ces chefs Ă  suivre de trĂšs prĂšs.

 

 

 

 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. Luxembourg, Grand ThĂ©Ăątre, le 10 mai 2019. Bizet : Les PĂȘcheurs de perles. Elena Tsallagova (LeĂŻla), Charles Workman (Nadir), Stefano Antonucci (Zurga), Stanislav Vorobyov (Nourabad, Jeune Zurga), Bianca Zueneli (Jeune LeĂŻla), Jan Deboom (Jeune Nadir). ChƓur et Orchestre de l’OpĂ©ra des Flandres, direction musicale, David Reiland / mise en scĂšne, FC Bergman (Stef Aerts, Marie Vinck, Thomas Verstraeten, JoĂ© Agemans)

A l’affiche du Grand ThĂ©Ăątre de Luxembourg jusqu’au 10 mai 2019. CrĂ©dit photo : Annemie Augustins

 

 

 

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi. Quels sont les dĂ©fis de la partition ? Que rĂ©vĂšlent-ils de l’Ă©criture du jeune Verdi ? Quelques jours avant de diriger la nouvelle production de Nabucco de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, Ă  partir du 3 juin prochain, le chef David Reiland souligne la richesse d’une partition certes de jeunesse, mais d’une force et d’une acuitĂ© passionnantes… 

reiland david_35172835DAVID REILAND travaille la pĂąte orchestrale du jeune Verdi comme un orfĂšvre sculpte la matiĂšre brute. Le chef David Reiland retrouve la scĂšne de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne aprĂšs y avoir dirigĂ© une saisissante Tosca. DouĂ© d’un tempĂ©rament taillĂ© pour le thĂ©Ăątre, le jeune maestro belge que nous avons suivi Ă  Paris au CNSMD dans Schliemann de Jolas (nouvelle version 2016), renoue ici avec la furiĂ  du Verdi de la jeunesse, soit un Nabucco dont il travaille le relief spĂ©cifique de l’orchestre, l’accord fosse / plateau, la tension globale d’un opĂ©ra parfois spectaculaire et rugissant…  DAVID REILAND : “C’est un opĂ©ra du jeune Verdi trentenaire oĂč la forme est trĂšs efficace, plutĂŽt percussive et cuivrĂ©e ; oĂč l’orchestre est narratif et scrutateur de l’action” prĂ©cise David Reiland. “Il est fondamental pour le compositeur de renouer Ă  La Scala de Milan avec le succĂšs, dĂ©montrer ses capacitĂ©s, faire la preuve de sa maĂźtrise : de fait, Verdi emploie la forme du seria en numĂ©ros, et un orchestre aux formulations souvent conventionnelles pour l’Ă©poque. Pour autant, ce Verdi qui dĂ©montre, sait aussi Ă©pouser la voix et rĂ©ussir toutes les tensions Ă  l’orchestre ; dĂ©jĂ  se profilent aussi cette caractĂ©risation intime et le choc des contrastes comme la justesse des situations psychologiques qui annoncent les grands ouvrages de la maturitĂ© (TrouvĂšre, Rigoletto, La Traviata). DĂšs le dĂ©but, tout doit ĂȘtre parfaitement en place et avancer naturellement : aprĂšs l’ouverture qui est un pot pourri des airs les plus marquants, la premiĂšre scĂšne convoque un grand choeur accompagnĂ© par tout l’orchestre : il faut d’emblĂ©e savoir traiter la masse. Le dĂ©fi de la partition rĂ©side essentiellement dans la gestion globale de cette tension permanente, exceptionnellement contrastĂ©e : dĂ©gager une architecture,… et donc bien sĂ»r, approfondir certains Ă©pisodes particuliĂšrement bouleversants par la caractĂ©risation trĂšs fine que le jeune compositeur a su rĂ©ussir.

NOIRE MAIS SI HUMAINE : ABIGAILLE. Prenez par exemple le premier air d’Abigaille – comme d’ailleurs l’ensemble de ses airs car elle est trĂšs bien servie tout au long de l’opĂ©ra-, celui qui ouvre l’acte II : on s’attend Ă  un dĂ©ferlement de fureur en rapport avec le caractĂšre de la jeune femme, car elle comprend alors qu’elle n’est pas la fille du souverain… aprĂšs un dĂ©veloppement trĂšs Ă©nergique, Verdi surprend et Ă©crit un air d’une tendresse bouleversante ; Abigaille est une Ăąme blessĂ©e ; c’est une force haineuse qui s’est construite dans la violence parce qu’il y a au fond d’elle, cette profonde dĂ©chirure que Verdi sait remarquablement exprimer. C’est pour moi l’un des passages les plus bouleversants de la partition ; d’une couleur trĂšs chambriste, comme une sorte d’Ă©pure, utilisant le cor anglais et le violoncelle.

L’opĂ©ra aurait dĂ» s’appeler Abigaille tant le personnage est captivant par sa richesse, sa complexitĂ©. En comparaison, le rĂŽle-titre : Nabucco, certes varie entre schizophrĂ©nie, fureur, pardon car en fin d’action, il sait s’humaniser en effet ; sa partie dĂ©voile aussi la passion du compositeur pour les voix masculines ;  mais les couleurs que lui rĂ©serve Verdi ne sont pas aussi contrastĂ©es que celle d’Abigaille. Son profil est plus linĂ©aire, en cela hĂ©ritier de l’opĂ©ra seria.

Le CHOEUR. Aux cĂŽtĂ©s des protagonistes, le chƓur est l’autre personnage crucial de Nabucco : le peuple tient une place essentielle. “Va pensiero” est Ă  juste titre cĂ©lĂšbre, et l’Ă©criture contrapuntique avec des imitations trĂšs serrĂ©es souligne la volontĂ© pour Verdi de dĂ©montrer sa dextĂ©ritĂ©, mais elle exige une rĂ©alisation prĂ©cise qui est l’autre grand dĂ©fi de la partition”.

Nabucco de Verdi, nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, les 3, 5 et 7 juin 2016. David Reiland, direction musicale. LIRE notre prĂ©sentation de Nabucco de Verdi Ă  Saint-Etienne

Propos recueillis le 30 mai 2016.

Nabucco Ă  Saint-Etienne par David Reiland

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thĂšme cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©rĂšglements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vĂšle rugissante, Ă©trangĂšre Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’aprĂšs un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritiĂšre de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fĂšre Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonniĂšre des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son pĂšre Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂŽne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂȘte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lĂšbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette derniĂšre va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succĂšs du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala aprĂšs sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succĂšs de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂŽt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, fonciĂšrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, rĂšgne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cƓur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des LumiĂšres / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scĂšne
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂźtre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂŒncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution trĂšs intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

David Reiland dirige un nouveau Nabucco

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thĂšme cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©rĂšglements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vĂšle rugissante, Ă©trangĂšre Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’aprĂšs un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritiĂšre de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fĂšre Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonniĂšre des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son pĂšre Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂŽne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂȘte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lĂšbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette derniĂšre va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succĂšs du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala aprĂšs sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succĂšs de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂŽt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, fonciĂšrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, rĂšgne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cƓur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des LumiĂšres / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scĂšne
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂźtre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂŒncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution trĂšs intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO)

GODARD banjamin symphonie 2 cd review critique cd classiquenews Titelive_0761203504428_D_0761203504428CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies opus 57, 23 (David Reiland, 2015, 1 cd CPO). L’Ă©clectisme de Godard, qui l’impose dans le terreau de la France fin de siĂšcle (autour des annĂ©es 1880), signe ici un cycle symphonique qu’une oreille expĂ©ditive taxerait de superficialitĂ© dĂ©monstrative voire d’offrande Ă  l’acadĂ©misme pompier, en manque Ă©vident de profondeur. Or concernant l’opus 57, la Symphonie n°2 (1879), on y dĂ©tecte d’Ă©videntes parentĂ©s stylistiques qui composent comme un contexte esthĂ©tique et musical propre Ă  l’habiletĂ© Ă©rudite du compositeur dont l’opus reprĂ©sente son cycle orchestral pourtant le plus ambitieux ; c’est mĂȘme un jalon important de l’histoire symphonique en France avant les opus de Lalo, Saint-SaĂ«ns, surtout Franck dont la Symphonie en rĂ© de 1888/1889 marque le sommet des recherches contemporaines : l’Ă©coute du cd CPO dĂ©voile un souci de traiter tous les aspects de l’Ă©criture orchestrale, de surcroĂźt dans un effectif relativement imposant (bassons et cors jusqu’Ă  quatre, trombones par trois…) ; le 1er mouvement fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’optimisme altier de Mendelssohn, le 2Ăš mouvement totalement construit sous forme de Variations (histoire de montrer pour Godard, ses aptitudes Ă  varier l’orchestration sur un mĂȘme thĂšme) rappelle Brahms ; tandis que le Scherzo cite Gounod (rĂ©miniscences de l’esprit de la Reine Mab) ou Massenet (dans cette grandiloquence trĂšs Second-Empire). Le 3Ăšme mouvement est de loin le plus intĂ©ressant car il dĂ©voile le souci d’articulation, et la grande agilitĂ© Ă  varier la caractĂ©risation du chef David Reiland, requis pour cet exercice peu facile du dĂ©frichement. Sauf erreur il s’agit bien d’une premiĂšre mondiale. Or l’Ă©blouissante agilitĂ© mozartienne de la direction, en particulier dans la succession des tableaux si contrastĂ©s de l’Allegro final, s’avĂšre le meilleur choix artistique pour la rĂ©habilitation du compositeur romantique français. On demeure Ă©tonner cependant que les initiateurs du projets n’aient pas choisi un orchestre sur instruments anciens.

Romantisme français orchestral

David Reiland explore avec finesse l’Ă©clectisme symphonique de Godard

reiland-david-chef-maestro-582-594La juste caractĂ©risation des timbres, leur format sonore militent ici pour un allĂšgement salvateur de la texture car l’Ă©criture française orchestrale Ă  de trĂšs rares exceptions prĂšs, sonne solennelle voire lourde – donc automatiquement grandiloquente. Or David Reiland dont on connaĂźt dĂ©sormais l’aptitude singuliĂšre Ă  l’articulation et Ă  la clartĂ©, Ă©vite toute Ă©paisseur, toute emphase, atteignant une transparence dĂ©taillĂ©e, une activitĂ© sonore palpitante qui s’avĂšre passionnante Ă  suivre d’Ă©pisode en Ă©pisode. Cette Symphonie n°2 prolonge la maturitĂ© d’une Ă©criture qui s’est affirmĂ©e dramatique et expressive dans le grand format, une maĂźtrise qui s’Ă©tait dĂ©voilĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente en 1878 quand l’auteur remporte le Prix de la Ville de Paris, soucieuse de relancer la vogue des oratorios fervents, avec Le Tasse, vaste cycle symphonique et dramatique de 1877 (une Ă©popĂ©e orchestrale bien plus naturelle que Le Paradis perdu de son comparse ThĂ©odore Dubois, actif Ă  la mĂȘme pĂ©riode et pour le mĂȘme Prix, Ă©galement sujet d’un disque dont Classiquenews en son temps a rendu compte).
GrĂące Ă  la vigilance du maestro belge, le dĂ©tail liĂ© Ă  un grand sens de l’analyse synthĂ©tique, saisit le caractĂšre de chaque sĂ©quence, sans omettre la perception de l’architecture globale. VoilĂ  qui se retrouve aussi dans sa direction de chef lyrique Ă  laquelle nous devons dĂ©jĂ  de grandes rĂ©ussites.
CaractĂ©risĂ©es, les Trois piĂšces (opus 51) sont vives et ainsi subtilement dĂ©taillĂ©es (hautbois et flĂ»te trĂšs exposĂ©s dans la BrĂ©silienne, verve mĂ©lodique d’un trĂšs bel entrain de la trĂšs cĂ©lĂšbre Kermesse… laquelle pourrait servir d’accompagnement musical Ă  l’entrĂ©e du chƓur dans un opĂ©ra de … Massenet). Dans la Symphonie opus 23, Godard ancien Ă©lĂšve du symphoniste Henri Reber (rĂ©cemment dĂ©voilĂ© lui aussi et acteur raffinĂ© trĂšs germanisant Ă©galement, pour un symphonisme français souple et presque aĂ©rien), cultive un style fragmentĂ©, fortement caractĂ©risĂ© selon les 5 Ă©pisodes mouvements dont le profil spĂ©cifique oriente la Symphonie annoncĂ©e plutĂŽt vers la Suite d’orchestre. Dans ce cycle crĂ©Ă© en 1881, le travail de David Reiland impose une trĂšs forte implication expressive qui le distingue de nombre d’approches routiniĂšres : le maestoso est grandiloquent, effectivement nĂ©obaroque dans ces citations de Haendel, et donc dans le goĂ»t du XIXĂš Ă©clectique, “gothique” (d’oĂč le titre de l’opus). L’Andantino qui suit frappe par sa carrure allante et sa vive pulsion rythmique ; le Grave est sombre et majestueux ; et mĂȘme le finale plus ouvertement nĂ©obaroque, – proche en cela d’un Massenet dĂ©cidĂ©ment, celui des intermĂšdes versaillais de Manon-, affirme une santĂ© nerveuse aux couleurs prĂ©cises et justement nuancĂ©es. Le chef apporte toute la finesse possible Ă  une Ă©criture qui n’empĂȘche jamais une certaine complaisance au goĂ»t dominant, plus proche de Saint-SaĂ«ns que de Wagner ; mais un style français Ă©loignĂ© du wagnĂ©risme pour remonter le temps vers Mendelssohn et ici, aussi Bach aux cĂŽtĂ©s de Haendel. SĂ©vĂšre dans sa construction et les multiples rĂ©fĂ©rences formelles qu’elle convoque, la Suite Gothique diffuse ici une intensitĂ© versatile souvent irrĂ©sistible. La tenue des instrumentistes de l’orchestre germanique sous la baguette du chef David Reiland emporte l’enthousiasme par leur finesse et l’Ă©lĂ©gance continuelle qui traverse les 3 cycles symphoniques heureusement redĂ©couverts. La direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.

CD, compte rendu critique. Godard : Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23. Trois Morceaux (Marche funĂšbre, BrĂ©silienne, Kermesse). MĂŒnchner Rundfunkorchester. David Reiland, direction (1 cd CPO enregistrement rĂ©alisĂ© en septembre 2015).

LIRE aussi la critique cd complÚte du Paradis Perdu de Théodore Dubois (mars 2012)

LIRE aussi notre critique cd complĂšte de la Symphonie n°4 d’Henri Reber (mai 2012)

Compte rendu, opĂ©ra. Betsy Jolas : Iliade l’amour, crĂ©ation. Le 15 mars, Pars, CNSMDP. David Reiland

IliadeLamour_agendaSCHLIEMANN devient ILIADE L’AMOUR. BientĂŽt 90 ans, – en aoĂ»t prochain, Betsy Jolas rĂ©vise son opĂ©ra Schliemann, crĂ©Ă© Ă  Lyon en 1995, et ici Ă  Paris, le retaille pour une nouvelle offre lyrique en 1h45 et 10 tableaux. L’Ɠuvre intitulĂ©e “Iliade l’amour” et prĂ©sentĂ©e dans la salle de concert du CNSMDP en partenariat avec la Philharmonie de Paris laisse dubitatif. MĂȘme resserrĂ©, le livret produit d’inĂ©vitables tunnels d’une inaction bavarde qui finit par ennuyer : de surcroĂźt le metteur en scĂšne amĂ©nage au risque de plomber le dĂ©roulement des pauses silencieuses qui n’apportent absolument rien Ă  l’Ă©lucidation de l’action ni Ă  son onirisme. D’autant que la figure de l’archĂ©ologue allemand si passionnĂ© par Troie, subit quelques dĂ©formations antihistoriques, rĂ©solument fantasques, Ă  la façon d’une biographie subjective, vue ici – ou plutĂŽt revĂ©cue Ă  travers le tĂ©moignage de sa propre fille, Andromache (fiĂšre et Ă©nigmatique AnaĂŻs Bertrand) dont le metteur en scĂšne fait une figure Ă©vanescente, parfois hors scĂšne, telle la narratrice d’une Ă©vocation chaotique, par bribes, au fil rĂ©trospectif.
Dans cette expĂ©rience musicale qui se veut totale, l’oreille a du mal Ă  repĂ©rer d’un bout Ă  l’autre, l’idĂ©e d’une continuitĂ© dramatique, … d’autant que le texte qui reste difficile Ă  comprendre, reste dĂ©cousu et souvent Ă©nigmatique. Le livret a Ă©tĂ© Ă©crit Ă  deux mains par la compositrice et Bruno Bayen dont la piĂšce originelle “Schliemann, Ă©pisodes ignorĂ©s” a fourni la trame de dĂ©part.
Cependant certaines sĂ©quences prises isolĂ©ment arrivent cependant Ă  captiver telle le duo entre Schliemann et sa derniĂšre Ă©pouse Sophia (palpitante Marianne Croux, scĂšne V), puis la berceuse de cette derniĂšre (scĂšne VI) oĂč en un chant plus dĂ©veloppĂ© et fluide, la jeune femme synthĂ©tise prĂ©cisĂ©ment l’enjeu de l’ouvrage, entre songe et rĂ©alitĂ©, quand elle chante, au bord d’une rĂȘverie finalement dĂ©pressive : “je suis l’Ă©pouse de ton rĂȘve”. Sophia ne semble exister que par les fantasmes de son Schliemann de mari, plus Ă©vanescente que rĂ©elle, elle semble interdite Ă  possĂ©der une vĂ©ritable identitĂ©. Toutes les figures sur la scĂšne d’un paquebot en croisiĂšre s’apparentent Ă  des apparitions sans guĂšre d’Ă©paisseur que la musique pourtant suractive de Betsy Jolas finit par Ă©parpiller tout Ă  fait. Le travail sur la langue française (avec inserts d’anglais, de grecs, d’allemand…) focuse souvent sur l’anecdotique et semble rĂ©pondre au fragmentaire trĂšs percussif de la fosse. Pas assez abouti non plus, l’Ă©mergence des saillies drĂŽlatiques comme l’Ă©pisode “cabaret” avec un enquĂȘteur bĂšgue (Ă©patant Fabien Hyon), oĂč le gouvernement turc cherche Ă  reprendre le trĂ©sor que Schliemann a exhumĂ© sur les ruines de Troie…

 

 

 

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De Schliemann Ă  Iliade l’amour. Les forces vives du CNSMDP crĂ©ent l’opĂ©ra de Betsy Jolas dans sa nouvelle version

Forme décousue / direction épatante

 

Ceux qui pensaient retrouver prĂ©cisĂ©ment une sorte d’hommage poĂ©tique sur la vie de l’archĂ©ologue allemand, mĂȘlant antiquitĂ© recherchĂ©e/fantasmĂ©e ou une rĂ©flexion sur l’oubli, la trace que convoque la quĂȘte des civilisations et de l’Histoire en seront pour leur frais. MĂȘme le titre “Iliade l’amour” convoquant le principe d’une Ă©popĂ©e amoureuse trompe l’attente : la musique de Betsy Jolas, plus pointilliste Ă©parse que scintillante et miroitante, manque cruellement de sensualitĂ©. L’intitulĂ© est cependant respectĂ©, la promesse d’une lyre amoureuse s’incarnant Ă©videmment dans le rĂŽle de Sophia, quintessence d’une fĂ©minitĂ© multiple, – la vraie quĂȘte ici de Schliemann, dĂ©sireux d’Ă©pouser celle qui incarne Ă  ses yeux HĂ©lĂšne de Troie-; – exigeant un soprano agile et volubile, jusqu’Ă  sa dĂ©chirante imploration lacrymale, sur le corps mort de l’Ă©poux Ă  la fin de l’opĂ©ra de chambre.

Pilote continĂ»ment impliquĂ©, aux gestes aĂ©riens et fluides, le chef belge, dĂ©jĂ  remarquĂ© entre autres comme baguette lyrique Ă  Saint-Etienne, David Reiland sait trouver la justesse et l’Ă©quilibre d’une partition pourtant dĂ©sĂ©quilibrĂ©e dont le flux chaotique installe avec difficultĂ© la notion d’intrigue scĂ©nique. La subtile pulsion et l’attention analytique que sa direction insuffle, parvient Ă  unifier et mĂȘme densifier la texture, en une continuitĂ© dramatique souvent passionnante, en particulier dans la succession des 3 derniers tableaux. Le souci d’Ă©quilibre plateau / fosse, tout ce travail sur la couleur et la rĂ©sonance, l’articulation de la ligne, farouchement recherchĂ©e, identifiĂ©e, cultivĂ©e tempĂšre l’ĂąpretĂ© d’une partition dont la rĂ©alisation thĂ©Ăątrale n’allait pas de soi (et Ă©tait mĂȘme le premier dĂ©fi). A la tĂȘte des forces vives du CNSMDP (classes de chanteurs et de musiciens, tous trĂšs engagĂ©s), ce que parvient Ă  obtenir le maestro par ailleurs fin mozartien, relĂšve donc de l’exploit. Chapeau bas. Baguette Ă  suivre.

 

 

 

Iliade l’amour de Betsy Jolas, d’aprĂšs Schliemann (1995)
Opéra de chambre en dix scÚnes, livret du compositeur et de Bruno Bayen
Créé au CNSMDP le 6 mars 2016

direction musicale : David Reiland
Mise en scĂšne: Antoine Gindt

Scénographie
Etudiantes de l’ENSAD sous la supervision d’Elise Capdenat

Costumes
Fanny Brouste

LumiĂšres
Ondine Trager

Heinrich Schliemann
Julien Clément

Sophia
Marianne Croux

Andromache
AnaĂŻs Bertrand

Spencer
Igor Bouin

Mr Haak
Fabien Hyon

Nelly
Eva ZaĂŻcik

L’appariteur
Guilhem Worms

Marina Ruiz, Yi Li, sopranos
AdĂšle Charvet, Lucie Louvrier, mezzo-sopranos
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténors

Orchestre du Conservatoire de Paris

Le Schielemann II de Betsy Jolas Ă  Paris

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. 12-17 mars 2016. Nouvelle version de l’opĂ©ra Schliemann de Betsy Jolas crĂ©Ă©e initialement Ă  Lyon en 1995. 20 ans aprĂšs l’avoir livrĂ©, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archĂ©ologue passionnĂ© par les rĂ©cits d’HomĂšre. Schliemann est le pionnier de l’archĂ©ologie grecque, en particulier mycĂ©nienne, dĂ©couvreur de Troie (1870) et de MycĂšnes (1874),  et mĂȘme sil dĂ©veloppe des mĂ©thodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e juste ouvrant aprĂšs lui la voie Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs passionnĂ©s par la question de l’antiquitĂ© grecque.
Direction inspirĂ©e habitee. Cette maniĂšre de rĂ©crĂ©ation est portĂ©e par la direction exaltante affĂ»tĂ©e du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimĂ©e mais son heure viendra assurĂ©ment-, l’Ă©gal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick NĂ©zet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempĂ©raments dĂ©fendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre Ă©nergie et acuitĂ© poĂ©tique. Tout au long de ce cycle de reprĂ©sentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction Ă  la fois chaleureuse habitĂ©e, prĂ©cise et nerveuse d’un maestro taillĂ© pour l’opĂ©ra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la piĂšce Schliemann ,Épisodes ignorĂ©s de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – DurĂ©e : 1h35 environ

12-17 mars 2016 Ă  20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
RĂ©servations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scĂšne

Orchestre du Conservatoire
Julien ClĂ©ment, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

ÉlĂšves du dĂ©partement des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
AnaĂŻs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva ZaĂŻcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, tĂ©nor – Mr Haak, dĂ©tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
AdĂšle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la prĂ©paration des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la prĂ©paration de l’ensemble vocal

ÉlĂšves de la direction des Ă©tudes chorĂ©graphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.

Schielemann II (2016) de Jolas

reiland david-reiland-2-412x332Paris, Conservatoire. Jolas: Schliemann II. Les 12,14 et 15 mars 2016. Nouvelle version de l’opĂ©ra Schliemann de Betsy Jolas crĂ©Ă©e initialement Ă  Lyon en 1995. 20 ans aprĂšs l’avoir livrĂ©, la compositrice affine encore le relief dramatique de son ouvrage lyrique afin de proposer un portrait plus expressif encore de l’archĂ©ologue passionnĂ© par les rĂ©cits d’HomĂšre. Schliemann est le pionnier de l’archĂ©ologie grecque, en particulier mycĂ©nienne, dĂ©couvreur de Troie (1870) et de MycĂšnes (1874),  et mĂȘme sil dĂ©veloppe des mĂ©thodes de fouilles bien peu scientifiques, son intuition s’est rĂ©vĂ©lĂ©e juste ouvrant aprĂšs lui la voie Ă  plusieurs gĂ©nĂ©rations de chercheurs passionnĂ©s par la question de l’antiquitĂ© grecque.
Direction inspirĂ©e habitee. Cette maniĂšre de rĂ©crĂ©ation est portĂ©e par la direction exaltante affĂ»tĂ©e du chef David Reiland, l’une des baguettes les plus captivantes de l’heure, encore mesestimĂ©e mais son heure viendra assurĂ©ment-, l’Ă©gal des Lionel  Bringuier, Bruno  Procopio, Yannick NĂ©zet-Seguin, Debora Waldman… plus que de somptueux techniciens de la baguette, des tempĂ©raments dĂ©fendant avec une rare passion leur propre vision des oeuvres choisies entre Ă©nergie et acuitĂ© poĂ©tique. Tout au long de ce cycle de reprĂ©sentantations au CNSMDP, les parisiens pourront mesurer la direction Ă  la fois chaleureuse habitĂ©e, prĂ©cise et nerveuse d’un maestro taillĂ© pour l’opĂ©ra et l’explicitation du drame. …

schliemann archeologue heinrich-schliemann-1-sizedBetsy Jolas : Schliemann II version 2016
Opéra de chambre
Livret de Betsy Jolas et Bruno Bayen
Adaptation de la piĂšce Schliemann ,Épisodes ignorĂ©s de Bruno Bayen (Éditions Gallimard 1982) – DurĂ©e : 1h35 environ

Les 12, 14, 15 mars 2016 Ă  20h30
Conservatoire de Paris / CNSMDP – Salle d’art lyrique
RĂ©servations sur le site de la Philharmonie de Paris.

David Reiland, direction
Antoine Gindt, mise en scĂšne

Orchestre du Conservatoire
Julien ClĂ©ment, baryton – Schliemann
Lucie Louvrier, mezzo-soprano – Jeune fille (ensemble vocal)

ÉlĂšves du dĂ©partement des disciplines vocales
Marianne Croux, soprano – Sophia, sa femme
AnaĂŻs Bertrand, mezzo-soprano – Andromache, sa fille
Igor Bouin, baryton – Spencer, photographe
Guihem Worms, baryton – L’appariteur
Eva ZaĂŻcik, mezzo-soprano – Nelly, chanteuse, son ex-femme
Fabien Hyon, tĂ©nor – Mr Haak, dĂ©tective (aussi professeur de gymnastique)

Ensemble vocal
Marina Ruiz, Yi Li, soprano
AdĂšle Charvet, mezzo-soprano
Aliénor Feix, Hedvig Haugerud, alto
Blaise Rantoanina, Jean-François Marras, ténor
Igor Bouin, Guihem Worms, baryton

Chefs de chant (pour les scéniques piano)
Bianca Chillemi
Flore Merlin
David-Huy Nguyen-Phing
Kotona Sakurai

Avec la participation de Sylvie Leroy, chef de chant, pour la prĂ©paration des chanteurs et d’Alexandre Piquion pour la prĂ©paration de l’ensemble vocal

ÉlĂšves de la direction des Ă©tudes chorĂ©graphiques (DNSP contemporain)
Constance Diard
Isaure Leduc
Mathilde Moreau

Réservation à partir du 15 février au 01 44 84 44 84
Tarif : 18 €

Retransimission vidéo en direct de la représentation du samedi 12 mars sur
le site du CNSMD PARIS. Concert diffusé postérieurement par France Musique.