vendredi, décembre 9, 2022

SCEAUX (92). La Schubertiade. Quatuor VOCE, sam 10 déc 2022

A ne pas rater

SCEAUX (92). La Schubertiade. Quatuor VOCE, sam 10 déc 2022 – Depuis dix-sept ans , les Voce cultivent leur idée du quatuor à cordes, polymorphe, aventureux, dont les programmes sont d’une rare exigence. Lauréats de nombreux concours internationaux, ils parcourent les routes du monde entier, du Japon aux États-Unis ou l’Australie avec également de nombreux concerts à travers l’ Europe. Leur dernier disque « Poétiques de l’instant » paru en 2022 et consacré à Debussy (Diapason d’Or) affirme des affinités convaincantes voire irrésistibles avec l’imaginaire et la poétique debussystes.
Les Voce cultivent les rencontres dans l’esprit de l’écoute et du partage ; à Sceaux, après le sublime Quatuor de Debussy, le 2ème Sextuor de Brahms voit ainsi leur collaboration avec Manuel Vioque-Judde et Sarah Sultan.

 

 

 

___________________________
SCEAUX (92), Hôtel de ville
Samedi 10 décembre  2022, 17h

Quatuor Voce 
Manuel Vioque-Judde, alto
Sarah Sultan, violoncelle
Debussy : Quatuor
Brahms : 2ème Sextuor

Infos & Réservations
Réservez vos places directement sur le site de la Schubertiade de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/edition-2022-2023/

__________________________
Lieu des concerts : hôtel de ville de Sceaux, 122 rue Houdan – 92330 SCEAUX
Renseignements :  association La Schubertiade de Sceaux  06 72 83 41 86   schubertiadesceaux@orange.fr

 

 

 

 

 

 

 

QUATUOR de Debussy

Le Quatuor en sol mineur op. 10 de Claude Debussy composé en 1893, est une œuvre solitaire d’une grande variété structurelle et d’une fluidité de lignes comme d’harmonies surprenantes. L’indiscutable influence de Borodine et de Franck (la syntaxe formelle de l’un et la rhétorique cyclique de l’autre) cultive a contrario la grande originalité de Debussy, lequel façonne sa propre voix pour ensuite se libérer de tout cadre précédemment codifié.

Le premier mouvement du quatuor « Animé et très décidé » commence avec la sûreté qu’un tel tempo impose. Le violoncelle est actif et parfois séducteur. Le discours de chaque instrument est d’une individualité étonnante ainsi que le traitement des thèmes musicaux. Un mouvement d’un caractère exotique et exubérant, ici le deuxième violon est complètement libéré, donnant un certain éclat païen et mystérieux où fusionnent et s’accordent énergie vitale et légèreté aérienne typique du Debussy symboliste.

Dans le deuxième mouvement « Assez vif et bien rythmé » c’est le tour de l’alto de s’émanciper. L’atmosphère est dansante et toujours exotique, l’ostinato et le pizzicato de Debussy, désormais emblématiques, créent une ambiance qui peut avoir l’air tant tribal que cérémoniel. C’est un paysage musical mosaïque et exotiques, à la fois gitan et javanais.
L’Andantino qui suit est d’une douceur tranquille et planante, sensuelle, voire sublime. Comme si les instruments caressaient l’ouïe. Les musiciens jouent de façon transparente et méticuleuse, n’hésitant jamais devant le chromatisme hautement originel du compositeur. L’exubérante subtilité de ce mouvement est comme un réveil chaleureux et méditatif, dont les silences et les soupirs sont éloquents et significatifs. Le finale « Très modéré – En animant peu à peu » a été le moment pour le premier violon de confirmer ses capacités. Souci du timbre et couleurs libérées, rares, sont impressionnants, le rythme vivifiant. Les aventures tonales ici sont sombres mais jubilatoires; le mouvement, rempli des modulations transcendantes avec des intervalles stoïques et d’ostinato, reéalise une véritable extase sensorielle.

Commentaire emprunté au compte-rendu critique de notre rédacteur Sabino Pena Arcia, à propos du concert du Quatuor Navarra, le 5 oct 2021 : LIRE ici la critique concert complète : https://www.classiquenews.com/paris-auditorium-du-louvre-le-5-octobre-2012-mozart-levinasdebussy-quatuor-navarra/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Concert précédent « coup de cour de CLASSIQUENEWS » :

_______________________________________

 

SCEAUX, sam 19 nov 2022. DUO GEISTER. La Schubertiade invite un duo de piano à la complicité active. Agiles, inspirées, les 4 mains égalent en vivacité et suggestion l’orchestre entier ; d’autant que les œuvres choisies, originellement pour orchestre sont transcrites pour le clavier ; le transfert ne doit pas perdre de le bouillonement originel. C’est là tout le défi du duo… Le duo GEISTER a décroché en 2021 par le 1er prix du Concours International de l’ARD Munich, ainsi que cinq prix spéciaux.

Couplés à la Fantaisie de Schubert – l’une des dernières partitions avant la disparition du compositeur, David Salmon et Manuel Vieillard expriment la fièvres chorégraphique, l’élan irrésistible des danses hongroises de Brahms (inspirées d’airs populaires tziganes et slaves) ; surtout la suite du ballet Petrouchka transcrite pour piano par Stravinsky lui-même.

 

 

 

____________________

SCEAUX, Hôtel de ville
Samedi 19 novembre  2022, 17h


Duo Geister / piano à quatre mains

David Salmon et Manuel Vieillard
Brahms (danses hongroises, extraits)
Schubert (Fantaisie)
Stravinsky (Petrouchka)

RÉSERVEZ VOS PLACES directement
sur le site de La Schubertiade de Sceaux
http://www.schubertiadesceaux.fr/

 

 

 

Petrouchka, 1911
Chez Petrouchka (chorégraphie initialement écrite pour orchestre, créée au Châtelet en juin 1911), la marionnette traversée par le souffle humain, s’incarne l’énergie tendre et juvénile du folklore russe d’un souffle printanier échevelé (la Fête populaire de la Semaine grasse puis Danse russe chantent l’ivresse d’une aube pleine de promesse dont l’hymne mélodique enchante et enivre littéralement…). Même intensité folklorique et sensualité lumineuse qui s’épanouissent au début du 4è tableau (Fête populaire de la Semaine grasse, vers le soir): véritable aube portant une espérance d’une subtilité profuse…
Chaque interprète doit se montrer épatant du début à la fin de la narration du ballet, offrant de la marionnette, un souffle printanier d’une envergure héroïque…
Le ballet accumule les tableaux particulièrement caractérisés en un foisonnement sonore rythmiquement divers et très contrasté : la Fête populaire de la Semaine grasse au soir, l’ivresse des Nounous, L’ours et un paysan, d’une poésie infinie…

 

 

 

Visitez le site du DUO GEISTER :
https://www.geisterduo.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

Approfondir

_________

 

Entretien Elisabeth Atanassov, directrice de la Schubertiade de Sceaux
Présentation de la Saison 2022 – 2023

Schubertiade de Sceaux Logo copiable logo 2018SCEAUX, La Schubertiade (92). Entretien avec Elisabeth Atanassov, directrice. En quelques années, le cycle de musique de chambre que propose chaque année La Schubertiade de Sceaux s’est imposé comme un cycle incontournable qui perpétue une riche tradition locale et fait résonner l’esprit fraternel que Schubert et ses proches savaient entretenir à Vienne au XIXè. Cette nouvelle saison (4è édition) malgré la pandémie et l’obligation d’annuler toute la saison prévue en 20 / 21, suscite une vive attente ; car La Schubertiade a su fidéliser son public de plus en plus large (enfants et familles sont conviées aux programmes « Bout’Schub », spécialement élaborés pour les jeunes spectateurs et leurs parents). L’offre musicale y est riche et complète, combinant autour du piano et de Schubert, plusieurs programmes contrastés, conçus selon la personnalité de chaque instrumentiste invité ; ici, le clavier dialogue avec le violon, le violoncelle, la clarinette et même cette année, la voix.
Chaque mois d’octobre à mars, La Schubertiade affiche le samedi après midi à l’Hotel de Ville même de Sceaux, un programme musical où qualité, engagement, souvent découverte et défrichement, tempéraments en devenir et sensibilités avérées, s’unissent pour le plaisir du public et pour servir cet esprit d’ouverture fraternelle et de partage convivial chers aux organisateurs, schubertiens fervents.

 

 

 

__________________________________

CLASSIQUENEWS : Selon quels critères avez-vous choisi les artistes invités pour cette nouvelle saison 2022 / 2023 de la Schubertiade de Sceaux ?

ELISABETH ATANASSOV : Pierre-Kaloyann Atanassov, chargé de la programmation artistique, fonctionne avant tout par coup de cœur, sans obéir à des critères spécifiques préétablis : il invite ainsi des musiciens qui l’ont touché lors de concerts ou de rencontres, sans oublier des partenaires de musique de chambre avec lesquels il est invité à jouer ou des propositions envoyées à La Schubertiade, comme par exemple celle du duo Geister (piano quatre mains, concert du samedi 19 novembre 2022) que Pierre-Kaloyann avait retenue dès le départ (et qui, entretemps, a d’ailleurs gagné le prestigieux concours international ARD de Munich). Il a également à coeur, une ou deux fois par saison, de faire découvrir au public des artistes rares en France – la clarinettiste israélienne Shelly Ezra, qui poursuit une brillante carrière en Allemagne, en est un exemple pour cette année. Les cas de figure varient donc, mais à la base, demeure une compréhension commune de la musique et du rôle du musicien.
Il ajoute à cela un esprit de fidélité envers les professeurs auprès desquels il s’est formé. Après Muza Rubackyté et Alain Planès, nous avons ainsi la grande chance de pouvoir recevoir le pianiste Itamar Golan qui partagera la scène avec la toute jeune violoniste Marie-Aude Melliès pour le concert inaugural du samedi 15 octobre 2022, notre programmation aimant à associer toutes les générations de musiciens, à l’apogée ou à l’aube d’une carrière.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Que signifie pour vous le terme « Schubertiade » ? Que signifie-t-il aujourd’hui et comment en réaliser les enjeux et les composantes pour le public de Sceaux ?

ELISABETH ATANASSOV : Le terme « Schubertiade » est avant tout synonyme d’amitié et de convivialité, associée à un haut niveau artistique. A notre époque marquée par un individualisme dû notamment aux moyens de communication dématérialisée, il y a un manque certain de réunion et de contacts entre les gens. Les rencontres suscitées par la beauté de l’Art en général et plus spécialement de la musique sont un outil indéniable et indispensable de rapprochement et d’enrichissement humain : la salle de l’hôtel de ville de Sceaux, avec ses proportions adaptées à la musique de chambre, permet des concerts à taille humaine. Et pour favoriser les échanges, nous demandons à tous les artistes de présenter non seulement les œuvres, mais aussi de nous faire part de leur propre ressenti et de leur émotion vis à vis de ce qu’ils vont interpréter. Enfin, les concerts sont toujours suivis d’une rencontre autour d’un verre entre les artistes et le public, ce qui permet également des échanges entre les auditeurs eux-mêmes, prolongeant ainsi les émotions partagées ensemble en silence.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : De quelle façon la période de la pandémie a-t-elle marqué (le travail des) artistes et (le comportement du) public ?

ELISABETH ATANASSOV : La pandémie et la crise qui s’en est suivie a totalement anéanti les artistes qui se sont retrouvés sans travail puisque dans l’impossibilité d’exercer leur métier pendant les deux confinements. Il est évident que les concerts en streaming par internet n’ont pu en aucun cas remplacer les concerts réels, bien sûr au niveau de l’alchimie entre public et artistes, essence même du concert, mais également en termes de revenu financier. Pour ce qui est de La Schubertiade, elle n’a pas échappé à tout cela, la saison 2020 – 2021 ayant été entièrement annulée. Mais nous sommes heureux d’avoir pu réinviter pour la saison passée 2021- 2022 l’ensemble des artistes prévus pour la saison annulée. Cela a évidemment repoussé toutes les invitations ultérieures.
Concernant l’affluence du public, nous avons été fortement impactés avec exactement 50% d’auditeurs en moins (nous faisions régulièrement salle pleine avant la crise), certains rendus frileux par le contexte, d’autres rebutés par le pass sanitaire et enfin ceux dans l’impossibilité même d’assister à certains concerts du fait du pass vaccinal.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles œuvres et quelles formations spécifiques aimez-vous favoriser tout le long d’une saison ? Pourquoi ?

ELISABETH ATANASSOV : Concernant les œuvres, Pierre-Kaloyann aime à laisser chaque artiste ou ensemble libre de son programme, sachant par expérience qu’il est plus agréable à un musicien de jouer ce qui lui tient à cœur, tout en veillant à la cohérence de l’ensemble de la saison.
Schubert, maitre du lied, est bien sûr toujours présent avec cette année, la soirée du 11 février 2023 réservée à la voix, celle de la très charismatique soprano Clémentine Decouture entourée de plusieurs amis instrumentistes (piano : Pierre-Kaloyann Atanassov, clarinette : Shelly Ezra, violoncelle : Sarah Sultan) dans l’esprit même des concerts amicaux des Schubertiades de Vienne.
Nous avons toujours par saison un concert consacré au piano, avec cette année le récital d’Aline Piboule. Artiste attachante par son enthousiasme à composer des programmes dans lesquels elle nous fait découvrir des pépites hors des sentiers battus associées à des œuvres du grand répertoire (concert du 14 janvier 2023).
Cette année les cordes seront également à l’honneur : pour la première fois nous invitons une formation plus importante avec un sextuor à cordes (2ème de Brahms, concert du 10 décembre 2022) associant le Quatuor Voce au violoncelle de Sarah Sultan et à l’alto de Manuel Vioque-Judde. Ce dernier revient ensuite le 25 mars 2023 pour clore en beauté et clarté la 4ème édition de la Schubertiade de Sceaux avec son trio à cordes, le Trio Arnold.
Et si tout se passe bien, nous prévoyons une formation encore plus importante pour la saison 2023 / 2024 avec l’Octuor de Schubert. Mais nous en reparlerons !

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Outre les concerts « classiques / traditionnels », vous développez aussi une offre pour les jeunes mélomanes et aussi les amateurs ? Pourquoi cette place particulière à la sensibilisation et à la transmission ?

ELISABETH ATANASSOV : Pierre-Kaloyann Atanassov et l’équipe de La Schubertiade sommes conscients que les enfants n’ont malheureusement pas assez d’occasions ni d’opportunités pour se familiariser avec la musique classique et l’Art en général qui suscitent l’émotion, la curiosité, l’éveil, apportant un enrichissement et une ouverture sur d’autres mondes par rapport à ce qui est proposé aux jeunes dans la vie quotidienne. A notre petite échelle, mais avec conviction, nous souhaitons contribuer avec nos spectacles musicaux Bout’Schub à destination des familles, à cet émerveillement et cet imaginaire indispensable à l‘épanouissement de l’être humain.
Cette année ce sera « le Roi qui n’aimait pas la musique » musique de Karol Beffa sur un texte de Mathieu Laine (avec le Trio Atanassov ; Magali Grillard, clarinette et Pierre Puy, récitant). Depuis l’origine, les séances Bout’Schub font salle pleine (nous avons dû refuser du monde) et cela ne s’est pas démenti, y compris pendant la crise sanitaire contrairement aux concerts traditionnels tout public.
Enfin, nous avons constaté que les amateurs de haut niveau avaient très peu de possibilités de se produire en public, qui plus est en bénéficiant d’un piano de concert. Grâce à notre volet « A vous la scène », nous permettons ainsi à une formation sélectionnée conjointement avec ProQuartet, partenaire de l’évènement, de bénéficier d’une masterclass donnée par notre directeur artistique, suivie d’un court concert de midi interprété par l’ensemble amateur.

 

 

 

Propos recueillis en septembre 2022

 

 

 

 

 

 

- Espace publicitaire -spot_img
- Sponsorisé -
Derniers articles

Reportage vidéo. Mathieu SALAMA enregistre son nouvel album : Nu Baroque

Annoncé fév 2023, le nouveau cd du contre-ténor MATHIEU SALAMA s'intitule NU BAROQUE, une mise à nu et aussi...
- Espace publicitaire -spot_img

Découvrez d'autres articles similaires

- Espace publicitaire -spot_img