Après avoir conquis la scène lyrique (et le cœur des spectateurs) avec Manon, Werther ou encore la sublime Thaïs… dont l’écriture mélodique riche et voluptueuse lui est si personnelle, Jules Massenet, au début du nouveau siècle (XXème), se passionne pour l’Antiquité Romaine – dont les caractères entiers et passionnés -, lui offrent un renouvellement significatif de son inspiration (tragique) comme de son écriture (épurée, essentielle).
Comme Gluck au XVIIIe siècle, Massenet cible et exprime l’essentiel, retrouvant le chant mordant, précis, intense de la tragédie racinienne. Sous la direction du chef Diego Ceretta, accompagnant un plateau vocal de premier plan, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fera à nouveau démonstration de son éloquence dramatique dans le registre lyrique, avec cette résurrection de Roma !
ROMA… de Sarah Bernhardt à Lucy Arbell… Dernier opéra dont Massenet put voir la création à l’Opéra de Monte-Carlo (le 17 fév 1912), ROMA est l’adaptation musicale de la pièce Rome vaincue d’Alexandre Parodi, tragédie créée en 1876 avec triomphe où perçait déjà la jeune Sarah Bernhardt dans le rôle l’aïeule aveugle Posthumia.
A Monaco, alors en pleines répétitions de Don Quichotte, Massenet achève Roma ; il soigne en particulier le rôle de Posthumia, celle qui permet à la Vestale Fausta d’échapper à une exécution terrifiante pour avoir rompu ses vœux de chasteté (car elle s’est liée avec le soldat Lentulus, auquel le compositeur réserve un sublime air : « soir admirable, je te salue »). Massenet marqué encore par la figure de Sarah Bernhardt, façonne pour Posthumia un rôle austère, puissant, sauvage et poignant. A Paris, lors de la création le 17 février 1912, Massenet retrouve un grand mezzo chaleureux, devenu légendaire, Lucy Arbell, sa dernière muse (et probablement son ultime amour). De son côté pour mieux préparer son personnage, pour incarner « son angoissante vérité » dans Roma, Lucy Arbell qui incarna Dalila et même Amnéris, visite les résidents des Quinze Vingt pour étudier les gestes spécifiques des aveugles. Posthumia s’inscrit après ses grands rôles conçus par Massenet : Thérèse, Dulcinée, surtout Charlotte dans Werther.
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SAMEDI 26 SEPT 2026, 16h
Auditorium RAINIER III
Jules MASSENET : Roma
Opéra tragique en cinq actes
Opéra en version de concert
RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de l’OPMC / l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo :
https://opmc.mc/concert/roma-de-jules-massenet/
distribution
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
direction : Diego Ceretta
soprano : Rachel Willis-Sørensen / Fausta
ténor : Jean-François Borras / Lentulus
mezzo-soprano : Julie Robard-Gendre / Posthumia
baryton : Tassis Christoyannis / Fabius Maximus
basse : Patrick Bolleire / Lucius Cornélius (Le Souverain Pontife)
baryton : Jérôme Boutillier / Vestapor / Caïus/ Un Vieillard
soprano : Hélène Carpentier / Junia
mezzo-soprano : Anna Dowsley / La Grande Vestale
soprano : Clémence Tilquin / Galla
Chœur de Radio France
chef de chœur : Lionel Sow
Durée du concert : 2h45 avec entracte
DIFFUSION : opéra concert enregistré par France Musique et diffusé le 17 octobre à 20h dans l’émission « Samedi à l’opéra »
clés d’écoute
Basé sur « Rome vaincue » d’Alexandre Parodi, Roma de Jules Massenet s’inscrit dans le sillon héroïque et tragique de « La Vestale » de Gaspare Spontini. Hannibal vient de vaincre l’armée romaine, et l’oracle attribue la défaite à une vestale corrompue, ayant rompu ses vœux : Fausta serait-elle pas l’amante du tribun militaire Lentulus?
Jugée coupable, définitivement perdue, Fausta est poignardée par sa grand-mère Posthumia qui souhaite ainsi lui épargner un atroce supplice. Le livret d’Henri Caïn incite le compositeur à un certain dépouillement, excluant tout artifice.
Au crépuscule de sa vie, Massenet, hier chantre des mélodies suaves et lascives, livre une partition sobre et grave.
Souffrant durant l’hiver 1911-1912, c’est par téléphone qu’il suit les répétitions organisées à Paris par Raoul Gunsbourg. Une même distribution des premiers rôles, réunissant Maria Kousnezoff (Fausta), Lucien Muratore (Lentulus), Lucy Arbell (Posthumia) et Francisque Delmas (Fabius Maximus), assure la création à …. Monte-Carlo le 17 février 1912 et la première parisienne à l’Opéra le 24 avril suivant. Massenet s’éteint moins de quatre mois plus tard.
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