Nouvelle Butterfly par Mikko Franck à Orange 2016

pucciniFRANCE 5. Le 13 juillet 2016, 20h55. Mikko Franck dirige Madama Butterfly de Puccini, aux Chorégies d’Orange.  Un événement suffisamment important pour être diffusé en direct sur France 3, France 5 et culturebox simultanément. Il est vrai que le chef finnois sait embraser un orchestre, insufflant une puissance irrésistible sans jamais sacrifier la ciselure instrumentale : une attention parfaite d’autant plus adaptée à la palette orchestrale du Puccini, immense orchestrateur dont les couleurs et les atmosphères, dans Madama Butterfly ou dans Turandot (son autre opéra oriental, mais celui-ci se déroulant en Chine) égalent les meilleurs peintres de son temps. Madame Butterfly, l’opéra japonais de Giacomo Puccini fait les beaux soirs du Théâtre antique d’Orange, par l’Orchestre philharmonique de Radio France, accompagné des chœurs des opéras d’Avignon, Nice et Toulon sous la direction de l’excellent Mikko Franck, – chef charismatique taillé pour le souffle lyrique et qui a précédemment marqué les esprits à Orange déjà, dans une Tosca (du même Puccini), à la fois grandiose et psychologique. Nagasaki, 1904.

 

 

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Un jeune officier américain de passage, Benjamin Franklin Pinkerton épouse une geisha de quinze ans, Cio-Cio-San (en japonais « Madame Papillon »). Simple divertissement exotique ou parodie nuptiale sans conséquence pour lui, le mariage est pris très au sérieux par la jeune Japonaise. D’autant qu’après la cérémonie, Cio Cio San tombe rapidement enceinte… mais l’insouciant jeune officier repart en Amérique. Espérant son retour, elle lui reste fidèle et refuse de nombreuses propositions de mariage. Trois ans plus tard, Pinkerton revient au Japon avec sa nouvelle épouse américaine. Quand Cio-Cio-San comprend la situation, – Pinkerton est mérite à une autre et l’a donc tout simplement abandonnée, elle leur abandonne son enfant et se donne la mort par jigai en se poignardant.

 

 

 

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Dans le rôle-titre de la tragique et bouleversante geisha, la soprano albanaise Ermonela Jaho incarne les blessures d’une héroïne sacrifiée ; en elle, se cristallise les contradictions d’une société conquérante au fort parfum colonialiste, s’autorisant ainsi ce qui pourrait être assimilé à de la prostitution organisée ou au tourisme sexuel… l’officier américain prend du bon temps sans penser à conséquence ; c’est pourtant tout un destin qui se joue pour la jeune femme. Le jeune ténor Brian Hymel chante la partie de l’officier américain Pinkerton. Rares les chefs capables de finesse orientaliste, et sous la couleur exotique, de profondeur psychologique. La sincérité du rôle de Butterfly, la vérité qui émane de façon bouleversante de la fameuse scène de son suicide est l’un des temps forts de l’opéra italien parmi les plus intenses jamais écrits pour la scène. Avec Liù (Turandot), Mimi (La Bohème), Cio Cio San éclaire dans l’écriture de Puccini, ce souci de vérité psychologique dédié aux femmes spécifiquement, figures angéliques et tragiques et sacrifiées mais d’une grandeur morale sans pareille. La soirée du mercredi 13 juillet 2016 est le temps fort des Chorégies d’Orange 2016.

France 5, en direct d’Orange. Puccini : Madame Butterfly. Mercredi 13 juillet 2016 sur France 5 à 20h30 et sur culturebox.fr/choregies

logo_france_3_114142_wideGENESE… Au cours de l’été 1900, Puccini tombe en admiration devant la pièce de David Belasco, Madame Butterfly, adaptée d’une nouvelle de John Luther, plagiat du roman de Pierre Loti, Madame Chrysanthème. Les librettistes attitrés de Puccini, Illica et Giacosa, transposent pour la scène lyrique, ce drame exotique. Le compositeur tenait à un drame en deux actes, mais Giacosa était persuadé qu’une articulation en trois actes était préférable. L’opéra fut présenté en deux actes à la Scala de Milan en février 1904. Ce fut un échec retentissant pour Puccini. L’œuvre disparut, détruite par la critique. Puccini tint compte néanmoins des avis exprimés et des réserves des auditeurs ; il remania son opéra en trois actes et le présenta dans sa version revisitée en mai 1904 à Brescia. Dans sa seconde version, l’ouvrage connut cette fois un triomphe qui n’a jamais faibli.

France 5 et culturebox le 13 juillet 2016 — en direct d’Orange sur France Musique, mardi 12 juillet 2016, 20h30. Puccini : Madame Butterfly. Durée : 2h20mn- Présentation : Claire Chazal – Direction musicale : Mikko Franck – Mise en scène : Nadine Duffaut – Scénographie : Emmanuelle Favre

A voir ensuite sur France 3, deux soirées spéciales consacrées aux Chorégies d’Orange avec notamment la diffusion du Requiem de Verdi et de La Traviata de Verdi.

Ermonela Jaho… la diva dont on parle. Certains en France ne la connaissent pas encore vraiment : Ermonela Jaho, né en Albanie en 1974. Sa prochaine performance en Cio Cio San dans Madama Butterly de Puccini à Orange (9 et 12 juillet 2016, sous la direction de l’excellent Mikko Franck, actuel directeur musical du Philharmonique de Radio France) pourrait bien être une opportunité pour se faire connaître du grand public et des mélomanes en général.

 

 

ERMONELA JAHO, une CIO CIO SAN ATTENDUE

 

 

Ermolena Jaho chante Butterfly à Orange

 

 

Pourtant la soprano albanaise s’est déjà produite aux Chorégies d’Orange (Michaëla dans Carmen en 2008 c’était elle). Ermonela Jaho connaît bien le rôle de la jeune geisha trompée sacrifiée et finalement suicidaire : elle l’a chanté dès 2015 à l’Opéra Bastille dans la mise en scène de Bob Wilson.  Une vision pourtant statique, et peut-être trop distanciée qui n’a pas empêché la diva d’exprimer avec une rare intensité la jeunesse, la douceur, la tendresse désarmante d’une amoureuse sincère à laquelle le monde des hommes ment en permanence… Car c’est une jeune femme, adolescente encore (16 ans)…. comme Manon Lescaut (de Puccini, un rôle qu’elle vient d’aborder en avril 2016 à Munich) ou encore La Traviata (Violetta Valéry), autant d’héroïnes tragiques et irrésistibles à l’opéra, qui sont de très jeunes idoles.  Le chant tout en ciselure et finesse vocale devrait convenir à la soprano particulièrement exposée les 9 et 12 juillet prochains : un nouveau défi dans sa carrière, et certainement une revanche à prendre pour celle à qui on avait dit qu’elle y laisserait sa voix. Pourtant après les Tebaldi, Scotto, Freni… Ermonela Jaho ne s’en laisse pas compter et chante toujours en 2016, un rôle taillé pour elle; un rendez vous à ne pas manquer cet été 2016 à Orange.

 

Après Cio CIo San, Ermonela Jaho revient à Paris, Opéra Bastille, pour y chanter Antonio des Contes d’Hoffmann (3-27 novembre 2016). Rappelons que la soprano albanaise a fait ses débuts à l’Opéra Bastille dans La Traviata en 2014 déjà.

 

 

 

 

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