Nouveau Trouvère à Lille

giuseppe-verdi_jpg_240x240_crop_upscale_q95Lille, Opéra. Verdi : Le Trouvère. Du 14 janvier au 6 février 2016. Nouvelle production du Trouvère / Trovatore à l’Opéra de Lille, dans la mise ne scène de Richard Brunel. Compliqué l’histoire du Trouvère ? Rien de tel. Et même le succès inouï de la partition dès sa création et aujourd’hui encore, démontre les milles séductions d’un ouvrage hors normes. L’action plonge dans un creuset passionnel et fantastique où le feu, force purificatrice et hallucinante aussi opère embrasement et révélation. Deux frères ennemis qui ignorent leur lien de sang s’affrontent jusqu’à la mort ; une soprano éperdue, ivre, d’une rare intensité sensible (Leonora) s’abandonne elle aussi jusqu’à mourir, et c’est essentiellement la Gitane que l’on croyait folle ou trop maternelle, qui se venge dans un dernier tableau des plus terrifiants et précisément glaçants… Rien de mieux pour conclure une œuvre que l’effroi et le surnaturel.

verdi trouvere lille opera richard brunel presentation review compte rendu critique classiquenewsInspiré par le texte de Salvatore Cammarano, lui-même adaptant le roman espagnol de Antonio Garcia Gutiérrez-, Verdi signe alors à Rome en janvier 1853, l’un de ses opéras les plus noirs et les plus dramatiques qui fixe aussi le trio vocal désormais classique du romantisme musical : le ténor (Manrico) et la soprano (Leonora) s’aiment d’un amour impossible qu’éprouve et finalement détruit le baryton jaloux (Luna). Musicalement, Verdi, à peine sorti de la composition de son excellent Rigoletto (d’après Hugo), écrit un cycle de mélodies irrésistibles, caractérisant chacune des situations extrêmes et radicales (extase échevelée de l’amoureuse Leonora ; ballade hallucinée nocturne du Comte di Luna ; airs embrasés du Trouvère depuis la coulisse, et surtout, visions horrifiques de la Gitane Azucena dont l’air du II, puis le Miserere plongent de fait dans les profondeurs d’une vision traumatique centrale (IV)… Conçu entre Rigoletto et La Traviata, au début des années 1850, Le Trouvère / Il Trovatore revisite l’idée même du grand opéra français historique avec chœurs et grands airs et duos de solistes. Verdi y approfondit ce mélange des genres et ce nouveau réalisme dramatique, abordé et réussi dans Rigoletto, au souffle hugolien, mais adapté à l’épopée sentimentale espagnole, trouve ici une puissance expressive aux contrastes éblouissants. La succession des tableaux, très finement caractérisés (et précisément intitulés par le compositeur : le duel, la gitane, le fils de la bohémienne, enfin le supplice) saisit le spectateur du début à la fin, sans jamais le lâcher.

Le metteur en scène Richard Brunel aborde a contrario de la tradition le mythe du Trouvère… Plus qu’une lutte entre deux hommes pour la même femme, Le Trouvère est une lutte de deux femmes pour le même homme”, précise-t-il. Le scénographe met en lumière ses forces psychiques souterraines qui agissent sur la scène lyriques : “l’opéra met à jour la machine infernale qui transforme les vies en destin.”

 

 

 

Le Trouvère (Il Trovatore) à l’Opéra de Lille
Drame en 4 actes de Giuseppe Verdi (1813-1901),
livret de Salvatore Cammarano.
Créé au Teatro Apollo, Rome, le 19 janvier 1853

 

 

9 représentationsboutonreservation
Jeu 14, mer 20, mar 26, ven 29 janvier 2016, lun 1er et jeu 4* fév 2016 à 20h
dim 17 janvier* à 16h, sa 23 janvier**, sa 6 fév** à 18h

Durée : 2h40 avec entracte
Nouvelle production

Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
Mise en scène : Richard Brunel

Le Comte de Luna : Igor Golovatenko
Leonora : Jennifer Rowley
Manrico : Sung Kyu Park * (distribution modifiée en juillet 2015)
Ferrando : Ryan Speedo Green
Inès : Evgeniya Sotnikova
Azucena : Mairam Sokolova
Ruiz : Pascal Marin

Orchestre national de Lille
Chœur de l’Opéra de Lille

Production reprise au Théâtre de Caen les 19,22 et 25 juin 2016

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