CD événement, annonce. TRANSCENDENTAL : Daniil Trifonov plays Franz Liszt (2 cd Deutsche Grammophon — Parution : le 7 octobre 2016)


trifonov daniil piano liszt transcendental liszt deutsche grammophon cd review prensentation announce review compte rendu critique CLASSIQUENEWSCD événement, annonce. TRANSCENDENTAL : Daniil Trifonov plays Franz Liszt (2 cd Deutsche Grammophon — Parution : le 7 octobre 2016)
.  OcĂ©an oĂą se perdent les interprètes trop gourmands mais dĂ©passĂ©s, oĂą les tempĂ©raments s’affirment aussi tout autant… Faisant table rase de toute virtuositĂ© gratuite, pourtant prĂ©sente dans la frĂ©nĂ©sie des premiers Ă©pisodes des Etudes d’exĂ©cution transcendante, Liszt sait aussi dĂ©construire pour organiser une nouvelle langue poĂ©tique qui Ă©lectrise par ses Ă©clairs de pure magie visionnaire et par les contrastes qui naissent par confrontation avec les gammes et arpèges vertigineuses qui se dĂ©versent aussi du clavier. DĂ©lire et extase sont au rendez vous… Il faut une technicitĂ© agile virtuose certes, surtout une vision qui dĂ©voile sous l’avalanche narrative (dramatique voire opĂ©ratique comme le souligne ici l’interprète), le sens d’une progression cohĂ©rente qui traverse le cycle et l’architecture des 12 Études Transcendantes. Leur transcendance se rĂ©alise dans ce passage tĂ©nu (Ă  partir du 8 ème Ă©pisode, notĂ© « Wilde Jag » ?), de l’artificiliatĂ© dĂ©monstrative Ă … l’abandon allusif et poĂ©tique. Liszt magicien du temps et de l’espace ouvre ainsi des mondes invisibles, que la musique par son flux souverain, rend miraculeusement perceptibles.

 

 

Daniil Trifonov aborde le Liszt échevelé, expérimental, délirant, poétique des 12 Etudes d’Exécution Transcendante S 139 de 1852.

 

trifonov daniil piano classiquenewsLe jeune pianiste russe DANIIL TRIFONOV, vedette montante de l’écurie Deutsche Grammophon, aux cĂ´tĂ©s de son confrère britannique Benjamin Grosvenor (qui aborde lui aussi Liszt et Franck dans un disque remarquablement conçu : “Homages”, Ă  paraĂ®tre aussi en septembre 2016 — annonce et critique complète Ă  venir dans nos colonnes) aborde un programme particulièrement ambitieux : Everest du clavier, tant par les dĂ©fis de pure technique que la maturitĂ© interprĂ©tative pour en organiser la vision globale… Après Rachmaninov, le Liszt du jeune Daniil Trifonov s’annonce donc passionnant.

 

 

 

« Transcendantal : Daniil Trifonov plays Franz Liszt », 1 cd Deutsche Grammophon à paraître le 7 octobre 2016 (enregistré à Berlin en septembre 2016). Compte rendu critique complet à venir sur CLASSIQUENEWS.COM, dans le mag cd dvd livres, à la date de parution du CD Liszt par Daniil Trifonov, le 7 octobre 2016.

 

 

Nouveau Trouvère à Lille

giuseppe-verdi_jpg_240x240_crop_upscale_q95Lille, OpĂ©ra. Verdi : Le Trouvère. Du 14 janvier au 6 fĂ©vrier 2016. Nouvelle production du Trouvère / Trovatore Ă  l’OpĂ©ra de Lille, dans la mise ne scène de Richard Brunel. CompliquĂ© l’histoire du Trouvère ? Rien de tel. Et mĂŞme le succès inouĂŻ de la partition dès sa crĂ©ation et aujourd’hui encore, dĂ©montre les milles sĂ©ductions d’un ouvrage hors normes. L’action plonge dans un creuset passionnel et fantastique oĂą le feu, force purificatrice et hallucinante aussi opère embrasement et rĂ©vĂ©lation. Deux frères ennemis qui ignorent leur lien de sang s’affrontent jusqu’Ă  la mort ; une soprano Ă©perdue, ivre, d’une rare intensitĂ© sensible (Leonora) s’abandonne elle aussi jusqu’Ă  mourir, et c’est essentiellement la Gitane que l’on croyait folle ou trop maternelle, qui se venge dans un dernier tableau des plus terrifiants et prĂ©cisĂ©ment glaçants… Rien de mieux pour conclure une Ĺ“uvre que l’effroi et le surnaturel.

verdi trouvere lille opera richard brunel presentation review compte rendu critique classiquenewsInspirĂ© par le texte de Salvatore Cammarano, lui-mĂŞme adaptant le roman espagnol de Antonio Garcia GutiĂ©rrez-, Verdi signe alors Ă  Rome en janvier 1853, l’un de ses opĂ©ras les plus noirs et les plus dramatiques qui fixe aussi le trio vocal dĂ©sormais classique du romantisme musical : le tĂ©nor (Manrico) et la soprano (Leonora) s’aiment d’un amour impossible qu’Ă©prouve et finalement dĂ©truit le baryton jaloux (Luna). Musicalement, Verdi, Ă  peine sorti de la composition de son excellent Rigoletto (d’après Hugo), Ă©crit un cycle de mĂ©lodies irrĂ©sistibles, caractĂ©risant chacune des situations extrĂŞmes et radicales (extase Ă©chevelĂ©e de l’amoureuse Leonora ; ballade hallucinĂ©e nocturne du Comte di Luna ; airs embrasĂ©s du Trouvère depuis la coulisse, et surtout, visions horrifiques de la Gitane Azucena dont l’air du II, puis le Miserere plongent de fait dans les profondeurs d’une vision traumatique centrale (IV)… Conçu entre Rigoletto et La Traviata, au dĂ©but des annĂ©es 1850, Le Trouvère / Il Trovatore revisite l’idĂ©e mĂŞme du grand opĂ©ra français historique avec chĹ“urs et grands airs et duos de solistes. Verdi y approfondit ce mĂ©lange des genres et ce nouveau rĂ©alisme dramatique, abordĂ© et rĂ©ussi dans Rigoletto, au souffle hugolien, mais adaptĂ© Ă  l’Ă©popĂ©e sentimentale espagnole, trouve ici une puissance expressive aux contrastes Ă©blouissants. La succession des tableaux, très finement caractĂ©risĂ©s (et prĂ©cisĂ©ment intitulĂ©s par le compositeur : le duel, la gitane, le fils de la bohĂ©mienne, enfin le supplice) saisit le spectateur du dĂ©but Ă  la fin, sans jamais le lâcher.

Le metteur en scène Richard Brunel aborde a contrario de la tradition le mythe du Trouvère… “Plus qu’une lutte entre deux hommes pour la mĂŞme femme, Le Trouvère est une lutte de deux femmes pour le mĂŞme homme”, prĂ©cise-t-il. Le scĂ©nographe met en lumière ses forces psychiques souterraines qui agissent sur la scène lyriques : “l’opĂ©ra met Ă  jour la machine infernale qui transforme les vies en destin.”

 

 

 

Le Trouvère (Il Trovatore) Ă  l’OpĂ©ra de Lille
Drame en 4 actes de Giuseppe Verdi (1813-1901),
livret de Salvatore Cammarano.
Créé au Teatro Apollo, Rome, le 19 janvier 1853

 

 

9 représentationsboutonreservation
Jeu 14, mer 20, mar 26, ven 29 janvier 2016, lun 1er et jeu 4* fév 2016 à 20h
dim 17 janvier* à 16h, sa 23 janvier**, sa 6 fév** à 18h

Durée : 2h40 avec entracte
Nouvelle production

Direction musicale : Roberto Rizzi Brignoli
Mise en scène : Richard Brunel

Le Comte de Luna : Igor Golovatenko
Leonora : Jennifer Rowley
Manrico : Sung Kyu Park * (distribution modifiée en juillet 2015)
Ferrando : Ryan Speedo Green
Inès : Evgeniya Sotnikova
Azucena : Mairam Sokolova
Ruiz : Pascal Marin

Orchestre national de Lille
Chœur de l’Opéra de Lille

Production reprise au Théâtre de Caen les 19,22 et 25 juin 2016