Marius Petipa, Noureev: Don Quichote (1981). Bastille, 2012Arte, vendredi 4 janvier 2012, 20h50

Ballet filmé

Don Quichote par Noureev

Arte, vendredi 4 janvier 2012 à 20h50

Rêve d’Espagne ou l’Espagne des rêves?


Evénement sur Arte ce 4 janvier 2012, avec la diffusion du ballet de Petipa révisé par Noureev pour l’Opéra de Paris en 1981. Le danseur masculin devenu français a lui-même dansé avec style et décontraction le rôle de Basile à 21 ans à peine en Russie. Après l’évoir adapté pour l’Opéra de Vienne, Noureev le présente à l’Opéra de Paris…

Notre rédacteur Sabino Pena Arcia était présent aux représentations de novembre à l’Opéra Bastille, voici un extrait de sa critique intégrale:

“C’est en fait la première fois que le maître met en scène des
personnages populaires, sans origines nobles ou surnaturelles. Mais il
n’y a rien d’ordinaire dans l’œuvre brillante et comique. Petipa, ayant
vécu en Espagne entre 1843-1846 en tant que Premier Danseur au Théâtre
Royal à Madrid, connaissait bien couleurs et saveurs de la musique et
des danses traditionnelles espagnoles.


Amour et humour sous les traits de Noureev

La mise en scène de Rudolf Noureev (1938-1993) et les nouveaux décors et
costumes de 2002 d’Alexandre Beliaev et d’Elena Rivkina respectivement,
vont dans le sens d’un idéalisme exotisant issu du mouvement romantique
du XIXe siècle. Dans cette quête de véracité picturale et pittoresque,
les créateurs s’inspirent des tableaux de l’Espagne de Goya et de Manet
et nous présentent une scène somptueuse mais pas baroque, d’un charme
chaleureux mais jamais brulant, avec les incontournables clichés et
lieux communs mais sublimés par leur beauté plastique et leur pertinence
contextuelle. Ainsi trouverons-nous des éventails, des castagnettes,
des matadors aux capes rouges, des gitans aux bandeaux, un parapluie qui
s’ouvre (ou pas!) et des jupes andalouses et d’autres espagnolades. Le
tout pour nous offrir une expérience spectaculaire, plein de charme, de
caractère, qui touche les sens par le flamboiement théâtral d’une
Espagne fastueuse et singulière, celle de nos rêves.

La chorégraphie est aussi pimentée des danses à l’espagnole : la jota,
la séguedille, le fandango. Dans sa révision du classique de Petipa,
Rudolf Noureev non seulement remet en valeur le rôle de Basile, il
insiste aussi sur l’aspect comique, notamment en ce qui concerne Sancho
Pança, Don Quichotte et Gamache; sur l’importance dramatique de la
virtuosité, et surtout exige du corps de ballet une présence scénique
vivace et haute en couleurs, jamais décorative.”

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