Jonas Kaufmann chante Florestan dans Fidelio

Beethoven 2020 : JONAS KAUFMANN chante FlorestanFRANCE MUSIQUE, sam 28 mars 2020, 19h45. BEETHOVEN : Fidelio avec Jonas Kaufmann (le prisonnier Florestan) et Lise Davidsen (dans le rôle-titre de Fidelio / Leonore)… Représentation enregistrée le 3 mars 2020 à Londres (Royal Opera House Covent Garden). C’était une nouvelle production lyrique très attendue avant le confinement et qui confirme l’adéquation du chant du ténor Jonas Kaufmann avec un rôle qui semble taillé pour son vérisme rauque, sobre, viscéral : celui du prisonnier Florestan, incarcéré contre toute idée de justice et de fraternité dans la prison dirigée par l’infect Pizzaro, supléé par son sbire le geôlier Rocco.

 

 

France Musique : Samedi 28 mars 2020, 20h
En différé depuis la Royal Opera House de Londres

sur FRANCE MUSIQUE
et sur France Musique.fr
Pour les 250 ans de la naissance de Beethoven

avec Jonas Kaufmann et Lise Davidsen
Enregistrée le 3 mars dernier au Covent Garden, Royal Opera House de Londres.

 

 

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kaufmann-jonas-fidelio-opera-critique-classiquenews-gstaad-menuhin-festival-jonas-kaufmann-classiquenewsJuste avant le confinement et la fermeture de toutes les salles en Europe, voici la nouvelle production attendue, « sold out » depuis plusieurs mois. Jonas Kaufmann chante Florestan, rôle qu’il a pu approfondir et ciseler même sur les plus grandes scènes (Zurich, Paris, Salzbourg et donc en mars 2020, à Londres)… À ses côtés, la soprano norvégienne Lise Davidsen (Léonore), wagnérienne et straussienne accomplie… douée d’un tempérament impétueux et métallique qui pourrait bien lui permettre demain de chanter aussi …Turandot de Puccini. A Londres, la cantatrice incarne l’amour loyal, fidèle, salvateur, celui de Leonore, qui sauve son époux Florestan.
Dans la fosse, directeur musical du Covent Garden, Antonio Pappano pilote l’orchestre et le chœur du Covent Garden

 

 

 

GSTAAD Menuhin Festival, le 14 août 2020
WIEN-VIENNE-GSTAAD-2020-festival-classiquenews-critique-concert-opera-gstaad-menuhin-festivalOpéra repris le 14 août 2020, au GSTAAD MENUHIN Festival en version de concert, JONAS KAUFMANN incarne Florestan, à ses côtés Anja Kampe (Leonore), Falk Struckmann (Pizarro), Andreas Bauer Kanabas (ROcco), Christina Landshamer (Marzelline) sous la direction de Jaap van Zweden (qui dirige l’excellent orchestre du Gstaad Menuhin Festival).. Voir ici la présentation complète sur le site du GSTAAD MENUHIN Festival 2020 (64è édition, spéciale WIEN) :
https://www.gstaadmenuhinfestival.ch/fr/programme-and-location/concerts-2020/14-08-20-opera-concertant

 

 

 

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FIDELIO de Beethoven

Ludwig-Van-BeethovenS’il a composé plusieurs musiques de scène, Beethoven s’est concentré sur un seul opéra. Fidelio demeure son unique ouvrage lyrique. Célèbre et déjà estimé comme le prophète de la musique virile et moderne, conquérante et frénétique, Ludwig en écrit 3 versions. La première en 1805 comportait 3 actes, la deuxième en 1806 n’en comportait que 2. La troisième version créée le 23 mai 1814 à Vienne, a été représentée en France, à Paris à l’Odéon en 1825. Beethoven a mis au net ce qui ne lui semblait pas totalement achevé dans les versions précédentes. D’ailleurs, il n’était pas tout à fait prêt pour la première et il a continué à l’améliorer pour les dates suivantes. Les diverses ouvertures Leonore I, II, III… fixent les avancées et modifications opérées version après version.

Fidelio c’est la victoire de l’amour loyal et de la fidélité combattive contre la tyrannie et l’arbitraire barbare, contre l’emprisonnement et la torture. L’idée est l’héritière de l’Esprit des lumières, transmis depuis Rameau (Les Boréades) et Mozart au XVIIIè. La liberté, la justice… Beethoven ajoute la fraternité et le chœur final illustre l’apothéose des hommes fraternels, libérés. Beethoven est le poète et le chantre visionnaire de l’émancipation des peuples. Il est aussi un poète de l’amour, tel qu’il se précise dans l’élan irrépressible qui porte Leonore : déguisé en Fidelio, l’épouse infiltre la prison où est captif et condamné son époux Florestan. Le début de l’acte II, avec le monologue du héros exténué, démuni, solitaire, puis son duo avec Leonore libératrice atteint un sommet du romantisme engagé et éclairé… celui de Beethoven.

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Le succès n’a fait qu’augmenter au fur et à mesure des représentations. Révolutionnaire, Beethoven transmet dans cet opéra sa passion pour la liberté, au point d’assurer aujourd’hui à l’ouvrage, la valeur et le statut d’un mythe lyrique : Fidelio est devenu avec le temps, l’opéra de la liberté contre toutes les formes d’oppression et de pouvoir tyrannique. Comme l’hymne à la joie de Schiller, sublimé dans le finale de la 9è symphonie est le manifeste pour l’avènement de la société fraternelle, un idéal supérieur toujours utopique.
Epouse admirable et d’un courage immense, Leonore incarne l’amour et la force. C’est la paix armée, prête à en découdre et ici, capable de changer de sexe et d’apparence, de devenir Fidelio pour libérer de sa prison son époux incarcéré, Florestan. Elle doit vaincre la barbarie des géoliers dont surtout l’infect Pizzaro, aidé de Rocco…
Temps forts de l’action : le monologue tragique de Forestan dans l’obscurité de sa cellule (début du II), le duo d’amour entre Leonore / Fidelio et Florestan ensuite… le chœur de la liberté entonné par le peuple à la fin du drame.
Fin heureuse, les deux époux séparés se retrouvent et le prisonnier est libéré quand paraît le ministre Don Fernando, image du politique vertueux, inspiré par l’esprit des lumières. Du reste tout le final est porté par une irrépressible jubilation, victorieuse et lumineuse.

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