COMPTE RENDU critique, opéra. SANXAY, le 14 août 2019.VERDI : Aida. Elena Guseva, Irakli Kakhidze, Olesya Petrova, Vitaly Bilyy, In-Sung Sim. Valerio Galli, direction musicale. Jean-Christophe Mast, mise en scène

LIEGE. Jérusalem de Giuseppe Verdi Compte-rendu critique, opéra. Sanxay. Théâtre gallo-romain, le 14 août 2019. Giuseppe Verdi : Aida. Elena Guseva, Irakli Kakhidze, Olesya Petrova, Vitaly Bilyy, In-Sung Sim. Valerio Galli, direction musicale. Jean-Christophe Mast, mise en scène – Vingt ans déjà que, dans un coin de France dépourvu de théâtre lyrique, les Soirées Lyriques de Sanxay proposent chaque été une Å“uvre du grand répertoire dans les ruines du Théâtre Antique, lieu magique à l’acoustique bluffante.
Vingt ans que Christophe Blugeon soigne amoureusement chaque édition et parvient, grâce à sa passion et son enthousiasme communicatif, à faire venir à lui des chanteurs a priori inaccessibles, réunissant ainsi des distributions dignes des plus grandes scènes internationales. Là aussi, on se dit que la magie n’est pas étrangère à ce petit miracle renouvelé chaque année. Par notre envoyé spécial Narcisso Fiordaliso.

 

 

VERDI à SANXAY
Les larmes d’Aida

 

 

Afin de fêter dignement ce 20ème anniversaire, le choix s’est porté sur l’un des titres de Verdi les plus chers au coeur du public poitevin : Aida. Scénographie impressionnante, plateau de premier ordre, direction musicale au cordeau, tous les éléments ont été réunis pour une soirée d’exception.
sanxay opera ete critique concert classiquenews opera critique classiquenews festival sanxayLe metteur en scène Jean-Chiristophe Mast a imaginé des décors simples mais très évocateurs, convoquant parfois même un brin de magie, notamment lorsque Radamès, proclamé chef des armées, plonge ses mains dans deux immenses jarres, dont elles ressortent couvertes d’or. On se souviendra en outre longtemps de cette immense colonne centrale qui pivote lors du second tableau de l’acte I pour révéler une immense statue du dieu Ptah, invoqué souvent au cours de l’ouvrage.
Un soin particulier a été apporté aux costumes, traditionnels et superbes jusque dans les plus petits détails. La direction d’acteurs est à l’avenant : simple mais juste, et parfaitement lisible, en fait idéale pour un public qui (re)découvre l’oeuvre.

 

 

aida sanxay

 

 

Preuve supplémentaire de l’attention dont la distribution a bénéficié, la qualité des seconds rôles. Grande Prêtresse inoubliable, tant par son chant que par le costume extraordinaire qu’elle revêt et qui lui confère une importance peu courante, Sophie Marin-Degor marque les esprits et les oreilles. Emotion encore en réentendant Luca Lombardo, qui se fait plus rare sur nos scènes et qui fut parmi les premiers à prêter son secours au festival lors de sa création, dans le court rôle du Messager où, en quelques phrases, il peut encore faire valoir son timbre si personnel et reconnaissable entre tous.
Aux côtés du Roi imposant de Nika Guliashvili, la basse coréenne Im-Sung In prête son beau timbre et son autorité à la prestance de Ramfis. Mordant mais capable de nuances insidieuses, Vitaly Bilyy croque un Amonasro plein de morgue et de haine, tandis que la solidité et la vaillance du ténor géorgien Irakli Kakhidze fait merveille dans Radames.
Aussi opposées que complémentaires, les deux femmes s’affrontent avec éclat : à l’ampleur généreuse et au grave inflexible de l’Amneris tellurique d’Olesya Petrova répondent la douceur et le velours de l’Aida tendre d’Elena Guseva.
A la tête d’un chœur très investi et d’un orchestre chauffé à blanc, le chef italien Valerio Galli dompte avec brio les difficultés du plein air et propose une direction pleine de nuances, au service des chanteurs.

 

 

www.tavan.photo

 

 
INTERRUPTION…
On aurait aimé pouvoir rendre compte de la fin de l’œuvre, notamment la mort des amants dont la scénographie promettait beaucoup. Hélas, les cieux, dont la colère était annoncée pour une heure du matin, se sont déchaînés avant la fin de l’acte III, forçant la représentation à s’arrêter là. Une première pour les Soirées Lyriques de Sanxay en vingt ans, dont on espère qu’elle sera aussi la dernière pour les vingt ans à venir. On espère maintenant Lucia di Lammermoor ou les Contes d’Hoffmann, deux ouvrages qui se prêteraient à merveille au charme étrange et envoûtant des lieux.

  

 
 

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COMPTE-RENDU, critique, opéra. Sanxay. Théâtre gallo-romain, 14 août 2019. Giuseppe Verdi : Aida. Livret d’Antonio Ghislanzoni. Avec Aida : Elena Guseva ; Radames : Irakli Kakhidze ; Amneris : Olesya Petrova ; Amonasaro : Vitaly Bilyy ; Ramfis : In-Sung Sim ; Le Roi : Nika Guliashvili ; La Grande Prêtresse : Sophie Marin-Degor ; Le Messager : Luca Lombardo. Choeur des Soirées Lyriques de Sanxay ; Chef de choeur : Stefano Visconti. Orchestre des Soirées Lyriques de Sanxay. Direction musicale : Valerio Galli. Mise en scène : Jean-Christophe Mast ; Scénographie : Jérôme Bourdin ; Lumières : Pascal Noël ; Chorégraphie : Laurence Fanon / photos : AIDA / Sanxay 2019 © David Tavan.

CD, compte rendu critique. Verdi : Aida. Jonas Kaufmann, Pappano (3 cd Warner classics, 2015)

aida-warner-papanno-362x362CD, compte rendu critique. Verdi : Aida. Jonas Kaufmann, Pappano. 3 cd Warner classics. Après un sublime récital monographique dédié à Verdi, (Verdi Album , 2013) puis Puccini, (Récital discographique “Nessun Dorma”, également enregistré avec Antonio Pappano) le plus grand ténor du monde actuel, capable d’être fin diseur dans sa langue native chez Wagner, Schubert, cultivant avec une égale finesse d’intonation et la puissance et l’intelligence nuancée du texte, signe ici une nouvelle incarnation qui en fait manifestement un superbe verdien (comme d’ailleurs les actuels engagements de la super soprano Anna Netrebko, elle aussi, preuve à l’appui : Leonora, Lady Macbeth et bientôt Giovanna-, : passionnément verdienne. La force de Kaufmann, c’est son intelligence dramatique qui sur les pas de ses grands ainés disparus (Vickers) ou vivant (mais devenu baryton : Placido Domingo auquel le munichois ressemble d’ailleurs physiquement de plus en plus), réalise l’inconciliable, éblouir chez Wagner comme chez Verdi ; son Radamès fait toute la valeur de cette nouvelle intégrale Aida, une version luxueuse réalisée avec soin en studio (ce qui nous change des live devenus standards actuels aux résultats évidemment irréguliers), accomplissement discographique auquel le chef Pappano apporte aussi un même souci d’intériorité et de sincérité surtout dans les deux derniers actes III et IV, où le souffle crépusculaire qui dessine progressivement le sépulcre terrifiant fantastique qui va bientôt ensevelir les amants maudits et condamnés, s’affirme avec une subtilité orchestrale et poétique, évidente. Du bel ouvrage (à part quelques écarts superfétatoires voire grandiloquents de la baguette, certes bien trop infimes pour compter) qui renouvelle ici notre perception d’Aida : à l’appui de son formidable soliste Kaufmann,  Antonio Pappano nous lègue un opéra intimiste, construit en un huit clos haletant plutôt qu’en une fresque collective continûment hollywoodienne, ou équilibre entre les deux dimensions rétablies dans leur juste dimension. Si l’on trouve sa direction parfois épaisse et grandiloquente (le final du III justement, un peu trop pétaradant justement), le chef, superstar du Royal Opera house de Covent Garden, sait être homme de théâtre passionné de psychologie théâtrale. Comme on le verra la ciselure que permet le studio (plutôt qu’un live en salle de concert) réalise une immersion intimiste manifestement réussie.

 

 

 

Aida psychologique et nocturne

instrumentalement fouillée par Pappano où jaillit le gemme étincelant, noir, incandescent du Radamès de Kaufmann

 

anja harteros aida review critique cmpte rendu classiquenews Aida_Warner_Classics_Antonio_Pappano_Anja_Harteros_Jonas_Kaufmann_Ekaterina_Semenchuk_Ludovic_Te_zier_Erwin_Schrott_Et d’abord que vaut ici Aida ? Son “Qui Radamès verra…” (au III) souligne chez Anja Harteros (partenaire familière du ténor, dans un Lohengrin déjà enregistré à Salzbourg entre autres) la couleur dernière des deux chanteurs, désormais abîmés dans le renoncement funèbre, l’oubli, le détachement. Le studio permet des équilibres ténus dans le format et la balance globale : ainsi ici comme c’est le cas de nombreux airs, le travail de ciselure sur le rapport voix et orchestre, plutôt timbre et instruments y gagne un relief et une intensité décuplés qui s’avèrent, au service de la juste intonation des solistes, totalement superlatifs. Ce Verdi peintre subtil et intérieur surgit de nouvelle façon, évoquant plus Wagner que tous ses contemporains italiens, plus inspirés par la performance et le bruit plutôt que la couleur et le caractère psychologique de chaque situation. Le réalisme âpre, noir spécifiquement verdien qui s’impose à partir de Rigoletto, s’affirme de façon éloquente dans une conception introspective.

La prière d’une Aida détruite, défaite mais digne qui pleure à jamais son lien à sa patrie s’y révèle troublante, noire, d’une épure lacrymale, très investie et humainement juste et sincère : d’autant que le chef sait détailler et ciseler la caresse si vaine mais si tendre des instruments complices (“Patria mia, mai piu, ti revedro…”, avec hautbois et flûtes en halo spiritualisé / éthéré). Sans avoir l’angélisme étincelant d’une Tebaldi, Anja Harteros – timbre lisse d’un velours voilé (aigus feutrés) mais très articulé-, peut face au micro, ciseler son texte et affiner sa propre conception du rôle d’Aida avec une finesse qui fusionne avec celle de son partenaire amoureux, Radamès. La légèreté d’une Adelina Patti, belcantiste bellinienne que souhaitait Verdi pour le rôle, est bien loin ici, mais reconnaissons que malgré son grain vocal, sa nature charnelle et mûre, Harteros offre une belle leçon incarnée.

verdi pappano jonas kaufmann aida 3 cd warner classicsEvidemment, l’argument majeur du coffret reste Jonas Kaufmann. Le grand duo entre les deux (Radamès / Aida) qui marque ce basculement dans l’intime et le tragique amoureux au centre du III, reste un sommet de finesse poétique, défendu par un orchestre nuancé, deux diseurs absolus, jamais en puissance, toujours proches de l’intention et des enjeux profonds du texte. Intensité, justesse prosodique, feu progressif, extérieur conquérant du général victorieux, puis de plus embrasé, intérieur à mesure qu’il décide de tout sacrifier à son amour pour Aida, le ténor maîtrise toutes les colorations de sa voix féline et sombre qui en fait le ténor le plus crépusculaire et romantique de l’heure (et d’ailleurs finira-t-il comme son mentor, Domingo… en baryton ? Tout le laisse penser). Sa figure qui paraît au IV devant Amnéris qui l’a dénoncé et condamné, indique une âme désespérée qui a renoncé à tout, car il pense qu’Aida est morte… Puis le fin tissage vocal opéré dans le dernier tableau du IV, au tombeau, façonne un chant transfiguré et simple qui touche directement. Ici, s’affirme la détermination victorieuse d’un amant qui se croyant seul et condamné, retrouve au moment d’expirer, le seul objet de son amour.

tezier ludovic amonasro verdi aida critique classiquenewsLa noblesse naturelle du français Ludovic Tézier apporte au rôle d’Amonasro, père d’Aida, un profil félin et carnassier d’une distinction articulée, elle aussi de très grande classe : leur duo attendri et éperdu, – accent emblématique de la tendresse verdienne père / fille tant de fois incarnée dans son théâtre  – au III, qui de duo s’achève sur le trio avec Radamès-, y est magnifiquement rythmé, articulé, exprimé par Pappano, très intimiste et d’un geste amoureux pour les effusions sincères de chaque situation. Le père combine un amour véritable pour sa fille et aussi la nécessité de l’utiliser pour assurer la victoire des éthiopiens contre les égyptiens. Sentiment, devoir, sincérité et stratégie, les termes inconciliables sont réunis pourtant par un Tézier, fin, allusif, princier (ou plutôt royal, personnage oblige), mordant.

Saluons l’absolue réussite expressive du IV : la solitude désarroi qui éprouve l’égyptienne malheureuse Amnéris, elle aussi proie tiraillée entre devoir et sentiment, la grande équation d’Aida selon Verdi : l’alto Ekaterina Semenchuk a de réelles moyens qui comparés cependant à ses partenaires, paraît souvent moins nuancés et précis : défaillance dans l’articulation de l’italien qui l’empêche définitivement de colorer avec une vraie subtilité chaque accent de son texte. C’est la moins diseuse de tous.
C’est pourtant à travers ses yeux que toute l’action de l’acte IV – principe génial- s’accomplit, dévoilant alors dans l’assassinat calculé des deux amants, l’amertume d’un cÅ“ur témoin et coupable, lui aussi rongé, dévoré, embrasé par la jalouse impuissance, une haine qui cependant bascule en une compassion finale des plus bouleversantes. La clarinette grave qui accompagne alors une Amnéris foudroyée par une situation qui la dépasse, rappelle évidemment une autre figure noire et jalouse, haineuse d’abord, frappée ensuite par une nouvelle conscience faite pardon, bascule spectaculaire : Vitellia la méchante dans La Clémence de Titus de Mozart, qui est soudainement saisie par la conscience de sa noirceur inhumaine : l’opéra nous offre des situations exceptionnelles : Verdi rejoint ici Mozart. De toute évidence, Pappano explore cette similitude avec une justesse sobre et précise.
Même couleur sombre et humaine pour l’excellent Ramfis d’Erwin Schrott lorsque Pharaon demande / exhorte à Radamès d’avouer sa trahison et de se repentir… (IV).

Expliciter le feu intérieur. Dans ce travail sur la pâte sonore, sur le relief intérieur de chaque situation dont l’atténuation très fine et précise permet la juste projection du texte, l’orchestre Santa Cecilia gagne un prestige inédit. Sous la conduite de Pappano, les instrumentistes ne semble être soucieux que d’une chose : l’explicitation de feu intérieur consummant chaque personnage : Radamès sacrifiant sa gloire, son loyauté à Pharaon, son devoir, sa carrière pour servir son seul amour pour Aida ; Aida l’esclave éthiopienne au service de l’Egyptienne malheureuse Amnéris, sacrifiant elle aussi son père, sa patrie pour cet amour maudit mais véritable ; Amnéris, princesse impuissante, amoureuse vaine du général Radamès … L’expression des individualités, ardentes, souffrantes, éperdues s’affirme dans un style sobre, d’une clarté dramatique que le chef préserve absolument, veillant constamment à l’avancée de l’action tragique malgré la succession des tableaux. L’incise tragique exprimée par l’orchestre souligne la pureté expressive et très complémentaire des trois protagonistes : le trio Amnéris, Aida, Radamès au delà de leur divergence, rassemble en définitive trois figures égales par leur souffrance, leur humanité, leur impuissance face à un destin irrévocable. La fin de l’opéra, huit-clos étouffant délimité par le caveau où les deux amants meurent emmurés vivants, donne en définitive la clé d’un opéra que beaucoup de chefs dénaturent en l’inscrivant dans un peplum hollywoodien (de surcroît jusqu’à la fin) : ce chambrisme irrésistible que défend Pappano et ses solistes (surtout donc Kaufmann et Harteros) rétablit le réalisme nouvelle vague d’un Verdi révolutionnaire à l’opéra : où a-t-on écouté avec une telle clarté, la volonté de vérité théâtrale, d’articulation textuelle souhaitée par le compositeur ? Même perfectible, la version s’impose, aboutie et esthétiquement juste. C’est donc un CLIC de classiquenews en novembre 2015.

CLIC_macaron_2014Giuseppe Verdi (1813-1901) : Aïda. Anja Harteros (Aïda), Jonas Kaufmann (Radamès), Ekaterina Semenchuk (Amnéris), Ludovic Tézier (Amonasro), Erwin Schrott (Ramfis), Marco Spotti (Il Re), Paolo Fanale (Messaggero), Eleonora Buratto (Sacerdotessa). Chœur et orchestre de l’Accademia Nazionale Di Santa Cecilia (chef des chœurs : Ciro Vesco). Antonio Pappano, direction. Enregistrement réalisé à Rome, Sala Santa Cecilia, Auditorium Parco della Musica, en février 2015. 3 cd Warner Music, référence 082564 610 663 9 /  8 25646 10663 9. Livret notice en anglais, allemand, français. Durée : 2 h 25mn.

CD, à paraître : Nouvelle AIDA de Verdi avec Jonas Kaufmann en Radamès chez Warner classics (octobre 2015)

jonas kaufmann aida verdi AIDA COVERCD, à paraître : Nouvelle AIDA de Verdi avec Jonas Kaufmann en Radamès chez Warner classics… Les nouvelle productions lyrique au disque sont rares. depuis des années, ce sont non plus des enregistrements studio qui se sont perpétués mais plutôt des live habilement saisis sur le vif au hasard des opportunités. Après une TURANDOT impressionnante de vitalité et de sensibilité signée Zubin Mehta (surprise de l’été 2015 (révélant entre autres le baryton mexicain German Olvera dans le rôle de Pang), voici une production qui fait suite  à l’intégrale Tristan une Isolde réalisé par Emi en 2005 : confirmant les ambitions verdiennes du plus grand ténor actuel, le munichois Jonas Kaufmann, Warner classics annonce donc début octobre 2015, une somptueuse AIDA de Verdi avec dans le rôle du général victorieux et couvert de l’or de Pharaon mais en fin de drame, saisi par l’amour de la belle esclave éthiopienne Aida, Jonas Kaufmann.

Jonas Kaufmann au sommet !Le ténor nous avait stupéfait dans un récital totalement dédié à la lyre verdienne, intitulé sobrement solennellement ” the VERDI album” (2013) : un récital inoubliable par sa justesse expressive, sa franchise, sa sincérité (dont un Otello anthologique sur les traces de Jon Vickers). Un cas unique où le ténor aux graves harmoniques, au médium charnu, à l’élocution âpre et précise, percutante et métallique emboîte le pas à un certain…. Placido Domingo. Jonas Kaufmann devrait y renouveler le succès de son novel album Sony : Nessun forma dédié aux héros pucciniens… (critique à venir sur classiquenews).

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L’enregistrement studio a débuté en février 2015 : aux côtés du ténor allemand, Anja Harteros (Aida), Ekaterina Semchuk (Amneris), Ludovic Tézier (Amonasro), Erwin Schrott (Ramfis)… complètent la distribution réunie autour d’Antonio Pappano qui pilote le chÅ“ur et l’orchestre dell’Accademia di Santa Cecilia. Aida de Verdi, 3 cd Warner classics. Parution annoncée le 2 octobre 2015, prochain compte rendu développé dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

 

Nouvelle Aida à Pékin

pekin-opera-paul-andreu-520Pékin, Opéra. Aida de Verdi : 24 janvier > 1er février 2015. Zubin Mehta dirige la production mise en scène par Francesco Micheli et Ezio Frigerio créée à Sydney. Avec Fiorenza Cedolins / Hui He dans le rôle titre. La tragédie verdienne sous le dôme chinois imaginé par l’architecte Paul Andreu… une occasion rêvée pour visiter la capitale chinoise lors d’un séjour lyrique et touristique. L’esclave éthiopienne Aida est faite prisonnière à la Cour de Pharaon, intégrée de force dans la suite de la princesse égyptienne Amnéris (somptueux emploi d’alto) : les deux femmes sont rivales, elles aiment le même homme, le général Radamès, bras armé de Pharaon… ici, l’amour est plus fort que tout et les deux amants que tout sépare et oppose, se retrouvent finalement pour l’éternité dans le tombeau où ils sont enterrés vivants en un épisode final spectaculaire (frappant a contrario du déploiement précédent par son chambrisme psychologique). Grandeur et irréductibilité de deux cÅ“urs ardents embrasés par le pur amour. L’opéra de Verdi écrit pour l’inauguration de l’Opéra du Caire et le creusement du Canal de Suez a conservé sa violence expressive, entre tableaux collectifs et portraits individuels. La force de Verdi : réussir un huit clos amoureux (trio Amnéris, Aida, Radamès) comme le déploiement des scènes de foules historiques annonciatrice des films hollywoodiens (le défilé des armées de Pharaon avec en vainqueur le général Radamès au I)… Un sommet dans le catalogue de Giuseppe Verdi.

 

 

 

pekin-opera-china-national-centre-for-the-performanig-arts-582-420Aida de Verdi à l’Opéra de Pékin
China national Centre for the performing Arts (CHNCPA)
www. chncpa.org
Les 24,25,26,28,31 janvier puis 1er février 2015

 

 

 

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En 2015, l’Opéra de Pékin affiche 3 productions de Verdi : après Aida en janvier/février, viendront Il Trovatore (Daniel Oren , direction), les 26,28,29 juillet, puis Simon Boccanegra (Myun Whun Chung avec Placido Domingo dans le rôle-titre : les 20,21,22,23 août 2015). Il ne faut pas non plus manquer le trop rare Samson et Dalila de Saint-Saëns sous la baguette de Jean-Yves Ossonce, directeur de l’Opéra de Tours et grand défenseur de l’opéra français…(coproduction Teatro Regio de Turin et Mai musical Florentin : les 9,10,11,12 et 13 septembre 2015).

Aida au Stade de France (2010)

france2-logo_2013Télé. France2. Aida de Verdi au Stade de France, jeudi 8 mai 2014,00h30. Peplum aux armées de figurants sur des praticables immenses qui semblent flotter sur une mer colorée, tableaux collectifs méticuleusement agencés restituant la grandeur antique de l’Egypte du Nouvel Empire… voici Aida dans la démesure du Stade de France (octobre 2010), une scène qui a contrario des salles classiques frappe par sa colossale amplitude qu’il faut occuper et « meubler » (9000m2). Ici prime l’élégance et le raffinement des costumes et des effets de masse (un esthétisme finalement assez mesuré signé du metteur envscène habitué des Chorégies d’Orange, Charles Roubaud). Côté vocal, l’Aida d’Adina Aaron, beau timbre avant de passer les aigus fatigués et un vibrato envahissant ; le Radamès de Dimitri Paksoglou reste honnête et parfois subtil (surprise de la production) ; l’Orchestre de Montpellier est un efficace tâcheron plus brutal que ciselé, sous la baguette parfois (trop rarement) inspirée d’Alexander Vakoulsky (nombreux décalages cependant, inévitables et une moyenne de décibels trop élevée elle aussi, immensité impressionnante du plateau  oblige ?). Seule la beauté des tableaux collectifs frappe l’esprit. Du point de vue visuel, le spectacle est total. Au regard du nombre de spectateurs présents, l’opéra y gagne évidemment de nouveaux adeptes, et c’est tant mieux. L’esclave éthiopienne Aida est faite prisonnière à la Cour de Pharaon, intégrée de force dans la suite de la princesse égyptienne Amnéris (somptueux emploi d’alto) : les deux femmes sont rivales, elles aiment le même homme, le général Radamès, bras armé de Pharaon… ici, l’amour est plus fort que tout et les deux amants que tout sépare et oppose, se retrouvent finalement pour l’éternité dans le tombeau où ils sont enterrés vivants en un épisode final spectaculaire (frappant a contrario du déploiement précédent par son chambrisme psychologique). Grandeur et irréductibilité de deux cÅ“urs ardents embrasés par le pur amour. L’opéra de Verdi écrit pour l’inauguration de l’Opéra du Caire et le creusement du Canal de Suez a conservé sa violence expressive, entre tableaux collectifs et portraits individuels. Un sommet dans le catalogue de Giuseppe Verdi.

Télé. France2. Aida de Verdi au Stade de France, jeudi 8 mai 2014,00h30

Compte rendu, opéra. Liège. Opéra Royal de Wallonie, le 1er et 2 avril 2014. Giuseppe Verdi : Aida. Isabekke Kabatu / Kristin Lewis, Rudy Park / Massimiliano Pisapia, Anna-Maria Chiuri / Nino Surguladze, Carlos Almaguer / Mark Rucker. Paolo Arrivabeni, direction musicale. Ivo Guerra, mise en scène

Depuis 2006, l’Opéra Royal de Wallonie n’avait plus monté l’Aida de Giuseppe Verdi, c’est chose faite, la scène liégeoise s’offrant même le luxe d’une double distribution, une gageure à notre époque. La mise en scène d’Ivo Guerra, importée de Bordeaux et réalisée ici par Johannes Haider, se révèle plaisante dans son imagerie égyptienne évitant toute surcharge, pharaonique sans lourdeur, ménageant de beaux moments d’intimité. Comme le dit lui-même le scénographe « je fais face pour la première fois à un mythe du théâtre avec respect et révérence : je n’ose toucher à ce qui a été écrit. Je peux seulement le lire, le repenser, l’imaginer avec ma sensibilité ».

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Gloria all’Egitto

Ce qui nous vaut ainsi des tableaux certes conventionnels et fidèles à une certaine tradition, mais qui jamais ne viennent empêcher l’écoulement du flot musical. Une direction d’acteurs plus resserrée aurait néanmoins été la bienvenue, le soin de faire vivre le drame étant laissé aux seules voix.

Le premier soir, à tout seigneur, tout honneur : on retrouve avec un grand plaisir le ténor coréen Rudy Park après son inoubliable Calaf nancéen. L’écriture redoutable de Radames ne paraît lui poser aucun problème, et il déploie à volonté son instrument large et puissant, aussi tellurique que sa personne. Il soulève ainsi à bout de bras une voix au médium presque barytonal, paraissant monter vers les hauteurs avec la même vaillance, ce qui nous vaut des aigus électrisants, longuement tenus, d’un impact irrésistible. Il va jusqu’à surprendre dans la scène ultime, osant des piani dont on ne l’aurait jamais cru capable. Scéniquement, il se pose sur le plateau tel Osiris en personne, souvent monolithique par sa stature de géant, mais tant d’arrogance vocale est à ce prix.

A ses côtés, l’Amneris d’Anna Maria Chiuri se lance avec courage dans la bataille, gagnant en force durant la représentation, pour finir par rendre justice à la vocalité du personnage, aigus dardés et graves autoritaires.

Face à eux, Isabelle Kabatu, visiblement décidée à oser désormais les rôles les plus larges – le programme de salle évoque la Gioconda, Abigaille et Brünnhilde –, paraît se mesurer à plus fort qu’elle, la tessiture demandée par le rôle-titre excédant ses possibilités. Le registre grave apparaît confidentiel, l’aigu forte, souvent poussé et perdant toute souplesse, bouge sous l’effort, tandis que l’émission sonne souvent tubée et artificiellement grossie, rendant le texte difficilement compréhensible. Quelques aigus piano bien négociés rappellent la véritable nature vocale de la soprano belge, et on regrette qu’une voix aussi intéressante se lance dans pareils défis, quitte à en pâtir.

Avec Amonasro, Carlos Almaguer retrouve un de ses emplois de prédilection, et c’est un bonheur d’entendre ainsi une voix de baryton Verdi sainement émise, ronde autant que claire et bien timbrée, se déployant aisément dans la salle. L’interprète connait pleinement son personnage et se révèle convainquant de bout en bout.

Bon Ramfis de Luciano Montanaro, à l’aigu toutefois parfois retenu, et le Roi bien chantant mais trop peu imposant de Roger Joakim.

Le lendemain, on découvre avec curiosité l’Aida de la soprano américaine Kristin Lewis dont la renommée ne cesse de grandir, notamment dans ce rôle précis. Sa plastique irréprochable et sa peau couleur d’ébène conviennent admirablement au personnage, et l’interprète s’engage pleinement dans le drame, mais vocalement le bilan demeure plus mitigé, laissant comme une impression d’inachevé : si le timbre se révèle d’une belle teinte moirée et les moyens idéaux pour le rôle-titre, grâce notamment à un grave chaud et sonore, la conduite du chant apparait souvent irrégulière, certains sons mal contrôlés et mal soutenus alternant avec des sonorités somptueuses, comme si le geste vocal variait d’une voyelle à l’autre. En début de représentation, de nombreuses attaques en soufflet viennent gâcher la ligne de chant, produisant des notes poussées et stridentes. Mais la chanteuse se rachète grâce à un « O patria mia » de grande école, comme si l’écriture vocale lentement déroulée par Verdi dans cet air lui permettait d’enfin assouplir son instrument, laissant la voix monter toute seule, ce qui nous vaut une superbe messa di voce suivi d’un bel aigu piano à la fin du morceau. Une artiste à suivre, mais qui devrait encore polir sa technique vers davantage de détente et encore moins d’efforts, travail nécessaire au vu de la célébrité qui s’ouvre à elle, car la beauté du matériau vocal en vaut la peine.

En Radames, Massimiliano Pisapia affronte crânement les difficultés qui parsèment sa partition, mais malgré un aigu puissant – bien qu’étrangement émis, plus volumineux que rayonnant –, sa voix manque de largeur dans le médium pour rendre justice à la vocalité du général égyptien.

Face à lui, Nino Schurguladze ne fait qu’une bouchée de la partie d’Amnéris, affichant les mêmes particularités vocales que sa consœur de la veille : un médium assez opaque, au vibrato audiblement marqué – signalant une fatigue de l’instrument –, mais un aigu percutant et insolant ainsi qu’un grave sonore et généreux, poitriné assez haut mais sans appui excessif. La mezzo géorgienne affiche en outre un tempérament flamboyant et on croit sans réserve à sa fille de Pharaon naviguant sans cesse entre amour et haine.

On salue également l’Amonasro ample et venimeux de Mark Rucker, le baryton américain semblant lui aussi ne faire qu’un avec son rôle, tant l’identification vocale autant que scénique apparaît grande.

Ainsi que les seconds rôles, tous efficaces, les chœurs du théâtre effectuent un excellent travail musical, triomphants autant que nuancés.

Pour sa première Aida, Paolo Arrivabeni, directeur musical de la maison, a parfaitement saisi les enjeux de cette partition et sait en éclairer les différentes facettes. Sa direction, jamais tonitruante, mesurée et attentive aux chanteurs, permet aux musiciens de l’orchestre de se montrer sous leur meilleur jour, et sert l’ouvrage avec les honneurs.

Liège. Opéra Royal de Wallonie, 1er et 2 avril 2014. Giuseppe Verdi : Aida. Livret d’Antonio Ghislanzoni d’après Auguste Mariette et Camille Du Locle. Avec Aida : Isabelle Kabatu / Kristin Lewis ; Radames : Rudy Park / Massimiliano Pisapia ; Amneris : Anna-Maria Chiuri / Nino Surguladze ; Amonasro : Carlos Almaguer / Mark Rucker ; Ramfis : Luciano Montanaro ; Le Roi : Roger Joakim ; La Grande-Prêtresse : Laura Balidemaj / Chantal Glaude ; Un Messager : Marcel Arpots / Giovanni Iovino. Chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie ; Chef de chœur : Marcel Seminara. Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie. Direction musicale : Paolo Arrivabeni. Mise en scène : Ivo Guerra ; Réalisée par : Johannes Haider ; Décors : Giulio Achilli ; Costumes : Bruno Fatalot ; Lumières : Michel Theuil

Aida de Verdi depuis l’Opéra royal de Wallonie

ORW_liege_logo_tete_201_fond_violetLive web depuis l’ORW Liège. Verdi : Aida, le 2 avril, 20h. En pleine Egypte pharaonique, l’amour de Radamès, général égyptien, et d’Aida, esclave nubienne, est menacé par la guerre que vont se livrer les deux pays. Mais un autre danger les guette : Amneris, fille du roi d’Egypte, est éprise de Radames et voit en Aida une rivale. La victoire des troupes égyptiennes est totale. En guise de récompense, le roi offre sa fille à Radamès. Par amour, le héros guerrier victorieux adoré par le pharaon lors de la fameuse scène du défilé de la victoire -tableau collectif qui revisite le grand opéra à la française-, trahit les siens, le peuple qui l’adule, Pharaon qui lui a remis l’or des dieux … Condamnés à être ensevelis vivants, cependant que la fille de Pharaon Amnéris observe impuissante à l’accomplissement de cet amour fatal qu’elle n’a pu infléchir, Radamès et Aida incarnent jusqu’à la mort, la souveraineté d’un amour qui dépasse les conflits et le destin des individus qui en sont traversés. La force de l’opéra égyptien de Verdi demeure son réalisme archéologique (l’égyptologue Mariette a collaboré au livret pour la vraisemblance de l’action sur scène, jusqu’à la justesse de certaines sonorités purement égyptiennes…), mais aussi son intimisme. En faisant d’Aida, un opéra surtout psychologique à la façon d’un huit clos qui se joue à 3 personnages : Radamès pris entre les sentiments d’Amnéris et d’Aida, la princesse et son esclave captive, Verdi a réussi un authentique chef d’œuvre lyrique, évitant le superficiel et le creux qu’un prétexte historique aurait pu causé…  Livret Antonio Ghislanzoni.

 

 

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ORW_liege_logo_tete_201_fond_violetAida de Verdi, Direct live le 2 avril 2014
Paolo Arrivabeni, direction
Ivo Guerra, mise en scène
Barbara Frittoli, Isabelle Kabatu, Stuart Neill, Rudy Park, Nino Surguladze, Anna Maria Chiuri, Mark Rucker …
9 dates.  A l’affiche du 25 mars au 4 avril 2014

 

Aida de Verdi à L’Opéra royal de Wallonie

Giuseppe VerdiLiège, ORW. Aida de Verdi. 25 mars > 11 avril 2014. C’est assurément l’un des opéras les plus joués au monde, tant par la qualité de sa musique que sa dramaturgie alliant avec équilibre et finesse huit-clos psychologique (trio amoureux tragique : Radamès, Aida, Amnéris) et grande scène collective dont la marche victorieuse et le défilé devant Pharaon restent de claironnants manifestes (trompettes à l’appui). L’attrait d’Aida aujourd’hui tient essentiellement au réalisme sentimental dont Verdi est capable ; on pensait écouter et voir un peplum, Aida exprime surtout une ardente passion amoureuse : la liaison impossible entre l’esclave éthiopienne Aida et le général égyptien Radamès, l’un et l’autre appartenant à deux clans opposés-, y est minutieusement dépeinte à travers une lente course à l’abime : unis au I, dénoncés au II, condamnés et ensevelis vivants au III. A mesure que leur destin croisé s’enfonce dans l’absolu de la solitude et de la mort, Amnéris la propre fille de Pharaon et la rivale malheureuse d’Aida, rugit, intrigue puis implore : son impuissance est à la mesure de l’amour des deux amants magnifiques. L’opéra est l’œuvre d’un compositeur parvenu au faîte de sa gloire planétaire : il est adulé avec le même enthousiasme à Milan, Paris, Saint-Pétersbourg et donc au Caire. Pour inaugurer le Canal de Suez et l’opéra du Caire en 1869, Verdi reçoit donc commande de l’Etat égyptien d’un nouvel ouvrage. Aida ne sera cependant créé que deux ans après, en 1871. A l’époque de la guerre contre l’Ethiopie, l’Egypte antique ressuscite ainsi avec un scrupule archéologique (auquel a participé le scientifique égyptologue Mariette), mais ce qui touche surtout le public encore aujourd’hui c’est la passion amoureuse qui dévore et consume le couple souverain Aida et Radamès.

 

 

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Verdi : Aida
Opéra en quatre actes
Giuseppe Verdi
Livret d’Antonio Ghislanzoni d’après Auguste Mariette et Camille Du Locle. Créé au Caire, le 24 décembre 1871. Dernière représentation à Liège, novembre 2006

Aida à l’Opéra royal de Wallonie à Liège
Du 25 mars au 5 avril 2014 : 9 représentations à Liège
Le 11 avril 2014 à Charleroi – www.pba.be
ma. 25, me. 26, je. 27, ve. 28 mars & ma. 1er, me. 2, ve. 4, sa. 5 avril I 20 h – le 30 mars à 15h
> Opéra royal de Wallonie-Liège : Place de l’Opéra – BE-4000 Liège
> Infos/r̩servations : 04/221 47 22 Рwww.operaliege.be

Aida de Verdi, version Py

En direct de Bastille, dans les salles UGC : Aida de Verdi …

Les salles de cinéma du réseau UGC diffusent en direct le 14 novembre 2013 à partir de 19h30, la production spectaculaire et toute en or d’Aida de version dans la mise en scène d’Olivier Py …

verdi_aida_py_bastilleNotre avis. Après Alceste de Gluck à Garnier, le mois dernier, voici Aida de Verdi (1871), version Olivier Py : l’ouvrage servi par le metteur en scène de retour sur les planches parisiennes en moins d’un mois, n’était pas programmé depuis 45 ans à l’Opéra de Paris … un comble pour un sommet de l’opéra romantique italien. Le scénographe joue surtout sur les décors aussi somptueux que spectaculaires, tout d’or étincelant (l’or n’est-il pas dans l’Egypte antique la chair des dieux ? mais c’est la seule référence à l’Antiquité nilotique)… Exit les effets hollydiens et le kitsch néoégyptien : la vision est celle de l’époque de Verdi mais n’empêche pas pour autant une esthétique du clinquant et du colossal. Au final, la proposition n’est guère subtile et l’on cherche l’intimisme psychologique du huit clos que Verdi a su ciseler derrière la pompe archéologique. Les plus de cette nouvelle production vertement critiquée au moment de sa première : le Radamès claironnant mais fin de Marcelo Alvarez et la direction toute en nuances, elle, de l’excellent Philippe Jordan… Jusqu’au 16 novembre 2013 à l’Opéra Bastille.

Verdi : Aida
au cinéma, réseau salles UGC
le 14 novembre 2013, en direct à 19h30

Mis en scène par Olivier Py et dirigé par Philippe Jordan,
en direct le jeudi 14 novembre à 19h30
dans 27 salles du réseau UGC en France et en Belgique
(dans le cadre de la saison Viva l’Opéra ! – www.vivalopera.fr et www.vivalopera.be), en direct et en différé dans 55 salles du réseau indépendant en France et 300 salles en Europe et dans le reste du monde.
Diffusion sur Mezzo, samedi 23 novembre à 20h30

Aida au cinéma
Opéra en quatre actes (1871)
Musique de Giuseppe Verdi (1813-1901)
Livret d’Antonio Ghislanzoni
d’après Auguste Mariette
En langue italienne

PHILIPPE JORDAN, Direction musicale
OLIVIER PY, Mise en scène

CARLO CIGNI, Il Re
LUCIANA D’INTINO, Amneris
OKSANA DYKA, Aida
MARCELO ALVAREZ, Radamès
ROBERTO SCANDIUZZI, Ramfis
SERGEY MURZAEV, Amonasro
OLEKSIY PALCHYKOV, Un Messagero
ÉLODIE HACHE, Una Sacerdotessa

Orchestre et ChÅ“ur de l’Opéra national de Paris

rappel :
L’Opéra national de Paris au cinéma, saison 2013-2014

- Aida, le 14 novembre 2013
- Les Puritains, le 9 décembre 2013
- La Belle au bois dormant, le 16 décembre 2013
- La Fanciulla del west, le 10 février 2014
- Tristan et Isolde, le 29 avril 2014
- Soirée Balanchine / Millepied, le 3 juin 2014
- La Traviata, le 17 juin 2014