Benjamin GROSVENOR joue Liszt, Ginastera et Ravel sur France Musique

grosvenor benjamin liszt decca cd review critique piano cd clic de classiquenewsFRANCE MUSIQUE, ce soir, 17 août 2021, 20h. Récital BENJAMIN GROSVENOR, piano. Le programme du récital montpelliérain est ambitieux et bien agencé, à l’instar du tempérament perfectionniste du jeune pianiste britannique Benjamin Grosvenor. CLASSIQUENEWS suit depuis ses débuts en France le musicien, souvent saisi par son sens du détail, sa digitalité élégante au service du drame intérieur des textes musicaux. Ses divers albums discographiques édités chez Decca ont tous été salué par la Rédaction de CLASSIQUENEWS, la plupart distingués par notre label / award, le fameux CLIC de CLASSIQUENEWS. Le dernier, dédié à LISZT, lui aussi était très apprécié :

LIRE notre critique du cd LISZT par Benjamin GROSVENOR / Clic de classiquenews de mars 2021 :
http://www.classiquenews.com/tag/decca/
Y règne la Sonate en si mineur : … »Aucun doute ce disque est celui de la pleine maturité : celui d’un interprète qui allie discours, intention et suprême musicalité. La forme et le fond étant fusionnés avec une élégance so british continue réalise ici un sans faute, qui touche par son éloquence. Le mot est essentiel chez Grosvenor : éloquence. »

Le pianiste a récemment donné un récital à La Roque d’Anthéron, ce 11 août dernier : LIRE ici la critique de notre rédacteur Hubert Stoeklin qui parle entre autres de … «  … totale liberté, reposant sur une technique superlative faisant penser que « tout, absolument tout est possible » à cet artiste qui fait de cette interprétation une référence qui fera date (NDLR : à propos de la Sonate en si). La maturité acquise par le jeune homme de 29 ans laisse pantois. ». Le récital de Montpellier aborde aussi Ginastera et surtout Ravel dont Gaspard de la Nuit… Là encore les mots de notre correpondant à la Roque d’Anthéron sont sans appel : « Ravel et son si difficile « Gaspard de la nuit » constitue l’apothéose de ce concert virtuose. Chez Benjamin Grosvenor, Ondine est un piano fait en élément liquide avec le brillant des rayons de lune dans l’eau. C’est incroyablement précis et flou en même temps afin de créer une dimension onirique. Un piano entre rêve et réalité, absolument magique. Le Gibet avec des sonorités d’un froid glacial change totalement le son du piano. Benjamin Grosvenor ose des effets de grande inquiétude. C’est Scarbo qui offre la plus grande virtuosité et exige le plus de mise en scène musicale. Grosvenor comme dans ses Liszt garde la tête froide et les doigts souverains. Rien ne lui échappe et la clarté du jeu permet de tout entendre dans cette partition pourtant tout à fait diabolique. Comment est-il possible d’obtenir cette précision à cette vitesse ? Voilà un secret bien gardé par le jeune homme si doué et aussi appliqué dans sa recherche de perfection. Avec peu de sorties de disques, des concerts reprenant un répertoire bien travaillé Benjamin Grosvenor est un sage parmi les jeunes pianistes plus frénétiques. »
LIRE la critique du récital de Benjamin GROSVENOR à La Roque d’Anthéron (11 août 2021) ici : http://www.classiquenews.com/critique-concert-la-roque-dantheron-auditorium-du-parc-le-11-aout-2021-liszt-ginastera-ravel-benjamin-grosvenor-piano/

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FRANCE MUSIQUE, 17 août 2021, 20h. Récital de Benjamin GROSVENOR, piano.

Concert donné le 28 juillet 2021 en l’Opéra Berlioz du Corum de Montpellier dans le cadre du Festival Radio France Occitanie Montpellier.

Johannes Brahms
Intermezzi op.117
1. Andante moderato
2. Andante non troppo e con molto espressione
3. Andante con moto

 
Franz Liszt
Sonate pour piano en si mineur S.178
1. Lento assai – Allegro energico – Grandioso
2. Andante sostenuto
3. Allegro energico Du samedi 14 au vendredi 20 août 2021 & du samedi 21 au vendredi 27 août 2021 15

 

Alberto Ginastera
Danzas Argentinas op.2
1. Danza del viejo boyero
2. Danza de la moza donosa
3. Danza del gaucho matrero

 

Franz Liszt
Deuxième année, Italie S 161 : Sonetto 104 del Petrarca n°5, ext. des Années de pèlerinage
Deuxième année, Italie S 161 : Sonetto 123 del Petrarca n°6, ext. des Années de pèlerinage

 

Maurice Ravel
Gaspard de la nuit, Trois poèmes pour piano d’après Aloysius Bertrand
1. Ondine
2. Le Gibet
3. Scarbo 

 

 
Benjamin Grosvenor, piano

Photo : © Valentine Chauvin / La Roque d’Anthéron 2021

 
 
 

RAVEL : Gaspard de la nuit, triptyque fantastique

RAVEL-maurice-elegance-francaise-concert-opera-bolero-classiquenewsFrance Musique, dim 1er déc 2020. RAVEL : Gaspard de la nuit. La tribune des critiques de disques interroge l’enjeu de la partition pour piano de Ravel et distingue les meilleurs interprètes. Partenaire familier, et véritable double pianistique, Ricardo Viñes prête pour le lire, le Gaspard de la nuit d’Aloysius Bertrand (1842). En découle sous le prisme poétique ravélien, trois « poèmes romantiques de virtuosité transcendante ». Ici dans le sillon même de Bertrand, Ravel s’inscrit en creux dans le travail des contrastes entre ombre et lumière, car Bertrand cite Rembrandt et Jacques Callot, dont le trait incisif des gravures relance l’éclat noir de la matière narrative. Dans l’imaginaire délirant d’un vieillard, ce Gaspard nocturne, fascinant / menaçant n’est autre que le diable. Dans son appartement de Levallois, Ravel se concentre et produit les 3 sommets du piano français au XXè, de mai à sept 1908. Une musique endiablée qui « fait galoper le sang » selon les termes du premier auditeur Viñes (janvier 1909).
Ondine est d’abord d’une fluidité féminine, aquatique, transparente et trouble à la fois, qui envoûte pour aspirer vers les profondeurs les plus sombres : son invocation (« écoute! ») capture et saisit, emportant sa victime au fond du gouffre sans fond. Ensuite Gibet enivre tout autant par sa triste et morne, langoureuse plainte funèbre, à travers son lugubre glas (si bémol répété 146 fois). Enfin Scarbo est une création purement poétique, née des divagations et incantations magiques du narrateur ; une manière de génie dont la présence et la proximité attestent de la réalité du songe et de l’enchantement, sortilège et transformation. En réalité, suivant de manifestes références cabbalistiques, les trois volets de ce triptyque enchanteur, suit les étapes de la matière en sa transmutation alchimique ; au fluide d’Ondine, répond la putréfaction des pendus au gibet ; jusqu’à la consomption pilotée par le génie Scarbo. Le parcours est d’essence magique ; c’est un rituel qui est aussi dévoration. Tout relève d’un envoûtement : le rire du nain Scarbo, l’aigre grincement de son ongle sur la soie ; ses acrobaties délirantes et son bonnet à grelot… puis son évanouissement comme d’une lueur qui s’éteint ; c’est une apparition qui foudroie et saisit. La face hypnotique d’un pur produit fantastique. D’un imaginaire poétique inédit jusqu’alors, la partition de Ravel invente un nouveau langage pianistique ; le piano poètique pictural, qui se suffit à lui même, puisqu’il ne fut jamais orchestré. Alfred Cortot saisit lui aussi déclare : « l’un des plus surprenants exemples d’ingéniosité instrumentale dont ait jamais témoigné l’industrie des compositeurs ». Le génie de Ravel est comme celui de Leonardo en peinture : rare mais fulgurant, mystérieux et énigmatique ; fasciné comme le génie de la Renaissance, par l’ombre : gouffre, passage, abstraction…
De toute les versions les plus récentes, celle du pianiste nous a le plus convaincu : lire notre critique de Gaspard de la Nuit par Dénes Varjon (né à Budapest en 1968), et aussi celle par Natacha Kudritskaya
http://www.classiquenews.com/cd-nocturnes-natacha-kudritskaya-piano-debussy-ravel-1-cd-deutsche-grammophon/

France Musique, dim 1er déc 2020. RAVEL : Gaspard de la nuit. La tribune des critiques de disques, 16h.