Ferenc Fricsay (1914-1963)

France Musique. Portrait de Ferenc Fricsay, les 31 dĂ©cembre puis 1er janvier 2014, 16h. NĂ© en 1914 et mort prĂ©maturĂ©ment en 1963 Ă  l’Ăąge de 49 ans, Fricsay laisse un hĂ©ritage musical sans dĂ©faut : un instinct et une intuition remarquable qui ont fait de lui cet interprĂšte idĂ©al dans lequel FurtwĂ€ngler, plutĂŽt que les Karajan et Celibidache voyait son seul hĂ©ritier possible… Fils de chef d’orchestre et Ă©lĂšve surdouĂ© Ă  l’AcadĂ©mie Liszt de Budapest, le jeune Fricsay affine son goĂ»t et ses affinitĂ©s artistiques sous l’enseignement de Kodaly, Dohnanyi, surtout de Bartok. Pour approfondir sa connaissance de chaque instrument dans l’orchestre, le pĂšre (Richard) invite son fils Ă  jouer du violon, de la clarinette, du trombone, divers percussions… En outre trĂšs jeune, le jeune musicien observe les grands qui dirigent Ă  Budapest : Mengelberg, Klemperer, Walter, Erich Kleiber (le pĂšre divin mozartien de Carlos). TrĂšs vite Ferenc se destine Ă  la direction : nommĂ© chef militaire Ă  Szeged, il y refonde et perfectionne la Philharmonie locale. Le succĂšs est immĂ©diat : les spectateurs passent de 250 Ă  … 3000.

 

 

 

virtuosité hongroise

 

 

fricsay_ferenc_fricsay_289La reconnaissance vient Ă  Salzbourg : en 1947, assistant de Klemperer pour la crĂ©ation de La mort de Danton de Einem, Fricsay fils dirige toutes les reprĂ©sentations. C’est un triomphe international : il a 33 ans. En 1948, Ferenc Fricsay revient Ă  Salzbourg pour deux crĂ©ations : Antigone de Orff et Vin HerbĂ© de Martin. Une telle sensibilitĂ© instrumentale, un travail prĂ©alable scrupuleux apportent leurs bĂ©nĂ©fices : bourreau de travail, musicien exigeant, Ferenc Fricsay est de la trempe des Carlos Kleiber : pas de projets s’il n’y a pas de rĂ©pĂ©titions fouillĂ©es ni de travail prĂ©paratoire intensif.
C’est Ă  Berlin que la confirmation de son immense sensibilitĂ© et de sa profonde comprĂ©hension du texte musical s’impose encore lorsque l’OpĂ©ra de Berlin le rĂ©clame en 1948 pour jouer Don Carlo de Verdi avec… un jeune baryton miraculeux : Dietrich Fischer Dieskau qui avouera ensuite avoir eu la rĂ©vĂ©lation de Verdi et de sa prosodie spĂ©cifique (coulante et raffinĂ©e grĂące Ă  lui) en travaillant avec Ferenc Fricsay. Superbe hommage de la part d’un chanteur parmi les plus exigeants et qui confirme le talent exceptionnel du chef. Le maestro se charge de composer et de perfectionner l’Orchestre RIAS de Berlin (propre au secteur amĂ©ricain, futur Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin) qui devient sous son aile une formation virtuose dont DG enregistre alors les apports d’une exceptionnelle tenue. Verdi (Rigoletto), Mozart (La FlĂ»te, L’EnlĂšvement au sĂ©rail) et surtout Bartok (Le ChĂąteau de Barbe-Bleue) attestent aujourd’hui d’une baguette vive et Ă©lĂ©gante, superbement articulĂ©e, naturelle, passionnĂ©e et lĂ©gĂšre Ă  la fois, exprimant avec une clartĂ© vif-argent toutes les tensions contraires, troubles du texte musical.

 

 

France Musique, portrait du chef hongrois Ferenc Fricsay, pour les 50 ans de sa disparition (en 1963) et pour son centenaire Ă©galement …
Les mardi 31décembre 2013 et mercredi 1er janvier 2014, 16h. Portrait et évocation en deux volets.

 

 

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