dimanche 21 juillet 2024

CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra Bastille, le 6 novembre 2023. PUCCINI : Turandot. T. Wilson, G. Kunde, A. Gonzalez… Robert Wilson / Marco Armiliato

A lire aussi

C’est à une expérience peu commune que nous a convié l’Opéra de Paris : revoir à deux jours d’intervalle une même production, dévolue à Turandot (1924), dont le casting a été entièrement revu pour les rôles principaux. Si le retrait de Sondra Radvanovsky a malheureusement limité cet exercice, Tamara Wilson interprétant le rôle-titre les deux soirs, on se réjouit de pouvoir comparer les prestations d’Ermonela Jaho et Adriana Gonzalez (Liù) d’une part, puis Brian Jagde et Gregory Kunde (Calaf), d’autre part.

 

L’événement de la deuxième soirée, après une première déjà très satisfaisante (https://www.classiquenews.com/critique-opera-paris-opera-bastille-le-6-novembre-2023-puccini-turandot-robert-wilson-marco-armiliato/), est incontestablement la présence de l’immense artiste qu’est Gregory Kunde : à 69 ans, le ténor américain n’a rien perdu de son impact vocal millimétré au service du sens, en des phrasés qui module le texte avec une vive intelligence. Son Calaf déchirant de vérité dramatique est un régal tout du long, particulièrement dans le dernier duo éloquent. La fraîcheur de timbre va évidemment à l’avantage de son compatriote Brian Jagde dans le même rôle, autour d’une puissance d’émission vibrante et parfaitement maîtrisée. Autre opposition de style avec Ermonela Jaho et Adriana Gonzalez (Liù), cette dernière imposant velouté et rondeur, en contrepoint parfait avec les raideurs du chant de Turandot (où Tamara Wilson impressionne toujours autant par sa facilité déconcertante sur toute la tessiture, aigu tranchant compris). Dans le rôle de Liù, on préfère toutefois la précision dramatique de Jaho, malgré un recours plus prononcé au vibrato.

Si le chœur se montre un peu plus affûté qu’en première soirée, notamment au niveau féminin, c’est plus encore le cas pour l’orchestre dirigé par Marco Armiliato : les décalages ont cette fois disparu, au profit d’une lecture apollinienne et sans pathos, qui offre un tapis de velours aux interprètes. On peut préférer lecture plus nerveuse, fouillant davantage les contrastes, mais ce geste probe donne beaucoup de tenue à l’ensemble.

____________________________________________________________________

CRITIQUE, opéra. PARIS, Opéra Bastille, le 8 novembre 2023. PUCCINI : Turandot. Tamara Wilson, Irène Theorin ou Anna Pirozzi (Turandot), Carlo Bosi (Altoum), Mika Kares (Timur), Ermonela Jaho, Adriana Gonzalez (Liù), Brian Jagde ou Gregory Kunde (Calaf), Florent Mbia (Ping), Maciej Kwaśnikowski (Pang), Nicholas Jones (Pong), Guilhem Worms (Un mandarin), Choeur de l’Opéra national de Paris, Ching-Lien Wu (chef de chœur), Orchestre de l’Opéra national de Paris, Marco Armiliato ou Michele Spotti (direction musicale) / Robert Wilson (mise en scène). A l’affiche de l’Opéra Bastille jusqu’au 29 novembre 2023. Photo : Charles Duprat / ONP

 

VIDEO : Trailer de « Turandot » de Puccini selon Robert Wilson à l’Opéra Bastille

- Sponsorisé -
- Sponsorisé -
Derniers articles

LIVRE D’ÉTÉ : Catherine NYKOV : « Sinfonietta en ré majeur ». FEUILLETON 1/4 – Colombe en quête d’elle-même…

LIVRE D’ÉTÉ. Le dernier roman de Catherine NEYKOV, « Sinfonietta en ré majeur » est le coup de cœur de la...
- Espace publicitaire -spot_img

Découvrez d'autres articles similaires

- Espace publicitaire -spot_img