mardi 16 avril 2024

CRITIQUE, concert. MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 9 déc 2022. R. STRAUSS – CHOSTAKOVITCH. Iwona Sobotka / Roderick Cox.

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique et à l’opéra - et notamment avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

Las, le Covid continue de sévir et spolie le public montpelliérain de la présence de la superbe soprano sud-africaine Elza van den Heever (installée dans la métropole languedocienne depuis trois ans…), pour son premier rendez-vous avec sa ville d’adoption (après une première tentative déjà entravée par le Covid !). Arrivée le jour même pour pallier la défection de son illustre consœur (qui vient de briller dans Salomé du même Richard Strauss à l’Opéra Bastille), la soprano polonaise Iwona Sobotka est une très belle découverte, sans posséder néanmoins l’ampleur de voix ni la beauté de timbre de sa collègue. Mais ses aigus faciles et rayonnants et ses superbes piani – particulièrement enchanteurs dans le haut du registre – font merveille dans ces pages sublimes. Après un « Frühling » peut-être un peu hésitant, elle délivre un « September » poignant de mélancolie, puis un « Beim Schlafengehen » épanoui et aérien, avant un « Im Abendrot » suspendu dans l’espace, comme le requiert cette page extraordinaire. Avant cela, en tour de chauffe pour l’orchestre – placé ce soir sous la brillante battue du chef afro-américain Roderick Cox (déjà applaudi in loco l’an passé dans Rigoletto) -, on a pu attendre une très belle pièce due à Adolphus Hailstork, « Epitaph for a man who dreamed » (1980), qui est un hommage à Martin Luther King, et qui offre quelque ressemblance avec le fameux Adagio de Barber, … musique lancinante qui s’étire comme un long crescendo, puis s’éteint dans un climax orchestral. Photo : portrait de Chostakovitch (DR)

 

 

Iwona Sobotka et Roderick Cox à Montpellier

 

 

 

En seconde partie de soirée, la phalange languedocienne s’attaque à la redoutable Symphonie n°5 de Chostakovitch. Le jeune chef étasunien Roderick Cox en livre une interprétation d’une densité et d’une architecture tout à fait étonnantes, qui témoignent d’une assimilation en profondeur de cette œuvre à l’intensité insoutenable. Dans cette partition ont jadis brillé des chefs du calibre d’Evgueni Mravinski (son créateur, en 1937). Tenue de bout en bout par une baguette aussi précise qu’expressive, la 5è est ici portée à bout de bras et transmise à l’orchestre par un fluide contagieux. Chauffé à blanc par cette conception tendue comme un arc, où l’émotion égale la perfection du geste, l’Orchestre National de Montpellier Occitanie déploie tous ses artifices, en particulier les cuivres et les bois, et le finale apothéotique fait entendre une véritable clameur depuis la salle. Mais le public a beau offrir de nombreux rappels, il n’obtiendra cependant pas le bis réclamé…

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CRITIQUE, concert. MONTPELLIER, Opéra Berlioz, le 9 déc 2022. R STRAUSS : Les 4 derniers Lieder – 5ème Symphonie de Dimitri Chostakovitch. Iwona Sobotka (soprano), Orchestre National de Montpellier Occitanie, Roderick Cox (direction). Photo concert / Orchestre Nat de Montpellier Occitanie © Emmanuel Andrieu

 

 

 

 

Extrait vidéo
RICHARD STRAUSS : Vier letzte Lieder, Iwona Sobotka – soprano

 

 

 

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