samedi 15 juin 2024

CRITIQUE, concert. BRAGANCE, Théâtre municipal, le 29 septembre 2023. MOZART / BEETHOVEN. Orchestre Symphonique de la Principauté des Asturies, Esther Hoppe (violon), Nuno Coelho (direction).

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

La troisième édition du Festival international de musique “Bragança ClassicFest” a débuté le 29 septembre (et se poursuit jusqu’au 7 octobre), dans la ville d’art et d’histoire de Bragance, cité patrimoniale exceptionnelle dans le nord-est du Portugal, tout proche de la frontière espagnole. Sous la direction artistique Filipe Pinto-Ribeiro, le pianiste portugais a toujours autant à cœur d’associer de superbes lieux historiques à des programmes musicaux de haute qualité. De grands solistes et ensembles instrumentaux vont ainsi s’y succéder (soulignant l’ampleur internationale de l’événement) – comme le violoncelliste Christian Poltera, la soprano Julia Muzychenko, la violoniste Esther Hoppe ou encore l’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies.

 

Et ce sont ces deux derniers artiste et ensemble qui étaient réunis pour le Concert d’Ouverture, en ce vendredi 29 septembre, qui s’est déroulé dans le flambant neuf et superbe Théâtre municipal dont la ville s’est dotée à deux pas de son vieux cœur historique. Et ce fut une belle rencontre entre la violoniste suisse, qui a remporté nombre de prestigieux concours internationaux et qui joue sur un Stradivarius de 1722, et la formation orchestrale espagnole, basée à Oviedo, et ici dirigée par son directeur musical, le chef portugais Nuno Coelho.

La soirée débute avec une exécution du Concerto pour violon N°3 de W. A. Mozart, que la jeune violoniste interprète avec élégance et classicisme, sans jamais forcer le trait ni brutaliser le phrasé. La sonorité est chaude et sensuelle, et le léger vibrato très expressif. Le premier mouvement sonne avec beaucoup de naturel et d’évidence, avec une cadence très intense, et l’Adagio se montre aussi chantant que poétique. Quant au Rondo final, irréprochable techniquement et stylistiquement, il enthousiasme surtout pour la spontanéité et la véhémence qu’Esther Hoppe y introduit. 

Puis la célébrissime et très attendue Symphonie n° 5 de Ludwig van Beethoven occupe à elle seule la seconde partie. S’ouvrant sur le thème du Destin, omniprésent, rudement décliné sans rallentando, l’Allegro con brio impressionne par son énergie canalisée dans une belle progression contrastée, suivant un phrasé tranchant, tout en relief, aux accents haletants, aux attaques âpres et décisives où se singularisent cors, hautbois, cordes – et tout particulièrement d’excellentes contrebasses ! Dans l’Andante, cette ardente lecture de la part du jeune et talentueux chef lusitanien Nuno Coelho ne faiblit pas, grâce notamment à de sublimes cordes graves (altos, violoncelles, contrebasses) et de beaux contre-chants de la part de la petite harmonie. L’Allegro suivant, suspendu pendant un temps par une attente interrogative bien agencée, laisse bientôt éclater son énergie dans un grand crescendo superbement maîtrisé annonçant l’Allegro final, vainqueur, débordant de lumière (les cuivres…) – et que certains ont voulu rapprocher du final de Fidelio qui lui est contemporain, issu il est vrai de la même veine héroïque.

C’est un torrent d’applaudissements qui s’abat sur la phalange asturienne, amplement mérité, de la part d’un public totalement conquis et qui se lève comme d’un seul homme dès les dernières mesures. Et devant tant d’enthousiasme, la phalange espagnole s’est pliée volontiers au jeu du bis en lui offrant une Danza ritual del fuego de Manuel De Falla tout simplement diabolique !

Et, nous n’en doutons pas, le même succès devrait couronner les deux derniers concerts de la manifestation musicale portugaise, les 6 & 7 octobre, avec la venue de l’excellente soprano russe Julia Muzychenko pour un récital lyrique (le 6), puis le lendemain une exécution du fameux Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, avec une pléthore de magnifiques solistes (Filipe Pinto-Ribeiro au piano, Pascal Moraguès à la clarinette, Amia Janicki au violon…).

 

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CRITIQUE, concert. BRAGANCE, Théâtre municipal, le 29 septembre 2023. MOZART / BEETHOVEN. Orchestre Symphonique de la Principauté des Asturies, Esther Hoppe (violon), Nuno Coelho (direction). Photos © Rita Carmo.

 

VIDEO : L’Orchestre symphonique de la Principauté des Asturies interprète la 7ème Symphonie de Ludwig van Beethoven

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