mercredi 19 juin 2024

BRAGANCE (Portugal) : 3ème Festival international de musique « BRAGANÇA CLASSICFEST » (29 sept – 7 oct 2023)

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.

En 2023, Bragança redevient le centre de la musique classique au Portugal pendant environ 2 semaines, grâce à une programmation passionnante et la présence de musiciens de renommée nationale et internationale.

 

Le 3ème Festival International de Musique BRAGANÇA CLASSICFEST présente, du 29 septembre au 7 octobre 2023, sous la direction artistique du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro, un programme d’excellence musicale dans la ville historique de Brageance au Portugal, consolidant le chemin parcouru depuis les éditions 2021 et 2022 ; ainsi ont paru à Brageance les orchestres et musiciens justement renommés – tels les Orchestres de Chambre de Vienne et de Saint-Pétersbourg : les solistes et grands interprètes, Gérard Caussé, Diana Tischenko, Héctor del Curto, Mario Hossen, Lena Belkina, Marcelo Nisinman, entre autres, lors de concerts mémorables et à guichets fermés devant un public visiblement conquis et enthousiaste.

 

Le 3ème Festival Bragança ClassicFest s’affirme comme un événement de référence au Portugal

 

Les concerts inauguraux du Festival (les 29 puis 30 septembre 2023 au Teatro Municipal de Bragança) avec l’Orquestra Sinfónica do Principado de Asturias (OSPA), l’un des principaux orchestres espagnols, s’avèrent incontournables. Sous la direction de son chef d’orchestre depuis 2022, Nuno Coelho, l’OSPA présente deux concerts dans la magnifique salle du Théâtre Municipal de Bragance, avec deux chefs-d’œuvre : la 5ème Symphonie de Beethoven (le 29 sept) et la 9ème Symphonie de Dvořák, « Du Nouveau Monde »(le 30 sept).

Les deux concerts offrent aussi l’occasion d’entendre deux œuvres concertantes de Mozart (Concerto pour violon nº 3 KV 216) et de Tchaïkovski (Variation sur un thème rococo), avec le concours de deux solistes d’exception : respectivement, la violoniste Esther Hoppe et le violoncelliste Christian Poltéra.

 

A noter également la présence pour cette 3ème édition du Festival 2023, de deux musiciens célébrés dans le monde des instruments à vent : le clarinettiste français Pascal Moraguès, 1er Soliste de l’Orchestre de Paris, qui fait partie de l’élite mondiale depuis quatre décennies, et la flûtiste portugaise Adriana Ferreira, 1ère soliste de l’Orchestre National de Santa Cecilia à Rome et lauréate de nombreux concours internationaux (concert « MozartFest »du 5 octobre, Eglise São Francisco : œuvres de Mozart et Lopes-Graça).

Les débuts au Portugal de la soprano Julia Muzychenko, étoile montante de la scène lyrique mondiale, marquent un autre moment fort du 3ème BRAGANÇA CLASSICFEST ; Julia Muzychenko est lauréate d’importants concours internationaux de chant, tels que le Concours d’Opéra de Clermont Ferrand (1er Prix), le Concours Montserrat Caballé (2e Prix) et Concours Reine Elizabeth de Belgique (3e Prix) : gala lyrique, le 6 octobre 2023 (Teatro Mucipal de Bragança, airs d’opéras de Verdi, Puccini, Massenet, Gounod, Donizetti…).

En 2023, le BRAGANZA CLASSICFEST continuera également d’être le tremplin de jeunes et talentueux musiciens portugais qui débutent leur carrière, dont certains résidents dans d’autres pays et reviennent ainsi en maintenant leur lien avec le Portugal.

Le répertoire musical de cette 3ème édition couvre quatre siècles, du baroque, de Johann Sebastian Bach, à la musique du XXIème siècle, du Canadien Srul Irving Glick et de l’Argentin Osvaldo Golijov, en passant par les grands compositeurs du classicisme et du romantisme musical et la musique du XXe siècle, notamment avec la musique espagnole, de Joaquín Turina, et la musique portugaise, de Fernando Lopes-Graça.

 

Le Concert de Clôture du Festival est un excellent exemple de la variété stylistique et internationale du répertoire joué pendant cette 3ème édition ; elle culmine en effet avec le célèbre « Carnaval des Animaux », œuvre pleine d’humour, de fantaisie raffinée, composée par Camille Saint-Saëns en 1886 : elle offre aux 10 instrumentistes requis de nombreuses parties particulièrement virtuoses, où l’écoute et la complicité sont aussi essentielles (7 oct 2023).

 

Une caractéristique importante du Festival, depuis la 1ère édition, est la tenue de concerts dans des sites patrimoniaux particulièrement remarquables ; ainsi en 2023, les églises de São Francisco, Sé Velha et Santa Maria, réalisent cet accord sublime entre musique et patrimoine historique. Une occasion de (re)découvrir l’attractivité et le charme unique, culturel et architectural du territoire de Bragança.

Prolongeant la réussite de ses 2 précédentes éditions, la 3ème édition du BRAGANÇA CLASSICFEST porte la signature artistique du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro ; le programme exceptionnel alliant diversité et haute exigence artistique consolide la place du festival de Bragança, comme un événement culturel de référence au Portugal.

 

Festival Bragança 2023
Du 29 septembre au 7 octobre 2023

TOUTES LES INFOS, les programmes, artistes, horaires et lieux
sur le site du Festival de Bragança 2023 :
https://classicfest.pt/pt/programa/

 

 

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LIRE aussi nos critiques de concert des éditions précédentes :

 

2021

 

CRITIQUE, concerts. Festival Bragança Classicfest, les 9 & 10 octobre 2021.          « Maria de Buenos Aires » d’Astor Piazzola au Teatro Municipal, le 9. Trio « Dumky » et Quintette « La Truite » de Schubert à l’Eglise Santa Maria, le 10.

 

Infatigable et protéiforme, le pianiste portugais Filipe Pinto-Ribeiro vient de prendre la direction artistique d’un nouveau festival de musique classique (en plus du Festival dos Capuchos à Almada où nous étions en juillet et du Verao Musical de Lisbonne où nous étions en août), le Bragança Musicfest ! La magnifique ville au riche patrimoine historique est chère au cœur du directeur artistique puisqu’il y a donné de nombreux récitals depuis son adolescence, et la musique y a une place importante, d’autant qu’elle est dotée d’un grand théâtre moderne en plein cœur de ville. Symboliquement, la date d’ouverture du festival était le 1er octobre, date choisie par le violoniste Yehudi Menuhin (en 1975) comme journée internationale de la musique classique. Pour le concert d’ouverture, c’est l’Orchestre de Chambre de Saint-Pétersbourg qui était convié (déjà présent lors du festival dos Capuchos), dans un programme Mozart / Tchaïkovski.

 

L’avant-dernière soirée de la manifestation portugaise, le 9 octobre, donnait à entendre le génial Opéra-Tango « Maria de Buenos-Aires », où le bandonéon est omniprésent dans l’ouvrage d’Astor Piazzola : il en est le cœur et le pivot, car il est l’âme du Tango. Il est donc tout naturellement placé ce soir au centre de la scène de du Théâtre Municipal de Bragança, les 9 autres musiciens s’égrenant autour de lui, tout comme les chanteurs / comédiens qui, dans cette version semi-scénique, évoluent sur des podiums de différentes hauteurs qui encerclent les 10 instrumentistes. Point de décor superfétatoire ici, mais quelques éclairages sentis, de discrètes projections vidéo (abstraites), et des costumes d’époque, le personnage principal arborant d’abord une robe de soie rouge passion, puis noire comme la mort pour elle imminente, puis d’un blanc éclatant pour sa résurrection fantomatique.

Dès le début du spectacle, la plainte du bandonéon du formidable musicien argentin Héctor Del Curto envahit l’espace scénique et rythme ensuite les scènes du premier opéra-tango de l’histoire. Omniprésent, obsédant, l’instrument donne à lui seul la couleur d’une musique et d’une culture centenaire à laquelle Piazzola a insufflé une vie nouvelle. La couleur noire, triste. Le bandonéon est un symbole, tout comme chaque personnage de l’opéra : Maria, la prostituée, symbole de toutes les femmes qui s’abîment dans les destins tragiques, à la fois Lulu et Jenny-des-Pirates. Maria aime son souteneur ; Maria finira assassinée, puis l’ombre de Maria hantera le port, chantant inlassablement son histoire…

La chanteuse uruguayenne Ana Karina Rossi – qui a récemment chanté le rôle-titre à l’Opéra national du Rhin – apporte toute la sensualité requise par le personnage de Maria, ainsi que beaucoup d’émotion, les deux qualités primordiales que requiert cette partie. Dans le rôle du Payador, le ténor argentin Rubén Peloni est plus proche du chant « cabaret », offrant une réplique de choix à sa collègue, avec un jeu cependant moins incisif. Enfin, vieux briscard de la scène, le comédien Daniel Bonilla-Torres campe un formidable Duende, avec sa voix fêlée, cabossée par la vie. Enthousiaste au plus haut point, le public leur fait un triomphe debout !

Le lendemain (10 octobre 2021), le concert de clôture avait lieu dans la superbe église Santa Maria, face au château des Ducs de Bragance, à l’intérieur des remparts de la partie haute de la ville. Musique de chambre cette fois, avec un trio de Dvorak (le « Dumky ») et un quintette de Schubert (« La truite ») avec l’incontournable Filipe Pinto-Ribeiro au piano, accompagné de ses amis musiciens : David Castro-Balbi au violon et Kyril Zlotnikov au violoncelle, rejoints par Francisca Fins à l’alto et Tiago Pinto-Ribeiro à la contrebasse dans le quintette.

La première pièce a été composée en novembre 1890 par le maître tchèque, et ce sera son dernier trio (N°4 de l’Opus 90. Les trois instrumentistes excellent à en reproduire le climat rêveur et le lyrisme exacerbé, à en souligner les passages tristes avec délicatesse et à donner aux sections « nerveuses » le brio qu’elles appellent.

La deuxième est l’une des partitions les plus glorieuses de toute la littérature chambriste, et est certainement l’œuvre la plus populaire de Schubert avec le fameux « La Jeune fille et la mort ». Elle lui a été commandée par le violoncelliste Sylvestre Paumgartner qui suggéra au compositeur d’y insérer la musique du lied « La Truite » écrit quelques années plus tôt. Cette œuvre gaie, pétillante, mélodieuse reflète une époque qui paraît être la plus heureuse du compositeur. On sent une joie de vivre et un optimisme plein d’allant dans ce quintette en 5 mouvements à la magie mélodique, au climat plein d’insouciance et de gaieté.

La lecture de ce Quintette offerte par nos brillants instrumentistes est enlevée, rieuse, généreuse ; les 5 interprètes se complétant magnifiquement dans une unité exemplaire. Chaque mouvement, chaque motif, chaque thème est restitué avec dextérité, émotion, humour et tendresse. Le bonheur et la joie de faire de la musique ensemble se lit sur les visages de ces complices et amis qui ont font vibrer un auditoire enthousiaste. A l’alto, la jeune portugaise Francisca Fins se montre prodigieuse de finesse, de virtuosité, de sentiment. Tiago Pinto-Ribeiro fait lui résonner sa contrebasse avec une tendre et élégante virtuosité, tandis que les violoniste et violoncelliste font briller leurs instruments; ils portent le Quintette miraculeux à des sommets de beauté. Enfin, le piano de Filipe Pinto-Ribeiro a toutes les couleurs de la vie. Là encore, le public leur fait une ovation debout… plus que méritée !

C’est avec impatience que nous attendons le 1er octobre 2022 pour la deuxième édition de cet attachant festival dans l’une des plus belles cités de la péninsule ibérique !

Emmanuel Andrieu

 

 2022

 

CRITIQUE, concerts. Festival Bragança Classicfest : les 6, 7, 8 & 9 octobre 2022.

La deuxième édition du Festival International de Musique Bragança ClassicFest s’est déroulée du 29 septembre au 9 octobre de 2022, dans la ville d’art et d’histoire de Bragança, cité patrimoniale exceptionnelle proche de la frontière espagnole. Sous la direction artistique du pianiste Filipe Pinto-Ribeiro, le Festival 2022 a été un énorme succès (avec des salles combles et un publique enthousiaste), en ayant à cœur d’associer de superbes lieux à des programmes musicaux de haut vol. De grands solistes et ensembles instrumentaux s’y sont ainsi succédés (soulignant l’ampleur internationale de l’événement), comme Gérard Caussé, Diana Tishchenko, Marcelo Nisinman, Lena Belkina, ou encore l’Orchestre de Chambre de Vienne.Les quatre derniers concerts du festival, les 6, 7, 8 et 9 octobre ont été particulièrement forts en qualité d’exécution et en termes d’émotion.

 

Le premier concert (le 6 octobre) réunissait, dans la magnifique église Santa Maria sise à l’intérieur de la citadelle médiévale, la violoniste russe Diana Tischenko et Filipe Pinto-Ribeiro, dans un programme offrant une large place à Schubert et Debussy. Démarrant par la fraicheur et la tendresse du grand duo D.574 de Schubert, il s'ensuit par contraste une pièce pour violon seul du compositeur Ukrainien Bohdan Sehin, donnée ici en première mondiale. L'écriture est sobre, tragique, coupe le souffle par des pizzicatti en triple forte, telles des balles de fusil, quand dessous se fait entendre la dernière berceuse. Il fallait oser le Tzigane de Ravel pour revenir à la vie. Joué dans une audace folle et libre, le duo a étonné par l’étendue des nuances qui ont rendues à Ravel toutes les émotions contenues dans cette pièce brûlante. La fête finissait par trois morceaux de Gershwin, tropicalisant l’ambiance de cette soirée très chaleureuse.

Lors du concert du 7, dans le cadre du superbe et très confortable Théâtre municipal de la ville, on retrouvait la violoniste russe accompagnée par Rosa Maria Barantes (au piano), Tiago Pinto-Ribeiro (contrebasse) et Marcelo Nisinman (au bandonéon) pour une soirée consacrée au Tango. La venue de Marcelo Nisinman était déjà en soit un événement : bandonnéoniste virtuose, compositeur moderniste, le concert a alterné ses propres compositions avec celles de son Maitre Astor Piazzola. La couleur de son tango est plus noire que rouge, alternant nostalgie, drame et mélancolie. « Pourquoi tu te lèves », morceau écrit à Paris dans un moment d’abandon, en était le révélateur. L’entente avec le bandonnéoniste fut palpable, comme s’ils ne formaient qu’une seule entité, et la nostalgie passa naturellement dans ce chant sentimental et délectable, dont l’alliance des timbres donnait une âme à la musique incroyable de Nisinman et Piazzola.

Le 8, cette fois à l’intérieur de l’église du couvent Sao Francisco récemment acquise par la
municipalité, avait lieu le premier concert d’un nouvel ensemble, le Juventus DSCH, composé de (son directeur) Filipe Pinto-Ribeiro, et de Malina Ciobanu (violon), Manuel de Almeida Ferrer (violon), João Álvares Abreu (alto) et Pedro Gomes Silva (violoncelle). Le programme proposait le quintette pour piano et cordes de Dvorak, précédé du quatuor à cordes d'Eurico Carrapatoso, joué en présence du compositeur, lui-même natif et inspiré par la région de Bragança. Les jeunes interprètes de ce soir, issus des meilleurs éleves des dernières académies du Festival Verao Clássico de Lisbonne (que
dirige également Filipe Pinto-Ribeiro) étaient habités par cette musique, et l’ont porté au sommet par leur enthousiasme et leur fraîcheur.

Enfin, le concert de clôture (au Théâtre municipal, le 9) était dévolu à la voix avec un récital de l’excellente mezzo ukrainienne Lena Belkina, accompagnée au piano par le pianiste russe Matthias Samuel, confirmant au passage que la musique demeure un pont entre les peuples.  Elle offre au public un récital extrêmement sensible, en mode crescendo, incarnant un grand nombre de personnages d’opéra qu’elle a pu interpréter durant sa carrière, notamment à l’opéra de Vienne où elle fit partie de la troupe de la fameuse Staatsoper. Parmi eux, on retiendra surtout l’air de Dalila « Mon cœur s’ouvre à ta voix », tiré de l’opéra éponyme de Saint-Saëns, d’un souffle dramatique et d’une puissance tellement inouïe qu’il a abasourdi le public. Bref, une clôture en fanfare de cet attachant festival éclectique et de très haute tenue musicale !

Emmanuel Andrieu

 

 

 

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