Compte-rendu : Parme. Teatro Regio, le 30 septembre 2013. Verdi, Filarmonica della Scala di Milano; Riccardo Chailly, direction.

Riccardo Chailly dirigeantPour la ville de Parme et sa région, 2013 est une année particulière puisqu’elle célèbre le bicentenaire d’un enfant du pays : Giuseppe Verdi (1813- 1901). Outre trois opéras (dont un, Falstaff, sera donné au Teatro Verdi de Busseto, village natal du compositeur), plusieurs concerts sont prévus (dont un consacré à Wagner, également né en 1813, pour une confrontation prometteuse). Le concert d’ouverture du 30 septembre dernier a été confié à la Filarmonica della Scala de Milan placée, pour l’occasion, sous la direction de Riccardo Chailly.

 

 

A Parme, le festival du Bicentenaire 2013 débute tambour battant
Chailly fait exploser le drame verdien

 

Visiblement très en forme et survolté par le défi que constitue le concert d’ouverture du festival du bicentenaire Verdi,  Riccardo Chailly dirige ses musiciens avec une maestria inégalable. Dès la sinfonia d’Oberto, qui ouvre le concert, le célèbre chef italien prend la musique du jeune Verdi à son compte insufflant à la toute première Å“uvre du cygne de Busseto, une vitalité et une force très engageante. Si la sinfonia d’Oberto est une « mise en bouche » de luxe, celle de Un giorno di regno o il finto Stanislao est tout aussi entrainante. Le maestro reprend partie du programme de son disque Verdi chez Decca, collection de joyaux méconnus en provenance souvent des opéras de jeunesse …

C’est cependant avec Jérusalem, le pendant français de I lombardi alla prima crociata, que Chailly donne la pleine mesure de son talent et de sa parfaite maitrise du répertoire verdien en dirigeant, outre le preludio, les ballets insérés par Verdi pour l’Opéra de Paris. Le chef et son orchestre, à l’unisson depuis le début de la soirée, prennent un réel plaisir à jouer une musique qui  recèle des pages de toute beauté. La sinfonia et les divertissements « Les quatre saisons », il est ici assez difficile de ne pas penser aux célèbres concertos d’Antonio Vivaldi, tirés de I vespri siciliani terminent la partie officielle du  concert tel le bouquet final d’un feu d’artifices aux mille couleurs. Riccardo Chailly est accueilli par une ovation qui soulève une salle si enthousiaste que nous entendons, crier depuis une loge un sonore « Viva Verdi » auquel le chef répond avec humour « Bravo » . C’est avec l’ouverture de La forza del destino, tout aussi inspirée que les autres œuvres, que le chef et la Filarmonica della Scala terminent définitivement un concert qui restera dans les anales du festival comme l’un des meilleurs, sinon comme le meilleur, qui aient été donnés au Teatro Regio de Parme.

En confiant le concert d’ouverture à la Filarmonica della Scala et à Riccardo Chailly, les responsables du Teatro regio de Parme n’ont pas hésité à frapper fort. Si le public a répondu présent, Riccardo Chailly a fortement marqué les esprits et placé la barre très haut avec un concert d’une exceptionnelle intensité. Du pain béni pour les spectateurs réunis, un régal symphonique qui vient à point nommé souligner le génie dramatique du compositeur d’opéras.

Parme. Teatro Regio, le 30 septembre 2013. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Oberto, conte di San Bonifaccio : sinfonia; Un giorno di regno (il finto Stanislao)  : sinfonia; Jérusalem : preludio, ballets; I vespri siciliani : sinfonia, divertissement “le quattro stagioni”; La forza del destino : sinfonia.

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