COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 10 Juin 2019. BORODINE, RACHMANINOV, MOUSSORGSKI. Chœurs du Capitole. Orch Nat du Capitole. G.Magee. T.SOKHIEV

SOKHIEV-maestro-chef-toulouse-capitole-presentation-critique-par-classiquenews-sokhiev_c_marc_brennerCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, Halle-aux-Grains, le 10 Juin 2019. A. BORODINE. S. RACHMANINOV. M. MOUSSORGSKI/M.RAVEL. Chœurs du Capitole. Orchestre National du Capitole. G.Magee. T.SOKHIEV, direction. Ce concert très attendu n’a pas permis à la vaste Halle-aux-Grains d’accueillir tout le public venu demander une place. C’est donc dans une salle bondée avec une ambiance électrique que le concert a débuté. La Cantate le Printemps de Rachmaninov pour baryton et chœur est un hymne à l’amour et au renouvellement perpétuel de la vie. Elle contient un très beau message de paix et de pardon. L’orchestration est subtile avec un éveil de la nature d’une sensualité envoutante. Tugan Sokhiev dirige à mains nues et semble obtenir de tous une musique aussi belle qu’émouvante. Le Chœur du Capitole est profond dans d’admirables nuances. Le baryton Garry Magee au chant subtile et à la voix naturellement belle fait un beau portait d’homme amoureux meurtri qui pardonne. Mais nous savons quel Eugène Onéguine il a su être au Capitole. Il offre des interventions parfaites qui nous ont semblé trop courtes. Illustration : Tugan Sokhiev © M Brenner.

 

 

 

Sommet de musicalité à Toulouse

Puis les danses Polovtsiennes du Prince Igor avec chœur sont une merveille de beauté et de grâce trop rarement donnée. La danse des jeunes filles permet aux femmes du chœur d’offrir nostalgie et délicatesse, tandis que les hommes sont d’une vivacité et d’une énergie bien dosées. Pour la danse finale, le chœur mixte fait merveille. Tugan Sokhiev dirige avec gourmandise ces pages superbes et richement orchestrées.
La deuxième partie du concert offre une œuvre phare que l’orchestre et son chef jouent avec succès dans le monde entier. L’enregistrement par ces même interprètes en 2006 chez Naïve est une référence. Le concert de ce soir renouvelle cette magie et l’augmente car l’orchestre du Capitole a des couleurs plus profondes et plus lumineuses. L’équilibre entre le son français et russe est inégalable de charme et d’émotion. La trompette solo qui ouvre la promenade demande un culot incroyable au soliste, Hugo Blacher est tout simplement merveilleux dans une émotion palpable partagée. Tout ira ensuite comme par enchantement : les tableaux sont pleins de vies et défilent, la promenade est pleine d’esprit dans ses transformations.
Chaque instrumentiste soliste donne sa vie et les gestes de Tugan Sokhiev disent la musique et les mini drames contenus dans la partition avec une beauté de chaque instant. Ses mains semblent créer le son, agençant avec un air gourmand couleurs et nuances dans une narrativité sans cesse relancée. La délicate mélancolie du vieux châteaux, la puissance de la marche du bétail, l’humour du ballet des coquilles d’œuf et la noirceur des catacombes, tout est parfaitement suggéré. Ainsi ce voyage se poursuit dans une atmosphère de beauté et d’émotions délicates avant que d’arriver au final triomphant qui dans un crescendo irrésistible nous entraine dans la Russie éternelle de nos rêves. La Grande porte de Kiev est aussi grandiose et majestueuse que possible. Tugan Sokhiev dose à la perfection les nuances pour terminer dans un fortissimo enthousiasmant. Quel admirable concert associant une œuvre très rare, des danses célèbres rarement donnée et un must absolu pour un orchestre virtuose. Tugan Sokhiev a une maturité artistique inouïe tout en gardant ce contact chaleureux et simple avec les musiciens de son orchestre comme avec son public. Public toulousain sous son charme tant cet homme semble incarner totalement la Musique.
Le triomphe fait par le public obtient un bis mystérieux tout en émotion : la délicate orchestration par Debussy de la première Gymnopédie de Satie !
C’était le dernier concert de la saison dirigé par Tugan Sokhiev qui atteint un nouveau sommet de musicalité avec ses musiciens toulousains. Les retrouver à la rentrée sera un grand moment.

 

 

 

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Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains le 10 juin 2019. Alexandre Borodine (1833-1887) : Le Prince Igor : Danses Polovtsiennes ; Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Le printemps, Op.20 ; Modeste Moussorgski ( 1839-1881) Orchestration de Maurice Ravel : Tableaux d’une exposition ; Garry Magee, baryton ; Choeurs du Capitole, chef de chœur : Alfonso Caiani ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; Tugan Sokhiev, direction.

 

 

 

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