Lodoïska, 1791
France Musique
Samedi 23 octobre 2010 à 19h
Octobre 2010 voit la résurrection d’un opéra oublié de Luigi Cherubini. Aux côtés de sa Médée légitimement ressuscitée par Maria Callas à la fin des années 1950, le florentin Cherubini sut pendant la période révolutionnaire briller dans l’art de l’opéra comique, genre français qui fit aussi le bonheur de Gluck à Vienne. Perle réhabilitée, Lodoïska qui relit la solitude contraint de la polonaise reste digne et inflexible, fidèle à son premier amour. Beethoven applaudira à la création: Lodoïska préfigure Léonore pour son opéra Fidelio…
L’opéra de Cherubini est donné dans le cadre du Festival
Luigi Cherubini organisé par le Palazzetto Bru Zane Centre de musique
romantique française, du 2 octobre au 2 novembre 2010. C’est dans le
projet artistique du Festival une occasion exceptionnelle de découvrir
le style de Luigi Cherubini alors âgé de 31 ans, pionnier de l’opéra
français romantique à l’époque révolutionnaire…
Qu’est ce qui fait la réussite de Lodoïska en 2010? Sa
verve dramatique, sa fluidité musicale où l’orchestre particulièrement
expressif porte et relance constamment l’action: grand air de l’héroïne
au II… dans lequel les instruments d’époque rétablissent les couleurs
et l’équilibre voix/instruments. Orfèvre des voix, dramaturge né, riche
en climats symphoniques, Cherubini est bien ce jalon essentiel entre
Gluck et Berlioz. Le Florentin, malgré ses racines latines, rappelle
souvent par ses audaces inventives un Rossini, revisite aussi Mozart
(Cosi, par ses combinasons instrumentales propres…) mais il incarne
véritablement l’esprit français. Cherubini comme Lully au XVIIè, est
bien ce défenseur d’un romantisme naissant, préservé à l’époque
révolutionnaire, promis à de plus amples développements avec Berlioz.
L’apport de l’ouvrage en 2010 est donc indiscutable.
Cherubini
Lodoïska
Opéra comique en 3 actes (1791)
Livret de Claude François Fillette-Loreaux
Jérémie Rhorer, direction
Nathalie Manfrino : Lodoïska
Inspiré par le triomphe contemporain de l’opéra comique Richard Coeur de lion de Grétry, Cherubini aborde lui aussi le genre lyrique avec dialogues parlés… sa Lodoïska, opéra en 3 actes est créé en 1791 d’après le livret de Claude-François Fillette-Loreaux.Le librettiste de Cherubini adapte le roman d’aventure Amours du Chevalier de Faublas de Jean-Baptiste Louvert de Couvray. Comme il en fut pour sa Demophoon, concurrencée par un ouvrage éponyme et rival de Vogel, Lodoïska
est aussi le sujet d’un opéra comique de Kreutzer, créé seulement 2
semaines après l’ouvrage de Cherubini: les parisiens exprimèrent
cependant leur nette préférence pour la partition du Florentin. 200
représentations scellent le triomphe immédiat de l’oeuvre sur la scène:
ses réceptions à Berlin dès 1797 puis Munich en 1813 attestent de son
succès pas seulement hexagonal: européen. Même Vienne applaudit au style
révolutionnaire en provenance de France: Lodoïska salué en 1802, entraîne même une nouvelle commande Faniska (créé en 1806)
L’opéra de Cherubini est donné dans le cadre du Festival
Luigi Cherubini organisé par le Palazzetto Bru Zane Centre de musique
romantique française, du 2 octobre au 2 novembre 2010. C’est dans le
projet artistique du Festival une occasion exceptionnelle de découvrir
le style de Luigi Cherubini alors âgé de 31 ans, pionnier de l’opéra
français romantique à l’époque révolutionnaire…





