lundi, février 6, 2023

CRITIQUE, concert. LISBONNE, Festival Verao Classico, Picadeiro Real de Belém, le 13 août 2022 . Mozart / Rota / Dvorak – Pascal Moraguès, Filipe Pinto-Ribeiro, …

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Le Verao Musical est le principal rendez-vous musical de l’été à Lisbonne (et même dans tout le Portugal), et il se déroule depuis huit années maintenant en plein cœur de la ville (par ailleurs le principal mécène de la manifestation musicale), dans des lieux historiques de la capitale portugaise. Depuis l’an passé, c’est le somptueux Picadeiro Real de Belém qui accueille les spectateurs, qui se retrouvent entourés par des carrosses royaux dans une immense salle du 18ème siècle, magnifiquement décorée et à la superbe acoustique.

Du 1er au 13 août se sont ainsi déroulés 4 concerts « Masterfest » et six concerts « Talenfest », la particularité de cet attachant festival de musique de chambre étant de se faire côtoyer les grands maîtres aguerris et de jeunes musiciens en devenir provenant de Conservatoires du monde entier. Cette « Académie » a réuni pour sa 8ème édition pas moins de 250 jeunes musiciens internationaux (un record jusqu’à présent !), qui ont eu la chance de suivre des cours dispensés par leurs pairs. C’est aussi l’édition qui aura connu le plus grand nombre de visiteurs, avec un public étranger de plus en plus nombreux, ce qui montre l’attractivité de ce festival à l’international, dirigé depuis le début par le pianiste portugais Filipe Pinto-Ribeiro.

 

 

Le concert de clôture du 13 août, auquel nous avons pu assister, mettait en regard des ouvrages de W. A. Mozart, Nino Rota et Antonin Dvorak. Et c’est par un Trio issu de la plume de Mozart que débute la soirée, réunissant Pascal Moraguès à la clarinette, Lars Anders Tomter à l’alto, et Milana Chernyavska au piano ; un effectif somme toute assez rare, mais qui n’en a pas moins suscité quelques pages importantes, dont celle, fondatrice, de Mozart : le Trio « des quilles» (1786). Radieux, souriant, serein, sans aspérités mais pas sans caractère – bref, tout d’une œuvre composée au cours d’un mois d’août et idéalement programmée en cette fin de journée estivalo-lisboète.

Le concert se poursuit avec le rare Trio pour flûte (Silvia Careddu), violon (Stephan Picard) et piano (Milana Chernyavska) de Nino Rota. Le célèbre compositeur italien (1911-1979) fut bien davantage que le collaborateur privilégié de Federico Fellini. Élève de Pizzetti et Casella, directeur du conservatoire de Bari de 1950 à sa mort, il écrivit notamment neuf opéras (dont Un chapeau de paille resté au répertoire), quatre symphonies, de nombreux concertos et de nombreuses œuvres de musique de chambre. Difficile, cela dit, de reconnaître La strada ou La dolce vita dans son bref Trio pour flûte, violon et piano (1958) : l’Allegretto cantabile con moto et l’Allegro assai moderato, très entraînants et vifs, encadrent un Largo sostenuto contrapuntique et serpentin, et les trois compères investissent ici avec bonheur ce néoclassicisme divertissant.

La soirée s’achève avec l’imposant Quintette avec Piano N°2 opus 81 d’Antonin Dvorak, qui réunit. Lars Anders Tomter à l’alto, Philippe Graffin et Stephan Picard au violon, Thomas Carroll au violoncelle et Filipe Pinto-Ribeiro au piano. Créé à Prague en 1888 et inspiré pour partie du fonds populaire slave (Dumka de l’Andante con moto et Furiant du Scherzo). Par sa tonalité (La majeur), par son caractère exubérant et par la générosité de ses thèmes, le Second quintette avec piano de Dvorak entretient également une parenté tant avec le Quintette « La Truite » de Schubert qu’avec le Deuxième quatuor avec piano de Brahms. Les cinq musiciens, très complices par les regards échangés, parviennent à en dégager le parfum typiquement tchèque, et le public ne s’y trompe pas qui fait un triomphe aux cinq artistes, bientôt rejoints par leurs brillants confrères. Vivement la 9ème édition à l’été 2023 !

 

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CRITIQUE, concert. LISBONNE, Festival Verao Classico, Picadeiro Real de Belém, le 13 août 2022. Mozart/Rota/Dvorak. Pascal Moraguès : clarinette, Lars Anders Tomter : alto, Silvia Careddu : flûte, Milana Chernyavska : piano, Philippe Graffin : violon, Stephan Picard : violon, Thomas Carroll : violoncelle, Filipe Pinto-Ribeiro : piano. (C) Rita Carmo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Précédent programme événement, élu par la Rédaction de CLASSIQUENEWS :

arte_logo_2013ARTE. PUCCINI : TOSCA. Kristine Opolais. Lundi 17 avril 2017, 20h50. Sir Simon Rattle et les instrumentistes du Berliner Philharmoniker se passionnent pour « Tosca » l’ouvrage psychologique, réaliste de Gioacomo Puccini. Créée à Rome en 1900, se déroulant dans la velle éternelle à l’époque d’un Bonaparte libérateur des peuples contre les tyrannie monarchiques (1800), l’oeuvre est jouée sur toutes les scènes du monde : elle cumule le plus grand nombre de productions lyriques, nouvelles et reprises, chaque saison, avec Carmen de Bizet et Don Giovanni de Mozart.

opolais kristine opolais soprano tosca puccini presentation annonce sur classiquenews MG_5159_Tatyana-Vlasova-400x400Tosca, en effet, ce « n’est pas seulement un roman policier, c’est aussi du grand art. Et parce que chacun de ses airs fait parler la poudre, il est très important de rendre enfin justice aux innombrables subtilités de cette partition ». En dramaturge génial, Puccini renouvelle le drame lyrique avec un sens cinématographique de l’action : détaillant l’arrière fond politique, sociétal, historique et politique ; ciselant chaque facette psychologique de son héroïne, la cantatrice Floria Tosca, ardente et passionnée mais aussi croyante et pieuse, pourtant bientôt criminelle, bien malgré elle… La soprano lettone Kristine Opolais née en 1979, – épouse à la ville du chef Andris Nelsons, relève le défi d’un rôle écrasant. Son soprano lyrique dramatique, – déjà remarqué dans Russalka qu’elle a chanté à l’Opéra de Paris en avril 2015, puis quand elle remplaçait au pied levé Anna Netrebko pour Manon Lescaut du même Puccini (Munich, novembre 2014), affirme de réelles affinités dans l’univers Opolais Nelsonsincandescent raffiné du compositeur vériste postromantique. La diva a souvent avoué sa passion pour la scène puccinienne, une conception musicale et dramatique qu’elle a dans le sang et pour laquelle elle entend s’engager pour chaque prise de rôle à 100%. Butterfly, Manon, Tosca… et demain Mimi, Kristine Opolais semble désormais tout connaître des femmes pucciniennes : elle s’attache à en exprimer l’intense sensibilité qui en fait à la fois des cœurs angéliques comme des lionnes conquérantes. Sacrifiées, elles savent tout désirer, tout donner, tout vivre et partager. Diffusion événement sur Arte en léger différé depuis Baden Baden : diffusion à 20h50 de l’opéra représenté dès 18h sur place.

PUCCINI : TOSCA sur ARTE, Lundi 17 avril 2017, 20h50. Festival de Pâques de Baden Baden 2017. Avec Kristine Opolais (Tosca), Marcelo Alvarez (Mario Cavaradosi), Evgeny Nikitin (Scarpia), Peter Rose (un sacristain à l’acte I)…  Berliner Philharmoniker. Simon Rattle,direction. Philippe Himmelmann, mise en scène.

En italien aec surtitrage en allemand et anglais – Fin de la représentation : 21 h environ – Spectacle également donné les 7 et 10 avril 2017 à Baden Baden

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