Arthus de Chausson sur France Musique

logo_francemusiqueFrance Musique, ce soir Ă  19h. Arthus de Chausson. France Musique diffuse en direct de l’OpĂ©ra Bastille, la production qui devait marquer le grand retour de l’unique opĂ©ra d’Ernest Chausson d’après la lĂ©gende Arthurienne : Arthus achevĂ© en 1894. C’est pour les auditeurs de France Musique une opportunitĂ© utile pour mesurer la valeur d’une musique certes wagnĂ©rienne mais puissamment originale … Voici la critique dĂ©veloppĂ©e de la production du Roi Arthus prĂ©sentĂ© Ă  Paris Ă  l’OpĂ©ra Bastille par notre confrère Ernst Von Beck qui assistait Ă  la reprĂ©sentation du 2 juin dernier. > LIRE notre prĂ©sentation complète et le compte rendu critique intĂ©gral d’ARTHUS.

L’ouvrage achevé en 1894, est créé en 1903, après la mort de l’auteur (1899), il demeure un écho manifeste du théâtre wagnérien mais d’une conception originale et puissante. C’est tout l’intérêt de le réécouter aujourd’hui pour une juste réévaluation.
Chausson roi arthus opera bastille critique compte rendu 781473-le-roi-arthus-saison-2014-2015Car cette rĂ©sonance wagnĂ©riste est originale et puissante sur le plan autant musical que dramatique. L’argument de cette production est la direction fine et allusive de Philippe Jordan comme le plateau vocal efficace : invitĂ© de prestige Ă  Paris, Thomas Hampson presque sexagĂ©naire, toujours aussi fin diseur et wagnĂ©rien de première classe : le baryton amĂ©ricain apporte une finesse et parfois un trouble tragique prĂ©sent dans la musique. Son incarnation sait envisager et rendre visible le rĂŞve qui habite ce roi dĂ©jĂ  appelĂ© ailleurs. Cette profondeur est hĂ©las invisible dans l’affligeante mise en scène de Graham Vick : des toiles peintes minimalistes et vaguement primitives, des fleurs en plastic, un canapĂ© rouge… qui s’embrase ; rien qu’un vision simpliste et banale qui manque tellement d’onirisme ; difficile quand mĂŞme de mesurer ainsi la force d’un ouvrage wagnĂ©riste français parmi les plus passionnants du romantisme hexagonal : il serait temps de reconnaĂ®tre Ă  Chausson comme c’est le cas de Vierne ou Franck, voire ThĂ©odore Dubois – rĂ©cemment revivifiĂ©, qu’il existe bel et bien un wagnĂ©risme en France absolument original, et pas que suiveur…  ; de leurs cĂ´tĂ©s, Roberto Alagna et Sophie Koch en vedettes franco françaises restent corrects, souffrant jusqu’à l’extase immobile puis mourant enfin car Lancelot et la Reine Genièvre, possĂ©dĂ©s et dĂ©vorĂ©s par la culpabilitĂ©, expireront après avoir trahi le bon roi Arthus, respectivement l’ami et l’époux.  HĂ©las, manquant de grandeur, de souffle, de mystère (ce vers quoi tend continĂ»ment la musique de Chausson), la production du Roi Arthus musicalement cohĂ©rente, rate visuellement et scĂ©niquement, son retour dans la Maison. Parce que l’indigence laide de la mise en scène contredit l’appel au rĂŞve, Ă  l’immatĂ©rielle abstraction Ă©nigmatique de la musique d’un Chausson ivre et en extase… Saluons Ă©galement la qualitĂ© des seconds rĂ´les masculins qui offrent une sĂ©rie de superbe articulation française : Cyrille Dubois (le laboureur), Alexandre Duhamel (Mordred), Stanilas de Barbeyrac, le tĂ©nor dont on parle (Lyonnel), mĂŞme Peter Sidhom, ici mĂŞme AlbĂ©rich wagnĂ©rien retors passionnant (dans la TĂ©tralogie de Wagner prĂ©sentĂ©e en 2013, dans la mise en scène de GĂĽnter Krämer), apporte au logo_francemusiqueprofil du magicien Merlin, une once de profondeur humaine (malgrĂ© un français moins impeccable). Avoir et surtout Ă©couter, jusqu’au 14 juin 2015, Paris, OpĂ©ra Bastille. Diffusion sur France Musique, le samedi 6 juin 2015 Ă  19h30.

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