jeudi 8 octobre 2026

ORCHESTRE DE CHAMBRE DE TOULOUSE. « Guitare vs Mandoline » (Rodrigo, Calace, Vivaldi). Auditorium St-Pierre des Cuisines, les 3 et 5 nov 2026.

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Emmanuel Andrieu
Emmanuel Andrieu
Après des études d’histoire de l’art et d’archéologie à l’université de Montpellier, Emmanuel Andrieu a notamment dirigé la boutique Harmonia Mundi dans cette même ville. Aujourd’hui, il collabore avec différents sites internet consacrés à la musique classique, la danse et l’opéra - mais essentiellement avec ClassiqueNews.com dont il est le rédacteur en chef.
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Fondé en 1953 par Louis Auriacombe, l’Orchestre de chambre de Toulouse (OCT) est le plus ancien orchestre de chambre français et l’un des plus anciens du monde. Constitué à l’origine de douze cordes solistes, il s’est imposé au fil des décennies comme une formation incontournable de la vie musicale toulousaine et bien au-delà, avec plus de 7 000 concerts donnés dans une trentaine de pays depuis sa création. Aujourd’hui co-géré par Carlos Vizcaino et Philippe Fournier Murphy, l’ensemble propose plus de 50 concerts par an, explorant un répertoire qui s’étend du baroque à la musique contemporaine, avec une prédilection pour les programmes originaux et les rencontres artistiques inattendues. Cette ouverture d’esprit, l’OCT la cultive depuis sa création : revisiter les grandes pages du répertoire avec des instruments historiques, commander des œuvres nouvelles, ou faire dialoguer des univers esthétiques que tout semble opposer. Le programme « Guitare versus Mandoline » – les 3 et 5 novembre prochain à l’Auditorium des Cuisines à Toulouse – en est l’illustration parfaite.

 

« Guitare versus Mandoline » : un duel de cordes pincées à Toulouse

Les 3 et 5 novembre, l’Auditorium Saint-Pierre des Cuisines accueillera l’Orchestre de chambre de Toulouse pour un concert intitulé « Guitare versus Mandoline ». Un titre qui annonce la couleur : deux instruments souvent relégués au second plan, la guitare classique et la mandoline, vont se voir confier les premiers rôles, portés par deux solistes d’exception, Philippe Mouratoglou et Julien Martineau. Le programme, qui sera repris les 24 et 25 novembre à l’Escale de Tournefeuille, dans la banlieue sud de Toulouse, propose un voyage à travers trois siècles et trois esthétiques, du baroque italien à la musique espagnole du XXe siècle, en passant par un concerto romantique signé Raffaele Calace.

 

Un programme entre Vivaldi, Calace et Rodrigo

La soirée s’ouvre avec Raffaele Calace (1863-1934) et son Concerto n° 2 pour mandoline et cordes. Figure centrale du renouveau de la mandoline à la fin du XIXe siècle, Calace était à la fois virtuose, compositeur et luthier : c’est lui qui a porté l’instrument de la sphère populaire napolitaine vers les scènes de concert, en lui offrant un répertoire d’une ambition symphonique. Son Deuxième Concerto, d’une écriture lyrique et généreusement mélodique, déploie toutes les ressources expressives de la mandoline, que Julien Martineau défend avec une ferveur communicative.

Place ensuite à Joaquín Rodrigo (1901-1999) et à son Concierto de Aranjuez pour guitare et orchestre. Impossible d’évoquer la guitare classique sans penser à cette page devenue universellement célèbre, dont le célébrissime Adagio a nourri d’innombrables relectures, du jazz à la variété. Créé en 1940 à Barcelone, le concerto est une évocation nostalgique et lumineuse des jardins du palais royal d’Aranjuez, où Rodrigo avait passé une partie de son enfance. Philippe Mouratoglou, guitariste à l’approche ouverte et curieuse, s’empare de cette partition avec la liberté de ton qui le caractérise, sans jamais trahir la profondeur mélancolique de l’original.

Le concert se referme sur un sommet du répertoire baroque : le Concerto pour mandoline et guitare RV 532 d’Antonio Vivaldi (1678-1741). Rare exemple de double concerto où deux instruments traditionnellement associés au « continuo » ou à la musique de chambre se voient propulsés au premier plan, cette page vive et enjouée est l’occasion d’un véritable dialogue entre les deux solistes. Après avoir brillé chacun de leur côté, Martineau et Mouratoglou unissent ici leurs timbres pour un final où la complicité le dispute à l’émulation.

 

Deux jours plus tard, un autre concert à l’Abbaye de Fontfroide : l’Orchestre de Chambre de Toulouse en clôture du festival « Ma Vigne en Musique » 

Deux jours après la seconde représentation toulousaine de « Guitare versus Mandoline », l’Orchestre de chambre de Toulouse conclura la 10ème édition du festival « Ma Vigne en Musique » par un concert de gala à l’Abbaye de Fontfroide, le vendredi 7 novembre. Fondé et dirigé artistiquement par le pianiste et chef d’orchestre Cyril Guillotin, ce festival, qui déploie depuis dix ans l’excellence de la musique classique dans les plus beaux domaines viticoles du Narbonnais, a choisi pour sa clôture un programme d’une ambition exceptionnelle, entre création mondiale et pages beethovéniennes parmi les plus aimées du répertoire. Au programme : le Concertino pour piano de Laurent Lefrançois, création mondiale commandée par le festival ; le Concerto pour piano n°1 op. 15 de L. van Beethoven ; et le Concerto pour violon op. 61 de Beethoven. Cyril Guillotin, fondateur et directeur artistique du festival, sera au piano pour la création et le concerto de Beethoven, et assurera aussi la direction. La violoniste Manon Galy – Révélation aux Victoires de la musique classique 2022 et 1er Violon principal invité de l’OCT – sera la soliste du Concerto pour violon. Une soirée de gala entre création contemporaine et grands classiques viennois, dans le cadre prestigieux de l’abbaye audoise.

 

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ORCHESTRE DE CHAMBRE DE TOULOUSE. « Guitare vs Mandoline » (Rodrigo, Calace, Vivaldi). Auditorium St-Pierre des Cuisines, les 3 et 5 nov 2026. Crédit photo (c) droits réservés

 

 

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