La FRANCESINA par Le Concert de l’HOSTEL DIEU

RĂ©vĂ©lation baroque : Connaissez vous La Francesina ?CONCERT DE L’HOSTEL DIEU : LA FRANCESINA par Le Concert de l’Hostel Dieu et Franck-Emmnauel COMTE. Embrasement lyrique dans le sillon d’une cantatrice devenue cĂ©lèbre au XVIIIè, Elisabeth Duparc dont le Concert de l’Hostel Dieu propose un fascinant portrait musical et donc opĂ©ratique, de l’opĂ©ra Ă  l’oratorio… Avec la soprano belge Sophie Junker qui chante les Ĺ“uvres abordĂ©es par « la Duparc » (dĂ©cĂ©dĂ©e en 1778) : airs des opĂ©ras et oratorios de Handel principalement (un disque devrait prolonger ce nouveau chantier musical ; sa parution est annoncĂ©e Ă  mi octobre 2020). Agile, douĂ©e d’un timbre de « rossignol » (ou de « fauvette » / warbling voice), Elisabeth Duparc ressuscite ainsi au moment clĂ© de la carrière du compositeur saxon oĂą parvenu Ă  une maturitĂ© artistique saisissante, il abandonne l’opĂ©ra seria italien pour crĂ©er un nouveau genre en anglais, l’oratorio. … “NĂ©e en France, formĂ©e en Italie et ayant trouvĂ© la gloire Ă  Londres, la Francesina a Ă©tĂ© une des dernières muses de Händel alors qu’il abandonnait les fastes de l’opĂ©ra italien pour l’élĂ©vation spirituelle de l’oratorio. La Duparc est une des rares soprani françaises Ă  n’avoir jamais chantĂ© en français mais toujours en italien ou en anglais, Händel a composĂ© pour elle des rĂ´les aussi importants que Semele, Iole (Hercules), Deidamia, Romilda (Serse) ou Penseroso (L’Allegro, il Penseroso ed il Moderato). La plupart de ses contemporains louaient son timbre et son agilitĂ©, les tĂ©moignages directs de Mrs Granville – Delany ou Charles Burney s’étalent sur les qualitĂ©s de sa wrabler voice (voix de fauvette). Händel lui a principalement composĂ© des airs « de rossignol » tels que « Myself I shall adore » (Semele) ou « Nasconde l’usignol » (Deidamia).

Dans ce programme, la soprano belge Sophie Junker rend hommage Ă  La Francesina et explore la collaboration qui la lia Ă  Händel pendant une dĂ©cennie. Allant de l’opĂ©ra Ă  l’oratorio, ce rĂ©cital veut mettre en lumière Ă  la fois la voix de cette Ă©gĂ©rie et au mĂŞme temps montrer comment Händel rĂ©ussit la transition dramatique entre l’opĂ©ra italien et l’oratorio anglais. Ici, Sophie Junker sera la Nuova Francesina qui rĂ©pondra Ă  la Duparc avec la mĂŞme Ă©nergie dans son fastueux rĂ©pertoire“, prĂ©cise P-O Diaz, conseiller artistique.

 

 

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La Francesina, Elisabeth Duparc, cantatrice vedette au XVIIIè…

https://www.classiquenews.com/le-concert-de-lhostel-dieu-nouvelle-saison-2019-2020-temps-forts/Eblouissement lyrique dans le sillon d’une cantatrice devenue cĂ©lèbre au XVIIIè, Elisabeth Duparc dont le Concert de l’Hostel Dieu propose un fascinant portrait musical … Avec la soprano belge Sophie Junker qui chante les Ĺ“uvres abordĂ©es par « la Duparc » : airs des opĂ©ras et oratorios de Handel. Agile, douĂ©e d’un timbre de « rossignol » (ou de « fauvette » / warbling voice), Elisabeth Duparc ressuscite ainsi. Handel Ă©crit pour elle des rĂ´les attachants dont l’Ă©paisseur tĂ©moigne du travail du Saxon dans l’Ă©criture et l’expression des passions humaines…

 

 

 

 

AGENDA : La Francesina en tournée

de septembre à décembre 2020

 Les dates de l’Ă©tĂ© 2020 sont annulĂ©es

 

 

18 septembre 2020 : Festival de Froville

26 septembre 2020 : JournĂ©es musicales d’automne de Souvigny (03)

4 décembre 2020 : Lyon, Salle Molière

 

Le planning des dates La Francesina, actualisĂ© sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU

 

Compte rendu, critique : Dialogues des Carmélites à Angers Nantes Opéra

Compte rendu, critique, OpĂ©ra. Jusqu’au 17 novembre 2013, Angers Nantes OpĂ©ra accueille la production de Dialogues des CarmĂ©lites de Francis Poulenc crĂ©Ă©e en fĂ©vrier dernier Ă  Bordeaux. Dans une nouvelle distribution, vocalement dominĂ©e par deux sopranos en Ă©tat de grâce (Blanche et Constance, les deux plus jeunes CarmĂ©lites d’un plateau presque exclusivement fĂ©minin), le spectacle lyrique se rĂ©vèle incontournable.

 

C’est comme un rĂŞve ou un cauchemar Ă©veillĂ©, vĂ©cu du dĂ©but Ă  la fin par la jeune aristocrate Blanche de la Force : victime apeurĂ©e aux heures rĂ©volutionnaires. La mise en scène de Mireille Delunsch cerne au plus près les vertiges et les terreurs d’une jeune âme indĂ©cise, subitement foudroyĂ©e par la grâce divine (concrètement exprimĂ©e par la descente depuis les cintres d’une rangĂ©e de cierges scintillants faisant toute la largeur de la scène Ă  Nantes),  qui devient dès le troisième tableau, soeur Blanche de l’Agonie du Christ : reconnaissons Ă  Anne-Catherine Gillet sa très fine incarnation de la jeune CarmĂ©lite qui dĂ©sormais n’aura d’autre choix moral que de rĂ©aliser jusqu’Ă  la mort et jusqu’au don de soi total, sa foi ardente, Ă  la fois tendre et terrifiante. Aucun doute, Ă  travers ce personnage fragile et fort Ă  la fois, attendrissant voire bouleversant, toute l’interrogation de Francis Poulenc lui-mĂŞme, sur sa foi, dans son rapport surtout Ă  la mort,  surgit sur la scène.

 

 

Blanche et Constance, deux jeunes âmes face Ă  la mort …

 

Aura-t-on vu ailleurs, semblable agonie terrifiĂ©e elle aussi quand la Prieure, expire convulsĂ©e par l’angoisse la plus violente que lui inspire le nĂ©ant ? Encore une image saisissante oĂą la faucheuse s’invite sur les planches et ne laisse rien dans l’ombre du doute qui habite Poulenc… Du livret de Bernanos, le compositeur fait un drame spirituel et psychologique Ă©poustouflant que met en lumière la mise en scène toujours très juste de Mireille Delunsch.

 

Plus apaisĂ©e et sereine, le visage rayonnant de la jeune et admirable Sophie Junker dans le  rĂ´le solaire lui, de soeur Constance : un esprit dĂ©jĂ  prĂ©parĂ© qui sait qu’elle mourra jeune dans une indicible ivresse pacifiĂ©e. La prĂ©cision du verbe, l’Ă©lĂ©gance de sa dĂ©clamation rivalise en Ă©clat et en sincĂ©ritĂ© avec celle de sa partenaire, Anne-Catherine Gillet : leur duo dans la blanchisserie (I) reste l’un des moments vocaux les plus sidĂ©rants de cette production : naturel, flexibilitĂ©, justesse Ă©motionnelle, surtout intelligibilitĂ© idĂ©ale. Deux jeunes religieuses s’y dĂ©voilent dans leur fragilitĂ©, leur angĂ©lisme tendre, leur innocence confrontĂ©e et inquiète.

 

S’agissant du plateau vocal, leurs consoeurs et confrères sont loin de partager un mĂŞme Ă©clat linguistique. Il n’est guère que la seconde Prieure, Madame Lidoine, paraissant au II (Catherine Hunold), qui atteigne une Ă©gale vĂ©ritĂ© scĂ©nique (aigus filĂ©s piano, justesse du style), se bonifiant d’Ă©pisodes en Ă©pisodes, sachant accompagner et rĂ©conforter ses filles jusqu’Ă  l’Ă©chafaud. Idem pour Mathias Vidal : son AumĂ´nier proscrit, figure fantĂ´che d’un monde perdu (fin du II), en impose lui aussi par son assise vocale, sa sĂ»retĂ© dĂ©clamĂ©e.

 

Avouons  hĂ©las notre rĂ©serve vis Ă  vis du chef, continĂ»ment brutal et prĂ©cipitĂ©, jouant les forte trop tĂ´t dans une partition qui exige un sens aigu de la gradation expressive ; sa baguette sèche et systĂ©matique, proche d’une mĂ©canique Ă©trangère Ă  toute rondeur intĂ©rieure, finit par expĂ©dier, par manque de subtilitĂ©, la ciselure de la plupart des rĂ©citatifs oĂą doit se distinguer pourtant comme dans PellĂ©as, une maĂ®trise absolue de la prosodie.

 

Visuellement, la mise en scène reste sobre et sensible : c’est un travail très prĂ©cis sur le sens d’un geste, l’interaction d’un regard, la prĂ©sence permanente de la ferveur. D’Ă©vidence, l’expĂ©rience de la metteure en scène, ex grande diva, de La Traviata Ă  la folie dans PlatĂ©e, chanteuse et actrice prĂŞte Ă  tous les risques, pèse de tout son poids.
Grâce aux protagonistes que l’on vient de distinguer, l’ouvrage de Poulenc saisit par sa coupe dramatique intense, une course hâletante jusqu’au couperet, qui depuis son dĂ©but, finit dans sa rĂ©solution par vous glacer le sang. MalgrĂ© nos rĂ©serves sur la direction du chef, le spectacle est une incontestable rĂ©ussite. A dĂ©couvrir jusqu’au 17 novembre 2013 Ă  Nantes puis Ă  Angers. Voir les dates prĂ©cises, visiter le site d’Angers Nantes OpĂ©ra saison 2013-2014
 

 

Nantes. OpĂ©ra Graslin, le 15 octobre 2013. Poulenc: Dialogues des CarmĂ©lites. Anne-Catherine Gillet (Blanche), Sophie Junker (Constance) … Mireille Delunsch, mise en scène. Jacques Lacombe, direction

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