Compte-rendu, opĂ©ra. Norma de Bellini au cinĂ©ma. Paris, le 26 septembre 2016. Sonya Yoncheva, Antonio Pappano…

yoncheva-sonya-norma-bellini-londres-roh-classiquenews-582-700-annonce-critiqueCompte-rendu, opĂ©ra. Norma de Bellini au cinĂ©ma. Paris, le 26 septembre 2016. Sonya Yoncheva, Antonio Pappano… Casta Diva Ă  Covent Garden. EvĂšnement au Covent Garden de Londres : Norma, le chef d’Ɠuvre bellinien, revient Ă  l’affiche aprĂšs plus de trente ans d’absence. Pour cĂ©lĂ©brer dignement ce retour, la maison londonienne avait misĂ© sur des premiĂšres fois, de celles qui comptent : sa premiĂšre incarnation du rĂŽle-titre pour Anna Netrebko, le premier Pollione de Joseph Calleja, et la premiĂšre lecture de l’Ɠuvre pour Antonio Pappano, le directeur musical de l’institution. Las, quatre mois avant la premiĂšre, au moment de l’annonce de la nouvelle saison, la diva russe renonce, avançant Ă©tonnamment l’évolution de sa nature vocale comme argument. Branle-bas de combat au sein du thĂ©Ăątre, il s’agit, pour que l’évĂšnement conserve son caractĂšre exceptionnel, de trouver une remplaçante avec laquelle l’enjeu demeure similaire. C’est Sonya Yoncheva, toujours prĂȘte Ă  de nouveaux dĂ©fis, qui accepte courageusement de relever la gageure.

Nous étions donc curieux de suivre la retransmission que proposait la Royal Opera House à travers le monde depuis sa grande salle. Confortablement installés dans les larges fauteuils du cinéma Publicis sis sur les Champs-Elysées, nous avons pu goûter au superbe niveau de cette soirée.

DĂ©jĂ , le spectaculaire dispositif scĂ©nique imaginĂ© par le collectif espagnol La Fura dels Baus, composĂ© de centaines de crucifix amoncelĂ©s pour former un espace Ă  la fois grandiose et oppressant qui rappelle souvent une cathĂ©drale. La scĂ©nographie place l’histoire de Norma au sein d’une secte d’inspiration catholique, multipliant les symboles et les rites. On se souviendra longtemps des aveux d’Adalgisa jouĂ©s comme une vĂ©ritable confession religieuse, Norma pouvant ainsi, cachĂ©e dans l’ombre, se laisser aller aux souvenirs de son amour alors naissant. On regrette seulement le dĂ©cor lourdement ratĂ© reprĂ©sentant l’intimitĂ© de la prĂȘtresse et de ses enfants cachĂ©s, mobilier moderne et froid d’un appartement moderne, avec tĂ©lĂ©vision diffusant sans interruption un dessin animĂ©, irruption brutale et dĂ©sagrĂ©able d’une temporalitĂ© actuelle au sein d’une mise en scĂšne qui cultive une intemporalitĂ© des plus apprĂ©ciables. Les gros plans imposĂ©s par la camĂ©ra permettent en outre d’isoler le magnifique duo entre les deux femmes au deuxiĂšme acte, lĂ  oĂč les plans larges nous rĂ©vĂšlent, alors que la partition atteint son apogĂ©e dans la finesse, la fille de Norma qui parcourt la scĂšne en rebondissant sur un ballon (!), dĂ©tail pour le moins incongru et inutile qui doit, on l’imagine, tuer dans l’Ɠuf toute Ă©motion depuis la salle. Et pourquoi terminer l’Ɠuvre sur l’image d’Oroveso abattant sa fille d’une balle dans la tĂȘte ? Des questions sans rĂ©ponses, mais qui n’entachent pas une production qui reste en grande partie trĂšs belle.

La distribution rĂ©unie pour l’occasion se rĂ©vĂšle globalement excellente. Aux cĂŽtĂ©s de trĂšs bons seconds rĂŽles, comme toujours sur la premiĂšre scĂšne londonienne, on passera rapidement sur un Oroveso indigne, court de timbre comme d’aigus, n’ayant Ă  faire valoir qu’un grave sonore.

Promenant son Adalgisa sur toutes les scĂšnes du monde depuis plus de vingt ans, Sonia Ganassi fait montre d’un beau mĂ©tier, mais la prise de son accentue l’usure de son timbre et Ă©touffe ses aigus forte, qui doivent pleinement sonner en salle. Son jeu, parfois trop hystĂ©rique et agitĂ© Ă  notre goĂ»t, pĂątit de la proximitĂ© de la camĂ©ra, mais demeure toujours engagĂ© et sincĂšre.

Un peu Ă  la peine dans ses premiĂšres interventions, Joseph Calleja se mesure Ă  un rĂŽle un peu trop lourd pour lui, mais il l’affronte avec ses moyens et fait bĂ©nĂ©ficier ce personnage souvent sacrifiĂ© de toute sa palette de nuances, jusqu’à des aigus piano superbes. PassĂ©e une cabalette Ă  la vaillance un peu ardue, son art du chant rĂ©ussit Ă  rendre intĂ©ressant le proconsul romain et son duo avec Adalagisa, de toute beautĂ©, demeure l’un des sommets de la soirĂ©e. La prise de son, en captant surtout son Ă©mission particuliĂšre, comme mixte sur toute la tessiture, au dĂ©triment de la projection en salle, accentue la singularitĂ© de son portrait vocal. Pleinement concernĂ© scĂ©niquement, le tĂ©nor maltais semble avoir beaucoup progressĂ© dans la caractĂ©risation thĂ©Ăątrale et on salue sa prestation.

Reste le rĂŽle-titre, l’une des Ă©tapes majeures dans une carriĂšre de soprano. On craignait un peu cette prise de rĂŽle qui nous apparaissait prĂ©maturĂ©e dans le parcours de Sonya Yoncheva. La soprano bulgare a-t-elle eu raison de se mesurer Ă  ce personnage mythique ? AssurĂ©ment. Doit-t-elle persĂ©vĂ©rer dans cette voie ? Rien n’est moins sĂ»r. DĂšs les premiĂšres notes, et jusqu’aux derniers accords, on demeure de bout en bout admiratifs du travail accompli par la chanteuse en Ă  peine quatre mois.

Norma d’importance

yoncheva sonya norma au rohAdmiratifs et profondĂ©ment touchĂ©s par sa comprĂ©hension du rĂŽle, tellement juste et personnelle ; par son jeu habitĂ© de bout en bout jusqu’aux regards flamboyants ; par la splendeur de son mĂ©dium encore davantage flattĂ© par le micro ; par sa diction splendide, incisive et mordante, dont on ne perd pas une syllabe ; par son impeccable style belcantiste, jusqu’aux variations dans les reprises. A beaucoup d’Ă©gards dĂ©jĂ , Sonya Yoncheva signe ici une Norma d’importance. Et pourtant l’inquiĂ©tude n’est jamais trĂšs loin quant Ă  l’Ă©volution de sa voix. Les piani difficiles et souvent dĂ©timbrĂ©s lorsqu’ils sont tentĂ©s ; l’aigu forte attaquĂ© soit de front et en force, soit marquĂ© par un vibrato qui tend Ă  s’élargir dangereusement et qui Ă©voque parfois la Callas des derniĂšres annĂ©es ; la couleur alĂ©atoire, parfois claire et naturelle, souvent assombrie et appuyĂ©e dans le mĂ©dium, malgrĂ© la splendeur du timbre. Autant de dĂ©tails qui semblent de mauvais augure pour l’avenir d’une chanteuse de seulement 34 ans, aussi douĂ©e soit-elle. Sa Leila flamboyante Ă  l’OpĂ©ra Comique date d’il y a seulement quatre ans, la mĂ©tamorphose rapide et radicale qui semble depuis avoir Ă©tĂ© la sienne nous contraint Ă  former des vƓux de prudence pour la suite de sa carriĂšre, afin de pouvoir profiter encore longtemps des talents rares de cette artiste exceptionnelle Ă  maints Ă©gards.

Couvant amoureusement tout ce petit monde, Antonio Pappano rĂ©alise un coup de maitre pour sa premiĂšre Norma, et se positionne comme le vĂ©ritable protagoniste de la soirĂ©e. Suivi comme un seul homme par tout un orchestre en Ă©tat de grĂące, il tisse un tapis sonore sous les pas des chanteurs, offrant Ă  leurs voix un vĂ©ritable Ă©crin. Trouvant la juste pulsation de la phrase bellinienne, le chef amĂ©ricain dĂ©roule des trĂ©sors d’équilibre et de legato, tout en sachant dĂ©chaĂźner les tempĂȘtes au bon moment, notamment dans le final du premier acte, tourbillon de rage et de colĂšre. Une confirmation, s’il en Ă©tait besoin, de son immense talent de chef d’opĂ©ra, qui le rend si prĂ©cieux aujourd’hui.

Une trÚs belle soirée, guidée par le maßtre-mot : émotion.

Compte-rendu, opĂ©ra. Norma de Bellini au cinĂ©ma. Paris, le 26 septembre 2016. Sonya Yoncheva, Antonio Pappano…

Cinéma : Sonya Yoncheva chante Norma

CINEMA. Sonya Yoncheva chante Norma, lundi 26 septembre 2016, 19h30. En direct du Royal Opera House de Covent Garden, les salles de cinéma diffusent la prise de rÎle événement de cette rentrée lyrique européenne : Norma par la soprano vedette Sonya Yoncheva.

 

 

yoncheva-sonya-norma-bellini-londres-roh-classiquenews-582-700-annonce-critique A l’affiche du Royal Opera House de Covent Garden Ă  Londres, le sommet belcantiste de Bellini, Norma de 1831, permet actuellement une prise de rĂŽle proche du sublime par la soprano Sonya Yoncheva, – pour classiquenews, l’une des divas assolutas de l’heure, avec sa consoeur Anna Netrebko (dont le rĂ©cent album discographique Verismo a obtenu le CLIC de CLASSIQUENEWS de septembre 2016) 
 Chanter Norma dans le sillon de la crĂ©atrice, Giuditta Pasta n’est pas chose aisĂ©e pour toutes les cantatrices laurĂ©ates Ă  relever les dĂ©fis de ce rĂŽle de femme forte, tragique, toujours digne. Sa grandeur morale fait plier finalement tous ses ennemis, y compris l’indigne romain Pollione, qui l’a abandonnĂ©e pour une plus jeune (Adalgisa) et dont elle a eu deux enfants. MĂšre et femme trahie, Norma incarne un personnage mythique de l’opĂ©ra romantique italien auquel Sonya Yoncheva apporte sa couleur sensuelle et ses dons de tragĂ©dienne extatique, langoureuse, hallucinante (en particulier dans le fameux air Ă  la lune, “Casta diva », air lĂ©gendaire qui a fait le triomphe avant elle, de Maria Callas ou de Montserrat Caballe). Une prise de rĂŽle Ă©vĂ©nement qui explique pourquoi il ne faut manquer sous aucun prĂ©texte cette production diffusĂ©e au cinĂ©ma, ce (lundi) 26 septembre 2016, Ă  partir de 20h, dans les salles partenaires de l’Ă©vĂ©nement.

royal opera house opera au cinemaAutres arguments de cette production londonienne de Norma
 Dans la fosse, l’excellent Antonio Pappano (directeur musical du Royal Opera House / ROH) qui sait ciseler la tenue de l’orchestre dans son rapport aux voix (c’est lui qui dirige Puccini et les vĂ©ristes italiens choisis par Anna Netrebko dans son rĂ©cent recueil « verismo » Ă©ditĂ© chez Deutsche Grammophon. La rĂ©alisation scĂ©nique et visuelle est signĂ©e du truculent et parfois dĂ©lirant Àlex OllĂ©, l’un des directeurs de la compagnie catalane La Fura dels Baus. Pour cette Norma, le metteur en scĂšne inscrit l’action de la prĂȘtresse gauloise dans un contexte de guerre menĂ©e par les extrĂȘmes d’une sociĂ©tĂ© religieuse fanatique. Aux cĂŽtĂ©s de la soprano vedette, distinguons le tĂ©nor maltais riche en finesse et tension dramatique :  Joseph Calleja (Pollione), mais aussi Sonia Ganassi (la jeune prĂȘtresse Adalgisa) et Brindley Sherratt (Oroveso, le pĂšre de Norma). DurĂ©e indicative : 3h, comprenant 1 entracte, une prĂ©sentation de 15 minutes.

 

 

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Norma diffusée ainsi depuis Londres ouvre la nouvelle saison du ROH Live Cinema, diffusion dans les salles de cinéma en France des spectacles opéras et ballets de ROH / Royal Opera House de Londres (12 soirées sont annoncées pour cette saison, 6 opéras et 6 ballets).

 
LUNDI 26 SEPTEMBRE 2016, 19h30 : Norma de Bellini, en direct du Royal Opera House de Covent Garden, Londres‹ / ChantĂ© en italien avec des sous-titres en anglais

NORMA : SONYA YONCHEVA
POLLIONE : JOSEPH CALLEJA
ADALGISA : SONIA GANASSI
MUSIQUE – VINCENZO BELLINI
CHEF D’ORCHESTRE : ANTONIO PAPPANO
METTEUR EN SCENE : ÀLEX OLLÉ

 

 

 

+ D’INFOS: sur le site du ROH Royal Opera House de Londres / Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, Ă  l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016

 

Norma de Bellini par Sonya Yoncheva à Londres est diffusé aussi sur la radio BBC 3, le 5 novembre 2016 18h30

Norma de Bellini avec Sonya Yoncheva, Ă  l’affiche du Royal Opera House de Covnent Garden Londres, du 23 septembre au 8 octobre 2016

 

 

+ D’INFOS sur le site du ROH Londres

 

 

LES SALLES EN FRANCE partenaires du ROH, qui diffusent NORMA, le 26 septembre 2016, 19h30 : consulter le site du ROH Live cinema 

 

 

LONDRES, ROH : Sonya Yoncheva chante Norma (12-26 septembre 2016)

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante IrisLONDRES, ROH. Norma de Bellini : 12-26 septembre 2016. Sonya Yoncheva chante Norma. Elle a triomphĂ© dans La Traviata de Verdi Ă  l’OpĂ©ra Bastille (applaudie vĂ©cue en juin dernier, affirmant par son onctueuse fĂ©minitĂ©, l’une des Violettas les plus raffinĂ©es et convaincantes qui soient, avec sa consƓur albanaise Ermolena Jaho, grande victorieuse des ChorĂ©gies d’Orange 2016), Sonya Yoncheva poursuit sa carriĂšre de haut vol : aprĂšs plus rĂ©cemment une Iris de Mascagni, toute autant voluptueusement aboutie Ă  Montpellier, voici Ă  Londres, sa Norma de Bellini (1831), un rĂŽle qui en plus de la beautĂ© de son timbre de miel, devrait aussi confirmer son belcanto, avec phrasĂ©s et vocalises Ă  l’envi
 Le Royal Opera House prĂ©sente ainsi sa nouvelle production de Norma, prĂȘtresse Ă  la lune et fille du druide Oroveso, mariĂ©e secrĂštement au Consul romain Pollione mais honteusement trahie par lui, alors qu’elle a eu deux fils du romain. Mais l’homme est faible et lui prĂ©fĂšre Ă  prĂ©sent une jeunette plus adorable (Adalgisa, elle aussi prĂȘtresse gauloise).
La tendresse du rĂŽle, son caractĂšre noble et Ă©nigmatique, sa moralitĂ© aussi font du personnage de Norma, sublime vertueuse, l’un des plus complexes et admirables du rĂ©pertoire romantique italien. Bellini et son librettiste Romani excellent aussi Ă  peindre l’amitiĂ© entre les deux femmes, toutes deux liĂ©es Ă  Pollione, mais inspirĂ©es par un idĂ©al de loyautĂ© des plus respectables. Adalgisa jure d’inflĂ©chir le coeur de Pollione pour qu’il revienne auprĂšs de Norma et ses deux garçons (duo magique Norma / Adalgisa : « Si, fino all’ore », acte II). Ainsi c’est dans la mort et les flammes, que Norma et Pollione se retrouvent unis pour l’éternitĂ©. Sur les traces de la crĂ©atrice de Norma, Giuditta Pasta, Sonya Yoncheva s’apprĂȘte Ă  endosser l’un des rĂŽles qui pourraient bien davantage affirmer sa grande suprĂ©matie vocale comme sa grĂące dramatique. Avec Anna Netrebko son aĂźnĂ©e, une diva d’une irrĂ©sistible vĂ©ritĂ©, doublĂ©e d’une hyperfĂ©minitĂ© particuliĂšrement troublante. Aux cĂŽtĂ©s de Sonya Yoncheva, le tĂ©nor superstar maltais Joseph Calleja, au timbre dĂ©licat et au style raffinĂ©, devrait lui aussi convaincre dans le rĂŽle du romain d’abord traĂźtre honteux, puis touchĂ© par la noblesse de Norma, loyal Ă  son premier amour et prĂȘt Ă  mourir avec elle
 Nouvelle production londonienne incontournable. LIRE notre prĂ©sentation de Norma par Sonya Yoncheva

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DVD, compte rendu critique. Verdi : Otello (Yoncheva, Lucic, NĂ©zet-SĂ©guin, 2015)

sony88985308909DVD, compte rendu critique. Verdi : Otello (Yoncheva, Lucic, NĂ©zet-SĂ©guin, 2015). Septembre 2015, la bulgare Sonya Yoncheva, voix carressante, timbre meliflu (bientĂŽt sur les traces de la sublime et cĂąline Fleming, qui chanta ici mĂȘme avant Netrebko, Desdemona?), d’une hyperfĂ©minitĂ© qu’elle partage avec Anna Netrebko justement, cumule depuis quelques mois, comme sa consƓur, capable de surperbes dĂ©fis vocaux (chez Verdi et Puccini), s’affirme peu Ă  peu comme la voix internationale que le milieu lyrique attendait : sa Desdemona au Metropolitan Opera de New York, saisit, captive, s’impose par une musicalitĂ© juvĂ©nile, d’une richesse expressive et poĂ©tique admirable. FragilitĂ© et finesse, rondeur et puissance du chant. Ces qualitĂ©s ont fait depuis, la grĂące habitĂ©e de sa Traviata Ă  l’OpĂ©ra Bastille, ou le cristal adolescent de sa comtesse des Noces de Figaro dans un rĂ©cent enregistrement Ă©ditĂ© par Deutsche Grammophon, live de Baden Baden sous la direction du mĂȘme chef, NĂ©zet-SĂ©guin (LIRE notre compte rendu des Noces de Figaro avec Sonya Yoncheva Ă  Baden Baden 2015). Sous le conduite du mĂȘme chef, « La Yoncheva » affirme un tempĂ©rament souverain : et hors de la tradition de ses grandes aĂźnĂ©es (Tebaldi, Freni, Te Kanawa
), cisĂšle une grĂące fĂ©minine (sa signature dĂ©sormais), qui aux cĂŽtĂ©s de la sensibilitĂ© sacrificielle finale, s’accompagne d’une assurance fĂ©line dans ses confrontations avec l’infĂąme Iago.

Succédant à Fleming et Netrebko,

Yoncheva, nouvelle reine du Met

Sonya Yoncheva : la nouvelle diva 2015 !Mais le point fort de cette production revient aussi Ă  celui justement qui tire les ficelles, le jaloux rongĂ© par l’impuissance, ce Iago parfait dĂ©mon cynique auquel le superbe Zeljko Lucic offre sa prĂ©sence et une vĂ©ritĂ© prodigieuse. Seul il n’était rien. Manipulant un Otello trop carrĂ©, Iago triomphe indirectement. Car ici Otello, le maure complexĂ© par sa couleur de peau (ici aspect Ă©cartĂ©, Ă  torts), est plus brute Ă©paisse qu’amoureux en doute (le letton Aleksandrs Antonenko demeure bien instable, son personnage mal assumĂ©, inabouti ou trop carrĂ© : un comble d’autant plus criant confrontĂ© aux deux portraits captivants de ses deux partenaires
), il conviendrait que le tĂ©nor qui ne manque pas de puissance, affine considĂ©rablement son approche pour Ă©viter des attitudes 
.souvent ridicules. GrĂące Ă  l’éclair expressif qu’apporte le baryton serbe en revanche, le couple Otello et Iago / Lucic forme un monstre Ă  deux tĂȘtes qui dĂ©vore la finesse de Yoncheva pourtant lionne autant que gazelle; sa priĂšre en fin d’action est dĂ©chirante : sobre, tĂ©nue, murmurĂ©e, au legato quasi bellinien.
otello desdemona sonya yoncheva metropolitan opera new york opera classiquenewsParmi les comprimari, -rĂŽles « secondaires », saluons le trĂšs juste et sĂ©duisant Cassio du prometteur Dimitri Pittas. Futur directeur musical du Metropolitan, le maestro adulĂ© actuellement Yannick NĂ©zet-SĂ©guin prĂȘte une attention continue pour les instruments, relief de chaque timbre dans une partition souvent cataclysmique, et aussi introspective : contrastes et vertiges dignes de Shakespeare
 on guettera son prochain Otello, avec un fini orchestral cette fois totalement maĂźtrisĂ©. De toute Ă©vidence, le dvd est plus que recommandable, pour entre autres les confrontations Yoncheva et Lucic, la direction efficace de NĂ©zet-SĂ©guin : un must contemporain made in New York.

DVD, compte rendu critique. Verdi : Otello. Aleksandrs Antonenko (Otello), Sonya Yoncheva (Desdemona), Ćœeljko Lučić (Iago), Chad Shelton (Roderigo), Dimitri Pittas (Cassio), Jennifer Johnson Cano (Emilia), Tyler Duncan (A herald), GĂŒnther Groissböck (Lodovico), Jeff Mattsey (Montano)
 Metropolitan Opera & Chorus. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction. 1 dvd Sony classical 889853089093, enregistrĂ© en septembre 2015.

Iris de Mascagni Ă  Montpellier

yoncheva_sonya_recital_parisMONTPELLIER. Mardi 26 juillet 2016, 20h. Mascagni : Iris. Sonya Yoncheva est Iris. En direct de Montpellier. Elle vient de triompher dans La Traviata Ă  l’OpĂ©ra Bastille, puis sort victorieuse de la mĂȘme façon dans l’enregistrement attendu des Noces de Figaro en provenance de Baden Baden Ă©tĂ© 2015 (parution de juillet 2016 chez Deutsche Grammophon). En 1898, soit huit ans aprĂšs son premier chef d’Ɠuvre, Cavaleria Rusticana (crĂ©Ă© en mai 1890), Mascagni frappe un nouveau grand coup : comme ClĂ©tie (changĂ©e en tournesol, selon les MĂ©tamorphoses du magicien conteur Ovide), Iris, elle aussi ne rĂ©vĂšre que le soleil. L’auteur du chef d’oeuvre Cavalleria Rusticana, vrai manifeste du vĂ©risme musical, saisissant par ses effluves lyriques comme ses atmosphĂšres vaporeuses iridescentes Ă  l’orchestre, se passionne pour l’épopĂ©e de la fille fleur, Iris, innocente victime de la barbarie des hommes. Comme ses confrĂšres tentĂ©s par l’orientalisme, proche en cela des fantasmagories japonisantes de Madame ChrysanthĂšme (AndrĂ© Messager), inspirĂ©e de Loti, et bientĂŽt de la tragique Madame Butterfly (Puccini), Mascagni s’entiche lui aussi de la grĂące extrĂȘme-orientale, matiĂšre Ă  de riches Ă©vocations symphoniques dont la poĂ©sie instrumentale et mĂ©lodique renouvelle la rĂ©ussite de Cavaleria. A l’heure de l’Art nouveau, Iris Ă©voque immanquablement une rĂȘverie voluptueuse porteuse d’un Ă©rotisme musical qui devrait se rĂ©vĂ©ler idĂ©al au timbre charnel et Ă©lĂ©gantissime de la diva du moment, la bulgare Sonya Yoncheva.

En crĂ©ature du dĂ©sir et de l’amour souverain, la soprano qui entretient une relation amoureuse avec la France et Paris : cf son premier cd Ă©vĂ©nement Ă©ditĂ© par Sony « Paris mon amour », CLIC de CLASSIQUENEWS) devrait Ă©blouir par son timbre veloutĂ©, naturel, d’une sensualitĂ© adolescente, d’une sincĂ©ritĂ© irrĂ©sistible (celle-lĂ  mĂȘme qui fait le miracle de sa Comtesse mozartienne).
Iris est la proie de tous les dĂ©sirs masculins, dĂ©voilĂ©e telle PhrynĂ©, aux fantasmes masculins par le tenancier d’une maison de geishas au service du sĂ©ducteur qui la courtise, maudite par son pĂšre, elle ne doit son salut qu’Ă  l’astre des jours qui l’accueille en son ciel.
Mais humiliĂ©e, sacrifiĂ©e sur la terres des hommes indignes, Iris est sauvĂ©e par son adoration au soleil, et l’hymne qui en dĂ©coule, l’Hymne au soleil, cĂ©lĂšbre Ă  juste titre, affirme l’ivresse raffinĂ©e du Mascagni orchestrateur, mĂ©lodie aguerri, toujours admirĂ© pour son tempĂ©rament dramatique et poĂ©tique. C’est dire l’évĂ©nement que constitue la recrĂ©ation d’Iris de Mascagni au Festival Radio France et Montpellier ce 26 juillet 2016.

PIETRO MASCAGNI  1863-1945
Iris
Opéra en 3 actes (1898)
Livret de Luigi Illica
Version de concert

Sonya Yoncheva, soprano, Iris‹Andrea CarĂš, tĂ©nor, Osaka
Gabriele Viviani, baryton, Kyoto
Nikolay Didenko, basse, Il Cieco
Paola Gardina,  mezzo-soprano, Una GuÚcha
Marin Yonchev, ténor, Il Cenciaiulo
Karlis Rutentals, tĂ©nor (soliste du chƓur de la Radio Lettone), Un Merciaiuolo
Laurent SĂ©rou, baryton (soliste du chƓur de l’OpĂ©ra de Montpellier) : Un Cenciaiuolo

ChƓur OpĂ©ra national Montpellier Languedoc-Roussillon
Chef de chƓur  NoĂ«lle GĂ©ny
ChƓur de la Radio Lettone
Chef de chƓur  Sigvards Klava
Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon
Chef de chant  Anne PagÚs-Boisset

Domingo Hindoyan, direction

Synopsis

‹Au Japon, XIXe siĂšcle. Acte 1 : Encore pure et prĂ©servĂ©e, la jeune Iris qui s’occupe de son pĂšre aveugle est dĂ©sirĂ©e par le jeune et riche Osaka. L’un de ses rĂȘves est prĂ©monitoire : sa poupĂ©e est violentĂ©e par des monstres
 A la faveur d’une reprĂ©sentation de marionnettes sur le thĂšme de l’amour et de la mort, Iris est enlevĂ©e par Osaka et son complice, Kyoto, proxĂ©nĂšte, propriĂ©taire d’une maison de geishas.

Acte 2. Iris se rĂ©veille captive dans la maison des plaisirs qui la comble de confort. Kyoto l’expose au dĂ©sir des passants de plus en plus insistants ; survient son pĂšre qui croyant que sa fille a vendu son corps, la punit en la couvrant de boue.

Acte 3. A demi consciente, Iris reçoit alors la visite de trois allégories Veulerie, Luxure et Egoïsme et remet son sort au soleil en un hymne devenu culte.

VOIR la prĂ©sentation d’Iris de Mascagni sur le site du Festival de Radio France et Montpellier 2016

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatriĂšme opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂŽte 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂŽt et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine
.). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grĂące et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante priĂšre d’une Ăąme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consƓurs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et
 surtout le caractĂšre et l’ñge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂȘme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses cĂŽtĂ©s, deux autres chanteuses sont du mĂȘme niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mĂ»re) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilitĂ© de son ultime air avec rĂ©citatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella  »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempĂ©rament de feu dans le rĂŽle travesti de ChĂ©rubin. Les 3 artistes Ă©blouissent Ă  chacune de leur intervention et dans les ensembles. MĂȘme Regula MĂŒhlemann fait une Barberine touchante (cherchant son Ă©pingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semĂ©s tout au long de l’action) au dĂ©but du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick NĂ©zet SĂ©guin respecte l’ordre originel des airs et sĂ©quences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : Ă©patante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grĂące) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂȘme si l’orchestre est placĂ©e derriĂšre les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂȘtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la premiĂšre coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grĂące Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4Ăš Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula MĂŒhlemann, Jean-Paul FauchĂ©court, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon
 Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet SĂ©guin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

RecrĂ©ation d’Iris de Mascagni Ă  Montpellier

yoncheva_sonya_recital_parisFrance Musique. Mardi 26 juillet 2016, 20h. Mascagni : Iris. Sonya Yoncheva est Iris. En direct de Montpellier. Elle vient de triompher dans La Traviata Ă  l’OpĂ©ra Bastille, puis sort victorieuse de la mĂȘme façon dans l’enregistrement attendu des Noces de Figaro en provenance de Baden Baden Ă©tĂ© 2015 (parution de juillet 2016 chez Deutsche Grammophon). En 1898, soit huit ans aprĂšs son premier chef d’Ɠuvre, Cavaleria Rusticana (crĂ©Ă© en mai 1890), Mascagni frappe un nouveau grand coup : comme ClĂ©tie (changĂ©e en tournesol, selon les MĂ©tamorphoses du magicien conteur Ovide), Iris, elle aussi ne rĂ©vĂšre que le soleil. L’auteur du chef d’oeuvre Cavalleria Rusticana, vrai manifeste du vĂ©risme musical, saisissant par ses effluves lyriques comme ses atmosphĂšres vaporeuses iridescentes Ă  l’orchestre, se passionne pour l’épopĂ©e de la fille fleur, Iris, innocente victime de la barbarie des hommes. Comme ses confrĂšres tentĂ©s par l’orientalisme, proche en cela des fantasmagories japonisantes de Madame ChrysanthĂšme (AndrĂ© Messager), inspirĂ©e de Loti, et bientĂŽt de la tragique Madame Butterfly (Puccini), Mascagni s’entiche lui aussi de la grĂące extrĂȘme-orientale, matiĂšre Ă  de riches Ă©vocations symphoniques dont la poĂ©sie instrumentale et mĂ©lodique renouvelle la rĂ©ussite de Cavaleria. A l’heure de l’Art nouveau, Iris Ă©voque immanquablement une rĂȘverie voluptueuse porteuse d’un Ă©rotisme musical qui devrait se rĂ©vĂ©ler idĂ©al au timbre charnel et Ă©lĂ©gantissime de la diva du moment, la bulgare Sonya Yoncheva.

En crĂ©ature du dĂ©sir et de l’amour souverain, la soprano qui entretient une relation amoureuse avec la France et Paris : cf son premier cd Ă©vĂ©nement Ă©ditĂ© par Sony « Paris mon amour », CLIC de CLASSIQUENEWS) devrait Ă©blouir par son timbre veloutĂ©, naturel, d’une sensualitĂ© adolescente, d’une sincĂ©ritĂ© irrĂ©sistible (celle-lĂ  mĂȘme qui fait le miracle de sa Comtesse mozartienne).
Iris est la proie de tous les dĂ©sirs masculins, dĂ©voilĂ©e telle PhrynĂ©, aux fantasmes masculins par le tenancier d’une maison de geishas au service du sĂ©ducteur qui la courtise, maudite par son pĂšre, elle ne doit son salut qu’Ă  l’astre des jours qui l’accueille en son ciel.
Mais humiliĂ©e, sacrifiĂ©e sur la terres des hommes indignes, Iris est sauvĂ©e par son adoration au soleil, et l’hymne qui en dĂ©coule, l’Hymne au soleil, cĂ©lĂšbre Ă  juste titre, affirme l’ivresse raffinĂ©e du Mascagni orchestrateur, mĂ©lodie aguerri, toujours admirĂ© pour son tempĂ©rament dramatique et poĂ©tique. C’est dire l’évĂ©nement que constitue la recrĂ©ation d’Iris de Mascagni au Festival Radio France et Montpellier ce 26 juillet 2016.

PIETRO MASCAGNI  1863-1945
Iris
Opéra en 3 actes (1898)
Livret de Luigi Illica
Version de concert

Sonya Yoncheva, soprano, Iris‹Andrea CarĂš, tĂ©nor, Osaka
Gabriele Viviani, baryton, Kyoto
Nikolay Didenko, basse, Il Cieco
Paola Gardina,  mezzo-soprano, Una GuÚcha
Marin Yonchev, ténor, Il Cenciaiulo
Karlis Rutentals, tĂ©nor (soliste du chƓur de la Radio Lettone), Un Merciaiuolo
Laurent SĂ©rou, baryton (soliste du chƓur de l’OpĂ©ra de Montpellier) : Un Cenciaiuolo

ChƓur OpĂ©ra national Montpellier Languedoc-Roussillon
Chef de chƓur  NoĂ«lle GĂ©ny
ChƓur de la Radio Lettone
Chef de chƓur  Sigvards Klava
Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon
Chef de chant  Anne PagÚs-Boisset

Domingo Hindoyan, direction

Synopsis

‹Au Japon, XIXe siĂšcle. Acte 1 : Encore pure et prĂ©servĂ©e, la jeune Iris qui s’occupe de son pĂšre aveugle est dĂ©sirĂ©e par le jeune et riche Osaka. L’un de ses rĂȘves est prĂ©monitoire : sa poupĂ©e est violentĂ©e par des monstres
 A la faveur d’une reprĂ©sentation de marionnettes sur le thĂšme de l’amour et de la mort, Iris est enlevĂ©e par Osaka et son complice, Kyoto, proxĂ©nĂšte, propriĂ©taire d’une maison de geishas.

Acte 2. Iris se rĂ©veille captive dans la maison des plaisirs qui la comble de confort. Kyoto l’expose au dĂ©sir des passants de plus en plus insistants ; survient son pĂšre qui croyant que sa fille a vendu son corps, la punit en la couvrant de boue.

Acte 3. A demi consciente, Iris reçoit alors la visite de trois allégories Veulerie, Luxure et Egoïsme et remet son sort au soleil en un hymne devenu culte.

VOIR la prĂ©sentation d’Iris de Mascagni sur le site du Festival de Radio France et Montpellier 2016

Stabat Mater de Pergolesi

pergolesi-portrait-pergolese-PERGOLESI-giovanni-battista-Ubaldi-Giovanni-Battista-PergolesiPARIS. Lundi 27 juin 2016, 20h. Stabat Mater de Pergolesi. Duo de rĂȘve probablement au TCE pour l’un des sommets de la ferveur du Baroque italien, en particulier napolitain : Sonya Yoncheva (qui vient de chanter Traviata Ă  Paris et incarne La Comtesse des Noces de Mozart dans l’enregistrement pilotĂ© par Yannick SĂ©guin, Ă  paraĂźtre ce 8 juillet 2016), et Karine Deshayes, soit la soprano et la mezzo parmi les chanteuses les plus convaincantes de l’heure. La partition est datĂ©e de 1736 soit quelques jours avant la mort de son auteur (Ă  26 ans), ce qui en fait une sorte de testament et de Requiem personnel
 L’ensemble Amarillis complĂšte le programme en jouant des Ɠuvres instrumentales de Scarlatti, Mancini, Durante, soit quelques perles de l’essor de l’école napolitaine au dbut du XVIIIĂšme, celle en France des Campra et Couperin mĂ»rs, des Rameau naissant (crĂ©ation d’Hippolyte et Aricie en 1733).

Stabat Mater de PergolesiDOULEUR DE LA MERE
 Divin poĂšme de la douleur, selon Bellini, le Stabat mater de PergolĂšsi est son chant du cygne, tout juste achevĂ© en 1736, Ă  Pozzuoli dans le monastĂšre des pauvres Capucins, (et lĂ©guĂ© Ă  son maĂźtre Francesco Feo) avant qu’il ne meurt de tuberculose ou de la  maladie pulmonaire qui le rongeait depuis son enfance 
 Ă  26 ans. La partition est une commande de la ConfraternitĂ© de Saint-Louis du Palais. Le duo initial en fa mineur impose la profonde et grave priĂšre Ă  deux voix : c’est ensuite une alternance entre solos (Quae maerebat, Eja mater, Fac ut portem, pour contralto ; Vidit suum pour soprano), et duos plus ou moins dĂ©veloppĂ©s dont l’ample et long Fac ut ardent cor meum, la sĂ©quence la plus brillante. D’une durĂ©e de 25 mn, les deux solistes vocalisent, se rĂ©pondent, fusionnent, tĂ©moins de la douleur de la MĂšre accablĂ©e au pied de la croix sur laquelle meurt le Fils crucifiĂ©. DĂ©ploration, priĂšre d’une ineffable douleur, deuil inconsolable et aussi Ă©lan vers la grĂące et l’éblouissement grĂące Ă  la suavitĂ© Ă  deux voix de la musique du divin PergolĂšse.

 

 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Lundi 27 juin 2016, 20h
RÉSERVER

Sonya Yoncheva,  soprano
Karine Deshayes,  mezzo-soprano
Ensemble Amarillis
Scarlatti : Concerto grosso n°3 en fa Majeur (extrait des six concertos à sept parties)
Mancini : Sonata n° 14 en sol mineur
Durante : Concerto grosso en fa mineur
Entracte
Pergolesi : Stabat mater‹‹DurĂ©e du concert
1Ăšre partie : 35 mn environ – Entracte : 20 mn – 2e partie : 40 mn environ

 

CD, coffret événement, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick Nézet Séguin (3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin. Alors que Sony classical poursuit sa trilogie sous la conduite de l’espiĂšgle et pĂ©taradant Teodor Currentzis (1), Deutsche Grammophon achĂšve la sienne sous le pilotage du MontrĂ©alais Yannick-NĂ©zet SĂ©guin rĂ©cemment nommĂ© directeur musical au Metropolitan Opera de New York. AprĂšs Don Giovanni, puis Cosi, les Nozze di Figaro sont annoncĂ©es ce 8 juillet 2016. A l’affiche de ce live en provenance comme pour chaque ouvrage enregistrĂ© de Baden Baden (festival estival 2015), des vedettes bien connues dont surtout le tĂ©nor franco mexicain Rolando Villazon avec lequel le chef a entrepris ce cycle mozartien qui devrait compter au total 7 opĂ©ras de la maturitĂ©. Villazon on l’a vu, se refait une santĂ© vocale au cours de ce voyage mozartien, rĂ©apprenant non sans convaincre le dĂ©licat et subtil legato mozartien, la douceur et l’expressivitĂ© des inflexions, l’art des nuances et des phrasĂ©s souverains
 une autre Ă©coute aussi avec l’orchestre (les instrumentistes Ă  Baden Baden sont placĂ©s derriĂšre les chanteurs…) Leur dernier enregistrement, L’EnlĂšvement au sĂ©rail (qui a rĂ©vĂ©lĂ© le chant millimĂ©trĂ© du jeune tĂ©nor Paul Schweinestet dans le rĂŽle clĂ© de Pedrillo) excellait dans ce sens dans la restitution de ce chant intĂ©rieur et suave portĂ© par la finesse des intentions. Qu’en sera-t-il pour ce nouveau Da Ponte qui clĂŽt ainsi la trilogie des opĂ©ras que Mozart a composĂ© avec l’écrivain poĂšte ?
La distribution regroupe des tempĂ©raments prĂȘts Ă  exprimer l’esprit de comĂ©die et ce rĂ©alisme juste et sincĂšre qui font aussi des Nozze, l’opĂ©ra des femmes : Sonya Yoncheva chante la Comtesse, Anne Sofie von Otter, Marcellina, la moins connue Christiane Karg dans le rĂŽle clĂ© de Susanna
 les rĂŽles masculins promettent d’autres prises de rĂŽles passionnants Ă  suivre : Luca Pisaroni en Figaro ; Thomas Hampson pour le Comte Almaviva ; Rolando Villazon incarne Basilio le maĂźtre de musique, et Jean-Paul FouchĂ©court, Don Curzio (soit pour ces deux derniers personnages, deux sensibilitĂ©s invitĂ©es Ă  sublimer l’expressivitĂ© de deux rĂŽles moins secondaires qu’on l’a dit
).
Quelle cohĂ©rence vocale ? Quelle rĂ©alisation des situations psychologiques Ă  travers les 4 actes ? Quelle conception Ă  l’orchestre ? On sait combien l’opĂ©ra de Mozart et da Ponte a transfigurĂ© la piĂšce de Beaumarchais dans le sens d’une libĂ©ration des individualitĂ©s, dans l’esprit d’une comĂ©die rĂ©aliste parfois dĂ©lirante oĂč perce la vĂ©ritĂ© des caractĂšres. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et son complice Rolando Villazon sont-ils au rendez vous de tous ces dĂ©fis ? RĂ©ponse dans notre grande critique des Noces de Figaro par NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon, Ă  paraĂźtre dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la sortie du coffret, le 8 juillet 2016.

 

CD, annonce. Mozart : Les Noces de Figaro par Yannick NĂ©zet SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon — 479 5945. Parution annoncĂ©e le 8 juillet 2016.

 

 

 

LE CYCLE MOZART de Yannick Nézet-Séguin et Rolando Villazon. LIRE aussi nos critiques complÚtes CLASSIQUENEWS des opéras précédemment enregistrés par Yannick Nézet-Séguin :

Don-Giovanni.cd_.01DON GIOVANNI. EntrĂ©e rĂ©ussie pour le chef canadien Yannick NĂ©zet-SĂ©guin qui emporte haut la main les suffrages pour son premier dĂ©fi chez Deutsche Grammophon: enregistrer Don Giovanni de Mozart. AprĂšs les mythiques Boehm, FurtwĂ€ngler, et tant de chefs qui en ont fait un accomplissement longuement mĂ©ditĂ©, l’opĂ©ra Don Giovanni version NĂ©zet-SĂ©guin regarderait plutĂŽt du cotĂ© de son maĂźtre, trĂšs scrupuleusement Ă©tudiĂ©, observĂ©, suivi, le dĂ©funt Carlo Maria Giulini: souffle, sincĂ©ritĂ© cosmique, vĂ©ritĂ© surtout restituant au giocoso de Mozart, sa sincĂ©ritĂ© premiĂšre, son urgence thĂ©Ăątrale, en une libertĂ© de tempi rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s, libres et souvent pertinents, qui accusent le souffle universel des situations et des tempĂ©raments mis en mouvement. ImmĂ©diatement ce qui saisit l’audition c’est la vitalitĂ© trĂšs fluide, le raffinement naturel du chant orchestral; un sens des climats et de la continuitĂ© dramatique qui impose des l’ouverture une imagination fertile
 Les chanteurs sont naturellement portĂ©s par la suretĂ© de la baguette, l’écoute fraternelle du chef, toujours en symbiose avec les voix.

Cosi_Mozart-Nezet_seguin_cd_DG_villazonCOSI FAN TUTTE. Voici un Cosi fan tutte (Vienne, 1790) de belle allure, surtout orchestrale, qui vaut aussi pour la performance des deux soeurs, victimes de la machination machiste ourdie par le misogyne Alfonso 
 D’abord il y a l’élĂ©gance mordante souvent trĂšs engageante de l’orchestre auquel Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, coordonnateur de cette intĂ©grale Mozart pour DG, insuffle le nerf, la palpitation de l’instant : une exaltation souvent irrĂ©sistible. Le directeur musical du Philharmonique de Rotterdam n’a pas son pareil pour varier les milles intentions d’une partition qui frĂ©tille en tendresse et clins d’oeil pour ses personnages, surtout fĂ©minins. Comme Les Noces de Figaro, Mozart semble dĂ©velopper une sensibilitĂ© proche du coeur fĂ©minin : comme on le lira plus loin, ce ne sont pas Dorabella ni Fiodiligi, d’une prĂ©sence absolue ici, qui dĂ©mentiront notre analyse.

 

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonL’ENLEVEMENT AU SERAIL. CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle.

 

 

(1) Sony classical a publiĂ© Cosi fan tutee,  Le Nozze di Figaro… reste Don Giovanni, annoncĂ© courant dernier quadrimestre 2016

Doublé Tchaikovski : Iolanta et Casse-Noisette à Paris

tchaikovski piotr-Tchaikovsky-530-855Paris, OpĂ©ra Garnier, jusqu’au 1er avril 2016. DoublĂ© Tchaikovski : Casse noisette et Yolanta. Le dernier opus lyrique de Piotr Illiytch, Iolantha occupe l’affiche de l’OpĂ©ra de Paris, nouvelle production signĂ©e Dmitri Tcherniakov – provocateur qui sait cependant sonder et exprimer les passions de l’Ăąme-, et nouveau jalon d’un ouvrage passionnant qui se dĂ©roule dans la France mĂ©diĂ©vale di Bon Roi RenĂ©. On se souvient avec quelle finesse angĂ©lique et ardente la soprano vedette Anna Netrebko avait enregistrĂ© ce rĂŽle : jeune aveugle sĂ©questrĂ©e, trop attachĂ©e Ă  son pĂšre, Iolantha / Iolanta gagnait une incarnation Ă©blouissante de justesse et d’ardeur, projetant enfin le dĂ©sir vers la lumiĂšre… Sur les planches parisiennes, c’est une autre soprano voluptueuse, – autre Traviata fameuse, la bulgare Sonya Yoncheva (qui chantera l’hĂ©roĂŻne verdienne Ă  Bastille Ă  partir du 20 mai prochain) , laquelle relĂšve les dĂ©fis multiples d’un personnage moins creux et compassĂ© qu’il n’y paraĂźt. Sensible, affĂ»tĂ©, Tchaikovski sait portraiturer une jeune femme attachante, Ă©prise d’absolu comme d’Ă©mancipation… et qui doit dĂ©finitivement couper le cordon avec la figure paternelle. Pour l’aider un mĂ©decin arabe (le maure Ebn Hakia, baryton) , Ă©rudit humaniste et complice habile, l’aide Ă  trouver la voie de la guĂ©rison morale et physique. Attention chef d’oeuvre irrĂ©sistible.

yoncheva_sonya_recital_parisCouplĂ© Ă  cet opĂ©ra court, le ballet Casse-Noisette en un doublĂ© qui fut historiquement prĂ©sentĂ© tel quel et validĂ© par le compositeur Ă  la crĂ©ation de l’opĂ©ra au Mariinski de Saint-PĂ©tersbourg, en dĂ©cembre 1892. La maison parisienne entend aussi souligner avec force, la dualitĂ© artistiquement fĂ©conde, de l’opĂ©ra et du ballet, deux orientations magiciennes qui avec la saison musicale – chambrsite et symphonique, cultive le feu musical Ă  Garnier et Ă  Bastille. Le metteur en scĂšne Tcherniakov en terres natales d’Ă©lection, entend rĂ©aliser l’unitĂ© et la cohĂ©rence entre les deux productions : un mĂȘme cadre, et un glissement riche en continuitĂ© entre les deux volets ainsi prĂ©sentĂ©s la mĂȘme soirĂ©e. Comme Capriccio de Strauss, sublime ouverture de chambre, sans ampleur ou dĂ©bordement des cordes, l’ouverture de Iolanta commence par une non moins irrĂ©sistible entrĂ©e des vents et bois, harmonie prodigieusement moderne, portant toute l’expressivitĂ© lyrique d’un Tchaikovski au crĂ©puscule/sommet de sa carriĂšre. Les divas ne sont pas rancuniĂšres… “La Yoncheva” avait quittĂ© Aix en Provence oĂč elle devait chanter Elvira dans Don Giovanni de Mozart parce qu’elle ne s’entendait pas avec le truculent et dĂ©lirant Tcherniakov, c’Ă©tait en 2013. Trois ans plus tard, l’eau a coulĂ©, les tensions aussi et la soprano a acceptĂ© de travailler avec l’homme de thĂ©Ăątre pour cette Iolanta de 2016 Ă  Paris…

Paris, OpĂ©ra Garnier. Tchaikovski : Iolantha, Casse-Noisette. Jusqu’au 1er avril 2016

LIRE aussi notre dossier spécial Anna netrebko chante Iolanta de Tchaikovski

Opéra magazine n°103. Février 2015. A la Une : la soprano Sonya Yoncheva

opera-magazine-103-sonya-yoncheva-diva-2015-sommaire-compte-rendu-classiquenewsOpĂ©ra magazine n°103. FĂ©vrier 2015. A la Une : la soprano Sonya Yoncheva. Parution le mercredi 4 fĂ©vrier 2015. Grand Entretien, Ă  la Une : Sonya  Yoncheva. MĂšre d’un petit garçon depuis l’automne, la soprano bulgare a repris sa carriĂšre fortissimo. Alors que son premier album d’airs d’opĂ©ras, ” Paris, mon amour ” (airs d’opĂ©ras romantiques français : Gounod, Massenet, Lecocq, Messager… CLIC de classiquenews de janvier et fĂ©vrier 2015), sort chez Sony Classical, elle enchaĂźne un rĂ©cital Ă  la Salle Gaveau, le 6 fĂ©vrier, Fiordiligi Ă  Munich, Ă  partir du 16, puis Donna Elvira Ă  Monte-Carlo, en mars, Lucia Ă  Zurich, en avril et Violetta Ă  Londres, en mai-juin 2015.

Rencontres. Dai Fujikura : avant Lille, le 24 mars, et Lausanne, le 24 avril, le ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es accueille Solaris, le 5 mars, le premier opĂ©ra du compositeur japonais, sur un livret en langue anglaise et dans une mise en scĂšne de Saburo Teshigawara.
Maria JosĂ© Siri : Le 19 fĂ©vrier, la soprano uruguayenne chante Ă  Monte-Carlo Nedda dans Pagliacci, face au premier Canio de Marcelo Alvarez, avant de retrouver, en mai, Amelia d’Un ballo in maschera, Ă  la Monnaie de Bruxelles, dans une nouvelle production de La Fura dels Baus.

​En coulisse : Le Covent Garden de Londres
MalgrĂ© la crise financiĂšre qui a touchĂ© l’ensemble des thĂ©Ăątres lyriques Ă  travers le monde, le Royal Opera House, Covent Garden reste une Ă©tape incontournable pour les mĂ©lomanes, « le » lieu oĂč l’on peut applaudir les plus grandes vedettes du moment, dans des productions alternant habilement tradition et modernisme. Jonas Kaufmann vient d’y faire ses dĂ©buts dans Andrea ChĂ©nier, Bryn Terfel y reprend Der fliegende HollĂ€nder, en ce mois de fĂ©vrier 2015… Depuis quelques annĂ©es, le Covent Garden est aussi devenu un foyer de crĂ©ation musicale particuliĂšrement actif, entre autres grĂące Ă  la construction du Linbury Studio Theatre. Alex Beard, directeur gĂ©nĂ©ral de l’institution, et Kasper Holten, directeur de l’opĂ©ra en son sein, font le point sur la situation actuelle de la maison, en expliquant comment, chacun Ă  son niveau, ils entendent la dĂ©velopper.

Anniversaire : Marilyn Horne
OpĂ©ra Magazine a profitĂ© de la prĂ©sence Ă  Paris de la lĂ©gendaire mezzo-soprano amĂ©ricaine pour lui demander, entre deux master classes au Studio Bastille, d’ouvrir son album de souvenirs. L’opportunitĂ© aussi de lui souhaiter, avec un peu de retard puisqu’elle est nĂ©e en 1934, un joyeux 80Ăšme anniversaire !

In memoriam – Ils nous ont quittĂ©s
Irene Dalis, Christopher Hogwood, Berislav Klobucar, Iouri Lioubimov, Janis Martin, Ana Raquel Satre, Elena Obraztsova.

Comptes rendus
Les scÚnes et récitals.

Guide pratique
La sĂ©lection CD, DVD, livres et l’agenda international des spectacles.

Opéra magazine n °103. Février 2015. A la Une : la soprano Sonya Yonchev.  Parution le mercredi 4 février 2015.

CD, événement. Sonya Yoncheva, soprano : Paris mon amour (1 cd Sony classical)

Yoncheva-Sonya-paris-mon-amour-cd-sony-classical-critique-compte-rendu-CLIC-de-classiquenews-fevrier-2015CD, Ă©vĂ©nement. Sonya Yoncheva, soprano : Paris mon amour (1 cd Sony classical). La pulpeuse et sensuelle soprano bulgare Sonya Yoncheva est nĂ©e en 1981 et assure la trentaine rayonnante, une maturitĂ© vocale Ă©blouissante dans ce premier rĂ©cital discographique au programme choisi, riches en rĂ©fĂ©rences fĂ©minines nuancĂ©es raffinĂ©es avec un clin d’Ɠil au romantisme immortel inusable du Paris XIXĂšme. Songez qu’ici, Massenet, Gounod, Offenbach Ă©claire cette magie lyrique parisienne dont les hĂ©roĂŻnes depuis lors, lĂ©gendaires : Sapho, HĂ©rodiade et ThaĂŻs, sans omettre la ChrysanthĂšme de Messager (inĂ©dite et succulente), ou l’une des 100 Vierges de Lecocq
 incarnent cet Ă©ternel fĂ©minin Ă  l’opĂ©ra: tour Ă  tour, sĂ©ductrices, maudites, amoureuses, tĂ©nĂ©breuses
 que Puccini aussi et Verdi (Violetta ValĂ©ry parisienne incontournable Ă©videmment) ont tentĂ© d’immortaliser Ă  leur compte.  A ce jeu des facettes multiples d’un idĂ©al fĂ©minin insaisissable mais inoubliable et irrĂ©pressible, rĂ©pond le tempĂ©rament tout en finesse de la sensuelle et hyperfĂ©minine Yoncheva : un soprano lyrique et dramatique d’une tendresse Ă©perdue souvent irrĂ©sistible.

 

Celle que l’on avait dĂ©couvert dans des territoires baroques (n’a t elle pas Ă©tĂ© laurĂ©ate distinguĂ©e du Jardin des Voix de William Christie ?), entre autres dans le Couronnement de PoppĂ©e de Monteverdi oĂč elle incarnait avec une fĂ©minitĂ© ardente et blessĂ©e la sublime sensualitĂ© de la souveraine enfin couronnĂ©e par NĂ©ron, ose ici de nouveaux champs, romantiques et parisiens, français et italiens. Premier prix d’Operalia en 2010, la jeune cantatrice fait actuellement une percĂ©e remarquĂ©e dans La Traviata sur les planches du Metropolitan Opera de New York en janvier 2015 (prĂ©cisĂ©ment les 14, 17, 21 et 24 janvier, rĂ©alisant ainsi son retour aprĂšs sa maternitĂ©) ; elle vient d’ĂȘtre l’Ă©gĂ©rie d’une sĂ©ance photo pour le magazine Vogue : assisterions-nous Ă  l’Ă©closion d’une nouvelle star de l’opĂ©ra ? AssurĂ©ment. Car en plus de sa plasticitĂ© rayonnante, la diva Ă©tonne par un chant d’une simplicitĂ© et d’une intelligence dramatique que seules les grandes avant elles savaient prĂ©server : Ă©coutez sa Violetta : incandescente parce que simple et pure. Sobre. D’une irrĂ©sistible tendresse, Ă  la fois puissante et ciselĂ©e. L’interprĂšte est Ă©poustouflante : technicienne et justement inspirĂ©e.

 

 

 

Nouvelle diva

Sonya Yoncheva : la grĂące et l’intelligence

 

 

CLIC D'OR macaron 200Certes l’orchestre sous la direction assez fade voire parfois Ă©paisse de FrĂ©dĂ©ric Chaslin manque de subtilitĂ© comme de transparence : or d’HĂ©rodiade Ă  Anna de Le Villi, de ThaĂŻs au Lecocq dĂ©voilĂ©, -nostalgie enivrĂ©e de Gabrielle des Cent Vierges…. les climats symphoniques sont d’une somptuositĂ© atmosphĂ©rique et trĂšs suggestive. Heureusement le timbre fragile et clair Ă  la fois (noblesse tragique de l’air OĂč suis je de Sapho, succĂ©dant au Se come voi piccina de La Villi, rĂ©ellement enivrĂ©, enchantĂ©) de la soprano bulgare captive par son intelligence dramatique, son Ă©conomie, sa volontĂ© d’en faire le moins pour exprimer le plus. Conception vocale et interprĂ©tative qui nous paraissent rĂ©ussir mille fois mieux que nombre de ses consƓurs, l’incarnation des hĂ©roĂŻnes de La Belle Epoque.

yoncheva-sonya-sphynge-fond-lilasDans le chant tout en legato emperlĂ©, soucieux aussi d’intelligibilitĂ© (sa formation avec les chefs baroques pĂšse ici de tout son poids) brille dans Sapho : travail sur la ligne d’un bel canto Ă  la française, Ă  la suspension bellinienne si opposĂ©e au sprachgesang wagnĂ©rien. Ô ma lyre immortelle se consume ainsi dans de sublimes couleurs vocales (y compris dans le bas medium), celle d’un prophĂ©tesse qui est avant tout une femme blessĂ©e, reniĂ©e; rĂ©pudiĂ©e. Pour laquelle la mort est aussi un abandon croissant jusqu’Ă  l’anĂ©antissement dans la mer / tombeau. Eperdue et tendre, son Antonia (des Contes d’Hoffmann d’Offenbach oĂč l’orchestre lĂ  encore en fait trop) : ensorcĂšle, s’Ă©puise par sa constance qui est aussi embrasement fatal de la jeune femme… grĂące Ă  des aigus d’une rondeur angĂ©lique irrĂ©sistible. Sa Mimi sans affĂšteries saisit par sa prĂ©cision, son Ă©vidence, sa simplicitĂ© et son naturel. On aime ce style Ă©conome jamais minaudant ; l’intelligence de l’interprĂšte qui recherche avant tout par la voix, ses couleurs, sa connotations expressives (phrasĂ©s subtils), sa puretĂ© d’Ă©mission, la juste expression poĂ©tique.

 
sonya-yoncheva-pour-vogue-2015Sa chair trouble celle des femmes capables de transfiguration, offre ses aigus superbement couverts Ă  ThaĂŻs (confrontation antagoniste avec AthanaĂ«l) et prĂ©cĂ©demment Ă  la tempĂȘte panique de ChimĂšne, fille accablĂ©e et aussi amoureuse transie dĂ©jĂ  vaincue face au beau Cid. Suggestive, sobre lĂ  encore, la soprano excelle dans l’expression ambivalente du cƓur de la jeune femme. Aux dĂ©jĂ  connus et trĂšs exigeants Massenet et Puccini, la diva ajoute l’aube solaire de ChrysanthĂšme (Le jour sous le soleil… portĂ© par le chant des cigales…) d’un Messager aussi inspirĂ© que Puccini : aux aigus diamantins, prometteurs d’une aurore inespĂ©rĂ©e ; mais aussi l’air de Gabrielle des 100 Vierges de Lecocq : une valse nostalgique (Ă©voquant un Paris vĂ©cu et Ă©/perdu), rĂ©fĂ©rence Ă  Gounod Ă©vidente… dont la sincĂ©ritĂ© de l’approche nous rappelle une certaine Netrebko. Rien de moins.
Ce rĂ©cital discographique est une confirmation et une bouleversante rĂ©vĂ©lation. Voici une grande diva sans dĂ©monstration ni effet artificiel dont l’intensitĂ© et la justesse des intentions, rĂ©vĂ©lant une prĂ©cieuse richesse agogique, suivent les pas des divines lĂ©gendaires Freni, Cotrubus, Gheorghiu… Sonya Yoncheva confirme une sensibilitĂ© et une intelligence admirables. Une nouvelle diva est nĂ©e. Talent Ă  suivre.

 

 

Pour les fans, ou ceux qui ne le sont pas encore, visiter le site officiel de la soprano Soya Yoncheva

 

 

CD, événement. Sonya Yoncheva, soprano : Paris mon amour (1 cd Sony classical). Tracklisting :

Massenet – HĂ©rodiade, Act I, Scene 1: « Celui dont la parole
Il est doux, il est bon »
Puccini – Le Villi, Act I: « Se come voi piccina io fossi »
Gounod – Sapho, Act III, No. 19: « OĂč suis-je?
O ma lyre immortelle »
Massenet – Le Cid, Act III, Tableau 5: « De cet affreux combat
.Pleurez, pleurez, mes yeux! »
Offenbach – Les Contes d’Hoffmann, Act III, Scene 1: « Elle a fui, la torterelle »
Puccini – La BohĂšme, Act III: « Donde lieta usci »
Massenet – Thais, Act III, Tableau 3: « C’est toi, mon pĂšre »
Verdi – La Traviata, Act I, Scene 5: « È strano!.Ăš strano!
Sempre libera »
Messager – Madame ChrysanthĂšme, Act III, Scene 8: « Le jour sous le soleil bĂ©ni »
Lecocq – Les Cent Vierges, Act III, No.10: « Je soupire et maudis le destin
O Paris, gai sĂ©jour de plaisir »

 

 

 

Compte rendu, récital lyrique. Paris. Salle Pleyel, 28 janvier 2014. Récital Sonya Yoncheva, soprano. Nathalie Stutzmann, direction musicale

Les Grandes Voix continuent leur feu d’artifice de ce dĂ©but d’annĂ©e – initiĂ© par Edita Gruberova il y a quatre jours Ă  peine – avec l’étoile montante du monde lyrique actuel : la soprano bulgare Sonya Yoncheva, Leila dans les PĂȘcheurs de perles Ă  Favart en juin 2012 et surtout Lucia di Lammermoor Ă  l’OpĂ©ra Bastille pour l’ouverture de la prĂ©sente saison.

VoilĂ  donc, Salle Pleyel, son premier rĂ©cital parisien, consacrĂ© au « caro Sassone », le surnom donnĂ© Ă  Haendel. Elle partage l’affiche avec un autre grand nom du chant, la contralto Nathalie Stutzmann, mais ce soir la française ne chante pas, prĂ©fĂ©rant diriger son ensemble fondĂ© rĂ©cemment, Orfeo 55.

Haendel et ses drĂŽles de dames

Deux femmes pour un seul compositeur, deux musiciennes aux goĂ»ts Ă©clectiques, pour un rĂ©sultat gĂ©nĂ©reux et Ă©lectrisant. Sonya Yoncheva, laurĂ©ate du Jardin des Voix de William Christie, a servi avec autant de bonheur Monteverdi que Rameau, Bizet, Donizetti et Verdi, tandis que Nathalie Stutzmann, artiste complĂšte, s’est illustrĂ©e aussi bien dans la musique baroque que chez Gluck et Mahler. Ce qui nous vaut une interprĂ©tation vocale et instrumentale d’un rare Ă©quilibre entre style baroque et ampleur sonore, deux notions n’allant pas toujours de pair dans ce rĂ©pertoire.

 

 

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L’ensemble Orfeo 55 enchante par la rondeur de sa sonoritĂ© et la prĂ©cision de ses traits, ainsi que par des soli de belle facture. Les diffĂ©rents extraits de Concerti grossi Ă©maillant la soirĂ©e s’en trouvent ainsi magnifiĂ©s, grĂące Ă  un sens Ă©vident des nuances et une Ă©nergie communicative qui ne devient jamais sĂ©cheresse de jeu. Les instrumentistes se trouvent en outre galvanisĂ©s par la direction aussi sensible et vivante que claire et dĂ©taillĂ©e de Nathalie Stutzmann, qui dĂ©fend sa place au sein du mĂ©tier de chef d’orchestre.

C’est donc un tapis sonore qui se voit tissĂ© sous les pas de Sonya Yoncheva qui n’a plus qu’à y dĂ©poser sa voix et la laisser se dĂ©ployer. On reste ainsi pantois devant la facilitĂ© avec laquelle la jeune soprano paraĂźt chanter, Ă©vitant toute crispation, cultivant au contraire une dĂ©tente absolue de la mĂąchoire, laissant simplement monter la voix. Ce qui donne Ă  entendre une Ă©mission vocale Ă©vidente de naturel, au legato qui semble couler de source, un vrai bonheur. Le grave apparaĂźt en outre sonore et corsĂ©, poitrinĂ© sans excĂšs, et l’aigu Ă©blouit par sa puissance et sa richesse harmonique, bourdonnant aux oreilles et entrant littĂ©ralement en rĂ©sonance avec la salle.

Et tant de qualitĂ©s purement techniques s’avĂšrent au seul service de la musique, grĂące Ă  une sensibilitĂ© Ă  fleur de peau et une imagination dans les coloris qui paraĂźt sans limites. Ainsi la tristesse de ClĂ©opĂątre et Alcina va droit au cƓur, dĂ©cuplĂ©e qu’elle est par la pudeur et l’intĂ©rioritĂ© de la chanteuse, osant le murmure – pourtant sonore – et l’éclat soudain – pourtant rond et moelleux jusque dans la fureur –. Deux rĂŽles dans lesquels on espĂšre retrouver un jour la magnifique Yoncheva.

Le public a bien compris qu’il se trouve face Ă  une trĂšs grande artiste, une immense cantatrice en devenir, et la fĂȘte avec enthousiasme. Devant une telle ferveur, les deux femmes consentent un premier bis, le poignant « Lascia ch’io pianga » tirĂ© de Rinaldo, rendu de façon dĂ©chirante par la soprano aidĂ©e en cela par l’orchestre tout entier. Puis, un second rappel, une reprise du premier air de la soirĂ©e ; et un troisiĂšme bis pour contenter l’assistance, un extrait de l’air d’Agrippina, qui clĂŽt la soirĂ©e sur une note malicieuse.

Il est toujours beau de voir s’épanouir et mĂ»rir un grand talent, c’était le cas ce soir.

Paris. Salle Pleyel, 28 janvier 2014. Georg Friedrich Haendel : Giulio Cesare, Ouverture ; Concerto grosso en mi mineur op. 6 n°3 HWV 321, Larghetto ; Giulio Cesare, “Non disperar, chi sa?” ; Concerto grosso en mi mineur op. 6 n°3 HWV 321, Allegro ; Atalanta, “Care selve” ; Concerto grosso en rĂ© mineur op. 3 n°5 HWV 316, Allegro, Allegro ma non troppo, Allegro ; Concerto grosso en la mineur op. 6 n°4 HWV 322, Larghetto affetuoso ; Giulio Cesare, “Se pietĂ  di me non senti” ; Salomon, ArrivĂ©e de la Reine de Saba ; Concerto grosso en sol mineur op. 6 n°6, HWV 316, Allegro ; Agrippina, “È un fuoco quel d’amore” ; Alcina, “Ah mio cor” ; Concerto grosso en rĂ© mineur op. 3 n°5 HWV 316, Adagio ; Concerto grosso en rĂ© majeur op. 3 n°6 HWV 317, Vivace ; Alcina, “Ah Ruggiero crudel
 Ombre pallide”. Sonya Yoncheva. Orfeo 55. Nathalie Stutzmann, direction musicale

Illustration : Sonya Yoncheva (DR)