CD, compte rendu critique. Scriabine par Ludmilla Berinskaya / Berlinskaia, piano (1 cd Melodia / festival La clé des portes 2015)

scriabine ludmila Berlinskaya cd melodia review critque cd classiquenewsCD, compte rendu critique. Scriabine par Ludmilla Berinskaya / Berlinskaia, piano (1 cd Melodia / festival La clĂ© des portes 2015). EnregistrĂ© Ă  Moscou en mai et juin 2015, ce somptueux rĂ©cital Scriabine – qui participait au centenaire du compositeur pianiste (en 2015), affirme le jeu Ă©tincelant, intĂ©rieur d’une ardente interprĂšte, soucieuse de mesure et de justesse poĂ©tique : Ludmilla Berlinskaya. Le geste est d’une sobriĂ©tĂ© bienheureuse, laisse totalement la clartĂ© et la transparence sonore articuler le discours : ni rubato nĂ©gociĂ©/outrĂ©, ni posture dĂ©monstrative sur le plan technique, mais un jeu tout en exquises nuances qui tĂ©moigne avant tout d’une relation exceptionnellement investie entre l’interprĂšte et le compositeur choisi, mĂ©ditĂ©, Ă©lu, estimĂ©. Pour “rĂ©tablir” (exprimer / questionner) la notion mĂȘme du rubato de Scriabine, pianiste si envoĂ»tant et insaisissable, Ludmilla Berlinskaya propose sa propre intuition qui absolument naturelle, suit la respiration du corps : une notion clĂ© de son approche, d’une Ă©vidence convaincante.

Ludmila Berlinskaya cisÚle un Scriabine habité, personnel

La lecture des piĂšces observe un ordre chronologique et offre une vision saisissante de la maturation progressive et de l’Ă©volution de Scriabine, du dĂ©but Ă  la fin. Les premiers “pas”, sont dans la sphĂšre poĂ©tique de Chopin (PrĂ©ludes opus 11), puis la Sonate n°4 affirme en 1903, dans sa tonalitĂ© dĂ©cisive de fa diĂšse majeur, ce basculement dans la pensĂ©e du Scriabine mĂ»r, approfondissement dĂ©jĂ  visionnaire qui jette un point ininterrompu avec les explorations somptueuses Ă  venir. Comme un parcours intĂ©rieur jalonnĂ© de visions, chacune est l’expression d’une conscience de plus en plus mystique, Scriabine y intĂšgre dĂ©jĂ  sa couleur “Ă©toile bleue”, sublime emblĂšme dont fait sienne Ludmilla Berlinskaya. TaillĂ©s comme des gemmes aux scintillements particuliers, brefs et denses comme des Ă©clats fugaces mais acĂ©rĂ©s, chaque partition traduit l’hypersensiblitĂ© connectĂ©e au cosmos d’un Scriabine poĂšte, prophĂšte, une Ăąme dĂ©jĂ  branchĂ©e sur l’autre monde et les dimensions parallĂšles.
Dans cette quĂȘte de sens et de correspondances, mĂȘme la plus terrible Messe noire (Sonate n°9) profite de ce scintillement interne qui Ă©voque une activitĂ© permanente et inquiĂšte, comme une mĂ©canique tour Ă  tour dĂ©rĂ©glĂ©e mais minutieusement orientĂ©e et active. La force et l’attraction du mal…
Dans “Vers la flamme” (opus 72), sorte de tremplin vers l’extase immatĂ©rielle, Scriabine exprime la prĂ©sence et la conscience de l’irrĂ©el, l’irruption incarnĂ©e d’une tout autre matĂ©rialitĂ© / temporalitĂ© ; en cela, il annonce ce que Feldman prolongera vers cette suspension qui s’impose dans ses rĂ©sonances flottantes et en Ă©quilibre Ă  l’Ă©coute de l’auditeur. La pianiste, idĂ©ale interprĂšte, conçoit le poĂšme ultime comme une porte qui s’ouvre vers l’inconnu : tout un monde inĂ©dit, prometteur se profile alors, en particulier dans la derniĂšre lueur finale, frĂȘle pulsion vitale qui est portĂ©e jusqu’Ă  incandescence et se consumme jusqu’Ă  l’Ă©vanouissement ; l’absence, le dĂ©sintĂ©gration sont les grands accomplissements des subimes magiciens. La magie dont fait preuve Scriabine dans ce poĂšme qui fusionne musique, chaleur, lumiĂšre, et l’on dira aussi Ă©nergie, rĂ©alise comme l’opĂ©ration d’un alchimiste : toute la matiĂšre semble s’aspirer pour disparaĂźtre totalement vers un point ineffable hors du temps, hors de tout lieu. Comme deux Ă©chos Ă  l’interrogation recrĂ©atrice de Scriabine, Ludmilla Berlinskaya joue aussi Deux PrĂ©ludes de Pasternack, et les Quatre de Julian Scriabin, mort en 1919 Ă  11 ans et qui juste avant de mourir laisse une Ă©criture elle aussi d’une maturitĂ© impressionnante. La fluiditĂ© intĂ©rieure, l’Ă©clat nourri de subtilitĂ© comme de finesse allusive dans le jeu de la pianiste russe portent tout le programme : le chant et les visions de Scriabine s’y rĂ©vĂšlent avec une rare intelligence.

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Alexandre Scriabine (1872-1915) : 10 Préludes op. 11. Sonate n°4 en fa diÚse majeur, op. 30. PoÚme op. 32 n°1 ; Trois piÚces op. 45 ; Sonate n°9, op. 68 ; PoÚme « Vers la flamme », op. 72. Julian Scriabine (1908-1919) : 4 Préludes. Boris Pasternak (1890-1960) : 2 Préludes. Ludmila Berlinskaya, piano. 1 cd Melodia. Enregistré en mai-juin 2015 à Moscou. Durée : 57mn.

CD, compte rendu. Scriabine : Le PoĂšme de l’extase (Valery Gergiev. 1 cd LSO Live 2014)

Gergiev dirigeantCD, compte rendu. Scriabine : Symphonies 2 (Le Divin PoĂšme) et 3 (Le PoĂšme de l’extase). London Symphony Orchestra. Valery Gergiev. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Londres en mars et avril 2014. 1 cd LSO Live. Parfaitement structurĂ©e tel un vaste triptyque au souffle messianique, aux visions extatiques, le Divin PoĂšme qui est la Symphonie n°2 de Scriabine doit sa sĂ©duction Ă  l’Ă©toffe riche, flamboyante, parfois pĂ©remptoire ou pompeuse (mouvements 1 et 3, respectivement intitulĂ©s “Lento-luttes” et “Jeu Divin”), mais d’une orchestration scintillante qui s’impose dans l’admirable second mouvement (“VoluptĂ©s”) aux langueurs vĂ©nĂ©neuses idĂ©alement Ă©quilibrĂ©es grĂące Ă  une sensibilitĂ© pour la couleur et le chromatisme d’une activitĂ© saisissante.

 

 

 

Divine extase, scintillante volupté

 

 

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CLIC D'OR macaron 200L’Opus 43 composĂ© entre 1902 et 1904 dĂ©ploie sa parure envoĂ»tante qui combine mysticisme et sensualitĂ© en une totalitĂ© enivrante que Gerviev a parfaitement mesurĂ©, il sait la colorer et l’habiter d’une rĂ©elle puissance organique. Son travail dans l’opulent et le charnel trouve un prolongement supĂ©rieur encore avec la Symphonie n°3 “PoĂšme de l’extase” (opus 54 de 1908), oĂč aux accents sardoniques et grimaçants (poison irrĂ©sistible des cuivres) rĂ©pondent Ă  l’ivresse extatique des cordes conduites par les trombones et les cors d’une lascivitĂ© croissante de plus en plus Ă©loquente. Il semble ainsi qu’au parfait milieu de la partition de presque 21mn ici, – soit Ă  11mn, le parfum de l’abandon total (qui associe violon solo et harpe) se dĂ©voile presque impudiquement (mais sans excĂšs), explicitement mais avec une finesse sonore et une transparence de timbres que la prise magnifie encore (prise SACD idĂ©alement maĂźtrisĂ©e et porteuse d’un superbe sens du dĂ©tail). La rĂ©ussite de Gergiev est totale et magicienne, sachant rĂ©vĂ©ler ce que peu de chefs savent exprimer, au delĂ  de l’incandescence orchestrale, la pudeur (flĂ»te) qui suspend son vol et paraĂźt dans un pĂ©piement d’instruments embrasĂ©s (13mn) avant que l’ombre et la morsure lĂ  encore parfaitement calibrĂ©s des cuivres n’emportent le tout en une sĂ©rie de transes et de spasmes Ă  l’irrĂ©versible ravissement (14mn14). Musique orgiaque mais chant de rĂ©vĂ©lation.

scriabine_alexandre--centenaire-1915-2015Soucieux de transparence comme de clartĂ© et de scintillement, Gergiev exprime l’intense voluptĂ© du Scriabine autant sensuel que mystique qui rĂ©alise dans sa 3Ăšme Symphonie, conçue comme un tout ininterrompu de moins de 21 mn, la forme d’un envoĂ»tement croissant. Complice et pilote poĂšte des instrumentistes du London Symphony Orchestra LSO, Valery Gergiev signe un disque enchanteur, un sublime hommage Ă  Scriabine, poĂšte lui-mĂȘme des univers invisibles et Ă©thĂ©rĂ©s d’un mysticisme qui se rĂ©vĂšle dans une forme riche et vĂ©nĂ©neuse portĂ©e Ă  incandescence. Le geste suit un itinĂ©raire clairement jalonnĂ©, oĂč chaque sĂ©quence est un point d’accomplissement progressif. Sublime rĂ©alisation, de surcroĂźt enregistrĂ©e en live, au Barbican Center de Londres en mars et avril 2014. Logiquement CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2015 et une nouveautĂ© opportune en cette annĂ©e 2015, qui marque le centenaire de la mort d’Alexandre Scriabine (1872-1915). LIRE aussi notre dossier spĂ©cial Alexandre Scriabine, centenaire 1915 – 2015

 

 

 

CD, compte rendu. Scriabine : Symphonies 2 (Le Divin PoĂšme) et 3 (Le PoĂšme de l’extase). London Symphony Orchestra. Valery Gergiev. Enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Londres en mars et avril 2014. 1 cd LSO Live (SACD). 1h04mn.

 

 

 
 

CD, compte rendu critique. Horowitz plays Scriabine (3 cd Sony classical)

horrowitz-scriabine-cd-rca-columbia-sony-classical-3-cdCD, compte rendu critique. Horowitz plays Scriabine (3 cd Sony classical). Horowitz  joue  Scriabine …. Le fait relĂšve d’une affaire familiale car l’oncle de Vladimir, Alexander -le frĂšre  de son pĂšre  Samuel-, fut un pianiste talentueux  au point qu’aprĂšs son entrĂ©e au Conservatoire de Moscou en 1898 et n’ayant obtenu en fin de cycle qu’une mĂ©daille d’argent alors qu’il  mĂ©ritait l’or, Scriabine en personne, trĂšs admiratif, protesta vivement contre ce jugement partial et discriminatoire, qui souhaitait condamner la judĂ©itĂ© du candidat. AprĂšs la mort de Scriabine en 1915,  Alexander donnera plusieurs confĂ©rences majeures  sur le compositeur pianiste jouant plusieurs oeuvres piliers dont les deux PoĂšmes opus 32, cĂ©lĂ©brant les visions musicales d’un gĂ©nie du clavier qui avait su donner des concerts Ă  Kiev, le fief des Horowitz quelques mois avant sa mort. De l’aveu de Vladimir, le neveu prodige, Scriabine ne s’est pas imposĂ© Ă  lui immĂ©diatement; jusque dans les annĂ©es  1950, l’interprĂšte exprime l’esthĂ©tique lĂ©chĂ©e sensuelle des impressionnistes français (Debussy et surtout Ravel) ; Horowitz  crĂ©e  plusieurs Sonates celles de Barber, Prokofiev,  Kabalevski. .. ce n’est que sur le tard  d’une carriĂšre trĂšs remplie que Vladimir suit le sillon de son oncle Alexander et dĂ©couvre  ce mysticisme philosophique post romantique dont il se sentait trop Ă©loignĂ© jusque lĂ .

 

 

 

Mystique Horowitz

 

Les 3 cd rĂ©unis dans ce coffret Ă©vĂ©nement rĂ©vĂšle l’affinitĂ© naturelle qui naĂźt sous les doigts du pianiste comme inspirĂ© par le feu scriabinesque : de 1950 à 1976, ce cycle en studio et en live restitue la derniĂšre quĂȘte artistique et Ă©thique du grand pianiste russe. Il n’est que d’Ă©couter les deux versions de la Sonate n°9 dite “Messe Noire” pour entendre et comprendre l’intelligence  d’Horowitz Ă©clairant les crĂ©pitements et le surgissement du mystĂšre irrĂ©solu dans cette partition abordĂ©e en moins de 7mn puis prĂšs de 13mn dans sa seconde approche de 1965 : un souffle les distingue nettement, une Ă©vidence naturellement ciselĂ©e acquise ainsi sur le tard par celui qui aimait Ă  dire qu’il progresserait jusqu’Ă  la mort… de fait la plus rĂ©cente  des lectures frappe par sa jubilation de l’instant, ses projections syncopĂ©es et pourtant son architecture puissante sa progression irrĂ©pressible…
La respiration et la profondeur qui cultivent un Horowitz proche de l’improvisation et qui fait jaillir  le feu sacrĂ© Ă  chaque mesure : une maturitĂ© irrĂ©sistible qui recueille et les gouffres vertigineux rompant le discours, et la distance hĂ©roĂŻque sur laquelle s’appuie l’Ă©lan des visions mystiques. A ce titre,  le dernier cd qui rassemble les prises live, enchante vĂ©ritablement dĂ©voilant pour certains, et  confirmant pour nous, la somptueuse volubilitĂ© du pianiste  qui joue Scriabine comme il respire : une rencontre rare qui dans les annĂ©es les plus tardives de sa carriĂšre affirme une affinité  exceptionnelle avec le dernier compositeur russe romantique. Comme si le secret et le mystĂšre chez Scriabine avaient in fine cultiver pour son bien, la quĂȘte de la simplicitĂ© et de la profondeur…

S’il est vrai que la mort semble ĂȘtre l’ultime et vĂ©ritable mesure dans l’expĂ©rience et l’interprĂ©tation de Scriabine, Horowitz nous offre comme personne avant lui un cycle d’exploits et de performances qui passent par tous les registres de la sensation et de la connaissance pour exprimer le geste et les visions de Scriabine : ivresse, extase, langueur inquiĂšte, transe connectĂ©e au grand mystĂšre universel  mais ici Ă©noncĂ©s avec une lĂ©gĂšretĂ© fluide, celle  des mystiques heureux. Le style en gagne une clartĂ© rayonnante qui le rend d’autant plus proche et humain.  Sans connaĂźtre la maniĂšre de son oncle Alexander qui connut le compositeur et joua ses oeuvres, Vladimir  Horowitz semble comprendre comme peu avant lui les enjeux et les questionnements d’un Scriabine visionnaire et prophĂ©tique.

De lĂ  Ă  croire comme nous le montre le coffret, que l’interprĂ©tation de Scriabine permit au pianiste de se trouver… nous le pensons. Jamais l’insolence de la pure et immĂ©diate virtuositĂ© n’a Ă  ce point, chez Horowitz, chercher le contrepoint de la profondeur. Toute sa vie, le pianiste fut en quĂȘte de recul, d’intĂ©rioritĂ© pour attĂ©nuer l’enthousiasme parfois creux et superficiel que suscita toujours son impĂ©riale facilitĂ©.
De fait, au dĂ©but des annĂ©es 1980 et mĂȘme dĂšs 1975 en rĂ©alitĂ©, son jeu s’arrondit, exprima une nouvelle intensitĂ© plus recueillie, un lĂącher prise totalement Ă©tranger Ă  son ambition de totaliser, si manifeste parfois, au risque d’une technicitĂ© Ă©blouissante / Ă©bouriffante. En dĂ©finitive, son style atteint le soleil dĂšs ses dĂ©buts, pour chercher ensuite avec l’exigence autre de l’Ăąge mĂ»r, le repli du secret Ă  son crĂ©puscule. Ainsi le mystĂšre de Scriabine a montrĂ© au bon moment la voie au pianiste russe, en ses annĂ©es les plus mĂ»res, les plus fĂ©condes et riches.

CD, compte rendu critique. Horowitz plays Scriabine (3 cd Sony clasiscal 88875038372).

 

 

 

tracklisting :
Horowitz plays Scriabin
Piano Sonata No. 3 in F sharp minor, Op. 23
The RCA Victor Studio Recordings
Prelude, Op. 11 No. 1 in C major
Prelude, Op. 11 No. 10 in C sharp minor
Prelude, Op. 11 No. 9 in E major
Prelude, Op. 11 No. 3 in G major
Prelude, Op. 11 No. 16 in B flat minor
Prelude, Op. 11 No. 13 in G flat major
Prelude, Op. 11 No. 14 in E flat minor
Prelude, Op. 15 No. 2 in F sharp minor
Prelude, Op. 16 No. 1 in B major
Prelude, Op. 13 No. 6 in B minor
Prelude, Op. 16 No. 4 in E flat minor
Prelude, Op. 27 No. 1 in G minor
Prelude, Op. 51 No. 2 in A minor
Prelude, Op. 48 No. 3 in D flat major
Prelude, Op. 67 No. 1
Prelude, Op. 59 No. 2
Prelude, Op. 11 No. 5 in D major
Prelude, Op. 22 No. 1 in G sharp minor
Étude Op. 2 No. 1 in C sharp minor
PoĂšme in F sharp major, Op. 32 No. 1
The Columbia Studio Recordings
Étude Op. 2 No. 1 in C sharp minor
Étude Op. 8 No. 12 in D sharp minor
Feuillet d’album, Op. 45 No. 1
Étude Op. 8 No. 2 in F sharp minor
Étude Op. 8 No. 11 in B flat minor
Prelude, Op. 8 No. 10 in D flat major
Étude Op. 8 No. 8 in A flat minor
Étude Op. 42 No. 3 in F sharp major ‘La Moustique’
Étude Op. 42 No. 4 in F sharp major
Étude Op. 42 No. 5 in C sharp minor
PoĂšmes, Op. 69 Nos. 1 & 2
Vers la flamme, Op. 72
Albumblatt, Op. 58
Étude Op. 65 No. 3 in G major
Piano Sonata No. 9, Op. 68 ‘Black Mass’
Live Recordings
PoĂšme in F sharp major, Op. 32 No. 1
Étude Op. 2 No. 1 in C sharp minor
Piano Sonata No. 10, Op. 70
Piano Sonata No. 5 in F sharp major, Op. 53
Étude Op. 8 No. 12 in D sharp minor
Étude Op. 8 No. 7 in B flat minor
Étude Op. 42 No. 5 in C sharp minor
Piano Sonata No. 9, Op. 68 ‘Black Mass’
(alternate version – 25th February, 1953)

 

 

RĂ©cital du pianiste Ivan Ilic Ă  Paris

Ivan Ilic, le pianiste funambuleParis, le 29 mai 2015, 20h. RĂ©cital du pianiste Ivan Ilic.  Sons de l’invisible… La Fondation des Etats-Unis Ă  Paris accueille le pianiste Ivan Ilic pour un rĂ©cital qui reprend en grande partie l’enchaĂźnement des piĂšces enregistrĂ©es dans son dernier album intitulĂ© The transcendentalist : sĂ©lection de perles confinant Ă  l’abstraction et au renoncement signĂ© Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman (et son Ă©nigmatique Palais de Mari)… Le clavier d’Ivan Ilic vibre au diapason des sphĂšres et de l’indicible…  DerriĂšre le jeu acrobate et la rĂ©alitĂ© matĂ©rielle du clavier, la pure Ă©manation de mondes inconnus, brossĂ©s comme des visions Ă  la fois introspectives et contemplatives se profilent ; des questionnement intimes qui font de la musique, l’émanation d’humanismes critiques Ă  l’Ɠuvre, s’invitent : tel est le dĂ©fi de ce disque trĂšs personnel qui implique et rĂ©vĂšle derechef la grande sensibilitĂ© du pianiste Ivan Ilic, son exigence artistique comme sa fougue et son questionnement interprĂ©tatif (ainsi s’exprimait au moment de la sortie du disque notre rĂ©dacteur Lucas Irom).

ilic ivanIvan Ilic rĂ©vĂšle les sensibilitĂ©s diverses des compositeurs qu’il a choisis mais qui tous convergent en un questionnement suspendu, emperlant les sons des mondes invisibles ; voici … ” le mysticisme de Scriabine, la pensĂ©e bouddhiste de Cage, l’approche hautement intuitive de Feldman aux questionnements hypnotiques, l’offrande synthĂ©tique d’un Wollschleger dont l’écriture synesthĂ©sique paraĂźt rĂ©capitulative de tous.
La sĂ©rĂ©nitĂ© chantante et liquide, dĂ©jĂ  Ă©thĂ©rĂ©e, mystique du premier Scriabine (PrĂ©lude opus 16), puis sa face plus insouciante et comme libĂ©rĂ©e (PrĂ©lude opus 11) ; les climats suspendus Ă©nigmatiques de Cage (Dream, 1948), Ă©noncĂ©s Ă  l’infini comme des questions sans rĂ©ponses, des broderies ou des arabesques projetĂ©es dansantes dans l’espace (In a Landscape, mĂȘme date, liquide et cyclique) aux rĂ©sonances de gong asiatiques (alors que s’agissant de Feldman, l’idĂ©e de gong basculerait plutĂŽt vers l’annonce funĂšbre de glas).
Scriabine s’avĂšre le plus inventif, le plus visionnaire et le plus expĂ©rimental, un mentor pour tous, une puissante source d’inspiration…. (…) MĂȘme accomplissement pour le dernier tableau, le plus long de tous : Palais de Mari (1986) signĂ© Feldman, oĂč le questionnement interroge la forme mĂȘme, et le silence et la rĂ©sonance ultime ; oĂč le bruit de la mĂ©canique du clavier participe d’une question qui touche l’essence et le sens de la musique comme langage de connaissance et de dĂ©passement. Le jeu puissant, intense confine Ă  l’extĂ©nuation d’une formulation condamnĂ©e Ă  se rĂ©pĂ©ter sans trouver d’écho libĂ©rateur. “

PrĂšs d’un an aprĂšs la sortie de son disque Ă©vĂ©nement intitulĂ© The Transcendentalist, le pianiste Ivan Ilic, trop rare en France et surtout Ă  Paris, offre le 29 mai 2015, un superbe voyage musical inspirĂ© de son dernier disque. L’album avait retenu l’attention de la RĂ©daction cd de classiquenews qui n’hĂ©sitait pas Ă  lui dĂ©cernĂ© le CLIC de classiquenews de mai 2014.

LIRE notre compte rendu critique complet du dernier CD “The Transcendentalist” d’Ivan Ilic par Lucas Irom . The Transcendentalist. Ivan Ilic, piano. Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman. 1 cd  Heresy. DurĂ©e: 1h04. EnregistrĂ© en novembre 2013 Ă  Paris.

 

 

 

 

boutonreservationRĂ©cital du pianiste Ivan Ilic Ă  Paris
Festival “La FĂȘte de la CitĂ©â€
Fondation des Etats-Unis Ă  Paris
15 Boulevard Jourdan – 75014 Paris
01 53 80 68 80

EntrĂ©e libre – rĂ©servation conseillĂ©e :
http://www.feusa.info/?p=1042

Au programme :

Frédéric Chopin
Nocturne Opus 9 no 1
Nocturne Opus 62 no 2

John Cage
In a Landscape (1948)

Alexandre Scriabine
Prélude Opus 16 no 1
Prélude Opus 31 no 1
Guirlandes Opus 73 no 2

Morton Feldman
Palais de Mari (1986)

 

 

 

Illustrations : Ivan Ilic ; Morton Feldman, photo d’Earle Brown (DR) / Paris, mai 1968.

CD. Coffret Scriabine 2015 (18 cd Decca), annonce

integrale complete scriabine 2015 complete worksCD, coffret Scriabine 2015 (18 cd Decca), annonce. Pour cĂ©lĂ©brer le centenaire de la mort d’Alexandre Scriabine (1872-1915), Decca publie un coffret magistral comprenant l’intĂ©grale des Ɠuvres du compositeur russe : ses Ɠuvres – vĂ©ritables miniatures ciselĂ©es-, pour piano seul (les 9 premiers cd) ; surtout les partitions pour orchestre (les 8 cd suivants) : symphonies et poĂšmes thĂ©matiques exprimant la quĂȘte d’absolu d’un auteur qui croyait Ă  la vertu Ă©thique, salvatrice et rĂ©vĂ©latrice de l’art. Dernier post romantique et digne successeur des Chopin, Liszt et Wagner, Scriabine, contemporain de Rachmaninov, reste le plus occidental des slaves. Il laisse une Ɠuvre personnelle puissante au dĂ©but du XXĂšme siĂšcle. On le dit piĂštre orchestrateur, amateur de grande forme grandiloquente, c’est Ă©carter tout un pan de son Ɠuvre vouĂ© Ă  la quintessence et aux recherches harmoniques, Ă  l’expĂ©rimentation aussi sur le timbre.

Scriabine, le dernier romantique

scriabine_alexandre--centenaire-1915-2015Complet, le coffret couvre toute la palette sonore des recherches de Scriabine : l’argument cĂŽtĂ© piano, demeure l’Ă©ventail des pianistes interprĂštes, comptant les plus rĂ©cents et les plus douĂ©s de la nouvelle gĂ©nĂ©ration : Grosvenor, Lisitsa, Trifonov aux cĂŽtĂ©s des monstres sacrĂ©s Ashkenazy, Aimard, Horowitz, Kissin, Pogorelitch, Richter. L’intĂ©rĂȘt supplĂ©mentaire de la sĂ©lection rĂ©side dans l’approche symphonique enfin dĂ©voilĂ©e dans son intĂ©gralitĂ©, qui fait sens et Ă©claire l’esthĂ©tique et la poĂ©tique mystique du geste de Scriabine de façon exhaustive : y figurent le Concerto pour piano “RĂȘverie” ; les 3 premiĂšres Symphonies dont la derniĂšre intitulĂ©e “Le Divin PoĂšme” ; Le PoĂšme de l’extase ; PromĂ©thĂ©e ou le PoĂšme du feu ; Nuances et le triptyque du MystĂšre final (Univers, HumanitĂ©, Transfiguration) recomposĂ© en 1996 par le chef musicologue Alexander  Nemtin. Les chefs Vladimir Ashkenazy et Valery Gergiev dĂ©fendent ici ce symphonisme spirituel marquĂ© par ses climats hypnotiques et extatiques, portĂ©s par une ivresse vĂ©nĂ©neuse et libĂ©ratrice.

Prochaine présentation critique complÚte du coffret Scriabine de Decca dans le mag cd de classiquenews.com. LIRE aussi notre dossier spécial Scriabine 2015

Cyril HuvĂ© fĂȘte le centenaire Scriabine

Cyrilhuve_webParis, Salle Gaveau. Cyril HuvĂ©, piano. RĂ©cital Scriabine, le 3 mars 2015, 20h30. ElĂšve de Claudio Arrau et de György Cziffra, Cyril HuvĂ© – Victoire de la musique classique 2010 (pour un superbe programme Mendelssohn sur instrument d’époque), offre Ă  l’occasion du centenaire Scriabine, un rĂ©cital dĂ©diĂ© Ă  l’auteur de Vers la flamme, aphorisme musical d’une profondeur inĂ©galĂ©e. Entre ivresse et vertige, quĂȘte mystique et sublimation musicale, l’écriture d’Alexandre Scriabine prolonge Chopin et Liszt et annonce Satie, Debussy, Stockhausen
 les modernes Ă  venir aprĂšs lui. ProfondĂ©ment touchĂ© par la thĂ©osophie, Scriabine double l’expĂ©rience musicale et donc pianistique, d’une exigence spirituelle oĂč les notions de mort, de rĂ©surrection, de salut sont manifestement abordĂ©es. LIRE notre dossier Alexandre Scriabine 2015.

Alexandre ScriabineConcis, suggestif, essentiel, l’art de Scriabine tĂ©moigne d’un penseur hors normes qui contemporain et ami de Rachmaninov, fut un prophĂšte. Salle Gaveau, mardi 3 mars 2015, Cyril HuvĂ© joue :

Alexandre Scriabine

Préludes opus 9, 11 et 13

Etudes opus 8 n°2, n°12

Fantaisie opus 28 en si mineur

Sonate n°5

Masque opus 63

Etrangeté opus 63

PoĂšme nocturne opus 61

Vers la flamme opus 72

Le récital commence par la Sonate funÚbre opus 35 de Chopin.

Cyril HuvĂ© vient de publier un nouveau cd chez Paraty : dĂ©diĂ© Ă  Franz Liszt (Carnet d’un PĂšlerin, sur piano Steinweg 1875 : Sposalizio, Il Penseroso, Sonnet de PĂ©trarque, AprĂšs une lecture de Dante
).

Centenaire de la mort de Scriabine 1915-2015

scriabine_alexandre--centenaire-1915-2015Centenaire de la mort de Scriabine 1915-2015. Tous ses portraits photographiques l’attestent : il Ă©tait un dandy Ă  fiĂšre allure, affichant une moustache aux pointes savamment effilĂ©es qui lui donnaient l’aspect d’un prince aventurier d’un autre Ăąge… Russe par sa naissance, Scriabine demeure europĂ©en : un musicien qui pense la musique en visions fulgurantes, Ă©tablit des relations inĂ©dites entre poĂ©sie et musique (comme Schumann), philosophie (Strauss) et aussi couleurs (avant Messiaen). L’on ne saurait mĂȘme ĂȘtre incomplet ici sans citer les rapprochement avec la peinture comme l’indique clairement les relations de Scriabine avec Jean Delville (dont l’image du PromĂ©thĂ©e a inspirĂ© celui de Scriabine) et aussi Kandinsky ! C’est un moderne qui recycle les grands romantiques avant lui (Liszt, Chopin), dessine Ă  l’Ă©poque de Berg, Stravinsky et Szymanowski, les nouvelles frontiĂšres et le nouvel horizon de la musique; … en somme, un maĂźtre alchimiste qui ouvre le chemin pour Cage et Stockhausen. Scriabine a Ă©levĂ© l’acte musical au niveau du cosmos. Voici son portrait pour le centenaire de sa mort, survenu en avril 1915. Il n’avait que 43 ans.

NĂ© Ă  Moscou en 1872, Alexandre Scriabine est Ă©levĂ© et initiĂ© Ă  la musique par sa tante. A 10 ans il intĂšgre le corps des cadets de l’Ecole militaire, tout en suivant dĂ©jĂ  l’enseignement de Nicolas Zverev (piano, dans la pension de ce dernier : Rachmaninov est son jeune confrĂšre et ami) et de SergueĂŻ TaneĂŻev (composition). A 16 ans, il retrouve TaneĂŻev au Conservatoire, et entre dans la classe d’Arenski (composition). A l’Ă©poque de la composition de la Sonate n°1 – un genre dans lequel il se montre un nouveau maĂźtre absolu tant par la concision de l’architecture resserrĂ©e, que l’invention harmonique et mĂ©lodique d’une irrĂ©sistible intensitĂ©-, Scriabine comme ce fut le cas de Schumann auparavant (autre compositeur pianiste) subit une paralysie de la main droite qui le fait basculer dans une profonde dĂ©pression.  Il n’a que 20 ans (1893), mais trĂšs vite, une splendide carriĂšre de pianiste virtuose, tenant Ă  la fois de Liszt pour la bravoure Ă©lectrique et spirituelle, et Chopin, pour l’incandescence introspective (tournĂ©e vers l’ivresse, l’extase, toujours la sublimation de l’acte musical) s’affirme peu Ă  peu, comme en tĂ©moigne ses premiĂšres tournĂ©es europĂ©ennes (Allemagne, Suisse, Italie : 1895) et aussi ses rĂ©citals Ă  Moscou et Saint-Petersbourg. Sur les traces de Chopin (mais aussi “concurrencĂ©” par Rachmaninov), Scriabine rassemble d’anciennes partitions, en Ă©crit de nouvelles : ce sont les fameux sublimes 24 PrĂ©ludes opus 11 de 1896.
Avec son Concerto pour piano en fa diĂšse majeur opus 20, Scriabine devient lui-mĂȘme, suscitant la jalousie du corps professoral et aussi ceux qui ardents partisans du folklore russe et usant et abusant de rĂ©fĂ©rences slaves, tels Rimski, ne comprennent pas que Scriabine affecte d’ĂȘtre plus occidental que russe, sans jamais dĂ©velopper une mĂ©lodie russe ou slave dans sa musique.  A 26 ans (1898), le jeune pianiste compositeur devient nĂ©anmoins professeur au Conservatoire de Moscou (piano).

 

 

 

les cimes du romantisme

 

delville prometheeHabitĂ© par la forme pure et le langage d’une musique surtout spirituelle, elle-mĂȘme porteuse d’un idĂ©al philosophique oĂč le crĂ©ateur dĂ©miurge rend audible l’harmonie cosmique, Scriabine s’intĂ©resse en 1900 Ă  l’Ă©criture symphonique. Sa Symphonie n°1 puis n°2 (1901) marque l’ampleur d’une pensĂ©e musicale inĂ©dite ; Scriabine se passionne alors pour Nietzsche. Il a toujours Ă©tĂ© un lecteur et un poĂšte assidu (ses Carnets tenus sa vie durant offrent aujourd’hui une idĂ©e exacte et prĂ©cise de sa pensĂ©e : ils tĂ©moignent dĂšs le dĂ©but d’un goĂ»t affĂ»tĂ© pour l’Ă©criture et la quĂȘte de correspondances littĂ©raires et musicale).

L’annĂ©e 1903 qui est celle de ses 31 ans marque une rupture : il dĂ©missionne du Conservatoire, pour ne s’exercer qu’Ă  la composition. En outre il rencontre une nouvelle Ă©lĂšve Tatiana de SchlƓzer, qui sera sa seconde Ă©pouse, la compagne qui le comprend Ă  la perfection… certainement mieux que sa premiĂšre Ă©pouse Vera Ivanovna Isakovitch (Ă©pousĂ©e en 1897 Ă  25 ans!). En 1903, le musicien compose aussi sa Symphonie n°3 opus 43, dite “le divin poĂšme”.

 

 

 

DerniÚre décennie (1905-1910)

 

scriabine alexandre_scriabineScriabine quitte Vera en 1905 et s’installe avec Tatiana Ă  Bagliosco. DĂšs lors, pendant les 10 derniĂšres annĂ©es de sa vie (son dĂ©cĂšs survient  le 14 avril 1915), Scriabine approfondit encore son travail sur la forme et le sens de l’art musical : chef d’oeuvre promĂ©thĂ©en et lisztĂ©en (- PromĂ©thĂ©e inspirera un prochain sommet orchestral en 1911…-), le PoĂšme de l’extase opus 54, contemporain de la Sonate n°5 opus 53, date de 1907.  L’Ɠuvre oscille constamment entre poison et enchantement, ivresse, extase, danse et transe… De prĂšs de 25 mn (selon les versions), c’est dĂ©finitivement sa 4Ăšme Symphonie et le prolongement de ses recherches dĂ©jĂ  inouĂŻes dans le genre symphonique : une synthĂšse d’un flamboiement sonore qui exige couleurs, transparence, prĂ©cision arachnĂ©nenne ; Scriabine comme le jeune Stravinsky (celui tout aussi gĂ©nial qui conçoit L’Oiseau de Feu, et Petrouckha avant l’implosion du Sacre) impose une maestriĂ  d’orchestrateur irrĂ©sistible. Mais au delĂ  du sujet, l’Ă©criture semble porter l’orchestre vers un point de fusion toujours plus Ă©levĂ© : la sublime fanfare cĂ©leste finale tempĂšre le tissu outrageusement sensuel qui s’est dĂ©veloppĂ© auparavant, prĂ©ludant Ă  l’Ă©blouissement conclusif Ă©noncĂ© comme l’aube d’un monde Ă  naĂźtre En 1908, son Ă©diteur exclusif, le chef d’orchestre hyper dynamique, Serge Koussevitsky lui alloue une rente annuelle contre de nouvelles compositions : l’auteur peut donc vivre de sa principale activitĂ©.
DĂšs 1909, Moscou et Saint-Petersbourg reconnaissent la valeur du PoĂšme de l’extase. En 1911, Ă  Moscou, il fait crĂ©er son PromĂ©thĂ©e avec un immense succĂšs; plusieurs tournĂ©es en Allemagne, Hollande (1912) et aussi Ă  Londres (1913) couronnent le gĂ©nie de Scriabine comme pianiste et compositeur (les Sonates n°8, 9 et 10 datent de la mĂȘme annĂ©e 1913). Vers la flamme, poĂšme opus 72 est l’aboutissement de toute la carriĂšre.
Marqué par la pensée du musicien et philosophe soufi Inayat Khan, Scriabine quelques temps avant de mourir, songeait à construire un temple en Inde à Madras pour la création de sa nouvelle partition MystÚre (dans le parc de la Société de Théosophie). La partition est son testament et demeure inachevée à ce jour.

MalgrĂ© son caractĂšre subliminale et hautement intellectuelle, d’une virtuositĂ© cependant essentielle (car millimĂ©trĂ©e selon un schĂ©ma de dĂ©veloppement souvent concis et synthĂ©tique : mĂȘme dans ses Symphonies, le compositeur n’aime pas s’Ă©tendre), l’Ă©criture d’Alexandre Scriabine sĂ©duit toujours par son originalitĂ© harmonique et surtout sa profonde sensualitĂ©. De l’ivresse Ă  l’extase et aux vertiges conscients, toujours parfaitement calibrĂ©s, chaque partition de Scriabine relĂšve d’une transfiguration: l’indice d’une quĂȘte coĂ»te que coĂ»te prĂ©servĂ©e, menant de la danse Ă  la transe.
Jamais dogmatique ni dĂ©monstrative, l’Ă©criture de Scriabine sait devenir pure poĂ©sie a contrario de l’ambition spirituelle qui la soustend. Les titres de ses Ɠuvres majeures (Le divin poĂšme, le PoĂšme de l’extase, vers la flamme, PromĂ©thĂ©e…) disent assez l’absolue exigence de celui qui vĂ©cut la musique tel le couronnement des disciplines spirituelles.

 

 

Illustrations : Portraits de Scriabine (1872-1915) ; Prométhée de Jean Delville (DR)

 

CD. Ivan Ilic, piano. The Transcendentalist (Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman)

Ilic-ivan-the-transcendentalist-piano-cd-heresy-clic-classiquenewsCD. Ivan Ilic, piano. The Transcendentalist (Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman). Piano cosmique, piano intellectuel, clavier dĂ©fricheur d’autres mondes… en quĂȘte d’invisible, l’excellent pianiste Ivan Ilic ne cĂšde pas Ă  la facilitĂ© (il l’avait dĂ©montrĂ© dans un album prĂ©cĂ©dent dĂ©diĂ© Ă  Godowski, dĂ©fi mĂ©ritoire idĂ©alement accompli Ă  la main gauche -presque un comble pour un pianiste qui a la pleine maĂźtrise de ses deux mains agiles). Revoici notre interprĂšte voyageur au diapason des univers Ă  la fois grandioses, visionnaires, surtout, intimistes de Scriabine, Cage, Feldman… ou le moins connu du quatuor, Scott Wollschleger,  dont il sait pour chacun ciseler l’intense et volubile nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure, caractĂ©riser l’activitĂ© de la pensĂ©e autant que la virtuositĂ© du jeu digital.
La rĂ©fĂ©rence esthĂ©tique des photos de couverture et du livret renvoie Ă  un cĂ©lĂšbre tableau surrĂ©aliste de Dali, adepte du discours superphĂ©tatoire et lui aussi tant dĂ©lirant que … transcendant. L’art ne dĂ©crit pas: il suggĂšre. Cette rĂšgle s’applique Ă©videmment au programme superlatif dont il est question. Or rien d’artificiel ici dans un choix d’abord souverain sur le plan des Ɠuvres mises en perspective. La pertinence d’un rĂ©cital de piano, outre le style et la sensibilitĂ© du toucher, rĂ©side premiĂšrement dans l’articulation du programme ; Ivan Ilic aborde de fait le mythe mĂȘme du piano : au-delĂ  des dĂ©fis techniciens, le jeu du pianiste fait entendre et rĂ©sonner concrĂštement les vibrations sublimes qui dans le dĂ©roulement de l’Ɠuvre abolissent temps et espace. Un temps romantique par essence qui se perd en perspectives Ă  l’infini et se rĂ©tablissent comme le miroir intĂ©rieur des auteurs invitĂ©s, comme de l’interprĂštes qui en est l’instigateur.
C’est donc un hommage Ă  l’instrument de Liszt et de Wagner, Schubert et Beethoven, sans omettre Debussy et Ravel qui de facto font oublier les seuls Ă©lĂ©ments de la performance digitale (rapiditĂ©, agilitĂ©, contrĂŽle…) pour atteindre Ă  cette conscience musicale d’oĂč coule et se dĂ©ploie une … pensĂ©e en action.

Au-delĂ  des sons

Piano mystique et irrĂ©sistible d’Ivan Ilic

 

Piano pudique et mystique d'Ivan IlicDerriĂšre le jeu acrobate et la rĂ©alitĂ© matĂ©rielle du clavier, la pure Ă©manation de mondes inconnus, brossĂ©s comme des visions Ă  la fois introspectives et contemplatives se profilent ; des questionnement intimes qui font de la musique, l’Ă©manation d’humanismes critiques Ă  l’Ɠuvre, s’invitent : tel est le dĂ©fi de ce disque trĂšs personnel qui implique et rĂ©vĂšle derechef la grande sensibilitĂ© du pianiste Ivan Ilic, son exigence artistique comme sa fougue et son questionnement interprĂ©tatif. Lire la suite de notre critique

CD. Ivan Ilic, piano. The Transcendentalist (Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman)

Ilic-ivan-the-transcendentalist-piano-cd-heresy-clic-classiquenewsCD. Ivan Ilic, piano. The Transcendentalist (Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman). Piano cosmique, piano intellectuel, clavier dĂ©fricheur d’autres mondes… en quĂȘte d’invisible, l’excellent pianiste Ivan Ilic ne cĂšde pas Ă  la facilitĂ© (il l’avait dĂ©montrĂ© dans un album prĂ©cĂ©dent dĂ©diĂ© Ă  Godowski, dĂ©fi mĂ©ritoire idĂ©alement accompli Ă  la main gauche -presque un comble pour un pianiste qui a la pleine maĂźtrise de ses deux mains agiles). Revoici notre interprĂšte voyageur au diapason des univers Ă  la fois grandioses, visionnaires, surtout, intimistes de Scriabine, Cage, Feldman… ou le moins connu du quatuor, Scott Wollschleger,  dont il sait pour chacun ciseler l’intense et volubile nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure, caractĂ©riser l’activitĂ© de la pensĂ©e autant que la virtuositĂ© du jeu digital.
La rĂ©fĂ©rence esthĂ©tique des photos de couverture et du livret renvoie Ă  un cĂ©lĂšbre tableau surrĂ©aliste de Dali, adepte du discours superphĂ©tatoire et lui aussi tant dĂ©lirant que … transcendant. L’art ne dĂ©crit pas: il suggĂšre. Cette rĂšgle s’applique Ă©videmment au programme superlatif dont il est question. Or rien d’artificiel ici dans un choix d’abord souverain sur le plan des Ɠuvres mises en perspective. La pertinence d’un rĂ©cital de piano, outre le style et la sensibilitĂ© du toucher, rĂ©side premiĂšrement dans l’articulation du programme ; Ivan Ilic aborde de fait le mythe mĂȘme du piano : au-delĂ  des dĂ©fis techniciens, le jeu du pianiste fait entendre et rĂ©sonner concrĂštement les vibrations sublimes qui dans le dĂ©roulement de l’Ɠuvre abolissent temps et espace. Un temps romantique par essence qui se perd en perspectives Ă  l’infini et se rĂ©tablissent comme le miroir intĂ©rieur des auteurs invitĂ©s, comme de l’interprĂštes qui en est l’instigateur.
C’est donc un hommage Ă  l’instrument de Liszt et de Wagner, Schubert et Beethoven, sans omettre Debussy et Ravel qui de facto font oublier les seuls Ă©lĂ©ments de la performance digitale (rapiditĂ©, agilitĂ©, contrĂŽle…) pour atteindre Ă  cette conscience musicale d’oĂč coule et se dĂ©ploie une … pensĂ©e en action.

Au-delĂ  des sons

Piano mystique et irrĂ©sistible d’Ivan Ilic

 

Piano pudique et mystique d'Ivan IlicDerriĂšre le jeu acrobate et la rĂ©alitĂ© matĂ©rielle du clavier, la pure Ă©manation de mondes inconnus, brossĂ©s comme des visions Ă  la fois introspectives et contemplatives se profilent ; des questionnement intimes qui font de la musique, l’Ă©manation d’humanismes critiques Ă  l’Ɠuvre, s’invitent : tel est le dĂ©fi de ce disque trĂšs personnel qui implique et rĂ©vĂšle derechef la grande sensibilitĂ© du pianiste Ivan Ilic, son exigence artistique comme sa fougue et son questionnement interprĂ©tatif.
Pour Ă©tayer son propos pianistique et fonder la cohĂ©rence de ce programme, Ivan Ilic s’inscrit dans les pas du romantique amĂ©ricain Ralph Waldo Emerson, auteur argumentĂ© de The Transcendentalist (1842) : manifeste d’un courant esthĂ©tique opposĂ© aux notions de rationalisme et de matĂ©rialisme, proche des pensĂ©es sacrĂ©es orientales. Le pianiste semble heureux de dĂ©voiler l’Ă©vidence de sa dĂ©couverte en proposant donc dans ce rĂ©cital hors normes : le mysticisme de Scriabine, la pensĂ©e bouddhiste de Cage, l’approche hautement intuitive de Feldman aux questionnements hypnotiques, l’offrande synthĂ©tique d’un Wollschleger dont l’Ă©criture synesthĂ©sique paraĂźt rĂ©capitulative de tous.
La sĂ©rĂ©nitĂ© chantante et liquide, dĂ©jĂ  Ă©thĂ©rĂ©e, mystique du premier Scriabine (PrĂ©lude opus 16), puis sa face plus insouciante et comme libĂ©rĂ©e (PrĂ©lude opus 11) ; les climats suspendus Ă©nigmatiques de Cage (Dream, 1948), Ă©noncĂ©s Ă  l’infini comme des questions sans rĂ©ponses, des broderies ou des arabesques projetĂ©es dansantes dans l’espace (In a Landscape, mĂȘme date, liquide et cyclique) aux rĂ©sonances de gong asiatiques (alors que s’agissant de Feldman, l’idĂ©e de gong basculerait plutĂŽt vers l’annonce funĂšbre de glas).
Scriabine s’avĂšre le plus inventif, le plus visionnaire et le plus expĂ©rimental, un mentor pour tous, une puissante source d’inspiration : les quatre piĂšces enchaĂźnĂ©es suivantes (Guirlandes opus 73, PrĂ©ludes opus 31, 39, 15) semblent dĂ©couler d’un processus radical qui dilate l’espace musical, repousse et abolit les frontiĂšres, rendant sensibles et tangibles tous ces mondes invisibles Ă  dĂ©couvrir. Jouant subtilement de la pĂ©dale, soignant les passages aux croisement des tonalitĂ©s et les transitions entre chaque Ă©pisode, Ivan Ilic convainc grĂące Ă  une intelligence suggestive rĂ©ellement superlative. C’est un parcours construit comme une quĂȘte continue et sans retour d’oĂč la grande tension sous jacente Ă  chaque formulation : plus rĂ©cente entre toutes les piĂšces, Music Without Metaphor (2013) du contemporain trentenaire Wollschleger sait recueillir l’hĂ©ritage interrogatif et spirituel de ses prĂ©dĂ©cesseurs en une qualitĂ© d’onirisme pudique, -entre rĂ©sonance et silence, vibrations ciselĂ©es-, qui questionne et … enchante lui aussi. MĂȘme accomplissement pour le dernier tableau, le plus long de tous : Palais de Mari (1986) signĂ© Feldman, oĂč le questionnement interroge la forme mĂȘme, et le silence et la rĂ©sonance ultime ; oĂč le bruit de la mĂ©canique du clavier participe d’une question qui touche l’essence et le sens de la musique comme langage de connaissance et de dĂ©passement. Le jeu puissant, intense confine Ă  l’extĂ©nuation d’une formulation condamnĂ©e Ă  se rĂ©pĂ©ter sans trouver d’Ă©cho libĂ©rateur. A trop chercher, le penseur ne prend-t-il pas le risque de se perdre ? Sa question ne trouve-t-elle pas sa rĂ©ponse en lui-mĂȘme, au terme de cette traversĂ©e magicienne ?

CLIC_macaron_2014Le rĂ©cital est l’un des voyages intĂ©rieurs les mieux aboutis jamais Ă©coutĂ©s. Ce qui frappe le plus c’est peut-ĂȘtre moins la maĂźtrise technicienne, – qui le rend dĂ©jĂ  palpitant en un jeu ardent, crĂ©pusculaire, essentiellement Ă©nigmatique-, que l’intelligence prĂ©alable qui a sĂ©lectionnĂ© les diffĂ©rentes piĂšces choisies : des questionnements dĂ©roulĂ©s, tendus, presque terrifiants Ă  mesure qu’ils restent sans retour, le pianiste concepteur sait aussi libĂ©rer le flux et l’Ă©coute (RĂȘverie opus 49 et PoĂšme languide de Scriabine, aux lueurs empruntant Ă  Liszt et Wagner)… leur parentĂ© exprime une correspondance secrĂšte, des horizons insoupçonnĂ©s, des ivresses partagĂ©es, une claire ambition musicale et humaine qui dĂ©passent la seule et finalement restreinte performance pianistique. Comme un miroir riche en vertiges justes et habitĂ©s, l’interprĂšte offre un modĂšle d’approfondissement, loin c’est Ă  dire trĂšs haut au dessus de la mĂȘlĂ©e nonchalante aux Ă©manations dĂ©monstratives et si vagues. Geste mesurĂ©, sensibilitĂ© affĂ»tĂ©e : Ivan Ilic nous sĂ©duit et nous captive du dĂ©but Ă  la fin de ce formidable programme. L’album The Transcendentalist d’Ivan Ilic est un coup de coeur et CLIC de Classiquenews.

The Transcendentalist. Ivan Ilic, piano. Scriabine, Cage, Wollschleger, Feldman. 1 cd  Heresy. Durée: 1h04. Enregistré en novembre 2013 à Paris. Parution annoncée : le 27 mai 2014.

CD. HJ LIM, piano. Sonates et Valses de Scriabine et Ravel (2012)

HJ_LIM_cd erato ravel scriabineCD. HJ LIM, piano. Sonates et Valses de Scriabine et Ravel (2012). Fougue, vitalitĂ©, profondeur : le piano roi de HJ Lim. Paris, aoĂ»t 2010, elle donnait une intĂ©grale des Sonates de Beethoven, d’une verve et d’un panache dĂ©jĂ  ahurissant (lire notre compte rendu du Beethoven par HJ Lim). La revoici pour Erato aprĂšs avoir enregistrĂ© cette intĂ©grale Beethoven rayonnante et Ă©nergique Ă  l’Ă©poque chez Emi et l’avoir redonnĂ© en concert en octobre 2012, la toujours jeune pianiste corĂ©enne (moins de 30 ans en 2014), revient en France ce 10 mars 2014 Ă  Paris pour un rĂ©cital Ă©vĂ©nement et sort simultanĂ©ment un nouveau disque dĂ©diĂ© aux valses et Sonates de Ravel et Scriabine, pertinente Ă©vocation de la fougue poĂ©tique du Paris des annĂ©es 1900-1920. (La Valse de Ravel est jouĂ©e en quatre mains devant Diaghilev au printemps 1920). Le feu digital  de HJ Lim est toujours aussi ardent voire audacieusement percussif (bel allant du “trĂšs franc” des Valses nobles et sentimentales de 1911), puis toucher liquide et perlĂ© quasi Debussyste, c’est Ă  dire d’une immatĂ©rielle suggestivitĂ©, de la derniĂšre valse ravĂ©lienne (Épilogue), vrai Ă©coute aux univers suspendus et Ă©nigmatiques. L’enchaĂźnement avec la Sonate n°4 de Scriabine est parfaite : mĂȘme suggestivitĂ© tendue, mystĂ©rieuse d’un mouvement Ă  l’autre, oĂč le pianiste compositeur enfin libĂ©rĂ© de sa charge de professeur au conservatoire de Moscou peut exprimer ici (1903) une fiĂšvre autobiographique surdimensionnĂ©e : du dĂ©miurgique divin dans une trĂšs vive sensibilitĂ© humaine (envol tourbillonnant, rhapsodique, lisztĂ©en du Prestissimo volando final)…

Piano envoûtant

CLIC D'OR macaron 200La finesse et la subtilitĂ© de la pianiste trĂšs inspirĂ©e se dĂ©voilent ici sans retenue mais avec une pensĂ©e infaillible qui assure au tempĂ©rament en verve, l’unitĂ© organique entre chaque sĂ©quence trĂšs caractĂ©risĂ©e (rubato captivant des deux PoĂšmes de Scriabine). EnchaĂźner la Sonate n°5 de Scriabine (un condensĂ© de jaillissement vaporeux) puis la Valse de Ravel montre d’Ă©tonnantes similitudes compositionnelles, une fraternitĂ© d’univers personnels troublants. MĂȘme leur inventivitĂ© classique ou passionnĂ©ment romantique paraĂźt interchangeable : classicisme de la Sonatine de Ravel, foudroiement des Sonates de Scriabine… mais chiasme rĂ©vĂ©lateur ici, concernant les Valses, les caractĂšres s’inversent : Ravel est bien un visionnaire inclassable et Scriabine, quĂȘteur d’infini, un classique mais si subtil et sensuel facĂ©tieux… La Valse est le point d’orgue d’un rĂ©cital oĂč triomphent le goĂ»t et le tempĂ©rament d’une musicienne de haute voltige : son clavier est vaporeux, vĂ©neneux, d’une transe superlative. C’est peu dire.

Ravel, Scriabine, comme beaucoup ont aimĂ© en peinture affronter dans leur pĂ©riode cubiste, Braque et Picasso : un mĂȘme gĂ©nie Ă  … quatre mains. De tout Ă©vidence ce jeu des confrontations, affinitĂ©s, allusions miroitantes distingue d’abord le toucher funambule, arachnĂ©en de la pianiste corĂ©enne HJ LIM. La syncope fĂ©erique, l’ivresse intĂ©rieure, la cabrure Ă©nigmatique (dĂ©cidĂ©ment le premier des deux PoĂšmes opus 32 de Scriabine reste notre prĂ©fĂ©rĂ©, plage 16)… Il y a une Ă©vidente parentĂ© de ton, de style, de caractĂšre entre les deux compositeurs : c’est toute la valeur de ce programme magnifiquement conçu, subtilement emportĂ© par une pianiste au talent trĂšs original. Dans l’arĂšne des grands du piano, au registre fĂ©minin, les vrais talents sont rares : aux cĂŽtĂ©s des Alice Sara Ott et surtout Yuja Wang chez DG, HJ LIM fait figure de challenger.

Prochain concert de HJ LIM à Paris, le 10 mars 2014 au Théùtre du Palais Royal (Ravel, Chopin, Beethoven). Réservations : 01 42 97 40 00 ou www.theatrepalaisroyal.com

HJ LIM, piano. Sonates et Valses de Scriabine et Ravel. 1 cd Erato. Enregistrement réalisé en avril 2012 à Liverpool.