POITIERS, TAP. Deshayes, Vitaud
jouent Debussy, Fauré, Duparc

deshayes-karine-recital-debussy-faure-vitaud-annonce-classiquenewsPOITIERS, TAP, le 11 dĂ©c 2018. Deshayes, Vitaud
 Le TAP / ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers fĂȘte le centenaire Claude Debussy (1862-1918). D’abord par le chant du piano seul avec la Suite bergamasque (amorcĂ©e dĂšs 1890, publiĂ©e en 1905) : Debussy y joue des formes du passĂ© (PrĂ©lude, Menuet, Passepied) et produit un son et des harmonies nouveaux. Le 4Ăšme Ă©pisode, un Clair de lune, vite cĂ©lĂšbre, allie douceur et invention mĂ©lodique.
MĂȘme ivresse sonore et forme planante, inĂ©dite dans  L’AprĂšs-midi d’un faune, d’aprĂšs  le poĂšme de MallarmĂ© oĂč le dĂ©sir et la pulsion Ă©rotique du faune conduisent le dĂ©veloppement, la trajectoire, la forme des harmonies. La sensualitĂ© dĂ©borde dans cette partition crĂ©e le 22 dĂ©cembre 1894, immĂ©diatement saluĂ©e par le si difficile et le trĂšs exigeant Ravel. La transcription pour clavier seul qu’en dĂ©duit le pianiste Jonas Vitaud sait prĂ©server l’Ă©noncĂ© allusif de ce rĂȘve Ă©veillĂ©,  tout en creusant sa part de mystĂšre voire son essence Ă©nigmatique.

PIANO & MELODIES ROMANTIQUES et POST ROMANTIQUES
Le chemins de la modernité

Le programme Ă  Poitiers laisse une part majeure au verbe poĂ©tique en particulier aux poĂšmes mis en musique par Debussy, Duparc (1848-1933), FaurĂ© (1845-1924), tous trois maĂźtres de la mĂ©lodie française… depuis le gĂ©nie d’un Berlioz au dĂ©but du siĂšcle. La trilogie ainsi exposĂ©e Ă  Poitiers met en lumiĂšre ce passage essentiel du romantisme au postromantisme et Ă  la modernitĂ© telle qu’elle s’affirme dans le cas de Debussy.

Cycle majeur de Gabriel FaurĂ© : La Bonne chanson (1894). À l’origine pour tĂ©nor et piano, le recueil des 9 poĂšmes mĂ©lodies s’inspire de Verlaine. Le concert en propose quatre parmi les plus emblĂ©matiques de la facilitĂ© de FaurĂ© dans ce genre qui unit le verbe et le son en une suite de peintures sonores picturales : Puisque l’Aube grandit, La Lune blanche,  N’est-ce pas ? L’Hiver a cessĂ©.

Les 3 chansons de Bilitis d’aprĂšs Pierre LouĂżs sont mises en musique par Debussy en 1897. Il s’agit d’évoquer, mieux d’exprimer le souffle filigranĂ© et sensuel de l’AntiquitĂ© grecque, comme c’Ă©tait l’enjeu et donc la rĂ©ussite du Faune de 1894.

Henri Duparc comme cet autre intransigeant et perfectionniste Paul Dukas, ne laisse Ă  la postĂ©ritĂ© que ces partitions les plus parfaites. En tĂ©moignent les mĂ©lodies jouĂ©es ce soir : La Vie antĂ©rieure, d’aprĂšs Baudelaire (1884) d’un pouvoir incantatoire et mystĂ©rieux irrĂ©sistible ; et  L’Invitation au voyage (1870),  d’aprĂšs Baudelaire aussi, qui envisage des climats musicaux d’une profondeur inĂ©dite.

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deshayes-karine-recital-debussy-faure-vitaud-annonce-classiquenewsDEBUSSY, FAURE, DUPARC
MARDI 11 décembre 2018, 20h30
TAP Poitiers
Durée : 1h30 avec entracte

Karine Deshayes, mezzo-soprano
Jonas Vitaud, piano

> Claude Debussy: Ballade, Suite Bergamasque, PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune (transcription Jonas Vitaud), Chansons de Bilitis
> Gabriel Fauré : 4 mélodies extraites de La Bonne Chanson op. 61

> Henri Duparc : MĂ©lodies

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.tap-poitiers.com/spectacle/debussy-faure-duparc/

POITIERS, Ars Nova. BLACK BOX au TAP

POITIERS, TAP. Ars Nova / Black Box, le 9 octobre 2018. Le contemporain s’implante et s’accomplit dans ses dispositifs variĂ©s et sa diversitĂ© formelle au TAP ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, grĂące Ă  l’engagement et Ă  l’activitĂ© de l’ensemble dĂ©diĂ© Ars Nova, collectif en rĂ©sidence au sein du bĂątiment, et aussi sous le pilotage de son nouveau directeur musical, le franco-canadien Jean-MichaĂ«l Lavoie.

jean-michel-lavoie-ars-nova-programme-concert-black-box-annonce-sur-CLASSIQUENEWS-9-octobre-2018Place Ă  une nouvelle forme de concert : les instrumentistes et le collectif d’Ars Nova invitent Ă  un parcours, une expĂ©rience spatiale et sensorielle qui conduit le public Ă  se dĂ©placer (dans la boĂźte noire du duo RUST), avant de dĂ©couvrir comme une mise en bouche, promesse de nouvelles sensations Ă  vivre pendant la saison 2018 – 2019 Ă  venir, plusieurs compositeurs, en leur prĂ©sence
 : Jean-François Laporte et Pierre Michaud (QuĂ©bec), Manon Lepauvre (France), mais aussi Pierre Michaud et AurĂ©lien Dumont. Au programme crĂ©ation d’un quatuor Ă  cordes pour dispositif audiovisuel (… NIENTE . . . de Pierre Michaud).
Ars Nova rĂ©invente ainsi au TAP, l’expĂ©rience du concert : une nouvelle approche vivante et dĂ©complexĂ©e, pluridisciplinaire,riche en dĂ©couvertes, en rencontres grĂące Ă  la coopĂ©ration de diffĂ©rents mĂ©diums : projection vidĂ©o, spatialisation sonore, objets animĂ©s. GrĂące Ă  l’étonnante diversitĂ© des profils artistiques que Jean-MichaĂ«l Lavoie a invitĂ© Ă  Poitiers. Jamais l’écriture contemporaine n’a Ă©tĂ© aussi proche, facile, participative
 inventive et surprenante. Concert Ă©vĂ©nement Ă  Poitiers.

 

 

 

 

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BLACK BOX – ARS NOVA
Mardi 9 octobre 2018
TAP Poitiers, 20h30

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.tap-poitiers.com/spectacle/black-box/

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Programme du parcours

 

Duo RUST,
par Jean-François Laporte et Benjamin Thigpen,
explosion, le chant des machines

Maelström,
Manon Lepauvre

. . . NIENTE . . . ,
Pierre Michaud, (création)

abßme apogée, Aurélien Dumont

 
 

Ars Nova
Pierre-Simon Chevry, flûte
Paul Atlan, hautbois
Pierre Ragu, clarinette
Philippe RĂ©card, basson
Patrice Petitdidier, cor
Jacques Charles, saxophone
Fabrice Bourgerie, trompette
Mathilde Comoy, trombone
Isabelle Cornélis, percussions
Michel Maurer, piano
AĂŻda Aragonese Aguado, harpe
Pascal Contet, accordéon
Alain Trésallet, alto
Isabelle Veyrier, violoncelle
Catherine Jacquet, violon
Jean-Louis Constant, violon,
Tanguy Menez, contrebasse

Direction : Jean-Michaël Lavoie

 

Musiciens invités :
Jean-François Laporte, compositeur et interprÚte
Benjamin Thigpen, musicien-performeur
Pierre Michaud, musique, électronique et vidéo

Deux Ă©tudiants de la FacultĂ© de musique de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al (UdeM) ** :
Victor De Coninck, alto
Ariel Carrabré, violoncelle

 

 

 

 

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PrĂ©sentation des Ɠuvres

 
 
 

Duo RUST : les concepteurs Jean-François Laporte et Benjamin Thigpen interroge la matiĂšre qui s’oxyde et tout en revĂȘtant de somptueuses couleurs et effets plastiques, peut aussi produire des sons fascinants
 les deux musiciens jouent des instruments inventĂ©s, aux sonoritĂ©s imprĂ©vues, dĂ©concertantes – acoustiques, Ă©lectroniques ou Ă©lectroacoustiques. Les deux magiciens de la matiĂšre et du son, rĂ©inventent la notion d’arbitraire, de hasard aussi
 matĂ©rialitĂ© physique ou rĂ©alitĂ©s acoustiques, ils prennent soin d’habiter un espace, en blocs de son, bandes de matiĂšre tissĂ©es, enchevĂȘtrĂ©es qui composent alors une forĂȘt de sons, Ă  l’adresse du public, devenu explorateur. ConfrontĂ© au son pur de RUST, l’ĂȘtre entier – « l’esprit, le corps, l’Ăąme et toutes leurs interconnexions sont connectĂ©s avec les univers physiques et spirituels ».

 

 

 

 

« Explosion » des mĂȘmes Jean-François Laporte et Benjamin Thigpen est une piĂšce courte qui joue de la proximitĂ© de petits Ă©lĂ©ments et de leurs entrechocs qui entraĂźnent une libĂ©ration soudaine et intense d’Ă©nergie massive.

 

 

 

 

« Le chant des machines » est le dernier Ă©lĂ©ment du triptyque du duo Laporte / Thigpen, prĂ©sentĂ© ce soir au TAP. Au cƓur de cette cĂ©lĂ©bration poĂ©tique des machines, Machinesong qui est sonorisĂ©, traitĂ© et prĂ©sentĂ© directement dans la musique, en mĂȘme temps qu’il est Ă©galement reprĂ©sentĂ© indirectement. Thigpen rend audible l’inaudible magnĂ©tique, quand Laporte amplifie la portĂ©e des phĂ©nomĂšnes sonores qui se produisent
 Le chant des machines est un chant de sirĂšnes qui convoque aussi l’audelĂ , l’espace et le cosmos.

 

 

 

 

« Maeström » de Manon Lepauvre nous transporte en NorvĂšge, dans l’évocation du tourbillon impĂ©tueux qui naĂźt de l’accĂ©lĂ©ration de la marĂ©e et du dĂ©ferlement des fortes houles. En deux parties distinctes, la partition explore deux espaces temporels, l’un dans un mouvement ininterrompu et l’autre dans une temporalitĂ© suspendue oĂč s’agrĂšgent de petits objets musicaux.

 

 

 

 

. . . n i e n t e . . . de Pierre Michaud – crĂ©ation
pour quatuor à cordes amplifié et dispositif audiovisuel (2018)
Pour présentation de la nouvelle partition, le TAP édite le texte poétique suivant :

«
Du silence au silence.
entre les deux :
…construction et destruction…
…la nuit et le jour…
…le changement des saisons…

inspiration et expiration

et le mélancolique constat que tout est impermanence. »

Commande de l’Ensemble Ars Nova, . . . n i e n t e . . . est une oeuvre mixte prĂ©sentant des images d’édifices abandonnĂ©s en Slovaquie, dans des terres agricoles au QuĂ©bec, dans une base militaire dĂ©saffectĂ©e
 L’oeuvre est dĂ©diĂ©e Ă  Jean-MichaĂ«l Lavoie

 

 

 

 

DerniĂšre partition au programme de ce fabuleux voyage en terres contemporaines,  ” abĂźme apogĂ©e ”   est Ă©crit pour un ensemble de quatorze musiciens, Ă©lectronique et chƓur virtuel. La partition mĂȘle cosmologie chinoise et figure d’Hildegarde de Bingen. L’auteur prolonge ainsi sa recherche sur l’hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© des matĂ©riaux « par le dialogue d’une Ă©criture instrumentale effacĂ©e et violente avec une Ă©lectronique harmonique et intimement dĂ©rivĂ©e de la voix ». Entre fixitĂ© du matĂ©riau et mouvement continu, l’Ɠuvre vise un Ă©quilibre en perpĂ©tuelle mouvance, Ă  l’instar de « l’unification des Ă©lĂ©ments de la cosmologie chinoise dans le Taiji/Tû ».
Le chƓur de femmes chante un texte Ă©crit par Dominique QuĂ©len Ă  partir des Ă©crits de Hildegarde de Bingen sur le double mouvement « d’élĂ©vation spirituelle et de dĂ©clin ». Le dispositif Ă©lectronique suscite des objets musicaux hybrides, entre geste instrumental et rĂ©ponse vocale. Formellement, abĂźme apogĂ©e appelle au dĂ©lire et au rĂȘve, en un voyage oĂč l’électronique permet « l’élaboration de paysages sonores oniriques ».

 

 

 

 

SAINTES. Philippe Herreweghe dirige le Requiem de Brahms

POITIERS. Le 13 octobre 2016. Brahms : Un Requiem allemand. Philippe Herreweghe relit le sommet du romantisme sacrĂ©, que signe Brahms en 1871. Requiem personnel. En croyant connaisseur des textes bibliques, Johannes Brahms n’hĂ©sita pas Ă  transgresser les rĂšgles en opĂ©rant lui-mĂȘme la sĂ©lection des priĂšres et chants qu’il souhaitait mettre en musique pour son Requiem. IntitulĂ© Requiem allemand (Ein deutsche Requiem), l’oeuvre s’écarte ainsi de la tradition en n’étant pas chantĂ©e en latin. Sa force et sa ferveur n’en ont que plus d’intensitĂ© et d’émotivitĂ©, abordant sans mĂ©nagements sirupeux, les sujets essentiels que doit affronter le commun des mortels, la mort et la course du temps, la perte des ĂȘtres chers, la finitude de toute chose
 Il s’agit d’un tĂ©moignage personnel traversĂ© par ses impressions et sentiments, par ses expĂ©riences personnelles aussi qui ont endeuillĂ© sa propre vie.

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsMenĂ©e par une jeune Ăąme de 21 ans, la composition s’étend sur plusieurs annĂ©es, de 1854 Ă  1868. De graves Ă©vĂ©nements en ont marquĂ© la genĂšse et la couleur particuliĂšre, ainsi “Den alles Aleisch” dĂ©veloppe l’esquisse d’une sonate Ă©crite au moment de la tentative de suicide de Robert Schumann dont Brahms Ă©tait trĂšs proche. D’autres parties seraient contemporaines de la mort de Schumann (1856) mais Brahms n’a pas prĂ©cisĂ© lesquelles, d’autres encore auraient Ă©tĂ© composĂ©es dans la suite du dĂ©cĂšs de sa mĂšre en 1865.

RENONCEMENT, PAIX ULTIME. A Poitiers, l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de la saison 2016-2017, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais tĂ©moignage d’estime du jeune Johann pour son aĂźnĂ© tant admirĂ© et estimĂ©, Robert Schumann
 En allemand (et non en latin), Brahms dĂ©taille avec pudeur et profondeur plusieurs mĂ©ditations sur la perte d’un ĂȘtre cher, le deuil obligĂ©, la mort, le renoncement au monde et Ă  l’amour. La traditionnelle mĂ©tamorphose grĂące Ă  la musique se rĂ©alise en teintes mordorĂ©es et scintillante d’autant plus vibratiles grĂące au format et au caractĂšre spĂ©cifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur Ă  l’espĂ©rance finale, oĂč se prĂ©cise la promesse d’une vie sereine et Ă©ternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellĂ©e de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel Ă  son « maĂźtre » tant aimĂ© ; il lui offre une priĂšre faite de pleine conscience et de gravitĂ© maĂźtrisĂ©e.

Philippe Herreweghe portraitLe chef fondateur de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es en rĂ©sidence au TAP, prolonge ainsi son prĂ©cĂ©dent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravĂ© en 1996. Les fiançailles magiques fĂȘtent en 2016, leurs 25 ans : la journĂ©e spĂ©ciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, le jeudi 9 mars 2017 permettra Ă  Poitiers de retrouver chef et instrumentistes en interaction avec leur public-; 20 ans plus tard, le geste devrait Ă©blouir par une expĂ©rience plus riche, une comprĂ©hension nourrie par des annĂ©es de rĂ©flexion et de mĂ©ditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, Ă©vĂ©nement, d’autant plus apprĂ©ciĂ©e dans l’acoustique exceptionnellement dĂ©taillĂ©e et claire du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. RESERVEZ

 

 

 

POITIERS, TAP
Jeudi 13 octobre 2016, 20h30
Brahms : Ein Deutsches Requiem / Un Requiem Allemand

Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es
Collegium Vocale Gent
Ilse Eerens, soprano
KreĆĄimir StraĆŸanac, baryton

 

 

Philippe Herreweghe, direction

RESERVEZ VOTRE PLACE
Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation sur le site du TAP Poitiers / saison 2016 – 2017

POITIERS. Philippe Herreweghe dirige Un Requiem Allemand de Brahms

POITIERS. Le 13 octobre 2016. Brahms : Un Requiem allemand. Philippe Herreweghe relit le sommet du romantisme sacrĂ©, que signe Brahms en 1871. Requiem personnel. En croyant connaisseur des textes bibliques, Johannes Brahms n’hĂ©sita pas Ă  transgresser les rĂšgles en opĂ©rant lui-mĂȘme la sĂ©lection des priĂšres et chants qu’il souhaitait mettre en musique pour son Requiem. IntitulĂ© Requiem allemand (Ein deutsche Requiem), l’oeuvre s’écarte ainsi de la tradition en n’étant pas chantĂ©e en latin. Sa force et sa ferveur n’en ont que plus d’intensitĂ© et d’émotivitĂ©, abordant sans mĂ©nagements sirupeux, les sujets essentiels que doit affronter le commun des mortels, la mort et la course du temps, la perte des ĂȘtres chers, la finitude de toute chose
 Il s’agit d’un tĂ©moignage personnel traversĂ© par ses impressions et sentiments, par ses expĂ©riences personnelles aussi qui ont endeuillĂ© sa propre vie.

Brahms-Johannes-portrait-face-500-brahmsMenĂ©e par une jeune Ăąme de 21 ans, la composition s’étend sur plusieurs annĂ©es, de 1854 Ă  1868. De graves Ă©vĂ©nements en ont marquĂ© la genĂšse et la couleur particuliĂšre, ainsi “Den alles Aleisch” dĂ©veloppe l’esquisse d’une sonate Ă©crite au moment de la tentative de suicide de Robert Schumann dont Brahms Ă©tait trĂšs proche. D’autres parties seraient contemporaines de la mort de Schumann (1856) mais Brahms n’a pas prĂ©cisĂ© lesquelles, d’autres encore auraient Ă©tĂ© composĂ©es dans la suite du dĂ©cĂšs de sa mĂšre en 1865.

RENONCEMENT, PAIX ULTIME. A Poitiers, l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de la saison 2016-2017, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais tĂ©moignage d’estime du jeune Johann pour son aĂźnĂ© tant admirĂ© et estimĂ©, Robert Schumann
 En allemand (et non en latin), Brahms dĂ©taille avec pudeur et profondeur plusieurs mĂ©ditations sur la perte d’un ĂȘtre cher, le deuil obligĂ©, la mort, le renoncement au monde et Ă  l’amour. La traditionnelle mĂ©tamorphose grĂące Ă  la musique se rĂ©alise en teintes mordorĂ©es et scintillante d’autant plus vibratiles grĂące au format et au caractĂšre spĂ©cifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur Ă  l’espĂ©rance finale, oĂč se prĂ©cise la promesse d’une vie sereine et Ă©ternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellĂ©e de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel Ă  son « maĂźtre » tant aimĂ© ; il lui offre une priĂšre faite de pleine conscience et de gravitĂ© maĂźtrisĂ©e.

Philippe Herreweghe portraitLe chef fondateur de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es en rĂ©sidence au TAP, prolonge ainsi son prĂ©cĂ©dent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravĂ© en 1996. Les fiançailles magiques fĂȘtent en 2016, leurs 25 ans : la journĂ©e spĂ©ciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, le jeudi 9 mars 2017 permettra Ă  Poitiers de retrouver chef et instrumentistes en interaction avec leur public-; 20 ans plus tard, le geste devrait Ă©blouir par une expĂ©rience plus riche, une comprĂ©hension nourrie par des annĂ©es de rĂ©flexion et de mĂ©ditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, Ă©vĂ©nement, d’autant plus apprĂ©ciĂ©e dans l’acoustique exceptionnellement dĂ©taillĂ©e et claire du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. RESERVEZ

 

 

 

POITIERS, TAP
Jeudi 13 octobre 2016, 20h30
Brahms : Ein Deutsches Requiem / Un Requiem Allemand

Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es
Collegium Vocale Gent
Ilse Eerens, soprano
KreĆĄimir StraĆŸanac, baryton

 

 

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Poitiers, TAP, ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, saison 2016 – 2017

poitiers-tap-journee-festival-cocktail-2016-582POITIERS, TAP. Saison 2016 – 2017 : c’est une saison rĂ©solument internationale qui s’ouvre Ă  Poitiers, oĂč les artistes de toutes nationalitĂ©s Ă©crivent une nouvelle page du vivre ensemble, dĂ©fendant une conscience partagĂ©e, ouverte, gĂ©nĂ©reuse, fraternelle. Car « le multiculturalisme est une richesse et une force », comme le prĂ©cise dans son Ă©dito, JĂ©rĂŽme Lecardeur, directeur du TAP, ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Pour sa programmation danse et musique classique, le TAP dans les faits cultive les mĂ©tissages et l’esprit de la rencontre : d’emblĂ©e la danse fait ici une percĂ©e remarquable grĂące aux thĂ©matiques dĂ©fendues et aux personnalitĂ©s chorĂ©graphiques invitĂ©es, cĂ©lĂ©brĂ©es : Nijinsky, Anne Teresa De Keersmaeker (Rain), JĂ©rĂŽme Bel, William Forsythe et Merce Cunningham, ces deux derniers crĂ©ateurs, Ă©tant jouĂ©s par le Ballet de l’OpĂ©ra national de Paris dont les danseurs n’avaient jamais dĂ©posĂ© leurs chaussons au TAP ! Une premiĂšre particuliĂšrement importante (les 10 et 11 janvier 2017).

Les mĂ©lomanes retrouvent au cours de la saison le travail et l’exploration des rĂ©pertoires menĂ©e par les orchestres et ensembles en rĂ©sidence au TAP : Orchestre des Champs-ElysĂ©es, Orchestre Poitou-Charentes, Ars Nova ensemble instrumental, et cette annĂ©e, une nouvelle invitĂ©e, Vanessa Wagner, pianiste curieuse qui aime elle aussi partager ses dĂ©couvertes et ses expĂ©rimentations depuis son clavier dĂ©fricheur


Parmi les autres invitĂ©s dont les rĂ©citals et programmes sont des Ă©vĂ©nements complĂ©mentaires : Jean Rondeau, claveciniste en vue (21 mars 2017 : programme, Concertos de JS Bach et fils), et l’excellente mezzo Isabelle Druet dont classiquenews a prĂ©cĂ©demment saluĂ© la justesse expressive dans TancrĂšde de Campra ou son dernier album discographique Ă©ditĂ© chez Klarthe (Alma Mahler, Zemlinsky
). Toujours en jaune, comme la parure de sa façade dominant la ville, le TAP affiche une Ă©clatante Ă©nergie, claire et fluo, proposition Ă  penser notre sociĂ©tĂ© et garder le cap vers l’excellence dans le partage. Anne peut qu’y souscrire.
VISITEZ le site du TAP ThĂ©Ăątre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017

 

 

poitiers-tap-theatre-auditorium-poitiers-concerts-festival-orchestres-saison-2016-2017-582

 
 

Temps forts au TAP de Poitiers
saison 2016 – 2017

9 programmes incontournables pour ne rien manquer de la trĂšs riche saison nouvelle au TAP

 
 

herrewghe Philippe-Herreweghe-c-Michiel-HendryckxJeudi 13 octobre 2016, 20h30. L’Orchestre des Champs-ElysĂ©es et Philippe Herreweghe jouent Brahms. Premier temps fort de cette saison, le sublime Requiem Allemand / Ein deutsche Requiem de Johannes Brahms, partition non liturgique mais tĂ©moignage d’estime du jeune Johann pour son aĂźnĂ© tant admirĂ© et estimĂ©, Robert Schumann
 En allemand (et non en latin), Brahms dĂ©taille avec pudeur et profondeur plusieurs mĂ©ditations sur la perte d’un ĂȘtre cher, le deuil obligĂ©, la mort, le renoncement au monde et Ă  l’amour. La traditionnelle mĂ©tamorphose grĂące Ă  la musique se rĂ©alise en teintes mordorĂ©es et scintillante d’autant plus vibratiles grĂące au format et au caractĂšre spĂ©cifiques des instruments anciens : de l’angoisse et de la douleur Ă  l’espĂ©rance finale, oĂč se prĂ©cise la promesse d’une vie sereine et Ă©ternelle. Philippe Herreweghe retrouve la puissance d’une partition de l’intime, sertie et constellĂ©e de joyaux d’une rare pudeur : Brahms rend un hommage personnel Ă  son « maĂźtre » tant aimĂ© ; il lui offre une priĂšre faite de pleine conscience et de gravitĂ© maĂźtrisĂ©e. Le chef fondateur de l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es en rĂ©sidence au TAP, prolonge ainsi son prĂ©cĂ©dent enregistrement d’Un Requiem Allemand / Ein Deutsches Requiem de Brahms, gravĂ© en 1996. Les fiançailles magiques fĂȘtent en 2016, leurs 25 ans : lire plus loin la journĂ©e spĂ©ciale « Cocktail », festival d’un jour autour et par l’Orchestre des Champs-ElysĂ©es, le jeudi 9 mars 2017-; 20 ans plus tard, le geste devrait Ă©blouir par une expĂ©rience plus riche, une comprĂ©hension nourrie par des annĂ©es de rĂ©flexion et de mĂ©ditation sur le manuscrit de Brahms. Lecture attendue, Ă©vĂ©nement, d’autant plus apprĂ©ciĂ©e dans l’acoustique exceptionnellement dĂ©taillĂ©e et claire du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Avec le Collegium Vocale Gent, Eerens, soprano et Kresimir Strazanac, baryton. RESERVEZ

 
 

bakst-ballets-russes-nijinsky-prelude-faune-1912-classiquenewsLes 18 et 19 octobre 2016, 20h30. Hommage Ă  Nijinsky. La chorĂ©graphe Dominique Brun remonte les ballets rĂ©volutionnaires de Nijinsky : Le Sacre du Printemps (musique de Stravinsky) et L’AprĂšs midi d’un Faune (Debussy). A Paris, en 1912 et 1913, le langage corporel et musical Ă©volue considĂ©rablement, exprimant des secousses et convulsions, de nouveaux paysages sonores que les musiques (paĂŻennes, expressionnistes, saisissantes) de Stravinsky, ivres d’une sensualitĂ© pointilliste (de Debussy) Ă©clairent d’un nouveau souffle. Avec Jeux de Debussy, les Ballets les plus essentiels de l’histoire musicale et chorĂ©graphique s’invitent et se rĂ©inventent Ă  Poitiers, les 18 et 19 octobre 2016 avec en soliste l’excellent et rayonnant Benjamin Alu, danseur Ă©toile de l’ OpĂ©ra national de Paris. Ainsi le langage des danseurs changent totalement privilĂ©giant les profils pointĂ©s, les marches terriennes, les figures angulaires comme inspirĂ©es par les bas reliefs antiques
 C’est un tout nouveau rapport entre le corps et l’espace, le mouvement et le plateau, le soliste et le corps de ballet
 Le relief des instruments comme la trĂ©pidation convulsive, onirique des danses rejaillissent avec d’autant plus d’acuitĂ© que la bande sonore utilisĂ©e est celle des versions historiques, rĂ©cemment jouĂ©es par l’orchestre Les SiĂšcles, sur instruments d’apique, enregistrement (dont Le Sacre de Stravinsky) distinguĂ© par un CLIC de CLASSIQUENEWS en 2014. Dominique Brun prĂ©sente donc un triptyque particuliĂšrement intĂ©ressant, composant l’intĂ©gralitĂ© de sa recherche actuelle sur les Ballets Russes. RESERVEZ

 
 

JFHeisser-196Mercredi 16 novembre 2016, 19h30. « Variations Diabelli » : l’Orchestre Poitou-Charentes et son chef d’orchestre fondateur, Jean-François Heisser jouent Beethoven et Zender. Au programme, virtuositĂ© pour clavier seul (Variations Diabelli de Beethoven jouĂ© par Jean-François Hisser), puis rĂ©ponse aux 33 Variations ainsi Ă©coutĂ©s, Ă  l’orchestre, grĂące au 33 Variations d’aprĂšs Beethoven (2011) de Hans Zender. Le compositeur contemporain est bien connu des mĂ©lomanes par ses relectures iconoclastes des sommets romantiques : avant les Diabelli, Zender s’était intĂ©ressĂ© Ă  retranscrire pour orchestre Le Voyage d’hiver de Schubert : en passant de la forme chambriste et intime, au grand orchestre, que gagne la musique et l’expressivitĂ© du motif dans son passage du confidentiel au dĂ©monstratif ? L’univers sonore de Zender semble Ă©clairer plus qu’il ne le dĂ©nature, le propos originel de Beethoven. En façonnant un nouvel Ă©difice musical et esthĂ©tique oĂč brille l’éclat de nouveaux instruments (accordĂ©on, percussions Ă  la fĂȘte), l’idĂ©e de Zender est de relire le chef d’Ɠuvre originel de Beethoven en en soulignant la profusion comme la richesse intĂ©rieure. Le propos de Zender est d’autant plus lĂ©gitime que Beethoven dĂ©jĂ  Ă  son Ă©poque avait repris et analysĂ© une Valse d’Anton Diabelli pour concevoir l’enchaĂźnement de ses 33 Variations (1819-1823). Au dĂ©part, Ă©diteur et compositeur, Diabelli propose aux compositeurs viennois, d’écrire une variation d’aprĂšs sa propre valse : les droits du recueil, englobant toutes les variations seraient reversĂ©s au profit des veuves et des orphelins des guerres napolĂ©oniennes
 Beethoven piquĂ© au vif (et souhaitant aussi percevoir le salaire gĂ©nĂ©reux promis pour une telle composition), s’intĂ©resse finalement au projet et commence par Ă©crire 23 Variations Ă  l’étĂ© 1819, puis interrompt son travail pour composer la Missa Solemnis ; enfin termine le cycle d’aprĂšs Diabelli, en 1823. Toute la dĂ©marche de Beethoven consiste Ă  dĂ©velopper l’idĂ©e du motif jusqu’à son implosion (d’ailleurs le vĂ©ritable titre donnĂ© par Ludwig au moment de la livraison de l’ensemble est « 33 transformations » / 33 VerĂ€nderugnen, sur une valse de Diabelli
) souhaitant dĂ©montrer le potentiel immense d’une motif originel simple, grĂące Ă  la puissance de son gĂ©nie recrĂ©ateur. L’opus 120 est ainsi connu et bien documentĂ©, portant une dĂ©dicace Ă  l’Immortelle Bien-AimĂ©e, c’est Ă  dire probablement, Antonia Brentano. RESERVEZ

 
 

Mardi 22 novembre 2016, 20h30. UM : souverain moteur de toutes choses : Zad Moultaka, Ars Nova ensemble instrumental
 Le TAP prĂ©sente en novembre 2016, une crĂ©ation majeure, fruit de la collaboration du compositeur contemporain Zad Moulataka et l’ensemble en rĂ©sidence Ars nova instrumental. Comme un Ă©cho au Requiem profane de Brahms (cohĂ©rence interne de la programmation 2016 – 2017), Ars Nova ensemble instrumental et son chef fondateur Philippe Nahon rĂ©alisent la nouvelle partition de Zad Moultaka d’aprĂšs Le Livre des Morts tibĂ©tain (Bardo Thödol), permettant la rencontre entre voix, machine et instruments, le compositeur explore le registre sacrĂ© en Occident. UM fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’énoncĂ© d’un mantra, c’est aussi les initiales pour « United Motors », c’est Ă  dire rĂ©fĂ©rence Ă  la pensĂ©e : « Dieu est le premier moteur, le souverain moteur de toutes choses ». Que signifie pour nous, dans notre sociĂ©tĂ© contemporaine, l’idĂ©e d’une Ă©nergie premiĂšre et primordiale ? Vers quel but et dans quelle direction nous mĂšnerait-elle ? La question de la spiritualitĂ© dans la sociĂ©tĂ© est ainsi posĂ©e. Ainsi, inspirĂ©es par la conscience d’un compositeur soucieux du sens et des Ă©nergies propices Ă  rĂ©Ă©quilibrer le monde, « entre l’infra-grave et l’ultra-aigu, les rĂ©sonances vrombissent, se fondent, se confrontent ; elles dessinent le visage de nouveaux matras. » Et si Zad Moultaka recomposait la matrice sonore d’oĂč allait jaillir un nouveau monde? on ne peut que l’espĂ©rer
 CrĂ©ation (environ 1h10mn), avec l’Ircam (rĂ©alisation informatique musicale), 6 chanteurs de Neue Vocalsolisten, Ars Nova ensemble instrumental / Philippe Nahon, direction. RESERVEZ

 
 

Mardi 10, mercredi 11 janvier 2017, 20h30. Rain de Anne Teresa De Keersmaeker. Suite d’une sĂ©rie Ă  prĂ©sent bien documentĂ©e au TAP : Anne Teresa De Keermaesker a dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ© Ă  Poitiers, Rosas Danst Rosas (2010), En attendant (2011)
 en janvier 2017, la reine de la danse contemporaine prĂ©sente son ballet mythique crĂ©Ă© en 2001 sur la musique rĂ©pĂ©titive, entĂȘtante, envoĂ»tante de Steve Reich. Hymne au mouvement, flux continu d’une ivresse organique collective, les 10 danseurs recrĂ©ent au TAP, l’un des ballets devenus classiques du XXIĂšme siĂšcle. La fusion du groupe mouvant et de la musique atteint une jubilation dont il est difficile de se dĂ©faire
 Rain est une pluie Ă©nergisante d’un souffle irrĂ©pressible, irrĂ©sistible. RESERVEZ

 
 

Mardi 24 janvier 2017, 20h30. ComĂ©die dĂ©jantĂ©e Renaissance. La fĂȘte Ă  laquelle convie les solistes instrumentistes et chanteurs de l’ensemble Doulce MĂ©moire excite tous les sens : l’esprit, la finesse ; le vin, l’ivresse et la table
 tout ce qui compose l’ordinaire de Rabelais : une tablĂ©e de solides amateurs, inspirĂ©s par la verve gouleyante du truculent poĂšte philosophe. Le texte de Rabelais sert une moisson de mĂ©lodies divines concoctĂ©es par les compositeurs de la Cour de François Ier dont Jannequin lui-mĂȘme, avec comme acteurs riches en couleurs, caractĂšres et accents, les instruments rois de la Renaissance : Ă©pinette, luth, guitare, cistre, flĂ»tes Ă  bec, bombardes et doulcianes, et 
 tournebout! Au ThĂ©Ăątre Blossac, Les 3T – ThĂ©Ăątre de Chatellerault dont est originaire Jannequin justement. Bus au dĂ©part du TAP Ă  19h. RESERVEZ

 
 

Mardi 31 janvier 2017, 19h30. Grande soirĂ©e Ă  la fois d’intimitĂ© chambriste, ardente et Ă©ruptive avec d’abord, l’épure irrĂ©sistible de Fratres d’Arvo PĂ€rt, dans sa version pour violon (Matthieu Arama, violon) et piano, conçu au moment de la mort de Benjamin Britten, le plus grand et le plus poignant des compositeurs d’opĂ©ras britanniques du XXĂš. Puis, dans le cadre de sa rĂ©sidence au TAP, la pianiste Vanessa Wagner joue le Concerto pour piano n°23 de Mozart ; enfin, l’Orchestre Bordeaux Aquitaine (Paul Daniel, direction) interprĂšte la 7Ăšme Symphonie de Bruckner, dont l’adagio sublime et intĂ©rieur est lui aussi inspirĂ© par la mort d’un proche, et un maĂźtre pour Bruckner, Richard Wagner. RESERVEZ

 
 

Cocktail : journĂ©e spĂ©ciale pour “Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es”

 

JOA-jene-orchestre-abbaye-saintes-philipe-herreweghe-concert-repetition-rehearsalCOCKTAIL AU TAP, jeudi 9 mars 2016… Les 25 ans de l’Orchestre des Champs-ELysĂ©es / Philippe Herreweghe
 A partir de 12h30, puis dĂšs 18h. Toute la journĂ©e. La premiĂšre Ă©dition de « Cocktail » en 2015 fut une totale rĂ©ussite : festival en une journĂ©e, l’offre concoctĂ©e par le TAP offre plusieurs concerts de formes diffĂ©rentes dans divers lieux du TAP, avec en invitĂ© principal, l’orchestre en rĂ©sidence, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es qui fĂȘte en 2016 ses . 25 ans d’activitĂ©. FondĂ© par le charismatique, Philippe Herreweghe, l’ensemble investit tous les espaces publiques du TAP ce 9 mars, de 12h30 (PrĂ©lude : concert sandwich, Quintette Ă  cordes de Johannes Brahms, accĂšs gratuit)
 Puis Ă  18h (prĂ©sentation- rencontre thĂ©matisĂ©e ouverte Ă  tous : « Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette? » avec les instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es : David Wahl et Marie-Ange Petit) – le programme furieusement romantique et gĂ©nĂ©reux est bĂąti autour des symphonies de Beethoven : n°5 (tellurique, fracassante, rĂ©volutionnaire, Ă  19h15 – durĂ©e : 35 mn) puis la n°7 (dansante, dionysiaque, palpitante, Ă  21h45 – durĂ©e : 45 mn).

Auparavant et entre temps, 3 offre complĂ©mentaires s’offrent au public : Choeur et orchestre des jeunes Ă  20h15 (soit 70 choristes et 20 musiciens des lycĂ©es et conservatoires de la rĂ©gion) rĂ©unis autour de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es pour une performance sacrĂ©e et romantique : Requiem de Cherubini, italien devenu directeur du Conservatoire Ă  Paris, douĂ© dans le sillon tracĂ© par Gluck, d’une fiĂšvre prĂ©romantique irrĂ©sistible, d’avant plus ciselĂ©e dans les grands effectifs incluant le chƓur (Requiem Ă  la mĂ©moire de Louis XVI, 1816) ; Ă  21h, double proposition pour un choix difficile : au plateau B : Concert quizz anniversaire (les questions sur l’orchestre des Champs-ElysĂ©es ouvrent la promesse de cadeaux Ă  gagner) ou sur le quai de livraison : accents et nuances turques Ă  la maniĂšre du XVIIIĂš, c’est Ă  dire dans le style de la musique des Janissaires avec la percussionniste Marie-Ange Petit, timbaliĂšre (mais pas seulement) de l’Orchestre dirigĂ© par Philippe Herreweghe. En concentrant sur une journĂ©e et une grande soirĂ©e, de nombreuses offres musicales, dans des formats et programmes diffĂ©rents, le TAP entend aussi redĂ©finir avec sa proposition « COCKTAIL », une nouvelle expĂ©rience de la musique Ă  l’adresse de tous les publics
 ExpĂ©rience hors normes, pour tous. RESERVEZ

 
 

KLARTHE records Isabelle Druet Orchestre victor Hugo Jean-francois verdier review cd critique cd classiquenews 14212074_595876500615906_8258988974444649069_nJeudi 16 mars 2016, 20h30. RĂ©cital lyrique de haut vol avec le mezzo riche, colorĂ©, articulĂ© d’Isabelle Druet dont on ne cesse d’apprĂ©cier le sens du verbe, l’écoute intĂ©rieure et une grande intelligence de l’expressivitĂ©, jamais outrĂ©e ni forcĂ©e. Au TAP, la jeune cantatrice que CLASSIQUENEWS a rĂ©cemment distinguĂ©e en dĂ©cernant Ă  son rĂ©cent disque Ă©ditĂ© par Klarthe, le CLIC de CLASSIQUENEWS (programme : lieder d’Alma Mahler, de Zemlinsky
) interprĂšte avec la complicitĂ© de la pianiste Anne Le Bozec plusieurs compositeurs inspirĂ©s par Shakespeare. Schubert, Schumann, 
 pour les diseurs germaniques ; plus rares : Sibelius, – sans omettre, Rossini pour que s’animent la priĂšre langoureuse des jeunes incrĂ©dules sacrifiĂ©es, l’hymne crĂ©pusculaire d’OphĂ©lie et de DesdĂ©mone, Ăąmes passionnĂ©es, amoureuses vouĂ©es Ă  la mort ; ou les figures plus souriantes et lĂ©gĂšres de Silvia, Cymbeline. La chanteuse rĂ©cidive avec la mĂȘme complice, Anne Bozec en un duo des plus expressifs, allusifs, habitĂ©s : comme dans son album discographique prĂ©citĂ© « Muses » (Lieder de Alma Mahler et de Zemlinsky), Isabelle Druet cantatrice rend hommage Ă  des femmes mythiques inspiratrices
 Eternelles icĂŽnes du romantisme fĂ©minin. RESERVEZ

 
 

TOUTES LES INFOS, les concerts, le modalitĂ©s pratiques sur le site du TAP, ThĂ©Ăątre Auditorium Poitiers / saison 2016 – 2017

 
 

POITIERS. SoirĂ©e ” COCKTAIL ” au TAP, dĂšs 12h30

poitiers-tap-cocktail-19-mai-journee-festival-presentation-compte-rendu-annonce-classiquenews-evenement-clic-de-classiquenews-jean-francois-heisser-orchestre-poitou-charentesPOITIERS, TAP. JournĂ©e “Cocktail”, jeudi 19 mai 2016, dĂšs 12h30. Juste aprĂšs le lundi de la PentecĂŽte, le TAP de Poitiers offre un jeudi pas comme les autres. Concerts, rencontres, performances… toute la journĂ©e du 19 mai, le ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers et les instrumentistes de l’Orchestre Poitou-Charentes, l’un de ses orchestres associĂ©s, imaginent de nouvelles expĂ©riences musicales, dĂ©calĂ©es, surprenantes, gratuites et payantes, dans tous les sites du bĂątiment qui surplombe la ville : parvis, plateau B, quai des livraisons, Ă©videmment salles du ThĂ©Ăątre et de l’Auditorium : soit 6 programmes-concerts d’un nouveau genre, Ă  destination de tous les publics. Le temps d’une journĂ©e pas comme les autres, le TAP devient un grand vaisseau ouvert Ă  tous, offrant de nouvelles formes de concerts et de spectacles musicaux.
En sollicitant la part crĂ©ative de ses ensembles et musiciens en rĂ©sidence, le TAP devient laboratoire et scĂšne ouverte Ă  la rencontre de tous ses publics lors d’une journĂ©e particuliĂšrement festive. Pour ce cocktail dĂ©tonant, “surprise”, Manu a concoctĂ© son propre breuvage “OPC”, et l’orchestre en rĂ©sidence, l’Orchestre Poitou Charentes et son chef Jean-François Heisser inventent une nouvelle façon de jouer, partager, dĂ©fricher… A leurs cĂŽtĂ©s les solistes invitĂ©s donnent aussi le ton et le diapason d’une journĂ©e hors normes : le pianiste Bertrand Chamayou, le violoncelliste François Salque, l’accordĂ©oniste Vincent Peirani ; enfin le compositeur Samuel Strouk prĂ©sente sa nouvelle partition qui redĂ©finit le jeu concertant entre orchestre, solistes et public. Le TAP de Poitiers propose ainsi une expĂ©rience singuliĂšre en fin d’aprĂšs midi, Ă  partir de 12h30.

 

6 concerts simultanés ou enchaßnés
Poitiers, TAP, jeudi 19 mai 2016, Ă  partir de 12h30
TAP – ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers
1 boulevard de Verdun / F-86000
Adm / Tech : 05 49 39 40 00
Billetterie : 05 49 39 29 29
VOIR la PAGE COCKTAIL sur le site du TAP de Poitiers


1 SOIREE / 3 concerts : 21 euros / 40 euros
voir modalités de réservations sur le site du TAP, Poitiers, journée COCKTAIL 2016

 

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Programme de la journĂ©e “Cocktail” au TAP
L’Orchestre Poitou-Charentes Ă  l’honneur
Jeudi 19 mai 2016 / 6 concerts dĂšs 12h30

 

 

12h30 : concert sandwich, l’Orchestre Poitou-Charentes se met au saxo 
Concert gratuit : le percussionniste solo de l’Orchestre, Thierry Briard imagine avec les Ă©tudiants saxophonistes du CESMD et des danseuses du CRR un programme festif, crĂ©atif Ă  la mesure de l’Ă©vĂ©nement. Au programme : Escualo de Piazzolla, Rebonds B de Xenakis, sans omettre Le BolĂ©ro de Ravel dans un arrangement spĂ©cifique…

 

 

18h30 : Apéro-concert : Quintette de cuivres
TAP Parvis – Gratuit. Le quintette de cuivres de l’Orchestre Poitou-Charentes joue plusieurs transpositions festives Ă  l’adresse du plus grand nombre sur le parvis du TAP de Poitiers : arrangements d’aprĂšs Lully, Grieg, Gershwin, Bernstein, Rota…

 

 

19h15 : L’Orchestre Poitou-Charentes et Bertrand Chamayou
Percuphonie au TAP Auditorium – durĂ©e : 1h
Ouverture avec la performance des lycĂ©ens des LycĂ©es du Pays d’Aunis de SurgĂšres et Palissy de Saintes, avec StĂ©phane Grosjean et sa compagnie Toumback, vĂ©ritables corps dansants et rĂ©sonnants (“percussions humaines”). Puis, chef d’oeuvre romantique français, le Concert pour piano et orchestre n°2 de Camille Saint-SaĂ«ns avec le pianiste Bertrand Chamayou, pilote enchanteur dans une partition de bravoure et de profondeur.

 

 

21h : Solo de Vincent Peirani (accordéon)
TAP quai des livraisons – durĂ©e : 30 mn
Entre classique et jazz, l’accordĂ©oniste, “Victoire du Jazz 2015″, improvise au TAP de Poitiers…

 

 

21h : Quintette pour piano et vents de Mozart
TAP Auditorium – durĂ©e : 30 mn
Autour de Jean-François Heisser au piano, 4 instrumentistes de l’Orchestre Poitou-Charentes jouent le Quintette pour piano et instruments Ă  vents : hautbois, clarinette, cor et basson K 452 de Wolfgang Amadeus Mozart. Elegance viennoise et esprits concertant et facĂ©tieux Ă  l’Auditorium

 

 

21h : Duo piano / violoncelle : Chamayou / Salque
TAP plateau B – durĂ©e : 30 mn
Le violoncelliste François Salque retrouve le pianiste Bertrand Chamayou pour un instant de musique de chambre, intense et fulgurant car les deux goĂ»tent particuliĂšrement l’expĂ©rience de la conversation musicale.
poitiers-tap-cocktail-19-mai-journee-festival-presentation-compte-rendu-annonce-classiquenews-evenement-clic-de-classiquenews-jean-francois-heisser-orchestre-poitou-charentes21h45 : L’Orchestre Poitou-Charentes invite Samuel Strouk
Programme mĂ©tissĂ© au TAP ThĂ©Ăątre : proche de l’univers Ă©clectique, Ă©picĂ©, rythmĂ© du compositeur et guitariste Samuel Strouk : Ă©criture innovatrice, expĂ©rimentale associant les deux solistes (violoncelle et accordĂ©on) dans un maelstrom atypique, au carrefour des mondes et des cultures… (concert, 55 mn).

 

 

 

Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Haendel, Berlioz, Schoeller, Haydn, Mozart (bis). Gaëlle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction.

De retour au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, l’Orchestre Poitou Charentes accueille, pour son premier concert de l’annĂ©e 2016, la mezzo soprano saintaise GaĂ«lle Arquez et le chef nĂ©erlandais Arie Van Beek. Le programme de ce concert est hĂ©tĂ©roclite puisqu’en une heure trente il balaie les quatre grandes pĂ©riodes de l’histoire de la musique. Il reste nĂ©anmoins cohĂ©rent, puisque chacune des Ɠuvres de la soirĂ©e Ă©voque, l’eau, la nature, la forĂȘt. Ce concert est aussi l’occasion de voir un public nombreux au sein duquel les enfants et les adolescents sont trĂšs prĂ©sents. Notons la prĂ©sence d’Ă©lĂšves de seconde venus de Montmorillon : «Ce sont des jeunes qui suivent une option «son» pendant leur annĂ©e de seconde» nous dit leur professeur qui ajoute : «C’est leur premiĂšre sortie au ThĂ©Ăątre Auditorium et c’est une organisation importante, et nous sommes satisfaits de les voir prĂȘts Ă  dĂ©couvrir un univers qu’ils ne connaissent pas.»

L’Orchestre Poitou Charentes menĂ© Ă  la baguette par Arie Van Beek

BEEK arie von arie_van_beek_2_g-8Avec la suite n°3 en sol majeur du Water Music de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), l’Orchestre Poitou Charentes donne le ton d’une soirĂ©e haute en couleurs. La derniĂšre des suites du Water Music, celle donnĂ©e en ce mardi soir, a Ă©tĂ© composĂ©e en 1736 Ă  l’occasion du mariage du prince de Galles. Sous la direction ferme et attentive d’Arie Van Beek, l’Orchestre Poitou Charentes en donne une lecture dynamique, vive, sans excĂšs. C’est avec Le cycle de mĂ©lodies Les nuits d’Ă©tĂ©, d’Hector Berlioz (1803-1869) que GaĂ«lle Arquez revient sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. AprĂšs un PoĂšme de l’amour et de la mer, certes trĂšs bien chantĂ© mais Ă  la diction alĂ©atoire, donnĂ© avec l’Orchestre des Champs ElysĂ©es le 4 fĂ©vrier dernier, la jeune mezzo s’engage sans compter. Arquez visiblement survoltĂ©e par le dĂ©fi, c’Ă©tait la premiĂšre fois qu’elle interprĂ©tait ainsi Les Nuits d’Ă©tĂ©-, chante avec un plaisir Ă©vident une musique qui lui va comme un gant; et enfin la diction, qui nous avait tant manquĂ© en fĂ©vrier, est au rendez-vous. L’Orchestre accompagne la soliste avec gĂ©nĂ©rositĂ©, Arie Van Beek veillant avec une bienveillante autoritĂ© Ă  ne jamais couvrir la chanteuse.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre commence par jouer le second mouvement de Tiger, Concerto pour orchestre, composĂ© en 2012 par Philippe Schoeller (nĂ© en 1957). C’est par les vents puis les bois que Schoeller Ă©voque la nature avec une certaine poĂ©sie; le chef, dont la battue est claire et prĂ©cise, se montre enjouĂ© et inspirĂ© dans une Ɠuvre pourtant peu Ă©vidente. C’est cependant avec Joseph Haydn (1732-1809) et sa symphonie N°73 «La chasse», que la nature prend ses aises, notamment avec les «scĂšnes de chasse» du dernier mouvement, le presto final. Arie Van Beek, plus inspirĂ© encore, survolte ses musiciens, les poussant avec fermetĂ© dans leurs retranchements et les incitant Ă  donner le meilleur d’eux-mĂȘmes. Ravi, le public rĂ©serve un accueil chaleureux aux musiciens et Ă  leur chef, qui concĂšde en bis l’ouverture des Nozze di Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Si nous regrettons que cette ouverture soit donnĂ©e sur un tempo un peu trop vif par rapport au reste du concert, nous apprĂ©cions l’incursion symphonique / lyrique de Van Beek dans un programme trĂšs «nature».

C’est un concert de haute volĂ©e que l’Orchestre Poitou Charentes a donnĂ© au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers. Arie Van Beek, qui est invitĂ© de temps en temps par Jean François Heisser depuis 2001, dirige son orchestre avec un plaisir Ă©vident : «Le courant passe bien avec les musiciens; et ils sont trĂšs soudĂ©s entre eux» nous disait-il, la veille du concert, et cela transparaĂźt pendant toute la soirĂ©e. Musiciens, chef, chanteuse formaient un ensemble solide; si solide, d’ailleurs, que le public serait volontiers restĂ© plus longtemps pour en mesurer encore et encore la bienfaisante complicitĂ©.

Poitiers. Auditorium, le 8 mars 2016. Gerog Friedrich Haendel (1685-1759) : Water Music : suite N°3 en sol majeur, Hector Berlioz (1803-1869) : Les nuits d’Ă©tĂ© opus 7, Philippe Schoeller (nĂ© en 1957) : Tiger (2e mouvement), Joseph Haydn (1732-1809) : symphonie N°73 «La chasse», Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Le nozze di Figaro, ouverture (bis). GaĂ«lle Arquez, mezzo soprano, Orchestre Poitou Charentes. Arie Van Beek, direction. Illustration : Arie Van Beek © Ludovic Combe

Poitiers. ThĂ©Ăątre, le 11 fĂ©vrier 2016. Andrea Liberovici (nĂ© en 1962) : Faust’s box (crĂ©ation). Helga Davis,Andrea Liberovici.Ars Nova Ensemble. Philippe Nahon

Faust en crĂ©ation Ă  PoitiersDe tous les mythes existants, celui de Faust est celui qui rĂ©ussit l’exploit de concentrer le plus grand nombre d’oeuvres littĂ©raires, cinĂ©matographiques ou musicales depuis son apparition. Parmi les plus cĂ©lĂšbres, figurent le Faust de Johann Wolfgang Von Goethe (1749-1832), celui de Charles Gounod (1818-1893) ou celui de RenĂ© Clair (1898-1981). Dans cet univers de chefs d’oeuvres, le dernier opus du compositeur italien Andrea Liberovici (nĂ© en 1962) ne fait que confirmer le succĂšs jamais dĂ©menti du mythe de Faust. Faust’s box est la derniĂšre commande d’Ars Nova Ensemble et de son directeur musical Philippe Nahon. A l’occasion de la crĂ©ation mondiale de Faust’s Box, c’est Helga Davis, actrice et chanteuse Ă  la voix assez jazzy, qui a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  chanter et Ă  dĂ©clamer l’oeuvre prĂ©sentĂ©e en crĂ©ation Ă  Poitiers, une partition particuliĂšrement exigeante de Liberovici.

Création saluée unanimement, le mythe de Faust réinventé par Andrea Liberovici

Faust’s box au TAP de Poitiers

Comme nombre de compositeurs contemporains, Liberovici utilise une bande son sur laquelle est enregistrĂ©e la voix de Robert Wilson, le «narrateur de l’ombre», mĂȘlĂ©e Ă  des sons captĂ©s dans la ville et dans la nature. Quant Ă  l’orchestre, outre les cordes et les timbales, paraissent des «instruments» surprenants que Liberovici est allĂ© chercher dans la vie quotidienne : marteaux, cravaches, roues Ă  eau par exemple. Faust damnĂ© aprĂšs son pacte avec MephistophĂ©lĂšs, arrivĂ© en enfer, s’Ă©chappe comme il peut pour tenter de rendre sa situation vivable, Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre acceptable. L’actrice et chanteuse Helga Davis s’intĂšgre dans le spectacle avec talent ; d’une voix chaleureuse, l’artiste alterne texte chantĂ© et parlĂ© et fait transparaĂźtre avec talent le dĂ©sespoir de Faust enfermĂ© dans sa boite infernale. Le miroir installĂ© au fond de la boĂźte oĂč se trouve Faust, oblige le malheureux damnĂ© Ă  affronter son passĂ© et les raisons qui l’ont poussĂ© Ă  accepter de passer un pacte avec le diable.
Philippe Nahon dirige Ars Nova avec souplesse et rigueur ; la battue est claire, nette, prĂ©cise ; d’ailleurs la musique de Liberovici ne permet pas vraiment d’improviser. Musicalement et textuellement, Liberovici alterne avec talent, espoir, dĂ©sespoir, tentative d’Ă©vasion, rĂ©signation. C’est la complicitĂ© entre Nahon et ses musiciens qui forme le socle du succĂšs de la soirĂ©e, alliĂ©e Ă  une artiste exceptionnelle, Helga Davis, et Ă  un compositeur talentueux, Andrea Liberovici ; le collectif s’est appropriĂ© le mythe de Faust en une Ɠuvre absolument personnelle qui ne copie ni ne s’inspire de personne.

N’oublions pas qu’Ars Nova rĂ©alise une crĂ©ation Ă  peu prĂšs chaque annĂ©e. AprĂšs « A l’agitĂ© du bocal » de Bernard Cavanna en 2013 et ” Courte longue vie au grand petit roi » d’Alexandros MarkĂ©as, en 2014, Faust’s box » d’AndrĂ©a Liberovici qui voit le jour en ce mois de fĂ©vrier 2016, s’impose Ă  nous avec force et poĂ©sie. Le public venu nombreux rĂ©serve un accueil triomphal Ă  chacun, et Liberovici, prĂ©sent, car il assurait lui mĂȘme la mise en espace, reçoit largement sa part des «bravos» qui fusent ici et lĂ . Souhaitons longue vie Ă  ce «Faust’s box» dont la crĂ©ation a reçu comme rarement, un accueil spontanĂ© et plutĂŽt trĂšs chaleureux du public venu pour sa crĂ©ation. Preuve qu’il y a bien une audience pour la musique contemporaine, et que le TAP Ă  Poitiers a su parfaitement le fidĂ©liser.

Poitiers. ThĂ©Ăątre, le 11 fĂ©vrier 2016. Andrea Liberovici (nĂ© en 1962) : Faust’s box. Helga Davis, voix, Robert Wilson, narrateur de l’ombre, Andrea Liberovici, musique, texte, mise en scĂšne, Ars Nova Ensemble. Philippe Nahon, direction.

Macbeth barbare de Brett Bailey Ă  POITIERS

Brett Bailey Macbeth 2 DR OpĂ©ra de RotterdamPoitiers, TAP. Macbeth, les 17 et 18 fĂ©vrier 2016. D’aprĂšs l’opĂ©ra de Verdi, sommet fantastique et hallucinĂ© (lui mĂȘme inspirĂ© du drame de Shakespeare), Macbeth est un spectacle d’opĂ©ra rĂ©alisĂ© par le metteur en scĂšne sud-africain Brett Bailey qui avait marquĂ© les esprits de Poitiers au TAP Ă©galement l’annĂ©e derniĂšre avec le splendide Exhibit B (dĂ©diĂ© Ă  la dĂ©nonciation des crimes racistes commis dans l’Afrique coloniale et dans l’Europe actuelle). Dans ce nouveau spectacle fort qui tourne depuis 2013 en Europe, une Ă©tape est franchie : celle d’un geste antiraciste et de l’opĂ©ra romantique. En fĂ©vrier 2016 pour le TAP, Brett Bailey propose de relire le drame lyrique de Verdi (avec cette ivresse mĂ©lodique et Ăąpre propre au grand opĂ©ra romantique italien), mais dans une transposition au Congo (prĂ©cisĂ©ment au Congo-Kinshasa pendant la guerre du Kivu), et sous un prisme satirique : l’homme de thĂ©Ăątre dĂ©veloppe un message anticolonialiste saisissant.
Pour fournir au monde dĂ©veloppĂ©, les ressources naturelles dont il dispose, le pays est ainsi en proie Ă  la guerre entre seigneurs de guerre et sociĂ©tĂ© d’exploitation miniĂšre : un seul but les motivent jusqu’Ă  la mort, l’argent et le pouvoir. La troupe sud africaine s’investit sur la scĂšne (soit 24 chanteurs et musiciens), exprimant dans une exaltation physique millimĂ©trĂ©e la passion dĂ©vorante du pouvoir : ici, le couple Macbeth mĂšne les jeux de l’arĂšne, jusqu’Ă  la mort et la folie. On reste souvent dubitatif face aux adaptations prĂ©tendument digestes, rythmĂ©es, vĂ©hĂ©mentes… plus accessibles qu’un opĂ©ra original, souvent d’une durĂ©e impressionnante de plus de 3h de musique et de chant.
Mais le spectacle imaginĂ© par Brett Bailey – nĂ© en 1967, heureux dĂ©fenseur d’une rĂ©appropriation flamboyante (grĂące Ă  son scĂ©nario d’une prĂ©cision extrĂȘme, donc d’un impact calibrĂ© irrĂ©sistible), a Ă©tĂ© minutieusement pensĂ©, rĂ©duit Ă  l’essentiel, visant le relief spectaculaire des passions humaines et aussi l’Ă©clat moderne voire polĂ©mique de l’action qui s’y dĂ©roule : tout cela nous renvoie Ă  des situations politiques et sociĂ©tales trĂšs rĂ©elles.. TĂ©moin du racisme organisĂ©, Ă©tatifiĂ© (par l’apartheid), Bailey qui est nĂ© et a Ă©tĂ© Ă©levĂ© dans la haine de l’autre, dĂ©nonce toutes les formes d’oppression et de violence ; exit les airs de Macduff et plusieurs scĂšnes originelles, ce Macbeth a la force expressive des films inspirĂ©s par le thĂšme, et dans un arrangement musical (aux cordes frissonnantes et terrifiantes) inspirĂ© de l’opĂ©ra verdien, conçu par Fabrizio Cassol pour son excellent ensemble de 12 instrumentistes, les musiciens transbalkaniques du No Borders Orchestra. Une version de chambre, intimiste et mordante qui rĂ©gĂ©nĂšre le sens de la fulgurance dramatique du grand Giuseppe Verdi.

Macbeth de Verdi, satire barbare de Brett Bailey

04.JPGMacbeth est alors le commandant d’une armĂ©e de mercenaires au Congo, rongĂ© par la superstition, la corruption, la vĂ©nalitĂ©, la lĂąchetĂ© collective… TrĂšs inspirĂ© (manipulĂ©e?) par sa femme d’une rare cruautĂ© dĂ©guisĂ©e, le gĂ©nĂ©ral magnifique devient tyran psychotique, potentat terrorisant une armĂ©e d’esclaves qu’il fait travailler dans les mines d’or… Le drame intimiste se concentre sur les 3 personnages clĂ©s de ce huit-clos grinçant et magnifique : Macbeth et sa femme, monstre dĂ©vorĂ© par le pouvoir et le crime, leur ami puis rival Banquo. Toute la conception visuelle et dramaturgique (nombreuses projections en fond de scĂšne) dĂ©nonce plusieurs rĂ©gimes politique de l’Afrique noire subsaharienne, un terrain minĂ© et sulfureux, politiquement explosif que le scĂ©nographe blanc sud-africain a choisi d’interroger tout au long de ses spectacles. La production a Ă©tĂ© montrĂ©e auparavant Ă  Avignon et Ă  Paris (Centquatre) en 2013, dans le cadre du festival d’Automne 2014 Ă  Montreuil et Ă  la Ferme du Buisson… RĂ©cemment, en Barbican Center de Londres, – preuve que la question coloniale et le racisme souterrain continuent d’agir, – septembre 2014-, le spectacle a Ă©tĂ© dĂ©programmĂ© sous la pression d’une partie du public qui s’Ă©tait offusquĂ©e que les spectacles de Brett Bailey s’identifiaient aux “zoos humains” du XIXĂšme siĂšcle… comme on pouvait le lire sous la plume d’un critique anglais. Pourtant quand on connaĂźt l’oeuvre du Sud-Africain, pas haineux pour un sou, force est de constater son profond humanisme, et sa volontĂ© de dĂ©noncer la haine et le racisme… Aux spectateurs du TAP de Poitiers de juger sur piĂšces, les 17 et 18 fĂ©vrier prochains.

Opéra
Macbeth de Verdi, adapté par Brett Bailey
Poitiers, TAP. Les 17 et 18 février 2016
Mercredi 17 février 2016, 20h30
Jeudi 18 février 2016, 19h30

musique : Fabrizio Cassol
d’aprùs Macbeth de Verdi
direction : Premil Petrovic

avec Owen Metsileng, Nobulumko Mngxekeza, Otto Maidi et les chanteurs d’opĂ©ra Sandile Kamle, Jacqueline Manciya, Monde Masimini, Siphesihle Mdena, Bulelani Madondile, Philisa Sibeko, Thomakazi Holland avec le No Borders Orchestra.
Durée : 1h40

Concert sandwich avec les chanteurs d’opĂ©ra de Macbeth
Airs d’opĂ©ra, lundi 15 fĂ©vrier 2016, 12h30
Entrée libre.

Compte-rendu, concert. Poitiers, Auditorium, le 4 fĂ©vrier 2016. Chausson, Debussy… Orchestre des Champs ElysĂ©es. Louis LangrĂ©e

SOMPTUEUX CONCERT SYMPHONIQUE A POITIERS. Pour son premier concert de l’annĂ©e 2016, l’Orchestre des Champs ElysĂ©es a invitĂ© le chef Louis LangrĂ©e Ă  diriger un programme composĂ© uniquement d’oeuvres françaises de la fin du XIXe siĂšcle et du dĂ©but du XXe siĂšcle. Pour cette soirĂ©e exceptionnelle, l’Orchestre des Champs ElysĂ©es a Ă©galement invitĂ© la mezzo soprano saintaise GaĂ«lle Arquez.

En ouverture, Louis LangrĂ©e lance l’Hymne Ă  la justice d’AlbĂ©ric Magnard (1865-1914). Rapidement Magnard fut l’un des soutiens du capitaine Alfred Dreyfus ; choquĂ© par l’Ă©vident dĂ©ni de justice que constituait l’affaire Dreyfus, Magnard, aprĂšs Emile Zola et son cĂ©lĂšbre “J’accuse” (publiĂ© en 1898), compose une Ɠuvre cinglante, forte, intense. A sa façon, il fait transparaitre nettement le dĂ©goĂ»t que lui inspire la situation du capitaine Dreyfus. DĂšs les premiĂšres mesures, Louis LangrĂ©e dirige l’Orchestre des Champs ElysĂ©es avec une Ă©nergie et une maĂźtrise manifeste ; la battue du chef est claire, nette, prĂ©cise, implacable ; avec les musiciens, il entraĂźne le public au cƓur mĂȘme de l’affaire Dreyfus : l’effrayant dĂ©ni de justice qu’elle constitue. La violence de la premiĂšre partie de l’oeuvre de Magnard dĂ©crit bien la dĂ©tresse du malheureux capitaine et de ses soutiens. Si la suite de l’hymne est plus apaisĂ©e, elle n’en montre pas moins Ă  quel point la notion mĂȘme de justice a Ă©tĂ© malmenĂ©e, voire bafouĂ©e, niĂ©e sous un torrent de boue et de mensonges jamais reconnus par ailleurs. LangrĂ©e s’approprie le chef d’oeuvre de Magnard avec une virtuositĂ© peu commune; en grand dĂ©fenseur de la musique française, il impulse une vie et un dynamisme saisissants Ă  cet hymne dense, plein de colĂšre, de tristesse et, en mĂȘme temps, d’espoir. 

langree1AprĂšs une brĂšve pause, Louis LangrĂ©e revient avec la mezzo soprano GaĂ«lle Arquez pour la seconde Ɠuvre du programme : PoĂšme de l’amour et de la mer op.19 d’Ernest Chausson (1855-1899). Tout comme dans l’Hymne Ă  la justice, Louis LangrĂ©e dirige d’une main ferme et souple une Ɠuvre qui prĂ©figure ce que sera La mer quelques annĂ©es plus tard. GaĂ«lle Arquez, la rĂ©gionale de l’Ă©tape, – elle est en effet nĂ©e Ă  Saintes-, est dotĂ©e d’une jolie voix de mezzo. Si la jeune femme connaĂźt bien l’oeuvre, la diction est parfois alĂ©atoire ; regrettable dĂ©faillance d’autant que les poĂšmes de Maurice Bouchor (1855-1929) sont superbes. NĂ©anmoins la jeune femme s’implique totalement dans une Ɠuvre qui, sous une apparente facilitĂ©, est complexe, pleine de piĂšges et trĂšs difficile Ă  interprĂ©ter. Remarquablement dirigĂ©e par un chef qui connaĂźt parfaitement ce rĂ©pertoire, GaĂ«lle Arquez fait entendre une couleur vocale somptueuse et expressive mĂȘme si la voix est parfois couverte par les musiciens; cependant l’orchestre accompagne la mezzo avec sensibilitĂ© et efficacitĂ©.

AprĂšs l’entracte, Louis LangrĂ©e et l’Orchestre des Champs ElysĂ©es attaquent la seconde partie du programme consacrĂ©e Ă  Claude Debussy (1862-1918). Avec La mer, nous retrouvons un peu de l’esprit du PoĂšme de l’amour et de la mer de Chausson crĂ©Ă© une dizaine d’annĂ©es auparavant. Le chef, debussyste avĂ©rĂ©, dirige La mer conciliant fermetĂ© et souplesse ; il cisĂšle la partition sans jamais l’alourdir. L’Orchestre des Champs ElysĂ©es aborde le cycle purement orchestral avec une maĂźtrise quasi parfaite ; et la direction prĂ©cise et dynamique de Louis LangrĂ©e galvanise les musiciens. AprĂšs des applaudissements trĂšs nourris saluant une performance remarquable, le chef annonce le bis; et c’est une autre piĂšce de Debussy : PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs midi d’un faune. AprĂšs la violence des vents marins de La mer, sa houle ocĂ©ane impĂ©tueuse, scintillante,  chef et musiciens, soudĂ©s et complices, rĂ©alisent une lecture alerte et enjouĂ©e du PrĂ©lude ; les interventions solos sont excellentes et l’orchestre joue avec un plaisir Ă©vident sous la direction d’un chef survoltĂ© par une ambiance trĂšs chaleureuse.

C’est un concert de trĂšs haute volĂ©e que l’Orchestre des Champs ElysĂ©es a proposĂ© Ă  un public venu nombreux. D’autant que le programme, exclusivement français, Ă©tait dirigĂ© par Louis LangrĂ©e, grand dĂ©fenseur de ce rĂ©pertoire. La prĂ©sence de GaĂ«lle Arquez pour interprĂ©ter Le poĂšme de l’amour et de la mer a apportĂ© une touche lumineuse Ă  la soirĂ©e. PlĂ©nitude et cohĂ©rence du son de ce concert symphonique et lyrique ont convaincu, apportant Ă  Saintes, un nouveau jalon mĂ©morable de sa saison symphonique. On regrette qu’un disque n’en perpĂ©tue pas le souvenir ni la totale rĂ©ussite.

Compte-rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 4 fĂ©vrier 2016. AlbĂ©ric Magnard (1865-1914) : Hymne Ă  la justice op.14, Ernest Chausson (1855-1899) : PoĂšme de l’amour et de la mer op.19, Claude Debussy (1862-1918) : La mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre, PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs midi d’un faune (bis). GaĂ«lle Arquez, mezzo soprano, Orchestre des Champs ElysĂ©es. Louis LangrĂ©e, direction.

Faust’s Box au TAP de Poitiers

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box / Faust’s Box, crĂ©ation. Nouvel objet sonore en crĂ©ation Ă  Poitiers avec cette production inclassable dans sa forme musicale mais si riche en sens et questionnement que son thĂšme suscite : Faust (dans une boĂźte) interroge la destinĂ©e humaine, le sens d’une vie terrestre. DĂ©sirs comblĂ©s au delĂ  de ses espĂ©rances, le docteur Faust n’espĂšre ni n’aspire Ă  rien. Peut-il encore vivre ? En a t il encore la volontĂ© et le vouloir ? A trop s’ĂȘtre perdu, peut-il se (re)trouver ? C’est tout l’enjeu de la nouvelle production qui met en scĂšne les multiples interrogations de Faust dans sa boĂźte.

Création au TAP de Poitiers

Faust’s Box / Faust in the box

Andrea Liberovici / Ars Nova ensemble instrumental

Faust en création à Poitiers

 

Faust est seul, enfermĂ© dans une boĂźte. Il vient d’ĂȘtre damnĂ© et il est en fuite. Non plus vers un monde extĂ©rieur mais en lui-mĂȘme. Il ne cherche plus rien sinon retrouver sa voix. S’ouvre alors un dialogue entre lui et son ombre. La chanteuse Helga Davis, remarquĂ©e dans la recrĂ©ation de Einstein on the Beach de Philip Glass et Robert Wilson, campe un Faust ni homme ni femme. Un ĂȘtre qui pense et dit Ă  la fois l’horreur et le miracle de la condition humaine. Narrateur, chanteuse et musiciens interprĂštent une partition Ă  la croisĂ©e des esthĂ©tiques, dĂ©multipliant les espaces grĂące Ă  l’électronique et ouvrant la voie Ă  de multiples illusions sonores. Andrea Liberovici signe une Ɠuvre trĂšs originale pour voix, corps, instruments, ombres en mouvement, et crĂ©e un seul et mĂȘme langage, nouveau et profondĂ©ment expressif.

liberovici-andrea-faust-creation-opera-poitiers-presentation-annonce-CLASSIQUENEWS-fevrier-2016FACE AU MIROIRAndrea Liberovici qui a conçu la musique, le texte et la mise en scĂšne du spectacle imagine Faust dans un ultime face Ă  face : lui-mĂȘme et son ombre. C’est face au miroir, le bilan d’une existence en quĂȘte de sens. Le hĂ©ros (la chanteuse Helga Davis) interroge l’enjeu et le but d’une vie terrestre Ă  travers sa propre quĂȘte. C’est un voyage intĂ©rieur et intime qui Ă  travers l’Ă©vocation de son enfance, de l’amour, du pouvoir, de l’argent, rĂ©capitule enjeux et dĂ©sirs, finalitĂ© et moralitĂ© de toute une vie, entre passion, dĂ©sir, ambition. Face au miroir de son Ăąme, que va dĂ©couvrir Faust de lui-mĂȘme ? Le spectacle d’Andrea Liberovici souligne la vacuitĂ© des existences solitaires et dĂ©sespĂ©rĂ©es oĂč le lien humain, la conscience Ă  la Nature font dĂ©faut. La force du spectacle tient Ă  la figure centrale de la chanteuse-Faust, ni homme ni femme ; au concours d’une voix off (celle de Robert Wilson, prĂ©enregistrĂ©e, sorte de “ghost-writer” ou narrateur de l’ombre dont la voix structurante mordante et juste par la pertinence des propos, organise l’action et lui apporte sa continuitĂ© dramaturgique). Avec l’apport de l’Ă©lectronique, la rĂ©alisation visuelle produit de superbes illusions sonores. Les 7 instrumentistes se fondent dans une rĂ©flexion vivante d’une tension irrĂ©sistible. Car le thĂ©Ăątre de Liberovici nous parle Ă  travers Faust du chemin qui s’offre Ă  chacun de nous. Faust, c’est nous.

Le spectacle est repris à Paris, Philharmonie, le 17 septembre 2016 ; puis du 29 nomvebre au 4 décembre 2016, au Teatro Stabile de GÚnes (Italie)

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Le 11 fĂ©vrier 2016, 20h30. Faust in the box / Faust’s Box, crĂ©ation
Placement libre / Création
Andrea Liberovici, musique, texte et mise en scĂšne
Helga Davis, chant
Philippe Nahon, direction
Ars Nova ensemble instrumental (7 musiciens)
Robert Wilson, narrateur de l’ombre
Controluce – Teatro d’ombre, ombres en vidĂ©o

Autour de Faust au TAP de Poitiers

Dialogue des plateaux : Faust, une légende allemande de Murnau, dim 14 fév 11h

Pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ? avec François Martel, jeu 11 fĂ©v 18h30

Une question existentielle Ă  laquelle tentera de rĂ©pondre par trois fois au cours de la saison un comĂ©dien ou metteur en scĂšne avec la complicitĂ© d’un musicien ou chef d’orchestre. Ce duo s’interrogera sur une oeuvre du rĂ©pertoire, un air connu ou un compositeur cĂ©lĂšbre, il nous ouvrira avec humour et espiĂšglerie les portes de la musique classique et contemporaine. Des « non-confĂ©rences », Ă©laborĂ©es avec nos trois orchestres associĂ©s, Ă  dĂ©guster au bar de l’auditorium.
jeudi 11 février 18h30
La rĂ©ponse de François Martel, comĂ©dien, avec la complicitĂ© d’Alain Tresallet, altiste d’Ars Nova ensemble instrumental.
En lien avec Faust in the box

 

faust-andrea-liberovici-creation-poitiers-classiquenews-fevrier-2016

 

Concert de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es Ă  Poitiers

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Jeudi 4 fĂ©vrier 2016. Orchestre des Champs ElysĂ©es : Debussy, Chausson, Magnard.... Somptueuse soirĂ©e symphonique au TAP de Poitiers ce soir avec l’Ă©clat poĂ©tique des instruments d’Ă©poque dans un programme de musique romantique française (et post romantique avec le sommet liquide et impressonniste, La mer de Debussy). Sous la conduite du chef Louis LangrĂ©e (applaudi la saison derniĂšre pour PellĂ©as et MĂ©lisande, les instrumentistes si passionnĂ©ment engagĂ©s dans le jeu historiquement informĂ© et toujours soucieux du timbre et du format sonore originel de chaque instrument, s’engagent pour une trilogie de compositeurs dont l’Ă©criture devrait ce soir gagner en mordant expressif, raffinement poĂ©tique, justesse caractĂ©risĂ©e, subtil Ă©quilibre entre lecture analytique et formidable texture sensuelle. Si le propre des auteurs français est souvent prĂ©sentĂ© comme ce scrupule particulier pour la transparence, la couleur, la clartĂ©, l’apport de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es devrait le dĂ©montrer dans ce programme qui associe : Debussy, Chausson et Magnard, particuliĂšrement convaincant. C’est de Chausson Ă  Debussy, une leçon d’Ă©quilibre entre dĂ©tails et souffle dramatique qui attend les spectateurs auditeurs du TAP de Poitiers lors de cette grande soirĂ©e de vertiges symphoniques.

chaussonSi la piĂšce maĂźtresse sur le plan symphonique et orchestral demeure Ă©videmment La Mer de Debussy – sublime triptyque climatique pour grand orchestre, le concert offre un aperçu significatif du wagnĂ©risme personnel d’Ernest Chausson, l’un des symphoniste et poĂšte musicien les plus douĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration (il est nĂ© en 1855, et s’Ă©teint fauchĂ© trop tĂŽt avant la fin du siĂšcle en 1899). ComposĂ© entre 1882 et 1890, le cycle est crĂ©Ă© lors de ses 38 ans en 1893 ; Le PoĂšme de l’amour et de la mer opus 19 d’aprĂšs le texte de son exact contemporain et ami, le poĂšte Maurice Bouchor (1855-1929), le PoĂšme comprend deux volets :
I. La Fleur des eaux : « L’air est plein d’une odeur exquise de lilas » – « Et mon cƓur s’est levĂ© par ce matin d’été » – « Quel son lamentable et sauvage »
Interlude
II. La Mort de l’amour : « BientĂŽt l’üle bleue et joyeuse » – « Le vent roulait les feuilles mortes » –  « Le temps des lilas »

Comprenant l’intervention d’une soliste (aujourd’hui soprano ou mezzo, bien que la version de crĂ©ation ait Ă©tĂ© rĂ©aisĂ©e par un tĂ©nor DĂ©sirĂ© Desmet), la partition est Ă  la fois cantate, monologue, ample mĂ©lodie pour voix et orchestre oĂč les couleurs et le formidable chant de l’orchestre rivalise d’Ă©clats et de vie intĂ©rieure avec la voix humaine. Le cycle des 6 poĂšmes Ă©tait probablement quasi achevĂ© quand Chausson commence son opĂ©ra Le Roi Arthus, puis aprĂšs la composition de ce dernier, il rĂ©vise en 1893 Le PoĂšme pour lui apporter une parure dĂ©finitive et le faire crĂ©er dans une version piano / chant par le tĂ©nor DĂ©sirĂ© Desmet (Bruxelles, le 21 fĂ©vrier 1893). La version orchestrale est assurĂ©e ensuite en avril suivant par la cantatrice ElĂ©onore Blanc.
Musique empoisonnĂ©e, langoureuse et trĂšs fortement mĂ©lancolique, le chant de Chausson qu’il s’agisse Ă  la voix ou dans l’orchestre exprime une extase mortifĂšre et nostalgique d’une incurable torpeur qui semble s’insinuer jusqu’Ă  l’intimitĂ© la plus secrĂȘte, dĂ©veloppant une Ă©criture scintillante et suspendue…. wagnĂ©rienne. Chausson a Ă©videmment Ă©coutĂ© Tristan et Yseult ; il ne cesse de dĂ©clarer son allĂ©geance Ă  l’esprit du maĂźtre de Bayreuth, en particulier dans un motif mĂ©lodique, obsessionnel, qui traverse toutes les mĂ©lodies et surtout se dĂ©veloppe explicitement dans l’interlude qui relie les deux volets du cycle : La Fleur des eaux et La Mort de l’amour.
Musique “proustienne”, d’un Ă©clectisme rentrĂ©, (typique en cela de la IIIĂš RĂ©publique), d’un parfum wagnĂ©rien Ă©vident mais si original et personnel (en cela digne des recommandations de son professeur CĂ©sar Franck, lui aussi partisan d’un wagnĂ©risme original et renouvelĂ©), douĂ©e d’une forte vie intĂ©rieure, l’Ă©criture de Chausson est rĂ©itĂ©ration, connotations, intentions masquĂ©es, plĂ©nitude des souvenirs et des songes enivrĂ©s et embrumĂ©s, l’expression d’une langueur presque dĂ©pressive qui ne cesse de dire son impuissante solitude. C’est en plus de Tristan, le modĂšle de Parsifal de Wagner (Ă©coutĂ© Ă  sa crĂ©ation en 1882 Ă  Bayreuth) qui est rĂ©interprĂ©tĂ©, “recyclĂ©” sous le filtre de la puissante sensibilitĂ© d’un compositeur esthĂšte et poĂšte. Encore scintillante et claire, La Mort de l’amour, cĂšde la place Ă  l’ombre inquiĂšte et l’anĂ©antissement graduel (La Fleur des eaux); les images automnales, crĂ©pusculaires, souvent livides et lĂ©thales dĂ©crivent un monde Ă  l’agonie, perdu, sans rĂ©mission (“le vent roulait les feuilles mortes”… est une marche grave et prenante). Et pour finir, tel une prophĂ©tie terrifiante, la derniĂšre mĂ©lodie, Le temps des Lilas (Ă©crite dĂšs 1886, et souvent chantĂ© comme une mĂ©lodie sĂ©parĂ©e, autonome) confirme qu’aprĂšs cette agonie il n’y aura plus de printemps. Le PoĂšme de l’amour et de la mer est la prĂ©diction d’une apocalypse inĂ©vitable. Il appartient aux interprĂštes d’en restituer et la langueur hynoptique et la magie des couleurs orchestrales d’un scintillement dont le raffinement annonce La Mer de Debussy… Le chef quant Ă  lui doit veiller aux Ă©quilibres, au format orchestre / voix, pour servir l’une des plus belles musique de chambre au souffle symphonique. L’ampleur et la profondeur mais aussi l’exquise lisibilitĂ© mortifĂšre du texte, de ses images d’une sourde et maladive mĂ©lancolie.
MĂȘme s’il fut fils de famille, et d’un train de vie supĂ©rieur Ă  celui de ses confrĂšre compositeur, Chausson, mort stupidement aprĂšs une mauvaise chute de vĂ©lo, savit entretenir autour de lui, l’ambiance d’un foyer artistique et intellectuel ouvert aux tendances les plus avancĂ©es de son temps : son salon de la rue de Courcelles Ă  Paris reçoit ses amis FaurĂ©, Duparc et Debussy, mais aussi MallarmĂ©, Puvis de Chavannes et Monet… A l’Ă©coute de son PoĂšme opus 19, l’auditeur convaincu tirera bĂ©nĂ©fice en poursuivant son exploration de l’univers de Chausson avec Le Roi Arthus (offrande personnelle sur l’autel wagnĂ©rien), Viviane, Symphonie en si bĂ©mol et bien sur, toute sa musique de chambre…

boutonreservationL’Orchestre des Champs-ElysĂ©es au TAP, Poitiers
Jeudi 4 février 2016, 19h30

Albéric Magnard : Hymne à la justice op.14
Ernest Chausson : PoĂšme de l’amour et de la mer op.19
Claude Debussy : La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre
Durée du concert : 1h20mn (entracte compris)
Louis Langrée, direction
Gaëlle Arquez, mezzo-soprano

Louis LangrĂ©e, premier chef invitĂ© de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es, dĂ©fend la musique française partout dans le monde. La saison passĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Comique, ils ont crĂ©Ă© ensemble l’un des plus beaux PellĂ©as et MĂ©lisande qu’on ait entendu depuis longtemps, encensĂ© par le public et la critique. C’est justement Debussy qui constitue la piĂšce maĂźtresse de ce concert avec le poĂšme symphonique La Mer, fresque impressionniste oĂč le chatoiement des couleurs devrait ĂȘtre magnifiĂ© par les instruments d’époque. Le PoĂšme de l’amour et de la mer fut composĂ© seulement 20 ans avant mais illustre une esthĂ©tique fort diffĂ©rente, empreinte de l’influence wagnĂ©rienne qui dominait encore en France en cette fin du 19e siĂšcle.

L’Orchestre des Champs-ElysĂ©es joue Debussy et Chausson Ă  Poitiers

TAP-visuel-660-2016-poitiers-tap1Poitiers, TAP. Jeudi 4 fĂ©vrier 2016. Orchestre des Champs ElysĂ©es : Debussy, Chausson, Magnard.... Somptueuse soirĂ©e symphonique au TAP de Poitiers ce soir avec l’Ă©clat poĂ©tique des instruments d’Ă©poque dans un programme de musique romantique française (et post romantique avec le sommet liquide et impressonniste, La mer de Debussy). Sous la conduite du chef Louis LangrĂ©e (applaudi la saison derniĂšre pour PellĂ©as et MĂ©lisande, les instrumentistes si passionnĂ©ment engagĂ©s dans le jeu historiquement informĂ© et toujours soucieux du timbre et du format sonore originel de chaque instrument, s’engagent pour une trilogie de compositeurs dont l’Ă©criture devrait ce soir gagner en mordant expressif, raffinement poĂ©tique, justesse caractĂ©risĂ©e, subtil Ă©quilibre entre lecture analytique et formidable texture sensuelle. Si le propre des auteurs français est souvent prĂ©sentĂ© comme ce scrupule particulier pour la transparence, la couleur, la clartĂ©, l’apport de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es devrait le dĂ©montrer dans ce programme qui associe : Debussy, Chausson et Magnard, particuliĂšrement convaincant. C’est de Chausson Ă  Debussy, une leçon d’Ă©quilibre entre dĂ©tails et souffle dramatique qui attend les spectateurs auditeurs du TAP de Poitiers lors de cette grande soirĂ©e de vertiges symphoniques.

chaussonSi la piĂšce maĂźtresse sur le plan symphonique et orchestral demeure Ă©videmment La Mer de Debussy – sublime triptyque climatique pour grand orchestre, le concert offre un aperçu significatif du wagnĂ©risme personnel d’Ernest Chausson, l’un des symphoniste et poĂšte musicien les plus douĂ©s de sa gĂ©nĂ©ration (il est nĂ© en 1855, et s’Ă©teint fauchĂ© trop tĂŽt avant la fin du siĂšcle en 1899). ComposĂ© entre 1882 et 1890, le cycle est crĂ©Ă© lors de ses 38 ans en 1893 ; Le PoĂšme de l’amour et de la mer opus 19 d’aprĂšs le texte de son exact contemporain et ami, le poĂšte Maurice Bouchor (1855-1929), le PoĂšme comprend deux volets :
I. La Fleur des eaux : « L’air est plein d’une odeur exquise de lilas » – « Et mon cƓur s’est levĂ© par ce matin d’été » – « Quel son lamentable et sauvage »
Interlude
II. La Mort de l’amour : « BientĂŽt l’üle bleue et joyeuse » – « Le vent roulait les feuilles mortes » –  « Le temps des lilas »

Comprenant l’intervention d’une soliste (aujourd’hui soprano ou mezzo, bien que la version de crĂ©ation ait Ă©tĂ© rĂ©aisĂ©e par un tĂ©nor DĂ©sirĂ© Desmet), la partition est Ă  la fois cantate, monologue, ample mĂ©lodie pour voix et orchestre oĂč les couleurs et le formidable chant de l’orchestre rivalise d’Ă©clats et de vie intĂ©rieure avec la voix humaine. Le cycle des 6 poĂšmes Ă©tait probablement quasi achevĂ© quand Chausson commence son opĂ©ra Le Roi Arthus, puis aprĂšs la composition de ce dernier, il rĂ©vise en 1893 Le PoĂšme pour lui apporter une parure dĂ©finitive et le faire crĂ©er dans une version piano / chant par le tĂ©nor DĂ©sirĂ© Desmet (Bruxelles, le 21 fĂ©vrier 1893). La version orchestrale est assurĂ©e ensuite en avril suivant par la cantatrice ElĂ©onore Blanc.
Musique empoisonnĂ©e, langoureuse et trĂšs fortement mĂ©lancolique, le chant de Chausson qu’il s’agisse Ă  la voix ou dans l’orchestre exprime une extase mortifĂšre et nostalgique d’une incurable torpeur qui semble s’insinuer jusqu’Ă  l’intimitĂ© la plus secrĂȘte, dĂ©veloppant une Ă©criture scintillante et suspendue…. wagnĂ©rienne. Chausson a Ă©videmment Ă©coutĂ© Tristan et Yseult ; il ne cesse de dĂ©clarer son allĂ©geance Ă  l’esprit du maĂźtre de Bayreuth, en particulier dans un motif mĂ©lodique, obsessionnel, qui traverse toutes les mĂ©lodies et surtout se dĂ©veloppe explicitement dans l’interlude qui relie les deux volets du cycle : La Fleur des eaux et La Mort de l’amour.
Musique “proustienne”, d’un Ă©clectisme rentrĂ©, (typique en cela de la IIIĂš RĂ©publique), d’un parfum wagnĂ©rien Ă©vident mais si original et personnel (en cela digne des recommandations de son professeur CĂ©sar Franck, lui aussi partisan d’un wagnĂ©risme original et renouvelĂ©), douĂ©e d’une forte vie intĂ©rieure, l’Ă©criture de Chausson est rĂ©itĂ©ration, connotations, intentions masquĂ©es, plĂ©nitude des souvenirs et des songes enivrĂ©s et embrumĂ©s, l’expression d’une langueur presque dĂ©pressive qui ne cesse de dire son impuissante solitude. C’est en plus de Tristan, le modĂšle de Parsifal de Wagner (Ă©coutĂ© Ă  sa crĂ©ation en 1882 Ă  Bayreuth) qui est rĂ©interprĂ©tĂ©, “recyclĂ©” sous le filtre de la puissante sensibilitĂ© d’un compositeur esthĂšte et poĂšte. Encore scintillante et claire, La Mort de l’amour, cĂšde la place Ă  l’ombre inquiĂšte et l’anĂ©antissement graduel (La Fleur des eaux); les images automnales, crĂ©pusculaires, souvent livides et lĂ©thales dĂ©crivent un monde Ă  l’agonie, perdu, sans rĂ©mission (“le vent roulait les feuilles mortes”… est une marche grave et prenante). Et pour finir, tel une prophĂ©tie terrifiante, la derniĂšre mĂ©lodie, Le temps des Lilas (Ă©crite dĂšs 1886, et souvent chantĂ© comme une mĂ©lodie sĂ©parĂ©e, autonome) confirme qu’aprĂšs cette agonie il n’y aura plus de printemps. Le PoĂšme de l’amour et de la mer est la prĂ©diction d’une apocalypse inĂ©vitable. Il appartient aux interprĂštes d’en restituer et la langueur hynoptique et la magie des couleurs orchestrales d’un scintillement dont le raffinement annonce La Mer de Debussy… Le chef quant Ă  lui doit veiller aux Ă©quilibres, au format orchestre / voix, pour servir l’une des plus belles musique de chambre au souffle symphonique. L’ampleur et la profondeur mais aussi l’exquise lisibilitĂ© mortifĂšre du texte, de ses images d’une sourde et maladive mĂ©lancolie.
MĂȘme s’il fut fils de famille, et d’un train de vie supĂ©rieur Ă  celui de ses confrĂšre compositeur, Chausson, mort stupidement aprĂšs une mauvaise chute de vĂ©lo, savit entretenir autour de lui, l’ambiance d’un foyer artistique et intellectuel ouvert aux tendances les plus avancĂ©es de son temps : son salon de la rue de Courcelles Ă  Paris reçoit ses amis FaurĂ©, Duparc et Debussy, mais aussi MallarmĂ©, Puvis de Chavannes et Monet… A l’Ă©coute de son PoĂšme opus 19, l’auditeur convaincu tirera bĂ©nĂ©fice en poursuivant son exploration de l’univers de Chausson avec Le Roi Arthus (offrande personnelle sur l’autel wagnĂ©rien), Viviane, Symphonie en si bĂ©mol et bien sur, toute sa musique de chambre…

boutonreservationL’Orchestre des Champs-ElysĂ©es au TAP, Poitiers
Jeudi 4 février 2016, 19h30

Albéric Magnard : Hymne à la justice op.14
Ernest Chausson : PoĂšme de l’amour et de la mer op.19
Claude Debussy : La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre
Durée du concert : 1h20mn (entracte compris)
Louis Langrée, direction
Gaëlle Arquez, mezzo-soprano

Louis LangrĂ©e, premier chef invitĂ© de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es, dĂ©fend la musique française partout dans le monde. La saison passĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Comique, ils ont crĂ©Ă© ensemble l’un des plus beaux PellĂ©as et MĂ©lisande qu’on ait entendu depuis longtemps, encensĂ© par le public et la critique. C’est justement Debussy qui constitue la piĂšce maĂźtresse de ce concert avec le poĂšme symphonique La Mer, fresque impressionniste oĂč le chatoiement des couleurs devrait ĂȘtre magnifiĂ© par les instruments d’époque. Le PoĂšme de l’amour et de la mer fut composĂ© seulement 20 ans avant mais illustre une esthĂ©tique fort diffĂ©rente, empreinte de l’influence wagnĂ©rienne qui dominait encore en France en cette fin du 19e siĂšcle.

Poitiers, TAP. Le Quatuor Artemis joue Schumann et Brahms

TAP poitiers theatre auditorium poitiersPoitiers, TAP. Quatuor Artemis. Mercredi 20 janvier 2016. Quatuors pour piano de Schumann et Brahms. In memoriam Friedeman Weigle…. rĂ©cital chambriste en forme d’hommage. Les instrumentistes du trĂšs brillant Quatuor Artemis rendent un adieu plein de respect affectueux Ă  l’altiste Friedemann Weigle. Les trois musiciens du Quatuor Artemis, Vineta Sareika (violon), Gregor Sigl (violon) et Eckart Runge (violoncelle), remodĂšlent leur programme, change ce qui Ă©tait annoncĂ© prĂ©alablement pour composer avec le pianiste Alexander Lonquich un dernier au revoir Ă  leur compagnon de route et ami dĂ©cĂ©dĂ©. D’un commun accord, ils offrent leur engagement dĂ©cuplĂ© au diapason de cette cĂ©lĂ©bration intime et personnelle, dans un cycle d’Ɠuvres que Friedemann apprĂ©ciait particuliĂšrement, qu’il s’agisse du compositeur concernĂ©, ou de la partition ainsi Ă©lue. Au cƓur de ce parcours plein de tendresse nostalgique, les deux Quatuors pour piano de Schumann et de Brahms, opus 47 et 60, immenses polyptiques dont le romantisme fougueux et introspectifs, idĂ©alement inscrits dans la vie intĂ©rieure si passionnante de leur auteur respectif, expriment le lyrisme assumĂ© du programme.

ARTEMIS A4462_Quatuor_Artemis_2012_gdProgramme spécial hommage :
Johann Sebastian Bach / Astor Piazzolla : Partita pour trio à cordes « in Memoriam Friedemann Weigle »
Robert Schumann : Quatuor pour piano et cordes en mi bémol majeur op. 47
Johann Brahms : Quatuor pour piano et cordes en ut mineur op. 60


boutonreservationPoitiers, TAP. Quatuor Artemis.
Mercredi 20 janvier 2016, 20h30
In memoriam Friedeman Weigle….

Durée : 1h40 (avec entracte)
TAP Auditorium

LIVRES. Nouvel essai biographique sur Robert SchumannL’opus 47 de Robert Schumann : le Quautor pour piano, violon, alto et violoncelle, composĂ©e en 1842, est crĂ©Ă© Ă  Leipzig en dĂ©cembre 1844 (quand les Schumann quitte la ville), dĂ©dicacĂ© au Comte Wielhorsky qui avait hĂ©bergĂ© Robert et Clara pendant leur tournĂ©e en Russie en 1844. Sa fraĂźcheur et sa juvĂ©nilitĂ©, comme le souligne Clara, l’Ă©pouse de Robert dans son Journal, impressionne et saisit l’auditeur. L’activitĂ© intĂ©rieure qu’y dĂ©ploie l’auteur a souvent Ă©tĂ© minimisĂ©e, jugĂ©e moins convaincante et plus imperceptible que l’Ă©clatant Quintette opus 44 (dĂ©cembre 1842, dĂ©dicacĂ© Ă  Clara). Pourtant ses 4 mouvements annoncent par leur dĂ©veloppement mesurĂ©, finement contrĂŽlĂ© et finalement allusif, et Brahms et FaurĂ©.

Poitiers. Les Artemis rendent hommage Ă  leur compagnon Friedemann

TAP poitiers theatre auditorium poitiersPoitiers, TAP. Quatuor Artemis. Mercredi 20 janvier 2016. Quatuors pour piano de Schumann et Brahms. In memoriam Friedeman Weigle…. rĂ©cital chambriste en forme d’hommage. Les instrumentistes du trĂšs brillant Quatuor Artemis rendent un adieu plein de respect affectueux Ă  l’altiste Friedemann Weigle. Les trois musiciens du Quatuor Artemis, Vineta Sareika (violon), Gregor Sigl (violon) et Eckart Runge (violoncelle), remodĂšlent leur programme, change ce qui Ă©tait annoncĂ© prĂ©alablement pour composer avec le pianiste Alexander Lonquich un dernier au revoir Ă  leur compagnon de route et ami dĂ©cĂ©dĂ©. D’un commun accord, ils offrent leur engagement dĂ©cuplĂ© au diapason de cette cĂ©lĂ©bration intime et personnelle, dans un cycle d’Ɠuvres que Friedemann apprĂ©ciait particuliĂšrement, qu’il s’agisse du compositeur concernĂ©, ou de la partition ainsi Ă©lue. Au cƓur de ce parcours plein de tendresse nostalgique, les deux Quatuors pour piano de Schumann et de Brahms, opus 47 et 60, immenses polyptiques dont le romantisme fougueux et introspectifs, idĂ©alement inscrits dans la vie intĂ©rieure si passionnante de leur auteur respectif, expriment le lyrisme assumĂ© du programme.

ARTEMIS A4462_Quatuor_Artemis_2012_gdProgramme spécial hommage :
Johann Sebastian Bach / Astor Piazzolla : Partita pour trio à cordes « in Memoriam Friedemann Weigle »
Robert Schumann : Quatuor pour piano et cordes en mi bémol majeur op. 47
Johann Brahms : Quatuor pour piano et cordes en ut mineur op. 60


boutonreservationPoitiers, TAP. Quatuor Artemis.
Mercredi 20 janvier 2016, 20h30
In memoriam Friedeman Weigle….

Durée : 1h40 (avec entracte)
TAP Auditorium

LIVRES. Nouvel essai biographique sur Robert SchumannL’opus 47 de Robert Schumann : le Quautor pour piano, violon, alto et violoncelle, composĂ©e en 1842, est crĂ©Ă© Ă  Leipzig en dĂ©cembre 1844 (quand les Schumann quitte la ville), dĂ©dicacĂ© au Comte Wielhorsky qui avait hĂ©bergĂ© Robert et Clara pendant leur tournĂ©e en Russie en 1844. Sa fraĂźcheur et sa juvĂ©nilitĂ©, comme le souligne Clara, l’Ă©pouse de Robert dans son Journal, impressionne et saisit l’auditeur. L’activitĂ© intĂ©rieure qu’y dĂ©ploie l’auteur a souvent Ă©tĂ© minimisĂ©e, jugĂ©e moins convaincante et plus imperceptible que l’Ă©clatant Quintette opus 44 (dĂ©cembre 1842, dĂ©dicacĂ© Ă  Clara). Pourtant ses 4 mouvements annoncent par leur dĂ©veloppement mesurĂ©, finement contrĂŽlĂ© et finalement allusif, et Brahms et FaurĂ©.

Philippe Herreweghe et Isabelle Faust joue Beethoven Ă  Poitiers

Poitiers, TAP. Lundi 7 dĂ©cembre 2015. 20h. Concert Beethoven, Philippe Herreweghe.Superbe concert symphonique au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, ce 7 dĂ©cembre 2015 oĂč la fine caractĂ©risation des instruments d’Ă©poque renouvelle notre perception des deux premiĂšres Symphonies et du Concerto en rĂ© de Ludwig van Beethoven. Philippe Herreweghe s’intĂ©resse au Beethoven le plus fougueux, le plus libĂ©rateur celui qui des cendres encore chaudes de la RĂ©volution, bĂątit un nouvel ordre musical, poĂ©tique et esthĂ©tique offrant enfin au siĂšcle romantique, un langage digne de ses ambitions et de ses dĂ©fis. Partenaire de l’orchestre dans le Concerto pour violon, l’Ă©blouissante violoniste Isabelle Faust, alliant finesse, pudeur, intĂ©rioritĂ© restitue au Concerto en rĂ© majeur, son Ă©toffe Ă©motionnelle tissĂ©e d’Ă©lan et de promesse amoureuse car Beethoven est alors le fiancĂ© secret de ThĂ©rĂšse de Brunswick.

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs Elysées à Poitiers

Fidelio de BeethovenAux sources du romantisme beethovĂ©nien. Le collectif d’instrumentistes sur instruments d’Ă©poque fondĂ© par Philippe Herreweghe revisite le pilier de son rĂ©pertoire : le premier romantisme avec le Beethoven des annĂ©es 1800 / 1803. Revenir Ă  Beethoven reste pour un orchestre un dĂ©fi qu’il est toujours indispensable de requestionner, c’est tout un imaginaire esthĂ©tique, tout un monde sonore qui s’affirme dans les derniers feux du classicisme viennois, ceux Ă©blouissants des inventeurs et des poĂštes – Haydn et Mozart ; chantre de l’avenir, Ludwig trentenaire Ă  Vienne en 1800 (Symphonie n°1) puis 1803 (n°2), affirme de nouveaux horizons dĂ©finissant le romantisme allemand, quand Bonaparte, hĂ©ros des LumiĂšres, semble redessiner une nouvelle Europe politique et sociĂ©tale, fruit de la sociĂ©tĂ© des LumiĂšres et de la RĂ©volution française (de facto, la n°3 “HĂ©roĂŻca”, crĂ©Ă©e en 1804, porta comme premiĂšre dĂ©dicace “Bonaparte”, le hĂ©ros libĂ©rateur de la tyrannie des monarchies).

Faust-Isabelle-violon-582CritiquĂ©e pour sa fureur militaire qui dĂ©chirait les tympans plutĂŽt qu’elle ne touchait le cƓur, la Symphonie n°1 est encore trĂšs redevable Ă  Haydn. De fait, la partition de ce premier opus symphonique beethovĂ©nien, est dĂ©diĂ© au librettiste de Haydn, le baron Gottfried van Swieten, poĂšte de la CrĂ©ation, l’oratorio prophĂ©tique et panthĂ©iste du bon papa Haydn. Le large accord dissonant d’ouverture est un signe sans appel : ce qui suit ouvre une nouvelle Ăšre (accord dissonant de septiĂšme de dominante du ton de fa majeur). L’offrande la plus originale cependant est reste le “Menuet” (3Ăšme mouvement Menuetto : Allegro molto e vivace) qui est dĂ©jĂ  un vĂ©ritable scherzo, dont le tempo est deux fois plus vif et alerte que les menuets de Haydn et Mozart. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du concert Beethoven au TAP de Poitiers avec Philippe Herreweghe et Isabelle Faust (photo ci dessus)

 

boutonreservationBeethoven au TAP de Poitiers
Lundi 7 décembre 2015, 20h

Ludwig van Beethoven :
Concerto pour violon en ré majeur op. 61,
Symphonie n°1 en ut majeur op. 21,
Symphonie n°2 en ré majeur op. 36

Places numérotées
Durée : 2h avec entracte
1 bd de Verdun 86000 Poitiers
RĂ©sa-info +33 (0)5 49 39 29 29

Orchestre des Champs-Elysées

Philippe Herreweghe, direction
Isabelle Faust, violon

 

Illustration : Philippe Herreweghe dirige l’Orchestre des Champs ElysĂ©es © A.PĂ©quin

Poitiers TAP. Temps forts de la saison 2015 – 2016

TAP poitiers theatre auditorium poitiersPoitiers TAP. Temps forts de la saison 2015 – 2016. Elle est pas jaune la vie ? le TAP Poitiers, ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers promet pour la saison musicale 2015 – 2016, le grand frisson et se pare d’une belle et lumineuse robe jaune (la couleur de ses façades qui surplombe la ville) pour porter sa nouvelle saison, une saison qui au moment oĂč nous bouclons cet article, est marquĂ©e comme c’est le cas de tout le milieu culturel en France par les attentats survenus Ă  Paris le 13 novembre 2015. L’attaque a ciblĂ© des lieux de vie, de culture, l’art de vivre Ă  la française. “Pour notre part prĂ©cise le TAP dans un encadrĂ© spĂ©cial depuis sa homepage, “nous continuerons avec vous Ă  favoriser l’intelligence, le partage, la pensĂ©e, l’art et la culture”. RĂ©sister en allant au spectacle… la culture, arme de rĂ©sistance contre la barbarie ? L’idĂ©e nous plaĂźt. A Poitiers, la culture vivante, diffĂ©rente, stimulante Ă  partager tout au long des mois Ă  venir, c’est au TAP. En voici les temps forts :

 

 

Saison 2015 – 2016 au TAP de Poitiers

La vie en jaune

 

 

poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenews

 

La nouvelle programmation privilĂ©gie l’Allemagne comme une destination rĂ©guliĂšre Ă  laquelle rĂ©pondent prĂ©sents Ă©videmment les orchestres associĂ©s du TAP : Orchestre Poitou-Charentes, Orchestre des Champs-ElysĂ©es, Ars Nova ensemble instrumental. C’est Ă  nouveau une fĂȘte orchestrale grĂące Ă  l’engagement et la passion des chefs qui dirigent chaque phalange respectivement Jean-François Heisser, Philippe Herrewghe, Philippe Nahon. Orchestre sur instruments modernes, sur instruments anciens et ensemble dĂ©diĂ© Ă  la crĂ©ation et Ă  la musique contemporaine : le TAP propose une offre particuliĂšrement complĂšte, intĂ©grant toutes les esthĂ©tiques et les types d’interprĂ©tation actuels. Le TAP joue aussi la diversitĂ© des formes (complĂ©mentaires : chorales, musique de chambre, symphonique, opĂ©ra, danse…). Dans son exceptionnel auditorium Ă  l’acoustique somptueuse, les ensembles virtuoses tels Vox Luminis, le Quatuor Artemis, la pianiste Anne QueffĂ©lec entre autres sauront illuminer une saison Ă  la fois exigeante et festive. NouveautĂ© cette annĂ©e, l’Ă©vĂ©nement hors normes annoncĂ© le 19 mai 2016 (“concept vitaminĂ© et original”) : un cycle festif d’un nouveau genre associant les orchestres associĂ©s en rĂ©sidence au TAP dans plusieurs performances simultanĂ©es Ă  21h. Cerise attendue, liĂ©e Ă  un beau souvenir produit de la saison derniĂšre, l’opĂ©ra Macbeth : oĂč le metteur en scĂšne sud-africain Brett Bailey entourĂ© de toute son Ă©quipe, instrumentistes, chanteurs-, revisite la partition shakespearienne de Verdi. Au total 14 dates Ă  ne pas manquer pour une saison diversifiĂ©e, audacieuse, surprenante.

 

 

 

 

Jeudi 12 novembre 2015, 20h
Orchestre Poitou Charentes, Nicolas Dautricourt (violon)
Mendelssohn, Sibelius, Schumann

 

 

Lundi 7 décembre 2015, 20h
Orchestre des ChampPhilippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs Elysées à Poitierss-Elysées, Isabelle Faust (violon)
Philippe Herrewghe
Beethoven : Symphonies et Concerto pour violon. Superbe concert symphonique au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, ce 7 dĂ©cembre 2015 oĂč la fine caractĂ©risation des instruments d’époque renouvelle notre perception des deux premiĂšres Symphonies et du Concerto en rĂ© de Ludwig van Beethoven. Philippe Herreweghe s’intĂ©resse au Beethoven le plus fougueux, le plus libĂ©rateur celui qui des cendres encore
chaudes de la Révolution, bùtit un nouvel ordre musical, poétique et esthétique offrant
Faust-Isabelle-violon-582enfin au siĂšcle romantique, un langage digne de ses ambitions et de ses dĂ©fis. Partenaire de l’orchestre dans le Concerto pour violon, l’éblouissante violoniste Isabelle Faust, alliant finesse, pudeur, intĂ©rioritĂ© restitue au Concerto en rĂ© majeur, son Ă©toffe Ă©motionnelle tissĂ©e d’élan et de promesse amoureuse car Beethoven est alors le fiancĂ© secret de ThĂ©rĂšse de Brunswick. PrĂ©sentation du concert, informations, rĂ©servations

 

 

Dimanche 20 décembre 2015, 15h
Concert de NoĂ«l – Orchestre Poitou Charentes
Adrien Perruchon, direction
L’opĂ©rette fait la fĂȘte : air des clochettes de LakmĂ©, La Traviata, le Chanteur de Mexico avec Isabelle Philippe (soprano) entre autres…

 

 

Vendredi 8 janvier 2015, 20h30
Théùtre Blossac
rondeau-jean-clavecin-poitiers-tap-classiquenewsNeevermind. Couperin versus Bach : le clavecin dĂ©lirant, insolent, percutant. Avec ses airs d’ado Ă©chevelĂ©, le claveciniste français Jean Rondeau s’entoure de quelques amis instrumentistes pour jouer François Couperin (extraits des Nations) et Jean-SĂ©bastien Bach (Sonate BWV 1039, extrait de L’Offrande musicale). Couperin, musicien proche de la Cour de Louis XIV et Bach, directeur de la musique de Leipzig (Cantor Ă  Saint-Thomas) sont Ă  la fois proches car contemporains mais aussi trĂšs diffĂ©rents…

 

 

Mercredi 20 janvier 2016, 20h30
Quatuor Artemis
Schubert, Chostakovitch, Brahms
Le TAP poursuit ses invitations aux grandes formations dédiées à la musique de chambre. AprÚs les Modigliani, Diotima, Jerusalem, voici les Artemis : ils décochent leurs flÚches /archets avec une maßtrise exceptionnelle de la sonorité chaude et intérieure et de la vivacité. Les quatre instrumentistes du Quatuor berlinois traversent en la ciselant la mélancolie chaleureuse et envoûtante de Schubert et Brahms (les grands romantiques allemands), mis en dialogue avec Chostakovitch.

 

 

Jeudi 4 février 2016, 19h30
Orchestre des Champs Elysées
Debussy, Magnard, Chausson
Louis Langrée, direction
SoirĂ©e de musique symphonique romantique et française avec l’Orchestre des Champs ElysĂ©es sous la direction de son premier chef invitĂ©, Louis LangrĂ©e. Au programme, scintillement liquide et impressionniste (sur instruments d’Ă©poque donc) : avec La Mer de Claude Debussy ; le PoĂšme de l’amour et de la mer de Chausson dont la force poĂ©tique captive comme un parfum vĂ©nĂ©neux ; mais aussi le rare Hymne Ă  la justice de Magnard. Avec GaĂ«lle Arquez, mezzo-soprano (que l’on retrouve dans Les Nuits d’Ă©tĂ© de Berlioz, le 8 mars 2015).

 

 

Jeudi 11 février 2016, 20h30
Théùtre musical. Faust in the box
Ars Nova ensemble instrumental, le collectif crĂ©Ă© et dirigĂ© par Philippe Nahon porte l’intensitĂ© fantastique, dramatique d’un spectacle inĂ©dit (crĂ©ation) qui revisite le mythe de Faust ; qui est Faust? C’est un professeur dĂ©senchantĂ© qui accepte de servir le Diable pour obtenir tout ce qu’il veut : vendre son Ăąme au diable n’est pas un geste insignifiant et le spectacle conçu et mis en scĂšne par Andrea Liberovici s’intĂ©resse Ă  la quĂȘte du philosophe, sa course Ă  l’abĂźme qui est en fait sa quĂȘte de lui-mĂȘme. La chanteuse Helga Davis (qui a participĂ© Ă  la rĂ©cente recrĂ©ation d’Einstein on the beach de Glass / Wilson) incarne Ă  Poitiers un Faust, hĂ©ros universel, mi homme mi femme qui traversant plusieurs scĂšnes comme autant d’illusions troublantes (thĂ©Ăątre d’ombres en vidĂ©o), indique ici la voie/voix intĂ©rieure profonde, dĂ©chirante et impuissante d’un solitaire dĂ©sƓuvrĂ© en recherche de sa propre identitĂ©.

 

 

Mercredi 17 et jeudi 18 février 2016
20h30, 19h30
OpĂ©ra. Macbeth de Brett Bailey d’aprĂšs Verdi
macbeth-verdo-opera-tap-poitiersAprĂšs son Ă©tonnant et mĂ©morable Exhibit B prĂ©sentĂ© la saison passĂ©e au TAP, voici l’opĂ©ra Macbeth du metteur en scĂšne sud-africain Brett Bailey. Le drame shakespearien, portrait bouleversant de deux bourreaux sanguinaires, se passe ici au Congo. L’ascension au pouvoir du couple Macbeth, ivre de pouvoir, dresse la satire du nĂ©o-colonialisme. SociĂ©tĂ©s d’exploitation miniĂšres et seigneurs de guerre s’entendent pour confisquer et exploiter les ressources naturelles au mĂ©pris de la justice et de la loyautĂ©. A partir de l’opĂ©ra de Verdi, composĂ© au XIXĂš et source d’un rĂ©alisme dramatique violent et sauvage, Brett Bailey concocte un rĂ©sumĂ© flamboyant et lyrique des pulsions les plus terrifiantes de l’Ăąme humaine. Atroce et grandiose Ă  la fois. La production rĂ©unit 24 chanteurs et musiciens (No Borders Orchestra).

 

 

Mardi 8 mars 2016, 20h30
Orchestre Poitou-Charentes
Haendel, Berlioz, Schoeller, Haydn
Le chef nĂ©erlandais Arie Van Beek, grand virtuose des relectures sur instruments anciens, nous offre un programme Ă©clectique, baroque (Water music de Haendel), romantique (Les Nuits d’Ă©tĂ© avec Gaelle Arquez, mezzo soprano), contemporain (2Ăšme mouvement de Tiger, “concerto animal”), sans omettre pilier du rĂ©pertoire des orchestres classiques en formation Mannheim propre Ă  la fin du XVIIIĂš : la Symphonie n°73 La Chasse de Joseph Haydn, le pĂšre de la Symphonie viennoise y combine avec une science inĂ©galĂ©e (sauf Mozart), Ă©lĂ©gance, raffinement et humour.

Jeudi 17 mars 2016, 20h30

Joseph Haydn : Les 7 derniĂšres paroles du Christ en croix
Orchestre des Champs Elysées / Collegium Vocale Gent
Philippe Herrewghe choisit une piĂšce plus connue dans sa version pour quatuor Ă  cordes. Ici, l’orchestre et le chƓur expriment chacune des stations de la Passion du Christ : musique ardente et dramatique, intĂ©rieure et spirituelle, ciselĂ©e avec une finesse pudique et une subtilitĂ© d’intonation inouĂŻes. Haydn y affirme sa maĂźtrise de la mesure, de l’Ă©quilibre, de la profondeur. Avec point spectaculaire et final : le tremblement de terre qui conclue le cycle christique, quand expire et meurt JĂ©sus crucifiĂ©.

 

 

Lundi 4 avril 2016, 20h30
Dans le cadre du Festival de danse Á corps
Bach / Passion / Johannes
Laurent Chétouane / Solistenensemble Kaleidoskop
5 danseurs et 7 instrumentistes expriment librement la force dramatique et mystique de la Passion de Jean-SĂ©bastien Bach, la plus dramatique et la plus noire aussi, la Saint-Jean. Autant la Saint-Matthieu est humaine et tendre, fraternelle et portĂ©e par un sentiment de compassion, autant la Saint-Jean, plus resserrĂ©e, saisit par sa violence, ses Ă©clairs intĂ©rieurs, l’ĂąpretĂ© du drame qui se joue. Les interprĂštes proposent une lecture libre de la partition de Bach : non pas lecture traditionnelle mais rĂ©appropriation originale pour “y rechercher le renouveau par un ascĂ©tisme profond”. AprĂšs une vision du Sacre du Printemps marquante en 2014, le nouveau spectacle de Laurent ChĂ©touane, entre magie et libertĂ©, poĂ©sie et fausse impro, s’annonce prometteur.

 

 

Vendredi 8 avril 2016, 20h30
Danse. Tragédie par Olivier Dubois.
CrĂ©Ă© au Festival d’Avignon en 2012, la chorĂ©graphie d’Olivier Dubois emmĂšne spectateurs et danseurs entre transe et danse tribale. Au total 9 hommes et 9 femmes totalement nus, exposent leur nuditĂ© engagĂ©e dans une ronde universelle, dans une marche sublimĂ©e oĂč le corps exposĂ© affiche une humanitĂ© fiĂšre, militante, magnĂ©tique… oĂč le mouvement collectif se fait hymne et rĂ©volution. Le corps dĂ©nudĂ© veut dire la libertĂ© et la fraternitĂ©, le miracle d’ĂȘtre et d’agir ensemble…

 

 

Mardi 26 avril 2016, 20h30
Vox Luminis. Lionel Meunier
SchĂŒtz et ancĂȘtres de Bach
vox-luminis-lionel-meunier-classiquenews-582L’ensemble Vox Luminis portĂ© par l’engagement et l’Ă©nergie de son crĂ©ateur le baryton basse Lionel Meunier aborde les compositeurs qui ont fait son succĂšs et nourri sa rĂ©putation : les auteurs baroques d’un mysticisme accessible, franc et direct. Ancien Ă©lĂšve du flĂ»tiste Hugo Reyne, venu par passion et rĂ©vĂ©lation au chant en Ă©coutant / dĂ©couvrant Peter Kooy dirigĂ© par Philippe Herreweghe dans Bach justement, Lionel Meunier joue Ă  Poitiers le programme de son rĂ©cent album dĂ©diĂ© aux prĂ©-baroques germaniques, aux ancĂȘtres de Jean-SĂ©bastien : non pas ses fils de mieux en mieux connus tels Carl Philipp Emanuel, mais ses aĂźnĂ©s virtuoses dans le genre du motet. Au programme Ă©galement, la Bible musical sacrĂ©e de tout amateur du Baroque allemand : Musikalische Exequien de SchĂŒtz, cathĂ©drale chorale d’une absolue poĂ©sie, entre ferveur et mĂ©ditation collective.

 

 

Jeudi 19 mai 2016
COKTAIL avec l’Orchestre Poitou Charentes
L’enjeu est passionnant : le TAP propose au public de renverser les codes et les traditions habituelles du concert classique. Plusieurs espaces (surprenants, donc engageant un rapport public / musiciens, diffĂ©rent ; une rĂ©alitĂ© sonore inhabituelle aussi) sont investis par les orchestres et ensembles associĂ©s au TAP, en rĂ©sidence in situ, dans plusieurs performances gratuites et payantes. Pour ce rendez-vous hors normes promis Ă  ce renouveler chaque annĂ©e (pour chaque fin de saison), un orchestre en particulier est mis Ă  l’honneur : en mai 2015, il s’agit de l’Orchestre Poitou-Charentes dont les musiciens s’ils font tomber la cravate, n’oublient pas leurs instruments, invitants des solistes extĂ©rieurs pour des joutes nouvelles et stimulantes (accordĂ©on, piano, violoncelle…). Un cocktail spĂ©cialement conçu et servi pour l’occasion sera proposĂ© aux spectateurs, d’oĂč le nom de l’Ă©vĂ©nement. C’est une forme de spectacle conviviale et dĂ©complexĂ©e oĂč les musiciens entendent renouveler la relation au public. Le chef Jean-François Heisser pourrait bien jouer le maĂźtre de cĂ©rĂ©monie et Ă©grener au piano, les airs enivrants que l’on joue au bar d’un grand hĂŽtel…

 

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déroulé indicatif de la soirée COCKTAIL au TAP Poitiers :

19h15 : Concerto pour piano n°2 de Camille Saint-Saëns
TAP Auditorium
Bertrand Chamayou joue l’un des Concertos les plus passionnĂ©s de la musique romantique française (composĂ© par Saint-SaĂ«ns en 1868), vrai dĂ©fi pour le soliste, le chef et les instrumentistes de l’orchestre. Un rĂ©cent enregistrement du Concerto par le pianiste virtuose sinosuisse Louis Schwizgebel (1 cd ApartĂ©) avait particuliĂšrement convaincu rĂ©vĂ©lant la ferveur virtuose et fantaisiste, parfois dĂ©lirante de l’inspiration d’un saint-SaĂ«ns lui-mĂȘme prodige pour le clavier… Le dĂ©but du Concerto plagie Bach en une sublime phrase introductive puis sa savante et libre architecture s’inspire aussi des grands romantiques allemands (Chopin, Schumann, Liszt), Jean-François Heisser et son orchestre Poitou Charentes devraient dĂ©fendre avec autoritĂ© et expressivitĂ© ce sommet du Concerto romantique français, si rarement jouĂ©, justement en raison de ses difficultĂ©s.

21h : Quintette pour piano et vents de Mozart
TAP Auditorium

21h : Solo Vincent Peirani, accordéon
TAP Quai de livraison

21h : Duo Bertrand Chamayou, piano et François Salque, violoncelle
TAP Plateau B

21h45 : Samuel Strouk, grand invitĂ© de l’Orchestre Poitou Charentes
TAP ThĂ©Ăątre. Samuel Strouk entre jazz et World music compose spĂ©cialement une piĂšce pour l’Orchestre Poitou Charentes, sachant exploiter au mieux toutes les nuances expressives, les couleurs, les timbres des instruments. François Salque au violoncelle et Vincent Peirani Ă  l’accordĂ©on participent activement Ă  ce bain bouillonnant d’accents et de nuances, Ă©lĂ©ments d’une World Music symphonique d’un nouveau genre dont la rĂ©sonance inĂ©dite sera inaugurĂ©e au TAP pour l’Ă©vĂ©nement COCKTAIL 2016. En prĂ©lude Ă  cette crĂ©ation orchestrale, la CrĂ©ation du Monde, trĂšs jazzy de Darius Milhaud.

 

La saison musicale au TAP de Poitiers 2015 – 2016
découvrez ici tous les événements musique classique et musique contemporaine 

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Premier Beethoven au TAP de Poitiers

Poitiers, TAP. Lundi 7 dĂ©cembre 2015. 20h. Concert Beethoven, Philippe Herreweghe.Superbe concert symphonique au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers, ce 7 dĂ©cembre 2015 oĂč la fine caractĂ©risation des instruments d’Ă©poque renouvelle notre perception des deux premiĂšres Symphonies et du Concerto en rĂ© de Ludwig van Beethoven. Philippe Herreweghe s’intĂ©resse au Beethoven le plus fougueux, le plus libĂ©rateur celui qui des cendres encore chaudes de la RĂ©volution, bĂątit un nouvel ordre musical, poĂ©tique et esthĂ©tique offrant enfin au siĂšcle romantique, un langage digne de ses ambitions et de ses dĂ©fis. Partenaire de l’orchestre dans le Concerto pour violon, l’Ă©blouissante violoniste Isabelle Faust, alliant finesse, pudeur, intĂ©rioritĂ© restitue au Concerto en rĂ© majeur, son Ă©toffe Ă©motionnelle tissĂ©e d’Ă©lan et de promesse amoureuse car Beethoven est alors le fiancĂ© secret de ThĂ©rĂšse de Brunswick.

Philippe Herreweghe et l'Orchestre des Champs Elysées à Poitiers

 
 

Fidelio de BeethovenAux sources du romantisme beethovĂ©nien. Le collectif d’instrumentistes sur instruments d’Ă©poque fondĂ© par Philippe Herreweghe revisite le pilier de son rĂ©pertoire : le premier romantisme avec le Beethoven des annĂ©es 1800 / 1803. Revenir Ă  Beethoven reste pour un orchestre un dĂ©fi qu’il est toujours indispensable de requestionner, c’est tout un imaginaire esthĂ©tique, tout un monde sonore qui s’affirme dans les derniers feux du classicisme viennois, ceux Ă©blouissants des inventeurs et des poĂštes – Haydn et Mozart ; chantre de l’avenir, Ludwig trentenaire Ă  Vienne en 1800 (Symphonie n°1) puis 1803 (n°2), affirme de nouveaux horizons dĂ©finissant le romantisme allemand, quand Bonaparte, hĂ©ros des LumiĂšres, semble redessiner une nouvelle Europe politique et sociĂ©tale, fruit de la sociĂ©tĂ© des LumiĂšres et de la RĂ©volution française (de facto, la n°3 “HĂ©roĂŻca”, crĂ©Ă©e en 1804,  porta comme premiĂšre dĂ©dicace “Bonaparte”, le hĂ©ros libĂ©rateur de la tyrannie des monarchies).

CritiquĂ©e pour sa fureur militaire qui dĂ©chirait les tympans plutĂŽt qu’elle ne touchait le cƓur, la Symphonie n°1 est encore trĂšs redevable Ă  Haydn. De fait, la partition de ce premier opus symphonique beethovĂ©nien, est dĂ©diĂ© au librettiste de Haydn, le baron Gottfried van Swieten, poĂšte de la CrĂ©ation, l’oratorio prophĂ©tique et panthĂ©iste du bon papa Haydn. Le large accord dissonant d’ouverture est un signe sans appel : ce qui suit ouvre une nouvelle Ăšre (accord dissonant de septiĂšme de dominante du ton de fa majeur). L’offrande la plus originale cependant est reste le “Menuet” (3Ăšme mouvement Menuetto : Allegro molto e vivace) qui est dĂ©jĂ  un vĂ©ritable scherzo, dont le tempo est deux fois plus vif et alerte que les menuets de Haydn et Mozart.

La Seconde Symphonie de Beethoven prolonge les avancĂ©es de la n°1 : elle est contemporaine d’une grave crise dans la vie du compositeur : Ă©poque critique et dĂ©pressive mais aussi refondatrice de la pensĂ©e musicale telle qu’elle est alors rĂ©digĂ©e dans le testament d’Heiligenstadt, marquant la maturitĂ© d’un auteur qui s’enfonce un peu plus dans la surditĂ©. C’et le point culminant donc finale de la Symphonie Sonate hĂ©ritĂ©e des LumiĂšres, d’une joie enivrante malgrĂ© les Ă©vĂ©nements tragiques de la vie intime. Ici, Beethoven parachĂšve l’Ă©volution de la Symphonie moderne : le Scherzo est nommĂ©ment signifiĂ© et Ă©crit sur le manuscrit (au lieu de “Menuet”). Une page est tournĂ©e dans le grand livre de la Symphonie beethovĂ©nienne…

Le Concerto pour violon en rĂ© majeur opus 61, d’une architecture solaire, est contemporain de la Symphonie n°4 et des 3 Quatuors Razumowski : il est dĂ©diĂ© au violoniste virtuose Franz Clement qui en assure la crĂ©ation le 23 dĂ©cembre 1806. C’est l’heure de l’insuccĂšs de l’opĂ©ra Fidelio et aussi des fiançailles secrĂštes avec ThĂ©rĂšse de Brunswiick en mai 1806. De fait reliĂ© Ă  ce miracle de la vie intime, le Concerto pour violon est souvent considĂ©rĂ© comme un poĂšme amoureux, portĂ© par le bonheur et la promesse d’un amour durable, comme en tĂ©moigne surtout la tonalitĂ© bienheureuse, extatique de mouvement central (Larghetto en sol majeur).

 
 
 

boutonreservationBeethoven au TAP de Poitiers
Lundi 7 décembre 2015, 20h

Ludwig van Beethoven :
Concerto pour violon en ré majeur op. 61,
Symphonie n°1 en ut majeur op. 21,
Symphonie n°2 en ré majeur op. 36

Places numérotées
Durée : 2h avec entracte
1 bd de Verdun 86000 Poitiers
RĂ©sa-info +33 (0)5 49 39 29 29

Orchestre des Champs-Elysées

Philippe Herreweghe, direction
Isabelle Faust, violon

 

Illustration : Philippe Herreweghe dirige l’Orchestre des Champs ElysĂ©es © A.PĂ©quin

Concert Mendelssohn, Sibelius au TAP de Poitiers

dautricourt-nicolas-violon-582-390-UNE-CLASSIQUENEWSPoitiers, TAP. Jeudi 12 novembre 2015, 20h30. Mendelssohn, Sibelius, Schumann... Superbe concert symphonique Ă  Poitiers au TAP, ce 12 novembre avec plusieurs oeuvres de compositeurs exaltĂ©s par le spectacle de la nature, flamboyante et insaisissable : Mendelssohn et Schumann, deux romantiques allemands (d’autant plus “naturels” dans ce programme puisque la saison 2015 – 2016 du TAP fĂȘte l’Allemagne) ; mais aussi des Ɠuvres rares et concertantes (avec le concours du violoniste français Nicholas Dautricourt) du plus grand compositeur pour l’orchestre en Finlande : Jean Sibelius.

 

 

 


poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenewsDùs 18h30

A l’occasion de ce grand concert symphonique de la nouvelle saison 2015-2016 du TAP de Poitiers, les spectateurs pourront assister dĂšs 18h30 au Bar de l’Auditorium Ă  une rencontre confĂ©rence (entrĂ©e libre) en prĂ©sence du chef invitĂ© (Jean-François Verdier) oĂč un comĂ©dien (JĂ©rĂŽme Rouger) Ă©lucidera non sans facĂ©tie les enjeux de la question qui fait dĂ©bat : pourquoi les chefs d’orchestre mĂšnent-ils tout le monde Ă  la baguette ? (premiĂšre de trois sessions programmĂ©es au TAP : les 12 novembre donc, puis 11 fĂ©vrier et 17 mars 2016).

 

 

 

 

Mendelssohn, Sibelius, Schumann

3 poĂštes de la Nature

 

 

 

poitiers-TAP-saison-15-16-jaune-bandeau-582-pour-articles-classiquenewsA 20h30
 La Nature, étourdissante, flamboyante, inspirant un lyrisme éperdu, triomphe dans ce programme qui réunit les Romantiques Mendelssohn et Schumann, et aussi le moderne, génie de la musique symphonique en Finlande, Jean Sibelius (dont 2015 célÚbre le 150Úme anniversaire : LIRE notre dossier Sibelius dossier 2015).

Mendelssohn Felix-MendelssohnD’abord, l’ouverture “Les HĂ©brides” du hambourgeois FĂ©lix Mendelssohn traduit le processus crĂ©ateur que cultivent les compositeurs : la nature leur fournit des sensations souvent vĂ©cues sur le motif (c’est le cas de Mendelssohn, spectateur exaltĂ© pendant un voyage en Ecosse en 1829). L’écriture n’est pas descriptive ou strictement narrative mais plutĂŽt subjective et intensĂ©ment Ă©vocatrice, recomposant le sujet observĂ©, traduisant les riches impressions ressenties devant cette Grotte de Fingal, – autre titre de la piĂšce -,  prodige minĂ©ral balayĂ© et fouettĂ© par la mer,  et qui offre Ă  Mendelssohn panthĂ©iste et naturaliste de premier ordre, l’occasion d’exprimer en musique la grandeur et le caractĂšre surnaturel du spectacle ainsi dĂ©couvert pendant son voyage. RĂ©visĂ©e et achevĂ©e en 1830 (Ă  Paris), l’annĂ©e de la Symphonie Fantastique de Berlioz, l’ouverture “Les HĂ©brides” diffuse intactes, la puissance et la magie de l’impĂ©nĂ©trable Nature.

 

 

 

Sibelius 2015Tout aussi sensible Ă  la Nature, Jean Sibelius (mort en 1957) en Finlande incarne le miracle symphonique scandinave qui prend son essor dans la premiĂšre moitiĂ© du XXĂšme (aux cĂŽtĂ©s de Nielsen, son contemporain danois). AprĂšs le premier romantique Mendelssohn, Sibelius approfondit encore l’expression musicale de la Nature dans un style encore plus personnel et surtout synthĂ©tique : Ă©lan printanier, Ă©blouissement solaire ou plĂ©nitude suspendue de l’hiver, l’écriture de Sibelius apporte autant que Mahler, le gĂ©nie d’un imaginaire inĂ©dit pour l’orchestre. OĂč le jeu des timbres associĂ©s, le dialogue entre les pupitres (cordes, cuivres, bois et vents), surtout l’exposition unique des thĂšmes caractĂ©risent un style immĂ©diatement reconnaissable par son irrĂ©pressible ardeur, entre passion, mystĂšre, intĂ©rioritĂ©.

Les Deux SĂ©rĂ©nades pour violon et orchestre opus. 69, crĂ©Ă©es en 1915 colorent la sensibilitĂ© instrumentale du compositeur, son souci de la couleur comme de la construction, par une teinte profondĂ©ment mĂ©lancolique (que l’on retrouve aussi dans son exceptionnel Concerto pour violon composĂ© 10 ans auparavant en 1905).

Cycle d’une rare cohĂ©rence poĂ©tique, les Six Humoresques (1917-1919) consultent les pages d’un livre de paysages d’une Ăąpre et pĂ©nĂ©trante beautĂ© : Sibelius y redouble d’exaltation et d’introspection, sachant varier les climats et soigner l’enchaĂźnement des 6 piĂšces dont la derniĂšre, la plus bouleversante, bascule en un rĂȘve intĂ©rieur.

 

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Nicholas Dautricourt, violon (DR)

 

 

 

La Valse triste de 1904 est contemporaine de la composition de la Symphonie n°3 en ut majeur : elle est emblĂ©matique de la rĂ©ception des oeuvres de Sibelius : au dĂ©part destinĂ©e comme musique de scĂšne Ă  la piĂšce Kuolema d’Arvid Jarnefeld, la force pudique de son irrĂ©pressible Ă©lan l’a immĂ©diatement distinguĂ©e et depuis le chef lĂ©gendaire Karajan, (celui mĂ©ditatif et le plus rentrĂ©, – qui aima l’enregistrer avec le Berliner Philharmoniker-), la piĂšce jouĂ©e dĂ©sormais de façon indĂ©pendante, fait partie des grands tubes des concerts symphoniques : elle touche par sa pudeur mesurĂ©e, et son intensitĂ© quasi spirituelle, construite sur le plan favori du compositeur : une croissance progressive du matĂ©riau sonore qui de fait, en sĂ©quence finale, exulte et s’embrase, pour revenir au murmure du dĂ©but. Un chef d’oeuvre dramatique, qui saisit aussi par sa science de l’instrumentation.

 

 

 

 

schumann robert clara essai Philippe andreAprĂšs l’entracte, la Symphonie n°1 «  Le Printemps » de Robert Schumann regarde du cĂŽtĂ© de l’exaltation juvĂ©nile d’un Mendelssohn. En 1841, Schumann est l’heureux Ă©poux de la pianiste Clara Wieck dont le pĂšre n’avait cessĂ© d’oeuvrer pour reporter la noce. ExaltĂ©e elle aussi, mais aussi d’un tendresse qui sait ĂȘtre recueillie et intensĂ©ment pudique (rĂȘverie du Larghetto), la premiĂšre Symphonie de Schumann est un feu ardent et lumineux, le premier essai – rĂ©ussi- du compositeur dans le format symphonique, lui qui n’avait jusque lĂ  que traiter en maĂźtre, les oeuvres pour piano et le lied (mĂ©lodie germanique). Et signe d’une filiation fraternelle prĂ©sente dans le choix du programme de ce concert, c’est Mendelssohn lui-mĂȘme au Gewandhaus de Leipzig, qui crĂ©e la partition le 31 mars 1841, dĂ©livrant cette joie spontanĂ©e, de fait printaniĂšre qui est la couleur gĂ©nĂ©rale de toute la Symphonie.

 

 

 

 

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP Théùtre Auditorium
Jeudi 12 novembre 2015, 20h30
Concert Mendelssohn, Sibelius, Schumann

 

 

Felix Mendelssohn : Les HĂ©brides op. 26 (ouverture)

Jean Sibelius :

Sérénade n°2 pour violon et orchestre en sol mineur op. 69,
Humoresques pour violon et orchestre
(Nicholas Dautricourt, violon)

Valse Triste op.44

Robert Schumann : Symphonie n° 1 en si bémol majeur op. 38 Le Printemps 

Orchestre Poitou-Charentes
Jean-François Verdier, direction

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Poitiers : Soirée Paysages composés / Fauré

tap-son-video-2-apprentis-ingenieurs-du-son-tap-poitiers-classiquenews-juin-2015Poitiers, TAP. Auditorium. Paysages composĂ©s, FaurĂ©. Mercredi 3 juin 2015, 19h30. SoirĂ©e spĂ©ciale prĂ©sentant deux programmes qui dĂ©coulent du travail des jeunes lycĂ©ens et Ă©lĂšves des conservatoires de la rĂ©gion Poitou-Charentes. D’abord, une Ɠuvre vidĂ©o mĂȘlant ingĂ©nieurs apprentis du sons et instrumentistes d’Ars Nova, l’ensemble dirigĂ© par Philippe Nahon et en rĂ©sidence au TAP de Poitiers. Puis, volet français romantique avec plusieurs Ɠuvres de Gabriel FaurĂ©, peu connues : Masques et bergamasques, la Messe des PĂȘcheurs de Villerville. Instrumentistes professionnels de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es et lycĂ©ens et instrumentistes des Conservatoires rĂ©gionaux se retrouvent dans ce programme original, hautement pĂ©dagogique oĂč la transmission porte ses fruits. La performance prĂ©sentĂ© dans l’excellente acoustique du ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers.

1 – premiĂšre partie de soirĂ©e : ” Paysages composĂ©s “
tap-son-video-soiree-paysages-composes-classiquenews-microPaysages composĂ©s associe musique et vidĂ©o. RĂ©sultat d’un travail au long cours dĂ©butĂ© fin 2013 avec des lycĂ©ens de la rĂ©gion Poitou-Charentes, et pilotĂ© par les instrumentistes professionnels de l’ensemble de musique contemporaine Ars Nova, cette grande forme est structurĂ©e en plusieurs sections. AccompagnĂ©s par un compositeur et un vidĂ©aste dans l’ensemble de la dĂ©marche crĂ©ative, les lycĂ©ens ont crĂ©Ă© des sĂ©quences musicales et vidĂ©os qui dialoguent avec celles composĂ©es par les deux artistes, cultivant ainsi la notion de paysage rĂ©inventĂ©. Un environnement revu et corrigĂ© qui crĂ©e un nouvel apprentissage de l’Ă©coute et du regard : en captant des sons et des images,  tout un univers auparavant insoupçonnĂ© se dĂ©voile. L’exploration peut alors commencer
 Musique et images parlent de nos paysages intĂ©rieurs, de notre environnement, de notre rapport Ă  lui par le corps, l’Ă©coute, le regard. En somme, l’Ɠuvre dans sa mixitĂ© parle de nous. Projet musical rĂ©gional menĂ© par Ars Nova ensemble instrumental

2 – seconde partie de soirĂ©e : FaurĂ© retrouvĂ©. ChƓur et orchestre des jeunes
ars-nova-philippe-Nahon-faure-tap-juin-2015AprĂšs la saisissante expĂ©rience Schubert la saison passĂ©e, associant lĂ  aussi jeunes et professionnels, les chanteurs et instrumentistes des lycĂ©es et conservatoires de la rĂ©gion retravaillent avec leurs ainĂ©s de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es. Un programme construit autour de l’Ɠuvre de Gabriel FaurĂ© qui, outre son cĂ©lĂšbre Requiem, a Ă©crit pour la voix. Quel Ă©tudiant en chant n’a pas appris au moins une de ses nombreuses mĂ©lodies ? Si Cantique de Jean Racine et Pavane sont bien connus, les petits bijoux pour chƓur et petit orchestre que sont Masques et bergamasques ou la Messe des PĂȘcheurs de Villerville mĂ©ritent absolument d’ĂȘtre redĂ©couverts. En particulier auprĂšs des jeunes.
Projet musical rĂ©gional menĂ© par l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es et le TAP

Durée de la soiré : 2h avec entracte

boutonreservationSoirée en deux parties
Paysages composés
Fauré
TAP Poitiers, Théùtre Auditorium de Poitiers
Mercredi 3 juin 2015, 19h30
1 bd de Verdun 86000 Poitiers
RĂ©sa-info : +33 (0)5 49 39 29 29

Paysages composés :
Grégoire Lorieux, direction artistique et composition
ElÚves des lycées André Theuriet de Civray, René Josué Valin de La Rochelle, Desfontaines de Melle et Jean Caillaud de Ruelle-sur-Touvre, composition et création vidéo
avec des musiciens d’Ars Nova ensemble instrumental et des Ă©tudiants du CESMD de Poitou-Charentes

ChƓur et orchestre des jeunes :
Matthias von Brenndorf, direction
avec des musiciens de l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es, des choristes et musiciens des Conservatoires de la rĂ©gion Poitou-Charentes

> Gabriel Fauré : Masques et Bergamasques Suite op. 112, extraits: (Ouverture, Madrigal, Gavotte, Pavane), Cantique de Jean Racine
> FĂ©lix Mendelssohn : Gloria In Es (Gloria, Qui tollis), Magnificat In D (Magnificat, Et misericordia)

Poitiers, TAP : Patricia Kopatchinskaia et Philippe Herreweghe jouent Mendelssohn (annonce)

kopatchinskaja patricia violon mendelssohnPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30. Philippe Herreweghe, Patricia Kopatchinskaia. Nouveau jalon finement ciselĂ© sur le plan instrumental, de la saison symphonique Ă  Poitiers.  AprĂšs les concertos de Schumann et TchaĂŻkovski, la saison symphonique au TAP de Poitiers se poursuit avec deux autres perles romantiques : le 21 avril, Philippe Herreweghe et les instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es s’associent au feu ardent de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia qui, il y a huit ans Ă  Poitiers avait dĂ©jĂ  marquĂ© les esprits dans le Concerto de Beethoven. Celle qui joue pieds nus, pour mieux sentir les vibrations du plateau transmises par les respirations et pulsions de l’orchestre, affirme depuis plusieurs annĂ©es, une sensibilitĂ© fĂ©line d’une intensitĂ© rare. En seconde partie, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es interprĂšte sur instruments d’Ă©poque la Symphonie n°2 de Brahms(composĂ©e plus de 30 ans aprĂšs le Concerto de Mendelssohn), dans une configuration proche de la crĂ©ation par l’Orchestre de Meiningen. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du concert de Patricia Kopatchniskaya et de Philippe Herreweghe au TAP de Poitiers

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30
Brahms, Mendelssohn
Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es

Philippe Herreweghe, direction
Patricia Kopatchinskaia, violon

Felix Mendelssohn : Concerto pour violon en mi mineur op. 64
Johannes Brahms : Symphonie n°2 en ré majeur op. 73

Illustration : Patricia Kopatchinskaja (© Marco Borggreve)

 

 

 

Patricia Kopatchinskaia et Philippe Herreweghe jouent Mendelssohn Ă  Poitiers

kopatchinskaja patricia violon mendelssohnPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30. Philippe Herreweghe, Patricia Kopatchinskaia. Nouveau jalon finement ciselĂ© sur le plan instrumental, de la saison symphonique Ă  Poitiers.  AprĂšs les concertos de Schumann et TchaĂŻkovski, la saison symphonique au TAP de Poitiers se poursuit avec deux autres perles romantiques : le 21 avril, Philippe Herreweghe et les instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es s’associent au feu ardent de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia qui, il y a huit ans Ă  Poitiers avait dĂ©jĂ  marquĂ© les esprits dans le Concerto de Beethoven. Celle qui joue pieds nus, pour mieux sentir les vibrations du plateau transmises par les respirations et pulsions de l’orchestre, affirme depuis plusieurs annĂ©es, une sensibilitĂ© fĂ©line d’une intensitĂ© rare. En seconde partie, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es interprĂšte sur instruments d’Ă©poque la Symphonie n°2 de Brahms(composĂ©e plus de 30 ans aprĂšs le Concerto de Mendelssohn), dans une configuration proche de la crĂ©ation par l’Orchestre de Meiningen.

 

 

 

Tendresse et lumiĂšre de Mendelssohn
Mendelssohn Felix-MendelssohnParadoxe de l’art: l’apparente virtuositĂ© masque la simplicitĂ© lumineuse de la partition. Souvent, dans le Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, les interprĂštes ont l’habitude de forcer ou de souligner le brio. Or l’esprit de l’oeuvre ne le commande pas forcĂ©ment. Les multiples acrobaties de l’archet, font oublier la vraie nature d’une partition tissĂ©e de sobriĂ©tĂ©, d’insouciance voire d’innocence rĂȘveuse et lumineuse, de mesure. ComposĂ© de 1838 Ă  1844, le concerto fut crĂ©Ă© par le violoniste Ferdinand David au Gewandhaus de Leipzig, le 13 mars 1845
 Mendelssohn, alitĂ©, ne put assister Ă  la crĂ©ation de son chef-d’oeuvre. Quand le compositeur fut rĂ©tabli, dĂ©couvrant l’arche ardente et rayonnante de son oeuvre, sous les doigts de Josef Joachim, le 3 octobre 1847, il Ă©tait presque trop tard
 il devait s’éteindre le mois suivant, le 4 novembre 1847, Ă  38 ans. LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du concert Mendelssohn et Brahms au TAP de Poitiers

 

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30
Brahms, Mendelssohn
Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es

Philippe Herreweghe, direction
Patricia Kopatchinskaia, violon

Felix Mendelssohn : Concerto pour violon en mi mineur op. 64
Johannes Brahms : Symphonie n°2 en ré majeur op. 73

Illustration : Patricia Kopatchinskaja (© Marco Borggreve)

 

 

 

 

Poitiers, TAP. Philippe Herreweghe joue Mendelssohn et Brahms

kopatchinskaja patricia violon mendelssohnPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30. Philippe Herreweghe, Patricia Kopatchinskaia. Nouveau jalon finement ciselĂ© sur le plan instrumental, de la saison symphonique Ă  Poitiers.  AprĂšs les concertos de Schumann et TchaĂŻkovski, la saison symphonique au TAP de Poitiers se poursuit avec deux autres perles romantiques : le 21 avril, Philippe Herreweghe et les instrumentistes de l’Orchestre des Champs ElysĂ©es s’associent au feu ardent de la violoniste moldave Patricia Kopatchinskaia qui, il y a huit ans Ă  Poitiers avait dĂ©jĂ  marquĂ© les esprits dans le Concerto de Beethoven. Celle qui joue pieds nus, pour mieux sentir les vibrations du plateau transmises par les respirations et pulsions de l’orchestre, affirme depuis plusieurs annĂ©es, une sensibilitĂ© fĂ©line d’une intensitĂ© rare. En seconde partie, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es interprĂšte sur instruments d’Ă©poque la Symphonie n°2 de Brahms(composĂ©e plus de 30 ans aprĂšs le Concerto de Mendelssohn), dans une configuration proche de la crĂ©ation par l’Orchestre de Meiningen.

 

 

 

Tendresse et lumiĂšre de Mendelssohn
Mendelssohn Felix-MendelssohnParadoxe de l’art: l’apparente virtuositĂ© masque la simplicitĂ© lumineuse de la partition. Souvent, dans le Concerto pour violon n°2 de Mendelssohn, les interprĂštes ont l’habitude de forcer ou de souligner le brio. Or l’esprit de l’oeuvre ne le commande pas forcĂ©ment. Les multiples acrobaties de l’archet, font oublier la vraie nature d’une partition tissĂ©e de sobriĂ©tĂ©, d’insouciance voire d’innocence rĂȘveuse et lumineuse, de mesure. ComposĂ© de 1838 Ă  1844, le concerto fut crĂ©Ă© par le violoniste Ferdinand David au Gewandhaus de Leipzig, le 13 mars 1845
 Mendelssohn, alitĂ©, ne put assister Ă  la crĂ©ation de son chef-d’oeuvre. Quand le compositeur fut rĂ©tabli, dĂ©couvrant l’arche ardente et rayonnante de son oeuvre, sous les doigts de Josef Joachim, le 3 octobre 1847, il Ă©tait presque trop tard
 il devait s’éteindre le mois suivant, le 4 novembre 1847, Ă  38 ans.

 

 

 

Rage et passion de Brahms
brahms 280En Carinthie, Brahms (44 ans) achĂšve sa lumineuse et tendre Symphonie n°2, crĂ©Ă©e par Hans Richter Ă  Vienne en dĂ©cembre 1877: le calme majestueux, d’une Ă©loquence discrĂšte, tendre, presque amoureuse du premier mouvement est un prĂ©ambule trĂšs accessible: le raffinement de l’orchestration (bois, cuivres) renvoie Ă  Beethoven tandis que l’écoulement narratif n’empĂȘche pas une certaine grandeur musclĂ©e et carrĂ©e propre Ă  la soliditĂ© finalement trĂšs nordique de Johannes; grave et tendre Ă  la fois, lĂ  encore, le sub lime second mouvement est une confession amoureuse, pudique et sensible, d’une intensitĂ© rare (adagio ma non troppo : est ce l’hymne amoureux Ă  l’aimĂ©e, Clara Schumann ?). Puis, le compositeur revient Ă  la clartĂ© rythmique beethovĂ©nienne dans l’Allegretto grazioso quasi andantino oĂč l’esprit enjouĂ©, innocent d’un lĂ€ndler semble jaillir, premier, vif argent, souvenir aussi de la trĂ©pidation mendelssohnienne. C’est peu dire que l’éclat et le rire triomphal du dernier et quatriĂšme mouvement (Allegro con spirito) rappellent le finale de la Jupiter de Mozart (jusqu’à la clarinette noble et Ă©lĂ©gante prise dans le flux d’une lumineuse envolĂ©e). LĂ  aussi, cet amour pour le classicisme distingue l’écriture de Brahms: une vitalitĂ© qui traverse tous les pupitres que les chefs gagnent Ă  ne jamais jouer ni tendu ni Ă©pais.

 

 

 

boutonreservationPoitiers, TAP. Mardi 21 avril 2015, 20h30.
Brahms, Mendelssohn
Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es

Philippe Herreweghe, direction
Patricia Kopatchinskaia, violon

Felix Mendelssohn : Concerto pour violon en mi mineur op. 64
Johannes Brahms : Symphonie n°2 en ré majeur op. 73

Illustration : Patricia Kopatchinskaja (© Marco Borggreve)

 

 

 

 

Poitiers : 2 concerts Baroques au TAP

Poitiers, TAP. 2 concerts baroques, les 24 et 31 mars 2015. Le Théùtre Auditorium de Poitiers offre en mars 2 événements de musique baroque, les 24 et 31 mars 2015.

DOWLAND-john-luth-angleterre-John-Dowland-MaturePoitiers, TAP. Le 24 mars 2015, 20h30. Thomas Dunford, thĂ©orbe, archiluth. John Dowland : LachrimĂŠ. Un luth, quatre chanteurs : Thomas Dunford explore la tendre mĂ©lancolie du rĂ©pertoire de John Dowland, entre Renaissance et Baroque. Les « chansons et airs Ă  jouer ou chanter avec le luth » sont ici donnĂ©s tels qu’ils furent Ă©crits et pratiquĂ©s Ă  l’Ă©poque : la polyphonie vocale dialogue avec le luth, tantĂŽt accompagnant, tantĂŽt soliste, restituant ainsi une pratique intimiste “around the table”, si chĂšre aux musiciens de cette pĂ©riode. Tous les ensembles baroques du moment s’arrachent Thomas Dunford, 25 ans, dont le disque consacrĂ© Ă  ce rĂ©pertoire a gravi les sommets de ventes et mis la critique Ă  genoux. Il s’entoure d’une Ă©quipe de merveilleux chanteurs, majoritairement anglophones, rompus Ă  cet exercice si particulier du « consort ».

John Dowland. Probablement nĂ© Ă  Londres, Dowland suit son patron Sir Henry Cobhams, diplomate anglais Ă  Paris, de 1579 Ă  1584. Il s’y convertit au catholicisme. Il se voyait successeur du luthiste attirĂ© de la Cour anglaise, John Johnson, Dowland sĂ©journe finalement Ă  Cassel, Florence, Nuremberg. DĂ©but 1597, le musicien est Ă  Londres sans poste officiel. Jusqu’en 1606, Dowaln est luthiste officiel due Christian IV de Danemark. Avant de renter Ă  Londres oĂč enfin, le poste de luthiste officiel lui est attribuĂ©.

Avec Lacrymae antiqua, son opus le plus cĂ©lĂšbre demeure « Lachrimae or Seaven Teares Figured in Seaven Passionate Pavans (Pleurs ou Sept larmes reprĂ©sentĂ©es par sept pavanes passionnĂ©es) »,  cycle de sept pavanes pour cinq violes et luth, chacune reprenant le cĂ©lĂšbre air Ă  la mode :Flow My Tears. Compositeur pour le luth, la voix et le consort de violes, Dowland rĂ©alise une Ɠuvre inĂ©galĂ©e, par sa grĂące nostalgique, sa profonde mĂ©lancolie, sa pudeur sensuelle. Sa piĂšce : « Semper Dowland, semper dolens (toujours Dowland, toujours souffrant), riche en dissonance inquiĂšte et coloriste pourrait rĂ©sumer Ă  elle seule l’ensemble de son inspiration.

 

 

John Dowland : LachrimĂŠ

Thomas Dunford, luth et direction
Ruby Hughes, soprano
Reinoud Van Mechelen, ténor
Paul Agnew, ténor
Christian Immler, baryton

 Le 24 mars 2015, 20h30

Offre spéciale pour les 2 concerts achetés :
Offre duo baroque 30€
Dowland/Thomas Dunford +
Couperin/Le Concert Spirituel du 31 mars 2015
Offre valable du 9 février au 24 mars

 

 

couperinPoitiers, TAP. Le 31 mars 2015, 20h30. Couperin, HervĂ© Niquet. Les Leçons de TĂ©nĂšbres de Couperin, chantĂ©es pendant la semaine de la Passion, sans Ă©gales en beautĂ©, en grĂące, en poĂ©sie, en Ă©motion contenue, atteignirent leur apogĂ©e avec les Ɠuvres de Couperin, Charpentier et Delalande. Elles sont ici confiĂ©es par HervĂ© Niquet Ă  un ensemble de six chanteuses, au service de textes prophĂ©tiques, dramatiques, voire douloureux. La musique y est d’une grande expressivitĂ© mĂ©lodique et d’une vraie richesse harmonique oĂč alternent des rĂ©citatifs et d’autres passages de style plus figurĂ© et dĂ©clamatoire, notamment sur les lettres hĂ©braĂŻques oĂč rayonne en permanence une sensualitĂ© qui contraste avec les textes. Sans effets appuyĂ©s, par le simple dĂ©roulement d’une voix de soprano ou d’un duo accompagnĂ© par l’orgue et la viole de gambe, c’est la musique la plus bouleversante qui soit, nĂ©e de la plume de ce musicien poĂšte et contemplatif.

 

 

Le Concert Spirituel / Hervé Niquet
Couperin : Leçons de TénÚbres
Hervé Niquet, orgue et direction

Le 31 mars 2015, 20h30

Tormod Dalen, violoncelle
Yuka SaĂŻto, viole de gambe
Caroline Delume et Bruno Helstroffer, théorbes
Elisabeth Geiger, clavecin

Marie-Pierre Wattiez, Aude Fenoy, Agathe Boudet, Marie Griffet, Nadia Lavoyer et Anne-Marie Jacquin, sopranos

François Couperin : Leçons de TénÚbres

Marc-Antoine Charpentier : RĂ©pons
Michel-Richard Delalande : Miserere

RĂ©cital RĂ©mi Geniet, piano au TAP de Poitiers, annonce.

Remi-Geniet_Folle_JourneePoitiers, TAP. RĂ©mi Geniet, piano. Le 18 fĂ©vrier 2015, 20h30. Le pianiste RĂ©mi Geniet offre un rĂ©cital soliste Bach et Chopin. A 21 ans,  le jeune pianiste (nĂ© en 1992 Ă  Montpellier) a dĂ©jĂ  remportĂ© nombres de Prix et rĂ©compenses enviĂ©s dont le Premier Prix du Concours Horowitz de Kiev 2010, le troisiĂšme Prix du Concours Beethoven de Bonn 2011, le deuxiĂšme prix du concours Reine Elisabeth de Belgique 2013 (Ă  20 ans) … Son jeu puissant et finement caractĂ©risĂ© a trouvĂ© dans les Ɠuvres de Bach et de Chopin, deux formes et des Ă©critures Ă  la mesure de son tempĂ©rament entier, sincĂšre, engagĂ©. ElĂšve de Rena Shereshevskaya Ă  l’Ecole Normale de Paris, de la regrettĂ©e Brigitte Engerer et d’Evgueni Koroliov (Ă  Hambourg), RĂ©mi Geniet enrichit sa jeune expĂ©rience en jouant rĂ©guliĂšrement avec un complice chambriste, le violoncelliste Henri Demarquette. Le pianiste s’intĂ©resse depuis ses dĂ©buts Ă  l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach. Le programme prĂ©sentĂ© en concert en ce mois de fĂ©vrier 2015 reprend partie des partitions enregistrĂ©es Ă  Poitiers Ă  l’automne 2014. A quelques voix prĂšs, RĂ©mi Geniet remportait la Victoire Soliste instrumental de l’annĂ©e lors des derniĂšres Victoires de la musique classique 2015. Le jeu est puissant ; la vision, intĂ©rieure et profonde : la maturitĂ© et l’instinct musical colorent une intelligence peu commune. La digitalitĂ© dĂ©liĂ©e, trĂšs clairement Ă©noncĂ©e fonde une technique prĂ©cise et Ă©tonnamment structurĂ©e. RĂ©mi Geniet est un jeune talent Ă  suivre.
L’esprit des danses anime la Suite anglaise n°1, auxquels fait Ă©cho la Mazurka du Romantique Chopin. RemĂ© Geniet conclue son concert avec la Sonate n°3 en si mineur opus 58.

 

 

 

boutonreservationRĂ©cital du pianiste RĂ©mi Geniet
JS Bach, Chopin
Mercredi 18 février 2015, 20h30
Poitiers, TAP, Auditorium

J. S. Bach :
Suite anglaise n°1 en la majeur BWV 806,
Caprice sur le départ de son frÚre bien-aimé BWV 992,
Toccata en do mineur BWV 911

Frédéric Chopin :
Mazurkas op. 17,
Sonate n°3 en si mineur op. 58

Durée du récital : 1h35 (entracte inclus)

RĂ©cital RĂ©mi Geniet, piano au TAP de Poitiers

Remi-Geniet_Folle_JourneePoitiers, TAP. RĂ©mi Geniet, piano. Le 18 fĂ©vrier 2015, 20h30. Le pianiste RĂ©mi Geniet offre un rĂ©cital soliste Bach et Chopin. A 21 ans,  le jeune pianiste (nĂ© en 1992 Ă  Montpellier) a dĂ©jĂ  remportĂ© nombres de Prix et rĂ©compenses enviĂ©s dont le Premier Prix du Concours Horowitz de Kiev 2010, le troisiĂšme Prix du Concours Beethoven de Bonn 2011, le deuxiĂšme prix du concours Reine Elisabeth de Belgique 2013 (Ă  20 ans) … Son jeu puissant et finement caractĂ©risĂ© a trouvĂ© dans les Ɠuvres de Bach et de Chopin, deux formes et des Ă©critures Ă  la mesure de son tempĂ©rament entier, sincĂšre, engagĂ©. ElĂšve de Rena Shereshevskaya Ă  l’Ecole Normale de Paris, de la regrettĂ©e Brigitte Engerer et d’Evgueni Koroliov (Ă  Hambourg), RĂ©mi Geniet enrichit sa jeune expĂ©rience en jouant rĂ©guliĂšrement avec un complice chambriste, le violoncelliste Henri Demarquette. Le pianiste s’intĂ©resse depuis ses dĂ©buts Ă  l’Ɠuvre de Jean-SĂ©bastien Bach. Le programme prĂ©sentĂ© en concert en ce mois de fĂ©vrier 2015 reprend partie des partitions enregistrĂ©es Ă  Poitiers Ă  l’automne 2014. A quelques voix prĂšs, RĂ©mi Geniet remportait la Victoire Soliste instrumental de l’annĂ©e lors des derniĂšres Victoires de la musique classique 2015. Le jeu est puissant ; la vision, intĂ©rieure et profonde : la maturitĂ© et l’instinct musical colorent une intelligence peu commune. La digitalitĂ© dĂ©liĂ©e, trĂšs clairement Ă©noncĂ©e fonde une technique prĂ©cise et Ă©tonnamment structurĂ©e. RĂ©mi Geniet est un jeune talent Ă  suivre.
L’esprit des danses anime la Suite anglaise n°1, auxquels fait Ă©cho la Mazurka du Romantique Chopin. RemĂ© Geniet conclue son concert avec la Sonate n°3 en si mineur opus 58.

 

 

 

boutonreservationRĂ©cital du pianiste RĂ©mi Geniet
JS Bach, Chopin
Mercredi 18 février 2015, 20h30
Poitiers, TAP, Auditorium

J. S. Bach :
Suite anglaise n°1 en la majeur BWV 806,
Caprice sur le départ de son frÚre bien-aimé BWV 992,
Toccata en do mineur BWV 911

Frédéric Chopin :
Mazurkas op. 17,
Sonate n°3 en si mineur op. 58

Durée du récital : 1h35 (entracte inclus)

Les Ɠuvres du programme

bach_js jean sebastianJohann Sebastian Bach (1685-1750) a Ă©crit de nombreuses piĂšces pour instrument seul : il s’agit de partitions particuliĂšrement profondes, crĂ©ant des sommets de musique pure qui semble propre Ă  l’Ă©poque baroque, exprimer la diversitĂ© troublante voire contradictoire de l’Ăąme humaine : introspection, langueur, mĂ©lancolie mais aussi Ă©nergie, volontĂ©, action… Les Suites anglaises (1717-1723) rĂ©utilisent et fixent le genre de la Suite composĂ© d’une succession trĂšs rĂ©glementĂ©e de danses europĂ©ennes (plutĂŽt d’origine française) : PrĂ©ludes, Allemandes, Courantes, Sarabandes, BourrĂ©es, enfin Gigues, en guise de conclusion. La PremiĂšre, en la majeur, aurait Ă©tĂ© Ă©crite par un Bach spĂ©cifiquement inspirĂ© par le claveciniste français virtuose Charles Dieupart (1670-1740) dont la carriĂšre se dĂ©roule surtout Ă  Londres. Ce pourrait ĂȘtre l’origine de leur intitulĂ© “Suites anglaises”.  Bach synthĂ©tise comme Ă  son habitude le caractĂšre et l’esprit de chaque danse : PrĂ©lude d’ouverture (trĂšs court), majestĂ© de l’Allemande avec d’Ă©videntes rĂ©fĂ©rences au jeu du luth; inventivitĂ© vivace des Courantes ; gravitĂ© solennelle de la Sarabande ; facĂ©tie plus enlevĂ©e des BourrĂ©es ; enfin, dĂ©termination de la Gigue conclusive.

Le Caprice BWV 992 Ă©voque la figure du frĂšre aimĂ©, hautboĂŻste de renom qui rejoint Ă  Stockholm,  l’Orchestre du Roi de SuĂšde. ƒuvre de jeunesse (Ă©crite au dĂ©but des annĂ©es 1700), pleine de charme et d’imagination, le Caprice comporte six mouvements comme autant de tableaux Ă©motionnels, comme le suggĂšrent d’ailleurs les sous-titres de chaque mouvement : « … pour le dĂ©tourner d’entreprendre le voyage », « ReprĂ©sentation des divers accidents qui peuvent arriver Ă  l’Ă©tranger », etc…

Les Toccatas illustrent la maĂźtrise du Bach de la maturitĂ©. Celle en ut mineur (BWV 911, vers 1712) comme l’ensemble des autres piĂšces de ce genre, mĂȘlent les divers mouvements comme s’il s’agissait d’un concerto pour instrument seul. Proche de la Fantaisie, la libertĂ© et l’invention de l’Ă©criture impose sa propre Ă©nergie, semblant embraser de façon quasi improvisĂ©e une structure pourtant trĂšs prĂ©cise. Le plan suit Ă  peu prĂšs le mĂȘme ordre : introduction rhapsodique, arioso, fugue, adagio, derniĂšre fugue conclusive. La Toccata en ut mineur BWV 911, en trois parties, impose sa fugue particuliĂšrement dĂ©veloppĂ©e (175 mesures) Ă  trois voix. Outre l’imagination dĂ©bridĂ©e, la profondeur et la virtuositĂ©, Bach saisit par la force et l’ampleur de sa pensĂ©e musicale.

chopin_arte_200-ans_soiree_speciale_television_arte-Frederic_ChopinAinsi l’admiration que portait Chopin pour Bach. ComposĂ©es entre 1832 et 1833, les quatre Mazurkas  (Opus 17) du plus français des Polonais sont le premier recueil du genre conçu depuis son installation Ă  Paris.  Chopin semble prolonger la sensibilitĂ© intĂ©rieure de son aĂźnĂ©, passant des passions Ă  l’exploration du sentiment, le compositeur pianiste combine les climats lui aussi contrastĂ©s voire antinomiques : premiĂšre Mazurka apparemment joyeuse, deuxiĂšme rĂȘveuse et mĂ©lancolique. La derniĂšre piĂšce, – Lento ma non troppo en la mineur- captive par sa puissante intĂ©rioritĂ©.  La Sonate n°3 rĂ©gĂ©nĂšre les modĂšles lĂ©guĂ©s par Beethoven ou Schubert. La libertĂ© qu’y apporte Chopin l’impose immĂ©diatement : composĂ©e en 1844, elle suit l’Ă©closion de la QuatriĂšme Ballade (1842), du QuatriĂšme Scherzo (1842 aussi) et des Nocturnes opus 55 (1843), tous sommets d’originalitĂ©, de caractĂšre et de profondeur dont la Sonate recueille les fruits. Chopin surprend mĂȘme par la conception de l’architecture : ampleur du portique d’ouverture (Allegro maestoso) ; trĂšs court et vivace Scherzo Ă  la digitalitĂ© facĂ©tieuse ; Largo crĂ©pusculaire et noctambule ; enfin Finale dont la vĂ©hĂ©mence et le tempĂ©rament imposent la stature d’un Chopin maĂźtre de son destin.
Le choix des piĂšces exige de l’interprĂšte une versatilitĂ© permanente de l’humeur, et dans le traitement musical, une aptitude Ă  exprimer chaque nuance expressive d’une sĂ©quence Ă  l’autre, de premier ordre.

Isabelle Druet chante les morts du Pays oĂč se fait la guerre…

isabelle druet au pays ou se fait la guerre 1870 1914 concertPoitiers, TAP.  Le 14 dĂ©cembre 2014, 17h.  Au Pays oĂč se fait la guerre
. Saintes, Venise
 les escales de ce programme hors normes sont dĂ©jĂ  prometteuses mais pas uniques puisque le concert est l’objet d’une tournĂ©e en 2015. PrivilĂ©giant les compositeurs « romantiques français », le choix des partitions Ă©voque surtout le destin d’un soldat de la grande guerre (1914-1918), centenaire oblige, Ă  travers des tĂ©moignages directs ou par le regard de ses proches ou de sa famille. En vĂ©ritĂ© le prĂ©texte martial et sanglant, intĂ©resse aussi d’autres conflits et d’autres Ă©poques que le premier conflit mondial, remontant le curseur chronologique jusqu’aux Ă©vĂ©nements de 1870
 Voici assurĂ©ment le meilleur spectacle spĂ©cialement Ă©crit pour cĂ©lĂ©brer la Grande Guerre.

Ainsi de Jacques Offenbach Ă  Nadia Boulanger, de trĂšs nombreux styles et auteurs sont sollicitĂ©s : CĂ©cile Chaminade, Benjamin Godard (sublime mĂ©lodies intitulĂ©e Les Larmes), Henri Duparc, Claude Debussy ou le dĂ©sormais inĂ©vitable ThĂ©odore Dubois, acadĂ©mique audacieux que le Palazzetto Bru Zane Ă  Venise a Ă©tĂ© bien inspirĂ© de ressusciter rĂ©cemment. Pourtant pas de rĂ©fĂ©rence Ă  AlbĂ©ric Magnard, auteur majeur qui a pĂ©ri sous les armes (Tours en a fait heureusement un auteur favori rĂ©guliĂšrement jouĂ© : BĂ©rĂ©nice, Hymne Ă  la justice)
 Les quatre sĂ©quences du programme : le dĂ©part, au front, la mort, en paradis, Ă©voquent le chemin de croix du guerrier par un chant instrumental prĂ©alable, celui de la formation requise : quatuor avec piano (Bonis, FaurĂ© deux fois, enfin Hahn). Grande Duchesse de GĂ©rolstein ou veuve d’un colonel (La vie parisienne), la mezzo Isabelle Druet endosse avec une verve mĂ»re, les facettes de ses personnages; celle qui fut Ă  Versailles, une Clorinde tragique et tendre chez Campra, retrouve dans ce programme romantico-moderne, les accents pudiques de l’hommage aux victimes sacrifiĂ©es sur les champs de bataille. Le titre du concert emprunte Ă  la mĂ©lodie de Duparc « Au pays oĂč se fait la guerre », sublime priĂšre intĂ©rieure dont l’intensitĂ© Ă©gale la profondeur. Une traversĂ©e dans des paysages sombres mais dignes Ă  laquelle les instrumentistes du Quatuor Giardini apportent des contours tout aussi suggestifs et recueillis.

Poitiers, TAP. Dimanche 14 dĂ©cembre 2014, 17h. « Au pays oĂč se fait la guerre ». DurĂ©e approximative : 1h15 (hors entracte).

 

 

avec

Isabelle Druet, mezzo soprano

Quatuor Giardini

David Violi, piano

Pascal Monlong, violon

Caroline Donin, alto

Pauline Buet, violoncelle

Programme

1/ LE DÉPART

Mel BONIS : Quatuor avec piano n°1 op. 69 : Finale

Jacques OFFENBACH : La Grande Duchesse de Gerolstein

Ah que j’aime les militaires

CĂ©cile CHAMINADE : Exil

Jacques OFFENBACH : La Grande Duchesse de Gerolstein : Couplets du sabre

2/ AU FRONT

Gabriel FAURE : Quatuor avec piano op.45 : Allegro molto

Gaetano DONIZETTI : La fille du régiment : pour un femme de mon rang


Benjamin GODARD : Les Larmes

Henri DUPARC : AU pays oĂč se fait la guerre

Entracte

3/ LA MORT

Gabriel FAURE :  Quatuor avec piano opus 15. Adagio

Claude DEBUSSY : 5 poĂšmes de Charles Baudelaire, Recueillement

Henri Duparc : Elégie

Jacques OFFENBACH : la vie parisienne, Je suis veuve d’un colonel

4/ EN PARADIS

Reynaldo HAHN : Quatuor avec piano : Andante

Lili BOULANGER : Elégie

Théodor DUBOIS : En Paradis

Théodore DUBOIS : Quatuor avec piano en la mineur

Andante molto espressivo

Bis 1 : OFFENBACH : La Fille du Tambour major, Que m’importe un titre Ă©clatant ?

Bis 2 : FAURE : AprĂšs un rĂȘve


 

 

 

druet isabelle duparc guerre 1870 1914Patriotisme et guerres lointaines
 Henri Duparc Ă©voque la froide dĂ©pouille d’un soldat anonyme 
 tant de soldats morts au nom d’un patriotisme exacerbĂ©, celui du XIXĂšme et du XXĂšme siĂšcles. L’antagonisme primitif France  / Allemagne, revivifiĂ© encore sur la scĂšne musicale dans le rapport radicalisĂ© Ă  Wagner fait aimer notre Ă©poque europĂ©enne oĂč les nationalismes durcis ont heureusement Ă©tĂ© absorbĂ©s par la construction europĂ©enne. PrĂ©texte Ă  une relecture certes poĂ©tique mais surtout comique (Donizetti et Offenbach), la guerre est aussi l’acte ultime qui sacrifie le sang et la jeunesse. Les conflits de 1870 et de 1914 inspirent Ă©videmment les compositeurs chacun bravant le sort, cĂ©lĂšbre l’accomplissement du devoir, et le dĂ©chirement du dĂ©part. Au front, c’est l’angoisse nĂ©e de l’attente et de l’horreur. Pourtant Ă  peine adoucie par le souvenir de l’aimĂ©e, de la famille, du retour espĂ©ré  Courageux, le soldat n’en demeure pas moins homme : « mais les larmes qu’on peut verser, quand les tĂȘtes sont dĂ©tournĂ©es, on ne les a pas soupçonnĂ©es  » Les Larmes de Banjamin Godard.

Et comme si le sujet trop brĂ»lant ne pouvait ĂȘtre immĂ©diatement compris, digĂ©rĂ©, acceptĂ©, la plupart des auteurs usent du prĂ©texte historique, font surgir une action empruntĂ©e au siĂšcle antĂ©rieur plutĂŽt que de s’inscrire dans la rĂ©alitĂ© contemporaine : ainsi Offenbach situe sa Grande Duchesse de Gerolstein au XVIIIĂš (vers 1720 ou « à peu prĂšs »), Henri Duparc dans Au Pays oĂč se fait la guerre, ne peut Ă©voquer les armes et les deuils que dans une distanciation pudique, qui renvoie Ă  la conquĂȘte coloniale du 
 Second Empire ; mĂȘme Donizetti, pourtant dĂ©tenteur du truchement comique, Ă©labore dans sa Fille du rĂ©giment de 1840, une action qui Ă©voque des temps guerriers anciens eux aussi, ceux des campagnes de Bonaparte en Italie, Offenbach fait de mĂȘme en 1879 pour La fille du tambour-major. Dans le programme, les adagios des Quatuors pour piano de FaurĂ© (1887) ou Dubois (1907) Ă©clairent le fond d’une Ă©poque tourmentĂ©e. Ils font retentir  mais allusivement dans les salons intimes, les dĂ©flagrations des guerres contemporaines.

 

 

Au pays oĂč se fait la guerre. AprĂšs Poitiers le 14 dĂ©cembre 2014, les autres dates de la tournĂ©e 2015 : 20 janvier Ă  Aix-en-Provence, 22 janvier Ă  Entraigues-sur-la-Sorgue, 25 janvier Ă  Arles et 5 fĂ©vrier Ă  PĂ©rigueux.

 

 

 

Giselle Ă  Poitiers par le Perm Opera Ballet

Giselle_ballet-de-permPoitiers, TAP. Giselle. Perm Opera Ballet. 22>24 dĂ©cembre 2014. Poitiers propose pour les fĂȘtes de NoĂ«l, un spectacle Ă©lĂ©gantissime qui plonge dans l’imaginaire romantique et fantastique, avec d’autant plus d’onirisme que la production invitĂ©e, le Ballet de l’OpĂ©ra de Perm (Russie) dĂ©fend depuis 1926, une Ɠuvre devenue emblĂ©matique du rĂ©pertoire de la danse classique : Giselle (1841). L’OpĂ©ra de Perm concentre de nombreux talents : on ne prĂ©sente plus son directeur artistique, le chef sur instruments d’époque, Teodor Currentzis, bouillonnante personnalitĂ© qui dĂ©poussiĂšre tout ce qu’il touche, rĂ©cemment pour Sony classical, la trilogie des opĂ©ras de Mozart Ă©crits avec Da Ponte et aussi une anthologie des opĂ©ras de Rameau, enregistrĂ©e en 2012 et que l’éditeur discographique publie pour les fĂȘtes de NoĂ«l 2014.

Le TAP accueille pour la seconde fois le ballet de l’OpĂ©ra National TchaĂŻkovski de Perm ; c’est l’une des trois plus grandes compagnies de danse, issues de l’École russe, avec le BolchoĂŻ de Moscou et le Marinski de Saint-PĂ©tersbourg. Giselle, Ɠuvre populaire et prestigieuse du rĂ©pertoire, symbole du ballet romantique par excellence aux cĂŽtĂ©s de Raimonda,  Coppelia,  Les Sylphides. .., a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e au ThĂ©Ăątre de l’AcadĂ©mie Royale de Musique en 1841. Le ballet rĂ©pond au goĂ»t pour le fantastique, l’étrangetĂ©, les scĂšnes saisissantes voire terrifiantes liĂ©es Ă  l’émergence du surnaturel, propre au ballet post-rĂ©volutionnaire (apparition de Myrthe puis de Giselle Ă  l’acte II, acte des fantĂŽmes et des spectres faisant du ballet romantique, un tableau fanstastique).  Morte par amour pour le prince Albrecht, Giselle rĂ©apparaĂźt en effet au deuxiĂšme acte en Willis, ces dangereux spectres de jeunes fiancĂ©es dĂ©funtes (figure fixĂ©e par Heinrich Heine), mi-nymphes mi-vampires. Par la justesse du travail chorĂ©graphique, le souci esthĂ©tique dĂ©fendu dans l’interprĂ©tation, la troupe de cinquante-six danseurs offre un spectacle prenant d’un rare souci esthĂ©tique. Spectacle Ă©vĂ©nement pour NoĂ«l 2014 Ă  Poitiers.

Contrairement aux idĂ©es reçues, la partition d’Adam est d’une subtilitĂ© onirique que des chefs comme Karajan – rien de moins – ont enregistrĂ© (Decca, avec le Philharmonique de Vienne en septembre 1961), rĂ©vĂ©lant Ă  travers une orchestration aussi raffinĂ©e que les ballets de Tchaikovski, une finesse de style qui porte Ă©videmment les mouvements des danseurs sur la scĂšne.

 

 

 

 

Giselle par le Ballet de l’OpĂ©ra National TchaĂŻkovski de Perm

ballet en 2 actes

chorégraphie : Jean Coralli, Jules Perrot, Marius Petipa

musique : Adolphe Adam

livret : Théophile Gautier, Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges

scénographie : Ernst Heidebrecht

avec 9 danseurs Ă©toiles, 16 danseurs solistes et un corps de ballet de 31 danseurs

Poitiers, TAP
Du 22 au 24 janvier 2015, 4 représentations au TAP de Potiers

 

3Ăšme Concerto de Rachmaninov au TAP de Poitiers

sergei-rachmaninov-russian-composer1Poitiers, TAP. 3Ăš Concerto pour piano de Rachmaninov. 16 novembre, 15h. Danses et scintillements post romantiques au fĂ©minin
Deux AmĂ©ricaines, une pianiste et une chef d’orchestre, sont les maĂźtresses de cĂ©rĂ©monie de ce programme au TAP de Poitiers, largement inspirĂ© par la danse. Les cycles de Danses slaves furent composĂ©es par DvorĂĄk suite au succĂšs des Danses hongroises de Brahms, son grand ami rencontrĂ© Ă  Vienne, et reprennent des danses populaires telles les dumkas, polkas, scocnas aux rythmes si contrastĂ©s. La Pianiste Natasha Paremski, nĂ©e en Russie est l’une des rares femmes Ă  jouer le 3e Concerto de Rachmaninov, monument de virtuositĂ© qui exige de son interprĂšte une largeur de main inhabituelle. La chef d’orchestre mexicaine Alondra de la Parra dirige en conclusion du concert, le DanzĂłn d’Arturo MĂĄrquez, une danse Ă  nouveau mais celle-ci typique de la musique mexicaine du 20e siĂšcle imprĂ©gnĂ©e de musique cubaine, entraĂźnante et sollicitant tous les feux de l’orchestre.

 

 

 

Rachmaninov : 3Ăšme Concerto pour piano et orchestre

EtĂ© 1909, Rachma vient d’achever son sublime poĂšme symphonique L’üle des morts d’aprĂšs le peintre Böcklin, il prĂ©pare en outre une grande tournĂ©e outre-Atlantique (USA) comme pianiste et compositeur pour l’automne. Son 3Ăšme Concerto pour piano doit dĂ©passer la rĂ©ussite du Second, affirmer sa virtuositĂ© de soliste tout en sachant aussi se renouveler. Le 3Ăšme Concerto est donc crĂ©Ă© pendant la tournĂ©e sur le cĂŽte Est amĂ©ricaine, en novembre 1909 Ă  New York, avec la complicitĂ© de Gustav Mahler alors directeur du Philharmonique. La sincĂ©ritĂ© du style, la clartĂ© de dĂ©veloppement affirment entre autres la maturitĂ© du compositeur.  ComposĂ© dans sa chĂšre maison familiale d’Ivanovka, le Concerto dĂšs son premier mouvement impose la poĂ©sie de thĂšmes simples, enfantins, immĂ©diatement accessibles comme l’indice d’une confession murmurĂ©e Ă  l’oreille d’un ami. La cadence du premier mouvement renoue avec l’insouciance et l’innocence primitive Ă  laquelle aspirent tous les Romantiques. Le second mouvement, Intermezzo, rĂ©fĂ©rence au tableau central du Concerto de Schumann, fait se succĂ©der un jaillissement d’émotions diverses et jamais contraintes, d’une volubilitĂ© aĂ©rienne qui n’écarte pas la profondeur des affects les plus intimes. Enfin, le dernier mouvement est bĂąti comme un galop, une chevauchĂ©e irrĂ©pressible qui va son terme sans dĂ©vier d’une mesure : l’allant et la dĂ©termination du compositeur s’y imposent sans transiger. Versatile sans dilution, inspirĂ© sans artifice, le soliste requis doit nuancer et rĂ©aliser ce scintillement de sentiments habilement combinĂ©s qui font la valeur du 3Ăšme Concerto de 1909, vĂ©ritable joyau du postromantisme.

 

 

 

 

CONCERT au TAP de Poitiers

TAP, Poitiers. Dimanche 16 novembre 2014, 15h
Rachmaninov, Dvorak, Marquez...  

Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Rachmaninov / Dvoƙák / Marquez

Alondra de la Parra, direction

Natasha Paremski, piano

> Sergueï Rachmaninov : Concerto pour piano n°3

> Anton DvorĂĄk : Danses Slaves op.46

> Arturo Mårquez : Danzón n°2

Petit grand roi Ubu au TAP de Poitiers, création

tap-poitiers-a-la-une-grand-petit-roi-creation-Tranter,-Markeas,-Dorin,-Nahon-580-380Poitiers, TAP. 12>14 novembre 2014. CrĂ©ation: Courte longue vie au grand petit roi. Le spectacles jeune public rĂ©unit les marionnettes de Neville Tranter et la musique d’Alexandros Markeas, sur un texte de Philippe Dorin. PortĂ©s par le succĂšs de leur prĂ©cĂ©dente production (La maison qui chante de Betsy Jolas, 2012), les piliers d’une Ă©quipe gagnante prĂ©sente au TAP de Poitiers leur nouvelle production. L’univers dĂ©jantĂ© des marionnettes expressionnistes de Tranter -Ă  la fois lutins malicieux et clowns grimaçants-, crĂ©e une univers d’une Ă©vidente force poĂ©tique… Ă  laquelle rĂ©pond le geste instrumental de Philippe Nahon et de son ensemble Ars Nova, artistes associĂ©s au TAP. Le spectacle aux rĂ©fĂ©rences politiques sombres produit Ă  l’inverse un dramatisme drĂŽlatique qui saisit immĂ©diatement petits et grands. Depuis “Schikelgruber”, Neville Tranter favorise l’alliance des marionnettes et des chanteurs rĂ©alisant une forme thĂ©Ăątrale forte et truculente.

Ubu roi revisité

Le spectacle met en avant la performance des chanteurs marionnettistes. Les chanteurs manipulateurs explorent de nouvelles expressions au servie du drame. Les marionnettes de Neville Tranter (Stuffed Puppet Theater d’Amsterdam) ont Ă©tĂ© spĂ©cialement conçues dans cette optique : visuel, scĂ©nique, musicale. Le livret de Philippe Dorin, habituĂ© de ce type d’expĂ©rience pluridisciplinaire depuis le succĂšs de la production aux enjeux semblables (La Maison qui Chante), Ă©pingle dans une Ă©criture affĂ»tĂ©e et critique, la dĂ©route et l’espoir dĂ©risoire de notre civilisation, sacrifiant sans rĂ©serve toutes les richesses offertes de notre monde.
Une vision engagĂ©e et consciente sous sa verve pleine d’humour… Voici sur le mode shakespearien, une fable-farce nouvelle traitant de la folie et de l’envie, filles aĂźnĂ©es du pouvoir, c’est donc Ă  l’adresse des petits une opĂ©rette cruelle et barbare qui pourtant peut se lire comme un drame ubuesque et dĂ©lirant, purement humoristique.  Chaque scĂšne regorge de situations comiques, chargĂ©es en personnages contrastĂ©s, d’une verve irrĂ©sistible. Philippe Dorin reprend le mythe d’Ubu roi, souverain criminel et pathĂ©tique (ou de Macbeth chez Shakespeare) :  « Qui t’empĂȘche de massacrer toute la famille et de te mettre Ă  leur place ? » dit la MĂšre Ubu. Qui manipule qui ? VoilĂ  un rapport qui gagne une singuliĂšre vĂ©ritĂ© dans l’association trouble et ici magnifiquement exploitĂ©e entre la marionnette et son manipulateur marionnettiste, vĂ©ritable maĂźtre chanteur (au sens propre comme figurĂ©). Rapport de force, rapport de chantage, tension implicite continue : voilĂ  des ressorts exaltant et stimulant pour le dĂ©ploiement d’un spectacle hors normes qui visuellement, par sa truculence et son dispositif singulier, captive immĂ©diatement les enfants… comme leurs parents. Agile, facĂ©tieux, mordant  et drĂŽle aussi, le nouveau spectacle prĂ©sentĂ© en crĂ©ation au TAP de Poitiers devrait marquer les esprits des petits comme des grands.

Synopsis
tranter-neville-puppets-marionnettesUne suite de courtes scĂšnes de marionnettes racontent la vie d’un roi maĂźtre chanteur cultivant la mauvaise foi pour assujettir son peuple et son entourage. Lui, c’est la tĂȘte. Son manipulateur, le bras. Tout le monde doit chanter, que ça vous chante ou pas ! Un petit orchestre et un chƓur de filles viennent ponctuer la vie de ce royaume sans fausse note.  Mais, petit Ă  petit, quelques couacs vont se glisser ici ou lĂ  et mettre un bĂ©mol aux « si » autoritaires du maĂźtre chanteur. Une modeste professeure de philosophie rĂ©veillera la conscience de son propre manipulateur qui appartient Ă  cette majoritĂ© silencieuse vivant dans l’ombre. Tous les deux tiennent bientĂŽt tĂȘte Ă  ce guignol de roi main dans la main, et s’en reviendront bras dessus, bras dessous…

 

 

 

Markeas / Dorin / Tranter / Nahon :

 

Courte longue vie au grand petit roi

Création le 12 novembre 2014
au TAP Théùtre Auditorium de Poitiers
OpĂ©ra Ă  destination d’un public familial et jeune public (Ă  partir de 9 ans)

Pour quatre chanteurs marionnettistes
et trois instrumentistes
Musique :  Alexandros Markeas
Livret : Philippe Dorin
Mise en scÚne et création des marionnettes:
Neville Tranter
(Stuffed Puppet Theater Amsterdam)
Direction musicale, Philippe Nahon
Direction artistique, Xavier Legasa
Chef de chant, Sylvie Leroy

Francesca Congiu, Soprano
Aurore Ugolin, Mezzo-Soprano
Paul-Alexandre Dubois, Baryténor
Xavier Legasa, Baryton

Solistes d’Ars Nova ensemble instrumental
Éric Lamberger, Clarinette
Isabelle Veyrier, Violoncelle
Isabelle Cornélis et Elisa Humanes (en alternance), Percussions

CRÉATION Ă  Poitiers – puis TOURNEE en France en 2014 et 2015, jusqu’au 7 mai 2015

12>14 novembre 2014
6 représentations du 12 au 14 novembre, dans le cadre des programmations du TAP Théùtre Auditorium de Poitiers et des Petits devant les Grands derriÚre  au TAP Théùtre Auditorium de Poitiers

18 et 19 novembre 2014
3 représentations à Saint-Nazaire (Partenariat Athénor et Théùtre de Saint-Nazaire)

du 27 au 29 novembre 2014
5 reprĂ©sentations Ă  l’Espace Paul Eluard de Stains

du 7 au 9 décembre 2014
5 représentations au Théùtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine

du 16 au 19 décembre 2014
5 représentations au Festival Théùtre à tout ùge à Quimper et Morlaix

du 18 au 21 mars 2015
6 représentations au Théùtre de St-Quentin-en-Yvelines

les 25 et 26 mars 2015
4 reprĂ©sentations Ă  l’OpĂ©ra de Reims dans le cadre du festival MĂ©limĂŽme

30 et 31 mars 2015
4 représentations au Théùtre Gérard Philippe de Frouard

7 mai 2015
1 représentation au Centre culturel de La Norville

Poitiers, TAP Théùtre Auditorium de Poitiers. Saison 2014-2015

TAP_POITIERS_nuit_2-CUBES-JAUNES_575Poitiers, TAP. Saison 2014-2015. 5 concerts Ă©vĂ©nements… Pour sa nouvelle saison 2014-2015, le TAP ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers nous promet de nouvelles Ă©chappĂ©es belles en
 Asie. Au total un passionnant pĂ©riple en 15 stations
 avec pour commencer, en 2014, les 5 concerts Ă©vĂ©nements Ă  Poitiers Ă  ne pas manquer d’ici dĂ©cembre 2014. La nouvelle saison s’est ouverte avec un splendide concert lyrique et symphonique accordant la voix de la mezzo suĂ©doise Ann Hallenberg et l’Orchestre des Champs ElysĂ©es sous la direction de Philippe Herreweghe dans les dĂ©chirants et pudiques Kindertotenlieder – chant pour les enfants morts- de Gustav Mahler (25 septembre dernier).

 

 

encarttapEn octobre 2014, place le 11 octobre Ă  l’ñme du Japon grĂące au Quatuor Diotima qui « ouvre » ainsi la saison asiatique du TAP. Histoire ainsi d’accorder le jaune de l’habillage extĂ©rieur du bĂątiment, aux couleurs impĂ©riales 
 chinoises. Une premiĂšre Ă©tape prometteuse qui permet en premiĂšre partie de concert, la dĂ©couverte des instruments traditionnels japonais : le koto, cithare sur table ; le shĂŽ, orgue Ă  bouche ; le shakuhashi, flĂ»te en bambou (avec restauration japonaise Ă  l’entracte). En seconde partie : Quatuor de Debussy par les Diotima (Debussy fut bien le plus orientalisant des musiciens modernes) mis en regard avec plusieurs oeuvres du compositeur japonais Toshio Hosokawa (durĂ©e : 1h15). En parallĂšle, rĂ©alisation d’une composition florale par un maĂźtre d’Ikebana. Aucun doute c’est Ă  une soirĂ©e 100% japonisante que nous convie le TAP. Infos, rĂ©servations

 

 

encarttapEn novembre, 3 concerts sont Ă  l’affiche : Le 12 novembre, dĂ©couverte du conte musical ou farce chantĂ©e pour le jeune public (et les parents), avec marionnettes dĂ©lirantes enchantĂ©es : « Courte longue vie au grand petit roi » par l’ensemble Ars Nova, Le Carrosse d’or et les marionnettes (Ă  taille humaine) de Neville Tranter : un roi maĂźtre chanteur cultive la mauvaise foi pour assujettir son peuple et son entourage. Lui, c’est la tĂȘte ; son manipulateur, le bras. Tout le monde doit chanter, que ça lui chante ou pas ! Qui manipule qui ? DurĂ©e : 50 mn, musique d’Alexandros Markeas. Infos, rĂ©servations

 

 

encarttapLe 16 novembre, dĂ©lices symphoniques Ă  la fiĂšvre dansante dans un programme Rachmaninov / Dvoƙák / Marquez par l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine sous la direction de la chef d’orchestre mexicaine Alondra de la Parra. Passion et murmures des Danses slaves de Dvorak (fortement inspirĂ© par celles de son ami Brahms), puis pianisme rayonnant, mystique, sensuel de la russe Natasha Paremski dans le Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov. Enfin, transe rythmique et danses endiablĂ©es de DanzĂłn d’Arturo Marquez qui combine rythmes mexicains et cubains. Infos, rĂ©servations

 

 

encarttapEnfin, le 25 novembre 2014, l’Orchestre en rĂ©sidence Poitou-Charentes joue 3 grands romantiques germaniques: la fougue rĂ©volutionnaire et visionnaire de Beethoven (Symphonie n°7), le feu facĂ©tieux dramatique de Mendelssohn (musique de scĂšne pour Songe d’une nuit d’étĂ©, entre vitalitĂ© inquiĂšte et enchantement crĂ©pusculaires), la passion et l’optimisme de Schumann (Concerto pour violoncelle. Soliste : Marc Coppey). Bain symphonique et romantique pour ce dernier concert du mois de novembre. CrĂ©Ă©e en 1813, la Symphonie n°7 de Beethoven accorde Ă©nergie et lumiĂšre et comptait pour sa crĂ©ation, Beethoven Ă  la direction, mais aussi parmi les instrumentistes : Meyerbeer, Salieri, Hummel et Spohr ! DurĂ©e : 1h45, entracte compris. Infos, rĂ©servations

 

 

encarttapChants pour nos soldats… En dĂ©cembre 2014, le TAP Poitiers accueille un spectacle plus grave et sensible « Au pays oĂč se fait la guerre » 
 Musique, mĂ©moire
. et chant. Pour commĂ©morer le centenaire de la premiĂšre guerre 1914-1918 et aussi les batailles de 1870, la mezzo soprano Isabelle Druet (qui fut en 2013 une somptueuse Clorinde dans l’opĂ©ra de Campra Ă  l’OpĂ©ra royal de Versailles : TancrĂšde) dĂ©die son chant colorĂ© et chaud, son souci du verbe querelleur, sĂ©ducteur, provocateur aux partitions de compositeurs profondĂ©ment touchĂ©s par la guerre. Chant parodique, priĂšre pudique, narration Ă©pique et tragique, la chanteuse passe par de nombreuses facettes et rend hommage aux vies sacrifiĂ©es, aux talents inspirĂ©s. Reste au public d’ĂȘtre comme nous, touchĂ©. Parmi les mĂ©lodies choisies : Le DĂ©part, Au front, La Mort, En Paradis 
 Dimanche 14 dĂ©cembre 2014 Ă  17h (durĂ©e : 1h15). Isabelle Druet / Quatuor Giardini. Avec Isabelle Druet, mezzo-soprano. Quatuor Giardini. Ɠuvres de Mel Bonis, Jacques Offenbach, CĂ©cile Chaminade, Gabriel FaurĂ©, Gaetano Donizetti, Benjamin Godard, Henri Duparc, Claude Debussy, Reynaldo Hahn, Nadia Boulanger, ThĂ©odore Dubois
 Infos, rĂ©servations

 

 

 

 

Consulter sur le site du TAP Poitiers, tous les concerts de musique classique et contemporaine

Page d’accueil du TAP Poitiers saison 2014 – 2015

Et bientĂŽt Ă  suivre ici,  les 10 autres concerts programmĂ©s de janvier Ă  juin 2015 …

 

 

Compte rendu, concert. Poitiers. Auditorium, le 25 septembre 2014. Wagner, Mahler, Brahms. Ann, Hallenberg, Orchestre des Champs ÉlysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction.

AprĂšs un Ă©tĂ© bien rempli et quelques jours de congĂ©s, l’Orchestre des Champs ÉlysĂ©es revient au ThĂ©Ăątre Auditorium de Poitiers en cette fin septembre avec un programme romantique allemand; la partie vocale de ce premier concert de la saison 2014/2015 est assurĂ©e par la cĂ©lĂšbre mezzo soprano suĂ©doise Ann Hallenberg. La qualitĂ© du programme et des interprĂštes n’a cependant pas permis de remplir la salle seulement pleine aux trois quarts.

L’Orchestre des Champs ÉlysĂ©es dĂ©marre sa saison en fanfare

Hallenberg ann-hallenbergC’est avec Richard Wagner (1813-1873) que dĂ©bute le concert. Die Meistersinger von NĂŒrnberg (Les MaĂźtres chanteurs de Nuremberg) a Ă©tĂ© composĂ© entre 1861 et 1867  (comme pour ses autres opĂ©ras Wagner a Ă©crit lui mĂȘme son livret et composĂ© la musique) puis crĂ©Ă© en 1868 Ă  Munich. C’est le prĂ©lude du 3 Ăšme acte que Philippe Herreweghe a programmĂ©; moins flamboyant que celui du 1er acte, il n’en a pas moins, de par sa sobriĂ©tĂ©, un certain charme. C’est avec les Kindertotenlieder (Chants pour les enfants morts) que se poursuit la soirĂ©e. Ce recueil de cinq lieder a Ă©tĂ© composĂ© par Gustav Mahler (1860-1911) entre 1901 et 1905 ; son Ă©pouse Alma devait plus tard lui reprocher d’avoir appelĂ© le mauvais sort sur leur famille : en effet leur fille ainĂ©e Anna Maria devait mourir de la scarlatine deux ans aprĂšs la publication des Kindertotenlieder. InvitĂ©e par Philippe Herreweghe, la mezzo Ann Hallenberg le cycle avec sobriĂ©tĂ©, la ligne de chant est impeccable, la diction parfaite. Le ton et l’intonation recueillis, Ă©conomes, pudiques mais d’une envoĂ»tante intensitĂ©.  Quant Ă  l’Orchestre des Champs ÉlysĂ©es il accompagne la chanteuse avec efficacitĂ© et dans les moments purement instrumentaux, le chef cisĂšle chaque note tel l’orfĂšvre occupĂ© Ă  polir ses joyaux.

Au retour de l’entracte, l’Orchestre s’attaque Ă  un monument de la musique symphonique : la symphonie N°4 opus 98 de Johannes Brahms (1833-1897). Brahms Ă©tant, pour cette derniĂšre symphonie, revenu Ă  un “modĂšle” plus classique, l’oeuvre a reçu un accueil mitigĂ© Ă  sa crĂ©ation. Les allusions aux grands maitres du passĂ© sont trĂšs prĂ©sentes dans les premier et troisiĂšme mouvements. Le chef interprĂšte l’oeuvre de Brahms avec maestria; dĂšs les premiĂšres notes Philippe Herreweghe nous entraine dans l’univers du compositeur autrichien : passion, ĂąpretĂ©, drammatisme intĂ©rieur, Ă©lans pudiques plus introspectifs.. La derniĂšre de ses symphonies est Ă  la croisĂ©e des chemins, savant amalgame d’un style si neuf 
 qu’il a dĂ©rangĂ© un public peu habituĂ© Ă  la nouveautĂ©.

Pour son dĂ©but de saison, l’Orchestre des Champs ÉlysĂ©es a frappĂ© trĂšs fort avec un programme exclusivement allemand parfaitement interprĂ©tĂ© tant par les musiciens que par Ann Hallenberg ; le mezzo a fait honneur Ă  Mahler dont le recueil de lieder, mĂ©connu depuis sa crĂ©ation en 1905, rend un Ă©mouvant hommage aux enfants disparus.

Poitiers. Auditorium, le 25 septembre 2014. Richard Wagner (1813-1873) : Les maitres chanteurs de Nuremberg, prĂ©lude de l’acte 3; Gustav Mahler (1860-1911) : Kindertotenlieder; Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie N°4 opus 98. Ann Hallenberg, mezzo. Orchestre des Champs ÉlysĂ©es. Philippe Herreweghe, direction.

Poitiers, TAP. Concert Philippe Herreweghe, Ann Hallenberg au TAP de Poitiers

Philippe Herreweghe portraitPoitiers, TAP. Concert Philippe Herreweghe, Ann Hallenberg, le 25 septembre 2014, 20h30. Sublime interprĂšte, trop mĂ©connue, la mezzo suĂ©doise Ann Hallenberg se produit Ă  Poitiers. Premier concert de la nouvelle saison musicale du TAP Ă  Poitiers, le programme du 25 septembre est particuliĂšrement allĂ©chant, associant le chef familier de la salle poitevine, Philippe Herrewegge dont l’expertise des timbres dĂ©licatement ciselĂ©s sur instruments anciens s’allie au chant tout aussi raffinĂ© et rare de la mezzo suĂ©doise, encore trop mĂ©sestimĂ©e en France, Ann Hallenberg. On se souvient de son excellent album discographique dĂ©diĂ© au chant de la diva romantique Marietta Marcolini, muse inspiratrice, maĂźtresse du jeune Rossini. La mezzo s’y Ă©tait rĂ©vĂ©lĂ©e Ă©blouissante par son sens sans Ă©paisseur ni outrance de la caractĂ©risation vocale. Autant de qualitĂ©s que les spectateurs du TAP Ă  Poitiers devrait retrouver et applaudir ce 25 septembre dans l’Ă©crin acoustiquement idĂ©al de l’Auditorium, l’une des rĂ©alisations de l’architecture musicale parmi les plus rĂ©ussies en France. Le timbre raffinĂ© et profond de la diva nordique devrait embraser la violence tragique et trĂšs recueillie du texte des Kindertotenlieder de Mahler, l’un des cycles pour orchestre et voix de Mahler les plus bouleversants : saisissants mĂȘme par la mort qui y est exprimĂ©e, et le deuil comme la perte des enfants perdus qui y sont Ă©voquĂ©s.
hallenberg-ann-mezzo TAP philippe herrewegheEn prime, chef et orchestre explorent des terres exceptionnellement rares dans leur rĂ©pertoire : Wagner dont ils jouent le PrĂ©lude du 3Ăšme acte des MaĂźtres Chanteurs : un hymne instrumental cĂ©lĂ©brant le sujet central de l’opĂ©ra, l’absolue vertu de l’art, dĂ©fendu  donc Ă  Poitiers avec la fine coloration et l’articulation millimĂ©trĂ©e des instruments d’Ă©poque. C’est une proposition orchestrale que tout amateur de Wagner n’osait plus espĂ©rer dans une salle de concert. Chant embrasĂ© et subtil d’une diseuse inspirĂ©e (Ann Hallenberg), geste sĂ»r et transparent d’un orfĂšvre des sonoritĂ©s instrumentales…. le programme proposĂ© Ă  Poitiers ce 25 septembre, est irrĂ©sistible.

Concert Wagner, Mahler, Brahms
Ann Hallenberg, mezzo
Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es
Philippe Herreweghe, direction
TAP, Auditorium, Poitiers. Le 25 septembre 2014, 20h30

Durée : 1h40 avec entracte
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ann hallenberg marietta marcoliniAnn Hallenberg, mezzo chante Rossini, Mosca, Mayr, Paer… Outre une technique coloratoure exemplaire (prĂ©cision et nuances), Ann Hallenberg éblouit par son Ă©loquence sensuelle, la justesse des intonations, le style idĂ©alement mĂ©dian entre abattage et sincĂ©ritĂ©; la mezzo apporte de la finesse dans un
 monde de pirouettes qui sans ce supplĂ©ment d’ñme pourrait facilement basculer dans la pure dĂ©monstration virtuose. Son sens du texte, sa franchise sans aucune affectation l’imposent rossinienne jusqu’au bout des ongles. Les deux airs de l’Italienne Ă  Alger (Venise, 1813) sont lumineux. Et mĂȘme dans les scĂšnes contemporaines signĂ©s Cocia ou Weigl, les instrumentistes du Stavanger Symphony Orchestra trouvent de justes accents sous la baguette attendrie et fluide de Fabio Biondi. Lire notre critique complĂšte du cd Ann Hallenberg : hommage Ă  Marietta Marcolini (1 cd NaĂŻve)

Mozart, Schubert, piano Ă  quatre mains par Pennetier et Ivaldi au TAP de Poitiers

pennetier-jean-claude-piano-concertPoitiers, TAP, le 4 juin 2014, 20h30. Piano Ă  quatre mains. Pennetier, Ivaldi. Mozart,Schubert… Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi : Schubert, Mozart : deux visages du gĂ©nie musical viennois, prĂ©romantique et romantique. Le piano Ă  4 mains est une discipline collective difficile qui requiert Ă©coute, complicitĂ©, entente secrĂšte entre les deux pianistes au clavier. C’est une expĂ©rience aussi dĂ©licate et tĂ©nue que la pratique du quatuor Ă  cordes. Christian Ivaldi, chambriste rĂ©putĂ©, joue en duo avec son partenaire familier Jean-Claude Pennetier, deux musiciens qui ont d’ailleurs toujours affirmĂ© leur affinitĂ© avec Mozart et … Schubert. Les Ɠuvres de Mozart dĂ©volues aux quatre mains sont de la mĂȘme veine que les concertos pour piano, prĂ©sentant en vertiges prĂ©romantiques, cette alternance troublante entre insouciance Ă©lĂ©gante et Ă©clairs tragiques d’une gravitĂ© juste et saisissante qui semblent engager jusqu’aux ressources personnelles et intimes de l’auteur. Les Sonates pour quatre mains K497 et K521, remontent aux annĂ©es viennoises : 1786 et 1787 (l’annĂ©e de la sĂ©rĂ©nade Une petite musique de nuit) ; elles prĂ©cĂšdent aussi de quelques mois l’achĂšvement en octobre 1787, de l’opĂ©ra Don Giovanni, crĂ©Ă© triomphalement Ă  Prague.

Schubert n’avait que 21 ans quand il compose sa sonate D.617, radieuse et extravertie mais il avait dĂ©jĂ  abordĂ© tous les genres musicaux avec une grande maĂźtrise. On ne peut imaginer contraste plus vertigineux et elle aussi plongeant dans les eaux les plus personnelles du crĂ©ateur, avec la cĂ©lĂšbre Fantaisie en fa mineur, mĂ©lancolique et d’un balancement instrospectif et mĂ©ditatif, composĂ©e Ă  la fin de la vie de Franz Schubert, dix ans plus tard


    Pennetier - Ivaldi : Quatre mains enchanteur Ă  Poitiers, le 4 juin 2014     La complicitĂ© du duo de pianos portĂ© par Jean-Claude Pennetier et Christian Ivaldi devrait rĂ©vĂ©ler la face miroitante et l’activitĂ© intĂ©rieure des piĂšces de Mozart et Schubert, rĂ©unies dans ce programme enchanteur. Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi Schubert, Mozart : piano Ă  quatre mains Poitiers, TAP, auditorium Mercredi 4 juin 2014, 20h30 durĂ©e : 1h40mn avec entracte W. A. Mozart : Sonate en ut majeur K.521, Sonate en fa majeur K.497 Franz Schubert : Sonate en si bĂ©mol majeur D.617, Fantaisie en fa mineur D.940 Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi, piano Ă  4 mains Informations, rĂ©servations : TAP ThĂ©Ăątre Auditorium Poitiers 1 bd de Verdun 86000 Poitiers +33 (0)5 49 39 29 29 Illustration : Jean-Claude Pennetier (DR)

Mozart, Schubert, piano Ă  quatre mains par Pennetier et Ivaldi au TAP de Poitiers

pennetier-jean-claude-piano-concertPoitiers, TAP : Piano Ă  quatre mains. Pennetier, Ivaldi. Mozart, Schubert, le 4 juin 2014, 20h30. Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi : Schubert, Mozart : deux visages du gĂ©nie musical viennois, prĂ©romantique et romantique. Le piano Ă  4 mains est une discipline collective difficile qui requiert Ă©coute, complicitĂ©, entente secrĂšte entre les deux pianistes au clavier. C’est une expĂ©rience aussi dĂ©licate et tĂ©nue que la pratique du quatuor Ă  cordes. Christian Ivaldi, chambriste rĂ©putĂ©, joue en duo avec son partenaire familier Jean-Claude Pennetier, deux musiciens qui ont d’ailleurs toujours affirmĂ© leur affinitĂ© avec Mozart et … Schubert. Les Ɠuvres de Mozart dĂ©volues aux quatre mains sont de la mĂȘme veine que les concertos pour piano, prĂ©sentant en vertiges prĂ©romantiques, cette alternance troublante entre insouciance Ă©lĂ©gante et Ă©clairs tragiques d’une gravitĂ© juste et saisissante qui semblent engager jusqu’aux ressources personnelles et intimes de l’auteur. Les Sonates pour quatre mains K497 et K521, remontent aux annĂ©es viennoises : 1786 et 1787 (l’annĂ©e de la sĂ©rĂ©nade Une petite musique de nuit) ; elles prĂ©cĂšdent aussi de quelques mois l’achĂšvement en octobre 1787, de l’opĂ©ra Don Giovanni, crĂ©Ă© triomphalement Ă  Prague.

Schubert n’avait que 21 ans quand il compose sa sonate D.617, radieuse et extravertie mais il avait dĂ©jĂ  abordĂ© tous les genres musicaux avec une grande maĂźtrise. On ne peut imaginer contraste plus vertigineux et elle aussi plongeant dans les eaux les plus personnelles du crĂ©ateur, avec la cĂ©lĂšbre Fantaisie en fa mineur, mĂ©lancolique et d’un balancement instrospectif et mĂ©ditatif, composĂ©e Ă  la fin de la vie de Franz Schubert, dix ans plus tard


 

 

Pennetier - Ivaldi : Quatre mains enchanteur Ă  Poitiers, le 4 juin 2014

 

 

La complicitĂ© du duo de pianos portĂ© par Jean-Claude Pennetier et Christian Ivaldi devrait rĂ©vĂ©ler la face miroitante et l’activitĂ© intĂ©rieure des piĂšces de Mozart et Schubert, rĂ©unies dans ce programme enchanteur.

Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi
Schubert, Mozart : piano Ă  quatre mains

Poitiers, TAP, auditorium
Mercredi 4 juin 2014, 20h30
durée : 1h40mn avec entracte

W. A. Mozart :
Sonate en ut majeur K.521,
Sonate en fa majeur K.497

Franz Schubert :
Sonate en si bémol majeur D.617,
Fantaisie en fa mineur D.940

Jean-Claude Pennetier, Christian Ivaldi, piano Ă  4 mains

Informations, réservations :
TAP Théùtre Auditorium Poitiers
1 bd de Verdun 86000 Poitiers
+33 (0)5 49 39 29 29

Illustration : Jean-Claude Pennetier (DR)

Les Créatures de Prométhée de Beethoven au TAP de Poitiers

9 concerts Ă©vĂ©nements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP. Les crĂ©atures de PromĂ©thĂ©e de Beethoven. Orchestre des Champs ElysĂ©es, le 6 mai 2014 (auditorium, 20h30). L’Orchestre des Champs ElysĂ©es sous la direction de son fondateur et chef historique Philippe Herreweghe s’engagent sur instruments anciens Ă  rĂ©vĂ©ler les couleurs trĂ©pidantes d’un ballet mĂ©connu de Beethoven,  une partition peu jouĂ©e  (Ă  torts)  : Les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e, ballet en une ouverture et trois actes composĂ© pour le chorĂ©graphe italien Salvatore Vigano.

herrewghe Philippe-Herreweghe-c-Michiel-HendryckxDans cette oeuvre oubliĂ©e crĂ©Ă©e Ă  Vienne le 28 mars 1801 (quand Haydn a livrĂ© son chef d’oeuvre testamentaire, La CrĂ©ation), Beethoven compose plusieurs thĂšmes qu’il recyclera dans sa fameuse Symphonie HĂ©roĂŻque. De fait, pour souligner la gĂ©nĂ©rositĂ© complice de PromĂ©thĂ©e envers les hommes enfin rĂ©habilitĂ©s grĂące au don du gĂ©nial protecteur, Beethoven dans la derniĂšre section (Danza festiva) dĂ©veloppe le thĂšme que le compositeur emploiera pour le finale de sa Symphonie HĂ©roĂŻque. La musique Ă©nergique, palpitante, pleine d’une triomphante espĂ©rance exprime cette gaietĂ© dansante d’une exaltation irrĂ©sistible. La trame du ballet de Beethoven dont il existe une version pour piano que l’auteur chĂ©rissait particuliĂšrement collectionne les tableaux contrastĂ©s : affection du titan PromĂ©thĂ©e pour ses deux figures de terre ; prĂ©sentation devant Apollon et les muses au Parnasse pour qu’elles prennent vie et s’Ă©lectrisent grĂące au feu de la danse. MelpomĂšne assassine le titan mais celui ci renaĂźt grĂące Ă  la frĂ©nĂ©sie chorĂ©graphique de Pan et de ses faunes… tout se conclut dans l’ivresse d’un temps de liesse collective. Concert Ă©vĂ©nement.

Philippe Herreweghe portraitLe sujet permet Ă  Beethoven de dĂ©velopper l’écriture orchestrale selon les contingences exigĂ©es par la trĂ©pidation dansante. Le feu naturel de son style s’accorde ici parfaitement Ă  la nĂ©cessitĂ© du drame chorĂ©graphique. Avec Haydn, Mozart et le jeune Schubert, Vienne Ă  l’aube du XIXĂšme siĂšcle bientĂŽt napolĂ©onien, s’affirme comme un foyer musical de premier plan : oĂč prennent leur essor les formes purement instrumentales, Concerto pour piano, symphonies et dans le genre chambriste, le quatuor Ă  cordes.
Sur instruments anciens, l’Orchestre des Champs ElysĂ©es poursuit un travail spĂ©cifique sur l’éloquence ciselĂ©e, alliant puissance et couleurs dans les vastes champs d’expĂ©rimentations du rĂ©pertoire classique et romantique. En abordant le premier Beethoven, sa lecture du ballet Les crĂ©atures de PromothĂ©e devrait saisir par ses dĂ©tails, l’énergie rythmique, le sens de la continuitĂ©, rĂ©vĂ©lant sous le masque du compositeur l’immense architecte aspirĂ© par l’avenir.

Poitiers, TAP. Les créatures de Promothée de Beethoven. Orchestre des Champs Elysées, le 6 mai 2014 (auditorium, 20h30)

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Poitiers, TAP : concert Ravel, Ibert, Offenbach. Orchestre Poitou-Charentes, le 20 mars 2014

TAP opc-20mars81Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert, Le 20 mars 2014 
 (auditorium, 19h30. Fayçal Karoui, direction). Orchestre Poitou-Charentes.  Pour l’anniversaire du dĂ©but de la grande guerre, l’Orchestre Poitou-Charentes  interprĂšte Le Tombeau de Couperin de Ravel, -introspection historicisante, une Ɠuvre Ă©crite Ă  partir de 1914. Les six piĂšces qui la composent sont un hommage Ă  des amis de Ravel morts au front, dans une forme qui rappelle la musique baroque Grand SiĂšcle, emprunte de nostalgie, d’élĂ©gance et de raffinement (dans les couleurs instrumentales), de poĂ©sie surtout, mĂ©ditative et pudique. Le programme croise ensuite le raffinement du Concerto pour flĂ»te d’Ibert (soliste : Magali Mosnier, flĂ»te) et la fiĂšvre lĂ©gĂšre et Ă©lĂ©gante de Manuel Rosenthal quand il adapte en un florilĂšge irrĂ©sistible, les rythmes trĂ©pidants d’Offenbach. MĂȘme lĂ©gĂšre, la musique française sait sĂ©duire par sa subtilitĂ© toutes en couleurs.

programme :

Ravel : Le Tombeau de Couperin
Ibert : Concerto pour flûte (soliste : Magali Mosnier, flûte)
Offenbach / Manuel Rosenthal : La Gaßté parisienne

Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert. Orchestre Poitou-Charentes. Le 20 mars 2014  (auditorium, 19h30), (Fayçal Karoui, direction).

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Poitiers, TAP : concert Ravel, Ibert, Offenbach. Orchestre Poitou-Charentes

9 concerts Ă©vĂ©nements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert, Le 20 mars 2014 … (auditorium, 19h30. Fayçal Karoui, direction).  Orchestre Poitou-Charentes.  Pour l’anniversaire du dĂ©but de la grande guerre, l’Orchestre Poitou-Charentes  interprĂšte Le Tombeau de Couperin de Ravel, -introspection historicisante, une Ɠuvre Ă©crite Ă  partir de 1914. Les six piĂšces qui la composent sont un hommage Ă  des amis de Ravel morts au front, dans une forme qui rappelle la musique baroque Grand SiĂšcle, emprunte de nostalgie, d’élĂ©gance et de raffinement (dans les couleurs instrumentales), de poĂ©sie surtout, mĂ©ditative et pudique. Le programme croise ensuite le raffinement du Concerto pour flĂ»te d’Ibert (soliste : Magali Mosnier, flĂ»te) et la fiĂšvre lĂ©gĂšre et Ă©lĂ©gante de Manuel Rosenthal quand il adapte en un florilĂšge irrĂ©sistible, les rythmes trĂ©pidants d’Offenbach. MĂȘme lĂ©gĂšre, la musique française sait sĂ©duire par sa subtilitĂ© toutes en couleurs.

programme :

Ravel : Le Tombeau de Couperin
Ibert : Concerto pour flûte (soliste : Magali Mosnier, flûte)
Offenbach / Manuel Rosenthal : La Gaßté parisienne

Poitiers, TAP. Concert Offenbach, Ravel, Ibert. Orchestre Poitou-Charentes. Le 20 mars 2014  (auditorium, 19h30), (Fayçal Karoui, direction).

Concert Debussy, Fauré, Chausson au TAP, Poitiers, le 20 février 2014

9 concerts Ă©vĂ©nements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP: concert Debussy, FaurĂ©, Chausson. Le 20 fĂ©vrier  2014 (auditorium, 19h30), l’Orchestre des Champs ElysĂ©es sous la direction de Louis LangrĂ©e joue un programme de musique française : Debussy, FaurĂ© et Chausson...  En marge des reprĂ©sentations de PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy qu’il donne Ă  l’OpĂ©ra Comique, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es prĂ©sente un programme  aux esthĂ©tiques trĂšs diffĂ©rentes. Le PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un Faune, premier feu d’un impressionnisme sonore magique, peut s’entendre comme un antidote hypnotique aux vĂ©nĂ©neuses rĂ©sonances wagnĂ©riennes de la symphonie de Chausson, immense chef-d’Ɠuvre d’un compositeur qui a trĂšs peu produit, mais Ă  quel niveau ! La piĂšce de Maeterlinck PellĂ©as et Melisande a Ă©tĂ© une source d’inspiration notamment pour Schönberg et Sibelius. Peu avant que Debussy n’en tire Ă  son tour son cĂ©lĂšbre drame lyrique (crĂ©Ă© en 1902), FaurĂ© lui consacra une trĂšs belle musique de scĂšne pour une reprĂ©sentation
 en anglais, Ă  Londres! L’orchestre plus habituĂ© Ă  travailler les classiques Viennois (Mozart et Haydn) ou Beethoven, sort de son habituel rĂ©pertoire germanique, guidĂ© par Louis LangrĂ©e,  fervent amateur de romantisme français.

 

 

 

programme :

Debussy : PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune

Fauré : Pelléas et Mélisande, suite opus 80

Chausson : Symphonie en si bémol majeur opus 20

 

PUB TAP PoitiersLa Symphonie de Chausson est bien comme celle de son mentor et maĂźtre, CĂ©sar Franck (crĂ©Ă©e peu de temps auparavant en 1889 Ă©galement Ă  Paris), un chef d’oeuvre du romantisme tardif français totalement et injustement oubliĂ©. CrĂ©Ă©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© du siĂšcle, en 1891, la partition, Ă©tape majeure dans l’histoire du genre en France, fut saluĂ©e dĂšs ses dĂ©buts au concert tel un aboutissement symphonique, suscitant  l’attention immĂ©diate d’Arthur Nikisch qui avec le Philharmonique de Berlin, la crĂ©Ă©e en Allemagne dans la foulĂ©e. SuprĂȘme reconnaissance dans le pays de la symphonie par excellence. TeintĂ©e selon le tempĂ©rament de Franck, d’un wagnĂ©risme trĂšs subtilement assimilĂ©, la partition en trois mouvements (d’une durĂ©e d’environ 30 minutes), dĂ©veloppe une orchestration diffĂ©rente de celle de son maĂźtre, transparente et diaphane, aux Ă©quilibres tĂ©nus qui annoncent dĂ©jĂ  l’oscillation et le scintillement debussystes. L’essence du drame de Chausson demeure un souffle tragique et dĂ©sespĂ©rĂ© personnel et original qui s’exprime et s’exhale dans le sublime second mouvement : immersion dans des tĂ©nĂšbres orchestrales jamais esquissĂ©es auparavant qui prolongent le poison mortifĂšre et hypnotique de Wagner tout en le sublimant par une sensibilitĂ© aux couleurs dĂ©finitivement française 
 attention chef d’oeuvre.

 

Poitiers, TAP: concert Debussy, Fauré, Chausson. Le 20 février 2014 (auditorium, 19h30). Programme de musique française : Debussy, Fauré et Chausson... Orchestre des Champs Elysées. Louis Langrée, direction.

 

 

 

Concert Debussy, Fauré, Chausson au TAP, Poitiers, le 20 février 2014

9 concerts Ă©vĂ©nements au TAP de Poitiers !Poitiers, TAP: concert Debussy, FaurĂ©, Chausson. Le 20 fĂ©vrier  2014 (auditorium, 19h30), l’Orchestre des Champs ElysĂ©es sous la direction de Louis LangrĂ©e joue un programme de musique française : Debussy, FaurĂ© et Chausson...  En marge des reprĂ©sentations de PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy qu’il donne Ă  l’OpĂ©ra Comique, l’Orchestre des Champs-ÉlysĂ©es prĂ©sente un programme  aux esthĂ©tiques trĂšs diffĂ©rentes. Le PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un Faune, premier feu d’un impressionnisme sonore magique, peut s’entendre comme un antidote hypnotique aux vĂ©nĂ©neuses rĂ©sonances wagnĂ©riennes de la symphonie de Chausson, immense chef-d’Ɠuvre d’un compositeur qui a trĂšs peu produit, mais Ă  quel niveau ! La piĂšce de Maeterlinck PellĂ©as et Melisande a Ă©tĂ© une source d’inspiration notamment pour Schönberg et Sibelius. Peu avant que Debussy n’en tire Ă  son tour son cĂ©lĂšbre drame lyrique (crĂ©Ă© en 1902), FaurĂ© lui consacra une trĂšs belle musique de scĂšne pour une reprĂ©sentation
 en anglais, Ă  Londres! L’orchestre plus habituĂ© Ă  travailler les classiques Viennois (Mozart et Haydn) ou Beethoven, sort de son habituel rĂ©pertoire germanique, guidĂ© par Louis LangrĂ©e,  fervent amateur de romantisme français.

 

 

 

programme :

Debussy : PrĂ©lude Ă  l’aprĂšs-midi d’un faune

Fauré : Pelléas et Mélisande, suite opus 80

Chausson : Symphonie en si bémol majeur opus 20

 

PUB TAP PoitiersLa Symphonie de Chausson est bien comme celle de son mentor et maĂźtre, CĂ©sar Franck (crĂ©Ă©e peu de temps auparavant en 1889 Ă©galement Ă  Paris), un chef d’oeuvre du romantisme tardif français totalement et injustement oubliĂ©. CrĂ©Ă©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© du siĂšcle, en 1891, la partition, Ă©tape majeure dans l’histoire du genre en France, fut saluĂ©e dĂšs ses dĂ©buts au concert tel un aboutissement symphonique, suscitant  l’attention immĂ©diate d’Arthur Nikisch qui avec le Philharmonique de Berlin, la crĂ©Ă©e en Allemagne dans la foulĂ©e. SuprĂȘme reconnaissance dans le pays de la symphonie par excellence. TeintĂ©e selon le tempĂ©rament de Franck, d’un wagnĂ©risme trĂšs subtilement assimilĂ©, la partition en trois mouvements (d’une durĂ©e d’environ 30 minutes), dĂ©veloppe une orchestration diffĂ©rente de celle de son maĂźtre, transparente et diaphane, aux Ă©quilibres tĂ©nus qui annoncent dĂ©jĂ  l’oscillation et le scintillement debussystes. L’essence du drame de Chausson demeure un souffle tragique et dĂ©sespĂ©rĂ© personnel et original qui s’exprime et s’exhale dans le sublime second mouvement : immersion dans des tĂ©nĂšbres orchestrales jamais esquissĂ©es auparavant qui prolongent le poison mortifĂšre et hypnotique de Wagner tout en le sublimant par une sensibilitĂ© aux couleurs dĂ©finitivement française 
 attention chef d’oeuvre.

 

Poitiers, TAP: concert Debussy, Fauré, Chausson. Le 20 février 2014 (auditorium, 19h30). Programme de musique française : Debussy, Fauré et Chausson... Orchestre des Champs Elysées. Louis Langrée, direction.