FESTIVAL PABLO CASALS PRADES : du 30 juillet au 13 août 2021

PRADES-FESTIVAL-CASALS-pierre-Bleuse-festival-2021-annonce-critique-classiquenewsPRADES, Festival Pablo Casals : 30 juil – 13 août 2021. L’été 2021 marque un nouveau chapitre dans l’histoire du Festival Catalan, fondé par Pablo Casals. Le chef Pierre Bleuse reprend la direction artistique, dès cet été 2021, insufflant au premier Festival des Pyrénées Orientales, une nouvelle énergie et des projets particulièrement prometteurs. En inscrivant Prades parmi les grands Festivals européens de l’été comme le Gstaad Menuhin Festival, Pierre Bleuse regroupe autour de lui, les tempéraments musicaux les plus originaux, soulignant le caractère unique du site de l’Abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Transmission, pédagogie, ouverture (Demos) ancrées sur le territoire ; émulation grâce à la rencontre entre le nouvel Orchestre de musique de chambre du Festival et deux ensembles professionnels partenaires : le Quintette Klarthe et le Quatuor Dutilleux ; éclectisme et nouveaux genres musicaux (nouveau « club » de musique)… sont quelques uns des piliers du nouveau Prades, porté par son bouillonnant directeur artistique. Invités à Prades en 2021 : Sol Gabetta, Vladimir Spivakov, Josef Pons, Anastasia Kobekina, Gauthier et Renaud Capuçon, Elisabeth Leonskaja, le trio éphémère événement composé pour le festival 2021, d’Isabelle Faust / Sol Gabetta / Bertrand Chamayou ; l’ensemble Smoking Josephine… et aussi une création du compositeur colombien Daniel Arango Prada. Du 30 juillet au 13 août 2021 

 
 

 

INFOS & RÉSERVATIONS :
https://prades-festival-casals.com/5178-2/

 

 

TEASER VIDEO FESTIVAL DE PRADES 2021

 

 

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vezere-festival-de-la-vezere-festivals-2019-musqiue-classique-selection-classiquenewsETE 2021 – Les Festivals à suivre particulièrement. Les mesures sanitaires ayant réduit drastiquement l’activité des spectacles depuis fin octobre dernier (29 oct 2020), la menace d’un nouveau confinement et pour le moment le couvre feu généralisé laisse espérer que le moment venu, les festivaliers pourront enfin profiter du plein air et des concerts, dans le temps retrouvé du partage et de la musique. Avec un enthousiasme certainement décuplé. Pour mieux préparer ce moment attendu, inéluctable, voici notre sélection des festivals et événements de l’été à venir à suivre particulièrement. C’est là que le mélomane avisé saura retrouver (avec application stricte des gestes barrières – comme ce fut le cas à l’été 2020) les délices du monde d’hier. Du moins souhaitons le. Consultez ici nos coups de coeur et les programmations à suivre absolument (page réactualisée en permanence selon les communiqués et informations que nous recevons). Notre première sélection, distingue 4 Festivals estivals : Musique & Mémoire dans les Vosges du Sud et le Gstaad Menuhin Festival en Suisse, Prades renouvelé grâce à Pierre Bleuse et 1001 NOTES dans le Limousin… CONSULTEZ ICI notre sélection des Festivals 2021

 

 

 

 

 

COMPTE RENDU, e-concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction.

BLEUSE-PIERRE-maestro-chef-concert-critique-classiquenews-attentats-concert-15-nov-critique-concert-classiquenewsCOMPTE RENDU, e-concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction. Au commencement, la lumière et la joie rayonnante de la Symphonie « Paris » de Mozart, pleine de certitude triomphante, qui assoit dans l’affirmation des instruments, sa carrure et son assise ; l’articulation heureuse habite et porte chaque pupitre ; le chef Pierre Bleuse développe le sourire et l’éloquence claire et détachée jusque dans sa baguette toute élégance et précision, inspirant aux violons entre autres, des phrases facétieuses qui soutiennent tout l’édifice à l’équilibre viennois, avec en prime l’irrévérence et l’humour aussi… très parisiens. Le chef soigne la suggestion de certains phrasés, d’une délicatesse pudique.
Cinq ans après les attentats terroristes de nov 2015, l’on ne pouvait rêver baume plus bouleversant ni réjouissant. Ce Mozart pacifie, adoucit, réconforte. La 31è de Mozart devient caresse heureuse, appel à l’insouciance primordiale : un idéal pour toutes les victimes qui peinent à se reconstruire encore.

Contrepoint assurant un vrai contraste, en création et en changement de caractère, la pièce de circonstance « il fait novembre en mon âme » du compositeur Bechara El-Khoury (à 21’05). Pierre Bleuse assure ainsi la création d’une œuvre commandée par les parents de Stéphane, victime du massacre du Bataclan. D’une douleur mortelle et individuelle, la partition tend vers l’allégorie universelle. Exprimant la couleur du deuil en phrases syncopées d’abord ; scintillement inquiet, tendu auquel répond la libre mélodie du cor, vite écourtée ; l’écriture est dramatique, et même cinématographique par ses nombreux changements de tableaux, oscillant toujours entre activité et mystère. Le second mouvement (à 30’16) plonge dans la nuit, le murmure, le retrait serein, un temps suspendu (hautbois solo) qui questionne l’impensable et le gouffre du deuil. La 3è partie associe le cor somptueusement suggestif, comme un déroulé d’une onctuosité rassurante, à la voix humaine : le chant clair et chaud d’Isabelle Druet étire sa plainte sans paroles, comme si elle recueillait et aspirait toutes les peines. Toutes les douleurs affleurantes. Les bois envisagent une aurore inespérée dans un tableau qui s’affirme manifestement sombre. Bel effet contrasté, tout en souplesse et recueillement, sans réelle gravité, qui conclut dans le silence, le mystère et aussi la pleine lumière. Soit un retour au bonheur mozartien qui a précédé. Superbe boucle pour un programme très cohérent.

 

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COMPTE RENDU, concert. PARIS, le 15 nov 2020. Concert hommage aux victimes des attentats du 15 nov 2015. Orch de ch de Paris. Pierre Bleuse, direction. Enregistré le 10 nov, diffusé à partir du 15 nov 2020.
A vivre et revoir sur ARTEconcert, jusqu’au 12 mai 2021 :
https://www.arte.tv/fr/videos/100721-000-A/concert-hommage-aux-victimes-des-attentats-de-novembre-2015/

Compte rendu, concert. Toulouse. Halle aux Grains, le 31 octobre 2014. Claude Debussy (1862-1918) : Nocturnes, triptyque symphonique avec chœur de femmes ; Maurice Ravel (1875-1937) : Shéhérazade, trois poèmes pour chant et orchestre ; Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Les songes d’une nuit d’été musique de scène, op61 (extraits) ; Marianne Crebassa, mezzo-soprano ; Chœurs du Capitole, chef de chœur : Alfonso Caiani ; Orchestre National du Capitole de Toulouse. Pierre Bleuse, direction.

bleuse, pierrePierre Bleuse a sauvé un programme ambitieux en acceptant de relever le défi de diriger, en urgence, un copieux concert programmé de longue date et que le chef Josep Pons, retenu au-delà de Pyrénées, n’a pu honorer de sa présence. Au-delà du sauvetage qui lui vaudrait toute notre sympathie et notre admiration il est indéniable que Pierre Bleuse, violoniste de grand talent, venu assez récemment à la direction d‘orchestre, a convaincu par sa grande musicalité. Encore prudent dans sa gestuelle et très concentré, il a montré une belle qualité de clarté des plans sonores, un intéressant dosage des nuances, surtout une capacité à laisser chanter l‘orchestre dans une sorte de liberté permettant à la musique quelque soit son style de se développer.

Les trois Nocturnes de Debussy ont ainsi évoqué pour Nuages, une texture ouatée et ferme dans une légèreté très poétique avec des choeurs bouches fermées d’une subtile évocation. Fête a caracolé avec puissance et joie dans une très belle fermeté rythmique. Dans Sirènes, le dosage entre le chœur a moins fonctionné car les nombreuses sirènes avaient des accents quelque peu wagnériens. Mais quel hédonisme sonore !

La toute jeune mezzo-soprano Marianne Crebassa dès son entrée sur scène a irradié de sa douce présence. Avant tout un timbre rare par sa couleur mordorée nous a envouté puis une diction claire et enfin une musicalité délicate avec de très beaux phrasés. Cette toute jeune cantatrice est promise à un bel avenir d’autant que sa personnalité artistique semble attachante dans son écoute et son partage avec l’orchestre et le chef. L’Orient évoqué dans ces trois mélodies sur des poèmes de Tristan Klingsor, a été ce soir avant tout poésie de l’imagination débarrassée d’une couleur locale trop appuyée. Les musiciens de l’orchestre ont rivalisé de subtilités et la direction souple de Pierre Bleuse a crée un climat de liberté propice à une magnifique musicalité partagée. Le public de s’y est pas trompé quia a chaleureusement applaudi. Le pari de Pierre Bleuse était gagné : il a su  transférer sa sensibilité musicale de violoniste à la direction d’orchestre.

En deuxième partie de programme le chœur est revenu pour de très larges extraits de la musique de scène du Songe d’une nuit d‘été de Mendelssohn. Deux cantatrices sont venus se joindre à l’orchestre afin de compléter les forces nécessaires à une belle réalisation de ces pages magiques. Julie Wischniewski et Anne Magouët, sopranos, avec beaucoup de goût et de musicalité ont abordé leurs airs et duos féériques. Le climat de poésie nocturne a semblé particulièrement inspirer Pierre Bleuse qui a su trouver des phrasés variés, des nuances subtiles. Il a également lâché toutes les forces orchestrales dans une marche nuptiale enthousiasmante. Mais c’est bien le climat si particulier de ces pages de Mendelssohn si évocatrices de la nature dans sa beauté et son mystère qui a dominé cette interprétation. Pierre Bleuse a également su mettre des touches d‘humour bienvenues.  Le chœur a apporté de belles couleurs et une présence pondérée cette fois.

Un très agréable concert sur le thème du voyage et du rêve qui a permis de découvrir deux talents à suivre. Nous espérons les retrouver bientôt.