James GRAY met en scĂšne les Nozze de Mozart

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS, TCE. MOZART: Nozze par James GRAY, 1er nov – 8 dĂ©c 2019. Le cinĂ©aste amĂ©ricain James Gray, bien connu pour soigner en particulier le profil psychologique de ses personnages, comme le tableau final qui les abandonne Ă  leur destin, rĂ©ussira-t-il Ă  renouveler notre perception des Nozze de Figaro de Mozart et Da Ponte, eux-mĂȘme inspirĂ©s par Beaumarchais ? Dans le trop court film d’annonce, Ă©ditĂ© sur le site du TCE, James Gray explique pourquoi il a dit oui Ă  cette aventure qui l’éloigne du cinĂ©ma, son territoire naturel. Lunettes d’intellos, faux air de mal rasĂ© sorti de son lit, – en rĂ©alitĂ© trĂšs new-yorkais, mais passionnĂ© par l’opĂ©ra, le rĂ©alisateur veut rendre hommage Ă  une partition et une piĂšce lyrique qu’il trouve « presque parfaite » 

GRAY, de l’espace Ă  l’opĂ©ra
NĂ© en 1969 (il a eu donc 50 ans en avril 2019), l’amĂ©ricain (d’origine ukrainienne) nĂ© Ă  New York, James Gray met en scĂšne Les Noces de Figaro du do mythique Mozart et Da Ponte. Adolescent, il a dĂ©sertĂ© les bancs de l’école pour occuper la rangĂ©e de fauteuil au cinĂ©ma, connaissant toutes l’histoire du genre et se passionnant aussi pour la littĂ©rature russe (Dostoievski en particulier et aussi Tolstoi) : il adapte au cinĂ©ma le sens d’une narration souvent Ă©pique, mais a le souci de la psychologie intime : ce qui le place comme le plus europĂ©en des rĂ©alisateurs amĂ©ricains.

PremiĂšre au TCE, Paris

James Gray met en scĂšne MOZART

De la psychologie autant que de l’action. Le rĂ©alisateur s’est taillĂ© une trĂšs solide rĂ©putation au cinĂ©ma avec des films devenus cultes : Little Odessa conçu Ă  25 ans en 1994 et qui remporte le lion d’argent de Venise (chronique noire et familiale dans un quartier dont il a parfaitement connu l’ambiance et les dangers ; The Yards (2000, autre Ă©pisode noir qui dĂ©crit la maffia newyorkaise) ; la nuit nous appartient (2007), Two lovers (2008), surtout The Immigrant (2013 dont l’hĂ©roĂŻne incarnĂ©e par Marion Cotillard Ă©voque la lente descente aux enfers d’une jeune polonaise dĂ©barquant Ă  New York) ; puis c’est le chef d’Ɠuvre absolu, illustration d’un rĂȘve personnel et esthĂ©tique qui adapte The Lost City of Z (2016), dramaturgie progressive qui comme dans The Immigrant, converge peu Ă  peu vers l’éblouissement saisissant du dernier tableau, vĂ©ritablement composĂ© comme une peinture d’histoire. Aucun doute alors, James Grey est non seulement un grand narrateur, c’est aussi un esthĂšte. Puis en 2019, le cinĂ©aste renouvelle le genre SF depuis Alien, avec Ad Astra (vers l’étoile). Moins connu (et compris) aux USA qu’en Europe, James Gray a la passion de l’opĂ©ra. RĂ©ussira-t-il son premier coup Ă  Paris en dĂ©cembre prochain ? A t il la fibre mozartienne ?

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PARIS, TCEboutonreservation
29 nov , 1er, 3, 5, 7, 8 décembre 2019
6 représentations
Infos et réservations
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-mis-en-scene/les-noces-de-figaro

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DISTRIBUTION
Glysleïn Lefever: chorégraphie
Christian Lacroix: costumes
Bertrand Couderc: lumiĂšre
Anna Aglatova: Suzanne
Robert Gleadow: Figaro
Stéphane Degout: Le Comte Almaviva
Vannina Santoni: La Comtesse Almaviva
Eléonore Pancrazi: Chérubin
Carlo Lepore: Bartolo
Jennifer Larmore: Marceline
Florie Valiquette: Barberine
Mathias Vidal: Basilio
Matthieu LĂ©croart: Antonio
Rodolphe Briand: Curzio

Le Cercle de l’Harmonie
Unikanti :  Gaël Darchen, direction

Jérémie Rhorer: direction
James Gray: mise en scĂšne
Santo Loquasto: scénographie

Opéra chanté en italien, surtitré en français et en anglais
DurĂ©e de l’ouvrage 2h40 environ

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mozart wolfgangMozart suit les pas de Beaumarchais : il n’oublie rien des enjeux de chaque protagoniste, 5 entitĂ©s parfaitement caractĂ©risĂ©es ; ni le contexte français de la RĂ©volution qui couve : un climat de rĂ©bellion et de libertĂ© Ă  tout craint qui exalte les dĂ©sirs et les pulsions de chacun
 VoilĂ  pourquoi tout tend ici Ă  l’implosion, en particulier des codes d’une sociĂ©tĂ© (celle monarchiste) passablement inĂ©galitaire et injuste. Tous sans exception souffre : les valets, Suzanne et Figaro, soumis Ă  des rĂšgles Ă©culĂ©es qui les renvoient toujours Ă  leur « bassesse » sociale ; le Comtesse jouisseur invĂ©tĂ©rĂ© qui comme Don Giovanni, « tourne en rond » ; la Comtesse son Ă©pouse, aussi frustrĂ©e, abandonnĂ©e que nĂ©gligĂ©e


Outre les dĂ©fis et les attentes que suscitent le choix d’un metteur en scĂšne de cinĂ©ma dans la rĂ©alisation de cette nouvelle production, le chef requis, mozartien diversement apprĂ©ciĂ© chez Mozart, JĂ©rĂ©mie Rhorer poursuit son approche du thĂ©Ăątre mozartien au TCE (aprĂšs Idomeneo, La ClĂ©mence de Titus, Cosi fan tutte et Don Giovanni, ces nouvelles Nozze sont donc le cinquiĂšme opus dirigĂ© avenue Montaigne, avec son ensemble Le Cercle de L’Harmonie sur instruments d’époque). Mais autant « d’expĂ©rience » saurait-elle Ă©galer l’excellente et rĂ©cente maĂźtrise mozartienne d’un autre chef Mathieu Herzog et son fabuleux collectif Appassionnata (rĂ©vĂ©lĂ©s dans une fabuleuse triologie symphonique, porutant trĂšs dĂ©licate; les 38, 39 et 40Ăšmes symphonies de Mozart, cimes orchestrales pour tout chef digne de ce nom ?
Parmi les chanteurs Ă  suivre particuliĂšrement, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni, dĂ©jĂ  remarquĂ©e Ă  l’OpĂ©ra de Tours (XX), dans un rĂ©cital Beethoven et Mozart avec le Palais royal (le temps des hĂ©ros)
 La chanteuse saura-t-elle exprimer toute le dĂ©sarroi et la solitude de Rosina, hier courtisĂ©e par Belfiore, aujourd’hui devenue Ă©pouse dĂ©laissĂ©e ? De mĂȘme, le Cherubin de la pĂ©tillante ElĂ©onore Pancrazi dans le rĂŽle de Cherubin


Vendredi 22 novembre 2019, 18h30
Rencontre avec Erik Orsenna, auteur de Beaumarchais, un aventurier de la liberté, Jérémie Rhorer, directeur musical, James Gray, cinéaste et metteur en scÚne, Frédéric Bonnaud, directeur général de la CinémathÚque française.

EntrĂ©e libre – Inscription obligatoire ICI
https://billetterie.theatrechampselysees.fr/selection/event/date?productId=101500458435

France Musique diffuse cet opéra le 28 décembre à 20h

VENTES, marchĂ© de l’art. CHRISTIE’S met en vente un portrait de MOZART adolescent (1770) le 27 novembre 2019

mozart-adolescent-portrait-classiquenews-Ecole-de-Verone---Portrait-de-Mozart-Ă -l'Ăąge-de-13-ans---€800,000-1,200,000-VENTES, marchĂ© de l’art. CHRISTIE’S met en vente un portrait de MOZART le 27 novembre 2019. La maison Christie’s Ă  Paris propose Ă  la vente ce 27 nov 2019, un exceptionnel portrait de Wolfgang Amadeus Mozart provenant de la collection du pianiste Alfred Cortot dont la collection a Ă©tĂ© dispersĂ©e prĂ©alablement chez Christie’s aussi le 7 octobre dernier (chiffre d’affaires global : 1.340.OOO euros).

Concernant la vente annoncĂ©e ce 7 novembre 23019, il s’agit d’un rare portrait du jeune prodige, Wolfgang Amadeus Mozart Ă  l’ñge de treize ans, attribuĂ© au maĂźtre vĂ©ronais Giambettino Cignaroli. C’est l’une des quatre seules reprĂ©sentations du compositeur peintes de son vivant encore dans une collection privĂ©e. Il est documentĂ© avec prĂ©cision, mentionnĂ© dans une lettre du pĂšre de Wolfgang, LĂ©opold Mozart Ă  son Ă©pouse le datant du 6-7 janvier 1770. Le portrait fut redĂ©couvert en 1865 par LĂ©opold von Sonnleithner, grand ami et mĂ©cĂšne de Beethoven et Schubert. Sa popularitĂ© s’est accrue tout au long du XIXe siĂšcle, en partie grĂące Ă  la large diffusion de la gravure de Lazare Sichling, dans laquelle il a pris l’image du modĂšle et l’a placĂ©e dans un format ovale, retirant les objets qui l’accompagnaient. Estimation : 800.000 – 1.200.000 euros.

 

 

mozart-CIGNAROLI-portrait-amadeus-mozart-classiquenews-Ecole-de-Verone---Portrait-de-Mozart-à-l'ñge-de-13-ans---€800,000-1,200,000-

 

 

Le portrait attribuĂ© Ă  Giambettino Cignaroli connut un succĂšs immĂ©diat. La Gazetta di Mantova publie le 9 janvier 1770 un compte-rendu du concert d’orgue livrĂ© par Mozart le 5 et qui suscita l’admiration de tous. Elle n’oublie pas de mentionner le portrait du jeune prodige, peint seulement quelques jours auparavant, tout en rappelant que Lugiati en est bien le commanditaire. Ce dernier en parle Ă©galement dans une lettre qu’il Ă©crit Ă  la mĂšre du musicien, le 22 avril de cette mĂȘme annĂ©e, en rappelant combien il compte parmi les admirateurs de Wolfgang, Ă  tel point qu’il a fait rĂ©aliser ce portrait d’aprĂšs nature, une Ɠuvre qui reprĂ©sente, selon lui, une source de rĂ©confort et une invitation Ă  retourner Ă©ternellement vers sa musique. Sa redĂ©couverte en 1856 par Leopold von Sonnleithner, grand ami et mĂ©cĂšne de Beethoven et Schubert, n’en est que plus significative.

 

 

 

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Vente exceptionnelle chez CHRISTIE’S, PARIS, jeudi 7 novembre 2019
Visitez le site de Christie’s :  https://www.christies.com/ 

 

 

mozart-adolescent-portrait-classiquenews-Ecole-de-Verone---Portrait-de-Mozart-à-l'ñge-de-13-ans---€800,000-1,200,000-

 

 

COSI FAN TUTTE de MOZART Ă  l’OpĂ©ra de TOURS

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours et pilier du rĂ©pertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, crĂ©Ă© Ă  Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernitĂ© de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais Ă©crites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opĂ©ras conçus par les deux gĂ©nies des LumiĂšres, aprĂšs Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cƓur, la volatilitĂ© des serments partagĂ©s et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mĂȘmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse


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Plus cru voire cynique, l’opĂ©ra dĂ©peint la cruautĂ© de cƓurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando tĂ©nor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risquĂ© : parier sur la fidĂ©litĂ© de leurs fiancĂ©es respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautĂ©s napolitaines, Ă©cervelĂ©es et volages qui aux premiers inconnus rencontrĂ©s (certes de beaux Ă©trangers orientaux qui sont en rĂ©alitĂ© leurs fiancĂ©s dĂ©guisĂ©s et interchangĂ©s), dĂ©faillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgrĂ© les serments Ă©changĂ©s. En pilotes amusĂ©s et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naĂŻvetĂ© ici Ă©pinglĂ©e : la servante des deux fiancĂ©es, Despina ; Don Alfonso, vieux sĂ©ducteur philosophe qui n’en est pas Ă  son premier pari ni Ă  sa premiĂšre Ă©preuve sentimentale ; il apprend Ă  ses cadets, la douloureuse Ă©cole de l’amour
 d’ailleurs, l’opĂ©ra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants
 on ne saurait ĂȘtre plus clair.
Rival de Mozart Ă  Vienne, le compositeur bientĂŽt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : rĂ©intitulĂ© prĂ©cisĂ©ment « la Scuola degli Gelosi » crĂ©Ă© en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au mĂȘme) dont la verve et la virtuositĂ© dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le gĂ©nie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, douĂ© d’une libertĂ© d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
reprise 2014

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’OpĂ©ra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne: Gilles Bouillon
DĂ©cors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
LumiÚres: Marc DelaméziÚre

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
ConfĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutti – EntrĂ©e gratuite

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, gĂ©nie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte Ă  partir de l’original de Mazzola). ComĂ©die en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution fĂ©vrier 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

Opéra de TOURS : Cosi fan tutte de Mozart

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours et pilier du rĂ©pertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, crĂ©Ă© Ă  Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernitĂ© de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais Ă©crites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opĂ©ras conçus par les deux gĂ©nies des LumiĂšres, aprĂšs Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cƓur, la volatilitĂ© des serments partagĂ©s et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mĂȘmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

 

 

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse


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Plus cru voire cynique, l’opĂ©ra dĂ©peint la cruautĂ© de cƓurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando tĂ©nor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risquĂ© : parier sur la fidĂ©litĂ© de leurs fiancĂ©es respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautĂ©s napolitaines, Ă©cervelĂ©es et volages qui aux premiers inconnus rencontrĂ©s (certes de beaux Ă©trangers orientaux qui sont en rĂ©alitĂ© leurs fiancĂ©s dĂ©guisĂ©s et interchangĂ©s), dĂ©faillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgrĂ© les serments Ă©changĂ©s. En pilotes amusĂ©s et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naĂŻvetĂ© ici Ă©pinglĂ©e : la servante des deux fiancĂ©es, Despina ; Don Alfonso, vieux sĂ©ducteur philosophe qui n’en est pas Ă  son premier pari ni Ă  sa premiĂšre Ă©preuve sentimentale ; il apprend Ă  ses cadets, la douloureuse Ă©cole de l’amour
 d’ailleurs, l’opĂ©ra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants
 on ne saurait ĂȘtre plus clair.
Rival de Mozart Ă  Vienne, le compositeur bientĂŽt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : rĂ©intitulĂ© prĂ©cisĂ©ment « la Scuola degli Gelosi » crĂ©Ă© en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au mĂȘme) dont la verve et la virtuositĂ© dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le gĂ©nie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, douĂ© d’une libertĂ© d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’OpĂ©ra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne: Gilles Bouillon
DĂ©cors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
LumiÚres: Marc DelaméziÚre

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
ConfĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutti – EntrĂ©e gratuite

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
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Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, gĂ©nie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte Ă  partir de l’original de Mazzola). ComĂ©die en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution fĂ©vrier 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

METZ Cité Musicale : Concert inaugural de la saison 2019 2020. David Reiland joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’ĂȘtre Ă  la fois gĂ©nĂ©reux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi Ă  la fĂȘte, grĂące au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : vĂ©ritable manifeste de l’éloquence et de la souverainetĂ© orchestrale, traversĂ© dĂšs son premier mouvement par un feu romantique irrĂ©sistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. ApothĂ©ose conclusive, le dernier morceau fuguĂ©, lumineux et victorieux, semble synthĂ©tiser tout ce que vĂ©hicule l’esprit des LumiĂšres. Mais le directeur musical du National de METZ cĂ©lĂšbre aussi, aux cĂŽtĂ©s de Mozart, l’annĂ©e BERLIOZ 2019 : il nous rĂ©serve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y rĂ©invente le plan symphonique avec instrument obligĂ©. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurĂ©es dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intĂ©resse surtout Ă  redĂ©finir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en rĂ©alitĂ©, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spĂ©cifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant Ă  elle
 Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poĂ©tique, oĂč l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metz

 

 

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le dĂ©ferlement de flux passionnel Ă  l’évocation de son sĂ©jour italien, liĂ© Ă  l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement rĂ©volutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste Ă©loquent de la rĂ©forme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltĂ©es, les annĂ©es qui suivent ses fiançailles avec la belle aimĂ©e, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). MĂȘme si la comĂ©dienne adulĂ©e dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaĂźt de premiĂšres annĂ©es bĂ©nies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune pĂšre compose alors une partition dĂ©lirante, voire autobiographique (comme pouvait l’ĂȘtre l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligĂ©, l’alto. PressĂ© par Paganini, Berlioz Ă©crit une symphonie avec alto, quand il lui Ă©tait demandĂ© au prĂ©alable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le gĂ©nie expĂ©rimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du hĂ©ros de Byron, Childe Harold, ĂȘtre fantasque, rĂȘveur, mĂ©lancolique, toujours insatisfait
 le double de Berlioz ? DĂ©couvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, dĂ©clare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose ChrĂ©tien Uhran qui crĂ©e l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme rĂ©pond Ă  l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le hĂ©ros messianique, seul, fier, face au destin ou Ă  la force des Ă©lĂ©ments ou des paysages


1 – Harold aux montagnes, scĂšne de mĂ©lancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes Ă  l’époque de son sĂ©jour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pĂšlerins chantant la priĂšre du soir (allegretto) / souvenir des pĂšlerins italiens aperçus Ă  Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pĂ©nitents marcheurs, forcenĂ©s (rĂ©pĂ©tition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – SĂ©rĂ©nade d’un montagnard des Abruzzes Ă  sa maĂźtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mĂ©lodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun dĂ©veloppement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un dĂ©lire sensuel dĂ©braillĂ©, Ă  la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trĂ©pigne, entraĂźnant l’alto qui est saisi d’un haut le cƓur face Ă  la sauvagerie libĂ©rĂ©e (Berlioz prĂ©cise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La crĂ©ation suscite un vif succĂšs. Mais Berlioz Ă©ternel frustrĂ©, dĂ©sespĂšre de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des DĂ©bats, Ă  la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraiturĂ© par Ingres). S’il n’est Ă©coutĂ© par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mĂ©lomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz
 Chef belge (nĂ© Ă  Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes Ă  suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du rĂ©pertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dĂ©passement, de rĂ©lĂ©vations aussi pour le public. Dans son cas, l’idĂ©al et le perfectionnisme constants portent une activitĂ© jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes
 Metz a le bĂ©nĂ©fice de ce tempĂ©rament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dĂ©voiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’ñme, le souffle de la musique en un geste habitĂ©, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matiĂšre sonore qu’il rend franche ou soyeuse, Ăąpre ou onctueuse, toujours passionnĂ©ment expressive Ă  l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332FormĂ© Ă  Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant Ă  Metz, David Reiland a su affirmer une belle Ă©nergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idĂ©alement Ă  son agencement architecturale intĂ©rieure : dans cet Ă©crin Ă  l’élĂ©gance nĂ©oclassique, Le chef Ă  Metz entend dĂ©fendre le rĂ©pertoire du XVIIIĂš musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de sĂ©duire et fidĂ©liser tous les publics (surtout ceux toujours frileux Ă  l’idĂ©e de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expĂ©rience orchestrale).
David Reiland dirigeait dĂ©jĂ  l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015


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MAESTRO
 PORTRAIT de Marco Guidarini, chef d’orchestre

GUIDARINI-MARCO-Palmanova_Marco_Guidarini_175_LdA---copieMAESTRO
 PORTRAIT de Marco Guidarini, chef d’orchestre. Classiquenews assistait aux sĂ©ances de travail de l’Atelier lyrique d’étĂ© de l’AcadĂ©mie Bellini, dĂ©but aoĂ»t 2019 Ă  VendĂŽme (41). L’offre pĂ©dagogique destinĂ©e au jeune interprĂšte se focalise sur la maĂźtrise du chant romantique
 Pendant une semaine les jeunes chanteurs perfectionnent leur mĂ©tier : technique vocale, scĂšnes solistes et en duo ; intĂ©raction et Ă©coute, mais aussi travail scĂ©nique car le maestro a souhaitĂ© rĂ©aliser en extraits, plusieurs sĂ©quences des Nozze de Figaro de Mozart, entre autres. A propos du bel canto, ce style d’art vocal spĂ©cifique au romantisme italien du dĂ©but du XIXĂš, le maestro nĂ© Ă  GĂȘnes, qui fut un remarquable directeur musical au Philharmonique de Nice, Ă©voque les dĂ©fis qui l’occupent actuellement ; il reprĂ©cise aussi les enjeux de l’AcadĂ©mie de Belcanto qu’il a cofondĂ© avec Youra Nimoff-Simonetti (MusicArte) et qu’il pilote avec la diva Viorica Cortez, chaque Ă©tĂ© Ă  VendĂŽme (Campus Monceau). C’est aussi un fin lettrĂ©, Ă©pris de littĂ©rature qui Ă©voque le livre qu’il a rĂ©cemment fait publier : « Gulda in viaggio verso Praga » / Gulda en voyage pour Prague
 « nouvelles mozartiennes ». Le chef d’orchestre s’engage pour mieux faire connaĂźtre le beau chant lyrique et transmettre les clĂ©s d’une production rĂ©ussie : bĂ©nĂ©fices d’une expĂ©rience musicale unique Ă  prĂ©sent, qu’il aime lĂ©guer aux jeunes chanteurs et aux jeunes chefs, dĂ©sireux de se perfectionner encore et encore. L’AcadĂ©mie Bellini est une Ă©manation du fameux Concours Bellini (fondĂ© en 2010) et dont les laurĂ©ates sont depuis devenues de jeunes divas demandĂ©es, cĂ©lĂ©brĂ©es sur les scĂšnes internationales : Pretty Yende (qui chantera Traviata sur les planches de l’OpĂ©ra Garnier du 12 sept au 4 oct 2019), Anna Kassian, et rĂ©cemment en 2018, la sƓur cadette de Pretty Yende, Nombulelo dont le timbre et la technique Ă©gale celle de son ainĂ©e, en finesse comme en intonation


 

 

 

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PORTRAIT
 Marco Guidarini dirige actuellement l’orchestre rĂ©gional du Frioul en Italie, l’Orchestre Mittel Europa, rĂ©unissant presque 50 instrumentistes permanents dont le rĂ©pertoire central concerne les Viennois classiques (Mozart, Haydn) et romantiques (Beethoven, Schubert), mais englobe aussi Stravinsky ou Ravel (Ma mĂšre l’Oye). L’élĂšve de Claudio Abbado ou de Carlo Maria Giulini, qui fut Ă  Lyon l’assistant de JE Gardiner peut y transmettre ce respect absolu des Ɠuvres, dans la finesse et l’élĂ©gance, entre expressivitĂ© et intĂ©rioritĂ©. Parmi les Ɠuvres rĂ©cemment enregistrĂ©es, Marco Guidarini s’est intĂ©ressĂ© aux 2 concertos pour piano de Brahms (Lire ici notre critique du cd BRAHMS : Concertos n°1 et 2, V Maltempo. Mitteleuropa Orch / Marco Guidarini (2 cd Piano classics, Brilliants classics / CLIC de classiquenews, dĂ©c 2018 :
https://www.classiquenews.com/cd-critique-brahms-concertos-n1-et-2-v-maltempo-mitteleuropa-orch-marco-guidarini-2-cd-piano-classics-brilliants-classics/ )

Outre l’opĂ©ra romantique, le maestro interroge le rĂ©pertoire moderne et contemporain, explicitant la gĂ©nĂ©ration des compositeurs italiens des annĂ©es 1920 – 1930 : de Casella Ă  Malipiero ; mais aussi les compositeurs français du XXĂš, de Debussy, Ravel 
 au Groupe des 6 (Poulenc, Honegger, Milhaud
 orbitant autour des idĂ©es de Satie et de Cocteau).
Ses prochaines productions lyriques sont Ă  suivre en Italie, au Caire et en France. A Lucca, patrie de Puccini, au Teatro del Giglio (ThĂ©Ăątre du Lys), Marco Guidarini dirige Tosca (28 au 30 aoĂ»t 2019) ; en janvier, Ă  l’OpĂ©ra de Ravenne (Teatro Alighieri), Gianni Schichi et Suor Angelica (janvier 2020). Puis Ă  Paris, il reviendra poursuivre son cycle des opĂ©ras de Rossini, et donc transmettre sa passion et sa connaissance du bel canto italien, au CNSMD, dans La scala di Seta (Ludovic Lagarde, mise en scĂšne, avec les Ă©lĂšves chanteurs du Conservatoire de Paris, 16 – 20 mars 2020). Enfin en avril 2020, le maestro dirige Le Barbier de SĂ©ville Ă  l’OpĂ©ra du Caire (Cairo Opera house).
Fin connaisseur de l’opĂ©ra romantique italien, Marco Guidarini n’a aucune difficultĂ©s pour distinguer ce qui diffĂ©rencie les styles de Bellini et de Rossini : deux Ă©critures qui concernent le travail rĂ©alisĂ© Ă  VendĂŽme pendant l’Atelier lyrique d’étĂ© de l’AcadĂ©mie Bellini.
MaĂźtriser chaque langue lyrique, c’est pouvoir tout chanter ensuite, autant sur le plan de l’interprĂ©tation que de la technique ; rĂ©ussir phrasĂ©s, legato, entre subtilitĂ©, agilitĂ©, intensitĂ© et profondeur.
Dans le cas de Rossini, il s’agit d’un chant coloratoure, de pure agilitĂ©, un style oĂč il faut maĂźtriser la fioritura, toutes les variations sur une mĂ©lodie ; il est nĂ©cessaire d’avoir une excellente technique, alliant lĂ©gĂšretĂ©, flexibilitĂ©, mais aussi Ă©lĂ©gance (cf. «  Cessa di piu resistere », air d’Almaviva dans le Barbier de SĂ©ville de 1816, sommet de l’art rossinien que peu de tĂ©nors parvient Ă  interprĂ©ter intĂ©gralement). Rossini a Ă©crit des airs virtuoses, prolongements des airs des castrats du XVIIIĂš, qu’il a façonnĂ©s pour les divas de son Ă©poque, mezzo et altos fameuses (Colbran entre autres)
 Leur vocalitĂ© est proche de celle des castrats baroques.

Chez Bellini, la virtuositĂ© est Ă©crite et dĂ©ployĂ©e en fonction de l’expressivitĂ© du rĂŽle et de la situation dramatique (Norma). La beautĂ© de la vocalitĂ© dĂ©pend directement de l’action : le chant est reliĂ© au drame. Bellini excelle dans les airs de langueur et d’extase. Il n’a pas qu’écrit pour les cantatrices. Le rĂŽle du tĂ©nor dans il Pirata (Gultiero / Montalto, crĂ©Ă© en 1827 par le lĂ©gendaire Giovanni Rubini) Ă©gale ses plus grands rĂŽles pour soprano (bien sĂ»r aussi celui d’ImogĂšne dans l’ouvrage concernĂ©).

Génial, Rossini ne se cantonne pas à la pure virtuosité ; il a maßtrisé tous les genres, seria et comique. On lui doit aussi à Paris, le premier modÚle de grand opéra à la française, avec Guillaume Tell (1829).

guidarini-marco-maestro-sublimo-actualites-news-on-classiquenews-Guidarini_3_-_c_Josef_RabaraCHEF ECRIVAIN
 Homme de lettres, Marco Guidarini est l’un des rares musiciens qui enrichit son expĂ©rience musicale en la croisant avec les autres disciplines dont la littĂ©rature. Lecteur passionnĂ©, le maestro a rĂ©cemment fait paraĂźtre un ouvrage (en italien, non encore traduit en français) qui, en 11 petites nouvelles (« raconti mozartiani ») Ă©voquent sa relation Ă  Mozart et Ă  l’univers mozartien. L’ouvrage Ă©ditĂ© par Il melangolo, s’intitule « Gulda in viaggio verso Praga », un concentrĂ© de finesse suggestive au verbe riche et aux images plurielles, inspirĂ© par sa propre expĂ©rience des opĂ©ras et de la musique de Mozart comme chef et interprĂšte. Le maestro y glisse aussi des Ă©lĂ©ments autobiogaphiques et personnels (dont la figure de son frĂšre). Il y est question de ce qui compose la vie car Mozart c’est la vie elle-mĂȘme : le dĂ©sir, la sensualitĂ©, l’enfance ; Marco Guidarini auteur y aborde des thĂšmes essentiels comme celui de l’ingĂ©nuitĂ© et de la candeur. Les contes ou nouvelles imaginent diverses situations qui toutes, tendent Ă  exprimer la richesse mozartienne, voire son mystĂšre : il y est question d’une jeune fille dans le ventre de sa mĂšre qui Ă©coute Mozart ; des derniers jours de l’astronaute Amstrong qui sentant sa fin approcher Ă©coute la musique des sphĂšres (le Concerto pour clarinette) ; Marco Guidarini Ă©voque surtout les causes de la mort de Wolfgang, une autre vision du contexte qui a prĂ©cipitĂ© sa fin
 tout chez Mozart est passionnant ; « avant Balzac, Mozart comprend et exprime toutes les facettes humaines ; il a composĂ© un thĂ©Ăątre musical qui est une captivante comĂ©die humaine ».
Des projets ? en octobre 2019, paraĂźtra un nouvel ouvrage intitulĂ© « opera sofia », un essai non pas musicologique mais personnel sur l’histoire de la musique et de l’opĂ©ra ; des origines (Peri, Caccini) aux jalons dĂ©cisifs (Monteverdi, Mozart
), jusqu’aux modernes (Einstein on the beach). C’est un ouvrage gĂ©nĂ©ral qui englobe l’histoire du genre lyrique Ă  travers une sĂ©rie de rĂ©flexions et de commentaires, recueillis et approfondis au fur et Ă  mesure de son travail dans les thĂ©Ăątres et les maisons de musique. Le maestro ne cache pas son admiration pour une discipline qui a rĂ©ussi Ă  traverser les siĂšcles grĂące Ă  sa capacitĂ© Ă  sa renouveler. L’hybridation, l’intĂ©gration des derniĂšres innovations technologiques, la plasticitĂ© Ă©tonnante du genre opĂ©ra y seront abordĂ©s, tĂ©moignant de la sincĂšre admiration de Marco Guidarini pour une forme de spectacle musical qui se transforme Ă  mesure qu’il questionne, et dont il est un interprĂšte intĂšgre, souvent trĂšs pertinent.

 

 

 

 

Approfondir

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https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/les-ateliers-de-l-academie
https://www.mitteleuropaorchestra.it
https://www.teatrodelgiglio.it/it/home/
http://www.teatroalighieri.org
https://www.cairoopera.org/?lan=Fr

 

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Annonce du livre Gulda in viaggio verso Pragua (sept 2018)
https://www.classiquenews.com/paris-signature-le-chef-marco-guidarini-presente-gulda-in-viaggio-verso-praga-le-28-sept-2018-19h/

 

 

 

 

 

 

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BEL CANTO, Rossini et Bellini :

 

Air d’agilitĂ© et de virtuositĂ© rossinienne avec variations
Cessa di piu resistere par Juan Diego Florez :
https://www.youtube.com/watch?v=L4ejIdo8mxo

Anna Kassian, soprano, lauréate du grand prix Bellini 2013 chante ImogÚne dans Il Pirata de Bellini : http://www.classiquenews.com/video-anna-kassian-chante-imogene-du-pirate-de-bellini-grand-prix-du-concours-bellini-2013/

 

 

 

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bellini-belcanto-academie-guidarini-cortez-opera-stage-vendome-classiquenews-musicarteVIDEO, reportage  BELLINI belcanto AcadĂ©mie, Ă©tĂ© 2019. C’était du 1er au 9 aoĂ»t dernier (2019) Ă  VENDÔME (41), au Campus Monceau : les jeunes chanteurs stagiaires de la BELLINI belcanto AcadĂ©mie suivaient les sessions de travail et d’approfondissement prodiguĂ©s par les deux maĂźtres de stage : le chef Marco Guidarini, et la mezzo-soprano Viorica Cortez (avec au piano, Maguelone Parigot, chef de chant). Tous maĂźtrisent, expĂ©rience oblige, l’art si dĂ©licat et raffinĂ© du belcanto italien : phrasĂ©s, articulation, agilitĂ© et Ă©lĂ©gance, sans omettre le legato et la prĂ©cision
 autant de qualitĂ©s et prĂ©requis qui font de l’art du bel canto, l’une des disciplines lyriques les plus difficiles.
Pendant cette nouvelle Ă©dition de l’Atelier Lyrique d’étĂ©, l’AcadĂ©mie a innovĂ© en proposant aux jeunes chanteurs le travail scĂ©nique de leurs airs : chanter c’est savoir jouer avec son corps. VOIR LA VIDEO AcadĂ©mie BELLINI 2019 Ă  VendĂŽme ici

De la technique vocale Ă  l’interprĂ©tation avec jeu scĂ©nique
 l’AcadĂ©mie Bellini propose aujourd’hui la meilleure formation et la plus complĂšte pour le jeune interprĂšte lyrique, de surcroit appliquĂ© au bel canto (Rossini, Bellini, Donizetti). IntitulĂ© « de Mozart Ă  Puccini », l’Atelier estival 2019 permettait de perfectionner encore et encore sa comprĂ©hension des styles vocaux depuis Mozart jusqu’à Puccini. Parmi les stagiaires cet Ă©tĂ©, la prĂ©sence du dernier Grand Prix Bellini 2019, la sud-africaine Nombulelo Yende a Ă©tĂ© particuliĂšrement remarquĂ©e, comme celle de ses consƓurs, les sopranos françaises CĂ©cile Achile et DĂ©borah Salazar
 Best of video de la session 2019. © CLASSIQUENEWS.TV –  MUSICARTE – RĂ©alisation : Philippe Alexandre PHAM

 

 

Le mĂȘme reportage vidĂ©o sur YOUTUBE :

 

 

 

VOIR aussi notre reportage vidéo ACADEMIE BELLINI Atelier estival 2017 à VendÎme
 

TOURS, Opéra. Nouvelle production de COSI FAN TUTTE de MOZART

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, OpĂ©ra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours et pilier du rĂ©pertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, crĂ©Ă© Ă  Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernitĂ© de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais Ă©crites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opĂ©ras conçus par les deux gĂ©nies des LumiĂšres, aprĂšs Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cƓur, la volatilitĂ© des serments partagĂ©s et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mĂȘmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse


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Plus cru voire cynique, l’opĂ©ra dĂ©peint la cruautĂ© de cƓurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando tĂ©nor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risquĂ© : parier sur la fidĂ©litĂ© de leurs fiancĂ©es respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautĂ©s napolitaines, Ă©cervelĂ©es et volages qui aux premiers inconnus rencontrĂ©s (certes de beaux Ă©trangers orientaux qui sont en rĂ©alitĂ© leurs fiancĂ©s dĂ©guisĂ©s et interchangĂ©s), dĂ©faillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgrĂ© les serments Ă©changĂ©s. En pilotes amusĂ©s et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naĂŻvetĂ© ici Ă©pinglĂ©e : la servante des deux fiancĂ©es, Despina ; Don Alfonso, vieux sĂ©ducteur philosophe qui n’en est pas Ă  son premier pari ni Ă  sa premiĂšre Ă©preuve sentimentale ; il apprend Ă  ses cadets, la douloureuse Ă©cole de l’amour
 d’ailleurs, l’opĂ©ra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants
 on ne saurait ĂȘtre plus clair.
Rival de Mozart Ă  Vienne, le compositeur bientĂŽt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : rĂ©intitulĂ© prĂ©cisĂ©ment « la Scuola degli Gelosi » crĂ©Ă© en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au mĂȘme) dont la verve et la virtuositĂ© dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le gĂ©nie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, douĂ© d’une libertĂ© d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’OpĂ©ra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scĂšne: Gilles Bouillon
DĂ©cors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
LumiÚres: Marc DelaméziÚre

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : SĂ©bastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
ConfĂ©rence sur l’opĂ©ra Cosi fan tutti – EntrĂ©e gratuite

Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, gĂ©nie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte Ă  partir de l’original de Mazzola). ComĂ©die en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution fĂ©vrier 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

CD, coffret Ă©vĂ©nement. MOZART : les 3 derniĂšres Symphonies (39, 40, 41 “Jupiter”) / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox)

MOZART-testament-symphonique-symphonies-39-40-41-jordi-savall-alia-vox-cd-critique-3-cd-alia-vox-les-nations-classiquenews-cd-critique-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. MOZART : les 3 derniĂšres Symphonies (39, 40, 41 “Jupiter”) / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox). En 1788, Mozart ĂągĂ© de 32 ans est dĂ©jĂ  Ă  la fin de sa trop courte existence : il meurt 3 ans plus tard. Les 3 derniĂšres Symphonies n°39, 40 et 41 « Jupiter » sont Ă©laborĂ©es en 6 semaines, de juin Ă  aoĂ»t 1788, 3 sommets absolus, en plĂ©nitude orchestrale, justes, profonds, d’une sincĂ©ritĂ© et d’un Ă©lan intĂ©rieur, irrĂ©sistibles. Mi bĂ©mol, sol mineur, do majeur
 le parcours des tonalitĂ©s n’en finissent pas de fasciner car il y a bien unitĂ© et cohĂ©rence organique de l’une Ă  l’autre, ce que tend Ă  exprimer et argumenter Jordi Savall qui parle mĂȘme de « Testament symphonique ». La vision est d’autant plus lĂ©gitime que ce portique inouĂŻ, totalement visionnaire sur le plan de l’histoire musicale et du genre symphonique, n’obĂ©it pas Ă  une commande mais prolonge un besoin impĂ©rieux, viscĂ©ral de la part d’un crĂ©ateur mĂ©sestimĂ©, Ă©cartĂ© mĂȘme du milieu officiel et politique, qui de surcroĂźt est aux abois : la ruine financiĂšre et les dettes de Wolfgang l’obligent Ă  quĂ©mander auprĂšs de tous ses proches, dont ses « frĂšres » franc-maçons, une piĂšce ou un billet (florins ou ducats) pour survivre (cf lettre Ă  Michael Puchberg, comme lui membre de la loge Zur Wahrheit / A la vĂ©ritĂ©). Franc maçon depuis 1784 (comme Haydn), Mozart plonge Ă  Vienne de la pauvretĂ© Ă  la misĂšre fin 1787. La souffrance, la mort, la vanitĂ© de toute chose
. sont des sentiments dĂ©sormais explicites dans l’écriture. D’oĂč l’urgence qui s’en dĂ©gage ; le dĂ©sarroi et l’espĂ©rance aussi qui innervent tout le retable orchestral.
savall-jordi-nuit-des-rois-versaillesSavall rĂ©tablit la place des Ă©vĂ©nements, le contexte d’une existence humaine dĂ©primĂ©e et affligeante en vĂ©ritĂ©, alors que l’acuitĂ© artistique du compositeur, la vitalitĂ© et les trouvailles de son gĂ©nie musical, atteignent des sommets d’audaces comme d’accomplissements inĂ©dits. TrĂšs juste et pertinent, le chef catalan ajoute la fameuse marche funĂšbre – Maurerische Trauermusik K 477 de 1785, rĂ©alisĂ© pour les funĂ©railles de deux frĂšres de la loge : le lugubre bouleversant qui s’en dĂ©gage exprime au plus prĂšs, la conscience d’un Mozart touchĂ© par le sentiment de sa propre fragilitĂ© comme de sa mort. Puis deux ans aprĂšs au printemps 1787 surviendra sa sĂ©paration avec la soprano Nancy Storace (sa Suzanne des Nozze), rupture elle aussi trĂšs douloureuse. La mort inspire constamment son Ɠuvre (d’autant plus avec la mort du pĂšre, Leopold survenue en mai 1787), sublimĂ©e prĂ©sente dans son nouvel opĂ©ra Don Giovanni (crĂ©Ă© en oct 1787).
Jordi Savall rappelle le masque et la prĂ©sence de la mort comme Ă©quation permanente dans la rĂ©solution des 3 symphonies : endettĂ©, Mozart implore la gĂ©nĂ©rositĂ© de moins en moins franche de ses frĂšres dont le mĂȘme Pucheberg (qui rĂ©duit considĂ©rablement ses dons Ă  son ami) ; seul Swieten se montrera plus constant et d’un soutien indĂ©fectibe.
MalgrĂ© cette indigence injuste, le gĂ©nie mozartien, foudroyĂ©, produit ses plus grands chefs d’Ɠuvres symphoniques. Et pour mieux souligner encore leur continuitĂ© naturelle, la Symphonie en sol mineur (n°40), centrale, est prĂ©sente sur les 2 cd ; passage continue depuis la mi bĂ©mol n°39 sur le cd1 ; volet prĂ©alable nĂ©cessaire Ă  la Do majeur n°41 « Jupiter », sur le cd2 ; de facto, l’écoute en continu laisse se manifester l’absolue relation et la complĂ©mentaritĂ© des 3 cimes symphoniques, faisant ainsi sens en leur flux ininterrompu.

Savall se joue des timbres d’époque dans chaque partition, soulignant souvent la rĂ©sonance et la rĂ©verbĂ©ration pour mieux accentuer l’effet de solennitĂ© grave, d’ampleur souterraine liĂ©e au sentiment tragique. D’autant que surgissant d’une nĂ©cessitĂ© et d’un ordre intĂ©rieur et personnel impĂ©rieux, les 3 Symphonies ne furent probablement jamais crĂ©Ă©es et jouĂ©es du vivant de Wolfgang. En tout cas, pas dans leur continuitĂ© organique ainsi rĂ©tablie.

 

 

Testament symphonique de Mozart
et déjà romantique


 

 

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartDĂšs la couleur particuliĂšre de la 39 (la clarinette placĂ©e au centre de l’échiquier instrumental y joue des contrastes et aussi de la riche texture orchestrale), Savall souligne les accents d’une partition entre ombre et lumiĂšre, panique et sĂ©rĂ©nitĂ©. De la mĂȘme façon, le chef saisit et amplifie les harmonies inquiĂštes qui occupent le cƓur de l’Andante con moto. Et Haydn est bien prĂ©sent dans le raffinement Ă©blouissant du Finale. AchevĂ©e en juillet 1788, la 40 est tout aussi lumineuse et solaire mais aussi emprunte d’un sfumato Ă©motionnel qui est liĂ© Ă  l’utilisation du sol mineur, le mode doloriste (celui de Pamina dans La FlĂ»te). L’allegro initial est de loin la crĂ©ation la plus puissante et exaltante de Mozart, un mouvement dont Savall exprime l’agitation quasi syncopĂ©e, l’exaltation des sens et une ivresse Ă©perdue, presque panique et pourtant dĂ©jĂ  romantique, totalement magicienne
 MĂȘme naturel Ă©vident dans la Sicilienne qui est le mouvement lent (Andante) ; avant le surgissement d’une angoisse indicible dans le Finale qui affirme la haute conscience de la mort. Mozart s’y livre avec une acuitĂ© irrĂ©sistible que Savall sculpte dans la masse, en une danse ivre, exaltĂ©e, Ă©perdue, comme d’un dernier souffle chorĂ©graphique, l’ultime dĂ©sir intime contre la tempĂȘte adverse : il n’est pas un mouvement orchestral de tout le XVIIIĂš qui affirme clairement son esprit dĂ©jĂ  romantique. Quel saisissant contraste avec la musique funĂšbre enchaĂźnĂ©e oĂč la rĂ©verbation noble du lieu d’enregistrement amplifie la grandeur lugubre, portĂ©e par les bois. Mozart va trĂšs loin dans cette exploration personnelle de la mort.

Mozart_1780Symphonie 41 « Jupiter » : à notre avis elle aurait mĂ©ritĂ© plutĂŽt le surnom d’Apollon ; certes il y a du militaire dans la remise en ordre du premier mouvement, superbe proclamation des forces de l’esprit sur tout ferment instable ; l’impĂ©rieuse nĂ©cessitĂ© se fait volontĂ© et autodĂ©termination, d’autant plus impĂ©riale et « pacificatrice » aprĂšs le tumulte intranquille de la 40Ăš, ocĂ©an de sensations jaillissantes, exaltĂ©es. Mozart affirme ici le calme tranquille et l’équilibre des forces maĂźtrisĂ©es en une Ă©criture d’un lumineuse finesse. Ce dĂ©but proclame une rage dĂ©terminĂ©e prĂ©beethovĂ©nienne, dans son Ă©lan, et aussi son orchestration : le sommet de l’expĂ©rience orchestrale contenue dans le triptyque. Savall grĂące Ă  une attention aux dĂ©tails fait briller les nuances de cet Ă©clat spĂ©cifique, saisi dans sa puissance comme dans ses reflets les plus infimes. On reste saisi par la hauteur du regard de l’interprĂšte, comme de la pensĂ©e mozartienne : qu’aurait Ă©crit le compositeur s’il n’était pas mort en 1791, dĂ©passant le siĂšcle et s’affirmant mĂȘme tel un Haydn, encore prodigieusement actif Ă  l’aube romantique ? Tout Mozart, le plus volontaire, le plus humain, le plus dĂ©chirant se trouve ici condensĂ© dans ce lever de rideau ouvertement positif.
La caresse du chef, pleine de renoncement et de nostalgie dans l’Andante, n’oublie pas les arĂȘtes vives, la tranche des contrastes aux cordes nettes et nerveuses, presque acĂ©rĂ©e. La forte rĂ©verbĂ©ration accuse encore l’ampleur lugubre du morceau dont la lumiĂšre chatoyante se rapproche des dĂ©plorations maçonniques

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsLe Menuetto est rĂ©glĂ© comme une mĂ©canique pleine de rebond Ă©lastique oĂč rutilent les couleurs des bois. Savall y distille un Ă©lan rond et Ă©nergique, lĂ  encore dĂ©jĂ  beethovĂ©nien.
Mais le morceau de bravoure se dĂ©ploie Ă  la fin. Rien ne peut rĂ©sister Ă  l’affirmation olympienne, triomphante et conquĂ©rante du Finale, de fait « JupitĂ©rien », dont Savall sait distiller (cordes) une couleur trĂšs fine qui ajoute Ă  la trĂ©pidation nerveuse de l’architecture. FlĂ»tes, hautbois, bassons dansent tandis que les cordes assĂšnent leur miraculeuse volontĂ© Ă©prise d’ordre et de grandeur, d’élĂ©vation et de jubilation. Aux bois aĂ©riens, abstraits, Savall fait rĂ©pondre les cordes engagĂ©es, mordantes, presque rageuses, d’une superbe autoritĂ© ryhtmique, creusant le sillon d’une volontĂ© dĂ©sormais invincible. Aucun doute, dans cette proclamation jubilatoire s’inscrit lĂ  encore, le premier Beethoven. Transparence, clartĂ©, nervositĂ©, articulation et souffle prĂ©romantique : le voici ce Mozart visionnaire, poĂšte et moderne. Magistral.

L’élĂ©vation de l’inspiration, la poĂ©sie qui s’en dĂ©gage et qui confine Ă  l’abstraction (mais il serait erronĂ© d’en Ă©carter tout  ancrage dans l’expĂ©rience humaine) impose aujourd’hui le triptyque comme un sommet de l’écriture symphonique dont l’ampleur de la vision, l’expĂ©rience intime qui y est concentrĂ©e, impressionnent. Mozart est dĂ©jĂ  un romantique car sa musique est fondĂ© sur la vĂ©ritĂ© du cƓur. Et Berlioz se trompait en fustigeant ce dernier sommet mozartien par son « absence de but » liĂ© Ă  « trop de procĂ©dĂ©s techniques ». De toute Ă©vidence, le premier romantique français n’avait pas compris la modernitĂ© singuliĂšre de la symphonie mozartienne. Beethoven prendra la relĂšve 11 annĂ©es plus tard en 1799 dans sa Symphonie n°1 (Ă  29 ans et encore trĂšs mozartien de facture).
CLIC D'OR macaron 200Aujourd’hui, grĂące Ă  Savall, c’est a contrario la vĂ©ritĂ© et l’étonnante sincĂ©ritĂ© de Mozart qui nous touche tant, car chez lui, le procĂ©dĂ© n’est jamais dĂ©veloppĂ© pour lui-mĂȘme, s’il ne sert pas d’abord une intention Ă©motionnelle. Coffret de 3 cd Ă©vĂ©nement, Ă©videmment CLIC de CLASSIQUENEWS de l’étĂ© 2019. A consommer sur la plage et pendant vos vacances estivales, sans modĂ©ration.

 

 

 

 

 

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CD critique, coffret événement. MOZART : les 3 derniÚres Symphonies / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox)

Approfondir

LIRE aussi notre dossier critique complet sur les 3 derniĂšres symphonies de MOZART, “oratorio instrumental” par Nikolaus Harnoncourt (dĂ©cembre 2012, Concentus Musicus Wien) / CLIC de CLASSIQUENEWS

harnoncourt mozart symphonies last symphonies 39, 40, 41 instrumental oratorium concentus musicus wien cd sony classicalParues le 25 aoĂ»t 2014, les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart (n°39,40, 41) synthĂ©tisent ici, pour Nikolaus Harnoncourt et dans cet enregistrement rĂ©alisĂ© avec ses chers instrumentistes du Concentus Musicus Wien, l’expĂ©rience de toute une vie (60 annĂ©es) passĂ©e au service du grand Wolfgang : sa connaissance intime et profonde des opĂ©ras, les plus importants dirigĂ©s Ă  Salzbourg entre autres (la trilogie Da Ponte, La ClĂ©mence de Titus, La FlĂ»te enchantĂ©e
), suffit Ă  enrichir et nourrir une vision personnelle et originale sur l’écriture mozartienne ; s’appuyant sur le mordant expressif si finement colorĂ© et intensĂ©ment caractĂ©risĂ© des instruments anciens, le chef autrichien rĂ©alise un accomplissement dont l’absolue rĂ©ussite Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©figurĂ©e dans son cd antĂ©rieur dĂ©diĂ© au Mozart Symphoniste

LIRE aussi notre entretien avec MATHIEU HERZOG, directeur musical de l’Orchestre Appassionato, Ă  propos des 3 derniĂšres Symphonies de MOZART:

http://www.classiquenews.com/entretien-avec-mathieu-herzog-fondateur-et-directeur-musical-de-lorchestre-appassionato-les-3-dernieres-symphonies-de-mozart/

CD Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41. Les Nations. Jordi Savall (3 cd ALIA VOX, 2017 – 2018)

MOZART-testament-symphonique-symphonies-39-40-41-jordi-savall-alia-vox-cd-critique-3-cd-alia-vox-les-nations-classiquenews-cd-critique-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41. Les Nations. Jordi Savall (3 cd ALIA VOX, 2017 – 2018). MOZART MON FRERE. L’équation que reprĂ©sente les 3 ultimes symphonies de Mozart s’apparente Ă  un rĂ©bus musical que les plus grands chefs abordent avec un sĂ©rieux et une humilitĂ©, une profondeur et une « sagesse » quasi philosophique. D’aucun en sont particuliĂšrement Ă©mus et mĂȘme saisis, d’autant plus qu’ils sont eux aussi au sommet de leur carriĂšre comme de leur expĂ©rience humaine. Mozart permet cela : exprimer le caractĂšre le plus noble de l’ñme humaine, dans sa dĂ©tresse, sa grandeur, ses souffrances. Une rencontre que les interprĂštes les mieux inspirĂ©s savent mesurer et ciseler. En dĂ©tails comme en profondeur.

Ainsi le dernier Harnoncourt qui en faisait un « oratorio instrumental » d’une portĂ©e bouleversante pour tous ceux Ă©pris d’humanitĂ© ; le cas rĂ©cent du jeune maestro Mathieu Herzog, chambriste inspirĂ©, est plus rare, rĂ©vĂ©lant une prodigieuse maturitĂ© sur le sujet. Le cas de Jordi Savall ici au travail en 2017 et 2018 s’inscrit dans une lignĂ©e plutĂŽt convaincante, elle aussi sur instruments anciens ; aucun doute, la rĂ©volution instrumentale actuelle concerne bel et bien les orchestres dont les timbres revivifiĂ©s selon le format sonore d’époque et l’intensitĂ© expressive proche de l’original rĂ©vĂšlent de nouvelles avancĂ©es artistiques profitables
 qui supplantent dans bien des cas, l’épaisseur tonitruante et spectaculaire des orchestres modernes.

Dans un format intimiste proche de l’humain, l’orchestre les Nations de Savall dĂ©ploie de solides arguments : Ă©quilibre des pupitres, clartĂ© structurelle, surtout dans un scintillement millimĂ©trĂ© des timbres trĂšs caractĂ©risĂ©s, Ă©tonnante expressivitĂ© qui balance entre profondeur voire gravitĂ© et ivresse joyeuse
 voire jubilation gĂ©nĂ©reuse. Le tact et le style du chef catalan prennent naturellement leur essor sur le sujet conçu par un Mozart qui en 1788 Ă  Vienne connait dĂ©sespoir, dĂ©pression malgrĂ© une clairvoyance humaine exceptionnelle. Sa sincĂ©ritĂ© qui nous parle de fraternitĂ© et d’espoir déçus mais vivaces bouleverse et l’on est convaincu de la prodigieuse intelligence qui unifie les 3 symphonies en un retable symphonique parmi les plus modernes du XVIIIĂš – l’équivalent de ce qu’a rĂ©alisĂ© Rameau en France au dĂ©but des annĂ©es 1760 : une rĂ©volution du langage musical, un goĂ»t pour les timbres instrumentaux oĂč percent Ă©videmment chez Mozart, les sons maçonniques (le compositeur rĂ©servant Ă  la clarinette un solo anthologique dans le volet central, la Symphonie n°40 en sol mineur (la plus personnelle).

Symphonies 39, 40 et 41 « Jupiter » de Mozart
Jordi Savall Ă©claire l’humanitĂ© fraternelle
d’un Mozart, fils des Lumiùres

Mozart sur France MusiqueEn effet, on distingue la grande ouverture qui ouvre la 39, Ă©lĂ©ment premier absent des deux suivantes ; l’absence d’un rĂ©el mouvement de dĂ©but dans la 40, ce qui la place d’emblĂ©e comme un mouvement central ; enfin la fugue derniĂšre de la 41, dont la dimension, le souffle, l’ambition dans la joie et la noblesse lui donnent avec raison, selon le mot de l’impresario et violoniste Johann Peter Salomon Ă  Londres, son titre postmozartien de « Jupiter ». Les 3 opus s’inscrivent ainsi dans cette unitĂ© qui les rend complĂ©mentaires.
Jordi Savall dans un texte fondamental Ă  notre avis (livret du prĂ©sent triple coffret), prĂ©cise les enjeux humains des 3 partitions : tout ce qui prend racine ici dans la vie misĂ©rable et dĂ©chirante de Wolfgang alors en galĂšre Ă  Vienne. EcartĂ© de toute commande officielle d’importance, (- le futur Empereur Habsbourg Leopold II ne l’apprĂ©ciera guĂšre et c’est un doux euphĂ©misme), victime de l’humeur volatile, glissante des Viennois sur son Ă©criture et son style (Ă  la diffĂ©rence des Praguois qui l’adulent), sans ressources dignes, surtout endettĂ© jusqu’à la moelle, Wolfgang Ă  l’étĂ© 1788 (32 ans) atteint les gouffres de l’existence terrestre alors qu’il est au sommet de son expĂ©rience artistique.
mozart1790Comme le dit trĂšs justement Jordi Savall, Mozart est un artiste crĂ©ateur libre, indĂ©pendant, douĂ© d’une conscience hors normes : il a dĂ©montrĂ© son idĂ©al de libertĂ© dans L’EnlĂšvement au sĂ©rail ; d’égalitĂ© dans Les Noces de Figaro d’aprĂšs Beaumarchais ; de fraternitĂ© bientĂŽt, dans La FlĂ»te enchantĂ©e. Ce pur esprit des LumiĂšres, comme le sera Beethoven au dĂ©but du siĂšcle suivant et lui aussi Ă  Vienne, affirme une profondeur qui est gravitĂ© et espoir. La lecture de Jordi Savall Ă©claire la vĂ©ritĂ© et la grande sincĂ©ritĂ© des partitions, rĂ©ussissant sur le plan formel un modĂšle de symphonisme classique
. dĂ©jĂ  romantique.
CLIC D'OR macaron 200C’est donc une lecture fondamentale et magistrale qui rĂ©volutionne de facto notre connaissance des Symphonies derniĂšres de Mozart. Le « testament symphonique » de Wolfgang est rĂ©vĂ©lĂ©. La vision est aussi Ă©blouissante que celles antĂ©rieures et relativement rĂ©centes de Nikolaus Harnoncourt et de Mathieu Herzog. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com / Coffret Ă©lu “CLIC de CLASSIQUENEWS” de l’Ă©tĂ© 2019.

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LIRE notre critique du cd Symphonies n°39, 40 et 41 de MOZART par l’orchestre Appassionato et Mathieu Herzog:
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-mozart-symphonies-n39-40-et-41-jupiter-appassionato-mathieu-herzog-direction-1-cd-naive/

LIRE notre critique des Symphonies 39, 40, 41 de Mozart / «  Instrumental Oratorium «  par Nikolaus Harnoncourt (déc 2012 2 cd Sony classical)
http://www.classiquenews.com/cd-mozart-3-dernieres-symphonies-n3940-41-nikolaus-harnoncourt-concentus-musicus-wien-decembre-2012-2-cd-sony-classical/

COMPTE-RENDU, opéra. Paris, Palais Garnier, 11 juin 2019. MOZART : Don Giovanni.Dupuis
 Jordan / van Hove.

mozart wolfgang _doris_stockminiCompte rendu, opĂ©ra. Paris. Palais Garnier, 11 juin 2019. Don Giovanni, Mozart. Etienne Dupuis, Jacquelyn Wagner, Nicole Car, Philippe Sly
 Orchestre et choeurs de l’opĂ©ra. Philippe Jordan, direction. Ivo van Hove, mise en scĂšne. Nouvelle production du chef-d’Ɠuvre de Mozart, Don Giovanni, Ă  l’affiche Ă  l’OpĂ©ra de Paris. Le metteur en scĂšne Ivo van Hove signe un spectacle gris parpaing ; le chef Philippe Jordan assure la direction musicale de l’orchestre associĂ© Ă  une distribution fortement histrionique, rayonnante de thĂ©ĂątralitĂ©, entiĂšrement Ă©prise du mĂ©lodrame joyeux du gĂ©nie salzbourgeois !

L’opĂ©ra des opĂ©ras, la piĂšce fĂ©tiche des romantiques, ce deuxiĂšme fils du duo Da Ponte-Mozart, transcende le style de l’opera buffa proprement dit pour atteindre les sommets dans le registre de la… tragĂ©die. Avant cette fresque immense, jamais la musique n’avait Ă©tĂ© aussi vraie, aussi rĂ©aliste, aussi sombre ; jamais elle n’avait exprimĂ© aussi brutalement le contraste entre les douces effusions de l’amour et l’horreur de la mort. Peut-ĂȘtre le chef d’Ɠuvre de Mozart le plus enflammĂ©, le plus osé  qui raconte l’histoire de notre anti-hĂ©ros libertin prĂ©fĂ©rĂ© et sa descente aux enfers avec la plus grande attention aux pulsions humaines, avec la plus grande humanitĂ© en vĂ©ritĂ©.

nouvelle production de Don Giovanni Ă  Garnier

 Prima la musica, mais pas trop

Le spectacle commence avec la scĂšne ouverte montrant le dĂ©cor unique d’architecture brutaliste signĂ© Jan Versweyveld, oĂč l’on aperçoit des escaliers, des fenĂȘtres
 le gris maussade omniprĂ©sent paraĂźtrait servir de fond neutre au jeu d’acteur trĂšs ciselĂ© dont les chanteurs font preuve
 et qui peut ĂȘtre apprĂ©ciĂ© glorieusement par les personnes assises prĂšs de la scĂšne et avec des jumelles. Si nous nous sommes rĂ©galĂ©s du travail d’interprĂ©tation et de caractĂ©risation des interprĂštes sur scĂšne, la production met en valeur surtout la partition. Ma non troppo.

Certaines mise en scĂšnes s’affirment volontairement extra-sobres avec l’idĂ©e sous-jacente de laisser parler la musique. C’est un bel idĂ©al qui peut faire des effets inouĂŻs sur l’expĂ©rience lyrique. Il paraĂźt que ce n’est pas une volontĂ© affichĂ©e par le metteur en scĂšne, qui, malgrĂ© quelques moments de grand impact et de justesse, est parfois carrĂ©ment anti-musical. Ainsi le baryton Etienne Dupuis dans sa prise du rĂŽle Ă©ponyme a-t-il apprĂ©ciĂ© le fait de chanter le morceau le plus sensible, le plus beau, le plus sublime de sa partition, la chansonnette du 2e acte « Deh vieni alla finestra », en coulisses, cachĂ©. Difficile Ă  comprendre, et encore plus Ă  pardonner.

Nous sommes en l’occurrence contents de nous concentrer sur l’interprĂ©tation musicale. L’Orchestre maison dirigĂ© par Philippe Jordan est pure Ă©lĂ©gance et raffinement, les tempi sont plutĂŽt modĂ©rĂ©s. Bien sĂ»r comme d’habitude, les vents font honneur dans leur excellente interprĂ©tation aux sublimes pages que leur dĂ©die Mozart, et les cordes dans leur perfection trouvent un bon dosage entre tension et relĂąche dans l’exĂ©cution. Remarquons Ă©galement les musiciens jouant sur la scĂšne au deuxiĂšme acte, avec un swing chambriste et pompier digne du XVIIIe siĂšcle. Nous n’avons pas senti l’effroi durant la cĂ©lĂšbre ouverture en rĂ© mineur, mais nous avons eu droit Ă  une sorte de dĂ©charnement diabolique et trĂšs enjouĂ© pour le pseudo-final Ă  la fin de l’Ɠuvre, la descente aux enfers de Don Giovanni (nous sommes heureux du respect de la partition originale avec le maintien du lieto fine, la fin heureuse conventionnĂ©e propre au 18e siĂšcle malgrĂ© ses trĂšs nombreux dĂ©tracteurs du 19e).

Le baryton Etienne Dupuis signe un Don Giovanni sobre, plus hautain qu’altier, plus vicelard que libertaire, et ceci lui va trĂšs trĂšs bien. Son Ă©pouse dans la vie rĂ©elle incarne le rĂŽle de la femme rĂ©pudiĂ©e du Don, Donna Elvira. Nicole Car est une des artistes qui captivent l’auditoire avec sa prĂ©sence et son chant en permanence. Que ce soit dans sa cavatine au 1e acte « Ah che mi dice mai » ou son air au 2e « Mi tradi quell’alma ingrata » oĂč elle est fabuleusement dramatique Ă  souhait dans son incarnation d’une femme amoureuse et blessĂ©e. Si elle est touchante, bouleversante d’humanitĂ©, son chant est riche, charnu, charnel, tout au long des trois heures de reprĂ©sentation.

La Donna Anna de la soprano Jacquelyn Wagner, avec une partition encore plus redoutable, est tout autant brillante d’humanitĂ©, et elle assure ses airs virtuoses avec dignitĂ©, sans faire preuve d’affectation pyrotechnique, mais au contraire donnant Ă  ses vocalises une intensitĂ© fracassante de beautĂ©. Le Leporello de Philippe Sly est un beau valet. Son physique agrĂ©able et son attitude espiĂšgle sont une belle contrepartie lĂ©gĂšre Ă  l’aspect trĂšs sensuel et troublant de son instrument en action. Il a cet incroyable mĂ©rite d’avoir rĂ©ussi des interventions personnelles sur la partition dĂšs son entrĂ©e au 1er acte « Notte e giorno faticar », oĂč il s’approprie du personnage avec facilitĂ©, et ajoute un je ne sais quoi qui marche et qui plaĂźt. Qu’il continue d’oser ! C’est lui Ă©galement qui suscite la toute premiĂšre Ă©closion d’applaudissements dans la soirĂ©e, aprĂšs son cĂ©lĂšbre air du 1er acte « Madamina, il catalogo Ăš questo », sans aucun doute grĂące Ă  la force de son expression musicale plus qu’à l’intĂ©rĂȘt de la proposition scĂ©nique


Le Don Ottavio du tĂ©nor Stanislas de Barbeyrac est une trĂšs agrĂ©able surprise. Nous remarquons l’évolution de son gosier, et ceci impacte aussi son interprĂ©tation lyrique qui s’éloigne un maximum de la caricature viennoise Ă  laquelle elle est souvent condamnĂ©e. S’il y a un moment d’une incroyable beautĂ© dans les propositions d’une beaucoup trop austĂšre sobriĂ©tĂ©, c’est prĂ©cisĂ©ment l’air redoutable du 1er acte : « Dalla sua pace ». Ivo van Hove l’oblige Ă  l’interprĂ©ter assis par terre au milieu de la scĂšne, et ceci a le plus grand impact Ă©motionnel de la soirĂ©e ; le tĂ©nor y est touchant et l’auditoire lui fait le cadeau d’applaudissements et de bravos bien mĂ©ritĂ©s. Le couple Zerlina et Masetto interprĂ©tĂ© par Elsa Dreisig et Mikhail Timoshenko est plein de vivacitĂ©, mĂȘme si les voix sont un peu instables en dĂ©but de soirĂ©e, nous fĂ©licitons leurs efforts. Remarquons Ă©galement l’excellente prestation des choeurs de l’OpĂ©ra parisien, dirigĂ©s par Alessandro di Stefano.

Une production qui a Ă©galement le mĂ©rite de finir aprĂšs trois heures de gris avec une projection-crĂ©ation vidĂ©o (signĂ©e Christopher Ash) inspirĂ©e des scĂšnes infernales de Bosch, et qui est tout Ă  fait effrayante, puis par une Ă©closion de couleurs estivales qui s’accorde avec l’épilogue-fin heureux de l’opus. A voir et revoir, Ă©couter et applaudir… pour Mozart et les chanteurs. A l’affiche Ă  l’OpĂ©ra Garnier encore les 16, 19, 21, 24 et 29 juin ainsi que les 1, 4, 7, 10 et 13 juillet 2019.

Symphonie Jupiter de Mozart (Les clefs de l’orchestre / JF ZYGEL)

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartFRANCE 5, 22 juin 2019. MOZART : Symphonie n°41. Les Amateurs de musique classique et en particulier orchestrale seront comblĂ©s par cette reprise des clefs de l’orchestre, animĂ© par Jean-François Zygel : samedi 22 juin 2019 Ă  22h25, place Ă  l’ultime symphonie de Mozart, aboutissement de sa trilogie orchestrale (complĂ©tĂ©e par les symphonies 39 et 40) : la fameuse symphonie n°41 dite « Jupiter ».  Mendelssohn disait de 41e et derniĂšre symphonie de Mozart qu’elle Ă©tait « le modĂšle immortel de la symphonie ». Ce n’est pas Mozart qui l’a appelĂ© Jupiter, mais un organisateur de concert du dĂ©but du XIXĂš siĂšcle. Ce nom « Jupiter » symbolise pourtant bien le caractĂšre glorieux, rythmique, plein d’énergie et de lumiĂšre de cette symphonie portĂ©e par l’idĂ©al maçonnique et les valeurs des LumiĂšres propre aux annĂ©es 1780. La symphonie n°41 a Ă©tĂ© composĂ©e Ă  Vienne durant l’Ă©tĂ© 1788. Elle clĂŽt un ensemble de 3 grandes symphonies qui seront les derniĂšres de Mozart, sa lĂ©gendaire trilogie qu e les plus grands chefs ont traitĂ©, non sans en dĂ©voiler et l’unitĂ© artistique, et la profondeur spirituelle. De Nikolaus Harnoncourt
 Ă  la cheffe excellente Debora Waldman et son orchestre Idomeneo.

SAMEDI 22 JUIN 2019 Ă  22.25 LES CLEFS DE L’ORCHESTRE
Au programme, les Clefs de l’orchestre, Ă©mission proposĂ©e par Jean-François Zygel, qui popularise depuis des annĂ©es la musique classique.

La Symphonie 41 Jupiter de Mozart  – samedi 22 juin Ă  22h25

La Rhapsodie Espagnole de Ravel – samedi 29 juin Ă  22h25.

 

 

 

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VOIR aussi Debora Waldman dirige l’orchestre IDOMENEO : MOZART, opĂ©ra et derniĂšre symphonie Jupiter :

https://www.youtube.com/watch?v=X0aEHqx5jnM

LIRE aussi

CD. Mozart : 3 derniĂšres Symphonies n°39,40, 41. Nikolaus Harnoncourt, Concentus Musicus Wien, dĂ©cembre 2012, 2 cd Sony classical / Avant de mourir, le chef autrichien nous laisse une lecture Ă©blouissante et spirituelle des 3 symphonies ultimes de Mozart, conçues comme les volets d’un ORATORIO instrumental…

http://www.classiquenews.com/cd-mozart-3-dernieres-symphonies-n3940-41-nikolaus-harnoncourt-concentus-musicus-wien-decembre-2012-2-cd-sony-classical/

 

 

 

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NE PAS MANQUER ensuite  SAMEDI 29 JUIN  2019 à 22h25

FRANCE 5. La Rapsodie espagnole de Ravel – samedi 29 juin Ă  22.25

Ravel a subi une influence hispanique par sa mĂšre, d’origine basque, qui lui chantait souvent des mĂ©lodies de son pays. De plus, à l’époque, l’Espagne est Ă  la mode chez les compositeurs français : pendant que Ravel compose sa Rapsodie espagnole, Debussy compose les trois volets de son triptyque symphonie Iberia.

Jean-François Zygel dĂ©taille les motifs, les rythmes, les formes de chacun des mouvements : la Rapsodie Espagnole, composĂ©e en 1907 par le musicien alors ĂągĂ© de 32 ans, est une musique qui se vit de l’intĂ©rieur, une oeuvre typiquement espagnole, colorĂ©e et chatoyante.

A VENIR sur France 5, Ă©tĂ© 2019, captations des ChorĂ©gies d’Orange, du Festival d’Avignon et de nombreux Ă©vĂ©nements musicaux
 

MOZART MOMENTUM 1785/1786 : LE MOZART du pianiste Leif Ove Andsnes


MOZART MOMENTUM 1785/1786 : LE MOZART du pianiste Leif Ove Andsnes
 Plus romantique et moderne que vraiment « classique », le pianiste Leif Ove Andsnes questionne pendant quatre ans avec les instrumentistes du Mahler Chamber Orchestra, l’écriture concertante de Mozart, Ă  travers son nouveau projet musical intitulĂ© « MOZART MOMENTUM 1785/1786 ».

AprĂšs leur Beethoven Journey, le Mahler Chamber Orchestra et Leif Ove Andsnes se retrouvent pour explorer deux annĂ©es particuliĂšrement remarquables dans la vie de Mozart : 1785 et 1786
 un nouveau projet de concerts et d’enregistrements qui durera quatre ans (2019-2022).

 
 
 
  andsnes-leiv-mozart-concerts-annonces-critique-entretien-mozart-classiquenews

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Voir la vidéo teaser du projet (sous-titres français à sélectionner) :

 
 
 

https://www.youtube.com/watch?v=IZd9zkdBg0o&feature=youtu.be

 
 
 

andsnes-leif-ove-mozart-concertos-critique-reveiw-concerts-classiquenews-MOZART-opera-concert-Leif-ove-andsnes-piano-mozart-concertos-classiquenews

 

VOIR LA VIDEO Mozart Momentum 1785 1786

 
 
 

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MOZART MOMENTUM 1785/1786

 
 
 

VIENNE, 1785
 MOZART compositeur, pianiste, improvisateur
 Wolfgang Amadeus Mozart est alors Ă  Vienne, donnant libre cours Ă  une crĂ©ativitĂ© inĂ©dite qui rĂ©alise une nouvelle Ăšre pour le concerto pour piano. Au cours des deux annĂ©es 1785 et 1786, il conçoit une sĂ©rie de chefs-d’Ɠuvre qui rĂ©inventent la nature du concerto pour piano, ouvrant la voie aux Romantiques : Ă  Beethoven et Ă  ses successeurs. Mozart redĂ©finit les rĂŽles du soliste et de l’orchestre, en un dialogue rĂ©inventĂ© oĂč chacun se rĂ©ponde et discute. Les interprĂštes soulignent aussi la facilitĂ© de Mozart dans les autres genres musicaux que le Concerto pour piano, dans la musique de chambre, pour l’orchestre. Comme dans Beethoven Journey, Leif Ove Andsnes dirige les instrumentistes du Mahler Chamber Orchestra depuis le piano.

« Quand on se rend compte de la rapiditĂ© avec laquelle Mozart s’est dĂ©veloppĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1780, on ne peut que se demander : pourquoi est-ce arrivĂ© ? Que s’est-il passĂ© ? », commente Leif Ove Andsnes. « Et c’est tout l’objet de ce projet. Il s’agit de l’élan de sa crĂ©ativitĂ© Ă  l’époque, qui doit avoir Ă©tĂ© inspirĂ©e par la nĂ©cessitĂ© de ce genre de concerts et de piĂšces dans lesquels il pourrait dĂ©ployer toutes ses capacitĂ©s en tant que compositeur, interprĂšte et improvisateur. (…) Dans le style d’un vĂ©ritable festival, notre projet explore Ă©galement la musique de chambre, et les piĂšces pour soliste, toutes tĂ©moignant de l’extrĂȘme diversitĂ© de la vie crĂ©ative de Mozart Ă  cette Ă©poque. Pour rĂ©sumer, notre projet est destinĂ© Ă  montrer les diffĂ©rentes facettes de Mozart. En rassemblant toutes ces Ɠuvres, nous explorons Mozart en tant que compositeur et interprĂšte, savourant un niveau de crĂ©ativitĂ© que peu d’artistes dans l’histoire ont atteint et qu’aucun ne surpassera », prĂ©cise encore Leif Ove Andsnes.

 
 
 

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CONCERT ET DISQUE

 
 
 

CONCERTS… DĂ©but de la tournĂ©e des concerts, les 11 et 12 mai 2019 Ă  Francfort (sur deux jours, dans un format festival), le 14 mai Ă  Berlin, le 16 mai Ă  Grenoble, le 17 mai Ă  Evian, le 18 mai Ă  Paris et le 19 mai 2019 Ă  Lisbonne. Le projet culminera en 2022 avec des rĂ©sidences dans le monde entier, notamment Ă  Londres, New York et Tokyo.

CD… MOZART MOMENTUM 1785/1786 sera enregistrĂ© pour une prochaine publication Ă©ditĂ©e chez Sony Classical. Les premiĂšres sessions auront lieu au Rudolfinum de Prague en mai 2020. Le premier volume comprendra les Concertos pour piano n°20, 21 et 22, la Fantaisie pour piano en do mineur, le Quatuor en sol mineur pour piano et cordes, et la Marche funĂšbre maçonnique.

Programme des premiers concerts

Mozart, Maurerische Trauermusik (Musique funÚbre maçonnique)
Mozart, Concerto pour piano n° 20 K 466 en ré mineur
Haydn, Symphonie n° 83 (La Poule)
Mozart, Concerto pour piano n° 21 K 467

 
 
 

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Les concerts MOZART MOMENTUM 1785 – 1786 en FRANCE

Grenoble MC2 le jeudi 16 mai 2019,
Evian Grange au Lac le vendredi 17 mai 2019
Paris Théùtre des Champs-Elysées le samedi 18 mai 2019.

 
 
 

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UNBOXING MOZART : JEU DE RÔLES, INTERACTIF ET EDUCATIF

 
 
 

En plus des concerts, MOZART MOMENTUM 1785/1786 comprend un volet Ă©ducatif faisant partie intĂ©grante du projet intitulĂ© UNBOXING MOZART, un Ă©vĂ©nement interactif en direct qui entend « rĂ©volutionner » l’expĂ©rience d’initiation au concert traditionnel.

Invitant le public spectateur, le jeu – sous forme physique et virtuelle – crĂ©e une convergence de la musique classique, de la performance collaborative et du jeu urbain. Les participants d’UNBOXING MOZART expĂ©rimentent directement l’interaction musicale et humaine avec un ensemble musical, le joueur fait alors partie de l’orchestre sous forme de jeu de rĂŽle, joue en solo ou en groupe pour crĂ©er des dialogues au sein d’une communautĂ©. UNBOXING MOZART sera lancĂ© Ă  Francfort le 11 mai 2019, et des projets sont en cours pour prĂ©senter le projet Ă  d’autres pays au fur et Ă  mesure de son dĂ©veloppement.

 
 
 

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COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier.

TOURSopera-flute-enchantee-sandra-daveau-critique-opera-annonce-classiquenews-le-feuCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La FlĂ»te enchantĂ©e. BĂ©rĂ©nice Collet / Benjamin Pionnier. Mais quelle mouche a donc bien pu piquer la metteuse en scĂšne française BĂ©rĂ©nice Collet, Ă  qui Benjamin Pionnier a confiĂ© la nouvelle production de La FlĂ»te enchantĂ©e au Grand-ThĂ©Ăątre de Tours ? FĂ©ministe dans l’ñme, il faut croire qu’un des propos quelque peu misogynes du livret (signĂ© par Lorenzo Da Ponte) – comme « Les femmes parlent beaucoup, mais agissent peu  » – lui sera restĂ© en travers de la gorge. DĂ©s lors, elle prend le livret Ă -rebours et la Reine de la Nuit n’est plus du tout mĂ©chante ici, alors que Sarastro n’est qu’un homme vil, hypocrite et violent. Quand elles ne sont pas rebelles, les femmes sont asservies (chƓur fĂ©minin aux cheveux coupĂ©s ras, toujours la tĂȘte basse, habillĂ©es de robes de bure), voire violĂ©es (Monostatos qui se jette sur Pamina
). Mais les femmes reprennent finalement le dessus – et se vengent – notamment en poignardant Ă  mort Monostatos ! TrĂšs bien, mais les intentions de Mozart dans tout ça ?…

Avec Florian Laconi, le rĂŽle de Tamino se voit confiĂ© – ce qui renoue avec une tradition que l’on croyait perdue – Ă  un tĂ©nor aux moyens quasi « hĂ©roĂŻques » (son rĂ©pertoire habituel est celui de Don JosĂ© et de Hoffmann
). Le chanteur messin y dĂ©ploie une ardeur communicative Ă  laquelle on aurait cependant prĂ©fĂ©rĂ©, Ă  maints moments sublimes, une authentique ferveur. Face Ă  lui, l’exquise soprano française Marie Perbost est une Pamina d’une grande puretĂ© vocale, cristalline, dont la ligne de chant impeccable suscite une grande Ă©motion dans le cĂ©lĂšbre air « Ach, ich fĂŒhl’s ». Refusant les effets faciles, RĂ©gis Mengus mise pour son Papageno sur le charme de la jeunesse et de la santĂ© vocale ; l’air qu’il chante au moment oĂč il veut se pendre est tout simplement humain et Ă©mouvant. Dans le rĂŽle de Sarastro, JĂ©rĂŽme Varnier campe un personnage plus jeune que de coutume dans cet emploi, et malgrĂ© le rĂŽle de mĂ©chant de l’histoire qu’on veut nous faire croire ici, c’est Ă©galement l’humanitĂ© qui ressort avant tout dans sa voix, aux cĂŽtĂ©s de graves puissamment nourris. De son cĂŽtĂ©, Marie-BĂ©nĂ©dicte Souquet campe une flamboyante Reine de la Nuit : le chant est solide, l’aigu sĂ»r et la nature de feu. La Papagena de Marion Tassou est pleine de gouaille, de santĂ©, de mordant, comme le veut la tradition, tandis qu’Olivier Trommenschlager met Ă©galement tous ses talents de comĂ©dien au service d’un Monostatos plein de vitalitĂ©. MĂȘme satisfecit pour les comprimari, avec Trois GĂ©nies et Trois Dames (ClĂ©mence Garcia, Yumiko Tanimura, Delphine Haidan) sans histoire ; un Orateur impressionnant d’autoritĂ© (François Bazola) ; un Premier PrĂȘtre plein de promesses (le jeune tĂ©nor Camille Tresmontant).

Directeur gĂ©nĂ©ral et musical de l’institution tourangelle, Benjamin Pionnier dirige le chef d’Ɠuvre de Mozart dans un esprit de simplicitĂ© et de naturel aux antipodes de tout pathos : un ton que l’on serait tentĂ© de qualifier de « laĂŻque », qui coupe court aux vellĂ©itĂ©s mystiques ou simplement Ă©sotĂ©riques (en accord avec la proposition scĂ©nique, donc, puisqu’elle ne s’embarrasse pas de toutes ces questions
).

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COMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOURS, Grand-ThĂ©Ăątre, le 12 mars 2019. W. A. Mozart : La FlĂ»te enchantĂ©e. BĂ©rĂ©nice Collet / Benjamin Pionnier. A VENIR Ă  l’OpĂ©ra de TOURS, 26, 27, 28 avril 2019, Les 7 pĂ©chĂ©s capitaux de Kurt Weill, en lire + : http://www.classiquenews.com/tours-opera-de-tours-saison-lyrique-2018-2019/

TOURS, Opéra. 8-14 mars, La Flûte Enchantée de Mozart

MOZART-1790-le-derneir-mozart-photo-de-pedro-par-CLASSIQUENEWS-dossier-special-dernier-Mozart-et-exposition-Mozart-a-parisTOURS, OpĂ©ra. 8-14 mars, La FlĂ»te EnchantĂ©e de Mozart. C’est la 4Ăš production lyrique de la saison 2018-2019 de l’OpĂ©ra de Tours et non la moindre. En attendant Andrea ChĂ©nier pour la fin de la saison (24-28 mai 2019), Benjamin Pionnier, directeur des lieux, dirige cette nouvelle production du chef d’Ɠuvre de Wolfgang, Ă  la fois conte initiatique (avec claires rĂ©fĂ©rences Ă  la franc-maçonnerie puisque le compositeur Ă  Vienne Ă©tait membre d’une loge) et aussi opĂ©ra populaire au sens le plus noble du terme : crĂ©Ă© le 30 sept 1791 dans la mise en scĂšne du directeur de thĂ©Ăątre (et acteur) Emanuel Shikaneder, La FlĂ»te EnchantĂ©e recueille la conception et le travail du dernier Mozart (qui devait mourir quelques semaines aprĂšs); la partition brille par la force de son orchestre (l’un des plus raffinĂ©s de Mozart), par la justesse et la sincĂ©ritĂ© des situations et des personnages : Mozart fidĂšle Ă  sa vision de l’opĂ©ra, approfondit chaque personnage comme un caractĂšre qui saisit par sa force et son humanitĂ© ; y paraissent les hĂ©ros, acteurs et sujets des Ă©preuves propres Ă  les faire passer de l’ombre Ă  la lumiĂšre : la dĂ©pressive Pamina (prĂȘte Ă  se suicider), le prince qui la sauve Tamino (qui possĂšde la fameuse flĂ»te) ; pour contraster avec ce premier couple « sĂ©rieux » et hĂ©roĂŻque, Mozart en ajoute un second, car l’opĂ©ra est aussi une comĂ©die : Papageno (l’oiseleur trop bavard qui n’écoute pas les autres) et Papagena, sa promise. Tous sont pris dans des situations qui les dĂ©passent, dont le conflit opposant les forces du mal (La reine de la Nuit et ses deux airs stratosphĂ©riques) et le temple de la lumiĂšre (et de la sagesse) dirigĂ© par le grand prĂȘtre Sarastro dont le savoir s’inscrit dans la philosophie Ă©gyptienne. Qui dit vrai dans ce labyrinthe des illusions ? Qui manipule qui ? Quel est le sens de cette action ? Tamino deviendra-t-il cet ĂȘtre de lumiĂšre, entraĂźnant dans sa geste hĂ©roĂŻque tous ceux qui l’accompagne ? Nouvelle production Ă©vĂ©nement Ă  l’OpĂ©ra de Tours.

 

 
 

 
 

 

 

 
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Opéra de Tours,
Vendredi 8 mars 2019 – 20h
Dimanche 10 mars 2019 – 15h
Mardi 12 mars 2019 – 20h
Jeudi 14 mars 2019 – 20h
RESERVER VOTRE PLACE ici
http://www.operadetours.fr/la-flute-enchantee

Samedi 2 mars 2019, conférence à 14h30
AccÚs libre, réservation recommandée

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MOZART : La Flûte enchantée
Singspiel en 2 actes
Créé le 30 septembre 1791 au Theater auf der Wieden
Livret d’Emanuel Schikaneder

Nouvelle production de l’OpĂ©ra de Tours

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scÚne : Bérénice Collet
Scénographie et costumes: Christophe Ouvrard
Vidéo: Christophe Waksmann
LumiÚres: Bérénice Collet et Alexandre Ursini

Tamino : Florian Laconi
Pamina : Marie Perbost
Papageno : RĂ©gis Mengus
La Reine de la Nuit : Marie-Bénédicte Souquet
Sarastro : JĂ©rome Varnier
Papagena : Marion Tassou
PremiÚre Dame : Clémence Garcia
DeuxiĂšme Dame : Yumiko Tanimura
TroisiĂšme Dame Delphine Haidan
Monostatos : Olivier Trommenschlager
L’Orateur : François Bazola
Premier PrĂȘtre / Homme d’armes : Camille Tresmontant
Trois Enfants : MaĂźtrise du Conservatoire Francis Poulenc

Choeur de l’OpĂ©ra de Tours
Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire/Tours

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Grand Théùtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 Ă  13h00 / 14h00 Ă  17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

http://www.operadetours.fr/la-flute-enchantee

Nouvelle Clémence de Titus à TOURCOING

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 fĂ©vrier 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. CrĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino MazzolĂ  d’aprĂšs Pietro Metastasio, l’opĂ©ra « La ClĂ©mence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandĂ© l’annĂ©e de sa mort, pour le couronnement de LĂ©opold II sacrĂ© roi de BohĂšme. L’Ɠuvre de circonstance devient par le gĂ©nie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mĂ©sestimĂ©, et qui illustre l’idĂ©al du politique vertueux, une vision influencĂ©e par l’esprit des LumiĂšres, Leopold, alors qu’il Ă©tait Grand-Duc de Toscane, dĂ©cide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le mĂ©tier de son autre chef d’oeuvre, la FlĂ»te enchantĂ©e, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La FlĂ»te, mais le thĂ©Ăątre destinataire (l’opĂ©ra de Prague) a Ă©tĂ© construit pour produire des opĂ©ras italiens (il y a crĂ©Ă© Don Giovanni).
Mozart imagine Ă  Rome, Titus, vertueux, est promis Ă  BĂ©rĂ©nice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes
). Or dans la capitale impĂ©riale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nƓud passionnel et politique, Titus rĂ©vĂšle sa valeur : la responsabilitĂ©, la justice, la clĂ©mence. A son contact, mĂȘme la perfide et haineuse Vitellia se transforme et Ă©volue. En associant Ă©motion, sentiment et devoir, Mozart rĂ©alise un sommet de l’inspiration seria. La ClĂ©mence de Titus est un opĂ©ra Ă  rĂ©Ă©valuer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthÚse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (oĂč l’intrigante bascule en une rĂ©vĂ©lation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour Ă©crire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximitĂ© avec son frĂšre de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste
 il a inventĂ© la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mĂšne Ă  la scĂšne finale, Ă©loquente manifestation des vertus du pouvoir : la clĂ©mence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner Ă  tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondĂ©ment fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dùs 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théùtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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‹Tito / Titus : JĂ©rĂ©my Duffau, tĂ©nor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

ChƓur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scÚne : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentation

SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien crĂ©Ă© en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions Ă©vĂ©nements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opĂ©ra symphonique sur le thĂšme de la barbarie divine, mise en scĂšne par Peter Sellars et surtout dirigĂ© par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, aprĂšs une 6Ăš de Tchaikovski non moins envoĂ»tante
 LIRE ci aprĂšs nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, premiĂšre soirĂ©e lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (ManĂšge du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse aprĂšs la Clemence de Titus prĂ©sentĂ©e par le mĂȘme duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chƓur qu’il connaĂźt plutĂŽt trĂšs bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncĂ©e : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorĂ©grapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors Ă  Munich, dans le contexte de crĂ©ation d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une Ă©quipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, rĂ©alisateur des costumes et des dĂ©cors), un orchestre renommĂ© (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs cĂ©lĂšbres
 Ainsi s’affirme le gĂ©nie du jeune homme, alors en conflit avec son pĂšre : un conflit qui se dessine aussi dans l’opĂ©ra qui se passe en CrĂȘte, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le pĂšre et le fils, le premier devant aprĂšs un vƓu dĂ©raisonnable, sacrifier Ă  Neptune, le second. Les dieux ont soif et les hĂ©ros doivent se soumettre Ă  leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyautĂ©, celui qu’elle aime et qui devait ĂȘtre immolé 
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirĂ©es de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire dĂ©lirants et jaloux : Elettra), confrontĂ©s Ă  la douceur crĂȘtoise
 que les pages oĂč il est question de l’impĂ©tuositĂ© des Ă©lĂ©ments marins : Idomeneo est un opĂ©ra symphonique et ocĂ©anique d’un souffle saisissant, oĂč percent avec une vĂ©hĂ©mence expressive jamais Ă©coutĂ©e avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dĂ©voilĂ© le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement lĂ©gendaire qui a marquĂ© l’histoire du cd et celle de l’interprĂ©tation mozartienne
 La production est l’évĂ©nement de cet Ă©tĂ© 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis Ă  Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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FRANCE 3. GALA le Concert des étoiles : les opéras de Mozart.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81FRANCE 3, vend 14 dĂ©c 2018, 21h. RĂ©cital Mozart. Le Concert des Ă©toiles rĂ©unit les plus belles voix françaises et Ă©trangĂšres, capables de chanter Mozart : legato souverain, phrasĂ©s nuancĂ©s, finesse et articulation de rĂȘve
 c’est Ă  dire capables de rĂ©aliser ce bel canto / beau chant, expression dans le cas de Mozart, des sentiments les plus profonds et les plus nobles. Tendresse, vertige amoureux, dĂ©sir, langueur, passion et panique
 rien n’a Ă©tĂ© omis ni Ă©cartĂ© par le compositeur qui savait mieux que personne exprimer la texture dĂ©licate des sentiments humains.

PrĂ©sentation de l’émisison par France 3 : « Wolfgang Amadeus Mozart est l’un des compositeurs les plus jouĂ©s Ă  travers le monde. GĂ©nie prĂ©coce, il composa une Ɠuvre unique en son genre par sa profusion et son universalitĂ©, qui demeure l’une des plus jouĂ©es dans le monde.
À travers les plus grands airs et morceaux de son rĂ©pertoire, de grands artistes lyriques et instrumentistes venus du monde entier vont se produire sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, pour cĂ©lĂ©brer l’un des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique classique : Wolfgang Amadeus Mozart.
L’émission alterne des images d’archives de grands interprĂštes mozartiens, des mises en scĂšne marquantes de ses opĂ©ras, ainsi que des airs d’opĂ©ra et des extraits d’Ɠuvres instrumentales interprĂ©tĂ©s sur la scĂšne du ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es par une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’artistes de renommĂ©e internationale. »

Au programme, plusieurs airs et scÚnes des opéras mozartiens ; avec les artistes interprÚtes suivants :
Julie Fuchs (soprano)
Olga Peretyatko (soprano)
Sabine Devieilhe (soprano)
Christina Gansh (soprano)
Aleksandra Kurzak (soprano)
Karine Deshayes (mezzo)
Marianne Crebassa (mezzo)
Michael Spyres (ténor)
Florian Sempey (baryton)
Luca Pisaroni (baryton basse)
Andreas Ottensamer (Ă  la clarinette)
Mathilde Calderini (Ă  la flute)
Xavier de Maistre (Ă  la harpe)
Nicolas Ramez (au cor)
Adam Laloum (au piano)

france3 logo 2019 2019Pour les fĂȘtes de NoĂ«l 2018, France 3 promet un prochain rv lyrique dĂ©diĂ© Ă  l’art de l’unique diva, premiĂšre belcantiste exemplaire, Maria Callas. A suivre.

TOURCOING, nouvelle La Clémence de Titus de Mozart

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 fĂ©vrier 2019. MOZART : La ClĂ©mence de Titus. CrĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino MazzolĂ  d’aprĂšs Pietro Metastasio, l’opĂ©ra « La ClĂ©mence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandĂ© l’annĂ©e de sa mort, pour le couronnement de LĂ©opold II sacrĂ© roi de BohĂšme. L’Ɠuvre de circonstance devient par le gĂ©nie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mĂ©sestimĂ©, et qui illustre l’idĂ©al du politique vertueux, une vision influencĂ©e par l’esprit des LumiĂšres, Leopold, alors qu’il Ă©tait Grand-Duc de Toscane, dĂ©cide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le mĂ©tier de son autre chef d’oeuvre, la FlĂ»te enchantĂ©e, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La FlĂ»te, mais le thĂ©Ăątre destinataire (l’opĂ©ra de Prague) a Ă©tĂ© construit pour produire des opĂ©ras italiens (il y a crĂ©Ă© Don Giovanni).
Mozart imagine Ă  Rome, Titus, vertueux, est promis Ă  BĂ©rĂ©nice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes
). Or dans la capitale impĂ©riale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nƓud passionnel et politique, Titus rĂ©vĂšle sa valeur : la responsabilitĂ©, la justice, la clĂ©mence. A son contact, mĂȘme la perfide et haineuse Vitellia se transforme et Ă©volue. En associant Ă©motion, sentiment et devoir, Mozart rĂ©alise un sommet de l’inspiration seria. La ClĂ©mence de Titus est un opĂ©ra Ă  rĂ©Ă©valuer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthÚse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (oĂč l’intrigante bascule en une rĂ©vĂ©lation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour Ă©crire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximitĂ© avec son frĂšre de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste
 il a inventĂ© la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mĂšne Ă  la scĂšne finale, Ă©loquente manifestation des vertus du pouvoir : la clĂ©mence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner Ă  tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondĂ©ment fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dùs 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théùtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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‹Tito / Titus : JĂ©rĂ©my Duffau, tĂ©nor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

ChƓur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scÚne : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. EvĂ©nement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro quĂ©bĂ©cois Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, mozartien de premier plan, depuis son intĂ©grale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque Ă©tĂ© avec Rolando Villazon) est un « plus » dĂ©cisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempĂ©rament de ce dernier Ă©vite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrĂšres surtout asiatiques, cultivent malgrĂ© leur cĂ©lĂ©britĂ© : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-ĂȘtre encore trop prĂ©cautionneuse, Ă  l’inverse de ses confrĂšres (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuositĂ©, soeur d’une ineffable et bien prĂ©sente intĂ©rioritĂ© fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturitĂ© experte et si intensĂ©ment poĂ©tique, expose Ă  nu ; rĂ©vĂšle les limites d’un jeu sans Ăąme. Rien de tel chez le jeune corĂ©en, dĂ©jĂ  remarquĂ© pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. CrĂ©Ă© Ă  Vienne par Wolfgang lui-mĂȘme, le Concerto n°20 est un sommet d’élĂ©gance et de profondeur, un mariage inouĂŻ entre sĂ©duction et vĂ©ritĂ©. A 29 ans, Mozart dĂ©montre un gĂ©nie inclassable, traversĂ© comme personne par la grĂące la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (rĂ© mineur), il ouvre la voie des piĂšce maĂźtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturĂ©e, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence Ă©perdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellĂ© de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimĂ©trĂ©s s’entend rarement chez les interprĂštes. Or cela est palpable dans le jeu du corĂ©en, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delĂ  par sa profondeur tragique, une sincĂ©ritĂ© qui dĂ©sarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son Ă©quilibre, sa mesure, et aussi une simplicitĂ© du style qui s’écarte comme on a dit de l’arĂšne plus commune et pourtant largement mĂ©diatisĂ©e dĂ©fendue par ses confrĂšres et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le corĂ©en sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanitĂ©, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vĂ©nĂ©rĂ©e et sublimĂ©e par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  AprĂšs la complicitĂ© et l’écoute rĂ©solument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue lĂ  encore des couleurs contrastĂ©es. Dans la PremiĂšre sonate (K281), le pianiste saisit le caractĂšre fantasque du dernier mouvement ; ses Ă©lans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette lĂ©gĂšretĂ© tragique et chantante et grave qui rĂ©vĂšle l’interprĂšte capable de vrais Ă©clairages intĂ©rieurs, d’une Ă©loquence tendre et toujours Ă  l’Ă©coute du cƓur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancĂ©e encore de l’Ă©criture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation Ă©motionnelle. Mais d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la sensibilitĂ© inspire une approche tĂ©nue proche de l’intime, cultivant l’extrĂȘme dĂ©licatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rĂȘveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planĂšte Mozart, le jeune corĂ©en surprend par son attention Ă  la clartĂ© pudique, Ă  l’intonation  rentrĂ©e, parfois secrĂšte, dĂ©barrassĂ©e de toute affectation, une bouleversante sincĂ©ritĂ© qui se rĂ©vĂšle vĂ©ritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idĂ©alement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilĂ  donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmĂ© non sans arguments chez Chopin, dĂ©voile ici des affinitĂ©s Ă©videntes chez Wolfgang entre candeur et vĂ©ritĂ©. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure dĂ©monstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

La Flûte enchantée de Mozart version Castellucci

mozart wolfgang _doris_stockminiarte_logo_2013ARTE, Dim 2 dĂ©c 2018, 01h20. MOZART : La FlĂ»te EnchantĂ©e. Romeo Castullucci. Il Ă©tait une Ă©poque (heureuse) oĂč la chaine culturelle portait bien son nom et programmait des opĂ©ras en prime time. A prĂ©sent il faut attendre le milieu de la nuit pour visionner les productions lyriques. Comme cette FlĂ»te de Mozart, enregistrĂ©e Ă  Bruxelles (La Monnaie) et qui a fait les honneurs de l’actualitĂ© entre autres grĂące Ă  la mise en scĂšne de Romeo Castellucci, bien connu Ă  prĂ©sent pour ses crĂ©ations visuelles d’une portĂ©e onirique parfois spectaculaire (cf son Parsifal de 2001, LIRE notre critique complĂšte du dvd PARSIFAL par Castellucci), grĂące aussi Ă  la plus mozartienne de nos coloratoures françaises, Sabine Devielhe (qui aura quand mĂȘme ratĂ© sa prise de rĂŽle de Zerbinetta dans Ariane Ă  Naxos de R Strauss cet Ă©tĂ© Ă  Aix en Provence, juillet 2018), qui chante Ă  Bruxelles, le tempĂ©rament hystĂ©rique (calculateur) de la Reine de la nuit.
PrĂ©sentĂ©e en octobre 2018, la production surprend et fascine Ă  la fois car elle prend ses distances avec le singspiel le plus populaire du dernier Mozart. Comme souvent, Ă  prĂ©sent, les metteurs en scĂšne s’approprient les livrets, repensent mĂȘme la temporalitĂ© pourtant justifiĂ©e par la dramaturgie originelle et rĂ©inventent le temps et l’imaginaire visuel des ouvrages
 Ici, on ne comprend pas pourquoi l’italien a supprimĂ© les dialogues, lesquels permettent quand mĂȘme d’identifier le rĂŽle et le but des protagonistes. Ainsi pour le spectateur non connaisseur, impossible de mesurer en quoi le prince Tamino est manipulĂ© par la Reine de la nuit qui lui demande de sauver de « l’infĂąme Sarastro » (la basse hongroise GĂĄbor Bretz), sa fille, Pamina. Le jeu des manipulation est rendu complexe alors que l’histoire inventĂ©e par Shikaneder et Mozart est Ă  la source d’une grande lisibilitĂ©. ClartĂ© qui n’empĂȘche pas des zones d’ombre, car le temple de sagesse et de fraternitĂ© que pilote le grand maĂźtre Sarastro n’a t il pas Ă©tabli un ordre fondĂ© sur l’esclavage, entre autres entretenu par l’infect Monostatos et sa clique de sbires, tous affectĂ©s Ă  torturer la pauvre Tamina ? Du moins les apparences le laissent croire
 Mais au cours d’une initiation progressive, le couple d’élus, Pamina et Tamino, en confiance et en amour, rĂ©ussit Ă  vaincre chaque Ă©preuve, et atteindre Ă  cette conscience fraternelle qui est l’idĂ©al prĂ©sentĂ© par les prĂȘtres du Temple. D’ailleurs, dans cette sĂ©rie d’épreuves, le prince valeureux prend soin de rĂ©clamer Ă  ses cĂŽtĂ©s la participation de celle qu’il aime : l’égalitĂ© des sexes est l’autre composante, revendiquĂ©e par Mozart et son librettiste. Admirable inspiration. Direction musicale : Antonello Manacorda

arte_logo_2013ARTE, Dim 2 déc 2018, 01h20. MOZART : La Flûte Enchantée. Romeo Castullucci.

NOËL symphonique à ORLEANS

ORLÉANS. CONCERTS de NOEL 2018. Les 15 et 16 dĂ©c 2018. Pour cĂ©lĂ©brer le temps de NoĂ«l, l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans et le ChƓur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans fusionnent leurs forces vives Ă  l’église Saint-Pierre du Martroi et offrent un somptueux Concert de NoĂ«l, une tradition Ă  prĂ©sent pour les OrlĂ©anais soucieux de vivre une grande expĂ©rience pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e.

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orchestre-orleans-maestro-chaf-concert-portrait-par-classiquenewsMarius Stieghorst, le chef et directeur artistique de l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, a conçu un programme particuliĂšrement original et Ă©clectique, gĂ©nĂ©reux en styles et accents contrastĂ©s, oĂč perce le timbre Ă©clatant des trompettes (Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo de Telemann), aux cĂŽtĂ©s de l’exaltation des voix (Messe Nelson de Haydn, Alma Dei creatoris de Mozart
). Pour ce concert de NoĂ«l, Marius Stieghorst confie la baguette Ă  Gildas Harnois, qui a dĂ©jĂ  dirigĂ© l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans Ă  maintes reprises. Organiste titulaire de la CathĂ©drale Sainte-Croix d’OrlĂ©ans depuis 1997, il est bien connu des OrlĂ©anais. Il est par ailleurs Chef de la Musique des Gardiens de la Paix depuis juillet 2014, formation qu’il dirige Ă  Paris et Ă  l’étranger.

 

 

SAMEDI 15 DÉCEMBRE 2018 à 20h30boutonreservation
DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018 à 16h00
ORLEANS, Église Saint-Pierre du Martroi

 

 

GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277

JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11

Isabelle PHILIPPE, soprano
Laure DUGUÉ, alto
Matthieu JUSTINE, ténor
Marc LABONNETTE, basse
Vincent MITTERAND – Guy-Claude CHARCELLAY- Thibault COLLONGE, trompettes
ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
ChƓur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans / Elisabeth RENAULT, chef de chƓur
Gildas HARNOIS, direction

 

 

 

 

Présentation des oeuvres

 

 

GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3
Georg Philipp TELEMANN compte parmi les compositeurs les plus prolifiques et les plus novateurs de l’ñge baroque, en ce XVIIIĂš Ă©clatant, qui n’est pas encore celui des LumiĂšres, mais Ă©blouit nĂ©anmoins par la prĂ©Ă©minence dĂ©volue Ă  la musique : Telemann dirigea la musique Ă  Hambourg, maĂźtre incontestĂ© du prestige musical et culturel de la ville Ă  l’époque oĂč JS Bach son contemporain « vĂ©gĂ©tait » Ă  Leipzig, en prise avec ses employeurs indignes de son talent… MĂȘlant spectaculaire et intime, le Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo affirme le gĂ©nie de Telemann, Ă  l’écriture raffinĂ©e et dramatiquement efficace ; la partition rĂ©serve de bien belles surprises, Ă  l’image des magnifiques solos de hautbois qui apportent une touche subtile de sĂ©rĂ©nitĂ© Ă  la tonalitĂ© solennelle et majestueuse de l’Ɠuvre. Grandiose et pourtant recueillie, l’Ɠuvre s’inscrit idĂ©alement pour le temps de NoĂ«l.

 

 

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277
Mozart a composĂ© cet offertoire peu de temps aprĂšs avoir dĂ©missionnĂ© de la Cour de Salzbourg : il ne pouvait supporter les humiliations rĂ©pĂ©tĂ©es Ă  son encontre, perpĂ©trĂ©es par son employeur Coloredo. Écrite pour soprano, alto, tĂ©nor, chƓur, violons et basse continue, la partition mariale alterne avec douceur et sĂ©rĂ©nitĂ© les interventions des solistes et celles du chƓur.

 

 

JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11
Cette messe est sans doute la plus dramatique, la plus puissante et la plus populaire des quatorze messes Ă©crites par Joseph Haydn. Écrite avec raffinement dans une tonalitĂ© sombre (rĂ© mineur), elle gĂ©nĂšre et entretient au fil de chacune de ses parties une vĂ©ritable tension lyrique. Le chef-d’Ɠuvre de Haydn est l’un des sommets de la composition liturgique Ă  l’époque des LumiĂšres. Haydn y dĂ©ploie son gĂ©nie du raffinement viennois et son goĂ»t de l’opĂ©ra.

 

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu : Église Saint-Pierre du Martroi
Tarifs : de 25/22/12€
Horaires des Concerts : samedi 15 dĂ©cembre Ă  20h30 – dimanche 16 dĂ©cembre Ă  16h00
RĂ©servations : Bureau d’OrlĂ©ans Concerts 6 rue Pothier – 45000 OrlĂ©ans (Ouvert au public de 13h Ă  18h, du lundi au samedi) TĂ©l : 02 38 53 27 13

Site Web : www.orchestre-orleans.com

 

 

 

CD, critique. MOZART : Apollo et Hyacinthus (Classical Opera, Ian Page, Signum classics, 2011)

Apollo-Web-Square mozart classical opera the mozartist ian page cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. MOZART : Apollo et Hyacinthus (Classical Opera, Ian Page, Signum classics, 2011). FrĂ©nĂ©tique (post gluckiste), nerveux, sanguin, l’orchestre de Appolo et Hyacinthus prolonge la coupe et la syncope du Sturm un drang, tout en rĂ©vĂ©lant dĂ©jĂ  la sensibilitĂ© Ă©motionnelle du jeune Mozart, ici confrontĂ© Ă  l’opĂ©ra pour la premiĂšre fois, rĂ©ussit plutĂŽt un ouvrage qui relĂšve du genre oratorio. Commande de l’UniversitĂ© des bĂ©nĂ©dictins de Salzbourg en 1767, l’ouvrage est le fruit des rĂ©flexions trĂšs mures dĂ©jĂ  d’un compositeur de 11 ans. D’emblĂ©e c’est l’assurance et la tendresse de l’écriture qui force l’admiration (ampleur Ă  la fois noble et profonde du premier choeur « Numen o Latonium », qu’accompagne un orchestre d’un raffinement absolu. L’ouvrage est l’aboutissement d’un travail et d’une conception, prolongement de sa tournĂ©e europĂ©enne rĂ©alisĂ©e en 1766, au cours de laquelle le jeune compositeur recueille la riche expĂ©rience et le style des contrĂ©es traversĂ©es. Wolfgand n’en est pas Ă  sa premiĂšre piĂšce d’envergure : il a dĂ©jĂ  composĂ© « Die Schuldigkeit des ersten Gebots / Le devoir du Premier Ordre » (mars 1767), suivi par la superbe musique de la Grabmusik. Ces premiers accomplissements, sĂ©duisants, et profonds – la profondeur si absente chez tous les compositeurs contemporains, fondent sa premiĂšre notoriĂ©tĂ© et conduit les autoritĂ©s de Salzbourg Ă  solliciter le jeune compositeur au milieu des annĂ©es 1760, alors qu’il est Ă  peine adolescent. Sur le livret du pĂšre Widl, Mozart traite de l’amour du dieu Apollon pour le jeune Hyacinthe. Le dieu lui apprend le lancer du disque. Mais Ă  cause de ZĂ©phyr, Ă©galement amoureux du beau mortel, Hyacinthe reçoit le disque Ă  la tempe et meurt dans les bras d’Apollon, inconsolable. Dans son sang rĂ©pandu, au sol, Ă©mergent bientĂŽt des 
 iris (et non des jacinthes). Selon les recherches de certains historiens spĂ©cialistes de la mythologie, l’amour d’Apollon pour Hyacinthe serait Ă  l’origine des mythes pĂ©dĂ©rastes en vigueur Ă  Sparte.
Pour rendre le mythe acceptable et hautement moral, Widl modifie la cruditĂ© de la lĂ©gende antique et spartiate, il invente le personnage de Melia (qui devient la soeur de Hyacinthe), laquelle est la jeune femme qu’Apollon souhaite Ă©pouser
 au grand dam de ZĂ©phyr qui aime aussi la dite Melia; mais aprĂšs avoir appris que Hyacinthe son frĂšre a Ă©tĂ© frappĂ© mortellement par le disque d’Apollon, en prĂ©sence de ZĂ©phyr, la jeune femme exige du dieu qu’il disparaisse. Mais Oebalus, pĂšre de Hyacinthe, recueille avant sa mort, la confession par son fils, que c’est ZĂ©phyr qui l’a tuĂ©. Melia, Oebalus souhaitent n’avoir pas offensĂ© Apollon dont la protection est garante de l’harmonie et de la paix du royaume. Finalement, Apollon cĂ©lĂšbre la mĂ©moire de Hyacinthe en permettant que paraissent des jacinthes au lieu de sa mort : le dieu peut Ă©pouser MĂ©lia.
Ian Page respecte l’histoire et le genĂšse de l’opĂ©ra de Mozart : la juvĂ©nilitĂ© et cette fraicheur mordante et palpitante qui fut certainement celle Ă  l’oeuvre lors de la crĂ©ation de l’opĂ©ra, dĂ©fendu par plusieurs chanteurs adolescents MĂ©lia, Haycinthe Ă©tant incarnĂ©s et chantĂ©s par de jeunes chanteurs ĂągĂ©s de 15 et 12 ans ! Inimaginable prĂ©cocitĂ© qui en dit long sur la maturitĂ© des chanteurs de l’époque. MĂȘme le personnage d’Apollo fut crĂ©Ă© par une jeune contralto Johann Ernst, alors ĂągĂ© de 12 ans !
Zazzo incarne idĂ©alement Apollon par son timbre Ă  la fois clair et charnu. Klara Ek, une MĂ©lia, ardente, expressive, au relief irrĂ©sistible ; Sophie Bevan, familiĂšre de la troupe rĂ©unie par Ian Page, un Hyacinthe sensible, tendu, aux arias ductiles, souples ; aux rĂ©citatifs, sculptĂ©s dans un marbre tendre. D’ailleurs tous les chanteurs dĂ©fendent cette partition de la jeunesse, habitĂ©e par une Ă©lĂ©gance salzbourgeoise singuliĂšre. MĂȘme le ZĂ©phyr de Christopher Ainslie est d’une rare Ă©lĂ©gance, soucieuse de l’articulation du texte en latin « Enl duo conspicis » ; mĂȘme enthousiasme et Ă©valuation positive l’Oebalus (roi de Laconia) de Andrew Kennedy, Ă  la musicalitĂ© Ă©lĂ©gantissime (dans la mouvance des Howard Crook, ou John Mark Ansley, ainsi son recitatif remarquable de justesse linguistique (« Quis ergo Natel » qui ouvre le CHORUS ou PARTIE II, puis l’air d’une rare autoritĂ© vocale en intonation trĂšs juste elle aussi « Ut navis » qui affirme le gĂ©nie prĂ©coce de Wolfgang)
 Que dire ensuite du duo Oebalus / Melia : “Natus cadit”, marche Ă  deux voix, lacrymale, funĂšbre, d’une force sincĂšre, qui annonce la gravitas des opĂ©ras de la maturitĂ©. Le geste du chef, de l’orchestre, des deux chanteurs est des plus convaincants : il dĂ©montre que Wolfgang ĂągĂ© de 11 ans, prĂ©figure la vĂ©ritĂ© du Mozart des annĂ©es 1780.

La caractĂ©risation des personnages, assurant une Ă©paisseur dĂ©lectable Ă  chaque personnage, la tenue superlative de l’orchestre, vraie instance expressive, nerveuse et Ă©lĂ©gante, idĂ©alement inspirĂ©e par l’esthĂ©tique Sturm und Drang
 renforcent la qualitĂ© et l’apport de cette premiĂšre. Nul doute, les Britanniques rĂ©unis par Ian Page au sein de son collectif Classical Opera assurent aujourd’hui la meilleure offrande mozartienne. Les duos sidĂ©rants de justesse et de maturitĂ© (MĂ©lia / Apollon : « Discede Crudelis » / puis Eobalus/Melia : « Natus cadit »), tĂ©moignent de l’ardente sensiblitĂ© du Mozart adolescent, Ă©crivant pour les trĂšs jeunes chanteurs de l’UniversitĂ© de Salzbourg. A Ian Page, revient le mĂ©rite d’avoir saisi cette couleur spĂ©cifique de l’adolescence dans sa lecture en tout point superlative.

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CLIC_macaron_2014CD, critique. MOZART : Apollo et Hyacinthus (Classical Opera, Ian Page, 1 cd Signum classics) – enregistrement rĂ©alisĂ© Ă  Londres 2011 – CLIC de classiquenews de novembre 2018. EN LIRE PLUS sur le site de CLASSICAL OPERA / THE MOZARTISTS / IAN PAGE

Andrew Kennedy : Oebalus
Klara Ek : Melia
Sophie Bevan: Hyacinthus
Lawrence Zazzo : Apollo
Christopher Ainslie : Zephyrus
CLASSICAL OPERA
Ian Page, direction

CD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page (2 cd Signum records, 2015)

MOZART in london ian page cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page (2 cd Signum records, 2015). A 9 ans, le jeune Wolfgang entend sĂ©duire toute l’Europe grĂące Ă  un « tour » gĂ©nĂ©ral qui passe Ă©videmment par Londres, d’avril 1764 Ă  juillet 1765, soit son sĂ©jour le plus long dans une capitale europĂ©enne. PilotĂ© par son pĂšre Leopold, le jeune prodige enchante les tĂȘtes couronnĂ©es et les patriciens britanniques, tous Ă©mus par ses dons au clavecin principalement. Mais l’impact de ce sĂ©jour Ă  Londres se rĂ©vĂšle surtout profitable pour la jeune imagination du futur compositeur car Ă  Londres il rencontre ainsi nombre de crĂ©ateurs dĂ©jĂ  adulĂ©s et Ă©tablis dont surtout Johann Christian Bach ou l’excellent symphoniste Karl Friedrich ABEL (proche de Johann Chrisitan) qui signe ici en fin de cd2, un bel exercice tripartite, dans le style fiĂ©vreux, frĂ©nĂ©tique, napolitain (Symphonie opus 7 n°6). Le pĂšre d’Abel fut altiste jouant avec JS Bach Ă  Köthen. C’est dire le niveau. Cette Symphonie qui marqua Wolfgang, lui fut longtemps attribuĂ©e. VoilĂ  un Ă©clairage qui rend lĂ©gitime le programme conçu par le directeur musical des bien nommĂ©s « MOZARTISTS », Ian Page, actuel champion de la cause mozartienne, outre Manche. Les chanteurs rĂ©unis autour du chef britannique auquel on doit d’difiantes restitution des opĂ©ras de jeunesse de Wolfgang (dĂ©jĂ  critiquĂ©s et certains distinguĂ©s sur CLASSIQUENEWS : Zaide, Il Sogno di Scipione, Bastien und Bastienne ; un rĂ©cital titre Perfidi de Sophie Bevan, artiste associĂ©e de la troupe lyrique
 sans omettre Die Schuldigkeit des Ersten Gebots, Mitridate, Re di Ponto (tous enregistrements chez Signum records).

DĂ©sormais il y a bien un geste et une sonoritĂ© mozartienne en Grande Bretagne car dans ce nouveau recueil, la troupe pilotĂ©e par Ian Page apporte d’indiscutable bĂ©nĂ©fices. Le double album Ă©voque ainsi Ă  travers arias d’opĂ©ras, opus instrumental tout un creuset musical propre Ă  la Londres des annĂ©es 1760, dans lequel Wolfgang a su façonner par rĂ©action sa propre personnalitĂ© artistique (en tĂ©moignent ses 3 essais symphoniques KV 16, 19 et 19a) : autant de partitions qui montrent la permĂ©abilitĂ© du jeune crĂ©ateur, curieux de tout et aspirant toute Ă©volution stylistique efficace. Ian Page s’inscrit dans le sillon des Marriner, Pinnock
 capable d’une fluiditĂ© expressive engageante, d’une vitalitĂ© rythmique de belle facture ; Ă  ce jeu des mises en contexte, les symphonies de Mozart et d’Abel se distinguent trĂšs nettement par la cohĂ©rence du geste collectif et la sonoritĂ© euphorique de l’orchestre. Voici Ă  nouveau un opus enthousiasmant Ă  mettre au crĂ©dit de la phalange londonienne. A suivre.

 

 

 

 

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CD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page, direction (2 cd Signum records). Enregistré à Londres en février 2015.

COMPTE RENDU, opéra. AVIGNON, le 23 oct 2018. MOZART : Le Nozze di Figaro. Grögler / Aragón

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartCOMPTE RENDU, opĂ©ra. AVIGNON, le 23 oct 2018. MOZART : Le Nozze di Figaro. Grögler / AragĂłn. D’ABORD L’ƒUVRE : Le Roman de la famille Almaviva. Le nozze di Figaro, ‘Les noces de Figaro’ de Mozart, opĂ©ra bouffe crĂ©Ă© Ă  Vienne en 1786, est avec Don Giovanni (1787) et CosĂ­ fan tutte (1790), l’un des trois chefs-d’Ɠuvre que le compositeur signe avec la collaboration du gĂ©nial Lorenzo da Ponte pour le livret, poĂšte officiel de la cour de Vienne. Il s’inspire de La Folle JournĂ©e, ou le Mariage de Figaro (1785), volet central de la trilogie thĂ©Ăątrale de Beaumarchais, Le Roman de la famille Almaviva, qui comprend Le Barbier de SĂ©ville ou la PrĂ©caution inutile, 1775,ce Mariage de Figaro doncet  L’Autre Tartuffe ou la MĂšre coupable, 1792, en pleine RĂ©volution française, situĂ©e Ă  Paris.

 

 

Un comte pas trĂšs Ă  la noce

 

 

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Dans ce Mariage de Figaro, on retrouve les mĂȘmes personnages que dans le Barbier de SĂ©ville :  pour les secondaires, don Basile, le professeur de musique intrigant et vĂ©nal, pour les principaux, le Comte Almaviva, grand seigneur andalou qui, grĂące Ă  l’ingĂ©niositĂ© du barbier Figaro, a enlevĂ© puis Ă©pousĂ© la pupille de Bartolo, Rosine devenue la Comtesse dĂ©laissĂ©e du Mariage de Figaro. Ce dernier, encore hĂ©ros en titre, devenu valet de chambre du Comte, va Ă©pouser le jour mĂȘme Suzanne, nouveau personnage, camĂ©riĂšre et confidente de la triste Comtesse, et l’on trouve la vieille Marceline, obstacle Ă  ces noces car elle prĂ©tend Ă©pouser Figaro sur la promesse de mariage qu’il lui a faite contre un prĂȘt d’argent qu’il ne peut rembourser. Enfin, un autre personnage essentiel Ă  l’intrigue paraĂźt, ChĂ©rubin, un jeune page turbulent et amoureux qui sĂšme involontairement le trouble sur son passage.

 PiÚce prérévolutionnaire
Écrite dĂšs 1781, la piĂšce de Beaumarchais n’est crĂ©Ă©e que trois ans plus tard, mais censurĂ©e pendant des annĂ©es. Car c’est bien une piĂšce prĂ©rĂ©volutionnaire, dont les rĂ©pliques contondantes font mouches, commele fĂ©minisme de Marceline,insurgĂ©e contre la dĂ©pendance des femmes qui ne pouvaient mĂȘme pas administrer leur fortune, et s’indigne :
« Traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes ! »
Si, dans le Barbier, Figaro avait deux sentences d’une spirituelle impertinence contre les nobles : « un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal » et dĂ©clare impunĂ©ment au Comte : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaĂźt-elle beaucoup de maĂźtres qui fussent dignes d’ĂȘtre valets ? », dans le Mariage, on trouve la fameuse phrase  de Figaro devenue la devise du journal Ă©ponyme, de mĂȘme nom : « Sans la libertĂ© de blĂąmer, il n’est point d’éloge flatteur. »
Il y a, surtout, dans le second volet du triptyque, la rĂ©volte argumentĂ©e du valet Figaro, parfait et loyal serviteur du Comte, qu’il aida Ă  sĂ©duire et enlever Rosine. Mais Suzanne lui dĂ©couvre que son maĂźtre ingrat le trahit, veut rĂ©tablir le « droit de cuissage » qu’il avait aboli, droit du seigneur de possĂ©der avant lui la fiancĂ©e de son serviteur, prĂ©tend coucher avec celle qu’il doit Ă©pouser le jour mĂȘme. Car, tout comme Le Barbier de SĂ©ville prĂ©cĂ©dent, c’est aussi une comĂ©die Ă  l’espagnole avec des parallĂ©lismes entre les maĂźtres et les valets, mais ces derniers deviennent aussi premiers, les valets disputent la premiĂšre place aux maĂźtres et donnent mĂȘme le titre de la piĂšce. Ils entrent en conflit avec eux, pour le moment en secret, avec la ruse, force des faibles. Et c’est la fameuse tirade, le monologue de Figaro, qui annonce la RĂ©volution en dĂ©nonçant la noblesse :
« Parce que vous ĂȘtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand gĂ©nie !… Noblesse, fortune, un rang, des places [
] Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous ĂȘtes donnĂ© la peine de naĂźtre, et rien de plus… »

Terrible rĂ©quisitoire d’un plĂ©bĂ©ien, d’un Tiers Ă©tat, qui rue dans les brancards et demandera bientĂŽt l’abolition des privilĂšges indus de la noblesse
L’empereur Joseph II, frĂšre de Marie-Antoinette, despote Ă©clairĂ©, favorable Ă  Mozart, Ă©cartelĂ© entre libĂ©ralisme et conservatisme royal, avait interdit Ă  Vienne la piĂšce de Beaumarchais, mais pas sa lecture. Il approuva le livret de da Ponte, purgĂ© de ses audaces, du moins la tirade finale impitoyable de Figaro contre la noblesse, qui devient simplement un air convenu contre les ruses des femmes quand il croit que Suzanne a cĂ©dĂ© aux avances du Comte. Cependant, sous la trame d’une ingĂ©nieuse comĂ©die aux rebondissements incessants fous et loufoques de cette « folle journĂ©e », le conflit entre peuple et noblesse demeure latent et mĂȘme avouĂ© et ouvert : Figaro, dĂ©couverts le dĂ©sir et projet du Comte, dĂ©cide de le dĂ©jouer et le noble, jouĂ©, dĂ©sire se venger sans pitiĂ© de ses domestiques. C’est une lutte des classes, dont la franchise est cependant feutrĂ©e par le rapport des forces entre le maĂźtre tout-puissant et ses serviteurs contraints Ă  jouer les renards contre le lion, la ruse contre la force. S’ajoute l’alliance de la femme humiliĂ©e par l’homme (pourtant perdante, en France, de la proche RĂ©volution qui lui refusera le droit de vote mais pas celui de mourir sur l’échafaud
)

 

 

RÉALISATION
C’est sans doute l’une des lignes subtiles de la mise en scĂšne de Stephan Grögler : un Ă©clairage, tĂ©nĂ©breux (GaĂ«tan Seurre), paradoxal pour cette piĂšce des LumiĂšres mais d’un temps obscurĂ©ment tentĂ© et teintĂ© par les noirceurs gothiques, une trouble lumiĂšre sur le statut de la femme, statue idolĂątrĂ©e en paroles, mais abandonnĂ©e sur son piĂ©destal de courtoisie : la femme, on en joue, on en jouit, on la jette.
D’entrĂ©e, durant l’ouverture animĂ©e, une nuĂ©e de corbeaux masculins en frac Ă  la poursuite de caillettes dĂ©froquĂ©es Ă  consommer sur canapĂ©, en guĂ©piĂšre, fuyant la virĂ©e survoltĂ©e de la meute virile, image rĂ©pĂ©tĂ©e de harcĂšlement des oies pas forcĂ©ment blanches, de chasse au sexe, rĂ©pĂ©tĂ©e, mais sans doute inutilement tirĂ©e, par les costumes, vers notre actualitĂ© fĂ©ministe alors que l’histoire prouve que cela n’a pas d’époque, sujet mĂȘme de la piĂšce. Pareillement, en lever de rideau du dernier acte, dans une pĂ©nombre favorable aux forfaits, dĂ©plorant son Ă©pingle perdue, c’est sans doute sa virginitĂ© que pleure Barbarina probablement violĂ©e de dos par le Comte, honteusement, qui fuit furtivement, fatalitĂ© de l’oppression masculine. MĂȘme notre hĂ©ros, Figaro, hĂ©raut de la rĂ©volte des femmes et faibles contre le Comte, ne s’embarrasse guĂšre de maniĂšres pour jeter sans façons, sa chĂšre Suzanne au sol. Quant au Comte, il ne compte en rien la politesse courtoise de son rang pour gifler la Comtesse. ChĂ©rubin, malgrĂ© son charme juvĂ©nile, est bien rejeton de la mĂȘme engeance qui ne dĂ©roge pas Ă  la rĂšgle, s’arrogeant tout pouvoir sur toutes les femmes, Comte et Don Juan en puissance : les libertĂ©s qu’il prend mĂȘme sur la Comtesse sont dĂ©jĂ  celles du libertin, le consentement sensuel de la derniĂšre semble anticiper la troisiĂšme piĂšce du volet, La MĂšre coupable, oĂč, effectivement, elle lui aura cĂ©dĂ©, enceinte mĂȘme de ses Ɠuvres (Figaro, figurant un soldat blessĂ© lors de l’air sur ChĂ©rubin Ă  la guerre annonce sans doute aussi cette piĂšce oĂč ChĂ©rubin est mort au champ d’honneur).
Plus Ă©vidente, signĂ©s aussi de Grögle, la ligne de force des dĂ©cors sans dĂ©corum de ces aristocrates qui vont prochainement ĂȘtre dĂ©mĂ©nagĂ©s par l’Histoire : un bric-Ă -brac de bric et de broc sur une scĂšne, encombrĂ©e de tous les dĂ©rangements d’un vrai dĂ©mĂ©nagement, paquets, meubles et une Ă©chelle, servant parfois de tribune aux harangues triomphante des personnages. C’est bien justifiĂ© puisque l’on sait que le Comte, nommĂ© ambassadeur par le roi, s’apprĂȘte Ă  partir pour Londres, avec armes et bagages. Sensation de labyrinthe dont se tireront sans doute les malins dans un jeu de chat et souris, Figaro emmĂ©nageant avec voluptĂ©, amĂ©nageant son avenir avec Suzanne, mais sentiment de monde en ruines, de chaos, qu’il faudra bien rĂ©ordonner un jour, et l’on voit ici les prĂ©mices de la rĂ©volte des gueux contre le maĂźtre, guĂšre Ă  la noce, prĂšs de rendre des comptes, le Comte. Dans les meubles, un incongru fauteuil blanc moderne, avec d’autres signes, au milieu de justes et jolis costumes XVIIIesiĂšcle (VĂ©ronique Seymat), ceux dĂ©calĂ©s au XXe, clin d’Ɠil avouĂ© au bal masquĂ© deLa RĂšgle du jeude Jean Renoir, mais sacrifice au mĂ©lange des Ă©poques lassant d’ĂȘtre tant ressassĂ© depuis les annĂ©es 70 de ChĂ©reau et autres, comme si un spectateur contemporain Ă©tait incapable de lire l’aujourd’hui dans une Ɠuvre d’hier, semant la confusion historique, dĂ©jĂ  bien grande par les temps qui courent, chez les « primo arrivants » Ă  l’opĂ©ra, notamment les jeunes. Un Ă©tendage impromptu de draps rideaux, permet un jeu de cache-cache thĂ©Ăątral plaisant au piquant duo entre Suzanne et Marcelline.

 

 

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INTERPRÉTATION
DĂšs les premiĂšres mesures, nerveuses, fiĂ©vreuses de l’ouverture, qui annonce cette Folle journĂ©e, la direction musicale de Carlos AragĂłn s’impose par une battue ferme mais souple, maintenant un tonus implacable et impeccable, admirable dans les longues scĂšnes de conversation chantĂ©e de l’acte II, un continuum musical Ă  couper le souffle, mais non celui des chanteurs solidairement soutenu. Les finales concertants sont Ă©blouissants de prĂ©cision sans rien oblitĂ©rer du jeu scĂ©nique de cette musique faite thĂ©Ăątre en chacune de ses notes. Il cisĂšle le fandango (que Mozart emprunte Ă  Gluck) et donne Ă  cette danse toute sa fiĂšre noblesse populaire, d’une sensualitĂ© sobre, sans bavure. On s’étonne de l’absence du nom, dans la distribution, du continuiste si plaisamment inventif, faisant rebondir les rĂ©citatifs de ses ponctuations humoristiques, avec des Ă©chos des airs de Figaro, de ChĂ©rubin.
Tous les chanteurs sont de la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’interprĂštes, capables d’ĂȘtre d’excellents acteurs, et l’on sent le plaisir, communicatif, qu’ils ont eu Ă  se plier aux subtilitĂ©s de leur metteur en scĂšne et aux impĂ©ratifs du chef. La cohĂ©sion est sensible et leur plaisir, communicatif.
Eric Vignau est un insinuant Basilio, pervers Ă  souhait, ironique, campant aussi Don Curzio lors du jugement. Yuri Kissin incarne un solide et sombre Bartolo vengeur au dĂ©but puis l’ivrogne et obstinĂ© Antonio. On regrette que sa digne compagne Marcellina, personnage trĂšs intĂ©ressant, vraie fĂ©ministe de la piĂšce, se voit amputĂ©e de son air Ă  l’ancienne car la voix cocasse de Jeanne-Marie LĂ©vy lui donne une belle caractĂ©risation.Il semble que la Barbarinade Sara Gouzy, elle, se voit gratifiĂ©e d’une petite scĂšne supplĂ©mentaire qu’on ne regrette pas tant sa voix et jolie et touchant son air de lever de rideau, « L’ho perduta  ». Le Cherubino d’Albane CarrĂšre remporte tous les cƓurs, de la scĂšne et du public. Si, perchĂ© sur l’échelle, le tout juste dĂ©but de son premier air fiĂ©vreux, Ă©perdu, est perdu pour les paroles, la suite et sa cĂ©lĂšbre chansonnette Ă  la Comtesse sont d’un galbe Ă©lĂ©gant et, en mĂȘme temps, expressif. DĂ©shabillĂ©, habillĂ©, c’est un poupon, un homme encore objet et jouet pour les dames, mais la mise en scĂšne, plus que souligner le trouble sensuel qu’il sĂšme chez elles, le montre dĂ©jĂ  enhardi, adolescent passant dĂ©jĂ  Ă  l’acte avec la Comtesse dont on sent qu’elle ne pourra rien lui refuser.
D’autant, que, dans l’incarnation de MarĂ­a MirĂł, le dĂ©sir de vengeance contre l’infidĂšle et dĂ©jĂ  lointain Ă©poux se joint sĂ»rement Ă  la frustration sexuelle. Voix large, pleine, d’une grande beautĂ©, on ne sait si dans l’optique fĂ©ministe du metteur en scĂšne, elle est plus dans le combat que dans la rĂ©signation mĂ©lancolique. En tous les cas, dans ses deux airs sublimes de noblesse et de dignitĂ© trahie, elle semble plus une vengeresse Donna Ana que la Rosine triste et nostalgique, sans jamais de piani ni de demi-teinte des clairs-obscurs sentimentaux de l’hĂ©roĂŻne. Son Comte d’époux, le baryton David Lagares est un gĂ©ant prĂȘt Ă  tout Ă©craser de son impitoyable botte sous de lĂ©nifiantes paroles de grand seigneur pas mĂ©chant homme, Ă©clairĂ© sous ses nobles atours, mais retors et sombre dans ses dĂ©tours et les tours qu’il entend jouer Ă  ses valets avant d’en ĂȘtre jouĂ©. Il arrive Ă  ĂȘtre effrayant et son air est bien de fureur mordante dans sa vocalise jubilatoire Ă  l’idĂ©e de vengeance, avec un fa Ă©clatant de victoire et de morgue, note d’ultime hauteur pour de basses pensĂ©es : sa noblesse rĂ©vĂ©lĂ©e.
Objet du dĂ©sir et enjeu du conflit entre le maĂźtre et son valet, la Susanna de Norma Nahoun est d’une ravissante fraĂźcheur, pĂ©piante et scintillante : une incarnation de la triomphante fĂ©minitĂ©, non par les charmes du physique mais par les armes de l’intelligence. Son air final du jardin est un moment de grĂące. À Son digne compagnon Figaro, Yoann Dubruque prĂȘte une silhouette et un jeu tout en finesse : ce n’est pas le robuste roturier, fort en gueule, auquel on est habitué : il est plus pĂ©tillant que pĂ©tulant, et son allure et sa figure, finalement, justifient le coup de thĂ©Ăątre de sa noble naissance selon le clichĂ©, bien sĂ»r, que l’on applique Ă  l’aristocrate et au plĂ©bĂ©ien, notamment au thĂ©Ăątre. Il n’a pas une voix tonitruante de tribun (mais toutes ici sont bien harmonisĂ©es en volume entre elles), et il sait donner Ă  son premier air toute l’intĂ©rioritĂ©, son caractĂšre de soliloque aprĂšs la rĂ©vĂ©lation de la trahison du Comte qui convoite la femme avec laquelle il s’apprĂȘte Ă  convoler. Ses nuances Ă©clairent le personnage dans son premier air et, dans le dernier, se croyant trahi, il est Ă©mouvant, beau symbole chantant de cette folle comĂ©die si proche souvent des larmes. Comme cette musique si joyeuse, d’une beautĂ© Ă  pleurer d’émotion.

 

  

 

 

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COMPTE RENDU, opéra. AVIGNON, le 23 oct 2018. MOZART : Le Nozze di Figaro. Grögler / Aragón

LE NOZZE DI FIGARO
Opéra-bouffe en quatre actes
Livret de Lorenzo da Ponte
d’aprùs Le Mariage de Figaro de Beaumarchais
musique de Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra Grand Avignon
Opéra Confluence
21 et 23 octobre

En co-rĂ©alisation avec l’OpĂ©ra de Roue -Normandie
En collaboration avec le Festival d’Avignon, le ThĂ©Ăątre du Capitole de Toulouse et l’OpĂ©ra de Nice CĂŽte d’Azur.
Direction musicale : Carlos Aragón
Direction du ChƓur : Aurore Marchand. Études musicales HĂ©lĂšne Blanic
Mise en scÚne et décors : Stephan Grögler ;Assistante Bénédicte Debilly.
Costumes : VĂ©ronique Seymat‹CrĂ©ation lumiĂšres : GaĂ«tan Seurre. Peintre-dĂ©coratrice : Phanuelle Mognetti

Distribution
Contessa Almaviva : Maria Miró‹Susanna : Norma Nahoun‹Cherubino : Albane CarrĂšre‹Marcellina : Jeanne-Marie LĂ©vy‹Barbarina : Sara Gouzy
Conte Almaviva : David Lagares‹Figaro : Yoann Dubruque‹Dottore Bartolo / Antonio : Yuri Kissin‹Don Basilio / Don Curzio : Eric Vignau‹Contadine (paysanne) : Runpu Wang, SĂ©golĂšne Bolard (artistes du ChƓur) -
Orchestre RĂ©gional Avignon-Provence.
ChƓur de l’OpĂ©ra Grand Avignon, direction :Aurore Marchand.

 

 

 

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ENTRETIEN avec Mathieu HERZOG, fondateur et directeur musical de l’Orchestre Appassionato. Les 3 derniùres Symphonies de MOZART

ENTRETIEN avec Mathieu HERZOG, fondateur et directeur musical de l’Orchestre Appassionato. Au sujet des 3 derniĂšres Symphonies de Mozart, une trilogie instrumentale conçue comme un oratorio qui renforce la vitalitĂ© et l’expressivitĂ© d’un collectif capable d’égaler la palette et l’imaginaire de l’opĂ©ra. C’est dire combien le travail du chef français pilotant son orchestre Appassionato, dĂ©montre des qualitĂ©s fouillĂ©es voire superlatives en tout cas passionnantes dans le travail qui a prĂ©sidĂ© Ă  l’enregistrement qui paraĂźt Ă  l’automne 2018. Le maestro explique et commente ici l’Ɠuvre d’un Mozart bĂątisseur, architecte Ă  sa façon d’un monde d’équilibre, aux rĂ©fĂ©rences directement maçonniques
 Une rĂ©vĂ©lation et l’indice qu’il existe comme en Grande Bretagne, une nouvelle gĂ©nĂ©ration d’interprĂštes magiciens qui comprennent Mozart, en profondeur et en vĂ©ritĂ©. Somme mouvante, intelligence de gestes riches par leur diversitĂ© et pourtant unifiĂ©es grĂące Ă  l’énergie fĂ©dĂ©ratrice de son pilote principal, Appassionnato, portĂ© par la pensĂ©e de son chef Mathieu Herzog, incarne dĂ©sormais une approche rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e et formellement captivante des Ɠuvres mozartiennes. Entretien avec MATTHIEU HERZOG un chef qui a la passion de l’architecture, de la nuance, de l’articulation souple et naturelle.

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Matthieu Herzog et Appassionato : MOZART MAJEUR !

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Beaucoup considĂšrent les 3 symphonies comme une trilogie ayant sa cohĂ©rence et un sens qui les relie. Qu’en pensez vous ? De quelle façon les 3 opus se rĂ©pondent-ils / se complĂštent-t-il ? Comment s’il s’agissait d’un oratorio (cf Harnoncourt) ou d’un opĂ©ra en trois actes, chaque volet fait-il sens, en soi et par rapport aux autres ?

MATHIEU HERZOG : Je vais rĂ©pondre au trois questions en une si vous me le permettez. Je suis absolument d’accord avec l’idĂ©e d’une cohĂ©rence et d’une relation Ă©troite entre les trois symphonies qui s’explique tout d’abord assez simplement par la rapiditĂ© d’écriture : moins de deux mois pour l’achĂšvement complet de la trilogie. J’y vois Ă©galement une Ă©volution dramatique importante qui, Ă  mon sens, les relie fortement.
Pour paraphraser Nikolaus Harnoncourt, le phĂ©nomĂšne de 12 mouvements formant un tout est assez rĂ©aliste, le mot oratorio n’étant lĂ  que pour exprimer une forme nouvelle que Mozart crĂ©e, j’en suis persuadĂ©, de façon consciente.
Ensuite, on ne peut pas parler des derniÚres années de Mozart sans mentionner le culte maçonnique et les signes ne manquent pas dans cette trilogie. La premiÚre des trois symphonies commence en Mi bémol Majeur (comme La Flûte enchantée), trois bémol à la clef. La grande oeuvre se poursuit avec une symphonie en sol mineur, tonalité représentée par la lettre G en allemand et le G est présent dans le centre de la mystérieuse étoile flamboyante présente dans tous les temples maçonniques. Enfin, nous terminons en Do Majeur qui, par définition, est la tonalité absolue (Ut est la joie céleste) et début de Tout, comme la croyance de ce Grand Bùtisseur à laquelle Mozart adhÚre complÚtement.
Par consĂ©quent, oui, je suis certain que les trois symphonies sont reliĂ©es et que le gĂ©nie Mozart n’a pu concevoir qu’une simple addition de symphonies et en ce sens bien Ă©videmment il inventa un nouveau “tout“ musical.

Pour ce qui est du rapport des unes aux autres, cela paraĂźt Ă©vident par les tonalitĂ©s que je viens d’évoquer. Il y a aussi une dilution et une unitĂ© thĂ©matiques palpables que nous retrouvons lors d’un travail ou d’une Ă©coute cumulĂ©e des trois symphonies et qu’Harnoncourt exprime aussi par son parcours initiatique lors des nombreuses fois oĂč il dirigea ce triptyque en une soirĂ©e. Pour finir, je pense que pour Mozart, qui est de toute Ă©vidence un humaniste dans le sens de la croyance en l’Homme avant tout, le saint des saints est dans l’Homme, en effet ces trois oeuvres sont bien Ă©videmment reliĂ©es et j’ose mĂȘme croire qu’il les a conçues d’un seul trait dans son formidable esprit.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Votre sens de l’architecture est trĂšs manifeste. Quel a Ă©tĂ© votre travail sur le choix des tempo et des indications dynamiques et agogiques ?

Je vous remercie, ce sont des choses qui m’obsĂšdent, l’agogique, la cohĂ©rence dramatique, la ligne d’une phrase, d’un mouvement, d’une oeuvre, l’idĂ©e d’englober l’interprĂ©tation dans un tout qui tiendrait son auditeur en haleine de la premiĂšre Ă  la derniĂšre note. Si c’est perceptible, j’en suis plus que ravi.
Je vous avoue Ă©galement que j’ai parfois des problĂšmes Ă  l’écoute de certaines interprĂ©tations d’une oeuvre et cela crĂ©e peut-ĂȘtre chez moi une liste dâ€˜Ă©cueils que je souhaite par dessus tout Ă©viter. Tout d’abord, j ‘ai une aversion pour les dĂ©roulements isochrones, j’aime le mouvement inscrit dans une agogique. Je n’ai aucun plaisir au rubato pour le rubato mais j’ai souvent peur de l’influence de certaines musiques actuelles – avec trop de rythmiques robotiques – sur l’interprĂ©tation musicale.

La deuxiĂšme chose qui nourrit absolument mon discours c’est le support harmonique ! Je cherche Ă  voir l’harmonie comme un langage aussi clair que la langue française avec un point, une virgule et avec l’évidence que lorsque vous lisez ou dites un texte, les temps de pause, l’accentuation, les intonations offrent dĂ©jĂ  un chant d’interprĂ©tation vaste et passionnant car chaque acteur, chaque conteur peut vous faire ressentir des choses diffĂ©rentes avec le mĂȘme texte, c’est l’exact mĂȘme phĂ©nomĂšne en musique.

Et, pour finir, j’ai beaucoup Ă©tudiĂ© l’architecture linguistique de la langue
allemande afin de pouvoir articuler les phrasés avec plus de précision et ainsi, délivrer un message plus profond dans notre interprétation.
Il ne faudrait pas non plus oublier le travail concret avec Appassionato, cet ensemble incroyable peuplĂ© de trĂšs grands musiciens chambristes qui partagent passion et langage d’une façon peu commune et qui m’ont Ă  chaque instant aidĂ©, avec patience, Ă  accĂ©der Ă  cette interprĂ©tation que je rĂȘvais dans mon esprit.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous dans ce cycle une préférence ? Un climat, une association de timbres qui vous parlent davantage ? Pourquoi ?

Quelle question difficile, presque comme si l’on devait choisir son enfant
prĂ©fĂ©rĂ©. Non, dĂ©solĂ©, je suis fou d’amour pour les trois symphonies. Que le
monde serait pauvre sans elles !

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Et sur l’orchestration, quel est le gĂ©nie de Mozart selon vous ?

MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriC’est une question passionnante mais trĂšs technique ! Je vais aborder plusieurs choses trĂšs prĂ©cises en essayant, justement, de ne pas ĂȘtre trop technique. Tout d’abord, Mozart a un talent inouĂŻ pour l’équilibre entre les parties : avec peu d’instruments (par consĂ©quent peu de timbres diffĂ©rents), il parvient Ă  faire naĂźtre de riches couleurs orchestrales, principalement grĂące au contrepoint, il crĂ©e des vagues d’émotions par bouffĂ©es de chaleur et non par violence. Lorsque les cordes se veulent trĂšs puissantes et presque agressives, il utilise un contrepoint linĂ©aire chez les vents afin de nourrir son orchestration par le dĂ©tail, il crĂ©e Ă©galement, en accompagnement d’un chant de clarinette, un fourmillement presque imperceptible dans les violons d’oĂč surgit une richesse semblable, peut-ĂȘtre, au murmure de la ville viennoise et des sabots des chevaux qui passent sous sa fenĂȘtre.
Ce n’est jamais par la masse qu’il crĂ©e ces atmosphĂšres mais par l’association de petites choses qui forment un tout, en tout point parfait. Il a Ă©galement ses petites habitudes dĂ©licieuses comme tous les orchestrateurs, que l’on pourrait appeler les “nappes“ de vents.

Dans le dĂ©but de la 40Ăšme symphonie, lorsque les violons reprennent le thĂšme de dĂ©part pour la deuxiĂšme fois, il enrichit son discours avec deux hautbois et deux bassons longilignes qui sont Ă  se damner, tout simplement. Il ne faut jamais oublier non plus qu‘il reste un rhĂ©teur de premier ordre, il parle sans arrĂȘt et presque sans respirer, il invente, au fond, le romantisme car il arrive, dans un langage parfaitement classique, Ă  construire des phrases sans fin et pourtant sans ennui. Cette force de la mĂ©lodie infinie, supportĂ©e par une rythmique presque microscopique, c’est quelque chose qu’on ne retrouve que chez les plus fabuleux compositeurs.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Voyez vous une relation de ce cycle purement orchestral avec l’opĂ©ra ?

Bien Ă©videmment mais dans toute l’oeuvre de Mozart, pas seulement dans ce triptyque. Comme je le disais, Mozart est un rhĂ©teur, un bavard passionnant qui ne peut s’empĂȘcher, en musique, de dire encore et toujours la mĂȘme chose mais avec une telle brillance dans le discours, un tel maniement des outils rhĂ©toriques musicaux qu’on reste Ă©merveillĂ© alors qu’il nous rĂ©pĂšte la mĂȘme histoire. C’est ce qui fait de lui le compositeur d’opĂ©ra que tout le monde admire. Sa capacitĂ© Ă  raconter est hors du commun.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Quels sont vos projets lyriques comme directeur d’Appassionato ?

Ce sont pour le moment uniquement des projets Ă  l’état d’ébauche mais plusieurs se trouvent sur notre table de travail. Notamment une version de chambre du premier opĂ©ra de Puccini, Le Villi, que j’ai orchestrĂ© pour une production qui s’est malheureusement annulĂ©e et pour lequel j’ai une affection toute particuliĂšre. C’est justement un de nos objectifs majeurs avec mon collaborateur LĂ©o DoumĂšne car nous avons un goĂ»t prononcĂ© pour les opĂ©ras mĂ©connus des trĂšs grands compositeurs, tel que le Rienzi de Wagner ou justement Le Villi de Puccini, les opĂ©ras de Haydn
 parfois perdus ou trĂšs peu jouĂ©s mais que je pourrais rĂ©orchestrer. Nous leur donnerions ainsi une nouvelle vie, une seconde jeunesse peut ĂȘtre ! Un dernier rĂȘve qui m’habite depuis l’enregistrement des “3 derniĂšres“, c’est une furieuse envie de graver Don Giovanni avec la mĂȘme idĂ©e conductrice que lors de cet enregistrement et une distribution totalement française.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Pour vous, quel visage / quels aspects de Mozart, ce cycle nous révÚle t il ?

mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Le Mozart romantique ! Le Beethoven avant l’heure, le prince du Sturm und Drang (tempĂȘte et passion), un personnage qu’on ne voit pas forcĂ©ment en lui et qui pourtant me semble trĂšs prĂ©sent dans les trois derniĂšres annĂ©es de sa vie et que les versions baroques ont paradoxalement touchĂ©. C’est cet aspect de Mozart que je voulais voir et entendre sur instruments modernes pour justement y amener une plĂ©nitude et une force du son en plus de la science des articulations, des tempi et des lignes.

Propos recueillis en octobre 2018

 
 
 

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Illustrations : © R. RiĂšre / Appassionato / Mathieu HERZOG 
 
  
 
 

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HERZOG Mathieu appassionato symphonies de MOZART cd NAIVE clic de classiquenews cd review critique cd compte rendu cd critique cdCD Ă©vĂ©nement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41 (« Jupiter ») / Appassionato. Mathieu Herzog, direction (1 cd NAIVE / parution : 2 novembre 2018). Inattendu et plus que convaincant : jubilatoire ! En ces temps de disettes miraculeuses, quand nous dĂ©sespĂ©rions d’écouter enfin un chef ou un ensemble dignes des pionniers baroqueux, mordant, percutant, surtout poĂ©tiquement juste et audacieux, voici, de surcroĂźt chez Mozart, (et le plus difficile, 
 celui que l’on croit connaĂźtre) un maestro au tempĂ©rament exceptionnel, Mathieu Herzog, chambriste avĂ©rĂ© et baguette ciselĂ©e, qui ici nous dĂ©voile avec son ensemble «  Appassionato » (le bien nommĂ©), une lecture rafraĂźchissante et trĂšs fouillĂ©e, des 3 derniĂšres symphonies du divin Mozart (soit les n°39, 40 et 41 « Jupiter » ; un « oratorio instrumental », selon le dernier Harnoncourt, qui aura laissĂ© le concernant un vĂ©ritable testament artistique  / LIRE notre critique dĂ©veloppĂ©e Mozart par Harnoncourt, 2012) ; avec les instrumentistes d’Appassionato, Mathieu HERZOG nous propose une approche totalement irrĂ©sistible, pleine de feu, de verve, d’audace, juste et renouvelĂ©e. Bravo maestro HERZOG ! Coffret coup de coeur de CLASSIQUENEWS et couronnĂ© par notre “ CLIC ” de classiquenews… EN LIRE +

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CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016).

mozart il sogno di scipione oratorio ian page classical opera 2 cd signum classics critique cd cd review par classiquenewsCD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016). Ian Page aime nous dĂ©voiler l’étonnante inspiration du jeune Wolfgang, ainsi aprĂšs Mitridate (1770 Ă  14 ans), encore trĂšs redevable aux Napolitains, voici Il Sogno di Scipione, crĂ©Ă© Ă  Salzbourg en avril 1772 (16 ans), dont la noblesse de l’orchestration indique une maturation sensible de son Ă©criture.
L’habiletĂ© de Mozart relĂšve le dĂ©fi d’une action thĂ©Ăątrale, allĂ©gorique Ă©videmment, oĂč le hĂ©ros Scipione, dans un songe Ă  dĂ©chiffrer (et qui est le sujet de l’action) peut voir le paradis et entendre la musique des SphĂšres ; il rencontre le vertueux Publius, modĂšle de la vertu politique qui s’est souciĂ© des autres
 Scipione doit cependant regagner la terre car il y a un destin Ă  accomplir, mais auparavant doit choisir entre Fortune (richesses et corruption) et Costanza (effort et tĂ©nacitĂ© et loyautĂ©).
Scipione prĂ©fĂšre Costanza, suscitant la colĂšre de Fortuna ; mais le hĂ©ros ayant Ă  ses cĂŽtĂ©s la constance, fait face et vainc les menaces de Fortune. Dans un air final, – directement adressĂ© Ă  l’ArchevĂȘque, Licenza loue les vertus et le choix de Scipion.

Impeccable et si Ă©lĂ©gant comme flexible Publio du tĂ©nor Krystian Adam, qui rĂ©ussit entre autres son air le plus long « Se vuoi que te raccolgano », d’un hĂ©roĂźme ardent et tendre (cd) ; mĂȘme assiduitĂ© dans les mĂ©lismes aigus de la Costanza de Klara Ek (qui totalise elle aussi l’air le plus long « Ciglio che al sol si gira », aux aigus redoutables mais bien gĂ©rĂ©s malgrĂ© sa petite voix. L’Emilio du tĂ©nor Robert Murray souligne lui aussi tout ce qu’a de tendre et de lumineux (avec une voix plus tendue et une souplesse pas aussi naturelle que son confrĂšre Adam) l’inspiration du jeune Mozart dans le genre seria ; tant il est vrai que le jeune compositeur sculpte avec tendresse chacun des protagonistes de son drame. Meme ardeur pour le Scipione de Stuart Jackson, agile et dĂ©terminĂ© dans son second aria plutĂŽt conquĂ©rant et hĂ©roĂŻque (avec cor obligĂ© vaillant et brillant): « Di che sei l’arbitra del mondo interno »  (un rĂŽle dont le caractĂšre annonce Idomeneo Ă©videmment.

CLIC D'OR macaron 200La versatilitĂ© ronde et nerveusement accentuĂ©e de l’orchestre fait merveille, entre sagacitĂ©, brio et motricitĂ© enjouĂ©e (cordes d’une lĂ©gĂšretĂ© admirable), en particulier dans les airs en bonus, alternatifs (4 derniers airs du cd2), apportant une lumiĂšre particuliĂšre Ă  la comprĂ©hension des versions antĂ©rieures de certains airs (originale de « Ah perchĂš cercar degg’io » (Licenza) : fulgurance en 3mn31, plutĂŽt que long dĂ©veloppement en plus de 8 mn : magnifiquement dĂ©fendue par la soprano virtuose et prĂ©cise Chiara Skerath). L’ironie de l’histoire est que le jeune compositeur dĂ©ploie toute sa verve pour cĂ©lĂ©brer l’archevĂȘque de Salzbourg, au dĂ©part Schhrattenbach, lequel mort, est remplacĂ© par Coloredo
 qui se montrera Ă  peu prĂšs aussi infect avec le jeune Wolfgang, que l’air et son Ă©criture sont touchĂ©s par la grĂące (dans les deux versions d’ailleurs).

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CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016)

CD, critique. Mozart: Die Schuldigkeit des ersten Gebots (Classical Opera / Ian Page, 2cd Signum classics 2012)

Mozart Die Schuldigkeit des ersten Gebots cd critique cd review par classiquenewsCD, critique. Mozart: Die Schuldigkeit des ersten Gebots (Classical Opera / Ian Page, 1 cd Signum classics). RĂ©surrection sincĂšre
 On ne saura trop louer l’initiative du chef britannique Ian Page, fondateur en 2017 de la compagnie (orchestre et chanteurs), The Mozartists, dont le nom indique l’expression et la rĂ©alisation d’une passion, idĂ©alement maĂźtrisĂ©e, la musique de Mozart : symphonies, cantates, oratorios, etc
 et aussi l’opĂ©ra, genre privilĂ©giĂ© pour lequel Ian Page a fondĂ© un collectif dĂ©sormais dĂ©diĂ© « Classical Opera ». AprĂšs Apollo e Hyacinthus (mai 2012), voici un drame peu connu d’une poĂ©sie exceptionnelle aux thĂšmes graves et d’une finesse insoupçonnĂ©e (comme souvent chez Wolfgang). Die Schuldigkeit des ersten Gebots / Le devoir du Premier Ordre ainsi rĂ©vĂ©lĂ© (enregistrĂ© Ă  l’Ă©tĂ© 2012), fait partie du cycle intĂ©gral dĂ©diĂ© aux oeuvres de Mozart, une collection de performances donnĂ©es en public et objets d’enregistrements jusqu’au 250Ăš anniversaire de la mort de Mozart soit en 
 2041. Une OdyssĂ©e qui se construit peu Ă  peu – comme celle dĂ©diĂ©e Ă  Haydn (et rĂ©alisĂ©e par le chef Giovanni Antonini et le label Alpha), et qui nous offre rĂ©guliĂšrement de superbes surprises : l’implication collective, le sens du dĂ©tail, du drame, de l’articulation en gĂ©nĂ©ral (musique et texte) suscitent l’enthousiasme.
C’est le cas ici de cette rĂ©surrection du premier drame composĂ© par Mozart Ă  
 11 ans (1767).
L’oratorio met en scĂšne le Christ qui doute, auquel apparaissent 3 allĂ©gories : l’esprit du christianisme, la Justice divine, la MisĂ©ricorde divine.
Christianisme et Justice dĂ©fendent l’impact du Jugement dernier et de l’Enfer pour guider l’ñme chrĂ©tienne. Mais celle ci succombe aux dĂ©lices et promesses Ă©voquĂ©es par l’Esprit matĂ©rialiste. Le Christianisme n’entend pas cĂ©der un pouce et comme un docteur, argumente, explicite, accompagne dans ses doutes, puis convainc le chrĂ©tien.
La musique des parties 2 et 3 a hĂ©las disparu : il s’agissait des derniĂšres tentatives de l’esprit chrĂ©tien pour sauver l’ñme qui doute ; comparĂ© Ă  un arbre vert mais stĂ©rile, sans fruits, sans foi. Dans la partie 3, l’ñme chrĂ©tienne a vaincu ses propres dĂ©mons ; sa vanitĂ© et son orgueil : pleine d’humilitĂ© et de contrition, le chrĂ©tien nouveau repousse les plaisirs illusoires et si vain du matĂ©rialisme.
On peut ĂȘtre Ă©tonner de la gravitĂ© doctorante du sujet qui produit chez le jeune Mozart, tout sauf une musique discursive, aride et ennuyeuse.

La vivacitĂ© de l’écriture y est amplifiĂ©e par une lecture pleine de vie et d’ardeur (l’activitĂ© de l’esprit chrĂ©tien Ă©lectrisĂ©, tenace pour sauver l’ñme de celui qui doute). Propre aux annĂ©es 1760, Wolfgang fusionne la coupe rĂ©pĂ©titive des napolitains et la nervositĂ© profonde des cordes dans l’esprit de Mannheim. Le souvenir des oratorios germaniques, ceux des fils de JS BACH, en particulier de Carl Philip Emanuel est prĂ©sent, dans une langue ciselĂ©e (rĂ©citatif) et l’intensitĂ© orchestralement raffinĂ©e des arias.

Les solistes s’efforcent tous : engagĂ©s Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre rĂ©ellement fins et nuancĂ©s, vivants sans maniĂ©risme ni surenchĂšre ; car si nous sommes au thĂ©Ăątre, l’église et la dignitĂ© morale qui nourrissent l’enjeu final, sont essentielles.
L’esprit du christianisme a la verve discursive et l’ éloquence facile (le tĂ©nor Andrew Kennedy, fin, linguistiquement percutant, le plus inspirĂ© de la troupe) ; la MisĂ©ricorde souvent associĂ©e aux cors majestueux, un rien solennels (Sarah Fox, mezzo) s’exalte, s’enivre
 ; l’Esprit matĂ©rialiste a toute les sĂ©ductions trompeuses grĂące Ă  la coloratoure sĂ»re de la soprano Sophie Bevan, familiĂšre de la troupe fondĂ©e par Ian Page (elel chante Zaide et le rĂ©cital « Perfido! » avec un aplomb spectaculaire : la sincĂ©ritĂ© et l’intensitĂ© du chant font mouche.

DĂšs son premier air, qui vient en fin de premiĂšre partie (fin du cd1), soit aprĂšs l’exposition des toutes les allĂ©gories, le Christ ou l’ñme qui doute trouve dans le chant du tĂ©nor Allan Clayton, une incarnation Ă  la fois vivante et tourmentĂ©e, parfois tendue (avec cor naturel obligĂ©), voire raide et lĂ©gĂšrement fausse, qui manifeste les doutes, les efforts, la peine et l’inquiĂ©tude, les doutes qui Ă©treignent son esprit fragile.
Moins convaincante aussi la Justice divine (Cora Burggraaf au timbre pincé voire trop étroit, acide, voix courte) est plus contournée
 donc plus bancale.

MalgrĂ© ses petites rĂ©serves, nous bĂ©nĂ©ficions d’une tenue collective trĂšs investie qui a le mĂ©rite d’aborder l’oeuvre Ă  travers ses climats intĂ©rieurs ; le doute Ă©tant lovĂ© au coeur de son architecture et des caractĂšres de chaque piĂšce. Ian Page dĂ©voile chez le Mozart adolescent, une maturitĂ©, un sens des couleurs, une intelligence dramatique qui force l’admiration. La partition certes incomplĂšte, prĂ©pare l’oratorio parfait, La Betulia Liberata (1771)
 animĂ© par un souffle permanent, une ivresse d’un nouveau raffinement (l’oeuvre est-elle prĂ©vue prochainement dans le planning des rĂ©alisations de Ian Page ? A suivre
).

BONUS : le cd2 comprend outre les derniers airs de l’oratorio de 1767, un documentaire vidĂ©o sur les conditions et la genĂšse de l’enregistrement
 A voir absolument pour comprendre la maturation et l’évolution du langage musical du jeune Mozart.

 
 
 

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CD, critique. Mozart: Die Schuldigkeit des ersten Gebots . Le Devoir du Premier Ordre, 1767 (Classical Opera / Ian Page, 2012 – 2 cd Signum records).

 
 
 

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Cd, critique. MOZART : ZAIDE. Classical Opera. Ian Page (1 cd Signum classics, 2016)

Zaide-cd critique review cd ian page classical opera cd release and review critique cd par classiquenews MOZART 220x220-1Cd, critique. MOZART : ZAIDE. Classical Opera. Ian Page (1 cd Signum classics, 2016). L’orchestre CLASSICAL OPERA rĂ©unissant quelques uns des meilleurs instrumentistes britanniques actuels par le chef mordant, nerveux, d’une exceptionnelle direction dĂ©taillĂ©e et aĂ©rienne, Ian PAGE, – fondateur de la formation, rĂ©ussissent un ZAIDE de premiĂšre qualitĂ© : la tenue permanente de l’orchestre demeure vivace, palpitante, Ă©lectrisĂ©e, et aussi d’une flexibilitĂ© expressive d’un galbe inouĂŻ c’est Ă  dire d’une sonoritĂ© Ă  la fois vivante, voire trĂ©pidante, et pourtant colorĂ©e, dĂ©taillĂ©e, poĂ©tiquement profonde.
Le sujet met en scĂšne des europĂ©ens (Gomatz, Zaide) rĂ©duits en esclavage par le sultan Soliman : une prĂ©figuration de ce que dĂ©noncera L’EnlĂšvement au SĂ©rail : l’amour souverain contre toute forme d’arbitraire tyrannique.
Ian Page reconstitue la matiĂšre dramatique de cet opĂ©ra qui devait ĂȘtre en 2 actes, avec son ouverture empruntĂ© Ă  Thamos, roi d’Egypte.
La lecture force l’admiration par son fini, sa grande cohĂ©rence, un son mozartien d’une Ă©lĂ©gance jamais Ă©coutĂ©e Ă  ce jour, sur instruments d’époque.
De surcroĂźt, le plateau rĂ©unit des solistes chevronnĂ©s, soucieux de la projection et de l’articulation de l’allemand, avec verve, imagination, nuance et intensitĂ©.
Jackson-Stuart-soliman-tenor-porait-zaide-par-classiquenewsEn Soliman, le tĂ©nor Stuart Jackson maĂźtrise idĂ©alement cette nervositĂ© Ă©lĂ©gante propre au Mozart de la fin des annĂ©es 1770, sa profondeur et cette lumiĂšre noire spĂ©cifique Ă  la pĂ©riode oĂč le compositeur Ă©mancipĂ© de Salzbourg, recherche un emploi digne de sa valeur, voyageant jusqu’à lÂ â€˜Ă©puisement, vivant, Ă©prouvant la douleur la plus intense, comme Ă  Paris en 1778, la mort de sa mĂšre
 C’est peu dire que le gĂ©nie de Mozart, entre tendresse et fulgurance funĂšbre, tient Ă  cette profondeur grave, cette sincĂ©ritĂ© Ă©motionnelle, qui est Ă  la fois tendresse et prĂ©science de la mort, ce gouffre vertigineux, noir, dĂ©jĂ  romantique. La sensibilitĂ© de Wolfgang sait exprimer le dĂ©sarroi de l’ñme Ă©prouvĂ©e jusqu’au vertige ultime qui marie douleur infinie et prĂ©monition funĂšbre. Ainsi les airs ici de Zaide (touchante voire bouleversante Ă  mesure de l’action, Sophie Bevan), qui de tendres versent progressivement dans un infini doloriste, mortifĂšre (air plage 14 « Troslosschluchzet Philome ») qui dans le profil de l’hĂ©roĂŻne, prĂ©figure la profondeur tragique de Pamina de la FlĂ»te enchantĂ©e. dans un prĂ©cĂ©dent enregistrement, la soprano britannique a enregistrĂ© les airs de Sophie Dusseck (cf cd rĂ©alisĂ© par Ian Page, « PERFIDO ! »).‹Distinguons entre autresn parmi un cast irrĂ©prochbale – autre indice de l’intuition infaillible du chef-, l’excellent baryton Jacques Imbrailo (Allazim).

Ian Page comprend la violence du sentiment de solitaire impuissance, d’absolu dĂ©nuement qui traverse le personnage de l’hĂ©roĂŻne. (plage 15 air « Tiger ! »).
On reste stupĂ©fait par l’économie expressive du chef, sa science du naturel tragique : de fait, oĂč a t on Ă©coutĂ© telle sonoritĂ© ronde et chaude, flexible et expressive, d’une Ă©quilibre souverain ? Le finale, quatuor des protagonistes synthĂ©tise toute la charge des Napolitains, avec cette tension prĂ©classique, Sturm und Drang, Ă©lectrique, dont la tension, l’architecture tragique et hĂ©roĂŻque annonce les Ɠuvres ultimes (gravitas morale de Titus), et aussi le Fidelio de Beethoven par cette couleur fraternelle, compassionnelle, humaine, propre au Mozart attendri, supĂ©rieurement humaniste.

La comprĂ©hension du chef Page face Ă  la gĂ©ographie et Ă  l’imaginaire fraternel mozartien est proprement superlatif. Mozartien, humaniste, le chef l’est totalement. Le maestro inspirĂ©, raffinĂ©, dĂ©montre ici tout ce que Zaide apporte d’élĂ©ments dĂ©cisifs dans la maturation du gĂ©nie mozartien, le menant directement vers son dernier singspiel lui aussi viscĂ©ralement traversĂ© par l’esprit et l ‘idĂ©al des LumiĂšres, La FlĂ»te enchantĂ©e de 1791. Lecture superlative.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MOZART : ZAIDE. Classical Opera, Ian PAGE (1 cd Signum classics, 2016). Sophie Bevan, Zaide. Allan Clayton, Gomatz. Stuart Jackson, Soliman. Jacques Imbrailo, Allazim. Darren Jeffery, Osmin. Jonathan, McGovern. The Orchestra of Classical Opera. Ian Page, direction.

BD, événement. MAUSART (éditions DELCOURT)

mausart delcourt BD critique livre BD bande dessinee par classiquenews CLIC de classiquenews de la rentree pour noel 2018BD, Ă©vĂ©nement. MAUSART (Ă©ditions DELCOURT). VĂ©ritable choc visuel cette bande dessinĂ©e ravira petits (et grands) tant par la beautĂ© du dessin et des couleurs que la vivacitĂ© du scĂ©nario. La poĂ©sie de l’image accordĂ©e au mordant de l’histoire rĂ©active ici la lĂ©gende mozartienne avec une finesse et une subtilitĂ© superlative. A Vienne, l’Empereur et sa (basse cour) exige de Salieri (devenu loup) de jouer cette musique que le souverain a entendu alors qu’il passait prĂšs de la maison du compositeur officiel
 Le problĂšme est que Salieri n’en est pas l’auteur, car c’est le souriceau Mausart, habitant avec sa famille dans le pianoforte de Salieri, qui jouait alors sur le clavier une improvisation libre et fantaisiste.

Salieri force son jeune rival infiniment plus doué, et entend ravir la vedette à son insu
 Mausart et sa famille se laisseront-ils faire ?

CLIC D'OR macaron 200Le scĂ©nariste joue des Ă©lĂ©ments du mythe mozartien : relation Ă  Salieri, prĂ©sentation Ă  la Cour, sĂ©duction et dĂ©sir dans le cƓur du souriceau, rĂŽle du pĂšre de Mausard, coups de thĂ©Ăątre grĂące Ă  la flĂ»te (enchantĂ©e),
 autant d’ingrĂ©dients qui pimentent l’action de la bande dessinĂ©e qui l’élĂ©gance et l’onirisme des contes et lĂ©gendes les plus anciennes. Au total 34 pages admirablement conçue qui rĂ©enchantent la figure du divin Wolfgang, avec en bonus tout un cahier de dessins et croquis non utilisĂ©s dans la bende dessinĂ©e finale, mais qui au moment de la rĂ©alisation on permis certainement au dessinateur de se faire la main, ciselant encore et encore situations et figures
 Avouons que la perruque viennoise XVIIIĂš sied particuliĂšrement Ă  la colonie de souris qui est la protagoniste de l’histoire. A suivre. Cadeau idĂ©al pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e 2018.

 

 

 

 

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BD, Ă©vĂ©nement. MAUSART (Ă©ditions DELCOURT) – Date de parution : 26/09/2018 / ISBN : 978-2-413-00258-1 – ScĂ©nariste : Thierry JOOR / Illustrateur : Gradimir Smudja. BD Ă©vĂ©nement, Ă©lue « CLIC » de CLASSIQUENEWS de la rentrĂ©e 2018

PARIS, signature : le chef Marco Guidarini présente « Gulda in viaggio verso Praga », le 28 sept 2018, 19h

guidarini-marco-maestro-sublimo-actualites-news-on-classiquenews-Guidarini_3_-_c_Josef_RabaraPARIS, signature : le chef Marco Guidarini prĂ©sente « Gulda in viaggio verso Praga », le 28 sept 2018, 19h. Maestro et romancier
 baguette et plume font bon mĂ©nage dans le cas du chef italien Marco Guidarini, fondateur du Concours de Bel Canto Bellini. Ce vendredi 28 septembre 2018 Ă  19h, La Libreria – 52, rue de Fbg PoissonniĂšre 9Ăš ardt, Marco Guidarini prĂ©sente et signe son nouvel ouvrage intitulĂ© « Gulda in viaggio verso Praga ».
Les 11 chapĂźtres du texte explorent la passion du maestro Guidarini pour la musique et en particulier ses affinitĂ©s avec l’univers mozartien. En imaginant le pianiste Gulda en voyage vers Prague, l’auteur Ă©voque le goĂ»t d’une ville historiquement proche de Mozart, qui a su avant Vienne, applaudir et comprendre Don Giovanni

« Lacrimosa » et « Magdalena » Ă©voquent les derniers instants et la mort de Wolfgang Ă  travers le portrait de ses proches. « Zwei Geharnischten » s’intĂ©ressent Ă  la figure des deux hommes armĂ©s qui dans La FlĂ»te EnchantĂ©e, le dernier opĂ©ra de Mozart, posent question ; « Cartavelina » rend hommage Ă  ce footballer oubliĂ©, Mathias Sindelar, Mozart du ballon rond dont une seule et unique vidĂ©o a gardĂ© la trace du gĂ©nie marqueur
 11 dĂ©clarations d’amour Ă  la musique et au gĂ©nie de Mozart.

 

 

 

Gulda in viaggio verso Praga
RENCONTRE avec
Marco Guidarini

 

Ă  La Libreria
vendredi 28 septembre 2018 Ă  19h

52 rue du Faubourg PoissonniĂšre
75009 Paris

 

www.libreria.fr/store/

 

Gulda marco guidarini livre  livre annonce par classiquenews page de couv 1

 

gulda-marco-guidarini-rencontre-la-libreria-paris-rencontre-par-classiquenews-annonce

Nouvelle Flûte enchantée à Milan

Schinkel, dĂ©cor FLute enchantee mozart 1815ARTE,mercredi 21 septembre 2016. La FlĂ»te EnchantĂ©e de Mozart, 20h45. En lĂ©ger diffĂ©rĂ© de la Scala de Milan, voici la nouvelle production de la FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart, l’opĂ©ra populaire fĂ©erique en langue germanique conçu par Wolfgang Ă  Vienne, l’annĂ©e de sa mort, 1791. A l’affiche du 2 au 26 septembre, la nouvelle production du conte initiatique mozartien, est mis en scĂšne par le berlinois Peter Stein, professeur Ă  l’AcadĂ©mie de La Scala, pilotant les premiers scĂ©niques des jeunes et prometteurs chanteurs : car tous ici prĂ©sentent ainsi leur travail de professionnalisation, au cƓur d’une maison lyrique soucieuse de transmission et d’excellence. Au total 10 reprĂ©sentations oĂč les spectateurs milanais pourront mesurer le degrĂ© d’engagement et la musicalitĂ© des jeunes apprentis acadĂ©miciens. Dans la fosse, le mozartien vĂ©tĂ©ran, ÁdĂĄm Fischer, revient au pupitre pour la premiĂšre fois depuis 1998.
L’opĂ©ra de Mozart, suit les prĂ©ceptes des LumiĂšres et aussi de la symbolique franc-maçonne Ă  laquelle adhĂ©rait Mozart : de l’ombre Ă  la lumiĂšre. Des stridences envoĂ»tante (et trompeuses) de la Reine de la nuit, au temple Ă©gyptien solaire et Ă©blouissant d’Amonasro. Qui est la mĂšre ? Qui est le pĂšre ? Qui manipule qui ? Le couple des hĂ©ros amoureux (Tamino et Pamina), le couple secondaire plus comique et moins tragique (Papageno / Papagena), les 3 fĂ©es, les 3 garçons guides protecteurs, l’infĂąme Monostatos, geĂŽlier mĂ©prisable et barbare (comme Osmin dans l’EnlĂšvement au SĂ©rail), 
 sont autant de personnes clĂ©s d’une action aux allures de parcours initiatique qui Ă©prouvant le courage et la fidĂ©litĂ© des jeunes hĂ©ros, n’a pour but que de les rĂ©vĂ©ler Ă  eux-mĂȘmes : purs, responsables, justes
 en pleine lumiĂšre !

 

 

 

arte_logo_2013La Flûte enchantée de Mozart à la Scala de Milan
Direction musicale : Ádåm Fischer
Mise en scĂšne : Peter Stein
Décors: Ferdinand Wögerbauer
Costumes: Anna Maria Heinreich
LumiĂšre: Joachim Barth
Solistes, Choeur et Orchestre de Accademia Teatro alla Scala
+ d’INFOS sur le site de La Scala de Milan

 

 

 

Docu et concert Mozart sur Arte

arte_logo_2013ARTE, Dimanche 4 septembre 2016, 17h30. SpĂ©ciale Mozart. Deux programmes s’intĂ©ressent Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang : le profil du compositeur stars adulĂ©, vĂ©nĂ©rĂ©, estimĂ© dĂšs son vivant
 malgrĂ© ce que l’on a avancĂ© souvent Ă  torts. Puis, nouveau concert par la nouvelle gĂ©nĂ©ration française dont la soprano coloratoure Sabine Deviehle, nouvelle ambassadrice de l’élĂ©gance tendre mozartienne (envĂ©ritĂ© elle n’est pas si seule comme en tĂ©moigne aussi la naĂźtrise de la jeune soprano coloratoure elle aussi, Julia Knecht dans un rĂ©cent programme PUR MOZART dirigĂ© par la chef Debora Waldman
). 2 RVs donc ce 4 septembre Ă  17h30 puis 18h20.

 

 

 

Dimanche 4 septembre, 17h30
Mozart Superstar
D’Elvis Presley Ă  Madonna, de John Lennon Ă  Michael Jackson, tous auraient rĂȘvĂ©mozart_portrait-300 d’afficher un tel palmarĂšs : 626 Ɠuvres, plus de 200 heures de musique, 12 000 biographies, 100 millions d’exemplaires de l’intĂ©grale de son Ɠuvre vendus Ă  travers le monde ! Plus de deux siĂšcles aprĂšs sa mort, Mozart reste en tĂȘte de tous les classements.‹Ce documentaire musical peu conventionnel dresse le portrait intime de l’artiste en relevant ses traits les plus saillants – que l’on retrouve aussi chez de nombreuses lĂ©gendes de la pop… Une quinzaine d’intervenants (de la chanteuse lyrique Patricia Petibon Ă  l’Ă©crivain Philippe Sollers) Ă©tayent ce rĂ©cit mĂȘlĂ© Ă  des extraits de fictions comme Amadeus, des publicitĂ©s, des concerts, une comĂ©die musicale et des clips. L’habillage du film, Ă  base de nĂ©on, inscrit rĂ©solument Mozart dans une lecture contemporaine.‹Avec notamment : Patricia Petibon, chanteuse lyrique, Philippe Sollers, auteur duMystĂ©rieux Mozart (Gallimard), la pianiste Vanessa Wagner, le violoniste Benjamin Schmid, Johannes Honsig-Erlenburg, prĂ©sident de l’UniversitĂ© Mozarteum de Salzbourg, et GeneviĂšve Geffray, ancienne bibliothĂ©caire de celle-ci, Isabelle Duquesnoy, biographe de Constance Mozart, Annie Paradis, auteure de Mozart : l’opĂ©ra rĂ©enchanté (Fayard), Yann Olivier, prĂ©sident d’Universal Classic et Jazz, Bertrand Dicale et Helmut Brasse, journalistes musicaux, Dove Attia, producteur et auteur de Mozart, l’opĂ©ra-rock.
Documentaire de Mathias Goudeau (France, 2012, 52mn, rediffusion)

 

 

 

L’AcadĂ©mie des sƓurs Weber
Ă  18h30

Devielhe-sabine-mozart-weber-soeurs-cd-review-critique-compte-renduEn quĂȘte de nouvelles opportunitĂ©s professionnelles, Mozart a vingt-et-un ans lorsqu’il frappe Ă  la porte des Weber vers la fin de l’annĂ©e 1777. Fridolin Weber, chef de cette humble famille de Mannheim, est copiste, souffleur de thĂ©Ăątre et chanteur (basse). Il place la musique au cƓur de l’éducation de ses quatre filles Josepha, Aloysia, Constanze et Sophie. Un coup de foudre total et immĂ©diat : Mozart s’éprend de la jeune Aloysia, Ă  peine ĂągĂ©e de dix-sept ans et dotĂ©e d’une voix aux capacitĂ©s exceptionnelles. Mais c’est Constance qu’il Ă©pousera (comme en tĂ©moigne l’opĂ©ra amoureux L’EnlĂšvement au sĂ©rail oĂč Constanze est un personnage du drame), et son destin restera intimement liĂ© Ă  cette famille.
A Vienne, le jeune compositeur organise des « AcadĂ©mies » – concerts Ă©clectiques sur invitations qui pouvaient durer plusieurs heures sont prĂ©sentĂ©s des extraits d’opĂ©ra, de symphonies ou des airs pour sopranos Ă©crits pour l’occasion. Sabine Devieilhe et RaphaĂ«l Pichon, soprano et chef, Ă©poux Ă  la ville, font revivre l’esprit de ces concerts pas comme les autres – dans ce rĂ©cital oĂč se cĂŽtoient des pages virtuoses pour la voix de Sabine Devieilhe, digne hĂ©ritiĂšre d’Aloysia, et des partitions pour orchestre du divin Mozart.

Sabine Devieilhe – W.A. Mozart, une acadĂ©mie pour les sƓurs Weber — RĂ©alisation : Colin Laurent. Avec Sabine Devieilhe et l’Ensemble Pygmalion dirigĂ© par RaphaĂ«l Pichon. EnregistrĂ© au ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial de CompiĂšgne en dĂ©cembre 2015 (44mn – 2016). Le thĂšme de ce programme a fait l’objet d’un enregistrement discographique chez ERATO, Ă©lu CLIC de classiquenews.

 

 

 

Programme
Haffner Allegro enchainé
Aria Vorrei spiegarvi K.418 +
Aria Schon lacht der holde FrĂŒhling K.58
Trio Die Schlittenfahrt Kv 605 n°3 + Deutsche Tanze kv 571 n°6, enchainés
Die Zauberflöte Kv 620 – Reine de la Nuit +
Haffner Presto
Aria Nehmt meinen Dank
Dans un bois solitaire et sombre (bis piano forte/chant)

 

 

 

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatriĂšme opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂŽte 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂŽt et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine
.). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grĂące et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante priĂšre d’une Ăąme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consƓurs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et
 surtout le caractĂšre et l’ñge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂȘme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses cĂŽtĂ©s, deux autres chanteuses sont du mĂȘme niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mĂ»re) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilitĂ© de son ultime air avec rĂ©citatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella  »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempĂ©rament de feu dans le rĂŽle travesti de ChĂ©rubin. Les 3 artistes Ă©blouissent Ă  chacune de leur intervention et dans les ensembles. MĂȘme Regula MĂŒhlemann fait une Barberine touchante (cherchant son Ă©pingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semĂ©s tout au long de l’action) au dĂ©but du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick NĂ©zet SĂ©guin respecte l’ordre originel des airs et sĂ©quences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : Ă©patante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grĂące) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂȘme si l’orchestre est placĂ©e derriĂšre les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂȘtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la premiĂšre coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grĂące Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4Ăš Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula MĂŒhlemann, Jean-Paul FauchĂ©court, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon
 Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet SĂ©guin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

ARTE diffuse le nouveau Cosi fan tutte d’Aix 2016

mozart-portrait-xixARTE, ce soir, 22h20. Mozart: Cosi fan tutte. Depuis Aix en Provence, voici l’opĂ©ra des amours contrariĂ©s oĂč deux couples de jeunes amants apprennent la trahison, l’oubli, les blessures des serments tuĂ©s. Au dĂ©part, Ferrando (le tĂ©nor) aime Dorabella (la mezzo) et Guglielmo (le baryton), Fiodiligi (la soprano) : tout est en ordre dans cette Naples du XVIIIĂš. Mais, provoquant le sort au risque de tout perdre, les deux fiancĂ©s parient avec Don Alfonso, un aventurier qui a roulĂ© sa bosse, que leurs aimĂ©es jamais ne les trahiront : c’est mal connaĂźtre le coeur des femmes, volages et lĂ©gĂšres : « ainsi font-elles toutes », / Cosi fan tutte. AidĂ© de sa complice dĂ©lurĂ©e, elle aussi bien peu naĂŻve sur le monde et les hommes, la servante Despina, attachĂ©e au service des deux belles, Alfonso dĂ©montre la facilitĂ© avec laquelle Fiordiligi et Dorabella s’amourache du fiancĂ© de l’autre, en un croisement des attractions de plus troublantes. DĂ©guisĂ©s en turcs frais arrivĂ©s au port de Naples, les deux jeunes hommes titillent le dĂ©sir des deux jeunes femmes auxquelles leurs fiancĂ©s ont fait croire qu’ils sont partis Ă  la guerre. Ecole du dĂ©senchantement, expĂ©rience cynique de la rĂ©alitĂ© de l’amour, Cosi fan gutte est le dernier opĂ©ra Ă©crit avec Da Ponte. Mozart s’y rĂ©vĂšle expert de la fragilitĂ© et de l’inconstance. Tout ici palpite et s’aimante pour mieux perdre la raison des sentiments. Et c’est le couple des manipulateurs, les « vieux » contre les jeunes, Alfonso/Despina, qui jubilent en coulisse : la rĂ©alitĂ© a vaincu la naĂŻvetĂ©. Que donnera la nouvelle production prĂ©sentĂ©e en juillet 2016 par le Festival d’Aix ? C’est un spectacle d’autant plus attendu que l’opĂ©ra est emblĂ©matique de l’évĂ©nement provençal, participant Ă  sa premiĂšre Ă©dition en 1958 (et dans une distribution dĂ©jĂ  Ă©blouissante qui est restĂ©e lĂ©gendaire, associant dans les deux rĂŽles fĂ©minins, les deux Teresa de l’heure, Berganza et Stich Randall, sous la baguette de Hans Rosbaud). Aix 2016 saura-t-il conserver son Ăąme poĂ©tique fou en rĂ©gĂ©nĂ©rant l’irrĂ©pressible sensibilitĂ© mozartienne ? RĂ©ponse ce soir vendredi 8 juillet 2016 sur Arte, Ă  partir de 22h20.

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INFOS PRATIQUES sur le site d’Arte :
http://concert.arte.tv/fr/cosi-fan-tutte-de-mozart-au-festival-daix-en-provence-2016

distribution :

Kate Lindsey – Dorabella
Sandrine Piau – Despina
Lenneke Ruiten – Fiordiligi
Joel Prieto – Ferrando
Nahuel di Pierro – Guglielmo
Rod Gilfry – Don Alfonso

Freibrugerbarockorchester
Louis Langrée, direction
Christophe Honoré, mise en scÚne

Illustration : « je t’aime, moi non plus ». DĂ©sordre et trouble du sentiment amoureux par Fragonard (Le Verrou, DR)

 

Nouveau Cosi fan tutte Ă  Aix

aix-en-provence-logo-2015Aix. Mozart : Cosi fan tutte : 30 juin – 19 juillet 2016. La production Ă©vĂ©nement du festival aixois 2016 est ce nouveau Cosi, dernier opĂ©ra de la trilogie Mozart / Da Ponte dont on ne cesse de mesurer sans l’épuiser, la justesse Ă©motionnelle entre cynisme un rien pervers, et innocence Ă©prouvĂ©e. L’ouvrage crĂ©Ă© le 20 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne est sous titrĂ© surtout : l’école des amants. Car un duo complice d’une exquise drĂŽlerie cynique et ironique Ă©duque deux jeunes couples sur les vertiges et morsures amoureuses.
Il suffit que les fiancĂ©s en titre (Ferrando et Guglielmo) s’absentent pour que leurs amoureuses, jurant pourtant fidĂ©litĂ© et loyautĂ© Ă  leurs aimĂ©s avant leur dĂ©part, ne se laissent sĂ©duire par d’autres plus appĂ©tissants encore : de (faux) nouveaux officiers turcs, frais dĂ©barquĂ©s dans cette Naples, saisie par la torpeur d’un Ă©tĂ© harassant


Mozart portraitXECHIQUIER ET LABYRINTHE AMOUREUX. C’est qu’ici, Don Alfonso, vieil aventurier qui en connaĂźt plus sur le cƓur des femmes que quiconque, a pariĂ© cher que les demoiselles tromperaient serments et voeux prononcĂ©s, 
 un affront pour les fiancĂ©s ainsi trahis qui apprennent le dur et Ăąpre langage amoureux, grĂące aussi Ă  la vivacitĂ© mordante de la servante Despina, vraie nourrice espiĂšgle des deux jeunes femmes : Dorabella et Fiordiligi. L’esprit de Mozart atteint des sommets d’élĂ©gance profonde, de sensualitĂ© mĂ©lancolique, infiniment sensible aux vertiges Ă©prouvĂ©s par ses jeunes protagonistes : Fiordiligi et Dorabella dĂ©sespĂšrent, s’alanguissent puis succombent Ă  la tentation des nouveaux arrivants, tandis que les garçons, trahis, humiliĂ©s, pris dans les rets de leur propre comĂ©die, Ă©prouvent les brĂ»lures de la solitude et de l’abandon (Ferrando).
L’opĂ©ra de 1790 n’a pas pris une ride tant la justesse de la musique et l’exquise expression des sentiments nous parlent aujourd’hui. La nouvelle production aixoise affiche une distribution de chanteurs plutĂŽt inconnus en France, sauf l’excellente soprano Sandrine Piau, mozartienne accomplie qui devrait pĂ©tiller et jubiler dans le rĂŽle de la servante dĂ©jantĂ©e, Ă©mancipĂ©e, complice en diable d’un Alfonso pervers. Sur le plan scĂ©nique, qu’en sera-t-il ? La derniĂšre production de Cosi Ă  Aix qui ait vraiment comptĂ©, demeure celle de Patrice ChĂ©reau, dĂ©ployĂ©e dans les coulisses d’un thĂ©Ăątre
 Pour ceux qui apprĂ©cie un Mozart enlevĂ©, Ă©lĂ©gant, profond, prĂ©fĂ©rez les dates avec l’excellent mozartien JĂ©rĂ©mie Rhorer, rĂ©cent ambassadeur d’un EnlĂšvement au SĂ©rail, du mĂȘme Mozart, saisissant de vĂ©ritĂ© et de vivacitĂ©.

 

 

 

Cosi fan tutte de Mozart au Festival d’Aix en Provence
Aix en Provence, ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©
Les 30 juin, puis 2, 5, 8, 11, 13, 15, 17 et 19 juillet 2016
9 représentations

Fiordiligi : Lenneke Ruiten
Dorabella : Kate Lindsey
Despina : Sandrine Piau
Ferrando : Joel Prieto
Guglielmo : Nahuel di Pierro
Don Alfonso : Rod Gilfry

Freiburger Barockorchester
Louis Langrée / Jérémie Rhorer (17 & 19 juillet), direction musicale
Christophe Honoré, mise en scÚne

 

 

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RADIO, en direct.
Diffusion sur France Musique, mardi 5 juillet 2016, en direct, Ă  21h30

autres diffusions à suivre sur France Musique, au Festival d’Aix en Provence 2016 :

Mercredi 6 juillet, en direct / ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©
22h : Il Trionfo

Jeudi 7 juillet, en direct / Grand Théùtre de Provence
19h30 : Pelléas & Mélisande

 

 

CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail (JĂ©rĂ©mie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha)

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail (JĂ©rĂ©mie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque lĂ©ger, exotique d’une turquerie crĂ©Ă©e Ă  Vienne en 1782, se prĂ©cise en vĂ©ritĂ© non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternitĂ©s contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clĂ©mence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opĂ©ra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte gĂ©opolitique qui est le nĂŽtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternitĂ©, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven.

rhorer jeremie enlevement au serail mozart tce jane archibaldD’AIX A PARIS… de la scĂšne lyrique au thĂ©Ăątre sans dĂ©cors. A Aix prĂ©alablement et dans la rĂ©alisation scĂ©nique de l’autrichien Martin Kusej (non pas allemand comme on le lit habituellement), cet EnlĂšvement, retransposĂ© sans maquillage et en rĂ©fĂ©rence direct aux Talibans et Ă  Daech avait marquĂ© les esprits de l’Ă©tĂ© 2015, par sa radicalitĂ© souvent brutale (des textes rĂ©Ă©crits, donc actualisĂ©s, et parfois, une foire confuse aux actualitĂ©s contemporaines) dĂ©naturant cependant l’Ă©lĂ©gance profonde du Mozart originel. C’Ă©tait de toute Ă©vidence exprimer l’acuitĂ© polĂ©mique brĂ»lante de l’opĂ©ra de Mozart, tout en lui ĂŽtant sa part d’onirisme, de rĂȘve Ă©perdu. Presque un an plus tard, le disque sort et avec lui, la magie de la direction musicale et des incarnations vocales, alors saisies sur le vif en un concert sans mise en scĂšne, au TCE Ă  Paris en septembre 2015 : le rĂ©sultat est au delĂ  de nos attentes, et rĂ©vĂšle l’engagement irrĂ©sistible du chef quadra JĂ©rĂ©mie Rhorer. Sans les images (et la vacuitĂ© anecdotique de la mise en scĂšne aixoise), la force et la grandeur de la musique nous Ă©claboussent Ă  plein visage (ou pleine oreille). Alors qu’Ă  Aix, il dirigeait le Freiburger BarokOrchester, JĂ©rĂ©mie Rhorer dans ce live parisien de lĂ©gende retrouve ses chers instrumentistes, de son propre orchestre, Le Cercle de l’Harmonie. La direction fourmille d’Ă©clairs, d’Ă©clats tĂ©nus, de scintillements sourds et raffinĂ©s qui montrent combien Mozart en peintre du coeur humain est inatteignable car la grĂące sincĂšre que nous fait entendre alors JĂ©rĂ©mie Rhorer, exprime au plus prĂšs le gĂ©nie de l’Ă©ternel Wolfgang : une langue qui parle l’ivresse et le dĂ©sir des cƓurs, l’aspiration Ă  cet idĂ©al fraternel qu’incarne toujours, le pacte libertaire du quatuor Belmonte/Constanze, Pedrillo/Blonde. La vitalitĂ© continuement juste de l’orchestre saisit de bout en bout. Et depuis Aix, le chef retrouve Ă  Paris les chanteurs du Quatuor : Norman Reinhardt / Jane Archibald, David Portillo / Rachele Gilmore… AssurĂ©ment son carrĂ© d’as, tout au moins pour les 3 derniers, d’une suprĂȘme vĂ©ritĂ©.

De quoi s’agit-il prĂ©cisĂ©ment ? Formidable profondeur et jutesse poĂ©tique ce dĂšs l’ouverture qui tout en Ă©grennant Ă  la façon d’un pot-pourri, les motifs les plus essentiels de l’action qui va suivre, dĂ©voile la saisissante fluiditĂ© Ă©nergique du seul vĂ©ritable acteur : l’orchestre Le Cercle de l’Harmonie ; les instrumentistes dĂ©ploient et diffusent une rondeur suractive que le chef sait ciseler et exploiter jusqu’Ă  la fin en une Ă©nergie rĂ©ellement irrĂ©sistible, live oblige. L’attention de JĂ©rĂ©my Rhorer est de chaque instant, d’une finesse dramatique, qui bascule vers l’intĂ©rioritĂ©, rendant compte de tous les accents, nuances, couleurs, chacun exprimĂ© par leur charge Ă©motionnelle, prĂ©cisĂ©ment calibrĂ©e. C’est d’autant plus juste pour un ouvrage qui reste du cĂŽtĂ© de l’espĂ©rance et de la force des opprimĂ©s. L’amour reconstruit une espĂ©rance humaine contre la barbarie d’un emprisonnement arbitraire. D’emblĂ©e, La vitalitĂ© des caractĂšres s’affirme : la Blonde de Rachele Gilmore a certes une voix petite, parfois tirĂ©e mais elle demeure trĂšs engagĂ©e et Ă  son aise d’un chant affĂ»tĂ©, vif argent, fragile mais tenance.

 

Saisi sur le vif en septembre 2015, L’EnlĂšvement au sĂ©rail de JĂ©rĂ©mie Rhorer confirme la direction du maestro français;

Live captivant au diapason du sentiment,
Justesse de l’orchestre, palpitation des femmes

 

 

archibald janePar ses 3 grands airs, la soprano en vedette (“La Cavalieri” – Caterina Cavalieri, Ă  l’Ă©poque de Mozart) peint trĂšs subtilement le portrait d’une femme amoureuse : Constanze, affligĂ©e mais digne. C’est d’abord solitude et fragilitĂ© de l’ĂȘtre dĂ©semparĂ© (seule mais pas dĂ©munie : premier air “Durch ZĂ€rlichkeit…” acte I) bientĂŽt gagnĂ©e par l’esprit de rĂ©sistance, la lumiĂšre des justes contre l’oppression et la torture… (grand air quasi de concert, de forme fermĂ©e : “Martern aller Arten“…, le pivot dramatique du II, magnifiquement portĂ© par l’engagement incarnĂ© de la soprano Jane Archibald qui chante toutes les variations : saluĂ©e Ă  ses dĂ©buts français Ă  Nantes dans un somptueux et onirique (voire vaporeux) Lucio Silla, la soprano captive par la vĂ©ritĂ© de son chant impliquĂ©, intense, qui s’expose sans rĂ©serve pour tenir fiĂšrement malgrĂ© la violence de son geĂŽlier, Selim : en elle, pointe la noblesse hĂ©roĂŻque de la future Fiordiligi, cƓur ardent, Ăąme inflexible de Cosi fan tutte : une vraie rĂ©sistante prĂȘte Ă  mourir (duo final avec Belmonte, oĂč les deux amants se croient condamnĂ©s sans perdre leur courage). Saluons surtout chez Archibald, le caractĂšre de la souffrance aussi, cultivant le lugubre saisissant (prĂ©sence de la mort), dans les colonnes des bois, aux lueurs maçonniques telles qu’elles scintilleront 9 ans aprĂšs L’EnlĂšvement, dans La FlĂ»te enchantĂ©e (1791) oĂč Ă  la solitude de Constanze rĂ©pond, comme sa sƓur en douleur, la priĂšre de Pamina…

Sommets dramatiques  Sturm une Drang… Au cours de l’enchaĂźnement des actes I puis II, qui fait se succĂ©der les deux airs si dĂ©cisifs de Contanze, l’orchestre et sa sculpture instrumentale si bien affĂ»tĂ©e dessinent en contrepoint de la sensibilitĂ© radicale de la jeune femme, un climat tendu et raffinĂ©, d’essence Sturm und Drang, tempĂȘte et passion effectivement-, dont les Ă©clairs et tonnerre Ă©motionnels sont d’autant plus renforcĂ©s par contrastes / renfort que la succession des sĂ©quences du I au II, alors, oppose le cƓur noble mais indĂ©fectible de Constanze Ă  la fureur Ă©lectrique (hystĂ©rique animale) du Pacha, puis de la non moins intense confrontation Pedrillo / Osmin. Terrifiante confrontation des ĂȘtres en vĂ©ritĂ©. Il n’est que la tendresse plus insouciante de Blonde (air d’une fĂ©minitĂ© angĂ©lique aĂ©rienne : “Durch ZĂ€rlichkeit...” qui ouvre le II). Et Ă  travers les confrontations occidentaux / musulmans, l’exhortation au dĂ©passement des rivalitĂ©s, par l’amour et par la clĂ©mence prĂ©cise, suprĂȘme leçon d’humanisme, l’espĂ©rance de la musique de Mozart, sublime par la justesse de son invention. On aura rarement Ă©coutĂ© pareille rĂ©alisation associant chant des instruments, priĂšres vocales.

 

Moins convaincant reste Norman Reinhardt : il ne donne aux soupirs de Belmonte amoureux, qu’un chant moins propre, contournĂ©, assez imprĂ©cis, souvent maniĂ©rĂ©, moins percutant que le brio de ses partenaires, voire carrĂ©ment gras et Ă©pais (Wenn der Freude TrĂ€nen fliessen… escamotĂ© par un manque persistant de simplicitĂ©).

David_Portillo_High_Res_4_credit_Kristen_HoebermannAu III, la prĂ©paration de l’Ă©vasion / enlĂšvement pilotĂ© par l’ingĂ©nieux Pedrillo (excellent et racĂ© David Portillo), puis l’enlĂšvement proprement dit (In Mohrenland entonnĂ© sur un orchestre guitare aux pizzicati enchanteurs…), forment des ensembles triomphants comme une dĂ©licieuse marche militaire, qui dit la certitude et la complicitĂ© solidaire des prisonniĂšres et de leurs libĂ©rateurs inespĂ©rĂ©s…. tout cela est toujours portĂ© par l’ivresse et une frĂ©nĂ©sie scintillante Ă  l’orchestre d’une activitĂ© prodigieuse ; JĂ©rĂ©mie Rhoroer laisse chaque accent de cette humanitĂ© exaltĂ©e, respirer, s’Ă©panouir avec une classe magistrale.
La vision du chef organise et Ă©difie peu Ă  peu tout ce que la mise en scĂšne aixoise n’atteignait que rarement : le formidable Ă©lan progressif qui en fin d’action aiguise le dernier chant mozartien ; fustigeant les haineux caricaturaux (Osmin et sa cruautĂ© sadique), sublimant la lyre Ă©perdue, mais tristement non triomphante du dernier ensemble oĂč chacun dit sa libertĂ©, avant d’ĂȘtre probablement Ă©gorgĂ© par le bourreau qui mĂȘme s’il en est le serviteur, passe outre la clĂ©mence proclamĂ©e de son maĂźtre. Saisissante perspective.

TRAVAIL D’ORCHESTRE. L’enregistrement live de septembre 2015 suit les reprĂ©sentations scĂ©niques aixoises de juillet prĂ©cĂ©dent, ainsi l’on peut dire donc (et constater que Rhorer possĂšde son SĂ©rail : tout cela coule dans ses doigts et jusqu’Ă  l’extrĂ©mitĂ© de sa baguette, offrant une leçon de direction fluide, raffinĂ©e, prĂ©cise et vivante, Ă©tonnamment active et suggestive, imaginative, naturelle, vrai miroir des sentiments sous-jacents. En rĂ©alitĂ©, la valeur de ce coffret d’autant plus attendu que le moment du “concert” Ă  Paris avait marquĂ© les esprits, confirme l’impression du public de ce 21 septembre 2015 : le chant de l’orchestre – des instruments d’Ă©poque, rĂ©tablit la proportion originelle de la sensibilitĂ© mozartienne, oĂč chaque phrase instrumentale, qu’il s’agisse des solos piano ou des tutti rugissants orientalisants, s’accorde naturellement Ă  la voix humaine, dont la vĂ©ritĂ© et la sincĂ©ritĂ© sont constamment prĂ©servĂ©s. Le sommum Ă©tant atteint ici dans les Ă©pisodes oĂč les trois meilleurs chanteurs donnent tout, en complicitĂ© avec un orchestre ciselĂ©, dramatiquement superbe et parfaitement canalisĂ© : Jane Archibald (Constanze troublante), David Portillo (Pedrillo ardent, ingĂ©nieux, tendre), Mischa Schelomianski (Osmin noir et barbare) fusionnent en sensibilitĂ© sur le tapis orchestral… La rĂ©alisation voix / orchestre tient du prodige et, sous la coupe sensible, fiĂšvreuse du chef JĂ©rĂ©mie Rhorer, confirme (s’il en Ă©tait encore besoin), l’irresistible poĂ©sie expressive des instruments d’Ă©poque. C’est dit dĂ©sormais : plus de Mozart sans instruments d’Ă©poque, ou alors avec intĂ©gration totale du jeu “historiquement informĂ©”. La corde du sentiment y vibre dans toute sa magicienne vĂ©ritĂ©. Magistral. Un must absolu Ă  Ă©couter et rĂ©Ă©couter sur les plages de cet Ă©tĂ© 2016.

 

 

 

CLIC-de-classiquenews-les-meilleurs-cd-dvd-livres-spectacles-250-250CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail. Jane Archibald, David Portillo, Rachele Gilmore, Mischa Schelomianski, … Le Cercle de l’Harmonie. JĂ©rĂ©mie Rhorer, direction. Live rĂ©alisĂ© Ă  paris au TCE en septembre 2015 – 2 cd Alpha, collection “ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es”). CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.

 

 

CD, annonce & avant-premiÚre. Le MOZART revitalisé de Jérémie Rhorer

rhorer jeremy direction maestro classiquenews mozart alpha cercle de l harmonie collection cd critique review classiquenewsCD, annonce & avant-premiĂšre… MOZART RÉGÉNÉRÉ. Ce pourrait ĂȘtre “la” version dont nous rĂȘvions secrĂštement, ciselĂ©e, … nuancĂ©e, colorĂ©e idĂ©alement sur le plan orchestral : un EnlĂšvement au SĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aus dem Serail de Mozart revitalisĂ© en une lecture gorgĂ©e de frĂ©missements palpitants et d’un format comme d’un Ă©quilibre et d’une dynamique nouveaux, idĂ©al point d’Ă©quilibre entre finesse psychologique voire ivresse individuelle, et continuum dramatique … grĂące aux instruments d’Ă©poque. A la fois pointilliste et intĂ©rieure mais aussi capable d’une frĂ©nĂ©sie parfois vertigineuse, la direction musicale rĂ©gĂ©nĂšre notre perception d’un Mozart au carrefour de l’euphorie passionnelle baroque et dĂ©jĂ  Ă©clairĂ©e par cette nouvelle conscience de la profondeur et du sentiment romantiques. Rien de moins. C’est ce que rĂ©alise le chef français (Ă  la mĂšche sauvage… cf notre photo), JĂ©rĂ©mie Rhorer, pour lequel la vitalitĂ© des instruments en subtile fusion avec les voix, leur accord poĂ©tique, dramatique… restent un souci constant. Sa lecture de L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, captĂ© sur le vif sur la scĂšne du TCE Ă  Paris en septembre 2015, suscite la pleine adhĂ©sion de la rĂ©daction CD de CLASSIQUENEWS. AnnoncĂ©e dĂ©but juin 2016, la parution discographique est l’Ă©vĂ©nement de ce printemps 2016. Incomparable plĂ©nitude d’une sensibilitĂ© symphonique et lyrique qui rĂ©vĂšle l’inusable tendresse poĂ©tique d’un Mozart touchĂ© en 1782 Ă  Vienne, par la grĂące absolue. La distribution de jeunes chanteurs, tous soucieux d’Ă©nergie comme d’intĂ©rioritĂ© accrĂ©dite une production qui mĂ©rite absolument cet enregistrement majeur.  L’enregistrement obtiendra-t-il le CLIC de CLASSIQUENEWS, rĂ©compense ultime ? RĂ©ponse le … 7 juin 2016, date de parution de ce double coffret Alpha.

 

 

Pleine critique de L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart par JĂ©rĂ©mie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie, Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la parution du coffret ( coffret 2 cd Alpha).

 

 

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Compte-rendu, opéra. Toulouse, Capitole, le 17 avril 2016. Mozart : Les Nozze di Figaro. Attilio Cremonesi, direction. Marco Arturo Marelli, mise en scÚne.

Cette admirable production datant de 2008 trouve sa plĂ©nitude grĂące Ă  une distribution d’une Ă©quilibre proche de la perfection entre beautĂ© vocale et jeux scĂ©nique, vivant et naturel. L’esprit buffa si particulier Ă  Mozart et Da ponte trouve son apogĂ©e lors de ces reprĂ©sentations. Il est rare de bĂ©nĂ©ficier Ă  l’opĂ©ra d’un tel sens thĂ©Ăątral y compris durant les airs. Tout est vie et mouvement dans cette folle journĂ©e. GrĂące Ă  un travail en profondeur, chaque personnage est campĂ© avec humour et tendresse. Les dĂ©cors sont sobres, les costumes flamboyants et les Ă©clairages sculptent l’espace avec un lever et coucher de soleil sur les deux airs de la comtesse, puis la lune dans le jardin, dĂ©limitant le nycthĂ©mĂšre.

 

Admirable équilibre entre musique et théùtre

 

 

 

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Le Comte de Lucas Meachem est peut ĂȘtre le plus rĂ©ussi car ce personnage est trop souvent ingrat. La haute stature du chanteur, son charme personnel, une sorte d â€˜Ă©nergie canalisĂ©e mais pas toujours lissĂ©e en font un noble aussi irritant qu’attachant. Ses maladresses sont pleines de charmes et l’élĂ©gance est toujours lĂ . La voix est magnifique de projection, large et puissante quand il le veut et la tenue de sons pianos trĂšs souples, donne beaucoup dâ€˜Ă©motion Ă  ses priĂšres Ă  la Comtesse. L’humour de son jeux lui permet de toujours gagner la sympathie du public ce qui est assez rare dans ce rĂŽle. En filigrane se devine un futur Baron Ochs, du Chevalier Ă  La Rose qui devrait ĂȘtre passionnant. Il forme avec la Comtesse de Nadine Koutchner un couple cohĂ©rent. MĂȘme large stature vocale, mĂȘme qualitĂ© de timbre, et chez elle, un legato et des pianissimi qui tiennent du rĂȘve Ă©veillĂ©. La grĂące de cette Comtesse, mais aussi sa capacitĂ© Ă  s’animer et s’encanailler avec Suzanne est pleine de jeunesse. Son regret de ses amours n’est pas plaintif mais rĂ©crimination d’un fort tempĂ©rament amoureux frustrĂ©.

Les Noces de Figaro ne comprend pas vraiment de personnage principal; c’est l’équilibre entre tous qui fait le succĂšs de l’opĂ©ra. En mettant en scĂšne un couple comtale plus jeune, plus sympathique et plus vif, tout le thĂ©Ăątre semble rehaussĂ© d’un cran. Ainsi Figaro est particuliĂšrement latin et intelligent. Toujours en mouvement. Le Jeune Dario Solari peut compter sur une Ă©nergie peu commune. La voix est ronde, le jeu de l’acteur est virtuose et son charme Ă  quelque chose de  fĂ©lin. L’étoffe d’un Don Juan se fait jour. Anett Fritsch, sa Suzanne, est du vif argent. La tendresse et la passion l’habitent avec une rare intensitĂ©. Le timbre est clair et beau. Son jeu est admirable. Elle a tout d’une trĂšs grande Suzanne, d’ailleurs elle sera Suzanne au festival de Salzbourg cet Ă©tĂ©.

Ingborg Gillebo est une Cherubin dĂ©licat et sĂ©duisant. Le jeu est suffisamment vivant pour ĂȘtre sinon naturel du moins trĂšs convaincant. La voix est bien conduite et le timbre agrĂ©able. Un ChĂ©rubin adolescent encore fragile et pas encore certain de sa sĂ©duction pourtant rĂ©elle. La Marcelline de Jeanette Fischer est remarquable. Elle campe vocalement et scĂ©niquement un personnage inoubliable et attachant. Son air au milieu du public est un moment d’anthologie. La large voix de Dimitry Ivashchenko (Bartolo) et son jeux extraverti lui permettent de donner corps et prĂ©sence Ă  son rĂŽle. Il arrive avec humour a le rendre sympathique. Le Don Basile de Gregory Bonfatti est crĂ©dible et trĂšs prĂ©sent vocalement dans les ensembles. Elisandra Melian en Barberine est un peu sous employĂ©e. Le timbre est un corsĂ© pour le rĂŽle et le tempĂ©rament scĂ©nique un peu trop Ă©nergique loin de l’ingĂ©nue habituelle. Tiziano Braci campe un Antonio cauteleux Ă  souhait. Il ressort de l’admirable travail de Marco Arturo Marelli une sympathie pour chaque rĂŽle. Chaque personnage va vers son bonheur Ă  sa maniĂšre et partant d’un Ă©tat va se trouver changĂ© en une journĂ©e. Il n’y a pas de vrai « mĂ©chant », belle leçon d’ humanitĂ© en somme!

Le choeur du Capitole a est admirable de présence vocale et scénique. Le soin apporté aux costumes par Dagmar Niefind et crées  au théùtre Real de Madrid  est incroyable jusque dans celui des choeurs.
L’orchestre en cordes et bois baroques est trĂšs prĂ©sent. Le chef adopte des tempi plutĂŽt vifs et la thĂ©ĂątralitĂ© se dĂ©roule comme par Ă©vidence . Le temps est suspendu et le spectacle avance avec beaucoup de vie. Les couleurs de l’orchestre sont trĂšs belles surtout les bois et les cuivres. Le tandem Robert Gonella au pianoforte et Christopher Waltham au violoncelle forme un  continuo vivifiant . Le fait de monter les musiciens hauts dans la fosse a l’avantage de renforcer la cohĂ©sion scĂšne/fosse qui est parfaite mais provoque une trop forte prĂ©sence des cordes graves au dĂ©triment des violons, du moins au parterre. Cette forte prĂ©sence de l’orchestre qui Ă©quilibre Ă  mon sens la thĂ©ĂątralitĂ© bouillonnante de la mise en scĂšne n’a pas Ă©tĂ© du gout de certains. Pour ma part l’orchestre mozartien et un vrai partenaire et parfois un personnage Ă  part entiĂšre et j’ai beaucoup aimĂ© l’équilibre obtenu par Attilio Cremonesi. Les Noces est Ă  mon avis l’opĂ©ra du Trio Da Ponte qu’il a dirigĂ© au Capitole  celui qui lui rĂ©ussi le mieux.
Ce chef d ‘Ɠuvre a fait salle comble avec refus de spectateurs potentiels. Le respect et la vitalitĂ© de cette production, son Ă©quilibre rare entre chant et thĂ©Ăątre, le travail d â€˜Ă©quipe exemplaire qui est perceptible, en fait un des plus beaux spectacles du Capitole. Cette reprise est bienvenue et n’ayant pas pris une ride je me rĂ©jouis d’imaginer revoir un jour cette belle production. .

 

 

 

Compte-rendu, opĂ©ra. Toulouse, Capitole, le 17 avril 2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Les Nozze di Figaro. Opera buffa en quatre actes de Lorenzo Da Ponte, d’aprĂšs La Folle JournĂ©e ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais ; crĂ©Ă© le premier mai 1786 Ă  Vienne. Coproduction avec l’OpĂ©ra de Lausanne (2008). Avec :  Lucas Maechem, le Comte Alamaviva. Nadine Koutchner, La Comtesse Almaviva. Dario Solari, Figaro. Anett Fritsch, Susanna. Ingeborg Gillebo, Cherubino. Jeanette Fischer, Marcellina. Dimitry Ivaschenko, Bartolo. Gregory Bonfatti, Don Basilio. Mikeldi Atxalandabaso, Don Curzio. Elisandra Melian, Barberina. Tiziano Bracci, Antonio. Zena Baker, Marion CarrouĂ©, deux dames. Choeur du Capitole, direction : Alfonso Caiani. Orchestre  National du Capitole de Toulouse. Attilio Cremonesi, direction musicale. Mise en scĂšne et scĂ©nographie : Marco Arturo Marelli. Collaborateur Ă  la mise en scĂšne, Enrico de Feo. Costumes, Dagmar Niefind. LumiĂšres, Friedrich Eggert. Photo : David Herrero

 

 

 

Lucio Silla ou Mozart en ado romantique

mozart_portrait-300Mozart : LUCIO SILLA. Les 23, 25, 27 et 29 avril 2016. En 1772 aprĂšs son Ă©blouissant Mitridate le jeune Mozart adolescent  (il termine alors sa 16 Ăšme annĂ©e), s’intĂ©resse au labyrinthe amoureux faisant Ă©voluer encore et encore le genre seria dont il enrichit la forme (ajout du choeur, rĂ©citatifs soignĂ©s, orchestre raffinĂ©); qu’il acclimate Ă  un langage musical qui suit avec une acuitĂ© racinienne chaque vertige ou Ă©lan du coeur; c’est un thĂ©Ăątre sentimental d’une profondeur jamais Ă©coutĂ©e auparavant car chaque personnage y souffre et palpite avec une force nouvelle;  aucun doute alors que Goethe finit alors Les Souffrances du jeune Werther, Mozart dĂ©ploie une exceptionnelle maturitĂ© pour inventer l’opĂ©ra
 romantique: ce Lucio milanais, crĂ©Ă© en dĂ©cembre 1772 au lendemain de la NoĂ«l (soit le 26 dĂ©cembre) affirme le gĂ©nie du jeune compositeur habitĂ© par la question du sentiment et du dĂ©sir.

Lucio : c’est Mozart en ado romantique

Si le prince Lucio Silla aime Giunia, celle ci lui prĂ©fĂšre Cecilio. Les deux amants menacĂ©s fomentent un complot contre l’autoritĂ© : ils envisagent l’assassinat du despote Silla : mais leur projet est Ă©ventĂ© et se prĂ©sentant devant le tribunal, Giunia et Cecilio sont prĂȘts Ă  mourir. Devant tant de courage et de force morale, Lucio Silla
 de tyran devient tĂ©moin humanisĂ© ; il renonce Ă  Giunia et mĂȘme abandonne le pouvoir au peuple de Rome;  l’Ă©poque est alors Ă  la cĂ©lĂ©bration du prince politique Ă©clairĂ© dont la transfiguration espĂ©rĂ©e, fantasmĂ©e dans le cadre de la reprĂ©sentation, est exprimĂ©e exaltĂ©e par la musique de Mozart.

mozart_portraitChaque production de Lucio Silla doit rĂ©unir une distribution de personnalitĂ©s touchantes voire bouleversantes par la subtilitĂ© de leur caractĂ©risation. L’orchestre doit commenter, exprimer et parfois contredire ce que dit les acteurs. Jamais Mozart n’a mieux compris la vĂ©ritĂ© des passions humaines : les Ă©pisodes psychologiques y sont ciselĂ©s, affinĂ©s encore par des rĂ©citatifs particuliĂšrement audacieux – vrai dĂ©fi pour les belcantistes auto dĂ©clarĂ©s;  Lucio Silla annonce la sincĂ©ritĂ© de la trilogie Mozart et Da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan gutte), tout en abordant le thĂšme central du despote magnanime (bientĂŽt traitĂ© dans son dernier sedia de 1791, soit presque 20 ans aprĂšs Lucio), La ClĂ©mence de Titus.

Mozart: LUCIO SILLA, 1772
Insula Orchestra / Laurence Equilbey, direction
Avec Franco Fagioli (Cecilio), Paolo Fanale (Lucio Silla), Olga Pudova (Giunia)

Tournée

Le 23 avril 2016
PARIS, Philharmonie 2 / Cité de la musique, 20h30

Le 25 avril 2016
LE HAVRE, Le Volcan, 19h30

Le 27 avril 2016
VIENNE (Autriche), Theater an der Wien, 20h

Le 29 avril 2016
Aix en Provence, Grand Théùtre de Provence, 20h30

d’infos, rĂ©servations sur le site Insula Orchestra

LIRE notre compte rendu complet développé de LUCIO SILLA, présenté par ANGERS NANTES OPERA en mars 2010

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’enlĂšvement au sĂ©rail, 1782. Thomas Rösner, direction. Tom Ryser, mise en scĂšne.

Nouvel EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l'OpĂ©ra de ToursCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra. Mozart: L’enlĂšvement au sĂ©rail, les 26, 28 fĂ©vrier puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue Ă  l’orientaliste, il n’est jamais Ă©tranger aux LumiĂšres de la fraternitĂ© et de l’amour… La nouvelle production de l’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours (crĂ©e en Allemagne et bientĂŽt reprise Ă  Toulouse) convainc par sa cohĂ©rence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi rĂ©alise la mise en scĂšne. En restituant l’humanitĂ© profonde du musulman, sa blessure secrĂšte, intime dĂšs la premiĂšre scĂšne d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et rĂ©elle facĂ©tie, rend justice Ă  un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cƓur Ă©pris d’une saisissante humanitĂ©.

Tout d’un coup, la figure de maĂźtre oriental en son sĂ©rail, s’adoucit et sa relation avec sa belle captive Konstanz, vraie figure de la fidĂ©litĂ© amoureuse, gagne en intensitĂ©. A mesure que la jeune femme confirme son amour pour le seul Ă©lu de son cƓur : Belmonte, le Pacha ne cesse de redoubler son dĂ©sir de possĂ©der Konstanz en laquelle il voit l’incarnation de cette femme idĂ©ale qu’il a perdu ; d’oĂč en ouverture, et sur la musique du lever de rideau, les ombres du Pacha et des jeunes femmes qui dĂ©filent entre ses mains (Ă  la maniĂšre du prince en quĂȘte de Cendrillon) : toujours trouver celle qui l’obsĂšde.  L’importance rĂ©servĂ©e au personnage de Selim rĂ©Ă©quilibre la partition et Ă©vite bien des traitements caricaturaux, vus et revus ailleurs, entre Occidentaux et Musulmans.

Le plateau vocal trĂšs solide oĂč rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmĂ©e : Cornelia Götz en Konstanze, rĂ©tablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu thĂ©Ăątral, la comĂ©die en musique oĂč le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme mĂȘme de l’opĂ©ra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux Ă  la fois, c’est Ă  dire “singspiel”, associant chant et thĂ©Ăątre pur, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, oĂč le personnage central, moteur est un rĂŽle parlĂ© ; oĂč le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facĂ©tieux, subtils, est remarquablement traitĂ© par le compositeur qui creuse avec bĂ©nĂ©fice son contraste avec le geĂŽlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habituĂ© du rĂŽle). On assiste enthousiaste aux dĂ©buts de la pĂ©tillante Jeanne Crousaud en Blonde, double apparemment lĂ©ger mais en vĂ©ritĂ© clairvoyant de Konstanz, qui sait manipuler l’odieux Osmin… L’homogĂ©nĂ©itĂ© de la distribution permet de mieux goĂ»ter encore les Ă©quilibres dramatiquement entraĂźnant prĂ©servĂ©s par le chef… Tout avance ici avec une attention Ă  la double nature de l’ouvrage, comique et sĂ©rieux Ă  la fois. Un vrai rĂ©gal scĂ©niquement et musicalement rĂ©ussi car en fosse, un orfĂšvre de la baguette enjouĂ©e et dramatiquement ciselĂ©e opĂšre, Thomas Rösner (dont on avait tant aimĂ© la finesse de son Lucio Silla, opĂ©ra Ă©galement de Mozart, pour Angers Nantes opĂ©ra). L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Production Ă©vĂ©nement, Ă  ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 fĂ©vrier et 1er mars 2016.

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’enlĂšvement au sĂ©rail, 1782. Thomas Rösner, direction. Tom Ryser, mise en scĂšne. Encore une date Ă  TOURS, mardi 1er mars 2016. A ne pas manquer.

Opéra de Tours

Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

L’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’aprùs Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne

Direction musicale : Thomas Rösner
Mise en scĂšne : Tom Ryser
DĂ©cors : David Belugou
Costumes : Jean-Michel Angays et Stéphane Laverne
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Konstanze : Cornelia Götz
Blonde : Jeanne Crousaud
Belmonte : Tibor Szappanos
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper
Pacha SĂ©lim : Tom Ryser

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours