Nouvelle Flûte enchantée à Milan

Schinkel, dĂ©cor FLute enchantee mozart 1815ARTE,mercredi 21 septembre 2016. La FlĂ»te EnchantĂ©e de Mozart, 20h45. En lĂ©ger diffĂ©rĂ© de la Scala de Milan, voici la nouvelle production de la FlĂ»te enchantĂ©e de Mozart, l’opĂ©ra populaire fĂ©erique en langue germanique conçu par Wolfgang Ă  Vienne, l’annĂ©e de sa mort, 1791. A l’affiche du 2 au 26 septembre, la nouvelle production du conte initiatique mozartien, est mis en scĂšne par le berlinois Peter Stein, professeur Ă  l’AcadĂ©mie de La Scala, pilotant les premiers scĂ©niques des jeunes et prometteurs chanteurs : car tous ici prĂ©sentent ainsi leur travail de professionnalisation, au cƓur d’une maison lyrique soucieuse de transmission et d’excellence. Au total 10 reprĂ©sentations oĂč les spectateurs milanais pourront mesurer le degrĂ© d’engagement et la musicalitĂ© des jeunes apprentis acadĂ©miciens. Dans la fosse, le mozartien vĂ©tĂ©ran, ÁdĂĄm Fischer, revient au pupitre pour la premiĂšre fois depuis 1998.
L’opĂ©ra de Mozart, suit les prĂ©ceptes des LumiĂšres et aussi de la symbolique franc-maçonne Ă  laquelle adhĂ©rait Mozart : de l’ombre Ă  la lumiĂšre. Des stridences envoĂ»tante (et trompeuses) de la Reine de la nuit, au temple Ă©gyptien solaire et Ă©blouissant d’Amonasro. Qui est la mĂšre ? Qui est le pĂšre ? Qui manipule qui ? Le couple des hĂ©ros amoureux (Tamino et Pamina), le couple secondaire plus comique et moins tragique (Papageno / Papagena), les 3 fĂ©es, les 3 garçons guides protecteurs, l’infĂąme Monostatos, geĂŽlier mĂ©prisable et barbare (comme Osmin dans l’EnlĂšvement au SĂ©rail), 
 sont autant de personnes clĂ©s d’une action aux allures de parcours initiatique qui Ă©prouvant le courage et la fidĂ©litĂ© des jeunes hĂ©ros, n’a pour but que de les rĂ©vĂ©ler Ă  eux-mĂȘmes : purs, responsables, justes
 en pleine lumiĂšre !

 

 

 

arte_logo_2013La Flûte enchantée de Mozart à la Scala de Milan
Direction musicale : Ádåm Fischer
Mise en scĂšne : Peter Stein
Décors: Ferdinand Wögerbauer
Costumes: Anna Maria Heinreich
LumiĂšre: Joachim Barth
Solistes, Choeur et Orchestre de Accademia Teatro alla Scala
+ d’INFOS sur le site de La Scala de Milan

 

 

 

Docu et concert Mozart sur Arte

arte_logo_2013ARTE, Dimanche 4 septembre 2016, 17h30. SpĂ©ciale Mozart. Deux programmes s’intĂ©ressent Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang : le profil du compositeur stars adulĂ©, vĂ©nĂ©rĂ©, estimĂ© dĂšs son vivant
 malgrĂ© ce que l’on a avancĂ© souvent Ă  torts. Puis, nouveau concert par la nouvelle gĂ©nĂ©ration française dont la soprano coloratoure Sabine Deviehle, nouvelle ambassadrice de l’élĂ©gance tendre mozartienne (envĂ©ritĂ© elle n’est pas si seule comme en tĂ©moigne aussi la naĂźtrise de la jeune soprano coloratoure elle aussi, Julia Knecht dans un rĂ©cent programme PUR MOZART dirigĂ© par la chef Debora Waldman
). 2 RVs donc ce 4 septembre Ă  17h30 puis 18h20.

 

 

 

Dimanche 4 septembre, 17h30
Mozart Superstar
D’Elvis Presley Ă  Madonna, de John Lennon Ă  Michael Jackson, tous auraient rĂȘvĂ©mozart_portrait-300 d’afficher un tel palmarĂšs : 626 Ɠuvres, plus de 200 heures de musique, 12 000 biographies, 100 millions d’exemplaires de l’intĂ©grale de son Ɠuvre vendus Ă  travers le monde ! Plus de deux siĂšcles aprĂšs sa mort, Mozart reste en tĂȘte de tous les classements.‹Ce documentaire musical peu conventionnel dresse le portrait intime de l’artiste en relevant ses traits les plus saillants – que l’on retrouve aussi chez de nombreuses lĂ©gendes de la pop… Une quinzaine d’intervenants (de la chanteuse lyrique Patricia Petibon Ă  l’Ă©crivain Philippe Sollers) Ă©tayent ce rĂ©cit mĂȘlĂ© Ă  des extraits de fictions comme Amadeus, des publicitĂ©s, des concerts, une comĂ©die musicale et des clips. L’habillage du film, Ă  base de nĂ©on, inscrit rĂ©solument Mozart dans une lecture contemporaine.‹Avec notamment : Patricia Petibon, chanteuse lyrique, Philippe Sollers, auteur duMystĂ©rieux Mozart (Gallimard), la pianiste Vanessa Wagner, le violoniste Benjamin Schmid, Johannes Honsig-Erlenburg, prĂ©sident de l’UniversitĂ© Mozarteum de Salzbourg, et GeneviĂšve Geffray, ancienne bibliothĂ©caire de celle-ci, Isabelle Duquesnoy, biographe de Constance Mozart, Annie Paradis, auteure de Mozart : l’opĂ©ra rĂ©enchanté (Fayard), Yann Olivier, prĂ©sident d’Universal Classic et Jazz, Bertrand Dicale et Helmut Brasse, journalistes musicaux, Dove Attia, producteur et auteur de Mozart, l’opĂ©ra-rock.
Documentaire de Mathias Goudeau (France, 2012, 52mn, rediffusion)

 

 

 

L’AcadĂ©mie des sƓurs Weber
Ă  18h30

Devielhe-sabine-mozart-weber-soeurs-cd-review-critique-compte-renduEn quĂȘte de nouvelles opportunitĂ©s professionnelles, Mozart a vingt-et-un ans lorsqu’il frappe Ă  la porte des Weber vers la fin de l’annĂ©e 1777. Fridolin Weber, chef de cette humble famille de Mannheim, est copiste, souffleur de thĂ©Ăątre et chanteur (basse). Il place la musique au cƓur de l’éducation de ses quatre filles Josepha, Aloysia, Constanze et Sophie. Un coup de foudre total et immĂ©diat : Mozart s’éprend de la jeune Aloysia, Ă  peine ĂągĂ©e de dix-sept ans et dotĂ©e d’une voix aux capacitĂ©s exceptionnelles. Mais c’est Constance qu’il Ă©pousera (comme en tĂ©moigne l’opĂ©ra amoureux L’EnlĂšvement au sĂ©rail oĂč Constanze est un personnage du drame), et son destin restera intimement liĂ© Ă  cette famille.
A Vienne, le jeune compositeur organise des « AcadĂ©mies » – concerts Ă©clectiques sur invitations qui pouvaient durer plusieurs heures sont prĂ©sentĂ©s des extraits d’opĂ©ra, de symphonies ou des airs pour sopranos Ă©crits pour l’occasion. Sabine Devieilhe et RaphaĂ«l Pichon, soprano et chef, Ă©poux Ă  la ville, font revivre l’esprit de ces concerts pas comme les autres – dans ce rĂ©cital oĂč se cĂŽtoient des pages virtuoses pour la voix de Sabine Devieilhe, digne hĂ©ritiĂšre d’Aloysia, et des partitions pour orchestre du divin Mozart.

Sabine Devieilhe – W.A. Mozart, une acadĂ©mie pour les sƓurs Weber — RĂ©alisation : Colin Laurent. Avec Sabine Devieilhe et l’Ensemble Pygmalion dirigĂ© par RaphaĂ«l Pichon. EnregistrĂ© au ThĂ©Ăątre ImpĂ©rial de CompiĂšgne en dĂ©cembre 2015 (44mn – 2016). Le thĂšme de ce programme a fait l’objet d’un enregistrement discographique chez ERATO, Ă©lu CLIC de classiquenews.

 

 

 

Programme
Haffner Allegro enchainé
Aria Vorrei spiegarvi K.418 +
Aria Schon lacht der holde FrĂŒhling K.58
Trio Die Schlittenfahrt Kv 605 n°3 + Deutsche Tanze kv 571 n°6, enchainés
Die Zauberflöte Kv 620 – Reine de la Nuit +
Haffner Presto
Aria Nehmt meinen Dank
Dans un bois solitaire et sombre (bis piano forte/chant)

 

 

 

CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon)

Le nozze di figaro mozart les noces de figaro deutsche grammophon 3 cd nezet-seguin_hampson_fauchecourt critique cd review classiquenews presentation annonce depeche clic de classiquenews juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva (NĂ©zet-SĂ©guin, 3 cd Deutsche Grammophon). Voici donc la suite du cycle Mozart en provenance de Baden Baden 2015 et pilotĂ© par le chef Yannick NĂ©zet-SĂ©guin et le tĂ©nor Roland Villazon : ces Noces / Nozze marque le dĂ©jĂ  quatriĂšme opus sur les 7 ouvrages de maturitĂ© initialement choisis. Ce live confirme globalement les affinitĂ©s mozartiennes du chef quĂ©bĂ©cois nĂ© en 1975,et qui poursuit son irrĂ©pressible ascension : il vient d’ĂȘtre nommĂ© directeur musical du Metropolitan Opera de New York. Hormis quelques rĂ©serves, la tenue gĂ©nĂ©rale, vivace, qui exprime et la vĂ©ritĂ© des profils et l’ivresse rythmĂ©e de cette journĂ©e Ă©tourdissante, convainc. Soulignons d’abord, la prestation superlative vocalement et dramatiquement de la soprano vedette de la production. Elle fut Marguerite du Faust de Gounod Ă  Baden Baden (Festival de PentecĂŽte 2014) : la voici en Comtesse d’une ivresse juvĂ©nile et adolescente irrĂ©sistible, saisissant la couleur nostalgique d’une jeune Ă©pouse mariĂ©e trop tĂŽt et qui a perdu trop vite sa fraicheur (quand elle n’était que Rosine
.). Sonya Yoncheva renouvelle totalement l’esprit du personnage en en rĂ©vĂ©lant l’essence adolescente avec une grĂące et une finesse absolues : son « Porgi amor » ouvrant le II, est affirmation toute en dĂ©licatesse d’une aube tendre et angĂ©lique Ă  jamais perdue : l’aveu d’un temps de bonheur irrĂ©mĂ©diablement Ă©vanoui : dĂ©chirante priĂšre d’une Ăąme Ă  la mĂ©lancolie remarquablement Ă©noncĂ©e. Ce seul air mĂ©rite les meilleures apprĂ©ciations. Car Sonya Yoncheva a contrairement Ă  la plupart de ses consƓurs, le charme, la noblesse, la subtilitĂ© et
 surtout le caractĂšre et l’ñge du personnage. Inoubliable incarnation (mĂȘme charme Ă  la langueur irrĂ©sistible dans le duo Ă  la lettre du II : Canzonetta sull’aria).

 

 

 

Une Rosina nostalgique inoubliable
La comtesse blessée, adolescente de Sonya Yoncheva

 

 

EXCELLENCE FEMININE....A ses cĂŽtĂ©s, deux autres chanteuses sont du mĂȘme niveau : incandescentes, naturelles, vibrantes : la Susanne (pourtant au timbre mĂ»re) de Christiane Karg (de plus en plus naturelle et expressive : sensibilitĂ© de son ultime air avec rĂ©citatif au IV : « Giunse alfin il momento / Deh vient , non tardar, o gioia bella  »), et surtout l’épatante jeune soprano Angela Brower, vrai tempĂ©rament de feu dans le rĂŽle travesti de ChĂ©rubin. Les 3 artistes Ă©blouissent Ă  chacune de leur intervention et dans les ensembles. MĂȘme Regula MĂŒhlemann fait une Barberine touchante (cherchant son Ă©pingle dans le jardin : parabole du trouble et de l’oubli semĂ©s tout au long de l’action) au dĂ©but du IV. Exhaustif et scrupuleux, Yannick NĂ©zet SĂ©guin respecte l’ordre originel des airs et sĂ©quences de l’acte III ; il dirige aussi tout l’acte IV avec l’air de Marceline (« il capo e la capretta » : Ă©patante Anne-Sofie von Otter, plus fine actrice que chanteuse car

Diva d'aujourd'hui : Sonya Yoncheva chante Irisl’instrument vocal est Ă©raillĂ©), et le grand rĂ©cit de Basilio (sur l’art bĂ©nĂ©fique de se montrer transparent : « In quagli anni », chantĂ© par un Rolando Villazon, malheureusement trop outrĂ© et maniĂ©rĂ©, cherchant a contrario de tout naturel Ă  trouver le dĂ©tail original qui tue ; cette volontĂ© de faire rire (ce que fait le public de bonne grĂące) est Ă©tonnante puis dĂ©concertante ; dommage (rien Ă  voir avec son chant plus raffinĂ© dans l’EnlĂšvement au sĂ©rail, prĂ©cĂ©demment Ă©ditĂ©). Face Ă  lui, le Curzio de Jean-Paul FauchĂ©court est mordant et vif Ă  souhait, soulignant la verve de la comĂ©die sous l’illusion et les faux semblants du drame domestique. Contre toute attente, le Comte Almaviva de Thomas Hampson montre de sĂ©rieuses usures dans la voix et un chant constamment en retrait, – ce malgrĂ© la justesse du style et l’aplomb des intentions, et pourtant d’une prĂ©cision Ă  peine audible (mĂȘme si l’orchestre est placĂ©e derriĂšre les chanteurs selon le dispositif du live Ă  Baden Baden). Le Figaro un rien rustre et sanguin de Luca Pisaroni est percutant quant Ă  lui, trop peut-ĂȘtre avec une couleur rustique qui contredit bien des Figaro plus policĂ©s, mieux nuancĂ©s (Hermann Prey).

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroSur instruments modernes, l’orchestre palpite et s’enivre au diapason de cette journĂ©e Ă  perdre haleine avec la couleur trĂ©pidante, ronde du pianoforte dans rĂ©citatifs et airs ; pourtant jamais prĂ©cipitĂ©e, ni en manque de profondeur, la baguette de Yannick NĂ©zet-SĂ©guin ne se dilue, toujours proche du texte, du sentiment, de la finesse : l’expressivitĂ© souple assure le liant de ce festival enfiĂ©vrĂ© qui marque en 1786 la premiĂšre coopĂ©ration entre Da Ponte et Mozart, inspirĂ©s par Beaumarchais (le mariage de Figaro, 1784). Pour l’excellence des parties fĂ©minines, – le sommet en Ă©tant la subtilitĂ© adolescente de la Comtesse de Sonya Yoncheva, pour l’allure palpitante de l’orchestre grĂące Ă  la vivacitĂ© nerveuse du chef, ce live de Baden Baden mĂ©rite tous les Ă©loges. Au regard des accomplissements ainsi rĂ©alisĂ©s, les rĂ©serves Ă©mises ne sont que broutilles face Ă  la cohĂ©rence d’ensemble. Saluons donc la rĂ©ussite collective de ce 4Ăš Mozart Ă  ranger au mĂ©rite du duo d’initiateurs NĂ©zet-SĂ©guin et Villazon Ă  Baden Baden.
CLIC de classiquenews de juillet 2016.

 

 

 

CLIC_macaron_2014CD, compte rendu critique. Mozart : Les Noces de Figaro / Le Nozze di Figaro. Sonya Yoncheva, Angela Brower, Christiane Karg, Anne Sofie von Ottter, Regula MĂŒhlemann, Jean-Paul FauchĂ©court, Luca Pisaroni, Thomas Hampson, Rolando Villazon
 Vocalensemble Rastatt, Chamber orchestra of Europe. Yannick NĂ©zet SĂ©guin, direction — 3 cd Deutsche Grammophon 479 5945 / CLIC de classiquenews de juillet 2016

ARTE diffuse le nouveau Cosi fan tutte d’Aix 2016

mozart-portrait-xixARTE, ce soir, 22h20. Mozart: Cosi fan tutte. Depuis Aix en Provence, voici l’opĂ©ra des amours contrariĂ©s oĂč deux couples de jeunes amants apprennent la trahison, l’oubli, les blessures des serments tuĂ©s. Au dĂ©part, Ferrando (le tĂ©nor) aime Dorabella (la mezzo) et Guglielmo (le baryton), Fiodiligi (la soprano) : tout est en ordre dans cette Naples du XVIIIĂš. Mais, provoquant le sort au risque de tout perdre, les deux fiancĂ©s parient avec Don Alfonso, un aventurier qui a roulĂ© sa bosse, que leurs aimĂ©es jamais ne les trahiront : c’est mal connaĂźtre le coeur des femmes, volages et lĂ©gĂšres : « ainsi font-elles toutes », / Cosi fan tutte. AidĂ© de sa complice dĂ©lurĂ©e, elle aussi bien peu naĂŻve sur le monde et les hommes, la servante Despina, attachĂ©e au service des deux belles, Alfonso dĂ©montre la facilitĂ© avec laquelle Fiordiligi et Dorabella s’amourache du fiancĂ© de l’autre, en un croisement des attractions de plus troublantes. DĂ©guisĂ©s en turcs frais arrivĂ©s au port de Naples, les deux jeunes hommes titillent le dĂ©sir des deux jeunes femmes auxquelles leurs fiancĂ©s ont fait croire qu’ils sont partis Ă  la guerre. Ecole du dĂ©senchantement, expĂ©rience cynique de la rĂ©alitĂ© de l’amour, Cosi fan gutte est le dernier opĂ©ra Ă©crit avec Da Ponte. Mozart s’y rĂ©vĂšle expert de la fragilitĂ© et de l’inconstance. Tout ici palpite et s’aimante pour mieux perdre la raison des sentiments. Et c’est le couple des manipulateurs, les « vieux » contre les jeunes, Alfonso/Despina, qui jubilent en coulisse : la rĂ©alitĂ© a vaincu la naĂŻvetĂ©. Que donnera la nouvelle production prĂ©sentĂ©e en juillet 2016 par le Festival d’Aix ? C’est un spectacle d’autant plus attendu que l’opĂ©ra est emblĂ©matique de l’évĂ©nement provençal, participant Ă  sa premiĂšre Ă©dition en 1958 (et dans une distribution dĂ©jĂ  Ă©blouissante qui est restĂ©e lĂ©gendaire, associant dans les deux rĂŽles fĂ©minins, les deux Teresa de l’heure, Berganza et Stich Randall, sous la baguette de Hans Rosbaud). Aix 2016 saura-t-il conserver son Ăąme poĂ©tique fou en rĂ©gĂ©nĂ©rant l’irrĂ©pressible sensibilitĂ© mozartienne ? RĂ©ponse ce soir vendredi 8 juillet 2016 sur Arte, Ă  partir de 22h20.

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INFOS PRATIQUES sur le site d’Arte :
http://concert.arte.tv/fr/cosi-fan-tutte-de-mozart-au-festival-daix-en-provence-2016

distribution :

Kate Lindsey – Dorabella
Sandrine Piau – Despina
Lenneke Ruiten – Fiordiligi
Joel Prieto – Ferrando
Nahuel di Pierro – Guglielmo
Rod Gilfry – Don Alfonso

Freibrugerbarockorchester
Louis Langrée, direction
Christophe Honoré, mise en scÚne

Illustration : « je t’aime, moi non plus ». DĂ©sordre et trouble du sentiment amoureux par Fragonard (Le Verrou, DR)

 

Nouveau Cosi fan tutte Ă  Aix

aix-en-provence-logo-2015Aix. Mozart : Cosi fan tutte : 30 juin – 19 juillet 2016. La production Ă©vĂ©nement du festival aixois 2016 est ce nouveau Cosi, dernier opĂ©ra de la trilogie Mozart / Da Ponte dont on ne cesse de mesurer sans l’épuiser, la justesse Ă©motionnelle entre cynisme un rien pervers, et innocence Ă©prouvĂ©e. L’ouvrage crĂ©Ă© le 20 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne est sous titrĂ© surtout : l’école des amants. Car un duo complice d’une exquise drĂŽlerie cynique et ironique Ă©duque deux jeunes couples sur les vertiges et morsures amoureuses.
Il suffit que les fiancĂ©s en titre (Ferrando et Guglielmo) s’absentent pour que leurs amoureuses, jurant pourtant fidĂ©litĂ© et loyautĂ© Ă  leurs aimĂ©s avant leur dĂ©part, ne se laissent sĂ©duire par d’autres plus appĂ©tissants encore : de (faux) nouveaux officiers turcs, frais dĂ©barquĂ©s dans cette Naples, saisie par la torpeur d’un Ă©tĂ© harassant


Mozart portraitXECHIQUIER ET LABYRINTHE AMOUREUX. C’est qu’ici, Don Alfonso, vieil aventurier qui en connaĂźt plus sur le cƓur des femmes que quiconque, a pariĂ© cher que les demoiselles tromperaient serments et voeux prononcĂ©s, 
 un affront pour les fiancĂ©s ainsi trahis qui apprennent le dur et Ăąpre langage amoureux, grĂące aussi Ă  la vivacitĂ© mordante de la servante Despina, vraie nourrice espiĂšgle des deux jeunes femmes : Dorabella et Fiordiligi. L’esprit de Mozart atteint des sommets d’élĂ©gance profonde, de sensualitĂ© mĂ©lancolique, infiniment sensible aux vertiges Ă©prouvĂ©s par ses jeunes protagonistes : Fiordiligi et Dorabella dĂ©sespĂšrent, s’alanguissent puis succombent Ă  la tentation des nouveaux arrivants, tandis que les garçons, trahis, humiliĂ©s, pris dans les rets de leur propre comĂ©die, Ă©prouvent les brĂ»lures de la solitude et de l’abandon (Ferrando).
L’opĂ©ra de 1790 n’a pas pris une ride tant la justesse de la musique et l’exquise expression des sentiments nous parlent aujourd’hui. La nouvelle production aixoise affiche une distribution de chanteurs plutĂŽt inconnus en France, sauf l’excellente soprano Sandrine Piau, mozartienne accomplie qui devrait pĂ©tiller et jubiler dans le rĂŽle de la servante dĂ©jantĂ©e, Ă©mancipĂ©e, complice en diable d’un Alfonso pervers. Sur le plan scĂ©nique, qu’en sera-t-il ? La derniĂšre production de Cosi Ă  Aix qui ait vraiment comptĂ©, demeure celle de Patrice ChĂ©reau, dĂ©ployĂ©e dans les coulisses d’un thĂ©Ăątre
 Pour ceux qui apprĂ©cie un Mozart enlevĂ©, Ă©lĂ©gant, profond, prĂ©fĂ©rez les dates avec l’excellent mozartien JĂ©rĂ©mie Rhorer, rĂ©cent ambassadeur d’un EnlĂšvement au SĂ©rail, du mĂȘme Mozart, saisissant de vĂ©ritĂ© et de vivacitĂ©.

 

 

 

Cosi fan tutte de Mozart au Festival d’Aix en Provence
Aix en Provence, ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©
Les 30 juin, puis 2, 5, 8, 11, 13, 15, 17 et 19 juillet 2016
9 représentations

Fiordiligi : Lenneke Ruiten
Dorabella : Kate Lindsey
Despina : Sandrine Piau
Ferrando : Joel Prieto
Guglielmo : Nahuel di Pierro
Don Alfonso : Rod Gilfry

Freiburger Barockorchester
Louis Langrée / Jérémie Rhorer (17 & 19 juillet), direction musicale
Christophe Honoré, mise en scÚne

 

 

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RADIO, en direct.
Diffusion sur France Musique, mardi 5 juillet 2016, en direct, Ă  21h30

autres diffusions à suivre sur France Musique, au Festival d’Aix en Provence 2016 :

Mercredi 6 juillet, en direct / ThĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©
22h : Il Trionfo

Jeudi 7 juillet, en direct / Grand Théùtre de Provence
19h30 : Pelléas & Mélisande

 

 

CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail (JĂ©rĂ©mie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha)

mozart die entfuhrung aus dem serail cercle de l harmonie jeremie rhorer cd outhere presentation review critique CLASSIQUENEWS mai juin 2016CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail (JĂ©rĂ©mie Rhorer, Jane Archibald, septembre 2015 – 2 cd Alpha). Sous le masque lĂ©ger, exotique d’une turquerie crĂ©Ă©e Ă  Vienne en 1782, se prĂ©cise en vĂ©ritĂ© non pas la confrontation de l’occident versus l’orient, occidentaux prisonniers, esclaves en terres musulmanes, mais bien un projet plus ample et philosophique : la lutte des fraternitĂ©s contre le despotisme et la barbarie cruelle (la leçon de clĂ©mence et de pardon dont est capable Pacha Selim en fin d’opĂ©ra reste de nos jour d’une impossible posture : quels politiques de tout bord est-il capable de nos jours et dans le contexte gĂ©opolitique qui est le nĂŽtre, d’un tel humanisme pratique ?). Cette fraternitĂ©, ce chant du sublime fraternel s’exprime bien dans la musique de Mozart, avant celle de Beethoven.

rhorer jeremie enlevement au serail mozart tce jane archibaldD’AIX A PARIS… de la scĂšne lyrique au thĂ©Ăątre sans dĂ©cors. A Aix prĂ©alablement et dans la rĂ©alisation scĂ©nique de l’autrichien Martin Kusej (non pas allemand comme on le lit habituellement), cet EnlĂšvement, retransposĂ© sans maquillage et en rĂ©fĂ©rence direct aux Talibans et Ă  Daech avait marquĂ© les esprits de l’Ă©tĂ© 2015, par sa radicalitĂ© souvent brutale (des textes rĂ©Ă©crits, donc actualisĂ©s, et parfois, une foire confuse aux actualitĂ©s contemporaines) dĂ©naturant cependant l’Ă©lĂ©gance profonde du Mozart originel. C’Ă©tait de toute Ă©vidence exprimer l’acuitĂ© polĂ©mique brĂ»lante de l’opĂ©ra de Mozart, tout en lui ĂŽtant sa part d’onirisme, de rĂȘve Ă©perdu. Presque un an plus tard, le disque sort et avec lui, la magie de la direction musicale et des incarnations vocales, alors saisies sur le vif en un concert sans mise en scĂšne, au TCE Ă  Paris en septembre 2015 : le rĂ©sultat est au delĂ  de nos attentes, et rĂ©vĂšle l’engagement irrĂ©sistible du chef quadra JĂ©rĂ©mie Rhorer. Sans les images (et la vacuitĂ© anecdotique de la mise en scĂšne aixoise), la force et la grandeur de la musique nous Ă©claboussent Ă  plein visage (ou pleine oreille). Alors qu’Ă  Aix, il dirigeait le Freiburger BarokOrchester, JĂ©rĂ©mie Rhorer dans ce live parisien de lĂ©gende retrouve ses chers instrumentistes, de son propre orchestre, Le Cercle de l’Harmonie. La direction fourmille d’Ă©clairs, d’Ă©clats tĂ©nus, de scintillements sourds et raffinĂ©s qui montrent combien Mozart en peintre du coeur humain est inatteignable car la grĂące sincĂšre que nous fait entendre alors JĂ©rĂ©mie Rhorer, exprime au plus prĂšs le gĂ©nie de l’Ă©ternel Wolfgang : une langue qui parle l’ivresse et le dĂ©sir des cƓurs, l’aspiration Ă  cet idĂ©al fraternel qu’incarne toujours, le pacte libertaire du quatuor Belmonte/Constanze, Pedrillo/Blonde. La vitalitĂ© continuement juste de l’orchestre saisit de bout en bout. Et depuis Aix, le chef retrouve Ă  Paris les chanteurs du Quatuor : Norman Reinhardt / Jane Archibald, David Portillo / Rachele Gilmore… AssurĂ©ment son carrĂ© d’as, tout au moins pour les 3 derniers, d’une suprĂȘme vĂ©ritĂ©.

De quoi s’agit-il prĂ©cisĂ©ment ? Formidable profondeur et jutesse poĂ©tique ce dĂšs l’ouverture qui tout en Ă©grennant Ă  la façon d’un pot-pourri, les motifs les plus essentiels de l’action qui va suivre, dĂ©voile la saisissante fluiditĂ© Ă©nergique du seul vĂ©ritable acteur : l’orchestre Le Cercle de l’Harmonie ; les instrumentistes dĂ©ploient et diffusent une rondeur suractive que le chef sait ciseler et exploiter jusqu’Ă  la fin en une Ă©nergie rĂ©ellement irrĂ©sistible, live oblige. L’attention de JĂ©rĂ©my Rhorer est de chaque instant, d’une finesse dramatique, qui bascule vers l’intĂ©rioritĂ©, rendant compte de tous les accents, nuances, couleurs, chacun exprimĂ© par leur charge Ă©motionnelle, prĂ©cisĂ©ment calibrĂ©e. C’est d’autant plus juste pour un ouvrage qui reste du cĂŽtĂ© de l’espĂ©rance et de la force des opprimĂ©s. L’amour reconstruit une espĂ©rance humaine contre la barbarie d’un emprisonnement arbitraire. D’emblĂ©e, La vitalitĂ© des caractĂšres s’affirme : la Blonde de Rachele Gilmore a certes une voix petite, parfois tirĂ©e mais elle demeure trĂšs engagĂ©e et Ă  son aise d’un chant affĂ»tĂ©, vif argent, fragile mais tenance.

 

Saisi sur le vif en septembre 2015, L’EnlĂšvement au sĂ©rail de JĂ©rĂ©mie Rhorer confirme la direction du maestro français;

Live captivant au diapason du sentiment,
Justesse de l’orchestre, palpitation des femmes

 

 

archibald janePar ses 3 grands airs, la soprano en vedette (“La Cavalieri” – Caterina Cavalieri, Ă  l’Ă©poque de Mozart) peint trĂšs subtilement le portrait d’une femme amoureuse : Constanze, affligĂ©e mais digne. C’est d’abord solitude et fragilitĂ© de l’ĂȘtre dĂ©semparĂ© (seule mais pas dĂ©munie : premier air “Durch ZĂ€rlichkeit…” acte I) bientĂŽt gagnĂ©e par l’esprit de rĂ©sistance, la lumiĂšre des justes contre l’oppression et la torture… (grand air quasi de concert, de forme fermĂ©e : “Martern aller Arten“…, le pivot dramatique du II, magnifiquement portĂ© par l’engagement incarnĂ© de la soprano Jane Archibald qui chante toutes les variations : saluĂ©e Ă  ses dĂ©buts français Ă  Nantes dans un somptueux et onirique (voire vaporeux) Lucio Silla, la soprano captive par la vĂ©ritĂ© de son chant impliquĂ©, intense, qui s’expose sans rĂ©serve pour tenir fiĂšrement malgrĂ© la violence de son geĂŽlier, Selim : en elle, pointe la noblesse hĂ©roĂŻque de la future Fiordiligi, cƓur ardent, Ăąme inflexible de Cosi fan tutte : une vraie rĂ©sistante prĂȘte Ă  mourir (duo final avec Belmonte, oĂč les deux amants se croient condamnĂ©s sans perdre leur courage). Saluons surtout chez Archibald, le caractĂšre de la souffrance aussi, cultivant le lugubre saisissant (prĂ©sence de la mort), dans les colonnes des bois, aux lueurs maçonniques telles qu’elles scintilleront 9 ans aprĂšs L’EnlĂšvement, dans La FlĂ»te enchantĂ©e (1791) oĂč Ă  la solitude de Constanze rĂ©pond, comme sa sƓur en douleur, la priĂšre de Pamina…

Sommets dramatiques  Sturm une Drang… Au cours de l’enchaĂźnement des actes I puis II, qui fait se succĂ©der les deux airs si dĂ©cisifs de Contanze, l’orchestre et sa sculpture instrumentale si bien affĂ»tĂ©e dessinent en contrepoint de la sensibilitĂ© radicale de la jeune femme, un climat tendu et raffinĂ©, d’essence Sturm und Drang, tempĂȘte et passion effectivement-, dont les Ă©clairs et tonnerre Ă©motionnels sont d’autant plus renforcĂ©s par contrastes / renfort que la succession des sĂ©quences du I au II, alors, oppose le cƓur noble mais indĂ©fectible de Constanze Ă  la fureur Ă©lectrique (hystĂ©rique animale) du Pacha, puis de la non moins intense confrontation Pedrillo / Osmin. Terrifiante confrontation des ĂȘtres en vĂ©ritĂ©. Il n’est que la tendresse plus insouciante de Blonde (air d’une fĂ©minitĂ© angĂ©lique aĂ©rienne : “Durch ZĂ€rlichkeit...” qui ouvre le II). Et Ă  travers les confrontations occidentaux / musulmans, l’exhortation au dĂ©passement des rivalitĂ©s, par l’amour et par la clĂ©mence prĂ©cise, suprĂȘme leçon d’humanisme, l’espĂ©rance de la musique de Mozart, sublime par la justesse de son invention. On aura rarement Ă©coutĂ© pareille rĂ©alisation associant chant des instruments, priĂšres vocales.

 

Moins convaincant reste Norman Reinhardt : il ne donne aux soupirs de Belmonte amoureux, qu’un chant moins propre, contournĂ©, assez imprĂ©cis, souvent maniĂ©rĂ©, moins percutant que le brio de ses partenaires, voire carrĂ©ment gras et Ă©pais (Wenn der Freude TrĂ€nen fliessen… escamotĂ© par un manque persistant de simplicitĂ©).

David_Portillo_High_Res_4_credit_Kristen_HoebermannAu III, la prĂ©paration de l’Ă©vasion / enlĂšvement pilotĂ© par l’ingĂ©nieux Pedrillo (excellent et racĂ© David Portillo), puis l’enlĂšvement proprement dit (In Mohrenland entonnĂ© sur un orchestre guitare aux pizzicati enchanteurs…), forment des ensembles triomphants comme une dĂ©licieuse marche militaire, qui dit la certitude et la complicitĂ© solidaire des prisonniĂšres et de leurs libĂ©rateurs inespĂ©rĂ©s…. tout cela est toujours portĂ© par l’ivresse et une frĂ©nĂ©sie scintillante Ă  l’orchestre d’une activitĂ© prodigieuse ; JĂ©rĂ©mie Rhoroer laisse chaque accent de cette humanitĂ© exaltĂ©e, respirer, s’Ă©panouir avec une classe magistrale.
La vision du chef organise et Ă©difie peu Ă  peu tout ce que la mise en scĂšne aixoise n’atteignait que rarement : le formidable Ă©lan progressif qui en fin d’action aiguise le dernier chant mozartien ; fustigeant les haineux caricaturaux (Osmin et sa cruautĂ© sadique), sublimant la lyre Ă©perdue, mais tristement non triomphante du dernier ensemble oĂč chacun dit sa libertĂ©, avant d’ĂȘtre probablement Ă©gorgĂ© par le bourreau qui mĂȘme s’il en est le serviteur, passe outre la clĂ©mence proclamĂ©e de son maĂźtre. Saisissante perspective.

TRAVAIL D’ORCHESTRE. L’enregistrement live de septembre 2015 suit les reprĂ©sentations scĂ©niques aixoises de juillet prĂ©cĂ©dent, ainsi l’on peut dire donc (et constater que Rhorer possĂšde son SĂ©rail : tout cela coule dans ses doigts et jusqu’Ă  l’extrĂ©mitĂ© de sa baguette, offrant une leçon de direction fluide, raffinĂ©e, prĂ©cise et vivante, Ă©tonnamment active et suggestive, imaginative, naturelle, vrai miroir des sentiments sous-jacents. En rĂ©alitĂ©, la valeur de ce coffret d’autant plus attendu que le moment du “concert” Ă  Paris avait marquĂ© les esprits, confirme l’impression du public de ce 21 septembre 2015 : le chant de l’orchestre – des instruments d’Ă©poque, rĂ©tablit la proportion originelle de la sensibilitĂ© mozartienne, oĂč chaque phrase instrumentale, qu’il s’agisse des solos piano ou des tutti rugissants orientalisants, s’accorde naturellement Ă  la voix humaine, dont la vĂ©ritĂ© et la sincĂ©ritĂ© sont constamment prĂ©servĂ©s. Le sommum Ă©tant atteint ici dans les Ă©pisodes oĂč les trois meilleurs chanteurs donnent tout, en complicitĂ© avec un orchestre ciselĂ©, dramatiquement superbe et parfaitement canalisĂ© : Jane Archibald (Constanze troublante), David Portillo (Pedrillo ardent, ingĂ©nieux, tendre), Mischa Schelomianski (Osmin noir et barbare) fusionnent en sensibilitĂ© sur le tapis orchestral… La rĂ©alisation voix / orchestre tient du prodige et, sous la coupe sensible, fiĂšvreuse du chef JĂ©rĂ©mie Rhorer, confirme (s’il en Ă©tait encore besoin), l’irresistible poĂ©sie expressive des instruments d’Ă©poque. C’est dit dĂ©sormais : plus de Mozart sans instruments d’Ă©poque, ou alors avec intĂ©gration totale du jeu “historiquement informĂ©”. La corde du sentiment y vibre dans toute sa magicienne vĂ©ritĂ©. Magistral. Un must absolu Ă  Ă©couter et rĂ©Ă©couter sur les plages de cet Ă©tĂ© 2016.

 

 

 

CLIC-de-classiquenews-les-meilleurs-cd-dvd-livres-spectacles-250-250CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail. Jane Archibald, David Portillo, Rachele Gilmore, Mischa Schelomianski, … Le Cercle de l’Harmonie. JĂ©rĂ©mie Rhorer, direction. Live rĂ©alisĂ© Ă  paris au TCE en septembre 2015 – 2 cd Alpha, collection “ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es”). CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.

 

 

CD, annonce & avant-premiÚre. Le MOZART revitalisé de Jérémie Rhorer

rhorer jeremy direction maestro classiquenews mozart alpha cercle de l harmonie collection cd critique review classiquenewsCD, annonce & avant-premiĂšre… MOZART RÉGÉNÉRÉ. Ce pourrait ĂȘtre “la” version dont nous rĂȘvions secrĂštement, ciselĂ©e, … nuancĂ©e, colorĂ©e idĂ©alement sur le plan orchestral : un EnlĂšvement au SĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aus dem Serail de Mozart revitalisĂ© en une lecture gorgĂ©e de frĂ©missements palpitants et d’un format comme d’un Ă©quilibre et d’une dynamique nouveaux, idĂ©al point d’Ă©quilibre entre finesse psychologique voire ivresse individuelle, et continuum dramatique … grĂące aux instruments d’Ă©poque. A la fois pointilliste et intĂ©rieure mais aussi capable d’une frĂ©nĂ©sie parfois vertigineuse, la direction musicale rĂ©gĂ©nĂšre notre perception d’un Mozart au carrefour de l’euphorie passionnelle baroque et dĂ©jĂ  Ă©clairĂ©e par cette nouvelle conscience de la profondeur et du sentiment romantiques. Rien de moins. C’est ce que rĂ©alise le chef français (Ă  la mĂšche sauvage… cf notre photo), JĂ©rĂ©mie Rhorer, pour lequel la vitalitĂ© des instruments en subtile fusion avec les voix, leur accord poĂ©tique, dramatique… restent un souci constant. Sa lecture de L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, captĂ© sur le vif sur la scĂšne du TCE Ă  Paris en septembre 2015, suscite la pleine adhĂ©sion de la rĂ©daction CD de CLASSIQUENEWS. AnnoncĂ©e dĂ©but juin 2016, la parution discographique est l’Ă©vĂ©nement de ce printemps 2016. Incomparable plĂ©nitude d’une sensibilitĂ© symphonique et lyrique qui rĂ©vĂšle l’inusable tendresse poĂ©tique d’un Mozart touchĂ© en 1782 Ă  Vienne, par la grĂące absolue. La distribution de jeunes chanteurs, tous soucieux d’Ă©nergie comme d’intĂ©rioritĂ© accrĂ©dite une production qui mĂ©rite absolument cet enregistrement majeur.  L’enregistrement obtiendra-t-il le CLIC de CLASSIQUENEWS, rĂ©compense ultime ? RĂ©ponse le … 7 juin 2016, date de parution de ce double coffret Alpha.

 

 

Pleine critique de L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart par JĂ©rĂ©mie Rhorer et Le Cercle de l’Harmonie, Ă  venir dans le mag cd dvd livres de CLASSIQUENEWS, le jour de la parution du coffret ( coffret 2 cd Alpha).

 

 

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Compte-rendu, opéra. Toulouse, Capitole, le 17 avril 2016. Mozart : Les Nozze di Figaro. Attilio Cremonesi, direction. Marco Arturo Marelli, mise en scÚne.

Cette admirable production datant de 2008 trouve sa plĂ©nitude grĂące Ă  une distribution d’une Ă©quilibre proche de la perfection entre beautĂ© vocale et jeux scĂ©nique, vivant et naturel. L’esprit buffa si particulier Ă  Mozart et Da ponte trouve son apogĂ©e lors de ces reprĂ©sentations. Il est rare de bĂ©nĂ©ficier Ă  l’opĂ©ra d’un tel sens thĂ©Ăątral y compris durant les airs. Tout est vie et mouvement dans cette folle journĂ©e. GrĂące Ă  un travail en profondeur, chaque personnage est campĂ© avec humour et tendresse. Les dĂ©cors sont sobres, les costumes flamboyants et les Ă©clairages sculptent l’espace avec un lever et coucher de soleil sur les deux airs de la comtesse, puis la lune dans le jardin, dĂ©limitant le nycthĂ©mĂšre.

 

Admirable équilibre entre musique et théùtre

 

 

 

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Le Comte de Lucas Meachem est peut ĂȘtre le plus rĂ©ussi car ce personnage est trop souvent ingrat. La haute stature du chanteur, son charme personnel, une sorte d â€˜Ă©nergie canalisĂ©e mais pas toujours lissĂ©e en font un noble aussi irritant qu’attachant. Ses maladresses sont pleines de charmes et l’élĂ©gance est toujours lĂ . La voix est magnifique de projection, large et puissante quand il le veut et la tenue de sons pianos trĂšs souples, donne beaucoup dâ€˜Ă©motion Ă  ses priĂšres Ă  la Comtesse. L’humour de son jeux lui permet de toujours gagner la sympathie du public ce qui est assez rare dans ce rĂŽle. En filigrane se devine un futur Baron Ochs, du Chevalier Ă  La Rose qui devrait ĂȘtre passionnant. Il forme avec la Comtesse de Nadine Koutchner un couple cohĂ©rent. MĂȘme large stature vocale, mĂȘme qualitĂ© de timbre, et chez elle, un legato et des pianissimi qui tiennent du rĂȘve Ă©veillĂ©. La grĂące de cette Comtesse, mais aussi sa capacitĂ© Ă  s’animer et s’encanailler avec Suzanne est pleine de jeunesse. Son regret de ses amours n’est pas plaintif mais rĂ©crimination d’un fort tempĂ©rament amoureux frustrĂ©.

Les Noces de Figaro ne comprend pas vraiment de personnage principal; c’est l’équilibre entre tous qui fait le succĂšs de l’opĂ©ra. En mettant en scĂšne un couple comtale plus jeune, plus sympathique et plus vif, tout le thĂ©Ăątre semble rehaussĂ© d’un cran. Ainsi Figaro est particuliĂšrement latin et intelligent. Toujours en mouvement. Le Jeune Dario Solari peut compter sur une Ă©nergie peu commune. La voix est ronde, le jeu de l’acteur est virtuose et son charme Ă  quelque chose de  fĂ©lin. L’étoffe d’un Don Juan se fait jour. Anett Fritsch, sa Suzanne, est du vif argent. La tendresse et la passion l’habitent avec une rare intensitĂ©. Le timbre est clair et beau. Son jeu est admirable. Elle a tout d’une trĂšs grande Suzanne, d’ailleurs elle sera Suzanne au festival de Salzbourg cet Ă©tĂ©.

Ingborg Gillebo est une Cherubin dĂ©licat et sĂ©duisant. Le jeu est suffisamment vivant pour ĂȘtre sinon naturel du moins trĂšs convaincant. La voix est bien conduite et le timbre agrĂ©able. Un ChĂ©rubin adolescent encore fragile et pas encore certain de sa sĂ©duction pourtant rĂ©elle. La Marcelline de Jeanette Fischer est remarquable. Elle campe vocalement et scĂ©niquement un personnage inoubliable et attachant. Son air au milieu du public est un moment d’anthologie. La large voix de Dimitry Ivashchenko (Bartolo) et son jeux extraverti lui permettent de donner corps et prĂ©sence Ă  son rĂŽle. Il arrive avec humour a le rendre sympathique. Le Don Basile de Gregory Bonfatti est crĂ©dible et trĂšs prĂ©sent vocalement dans les ensembles. Elisandra Melian en Barberine est un peu sous employĂ©e. Le timbre est un corsĂ© pour le rĂŽle et le tempĂ©rament scĂ©nique un peu trop Ă©nergique loin de l’ingĂ©nue habituelle. Tiziano Braci campe un Antonio cauteleux Ă  souhait. Il ressort de l’admirable travail de Marco Arturo Marelli une sympathie pour chaque rĂŽle. Chaque personnage va vers son bonheur Ă  sa maniĂšre et partant d’un Ă©tat va se trouver changĂ© en une journĂ©e. Il n’y a pas de vrai « mĂ©chant », belle leçon d’ humanitĂ© en somme!

Le choeur du Capitole a est admirable de présence vocale et scénique. Le soin apporté aux costumes par Dagmar Niefind et crées  au théùtre Real de Madrid  est incroyable jusque dans celui des choeurs.
L’orchestre en cordes et bois baroques est trĂšs prĂ©sent. Le chef adopte des tempi plutĂŽt vifs et la thĂ©ĂątralitĂ© se dĂ©roule comme par Ă©vidence . Le temps est suspendu et le spectacle avance avec beaucoup de vie. Les couleurs de l’orchestre sont trĂšs belles surtout les bois et les cuivres. Le tandem Robert Gonella au pianoforte et Christopher Waltham au violoncelle forme un  continuo vivifiant . Le fait de monter les musiciens hauts dans la fosse a l’avantage de renforcer la cohĂ©sion scĂšne/fosse qui est parfaite mais provoque une trop forte prĂ©sence des cordes graves au dĂ©triment des violons, du moins au parterre. Cette forte prĂ©sence de l’orchestre qui Ă©quilibre Ă  mon sens la thĂ©ĂątralitĂ© bouillonnante de la mise en scĂšne n’a pas Ă©tĂ© du gout de certains. Pour ma part l’orchestre mozartien et un vrai partenaire et parfois un personnage Ă  part entiĂšre et j’ai beaucoup aimĂ© l’équilibre obtenu par Attilio Cremonesi. Les Noces est Ă  mon avis l’opĂ©ra du Trio Da Ponte qu’il a dirigĂ© au Capitole  celui qui lui rĂ©ussi le mieux.
Ce chef d ‘Ɠuvre a fait salle comble avec refus de spectateurs potentiels. Le respect et la vitalitĂ© de cette production, son Ă©quilibre rare entre chant et thĂ©Ăątre, le travail d â€˜Ă©quipe exemplaire qui est perceptible, en fait un des plus beaux spectacles du Capitole. Cette reprise est bienvenue et n’ayant pas pris une ride je me rĂ©jouis d’imaginer revoir un jour cette belle production. .

 

 

 

Compte-rendu, opĂ©ra. Toulouse, Capitole, le 17 avril 2016. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Les Nozze di Figaro. Opera buffa en quatre actes de Lorenzo Da Ponte, d’aprĂšs La Folle JournĂ©e ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais ; crĂ©Ă© le premier mai 1786 Ă  Vienne. Coproduction avec l’OpĂ©ra de Lausanne (2008). Avec :  Lucas Maechem, le Comte Alamaviva. Nadine Koutchner, La Comtesse Almaviva. Dario Solari, Figaro. Anett Fritsch, Susanna. Ingeborg Gillebo, Cherubino. Jeanette Fischer, Marcellina. Dimitry Ivaschenko, Bartolo. Gregory Bonfatti, Don Basilio. Mikeldi Atxalandabaso, Don Curzio. Elisandra Melian, Barberina. Tiziano Bracci, Antonio. Zena Baker, Marion CarrouĂ©, deux dames. Choeur du Capitole, direction : Alfonso Caiani. Orchestre  National du Capitole de Toulouse. Attilio Cremonesi, direction musicale. Mise en scĂšne et scĂ©nographie : Marco Arturo Marelli. Collaborateur Ă  la mise en scĂšne, Enrico de Feo. Costumes, Dagmar Niefind. LumiĂšres, Friedrich Eggert. Photo : David Herrero

 

 

 

Lucio Silla ou Mozart en ado romantique

mozart_portrait-300Mozart : LUCIO SILLA. Les 23, 25, 27 et 29 avril 2016. En 1772 aprĂšs son Ă©blouissant Mitridate le jeune Mozart adolescent  (il termine alors sa 16 Ăšme annĂ©e), s’intĂ©resse au labyrinthe amoureux faisant Ă©voluer encore et encore le genre seria dont il enrichit la forme (ajout du choeur, rĂ©citatifs soignĂ©s, orchestre raffinĂ©); qu’il acclimate Ă  un langage musical qui suit avec une acuitĂ© racinienne chaque vertige ou Ă©lan du coeur; c’est un thĂ©Ăątre sentimental d’une profondeur jamais Ă©coutĂ©e auparavant car chaque personnage y souffre et palpite avec une force nouvelle;  aucun doute alors que Goethe finit alors Les Souffrances du jeune Werther, Mozart dĂ©ploie une exceptionnelle maturitĂ© pour inventer l’opĂ©ra
 romantique: ce Lucio milanais, crĂ©Ă© en dĂ©cembre 1772 au lendemain de la NoĂ«l (soit le 26 dĂ©cembre) affirme le gĂ©nie du jeune compositeur habitĂ© par la question du sentiment et du dĂ©sir.

Lucio : c’est Mozart en ado romantique

Si le prince Lucio Silla aime Giunia, celle ci lui prĂ©fĂšre Cecilio. Les deux amants menacĂ©s fomentent un complot contre l’autoritĂ© : ils envisagent l’assassinat du despote Silla : mais leur projet est Ă©ventĂ© et se prĂ©sentant devant le tribunal, Giunia et Cecilio sont prĂȘts Ă  mourir. Devant tant de courage et de force morale, Lucio Silla
 de tyran devient tĂ©moin humanisĂ© ; il renonce Ă  Giunia et mĂȘme abandonne le pouvoir au peuple de Rome;  l’Ă©poque est alors Ă  la cĂ©lĂ©bration du prince politique Ă©clairĂ© dont la transfiguration espĂ©rĂ©e, fantasmĂ©e dans le cadre de la reprĂ©sentation, est exprimĂ©e exaltĂ©e par la musique de Mozart.

mozart_portraitChaque production de Lucio Silla doit rĂ©unir une distribution de personnalitĂ©s touchantes voire bouleversantes par la subtilitĂ© de leur caractĂ©risation. L’orchestre doit commenter, exprimer et parfois contredire ce que dit les acteurs. Jamais Mozart n’a mieux compris la vĂ©ritĂ© des passions humaines : les Ă©pisodes psychologiques y sont ciselĂ©s, affinĂ©s encore par des rĂ©citatifs particuliĂšrement audacieux – vrai dĂ©fi pour les belcantistes auto dĂ©clarĂ©s;  Lucio Silla annonce la sincĂ©ritĂ© de la trilogie Mozart et Da Ponte (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, Cosi fan gutte), tout en abordant le thĂšme central du despote magnanime (bientĂŽt traitĂ© dans son dernier sedia de 1791, soit presque 20 ans aprĂšs Lucio), La ClĂ©mence de Titus.

Mozart: LUCIO SILLA, 1772
Insula Orchestra / Laurence Equilbey, direction
Avec Franco Fagioli (Cecilio), Paolo Fanale (Lucio Silla), Olga Pudova (Giunia)

Tournée

Le 23 avril 2016
PARIS, Philharmonie 2 / Cité de la musique, 20h30

Le 25 avril 2016
LE HAVRE, Le Volcan, 19h30

Le 27 avril 2016
VIENNE (Autriche), Theater an der Wien, 20h

Le 29 avril 2016
Aix en Provence, Grand Théùtre de Provence, 20h30

d’infos, rĂ©servations sur le site Insula Orchestra

LIRE notre compte rendu complet développé de LUCIO SILLA, présenté par ANGERS NANTES OPERA en mars 2010

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’enlĂšvement au sĂ©rail, 1782. Thomas Rösner, direction. Tom Ryser, mise en scĂšne.

Nouvel EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l'OpĂ©ra de ToursCOMPTE-RENDU, OpĂ©ra. TOURS, OpĂ©ra. Mozart: L’enlĂšvement au sĂ©rail, les 26, 28 fĂ©vrier puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue Ă  l’orientaliste, il n’est jamais Ă©tranger aux LumiĂšres de la fraternitĂ© et de l’amour… La nouvelle production de l’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours (crĂ©e en Allemagne et bientĂŽt reprise Ă  Toulouse) convainc par sa cohĂ©rence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi rĂ©alise la mise en scĂšne. En restituant l’humanitĂ© profonde du musulman, sa blessure secrĂšte, intime dĂšs la premiĂšre scĂšne d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et rĂ©elle facĂ©tie, rend justice Ă  un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cƓur Ă©pris d’une saisissante humanitĂ©.

Tout d’un coup, la figure de maĂźtre oriental en son sĂ©rail, s’adoucit et sa relation avec sa belle captive Konstanz, vraie figure de la fidĂ©litĂ© amoureuse, gagne en intensitĂ©. A mesure que la jeune femme confirme son amour pour le seul Ă©lu de son cƓur : Belmonte, le Pacha ne cesse de redoubler son dĂ©sir de possĂ©der Konstanz en laquelle il voit l’incarnation de cette femme idĂ©ale qu’il a perdu ; d’oĂč en ouverture, et sur la musique du lever de rideau, les ombres du Pacha et des jeunes femmes qui dĂ©filent entre ses mains (Ă  la maniĂšre du prince en quĂȘte de Cendrillon) : toujours trouver celle qui l’obsĂšde.  L’importance rĂ©servĂ©e au personnage de Selim rĂ©Ă©quilibre la partition et Ă©vite bien des traitements caricaturaux, vus et revus ailleurs, entre Occidentaux et Musulmans.

Le plateau vocal trĂšs solide oĂč rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmĂ©e : Cornelia Götz en Konstanze, rĂ©tablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu thĂ©Ăątral, la comĂ©die en musique oĂč le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme mĂȘme de l’opĂ©ra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux Ă  la fois, c’est Ă  dire “singspiel”, associant chant et thĂ©Ăątre pur, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, oĂč le personnage central, moteur est un rĂŽle parlĂ© ; oĂč le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facĂ©tieux, subtils, est remarquablement traitĂ© par le compositeur qui creuse avec bĂ©nĂ©fice son contraste avec le geĂŽlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habituĂ© du rĂŽle). On assiste enthousiaste aux dĂ©buts de la pĂ©tillante Jeanne Crousaud en Blonde, double apparemment lĂ©ger mais en vĂ©ritĂ© clairvoyant de Konstanz, qui sait manipuler l’odieux Osmin… L’homogĂ©nĂ©itĂ© de la distribution permet de mieux goĂ»ter encore les Ă©quilibres dramatiquement entraĂźnant prĂ©servĂ©s par le chef… Tout avance ici avec une attention Ă  la double nature de l’ouvrage, comique et sĂ©rieux Ă  la fois. Un vrai rĂ©gal scĂ©niquement et musicalement rĂ©ussi car en fosse, un orfĂšvre de la baguette enjouĂ©e et dramatiquement ciselĂ©e opĂšre, Thomas Rösner (dont on avait tant aimĂ© la finesse de son Lucio Silla, opĂ©ra Ă©galement de Mozart, pour Angers Nantes opĂ©ra). L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Production Ă©vĂ©nement, Ă  ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 fĂ©vrier et 1er mars 2016.

Compte rendu, opĂ©ra. Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’enlĂšvement au sĂ©rail, 1782. Thomas Rösner, direction. Tom Ryser, mise en scĂšne. Encore une date Ă  TOURS, mardi 1er mars 2016. A ne pas manquer.

Opéra de Tours

Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

L’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’aprùs Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne

Direction musicale : Thomas Rösner
Mise en scĂšne : Tom Ryser
DĂ©cors : David Belugou
Costumes : Jean-Michel Angays et Stéphane Laverne
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Konstanze : Cornelia Götz
Blonde : Jeanne Crousaud
Belmonte : Tibor Szappanos
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper
Pacha SĂ©lim : Tom Ryser

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

REPORTAGE VIDEO : L’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours (fĂ©vrier-mars 2016)

Nouvel EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l'OpĂ©ra de ToursTOURS, OpĂ©ra. L’enlĂšvement au sĂ©rail, les 26, 28 fĂ©vrier puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue Ă  l’orientaliste, il n’est jamais Ă©tranger aux LumiĂšres de la fraternitĂ© et de l’amour
 La nouvelle production de l’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours convainc par sa grande cohĂ©rence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi rĂ©alise la mise en scĂšne. En restituant l’humanitĂ© profonde du musulman, sa blessure secrĂšte, intime dĂšs la premiĂšre scĂšne d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et rĂ©elle facĂ©tie, rend justice Ă  un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cƓur Ă©pris d’une saisissante humanitĂ©. Le plateau vocal trĂšs solide oĂč rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmĂ©e : Cornelia Götz en Konstanze, rĂ©tablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu thĂ©Ăątral, la comĂ©die en musique oĂč le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme mĂȘme de l’opĂ©ra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux Ă  la fois, c’est Ă  dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, oĂč le personnage central, moteur est un rĂŽle parlĂ© ; oĂč le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facĂ©tieux, subtils, est remarquablement traitĂ© par le compositeur qui creuse avec bĂ©nĂ©fice son contraste avec le geĂŽlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habituĂ© du rĂŽle). Un vrai rĂ©gal scĂ©niquement et musicalement rĂ©ussi car en fosse, un orfĂšvre de la baguette enjouĂ©e et dramatiquement ciselĂ© opĂšre, Thomas Rösner (dont on avait tant aimĂ© la finesse de son Lucio Silla, opĂ©ra Ă©galement de Mozart, pour Angers Nantes opĂ©ra). L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Production Ă©vĂ©nement, Ă  ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 fĂ©vrier et 1er mars 2016.

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servations sur le site de l’OpĂ©ra de Tours

VOIR aussi le teaser clip de la production L’enlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, mise en scĂšne de Tom Ryser, dirigĂ© par Thomas Rösner

CLIP VIDEO : L’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours (fĂ©vrier-mars 2016)

Nouvel EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l'OpĂ©ra de ToursTOURS, OpĂ©ra. L’enlĂšvement au sĂ©rail, les 26, 28 fĂ©vrier puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue Ă  l’orientaliste, il n’est jamais Ă©tranger aux LumiĂšres de la fraternitĂ© et de l’amour
 La nouvelle production de l’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours convainc par sa grande cohĂ©rence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi rĂ©alise la mise en scĂšne. En restituant l’humanitĂ© profonde du musulman, sa blessure secrĂšte, intime dĂšs la premiĂšre scĂšne d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et rĂ©elle facĂ©tie, rend justice Ă  un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cƓur Ă©pris d’une saisissante humanitĂ©. Le plateau vocal trĂšs solide oĂč rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmĂ©e : Cornelia Götz en Konstanze, rĂ©tablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu thĂ©Ăątral, la comĂ©die en musique oĂč le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme mĂȘme de l’opĂ©ra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux Ă  la fois, c’est Ă  dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, oĂč le personnage central, moteur est un rĂŽle parlĂ© ; oĂč le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facĂ©tieux, subtils, est remarquablement traitĂ© par le compositeur qui creuse avec bĂ©nĂ©fice son contraste avec le geĂŽlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habituĂ© du rĂŽle). Un vrai rĂ©gal scĂ©niquement et musicalement rĂ©ussi car en fosse, un orfĂšvre de la baguette enjouĂ©e et dramatiquement ciselĂ© opĂšre, Thomas Rösner (dont on avait tant aimĂ© la finesse de son Lucio Silla, opĂ©ra Ă©galement de Mozart, pour Angers Nantes opĂ©ra). L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Production Ă©vĂ©nement, Ă  ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 fĂ©vrier et 1er mars 2016.

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Nouveau Mozart Ă  Tours

mozart_portraitTOURS, OpĂ©ra. L’enlĂšvement au sĂ©rail, les 26, 28 fĂ©vrier puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue Ă  l’orientaliste, il n’est jamais Ă©tranger aux LumiĂšres de la fraternitĂ© et de l’amour… La nouvelle production de l’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra de Tours convainc par sa grande cohĂ©rence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi rĂ©alise la mise en scĂšne. En restituant l’humanitĂ© profonde du musulman, sa blessure secrĂšte, intime dĂšs la premiĂšre scĂšne d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et rĂ©elle facĂ©tie, rend justice Ă  un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cƓur Ă©pris d’une saisissante humanitĂ©. Le plateau vocal trĂšs solide oĂč rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmĂ©e : Cornelia Götz en Konstanze, rĂ©tablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu thĂ©Ăątral, la comĂ©die en musique oĂč le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme mĂȘme de l’opĂ©ra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux Ă  la fois, c’est Ă  dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, oĂč le personnage central, moteur est un rĂŽle parlĂ© ; oĂč le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facĂ©tieux, subtils, est remarquablement traitĂ© par le compositeur qui creuse avec bĂ©nĂ©fice son contraste avec le geĂŽlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habituĂ© du rĂŽle). Un vrai rĂ©gal scĂ©niquement et musicalement rĂ©ussi car en fosse, un orfĂšvre de la baguette enjouĂ©e et dramatiquement ciselĂ© opĂšre, Thomas Rösner (dont on avait tant aimĂ© la finesse de son Lucio Silla, opĂ©ra Ă©galement de Mozart, pour Angers Nantes opĂ©ra). L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours. Production Ă©vĂ©nement, Ă  ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 fĂ©vrier et 1er mars 2016.

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Nouvel EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart Ă  l'OpĂ©ra de ToursLe quatuor de solistes de l’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours : Konstanze : Cornelia Götz * - Blonde : Jeanne Crousaud * - Belmonte : Tibor Szappanos * –  Pedrillo : RaphaĂ«l BrĂ©mard

boutonreservationL’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours
3 dates incontournables
Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

ConfĂ©rence / PrĂ©sentation de l’opĂ©ra L’enlĂšvement au SĂ©rail de Mozart
Samedi 20 fĂ©vrier 2016 – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’aprùs Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne
Editions BĂ€renreiter-Verlag Kassel . Basel . London . New York . Praha

Direction musicale : Thomas Rösner *
Mise en scĂšne : Tom Ryser *
DĂ©cors : David Belugou *
Costumes : Jean-Michel Angays * et Stéphane Laverne *
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Konstanze : Cornelia Götz *
Blonde : Jeanne Crousaud *
Belmonte : Tibor Szappanos *
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper *
Pacha SĂ©lim : Tom Ryser *

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de la nouvelle production de L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, commande de l’Empereur Joseph II en 1782… 

Nouveau Don Giovanni Ă  Nantes et Ă  Angers

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opĂ©ra des femmes ?Angers Nantes OpĂ©ra. Don Giovanni : 4-12 mars 2016. Nouvelle production attendue Ă  Nantes puis Ă  Angers. Un Don Giovanni comme condamnĂ©, acculĂ© Ă  expirer, exprime en une course derniĂšre et enivrĂ©e, ses derniĂšres forces vitales, rĂ©solument tournĂ©es sur le dĂ©sir et la sĂ©duction manipulatrice, dominatrice, dĂ©vorante. C’est donc un “tĂ©nĂ©breux” sĂ©ducteur, conscient de la mort et du nĂ©ant, un cynique malgrĂ© lui qui au crĂ©puscule d’une existence creuse et dĂ©jĂ  angoissĂ©e qui surgit sur les planches ; en somme un hĂ©ros dĂ©jĂ  romantique. Chaque tableau met en scĂšne comme une sĂ©rie rĂ©pĂ©titives, la mise Ă  mort de ses victimes, chacune selon sa propre sensibilitĂ© : “Il est trop tard pour le fidĂšle et droit Leporello, trop tard pour la vengeresse Donna Anna, l’aimante Elvire, la naĂŻve Zerline, Don Juan n’est dĂ©jĂ  plus de ce monde. DĂ©cadent par lassitude de vivre, moquant les amants trompĂ©s, esquivant les coups, il a perdu sa noblesse Ă  la roulette du dĂ©sespoir, dĂ©fie encore l’ici et l’au-delĂ . Et croque la mort Ă  belles dents,” comme le prĂ©cise la prĂ©sentation de la nouvelle production sur le site d’Angers Nantes OpĂ©ra.

 

 

Nouveau Don Giovanni électrique esthétique

 

 

Agent d’une nouvelle clairvoyance, Don Giovanni transmet Ă  ses victimes la conscience de la mort…

Don Giovanni, opĂ©ra de l’effroi

VoilĂ  donc le portrait d’un jouisseur qui ne croyant plus en rien, s’amuse Ă  dĂ©truire et Ă  manipuler, se dĂ©lectant de l’effroi spĂ©cifique qu’il fait naĂźtre dans l’esprit de chacune de ses victimes trop conciliantes, ou trop naĂŻves. Qui est vraiment Don Giovanni ? Un ami noir qui nous ouvre les yeux, dĂ©cille notre Ăąme sur son propre aveuglement ? La fin a-t-elle rĂ©ellement le sens d’une rĂ©demption ?  L’agent de la clairvoyance est certes chĂątiĂ© car son message Ă©tait trop violent et trop brutal mĂȘme s’il Ă©tait juste et vrai… L’insolence et la libertĂ© de Don Giovanni sont le dernier cri de l’homme rebelle Ă  sa propre fin.

FUSSLI hamlet DOn Giovanni 1793
Le dramma giocoso de Mozart et de Da Ponte
, son librettiste enchantĂ©/enchanteur, – crĂ©Ă© Ă  Prague avec un phĂ©nomĂ©nal succĂšs en 1787-,  joue sur l’ambivalence des genres mĂȘlĂ©s : sĂ©rieux et tragique (le couple Donna Anna et Ottavio), le naif et lĂ©ger, un rien comique (Leporello, Masetto et Zerlina) ; plus attachante reste l’amoureuse loyale, aimante, gĂ©nĂ©reuse et misĂ©ricordieuse pour l’infĂąme bourreau qui la fait souffrir (Elvira)… Comme Ă  chaque fois, Mozart perce le cƓur de chacun des protagonistes, hĂ©ros solitaire de sa propre destinĂ©e qui dans l’opĂ©ra, se rĂ©vĂšle, sans vraiment trouver d’apaisement ni de rĂ©solution. Car au final, aprĂšs la chute du hĂ©ros dans les enfers, chacun se retrouve face Ă  lui-mĂȘme, confrontĂ© Ă  son effrayante impuissance… Pourtant la fin de Don Giovanni est Ă  la mesure de son geste existentiel : radicale, exacerbĂ©e, jusqu’auboutiste. Face Ă  son destin, le convive de pierre / la statue du commandeur, le hĂ©ros tend une main sĂ»re et solide, tout en sachant qu’il en sera pĂ©trifiĂ© / condamnĂ©, foudroyĂ©. Comme pour tous les chefs d’oeuvre, Don Giovanni nous renvoie le miroir de notre illusion perpĂ©tuelle. AprĂšs Tirso de Molina et son Abuseur de SĂ©ville et l’InvitĂ© de pierre (1630), aprĂšs MoliĂšre (fĂ©vrier 1665), la partition mozartienne s’inspire ouvertement de l’opĂ©ra de Giuseppe Gazzaniga de 1786 (et du livret mixte, poĂ©tiquement dĂ©jĂ  trouble de Giovanni Bertali) comme du dĂ©lire fantasque d’un Goldoni. Alors qui croire ? La grave et sincĂšre Elvira ? Le bouffon Leporello, double rĂ©aliste du sĂ©ducteur, et son complice en tout, au point de revĂȘtir l’identitĂ© de son maĂźtre pour mieux tromper et sĂ©duire ? La vĂ©ritĂ© est cachĂ©e dans la musique classique et romantique, tragique et lĂ©gĂšre d’un Mozart dĂ©cidĂ©ment universel, intemporel.
La nouvelle production prĂ©sentĂ©e Ă  Nantes du 4 au 12 mars 2016 crĂ©Ă©e l’Ă©vĂ©nement, - premiĂšre rĂ©alisation mozartienne pour le duo Caurier et Leiser Ă  Angers et Ă  Nantes (Ă  l’initiative de Jean-Paul Davois, directeur du ThĂ©Ăątre),  est jouĂ©e Ă  l’OpĂ©ra Graslin. Toute programmation lyrique se doit un jour ou l’autre d’aborder la question fondamentale posĂ©e par Don Giovanni, Mozart et Da Ponte… mais aussi insidieusement par l’aventurier sĂ©ducteur Casanova – modĂšle du XVIIIĂšme pour notre hĂ©ros-, car il a effectivement participĂ© Ă  l’Ă©laboration de l’opĂ©ra pour sa crĂ©ation praguoise…  Nouvelle production attendue, donc incontournable. Reprise ensuite les 4, 6 et 8 mai 2016 Ă  Angers (Grand ThĂ©Ăątre).

 

 

 

 

Don Giovanni de Mozart Ă  Nantes et Ă  Angers
Livret de Lorenzo da Ponte.‹CrĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre des États de Prague, le 29 octobre 1787.

NANTES THÉÂTRE GRASLIN
vendredi 4, dimanche 6, mardi 8, jeudi 10, samedi 12 mars 2016

ANGERS GRAND THÉÂTRE
mercredi 4, vendredi 6, dimanche 8 mai 201
en semaine Ă  20h, le dimanche Ă  14h30

DIRECTION MUSICALE : MARK SHANAHAN
MISE EN SCÈNE : PATRICE CAURIER ET MOSHE LEISER
DÉCOR : CHRISTIAN FENOUILLAT
COSTUMES : AGOSTINO CAVALCA
LUMIÈRE : CHRISTOPHE FOREY

avec
John Chest, Don Giovanni
Andrew Greenan, Le Commandeur
Gabrielle Philiponet, Donna Anna
Philippe Talbot, Don Ottavio
Rinat Shaham, Donna Elvira
Ruben Drole, Leporello
Ross Ramgobin, Masetto
Élodie Kimmel, Zerlina

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra Direction Xavier Ribes ‹Orchestre National des Pays de la Loire

 

 

 

Informations, rĂ©servations, distribution sur le site d’Angers Nantes OpĂ©ra / Don Giovanni de Mozart

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L’EnlĂšvement au SĂ©rail Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opĂ©ra des femmes ?Tours, OpĂ©ra. Mozart : L’EnlĂšvement au SĂ©rail. Les 26,28 fĂ©vrier et 1er mars 2016. Au dĂ©but des annĂ©es 1780, en pleine vogue orientalisante, la turquerie lyrique de Mozart tient l’affiche de l’OpĂ©ra de Tours en fĂ©vrier et mars 2016. Propre au SiĂšcle des LumiĂšres, et aux idĂ©aux humanistes cultivĂ©s dans les cercles maçonniques que Mozart a frĂ©quentĂ©s, L’EnlĂšvement au SĂ©rail est un chef d’oeuvre de vertiges amoureux, entre retrouvailles et Ă©preuves (comme en tĂ©moignent les deux couples Constanze et Belmonte et leurs serviteurs, Pedrillo et Blonde) ; c’est aussi sous un prĂ©texte orientaliste (turquerie dans le goĂ»t du XVIIIĂš : Mozart compose une musique typĂ©e orientale), la dĂ©nonciation de tous les totalitarismes, des pratiques indignes de la torture, tels qu’ils apparaissent sous les figures du Pacha Selim (rĂŽle parlĂ©) et de son serviteur zĂ©lĂ© et d’une perversitĂ© terrifiante s’il n’Ă©tait son caractĂšre loufoque et bouffon, Osmin, gardien du sĂ©rail et ici, dans la galerie des portraits mozartiens, basse comique d’une agilitĂ© redoutable.

La partition est tout Ă  la fois une mĂ©ditation sur la conquĂȘte amoureuse et une charge contre l’oppression et toutes les tyrannies. Mais cet ordre de la barbare violence doit finalement s’incliner devant la force de l’amour (Amor vincit omnia). L’ouvrage offre aussi l’occasion au compositeur de rĂ©former le genre lyrique lui-mĂȘme, mi thĂ©Ăątre, mi opĂ©ra puisque le rĂŽle central du Pacha est parlĂ© et non chantĂ©. Depuis son opĂ©ra seria, Idomeneo, dont le chant de l’orchestre confĂšre Ă  l’ĂȘuvre thĂ©Ăątral un souffle symphonique, L’EnlĂšvement Ă©blouit par sa parure instrumentale, l’une des plus raffinĂ©es de Mozart, qui aime choisir avec soin, chaque timbre selon la couleur Ă©motionnelle du personnage, dans la situation prĂ©cise concernĂ©e.
L’Empereur Joseph II aurait applaudi lors de la crĂ©ation tout en reprochant au compositeur une surabondance de notes… comme il fut reprocher Ă  Rameau, gĂ©nie de l’opĂ©ra antĂ©rieur, qu’il avait Ă©crit avec son premier ouvrage (Hippolyte et Arice de 1733), suffisamment de musique pour 10 ouvrages. GĂ©nĂ©rositĂ©, verve inspirĂ©e, flux musical jusqu’au dĂ©bordement… seraient)ce lĂ  les symptĂŽmes du gĂ©nie musical ?

boutonreservationL’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart Ă  l’OpĂ©ra de Tours
3 dates incontournables
Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

ConfĂ©rence / PrĂ©sentation de l’opĂ©ra L’enlĂšvement au SĂ©rail de Mozart
Samedi 20 fĂ©vrier 2016 – 14h30
Grand ThĂ©Ăątre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’aprĂšs Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne
Editions BĂ€renreiter-Verlag Kassel . Basel . London . New York . Praha

Direction musicale : Thomas Rösner *
Mise en scĂšne : Tom Ryser *
DĂ©cors : David Belugou *
Costumes : Jean-Michel Angays * et Stéphane Laverne *
LumiÚres : Marc DelaméziÚre

Konstanze : Cornelia Götz *
Blonde : Jeanne Crousaud *
Belmonte : Tibor Szappanos *
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper *
Pacha SĂ©lim : Tom Ryser *

Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’OpĂ©ra de Tours et Choeurs SupplĂ©mentaires

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Partitions, découverte : Mozart et Salieri auraient travaillé ensemble

partition Per la ricuperata di Ophelia mozart salieri nancy storace manuscrit decouvert prague classiquenews janvier 2016Partitions, dĂ©couverte : Mozart et Salieri auraient travaillĂ© ensemble Ă  la composition d’une cantate inĂ©dite. DĂ©couvert dans une BibliothĂšque Ă  Prague, un manuscrit inconnu jusqu’alors aurait Ă©tĂ© formellement identifiĂ© : il s’agit d’une cantate composĂ©e Ă  quatre mains par Mozart et Salieri, deux compositeurs de deux gĂ©nĂ©rations diffĂ©rentes (et de deux styles distincts) que l’Histoire et la lĂ©gende (entretenu par le mythe de l’assassinat du premier par le second, par la nouvelle de Pouchkine de 1830, traitĂ© au cinĂ©ma par Forman) ont aimĂ© opposer.

Amoureux voire rivaux, Mozart et Salieri composent de concert pour Nancy Storace….

nancy-storace-1345730156-article-0Rivaux les deux musiciens par si sĂ»r… Le musicologue Timo Jouko Hermann vient d’annoncer sa brillante dĂ©couverte d’autant que le texte de la cantate, Ă©crite en hommage au talent de la jeune et belle soprano Nancy Storace (la crĂ©atrice du rĂŽle de Susanna dans les Noces de Figaro de Mozart en 1786, nĂ©e Ă  Londres en 1765), serait de Da Ponte. La cantate Ă©voque la convalescence de la cantatrice qui s’est sortie alors d’une maladie… Nancy Storace serait l’une des divas les plus captivantes de l’Ă©poque : jeune, belle, superbe actrice et chanteuse de premier plan… Elle fut l’Ă©lĂšve du castrat Venanzio Rauzzini (pour lequel Mozart avait Ă©crit son cĂ©lĂšbre motet virtuose Exsultate Jubilate). La soprano employĂ©e dans la troupe impĂ©riale Ă  Vienne fut une artiste adorĂ©e, cĂ©lĂ©brĂ©e, et donc convoitĂ©e par les deux compositeurs en vue sous Joseph II, Salieri et Mozart (dont on ne compte plus les aventures extra-conjugales). Nancy Storace fit ses dĂ©buts Ă  Vienne dans L’Ă©cole des Jaloux (La Scuola De’Gelosi) ; c’est Ă  ce moment que Mozart la dĂ©couvre et tombe amoureux d’elle… Avec son frĂšre aĂźnĂ©, Stephen, Nancy est une habituĂ© du couple Mozart Ă  Vienne. C’est pour elle encore que Mozart Ă©crit le fameux air de concert, joyau nĂ©oclassique : “Ch’io mi scordi di te ?”. Nancy Storace meurt en 1817 Ă  51 ans.
MentionnĂ©e dans le catalogue des Ɠuvres de Mozart (KƓchel : K477a : “Per la ricuperata di Ophelia”), la cantate que l’on croyait perdue, serait donc composĂ©e pour la guĂ©rison dĂ©finitive de Nancy Storace qui devait chanter le rĂŽle de… Ophelia dans l’opĂ©ra buffa de Salieri, La grotta di trofonio (dont il existe une bonen version par Les Talens Lyriques, Ch. Rousset).
MĂȘme incomplet, le manuscrit devrait prochainement ĂȘtre recrĂ©Ă© par une Ă©quipe du Mozarteum de Salzbourg.
A suivre.

Mozart lyrique et symphonique par Idomeneo et Debora Waldman

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, rĂ©cente phalange fondĂ©e par Debora Waldman, musicienne passionnĂ©e par le divin Wolfgang et plutĂŽt trĂšs convaincante quand il s’agit d’en dĂ©fendre l’Ă©toffe expressive et poĂ©tique. En tĂ©moigne le programme lyrique et symphonique prĂ©sentĂ© le 27 novembre Ă  Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opĂ©ras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La FlĂ»te enchantĂ©e) grĂące Ă  la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “prĂ©ludes” ou d’Ă©lĂ©ments prĂ©alables qui prĂ©parent l’Ă©coute de la derniĂšre Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composĂ© aoĂ»t 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’Ăšre romantique, tout en portant les valeurs du siĂšcle des LumiĂšres. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture Ă  quatre parties (plan en sonate), le plus haut degrĂ© de l’Ă©criture symphonique viennoise Ă  la fin des annĂ©es 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intĂ©rieurs des hĂ©roĂŻnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cƓur ardent et fidĂšle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mĂšre inflexible et manipulatrice, …

idomeneo-debora-waldman-concert-mozart-annonce-review-critique-classiquenews

L’intĂ©rĂȘt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opĂ©ras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard diffĂ©rent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son dĂ©roulement comme un vĂ©ritable opĂ©ra : l’expression par la langage instrumental d’une vĂ©ritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 Ă©pisodes fourmillant d’une vie Ă©motionnelle insoupçonnĂ©e : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théùtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théùtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif rĂ©duit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

RĂ©servations, informations : www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

EtĂ© 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. NĂ©e brĂ©silienne Ă  Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en IsraĂ«l puis Ă  l’UniversitĂ© Catholique d’Argentine de Buenos Aires oĂč fait marquant elle est la premiĂšre Ă©tudiante Ă  obtenir deux mĂ©dailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagĂ©e, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris oĂč elle suit l’enseignement de Janos FĂŒrst et de Michael Levinas au Conservatoire National SupĂ©rieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois annĂ©es, elle devient l’assistante de Kurt Masur Ă  l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remportĂ© la distinction Ă©mise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux cĂŽtĂ©s de Benjamin LĂ©vy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, rĂ©unissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalitĂ©s les plus expĂ©rimentĂ©es de leur gĂ©nĂ©ration, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’Ă©poque. Idomeneo interprĂšte en particulier le rĂ©pertoire classique et romantique, de Haydn Ă  Brahms, en rĂ©servant Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilĂ©giĂ©e. L’orchestre ainsi fondĂ© porte d’ailleurs le nom de l’opĂ©ra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale Ă  l’Ă©criture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particuliĂšrement adaptĂ©e Ă  chaque partition : dĂ©fis esthĂ©tiques comme particularitĂ©s techniques . C’est pourquoi elle a totalement intĂ©grĂ© les nombreux bĂ©nĂ©fices de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de lĂ©gĂšretĂ© et de fraĂźcheur afin de transformer le concert en une expĂ©rience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumiĂšre l’Ă©criture lyrique de Mozart : Ă©pisodes intenses en passion et affects contrastĂ©s, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la derniĂšre Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Deborah Waldman dirige Idomeneo Ă  Maisons-Alfort

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, rĂ©cente phalange fondĂ©e par Debora Waldman, musicienne passionnĂ©e par le divin Wolfgang et plutĂŽt trĂšs convaincante quand il s’agit d’en dĂ©fendre l’Ă©toffe expressive et poĂ©tique. En tĂ©moigne le programme lyrique et symphonique prĂ©sentĂ© le 27 novembre Ă  Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opĂ©ras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La FlĂ»te enchantĂ©e) grĂące Ă  la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “prĂ©ludes” ou d’Ă©lĂ©ments prĂ©alables qui prĂ©parent l’Ă©coute de la derniĂšre Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composĂ© aoĂ»t 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’Ăšre romantique, tout en portant les valeurs du siĂšcle des LumiĂšres. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture Ă  quatre parties (plan en sonate), le plus haut degrĂ© de l’Ă©criture symphonique viennoise Ă  la fin des annĂ©es 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intĂ©rieurs des hĂ©roĂŻnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cƓur ardent et fidĂšle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mĂšre inflexible et manipulatrice, …

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L’intĂ©rĂȘt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opĂ©ras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard diffĂ©rent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son dĂ©roulement comme un vĂ©ritable opĂ©ra : l’expression par la langage instrumental d’une vĂ©ritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 Ă©pisodes fourmillant d’une vie Ă©motionnelle insoupçonnĂ©e : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

 
 

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théùtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théùtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif rĂ©duit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

 
 
 

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

 
 
 

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

RĂ©servations, informations : www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

EtĂ© 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. NĂ©e brĂ©silienne Ă  Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en IsraĂ«l puis Ă  l’UniversitĂ© Catholique d’Argentine de Buenos Aires oĂč fait marquant elle est la premiĂšre Ă©tudiante Ă  obtenir deux mĂ©dailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagĂ©e, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris oĂč elle suit l’enseignement de Janos FĂŒrst et de Michael Levinas au Conservatoire National SupĂ©rieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois annĂ©es, elle devient l’assistante de Kurt Masur Ă  l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remportĂ© la distinction Ă©mise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux cĂŽtĂ©s de Benjamin LĂ©vy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, rĂ©unissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalitĂ©s les plus expĂ©rimentĂ©es de leur gĂ©nĂ©ration, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’Ă©poque. Idomeneo interprĂšte en particulier le rĂ©pertoire classique et romantique, de Haydn Ă  Brahms, en rĂ©servant Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilĂ©giĂ©e. L’orchestre ainsi fondĂ© porte d’ailleurs le nom de l’opĂ©ra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale Ă  l’Ă©criture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particuliĂšrement adaptĂ©e Ă  chaque partition : dĂ©fis esthĂ©tiques comme particularitĂ©s techniques . C’est pourquoi elle a totalement intĂ©grĂ© les nombreux bĂ©nĂ©fices de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de lĂ©gĂšretĂ© et de fraĂźcheur afin de transformer le concert en une expĂ©rience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumiĂšre l’Ă©criture lyrique de Mozart : Ă©pisodes intenses en passion et affects contrastĂ©s, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la derniĂšre Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Debora Waldman dirige son orchestre Idomeneo

debora waldman portraitMaisons-Alfort (94), le 27 novembre 2015. Debora Waldman, Idomeneo. Concert Mozart par l’orchestre Idomeneo, rĂ©cente phalange fondĂ©e par Debora Waldman, musicienne passionnĂ©e par le divin Wolfgang et plutĂŽt trĂšs convaincante quand il s’agit d’en dĂ©fendre l’Ă©toffe expressive et poĂ©tique. En tĂ©moigne le programme lyrique et symphonique prĂ©sentĂ© le 27 novembre Ă  Maisons Alfort (93). Les premiers morceaux regroupent ouvertures et airs d’opĂ©ras (Cosi, Don Giovanni, Les Noces, La FlĂ»te enchantĂ©e) grĂące Ă  la collaboration de la soprano Julia Knecht, autant de “prĂ©ludes” ou d’Ă©lĂ©ments prĂ©alables qui prĂ©parent l’Ă©coute de la derniĂšre Symphonie du compositeur, le fameuse n°41 dite “Jupiter (en ut majeur K551 composĂ© aoĂ»t 1788) volet final de la trilogie des n°39,40 et 41, et vaste portique symphonique qui ouvre de façon lumineuse vers l’Ăšre romantique, tout en portant les valeurs du siĂšcle des LumiĂšres. Formellement, la Symphonie incarne par sa perfection contrapuntique et l’intelligence de son architecture Ă  quatre parties (plan en sonate), le plus haut degrĂ© de l’Ă©criture symphonique viennoise Ă  la fin des annĂ©es 1780.

La soprano incarne les aspirations et les tiraillements intĂ©rieurs des hĂ©roĂŻnes de Mozart que le concert fait ainsi surgir : l’amoureuse Donna Anna, le cƓur ardent et fidĂšle de Susanna, les aigus spectaculaires de la Reine de la Nuit, mĂšre inflexible et manipulatrice, …

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L’intĂ©rĂȘt du programme conçu par Debora Waldman vient de cette mise en perspective, opĂ©ras et symphonie : fine mozartienne, la chef d’orchestre propose un regard diffĂ©rent sur l’oeuvre symphonique en appliquant une nouvelle lecture qui suit son dĂ©roulement comme un vĂ©ritable opĂ©ra : l’expression par la langage instrumental d’une vĂ©ritable dramaturgie tout au long de ses 4 mouvements, 4 Ă©pisodes fourmillant d’une vie Ă©motionnelle insoupçonnĂ©e : Allegro vivace, Andante cantabile (con sordini), Menuetto : Allegretto, Finale : Molto vivace. Passionnant.

Julia Knecht, soprano
Orchestre Idomeneo
Debora Waldman, direction

boutonreservationMaisons-Alfort, Théùtre (94)
Vendredi 27 novembre 2015, 20h30
Présentation du concert à 18h30 au Foyer du Théùtre Debussy

Tarif plein : 27€
Tarif rĂ©duit : 24€
Moins de 14 ans : 17€

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

Programme “Pure Mozart

2 Mozart pour le prix d’1 : Mozart lyrique et symphonique

Cosi fan Tutte : Ouverture
Aria « Voi avete un cor fedele » K. 217
Don Giovanni : – Recitativo Don Ottavio Son morta ! and Aria Or Sai chi l’onore (Donna Anna)
Recitativo and Rondo Non mi dir (Donna Anna)
Divertimento K 136 : Allegro
Le Nozze di Figaro : Recitativo and Aria Guinse alfin il momento (Susanna)
The Macig Flute : – Aria O zittre nicht, mein lieber Sohn (Queen of the Night)
Marcia
Aria Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (Queen of the Night)

Symphony n°41 Jupiter

Réservations, informations :  www.theatredemaisons-alfort.org

 

 

 

EtĂ© 2014 : Debora Waldman dirige Don GiovanniDebora Waldman, biographie. NĂ©e brĂ©silienne Ă  Sao Paulo, Debora Waldman se perfectionne en IsraĂ«l puis Ă  l’UniversitĂ© Catholique d’Argentine de Buenos Aires oĂč fait marquant elle est la premiĂšre Ă©tudiante Ă  obtenir deux mĂ©dailles d’or (direction d’orchestre et composition). Brillante, engagĂ©e, surtout perfectionniste et travailleuse exemplaire, la jeune chef d’orchestre rejoint Paris oĂč elle suit l’enseignement de Janos FĂŒrst et de Michael Levinas au Conservatoire National SupĂ©rieur de Musique de Paris. A partir de 2006, et pendant trois annĂ©es, elle devient l’assistante de Kurt Masur Ă  l’Orchestre national de France. En 2012, Debora Waldman a remportĂ© la distinction Ă©mise par l’Adami : “Talent chef d’Orchestre”, aux cĂŽtĂ©s de Benjamin LĂ©vy et d’Ariane Matiak. En 2013, elle fonde son propre orchestre, Idomeneo, rĂ©unissant de jeunes instrumentistes parmi les personnalitĂ©s les plus expĂ©rimentĂ©es de leur gĂ©nĂ©ration, jouant dans les meilleures formations parisiennes et capables de jouer sur instruments modernes comme instruments d’Ă©poque. Idomeneo interprĂšte en particulier le rĂ©pertoire classique et romantique, de Haydn Ă  Brahms, en rĂ©servant Ă  l’Ɠuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, une place privilĂ©giĂ©e. L’orchestre ainsi fondĂ© porte d’ailleurs le nom de l’opĂ©ra seria de Mozart, Idomeneo, qui laisse une place primordiale Ă  l’Ă©criture orchestrale. Sur le plan du style, Debora Waldman a le souci d’une approche exigeante, particuliĂšrement adaptĂ©e Ă  chaque partition : dĂ©fis esthĂ©tiques comme particularitĂ©s techniques . C’est pourquoi elle a totalement intĂ©grĂ© les nombreux bĂ©nĂ©fices de l’interprĂ©tation historiquement informĂ©e, appliquant avec scrupule et sens critique le perfectionnisme d’un jeu savant toujours soucieux de lĂ©gĂšretĂ© et de fraĂźcheur afin de transformer le concert en une expĂ©rience unique.

Le programme du 27 novembre met en lumiĂšre l’Ă©criture lyrique de Mozart : Ă©pisodes intenses en passion et affects contrastĂ©s, mis en regard avec l’ultime chef d’oeuvre purement symphonique, le sommet orchestral que demeure la derniĂšre Symphonie n°41 en ut dite Jupiter.

Compte rendu concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 5 novembre 2015. HĂ©rold, Gossec, Mozart. Jeune Orchestre de l’Abbaye. HervĂ© Niquet, direction.

concert-joa saintes JOAEn ce dĂ©but novembre 2015, le Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA) a prĂ©sentĂ© les fruits de sa premiĂšre session de travail pour la saison 2015/2016. Dans ce concert, les responsables de la CitĂ© musicale, Saintes ont invitĂ© le chef HervĂ© Niquet, directeur musical et fondateur du Concert Spirituel. Fin pĂ©dagogue, Niquet, qui a programmĂ© deux symphonies de compositeurs français, – son rĂ©pertoire de prĂ©dilection-, a fait travailler les jeunes instrumentistes jusqu’Ă  la derniĂšre minute. Et, lors du concert de jeudi soir, le rĂ©sultat a dĂ©passĂ© ses espĂ©rances.

JOA jeune orchestre de l abbaye saintes classiquenews concertHervĂ© Niquet qui, de par son parcours avec Le Concert Spirituel, dĂ©fend le rĂ©pertoire français avec une constance bienvenue, a programmĂ© les symphonies de deux compositeurs français du XVIIIe et du XIXe siĂšcle. La soirĂ©e dĂ©bute avec François Joseph Gossec (1734-1829) : sa Symphonie opus VIII n°2 en fa majeur, composĂ©e en 1774. ProtĂ©gĂ© de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Gossec fait partie des pionniers de la musique symphonique suivant en cela l’exemple de Joseph Haydn (1732-1809), l’inventeur du genre; et c’est d’ailleurs Gossec qui a converti la France au genre symphonique. La Symphonie est allante, dynamique, clair foyer bouillonnant de thĂšmes et de rythmes dansants. Le chef, trĂšs inspirĂ© dirige ses musiciens avec clartĂ© et fermetĂ©; cela ne l’empĂȘche pas de faire preuve d’humour et d’arpenter la scĂšne comme s’il s’agissait d’une promenade de santĂ©. Cependant ne nous fions pas aux apparences, chef et musiciens n’oublient pas une seconde la musique ; ils cisĂšlent chaque note, chaque section de la partition de Gossec avec une prĂ©cision millimĂ©trĂ©e. Le public rĂ©serve aux instrumentistes fĂ©licitĂ©s audiblement par le maestro Ă  la fin de l’oeuvre, un accueil chaleureux trĂšs mĂ©ritĂ©. Pendant l’annĂ©e, les sessions du JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye ponctue un parcours d’approfondissement dans l’interprĂ©tation unique en Europe ; la pratique sur instruments anciens appliquĂ©e Ă  la (re)dĂ©couverte comme ce soir de partitions oubliĂ©es pourtant majeure, rĂ©serve Ă  Saintes, des soirĂ©es d’accomplissements symphoniques mĂ©morables. VoilĂ  un volet qui renforce la forte activitĂ© de Saintes comme citĂ© musicale, une activitĂ© qui rend lĂ©gitime son intitulĂ©.

AprĂšs une session de travail classique / romantique, le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye offre un concert mĂ©morable dĂ©diĂ© Ă  Gossec, HĂ©rold, Mozart

Saintes, le geste symphonique

JOA 700La soirĂ©e se poursuit avec la symphonie n°2 en rĂ© majeur (1812) de Louis Ferdinand HĂ©rold (1791-1833). NĂ© l’annĂ©e mĂȘme de la disparition de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), HĂ©rold se trouve Ă  la croisĂ©e des chemins. Utilisant sans complexes les techniques de compositions hĂ©ritĂ©es de Haydn, Gossec, Mozart ou Beethoven, entre autres, HĂ©rold innove aussi composant une musique «apparemment simple, mais complexe et difficile Ă  jouer» nous dit HervĂ© Niquet avant le concert. Sa Symphonie n°2 en rĂ© majeur dans laquelle apparaissent des rythmes de valses est l’exemple mĂȘme de cette complexitĂ© interprĂ©tative dont nous parlait le chef dans l’aprĂšs midi. Cependant il dirige avec la rigueur et l’humour qui sont sa marque de fabrique, obtenant de l’orchestre des sons et des couleurs brillant de mille feux sous la voĂ»te de l’Abbaye aux Dames. Les jeunes instrumentistes qui jouent en ce jeudi soir suivent leur chef avec une prĂ©cision enflammĂ©e ; les cinq jours de travail intense qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ce concert, ont portĂ© leurs fruits et le rĂ©sultat est, lĂ  aussi, Ă  la hauteur des exigences et des attentes du chef.

Jeune orchestre de l abbaye saintes video_JOA_saintes_david_sternAprĂšs une courte pause, le Jeune Orchestre de l’Abbaye et son chef d’un soir reviennent pour jouer l’ultime Ɠuvre de la soirĂ©e : la Symphonie en mi bĂ©mol majeur KV 543 de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Toujours aussi survoltĂ©, HervĂ© Niquet prend cette 39Ăšme Symphonie a bras le corps; Ɠuvre de la maturitĂ© du compositeur salzbourgeois (elle a Ă©tĂ© composĂ©e en 1788), elle complĂšte Ă  merveille un programme exigeant un niveau d’excellence et une concentration constante. Le chef qui ne manque pas d’idĂ©es pour surprendre ses musiciens cesse de diriger pendant une bonne minute donnant les dĂ©parts d’un simple regard; cependant si HervĂ© Niquet ne manque pas d’humour poussant ses musiciens dans leurs retranchements, il garde la tĂȘte froide et sa battue reste claire et prĂ©cise, limpide. Ce Mozart jouĂ©s prĂšs les premiers romantiques, encore classiques (Gossec), sonne Ă©tonnamment « moderne », une source viennoise qui tout en marquant le genre symphonique alors en plein essor, prĂ©lude dĂ©jĂ  Ă  l’avĂšnement du sentiment et de la passion Ă  peine masquĂ©e. Entre classicisme et premier romantisme, le choix des instruments d’époque s’affirme dans une saveur dĂ©lectable qui permet de suivre ce jeu de timbres, ces effets de rĂ©ponses, le contraste entre les sĂ©quences, l’équilibre dialoguĂ© des pupitres. Pour les jeunes instrumentistes en perfectionnement, les dĂ©fis sont multiples et permanents ; pour le public, l’expĂ©rience est passionnante.

JOA jeune orchestre de l abbaye saintes classiquenews IMG_4030-BD©-SĂ©bastien-Laval-400x267Le Jeune Orchestre de l’Abbaye, survoltĂ© par un chef exigeant, fin pĂ©dagogue et ardent dĂ©fenseur d’un rĂ©pertoire qu’il aime Ă©perdument, donne le meilleur de lui-mĂȘme pendant une soirĂ©e d’anthologie. Le public conquis, leur rĂ©serve un accueil enthousiaste. HervĂ© Niquet, farceur et trĂšs en forme mĂȘme aprĂšs une heure dix de musique, annonce un bis tirĂ© de l’oeuvre d’Hector Berlioz; ledit bis qui ne tient qu’en un seul accord prend tout le monde de court clĂŽturant ainsi un concert d’une qualitĂ© exceptionnelle.

Compte rendu, concert. Saintes. Abbaye aux dames, le 5 novembre 2015. Louis Ferdinand HĂ©rold (1791-1833) : Symphonie n°2 en rĂ© majeur. François Joseph Gossec (1734-1829) : Symphonie opus VIII n°2 en fa majeur. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : 39Ăšme Symphonie en mi bĂ©mol majeur KV 543. Jeune Orchestre de l’Abbaye (JOA). HervĂ© Niquet, direction.

CD, compte rendu critique. Mozart : The Weber sisters (Josepha, Aloysia et Constanze). Sabine Devielhe, soprano. Pygmalion. Raphaël Pichon, direction.

CD, compte rendu critique. Mozart : The Weber sisters (Josepha, Aloysia et Constanze). Sabine Devielhe, soprano. Pygmalion. RaphaĂ«l Pichon, direction. Mozart a le vent en poupe et inspire de superbes rĂ©alisations en ce mois de novembre 2015 ; aux cĂŽtĂ©s du rĂ©cital investi, profond et humainement trĂšs juste de la soprano mĂ»re (quinquagĂ©naire) Dorothea Röschmann (Mozart Arias, live Londres mai 2015, CLIC de CLASSIQUENEWS de novembre 2015), voici l’offrande ciselĂ©e de sa jeune consoeur, la soprano coloratoure, Ă  fort tempĂ©rament et d’une finesse de style rare, la plus en vue Ă  l’heure actuelle des chanteuses françaises (avec Julie Fuchs) : Sabine Devielhe.

 

 

 

 

3 sƓurs inspirantes pour 1 Mozart Ă©perdu

Sabine Devielhe, sublime mozartienne

 

 

MOZART-DEVIEILHE-sabine-582----Mozart-Weber-SistersAprĂšs un programme somptueusement amoureux dĂ©diĂ© Ă  Rameau (Le grand thĂ©Ăątre de l’Amour, dĂ©jĂ  CLIC de CLASSIQUENEWS, novembre 2013), le 2Ăš album ERATO de la jeune diva s’intĂ©resse au chant mozartien, particuliĂšrement aux trois sƓurs Weber : Josepha, Aloysia et Constanze, cette derniĂšre non sollicitĂ©e au dĂ©but, mais qui finira 
 Ă©pouse de Wolfgang. C’est Ă  Contanze que le compositeur pense continĂ»ment en Ă©crivant son EnlĂšvement au sĂ©rail, rĂ©servant Ă  l’hĂ©roĂŻne qui porte son nom, plusieurs airs redoutables et stupĂ©fiants de virtuositĂ© vocale et finement expressive; le programme n’est pas un enchaĂźnement d’airs vaguement reliĂ©s les uns aux autres, mais un cycle qui frappe par sa cohĂ©rence, conçu avec minutie pour faire sens : d’abord, la premiĂšre rencontre avec les Weber Ă  Mannheim puis le sĂ©jour parisien qui suit (printemps 1778) ; le choc Ă©prouvĂ© face Ă  Aloysia : car pour Mozart c’est un coup de foudre irrĂ©sistible (malheureusement non partagĂ© – ainsi le subtil et tranchant « Dans un bois solitaire  » exprime la flĂšche de Cupidon pĂ©nĂ©trant le cƓur adouci d’un jeune homme terrassĂ©) ; puis ce sont quatre airs parmi ceux Ă©crits pour Aloysia entre 1778 et 1783, de ce fait parfaitement emblĂ©matiques de l’esthĂ©tique nĂ©oclassique et prĂ©romantique dont Mozart a le secret : « Alcandro, lo confesse », « Popoli di Tessaglia » ; « Vorrei spiegarvi oh Dio » ; « Nehmt meinem Dank  », sans omettre ceux destinĂ© Ă  Josepha : « Schon lacet der horde FrĂŒhling  » et le 2Ăš air de la Reine de la nuit ; le point d’orgue reste l’air Ă©crit pour Constanze, « Et incarnatus est » pour la sublime Messe en Ut mineur (1783), soit un an aprĂšs leur mariage.

On ne sait au juste quel air ou quel Ă©pisode parmi la collection de sĂ©quences purement instrumentales (tels Les Petits Riens) relever et distinguer, tant c’est la complicitĂ© amoureuse qui se dĂ©ploie ici, partagĂ©e et portĂ©e par le chef RaphaĂ«l Pichon et la soprano Sabine Devielhe, Ă©poux Ă  la ville, et sur scĂšne, duo d’une constante flamme engagĂ©e, entre tendresse et abandon sensuel, d’un format idĂ©alement calibrĂ© pour le si suave et voluptueux Mozart.

La virtuositĂ© du chant (les contre-sol de Popoli di Tessaglia entre autres), l’abattage comme la souplesse articulĂ©e, le style Ă©lĂ©gantissime et d’une subtilitĂ© Ă©motionnelle toujours juste et sobre affirment l’art de la Devielhe : une cantatrice qui sait accorder profondeur, sincĂ©ritĂ©, technicitĂ©. MĂȘme sa Reine de la nuit ne manque pas de rage expressive.

CLIC_macaron_2014L’ensemble Pygmalion quant Ă  lui, saisit lui aussi, sous la conduite de son chef crĂ©ateur, par sa vitalitĂ© millimĂ©trĂ©e, des dynamiques proches de la parole, une capacitĂ© Ă  exprimer l’ineffable tout en ciselant son association avec la voix. Les interprĂštes convainquent absolument par leur pertinence artistique, comme interprĂštes immensĂ©ment douĂ©s, comme artistes cultivĂ©s capables de concevoir un programme trĂšs original, d’une irrĂ©sistible cohĂ©rence. Et c’est Mozart dont le cƓur ardent, d’une atemporelle tendresse, qui sort gagnant de ce formidable programme totalement stimulant.

 

 

 

CD, compte rendu critique. Sabine Devieilhe, soprano. Mozart : The Weber Sisters. Les Petits Riens, Pantalon und Colombine, Airs de concert K. 294, 316, 383, 418 & 580, Die Zauberflöte, Thamos, Messe en ut mineur. Pygmalion. Raphaël Pichon, direction. 1 CD Erato 553024

CD, compte rendu critique. Dorothea Röschmann : Mozart Arias (1 cd Sony classical)

Dorothea_Ro_schmann_Mozart_Arias_Sony_Classical_Daniel_HardingCD, compte rendu critique. Dorothea Röschmann : Mozart Arias (1 cd Sony classical). Le timbre mĂ»r, Ă©loquent, charnel et aussi trĂšs investi de la soprano allemande Dorothea Röschmann (nĂ©e en Allemagne, Ă  Flensbourg en juin 1967) nous touche infiniment : depuis sa coopĂ©ration avec RenĂ© Jacobs dans des rĂ©alisations qui demeurent Ă©blouissantes (Alessandro Scarlatti: Il Primo Omicidio, entre autres – pilier de toute discographie pour les amoureux d’oratorios et d’opĂ©ras baroques du XVIIĂš), la chanteuse sait colorer, phraser, nuancer et surtout articuler le texte comme peu, avec une intelligence de la situation qui Ă©claire son sens de la prosodie. Un chant intĂ©rieur, souvent embrasĂ© qui la conduit naturellement aux emplois lyriques Ă©videmment mozartiens.

Cantatrice pour le lied (LIRE notre compte rendu du rĂ©cent cd rĂ©alisĂ© avec Mitsuko Ushida : liederkreis, Frauenliebe une leben de Schumann, live londonien de mai 2015, Ă©ditĂ© par Decca), elle est mozartienne accomplie, par la justesse sobre du timbre, une Ă©lĂ©gance intĂ©rieure qui prĂ©serve l’intelligibilitĂ© et aussi le naturel expressif, dĂ©voilant l’architecture Ă©motionnelle de chaque sĂ©quence, y compris pour des rĂŽles dont elle n’a apparemment ni le caractĂšre ni la tessiture ; or on y relĂšve et mesure la mĂȘme finesse d’élocution qui donne vie et sang, mais aussi chair aux incarnations ainsi formidablement rĂ©alisĂ©es. Diamantin, incarnĂ©, le timbre de Dorothea Röschmann s’affirme par sa plasticitĂ© ardente et ciselĂ©e.

Ici Elettra d’Idomeneo peut surprendre (d’autant qu’elle chante l’autre rĂŽle, positif-, du second seria mozartien, aprĂšs Lucio Silla : celui d’Ilia). MĂȘme sublime caractĂ©risation pour La ClĂ©mence de Titus, de dernier seria de Wolfgang (1791), oĂč jaillit la noire mais compassionnelle Vitellia et son (ici 2Ăšme) grand air bouleversant « non piĂč di fiori : un air de renoncement qui laisse ahuri par la justesse lugubre du texte et sa mise en musique d’un tendresse inĂ©dite jusque lĂ . C’est un air de bascule Ă©videmment, longuement commentĂ© : Röschmann y exprime le dĂ©nuement sincĂšre d’une Ăąme touchĂ©e par la grĂące : une mĂ©chante qui se rĂ©pand : quoi de plus bouleversant sur la scĂšne lyrique et thĂ©Ăątrale ? La soprano lui apporte sa chair Ă©ruptive qui dit la profonde et silencieuse mĂ©tamorphose qui se rĂ©alise alors. Une incarnation passionnante.

 

 

 

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Mozartienne superlative

Dorothea Röschmann, diamant vocal, palpitant incarné

 

A contrario du visuel de couverture et de la coiffure d’un goĂ»t biscornu et fantasque, un rien inutilement sophistiquĂ©, le chant de Dorothea Röschmann demeure fort heureusement, simple et flexible, absolument naturel, soignant et la ligne et l’articulation du verbe.

A Salzbourg, elle a pu montrer sa subtilitĂ© d’actrice et son intelligence dramatique comme chanteuse chez Mozart : Suzanne ardente (il y a dĂ©jĂ  20 ans), et surtout derniĂšrement, Rosina devenue Comtessa dans les Noces de Figaro : Ăąme Ă©perdue mais nostalgique d’un temps d’amour rĂ©volu. Arte diffusera d’ailleurs depuis Berlin sa comtesse sous la direction de Gustavo Dudamel, le 13 novembre 2015 prochain.

Ainsi ce rĂ©cital Sony rĂ©capitule une sorte d’offrande personnelle, trĂšs engagĂ©e, de ses incarnations mozartiennes oĂč s’imposent particuliĂšrement les deux airs de la Comtesse des Noces justement : « Porgi amor », puis « Dove sono i bei momenti  » instant suspendus, oĂč flotte prĂ©servĂ©e l’intensitĂ© d’un dĂ©sir qui s’est Ă©vanoui. Les deux airs d’Idomeneo (1781), outre l’activitĂ© scintillante de l’orchestre suĂ©dois sous la direction habile de Daniel Harding mais parfois lisse et imprĂ©cise, affirme la tenue linguistique de la diva : airs caractĂ©risĂ©s chacun dans son registre, furieuse voire hystĂ©rique pour Electre, suave, angĂ©lique pour Ilia (il est vrai que c’est elle qui par son amour sincĂšre sauve Idamante du sacrifice auquel son pĂšre Idomeneo, le roi de CrĂȘte, le destinait


Son Elvira (Don Giovanni : “In quali eccessi, o Numi”) frappe par sa cadence pulsionnelle palpitante : une amoureuse qui Ă  dĂ©faut de la Comtesse, ne maĂźtrise pas ses Ă©motions, toute reproches et injonctions.

CLIC D'OR macaron 200roschmann - soprano portrait critique review cd classiquenews dorothea-roeschmann_1Enfin cerise sur le gĂąteau: le dernier air isolĂ©, trĂšs sturm und drang, c’est Ă  dire habitĂ© par une conscience sombre voire dĂ©sespĂ©rĂ©e, aux Ă©clairs passionnĂ©s superbement contrastĂ©s (l’orchestre y est somptueux) : « Bella Flamma, addio » K528, air de Titano saisit par sa grĂące mesurĂ©e, son intensitĂ© sincĂšre oĂč brĂ»le et son consume une Ăąme ardente et aimante.  La chanteuse y dĂ©veloppe une carrure dramatique retenue, digne et introspective, finement colorĂ©e par le sentiment tragique : son dĂ©bit, son art de la phrase dans le rĂ©citatif prĂ©alable convoque le grand Racine, noblesse, dignitĂ© mais souffrance ultime, transfigurĂ© elle aussi par une succession de visions radicale auxquelles l’orchestre diffuse des harmonies hypnotiques, sensuelles, mystĂ©rieuses. L’articulation de la diseuse, la finesse nuancĂ©e de l’interprĂšte Ă©clairent toutes les connotations du texte mis en musique Ă  l’origine par Mozart pour Josefa Dusek pendant son sĂ©jour Ă  Prague en 1787. A suivre pas Ă  pas ce travail unique en son siĂšcle sur la langue et le poĂšme musical, on se dit que Mozart, s’il n’était pas mort si tĂŽt en 1791, aurait participĂ© directement Ă  l’Ă©mergence du romantisme europĂ©en, apportant son offrande personnelle d’une troublante vĂ©ritĂ©.

Le rĂ©cital peut s’entendre comme un parcours sensible et scintillant Ă  travers l’échiquier de la passion amoureuse mozartienne, c’est aussi une contribution trĂšs subtile Ă  l’éloquence poĂ©tique d’un Mozart, connaisseur et poĂšte du cƓur humain. Voici une mozartienne au chant superlatif, juste, vrai, irrĂ©sistible. Chapeau bas Ă  Dorothea Röschmann.

 

 

 

CD, compte rendu critique. Dorothea Röschmann, soprano. Mozart Arias. Sony Classical. Enregistrement réalisé en SuÚde en novembre 2014. 1 cd Sony classical

 

 

LIRE aussi notre critique complÚte du cd Robert Schumann : liederkreis, Frauenliebe une leben de Schumann, live londonien de mai 2015 par Dorothea Röschmann et Mitsuko Ushida (1 cd Decca).

GenĂšve, ONU. Daniel Barenboim, un chef pour la paix entre les peuples

Daniel Barenboim et le WEDO Ă  GenĂšve. Le classique pour la paix entre les peuples et l’accueil mondial des migrants syriens. Ambassadeur engagĂ© pour la paix entre les peuples, le chef Ă  la triple nationalitĂ© – argentine – israĂ©lienne – palestinienne (ce qui lui a valu rĂ©cemment d’ĂȘtre persona non grata en Iran, lire dĂ©pĂȘche de cet Ă©tĂ© 2015), DANIEL BARENBOIM, fondateur de l’orchestre composĂ© de jeunes musiciens israĂ©liens et palestiniens West eatern Diwan Orchestra (WEDEO), a dĂ©clarĂ© solennellement samedi 31 octobre 2015, qu’il fallait accueillir les rĂ©fugiĂ©s syriens, partout dans le monde.

 

 

 

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Fondateur du WEDO, Daniel Barenboim milite pour la pacification par la culture

Un chef, un orchestre pour la paix des peuples

Lors d’une confĂ©rence de presse, avant de donner un concert pour l’entente des civilisations et des droits de l’homme Ă  L’oNU Ă  GenĂšve en prĂ©sence de Ban Ki-Moon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies , Daniel Barenboim a prĂ©cisĂ© que l’Europe ne pouvait pas accueillir tous les rĂ©fugiĂ©s syriens :  ” le reste du monde doit participer, notamment le monde arabe ». Le maestro lui-mĂȘme a rappelĂ© l’histoire de sa famille venue de Russie Ă  la fin du XIXĂš, s’installant en Argentine pour fuir les progroms.  “Dans mon pays, l’Argentine, il y a 3 communautĂ©s de Syriens, une musulmane, une chrĂ©tienne et une juive, chacune d’elle serait heureuse d’accueillir des rĂ©fugiĂ©s“, a-t-il ajoutĂ©.

A propos des conflits civils en Israel, Daniel Barenboim confirme ses propos prĂ©cĂ©dents : il n’y a pas de solution militaire aux conflits. Tant que Palestiniens et IsraĂ©liens ne se reconnaitront pas ensemble (reconnaĂźtre et connaĂźtre l’autre, telle est la clĂ© de tout processus d’apaisement et de paix), il n’y aura pas de rĂ©solution paisible : leur destin est liĂ© indissolublement. Pas de paix sans l’apaisement des deux cĂŽtĂ©s; depuis la crĂ©ation de son orchestre West-Eastern Diwan Orchestra en 1999, Daniel Barenboim ne cesse de montrer la nĂ©cessitĂ© de travailler et ici de crĂ©er et de jouer ensemble. Le chef milite activement et rĂ©guliĂšrement pour la pacification du conflit israĂ©lo palestinien.
L’escalade actuelle fait craindre le pire : «  le conflit n’a que trop durĂ©, et il est temps que l’ONU fasse pression pour rĂ©soudre le conflit ».

Samedi 31 octobre Ă  GenĂšve, Daniel Barenboim a jouĂ© Mozart avec son orchestre : le West-Eastern Diwan Orchestra WEDO : au programme, trois symphonies composĂ©es par le gĂ©nie viennois KV 543, KV 550 et la fameuse et ultime partition symphonique de Mozart, la fameuse n°41 dite « Jupiter », manifeste lumineux portant l’espĂ©rance fruit de l’esprit des LumiĂšres.

 

 

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Le concert sera diffusĂ© le 10 dĂ©cembre 2015 en EUROVISION, Ă  l’occasion de la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.

Daniel BarenboĂŻm et son orchestre WEDO  participeront au Concert pour la paix et les droits de l’homme des Nations unies Ă  GenĂšveen 2016, 2017, 2018 et 2019. Le concert a lieu dans la salle des droits de l’homme de l’ONU dont la coupole est une crĂ©ation poĂ©tique de l’espagnole Miquel Barcelo. Depuis 2014, la coupole aux reflets bleutĂ©s cĂ©lĂšbre chaque annĂ©e la JournĂ©e internationale des droits de l’homme.
Visitez le site de L’ONU à Genùve

Vistez le site de l’orchestre WEDO crĂ©Ă© par Daniel Barenboim

 

 

 

fayard daniel barenboim la musique est un toutLivres. Daniel Barenboim : La musique est un tout
 VoilĂ  un opuscule que beaucoup d’artistes devraient mĂ©diter, assimiler, rĂ©guliĂšrement consulter et interroger : leur place dans la sociĂ©tĂ©, la relation salvatrice de l’art et de l’engagement philosophique, sociĂ©tal Ă  dĂ©faut d’ĂȘtre politique, y gagnent un manifeste qui vaut tĂ©moignage exemplaire. Il n’est pas d’équivalent en France Ă  la personnalitĂ© transnationale du chef charismatique Daniel Barenboim aujourd’hui : une telle hauteur de vue, une telle pensĂ©e musicale et artistique se font rare et qui dans sa suite dĂ©fendront les mĂȘmes valeurs ? Humaniste engagĂ©, en particulier au service de la rĂ©conciliation des peuples au Moyen Orient, Daniel Barenboim qui a la double nationalitĂ© (palestinienne et israĂ©lienne) s’exprime ici en textes choisis, dĂ©jĂ  connus et publiĂ©s, mais rassemblĂ©s avec quelques autres plus rĂ©cents (premier chapitre ” Ă©thique et esthĂ©tique ” oĂč l’acte musical est dĂ©sormais investi d’une exigence morale). Le chef argumente sa vision de la musique, une chance pour l’humanitĂ© de sauver son destin trop marquĂ© par la guerre, la destruction, l’incommunicabilitĂ©. En homme de paix qui a cĂŽtoyĂ© les plus grands politiques, Daniel Barenboim prĂ©cise aussi ici une maniĂšre d’idĂ©al de vie, une formule personnelle qui s’appuyant sur l’expĂ©rience et les rencontres, brosse le  (l’auto)portait d’un homme de bonne volontĂ©, prĂ©occupĂ© par le sens de l’histoire et de la sociĂ©tĂ©, l’avenir des peuples pour lesquels l’offrande musicale pourrait s’avĂ©rer salutaire. Une forme de vivre ensemble, de penser autrement le monde qui suscite Ă©videmment l’admiration. LIRE notre critique complĂšte de La musique est un tout par Daniel Barenboim (Fayard)

 

 

Mozart. Les Noces de Figaro : partition des LumiÚres, opéra des femmes ?

Mozart / Da Ponte : modernitĂ© des Noces de Figaro. En pleine pĂ©riode dite des LumiĂšres, au moment oĂč Paris et la Cour de Versailles sous l’impulsion de Marie-Antoinette vivent leurs heures artistiques les plus glorieuses, Mozart et Da Ponte conçoivent en 1786, Les Noces de Figaro. Premier volet d’une trilogie exemplaire dans l’histoire de l’opĂ©ra, qui est l’enfant d’une collaboration Ă  quatre mains aux apports irrĂ©sistibles, l’ouvrage poursuit sa carrirĂše sur les scĂšnes du monde entier : c’est que sa musique berce l’Ăąme et son livret, excite l’esprit par leur justesse combinĂ©e, accordĂ©e, idĂ©alement associĂ©e. Un mariage parfait ? Figaro et Suzanne, c’est le couple de l’avenir : celui des hĂ©ros de la rĂ©volution. En eux coule pur, le sang de la justice et de la libertĂ©, les valeurs indĂ©passables de l’esprit des LumiĂšres qui devait produire la dĂ©claration universelle des droits de l’homme. C’est dire. Suivons pas Ă  pas, Ă  travers chaque acte, les thĂšmes que les deux acteurs modernes dĂ©fendent. En somme, voici l’Ɠuvre d’un Mozart libertaire et moderne, soucieux de dĂ©noncer les excĂšs de son Ă©poque pour l’avĂšnement de la sociĂ©tĂ© idĂ©ale : celle des hommes Ă©gaux, justes, responsables, respectueux. Mais oĂč le pouvoir du dĂ©sir ne serait-il pas l’Ă©lĂ©ment le plus dangereux ?

 

 

 

Mozart : Les Noces de Figaro. L'opéra des femmes ?

 

 


Le couple des LumiĂšres

Et pourtant, sa claire conscience ne peut empĂȘcher aussi de constater l’oubli des hommes Ă  ce qu’ils doivent ĂȘtre : la folie, le dĂ©sir, l’agitation ont tĂŽt fait de ruiner tout Ă©quilibre, et l’on sent bien qu’au terme de cette aventure lyrique, c’est le dieu thĂ©Ăątre qui triomphe : sa flamme et son flux incontrĂŽlable, sa tentation perpĂ©tuelle du chaos.

 

 

 

Acte I : Les serviteurs se rebiffent. Figaro dĂ©couvre que Le Comte ne cesse de harceler sexuellement sa future Ă©pouse, Suzanne. C’est l’enjeu de la premiĂšre scĂšne et du duo entre les deux serviteurs : Mozart et Da Ponte militent donc pour l’Ă©galitĂ© de tous et dĂ©noncent le droit de cuissage (droit du seigneur sur ses servantes) que veut appliquer le Comte, leur maĂźtre. Contre leur Ă©mancipation et leur union, se dressent ensuite le couple des intrigants : la vieille Marcelline et le docteur Bartolo venus se venger de Figaro… Puis quand surgit Cherubino, c’est Cupidon qui s’invite au banquet social : plus de serviteurs ni de maĂźtres, l’amour vainc tout et rend Ă©gaux tous devant la force du dĂ©sir. Ainsi si le Comte s’Ă©prend de Suzanne, si le jeune Cherubino  dĂ©vore des yeux la Comtesse, c’est dans la fable, pour mieux souligner le pouvoir de l’amour. En espĂ©rant baillonner l’attrait de ce Cupidon dangeureux Ă  sa cour, le Comte l’envoie dans l’un de ses rĂ©giments, sur un autre front, hors des antichambres du chĂąteau.

Acte II : PiĂ©ger le Comte. L’un des airs les plus mĂ©lancoliques et sombres de Mozart (“Porgi amor” : La Comtesse y exprime ses illusions et ses rĂȘves perdus, quand jeune fille, Rosina, elle Ă©tait aimĂ©e du Comte) ouvre le II. Pour se venger du Comte libidineux, Figaro propose de le piĂ©ger, dĂ©noncer son inconstance dĂ©loyale, le surprendre en sĂ©ducteur Ă©hontĂ© de Suzanne. Sommet de ce jeu de dupes, le trio “Susanna or via sortite !”, entre le Comte, la Comtesse et Suzanne), une scĂšne qui exploite au mieux le dĂ©roulement dramatique conçu par Beaumarchais dans sa piĂšce originelle : Ă  son terme, le duo des femmes triomphent car le Comte doit reconnaĂźtre sa violence tyrannique et prĂ©senter ses excuses. Mais rebondissement contre le couple Figaro et Suzanne, le trio des intrigants, Marcelline et Bartolo rejoint par Basilio (sublime rĂŽle de tĂ©nor comico hĂ©roĂŻque) reparaĂźt exigeant que Figaro honore ses promesses (et Ă©pouse la vieille Marcelline!). La confusion qui conclut le II, est une synthĂšse de tous les ensembles buffas d’une trĂ©pidante vitalitĂ©.

Acte III. Le procĂšs de Figaro a lieu. Rebondissement : Marcelline qui devait l’Ă©pouser illico devant le juge Curzio, reconnaĂźt en Figaro son propre fils, qu’elle eut avec…. Bartolo. La Comtesse et Suzanne plus remontĂ©es que jamais, rĂ©dige la lettre dans laquelle Suzanne donne rendez vous le soir mĂȘme au Comte (pour le piĂ©ger et dĂ©noncer sa dĂ©loyautĂ© devant tous). Le Comte rĂ©ceptionne le billet et s’en rĂ©jouit.

L’Acte IV s’ouvre avec un nouveau solo fĂ©minin (Les Noces sont bien l’opĂ©ra des femmes) : sublime air de dĂ©ploration tendre de Barbarina qui pleure de ne pouvoir retrouver l’Ă©pingle qu’elle devait remettre Ă  Suzanne (“L’ho perduta”). Profond et allusivement trĂšs juste, l’opĂ©ra dĂ©voile aussi l’amertume et le dĂ©sarroi de ses hĂ©ros : ainsi Figaro qui mĂȘme s’il sait le piĂšge tendu au Comte, doute un moment de la sincĂ©ritĂ© de Suzanne (superbe rĂ©citatif et l’air qui suit : “Tutto Ăš dispoto”… “Aprite un po’ quegl’occhi…”). L’ouvrage de Mozart est ainsi ponctuĂ© de miroitement psychique d’une infinie vĂ©ritĂ© dont la sincĂ©ritĂ© nous touche particuliĂšrement. La nuit est propice aux travestissements et troubles de toute sorte : chacun croyant voir ce qu’il redoutait, redouble de rage amĂšre Ă  peine voilĂ©e (La Comtesse habillĂ©e en Suzanne est courtisĂ©e par ChĂ©rubin) : Suzanne, dĂ©guisĂ©e en Comtesse est abordĂ©e par Le Comte. Puis Figaro dĂ©masquant Suzanne en Comtesse, la courtise sans mĂ©nagement au grand dam du Comte qui surgit et criant au scandale face Ă  son Ă©pouse indigne, s’agenouille finalement… reconnaissant sous le voile,… Suzanne qu’il venait de courtisĂ©e. La Comtesse obtient alors le pardon du Comte, Ă  dĂ©faut de la promesse de son amour. Car le lendemain, tout ce qui vient d’ĂȘtre rĂ©tabli ne va-t-il pas se dĂ©faire Ă  nouveau ? L’inconstance rĂšgne dans le cƓur des hommes…

Remarque : Rosina, Suzanna, mĂȘme gĂ©nĂ©ration. la tradition hĂ©ritĂ©e du XIXĂš remodĂšle (dĂ©nature) les rapports entre les personnages a contrario des tessitures d’origine. Soulignons dans la partition voulue par Mozart, la gemmĂ©litĂ© des timbres des deux sopranos : la Comtesse et Suzanne. Les deux rĂŽles doivent en rĂ©alitĂ© ĂȘtre chantĂ©s par deux voix claires, peut-ĂȘtre plus sombre pour Suzanne. EpousĂ©e adolescente par Almavivva, Rosina devenue Comtesse est Ă  peine plus ĂągĂ©e que sa camĂ©riste, Suzanne.

 

 

Cinéma : Les Noces de Figaro par McVicar

nozze di figaro, noces de figaro covent garden royal opera house londres david Mc Vicar presentation review announce classiquenewsCinĂ©ma, ce soir 19h30 : Les Noces de Figaro par McVicar depuis le Royal Opera House Covent Garden, Londres. Figaro romantique
 CrĂ©Ă©e dĂ©jĂ  en 2006 sur le mĂȘmes planches, cette production des Noces de Figaro de Mozart et son librettiste Da Ponte (1786), d’aprĂšs Beaumarchais (La Folle journĂ©e ou le Mariage de Figaro), transpose la fiĂšvre rĂ©volutionnaire des serviteurs, du XVIIIĂš d’avant 1789
 en 1830 soit Ă  l’Ă©poque de la Restauration. McVicar imagine donc un Figaro …. romantique. Mais si l’ordre monarchique fait son retour, le Figaro hier campĂ© par le baryton Erwin Schrott, a gagnĂ© en certitude et dĂ©termination, n’hĂ©sitant directement Ă  dĂ©fier le comte Almaviva, tandis que aux cĂŽtĂ©s de cette lutte des classes (dominĂ©s / dominants), se joue aussi une guerre sociale : la guerre des sexes Ă  travers l’alliance des femmes : la Comtesse et Suzanne, vraies maĂźtresses de cet Ă©chiquier fragile, innerve regards, jeu d’acteurs et mouvements, en une fresque Ă©motionnelle vive. DĂ©cors, gestes, dĂ©placements sont millimĂ©trĂ©s comme d’habitude chez David McVicar qui prĂ©serve toujours la parfaite lisibilitĂ© de l’action sans omettre l’expression des intentions parallĂšles. En 2015 pour la reprise de la production des Noces de Figaro de Mozart par Mc Vicar, l’opĂ©ra londonien affiche une nouvelle distribution : avec toujours l’infatigable et trĂšs fĂ©lin Erwin Shrott dans un rĂŽle qu’il sert Ă  merveille (Figaro), Anita Hartig (Susanna), StĂ©phane Degout (Almaviva), Ellie Dehn (la Comtesse), Kate Lindsey (Cherubino)…

 

 

Infos, réservation, salles de cinéma partenaires de la diffusion

Les Noces de Figaro par McVicar sur le site de la Royal Opera House Covent Garden Londres

 

 

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Erwin Shrott, Figaro Ă©ruptif et fĂ©lin Ă  Londres dans les Noces de Figaro de Mozart transposĂ© par Mc Vicar Ă  l’Ă©poque de la Restauration (DR)

 

 

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Extrait de la biographie portrait rĂ©alisĂ©e en 2008 par  notre rĂ©dacteur Lucas Irom : “Erwin Schrott, nouvelle icĂŽne lyrique ? Une basse qui barytone avec un magnĂ©tisme dramatique et colorĂ© comme peu autour de lui
 une diction amusĂ©e, hĂ©doniste, sanguine et palpitante offrant une incarnation nerveuse chez Mozart (Figaro, Les noces), mais aussi cette gravitĂ© sombre du timbre qui lui permet de jouer sur les registres du chant viril Don Giovanni, MĂ©phistophĂ©lĂšs
 : l’art vocal de l’uruguyen Erwin Schrott (36 ans en 2008, nĂ© Ă  Montevideo en 1972) se taille une part majeure parmi les jeunes tempĂ©raments de la scĂšne lyrique actuelle.

 

Acteur-chanteur
Le chanteur est dĂ©jĂ  un acteur aguerri. Sur les 8 personnages abordĂ©s dans son premier disque chez Decca, de Mozart, Verdi et Gounod Ă  Meyerbeer et Berlioz, l’interprĂšte a incarnĂ© sur scĂšne
 5 rĂŽles. Pas si mal, pour un talent rĂ©cent de plus en plus indiscutable
 Avant de chanter, le jeune homme lava des voitures et aida ses parents dans le restaurant familial, Ă  l’époque oĂč l’Uruguay traversait l’une de ses crises Ă©conomiques les plus difficiles. Du mĂ©tier de chanteur et de l’opĂ©ra en gĂ©nĂ©ral, le baryton-basse avoue avoir tout appris de la pianiste et metteuse en scĂšne, Emilia Rosa, aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ©e. Quittant l’AmĂ©rique du Sud, le jeune interprĂšte rejoint l’Italie pour parfaire son apprentissage vocal: Leo Nucci lui prodigue de prĂ©cieux conseils. A Montevideo, Erwin Schrott se distingue Ă  22 ans, en 1994, dans le rĂŽle de Roucher, d’Andrea ChĂ©nier, un rĂŽle qui lui offre une premiĂšre incarnation ample et dramatique. Suivant le conseil de Mirella Freni, le jeune artiste sait prĂ©server son talent en choisissant des rĂŽles expressifs “confortables”, au risque mesurĂ©: Colline (La BohĂšme), Masetto (Don Giovanni), Timur (Turandot), Ramfis (AĂŻda), 
 un apprentissage de longue haleine, Ă  l’implication progressive et constante qui lui permet de fouiller son approche psychologique des caractĂšres sans porter atteinte Ă  son timbre.

Leporello et Don Giovanni
En 1998, le baryton (26 ans) remporte le premier prix du Concours Operalia de Placido Domingo. L’ascension ne tarde comme l’exposition dans des rĂŽles plus audacieux: Pharaon (MoĂŻse et Pharaon de Rossini) sous la baguette de Muti, surtout Leporello et Don Giovanni (chantĂ© pour la premiĂšr fois en 2004 Ă  Whashington), comme Figaro, font de lui un mozartien Ă  la sanguinitĂ© extravertie, non dĂ©nuĂ© d’une exigence linguistique. Il ne s’agit pas de dĂ©ployer une palette vocale riche et ample, il faut aussi incarner les Ă©tats Ă©motionnels de la musique. Un dĂ©fi que le chanteur souhaite relever avec assiduitĂ©. Ainsi, trouvant son Figaro de 2006, un rien trop “volcanique”, l’interprĂšte veille Ă  ciseler davantage la vĂ©ritĂ© de son approche scĂ©nique et vocale.

Aujourd’hui, l’artiste recherche Ă  raffiner davantage chacun des rĂŽles qu’il a abordĂ©s sur scĂšne: Narbal (Les Troyens de Berlioz), Macbeth (Verdi), OnĂ©guine (TchaĂŻkovski), comme il recherche Ă  Ă©largir sa palette Ă©motionnelle grĂące Ă  de nouveaux rĂŽles, dont quelques Belliniens: Rodolfo (La Sonnambula), Giorgio (I Puritani)


erwin schrott don giovanni mozart baden baden 2013 1A l’étĂ© 2008, Erwin Schrott chante Leporello Ă  Salzbourg (dans la mise en scĂšne de Claus Guth sous la direction de Bertrand de Billy), avant d’aborder Don Giovanni au Metropolitan de New York, Escamillo (Carmen) Ă  la Scala sous la baguette de Barenboim, et Figaro, dans Les Noces de Figaro, Ă  Vienne, la capitale autrichienne oĂč, il y a quelques annĂ©es, il dĂ©sespĂ©rait de ne jamais trouver d’engagement aprĂšs avoir Ă©chouĂ© au Concours Hans Gabor Belvedere. A force de tĂ©nacitĂ©, l’artiste a su dĂ©montrĂ© son immense talent
 un talent qui pourrait devenir art majeur s’il travaille encore sa diction et la finesse de ses rĂŽles. Promis Ă  une belle carriĂšre, Erwin Schrott, compagnon Ă  la ville de la soprano autrichienne et russe, Anna Netrebko, nous offrira un prochain accomplissement en chantant avec sa compagne. En attendant ce duo miraculeux (Don Giovanni de Mozart filmĂ© en 2013 Ă  Baden Baden oĂč Netrebko joue Donna Anna), le baryton pourrait bien devenir la nouvelle icĂŽne lyrique des annĂ©es Ă  venir. “

erwin_schrott_arias_frizza_deccaPortrait rĂ©alisĂ© Ă  l’occasion de la sortie de son premier album chez Decca : Erwin Schrott : arias. un rĂ©cital lyrique qui mĂȘle Mozart (6 airs sur les 12 au total), Verdi (Don Carlos, Les VĂȘpres Siciliennes, chantĂ©s en Français), Berlioz (La Damnation de Faust), Gounod (Faust), Meyerbeer (Robert le diable)
 Mozartien, Verdien, mais aussi MĂ©phistophĂ©lĂšs au rire sardonique, le baryton-basse nous offre une palette dramatique particuliĂšrement riche et convaincante.  Erwin Schrott: Arias 1 cd Decca. Avec l’Orquestra de la Comunitat Valenciana. Riccardo Frizza, direction (2008)

 

Compte rendu, opĂ©ra. Paris. ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es, le 20 septembre 2015. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail. Jane Archibald, Mischa Schelomianski
 Ensemble Aedes, choeur. Le Cercle de l’Harmonie, orchestre. JĂ©rĂ©mie Rhorer, direction.

Fabuleuse version de concert de L’EnlĂšvement au SĂ©rail de Mozart au ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es. Le Cercle de l’Harmonie sous la direction de JĂ©rĂ©mie Rhorer campe une performance d’une frappante vivacitĂ©. Jane Archibald est la chef de file de la distribution dans le rĂŽle extrĂȘmement virtuose de Constance, qu’elle honore avec le dĂ©ploiement de tous ses talents musicaux et thĂ©Ăątraux ! Les choeurs sont assurĂ©s par l’Ensemble Aedes tout aussi vivace et virtuose. Des ingrĂ©dients parfait pour un Ă©vĂ©nement unique.

 
 
 

Un Mozart d’amour presque parfait…

 

rhorer jeremie enlevement au serail mozart tce jane archibaldLe premier singspiel ou opĂ©ra allemand de la maturitĂ© de Mozart, est en fait une commande de l’Empereur Joseph II crĂ©Ă© en 1782. Il reprĂ©sente un vĂ©ritable Ă©largissement du genre, ouvrant la voie Ă  la FlĂ»te EnchantĂ©e, Ă  Fidelio, au FreischĂŒtz. VoilĂ  le premier grand opĂ©ra allemand et le plus grand succĂšs des opĂ©ras du vivant du gĂ©nie Salzbourgeois. Ici nous pouvons trouver, comme c’est le cas aussi pour Idomeneo, les germes de toute la musique de l’avenir de Mozart. Comme dans tous ses opĂ©ras, le thĂšme de base est celui de l’amour qui triomphe sur toutes les forces hostiles qui s’y opposent.  Il s’agĂźt Ă©galement d’une Ɠuvre d’art d’une grande difficultĂ© interprĂ©tative, l’Empereur mĂȘme dit Ă  Mozart “Trop beau pour nos oreilles, et beaucoup trop de notes”. Phrase souvent paraphrasĂ©e et devenue clichĂ© populaire, notamment grĂące au film de Milos Forman « Amadeus ».

Avec son librettiste Johann Gottlieb Stephanie, Mozart remanie et amĂ©liore la forme de l’opĂ©ra de sauvetage, typique au 18Ăšme siĂšcle. L’histoire d’une simplicitĂ© tout Ă  fait allemande raconte l’aventure de Belmonte, dont l’entreprise est d’enlever sa bien-aimĂ©e Constance, ainsi que sa servante Blondine et son ami Pedrillo, hors du palais du Pacha SĂ©lim. Celui-ci les a achetĂ©s auprĂšs des pirates et est Ă©pris de Constance, qui devient sa favorite malgrĂ© sa fidĂ©litĂ© immuable Ă  Belmonte. Blondine inspire la curiositĂ© d’Osmin, le gardien du sĂ©rail attirĂ© par elle, tandis que Pedrillo, amoureux d’elle aussi, concocte un plan pour aider Belmonte. AprĂšs une sĂ©rie de situations d’un lyrisme succulent, les protagonistes sont capturĂ©s par Osmin juste avant leur dĂ©part. Il insiste qu’on les pende pour trahison, chose Ă  laquelle le Pacha pense profondĂ©ment, surtout aprĂšs avoir dĂ©couvert que Belmonte est le fils d’un ancien ennemi. Il finit par choisir le chemin de la magnanimitĂ© ordonnant leur libĂ©ration immĂ©diate. D’une façon plutĂŽt audacieuse et insolente, mais toujours sublime, Mozart met en scĂšne son monarque Ă©clairĂ© en guise de Turc ! De quoi choquer et amuser le public cosmopolite de l’Empire Austro-Hongrois, mais aussi le public parisien de 2015… Ma non troppo.

Une version de concert de L’EnlĂšvement au SĂ©rail a la qualitĂ© d’Ă©pargner le public des trop frĂ©quentes lectures mĂ©diocres des metteurs en scĂšne. Certes, le livrait, riche en poĂ©sie, n’est pas le plus thĂ©Ăątral. Cependant un metteur en scĂšne de talent peut exploiter l’ouvrage au maximum. Or, il paraĂźt que les choix sont souvent fait par rapport Ă  la notoriĂ©tĂ© des directeurs scĂ©niques ou leur indisposition Ă  s’attaquer Ă  telle Ɠuvre ; consĂ©quence : on donne souvent la tĂąche Ă  ceux qui osent. Mais pas aux jeunes metteurs en scĂšne riches en idĂ©es, mais Ă  des artistes des domaines diffĂ©rents avec l’espoir que ce sera bien. Une attitude qui dessert l’art lyrique et que les directeurs de maisons d’opĂ©ra devraient revoir avec un esprit plus visionnaire et critique. Cependant, en ce qui concerne ce fabuleux opus de Mozart, la tĂąche de la distribution des chanteurs n’est pas facile non plus. Constance est un des rĂŽles les plus virtuoses pour soprano colorature, ainsi que celui d’Osmin, pour basse colorature (!). Ce soir au ThĂ©Ăątre des Champs ElysĂ©es, nous avons la grande chance de compter avec Jane Archibald dans le rĂŽle de Constance. Elle affirme une performance tout Ă  fait exemplaire ! Elle ose intervenir sur la partition et s’approprier le rĂŽle de façon trĂšs rĂ©ussie. Son « Ach ! Ich Liebte » du premier acte est davantage dramatique et cause des frissons, le « Traurigkeit » au deuxiĂšme tout simplement exquis, et l’archiredoutable « Martern Aller Artern », le sommet de virtuositĂ© sans aucun doute ! Que ce soit la projection, le timbre, l’intensitĂ©, le souffle ou l’agilitĂ©, en solo ou dans les nombreux passages d’ensemble, elle rayonne et Ă©tonne Ă  chaque moment. L’Osmin de la basse Russe Mischa Schelomianski est aussi au sommet d’expression. Il fait preuve d’une technique impeccable, d’une voix large comme le monde, tout en gardant l’esprit bouffe mais touchant du personnage. Son « Ha! Wie will Ich triumphieren » au troisiĂšme acte est fantastique. Il s’agĂźt du morceaux le plus virtuose pour basse colorature de tout le rĂ©pertoire
 et il est Ă  la hauteur !

Le Pedrillo du tĂ©nor amĂ©ricain David Portillo rayonne de candeur, il a un beau timbre et Ă©clipse par son talent et son charme l’autre tĂ©nor de la partition, dont nous parlerons bientĂŽt. Il est de mĂȘme trĂšs complice dans les ensembles et sa performance laisse un beau souvenir dans l’esprit. Pareillement pour la Blondine de Rachele Gilmore, dont la voix d’une lĂ©gĂšretĂ© et une agilitĂ© improbable, est aussi trĂšs charmante. Le rĂŽle de Belmonte est l’un des plus aigus du rĂ©pertoire mozartien, et aussi l’un des plus beaux, des plus romantiques dans le sens superficiel et le sens profond. Il est vrai que Mozart sacrifie un peu de vraisemblance et du sĂ©rieux en lui confiant des morceaux oĂč la virtuositĂ© technique peut mĂȘme distraire des propos plus sentimentaux que comiques, -l’une des difficultĂ©s pour les metteurs en scĂšne et les interprĂštes. Ce soir, le tĂ©nor AmĂ©ricain Norman Reinhardt ouvre l’oeuvre avec une belle voix, avec un beau timbre, mais avec une trop timide projection. Ensuite son duo fabuleux avec Osmin confirme notre crainte initiale : il se voit complĂštement Ă©clipsĂ© par la voix d’Osmin de grande ampleur et par l’orchestre que le jeune chef JĂ©rĂ©mie Rhorer dirige avec vivacitĂ© et attention. Pendant les trois actes, il a plusieurs interventions, mais n’arrive jamais Ă  se rattraper
 et paraĂźt malheureusement dĂ©passĂ© par le rĂŽle.

Le choeur Aedes dirigĂ© par Mathieu Romano quant Ă  lui s’accorde Ă  la vivacitĂ© et au brio gĂ©nĂ©ral du concert. L’ensemble s’affirme avec un dynamisme saisissant, plein de brio ! Tout comme le Cercle de l’Harmonie qui pilotĂ© par le jeune maestro, capture Ă  merveille l’entrain et l’aspect oriental de la partition. Remarquons un premier violon fabuleux, le concertino des vents brillants sans dĂ©faut ou encore les percussions « turques » pĂ©tillantes ! Un EnlĂšvement au SĂ©rail en concert presque parfait, un vĂ©ritable bonheur musical pour les auditeurs !

Illustration : Jérémie Rhorer (DR)

 
 

Mozart – Une Petite Musique de Nuit (partition interactive pour VIOLON)

IcĂŽne_1024x1024_MozartMozart – Une Petite Musique de Nuit (partition interactive pour VIOLON). La SĂ©rĂ©nade no 13 en sol majeur  K. 525 dite « Eine kleine Nachtmusik », – en français Une petite musique de nuit – est la derniĂšre sĂ©rĂ©nade que Wolfgang compose en 1787. Le compositeur l’a Ă©crit pour pour quintette Ă  cordes un (deux violons, un alto, un violoncelle, une contrebasse), or elle ne comporte que quatre parties car la contrebasse double Ă  l’octave infĂ©rieure le violoncelle tout le long de la piĂšce. Son premier mouvement dĂ©bute par l’un des motifs les plus justement cĂ©lĂšbres de Mozart et de toute la musique classique. les plus connus de la musique classique. DatĂ©e du 10 aoĂ»t 1787, la SĂ©rĂ©nade est contemporaine de l’opĂ©ra Don Giovanni et de la mort du pĂšre de Mozart. MalgrĂ© le contexte exigeant et tragique de sa composition, une petite musique de nuit regorge de saine vitalitĂ©, exprimant une joie de vivre et une fraĂźcheur voire une innocence intacte
 Le cycle entier comprend quatre mouvements : Allegro, Romance (allegretto), Menuet et trio (allegretto), enfin Rondo (Allegro).

 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive d’une Petite Musique de Nuit (partition interactive pour VIOLON) de Mozart (Allegro initial), Ă©ditĂ©e par Tombooks

Niveau de difficulté : intermédiaire / difficile (5-6)
Type de partition : avec accompagnement 
Prix de la partition : 4,99 euros

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play MOZART – une Petite Musique de Nuit (partition interactive pour VIOLON), allegro initial, Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagnĂ© par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement Ă  votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

IcĂŽne_1024x1024_MozartPrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau. DurĂ©e de la vidĂ©o : 3mn54.

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http://youtu.be/nlDyo2q3-po

Mozart – Concerto pour FLÛTE et HARPE K 299 (partition interactive pour FLÛTE)

IcĂŽne_1024x1024_MozartMozart – Concerto pour FLÛTE et HARPE K 299 (partition interactive pour FLÛTE). Fin mars 1778, Mozart et sa mĂšre arrivent Ă  Paris. Pour le duc de Guisnes bon flĂ»tiste, le jeune Wolfgang compose un double concerto oĂč le pĂšre peut accompagner sa fille, excellente harpiste (comme l’était alors toute jeune fille bien Ă©duquĂ©e, Ă  l’image de la Reine Marie-Antoinette : la souveraine trĂšs mĂ©lomane, protectrice entre autres du compositeur Gluck Ă  Paris, s’est faite portraiturĂ©e en joueuse de harpe). L’Ɠuvre, raffinĂ©e et virtuose sans excĂšs, est un sommet concertant, « de salon ». RĂ©alisĂ©e par des amateurs d’un trĂšs bon niveau, destinĂ©e Ă  la dĂ©lectation immĂ©diate de leur cercle d’auditeurs et amis. Le 2Ăšme mouvement (andantino) est en fa : l’expressivitĂ© Ă©lĂ©giaque de Mozart se surpasse dans un Ă©pisode oĂč rĂšgne le caractĂšre pastorale et mĂȘme rĂȘveur. Les arpĂšges de la harpe rĂ©pondent Ă  la mĂ©lodie aĂ©rienne et pudique de la flĂ»te.

 

 

 

Tombooks propose de jouer la partition de la « Danse des Esprits bienheureux » de l’OpĂ©ra OrphĂ©e et Eurydice

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du double Concerto pour flûte et harpe K 299 de Mozart, éditée par Tombooks

 

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement
Prix de la partition : 4,99 euros

L’expĂ©rience Tombooks c’est grĂące au concept de la partition interactive :
1- Jouez le deuxiÚme mouvement du Concerto flûte et harpe de Mozart accompagné par un orchestre, comme dans une salle de concert,
2- RĂ©glez le tempo de l’orchestre pour l’adapter Ă  votre niveau
3- Personnalisez votre partition avec vos annotations et imprimez-la
4- Partagez vos enregistrements avec d’autres musiciens, ou soumettez-les Ă  l’avis de votre professeur.

 

 

PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau. DurĂ©e : 7mn18.

 

Mozart – Concerto pour clarinette K 622 (partition interactive pour CLARINETTE)

IcĂŽne_1024x1024_MozartMozart — Concerto pour clarinette en la majeur K 622 (partition interactive pour CLARINETTE). 2Ăšme mouvement (adagio). Vienne, 1791. C’est la derniĂšre annĂ©e de vie de Mozart et l’une de ses meilleures pĂ©riodes de crĂ©ation. Des chefs d’Ɠuvres se succĂšdent : Quintette Ă  cordes K 614, le motet Ave verum K 618, surtout ses opĂ©ras La ClĂ©mence de Titus (ultime seria) et La FlĂ»te enchantĂ©e en allemand, enfin le Requiem qu’il laissera inachevĂ©. DĂ©but octobre 1791, Wolfgang achĂšve l’orchestration du Concerto pour clarinette dĂ©diĂ© Ă  son ami clarinettiste, Anton Stadler. En vĂ©ritĂ© dĂšs 1789, Mozart avait Ă©bauchĂ© un premier Concerto pour cor de basset pour Stadler toujours : esquisse de ce que sera la Concerto pour clarinette K 622. Nouvel instrument conquis au XVIIIĂš, la clarinette dĂ©ploie son timbre chaud et corsĂ©, veloutĂ© et expressif si proche de la voix que Mozart mĂšne au delĂ  de la virtuositĂ©, sur les rives de la tendresse et de la souplesse la plus enchantresse. L’instrument colore La ClĂ©mence de Titus, mais aussi le caractĂšre fraternel de la cantate maçonnique Das Lob des Freundshaft : avant Beethoven et son hymne Ă  la joie, Mozart place la clarinette et les climats qui lui sont propres, dans l’ambiance d’une amitiĂ© universelle.

Le second mouvement, adagio (en rĂ©, 3/4) dĂ©ploie un cantabile proche du larghetto du Quintette en la majeur. La tendresse y rĂšgne sans partage, Ă©noncĂ©e par le soliste puis l’orchestre, en un pacte d’indĂ©fectible paix intĂ©rieure.

 
 
 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du Concerto pour clarinette K622 de Mozart (2Úme mouvement) éditée par Tombooks

 
 

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 
 
 

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play Mozart – Concerto pour clarinette K622, Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagnĂ© par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement Ă  votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

 

 
 

mozart_portrait-300PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau.

https://www.youtube.com/watch?v=JuUxR5RVirU

 

 

Mozart — Concerto pour clarinette en la majeur K 622 (partition interactive pour CLARINETTE)

IcĂŽne_1024x1024_MozartMozart — Concerto pour clarinette en la majeur K 622 (partition interactive pour CLARINETTE). 2Ăšme mouvement (adagio). Vienne, 1791. C’est la derniĂšre annĂ©e de vie de Mozart et l’une de ses meilleures pĂ©riodes de crĂ©ation. Des chefs d’Ɠuvres se succĂšdent : Quintette Ă  cordes K 614, le motet Ave verum K 618, surtout ses opĂ©ras La ClĂ©mence de Titus (ultime seria) et La FlĂ»te enchantĂ©e en allemand, enfin le Requiem qu’il laissera inachevĂ©. DĂ©but octobre 1791, Wolfgang achĂšve l’orchestration du Concerto pour clarinette dĂ©diĂ© Ă  son ami clarinettiste, Anton Stadler. En vĂ©ritĂ© dĂšs 1789, Mozart avait Ă©bauchĂ© un premier Concerto pour cor de basset pour Stadler toujours : esquisse de ce que sera la Concerto pour clarinette K 622. Nouvel instrument conquis au XVIIIĂš, la clarinette dĂ©ploie son timbre chaud et corsĂ©, veloutĂ© et expressif si proche de la voix que Mozart mĂšne au delĂ  de la virtuositĂ©, sur les rives de la tendresse et de la souplesse la plus enchantresse. L’instrument colore La ClĂ©mence de Titus, mais aussi le caractĂšre fraternel de la cantate maçonnique Das Lob des Freundshaft : avant Beethoven et son hymne Ă  la joie, Mozart place la clarinette et les climats qui lui sont propres, dans l’ambiance d’une amitiĂ© universelle.

Le second mouvement, adagio (en rĂ©, 3/4) dĂ©ploie un cantabile proche du larghetto du Quintette en la majeur. La tendresse y rĂšgne sans partage, Ă©noncĂ©e par le soliste puis l’orchestre, en un pacte d’indĂ©fectible paix intĂ©rieure.

 
 
 

bouton partitionDECOUVREZ la partition interactive du Concerto pour clarinette K622 de Mozart (2Úme mouvement) éditée par Tombooks

 
 

Niveau de difficulté : intermédiaire (4-5)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 
 
 

Bénéfices de la partition interactive éditée par Tombooks :

Avec l’application pour iPad Play Mozart – Concerto pour clarinette K622, Tombooks rĂ©volutionne la partition musicale:

- Jouez dans votre salon accompagnĂ© par d’autres musiciens, comme dans une salle de concert
- Adaptez le tempo de l’accompagnement Ă  votre niveau
- Ajouter vos annotations personnalisées à la partition et imprimez-là
- Enregistrez-vous et réécoutez-vous
- Partagez vos enregistrements et vos partitions annotées avec votre professeur ou vos amis

 

 
 

mozart_portrait-300PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau.

https://www.youtube.com/watch?v=JuUxR5RVirU

 

 

Mozart – Concerto pour piano n°23 (partition interactive pour PIANO)

mozart_portrait-300Mozart – Concerto pour piano n°23 (partition interactive pour PIANO). La partition interactive pour piano pour jouer chez soi avec orchestre…

Le La majeur de Mozart fait partie des Concertos pour piano parmi les plus impressionnants du compositeur nĂ© Ă  Salzbourg. Sa durĂ©e, relativement courte (moins de 26 mn) n’empĂȘche pas une construction trĂšs soignĂ©e en 3 parties, vĂ©ritable « dramaturgie » instrumentale qui doit beaucoup aux autres Ɠuvres Ă©crites et corrigĂ©es simultanĂ©ment : Allegro, Adagio, Allegro assai. Contemporaine de Noces de Figaro que Mozart termine d’écrire avec la facilitĂ© dĂ©concertante qui lui est propre, le Concerto pour piano n°23 K 488 est achevĂ© le 2 mars 1786. C’est aussi une pĂ©riode trĂšs fĂ©conde oĂč Mozart compose Ă©galement Le Directeur de ThĂ©Ăątre et rĂ©Ă©crit son opĂ©ra seria Idomeneo. La joie printaniĂšre tendre et caressante du premier mouvement Ă©pisode contraste avec l’Adagio qui suit, qui doit Ă  la houle enivrante et mĂȘme hypnotique de Sicilienne, sa progression plus grave et sombre, accentuĂ©e par la tonalitĂ© choisie (fa diĂšse mineur : la tonalitĂ© de la sĂ©quence centrale de l’Allegro final).

 

Tombooks propose de jouer la partition du second mouvement : Adagio avec accompagnement de l’orchestre (2 violons, alto, basse, 1 flĂ»te, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors). Le mouvement est notĂ© Ă  6/8 regroupant Ă  peine 100 mesures. La subtilitĂ© et la finesse de l’écriture de Mozart (le mouvement s’achĂšve pianissimo) permet de perfectionner nuances et accents.

PrĂ©sentation vidĂ©o de l’application proposĂ©e par Tombooks : sur le pupitre du piano, la partition dĂ©file sur la tablette rendant claires et confortables, les conditions du jeu… jouer avec l’orchestre apporte une stimulation mais aussi un enrichissement dans l’apprentissage voire l’interprĂ©tation du morceau.

TELECHARGER la partition interactive du Concerto pour piano n°23 de Mozart édité par Tombooks

Niveau de difficulté : intermédiaire (5-6)
Type de partition : avec accompagnement de l’orchestre
Prix de la partition : 4,99 euros

 

Glyndebourne 2015 : L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart

arte_logo_2013MOZART_Opera_portrait_profilArte. samedi 15 aoĂ»t 2015, 20h45. Mozart : L’enlĂšvement au sĂ©rail. McVicar, familier du festival estival de Glyndebourne met en scĂšne l’opĂ©ra chantĂ© en allemand de Mozart, Die EntfĂŒrhung auf dem Serail, l’EnlĂšvement au sĂ©rail, fidĂšle aux idĂ©aux et Ă  l’esthĂ©tique de la Franc-maçonnerie et des LumiĂšres : un couple amoureux y est Ă©prouvĂ©s, prisonniers d’un sultan autoritaire (rĂŽle parlĂ©) dont la toute puissance est incarnĂ©e par son vizir et gardien du sĂ©rail (Osmin, Ă  la fois grossier et bouffon) et la troupe de ses janissaires Ă©lectrisĂ©s. La turquerie imaginĂ© par Mozart restitue l’Ă©poque europĂ©enne menacĂ©e par les turcs ottomans : Vienne aborde sur un mode sentimental et plutĂŽt comique (d’une exceptionnelle subtilitĂ© facĂ©tieuse mĂȘme dans le cas de Mozart), la situation qui affronte Occcident et Orient. Dans cette production nouvelle prĂ©sentĂ©e en Grande Bretagne, le chef Ticciati dirige l’Orchestre of the Age of Enlightenment avec une distribution de chanteurs convaincants (rĂ©serve au style de la soprano qui fait une Constanz certes Ă©mouvante mais au vibrato trop prĂ©sent…). Sur le plan musical, Mozart Ă©blouit par une imagination dĂ©bordante, une justesse poĂ©tique sans Ă©gal Ă  son Ă©poque car chacun de ses personnages, Belmonte et Constanz (en vĂ©ritĂ© la transposition du couple rĂ©cemment mariĂ© de Wolfgang avec Constanz Weber), surtout Bondchen et Pedrillo, le compagnon serviteur de Belmonte qui est le cerveau de la fuite des occidentaux hors du SĂ©rail, sont chacun dĂ©licatement caractĂ©risĂ©s : chaque profil psychologique finement troussĂ© et les situations qu’ils doivent assumer, idĂ©alement conçues : Constanz rĂ©siste au Pacha (dans un air de bravoure impressionnant par sa difficultĂ© virtuose), tandis que Blonde repousse sans mĂ©nagement les avances de la basse Osmin… soit deux duos d’une grande saveur contrastĂ©e. Les deux tĂ©nors, Belmonte et Pedrillo ne manquent pas de relief non plus, dont surtout le rĂŽle du serviteur pour lequel Mozart rĂ©invente une langue parlĂ©e chantĂ©e d’une dĂ©licieuse complexitĂ©.

mozart-glyndebourne-2015-enleement-au-serail-die-entfurhung-auf-dem-serail-mcvicar-presentation-classiquenews-juillet-2015A travers les rĂŽles aussi vocaux que thĂ©Ăątraux (syllabiques) de Blonde, Osmin et de Pedrillo, Mozart prĂ©figure la pure comĂ©die lĂ©gĂšre et subtile d’un Rossini au dĂ©but du siĂšcle suivant : figures ciselĂ©es pour situations cocasses ou particuliĂšrement tendues : ici se joue le destin de deux captives. Le raffinement de l’orchestration disitngue aussi l’Ă©criture mozartienne, toujours Ă  l’Ă©coute des vertiges intĂ©rieurs de ses hĂ©ros (Constanz, Blonde, Pedrillo). A l’Ă©poque, l’opĂ©ra fut Ă©cartĂ©, minimisĂ© en faveur des ouvrages de son concurrent Ă  Vienne, Salieri, auquel tous les honneurs revinrent selon la volontĂ© de l’Empereur Joseph II. Mozart ne fut jamais aussi moderne et visionnaire que dans son premier singspiel (opĂ©ra en allemand)  crĂ©Ă© en 1782, dont la rĂ©ussite Ă©blouissante sera prolongĂ©e et approfondie encore dans La FlĂ»te EnchantĂ©e, elle aussi chantĂ© non plus en italien mais en allemand, prĂšs de 10 annĂ©es plus tard et Ă  l’extrĂ©mitĂ© de sa courte vie (1791).

Chaleur dĂ©monstrative du public, approche mordante et caractĂ©risĂ©e grĂące aux instruments d’Ă©poque d’un orchestre vivace… la soirĂ©e diffuse un charme… mozartien.

Avant la diffusion sur Arte, la production présentée à Glyndebourne est déjà accessible sur le site du festival de Glyndebourne 2015 (accessible à partir du 19 juillet et pendant 7 jours seulement)

CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon)

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazonCD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem serail. Schweinester, Prohaska, Damrau, Villazon, NĂ©zet-SĂ©guin (2 cd Deutsche Grammophon). AprĂšs Don Giovanni et Cosi fan tutte, que vaut la brillante turquerie composĂ©e par Mozart en 1782, au coeur des LumiĂšres dĂ©fendue Ă  Baden Baden par NĂ©zet-SĂ©guin et son Ă©quipe ? Évidemment avec son lĂ©ger accent mexicain le non germanophone Rolando Villazon peine Ă  convaincre dans le rĂŽle de Belmonte;  outre l’articulation contournĂ©e de l’allemand, c’est surtout un style qui reste pas assez sobre, trop maniĂ©rĂ© Ă  notre goĂ»t, autant de petites anomalies qui malgrĂ© l’intensitĂ© du chant placent le chanteur en dehors du rĂŽle.

Mozart_Die_Entfu_hrung_aus_dem_Serail_DG_Nezet_Seguin_Selig_Schweinester_Prohaska classiquenews juillet 2015Plus problĂ©matique est la Contanze de Diana Damrau dont l’agilitĂ© parfois mise Ă  mal et les aigus comme les trilles de son grand air « Martern aller Arten ». … vraie dĂ©claration de guerre de la captive Ă  l’endroit de son geĂŽlier et dans une moindre mesure, expression pour l’Ă©mancipation de la femme, de toutes les femmes, sont tirĂ©s et laissent une impression d’inabouti; la soprano coloratoura que nous avions tant apprĂ©ciĂ©e dans La Traviata d’ouverture de la nouvelle saison de La Scala en novembre 2014, ne maĂźtrise pas le legato ni la puretĂ© du phrasĂ© mozartien : qu’on Ă©coute simplement l’évidence et l’assurance d’une Grubarova pour mesurer l’enjeu dramatique, psychologique, technique de cet air axial .. ici mal emmanchĂ© et qui fait aussi les dĂ©lices des concerts comme air sĂ©parĂ©. L’articulation mozartienne exige l’excellence, c’est ainsi. Son premier air cd 1/11 fait saillir un vibrato mal maĂźtrisĂ©, des vocalises approximatives, des aigus sans tenus proches du larsen. … puis l’air 19 (doloriste et presque dĂ©sespĂ©rĂ©e prĂ©figuration de Pamina dont le caractĂšre convient pourtant mieux Ă  son timbre blessĂ© ) et l’air plus redoutable encore dont nous venons de parler  – d’Ă©mancipation celui lĂ , hĂ©las soulignent les mĂȘmes limites vocales (souffle court, aigus vibrĂ©s  sans soutien, et parfois justesse sacrifiĂ©e). La diva paierait-elle un surcroĂźt d’activité  rĂ©cente? De toute Ă©vidence,  nous l’avons connue mieux chantante et son personnage souffre de ce manque d’évidence.

 

 

 

Paul Schweinestet et Anna Prohaska,
vrais champions de cet EnlĂšvement

 

 

schweinester-paul-tenor-mozart-revelation-die-entfurhung-aus-dem-serail-mozart-classiquenews-nezet-seguin-ete-2015Nous confirmons ce qui a Ă©tĂ© dit dans notre article d’annonce de cette production de Baden  Baden 2014 : la jubilation vient des autres chanteurs et aussi de la direction du chef NĂ©zet Seguin : les deux jeunes  tempĂ©raments que sont Pedrillo (le tĂ©nor tyrolien Paul Schweinester) et Blonde (Anna Prohaska) devancent leurs aĂźnĂ©s par le naturel, la prĂ©cision, la pĂ©tillance, l’amusement facĂ©tieux car ils ne sont pas que les doubles comiques des deux protagonistes : ils sont douĂ©s d’une profondeur et d’une vĂ©ritĂ© inĂ©dite que Mozart a fouillĂ© de façon aussi gĂ©niale qu’inattendue. .. la grĂące comique de ce Pedrillo irrĂ©sistible;  l’engagement hyperfeminin et sĂ©ducteur de Blonde font la valeur de cette lecture incarnĂ©e, offrant enfin de vrais instants de thĂ©Ăątre quand les deux sont confrontĂ©s au vieil ours Osmin. La caractĂ©risation antagoniste qui joue du grotesque bouffon de la basse saisit  par sa justesse. Et pourtant ni l’un ni l’autre n’ont des voix rĂ©ellement puissantes. Leur instinct musical compense et se rĂ©vĂšle payant.

seguin_yannick_nezet_chef_maetroDe son cĂŽtĂ©, le chef dĂ©taille la brillante parure orchestrale que Mozart a conçu pour chaque Ă©pisode ; en jouant constamment l’Ă©coute chambriste, le dĂ©licat  Ă©quilibre entre voix et instruments, le chef relĂšve les dĂ©fis d’une partition raffinĂ©e, subtile, palpitante qui regarde et vers La FlĂ»te enchantĂ©e (ensembles de solistes, Ă©clat privilĂ©giĂ©e des clarinettes, bassons et hautbois) et l’urgence fraternelle de Fidelio. Les ensembles de choeur ou entre les solistes sont ciselĂ©s ; l’ajout du pianoforte dans les rĂ©citatifs ajoute au raffinement sonore qui coule ici comme une onde riche et percutante. Oublions l’air isolĂ© « Martern aller Arten » oĂč le maestro soucieux de prĂ©server l’allure de la soliste Ă©paissit le trait et opte pour des tempi parfois surprenants. Le mouvement gĂ©nĂ©ral, le sens du thĂ©Ăątre, la bouillonnante Ă©nergie de la comĂ©die turque, trop dotĂ©e en notes, oĂč perce la vitalitĂ© des janissaires (entre autres) sont trĂšs convaincants.

CD, compte rendu critique. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, Die EntfhĂŒrung aus dem sĂ©rail. 2 CD Deutsche Grammophon 479 4064

Konstanze : Diana Damrau
Belmonte : Rolando VillazĂłn
Osmin : Franz-Josef Selig
Blondchen : Anna Prohaska
Pedrillo : Paul Schweinester
Bassa Selim : Thomas Quasthoff

Vocalensemble Rastatt
Chamber Orchestra of Europe
Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction.
Baden-Baden, été 2014.
2 CD Deutsche Grammophon 479 4064

 

LIRE aussi notre compte rendu critique de DON GIOVANNI et de COSI FAN TUTTE par la mĂȘme Ă©quipe Villazon / NĂ©zet-SĂ©guin qui fait actuellement l’affiche de Banden Baden chaque Ă©tĂ© (cycle des opĂ©ras de Mozart Ă  Baden Baden)

 

 

 

seguin_yannick_nezet_chef_maetroA VENIR
 LA SUITE DU CYCLE MOZART PAR NEZET-SEGUIN. PortĂ©s par le succĂšs de leurs prĂ©cĂ©dents Mozart (Cosi fan tutte, Don Giovanni et donc le plus rĂ©cent enregistrĂ© en juillet 2014 : L’EnlĂšvement au sĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aus dem serail), Yannick NĂ©zet SĂ©guin, le tĂ©nor Rolando Villazon et l’équipe rĂ©unie Ă  Baden Baden, annoncent leur prochain projet, prĂ©sentĂ© sur scĂšne et au disque pour Deutsche Grammophon : Les Noces de Figaro. Ce cycle Mozart / Baden Baden / NĂ©zet-SĂ©guin, fruit de prises live corrigĂ©es / complĂ©tĂ©es par des complĂ©ments en studio dans la foulĂ©e, s’achĂšvera en 2020. A venir en 2016 : Les Noces de Figaro avec un choix de solistes prometteur, tant du point de vu de leur tempĂ©rament vocal que de leur aisance mozartienne : Luca Pisaroni en Figaro, Sonya Yoncheva en Comtesse, Thomas Hampson en Comte, Christiane Karg en Susanna, Anne Sofie von Otter en Marcellina, Jean-Paul FouchĂ©court en Don Curzio
 Ă  venir sur classiquenews : annonce, infos et compte rendu du concert puis du coffret programmĂ©s Ă  partir de l’Ă©tĂ© 2016…

LIRE l’entretien avec le producteur exĂ©cutif Renaud Loranger de l’EnlĂšvement au sĂ©rail sur le site le club Deutsche Grammophon

 

Aix en Provence : L’EnlĂšvement au sĂ©rail de Mozart, 2-21 juillet 2015

aix-en-provence-logo-2015Aix en Provence : L’EnlĂšvement au sĂ©rail de , 2-21 juillet 2015. Dans le thĂ©Ăątre de l’ArchevĂȘchĂ©, Mozart a toujours sa place privilĂ©giĂ©e : rappelons que Cosi fan tutte  est le premier opĂ©ra reprĂ©sentĂ© Ă  Aix en 1948, au sortir de la guerre, alors que le festival n’Ă©tait pas encore celui qu’il est devenu aujourd’hui. Jouer Mozart dans la Cour de l’ArchevĂȘchĂ© rĂ©sonne donc d’une signification particuliĂšre pour laquelle les spectateurs attendent grĂące et magie. Sera-ce le cas en juillet 2015 ?

Cosi fan tutte par HanekeAvant Fidelio de Beethoven, L’EnlĂšvement au sĂ©rail est le premier ouvrage important chantĂ© en allemand. Mozart s’Ă©carte de l’opĂ©ra seria italien et de ses conventions ; il prĂ©fĂšre ici pour Joseph II Ă  Vienne, favoriser un genre mixte, entre profondeur et comĂ©die, comme il le fera dans Don Giovanni, drama giocoso. Le gĂ©nie facĂ©tieux du salzbourgeois sait combiner des genres illusoirement opposĂ©s : la vie n’est-elle pas une succession de bonheur et de tragĂ©die? Or en 1782, soit en pleine esthĂ©tique des LumiĂšres, L’EnlĂšvement au sĂ©rail dĂ©voile Ă  quel point le jeune compositeur peut caractĂ©riser avec une finesse jamais Ă©coutĂ©e auparavant, le profil psychologique des protagonistes comme l’enjeu de chaque situation ; ici l’opĂ©ra mĂȘme s’il est complĂštement chantĂ©, est aussi du thĂ©Ăątre (nombreux dialogues parlĂ©s, le personnage du Pacha SĂ©lim est un rĂŽle parlĂ© : il est essentiel car, instance dĂ©cisionnaire, c’est lui qui distille les valeurs humanistes et fraternelles des LumiĂšres : pardon et pacification). L’exotisme du sujet (l’action se passe dans le sĂ©rail du Pacha) concerne Vienne. La ville est le dernier rempart europĂ©en contre l’avancĂ©e des musulmans en Europe. L’Empereur  (portrait ci dessous) et la cour voyaient-ils dans ce Pacha pacifiĂ© et civilisateur, leur idĂ©al politique, soucieux d’une interruption rapide et favorable de la guerre contre les Ottomans ? TrĂšs probablement.

En 1782, Mozart se taille une solide rĂ©putation d’auteur lyrique avec L’EnlĂšvement au SĂ©rail, Die EntfĂŒrhung aus dem serail

Partition politique, philosophique et opéra des femmes

joseph_en_piedsPour l’heure les Habsbourg Viennois se rapprochent de leurs homologues russes et pour la venue du Grand Duc de Russie, (futur Paul Ier), Mozart, juste arrivĂ© Ă  Vienne, reçoit la commande de ce singspiel, mi parlĂ© mi chantĂ©, assimilant la subtilitĂ© des comĂ©dies italiennes. Joseph II se montre trĂšs curieux de la valeur musicale du gĂ©nie mozartien. Mais Mozart avait un temps d’avance sur ses contemporains : l’Empereur ne regretta-t-il pas aprĂšs la premiĂšre : “trop de notes” ? De fait, c’est l’officiel Gluck qui lui vole la prĂ©sĂ©ance avec pas moins de 3 opĂ©ras crĂ©es pour l’occasion. L’EnlĂšvement au sĂ©rail mĂȘme crĂ©Ă© plus tard connaĂźt un succĂšs populaire immĂ©diat (Vienne, Burgtheater, le 16 juillet 1782). Le raffinement de la musique, dĂ©licieusement orientaliste, l’intelligence de la dramaturgie associant Ă©panchements lyriques et tendres particuliĂšrement sincĂšres (dĂ©sir et amour de Belmonte pour Constanz), et scĂšnes comiques affrontant occidentaux et orientaux, mais aussi femmes et hommes (Blonde et Osmin), produisent un joyau dramatique saisissant de vĂ©ritĂ©, de justesse, de sincĂ©ritĂ©. Mozart alors amoureux lui-mĂȘme et passionnĂ©ment Ă©pris de sa jeune Ă©pouse… elle aussi prĂ©nommĂ©e Contanz (d’oĂč la justesse des sentiments amoureux qui y sont exprimĂ©s). Mais la veine comique, d’une finesse toute rossinienne, en particulier dans le rĂŽle trĂšs linguistique de Pedrillo (le serviteur de Belmonte et le cerveau de l’Ă©quipe, initiateur de l’enlĂšvement des femmes captives) ne doit pas ĂȘtre minimisĂ©e et l’opĂ©ra mozartien exige des chanteurs qui savent jouer. et vivre un texte. Enfin avant les Noces de Figaro, les deux hĂ©roĂŻnes de l’EnlĂšvement sont deux maĂźtresses facĂ©tieuses : dĂ©terminĂ©e et insoumise (Constanz), piquante et insolente (Blonde) : et si l’EnlĂšvement, ouvrage particuliĂšrement philosophique et politique comme on l’a vu dans son contexte, Ă©tait dĂ©jĂ  l’opĂ©ra des femmes ? Le gĂ©nie de Mozart est Ă  la mesure de cette fertile invention poĂ©tique.

aix-en-provence-logo-2015Aix en Provence 2015 : du 2 au 21 juillet 2015. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail, 1782.
Freiburger BarokorchesterJérémie Rhorer, direction. Martin Kusej, mise en scÚne.

Pas sĂ»re que la nouvelle production aixoise ne satisfasse totalement : en dĂ©pit de la direction musicale qui devrait ĂȘtre Ă©nergique et nerveuse voire subtile, la rĂ©alisation scĂ©nique et le jeu d’acteur dans l’univers dĂ©jantĂ© souvent rien que provocateur de Kusej, devrait encore et toujours gommer toute poĂ©sie pour un expressionnisme outrancier, dĂ©lire scĂ©nographique bien peu respectueux de la finesse mozartienne. Et Mozart dans cela ? Telle est la question que ne doivent pas omettre les spectateurs aixois cet Ă©tĂ©.

CD, Ă©vĂ©nement. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aus dem serail. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction (Baden Baden 2014), annonce

CD, Ă©vĂ©nement. Mozart : L’EnlĂšvement au sĂ©rail / Die EntfĂŒhrung aus dem serail. Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, direction (Baden Baden 2014). AprĂšs Don Giovanni, Cosi fan tutte, voici le dĂ©jĂ  3Ăšme volet d’un cycle annoncĂ© de 7 rĂ©alisations mozartiennes par Rolando Villazon au festival de Baden Baden (Ă  l’Ă©tĂ© 2015, les mĂȘmes planchent et rĂ©alisent Le Nozze di Figaro). En version de concert, chaque opĂ©ra est enregistrĂ© avec un soin particulier que ce nouveau jalon confirme : l’image sonore et spatiale privilĂ©gie l’Ă©quilibre entre solistes et orchestre pour une trĂšs fine caractĂ©risation dramatique dont la verve, la finesse et le style saisissent immĂ©diatement. Voici peut-ĂȘtre l’une des rĂ©alisations d’une subtilitĂ© admirable de bout en bout et mĂȘme le tĂ©nor mexicain, aĂźnĂ© d’un jeune arĂ©opage, profitant d’une maĂźtrise linguistique rarement atteinte jusque lĂ  depuis des annĂ©es (tous sont germonophones sauf Villazon), sait profiter de leur voisonage artistique et expressif. Voici en avant premiĂšre la critique de classiquenews qui paraĂźtra le jour de la parution annoncĂ©e du coffret de 2 cd Deutsche Grammophon : le 10 juillet 2015.

mozart-2-cd-deutsche-grammophon-die-entfurhung-aus-dem-serail-enlevement-au-serail-yannick-nezet-seguin-villazon-prohaska-paul-schweinester-rolando-villazon“PĂ©tillante,  fine, affĂ»tĂ©e, la version orchestrale dĂ©fendue par Yannick  NĂ©zet-SĂ©guin ne manque pas d’attraits. … Ă©quilibrĂ©e, fruitĂ©e, rythmiquement trĂšs finement caractĂ©risĂ©e, la direction fait merveille sur le plan dramatique. Ensuite tout tient au choix des chanteurs rĂ©unis par le chef canadien Ă  Baden Baden. .. d’emblĂ©e en basse bouffe idĂ©alement fluide et caverneux l’Osmin de l’excellent Franz-Josef Selig cisĂšle un babillage naturellement expressif d’une dĂ©licatesse dĂ©lectable  (d’une verve rossinienne et aussi d’une finesse de ton linguistique qui lui ouvre les bras de l’Ochs straussien (Der Rosenkavalier). Il fait tout le piment orientaliste des premiĂšres scĂšnes oĂč Mozart pose le cadre  de ce Proche-Orient enturbané  si cher  Ă  l’esprit  aventureux et universaliste des LumiĂšres propre aux annĂ©es 1780 (L’EnlĂšvement au sĂ©rail premier opĂ©ra populaire en langue allemande, s’Ă©cartant des serias italiens formatĂ©s est crĂ©Ă© Ă  Vienne en 1782). Le duo qu’il forme avec Rolando Villazon pĂ©tille de subtilitĂ© et quand le tĂ©nor mexicain sait soigner son legato  et la puretĂ© de son chant sans contorsion latine la langue de Mozart peut s’Ă©panouir avec la dĂ©licatesse  de style  requise. Et nous ne parlons pas du duo Osmin / Blonde, ce dernier personnage, – parfaite figure populaire rĂȘvĂ©e et affinĂ©e par Mozart, relevĂ© par la dĂ©licieuse et percutante, si fĂ©minine (une vraie rivale pour Constanz) de Anna Prohaska qui rĂ©ussit avec une intelligence nuancĂ©e suractive mais mesurĂ©e et rĂ©flĂ©chie une incarnation … exemplaire. Les phrasĂ©s de l’orchestre, l’ajout du pianoforte dans rĂ©citatif et airs, la finesse et l’intelligence globale suscite les meilleurs louanges. Ce Mozart Ă©tonne, captive, respire (les climats psychologiques de chaque scĂšne, si ressentis et concentrĂ©s par les femmes – rĂŽles nettement privilĂ©giĂ©s par Mozart, comme il le fera dans les Noces de Figaro, rayonne d’une profondeur et d’une tendresse grave … bouleversante.

schweinester-paul-tenor-pedrillo-baden-baden-2014-revelation-classiquenews-juin-2015-582-594RĂ©vĂ©lations : la pĂ©tillante et millimĂ©trĂ©e Ana Prohaska donc, surtout le tĂ©nor sĂ©duisant tout en charme juvĂ©nile du jeune Paul Schweinester, timbre fin et racĂ©, Ă©mission et projection d’une facilitĂ© Ă©tonnante, rĂ©vĂ©lĂ© au concours des jeunes chanteurs de Salzbourg en 2012. La verve, la musicalitĂ© lui promettent demain une carriĂšre en or… Ă  suivre de prĂšs.

Critique complĂšte de L’enlĂšvement au SĂ©rail de Mozart par Yannick  NĂ©zet-SĂ©guin (Baden Baden, juillet 2014) dans le magasin ce dvd livres de classiquenews.com au moment se la sortie annoncĂ©e du coffret soit le 10 juillet prochain.

CD, coffret. Friedrich Gulda : Mozart, the Mozart tapes Concertos and Sonatas 10 cd Deutsche Grammophon. Annonce

gulda friedrich mozart the mozart tapes concertos sonatas deutsche grammophon complete recordings 10 CD presentation review critique classiquenews juin 2015 4822418_Gulda_Mozart_PackshotCD, coffret. Friedrich Gulda : Mozart, the Mozart tapes Concertos and Sonatas 10 cd Deutsche Grammophon. Friedrich Gulda. NĂ© en 1930, dĂ©cĂ©dĂ© en 2000, Ă  70 ans, le pianiste est passĂ© de la scĂšne glorieuse des thĂ©Ăątres de prestige Ă  une carriĂšre plus chaotique marquĂ©e par des engagements contestataires moins lisses et conformes que l’excellence de son jeu et sa prodigieuse musicalitĂ© le font paraĂźtre. LĂ©gende vivante, l’artiste suscite un tel engouement que le public s’enthousiasme comme s’il s’agissait de Dieu le pĂšre donnant un rĂ©cital, rĂ©servant illico sans savoir au juste ce que la star allait jouer : Bach, Mozart, Debussy… ou du jazz. Selon ses humeurs. Le tempĂ©rament destructeur et volontiers libertaire du pianiste est Ă  chercher du cĂŽtĂ© de ses origines viennoises, dans ce berceau certes mĂ©lomane mais si rĂ©trograde et bourgeois qu’il s’est plu Ă  en fustiger les tensions rĂ©actionnaires, le conformisme Ă©triquĂ©. Avec son petit bonnet vissĂ© sur le crĂąne qui lui donnait un air de gourou hindou venu de son Ashram rĂ©gĂ©nĂ©rateur, Gulda a toujours aimĂ© cultiver sa diffĂ©rence, son unicitĂ© dans/contre le systĂšme.

 

 

 

Etre libre

 

Jamais la libertĂ© d’un artiste n’a plus comptĂ© que depuis l’insolent Mozart quittant ce Salzbourg honnis et mĂ©prisant pour son gĂ©nie : Gulda fait de mĂȘme vis Ă  vis de Vienne et du bon public bourgeois, l’insoumis n’entendait jamais pactiser avec la tentation de l’impĂ©rialisme hitlĂ©rien, ce facisme si facilement exprimĂ© dans les annĂ©es 1930, qui prenait source dans l’antisĂ©mitisme qui fit dĂ©missionner Mahler de la direction de l’OpĂ©ra d’Ă©tat en 1907… VoilĂ  ce qu’incarne le geste impertinent mais libre de Gulda le magnifique Ă  la face des mĂ©lomanes nantis viennois. Mozart est un dieu pour Gulda qui se dĂ©lectait Ă  jouer ses Ɠuvres et est mort le mĂȘme jour que lui, un 27 janvier…
GULDA friedrich piano classiquenews Friedrich+Gulda+guldaIconoclaste certes, Gluda interroge l’obligation viscĂ©rale de l’artiste dans la sociĂ©tĂ© et vis Ă  vis du monde : jouer comme un divertissement sans esprit critique n’a pas de sens. L’art sans la conscience et la critique ne vaut rien : voilĂ  la clĂ© pour comprendre la dĂ©marche d’un Gulda toujours sur le fil de la dĂ©nonciation, d’un dĂ©bordement critique et minutieusement ciblĂ© : ainsi paraĂźt-il nu Ă  la tĂ©lĂ© autrichienne, avec sa femme, toute aussi nue que lui, pour interprĂ©ter Schumann (L’amour et la vie d’une femme), ainsi surtout refusa-t-il l’anneau du bicentenaire de Beethoven proposĂ© en 1970 par l’AcadĂ©mie de Vienne, l’Ă©quivalent de la LĂ©gion d’honneur : une distinction que Gulda se plut Ă  Ă©carter car il n’estima jamais assez le goĂ»t des Viennois : s’il acceptait, c’Ă©tait reconnaĂźtre que les Viennois avaient bon goĂ»t… S’il y eut des Viennois qui avaient la haine des juifs, Gulda le viennois prit soin de dĂ©montrer qu’il pouvait lui aussi avoir la haine… des Viennois.
Musicien prodigieux, Gulda apprit du maĂźtre Bruno Seidlhofer (Ă  l’AcadĂ©mie de musique de Vienne), lequel eut ensuite comme Ă©lĂšves, Martha Argerich et Neilson Freire… les deux jeunes pianistes ne faisaient que suivre l’exemple de leur idole. En dĂ©pit de ses frasques et dĂ©bordements souvent excessifs ou abusifs, Gulda Ă©blouissait par son intelligence musicienne, un jeu solaire qui dĂ©passait largement les petites provocations de l’homme.
L’intelligence, la douceur badine et pourtant sincĂšre et si juste de ses Mozart Ă©blouissent ici dans ce coffret Deutsche Grammophon de 10 cd regroupant toutes les gravures rĂ©alisĂ©es pour la marque jaune, de 1948 Ă  1999. 51 annĂ©es d’une carriĂšre oĂč le pianiste pose clairement l’enjeu d’une vie d’interprĂšte : jouer c’est exprimer et aussi provoquer. Contre la tiĂ©deur et la quĂȘte uniforme assĂ©chante, dĂ©sincarnĂ©e de la performance au nom de la musique, Friedrich Gulda affirme une autre dimension, celle du sens et de la finalitĂ© de chaque proposition musicale.  Contemporain d’un autre dieu du piano, Glenn Gould, Gulda Ă  l’inverse ne cesse d’interroger son rapport au public dans un questionnement parfois tendu mais si communicatif que son confrĂšre avait d’emblĂ©e Ă©cartĂ© en ne se consacrant trĂšs vite qu’Ă  l’enregistrement en studio. L’art de Gulda est demeurĂ© attachĂ© au concert en public quitte Ă  le remettre toujours en question (et Ă  dĂ©truire ou rejeter ce qu’il avait accompli prĂ©cĂ©demment) : un paradoxe Ă©rigĂ© en moteur d’avancement. Il est restĂ© depuis sa disparition un phĂ©nomĂšne inĂ©galĂ©, le pur artiste dĂ©fiant l’ordinaire, le conforme, le normĂ©. Or en art, il n’est pas de rĂšgle, seule la libertĂ© et la passion priment, au prix d’une discipline de fer : c’est la clĂ© des grands inĂ©galĂ©s.

CD, coffret. Compte rendu critique. Friedrich Gulda : Mozart, the Mozart tapes Concertos and Sonatas 10 cd Deutsche Grammophon. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

Tracklisting / sommaire du coffret Mozart par Friedrich Gulda

CD1-5 : l’intĂ©grale des enregistrements Mozart (Sonates et Fantaisie K475)

CD2 6 : les Sonates enregistrées par Deutsche Grammophon et les derniers enregistrements (K331,457,570,576)

CD 7-8: les Concertos pour piano (Wiener Philharmoniker, Claudio Abbado)

CD 9-10: les premiers enregistrements depuis 1948

DVD, compte rendu critique. Mozart : La Finta Giardiniera (HaĂŻm, 2014)

mozart-finta-giardiniera-dvd-erato-mozart-haim-morley-chapuis-allemano-2-dvd-critique-compte-rendu-classiquenewsDVD, compte rendu critique. Mozart : La Finta Giardiniera (HaĂŻm, 2014). PrĂ©sentĂ©e en mars 2014 Ă  Lille, la production mise en scĂšne par David Lescot rĂ©vĂšle en format dvd son intelligence dramaturgique comme sa fine direction d’acteurs. Chez Mozart, la subtilitĂ© du bouffa joue avec les vertiges amĂšres nĂ©s de la dĂ©ception amoureuse : on peine Ă  mesurer la maturitĂ© poĂ©tique et la profondeur expressive de cette fausse jardiniĂšre Violante rebaptisĂ©e Sandrina qu’un passĂ© chargĂ©, rend trĂšs humaine donc touchante. Le sujet sous ses accents comiques cible prĂ©cisĂ©ment la fragilitĂ© des coeurs et le danger des faux serments quand il engage les sentiments des ĂȘtres au-delĂ  de leur apparente maĂźtrise… Cette Ă©cole du coeur, cynisme et ivresse mĂȘlĂ©s, fera les dĂ©lices de Cosi fan tutte. Mais dans La Finta Giardiniera, Wolfgang mĂȘme jeune, est dĂ©jĂ  Mozart et la grĂące souvent grave de son Ă©criture est bel et bien prĂ©sente ici. Le drame qui sourd dans l’enchaĂźnement des sĂ©quences, la vĂ©ritĂ© des sentiments plutĂŽt que des types formatĂ©s, fait du thĂ©Ăątre mozartien, une scĂšne dĂ©jĂ  romantique.
Tout cela paraĂźt dans cette production oĂč la cohĂ©rence des chanteurs acteurs, leurs aptitudes Ă  jouer autant qu’Ă  chanter font toute la valeur de la performance. L’opĂ©ra est la fusion du thĂ©Ăątre et de la musique et la vision gĂ©nĂ©ratrice de ce plaisant plateau le dĂ©voile avec naturel et subtilitĂ©. La tempĂȘte qui affleure chaque destinĂ©e personnelle plonge dans l’intimitĂ© des ĂȘtres : le travail des acteurs rend explicite une comprĂ©hension trĂšs nuancĂ©e et juste de l’amour, ce que la musique de Mozart exprime avec le gĂ©nie que l’on sait. Le dĂ©lire certes mais aussi la folie et la dĂ©raison puissante et destructrice qui infĂ©ode les individus : Mozart acclimate aprĂšs Haendel, la tragĂ©die amoureuse d’aprĂšs L’Arioste, mais avec les accents sincĂšres de son style inimitable. Bien sĂ»r en fin de parcours, Sandrina Violante (Erin Morley) retrouve Belfiore (Enea Scala, vrai tĂ©nor agile) mais avant leurs retrouvailles, c’est toute une gĂ©ographie des coeurs (avec le coup de thĂ©Ăątre Ă  la fin du II) oĂč les ĂȘtres se rĂ©vĂšlent et se dĂ©voilent Ă  eux-mĂȘmes et aux autres qui transporte et emporte les couples destinĂ©s Ă  s’unir finalement autour des deux protagonistes : Arminda (Marie-Adeline Henry, maĂźtresse dominatrice) et Ramiro (effervescente Marie-Calude Chappuis), Serpetta (Maria Savastano, un rien elle aussi agitĂ©e) et Nardo / Roberto (Nicolay Borchev, flexible et sombre)… Seul le podestat (pĂ©tillant et subtil Carlo allemano) reste cĂ©libataire mais il jure de se marier trĂšs vite avec une jardiniĂšre aussi avenante…
InspirĂ©e par la tenue scĂ©nique et les trouvailles trĂšs justes du metteur en scĂšne, la direction d’Emmanelle HaĂŻm semble revitalisĂ©e dans la finesse comme l’expressivitĂ©. PoĂ©sie, justesse, humanitĂ© sensible et collectif idĂ©alement canalisĂ© : que demander de mieux ? C’est Mozart qui gagne ici et son opĂ©ra de jeunesse injustement sousestimĂ©, est trĂšs honorablement rĂ©habilitĂ©. CLIC de classiquenews de juin 2015.

CLIC D'OR macaron 200DVD, compte rendu critique. Mozart : La Finta Giardiniera. Erin Morley, Carlo allemano, Enea Scala, marie-Adeline Henry, Maria Savastano. Le Concert d’AstrĂ©e. Emmanuelle HaĂŻm, direction. David Lescot, mise en scĂšne 2 dvd Erato 08256 461664 5 9. EnregitrĂ© Ă  Lille en mars 2014.

Compte rendu, concert sacré. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 3 juin 2015 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Messe en Ut, KV 427 ; Joseph Haydn (1732-1809) : Insanae et vanae curae, Motteto Hob XXI : 1/13c ; Michael Haydn (1737-1806) : Ave regina Caelorum MH 140 ; Repons Christus factus est MH38 ; Joelle Harvey, soprano ; Marianne Crebassa, alto ; Krystian Adam, ténor ; Florian Sempey, basse ; Ensemble Pygmalion ; Direction : Raphaël Pichon.

MOZART_Opera_portrait_profilLes Grands interprĂštes ont une nouvelle fois invitĂ© RaphaĂ«l Pichon et son Ensemble Pygmalion et le public est venu trĂšs nombreux. Les qualitĂ©s de ce jeune chef ne cessent de se dĂ©velopper et dans bien des rĂ©pertoires. AprĂšs une messe en si magnifique en 2013, ici mĂȘme, nombreuses Ă©taient les attentes pour cet autre chef d‘Ɠuvre, la Messe en ut de Mozart. RaphaĂ«l Pichon a choisi d’enrichir cette messe incomplĂšte par trois motets des frĂšres Haydn, amis du divin Mozart. MĂȘme si ainsi sans entractes le concert a durĂ© presque deux heures, le temps a filĂ© sans pouvoir ĂȘtre comptĂ©. Les qualitĂ©s de Pichon sont celles d‘un esthĂšte. Les sonoritĂ©s riches, variĂ©es, les nuances trĂšs dĂ©veloppĂ©es autant Ă  l’orchestre que dans les choeurs, la souplesse des phrasĂ©s soutenant les solistes, toute cette beautĂ© est mise au service des partitions pour en rendre la structure limpide. Ainsi le motet avec orchestre de Joseph Haydn al permis de comprendre la diffĂ©rence stylistique entre les deux compositeurs qui Ă©taient grands amis. Structures plus clairement affirmĂ©es chez Haydn, et sections plus opposĂ©es, quand Mozart par un geste souple fait passer de l’air d’opĂ©ra aux choeurs fuguĂ©s puis aux moments chambristes, avec une Ă©vidence confondante.

Michael Haydn est un compositeur plus proche de la sensibilitĂ© mozartienne. Ses deux Motets a capella ont une belle profondeur et une intensitĂ© troublante. Ainsi complĂ©tĂ©e par des piĂšces de choix, la Grande messe en ut devient une action de grĂące Ă  la beautĂ© du monde de la musique fĂȘtant tous les genres vocaux.

Une autre qualité de Raphaël Pichon est sa sureté de choix pour les chanteurs. DÚs leur duo, les deux dames aux timbres complémentaires offrent des moments
de grande musicalitĂ© en mĂȘlant leurs voix. Chacune dans son solo a Ă©bloui par la facilitĂ© et le rayonnement de son chant. Le “Laudamus te” de Marianne Crebassa est enjouĂ© et profond Ă  la fois. L’ “Et incarnatus est” de Joelle Harvey ouvre les portes de la musicalitĂ© chambriste la plus voluptueuse. Les deux hommes ont aussi brillĂ©, surtout le tĂ©nor Krystian Adam au timbre mozartien, mais trop peu en raison de leurs trop courtes interventions en ensembles.

Le choeur gĂ©nĂ©reux et prĂ©cis, engagĂ© Ă  la vie Ă  la mort, a Ă©tĂ© merveilleux de bout en bout, dans les doubles choeurs avec puissance, comme les moments *a capella* avec une grande dĂ©licatesse. Les Ă©changes de sourires entre les choristes et le chef disent bien la complicitĂ© qui les unit. L ‘orchestre est plein de fougue Ă©galement virtuose et prĂ©cis.

La gestuelle trĂšs souple de RaphaĂ«l Pichon permet aux arabesques de la musique de se dĂ©ployer avec une grande libertĂ©. Les moments de tension et la prĂ©cision qu’ils requiĂšrent, n’en prennent que davantage de force. Une magnifique Ă©quipe, un chef charismatique et gĂ©nĂ©reux sont les Ă©lĂ©ments de ce succĂšs, dĂ©fendant totalement des partitions revisitĂ©es et magnifiĂ©es.

Compte rendu, opéra. Marseille, Le DÎme, le 19 avril 2015. Mozart : La Flûte enchantée. La Fabrique Opéra.

Mozart portraitXLe projet. CrĂ©Ă©e Ă  Grenoble en 2007 par le chef d’orchestre Patrick Souillot, implantĂ©e Ă  Annecy, OrlĂ©ans, Caen, La Fabrique OpĂ©ra, a eu son heureuse et concrĂšte ramification marseillaise, dans le prolongement de Marseille-Provence Capitale  europĂ©enne  de  la  culture 2013. DĂ©sir de pĂ©renniser ce bouillonnement crĂ©atif, volontĂ© de « montrer le vrai visage de Marseille » contre tant de clichĂ©s qui la dĂ©figurent, Philippe  Ashford, prĂ©sident de cette association, veut « LibĂ©rer  la  capacitĂ©  crĂ©atrice  des  jeunes  de  Marseille » en leur confiant « un projet d’ampleur inĂ©dite ». S’adressant Ă  tous les Marseillais, il s’agissait de « proposer  à  coĂ»ts raisonnables un  évĂ©nement spectaculaire entiĂšrement  rĂ©alisĂ©  par  des jeunes avec  de  grands  professionnels. Susciter des vocations en remettant l’opĂ©ra, si populaire Ă  Marseille, au centre de la vie culturelle. » Avec l’ambition de permettre Ă  un public Ă©loignĂ© de renouer avec l’art lyrique.
Cet Ă©vĂ©nement a surpris et mĂȘme effrayĂ© par son ampleur : pas moins de quatre cents jeunes impliquĂ©s dans la fabrication de ce spectacle. En effet, La  Fabrique  OpĂ©ra Marseille-Provence a fĂ©dĂ©rĂ© harmonieusement des Ă©tablissements d’enseignement technique et des centres d’apprentissage de la rĂ©gion marseillaise pour la conception et la rĂ©alisation de ce spectacle lyrique : costumes,  coiffures,  maquillages,  dĂ©cors,   communication  et  organisation  du  spectacle leur furent confiĂ©s. Le pari semble gagnĂ©.

La rĂ©alisation. 1791 : Mozart vĂ©gĂšte, sans travail. Puis reçoit deux commandes : l’une, funĂšbre, un Requiem, l’autre fĂ©erique, Die Zauberflöte. Malade. Il ne peut achever sa messe des morts, mais parachĂšve sa FlĂ»te enchantĂ©e et meurt le 5 dĂ©cembre : au moment de mourir, c’est l’enfant Mozart qui renaĂźt avec cet opĂ©ra merveilleux, enfantin, populaire et savant, naĂŻf et philosophique.
DĂšs l’ouverture, avec la projection de ce corbillard noir, seulement suivi par un chien, l’enterrement de Mozart selon la lĂ©gende, Richard Martin, fondateur et directeur du ThĂ©Ăątre Toursky, dans sa mise en scĂšne, en trace comme l’humaine trajectoire et les images merveilleuses qu’il va tirer de ce singspiel merveilleux par nature, vont ĂȘtre, pour le connaisseur intime de l’Ɠuvre, comme un «flash back » naturel, une rĂ©trospection, une introspection d’une Ăąme, d’une vie, d’une Ɠuvre, de l’enfance perdue Ă  l’enfance retrouvĂ©e Ă  l’heure de la mort. Avec une troupe considĂ©rable de jeunes, d’enfants qui ont collaborĂ© Ă  cette production sous la direction de maĂźtres et sous sa fĂ©rule, Martin rĂ©ussit, pour cette rĂ©alisation scĂ©nique du dernier opĂ©ra d’un gĂ©nie qui prĂ©serva l’enfant dans l’homme, Ă  prĂ©server Ă  cette Ɠuvre son merveilleux esprit d’enfance sans infantilisme aucun.
Et cela tenait de la gageure, la gageure, de la magie et le rĂ©sultat fut, sans emphase, un vrai enchantement de l’esprit, des yeux, et mĂȘme des oreilles malgrĂ©, d’abord, la surprise d’une sonorisation qui dĂ©roge aux conditions d’écoute d’un habituĂ© de l’OpĂ©ra et des salles de concert, obligatoire dans l’immensitĂ© de ce lieu, de cette grossse sphĂšre aspirant Ă  la stratosphĂšre. Cela faisait peur et rendait sceptique mĂȘme l’amateur le plus bienveillant. Mais, quand on Ă©coute un disque Ă  domicile, c’est forcĂ©ment plus bas que le son naturel, qu’on peut aussi gonfler Ă  l’excĂšs, et l’enregistrement n’est qu’une mise en conserve longuement retravaillĂ©e d’une musique qui, en rĂ©alitĂ©, ne se goĂ»te, avec les risques du spectacle vivant, qu’en direct. Puis finalement, l’ouĂŻe se fait aux proportions sonores, la magie de la musique de Mozart, grossie ou chuchotĂ©e, opĂšre, saisit les sens et le bon sens qui adhĂšre Ă  cette gĂ©nĂ©reuse Fabrique OpĂ©ra pour le plus grand nombre, Ă©laborĂ©e par des jeunes. Et, on l’avoue  un peu confus : devant cette foule immense, on redoute l’inexpĂ©rience musicale, l’impolitesse des portables, face Ă  ces troupes d’enfants, le chahut, l’incivilitĂ©, l’agacement d’un spectacle en allemand. Vaine crainte : les adultes, en famille, sont venus avec leurs enfants voir leurs autres enfants, ces jeunes qui ont participĂ© pendant des mois Ă  l’élaboration de ce spectacle, conscients de l’importance de cette expĂ©rience, respectueux et attentifs : l’attention est palpable, Ă©mouvante de gens qui, pour la plupart, ne sont jamais allĂ©s Ă  l’OpĂ©ra, qui ne connaissent pas Mozart ou qui l’ont dĂ©couvert, on l’imagine, on l’espĂšre, on le sent, en suivant justement ce long travail d’équipe de leurs enfants, la meilleure approche, qui inclut chacun et n’exclut personne : une sorte d’initiation, sinon maçonnique, mozartienne et lyrique, dont on ne peut imaginer qu’elle a semĂ© dans le vide.

Un message clair
L’esprit trouve donc son compte Ă  ce projet inĂ©dit et inouĂŻ, social et politique au vrai sens du terme, que Malraux aurait aimé : donner le beau Ă  tous. Et l’esprit rejoint le cƓur : car le beau est aussi le bon. Car il ne faudrait pas sous-estimer, par les temps qui courent, sous les dehors fantastiques et naĂŻfs, le message beau et bon du texte apparemment si enfantin : Martin, sans faire un sort aux symboles maçonniques, sans alourdir ni ralentir le tempo, ne les escamote pas comme futilitĂ© puĂ©rile. Sous le manichĂ©isme du Bien et du Mal, il y a la leçon pour aujourd’hui de l’égale dignitĂ© des ĂȘtres (Monostatos, traditionnellement noir ne l’est pas ici), des hommes et des femmes qui se dĂ©voilent pour affronter le monde et leur dignitĂ© et libertĂ© inaliĂ©nables.
Il est secondĂ© par le charisme gouailleur, l’abattage imbattable de Marianne Sergent qui, avec une vivacitĂ© de vif argent, courant de cour Ă  jardin, pour permettre les changements de tableaux, explique en français non seulement l’action, mais ses enjeux moraux, politiques. Certes, elle traduit le texte Ă  sa façon, qui peut agacer au dĂ©but par ses dĂ©rapages langagiers populo, mais Ă  la suivre attentivement, l’air de rien, de ne pas y toucher, avec une langue qui passe des citĂ©s aux rĂ©fĂ©rences culturelles sans doute des jeunes (Stars war, le cĂŽtĂ© noir de la Force, etc), on lui rend volontiers non seulement l’hommage de sa comprĂ©hension profonde de l’Ɠuvre et l’on salue son art, sans insister, dans la dĂ©rision mĂȘme, de faire passer les messages essentiels maçonniques, dont elle rappelle, sans en alourdir l’urgence aujourd’hui, que nous leur devons, entre autre, la belle devise rĂ©publicaine : LibertĂ©, ÉgalitĂ©, FraternitĂ©. Elle se taille un juste succĂšs Ă  chacune de ses apparitions.
Les costumes Ă©laborĂ©s par les Ă©lĂšves des lycĂ©es Brochier et de la Calade (HĂ©lĂšne Siriglio, coordinatrice) sont d’une fantaisie joyeuse et heureuse (quelle belle idĂ©e ce serpent Ă©charpe et corde Ă  se pendre !) et les coiffures et maquillages par ceux du lycĂ©e Leau mettent joliment en valeur ces personnages fantasques ou solennels, l’ensemble dans une harmonie qui fait penser aux bandes dessinĂ©es comme facteur commun. Ils s’intĂšgrent sans hiatus aux Ă©lĂ©ments de dĂ©cor conçus par ceux des lycĂ©es Diderot, Marie Curie et Poinso-Chapuis (scĂ©nographe JoĂ«l Jagot) qui sont beaux, pertinents efficients, ainsi, l’apparition de la Reine Nuit tel un vol, sinon de « gerfauts hors du charnier natal », de chauve-souris style onirique et cauchemardesque glacial Ă  la Tim Burton, la reine en majestĂ© au sommet d’une pyramide transformĂ©e en robe ombreuse (on pense au ballet Moving target de FrĂ©dĂ©ric Flamand) par la magie des Ă©clairages de Gilbert Scotto qui zĂšbrent d’éclairs sa chevelure hĂ©rissĂ©e de contre-fa
 Tout cela montre les rĂ©fĂ©rences culturelles qui nourrissent ces jeunes engagĂ©s dans la synergie de cette aventure artistique. Il faut citer encore, les belles crĂ©ations graphiques de Patrick Ventujol, et la partie audiovisuelle prise en charge par les Ă©lĂšves des lycĂ©es Blaise Pascal et l’École Axe Sud. Et puisqu’on en est Ă  saluer et admirer ces jeunes, Ă  la qualitĂ© desquels on devine celle de leurs maĂźtres, il fait souligner la parfaite organisation menĂ©e Ă  bien par les Ă©lĂšves des lycĂ©es Marie Curie, Leau et l’ISM La Cadenelle, mĂȘme troublĂ©e par le dĂ©luge du dimanche 19, dont il faut dire l’élĂ©gance sobre des tenues en vendeurs de programmes et « ouvreurs » sympathiques, calmes et souriants au milieu d’une foule immense.
Dans ce bain de jouvence, on sent Richard Martin, assistĂ© par Serge Alexandre, comme un poisson dans l’eau, mĂȘme si l’on imagine aisĂ©ment qu’il a pu parfois se sentir noyĂ©, au bord du naufrage, dans la quadrature du cercle artistique de rĂ©ussir beaucoup avec peu. Mais la rĂ©ussite est là : respect absolu, amoureux, de l’Ɠuvre, son actualitĂ© politique soulignĂ©e sans effets grandiloquents, fluiditĂ© entre les scĂšnes, justesse des rapports entre les chanteurs bien dirigĂ©s, tous jeunes aussi, donc d’une ductilitĂ© remarquable, qui se sont pliĂ©s avec grĂące Ă  cette aventure. Et toujours, une grande beautĂ© plastique.

L’interprĂ©tation. Musicalement, le volume sonore de l’Orchestre Philharmonique Provence MĂ©diterranĂ©e surprend d’emblĂ©e par son volume (sonorisé aussi?) mais, encore une fois, l’oreille s’adapte et l’on admire la subtilitĂ© de Jacques Chalmeau qui rĂšgle adroitement l’équilibre entre fosse et plateau et contient des chƓurs amateurs dont l’enthousiasme menace quelquefois d’ĂȘtre brouillon.
La jeunesse et la beautĂ© des chanteurs, encore inconnus, apportent leur charme Ă  la scĂšne et la qualitĂ© de leur voix prĂȘte une fraĂźcheur touchante Ă  cette Ɠuvre archi-connue. Le roumain Antonel Boldan (Tamino) est un vĂ©ritable tĂ©nor mozartien que l’on dĂ©couvre avec bonheur, lyrique et passionnĂ©. La soprano slovaque Petra Perla Notova est une digne Pamina, trĂšs noble, au joli accent en français. La soprano colorature MarlĂšne Assayag se tire en virtuose des aigus Ă©chevelĂ©s de la reine de la nuit, tout en possĂ©dant les graves de son premier air et comme baignĂ©e, malgrĂ© sa rage, dans une mĂ©lancolie d’astre finissant. Le couple terre Ă  terre ou plume Ă  plume de Papageno/ Papagena, rĂ©vĂšle le sonore baryton colorĂ© d’Alexandre Artenenko et le joli soprano souriant de Jennifer Courcier, lui attendrissant, elle, coquette et coquine. Sous le masque des trois Dames, on reconnaĂźt le mezzo veloutĂ© de Lucie Roche et dĂ©couvre Marie Planinsek et AurĂ©lie Loillier, ses comparses soprani. On est heureux que le personnage de Monostatos, le mĂ©chant noir de l’original, ne soit pas attribuĂ© Ă  une voix aigrelette et Ă©triquĂ©e, mais confiĂ© Ă  un vrai tĂ©nor, Olivier Trommenschlager et l’on retrouve avec plaisir l’ampleur chaleureuse du baryton-basse Jean Vendassi en orateur. La sono dessert d’abord, par son ampleur excessive, les trois enfants (Blandine Lecuit, AnaĂŻs Chossegros, Claire-Emmanuelle Vernet) mais cela s’arrange ensuite et l’on aime leur espiĂšglerie. Ce qui ne s’arrange pas, c’est la basse russe Andrey Zemskov : avec un timbre superbe et une voix longue et puissante, en Sarastro, il est incapable de dire correctement son texte, malmenant de façon caricaturale les voyelle de l’allemand, pourtant toujours Ă©gales, d’une langue pourtant trĂšs facile Ă  chanter. On n’ose l’imaginer en français.
C’est le seul bĂ©mol d’une rĂ©alisation qui honore ses producteurs et leur Ă©quipe multiple de rĂ©alisateurs, dont on sent toute l’énergie employĂ©e et si bien employĂ©e dans ce que, n’en dĂ©plaise aux esprits chagrins Ă©goĂŻstement cloĂźtrĂ©s dans leurs privilĂšges d’amateurs « happy few », on peut appeler une rĂ©ussite. Chaque air, populaire ou savant, est, pour le connaisseur non blasĂ©, comme une Ă©tape de la vie de Mozart, et l’on peut y apposer ses affects, son Ăąme : enfant, jeune homme, amoureux, blessĂ©, homme fait et dĂ©fait, dĂ©jĂ  mort et enfant toujours. Toujours vivant. Oui, une FlĂ»te qui, j’ose le dire, me touche comme au premier jour.

Mozart : Die Zauberflöte / La Flûte Enchantée
Livret de Schikaneder
Le DĂŽme de Marseille, 17, 18, 19 avril 2015
Orchestre Philharmonique Provence MĂ©diterranĂ©e ; chƓurs Fabrique-OpĂ©ra Marseille Provence. Direction musicale : Jacques Chalmeau.
Mise en scÚne : Richard Martin. (Assistant Serge Alexandre)
Scénographe : Joël Jagot / Narration Marianne Sergent.
Directeur Technique : Serge Graille. LumiÚres : Gilbert Scotto.
Production : Sophie Vallauri / Clara Prieur. Costumes : Lycée Brochietr / Lycée La Calade. Coiffures-Maquillage : Lycée Leau. Décors : Lycée Diderot / Lycée Marie Curie. Audiovisuel Lycée Blaise Pascal. Organisation / Lycée Lycée Marie Curie /Lycée Leau. Création Graphique : Patrick Ventujol.

Distribution
Tamino : Antonel Boldan ; ‹Pamina : Petra Perla-Notova.
Papageno : Alexandre Artemenko ; ‹Papagena : Jennifer courcier ;
Reine de la Nuit : Marlene Assayag ;  ‹Sarastro : Andrey Zemskov ; ‹Monostatos : Olivier Trommenschaler ;
PremiÚre Dame : Aurélie Loilier ; DeuxiÚme Dame : Marie Planinsek ; TroisiÚme Dame :  Lucie Roche ; Orateur : JeanVendassi.

Paris, TCE : Nathalie Stutzmann en chef d’orchestre

stutzmann nathalie schubert lieder IMG_0389-Nathalie-RT-Warmer_(c)_Simon_Fowler-480Paris, TCE. Concert Mozart, Nathalie Stutzmann. Le 12 mai 2015, 20h. Haffner, Concerto pour clarinette... La contralto Nathalie Stutzmann ne chante pas mais dirige son premier concert Ă  la tĂȘte de l’Orchestre de chambre de Paris. Artiste invitĂ©e de la phalange parisienne, la cantatrice chef s’engage pour Mozart et offre une soirĂ©e “Promenades Ă  Salzbourg“. En 1782, le compositeur qui a quittĂ© Salzbourg pour Vienne reçoit la commande d’une nouvelle symphonie, en l’occurrence pour fĂȘter l’anoblissement de Siegmund Haffner dont le compositeur avait 6 annĂ©es auparavant Ă©crit une SĂ©rĂ©nade pour le mariage de la fille. En 1786, Mozart vient de crĂ©er avec triomphe L’EnlĂšvement au sĂ©rail qui marque la puissance de l’opĂ©ra en langue allemande (singspiel). SubmergĂ© par les commandes, Mozart compose la nuit et achĂšve la Haffner le 3 aoĂ»t 1786, alors qu’il tout juste l’Ă©poux de son adorable Constanz.

 

mozart_portrait-300Symphonie Haffner, 1786. Plan : allegro con spirito, andante, menuetto, finale : presto. L’Allegro initial affirme une Ă©nergie proche de l’exclamation exaspĂ©rĂ©e voire de la colĂšre tout en intĂ©grant la maniĂšre de JS Bach que Mozart copiait alors avec admiration. L’Andante contraste singuliĂšrement avec le premier Allegro : d’une sĂ©rĂ©nitĂ© proche de la SĂ©rĂ©nade avec mĂȘme des accents mĂ©lancoliques. AprĂšs la fraĂźcheur du Menuet auquel Mozart semble vouloir donner des dĂ©veloppements nouveaux, le Finale : Presto emprunte Ă  l’EnlĂšvement au sĂ©rail l’air de triomphe du chef des esclaves Osmin : entrain, allĂ©gresse d’une sĂ©quence qui doit ĂȘtre jouĂ©e aussi vite que possible dans un dernier rire empressĂ©. De toute Ă©vidence par ses rĂ©ussites contrastĂ©e, la modernitĂ© du premier mouvement, l’effet des contraste d’une rare intelligence, l’essence thĂ©Ăątrale, dramatique et mĂȘme prĂ©cisĂ©ment opĂ©ratique de la Haffner, voici l’une des plus importantes Symphonies Viennoises de Mozart, de facto la plus prometteuse car la premiĂšre d’une sĂ©rie frappant par son intelligence et son originalitĂ©.

 

 

 

Mozart portraitXSymphonie n°41 “Jupiter” (1788) :  K 551, la 41Ăš dite Symphonie “Jupiter”: en ut, le dernier opus symphonique de Mozart marque l’affirmation et le triomphe des valeurs humanistes, en liaison avec ses affinitĂ©s franc-maçonniques. Le plan est l’un des plus Ă©quilibrĂ©s qui soient: vaste architecture, solennelle et lĂ©gĂšre Ă  la fois, qui semble fixer sans l’assĂ©cher le plan sonate et aussi rĂ©capituler toutes les passions Ă©prouvĂ©es et vĂ©cues au cours des deux Symphonies prĂ©cĂ©dentes; et leur donner une rĂ©ponse, comme un prolongement en forme d’apothĂ©ose : en particulier si l’on joue dans la continuitĂ© la derniĂšre agitation de la 39Ăš puis le premier mouvement de la 40Ăš: un monde surgit alors avec la Jupiter, celui plein de souffle et d’une vitalitĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e qui annonce immĂ©diatement la vision et l’activitĂ© de Beethoven. Jouer dans leur continuitĂ© organique les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart est un pari risquĂ© pour les interprĂštes mais une expĂ©rience musicalement pertinente: l’auditeur peut rĂ©tablir l’enchaĂźnement des parties et prendre conscience de l’Ɠuvre magistralement cohĂ©rente de Mozart Ă  la fin des annĂ©es 1780. Nikolaus Harnoncourt en a rĂ©cemment dĂ©montrĂ© au disque la profonde unitĂ© organique. Ainsi le 10 aoĂ»t 1788, Mozart met-il un terme Ă  sa propre aventure purement symphonique, affirmant dans l’ut majeur, sa maĂźtrise Ă©blouissante du contrepoint comme de l’harmonie :

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)Autant la sol mineur dĂ©route par sa palpitation envoĂ»tante fondamentalement irrĂ©solue,  autant dĂšs son entrĂ©e magistrale par son allegro vivace,  la Jupiter affirme sa souveraine quiĂ©tude balisĂ©e Ă  laquelle Harnoncourt apporte de superbe respirations sur un tempo plutĂŽt (lui aussi) serein. Le Cantabile qui suit affirme mais sur le ton d’une tendresse franche, le sentiment de plĂ©nitude avec des pupitres (bois et vents) d’une fusion magique. Mozart n’évite pas quelques lueurs plus inquiĂ©tantes,  tentation de l’abĂźme bientĂŽt effacĂ©e/attĂ©nuĂ©e par la somptuositĂ© discursive de l’orchestre aux teintes et nuances d’une diversitĂ© Ă©tonnante. Mais on sent bien que la dynamique jaillissante et millimĂ©trĂ©e, les mille nuances expressives et les mille couleurs qu’apporte Harnoncourt, profitent de sa connaissance trĂšs poussĂ©e de la vie et de l’écriture mozartiennes : Harnoncourt a en mĂ©moire, l’expĂ©rience de Mozart dans l’oratorio haendelien et dans celui des grands compositeurs contemporains, en particulier CPE Bah dont il dirige l’oratorio La RĂ©surrection et l’Ascension de JĂ©sus, au printemps 1788 soit juste avant de composer le triptyque qui nous occupe : scintillement instrumental,  raffinement orchestral,  combinaisons jubilaire des solistes de chaque pupitre. 
 l’idĂ©e d’un rapprochement entre l’écriture hautement inspirĂ©e du fils Bach est Ă©videmment tentante. Qu’il soit ou nom fondamentalement inspirĂ© par un sujet sacrĂ© fondant sa religiositĂ© expliquant sous la plume de Harnoncourt l’usage du terme « oratorio » 
, l’éloquence trĂšs individualisĂ©e de chaque instrument ou de chaque pupitre rappelle Ă©videmment par leur jeu concertant en dialogue permanent,  l’arĂšne continue d’un vrai drame instrumental – nous ne dirions pas oratorio mais plutĂŽt en premiĂšre choix, opĂ©ra instrumental-, dont la souffle et comme le discours nous parlent constamment” … (extrait de la critique complĂšte du CD  “instrumental oratorium “, les 3 derniĂšres Symphonies de Mozart par Nikolaus Harnoncourt, rĂ©dacteur : Camille de Joyeuse).

 

Promenades Ă  Salzbourg

 

boutonreservationConcert Mozart. Orchestre de chambre de Paris, Nathalie Stutzmann
Mardi 12 mai 2015, 20h
Paris, Théùtre des Champs-Elysées

 

Symphonie n° 35 en ré majeur « Haffner »
Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur
Symphonie n° 41 en ut majeur « Jupiter »

VOIR l’annonce vidĂ©o du concert Mozart, “Promenades Ă  Salzbourg” au TCE dirigĂ© par Nathalie Stutzmann, le 12 mai 2015 : travail avec les instrumentistes de l’Orchestre de chambre de Paris ; pourquoi l’expĂ©rience de la cantatrice peut-elle ĂȘtre d’un bĂ©nĂ©fique apport dans l’interprĂ©tation de Mozart ? ; caractĂšre des Ɠuvres choisies, regard sur le Concerto pour clarinette, la Symphonie Haffner…