En direct de Venise, Salieri / Mozart sur Culturebox

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81EN DIRECT de LA FENICE, Culturebox, mardi 20 oct. Salieri / Mozart. La Fenice présente un travail mené par son équipe de jeunes chanteurs, en formation au Teatro Malibran à Venise. L’empereur Joseph II commande en 1786 un nouveau divertissement pour sa Cour à Vienne ; il s’agira de confronter en une joute poétique et musicale, deux types d’opéras à la mode : l’opéra italien et le singspiel germanique. L’impresario / Der Schauspieldirektor permet au jeune Mozart d’éblouir alors en un acte (5 tableaux) grâce à sa verve opératique (ouverture) et le raffinement de son contrepoint. Tandis que Prima la musica e poi le parole du compositeur alors officiel, Salieri, indique clairement la maîtrise de l’auteur dans le genre comique voire caricatural : Salieri y brosse sans détour le portrait à charge et drôlatique du Librettiste Da Ponte et du célèbre castrat Luigi Marchesi… La production présentée par LA FENICE au Teatro MALIBRAN mérite d’être connue et écoutée, en particulier parce que la direction sobre et précise de l’excellent Federico Maria Sardelli, grand spécialiste de l’opéra napolitain, devrait ciseler chaque situation dans sa cocasserie et sa tendresse (s’agissant surtout du jeune Mozart)…
Plus d’infos sur le site de La Fenice :
https://www.teatrolafenice.it/event/prima-la-musica-e-poi-le-parole-der-schauspieldirektor/

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Teatro La Fenice, Venezia
En direct sur culturebox
Mardi 20 oct 2020 à 19h

 

 

 

SALIERI
Prima la musica e poi le parole
divertimento teatrale in un atto
libretto di Giovanni Battista Casti

WA MOZART
Der Schauspieldirektor

singspiel in un atto kv 486
libretto di Gottlieb Stephanie

 

 

 

 

Distribution / Cast :

Prima la musica e poi le parole
Maestro di cappella: Szymon Chojnacki
Donna Eleonora: Francesca Boncompagni
Tonina Rocío: Pérez
Poeta: Francesco Vultaggio

Schauspieldirektor
Frank: Karl-Heinz Macek
Eiler: Marco Ferraro
Buff: Szymon Chojnacki
Herz: Francesco Bortolozzo
Signora Pfeil: Michela Mocchiutti
Signora Krone: Roberta Barbiero
Signora Vogelsang: Valeria de Santis
Signor Vogelsang: Valentino Buzza
Signorina Silberklang: Francesca Boncompagni
Signora Herz: Rocio Perez

Orchestre del Teatro La Fenice
Federico Maria Sardelli, direction

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EN REPLAY SUR CULTUREBOX ici (jusqu’au 4 nov 2021) : https://www.france.tv/spectacles-et-culture/2075349-prima-la-musica-e-poi-le-parole-der-schauspieldirektor-au-teatro-malibran.html

 

 

 
 

 

 

CD, critique. MOZART : Betulia LIberata (Talens Lyriques, 2 cd Aparte 2019)

Betulia-Liberata-mozart-talens-lyriquesCD, critique. MOZART : Betulia LIberata (Talens Lyriques, 2 cd Aparte 2019). Betulia liberata, K. 118 (1771), azione sacra ou drame sacré, est l’oeuvre d’un compositeur de … 15 ans. Etonnante précocité et maturité de Wolfgang, qui y approfondit déjà une hypersensibilité émotionnelle ; la langue est traversé d’éclairs sturm und drang et de formules européennes apprises dans l’esprit de Mannheim (arias fermés da capo empruntés à l’opéra seria). La Betulia est écrite pour le Prince d’Aragon à Padoue, mais n’y fut probablement jamais donnée. Vivaldi avait déjà traité le sujet de la juive Judith, décapitant le général assyrien Holopherne afin de libérer Béthulie. Les Talens Lyriques sculptent la matière dramatique de l’oratorio avec toute l’expressivité requise, et les solistes savent caractériser chaque profil du Livre de Judith (Ancien Testament) : le gouverneur Ozias, la noble Amital, et la voluptueuse Judith (convaincante Teresa Iervolino), visage exalté, passionné et bras armé, victorieux des Israélites contre l’Assyrien. Les instrumentistes éclairent cette évolution majeure dans l’écriture mozartienne qui propre aux années 1770 « préclassiques », réalisent les premiers opéras ciselés, menant d’ Ascanio in Alba (Milan, oct 1771) au déjà romantique et très goéthéen Lucio Silla (mars 1774, contemporain des Souffrances du jeune Werther). A travers les types bibliques, Wolfgang devient Mozart, peintre unique du cÅ“ur humain, vertiges et passions, mais ici fortement individualisés selon la capacité spécifique de chaque chanteur avec lequel il travaille et sait s’accorder. Lecture prenante qui s’appuie sur une distribution très homogène et crédible. + d’infos sur le site des Talens Lyriques : https://www.lestalenslyriques.com/discographie/betulia-liberata/ – parution : 25 sept 2020.

Télé. Sélection opéras, concerts symphoniques, récitals d’août et septembre à décembre 2020

TÉLÉ. Sélection de la rentrée 2020… Classiquenews sélectionne ici les programmes à ne pas manquer sur le petit écran. Opéras, concerts symphoniques, plateaux éclectiques, ou récital. Baroque, Romantique, XXè, contemporain, sans omettre les musiques anciennes… retrouvez ci dessous les programmes incontournables à voir et à écouter dès la rentrée 2020 et bien après…

 

 

Décembre 2020

 

JEUDI 31 DECEMBRE 2020

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17h30
Concert de la Saint-Sylvestre à Berlin.

 

 

 

DIMANCHE 27 DÉCEMBRE 2020

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17h50
Promenade musicale à Versailles
Quatre concerts exceptionnels ont été enregistrés au château de Versailles, sans public, au printemps dernier, avec Patricia Petibon (à l’Opéra royal) ou Alexandre Tharaud (à la Galerie des Glaces). Ces concerts donnent lieu à ce programme qui ressuscite en musique l’âge d’or du Château de Versailles. Une promenade au rythme des plus beaux airs baroques.
Au programme, les Grands Motet de Lully interprétés par Les Epopées sous la direction de Stéphane Fuget ; Alexandre Tharaud dans la Galerie des glaces jouant au piano plusieurs joyaux du Grand Siècle (originellement pour clavecin) : la Marche des Turcs et la Suite en la de Jean-Baptiste Lully, les Sept pièces pour clavier de François Couperin, L’Aimable de Joseph-Nicolas-Pancrace Royer… puis Patricia Petibon invoque des figures féminines magnifiques et tragiques, avec l’ensemble Amarillis (Héloïse Gaillard, direction): airs de Marc-Antoine Charpentier, Jean-Philippe Rameau, Marin Marais, dans l’écrin fin XVIIIè de l’Opéra royal de Versailles.

 

JEUDI 24 DÉCEMBRE 2020

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17h45
Douce nuit – Une chanson pour le monde
Douce nuit » est probablement l’hymne de Noël le plus célèbre de tous les temps. Ce chant de Noël mis en musique par Franz Xaver Gruber en 1818 fête cette année ses 200 ans. Traduit dans le monde entier en 300 langues et dialectes, l’hymne de la Première Guerre mondiale a poussé les troupes allemandes et britanniques à déposer les armes pendant une journée dans les tranchées. Le réalisateur Hannes Michael Schalle revient sur l’histoire de cette chanson et donne la parole aux artistes.

 

 
 

MARDI 22 DÉCEMBRE 2020

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TALE of TALES : le conte des contes
(titre originel : Il racconto dei racconti, 2015)
 

Arte sort le grand jeu pour Noël et diffuse l’adaptation par Matteo Garrone (auteur de laMatteo Garrone raconto tale leggende arte critique classiquenews série Gomorra) du Pentamerone, recueil de contes populaires propre à l’Italie médiévale (XIVè), où la truculence défie la poésie. Rêve, barbarie, cruauté, enchantement… avec leur lot de figures magiques et de monstres hideux, sont les ingrédients de ces 3 contes ainsi associés sous la forme d’un long métrage de 2h14mn. Une Reine se désespère de n’être pas mère ; un souverain tombe amoureux d’une voix ; une princesse peine à se libérer d’un époux violent et tyrannique… C’est une fresque haute en couleurs qui exprime la violence et la folie des passions humaines. Avec Salma Hayek (Reine de Selvascura), Vincent Cassel (roi de Roccaforte), Toby Jones (roi d’Altomonte) – Production 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DIMANCHE 20 DÉCEMBRE 2020

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17h10
Lucia de Lamermoor à la Scala de Milan, remplacée par une soirée de gala
scala milanC’est avec Lucia di Lammermoor de Donizetti  que la Scala de Milan devait inaugurer cette année l’ouverture de sa saison 2020 – 2021, le 7 décembre (jour attendu inaugural de la Saint-Ambroise, patron de Milan). Mais l’épidémie en a décidé autrement : le Teatro Milanais a organisé plutôt une grande soirée lyrique en forme de récital et de célébration chorégraphique. Sont annoncés, sous réserve de modifications de dernière minute, les ténors Jonas Kaufmann et Roberto Alagna, la sublime mezzo Elina Garance… ainsi que les Etoiles et le corps de ballet de la Scala. Durée annoncée : 2h30. En replay sur ARTEconcert jusqu’au 20 mars 2021.

 

 

01h25
Daniel Hope, violon
hope daniel for seasons cd deutsche grammophon cd reviex cd critique classiquenewsUn concert à domicile avec Daniel Hope, Max Richter et Joy Denalane. Pendant le confinement du printemps dernier, Daniel Hope invitait des artistes et des amis chez lui pour des concerts spontanés. Grâce à la musique, il voulait apporter sa propre contribution durant cette période de “crise”. Il y a eu ainsi 34 concerts « Hope@home ». Dans l’ultime programme, Daniel Hope interprète la première mondiale d’une réduction pour piano de VIVALDI “Recomposed” avec son fidèle pianiste, Christoph Isaraël, mais aussi avec le compositeur britannique Max Richter, depuis Oxford, une performance à l’origine de cette version “revisitée” des Quatre saisons de Vivaldi. Avec Joy Denalane, ils interprètent également une nouvelle version de la chanson de Richter “This Bitter Earth / On the Nature of Daylight” – chantée à l’origine par Dinah Washington – tirée du film “Shutter Island” de Martin Scorsece. La harpiste Jane Berthe complète le parcours musical.

 

 

 

 

 

SAMEDI 19 DÉCEMBRE 2020

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cygnes-lac-noureev-classiquenews-Le-Lac-des-Cygnes_corps-de-ballet13h. TCHAIKOVSKY : Le lac des cygnes (Kiev, juin 2019). Le ballet de l’Opéra national d’Ukraine réalise une version fiévreuse et techniquement maîtrisée du chef d’oeuvre de Piotr Illiytch, conçue en 1986 par Valery Kovtun,inspiré de Marius Petipa. En forêt, le prince Siegfried rencontre la belle Odette qui chaque soir, se transforme en cygne blanc. S’il l’épouse, l’envoûtement dont elle victime, jeté par le sorcier Rothbart, sera rompu, et Odette redeviendra femme. C’est compter sans l’esprit haineux et manipulateur du sorcier qui engendre sa propre créature noire, Odile, le cygne d’ébène, jumeau du cygne blanc, et prêt à prendre sa place pour mieux perdre les deux amants, Siegfried et Odette. Il appartient à la même ballerine d’incarner Odette / Odile, deux faces opposées d’un même idéal féminin. Vers lequel tendra Siegfried ? Saura-t-il démêler les rets toxiques tendus par Rothbart, instance jalouse et maléfique ?

 

 

 

 

 

DIMANCHE 13 DÉCEMBRE 2020

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18h55
Concerto per l’Italia Riccardo Chailly, Maxim Vengerov. Pour son traditionnel concert donné sur le parvis du Dôme de Milan, l’Orchestre de la Scala invite un soliste de renommée mondiale : le violoniste Maxim Vengerov. Le soliste russe à la virtuosité diabolique interprète le Concerto pour violon de Mendelssohn. Au programme aussi : ouvertures et extraits symphoniques tirés d’opéras de Rossini, Bellini, Puccini et Verdi.

 

 

23h
SONYA YONCHEVA et ROBERTO ALAGNA
chantent LOHENGRIN de Wagner
WAGNER : le Ring Jordan sur France MusiqueLohengrin prometteur présenté par le Staatsoper Unter den Linden de Berlin, pour clore une année 2020 plus que difficile pour le monde du spectacle. A l’affiche de l’opéra phare de Wagner, le ténor français Roberto Alagna dans le rôle-titre (prise de rôle wagnérienne) et la soprano au chant velouté et soyeux, Sonya Yoncheva dans celui d’Elsa. Pour sa première à Berlin, le catalan Calixto Bieito signe la mise en scène, dans le décalage et le délire halluciné.

 

 

 

 

 

DIMANCHE 6 DÉCEMBRE 2020

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17h
Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra
LIEGE. Jérusalem de Giuseppe Verdi aus der Oper Zürich – Mêlant intrigues politiques et tragédies familiales dans la Gênes du XIVe siècle, Simon Boccanegra, l’un des opéras les moins connus de Giuseppe Verdi, connait depuis quelques années une petite renaissance. Sur la scène de l’Opéra de Zurich, Fabio Luisi dirige l’excellent baryton allemand Christian Gerhaher dans le rôle-titre. Pour réaliser cette production et maintenir un certain lien avec l’audience, les circonstances sanitaires ont imposé une organisation inédite, en dissociant de plus d’un kilomètre les solistes et le public de l’orchestre et du chÅ“ur.

 

 

00h30
Beethoven intime
Documentaire
BEETHOVEN-portrait-dossier-beethoven-2020-classiquenews-concerts-festivals-2020-Ludwig-Van-Beethoven-1A l’occasion du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven, voici le portrait intime du compositeur réalisé à partir de ses nombreux écrits. Sa correspondance, riche de plus de 2000 lettres, ainsi que ses Carnets intimes et ses Cahiers de conversation (qui lui ont permis de communiquer avec le monde extérieur malgré sa surdité) précisent le profil intime et inattendu du compositeur. Ils témoignent d’une vie de passion où le grandiose côtoie le tragique mais où toujours l’emporte la force créatrice de celui à qui on doit quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre de la musique : 9 symphonies parmi les plus révolutionnaires, l’opéra Fidelio (manifeste libertaire contre toutes les tyrannies), la Missa Solemnis, le Concerto pour piano l’Empereur, le concerto pour violo, le triple Concerto pour violon, violoncelle et piano…

Ainsi sont évoqués, son époque (1770-1827), son histoire familiale, ses amours, sa conception novatrice de l’Art, sa relation avec les autres artistes (Haydn, Bach, Goethe ou Schiller), son humanisme. Mais aussi son combat contre la surdité. Concerts, répétitions live, archives… La musique de Beethoven, très présente, constitue l’autre fil narratif du film. Pour raconter ses symphonies et ses sonates pour piano (qu’il considère comme « le journal intime du compositeur ») le film a comme principal intervenant le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim. A ses côtés, le jeune quatuor Ebène, qui a joué l’intégrale des quatuors à cordes de Beethoven à travers le monde, évoque l’homme comme le compositeur et dit la portée universelle d’une œuvre unique. En outre, le graphiste Olivier Patté a imaginé un univers à la fois narratif et poétique, pour illustrer les écrits de Beethoven et en révéler toute la richesse et la sensibilité.
Film documentaire : Beethoven intime. Auteures : Anna Sigalevitch et Priscilla Pizzato Réalisatrice : Priscilla Pizzato – Coproduction : ARTE France et Redstone (2020 – 53’) Avec la participation de Daniel Barenboïm et du Quatuor Ebène

 

 

01h25
Concerto pour violon de Beethoven
Avec F.P. Zimmermann
Présentation et commentaire par Arte : « Dans ce Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven, l’orchestre se montre vif et pétillant sous la direction de Daniele Gatti. Sans conteste, le son propre au Concertgebouw, qui s’est façonné auparavant avec Bernard Haitink, Riccardo Chailly et Mariss Jansons, ne s’est pas altéré. C’est dans le dernier mouvement que l’ensemble s’est montré le plus convaincant. L’introduction amène la montée brillante et allègre des cordes qui reprennent le thème ».
Réalisation : Ferenc Soeteman Production : RCO, Avrotros & UNITEL (2017- 43mn) – Royal Concertgebouw Orchestra, Concertgebouw d’Amstermdam.

 

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Dimanche 13 septembre 2020, 17h10 : DEGAS et l’Opéra
danseuse-degas-opera-degas-al-opera-exposition-annonce-presentation-classiquenews-critique-explications-clesAu théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui détestait Wagner, c’est peut-être là son seul défaut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand même un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse Eugénie Fiocre interprète du ballet la Source, récemment remis à l’honneur de l’Opéra Garnier. Degas fréquente assidument l’Opéra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tête, arabesques des bras, des jambes, détail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au départ : que des attitudes… et des êtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. LIRE notre présentation DEGAS ET L’OPERA

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Dimanche 13 septembre à 18h15, Arte
450e anniversaire de la Staatskapelle de Berlin. L’un des plus anciens orchestres du monde, mais aussi l’un des plus renommés souffle ainsi son 450e anniversaire. La Staatskapelle de Berlin et le chef d’orchestre Daniel Barenboim jouent les œuvres de compositeurs ayant marqué l’histoire de l’orchestre, … Richard Strauss ou Ludwig van Beethoven. EN REPLAY sur Arte TV

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Dimanche 20 septembre à 18h50, Arte
LES JARVI Concert (Allemagne, 2019, 43mn) – Avec Paavo Järvi, Neeme Järvi, Kristjan Järvi, Maarika Järvi, Truls Mork, et l’Estonian Festival Orchestra – Réalisation: Holger Preusse, Isabel Hahn. La 9ème édition du « Pärnu Music Festival, » créé par les trois chefs estoniens : Neeme Järvi et ses 2 fils Kristjan et Paavo, en 2019, investit la ville portuaire estonienne. Partie d’Estonie en 1980 alors que le pays faisait partie de l’Union soviétique, la famille Järvi s’était réfugiée aux États-Unis et s’est depuis éparpillée dans le monde entier. Le festival, créé par Neeme Järvi et ses fils, Kristjan et Paavo, tous trois chefs d’orchestre, leur permet de retrouver leur pays d’origine et de partager un moment de complicité musicale. Maarika, la sÅ“ur de Kristjan et Paavo, est, elle aussi, présente comme flûtiste dans l’orchestre. Au programme : Birthday Korale NJ 80. Dirigée par Paavo, l’Å“uvre a été composée par Kristjan pour les 80 ans de leur père. Autre temps fort du festival : le Concerto pour violoncelle de Dvorak interprété par le violoncelliste norvégien Truls Mork.

 

 

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Dimanche 27 septembre à 18h35
Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi

TEBALDI-carre-portrait-tebaldi-renata-voce-d-angelo-complete-decca-recordingsElles étaient les deux divas les plus célèbres de leur époque, la presse les a dépeintes à tort comme deux rivales impitoyables : Maria Callas, la « tigresse », et Renata Tebaldi, la « voix d’ange ». Distinction réductrice qu’affectionnent les médias toujours à la pointe de caricatures extrêmistes propres à surprendre et saisir. Dans la réalité les deux divas n’eurent jamais à rivaliser car leur répertoire était différent, incarnant des héroïnes totalement opposées, chacune selon le tempérament et la couleur comme le caractère de leur voix respectives. Pour Callas, les figures tragiques et passionnées, à l’expressivité âpre et mordante : Lady Macbeth, Tosca, Norma, Carmen… Pour Tebaldi, la tendresse éthérée portée par un timbre claire et lumineux, « céleste » (Aida, Elisabeth de Valois, Amelia d’Un Ballo in maschera…ou La Wally). Dans leur vision de l’art lyrique comme dans leur vie privée, tout opposait les deux sopranos. Si Maria Callas est aujourd’hui considérée comme une chanteuse mythique, sa concurrente reste presque inconnue du grand public. Comment expliquer une telle différence ? Cette opposition entre les deux artistes était-elle bien réelle ? Entre Milan, Paris et New York, éléments de réponse en images et en musique. Le sujet du docu est-il bien fondé ? LIRE aussi notre présentation et critique du coffret cd Renata Tebaldi / Voce d’Angelo / DECCA

 

 

 

 

 

ARTE. Dimanche 4 octobre 2020
18h20, Concert de Prague avec Daniel Hope “Prague Sounds again”, le concert célèbre le retour de la musique à Prague dans un cadre magnifique : une scène flottante sur la Moldau, sous le Théâtre national, entre l’île Slovansky et le pont de la Légion, avec en toile de fond le château de Prague. Le violoniste britannique qui a étudié sous la direction du légendaire Yehudi Menuhin, interprète l’Å“uvre emblématique de Max Richter “Vivaldi Recomposed”, une ré-imagination des Quatre Saisons, avec l’Orchestre de l’Epoque. Au programme aussi la première mondiale de la “Moldau” de Smetana, recomposée par Floex et Tom Hodge ; “September Song” de Kurt Weill (arrangement de Paul Bateman) ; “Humoresque” d’Anton Dvorak.

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ARTE. Dimanche 11 octobre 2020
18h55, CONCERT MOZART A PARIS, dans les jardins de l’hôtel Sully avec l’Orchestre de chambre de Paris, Lars Vogt, piano et direction  / Magali Mosnier, flûte ; Valéria Kafelnikov, harpe. Enregistré le 11 juillet 2020 à Paris. Programme : Concerto pour flûte et harpe, Concerto pour piano N° 9 K 271 (Jeune homme) ; Danse Allemane (12′) (German Dances K 536) de Wolfgang Amadeus MOZART.
Pour son premier concert à la tête de l’Orchestre de chambre de Paris cet été 2020, Lars Vogt dirige “Mozart à Paris” en plein air et en public dans la magnifique cour de l’Hôtel de Sully. Après un travail en profondeur mené pendant cinq ans avec Douglas Boyd, l’Orchestre de chambre de Paris accueille son nouveau directeur musical, le chef et pianiste de renommée internationale Lars Vogt qui vient renforcer une démarche artistique originale et un positionnement résolument chambriste. Plus de quarante ans après sa création, l’Orchestre de chambre de Paris est considéré comme un orchestre de chambre de référence en Europe. Les instrumentistes qui en composent le noyau incarnent une nouvelle génération de musiciens français devenant ainsi l’orchestre permanent le plus jeune d’ÃŽle-de-France et le premier orchestre français réellement paritaire. Acteur musical engagé dans la cité, il développe une démarche citoyenne s’adressant à tous les publics, y compris ceux en situation de précarité ou d’exclusion. Les récentes créations musicales conçues avec des bénéficiaires de centres d’hébergement d’urgence ou des résidents d’Ehpad de Paris ou des personnes détenues du centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin en sont d’éloquentes illustrations.

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01h25
Rêve de Hongrie – Barbara Hannigan. Concert enregistré le 23 et 25 janvier 2019 à l’Auditorium de Radio France. Programme : Béla Bartók : Rhapsodie pour violon et orchestre n° 1 ; György Ligeti : Concerto romanesc ; György Kurtág : Hét Dal pour soprano et cymbalum « Zur Erinnerung an einen Winterabend », pour soprano, cymbalum et violon ; enfin, pièce majeure : Béla Bartók, Le Mandarin merveilleux, suite.
Barbara Hannigan n’est pas une cheffe d’orchestre comme les autres. Chanteuse, chef d’orchestre, elle offre une autre image de la musique dite « classique ». Artiste polyvalente et talentueuse, elle a choisi de mettre son prestige au service des répertoires les plus exigeants. Pour ce nouveau concert avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, elle met le cap sur la musique hongroise du 20ème siècle, dans un programme en plusieurs parties qui fait se télescoper son aura de chanteuse et ses dons de chef d’orchestre. Elle nous propose un voyage par étapes, dans les partitions de Bartók puis de Ligeti , et deux pages pour soprano et cymbalum de György Kurtág qui nous plonge dans la poésie de l’âme magyare. Il y a un mystère Hannigan – chanteuse reconnue, cheffe d’orchestre recherchée, elle privilégie chemins de traverse et prises de risques.

 

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Dim 18 octobre 2020
01h50 Turandot de Giacomo Puccini au Au Teatro del Liceu
Op̩ra en 3 actes compos̩ par Giacomo Puccini. Livret : Giuseppe Adami, Renato Simoni, Franco Alfano. Direction musicale : Josep Pons (2020 Р1h58).
Avec Irène Theorin : Turandot
Chris Merritt : Altoum
Alexander Vinogradov : Timur
Jorge de León: Calaf
Ermonela Jaho : Liù
Toni Marsol : Ping
Francisco Vas : Pang
Mikeldi Atxalandabaso : Pong
Michael Borth : un mandarin
José Luis Casanova Prince de Perse (voix)

Cette nouvelle production de l’opéra Turandot orchestrée par le Gran Teatre del Liceu est un clin d’oeil à sa propre histoire et à son renouveau. 20 ans auparavant, c’est avec l’opéra de Puccini que reprenaient les représentations après le grand incendie qui a ravagé le théâtre en 1994.

La mise en scène et la scénographie profite de l’imaginaire visuel et poétique de l’artiste vidéaste espagnol Franc Aleu. Il transpose l’oeuvre dans un futur très personnel où le video mapping et la 3D sont omniprésents. Tout est lumière, tout est vie dans une Chine où règnent la mort et la vengeance.

 

 

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MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsARTE, dim 2 août 2020, 17h : Cosi fan tutte en direct de Salzbourg. Christof Loy, mise en scène. Joana Mallwitz, direction. Le festival autrichien né en 1922 maintient son édition malgré la crise sanitaire actuelle et affiche le dernier des opéras de la trilogie Mozart / Da Ponte : Cosi fan tutte, chef d’oeuvre révélé à Salzbourg justement dans les années 1920 par l’un des fondateurs du Festival, Richard Strauss. Ce Cosi est l’un des temps forts de Sazlbourg 2020 avec l’ELEKTRA du même Strauss par le provocateur déjanté délirant Warlikowski. Subtilité, nostalgie, cynisme… l’opéra de Mozart est aussi intitulée l’école des amants. Chacun pris dans le labyrinthe des cœurs, éprouve la cruauté des serments trahis, l’insouciance et la légèreté du désir… Au final qui aime qui ? Et pour combien de temps ? Un être semble tirer les ficelles, celui par lequel le pari initial a défier la constance des amants, Don Alfonso… à la fois vieux sage désabusé, et généreux mentor prêt à guider les épris trop naifs. En complicité, la servante avisée des deux jeunes napolitaines, victimes piégées de la farce, Despina assiste Alfonso dans son œuvre éducative. PRODUCTION A SUIVRE ET A VISIONNER sur le site d’ARTE ici :
https://www.arte.tv/fr/videos/098629-001-A/cosi-fan-tutte-de-mozart/

A l’été 2020, Salzbourg présente cette nouvelle production (6 représentations du 2 au 18 août 2020) avec deux chanteuses françaises, les mezzo soprano Lea Desandre (Despina) et Elsa Dreisig (Fiordiligi). Malgré leur jeune âge, auront-elle la fibre mozartienne ? Avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne, Bogdan Volkov (Ferrando, ténor), André Schuen (Guglielmo), Johannes Martin Kränzle (Don Alfonso), Marianne Crebassa (Dorabella)… Avant le direct à 16h, documentaire : « le grand théâtre du monde / Salzbourg et son festival ». Toutes les infos sur le site du Festival de Salzbourg / Festpielhaus Sazlburg 2020
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/cosi-fan-tutte

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APPROFONDIR

LIRE notre compte rendu et notre dossier COSI FAN TUTTE (à l’Opéra de Tours – octobre 2019) Pour Wolfgang, le propos devient « la scuola degli amanti / l’école des amants, avec pour devise générique « Cosi fan tutte » : elles font toutes pareil (autrement dit, toutes les femmes sont infidèles)…. COSI FAN TUTTE, Salzbourg 2020 en REPLAY jusqu’au 31 oct 2020

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-opera-tours-opera-le-4-oct-2019-mozart-cosi-fan-tutte-boudeville-feix-b-pionnier-g-bouillon/

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salzbourg vignette festivalARTE, dim 9 août 2020, 18h55. Karajan à Salzbourg en 1960. Premièrekarajan-box-warner-classics-maestro-chef-1948---1989-coffret-cd-review-cd-cd-critique du Chevalier à la rose / Der RosenKavalier dans une distribution de rêve, dans un Grand Palais des festival alors flambant neuf… Production légendaire filmée en 36 mn, d’une qualité photographique visionnaire. Avec Elisabeth Schwarzkopf (La Maréchale), Anneliese Rothenberger (Sophie), Otto Efelmann (Ochs). Documentaire 2020, 2h45mn. EN REPLAY jusq’7 sept 2020

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Dimanche 30 août 2020, 17h50
Salzbourg 2020, MAHLER : Symphonie n°6
Andris Nelson dirige ici le Wiener Philharmoniker dans la 6è symphonie « tragique » de Gustav Mahler, notre préférée, la plus personnelle et les plus intimes du compositeur et chef Gustav Mahler, qui fut directeur de l’Opéra de Vienne au début du XXè. En replay sur ARTE.TV jusqu’au 27 nov 2020.
Suite de l'odyssée MAHLER par l'Orchestre National de LilleCréée en 1906 à Essen sous la direction du compositeur, la Symphonie n° 6 en la mineur dite “Tragique” figure parmi ses Å“uvres les plus émouvantes. Si sa forme semble classique, son spectre expressif, lui, est impressionnant : imitation de sonnailles, cuivres furieux, coups de marteaux fatidiques – symboles d’un destin implacable – rythment une partition fiévreuse qui raconte le destin du héros, éprouvé, saisi par la force du destin. Si les autres symphonies de Mahler nous parlent de Rédemption (Symphonie n°2, « Résurrection » ; Symphonie des Mille n°8 exprimant la grâce…) la 6è ne laisse pas de nous laisser déconcerté par l’interrogation profonde qu’y formule le compositeur. L’homme confronté à sa destinée (maudite) peut-il être sauvé ?

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Dimanche 6 septembre à 18h, Arte
REQUIEM DE VERDI AU DÔME DE MILAN
Vague verdienne en juin 2014À l’occasion de sa réouverture, la Scala de Milan affiche le Requiem de Verdi, partition qui mêle sacré et opéra tant ici la force du choeur et le chant des quatre solistes égalent l’intensité dramatique de l’opéra. Le chef d’orchestre Riccardo Chailly, et les solistes Tamara Wilson, Elina Garanca, Francesco Meli et Ildar Abdrazakov rendent ainsi hommage aux victimes du coronavirus dans une région durement frappé par la pandémie depuis sa diffusion dès février 2020. Enregistré le 4 septembre 2020 à Milan.

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Dimanche 6 septembre à minuit (00h), Arte
Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau – Moments choisis de l’opéra ballet – Réalisation : François-René Martin Mise en scène : Clément Cogitore Chorégraphie : Bintou Dembélé Musique : Jean-Philippe Rameau Une coproduction : ARTE France / Opéra national de Paris / Telmondis / Mezzo (2019 – 1h51) Spectacle enregistré à L’Opéra national de Paris – Opéra Bastille en 2019 – EN REPLAY jusqu’ 31 août 2021

rameau dossier jean philippe dossier classiquenewsL’opéra-ballet de Jean-Philippe Rameau est revisité par Clément Cogitore, jeune plasticien qui signe là sa première et souvent maladroite mise en scène lyrique, privilégiant évidemment la danse au détriment de l’unité opératique, en coopération avec la danseuse chorégraphe Bintou Dembélé, danseuse de Hip-hop. Une danse urbaine parfois entraînante, mais mal fusionnée avec le chant comme l’action lyrique. Certes il s’agit d’un opéra ballet mais le traitement hip hop paraît souvent téléguidé, plaqué sans fusion réelle avec le terreau lyrique. La greffe n’a pas prise. La confusion règne souvent sur les planches. Enregistrée à l’Opéra de Paris en 2019, cette production souhaitée par l’ex directeur S Lissner, est ici proposée sous forme de « Moments choisis »; rythmée par les Å“uvres originales de deux street artistes. LIRE aussi notre compte rendu critique des Indes Galantes de Rameau par C Cogitore

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Vendredi 11 Septembre à 21h05
Mahler-symphonie-n8-des-mille-orange-choregies-juillet-2019-critique-concert-critique-opera-classiquenewsFRANCE 3 en direct du Théâtre Antique d’Orange. Musiques en fête – La rentrée en musique  -  Dans un contexte sanitaire si singulier, France Télévisions tenait à offrir au public une soirée musicale inédite avec des artistes en live, tous au rendez-vous pour célébrer la musique et permettre au plus grand nombre de s’évader le temps d’un concert. Présentée par Cyril Féraud et Judith Chaine, cette 10e édition réunit pour une rentrée musicale vivante, la troupe de chanteurs de Musiques en fête et les musiciens qui interpréteront les plus grands airs d’opéra, d’opérette, de comédies musicales, ainsi que des musiques traditionnelles et des chansons françaises, dirigés par Luciano Acocella et Didier Benetti.

Airs d’opéras de Verdi, Donizetti ou Bellini se mêlent à des airs cultes comme “Oh happy day !”, “Calling you”, “La Mélodie du bonheur”, ces incontournables interprétés en direct sur France 3 et en simultané sur France Musique, au cÅ“ur du célèbre théâtre antique d’Orange. Avec Florian Sempey, Thomas Bettinger, Claudio Capeo, Sara Blanch Freixes, Jérôme Boutillier, Alexandre Duhamel, Julien Dran, Julie Fuchs, Thomas Bettinger, Mélodie Louledjian, Patrizia Ciofi, Fabienne Conrad, Marina Viotti, Florian Laconi, Amélie Robins, Béatrice Uria-Monzon, Marc Laho, Jeanne Gérard, Anandha Seethaneen, Jean Teitgen…

Avec l’Orchestre national de Montpellier Occitanie
Le Chœur de l’Opéra de Monte Carlo, Chef de chœur : Stefano Visconti
La Maîtrise des Bouches-du-Rhône
Les élèves des classes CHAM du collège de Vaison la Romaine
Chorégraphies de Stéphane Jarny

Enfin, après leur prestation remarquée lors de l’édition 2019, les jeunes talents de Pop the Opera, réunissant une centaine de collégiens et de lycéens issus d’établissements scolaires de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, vont réinterpréter des extraits de chansons cultes. LIRE aussi notre présentation complète avec le programme précis dans notre sélection RADIO de septembre / Programme diffusé en direct sur France Musique

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Dimanche 13 septembre 2020, 17h10 : DEGAS et l’Opéra
danseuse-degas-opera-degas-al-opera-exposition-annonce-presentation-classiquenews-critique-explications-clesAu théâtre lyrique, le peintre Edgar Degas (1834 – 1917) qui détestait Wagner, c’est peut-être là son seul défaut, anlayse, observe, scrute les corps en mouvement. Non pas ceux des chanteurs acteurs, moins les instrumentistes en fosse (quoiqu’il joue des formes des instruments : crosses, archets, etc…), surtout ce qui passionne le peintre , quand même un peu voyeur, ce sont les danseuses. En 1868, il immortalise la danseuse Eugénie Fiocre interprète du ballet la Source, récemment remis à l’honneur de l’Opéra Garnier. Degas fréquente assidument l’Opéra de Paris, alors rue Le Peletier… Puis il croque au pastel, attitudes, contorsions bridant les corps, mouvements en groupe…, port de tête, arabesques des bras, des jambes, détail des mains. Aucun portrait sauf Fiovre au départ : que des attitudes… et des êtres qui souffrent, dans des compositions audacieuses, des cadrages photographiques. LIRE notre présentation DEGAS ET L’OPERA

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Dimanche 13 septembre à 18h15, Arte
450e anniversaire de la Staatskapelle de Berlin. L’un des plus anciens orchestres du monde, mais aussi l’un des plus renommés souffle ainsi son 450e anniversaire. La Staatskapelle de Berlin et le chef d’orchestre Daniel Barenboim jouent les œuvres de compositeurs ayant marqué l’histoire de l’orchestre, … Richard Strauss ou Ludwig van Beethoven. EN REPLAY sur Arte TV

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Dimanche 20 septembre à 18h50, Arte
LES JARVI Concert (Allemagne, 2019, 43mn) – Avec Paavo Järvi, Neeme Järvi, Kristjan Järvi, Maarika Järvi, Truls Mork, et l’Estonian Festival Orchestra – Réalisation: Holger Preusse, Isabel Hahn. La 9ème édition du « Pärnu Music Festival, » créé par les trois chefs estoniens : Neeme Järvi et ses 2 fils Kristjan et Paavo, en 2019, investit la ville portuaire estonienne. Partie d’Estonie en 1980 alors que le pays faisait partie de l’Union soviétique, la famille Järvi s’était réfugiée aux États-Unis et s’est depuis éparpillée dans le monde entier. Le festival, créé par Neeme Järvi et ses fils, Kristjan et Paavo, tous trois chefs d’orchestre, leur permet de retrouver leur pays d’origine et de partager un moment de complicité musicale. Maarika, la sÅ“ur de Kristjan et Paavo, est, elle aussi, présente comme flûtiste dans l’orchestre. Au programme : Birthday Korale NJ 80. Dirigée par Paavo, l’Å“uvre a été composée par Kristjan pour les 80 ans de leur père. Autre temps fort du festival : le Concerto pour violoncelle de Dvorak interprété par le violoncelliste norvégien Truls Mork.

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Dimanche 27 septembre à 18h35
Les grands rivaux en musique – Callas vs Tebaldi

TEBALDI-carre-portrait-tebaldi-renata-voce-d-angelo-complete-decca-recordingsElles étaient les deux divas les plus célèbres de leur époque, la presse les a dépeintes à tort comme deux rivales impitoyables : Maria Callas, la « tigresse », et Renata Tebaldi, la « voix d’ange ». Distinction réductrice qu’affectionnent les médias toujours à la pointe de caricatures extrêmistes propres à surprendre et saisir. Dans la réalité les deux divas n’eurent jamais à rivaliser car leur répertoire était différent, incarnant des héroïnes totalement opposées, chacune selon le tempérament et la couleur comme le caractère de leur voix respectives. Pour Callas, les figures tragiques et passionnées, à l’expressivité âpre et mordante : Lady Macbeth, Tosca, Norma, Carmen… Pour Tebaldi, la tendresse éthérée portée par un timbre claire et lumineux, « céleste » (Aida, Elisabeth de Valois, Amelia d’Un Ballo in maschera…ou La Wally). Dans leur vision de l’art lyrique comme dans leur vie privée, tout opposait les deux sopranos. Si Maria Callas est aujourd’hui considérée comme une chanteuse mythique, sa concurrente reste presque inconnue du grand public. Comment expliquer une telle différence ? Cette opposition entre les deux artistes était-elle bien réelle ? Entre Milan, Paris et New York, éléments de réponse en images et en musique. Le sujet du docu est-il bien fondé ? LIRE aussi notre présentation et critique du coffret cd Renata Tebaldi / Voce d’Angelo / DECCA

 

 

 

 

 

 

THAMOS, Roi d’Egypte de MOZART

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81ARTE. MOZART : THAMOS, Dim 1er mars, 00h40 / Le 18 mars 2020, 5h. Thamos, König in Ägypten, K. 345/336a (Thamos, roi d’Égypte) est inspiré du drame du baron franc maçon Tobias Philipp von Gebler. Mozart en compose la musique de scène dans le style de l’opéra italien mais chanté en allemand, entre 1773 et 1780. L’œuvre est d’abord créée en 1784. Achevée, la partition comprend 3 chÅ“urs, 4 entractes dans un style contrasté, vif, nerveux, propre au Sturm und drang, tempête et passion. S’y confirme un sens architectural symphonique et un souffle nouveau dans la conception des équilibres instrumentaux, une vigueur et une force conquérante qui préfigure ce que Wolfgang réussira dans l’opéra symphonique Idomeneo… En cours de correction, Mozart modifie, humanise le rôle du grand prêtre (préfiguration de Zarastro de La Flûte Enchantée). Le fils de Ramsès, Thamos doit être couronné mais l’ancien pharaon Menes qui a été destitué par Ramsès, souhaite se venger en imposant sa fille Tharsis, déguisée sous les traits de la déesse Saïs dont est épris Thamos. Le couple d’intrigants Phéron et Mirza tente de prendre le pouvoir. Thamos parvient à démasquer ses ennemis (Phéron et Mirza)… Mais comme dans La Flûte enchantée à venir, autre drame de passage selon les valeurs maçonniques, l’amour vainc tout. Et le grand Prêtre, siège de sagesse, peut marier Thamos et Tharsis.

 

ARTE, Les dimanches 1er mars 2020 (19h) puis dimanche 18 mars 2020, à 5h.

 

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VIDEO

 

 

Mozart: Thamos, King of Egypt | Kammerorchester Basel | Giovanni Antonini | Holger Kunkel – Une somptueuse version de Thamos sans chÅ“ur et sans solistes, qui restitue la force expressive de l’orchestre très “Sturm une Drang” et aussi le texte dramatique…

 

 

 

 

 

CD événement, critique. MOZART / JEAN MULLER : Sonates Vol.2 (1 cd Hänssler)

muller-jean-piano-hanssler-sonatas-mozart-review-annonce-cd-critique-classiquenewsCD événement, critique. MOZART / JEAN MULLER : Sonates Vol.2 (1 cd Hänssler – 2016) – Les 4 Sonates de ce vol 2, éclairent la prodigieuse vitalité inventive de Wolfgang, alors adolescent, souvent touché par la grâce, à Munich puis Mannheim… Ainsi se précise l’idéal des Lumières, celui préclassique et galant des années 1770 qui confirme le style européen de Mozart. C’est une écriture dont la perfection formelle souvent aimable et virtuose n’écarte ni profondeur ni sincère tendresse. Jean Muller, pianiste remarquablement articulé, d’une volubilité réjouissante, à l’acrobatie élastique aux milles nuances, poursuit ce qui s’annonce comme un intégrale des Sonates mozartiennes, après un vol 1 également édité chez Hänssler.

Respectons la chronologie mozartienne. Les Sonates munichoises du cd constituent un corpus de 6, celle écrites à Munich où Mozart séjourne avant Mannheim, vers 1774-1775. A 19 ans, alors sur le métier de La Finta Giardiniera, Wolfgang éblouit par la richesse de son inspiration qui explore et expérimente autant à l’opéra que dans le genre sonate.
La K 282 est l’une des plus facétieuses et enjouées, riche en surprises, et aussi en suspense (début du Menuetto). Mozart s’y révèle un frère artistique proche de l’humour de Haydn son ainé. Mais le début de l’Adagio placé en premier mouvement, surprend tout autant pas sa délicatesse pudique à laquelle la digitalité de Jean Muller apporte une fluidité bondissante et rafraîchissante qui donne l’impression d’une section scherzando comme improvisée.

 

 

 

 

Finesse, humour, virtuosité… les Sonates de Mozart régénérées…
Jean Muller, superbe mozartien

 

 

La K 279 trahit une conception encore baroque tardive dans l’écriture qui rappelle évidemment le clavecin et ses effets d’un flux non continu mais déroulé par séquences. Jean Muller réussit à équilibrer séduction digitale et subtilité expressive. Le charme et l’élégance qu’y déploient Mozart, restent emblématique de son raffinement naturel comme de sa prodigieuse versatilité (éclats de rire dans le premier Allegro ; plis et replis d’une pudeur préservée dans le chant lumineux et presque secret de l’Andante).

La K 284 couronne le cycle des 6 Sonates munichoises. C’est la plus longue et la plus redoutable techniquement. Son premier mouvement déploie une architecture et un souffle orchestral. Le mouvement lent est un Rondeau en polonaise, subtil et intérieur (le jeu déploie un velouté suggestif).
La volubilité et la versatilité de Mozart redoublent d’intensité, en particulier dans le mouvement final et ses 12 variations, miroir d’une inspiration virtuose et sans limites qui sur le rythme d’une gavotte faussement badine, enchaîne les acrobaties les plus audacieuses. L’imagination de Mozart va plus loin encore qu’auparavant ; le pianiste libère toutes les facettes d’une prodigieuse inventivité (finesse éthérée, voire céleste de la variation 11, Adagio cantabile). Toutes les ressources de la technique et de l’écriture visent la sincérité et atteignent à une justesse de ton, jamais artificielle.

Mozart_1780Comme un concentré d’équilibre, Jean Muller place en ouverture de son programme la très aimable Sonate K 311. En 1777, Mozart apprend et assimile les caractères de l’école de Mannheim : nervosité, expressivité, élégance et flexibilité, surtout intense dramatisme qui explique combien l’écriture orchestrale et aussi comme ici pianistique, s’y trouve proche de … l’opéra. Dans sa vie personnelle, Mozart trouve à Mannheim, l’amour, au contact de la famille Weber, d’abord épris de Aloysia, puis de sa sœur Constanze, sa future épouse. Energie, exaltation, profondeur et tendresse s’entendent dans la K 311: souffle orchestral du premier mouvement ; duetto amoureux de l’Andante con espressione ; ivresse dansante du Finale. Jean Muller cisèle en particulier l’articulation des climats du Rondeau final (Allegro) dont il exprime avec une précision quasi électrique la diversité des séquences ; la palette expressive s’embrase mais toujours avec une élégance intérieure réjouissante. L’agilité mozartienne, sa volubilité virtuose se manifestent clairement de l’un à l’autre mouvement. Et l’interprète grâce à une articulation qui soigne les phrasés (admirable suspension millimétrée des reprises et des fins de phrases), insuffle un idéal d’élégance tout au long d’un jeu pourtant expressif et très contrasté. Pétillant et flexible.
CLIC D'OR macaron 200Ce recueil est une grande réussite. Jean Muller se montre un orfèvre du style et de la nuance. Goût maîtrisé du risque ; comme nous l’avons souligné beauté des phrasés souverains ; flexibilité ronde et facétieuse, préservent ici l’urgence, la profondeur, la passion. Ce Mozart est aussi tendre, intense que mûr et ambitieux. Passionnant. On attend la suite avec impatience. Parution : février 2020.

 

 

 
 

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CD événement, critique. MOZART / JEAN MULLER : Sonates Vol.2 : K 311, K 282, K 279, K 284 (1 cd Hänssler – enregistrement réalisé à Luxembourg, août 2016) – CLIC de classiquenews de février 2020.

 
 

LIRE AUSSI notre dépêche annonce du cd MOZART VOL 2 par Jean MULLER (Hänssler)

 

 
 

 

LIRE AUSSI notre ENTRETIEN avec JEAN MULLER

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Les noces de l’humour et de l’élégance

 

 

ENTRETIEN avec JEAN MULLER, piano. A l’occasion de son 2è volume des Sonates de Mozart édité par Hänssler (février 2020), le pianiste luxembourgeois Jean Muller répond aux questions de CLASSIQUENEWS. L’intégrale en cours et qui comprendra à l’horizon 2022 (printemps) 5 volumes, s’annonce déjà comme une version de référence, tant par la justesse des intentions poétiques, que l’éloquence articulée que sait y déployer l’interprète. Jean Muller a raison de souligner combien le classicisme de Mozart à Vienne incarne un âge d’or esthétique, où la forme fusionne avec le sens. Rien n’est donc purement décoratif ici. Et malgré son jeune âge, Wolfgang bouleverse à bien des égards. C’est bien le propre du pianiste que d’éclairer ici, sur son propre Steinway D, la sincérité et la profondeur sous le masque de l’invention et aussi de la facétie. Entretien pour classiquenews.

 

 

 
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Illustrations : portrait de JEAN MULLER © Kaupo Kikkas
 
 

 

 

CD événement, annonce. MOZART : JEAN MULLER, piano (Sonates K311, K282, K279, K284 – 1 cd Hänssler)

muller-jean-piano-hanssler-sonatas-mozart-review-annonce-cd-critique-classiquenewsCD événement, annonce. MOZART : JEAN MULLER, piano (Sonates K311, K282, K279, K284 – 1 cd Hänssler). Serait ce l’une des intégrales les plus convaincantes de la décennie ? Après un premier volume édité aussi chez Hänssler, le pianiste Jean Muller récidive dans ce VOL 2 dédié aux Sonates de Mozart. La nouvelle donne confirme les affinités exceptionnellement inspirées de l’interprète dans le répertoire choisi. Le choix des partitions éclaire la période où en 1777 le compositeur salzbourgeois rencontre la famille Weber et apprend les rudiments de l’école de Mannheim, n’écartant aucun effet dramatique (K331). Orchestrales et mêmes opératiques, les Sonates ainsi abordées regorgent de vitalité contrastée, de facétie aussi (ce qui renvoie à Haydn) mais le propre de Jean Muller est d’accorder à chacune une respiration particulière qui revivifie leur chant avec nuances et flexibilité. A la fois détaillé et précis, le jeu pianistique rétablit chaque accent de la langue dans la continuité de la phrase et dans une respiration qui la traverse avec naturel. Jean Muller aime articuler et jouer aussi, sachant éclairer de l’intérieur et comme peu avant lui, cette urgence mozartienne d’une élégance souvent irrésistible. Le feu mozartien, son humour embrasent tout, exigeant ailleurs, dans la très longue et Munichoise Sonate K284 (qui conclut le présent récital), une virtuosité clairsemnée d’éclats poétiques, comme le superbe Rondeau en polonaise qui est son mouvement lent, tandis que l’ultime mouvement, de plus de 15mn, explore (déjà avant Beethoven), toutes les possibilités expressives et formelles du principe, « thème puis variations », avant un appétit et une santé, confondants. Prochaine grande critique dans le mag cd de classiquenews, à venir mi février 2020. A suivre.

 

 

 

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VOIR

Le reportage vidéo JEAN MULLER joue les Sonates de Mozart VOL 1 (Hänssler) – 10’15

https://www.youtube.com/watch?v=F9dmV3Z1Bt8

Nouveau Cosi fan Tutte à Nice

NICE, Opéra. Mozart : COSI FAN TUTTE, 17 – 23 janv 2020. Le dernier opéra de Mozart conçu avec Da Ponte est un dramma giocoso en deux actes ; le livret reprend le thème d’un ouvrage précédent composé par un Salieri très en verve et vrai rival de Mozart à Vienne : l’école des jaloux / La Scuola degli Gelosi chez Salieri (Venise, 1779) devient l’école des amants chez Mozart et Da Ponte ; la musique de Wolfgang exprime les vertiges du cÅ“ur humain, la puissance du désir et des attractions dangereuses. Ici le cynisme et la sagesse lucide, celle de Don Alfonso, vieux séducteur qui connaît le cÅ“ur humain, éveille les consciences des trop naifs jeunes amants, Gugielmo le baryton et Ferrando le ténor. Alfonso a t il raison de déclarer les femmes volages et infidèles ? Qui sera fidèle aux serments passés ? Il suffit que passent deux beaux orientaux et tout éclate ; les couples du début ne seront plus ceux de la fin… entre temps, les amants auront appris la leçon sans artifice d’un philosophe amoureux trop conscient des lâchetés du cÅ“ur…
La production niçoise réunit plusieurs jeunes interprètes à suivre. Sous la baguette de Roland Böer, Hélène Carpentier (lauréate du dernier Concours Voix Nouvelles, ici Despina) ; la pulpeuse et pétillante soprano Anna Kasyan (Fiordiligi) et Carine Séchaye (Dorabella), ainsi que de Roberto Lorenzi (Guglielmo) et Pierre Derhet (Ferrando) et Alessandro Abis (Don Alfonso).

salieri scola degli gelosi opera buffa classiquenews cd review critique cd classiquenewsApprofondir : LIRE notre critique CD La Scuola degli Sposi de Salieri, chef d’oeuvre méconnu de l’époque des Lumières…  Sous étiquette DHM, cette « école des jaloux » / Scuola de’Gelosi de Salieri (qui annonce l’école des amants, ou Cosi fan tutte de Mozart plus tardif) mérite assurément le meilleur accueil comme il confirme le talent désormais bien installé d’un chef et de son ensemble parmi les nouveaux défenseurs des répertoires baroques, classiques, préromantiques… Voici sans conteste un nouveau joyau lyrique révélé grâce au chef Werner Ehrhardt et son ensemble L’Arte del Mondo; les musiciens poursuivent ainsi un partenariat discographqiue avec DHM / Sony classical, plutôt bénéfique. CLASSIQUENEWS avait distingué d’un CLIC précédent, la Clemenza di Tito (non de Mozart mais de Gluck, enregistré deux ans auparavant en 2013). On retrouve ici, la même pétillance, la poursuite d’un esprit flexible et enjoué qui s’avère des mieux expressifs sur la scène comique ; à l’acuité expressive de l’orchestre répond la fine caractérisation des solistes, soucieux d’articulation, ambassadeurs d’un réalisme théâtral qui réjouit.

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boutonreservation4 dates à l’Opéra de Nice
17, 19, 21, 23 janvier 2020
RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.opera-nice.org/fr/evenement/489/cosi-fan-tutte

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Fiordiligi : Anna Kasyan
Dorabella : Carine Séchaye
Guglielmo : Roberto Lorenzi
Ferrando : Pierre Derhet
Despina : Hélène Carpentier
Don Alfonso : Alessandro Abis

Orchestre Philharmonique de Nice
Chœur de l’Opéra de Nice
Direction Musicale : Roland Böer

Mise en scène et lumières : Daniel Benoin

 

 

 

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Présentation par l’Opéra de Nice / Côte d’Azur :

Opera buffa en deux actes K 588
Livret de Lorenzo Da Ponte
Création au Burgtheater de Vienne le 26 janvier 1790
Chanté en italien, surtitré en français
Nouvelle production en coproduction avec Anthéa Théâtre d’Antibes

« Così fan tutte », « Elles font toutes ainsi », prétend cyniquement Don Alfonso devant ses jeunes amis. Entendons : « Elles nous seront toutes infidèles ». Bien sûr, Ferrando et Guglielmo protestent de la constance de leurs compagnes.  L’intrigue s’engage, suivant les conventions théâtrales du temps : ils annonceront leur départ à la guerre, puis reviendront sous l’apparence de soldats albanais, chacun essayant de séduire la maîtresse de l’autre.

On raconte que l’Empereur Joseph II lui-même, amusé par l’histoire de deux officiers qui avaient échangé leurs femmes, souffla le thème de Così fan tutte à Mozart et à son librettiste, l’abbé Da Ponte. Mais cet opéra, à la saveur douce-amère, à la fois léger et désespéré, va bien au-delà de l’anecdote qui ne fait guère honneur aux hommes. Les quatre protagonistes passent par l’indignation, la pitié, le libertinage, la résignation, les déchirements du cÅ“ur, la colère, jusqu’à ce que les masques tombent et que les couples se reforment, leurs illusions perdues…
Homme ou femme, qui n’a pas été partagé entre sa fidélité, son sens du devoir et le désir, entre l’amour et les appétits du corps ? C’est le dilemme de cette Scuola degli amanti, cette « école de ceux qui aiment ».

LIVRE jeunesse : MONSIEUR MOZART : C Norac, M Dorléans, F Morel (Didier Jeunesse)

didier jeunesse monsieur mozart norac dorleans critique livre jeunesse classiquenews 9782278089307-001-TLIVRE jeunesse : MONSIEUR MOZART : C Norac, M Dorléans, F Morel (Didier Jeunesse). C’est un voyage magique au seul pays qui intéresse Wolfgang Amadeus MOZART : la musique. Le lecteur y découvre « un grand génie et une petite voix, trois larmes et dix rires, une sorcière et une amoureuse, des opéras du soir et une petite musique de nuit, un papillon et beaucoup d’étoiles… ». Le texte de Carl Norlac est émaillé de vraies petites anecdotes, parfois farfelues, souvent emblématique du génie hors normes de Mozart. Mozart jeune et virtuose qui compose dès 4 ans.., Mozart et sa sœur Nannerl, jeunes musiciens en tournée et en voyage, Mozart à Versailles, à Londres… Mozart sur tous les chemins et dans nos cœurs enchantés… Sur le rythme trépidant des Noces de Figaro (ouverture dans une version nerveuse et dynamique sur instruments d’époque), le texte fait toute sa place à la féerie, la facétie, l’élégance touchée par le grâce… celle du 21ème Concerto pour piano et orchestre. Voici chaque étape de la vie d’un virtuose habité, un brin décalé, devenu un génial compositeur. L’immersion est très réussie grâce à l’impertinence et l’intelligence du texte dit par François Morel, et aussi grâce au dessin de Marie Dorléans, fin et nerveux, qui colle parfaitement à la vision à la fois fugitive et trépidante du divin Wolfgang dont la vie a traversé le temps et l’histoire comme une comète.

LIVRE jeunesse : MONSIEUR MOZART : C Norac, M Dorléans, F Morel (Didier Jeunesse) – Parution : oct 2019 – format : 27,4 cm x 27, 4 cm – 48 pages – EAN :  9782278089307

PLUS D’INFOS sur le site Didier Jeunesse
https://didier-jeunesse.com/collections/livres-disques-grands-compositeurs/monsieur-mozart-9782278089307

COMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 16 déc. 2019. MOZART et l’OPERA ! LIBERTA. Pygmalion. R. Pichon.

Mozart-portrait-chevalier-clemence-de-titus-idomeneo-mozartCOMPTE-RENDU, concert. TOULOUSE, le 16 déc. 2019. MOZART et l’OPERA ! LIBERTA. Pygmalion. R. Pichon. Raphaël Pichon poursuit son exploration des coulisses des grands compositeurs comme il aime à le raconter. Après Bach et Rameau le voici habité par la fougue mozartienne. Nous avions admiré son extraordinaire interprétation du Requiem de Mozart au sein d’un spectacle complet associant d’autres partitions vocales ou instrumentales en un spectacle porteur d’une immense émotion.  Lire notre chronique : Compte-rendu. Concert. Toulouse, le 14 mars 2018. MOZART:Requiem. Pygmalion / Pichon. Ce soir l’intelligence de la construction du programme subjugue. L’énergie musicale partagée est rare ; l’allégresse qui gagne le public, un diamant. Débutant le concert sans cérémonie mais en faisant passer les artistes du statut pose lors d’une répétition à celui du cérémonial du concert petit à petit. Le canon débuté par une soprano, puis l’autre puis par la mezzo prépare l’oreille à la plus grande beauté. Car ce qui est frappant est la qualité musicale, instrumentale comme vocale de chaque pièce du programme. Raphaël Pichon donne une impulsion dramatique d’une terrible efficacité.

 

 

 

Viva MOZART ! Viva Pichon !

 

 

 

L’orchestre est le personnage principal du théâtre mozartien et quel orchestre ! L’ensemble Pygmalion sur instruments anciens a des couleurs d’une grande beauté ; il est capable de nuances très délicates et surtout sous la direction inspirée de Raphaël Pichon, il a des phrasés toujours d’une absolue élégance. Les chanteurs ont tous des voix saines, jeunes,  bien projetées et un style élégant qui convient bien à Mozart. Car le divin Mozart adorait les voix, nous le savons et dans cette période qui précède la trilogie Da Ponte, il écrit pour les voix qu’il admire et qu’il aime des airs d’une beauté totale. Peut être bien ses plus beaux airs de concerts.
Les extraits d’opéras peu connus sont merveilleux, les Canons enrichis par les bassons et les clarinettes sont des moments de grâce totale. Le public est saisi par le charme de cette organisation musicale. Quelques récitatifs des oeuvres tardives font lien dans une dramaturgie qu’il est tout à fait facile de suivre.

D’abord il est question des Noces de Figaro, puis de Cosi et enfin de Don Juan. Il est ainsi flagrant de constater combien Mozart portait en lui sa propre idée des émotions humaines mises en musique depuis longtemps avant de trouver dans les trois livrets de Da Ponte,

le miracle qu’il attendait avec des personnages de chair et de sang qu’il a habillés de la plus belle musique. Il serait ingrat de détailler les chanteurs tous admirables, capables de nuances d’une infinie douceur, et tous acteurs très engagés. L’émotion est bien souvent présente, la joie, la peine, la nostalgie ou … la reconnaissance. Tous beaux, doués et heureux, les chanteurs diffusent un sentiment de plénitude, de délicatesse et d’efficacité dramatique tout à fait rare même sur une scène d’opéra. Nous sommes très  intéressés par le projet de Raphaël Pichon qui entend interpréter les opéras de la trilogie Da Ponte. Il peaufine ses distributions, dans un vivier  de voix jeunes qui ne peut que faire merveille le temps venu.  Ce programme LIBERTA a été enregistré en deux CD et la distribution est presque à l’identique. Le programme a un peu bougé mais reste très proche.
Raphaël Pichon est un immense musicien qui sait s’entourer de grands talents. Il me fait penser à un certain John Eliot Gardiner qui dès ses débuts, a fait une carrière magnifique et qui n’a jamais démérité dans quelque répertoire que ce soit. Ce concert a été un grand moment de musique tout à fait digne des Grands Interprètes. La valeur n’attend point le nombre des années, nous le savons depuis longtemps…. Le public fait fête à une telle équipe soudée, le succès a été retentissant.

 

 

  

 

 

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Compte rendu concert. Toulouse. Halle-aux-Grains, le 16 décembre 2019. Wofgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Extraits d’opéra, airs de concerts, Canons. Mari Eriksmoen, Siobhan Stagg :Sopranos ; Adèle Charte : mezzo-soprano ; Linard Vrielink : ténor ; John Chest : baryton ; Nahuel Di Pierro : Basse ; Pygmalion, choeur et orchestre ; Raphaël Pichon:  direction. 

 

 
 

 

 

COMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. J RHORER / J GRAY

Mozart-portrait-chevalier-clemence-de-titus-idomeneo-mozartCOMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. J RHORER / J GRAY. On l’attendait comme le loup blanc, mieux : comme le nouveau messie venu (enfin) renouveler le genre lyrique passablement éreinté par de faux metteurs en scène. Qu’allions nous alors (re)découvrir dans ces Nozze miraculeuses où brûle le désir et se consume l’amour en une transe collective, à la fois nostalgique et facétieuse ? Qu’apporte réellement à l’opéra, le cinéaste James Gray, lui qui à 50 ans, très marqué par le style intello esthète de l’Actor studio, a marqué le cinéma américain depuis une décennie, grâce à des cadrages et une photographie qui citent souvent … la modernité inusable d’un Degas ? En réalité… une (trop) sage mise en mouvement d’un incomparable chef d’œuvre. Et si la musique trop divine de Wolfgang rendait le défi de la représentation, définitivement stérile ? La proposition de James Gray nous paraît objectivement moins pertinente qu’au cinéma. Mais cela aurait pu être pire et tourner au détournement spatial de la part du récent réalisateur d’Ad Astra. Pourtant ayant encore vu récemment The city of Z, dont l’action inscrite de la forêt amazonienne (bolivienne) fait paraître comme d’un songe, une représentation de Cosi fan tutte, nous espérions être surpris, tout au moins touchés par le spectacle annoncé comme majeur par le TCE…

 
 

 
 

GRAY UN PEU GRIS…

  

 

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SAINE MAIS SAGE FIDELITÉ AUX TEXTES… Architecture méridionale vaguement sévillane au I ; costumes outrageusement espagnols (Lacroix) ; situations dramatiques respectueuses du livret assez sage de da Ponte, du moins plus bourgeoises que révolutionnaires de la source Beaumarchais. On est parfois même dans un pastiche kitch d’un XVIIIè exacerbé, un rien pétaradant. La vogue Marie-Antoinette, vomissant ses mouches, ses rubans et ses macarons…, sévit toujours. La lecture politique du conflit entre le Comte Almaviva qui fait valoir son droit de cuissage / jambage, et son valet Figaro, fiancé défenseur de sa future épouse Suzanne, reste une affaire strictement domestique. Observateur de la réalité, voire analyste sans l’avouer, Gray prolonge du cinéma à l’opéra, son perfectionnisme visuel presque maladif. Il agrémente la vérité des séquences grâce à quelques objets / accessoires qui disent tout, clairement, synthétiquement: miroir, guitare… qui passant de mains en mains déterminent l’idée des réseaux et des conspirations (féminines) contre le despote Almaviva. Même dans les replis de cette action fermée, entre maîtres et serviteurs, l’américain apporte une lecture pointilliste et plutôt classique qui s’intéresse de près à chaque mouvement des corps, chaque geste, toujours très signifiants. Un travail d’acteurs… de cinéma.

PLATEAU UN PEU TIEDE… Gorge serrée et naturel en berne, le Comte Almaviva de Stéphane Degout a l’intelligence d’enrichir son personnage en évitant la caricature. Le despote est moins brutal et grossier qu’ailleurs. Ouf. Profonde voix suave, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni apporte la touche de féminité complémentaire, habitée quoique parfois trop languissante, que transforme enfin, une tenue vocale très claire et lumineuse. La voix exprime le sentiment et c’est tant mieux : en l’occurrence, l’ennui et la nostalgie d’une épouse délaissée (et trompée) quoiqu’encore jeune.
Le Figaro de Robert Gleadow occupe tous les espaces et potentialités du personnage : comédien autant que chanteur, la technique a quand même du mal à canaliser un trop plein de puissance et de vibrato. Bref un acteur dévoilé, mais un chanteur très peu mozartien. Même le jeune talent attendu ici, la soprano Eléonore Pancrazi fait un Cherubin peu fluide, qui se cherche encore…
Bientôt Platée chez Rameau, le ténor percutant comme une trompette mais nuancé comme le diseur baroque qu’il est, et magnifiquement, éblouit par contre en Basilio : sorte de lâche insolent, canaille frustrée mais persiflante à souhait. Le chanteur français, lui, manifeste un plaisir évident dans le jeu théâtral, d’autant qu’ici moyens et intentions sont idéalement justes.

 

 

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Chef aux mouvements carrés mais vifs, et orchestre (sur instruments d’époque) réalisent un Mozart nuancé mais comme fonctionnarisé ; qui manque de respiration comme de souffle ; sans guère de surprise. A croire qu’une certaine âpreté ciselée par Harnoncourt n’a jamais existé ? Classique, méticuleusement respectueuse des didascalies et indications de da Ponte, cette production cinématographique de James Gray fonctionne de toute évidence. Elle ne marque pas non plus les esprits. C’est un peu tiède et trop sage.

 

 
 
 

 
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COMPTE RENDU, critique, opéra. PARIS, TCE, le 27 nov 2019. MOZART : Les Noces de Figaro. Opera biffa en quatre actes K. 492. Livret de Lorenzo Da Ponte, d’après La Folle journée ou Le Mariage de Figaro de Beaumarchais.

Direction musicale : Jérémie Rhorer.
Mise en scène : James Gray.

Scénographie : Santo Loquasto. Costumes : Christian Lacroix. Lumière : Bertrand Couderc.

Avec Anna Aglatova (Suzanne),
Robert Gleadow (Figaro),
Stéphane Degout (le comte Almaviva),
Vannina Santoni (la comtesse Almaviva),
Éléonore Pancrazi (Chérubin).

 

 

 

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Photos / illustrations © Vincent Pontet / TCE service de presse

James GRAY met en scène les Nozze de Mozart

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81PARIS, TCE. MOZART: Nozze par James GRAY, 1er nov – 8 déc 2019. Le cinéaste américain James Gray, bien connu pour soigner en particulier le profil psychologique de ses personnages, comme le tableau final qui les abandonne à leur destin, réussira-t-il à renouveler notre perception des Nozze de Figaro de Mozart et Da Ponte, eux-même inspirés par Beaumarchais ? Dans le trop court film d’annonce, édité sur le site du TCE, James Gray explique pourquoi il a dit oui à cette aventure qui l’éloigne du cinéma, son territoire naturel. Lunettes d’intellos, faux air de mal rasé sorti de son lit, – en réalité très new-yorkais, mais passionné par l’opéra, le réalisateur veut rendre hommage à une partition et une pièce lyrique qu’il trouve « presque parfaite »…

GRAY, de l’espace à l’opéra
Né en 1969 (il a eu donc 50 ans en avril 2019), l’américain (d’origine ukrainienne) né à New York, James Gray met en scène Les Noces de Figaro du do mythique Mozart et Da Ponte. Adolescent, il a déserté les bancs de l’école pour occuper la rangée de fauteuil au cinéma, connaissant toutes l’histoire du genre et se passionnant aussi pour la littérature russe (Dostoievski en particulier et aussi Tolstoi) : il adapte au cinéma le sens d’une narration souvent épique, mais a le souci de la psychologie intime : ce qui le place comme le plus européen des réalisateurs américains.

Première au TCE, Paris

James Gray met en scène MOZART

De la psychologie autant que de l’action. Le réalisateur s’est taillé une très solide réputation au cinéma avec des films devenus cultes : Little Odessa conçu à 25 ans en 1994 et qui remporte le lion d’argent de Venise (chronique noire et familiale dans un quartier dont il a parfaitement connu l’ambiance et les dangers ; The Yards (2000, autre épisode noir qui décrit la maffia newyorkaise) ; la nuit nous appartient (2007), Two lovers (2008), surtout The Immigrant (2013 dont l’héroïne incarnée par Marion Cotillard évoque la lente descente aux enfers d’une jeune polonaise débarquant à New York) ; puis c’est le chef d’œuvre absolu, illustration d’un rêve personnel et esthétique qui adapte The Lost City of Z (2016), dramaturgie progressive qui comme dans The Immigrant, converge peu à peu vers l’éblouissement saisissant du dernier tableau, véritablement composé comme une peinture d’histoire. Aucun doute alors, James Grey est non seulement un grand narrateur, c’est aussi un esthète. Puis en 2019, le cinéaste renouvelle le genre SF depuis Alien, avec Ad Astra (vers l’étoile). Moins connu (et compris) aux USA qu’en Europe, James Gray a la passion de l’opéra. Réussira-t-il son premier coup à Paris en décembre prochain ? A t il la fibre mozartienne ?

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PARIS, TCEboutonreservation
29 nov , 1er, 3, 5, 7, 8 décembre 2019
6 représentations
Infos et réservations
https://www.theatrechampselysees.fr/la-saison/opera-mis-en-scene/les-noces-de-figaro

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DISTRIBUTION
Glysleïn Lefever: chorégraphie
Christian Lacroix: costumes
Bertrand Couderc: lumière
Anna Aglatova: Suzanne
Robert Gleadow: Figaro
Stéphane Degout: Le Comte Almaviva
Vannina Santoni: La Comtesse Almaviva
Eléonore Pancrazi: Chérubin
Carlo Lepore: Bartolo
Jennifer Larmore: Marceline
Florie Valiquette: Barberine
Mathias Vidal: Basilio
Matthieu Lécroart: Antonio
Rodolphe Briand: Curzio

Le Cercle de l’Harmonie
Unikanti :  Gaël Darchen, direction

Jérémie Rhorer: direction
James Gray: mise en scène
Santo Loquasto: scénographie

Opéra chanté en italien, surtitré en français et en anglais
Durée de l’ouvrage 2h40 environ

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mozart wolfgangMozart suit les pas de Beaumarchais : il n’oublie rien des enjeux de chaque protagoniste, 5 entités parfaitement caractérisées ; ni le contexte français de la Révolution qui couve : un climat de rébellion et de liberté à tout craint qui exalte les désirs et les pulsions de chacun… Voilà pourquoi tout tend ici à l’implosion, en particulier des codes d’une société (celle monarchiste) passablement inégalitaire et injuste. Tous sans exception souffre : les valets, Suzanne et Figaro, soumis à des règles éculées qui les renvoient toujours à leur « bassesse » sociale ; le Comtesse jouisseur invétéré qui comme Don Giovanni, « tourne en rond » ; la Comtesse son épouse, aussi frustrée, abandonnée que négligée…

Outre les défis et les attentes que suscitent le choix d’un metteur en scène de cinéma dans la réalisation de cette nouvelle production, le chef requis, mozartien diversement apprécié chez Mozart, Jérémie Rhorer poursuit son approche du théâtre mozartien au TCE (après Idomeneo, La Clémence de Titus, Cosi fan tutte et Don Giovanni, ces nouvelles Nozze sont donc le cinquième opus dirigé avenue Montaigne, avec son ensemble Le Cercle de L’Harmonie sur instruments d’époque). Mais autant « d’expérience » saurait-elle égaler l’excellente et récente maîtrise mozartienne d’un autre chef Mathieu Herzog et son fabuleux collectif Appassionnata (révélés dans une fabuleuse triologie symphonique, porutant très délicate; les 38, 39 et 40èmes symphonies de Mozart, cimes orchestrales pour tout chef digne de ce nom ?
Parmi les chanteurs à suivre particulièrement, la Comtesse de la soprano Vannina Santoni, déjà remarquée à l’Opéra de Tours (XX), dans un récital Beethoven et Mozart avec le Palais royal (le temps des héros)… La chanteuse saura-t-elle exprimer toute le désarroi et la solitude de Rosina, hier courtisée par Belfiore, aujourd’hui devenue épouse délaissée ? De même, le Cherubin de la pétillante Eléonore Pancrazi dans le rôle de Cherubin…

Vendredi 22 novembre 2019, 18h30
Rencontre avec Erik Orsenna, auteur de Beaumarchais, un aventurier de la liberté, Jérémie Rhorer, directeur musical, James Gray, cinéaste et metteur en scène, Frédéric Bonnaud, directeur général de la Cinémathèque française.

Entr̩e libre РInscription obligatoire ICI
https://billetterie.theatrechampselysees.fr/selection/event/date?productId=101500458435

France Musique diffuse cet opéra le 28 décembre à 20h

VENTES, marché de l’art. CHRISTIE’S met en vente un portrait de MOZART adolescent (1770) le 27 novembre 2019

mozart-adolescent-portrait-classiquenews-Ecole-de-Verone---Portrait-de-Mozart-à-l'âge-de-13-ans---€800,000-1,200,000-VENTES, marché de l’art. CHRISTIE’S met en vente un portrait de MOZART le 27 novembre 2019. La maison Christie’s à Paris propose à la vente ce 27 nov 2019, un exceptionnel portrait de Wolfgang Amadeus Mozart provenant de la collection du pianiste Alfred Cortot dont la collection a été dispersée préalablement chez Christie’s aussi le 7 octobre dernier (chiffre d’affaires global : 1.340.OOO euros).

Concernant la vente annoncée ce 7 novembre 23019, il s’agit d’un rare portrait du jeune prodige, Wolfgang Amadeus Mozart à l’âge de treize ans, attribué au maître véronais Giambettino Cignaroli. C’est l’une des quatre seules représentations du compositeur peintes de son vivant encore dans une collection privée. Il est documenté avec précision, mentionné dans une lettre du père de Wolfgang, Léopold Mozart à son épouse le datant du 6-7 janvier 1770. Le portrait fut redécouvert en 1865 par Léopold von Sonnleithner, grand ami et mécène de Beethoven et Schubert. Sa popularité s’est accrue tout au long du XIXe siècle, en partie grâce à la large diffusion de la gravure de Lazare Sichling, dans laquelle il a pris l’image du modèle et l’a placée dans un format ovale, retirant les objets qui l’accompagnaient. Estimation : 800.000 – 1.200.000 euros.

 

 

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Le portrait attribué à Giambettino Cignaroli connut un succès immédiat. La Gazetta di Mantova publie le 9 janvier 1770 un compte-rendu du concert d’orgue livré par Mozart le 5 et qui suscita l’admiration de tous. Elle n’oublie pas de mentionner le portrait du jeune prodige, peint seulement quelques jours auparavant, tout en rappelant que Lugiati en est bien le commanditaire. Ce dernier en parle également dans une lettre qu’il écrit à la mère du musicien, le 22 avril de cette même année, en rappelant combien il compte parmi les admirateurs de Wolfgang, à tel point qu’il a fait réaliser ce portrait d’après nature, une œuvre qui représente, selon lui, une source de réconfort et une invitation à retourner éternellement vers sa musique. Sa redécouverte en 1856 par Leopold von Sonnleithner, grand ami et mécène de Beethoven et Schubert, n’en est que plus significative.

 

 

 

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Vente exceptionnelle chez CHRISTIE’S, PARIS, jeudi 7 novembre 2019
Visitez le site de Christie’s :  https://www.christies.com/ 

 

 

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COSI FAN TUTTE de MOZART à l’Opéra de TOURS

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
reprise 2014

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Th̢̩tre РSalle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

Opéra de TOURS : Cosi fan tutte de Mozart

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

 

 

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Th̢̩tre РSalle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

METZ Cité Musicale : Concert inaugural de la saison 2019 2020. David Reiland joue BERLIOZ

reiland-david-chef-maaestro-orchestre-national-de-metz-critique-concert-critique-opera-classiquenewsMETZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metzMETZ, Arsenal. Le 13 sept 19 : Mozart, Berlioz. D. Reiland. Concert symphonique d’ouverture de la nouvelle saison 2019 2020. L’orchestre maison ouvre le grand bal musical de sa nouvelle saison 2019 2020 : sous la direction du chef David Reiland, nouveau directeur musical in loco, le programme promet d’être à la fois généreux et orchestralement passionnant. En septembre 2019, Metz est ainsi à la fête, grâce au premier concert symphonique de septembre. Au programme, grand bain orchestral avec le dernier MOZART, virtuose de l’écriture orchestrale et d’une furieuse invention dans un triptyque ultime que les plus grands chefs ont pris soin d’aborder avec la profondeur et l’énergie requise et dont David Reiland nous propose le volet final, la Symphonie n°41 dite « Jupiter » : véritable manifeste de l’éloquence et de la souveraineté orchestrale, traversé dès son premier mouvement par un feu romantique irrésistible. A cette source, s’abreuve Beethoven, l’inventeur de l’orchestre romantique avec MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsBerlioz. Apothéose conclusive, le dernier morceau fugué, lumineux et victorieux, semble synthétiser tout ce que véhicule l’esprit des Lumières. Mais le directeur musical du National de METZ célèbre aussi, aux côtés de Mozart, l’année BERLIOZ 2019 : il nous réserve une nouvelle lecture de sa Symphonie avec alto, « Harold en Italie » de 1834. Berlioz , jamais en reste d’une nouvelle forme, y réinvente le plan symphonique avec instrument obligé. Dans Harold, il prolonge de nombreuses innovations inaugurées dans la Symphonie Fantastique de 1830, mais s’intéresse surtout à redéfinir la relation entre l’instrument soliste et la masse de l’orchestre : pas vraiment dialogue, ni confrontation ; en réalité, c’est une approche « picturale », l’alto apportant sa couleur spécifique dans la riche texture orchestrale, fusionnant avec elle, ou se superposant à elle… Comme toujours chez Berlioz, l’écriture symphonique sert un projet vaste et poétique, où l’écriture repousse toujours plus loin les limites et les ressources de l’orchestre monde. Concert événement.

 

 

A Metz, pour ouvrir la saison 2019 2020 de la Cité Musicale, David Reiland dirige le National de Metz dans un programme ambitieux, réjouissant : MOZART / BERLIOZ

 

METZ-concerts-operas-festivals-sur-classiquenews-saison-musicale-selection-concerts-opera-arsenal-metz-classiquenews-cite-musicale-metz

 

 

 

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METZ Arsenal, grande salleboutonreservation
vendredi 13 septembre 2019, 20h
Concert symphonique d’ouverture
nouvelle saison 2019 2020
1h15 + entracte

Wolfgang Amadeus Mozart : Symphonie n°41 (Jupiter)
Hector Berlioz : Harold en Italie

RÉSERVEZ VOTRE PLACE

https://www.citemusicale-metz.fr/agenda/concert-ouverture-de-saison_1

 
 

 

 

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HAROLD en ITALIE (1834)
berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsRien dans la vie de Berlioz n’égale le déferlement de flux passionnel à l’évocation de son séjour italien, lié à l’obtention du Prix de Rome en 1830. En marque l’accomplissement révolutionnaire, la Symphonie Fantastique, manifeste éloquent de la réforme entreprise par Hector au sein de son orchestre laboratoire. Tout autant exaltées, les années qui suivent ses fiançailles avec la belle aimée, l’actrice Harriet Smithson (octobre 1833). Même si la comédienne adulée dans Shakespeare lui apporte son lot de dettes, le couple connaît de premières années bénies, comme l’affirme la naissance de leur seul fils, Louis. Le jeune père compose alors une partition délirante, voire autobiographique (comme pouvait l’être l’argument de la Fantastique) mais ici avec un instrument obligé, l’alto. Pressé par Paganini, Berlioz écrit une symphonie avec alto, quand il lui était demandé au préalable un concerto pour alto. Ainsi s’impose le génie expérimental de Berlioz : toujours repousser les limites du champs instrumental dans une forme orchestrale toujours mouvante. Hector s’inspire du héros de Byron, Childe Harold, être fantasque, rêveur, mélancolique, toujours insatisfait… le double de Berlioz ? Découvrant la partition inclassable, Paganini s’étonne et déçu, déclare : je n’y joue pas assez. Finalement c’est le virtuose Chrétien Uhran qui crée l’oeuvre nouvelle le 23 nov 1834 au Conservatoire de Paris. En 4 parties, le programme répond à l’imaginaire berliozien qui inscrit toujours le héros messianique, seul, fier, face au destin ou à la force des éléments ou des paysages…

1 – Harold aux montagnes, scène de mélancolie, de bonheur et de joie (adagio – allegro) – souvenirs de Berlioz de ses promenades dans les Abruzzes à l’époque de son séjour romain : traitement insolite, la partie d el’alto qui surgit ou se glisse dans la masse orchestral, s’y superpose ou fusionne, mais ne dialogue jamais selon le principe du concerto. Berlioz agit comme un peintre
2 – Marche des pèlerins chantant la prière du soir (allegretto) / souvenir des pèlerins italiens aperçus à Subiaco. Berlioz y exprime la souffrance des pénitents marcheurs, forcenés (répétition de segments monotaunes de 8 mesures)
3 – Sérénade d’un montagnard des Abruzzes à sa maîtresse / Allegro assai – allegretto : le cor anglais s’empare de la mélodie simple et amoureuse
4 – orgie de brigands, souvenirs / aucun développement symphonique chez Berlioz ne peut s’achever sans un délire sensuel débraillé, à la fois autoritaire et ivre (comme plus tard Ravel) / Allegro frenetico : la force rythmique trépigne, entraînant l’alto qui est saisi d’un haut le cÅ“ur face à la sauvagerie libérée (Berlioz précise ici « l’on rit, boit, frappe, brise, tue et viole »). Rien de moins.
La création suscite un vif succès. Mais Berlioz éternel frustré, désespère de n’attirer plus de foule. Mais compensation, il devient critique musical responsable de la chronique musicale dans le Journal des Débats, à la demande du directeur, Louis-François Bertin (portraituré par Ingres). S’il n’est écouté par le plus grand nombre, il sera lu par un lectorat mélomane, choisi et curieux.

 

 

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reiland david face vignette maestro classiquenewsDAVID REILAND, directeur musical de l’Orchestre National de Metz… Chef belge (né à Bastogne), David Reiland fait partie des baguettes passionnantes à suivre tant son travail avec les musiciens d’orchestre renouvellent souvent l’approche du répertoire. Chaque session en concert apporte son lot d’ivresse, de dépassement, de rélévations aussi pour le public. Dans son cas, l’idéal et le perfectionnisme constants portent une activité jamais neutre, une intention sensible qui fait parler la musique et chanter les textes… Metz a le bénéfice de ce tempérament enthousiasmant dont la nouvelle saison 2019 – 2020 devrait davantage dévoiler la valeur de son travail avec l’Orchestre National de Metz dont il est directeur musical depuis 2018.
Il aime exprimer l’âme, le souffle de la musique en un geste habité, qui se fait l’expression d’un contact physique avec la matière sonore qu’il rend franche ou soyeuse, âpre ou onctueuse, toujours passionnément expressive à l’adresse du public.

reiland david-reiland-2-412x332Formé à Bruxelles, Paris, puis au Mozarteum de Salzbourg, en poste au Luxembourg et maintenant à Metz, David Reiland a su affirmer une belle énergie qui prend en compte le formidable outil qu’est la salle de concert de l’Arsenal de Metz ; son acoustique cultive la transparence qui convient idéalement à son agencement architecturale intérieure : dans cet écrin à l’élégance néoclassique, Le chef à Metz entend défendre le répertoire du XVIIIè musique (Mozart et Haydn), mais aussi la musique romantique française, afin de séduire et fidéliser tous les publics (surtout ceux toujours frileux à l’idée de pousser les portes de l’institution pour y ressentir l’expérience orchestrale).
David Reiland dirigeait déjà l’Orchestre messin dans la Symphonie n°40 de Mozart en 2015…

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MAESTRO… PORTRAIT de Marco Guidarini, chef d’orchestre

GUIDARINI-MARCO-Palmanova_Marco_Guidarini_175_LdA---copieMAESTRO… PORTRAIT de Marco Guidarini, chef d’orchestre. Classiquenews assistait aux séances de travail de l’Atelier lyrique d’été de l’Académie Bellini, début août 2019 à Vendôme (41). L’offre pédagogique destinée au jeune interprète se focalise sur la maîtrise du chant romantique… Pendant une semaine les jeunes chanteurs perfectionnent leur métier : technique vocale, scènes solistes et en duo ; intéraction et écoute, mais aussi travail scénique car le maestro a souhaité réaliser en extraits, plusieurs séquences des Nozze de Figaro de Mozart, entre autres. A propos du bel canto, ce style d’art vocal spécifique au romantisme italien du début du XIXè, le maestro né à Gênes, qui fut un remarquable directeur musical au Philharmonique de Nice, évoque les défis qui l’occupent actuellement ; il reprécise aussi les enjeux de l’Académie de Belcanto qu’il a cofondé avec Youra Nimoff-Simonetti (MusicArte) et qu’il pilote avec la diva Viorica Cortez, chaque été à Vendôme (Campus Monceau). C’est aussi un fin lettré, épris de littérature qui évoque le livre qu’il a récemment fait publier : « Gulda in viaggio verso Praga » / Gulda en voyage pour Prague… « nouvelles mozartiennes ». Le chef d’orchestre s’engage pour mieux faire connaître le beau chant lyrique et transmettre les clés d’une production réussie : bénéfices d’une expérience musicale unique à présent, qu’il aime léguer aux jeunes chanteurs et aux jeunes chefs, désireux de se perfectionner encore et encore. L’Académie Bellini est une émanation du fameux Concours Bellini (fondé en 2010) et dont les lauréates sont depuis devenues de jeunes divas demandées, célébrées sur les scènes internationales : Pretty Yende (qui chantera Traviata sur les planches de l’Opéra Garnier du 12 sept au 4 oct 2019), Anna Kassian, et récemment en 2018, la sœur cadette de Pretty Yende, Nombulelo dont le timbre et la technique égale celle de son ainée, en finesse comme en intonation…

 

 

 

guidarini-marco-maestro-concert-operas-festivals-annonce-concerts-et-critique-operas-concerts-classiquenews

 

 

 

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PORTRAIT… Marco Guidarini dirige actuellement l’orchestre régional du Frioul en Italie, l’Orchestre Mittel Europa, réunissant presque 50 instrumentistes permanents dont le répertoire central concerne les Viennois classiques (Mozart, Haydn) et romantiques (Beethoven, Schubert), mais englobe aussi Stravinsky ou Ravel (Ma mère l’Oye). L’élève de Claudio Abbado ou de Carlo Maria Giulini, qui fut à Lyon l’assistant de JE Gardiner peut y transmettre ce respect absolu des œuvres, dans la finesse et l’élégance, entre expressivité et intériorité. Parmi les œuvres récemment enregistrées, Marco Guidarini s’est intéressé aux 2 concertos pour piano de Brahms (Lire ici notre critique du cd BRAHMS : Concertos n°1 et 2, V Maltempo. Mitteleuropa Orch / Marco Guidarini (2 cd Piano classics, Brilliants classics / CLIC de classiquenews, déc 2018 :
https://www.classiquenews.com/cd-critique-brahms-concertos-n1-et-2-v-maltempo-mitteleuropa-orch-marco-guidarini-2-cd-piano-classics-brilliants-classics/ )

Outre l’opéra romantique, le maestro interroge le répertoire moderne et contemporain, explicitant la génération des compositeurs italiens des années 1920 – 1930 : de Casella à Malipiero ; mais aussi les compositeurs français du XXè, de Debussy, Ravel … au Groupe des 6 (Poulenc, Honegger, Milhaud… orbitant autour des idées de Satie et de Cocteau).
Ses prochaines productions lyriques sont à suivre en Italie, au Caire et en France. A Lucca, patrie de Puccini, au Teatro del Giglio (Théâtre du Lys), Marco Guidarini dirige Tosca (28 au 30 août 2019) ; en janvier, à l’Opéra de Ravenne (Teatro Alighieri), Gianni Schichi et Suor Angelica (janvier 2020). Puis à Paris, il reviendra poursuivre son cycle des opéras de Rossini, et donc transmettre sa passion et sa connaissance du bel canto italien, au CNSMD, dans La scala di Seta (Ludovic Lagarde, mise en scène, avec les élèves chanteurs du Conservatoire de Paris, 16 – 20 mars 2020). Enfin en avril 2020, le maestro dirige Le Barbier de Séville à l’Opéra du Caire (Cairo Opera house).
Fin connaisseur de l’opéra romantique italien, Marco Guidarini n’a aucune difficultés pour distinguer ce qui différencie les styles de Bellini et de Rossini : deux écritures qui concernent le travail réalisé à Vendôme pendant l’Atelier lyrique d’été de l’Académie Bellini.
Maîtriser chaque langue lyrique, c’est pouvoir tout chanter ensuite, autant sur le plan de l’interprétation que de la technique ; réussir phrasés, legato, entre subtilité, agilité, intensité et profondeur.
Dans le cas de Rossini, il s’agit d’un chant coloratoure, de pure agilité, un style où il faut maîtriser la fioritura, toutes les variations sur une mélodie ; il est nécessaire d’avoir une excellente technique, alliant légèreté, flexibilité, mais aussi élégance (cf. «  Cessa di piu resistere », air d’Almaviva dans le Barbier de Séville de 1816, sommet de l’art rossinien que peu de ténors parvient à interpréter intégralement). Rossini a écrit des airs virtuoses, prolongements des airs des castrats du XVIIIè, qu’il a façonnés pour les divas de son époque, mezzo et altos fameuses (Colbran entre autres)… Leur vocalité est proche de celle des castrats baroques.

Chez Bellini, la virtuosité est écrite et déployée en fonction de l’expressivité du rôle et de la situation dramatique (Norma). La beauté de la vocalité dépend directement de l’action : le chant est relié au drame. Bellini excelle dans les airs de langueur et d’extase. Il n’a pas qu’écrit pour les cantatrices. Le rôle du ténor dans il Pirata (Gultiero / Montalto, créé en 1827 par le légendaire Giovanni Rubini) égale ses plus grands rôles pour soprano (bien sûr aussi celui d’Imogène dans l’ouvrage concerné).

Génial, Rossini ne se cantonne pas à la pure virtuosité ; il a maîtrisé tous les genres, seria et comique. On lui doit aussi à Paris, le premier modèle de grand opéra à la française, avec Guillaume Tell (1829).

guidarini-marco-maestro-sublimo-actualites-news-on-classiquenews-Guidarini_3_-_c_Josef_RabaraCHEF ECRIVAIN… Homme de lettres, Marco Guidarini est l’un des rares musiciens qui enrichit son expérience musicale en la croisant avec les autres disciplines dont la littérature. Lecteur passionné, le maestro a récemment fait paraître un ouvrage (en italien, non encore traduit en français) qui, en 11 petites nouvelles (« raconti mozartiani ») évoquent sa relation à Mozart et à l’univers mozartien. L’ouvrage édité par Il melangolo, s’intitule « Gulda in viaggio verso Praga », un concentré de finesse suggestive au verbe riche et aux images plurielles, inspiré par sa propre expérience des opéras et de la musique de Mozart comme chef et interprète. Le maestro y glisse aussi des éléments autobiogaphiques et personnels (dont la figure de son frère). Il y est question de ce qui compose la vie car Mozart c’est la vie elle-même : le désir, la sensualité, l’enfance ; Marco Guidarini auteur y aborde des thèmes essentiels comme celui de l’ingénuité et de la candeur. Les contes ou nouvelles imaginent diverses situations qui toutes, tendent à exprimer la richesse mozartienne, voire son mystère : il y est question d’une jeune fille dans le ventre de sa mère qui écoute Mozart ; des derniers jours de l’astronaute Amstrong qui sentant sa fin approcher écoute la musique des sphères (le Concerto pour clarinette) ; Marco Guidarini évoque surtout les causes de la mort de Wolfgang, une autre vision du contexte qui a précipité sa fin… tout chez Mozart est passionnant ; « avant Balzac, Mozart comprend et exprime toutes les facettes humaines ; il a composé un théâtre musical qui est une captivante comédie humaine ».
Des projets ? en octobre 2019, paraîtra un nouvel ouvrage intitulé « opera sofia », un essai non pas musicologique mais personnel sur l’histoire de la musique et de l’opéra ; des origines (Peri, Caccini) aux jalons décisifs (Monteverdi, Mozart…), jusqu’aux modernes (Einstein on the beach). C’est un ouvrage général qui englobe l’histoire du genre lyrique à travers une série de réflexions et de commentaires, recueillis et approfondis au fur et à mesure de son travail dans les théâtres et les maisons de musique. Le maestro ne cache pas son admiration pour une discipline qui a réussi à traverser les siècles grâce à sa capacité à sa renouveler. L’hybridation, l’intégration des dernières innovations technologiques, la plasticité étonnante du genre opéra y seront abordés, témoignant de la sincère admiration de Marco Guidarini pour une forme de spectacle musical qui se transforme à mesure qu’il questionne, et dont il est un interprète intègre, souvent très pertinent.

 

 

 

 

Approfondir

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https://www.bellinibelcanto-internationalcompetition.com/les-ateliers-de-l-academie
https://www.mitteleuropaorchestra.it
https://www.teatrodelgiglio.it/it/home/
http://www.teatroalighieri.org
https://www.cairoopera.org/?lan=Fr

 

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Annonce du livre Gulda in viaggio verso Pragua (sept 2018)
https://www.classiquenews.com/paris-signature-le-chef-marco-guidarini-presente-gulda-in-viaggio-verso-praga-le-28-sept-2018-19h/

 

 

 

 

 

 

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BEL CANTO, Rossini et Bellini :

 

Air d’agilité et de virtuosité rossinienne avec variations
Cessa di piu resistere par Juan Diego Florez :
https://www.youtube.com/watch?v=L4ejIdo8mxo

Anna Kassian, soprano, lauréate du grand prix Bellini 2013 chante Imogène dans Il Pirata de Bellini : http://www.classiquenews.com/video-anna-kassian-chante-imogene-du-pirate-de-bellini-grand-prix-du-concours-bellini-2013/

 

 

 

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bellini-belcanto-academie-guidarini-cortez-opera-stage-vendome-classiquenews-musicarteVIDEO, reportage  BELLINI belcanto Académie, été 2019. C’était du 1er au 9 août dernier (2019) à VENDÔME (41), au Campus Monceau : les jeunes chanteurs stagiaires de la BELLINI belcanto Académie suivaient les sessions de travail et d’approfondissement prodigués par les deux maîtres de stage : le chef Marco Guidarini, et la mezzo-soprano Viorica Cortez (avec au piano, Maguelone Parigot, chef de chant). Tous maîtrisent, expérience oblige, l’art si délicat et raffiné du belcanto italien : phrasés, articulation, agilité et élégance, sans omettre le legato et la précision… autant de qualités et prérequis qui font de l’art du bel canto, l’une des disciplines lyriques les plus difficiles.
Pendant cette nouvelle édition de l’Atelier Lyrique d’été, l’Académie a innové en proposant aux jeunes chanteurs le travail scénique de leurs airs : chanter c’est savoir jouer avec son corps. VOIR LA VIDEO Académie BELLINI 2019 à Vendôme ici

De la technique vocale à l’interprétation avec jeu scénique… l’Académie Bellini propose aujourd’hui la meilleure formation et la plus complète pour le jeune interprète lyrique, de surcroit appliqué au bel canto (Rossini, Bellini, Donizetti). Intitulé « de Mozart à Puccini », l’Atelier estival 2019 permettait de perfectionner encore et encore sa compréhension des styles vocaux depuis Mozart jusqu’à Puccini. Parmi les stagiaires cet été, la présence du dernier Grand Prix Bellini 2019, la sud-africaine Nombulelo Yende a été particulièrement remarquée, comme celle de ses consÅ“urs, les sopranos françaises Cécile Achile et Déborah Salazar… Best of video de la session 2019. © CLASSIQUENEWS.TV –  MUSICARTE – Réalisation : Philippe Alexandre PHAM

 

 

Le même reportage vidéo sur YOUTUBE :

 

 

 

VOIR aussi notre reportage vidéo ACADEMIE BELLINI Atelier estival 2017 à Vendôme
 

TOURS, Opéra. Nouvelle production de COSI FAN TUTTE de MOZART

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Th̢̩tre РSalle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Approfondir

 

 

Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

CD, coffret événement. MOZART : les 3 dernières Symphonies (39, 40, 41 “Jupiter”) / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox)

MOZART-testament-symphonique-symphonies-39-40-41-jordi-savall-alia-vox-cd-critique-3-cd-alia-vox-les-nations-classiquenews-cd-critique-classiquenewsCD, coffret événement. MOZART : les 3 dernières Symphonies (39, 40, 41 “Jupiter”) / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox). En 1788, Mozart âgé de 32 ans est déjà à la fin de sa trop courte existence : il meurt 3 ans plus tard. Les 3 dernières Symphonies n°39, 40 et 41 « Jupiter » sont élaborées en 6 semaines, de juin à août 1788, 3 sommets absolus, en plénitude orchestrale, justes, profonds, d’une sincérité et d’un élan intérieur, irrésistibles. Mi bémol, sol mineur, do majeur… le parcours des tonalités n’en finissent pas de fasciner car il y a bien unité et cohérence organique de l’une à l’autre, ce que tend à exprimer et argumenter Jordi Savall qui parle même de « Testament symphonique ». La vision est d’autant plus légitime que ce portique inouï, totalement visionnaire sur le plan de l’histoire musicale et du genre symphonique, n’obéit pas à une commande mais prolonge un besoin impérieux, viscéral de la part d’un créateur mésestimé, écarté même du milieu officiel et politique, qui de surcroît est aux abois : la ruine financière et les dettes de Wolfgang l’obligent à quémander auprès de tous ses proches, dont ses « frères » franc-maçons, une pièce ou un billet (florins ou ducats) pour survivre (cf lettre à Michael Puchberg, comme lui membre de la loge Zur Wahrheit / A la vérité). Franc maçon depuis 1784 (comme Haydn), Mozart plonge à Vienne de la pauvreté à la misère fin 1787. La souffrance, la mort, la vanité de toute chose…. sont des sentiments désormais explicites dans l’écriture. D’où l’urgence qui s’en dégage ; le désarroi et l’espérance aussi qui innervent tout le retable orchestral.
savall-jordi-nuit-des-rois-versaillesSavall rétablit la place des événements, le contexte d’une existence humaine déprimée et affligeante en vérité, alors que l’acuité artistique du compositeur, la vitalité et les trouvailles de son génie musical, atteignent des sommets d’audaces comme d’accomplissements inédits. Très juste et pertinent, le chef catalan ajoute la fameuse marche funèbre – Maurerische Trauermusik K 477 de 1785, réalisé pour les funérailles de deux frères de la loge : le lugubre bouleversant qui s’en dégage exprime au plus près, la conscience d’un Mozart touché par le sentiment de sa propre fragilité comme de sa mort. Puis deux ans après au printemps 1787 surviendra sa séparation avec la soprano Nancy Storace (sa Suzanne des Nozze), rupture elle aussi très douloureuse. La mort inspire constamment son Å“uvre (d’autant plus avec la mort du père, Leopold survenue en mai 1787), sublimée présente dans son nouvel opéra Don Giovanni (créé en oct 1787).
Jordi Savall rappelle le masque et la présence de la mort comme équation permanente dans la résolution des 3 symphonies : endetté, Mozart implore la générosité de moins en moins franche de ses frères dont le même Pucheberg (qui réduit considérablement ses dons à son ami) ; seul Swieten se montrera plus constant et d’un soutien indéfectibe.
Malgré cette indigence injuste, le génie mozartien, foudroyé, produit ses plus grands chefs d’œuvres symphoniques. Et pour mieux souligner encore leur continuité naturelle, la Symphonie en sol mineur (n°40), centrale, est présente sur les 2 cd ; passage continue depuis la mi bémol n°39 sur le cd1 ; volet préalable nécessaire à la Do majeur n°41 « Jupiter », sur le cd2 ; de facto, l’écoute en continu laisse se manifester l’absolue relation et la complémentarité des 3 cimes symphoniques, faisant ainsi sens en leur flux ininterrompu.

Savall se joue des timbres d’époque dans chaque partition, soulignant souvent la résonance et la réverbération pour mieux accentuer l’effet de solennité grave, d’ampleur souterraine liée au sentiment tragique. D’autant que surgissant d’une nécessité et d’un ordre intérieur et personnel impérieux, les 3 Symphonies ne furent probablement jamais créées et jouées du vivant de Wolfgang. En tout cas, pas dans leur continuité organique ainsi rétablie.

 

 

Testament symphonique de Mozart
et déjà romantique…

 

 

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartDès la couleur particulière de la 39 (la clarinette placée au centre de l’échiquier instrumental y joue des contrastes et aussi de la riche texture orchestrale), Savall souligne les accents d’une partition entre ombre et lumière, panique et sérénité. De la même façon, le chef saisit et amplifie les harmonies inquiètes qui occupent le cœur de l’Andante con moto. Et Haydn est bien présent dans le raffinement éblouissant du Finale. Achevée en juillet 1788, la 40 est tout aussi lumineuse et solaire mais aussi emprunte d’un sfumato émotionnel qui est lié à l’utilisation du sol mineur, le mode doloriste (celui de Pamina dans La Flûte). L’allegro initial est de loin la création la plus puissante et exaltante de Mozart, un mouvement dont Savall exprime l’agitation quasi syncopée, l’exaltation des sens et une ivresse éperdue, presque panique et pourtant déjà romantique, totalement magicienne… Même naturel évident dans la Sicilienne qui est le mouvement lent (Andante) ; avant le surgissement d’une angoisse indicible dans le Finale qui affirme la haute conscience de la mort. Mozart s’y livre avec une acuité irrésistible que Savall sculpte dans la masse, en une danse ivre, exaltée, éperdue, comme d’un dernier souffle chorégraphique, l’ultime désir intime contre la tempête adverse : il n’est pas un mouvement orchestral de tout le XVIIIè qui affirme clairement son esprit déjà romantique. Quel saisissant contraste avec la musique funèbre enchaînée où la réverbation noble du lieu d’enregistrement amplifie la grandeur lugubre, portée par les bois. Mozart va très loin dans cette exploration personnelle de la mort.

Mozart_1780Symphonie 41 « Jupiter » : à notre avis elle aurait mérité plutôt le surnom d’Apollon ; certes il y a du militaire dans la remise en ordre du premier mouvement, superbe proclamation des forces de l’esprit sur tout ferment instable ; l’impérieuse nécessité se fait volonté et autodétermination, d’autant plus impériale et « pacificatrice » après le tumulte intranquille de la 40è, océan de sensations jaillissantes, exaltées. Mozart affirme ici le calme tranquille et l’équilibre des forces maîtrisées en une écriture d’un lumineuse finesse. Ce début proclame une rage déterminée prébeethovénienne, dans son élan, et aussi son orchestration : le sommet de l’expérience orchestrale contenue dans le triptyque. Savall grâce à une attention aux détails fait briller les nuances de cet éclat spécifique, saisi dans sa puissance comme dans ses reflets les plus infimes. On reste saisi par la hauteur du regard de l’interprète, comme de la pensée mozartienne : qu’aurait écrit le compositeur s’il n’était pas mort en 1791, dépassant le siècle et s’affirmant même tel un Haydn, encore prodigieusement actif à l’aube romantique ? Tout Mozart, le plus volontaire, le plus humain, le plus déchirant se trouve ici condensé dans ce lever de rideau ouvertement positif.
La caresse du chef, pleine de renoncement et de nostalgie dans l’Andante, n’oublie pas les arêtes vives, la tranche des contrastes aux cordes nettes et nerveuses, presque acérée. La forte réverbération accuse encore l’ampleur lugubre du morceau dont la lumière chatoyante se rapproche des déplorations maçonniques…
MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsLe Menuetto est réglé comme une mécanique pleine de rebond élastique où rutilent les couleurs des bois. Savall y distille un élan rond et énergique, là encore déjà beethovénien.
Mais le morceau de bravoure se déploie à la fin. Rien ne peut résister à l’affirmation olympienne, triomphante et conquérante du Finale, de fait « Jupitérien », dont Savall sait distiller (cordes) une couleur très fine qui ajoute à la trépidation nerveuse de l’architecture. Flûtes, hautbois, bassons dansent tandis que les cordes assènent leur miraculeuse volonté éprise d’ordre et de grandeur, d’élévation et de jubilation. Aux bois aériens, abstraits, Savall fait répondre les cordes engagées, mordantes, presque rageuses, d’une superbe autorité ryhtmique, creusant le sillon d’une volonté désormais invincible. Aucun doute, dans cette proclamation jubilatoire s’inscrit là encore, le premier Beethoven. Transparence, clarté, nervosité, articulation et souffle préromantique : le voici ce Mozart visionnaire, poète et moderne. Magistral.

L’élévation de l’inspiration, la poésie qui s’en dégage et qui confine à l’abstraction (mais il serait erroné d’en écarter tout  ancrage dans l’expérience humaine) impose aujourd’hui le triptyque comme un sommet de l’écriture symphonique dont l’ampleur de la vision, l’expérience intime qui y est concentrée, impressionnent. Mozart est déjà un romantique car sa musique est fondé sur la vérité du cÅ“ur. Et Berlioz se trompait en fustigeant ce dernier sommet mozartien par son « absence de but » lié à « trop de procédés techniques ». De toute évidence, le premier romantique français n’avait pas compris la modernité singulière de la symphonie mozartienne. Beethoven prendra la relève 11 années plus tard en 1799 dans sa Symphonie n°1 (à 29 ans et encore très mozartien de facture).
CLIC D'OR macaron 200Aujourd’hui, grâce à Savall, c’est a contrario la vérité et l’étonnante sincérité de Mozart qui nous touche tant, car chez lui, le procédé n’est jamais développé pour lui-même, s’il ne sert pas d’abord une intention émotionnelle. Coffret de 3 cd événement, évidemment CLIC de CLASSIQUENEWS de l’été 2019. A consommer sur la plage et pendant vos vacances estivales, sans modération.

 

 

 

 

 

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CD critique, coffret événement. MOZART : les 3 dernières Symphonies / Jordi SAVALL (3 cd Alia Vox)

Approfondir

LIRE aussi notre dossier critique complet sur les 3 dernières symphonies de MOZART, “oratorio instrumental” par Nikolaus Harnoncourt (décembre 2012, Concentus Musicus Wien) / CLIC de CLASSIQUENEWS

harnoncourt mozart symphonies last symphonies 39, 40, 41 instrumental oratorium concentus musicus wien cd sony classicalParues le 25 août 2014, les 3 dernières Symphonies de Mozart (n°39,40, 41) synthétisent ici, pour Nikolaus Harnoncourt et dans cet enregistrement réalisé avec ses chers instrumentistes du Concentus Musicus Wien, l’expérience de toute une vie (60 années) passée au service du grand Wolfgang : sa connaissance intime et profonde des opéras, les plus importants dirigés à Salzbourg entre autres (la trilogie Da Ponte, La Clémence de Titus, La Flûte enchantée…), suffit à enrichir et nourrir une vision personnelle et originale sur l’écriture mozartienne ; s’appuyant sur le mordant expressif si finement coloré et intensément caractérisé des instruments anciens, le chef autrichien réalise un accomplissement dont l’absolue réussite était déjà préfigurée dans son cd antérieur dédié au Mozart Symphoniste

LIRE aussi notre entretien avec MATHIEU HERZOG, directeur musical de l’Orchestre Appassionato, à propos des 3 dernières Symphonies de MOZART:

http://www.classiquenews.com/entretien-avec-mathieu-herzog-fondateur-et-directeur-musical-de-lorchestre-appassionato-les-3-dernieres-symphonies-de-mozart/

CD événement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41. Les Nations. Jordi Savall (3 cd ALIA VOX, 2017 – 2018)

MOZART-testament-symphonique-symphonies-39-40-41-jordi-savall-alia-vox-cd-critique-3-cd-alia-vox-les-nations-classiquenews-cd-critique-classiquenewsCD événement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41. Les Nations. Jordi Savall (3 cd ALIA VOX, 2017 – 2018). MOZART MON FRERE. L’équation que représente les 3 ultimes symphonies de Mozart s’apparente à un rébus musical que les plus grands chefs abordent avec un sérieux et une humilité, une profondeur et une « sagesse » quasi philosophique. D’aucun en sont particulièrement émus et même saisis, d’autant plus qu’ils sont eux aussi au sommet de leur carrière comme de leur expérience humaine. Mozart permet cela : exprimer le caractère le plus noble de l’âme humaine, dans sa détresse, sa grandeur, ses souffrances. Une rencontre que les interprètes les mieux inspirés savent mesurer et ciseler. En détails comme en profondeur.

Ainsi le dernier Harnoncourt qui en faisait un « oratorio instrumental » d’une portée bouleversante pour tous ceux épris d’humanité ; le cas récent du jeune maestro Mathieu Herzog, chambriste inspiré, est plus rare, révélant une prodigieuse maturité sur le sujet. Le cas de Jordi Savall ici au travail en 2017 et 2018 s’inscrit dans une lignée plutôt convaincante, elle aussi sur instruments anciens ; aucun doute, la révolution instrumentale actuelle concerne bel et bien les orchestres dont les timbres revivifiés selon le format sonore d’époque et l’intensité expressive proche de l’original révèlent de nouvelles avancées artistiques profitables… qui supplantent dans bien des cas, l’épaisseur tonitruante et spectaculaire des orchestres modernes.

Dans un format intimiste proche de l’humain, l’orchestre les Nations de Savall déploie de solides arguments : équilibre des pupitres, clarté structurelle, surtout dans un scintillement millimétré des timbres très caractérisés, étonnante expressivité qui balance entre profondeur voire gravité et ivresse joyeuse… voire jubilation généreuse. Le tact et le style du chef catalan prennent naturellement leur essor sur le sujet conçu par un Mozart qui en 1788 à Vienne connait désespoir, dépression malgré une clairvoyance humaine exceptionnelle. Sa sincérité qui nous parle de fraternité et d’espoir déçus mais vivaces bouleverse et l’on est convaincu de la prodigieuse intelligence qui unifie les 3 symphonies en un retable symphonique parmi les plus modernes du XVIIIè – l’équivalent de ce qu’a réalisé Rameau en France au début des années 1760 : une révolution du langage musical, un goût pour les timbres instrumentaux où percent évidemment chez Mozart, les sons maçonniques (le compositeur réservant à la clarinette un solo anthologique dans le volet central, la Symphonie n°40 en sol mineur (la plus personnelle).

Symphonies 39, 40 et 41 « Jupiter » de Mozart
Jordi Savall éclaire l’humanité fraternelle
d’un Mozart, fils des Lumières

Mozart sur France MusiqueEn effet, on distingue la grande ouverture qui ouvre la 39, élément premier absent des deux suivantes ; l’absence d’un réel mouvement de début dans la 40, ce qui la place d’emblée comme un mouvement central ; enfin la fugue dernière de la 41, dont la dimension, le souffle, l’ambition dans la joie et la noblesse lui donnent avec raison, selon le mot de l’impresario et violoniste Johann Peter Salomon à Londres, son titre postmozartien de « Jupiter ». Les 3 opus s’inscrivent ainsi dans cette unité qui les rend complémentaires.
Jordi Savall dans un texte fondamental à notre avis (livret du présent triple coffret), précise les enjeux humains des 3 partitions : tout ce qui prend racine ici dans la vie misérable et déchirante de Wolfgang alors en galère à Vienne. Ecarté de toute commande officielle d’importance, (- le futur Empereur Habsbourg Leopold II ne l’appréciera guère et c’est un doux euphémisme), victime de l’humeur volatile, glissante des Viennois sur son écriture et son style (à la différence des Praguois qui l’adulent), sans ressources dignes, surtout endetté jusqu’à la moelle, Wolfgang à l’été 1788 (32 ans) atteint les gouffres de l’existence terrestre alors qu’il est au sommet de son expérience artistique.
mozart1790Comme le dit très justement Jordi Savall, Mozart est un artiste créateur libre, indépendant, doué d’une conscience hors normes : il a démontré son idéal de liberté dans L’Enlèvement au sérail ; d’égalité dans Les Noces de Figaro d’après Beaumarchais ; de fraternité bientôt, dans La Flûte enchantée. Ce pur esprit des Lumières, comme le sera Beethoven au début du siècle suivant et lui aussi à Vienne, affirme une profondeur qui est gravité et espoir. La lecture de Jordi Savall éclaire la vérité et la grande sincérité des partitions, réussissant sur le plan formel un modèle de symphonisme classique…. déjà romantique.
CLIC D'OR macaron 200C’est donc une lecture fondamentale et magistrale qui révolutionne de facto notre connaissance des Symphonies dernières de Mozart. Le « testament symphonique » de Wolfgang est révélé. La vision est aussi éblouissante que celles antérieures et relativement récentes de Nikolaus Harnoncourt et de Mathieu Herzog. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com / Coffret élu “CLIC de CLASSIQUENEWS” de l’été 2019.

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LIRE notre critique du cd Symphonies n°39, 40 et 41 de MOZART par l’orchestre Appassionato et Mathieu Herzog:
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-annonce-mozart-symphonies-n39-40-et-41-jupiter-appassionato-mathieu-herzog-direction-1-cd-naive/

LIRE notre critique des Symphonies 39, 40, 41 de Mozart / «  Instrumental Oratorium «  par Nikolaus Harnoncourt (déc 2012 2 cd Sony classical)
http://www.classiquenews.com/cd-mozart-3-dernieres-symphonies-n3940-41-nikolaus-harnoncourt-concentus-musicus-wien-decembre-2012-2-cd-sony-classical/

COMPTE-RENDU, opéra. Paris, Palais Garnier, 11 juin 2019. MOZART : Don Giovanni.Dupuis… Jordan / van Hove.

mozart wolfgang _doris_stockminiCompte rendu, opéra. Paris. Palais Garnier, 11 juin 2019. Don Giovanni, Mozart. Etienne Dupuis, Jacquelyn Wagner, Nicole Car, Philippe Sly… Orchestre et choeurs de l’opéra. Philippe Jordan, direction. Ivo van Hove, mise en scène. Nouvelle production du chef-d’œuvre de Mozart, Don Giovanni, à l’affiche à l’Opéra de Paris. Le metteur en scène Ivo van Hove signe un spectacle gris parpaing ; le chef Philippe Jordan assure la direction musicale de l’orchestre associé à une distribution fortement histrionique, rayonnante de théâtralité, entièrement éprise du mélodrame joyeux du génie salzbourgeois !

L’opéra des opéras, la pièce fétiche des romantiques, ce deuxième fils du duo Da Ponte-Mozart, transcende le style de l’opera buffa proprement dit pour atteindre les sommets dans le registre de la… tragédie. Avant cette fresque immense, jamais la musique n’avait été aussi vraie, aussi réaliste, aussi sombre ; jamais elle n’avait exprimé aussi brutalement le contraste entre les douces effusions de l’amour et l’horreur de la mort. Peut-être le chef d’œuvre de Mozart le plus enflammé, le plus osé… qui raconte l’histoire de notre anti-héros libertin préféré et sa descente aux enfers avec la plus grande attention aux pulsions humaines, avec la plus grande humanité en vérité.

nouvelle production de Don Giovanni à Garnier
… Prima la musica, mais pas trop

Le spectacle commence avec la scène ouverte montrant le décor unique d’architecture brutaliste signé Jan Versweyveld, où l’on aperçoit des escaliers, des fenêtres… le gris maussade omniprésent paraîtrait servir de fond neutre au jeu d’acteur très ciselé dont les chanteurs font preuve… et qui peut être apprécié glorieusement par les personnes assises près de la scène et avec des jumelles. Si nous nous sommes régalés du travail d’interprétation et de caractérisation des interprètes sur scène, la production met en valeur surtout la partition. Ma non troppo.

Certaines mise en scènes s’affirment volontairement extra-sobres avec l’idée sous-jacente de laisser parler la musique. C’est un bel idéal qui peut faire des effets inouïs sur l’expérience lyrique. Il paraît que ce n’est pas une volonté affichée par le metteur en scène, qui, malgré quelques moments de grand impact et de justesse, est parfois carrément anti-musical. Ainsi le baryton Etienne Dupuis dans sa prise du rôle éponyme a-t-il apprécié le fait de chanter le morceau le plus sensible, le plus beau, le plus sublime de sa partition, la chansonnette du 2e acte « Deh vieni alla finestra », en coulisses, caché. Difficile à comprendre, et encore plus à pardonner.

Nous sommes en l’occurrence contents de nous concentrer sur l’interprétation musicale. L’Orchestre maison dirigé par Philippe Jordan est pure élégance et raffinement, les tempi sont plutôt modérés. Bien sûr comme d’habitude, les vents font honneur dans leur excellente interprétation aux sublimes pages que leur dédie Mozart, et les cordes dans leur perfection trouvent un bon dosage entre tension et relâche dans l’exécution. Remarquons également les musiciens jouant sur la scène au deuxième acte, avec un swing chambriste et pompier digne du XVIIIe siècle. Nous n’avons pas senti l’effroi durant la célèbre ouverture en ré mineur, mais nous avons eu droit à une sorte de décharnement diabolique et très enjoué pour le pseudo-final à la fin de l’œuvre, la descente aux enfers de Don Giovanni (nous sommes heureux du respect de la partition originale avec le maintien du lieto fine, la fin heureuse conventionnée propre au 18e siècle malgré ses très nombreux détracteurs du 19e).

Le baryton Etienne Dupuis signe un Don Giovanni sobre, plus hautain qu’altier, plus vicelard que libertaire, et ceci lui va très très bien. Son épouse dans la vie réelle incarne le rôle de la femme répudiée du Don, Donna Elvira. Nicole Car est une des artistes qui captivent l’auditoire avec sa présence et son chant en permanence. Que ce soit dans sa cavatine au 1e acte « Ah che mi dice mai » ou son air au 2e « Mi tradi quell’alma ingrata » où elle est fabuleusement dramatique à souhait dans son incarnation d’une femme amoureuse et blessée. Si elle est touchante, bouleversante d’humanité, son chant est riche, charnu, charnel, tout au long des trois heures de représentation.

La Donna Anna de la soprano Jacquelyn Wagner, avec une partition encore plus redoutable, est tout autant brillante d’humanité, et elle assure ses airs virtuoses avec dignité, sans faire preuve d’affectation pyrotechnique, mais au contraire donnant à ses vocalises une intensité fracassante de beauté. Le Leporello de Philippe Sly est un beau valet. Son physique agréable et son attitude espiègle sont une belle contrepartie légère à l’aspect très sensuel et troublant de son instrument en action. Il a cet incroyable mérite d’avoir réussi des interventions personnelles sur la partition dès son entrée au 1er acte « Notte e giorno faticar », où il s’approprie du personnage avec facilité, et ajoute un je ne sais quoi qui marche et qui plaît. Qu’il continue d’oser ! C’est lui également qui suscite la toute première éclosion d’applaudissements dans la soirée, après son célèbre air du 1er acte « Madamina, il catalogo è questo », sans aucun doute grâce à la force de son expression musicale plus qu’à l’intérêt de la proposition scénique…

Le Don Ottavio du ténor Stanislas de Barbeyrac est une très agréable surprise. Nous remarquons l’évolution de son gosier, et ceci impacte aussi son interprétation lyrique qui s’éloigne un maximum de la caricature viennoise à laquelle elle est souvent condamnée. S’il y a un moment d’une incroyable beauté dans les propositions d’une beaucoup trop austère sobriété, c’est précisément l’air redoutable du 1er acte : « Dalla sua pace ». Ivo van Hove l’oblige à l’interpréter assis par terre au milieu de la scène, et ceci a le plus grand impact émotionnel de la soirée ; le ténor y est touchant et l’auditoire lui fait le cadeau d’applaudissements et de bravos bien mérités. Le couple Zerlina et Masetto interprété par Elsa Dreisig et Mikhail Timoshenko est plein de vivacité, même si les voix sont un peu instables en début de soirée, nous félicitons leurs efforts. Remarquons également l’excellente prestation des choeurs de l’Opéra parisien, dirigés par Alessandro di Stefano.

Une production qui a également le mérite de finir après trois heures de gris avec une projection-création vidéo (signée Christopher Ash) inspirée des scènes infernales de Bosch, et qui est tout à fait effrayante, puis par une éclosion de couleurs estivales qui s’accorde avec l’épilogue-fin heureux de l’opus. A voir et revoir, écouter et applaudir… pour Mozart et les chanteurs. A l’affiche à l’Opéra Garnier encore les 16, 19, 21, 24 et 29 juin ainsi que les 1, 4, 7, 10 et 13 juillet 2019.

Symphonie Jupiter de Mozart (Les clefs de l’orchestre / JF ZYGEL)

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartFRANCE 5, 22 juin 2019. MOZART : Symphonie n°41. Les Amateurs de musique classique et en particulier orchestrale seront comblés par cette reprise des clefs de l’orchestre, animé par Jean-François Zygel : samedi 22 juin 2019 à 22h25, place à l’ultime symphonie de Mozart, aboutissement de sa trilogie orchestrale (complétée par les symphonies 39 et 40) : la fameuse symphonie n°41 dite « Jupiter ».  Mendelssohn disait de 41e et dernière symphonie de Mozart qu’elle était « le modèle immortel de la symphonie ». Ce n’est pas Mozart qui l’a appelé Jupiter, mais un organisateur de concert du début du XIXè siècle. Ce nom « Jupiter » symbolise pourtant bien le caractère glorieux, rythmique, plein d’énergie et de lumière de cette symphonie portée par l’idéal maçonnique et les valeurs des Lumières propre aux années 1780. La symphonie n°41 a été composée à Vienne durant l’été 1788. Elle clôt un ensemble de 3 grandes symphonies qui seront les dernières de Mozart, sa légendaire trilogie qu e les plus grands chefs ont traité, non sans en dévoiler et l’unité artistique, et la profondeur spirituelle. De Nikolaus Harnoncourt… à la cheffe excellente Debora Waldman et son orchestre Idomeneo.

SAMEDI 22 JUIN 2019 à 22.25 LES CLEFS DE L’ORCHESTRE
Au programme, les Clefs de l’orchestre, émission proposée par Jean-François Zygel, qui popularise depuis des années la musique classique.

La Symphonie 41 Jupiter de Mozart  – samedi 22 juin à 22h25

La Rhapsodie Espagnole de Ravel – samedi 29 juin à 22h25.

 

 

 

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VOIR aussi Debora Waldman dirige l’orchestre IDOMENEO : MOZART, opéra et dernière symphonie Jupiter :

https://www.youtube.com/watch?v=X0aEHqx5jnM

LIRE aussi

CD. Mozart : 3 dernières Symphonies n°39,40, 41. Nikolaus Harnoncourt, Concentus Musicus Wien, décembre 2012, 2 cd Sony classical / Avant de mourir, le chef autrichien nous laisse une lecture éblouissante et spirituelle des 3 symphonies ultimes de Mozart, conçues comme les volets d’un ORATORIO instrumental…

http://www.classiquenews.com/cd-mozart-3-dernieres-symphonies-n3940-41-nikolaus-harnoncourt-concentus-musicus-wien-decembre-2012-2-cd-sony-classical/

 

 

 

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NE PAS MANQUER ensuite  SAMEDI 29 JUIN  2019 à 22h25

FRANCE 5. La Rapsodie espagnole de Ravel – samedi 29 juin à 22.25

Ravel a subi une influence hispanique par sa mère, d’origine basque, qui lui chantait souvent des mélodies de son pays. De plus, à l’époque, l’Espagne est à la mode chez les compositeurs français : pendant que Ravel compose sa Rapsodie espagnole, Debussy compose les trois volets de son triptyque symphonie Iberia.

Jean-François Zygel détaille les motifs, les rythmes, les formes de chacun des mouvements : la Rapsodie Espagnole, composée en 1907 par le musicien alors âgé de 32 ans, est une musique qui se vit de l’intérieur, une oeuvre typiquement espagnole, colorée et chatoyante.

A VENIR sur France 5, été 2019, captations des Chorégies d’Orange, du Festival d’Avignon et de nombreux événements musicaux… 

MOZART MOMENTUM 1785/1786 : LE MOZART du pianiste Leif Ove Andsnes…

MOZART MOMENTUM 1785/1786 : LE MOZART du pianiste Leif Ove Andsnes… Plus romantique et moderne que vraiment « classique », le pianiste Leif Ove Andsnes questionne pendant quatre ans avec les instrumentistes du Mahler Chamber Orchestra, l’écriture concertante de Mozart, à travers son nouveau projet musical intitulé « MOZART MOMENTUM 1785/1786 ».

Après leur Beethoven Journey, le Mahler Chamber Orchestra et Leif Ove Andsnes se retrouvent pour explorer deux années particulièrement remarquables dans la vie de Mozart : 1785 et 1786… un nouveau projet de concerts et d’enregistrements qui durera quatre ans (2019-2022).

 
 
 
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Voir la vidéo teaser du projet (sous-titres français à sélectionner) :

 
 
 

https://www.youtube.com/watch?v=IZd9zkdBg0o&feature=youtu.be

 
 
 

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VOIR LA VIDEO Mozart Momentum 1785 1786

 
 
 

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MOZART MOMENTUM 1785/1786

 
 
 

VIENNE, 1785… MOZART compositeur, pianiste, improvisateur… Wolfgang Amadeus Mozart est alors à Vienne, donnant libre cours à une créativité inédite qui réalise une nouvelle ère pour le concerto pour piano. Au cours des deux années 1785 et 1786, il conçoit une série de chefs-d’Å“uvre qui réinventent la nature du concerto pour piano, ouvrant la voie aux Romantiques : à Beethoven et à ses successeurs. Mozart redéfinit les rôles du soliste et de l’orchestre, en un dialogue réinventé où chacun se réponde et discute. Les interprètes soulignent aussi la facilité de Mozart dans les autres genres musicaux que le Concerto pour piano, dans la musique de chambre, pour l’orchestre. Comme dans Beethoven Journey, Leif Ove Andsnes dirige les instrumentistes du Mahler Chamber Orchestra depuis le piano.

« Quand on se rend compte de la rapidité avec laquelle Mozart s’est développé au début des années 1780, on ne peut que se demander : pourquoi est-ce arrivé ? Que s’est-il passé ? », commente Leif Ove Andsnes. « Et c’est tout l’objet de ce projet. Il s’agit de l’élan de sa créativité à l’époque, qui doit avoir été inspirée par la nécessité de ce genre de concerts et de pièces dans lesquels il pourrait déployer toutes ses capacités en tant que compositeur, interprète et improvisateur. (…) Dans le style d’un véritable festival, notre projet explore également la musique de chambre, et les pièces pour soliste, toutes témoignant de l’extrême diversité de la vie créative de Mozart à cette époque. Pour résumer, notre projet est destiné à montrer les différentes facettes de Mozart. En rassemblant toutes ces Å“uvres, nous explorons Mozart en tant que compositeur et interprète, savourant un niveau de créativité que peu d’artistes dans l’histoire ont atteint et qu’aucun ne surpassera », précise encore Leif Ove Andsnes.

 
 
 

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CONCERT ET DISQUE

 
 
 

CONCERTS… Début de la tournée des concerts, les 11 et 12 mai 2019 à Francfort (sur deux jours, dans un format festival), le 14 mai à Berlin, le 16 mai à Grenoble, le 17 mai à Evian, le 18 mai à Paris et le 19 mai 2019 à Lisbonne. Le projet culminera en 2022 avec des résidences dans le monde entier, notamment à Londres, New York et Tokyo.

CD… MOZART MOMENTUM 1785/1786 sera enregistré pour une prochaine publication éditée chez Sony Classical. Les premières sessions auront lieu au Rudolfinum de Prague en mai 2020. Le premier volume comprendra les Concertos pour piano n°20, 21 et 22, la Fantaisie pour piano en do mineur, le Quatuor en sol mineur pour piano et cordes, et la Marche funèbre maçonnique.

Programme des premiers concerts

Mozart, Maurerische Trauermusik (Musique funèbre maçonnique)
Mozart, Concerto pour piano n° 20 K 466 en ré mineur
Haydn, Symphonie n° 83 (La Poule)
Mozart, Concerto pour piano n° 21 K 467

 
 
 

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Les concerts MOZART MOMENTUM 1785 – 1786 en FRANCE

Grenoble MC2 le jeudi 16 mai 2019,
Evian Grange au Lac le vendredi 17 mai 2019
Paris Théâtre des Champs-Elysées le samedi 18 mai 2019.

 
 
 

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UNBOXING MOZART : JEU DE RÔLES, INTERACTIF ET EDUCATIF

 
 
 

En plus des concerts, MOZART MOMENTUM 1785/1786 comprend un volet éducatif faisant partie intégrante du projet intitulé UNBOXING MOZART, un événement interactif en direct qui entend « révolutionner » l’expérience d’initiation au concert traditionnel.

Invitant le public spectateur, le jeu – sous forme physique et virtuelle – crée une convergence de la musique classique, de la performance collaborative et du jeu urbain. Les participants d’UNBOXING MOZART expérimentent directement l’interaction musicale et humaine avec un ensemble musical, le joueur fait alors partie de l’orchestre sous forme de jeu de rôle, joue en solo ou en groupe pour créer des dialogues au sein d’une communauté. UNBOXING MOZART sera lancé à Francfort le 11 mai 2019, et des projets sont en cours pour présenter le projet à d’autres pays au fur et à mesure de son développement.

 
 
 

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COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier.

TOURSopera-flute-enchantee-sandra-daveau-critique-opera-annonce-classiquenews-le-feuCOMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier. Mais quelle mouche a donc bien pu piquer la metteuse en scène française Bérénice Collet, à qui Benjamin Pionnier a confié la nouvelle production de La Flûte enchantée au Grand-Théâtre de Tours ? Féministe dans l’âme, il faut croire qu’un des propos quelque peu misogynes du livret (signé par Lorenzo Da Ponte) – comme « Les femmes parlent beaucoup, mais agissent peu… » – lui sera resté en travers de la gorge. Dés lors, elle prend le livret à-rebours et la Reine de la Nuit n’est plus du tout méchante ici, alors que Sarastro n’est qu’un homme vil, hypocrite et violent. Quand elles ne sont pas rebelles, les femmes sont asservies (chÅ“ur féminin aux cheveux coupés ras, toujours la tête basse, habillées de robes de bure), voire violées (Monostatos qui se jette sur Pamina…). Mais les femmes reprennent finalement le dessus – et se vengent – notamment en poignardant à mort Monostatos ! Très bien, mais les intentions de Mozart dans tout ça ?…

Avec Florian Laconi, le rôle de Tamino se voit confié – ce qui renoue avec une tradition que l’on croyait perdue – à un ténor aux moyens quasi « héroïques » (son répertoire habituel est celui de Don José et de Hoffmann…). Le chanteur messin y déploie une ardeur communicative à laquelle on aurait cependant préféré, à maints moments sublimes, une authentique ferveur. Face à lui, l’exquise soprano française Marie Perbost est une Pamina d’une grande pureté vocale, cristalline, dont la ligne de chant impeccable suscite une grande émotion dans le célèbre air « Ach, ich fühl’s ». Refusant les effets faciles, Régis Mengus mise pour son Papageno sur le charme de la jeunesse et de la santé vocale ; l’air qu’il chante au moment où il veut se pendre est tout simplement humain et émouvant. Dans le rôle de Sarastro, Jérôme Varnier campe un personnage plus jeune que de coutume dans cet emploi, et malgré le rôle de méchant de l’histoire qu’on veut nous faire croire ici, c’est également l’humanité qui ressort avant tout dans sa voix, aux côtés de graves puissamment nourris. De son côté, Marie-Bénédicte Souquet campe une flamboyante Reine de la Nuit : le chant est solide, l’aigu sûr et la nature de feu. La Papagena de Marion Tassou est pleine de gouaille, de santé, de mordant, comme le veut la tradition, tandis qu’Olivier Trommenschlager met également tous ses talents de comédien au service d’un Monostatos plein de vitalité. Même satisfecit pour les comprimari, avec Trois Génies et Trois Dames (Clémence Garcia, Yumiko Tanimura, Delphine Haidan) sans histoire ; un Orateur impressionnant d’autorité (François Bazola) ; un Premier Prêtre plein de promesses (le jeune ténor Camille Tresmontant).

Directeur général et musical de l’institution tourangelle, Benjamin Pionnier dirige le chef d’œuvre de Mozart dans un esprit de simplicité et de naturel aux antipodes de tout pathos : un ton que l’on serait tenté de qualifier de « laïque », qui coupe court aux velléités mystiques ou simplement ésotériques (en accord avec la proposition scénique, donc, puisqu’elle ne s’embarrasse pas de toutes ces questions…).

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COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, Grand-Théâtre, le 12 mars 2019. W. A. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier. A VENIR à l’Opéra de TOURS, 26, 27, 28 avril 2019, Les 7 péchés capitaux de Kurt Weill, en lire + : http://www.classiquenews.com/tours-opera-de-tours-saison-lyrique-2018-2019/

TOURS, Opéra. 8-14 mars, La Flûte Enchantée de Mozart

MOZART-1790-le-derneir-mozart-photo-de-pedro-par-CLASSIQUENEWS-dossier-special-dernier-Mozart-et-exposition-Mozart-a-parisTOURS, Opéra. 8-14 mars, La Flûte Enchantée de Mozart. C’est la 4è production lyrique de la saison 2018-2019 de l’Opéra de Tours et non la moindre. En attendant Andrea Chénier pour la fin de la saison (24-28 mai 2019), Benjamin Pionnier, directeur des lieux, dirige cette nouvelle production du chef d’œuvre de Wolfgang, à la fois conte initiatique (avec claires références à la franc-maçonnerie puisque le compositeur à Vienne était membre d’une loge) et aussi opéra populaire au sens le plus noble du terme : créé le 30 sept 1791 dans la mise en scène du directeur de théâtre (et acteur) Emanuel Shikaneder, La Flûte Enchantée recueille la conception et le travail du dernier Mozart (qui devait mourir quelques semaines après); la partition brille par la force de son orchestre (l’un des plus raffinés de Mozart), par la justesse et la sincérité des situations et des personnages : Mozart fidèle à sa vision de l’opéra, approfondit chaque personnage comme un caractère qui saisit par sa force et son humanité ; y paraissent les héros, acteurs et sujets des épreuves propres à les faire passer de l’ombre à la lumière : la dépressive Pamina (prête à se suicider), le prince qui la sauve Tamino (qui possède la fameuse flûte) ; pour contraster avec ce premier couple « sérieux » et héroïque, Mozart en ajoute un second, car l’opéra est aussi une comédie : Papageno (l’oiseleur trop bavard qui n’écoute pas les autres) et Papagena, sa promise. Tous sont pris dans des situations qui les dépassent, dont le conflit opposant les forces du mal (La reine de la Nuit et ses deux airs stratosphériques) et le temple de la lumière (et de la sagesse) dirigé par le grand prêtre Sarastro dont le savoir s’inscrit dans la philosophie égyptienne. Qui dit vrai dans ce labyrinthe des illusions ? Qui manipule qui ? Quel est le sens de cette action ? Tamino deviendra-t-il cet être de lumière, entraînant dans sa geste héroïque tous ceux qui l’accompagne ? Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours.

 

 
 

 
 

 

 

 
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Opéra de Tours,
Vendredi 8 mars 2019 – 20h
Dimanche 10 mars 2019 – 15h
Mardi 12 mars 2019 – 20h
Jeudi 14 mars 2019 – 20h
RESERVER VOTRE PLACE ici
http://www.operadetours.fr/la-flute-enchantee

Samedi 2 mars 2019, conférence à 14h30
Accès libre, réservation recommandée

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MOZART : La Flûte enchantée
Singspiel en 2 actes
Créé le 30 septembre 1791 au Theater auf der Wieden
Livret d’Emanuel Schikaneder

Nouvelle production de l’Opéra de Tours

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Bérénice Collet
Scénographie et costumes: Christophe Ouvrard
Vidéo: Christophe Waksmann
Lumières: Bérénice Collet et Alexandre Ursini

Tamino : Florian Laconi
Pamina : Marie Perbost
Papageno : Régis Mengus
La Reine de la Nuit : Marie-Bénédicte Souquet
Sarastro : Jérome Varnier
Papagena : Marion Tassou
Première Dame : Clémence Garcia
Deuxième Dame : Yumiko Tanimura
Troisième Dame Delphine Haidan
Monostatos : Olivier Trommenschlager
L’Orateur : François Bazola
Premier Prêtre / Homme d’armes : Camille Tresmontant
Trois Enfants : Maîtrise du Conservatoire Francis Poulenc

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

http://www.operadetours.fr/la-flute-enchantee

Nouvelle Clémence de Titus à TOURCOING

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 février 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Créé au Théâtre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino Mazzolà d’après Pietro Metastasio, l’opéra « La Clémence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandé l’année de sa mort, pour le couronnement de Léopold II sacré roi de Bohème. L’œuvre de circonstance devient par le génie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mésestimé, et qui illustre l’idéal du politique vertueux, une vision influencée par l’esprit des Lumières, Leopold, alors qu’il était Grand-Duc de Toscane, décide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le métier de son autre chef d’oeuvre, la Flûte enchantée, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La Flûte, mais le théâtre destinataire (l’opéra de Prague) a été construit pour produire des opéras italiens (il y a créé Don Giovanni).
Mozart imagine à Rome, Titus, vertueux, est promis à Bérénice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes…). Or dans la capitale impériale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nœud passionnel et politique, Titus révèle sa valeur : la responsabilité, la justice, la clémence. A son contact, même la perfide et haineuse Vitellia se transforme et évolue. En associant émotion, sentiment et devoir, Mozart réalise un sommet de l’inspiration seria. La Clémence de Titus est un opéra à réévaluer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthèse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (où l’intrigante bascule en une révélation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour écrire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximité avec son frère de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste… il a inventé la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mène à la scène finale, éloquente manifestation des vertus du pouvoir : la clémence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner à tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondément fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dès 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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Tito / Titus : Jérémy Duffau, ténor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

Chœur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scène : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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titus-clemence-mozart-1791-opera-tourcoing-atelier-lyrique-de-tourcoing-fevrier-2019-annonce-dossier-presentation

SALZBOURG 2019. Nouvel Idomeneo par Sellars / Currentzis

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81SALZBOURG, 27 juil – 19 aout 2019. IDOMENEO. Le Festival estival autrichien créé en 1922 par Richard Strauss et Hugo Von Hofmannsthal marque les esprits en annonçant entre autres productions événements de son affiche 2019 : Idomeneo de Mozart, opéra symphonique sur le thème de la barbarie divine, mise en scène par Peter Sellars et surtout dirigé par le bouillonnant mais passionnant Teodor Currentzis. Ce dernier vient de publier chez Sony, une captivante Symphonie n°6 de Mahler, après une 6è de Tchaikovski non moins envoûtante… LIRE ci après nos critiques des 2 cd Mahler et Tchaikovsky par Currentzis et son orchestre sur instruments anciens AnimaAeterna, 2 «  CLICs » de CLASSIQUENEWS.
Le 27 juillet 2019, première soirée lyrique du Festival de Salzbourg, affiche au Felsenreitschule (Manège du rocher) : Idomeneo, une nouvelle production prometteuse après la Clemence de Titus présentée par le même duo en 2017. Idomeneo est aussi un opera seria, conçu par un Mozart de 25 ans. Teodor Currentzis dirige pour se faire le Freiburg Baroque Orchestra et le musicAeterna Choir of Perm Opera (un chœur qu’il connaît plutôt très bien, familier de ses enregistrements et productions habituelles).

Distribution annoncée : Russell Thomas (Idomeneo), Paula Murrihy (Idamante), Ying Fang (Ilia), Nicole Chevalier (Elettra), Jonathan Lemalu (Nettuno / La voce / Voix de l’Oracle) ; chorégrapie de Lemi Ponifasio.

currentzis sellars salzbourg idomeneo mozart 2019 premiere announce annonce concert opera par classiquenewsSellars souligne combien avec Idomeneo, Mozart dispose alors à Munich, dans le contexte de création d’Idomeneo, – en 1780 pour le Carnaval, d’une équipe artistique prestigieuse (Lorenz Quaglio, réalisateur des costumes et des décors), un orchestre renommé (les instrumentistes de la Cour de Mannheim, les meilleurs d’Europe), une compagnie de danseurs et des chanteurs célèbres… Ainsi s’affirme le génie du jeune homme, alors en conflit avec son père : un conflit qui se dessine aussi dans l’opéra qui se passe en Crête, dans la relation entre Idomeneo et Idamante, le père et le fils, le premier devant après un vÅ“u déraisonnable, sacrifier à Neptune, le second. Les dieux ont soif et les héros doivent se soumettre à leur pouvoir. C’est Ilia, princesse troyenne (fille de Priam) qui sauvera par sa lumineuse loyauté, celui qu’elle aime et qui devait être immolé…
Ce qui saisit dans Idomeneo, ce sont moins les pages dramatiques inspirées de la Guerre de Troie, des Grecs fiers et inflexibles (voire délirants et jaloux : Elettra), confrontés à la douceur crêtoise… que les pages où il est question de l’impétuosité des éléments marins : Idomeneo est un opéra symphonique et océanique d’un souffle saisissant, où percent avec une véhémence expressive jamais écoutée avant lui, l’orchestre et l’ampleur des ballets. Tout ce qu’avait en son temps, dévoilé le chef Nikolaus Harnoncourt dans un enregistrement légendaire qui a marqué l’histoire du cd et celle de l’interprétation mozartienne… La production est l’événement de cet été 2019 au Festival de Salzbourg. Photo Sellars et Currentzis à Salzbourg : SF/Anne Zeuner.

 

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SALZBOURG, Festivalsalzbourg vignette festival
MOZART : Idomeneo
Peter Sellars / Teodor Currentzis
7 représentations
Du 27 juillet 2019 au 19 août 2019

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.salzburgerfestspiele.at/en/p/idomeneo

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FRANCE 3. GALA le Concert des étoiles : les opéras de Mozart.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81FRANCE 3, vend 14 déc 2018, 21h. Récital Mozart. Le Concert des étoiles réunit les plus belles voix françaises et étrangères, capables de chanter Mozart : legato souverain, phrasés nuancés, finesse et articulation de rêve… c’est à dire capables de réaliser ce bel canto / beau chant, expression dans le cas de Mozart, des sentiments les plus profonds et les plus nobles. Tendresse, vertige amoureux, désir, langueur, passion et panique… rien n’a été omis ni écarté par le compositeur qui savait mieux que personne exprimer la texture délicate des sentiments humains.

Présentation de l’émisison par France 3 : « Wolfgang Amadeus Mozart est l’un des compositeurs les plus joués à travers le monde. Génie précoce, il composa une Å“uvre unique en son genre par sa profusion et son universalité, qui demeure l’une des plus jouées dans le monde.
À travers les plus grands airs et morceaux de son répertoire, de grands artistes lyriques et instrumentistes venus du monde entier vont se produire sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées, pour célébrer l’un des plus grands compositeurs de l’histoire de la musique classique : Wolfgang Amadeus Mozart.
L’émission alterne des images d’archives de grands interprètes mozartiens, des mises en scène marquantes de ses opéras, ainsi que des airs d’opéra et des extraits d’œuvres instrumentales interprétés sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées par une nouvelle génération d’artistes de renommée internationale. »

Au programme, plusieurs airs et scènes des opéras mozartiens ; avec les artistes interprètes suivants :
Julie Fuchs (soprano)
Olga Peretyatko (soprano)
Sabine Devieilhe (soprano)
Christina Gansh (soprano)
Aleksandra Kurzak (soprano)
Karine Deshayes (mezzo)
Marianne Crebassa (mezzo)
Michael Spyres (ténor)
Florian Sempey (baryton)
Luca Pisaroni (baryton basse)
Andreas Ottensamer (à la clarinette)
Mathilde Calderini (à la flute)
Xavier de Maistre (à la harpe)
Nicolas Ramez (au cor)
Adam Laloum (au piano)

france3 logo 2019 2019Pour les fêtes de Noël 2018, France 3 promet un prochain rv lyrique dédié à l’art de l’unique diva, première belcantiste exemplaire, Maria Callas. A suivre.

TOURCOING, nouvelle La Clémence de Titus de Mozart

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartTOURCOING, 3-7 février 2019. MOZART : La Clémence de Titus. Créé au Théâtre National de Prague le 6 septembre 1791, sur le livret de Caterino Mazzolà d’après Pietro Metastasio, l’opéra « La Clémence de Titus » est l’ultime « opera seria » de Mozart, commandé l’année de sa mort, pour le couronnement de Léopold II sacré roi de Bohème. L’œuvre de circonstance devient par le génie mozartien, chef d’oeuvre absolu, encore mésestimé, et qui illustre l’idéal du politique vertueux, une vision influencée par l’esprit des Lumières, Leopold, alors qu’il était Grand-Duc de Toscane, décide la fin des pratiques de torture et abolit la peine de mort.  Sur le métier de son autre chef d’oeuvre, la Flûte enchantée, Mozart voulait composer La Titus en allemand comme La Flûte, mais le théâtre destinataire (l’opéra de Prague) a été construit pour produire des opéras italiens (il y a créé Don Giovanni).
Mozart imagine à Rome, Titus, vertueux, est promis à Bérénice, (la princesse orientale lui a transmis les valeurs morales les plus hautes…). Or dans la capitale impériale, l’empereur est la proie d’une trahison et d’un complot contre sa personne. Vitellia qui aime Titus, manipule le meilleur ami de Titus, Sextus (d’auant plus facilement que ce dernier aime Vitellia).
Dans ce nœud passionnel et politique, Titus révèle sa valeur : la responsabilité, la justice, la clémence. A son contact, même la perfide et haineuse Vitellia se transforme et évolue. En associant émotion, sentiment et devoir, Mozart réalise un sommet de l’inspiration seria. La Clémence de Titus est un opéra à réévaluer d’urgence.
Le compositeur qui écrit aussi le Requiem (laissé inachevé), conçoit des ensembles qui annonce le final à la Rossini : synthèse dramatique et réunion des personnages qui dans ce temps suspendu, expriment chacun leur propre pensée et sentiments.
Parmi les instruments choisis qui colorent la partition, la clarinette de basset pour Sextus, le cor de basset pour le grand air de Vitellia au II (où l’intrigante bascule en une révélation intime qui la rend enfin plus humaine et compatissante). Pour écrire les parties de chacun de ces instruments, Mozart profite de sa proximité avec son frère de loge, Anton Stadler (1753-1812), joueur virtuose de cor de basset et clarinettiste… il a inventé la clarinette de basset avec l’aide du fabricant Theodor Lotz. Toute l’action mène à la scène finale, éloquente manifestation des vertus du pouvoir : la clémence de Titus avec laquelle l’empereur accepte de pardonner à tous ceux qui ont voulu le tuer. Avant de mourir, Mozart nous laisse un message humaniste et profondément fraternel.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Clémence de Titus
Opéra en deux actes
3 représentations, Du 3 au 7 février 2019

OPÉRA, CRÉATION, dès 10 ans
2h45
ITALIEN SURTITRE FRANÇAIS

Dimanche 3 février 2019 15h30
Mardi 5 février 2019 20h
Jeudi 7 février 2019 20h

TOURCOING, Théâtre Municipal Raymond Devos
de 6 à 45€
RÉSERVEZ
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/spectacle/la-clemence-de-titus/

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Tito / Titus : Jérémy Duffau, ténor
Vitellia : Clémence Tilquin, soprano
Sesto : Amaya Dominguez, mezzo-soprano
Annio : Ambroisine Bré, soprano
Servilia : Juliette Raffin Gay, soprano
Publio : Marc Boucher, baryton-basse

Chœur de l’Atelier Lyrique de Tourcoing
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Direction musicale : Emmanuel Olivier

Mise en scène : Christian Schiaretti
Chef de chant : Flore Merlin

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CD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon)

seong jin cho mozart nezet seguin cd dg critique review cd par classiquenewsCD, critique. Evénement : MOZART : Seong Jin Cho, piano. MOZART (1 cd DG Deutsche Grammophon) Evidemment l’accompagnement (et davantage du maestro québécois Yannick Nézet-Séguin, mozartien de premier plan, depuis son intégrale lyrique en cours depuis Baden Baden chaque été avec Rolando Villazon) est un « plus » décisif, pour un jeune pianiste. Mais le tempérament de ce dernier évite bien des erreurs que d’autres, parmi ses confrères surtout asiatiques, cultivent malgré leur célébrité : Jin Cho collectionne, lui, avec une attention peut-être encore trop précautionneuse, à l’inverse de ses confrères (et consoeurs), une pudeur, et une retenue qui sait aussi s’exprimer dans le clavier. Son refus de la pure virtuosité, soeur d’une ineffable et bien présente intériorité fait miracle ici, car ce Mozart de 1785 (Concerto), d’une maturité experte et si intensément poétique, expose à nu ; révèle les limites d’un jeu sans âme. Rien de tel chez le jeune coréen, déjà remarqué pour ses audaces et introspections chopiniennes et qui gagne dans ce nouveau programme d’indiscutables palmes mozartiennes. Créé à Vienne par Wolfgang lui-même, le Concerto n°20 est un sommet d’élégance et de profondeur, un mariage inouï entre séduction et vérité. A 29 ans, Mozart démontre un génie inclassable, traversé comme personne par la grâce la plus pure. En mode mineur comme le K 491 (ré mineur), il ouvre la voie des pièce maîtresse de l’histoire de la musique, comme est essentielle aussi, par sa couleur et sa progression architecturée, le Symphonie unique de Franck.

Mozart Wolfgang portrait par classiquenews -by-Croce-1780-81Par son innocence éperdue qui affleure dans le mouvement central, le Concerto fait de son essence tragique, un miroitement pudique constellé de nuances tendres. Une telle palette d’émotions et d’accents millimétrés s’entend rarement chez les interprètes. Or cela est palpable dans le jeu du coréen, dans ses audaces (variations libres du premier mouvement) et dans son respect scrupuleux des dynamiques. Le Concerto n°20 est parmi les plus bouleversants de Wolfgang, touchant et au delà par sa profondeur tragique, une sincérité qui désarme et saisit par sa justesse. La finesse d’intonation du jeu pianistique suscite l’admiration par son équilibre, sa mesure, et aussi une simplicité du style qui s’écarte comme on a dit de l’arène plus commune et pourtant largement médiatisée défendue par ses confrères et consoeur asiatiques, surtout chinois. A chacun de deviner (les pianistes de Chine ne sont pas si nombreux actuellement). Le coréen sait demeurer pudique, presque secret, apportant la tendresse et l’humanité, la gravitas et cette innocence qui est insouciance, tant vénérée et sublimée par l’écriture du divin Wolfgang.

 

 

 

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  Après la complicité et l’écoute résolument chambriste qui unit soliste et chef dans le Concerto n°20, voici deux Sonates parmi les plus redoutables, ne serait-ce que par l’étendue là encore des couleurs contrastées. Dans la Première sonate (K281), le pianiste saisit le caractère fantasque du dernier mouvement ; ses élans tenant du caprice (Rondo – Allegro, plage 6).

L’ultime sonate du programme K332 a cette légèreté tragique et chantante et grave qui révèle l’interprète capable de vrais éclairages intérieurs, d’une éloquence tendre et toujours à l’écoute du cÅ“ur.
Pourtant parfois on aimerait une ciselure plus nuancée encore de l’écriture allegro. Une articulation plus proche de la parole et de l’intonation émotionnelle. Mais d’une manière générale, la sensibilité inspire une approche ténue proche de l’intime, cultivant l’extrême délicatesse pudique qui renvoie au Schubert le plus rêveur et le plus introspectif.
Pourtant jeune et nouveau sur la planète Mozart, le jeune coréen surprend par son attention à la clarté pudique, à l’intonation  rentrée, parfois secrète, débarrassée de toute affectation, une bouleversante sincérité qui se révèle véritablement dans le mouvement central de la K332, d’une tendresse enivrante, idéalement inscrite dans les replis d’un songe intime.
VCLIC D'OR macaron 200oilà donc une remarquable lecture mozartienne. Celui qui s’est jusque la affirmé non sans arguments chez Chopin, dévoile ici des affinités évidentes chez Wolfgang entre candeur et vérité. Bouleversant d’intelligence et de nuance sans l’artifice de la pure démonstration technicienne. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2018.

 

 

 

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CD, événement, critique. Seong-Jin Cho, piano. Mozart: Piano Concerto No. 20, K. 466; Piano Sonatas, K. 281 & 332. Chamber Orchestra of Europe. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 cd DG Deutsche Grammophon.

 

 

 

La Flûte enchantée de Mozart version Castellucci

mozart wolfgang _doris_stockminiarte_logo_2013ARTE, Dim 2 déc 2018, 01h20. MOZART : La Flûte Enchantée. Romeo Castullucci. Il était une époque (heureuse) où la chaine culturelle portait bien son nom et programmait des opéras en prime time. A présent il faut attendre le milieu de la nuit pour visionner les productions lyriques. Comme cette Flûte de Mozart, enregistrée à Bruxelles (La Monnaie) et qui a fait les honneurs de l’actualité entre autres grâce à la mise en scène de Romeo Castellucci, bien connu à présent pour ses créations visuelles d’une portée onirique parfois spectaculaire (cf son Parsifal de 2001, LIRE notre critique complète du dvd PARSIFAL par Castellucci), grâce aussi à la plus mozartienne de nos coloratoures françaises, Sabine Devielhe (qui aura quand même raté sa prise de rôle de Zerbinetta dans Ariane à Naxos de R Strauss cet été à Aix en Provence, juillet 2018), qui chante à Bruxelles, le tempérament hystérique (calculateur) de la Reine de la nuit.
Présentée en octobre 2018, la production surprend et fascine à la fois car elle prend ses distances avec le singspiel le plus populaire du dernier Mozart. Comme souvent, à présent, les metteurs en scène s’approprient les livrets, repensent même la temporalité pourtant justifiée par la dramaturgie originelle et réinventent le temps et l’imaginaire visuel des ouvrages… Ici, on ne comprend pas pourquoi l’italien a supprimé les dialogues, lesquels permettent quand même d’identifier le rôle et le but des protagonistes. Ainsi pour le spectateur non connaisseur, impossible de mesurer en quoi le prince Tamino est manipulé par la Reine de la nuit qui lui demande de sauver de « l’infâme Sarastro » (la basse hongroise Gábor Bretz), sa fille, Pamina. Le jeu des manipulation est rendu complexe alors que l’histoire inventée par Shikaneder et Mozart est à la source d’une grande lisibilité. Clarté qui n’empêche pas des zones d’ombre, car le temple de sagesse et de fraternité que pilote le grand maître Sarastro n’a t il pas établi un ordre fondé sur l’esclavage, entre autres entretenu par l’infect Monostatos et sa clique de sbires, tous affectés à torturer la pauvre Tamina ? Du moins les apparences le laissent croire… Mais au cours d’une initiation progressive, le couple d’élus, Pamina et Tamino, en confiance et en amour, réussit à vaincre chaque épreuve, et atteindre à cette conscience fraternelle qui est l’idéal présenté par les prêtres du Temple. D’ailleurs, dans cette série d’épreuves, le prince valeureux prend soin de réclamer à ses côtés la participation de celle qu’il aime : l’égalité des sexes est l’autre composante, revendiquée par Mozart et son librettiste. Admirable inspiration. Direction musicale : Antonello Manacorda

arte_logo_2013ARTE, Dim 2 déc 2018, 01h20. MOZART : La Flûte Enchantée. Romeo Castullucci.

NOËL symphonique à ORLEANS

ORLÉANS. CONCERTS de NOEL 2018. Les 15 et 16 déc 2018. Pour célébrer le temps de Noël, l’Orchestre Symphonique d’Orléans et le Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans fusionnent leurs forces vives à l’église Saint-Pierre du Martroi et offrent un somptueux Concert de Noël, une tradition à présent pour les Orléanais soucieux de vivre une grande expérience pour les fêtes de fin d’année.

ORLEANS-concert-de-NOEL-2018-marius-Stieghorst-concerts-annonce-sur-classiquenews

 

 

orchestre-orleans-maestro-chaf-concert-portrait-par-classiquenewsMarius Stieghorst, le chef et directeur artistique de l’Orchestre Symphonique d’Orléans, a conçu un programme particulièrement original et éclectique, généreux en styles et accents contrastés, où perce le timbre éclatant des trompettes (Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo de Telemann), aux côtés de l’exaltation des voix (Messe Nelson de Haydn, Alma Dei creatoris de Mozart…). Pour ce concert de Noël, Marius Stieghorst confie la baguette à Gildas Harnois, qui a déjà dirigé l’Orchestre Symphonique d’Orléans à maintes reprises. Organiste titulaire de la Cathédrale Sainte-Croix d’Orléans depuis 1997, il est bien connu des Orléanais. Il est par ailleurs Chef de la Musique des Gardiens de la Paix depuis juillet 2014, formation qu’il dirige à Paris et à l’étranger.

 

 

SAMEDI 15 DÉCEMBRE 2018 à 20h30boutonreservation
DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2018 à 16h00
ORLEANS, Église Saint-Pierre du Martroi

 

 

GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277

JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11

Isabelle PHILIPPE, soprano
Laure DUGUÉ, alto
Matthieu JUSTINE, ténor
Marc LABONNETTE, basse
Vincent MITTERAND – Guy-Claude CHARCELLAY- Thibault COLLONGE, trompettes
ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS
Chœur Symphonique du Conservatoire d’Orléans / Elisabeth RENAULT, chef de chœur
Gildas HARNOIS, direction

 

 

 

 

Présentation des oeuvres

 

 

GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3
Georg Philipp TELEMANN compte parmi les compositeurs les plus prolifiques et les plus novateurs de l’âge baroque, en ce XVIIIè éclatant, qui n’est pas encore celui des Lumières, mais éblouit néanmoins par la prééminence dévolue à la musique : Telemann dirigea la musique à Hambourg, maître incontesté du prestige musical et culturel de la ville à l’époque où JS Bach son contemporain « végétait » à Leipzig, en prise avec ses employeurs indignes de son talent… Mêlant spectaculaire et intime, le Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo affirme le génie de Telemann, à l’écriture raffinée et dramatiquement efficace ; la partition réserve de bien belles surprises, à l’image des magnifiques solos de hautbois qui apportent une touche subtile de sérénité à la tonalité solennelle et majestueuse de l’œuvre. Grandiose et pourtant recueillie, l’œuvre s’inscrit idéalement pour le temps de Noël.

 

 

WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277
Mozart a composé cet offertoire peu de temps après avoir démissionné de la Cour de Salzbourg : il ne pouvait supporter les humiliations répétées à son encontre, perpétrées par son employeur Coloredo. Écrite pour soprano, alto, ténor, chœur, violons et basse continue, la partition mariale alterne avec douceur et sérénité les interventions des solistes et celles du chœur.

 

 

JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11
Cette messe est sans doute la plus dramatique, la plus puissante et la plus populaire des quatorze messes écrites par Joseph Haydn. Écrite avec raffinement dans une tonalité sombre (ré mineur), elle génère et entretient au fil de chacune de ses parties une véritable tension lyrique. Le chef-d’œuvre de Haydn est l’un des sommets de la composition liturgique à l’époque des Lumières. Haydn y déploie son génie du raffinement viennois et son goût de l’opéra.

 

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES
Lieu : Église Saint-Pierre du Martroi
Tarifs : de 25/22/12€
Horaires des Concerts : samedi 15 décembre à 20h30 – dimanche 16 décembre à 16h00
Réservations : Bureau d’Orléans Concerts 6 rue Pothier – 45000 Orléans (Ouvert au public de 13h à 18h, du lundi au samedi) Tél : 02 38 53 27 13

Site Web : www.orchestre-orleans.com

 

 

 

CD, critique. MOZART : Apollo et Hyacinthus (Classical Opera, Ian Page, Signum classics, 2011)

Apollo-Web-Square mozart classical opera the mozartist ian page cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. MOZART : Apollo et Hyacinthus (Classical Opera, Ian Page, Signum classics, 2011). Frénétique (post gluckiste), nerveux, sanguin, l’orchestre de Appolo et Hyacinthus prolonge la coupe et la syncope du Sturm un drang, tout en révélant déjà la sensibilité émotionnelle du jeune Mozart, ici confronté à l’opéra pour la première fois, réussit plutôt un ouvrage qui relève du genre oratorio. Commande de l’Université des bénédictins de Salzbourg en 1767, l’ouvrage est le fruit des réflexions très mures déjà d’un compositeur de 11 ans. D’emblée c’est l’assurance et la tendresse de l’écriture qui force l’admiration (ampleur à la fois noble et profonde du premier choeur « Numen o Latonium », qu’accompagne un orchestre d’un raffinement absolu. L’ouvrage est l’aboutissement d’un travail et d’une conception, prolongement de sa tournée européenne réalisée en 1766, au cours de laquelle le jeune compositeur recueille la riche expérience et le style des contrées traversées. Wolfgand n’en est pas à sa première pièce d’envergure : il a déjà composé « Die Schuldigkeit des ersten Gebots / Le devoir du Premier Ordre » (mars 1767), suivi par la superbe musique de la Grabmusik. Ces premiers accomplissements, séduisants, et profonds – la profondeur si absente chez tous les compositeurs contemporains, fondent sa première notoriété et conduit les autorités de Salzbourg à solliciter le jeune compositeur au milieu des années 1760, alors qu’il est à peine adolescent. Sur le livret du père Widl, Mozart traite de l’amour du dieu Apollon pour le jeune Hyacinthe. Le dieu lui apprend le lancer du disque. Mais à cause de Zéphyr, également amoureux du beau mortel, Hyacinthe reçoit le disque à la tempe et meurt dans les bras d’Apollon, inconsolable. Dans son sang répandu, au sol, émergent bientôt des … iris (et non des jacinthes). Selon les recherches de certains historiens spécialistes de la mythologie, l’amour d’Apollon pour Hyacinthe serait à l’origine des mythes pédérastes en vigueur à Sparte.
Pour rendre le mythe acceptable et hautement moral, Widl modifie la crudité de la légende antique et spartiate, il invente le personnage de Melia (qui devient la soeur de Hyacinthe), laquelle est la jeune femme qu’Apollon souhaite épouser… au grand dam de Zéphyr qui aime aussi la dite Melia; mais après avoir appris que Hyacinthe son frère a été frappé mortellement par le disque d’Apollon, en présence de Zéphyr, la jeune femme exige du dieu qu’il disparaisse. Mais Oebalus, père de Hyacinthe, recueille avant sa mort, la confession par son fils, que c’est Zéphyr qui l’a tué. Melia, Oebalus souhaitent n’avoir pas offensé Apollon dont la protection est garante de l’harmonie et de la paix du royaume. Finalement, Apollon célèbre la mémoire de Hyacinthe en permettant que paraissent des jacinthes au lieu de sa mort : le dieu peut épouser Mélia.
Ian Page respecte l’histoire et le genèse de l’opéra de Mozart : la juvénilité et cette fraicheur mordante et palpitante qui fut certainement celle à l’oeuvre lors de la création de l’opéra, défendu par plusieurs chanteurs adolescents Mélia, Haycinthe étant incarnés et chantés par de jeunes chanteurs âgés de 15 et 12 ans ! Inimaginable précocité qui en dit long sur la maturité des chanteurs de l’époque. Même le personnage d’Apollo fut créé par une jeune contralto Johann Ernst, alors âgé de 12 ans !
Zazzo incarne idéalement Apollon par son timbre à la fois clair et charnu. Klara Ek, une Mélia, ardente, expressive, au relief irrésistible ; Sophie Bevan, familière de la troupe réunie par Ian Page, un Hyacinthe sensible, tendu, aux arias ductiles, souples ; aux récitatifs, sculptés dans un marbre tendre. D’ailleurs tous les chanteurs défendent cette partition de la jeunesse, habitée par une élégance salzbourgeoise singulière. Même le Zéphyr de Christopher Ainslie est d’une rare élégance, soucieuse de l’articulation du texte en latin « Enl duo conspicis » ; même enthousiasme et évaluation positive l’Oebalus (roi de Laconia) de Andrew Kennedy, à la musicalité élégantissime (dans la mouvance des Howard Crook, ou John Mark Ansley, ainsi son recitatif remarquable de justesse linguistique (« Quis ergo Natel » qui ouvre le CHORUS ou PARTIE II, puis l’air d’une rare autorité vocale en intonation très juste elle aussi « Ut navis » qui affirme le génie précoce de Wolfgang)… Que dire ensuite du duo Oebalus / Melia : “Natus cadit”, marche à deux voix, lacrymale, funèbre, d’une force sincère, qui annonce la gravitas des opéras de la maturité. Le geste du chef, de l’orchestre, des deux chanteurs est des plus convaincants : il démontre que Wolfgang âgé de 11 ans, préfigure la vérité du Mozart des années 1780.

La caractérisation des personnages, assurant une épaisseur délectable à chaque personnage, la tenue superlative de l’orchestre, vraie instance expressive, nerveuse et élégante, idéalement inspirée par l’esthétique Sturm und Drang… renforcent la qualité et l’apport de cette première. Nul doute, les Britanniques réunis par Ian Page au sein de son collectif Classical Opera assurent aujourd’hui la meilleure offrande mozartienne. Les duos sidérants de justesse et de maturité (Mélia / Apollon : « Discede Crudelis » / puis Eobalus/Melia : « Natus cadit »), témoignent de l’ardente sensiblité du Mozart adolescent, écrivant pour les très jeunes chanteurs de l’Université de Salzbourg. A Ian Page, revient le mérite d’avoir saisi cette couleur spécifique de l’adolescence dans sa lecture en tout point superlative.

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CLIC_macaron_2014CD, critique. MOZART : Apollo et Hyacinthus (Classical Opera, Ian Page, 1 cd Signum classics) – enregistrement réalisé à Londres 2011 – CLIC de classiquenews de novembre 2018. EN LIRE PLUS sur le site de CLASSICAL OPERA / THE MOZARTISTS / IAN PAGE

Andrew Kennedy : Oebalus
Klara Ek : Melia
Sophie Bevan: Hyacinthus
Lawrence Zazzo : Apollo
Christopher Ainslie : Zephyrus
CLASSICAL OPERA
Ian Page, direction

CD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page (2 cd Signum records, 2015)

MOZART in london ian page cd review critique cd par classiquenewsCD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page (2 cd Signum records, 2015). A 9 ans, le jeune Wolfgang entend séduire toute l’Europe grâce à un « tour » général qui passe évidemment par Londres, d’avril 1764 à juillet 1765, soit son séjour le plus long dans une capitale européenne. Piloté par son père Leopold, le jeune prodige enchante les têtes couronnées et les patriciens britanniques, tous émus par ses dons au clavecin principalement. Mais l’impact de ce séjour à Londres se révèle surtout profitable pour la jeune imagination du futur compositeur car à Londres il rencontre ainsi nombre de créateurs déjà adulés et établis dont surtout Johann Christian Bach ou l’excellent symphoniste Karl Friedrich ABEL (proche de Johann Chrisitan) qui signe ici en fin de cd2, un bel exercice tripartite, dans le style fiévreux, frénétique, napolitain (Symphonie opus 7 n°6). Le père d’Abel fut altiste jouant avec JS Bach à Köthen. C’est dire le niveau. Cette Symphonie qui marqua Wolfgang, lui fut longtemps attribuée. Voilà un éclairage qui rend légitime le programme conçu par le directeur musical des bien nommés « MOZARTISTS », Ian Page, actuel champion de la cause mozartienne, outre Manche. Les chanteurs réunis autour du chef britannique auquel on doit d’difiantes restitution des opéras de jeunesse de Wolfgang (déjà critiqués et certains distingués sur CLASSIQUENEWS : Zaide, Il Sogno di Scipione, Bastien und Bastienne ; un récital titre Perfidi de Sophie Bevan, artiste associée de la troupe lyrique… sans omettre Die Schuldigkeit des Ersten Gebots, Mitridate, Re di Ponto (tous enregistrements chez Signum records).

Désormais il y a bien un geste et une sonorité mozartienne en Grande Bretagne car dans ce nouveau recueil, la troupe pilotée par Ian Page apporte d’indiscutable bénéfices. Le double album évoque ainsi à travers arias d’opéras, opus instrumental tout un creuset musical propre à la Londres des années 1760, dans lequel Wolfgang a su façonner par réaction sa propre personnalité artistique (en témoignent ses 3 essais symphoniques KV 16, 19 et 19a) : autant de partitions qui montrent la perméabilité du jeune créateur, curieux de tout et aspirant toute évolution stylistique efficace. Ian Page s’inscrit dans le sillon des Marriner, Pinnock… capable d’une fluidité expressive engageante, d’une vitalité rythmique de belle facture ; à ce jeu des mises en contexte, les symphonies de Mozart et d’Abel se distinguent très nettement par la cohérence du geste collectif et la sonorité euphorique de l’orchestre. Voici à nouveau un opus enthousiasmant à mettre au crédit de la phalange londonienne. A suivre.

 

 

 

 

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CD, critique. MOZART IN LONDON (1764-1765). The Mozartists / Ian Page, direction (2 cd Signum records). Enregistré à Londres en février 2015.

COMPTE RENDU, opéra. AVIGNON, le 23 oct 2018. MOZART : Le Nozze di Figaro. Grögler / Aragón

MOZART wolfgang vienne 1780 1790 classiquenews 1138381-portrait-wolfgang-amadeus-mozartCOMPTE RENDU, opéra. AVIGNON, le 23 oct 2018. MOZART : Le Nozze di Figaro. Grögler / Aragón. D’ABORD L’ŒUVRE : Le Roman de la famille Almaviva. Le nozze di Figaro, ‘Les noces de Figaro’ de Mozart, opéra bouffe créé à Vienne en 1786, est avec Don Giovanni (1787) et Cosí fan tutte (1790), l’un des trois chefs-d’œuvre que le compositeur signe avec la collaboration du génial Lorenzo da Ponte pour le livret, poète officiel de la cour de Vienne. Il s’inspire de La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro (1785), volet central de la trilogie théâtrale de Beaumarchais, Le Roman de la famille Almaviva, qui comprend Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile, 1775,ce Mariage de Figaro doncet  L’Autre Tartuffe ou la Mère coupable, 1792, en pleine Révolution française, située à Paris.

 

 

Un comte pas très à la noce

 

 

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Dans ce Mariage de Figaro, on retrouve les mêmes personnages que dans le Barbier de Séville :  pour les secondaires, don Basile, le professeur de musique intrigant et vénal, pour les principaux, le Comte Almaviva, grand seigneur andalou qui, grâce à l’ingéniosité du barbier Figaro, a enlevé puis épousé la pupille de Bartolo, Rosine devenue la Comtesse délaissée du Mariage de Figaro. Ce dernier, encore héros en titre, devenu valet de chambre du Comte, va épouser le jour même Suzanne, nouveau personnage, camérière et confidente de la triste Comtesse, et l’on trouve la vieille Marceline, obstacle à ces noces car elle prétend épouser Figaro sur la promesse de mariage qu’il lui a faite contre un prêt d’argent qu’il ne peut rembourser. Enfin, un autre personnage essentiel à l’intrigue paraît, Chérubin, un jeune page turbulent et amoureux qui sème involontairement le trouble sur son passage.

 Pièce prérévolutionnaire
Écrite dès 1781, la pièce de Beaumarchais n’est créée que trois ans plus tard, mais censurée pendant des années. Car c’est bien une pièce prérévolutionnaire, dont les répliques contondantes font mouches, commele féminisme de Marceline,insurgée contre la dépendance des femmes qui ne pouvaient même pas administrer leur fortune, et s’indigne :
« Traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes ! »
Si, dans le Barbier, Figaro avait deux sentences d’une spirituelle impertinence contre les nobles : « un grand nous fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal » et déclare impunément au Comte : « Aux vertus qu’on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d’être valets ? », dans le Mariage, on trouve la fameuse phrase  de Figaro devenue la devise du journal éponyme, de même nom : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur. »
Il y a, surtout, dans le second volet du triptyque, la révolte argumentée du valet Figaro, parfait et loyal serviteur du Comte, qu’il aida à séduire et enlever Rosine. Mais Suzanne lui découvre que son maître ingrat le trahit, veut rétablir le « droit de cuissage » qu’il avait aboli, droit du seigneur de posséder avant lui la fiancée de son serviteur, prétend coucher avec celle qu’il doit épouser le jour même. Car, tout comme Le Barbier de Séville précédent, c’est aussi une comédie à l’espagnole avec des parallélismes entre les maîtres et les valets, mais ces derniers deviennent aussi premiers, les valets disputent la première place aux maîtres et donnent même le titre de la pièce. Ils entrent en conflit avec eux, pour le moment en secret, avec la ruse, force des faibles. Et c’est la fameuse tirade, le monologue de Figaro, qui annonce la Révolution en dénonçant la noblesse :
« Parce que vous êtes un grand Seigneur, vous vous croyez un grand génie !… Noblesse, fortune, un rang, des places […] Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus… »

Terrible réquisitoire d’un plébéien, d’un Tiers état, qui rue dans les brancards et demandera bientôt l’abolition des privilèges indus de la noblesse
L’empereur Joseph II, frère de Marie-Antoinette, despote éclairé, favorable à Mozart, écartelé entre libéralisme et conservatisme royal, avait interdit à Vienne la pièce de Beaumarchais, mais pas sa lecture. Il approuva le livret de da Ponte, purgé de ses audaces, du moins la tirade finale impitoyable de Figaro contre la noblesse, qui devient simplement un air convenu contre les ruses des femmes quand il croit que Suzanne a cédé aux avances du Comte. Cependant, sous la trame d’une ingénieuse comédie aux rebondissements incessants fous et loufoques de cette « folle journée », le conflit entre peuple et noblesse demeure latent et même avoué et ouvert : Figaro, découverts le désir et projet du Comte, décide de le déjouer et le noble, joué, désire se venger sans pitié de ses domestiques. C’est une lutte des classes, dont la franchise est cependant feutrée par le rapport des forces entre le maître tout-puissant et ses serviteurs contraints à jouer les renards contre le lion, la ruse contre la force. S’ajoute l’alliance de la femme humiliée par l’homme (pourtant perdante, en France, de la proche Révolution qui lui refusera le droit de vote mais pas celui de mourir sur l’échafaud…)

 

 

RÉALISATION
C’est sans doute l’une des lignes subtiles de la mise en scène de Stephan Grögler : un éclairage, ténébreux (Gaëtan Seurre), paradoxal pour cette pièce des Lumières mais d’un temps obscurément tenté et teinté par les noirceurs gothiques, une trouble lumière sur le statut de la femme, statue idolâtrée en paroles, mais abandonnée sur son piédestal de courtoisie : la femme, on en joue, on en jouit, on la jette.
D’entrée, durant l’ouverture animée, une nuée de corbeaux masculins en frac à la poursuite de caillettes défroquées à consommer sur canapé, en guépière, fuyant la virée survoltée de la meute virile, image répétée de harcèlement des oies pas forcément blanches, de chasse au sexe, répétée, mais sans doute inutilement tirée, par les costumes, vers notre actualité féministe alors que l’histoire prouve que cela n’a pas d’époque, sujet même de la pièce. Pareillement, en lever de rideau du dernier acte, dans une pénombre favorable aux forfaits, déplorant son épingle perdue, c’est sans doute sa virginité que pleure Barbarina probablement violée de dos par le Comte, honteusement, qui fuit furtivement, fatalité de l’oppression masculine. Même notre héros, Figaro, héraut de la révolte des femmes et faibles contre le Comte, ne s’embarrasse guère de manières pour jeter sans façons, sa chère Suzanne au sol. Quant au Comte, il ne compte en rien la politesse courtoise de son rang pour gifler la Comtesse. Chérubin, malgré son charme juvénile, est bien rejeton de la même engeance qui ne déroge pas à la règle, s’arrogeant tout pouvoir sur toutes les femmes, Comte et Don Juan en puissance : les libertés qu’il prend même sur la Comtesse sont déjà celles du libertin, le consentement sensuel de la dernière semble anticiper la troisième pièce du volet, La Mère coupable, où, effectivement, elle lui aura cédé, enceinte même de ses œuvres (Figaro, figurant un soldat blessé lors de l’air sur Chérubin à la guerre annonce sans doute aussi cette pièce où Chérubin est mort au champ d’honneur).
Plus évidente, signés aussi de Grögle, la ligne de force des décors sans décorum de ces aristocrates qui vont prochainement être déménagés par l’Histoire : un bric-à-brac de bric et de broc sur une scène, encombrée de tous les dérangements d’un vrai déménagement, paquets, meubles et une échelle, servant parfois de tribune aux harangues triomphante des personnages. C’est bien justifié puisque l’on sait que le Comte, nommé ambassadeur par le roi, s’apprête à partir pour Londres, avec armes et bagages. Sensation de labyrinthe dont se tireront sans doute les malins dans un jeu de chat et souris, Figaro emménageant avec volupté, aménageant son avenir avec Suzanne, mais sentiment de monde en ruines, de chaos, qu’il faudra bien réordonner un jour, et l’on voit ici les prémices de la révolte des gueux contre le maître, guère à la noce, près de rendre des comptes, le Comte. Dans les meubles, un incongru fauteuil blanc moderne, avec d’autres signes, au milieu de justes et jolis costumes XVIIIesiècle (Véronique Seymat), ceux décalés au XXe, clin d’œil avoué au bal masqué deLa Règle du jeude Jean Renoir, mais sacrifice au mélange des époques lassant d’être tant ressassé depuis les années 70 de Chéreau et autres, comme si un spectateur contemporain était incapable de lire l’aujourd’hui dans une Å“uvre d’hier, semant la confusion historique, déjà bien grande par les temps qui courent, chez les « primo arrivants » à l’opéra, notamment les jeunes. Un étendage impromptu de draps rideaux, permet un jeu de cache-cache théâtral plaisant au piquant duo entre Suzanne et Marcelline.

 

 

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INTERPRÉTATION
Dès les premières mesures, nerveuses, fiévreuses de l’ouverture, qui annonce cette Folle journée, la direction musicale de Carlos Aragón s’impose par une battue ferme mais souple, maintenant un tonus implacable et impeccable, admirable dans les longues scènes de conversation chantée de l’acte II, un continuum musical à couper le souffle, mais non celui des chanteurs solidairement soutenu. Les finales concertants sont éblouissants de précision sans rien oblitérer du jeu scénique de cette musique faite théâtre en chacune de ses notes. Il cisèle le fandango (que Mozart emprunte à Gluck) et donne à cette danse toute sa fière noblesse populaire, d’une sensualité sobre, sans bavure. On s’étonne de l’absence du nom, dans la distribution, du continuiste si plaisamment inventif, faisant rebondir les récitatifs de ses ponctuations humoristiques, avec des échos des airs de Figaro, de Chérubin.
Tous les chanteurs sont de la nouvelle génération d’interprètes, capables d’être d’excellents acteurs, et l’on sent le plaisir, communicatif, qu’ils ont eu à se plier aux subtilités de leur metteur en scène et aux impératifs du chef. La cohésion est sensible et leur plaisir, communicatif.
Eric Vignau est un insinuant Basilio, pervers à souhait, ironique, campant aussi Don Curzio lors du jugement. Yuri Kissin incarne un solide et sombre Bartolo vengeur au début puis l’ivrogne et obstiné Antonio. On regrette que sa digne compagne Marcellina, personnage très intéressant, vraie féministe de la pièce, se voit amputée de son air à l’ancienne car la voix cocasse de Jeanne-Marie Lévy lui donne une belle caractérisation.Il semble que la Barbarinade Sara Gouzy, elle, se voit gratifiée d’une petite scène supplémentaire qu’on ne regrette pas tant sa voix et jolie et touchant son air de lever de rideau, « L’ho perduta… ». Le Cherubino d’Albane Carrère remporte tous les cœurs, de la scène et du public. Si, perché sur l’échelle, le tout juste début de son premier air fiévreux, éperdu, est perdu pour les paroles, la suite et sa célèbre chansonnette à la Comtesse sont d’un galbe élégant et, en même temps, expressif. Déshabillé, habillé, c’est un poupon, un homme encore objet et jouet pour les dames, mais la mise en scène, plus que souligner le trouble sensuel qu’il sème chez elles, le montre déjà enhardi, adolescent passant déjà à l’acte avec la Comtesse dont on sent qu’elle ne pourra rien lui refuser.
D’autant, que, dans l’incarnation de María Miró, le désir de vengeance contre l’infidèle et déjà lointain époux se joint sûrement à la frustration sexuelle. Voix large, pleine, d’une grande beauté, on ne sait si dans l’optique féministe du metteur en scène, elle est plus dans le combat que dans la résignation mélancolique. En tous les cas, dans ses deux airs sublimes de noblesse et de dignité trahie, elle semble plus une vengeresse Donna Ana que la Rosine triste et nostalgique, sans jamais de piani ni de demi-teinte des clairs-obscurs sentimentaux de l’héroïne. Son Comte d’époux, le baryton David Lagares est un géant prêt à tout écraser de son impitoyable botte sous de lénifiantes paroles de grand seigneur pas méchant homme, éclairé sous ses nobles atours, mais retors et sombre dans ses détours et les tours qu’il entend jouer à ses valets avant d’en être joué. Il arrive à être effrayant et son air est bien de fureur mordante dans sa vocalise jubilatoire à l’idée de vengeance, avec un fa éclatant de victoire et de morgue, note d’ultime hauteur pour de basses pensées : sa noblesse révélée.
Objet du désir et enjeu du conflit entre le maître et son valet, la Susanna de Norma Nahoun est d’une ravissante fraîcheur, pépiante et scintillante : une incarnation de la triomphante féminité, non par les charmes du physique mais par les armes de l’intelligence. Son air final du jardin est un moment de grâce. À Son digne compagnon Figaro, Yoann Dubruque prête une silhouette et un jeu tout en finesse : ce n’est pas le robuste roturier, fort en gueule, auquel on est habitué : il est plus pétillant que pétulant, et son allure et sa figure, finalement, justifient le coup de théâtre de sa noble naissance selon le cliché, bien sûr, que l’on applique à l’aristocrate et au plébéien, notamment au théâtre. Il n’a pas une voix tonitruante de tribun (mais toutes ici sont bien harmonisées en volume entre elles), et il sait donner à son premier air toute l’intériorité, son caractère de soliloque après la révélation de la trahison du Comte qui convoite la femme avec laquelle il s’apprête à convoler. Ses nuances éclairent le personnage dans son premier air et, dans le dernier, se croyant trahi, il est émouvant, beau symbole chantant de cette folle comédie si proche souvent des larmes. Comme cette musique si joyeuse, d’une beauté à pleurer d’émotion.

 

  

 

 

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COMPTE RENDU, opéra. AVIGNON, le 23 oct 2018. MOZART : Le Nozze di Figaro. Grögler / Aragón

LE NOZZE DI FIGARO
Opéra-bouffe en quatre actes
Livret de Lorenzo da Ponte
d’après Le Mariage de Figaro de Beaumarchais
musique de Wolfgang Amadeus Mozart

Opéra Grand Avignon
Opéra Confluence
21 et 23 octobre

En co-réalisation avec l’Opéra de Roue -Normandie
En collaboration avec le Festival d’Avignon, le Théâtre du Capitole de Toulouse et l’Opéra de Nice Côte d’Azur.
Direction musicale : Carlos Aragón
Direction du Chœur : Aurore Marchand. Études musicales Hélène Blanic
Mise en scène et décors : Stephan Grögler ;Assistante Bénédicte Debilly.
Costumes : Véronique Seymat
Création lumières : Gaëtan Seurre. Peintre-décoratrice : Phanuelle Mognetti

Distribution
Contessa Almaviva : Maria Miró
Susanna : Norma Nahoun
Cherubino : Albane Carrère
Marcellina : Jeanne-Marie Lévy
Barbarina : Sara Gouzy
Conte Almaviva : David Lagares
Figaro : Yoann Dubruque
Dottore Bartolo / Antonio : Yuri Kissin
Don Basilio / Don Curzio : Eric Vignau
Contadine (paysanne) : Runpu Wang, Ségolène Bolard (artistes du Chœur) -
Orchestre Régional Avignon-Provence.
Chœur de l’Opéra Grand Avignon, direction :Aurore Marchand.

 

 

 

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ENTRETIEN avec Mathieu HERZOG, fondateur et directeur musical de l’Orchestre Appassionato. Les 3 dernières Symphonies de MOZART

ENTRETIEN avec Mathieu HERZOG, fondateur et directeur musical de l’Orchestre Appassionato. Au sujet des 3 dernières Symphonies de Mozart, une trilogie instrumentale conçue comme un oratorio qui renforce la vitalité et l’expressivité d’un collectif capable d’égaler la palette et l’imaginaire de l’opéra. C’est dire combien le travail du chef français pilotant son orchestre Appassionato, démontre des qualités fouillées voire superlatives en tout cas passionnantes dans le travail qui a présidé à l’enregistrement qui paraît à l’automne 2018. Le maestro explique et commente ici l’œuvre d’un Mozart bâtisseur, architecte à sa façon d’un monde d’équilibre, aux références directement maçonniques… Une révélation et l’indice qu’il existe comme en Grande Bretagne, une nouvelle génération d’interprètes magiciens qui comprennent Mozart, en profondeur et en vérité. Somme mouvante, intelligence de gestes riches par leur diversité et pourtant unifiées grâce à l’énergie fédératrice de son pilote principal, Appassionnato, porté par la pensée de son chef Mathieu Herzog, incarne désormais une approche régénérée et formellement captivante des œuvres mozartiennes. Entretien avec MATTHIEU HERZOG un chef qui a la passion de l’architecture, de la nuance, de l’articulation souple et naturelle.

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Matthieu Herzog et Appassionato : MOZART MAJEUR !

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Beaucoup considèrent les 3 symphonies comme une trilogie ayant sa cohérence et un sens qui les relie. Qu’en pensez vous ? De quelle façon les 3 opus se répondent-ils / se complètent-t-il ? Comment s’il s’agissait d’un oratorio (cf Harnoncourt) ou d’un opéra en trois actes, chaque volet fait-il sens, en soi et par rapport aux autres ?

MATHIEU HERZOG : Je vais répondre au trois questions en une si vous me le permettez. Je suis absolument d’accord avec l’idée d’une cohérence et d’une relation étroite entre les trois symphonies qui s’explique tout d’abord assez simplement par la rapidité d’écriture : moins de deux mois pour l’achèvement complet de la trilogie. J’y vois également une évolution dramatique importante qui, à mon sens, les relie fortement.
Pour paraphraser Nikolaus Harnoncourt, le phénomène de 12 mouvements formant un tout est assez réaliste, le mot oratorio n’étant là que pour exprimer une forme nouvelle que Mozart crée, j’en suis persuadé, de façon consciente.
Ensuite, on ne peut pas parler des dernières années de Mozart sans mentionner le culte maçonnique et les signes ne manquent pas dans cette trilogie. La première des trois symphonies commence en Mi bémol Majeur (comme La Flûte enchantée), trois bémol à la clef. La grande oeuvre se poursuit avec une symphonie en sol mineur, tonalité représentée par la lettre G en allemand et le G est présent dans le centre de la mystérieuse étoile flamboyante présente dans tous les temples maçonniques. Enfin, nous terminons en Do Majeur qui, par définition, est la tonalité absolue (Ut est la joie céleste) et début de Tout, comme la croyance de ce Grand Bâtisseur à laquelle Mozart adhère complètement.
Par conséquent, oui, je suis certain que les trois symphonies sont reliées et que le génie Mozart n’a pu concevoir qu’une simple addition de symphonies et en ce sens bien évidemment il inventa un nouveau “tout“ musical.

Pour ce qui est du rapport des unes aux autres, cela paraît évident par les tonalités que je viens d’évoquer. Il y a aussi une dilution et une unité thématiques palpables que nous retrouvons lors d’un travail ou d’une écoute cumulée des trois symphonies et qu’Harnoncourt exprime aussi par son parcours initiatique lors des nombreuses fois où il dirigea ce triptyque en une soirée. Pour finir, je pense que pour Mozart, qui est de toute évidence un humaniste dans le sens de la croyance en l’Homme avant tout, le saint des saints est dans l’Homme, en effet ces trois oeuvres sont bien évidemment reliées et j’ose même croire qu’il les a conçues d’un seul trait dans son formidable esprit.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Votre sens de l’architecture est très manifeste. Quel a été votre travail sur le choix des tempo et des indications dynamiques et agogiques ?

Je vous remercie, ce sont des choses qui m’obsèdent, l’agogique, la cohérence dramatique, la ligne d’une phrase, d’un mouvement, d’une oeuvre, l’idée d’englober l’interprétation dans un tout qui tiendrait son auditeur en haleine de la première à la dernière note. Si c’est perceptible, j’en suis plus que ravi.
Je vous avoue également que j’ai parfois des problèmes à l’écoute de certaines interprétations d’une oeuvre et cela crée peut-être chez moi une liste d‘écueils que je souhaite par dessus tout éviter. Tout d’abord, j ‘ai une aversion pour les déroulements isochrones, j’aime le mouvement inscrit dans une agogique. Je n’ai aucun plaisir au rubato pour le rubato mais j’ai souvent peur de l’influence de certaines musiques actuelles – avec trop de rythmiques robotiques – sur l’interprétation musicale.

La deuxième chose qui nourrit absolument mon discours c’est le support harmonique ! Je cherche à voir l’harmonie comme un langage aussi clair que la langue française avec un point, une virgule et avec l’évidence que lorsque vous lisez ou dites un texte, les temps de pause, l’accentuation, les intonations offrent déjà un chant d’interprétation vaste et passionnant car chaque acteur, chaque conteur peut vous faire ressentir des choses différentes avec le même texte, c’est l’exact même phénomène en musique.

Et, pour finir, j’ai beaucoup étudié l’architecture linguistique de la langue
allemande afin de pouvoir articuler les phrasés avec plus de précision et ainsi, délivrer un message plus profond dans notre interprétation.
Il ne faudrait pas non plus oublier le travail concret avec Appassionato, cet ensemble incroyable peuplé de très grands musiciens chambristes qui partagent passion et langage d’une façon peu commune et qui m’ont à chaque instant aidé, avec patience, à accéder à cette interprétation que je rêvais dans mon esprit.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous dans ce cycle une préférence ? Un climat, une association de timbres qui vous parlent davantage ? Pourquoi ?

Quelle question difficile, presque comme si l’on devait choisir son enfant
préféré. Non, désolé, je suis fou d’amour pour les trois symphonies. Que le
monde serait pauvre sans elles !

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Et sur l’orchestration, quel est le génie de Mozart selon vous ?

MOZART-portrait-romantique-mozart-genie-xviii-siecle-portrait-opera-compte-rendu-par-classiquenews-critique-comptes-rendus-concerts-par-classiquenews-mozart-et-salieriC’est une question passionnante mais très technique ! Je vais aborder plusieurs choses très précises en essayant, justement, de ne pas être trop technique. Tout d’abord, Mozart a un talent inouï pour l’équilibre entre les parties : avec peu d’instruments (par conséquent peu de timbres différents), il parvient à faire naître de riches couleurs orchestrales, principalement grâce au contrepoint, il crée des vagues d’émotions par bouffées de chaleur et non par violence. Lorsque les cordes se veulent très puissantes et presque agressives, il utilise un contrepoint linéaire chez les vents afin de nourrir son orchestration par le détail, il crée également, en accompagnement d’un chant de clarinette, un fourmillement presque imperceptible dans les violons d’où surgit une richesse semblable, peut-être, au murmure de la ville viennoise et des sabots des chevaux qui passent sous sa fenêtre.
Ce n’est jamais par la masse qu’il crée ces atmosphères mais par l’association de petites choses qui forment un tout, en tout point parfait. Il a également ses petites habitudes délicieuses comme tous les orchestrateurs, que l’on pourrait appeler les “nappes“ de vents.

Dans le début de la 40ème symphonie, lorsque les violons reprennent le thème de départ pour la deuxième fois, il enrichit son discours avec deux hautbois et deux bassons longilignes qui sont à se damner, tout simplement. Il ne faut jamais oublier non plus qu‘il reste un rhéteur de premier ordre, il parle sans arrêt et presque sans respirer, il invente, au fond, le romantisme car il arrive, dans un langage parfaitement classique, à construire des phrases sans fin et pourtant sans ennui. Cette force de la mélodie infinie, supportée par une rythmique presque microscopique, c’est quelque chose qu’on ne retrouve que chez les plus fabuleux compositeurs.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Voyez vous une relation de ce cycle purement orchestral avec l’opéra ?

Bien évidemment mais dans toute l’oeuvre de Mozart, pas seulement dans ce triptyque. Comme je le disais, Mozart est un rhéteur, un bavard passionnant qui ne peut s’empêcher, en musique, de dire encore et toujours la même chose mais avec une telle brillance dans le discours, un tel maniement des outils rhétoriques musicaux qu’on reste émerveillé alors qu’il nous répète la même histoire. C’est ce qui fait de lui le compositeur d’opéra que tout le monde admire. Sa capacité à raconter est hors du commun.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Quels sont vos projets lyriques comme directeur d’Appassionato ?

Ce sont pour le moment uniquement des projets à l’état d’ébauche mais plusieurs se trouvent sur notre table de travail. Notamment une version de chambre du premier opéra de Puccini, Le Villi, que j’ai orchestré pour une production qui s’est malheureusement annulée et pour lequel j’ai une affection toute particulière. C’est justement un de nos objectifs majeurs avec mon collaborateur Léo Doumène car nous avons un goût prononcé pour les opéras méconnus des très grands compositeurs, tel que le Rienzi de Wagner ou justement Le Villi de Puccini, les opéras de Haydn… parfois perdus ou très peu joués mais que je pourrais réorchestrer. Nous leur donnerions ainsi une nouvelle vie, une seconde jeunesse peut être ! Un dernier rêve qui m’habite depuis l’enregistrement des “3 dernières“, c’est une furieuse envie de graver Don Giovanni avec la même idée conductrice que lors de cet enregistrement et une distribution totalement française.

 
 
 

CLASSIQUENEWS : Pour vous, quel visage / quels aspects de Mozart, ce cycle nous révèle t il ?

mozart-vignette-carre-depeche-mozart-2016Le Mozart romantique ! Le Beethoven avant l’heure, le prince du Sturm und Drang (tempête et passion), un personnage qu’on ne voit pas forcément en lui et qui pourtant me semble très présent dans les trois dernières années de sa vie et que les versions baroques ont paradoxalement touché. C’est cet aspect de Mozart que je voulais voir et entendre sur instruments modernes pour justement y amener une plénitude et une force du son en plus de la science des articulations, des tempi et des lignes.

Propos recueillis en octobre 2018

 
 
 

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Illustrations : © R. Rière / Appassionato / Mathieu HERZOG 
 
  
 
 

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HERZOG Mathieu appassionato symphonies de MOZART cd NAIVE clic de classiquenews cd review critique cd compte rendu cd critique cdCD événement, annonce. MOZART : Symphonies n°39, 40 et 41 (« Jupiter ») / Appassionato. Mathieu Herzog, direction (1 cd NAIVE / parution : 2 novembre 2018). Inattendu et plus que convaincant : jubilatoire ! En ces temps de disettes miraculeuses, quand nous désespérions d’écouter enfin un chef ou un ensemble dignes des pionniers baroqueux, mordant, percutant, surtout poétiquement juste et audacieux, voici, de surcroît chez Mozart, (et le plus difficile, … celui que l’on croit connaître) un maestro au tempérament exceptionnel, Mathieu Herzog, chambriste avéré et baguette ciselée, qui ici nous dévoile avec son ensemble «  Appassionato » (le bien nommé), une lecture rafraîchissante et très fouillée, des 3 dernières symphonies du divin Mozart (soit les n°39, 40 et 41 « Jupiter » ; un « oratorio instrumental », selon le dernier Harnoncourt, qui aura laissé le concernant un véritable testament artistique  / LIRE notre critique développée Mozart par Harnoncourt, 2012) ; avec les instrumentistes d’Appassionato, Mathieu HERZOG nous propose une approche totalement irrésistible, pleine de feu, de verve, d’audace, juste et renouvelée. Bravo maestro HERZOG ! Coffret coup de coeur de CLASSIQUENEWS et couronné par notre “ CLIC ” de classiquenews… EN LIRE +

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CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016).

mozart il sogno di scipione oratorio ian page classical opera 2 cd signum classics critique cd cd review par classiquenewsCD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016). Ian Page aime nous dévoiler l’étonnante inspiration du jeune Wolfgang, ainsi après Mitridate (1770 à 14 ans), encore très redevable aux Napolitains, voici Il Sogno di Scipione, créé à Salzbourg en avril 1772 (16 ans), dont la noblesse de l’orchestration indique une maturation sensible de son écriture.
L’habileté de Mozart relève le défi d’une action théâtrale, allégorique évidemment, où le héros Scipione, dans un songe à déchiffrer (et qui est le sujet de l’action) peut voir le paradis et entendre la musique des Sphères ; il rencontre le vertueux Publius, modèle de la vertu politique qui s’est soucié des autres… Scipione doit cependant regagner la terre car il y a un destin à accomplir, mais auparavant doit choisir entre Fortune (richesses et corruption) et Costanza (effort et ténacité et loyauté).
Scipione préfère Costanza, suscitant la colère de Fortuna ; mais le héros ayant à ses côtés la constance, fait face et vainc les menaces de Fortune. Dans un air final, – directement adressé à l’Archevêque, Licenza loue les vertus et le choix de Scipion.

Impeccable et si élégant comme flexible Publio du ténor Krystian Adam, qui réussit entre autres son air le plus long « Se vuoi que te raccolgano », d’un héroîme ardent et tendre (cd) ; même assiduité dans les mélismes aigus de la Costanza de Klara Ek (qui totalise elle aussi l’air le plus long « Ciglio che al sol si gira », aux aigus redoutables mais bien gérés malgré sa petite voix. L’Emilio du ténor Robert Murray souligne lui aussi tout ce qu’a de tendre et de lumineux (avec une voix plus tendue et une souplesse pas aussi naturelle que son confrère Adam) l’inspiration du jeune Mozart dans le genre seria ; tant il est vrai que le jeune compositeur sculpte avec tendresse chacun des protagonistes de son drame. Meme ardeur pour le Scipione de Stuart Jackson, agile et déterminé dans son second aria plutôt conquérant et héroïque (avec cor obligé vaillant et brillant): « Di che sei l’arbitra del mondo interno »… (un rôle dont le caractère annonce Idomeneo évidemment.

CLIC D'OR macaron 200La versatilité ronde et nerveusement accentuée de l’orchestre fait merveille, entre sagacité, brio et motricité enjouée (cordes d’une légèreté admirable), en particulier dans les airs en bonus, alternatifs (4 derniers airs du cd2), apportant une lumière particulière à la compréhension des versions antérieures de certains airs (originale de « Ah perchè cercar degg’io » (Licenza) : fulgurance en 3mn31, plutôt que long développement en plus de 8 mn : magnifiquement défendue par la soprano virtuose et précise Chiara Skerath). L’ironie de l’histoire est que le jeune compositeur déploie toute sa verve pour célébrer l’archevêque de Salzbourg, au départ Schhrattenbach, lequel mort, est remplacé par Coloredo… qui se montrera à peu près aussi infect avec le jeune Wolfgang, que l’air et son écriture sont touchés par la grâce (dans les deux versions d’ailleurs).

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CD, critique. MOZART : Il Sogno di Scipione (Classical Opera, Ian Page, 2 cd Signum classics / oct 2016)

CD, critique. Mozart: Die Schuldigkeit des ersten Gebots (Classical Opera / Ian Page, 2cd Signum classics 2012)

Mozart Die Schuldigkeit des ersten Gebots cd critique cd review par classiquenewsCD, critique. Mozart: Die Schuldigkeit des ersten Gebots (Classical Opera / Ian Page, 1 cd Signum classics). Résurrection sincère… On ne saura trop louer l’initiative du chef britannique Ian Page, fondateur en 2017 de la compagnie (orchestre et chanteurs), The Mozartists, dont le nom indique l’expression et la réalisation d’une passion, idéalement maîtrisée, la musique de Mozart : symphonies, cantates, oratorios, etc… et aussi l’opéra, genre privilégié pour lequel Ian Page a fondé un collectif désormais dédié « Classical Opera ». Après Apollo e Hyacinthus (mai 2012), voici un drame peu connu d’une poésie exceptionnelle aux thèmes graves et d’une finesse insoupçonnée (comme souvent chez Wolfgang). Die Schuldigkeit des ersten Gebots / Le devoir du Premier Ordre ainsi révélé (enregistré à l’été 2012), fait partie du cycle intégral dédié aux oeuvres de Mozart, une collection de performances données en public et objets d’enregistrements jusqu’au 250è anniversaire de la mort de Mozart soit en … 2041. Une Odyssée qui se construit peu à peu – comme celle dédiée à Haydn (et réalisée par le chef Giovanni Antonini et le label Alpha), et qui nous offre régulièrement de superbes surprises : l’implication collective, le sens du détail, du drame, de l’articulation en général (musique et texte) suscitent l’enthousiasme.
C’est le cas ici de cette résurrection du premier drame composé par Mozart à … 11 ans (1767).
L’oratorio met en scène le Christ qui doute, auquel apparaissent 3 allégories : l’esprit du christianisme, la Justice divine, la Miséricorde divine.
Christianisme et Justice défendent l’impact du Jugement dernier et de l’Enfer pour guider l’âme chrétienne. Mais celle ci succombe aux délices et promesses évoquées par l’Esprit matérialiste. Le Christianisme n’entend pas céder un pouce et comme un docteur, argumente, explicite, accompagne dans ses doutes, puis convainc le chrétien.
La musique des parties 2 et 3 a hélas disparu : il s’agissait des dernières tentatives de l’esprit chrétien pour sauver l’âme qui doute ; comparé à un arbre vert mais stérile, sans fruits, sans foi. Dans la partie 3, l’âme chrétienne a vaincu ses propres démons ; sa vanité et son orgueil : pleine d’humilité et de contrition, le chrétien nouveau repousse les plaisirs illusoires et si vain du matérialisme.
On peut être étonner de la gravité doctorante du sujet qui produit chez le jeune Mozart, tout sauf une musique discursive, aride et ennuyeuse.

La vivacité de l’écriture y est amplifiée par une lecture pleine de vie et d’ardeur (l’activité de l’esprit chrétien électrisé, tenace pour sauver l’âme de celui qui doute). Propre aux années 1760, Wolfgang fusionne la coupe répétitive des napolitains et la nervosité profonde des cordes dans l’esprit de Mannheim. Le souvenir des oratorios germaniques, ceux des fils de JS BACH, en particulier de Carl Philip Emanuel est présent, dans une langue ciselée (récitatif) et l’intensité orchestralement raffinée des arias.

Les solistes s’efforcent tous : engagés à défaut d’être réellement fins et nuancés, vivants sans maniérisme ni surenchère ; car si nous sommes au théâtre, l’église et la dignité morale qui nourrissent l’enjeu final, sont essentielles.
L’esprit du christianisme a la verve discursive et l’ éloquence facile (le ténor Andrew Kennedy, fin, linguistiquement percutant, le plus inspiré de la troupe) ; la Miséricorde souvent associée aux cors majestueux, un rien solennels (Sarah Fox, mezzo) s’exalte, s’enivre… ; l’Esprit matérialiste a toute les séductions trompeuses grâce à la coloratoure sûre de la soprano Sophie Bevan, familière de la troupe fondée par Ian Page (elel chante Zaide et le récital « Perfido! » avec un aplomb spectaculaire : la sincérité et l’intensité du chant font mouche.

Dès son premier air, qui vient en fin de première partie (fin du cd1), soit après l’exposition des toutes les allégories, le Christ ou l’âme qui doute trouve dans le chant du ténor Allan Clayton, une incarnation à la fois vivante et tourmentée, parfois tendue (avec cor naturel obligé), voire raide et légèrement fausse, qui manifeste les doutes, les efforts, la peine et l’inquiétude, les doutes qui étreignent son esprit fragile.
Moins convaincante aussi la Justice divine (Cora Burggraaf au timbre pincé voire trop étroit, acide, voix courte) est plus contournée… donc plus bancale.

Malgré ses petites réserves, nous bénéficions d’une tenue collective très investie qui a le mérite d’aborder l’oeuvre à travers ses climats intérieurs ; le doute étant lové au coeur de son architecture et des caractères de chaque pièce. Ian Page dévoile chez le Mozart adolescent, une maturité, un sens des couleurs, une intelligence dramatique qui force l’admiration. La partition certes incomplète, prépare l’oratorio parfait, La Betulia Liberata (1771)… animé par un souffle permanent, une ivresse d’un nouveau raffinement (l’oeuvre est-elle prévue prochainement dans le planning des réalisations de Ian Page ? A suivre…).

BONUS : le cd2 comprend outre les derniers airs de l’oratorio de 1767, un documentaire vidéo sur les conditions et la genèse de l’enregistrement… A voir absolument pour comprendre la maturation et l’évolution du langage musical du jeune Mozart.

 
 
 

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CD, critique. Mozart: Die Schuldigkeit des ersten Gebots . Le Devoir du Premier Ordre, 1767 (Classical Opera / Ian Page, 2012 – 2 cd Signum records).

 
 
 

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Cd, critique. MOZART : ZAIDE. Classical Opera. Ian Page (1 cd Signum classics, 2016)

Zaide-cd critique review cd ian page classical opera cd release and review critique cd par classiquenews MOZART 220x220-1Cd, critique. MOZART : ZAIDE. Classical Opera. Ian Page (1 cd Signum classics, 2016). L’orchestre CLASSICAL OPERA réunissant quelques uns des meilleurs instrumentistes britanniques actuels par le chef mordant, nerveux, d’une exceptionnelle direction détaillée et aérienne, Ian PAGE, – fondateur de la formation, réussissent un ZAIDE de première qualité : la tenue permanente de l’orchestre demeure vivace, palpitante, électrisée, et aussi d’une flexibilité expressive d’un galbe inouï c’est à dire d’une sonorité à la fois vivante, voire trépidante, et pourtant colorée, détaillée, poétiquement profonde.
Le sujet met en scène des européens (Gomatz, Zaide) réduits en esclavage par le sultan Soliman : une préfiguration de ce que dénoncera L’Enlèvement au Sérail : l’amour souverain contre toute forme d’arbitraire tyrannique.
Ian Page reconstitue la matière dramatique de cet opéra qui devait être en 2 actes, avec son ouverture emprunté à Thamos, roi d’Egypte.
La lecture force l’admiration par son fini, sa grande cohérence, un son mozartien d’une élégance jamais écoutée à ce jour, sur instruments d’époque.
De surcroît, le plateau réunit des solistes chevronnés, soucieux de la projection et de l’articulation de l’allemand, avec verve, imagination, nuance et intensité.
Jackson-Stuart-soliman-tenor-porait-zaide-par-classiquenewsEn Soliman, le ténor Stuart Jackson maîtrise idéalement cette nervosité élégante propre au Mozart de la fin des années 1770, sa profondeur et cette lumière noire spécifique à la période où le compositeur émancipé de Salzbourg, recherche un emploi digne de sa valeur, voyageant jusqu’à l ‘épuisement, vivant, éprouvant la douleur la plus intense, comme à Paris en 1778, la mort de sa mère… C’est peu dire que le génie de Mozart, entre tendresse et fulgurance funèbre, tient à cette profondeur grave, cette sincérité émotionnelle, qui est à la fois tendresse et préscience de la mort, ce gouffre vertigineux, noir, déjà romantique. La sensibilité de Wolfgang sait exprimer le désarroi de l’âme éprouvée jusqu’au vertige ultime qui marie douleur infinie et prémonition funèbre. Ainsi les airs ici de Zaide (touchante voire bouleversante à mesure de l’action, Sophie Bevan), qui de tendres versent progressivement dans un infini doloriste, mortifère (air plage 14 « Troslosschluchzet Philome ») qui dans le profil de l’héroïne, préfigure la profondeur tragique de Pamina de la Flûte enchantée. dans un précédent enregistrement, la soprano britannique a enregistré les airs de Sophie Dusseck (cf cd réalisé par Ian Page, « PERFIDO ! »).
Distinguons entre autresn parmi un cast irréprochbale – autre indice de l’intuition infaillible du chef-, l’excellent baryton Jacques Imbrailo (Allazim).

Ian Page comprend la violence du sentiment de solitaire impuissance, d’absolu dénuement qui traverse le personnage de l’héroïne. (plage 15 air « Tiger ! »).
On reste stupéfait par l’économie expressive du chef, sa science du naturel tragique : de fait, où a t on écouté telle sonorité ronde et chaude, flexible et expressive, d’une équilibre souverain ? Le finale, quatuor des protagonistes synthétise toute la charge des Napolitains, avec cette tension préclassique, Sturm und Drang, électrique, dont la tension, l’architecture tragique et héroïque annonce les œuvres ultimes (gravitas morale de Titus), et aussi le Fidelio de Beethoven par cette couleur fraternelle, compassionnelle, humaine, propre au Mozart attendri, supérieurement humaniste.

La compréhension du chef Page face à la géographie et à l’imaginaire fraternel mozartien est proprement superlatif. Mozartien, humaniste, le chef l’est totalement. Le maestro inspiré, raffiné, démontre ici tout ce que Zaide apporte d’éléments décisifs dans la maturation du génie mozartien, le menant directement vers son dernier singspiel lui aussi viscéralement traversé par l’esprit et l ‘idéal des Lumières, La Flûte enchantée de 1791. Lecture superlative.

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CLIC D'OR macaron 200CD, critique. MOZART : ZAIDE. Classical Opera, Ian PAGE (1 cd Signum classics, 2016). Sophie Bevan, Zaide. Allan Clayton, Gomatz. Stuart Jackson, Soliman. Jacques Imbrailo, Allazim. Darren Jeffery, Osmin. Jonathan, McGovern. The Orchestra of Classical Opera. Ian Page, direction.

BD, événement. MAUSART (éditions DELCOURT)

mausart delcourt BD critique livre BD bande dessinee par classiquenews CLIC de classiquenews de la rentree pour noel 2018BD, événement. MAUSART (éditions DELCOURT). Véritable choc visuel cette bande dessinée ravira petits (et grands) tant par la beauté du dessin et des couleurs que la vivacité du scénario. La poésie de l’image accordée au mordant de l’histoire réactive ici la légende mozartienne avec une finesse et une subtilité superlative. A Vienne, l’Empereur et sa (basse cour) exige de Salieri (devenu loup) de jouer cette musique que le souverain a entendu alors qu’il passait près de la maison du compositeur officiel… Le problème est que Salieri n’en est pas l’auteur, car c’est le souriceau Mausart, habitant avec sa famille dans le pianoforte de Salieri, qui jouait alors sur le clavier une improvisation libre et fantaisiste.

Salieri force son jeune rival infiniment plus doué, et entend ravir la vedette à son insu… Mausart et sa famille se laisseront-ils faire ?

CLIC D'OR macaron 200Le scénariste joue des éléments du mythe mozartien : relation à Salieri, présentation à la Cour, séduction et désir dans le cœur du souriceau, rôle du père de Mausard, coups de théâtre grâce à la flûte (enchantée),… autant d’ingrédients qui pimentent l’action de la bande dessinée qui l’élégance et l’onirisme des contes et légendes les plus anciennes. Au total 34 pages admirablement conçue qui réenchantent la figure du divin Wolfgang, avec en bonus tout un cahier de dessins et croquis non utilisés dans la bende dessinée finale, mais qui au moment de la réalisation on permis certainement au dessinateur de se faire la main, ciselant encore et encore situations et figures… Avouons que la perruque viennoise XVIIIè sied particulièrement à la colonie de souris qui est la protagoniste de l’histoire. A suivre. Cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année 2018.

 

 

 

 

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BD, événement. MAUSART (éditions DELCOURT) – Date de parution : 26/09/2018 / ISBN : 978-2-413-00258-1 – Scénariste : Thierry JOOR / Illustrateur : Gradimir Smudja. BD événement, élue « CLIC » de CLASSIQUENEWS de la rentrée 2018

PARIS, signature : le chef Marco Guidarini présente « Gulda in viaggio verso Praga », le 28 sept 2018, 19h

guidarini-marco-maestro-sublimo-actualites-news-on-classiquenews-Guidarini_3_-_c_Josef_RabaraPARIS, signature : le chef Marco Guidarini présente « Gulda in viaggio verso Praga », le 28 sept 2018, 19h. Maestro et romancier… baguette et plume font bon ménage dans le cas du chef italien Marco Guidarini, fondateur du Concours de Bel Canto Bellini. Ce vendredi 28 septembre 2018 à 19h, La Libreria – 52, rue de Fbg Poissonnière 9è ardt, Marco Guidarini présente et signe son nouvel ouvrage intitulé « Gulda in viaggio verso Praga ».
Les 11 chapîtres du texte explorent la passion du maestro Guidarini pour la musique et en particulier ses affinités avec l’univers mozartien. En imaginant le pianiste Gulda en voyage vers Prague, l’auteur évoque le goût d’une ville historiquement proche de Mozart, qui a su avant Vienne, applaudir et comprendre Don Giovanni…
« Lacrimosa » et « Magdalena » évoquent les derniers instants et la mort de Wolfgang à travers le portrait de ses proches. « Zwei Geharnischten » s’intéressent à la figure des deux hommes armés qui dans La Flûte Enchantée, le dernier opéra de Mozart, posent question ; « Cartavelina » rend hommage à ce footballer oublié, Mathias Sindelar, Mozart du ballon rond dont une seule et unique vidéo a gardé la trace du génie marqueur… 11 déclarations d’amour à la musique et au génie de Mozart.

 

 

 

Gulda in viaggio verso Praga
RENCONTRE avec
Marco Guidarini

 

à La Libreria
vendredi 28 septembre 2018 à 19h

52 rue du Faubourg Poissonnière
75009 Paris

 

www.libreria.fr/store/

 

Gulda marco guidarini livre  livre annonce par classiquenews page de couv 1

 

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