ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, vidéo : Symphonie des mille de Mahler / Alexandre BLOCH

cycle-mahlerIntĂ©grale vidĂ©o. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE: Symphonie des mille de Mahler / Alexandre BLOCH. Les 20 et 21 nov 2019, l’Orchestre National de Lille rĂ©alisait un jalon majeur de son cycle Mahler sous la direction d’Alexandre BLOCH. Captation intĂ©grale de la performance.

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLa plus colossale, la plus spectaculaire et pourtant sous les effectifs impressionnants, (plus de 1000 musiciens Ă  la crĂ©ation)
 pĂ©nĂ©trante, bouleversante, humaine. Le propre du chef Alexandre Bloch est de nuancer l’échelle spectaculaire de la symphonie « cosmique » que Mahler compose en quelque mois Ă  l’étĂ© 1909 : le maestro, directeur musical du National de Lille, en exprime l’unitĂ© architecturale et l’irrĂ©pressible Ă©lan salvateur. S’il est bien une symphonie rĂ©demptrice et Ă©lĂ©vatrice, celle ci serait un sommet. Car l’édifice est surtout spirituel, liĂ© Ă  la ferveur personnelle du compositeur : un acte de foi, une expĂ©rience de partage et de fraternitĂ© retrouvĂ©e oĂč l’homme peut ĂȘtre sauvĂ© s’il s’ouvre Ă  l’Amour que lui accorde l’Eternel fĂ©minin. VoilĂ  pour le sens gĂ©nĂ©ral, ascensionnel et de moins en moins terrestre. Sur le plan de la rĂ©alisation, le chef est confrontĂ© Ă  tous les dĂ©fis.

 

 

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VISIONNER la Symphonie n°8 des mille sur la chaĂźne YOUTUBE de l’ONL Orchestre national de Lille (durĂ©e : 1 h 18 mn) :

 

 

mahler-alex-bloch-symphonie-des-mille-8-video-reportage-classiquenews-orch-national-de-lille-critique-concert

 

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LIRE aussi de la Symphonie n°8 des Mille par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH, notre annonce du concert, puis notre critique dĂ©veloppĂ©e du 20 nov 2019 (jusqu’en avril 2020)

http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-lille-le-20-nov-2019-mahler-symphonie-n8-des-mille-orch-national-de-lille-alexandre-bloch-direction/?fbclid=IwAR2lbncbvm-LCHNK4epodXZU7NXV1X6c9wP852pACR0tsCJUSD__OlxjI9g

 

 

 

VISIONNER aussi toutes les symphonies de Gustav Mahler par  l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH sur la CHAINE YOU TUBE de l’Orchestre National de LILLE / ONL (jusqu’en avril 2020)

 

 

LILLE : Symphonie n°9 par Alexandre BLOCH / ONL

AB_slide_328px_19-20-1LILLE, ONL, A BLOCH, 15, 16 janv 2020. MAHLER : Symph n°9. ONL, Orch national de Lille. Alexandre Bloch. Superbe volet final de l’odyssĂ©e mahlĂ©rienne par l’orchestre lillois et son trĂšs engagĂ© directeur musical, Alexandre Bloch. AprĂšs l’achĂšvement du Chant de la terre, Mahler amorce Ă  l’étĂ© 1908, sa 9Ăš symphonie, qu’il achĂšve l’annĂ©e suivante en 1909. A Bruno Walter, sans que l’on connaisse la raison exacte, Mahler reste rĂ©servĂ© sur la genĂšse de cet opus 9 : qu’il rapproche de la symphonie n°4, sans dire pourquoi explicitement.

SYMPHONIE DE L’ADIEU

C’est un compositeur maĂźtre de son langage, lequel s’est renouvelĂ© pendant la transfiguration musicale de Faust dans la 2Ăš partie de sa 8Ăš prĂ©cĂ©dente. Malher a du surmonter la mort de sa fille ; sa dĂ©mission forcĂ©e comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne (aprĂšs 10 annĂ©es d’excellence pourtant). En quittant Vienne, Gustav a rompu le fil qui le reliait Ă  son enfance (et ses enchantements, si manifestes dans les nocturnes des symphonies prĂ©cĂ©dentes). Comme dans le Chant de la Terre, la 9Ăš symphonie exprime un adieu, serein, suprĂȘme, acceptĂ©, tel une dĂ©livrance et un accomplissement. DĂšs l’Andante comodo (initial), oĂč est recyclĂ© la Sonate les Adieux de Beethoven, Mahler Ă©crit sur le manuscrit « O jeunesse envolĂ©e, O amour perdu ! » ; dĂ©jĂ  il a conscience que sa jeune Ă©pouse pourtant admiratrice de son Ɠuvre et de sa personnalitĂ©, ne l’aime plus. La crise conjugale de l’étĂ© 1910 en atteste. Le compositeur exprime clairement son renoncement au monde, en visionnaire pacifiĂ©, maĂźtre de son destin, en rien cette victime suicidaire et prophĂ©tique sur sa propre fin, comme on le dit souvent.
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’énergie et le rictus d’un cynisme parfois amer surgit avec une rare violence (lĂ€ndler ou 2Ăš mouvement) : les danses qui y sont mentionnĂ©es, symbolisent l’agitation vaine des tractations terrestres. Le Rondo Burleske est un sommet dans le registre de la parodie cynique, oĂč perce la clairvoyante luciditĂ© de l’auteur sur la vie, la vaine comĂ©die humaine, la vanitĂ© des existences terrestres. Le contrepoint dĂ©lirant exprime scrupuleusement la vacuitĂ© absurde du monde et de la civilisation humaine. Enfin, apaisĂ©, Mahler dĂ©ploie la hauteur tranquille du Finale : Adagio sehr langsam
 (trĂšs lent et encore retenu) ; Ă  mesure que se prĂ©cise le sentiment de plĂ©nitude, Mahler exprime la fusion avec l’harmonie secrĂšte, Ă©ternelle de la Sainte nature. Pourtant parodiĂ© et caricaturĂ©, le gruppetto du Rondo Burleske, s’épanouit ici, Ă©ther immatĂ©riel d’une destinĂ©e Ă  prĂ©sent abstraite et flottante qui a coupĂ© toute attache avec le rĂ©el et le terrestre. L’Adagio de la 9Ăš est un accomplissement dans la paix et l’amour (ce que dit aussi mais de façon spectaculaire, le finale de la 8Ăš, dĂ©diĂ© Ă  la lumineuse Marie). Bruno Walter crĂ©e la partition Ă  Vienne le 26 juin 1912.

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Adieu mahlérienboutonreservation
Mercredi 15 & jeudi 16 janvier 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

Beethoven : Leonore III, ouverture
Mahler : Symphonie n°9

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction

RÉSERVEZ VOTRE PLACE ici :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/adieu-mahlerien-symphonie-n9/

 

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Présentation de la symphonie n°9 de Mahler
sur le site de l’ONL Orchestre national de Lille :

« PrĂ©sentĂ©e au public pour la premiĂšre fois un an aprĂšs la mort de Mahler, la Symphonie n° 9 contient l’un des plus beaux adieux de l’histoire de la musique. Avec son Adagio au bord du silence, le compositeur autrichien nous offre ici un poignant chant du cygne. DĂšs les premiĂšres mesures de l’Introduction et jusqu’à l’inoubliable Finale, Mahler affirme son amour de la vie Ă  travers une palette expressive grandiose et une partition raffinĂ©e. Cette symphonie visionnaire clĂŽture de maniĂšre bouleversante notre OdyssĂ©e mahlĂ©rienne. DirigĂ© par Alexandre Bloch, ce grand moment symphonique sera prĂ©cĂ©dĂ© de l’ouverture de Leonore III de Beethoven, hymne vibrant pour la libertĂ© et contre les oppressions.
A Mahler farewell – Symphony No. 9
Presented to the public one year after Mahler’s death, Symphony No. 9 contains one of the most beautiful farewells in the history of music. Directed by Alexandre Bloch, it will be preceded by Beethoven’s Leonore No. 3, a vibrant ode to freedom. »

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Programme repris le 17 janv 2020
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Valenciennes Le PhĂ©nix – Vendredi 17 janvier 20h
Infos et réservations : 03 27 32 32 32 / www.lephenix.fr

Autour des concerts au Nouveau SiĂšcle Ă  LILLE, chaque jour des concerts :
18h45
Rencontre mahlérienne
15 janvier : Christian Wasselin auteur de Mahler : La Symphonie-Monde et critique musical
16 janvier : l’information vous sera bientĂŽt communiquĂ©e : voir le site de l’ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE saison 2019 2020

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Symphonies n°8 des Mille, Symphonie n°9 de GUSTAV MAHLER à Lille

HOMEPAGE-gustav-mahler-BLOCH-alexandre-portrait-2019-chef-orchestre-national-de-lille-annonce-concert-opera-classiquenewsLILLE, Symphonies de MAHLER, les 20, 21 nov, 15 et 16 janv 2020. Sommets MahlĂ©riens Ă  LILLE. Il y a depuis toujours, la tradition des concerts MahlĂ©riens Ă  Amsterdam au sein du Concertgebouw oĂč tous les chefs malhĂ©riens d’envergure et les plus engagĂ©s, se sont illustrĂ©s et oĂč ils ont dĂ©fendu leur propre vision de l’épopĂ©e symphonique la plus spectaculaire et introspective jamais conçue, celle des 10 symphonies de Mahler. LILLE est en passe de reprendre le flambeau ou du moins fait entendre sa voix spĂ©cifique : Alexandre Bloch, directeur musical, conduit l’Orchestre national de Lille en un cycle devenu Ă©vĂ©nement, dĂ©diĂ© aux symphonies de Mahler, dont l’auditorium du Nouveau SiĂšcle affiche les ultimes jalons, et non des moindres : la spectaculaire et faustĂ©enne symphonie n°8 dite « des Mille » en raison des effectifs colossaux requis pour sa rĂ©alisation (les 20 et 21 nov 2019) ; la 9Ăš, expression d’un renoncement apaisĂ©, souverain, les 15 et 16 janvier 2020. Cycle Ă©vĂ©nement Ă  LILLE grĂące Ă  l’engagement de son directeur musical, Alexandre Bloch.

 

 

 

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Symphonies de Gustav MAHLER Ă  Lille
Nouveau SiĂšcle

Mercredi 20 et jeudi 21 novembre 2019, 20h
Symphonie n°8 des Mille

Alexandre Bloch emporte le National de Lille dans son dernier jalon mahlĂ©rien : la 8Ăš, ditebloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenews des mille par rĂ©fĂ©rence au nombre de musiciens sur le plateau : un Everest pour tout maestro, et une sorte de Nirvana pour l’amateur de sensations symphoniques
 Certes Mahler n’a Ă©crit aucun opĂ©ra. Pourtant la seconde partie de sa 8Ăš Symphonie dite des mille concentre tous les styles lyriques, sur un sujet que tous les Romantiques avant lui ont tentĂ© de traiter en musique : Faust. AprĂšs Berlioz et Schumann, Liszt et Gounod, Mahler met en musique en particulier la scĂšne finale du second Faust de Goethe afin d’aborder et d’élucider le mystĂšre et le sens de la vie terrestre.

 

 

 

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Mercredi 15, jeudi 16 janvier 2020, 20h
Symphonie n°9

bloch-alexandre-maestro-mahler-gustav-symphonie-n6-concert-critique-classiquenews-lille-nouveau-siecle-concertPrĂ©sentĂ©e au public pour la premiĂšre fois un an aprĂšs la mort de Mahler, la Symphonie n° 9 contient l’un des plus beaux adieux de l’histoire de la musique. Avec son Adagio au bord du silence, le compositeur autrichien nous offre ici un poignant chant du cygne. DĂšs les premiĂšres mesures de l’Introduction et jusqu’à l’inoubliable Finale, Mahler affirme son amour de la vie Ă  travers une palette expressive grandiose et une partition raffinĂ©e. Cette symphonie visionnaire clĂŽture de maniĂšre bouleversante notre OdyssĂ©e mahlĂ©rienne. DirigĂ© par Alexandre Bloch, ce grand moment symphonique sera prĂ©cĂ©dĂ© de l’ouverture de Leonore III de Beethoven, hymne vibrant pour la libertĂ© et contre les oppressions. LIRE notre prĂ©sentation de la Symphonie n°9 de Mahler, Symphonie de l’adieu

 

 

 

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Toutes les infos sur le site de ONL ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

 

 

 

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MAHLER : Symphonie des mille par l’ONL Orchestre National de Lille

bloch-alexandre-mahler-symphonie-8-mille-nov-2019-annonce-critique-symphonie-classiquenewsLILLE, ONL. MAHLER : Symph n°8, les 20 et 21 nov 2019. Alexandre Bloch emporte le National de Lille dans son dernier jalon mahlĂ©rien : la 8Ăš, dite des mille par rĂ©fĂ©rence au nombre de musiciens sur le plateau : un Everest pour tout maestro, et une sorte de Nirvana pour l’amateur de sensations symphoniques… Certes Mahler n’a Ă©crit aucun opĂ©ra. Pourtant la seconde partie de sa 8Ăš Symphonie dite des mille concentre tous les styles lyriques, sur un sujet que tous les Romantiques avant lui ont tentĂ© de traiter en musique : Faust. AprĂšs Berlioz et Schumann, Liszt et Gounod, Mahler met en musique en particulier la scĂšne finale du second Faust de Goethe afin d’aborder et d’élucider le mystĂšre et le sens de la vie terrestre.
Le volet exige pas moins de 8 solistes, en plus des deux choeurs adultes, du choeur d’enfants, de l’orchestre aux effectifs ahurissants
 Symphonie opĂ©ra, cantate symphonique, la 8Ăš s’ouvre en premiĂšre partie sur le texte de l’hymne particuliĂšrement dramatique « Veni Creator spiritus », ample priĂšre chantĂ©e en latin, Ă  la gloire de Dieu, oĂč le compositeur se confronte Ă  toutes les ressources du contrepoint.

 

 

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SYMPHONIE COSMOS : planĂštes et soleils en rotation

 

 

mahler_profilLa partition cyclopĂ©enne est conçue en 2 mois et crĂ©Ă©e Ă  Munich, le 12 sept 1910 sous la direction du compositeur. C’est son dernier concert public et son plus grand triomphe en Europe. Elle est constamment chantĂ©e (sauf l’ouverture du second mouvement). La modernitĂ© de l’Ɠuvre tient surtout Ă  son plan, sans Ă©quivalent auparavant, Mahler innovant littĂ©ralement une nouvelle architecture, par sĂ©quences, selon le sens du texte, Ă  la façon d’un roman. A la diffĂ©rence des opus qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, la 8Ăš n’a rien de tragique ni de subjectif : aucun doute, aucune angoisse, aucun trouble. PlutĂŽt l’affirmation d’une joie intime et collective Ă  l’échelle du cosmos. Car Mahler Ă©crit lui-mĂȘme au chef Mengelberg en aoĂ»t 1906 : « Imaginez l’univers entier, en train de sonner et de rĂ©sonner. Il ne s’agit plus de voix humaines, mais de planĂštes et de soleils en pleine rotation ».  C’est donc l’aboutissement de tout un cycle orchestral oĂč Mahler s’est battu avec la matiĂšre orchestrale ; s’y impliquant personnellement ; au terme de l’aventure – odyssĂ©e, il rĂ©alise l’Ɠuvre final, total, synthĂšse et miroir d’une conscience aussi accomplie qu’universelle. La 8Ăš symphonie est une symphonie cosmique. Et pour l’auditeur, l’une des expĂ©riences orchestrales les plus marquantes dont il puisse rĂȘver.
Les interprĂštes en expriment le sens et l’ampleur avec d’autant plus de justesse qu’ils se sont jetĂ©s Ă  corps perdus mais maĂźtrise totale et engagement permanent dans la rĂ©alisation des symphonies 1 Ă  8 depuis septembre 2018. Une expĂ©rience et une familiaritĂ© qui enrichissent encore leur approche du dernier vaisseau symphonique de Mahler, le plus impressionnant, le plus saisissant. 2 dates Ă©vĂ©nements Ă  Lille.

 

 

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Mercredi 20 novembre 2019, 20hboutonreservation
Jeudi 21 novembre 2019, 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/la-symphonie-des-mille-symphonie-n8/

 

 

Gustav Mahler
Symphonie n°8, dite “Des Mille”
Direction : Alexandre Bloch
Sopranos: Daniela Köhler, Yitian Luan, Elena Gorshunova / ‹Altos: Michaela Selinger, Atala Schöck / ‹TĂ©nor: Ric Furman / ‹Baryton: Zsolt Haja‹ / Basse Sebastian Pilgrim

Orchestre National de Lille‹  /  Orchestre de Picardie

Philharmonia Chorus‹ / Chef de chƓur : Gavin Carr
Jeune ChƓur des Hauts-de-France
Cheffe de chƓur : Pascale Dieval-Wils
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VIDEOS : les symphonies de MAHLER par l’Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH (intĂ©grales et explications par Alexandre Bloch):
Retrouvez toutes les symphonies de Mahler sur la chaĂźne Youtube ONLille ,
jusqu’en avril 2020.

 

 

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PrĂ©sentation par l’Orchestre National de Lille :
Pour la premiĂšre en 1910, il fallut construire une estrade spĂ©ciale dans la salle afin de pouvoir accueillir l’ensemble des musiciens. NĂ©cessitant deux chƓurs d’adultes, un chƓur d’enfants, huit solistes et un immense orchestre symphonique, la Symphonie n°8 dite “Des Mille” est la symphonie la plus dĂ©mesurĂ©e, la plus folle du cycle dans laquelle Mahler nous emporte d’un Veni creator ravageur Ă  une scĂšne faustienne qui mĂ©lange tous les genres musicaux connus. Venez vivre le gigantisme de cette Ɠuvre unique qui rĂ©unira plus de 300 artistes sur scĂšne sous la direction d’Alexandre Bloch. Lors de la premiĂšre Ă  Munich, Thomas Mann et Stefan Zweig, prĂ©sents dans le public, en Ă©taient restĂ©s sidĂ©rĂ©s.

The Symphony of a Thousand
Symphony No. 8, known as “The Symphony of a Thousand”, is the most monumental of Mahler’s symphonies. With its two adult choirs, children’s choir, eight soloists and immense symphony orchestra, this unique work has strucken since its very premiùre in 1910.

 

 

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Autour du concert
Ă  18h45
Rencontre mahlérienne

20 novembre 2019:
Bertrand Dermoncourt, directeur de la musique de Radio Classique et auteur du Retour de Gustav Mahler réunissant deux textes de Stephan Sweig

21 novembre 2019 :
Christian Wasselin auteur de Mahler : La Symphonie-Monde

En partenariat avec la
MĂ©diathĂšque Musicale Mahler
(entrĂ©e libre, muni d’un billet du concert)

La 7Ăšme de Mahler par l’ONL / Alexandre Bloch

mahler-alexandre-bloch-orchestre-national-de-lille-annonce-critique-classiquenewsPARIS ce soir. MAHLER : symphonie n°7Ăš. ONL, A BLOCH. C’est la plus mystĂ©rieuse des symphonies de Mahler et, pour beaucoup, l’une des plus attachantes. CrĂ©Ă©e Ă  Prague en 1908, la Symphonie n°7 , avec la 5Ăš et 6Ăš, compose la trilogie symphonique purement instrumentale et la plus autobiographique de Mahler. Alexandre BLOCH et le NATIONAL DE LILLE poursuivent ainsi leur odyssĂ©e symphonique mahlĂ©rienne... Dans le 7Ăšme symphonie, les forces de la nature, divine, mystĂ©rieuse ; celles du destin impĂ©nĂ©trable 
 se mĂȘlent et fusionnent en un maelstrom des plus spectaculaire, exigeant de la part des instrumentistes, des alliages et des combinaisons de timbres inĂ©dits alors.
Cinq parties symĂ©triques y rythment ainsi un vaste parcours intime oĂč en miroir les deux “Nachtmusik” / « Nocturnes », vraies divagations oniriques et personnelles, (qui donnent Ă  la symphonie le surnom de “Chant de la nuit”) dĂ©veloppent une sorte de mĂ©ditation qui prolonge tout ce qu’a pu expĂ©rimenter auparavant Beethoven dans ses Sonates pour piano ; d’abord, temps suspendu, extatique, d’oubli et de rĂȘverie ; puis conversation enchantĂ©e, enivrĂ©e entre guitare et mandoline. Dans la 7Ăš, Mahler rĂ©invente le langage orchestral, sa prodigieuse palette de couleurs et de timbres, ses silences aussi, comme sa conception Ă©tagĂ©e et spatialisĂ©e. Sans omettre ses rĂ©fĂ©rences directs et concrĂštes Ă  l’élĂ©ment animal auquel depuis la 3Ăš il confĂšre une conscience particuliĂšre : le Finale, tempĂ©tueux, fait entendre un gigantesque carillon de
 cloches Ă  vaches !

 

 

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PARIS, Philharmonie, 20h30boutonreservation
ce soir samedi 19 octobre 2019

INFOS sur le site de l’ONL / Orchestre national de LILLE : https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/chant-de-la-nuit-symphonie-n7/

Programme repris Ă  LiĂšge puis Courtrai :

Paris Philharmonie de Paris – Samedi 19 octobre 20h30
‹Liùge Salle Philharmonique – Jeudi 24 octobre 20h
Infos et réservations : 0032 42 20 00 00 ou www.oprl.be
‹Courtrai Schouwburg – Vendredi 25 octobre 20h15
Infos et réservations : 0032 56 23 98 55 ou www.wildewesten.be

 

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Approfondir : la 7Ú expliquée par le chef :
La 7eme de Mahler expliquée par Alexandre Bloch et à sa maniÚre :
https://youtu.be/SmOiy596VnY

 

Les Symphonies de MAHLER sur la chaüne youtube de l’ONL Orchestre national de Lille

Retrouvez toutes les symphonies de Mahler sur la chaüne Youtube ONLille jusqu’en avril 2020. Actuellement en ligne : Symphonies 1, 2, 3, 4, 5, 6 et 7.

 

 

MAHLER-GUSTAV-SYMPH-7-annonce-concert-critique-classiquenews-Arnold_Bocklin_-_Pan_im_Schilf_(1857)

 

 

Arnold Böcklin : PAN (DR)

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DOSSIER SPÉCIAL 7ù symphonie de Mahler 

Symphonie d’un destin

 

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsMahler nous laisse un cycle de 10 symphonies parmi les plus dĂ©concertantes, les plus visionnaires jamais Ă©crites. La DixiĂšme est restĂ©e Ă  l’état d’esquisses. A l’heure oĂč Picasso rĂ©volutionne le langage pictural (Les Demoiselles d’Avignon, 1907), Mahler indique de nouvelles perspectives, poĂ©tiques, musicales, philosophiques aussi pour l’orchestre. Aux cĂŽtĂ©s d’une Ă©criture autobiographique qui exprime ses angoisses et ses aspirations, en particulier les Ă©pisodes d’une existence tragique, se prĂ©cise peu Ă  peu le dĂ©sir des hauteurs, un Ă©lan mystique dont l’arc tendu de la priĂšre appelle apaisement et sĂ©rĂ©nitĂ©. Dans l’écriture, chaque symphonie est un dĂ©fi pour les musiciens. Mahler y repousse progressivement les limites et les horizons de la forme classique.

Ce sont aussi l’usage particulier des timbres, le recours aux percussions, la couleur grimaçante des certains bois, la douleur, l’amertume voire l’aigreur. L’orchestre de Mahler palpite en rĂ©sonance avec le cƓur meurtri, durement Ă©prouvĂ© d’un homme frappĂ© par le destin, mais il reconstruit aussi, un lien avec les mouvements et le souffle de la divine et mystĂ©rieuse Nature. Une nature rĂ©confortante dont il cherchait chaque Ă©tĂ©, la proximitĂ© et la contemplation, deux Ă©lĂ©ments propices Ă  l’écriture. Le lien au motif naturel s’exprime aussi dans la prĂ©sence rĂ©currente des animaux.

Porté par la divine Nature
Le propre de la 7 Ăšme symphonie de Mahler est peut-ĂȘtre de ne prĂ©senter d’un premier abord aucune unitĂ© de plan. Cinq morceaux en guise de dĂ©veloppement progressif, avec au cƓur du dispositif, le scherzo central, encadrĂ© par deux « nachtmusiken » / nocturne. Pourtant, il s’agit bien d’un massif exceptionnel par ses outrances sonores, ses combinaisons de timbres, son propos original, certes pas narratif ni descriptif

PlutĂŽt affectif et passionnel, dont la texture mĂȘme, extrĂȘmement raffinĂ©e, souhaite exprimer un sentiment d’exacerbation formelle et mĂȘme d’exaspĂ©ration lyrique. Un sentiment dans lequel Mahler dĂ©sire faire corps avec la Nature, une nature primitive et imprĂ©visible, constituĂ©e de forces premiĂšres et d’énergie vitale que le musicien restitue Ă  la mesure de son orchestre.
Fait important parce que singulier dans son Ɠuvre, Ă  l’étĂ© 1904 oĂč il aborde la composition de cette montagne sonore, Mahler est dans l’intention de terminer sa 6 Ăšme symphonie, or, ce sont en plus de la dite symphonie, les deux nachtmusiken qui sortiront de son esprit. Ces deux mouvements originaux Ă  partir desquels il structurera les volets complĂ©mentaires pour sa 7Ăšme symphonie, achevĂ©e Ă  l â€˜Ă©tĂ© 1905, Ă  Mayernigg.

Les excursions dans le Tyrol du Sud lui sont favorables. Le contact avec l’élĂ©ment naturel et minĂ©ral, en particulier des Dolomites, lui fait oublier la tension de l’activitĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Vienne dont il est le directeur. L’intĂ©gralitĂ© de sa 7Ăšme symphonie est achevĂ©e le 15 aoĂ»t 1905.
La partition sera crĂ©Ă©e sous la direction du compositeur Ă  Prague au mois de septembre 1908. L’accueil dĂšs la crĂ©ation est des plus mitigĂ©s. La courtoisie des critiques et des commentaires, y compris des amis et proches, des disciples et confrĂšres du musicien, dont Alban Berg et Alexandre von Zemlinsy, Oskar Fried et Otto Klemperer, prĂ©sents Ă  la crĂ©ation, ne cachent pas en dĂ©finitive une profonde incomprĂ©hension.
Le fil dĂ©cousu de l’Ɠuvre, son sujet qui n’en est pas un, l’effet disparate des cinq mouvements, ont dĂ©concertĂ©. Et de fait, la 7Ăšme symphonie sans thĂšme nettement dĂ©veloppĂ©, sans matiĂšre grandiose, clairement explicitĂ©e (en apparence), demeure l’opus le moins compris, le moins apprĂ©ciĂ© de l’intĂ©grale des symphonies. D’ailleurs, le premier enregistrement date de 1953 !

Journal symphonique
Il y a certes le sentiment de la fatalitĂ© et de la tragĂ©die, surtout dĂ©veloppĂ© dans le premier mouvement, Langsam puis allegro con fuoco. Il y a aussi les relans d’amertume et de cynisme acides, les grimaces et les crispations d’un destin marquĂ© par la souffrance et la perte, le deuil et les Ă©checs.
Mais ce qui est imprime Ă  l’ensemble, et lui donne son unitĂ© de tons et de couleurs, c’est la vitalitĂ© agissante, le sentiment d’un orgueil qui fait face, une dĂ©termination qui veut Ă©pouser coĂ»te que coĂ»te, les aspĂ©ritĂ©s de la vie.
A cela s’ajoute, l’éveil du sentiment naturaliste, la contemplation des montagnes et des cimes. Entre deux ascensions, entre le premier mouvement et l’ultime rondo, Mahler, le voyageur, s’octroie plusieurs pauses, pleinement fĂ©condes dans la douce Ă©vocation des nachtmusiken.
On sait qu’il Ă©tait alors sous l’inspiration d’une contemplation Eichendorffienne (murmures et romantisme de la seconde Nachtmusik), surtout comme il l’a Ă©crit lui-mĂȘme, il est habitĂ© par le souffle cosmique, la recherche d’un oxygĂšne au delĂ  de la vie terrestre, la perception d’un autre monde qui puisse lui transmettre la volontĂ© d’affronter l’existence et de poursuivre son Ɠuvre. Il s’agit de communier avec la nature primitive, de l’embraser toute entiĂšre, dans sa totalitĂ© Ă©nigmatique et foudroyante.

L’esprit de Pan et chant du cosmos

MAHLER-GUSTAV-SYMPH-7-annonce-concert-critique-classiquenews-Arnold_Bocklin_-_Pan_im_Schilf_(1857)Il s’agit moins ici d’un conflit de forces opposĂ©es, que l’expression quasi orgiaque, libĂ©ratrice des Ă©nergies fondatrices de la nature. Accord recherchĂ© avec la vibration de l’univers, recherche d’une expression inĂ©dite et personnelle qui invoque l’esprit de Pan, que l’auteur a lui-mĂȘme Ă©voquĂ© pour expliquer la richesse plurielle de sa musique, ou plutĂŽt communion avec le rythme dionysiaque d’un temps nouveau, recomposĂ©. Disons que la profusion des rythmes, des timbres, des couleurs affirment au final, une vision totalement nouvelle des horizons musicaux.
S’il y a une empreinte incontestable du destin, de sa force contraignante et barbare, il y aussi grĂące Ă  l’élan propre Ă  la musique de Mahler, l’affirmation de plus en plus Ă©clatant d’une restructuration active. A mesure qu’il absorbe dans l’orchestre, la rĂ©sonance du chaos, Mahler semble recomposer au mĂȘme moment, le chant du cosmos. La dĂ©structuration apparente s’inverse Ă  mesure que le principe symphonique s’accomplit. Un magma de puissances telluriques se cabre et danse ici (Scherzo).

Musique, matiĂšre cathartique
Musique audacieuse et mĂȘme rĂ©volutionnaire, et sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque, et dans le restant de l’Ɠuvre, la 7Ăšme symphonie n’en finit pas de nous interroger sur la maniĂšre de l’approcher. Tout y est contenu des sentiments mahlĂ©riens, rictus, aigreurs, pollutions et poisons, dĂ©rision, ironie et fausse innocence mais aussi, -surtout-, rĂ©gĂ©nĂ©rescence Ă  l’Ɠuvre dans la matiĂšre sonore, ici d’autant plus fascinante qu’elle est dans la 7 Ăšme, d’une Ă©poustouflante diversitĂ©, d’une subtile complexitĂ© (mandoline, harpe et guitare tissent dans le second Nachtmusik, plusieurs mĂ©lodies Ă©nigmatiques dont Schönberg gardera le souvenir)


Au sein de l’intĂ©grale des symphonies de Mahler, ce volet est l’une des expĂ©riences les plus captivantes. Et le geste du chef, qui doit y brasser l’olympien et le dyonisiaque, le diabolisme et le lumineux, la dĂ©sespĂ©rance ironique et la pure joie, a le dĂ©fi de s’y rĂ©vĂšle des plus Ă©loquents !

LILLE, ONL : 10Ăš Symphonie de Mahler (Adagio)

ONL lille le 5 sept 19 concert Mahler Strauss concert annonce classiquenews Lise-de-la-Salle_slide_328px_19-20LILLE, ONL, le 5 sept 2019 : MAHLER, Adagio de la 10Ăš symphonie. DĂšs dĂ©but septembre 2019, pour amorcer sa nouvelle saison 2019 2020, l’Orchestre National de Lille dĂ©die sa programmation Ă  Gustav Mahler
 Le 5 septembre, place Ă  l’Adagio de la 10Ăš symphonie par une phalange invitĂ©e : l’Orchestre Français des Jeunes sous la direction de Fabien Gabel.
Ensuite, sous la direction de son directeur musical, Alexandre BLOCH, l’ l’Orchestre National de Lille / ONL poursuit son cycle des Symphonies de Mahler, dùs les 1er et 2 octobre : Symphonie n°6.

L’ADAGIO DE LA SYMPHONIE N°10
 Gustav Mahler dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Vienne en mai 1911 laisse inachevĂ©e son ultime symphonie, la 10Ăš : le premier mouvement, adagio (en fa diĂšse majeur) est retrouvĂ©, publiĂ© par sa veuve Alma en 1924, puis « achevé » avec le 3Ăš mouvement (Purgatorio) par Ernst Krenek et le chef Franz Schalk. C’est ce dernier qui joue les deux Ă©pisodes ainsi restituĂ©s d’aprĂšs les manuscrits autographes en octobre 1924. D’une durĂ©e circa 25 mn, l’Adagio est le seul mouvement dont subsistent des Ă©lĂ©ments significatifs de la main de Mahler pour autoriser une restitution acceptable. Ample, dĂ©tachĂ©, intĂ©rieur voire dĂ©sincarnĂ© (le renoncement ultime en liaison avec la crise conjugale que vit alors le compositeur en 1910), rappelle l’adagio de la Symphonie n°9 de Bruckner. Mahler y superpose 3 idĂ©es thĂ©matiques, pas vraiment fusionnĂ©es ni dialoguĂ©es, alternĂ©es, sur un canevas harmonique oĂč Mahler dĂ©passe aussi loin qu’il le peut le classicisme tonal. Au moment de la conclusion, tous les motifs se combinent et se fondent, emblĂšme d’un gĂ©nie du dĂ©veloppement et de l’architecture orchestrale.

Le mouvement ainsi jouĂ© marque le premier jalon du cycle Mahler 2019 / 2020 prĂ©sentĂ© par l’ONL Orchestre National de Lille : les prochains rv sont 1er et 2 octobre 2019 (Symphonie n°6), 18 octobre (Symphonie n°7), mercredi 20 et jeudi 21 novembre (Symphonie n°8 des mille), puis les 15 et 16 janvier 2020 (Symphonie n°9)


Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
Jeudi 5 septembre 2019, 20h

De l’ombre à la lumiùre
Orchestre Français des Jeunes
Fabien Gabel, direction

Lindberg : Vivo
Schumann : Concerto pour piano
Soliste : Lise de la Salle, piano

Mahler : Symphonie n°10, Adagio
R. Strauss : Mort et Transfiguration

PrĂ©sentation du concert sur le site de l’ONL / Orchestre National de Lille : « L’Orchestre Français des Jeunes est en rĂ©sidence en rĂ©gion Hauts-de-France.
Lorsqu’il entame sa Symphonie n°10 en 1910, Mahler est rongĂ© par ses souffrances conjugales et par la maladie. Il ne pourra d’ailleurs achever sa derniĂšre grande partition. L’Adagio qu’il compose est extraordinaire par ses sonoritĂ©s tranchantes. Plus apaisĂ©, le Concerto pour piano de Schumann est un exaltant cri du cƓur composĂ© pour sa femme Clara. Brillante musicienne du rĂ©pertoire romantique, Lise de la Salle interprĂšte ce joyau de la littĂ©rature pianistique. Couronnant un programme placĂ© sous le signe de l’amour et de la mort, l’Orchestre Français des Jeunes et son chef Fabien Gabel prĂ©sentent pour terminer la grandiose et lumineuse Mort et Transfiguration de Strauss. »

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/de-lombre-a-la-lumiere/

France 5, France Musique ce soir: Symphonie des mille n°8 de MAHLER

MAHLER-gustav-symphonie-5-orchestre-national-de-lille-Alexandre-Bloch-annonce-concert-classiquenews-critique-concertFRANCE MUSIQUE, ce soir, le 29 juil 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des mille / France Musique en direct dĂšs 20h45 – France 5 Ă  22h30. CrĂ©Ă©e Ă  Munich au moment de l’Exposition Internationale, le 12 septembre 1910, la Symphonie des Mille ou Symphonie n°8 de Gustav Mahler est un immense chant d’espoir qui marque aussi la pleine maturitĂ© d’une Ă©criture enfin apaisĂ©e, aprĂšs les tourments plus ou moins contrĂŽlĂ©s et assumĂ©s des Symphonies n°5, n°6 et surtout n°7, symphonies autobiographiques oĂč le conflit, la noirceur, la prĂ©sence de forces cosmiques insurmontables, les blessures liĂ©es Ă  son destin personnel et sa vie sentimentale, sont le sujet principal. Ici rien de tel, sinon, une arche grandiose dont les tensions canalisĂ©es convergent vers une priĂšre de rĂ©conciliation, une aspiration profonde Ă  la paix Ă©ternelle.

Si Mahler n’a pas Ă©crit d’opĂ©ras, cette fresque grandiose Ă  l’échelle du colossale nĂ©cessite un plateau artistique impressionnant : triple choeur (femmes, hommes, enfants), grand orchestre, solistes dont les airs sont dignes d’un drame lyrique.

L’odyssĂ©e mahlĂ©rienne de la 8Ăšme doit son unitĂ© Ă  la constance attendrie, exaltĂ©e mais toujours Ă©lĂ©gante des interprĂštes. D’autant plus que les deux parties sont d’un Ă©tonnant contraste : premier volet construit autour du Veni, Creator Spiritus, selon le texte mĂ©diĂ©val de l’archĂ©vĂȘque de Mayence, Hrabanus Maurus. Le compositeur a reçu la rĂ©vĂ©lation de cette hymne au CrĂ©ateur, d’autant plus bienvenue pour son Ăąme inquiĂšte et de plus en plus mystique. Tout le dĂ©veloppement est une variation sur le thĂšme de cette fulgurance personnelle dont il souhaite nous faire partager l’intensitĂ©.

PLAN

Le volet 1 qui reprend la traduction de l’hymne mĂ©diĂ©val : Hymnus : Veni Creator, est un immense chant de priĂšre et d’espĂ©rance, dans une Ă©criture contrapuntique des plus maĂźtrisĂ©e, qui cite toutes les messes et oratorios qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©. Mahler exprime la tendresse des croyants rĂ©cepteurs du miracle, tĂ©moins d’une vision sidĂ©rante partagĂ©e. DurĂ©e : circa 30 / 35 mn.

Dans le second volet,  d’aprĂšs Schluss-szene aus « Faust » (ScĂšne finale du Faust) de Goethe, pendant littĂ©raire au premier volet d’origine sacrĂ©e, mais non moins extraordinairement exaltĂ©, solistes, chƓurs et orchestre façonnent une superbe peinture de la foi, soit un vĂ©ritable opĂ©ra spirituel oĂč l’évocation du mystĂšre, grĂące Ă  des Ă©pisodes suggestifs, un sens Ă©vident de l’articulation et des nuances (bois somptueux, cuivres grandioses, cordes amples et suspendues) donne le format de cette seconde Passion. Comme une rĂ©ponse moderne aux Passions de JS BACH, Mahler orchestre un remarquable drame sacrĂ© oĂč se prĂ©cisent plusieurs profils Pater Profundis, Maria Aegyptica, lesquels en intercesseurs, accompagnent le croyant vers l’étreinte finale que lui rĂ©serve, ĂŽ comble du bienheureux, Maria Gloriosa.
Rien ne manque Ă  l’évocation de ce diptyque religieux. Ni l’élan fervent, ni la sensibilitĂ©. Le chef doit veiller aux dĂ©tails comme Ă  l’architecture de cette cathĂ©drale orchestrale et lyrique. Ici Homme et univers ne font plus qu’un : le but ciblĂ©, espĂ©rĂ©, exaucĂ© d’un Mahler enfin en paix avec lui-mĂȘme, est atteint. Plan : adagio, scherzo, finale agitato - DurĂ©e : circa 1h.

 

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FRANCE MUSIQUE, lundi 29 juillet, 20h45. MAHLER : Symphonie n°8 des Mille.
EN DIRECT sur France MUSIQUE, – en diffĂ©rĂ© sur FRANCE 5 Ă  22h30
depuis les ChorĂ©gies d’Orange 2019 (150Ăš anniversaire en 2019)

Magna Peccatrix: Meagan Miller
Una poenitentium: Ricarda Merbeth
Mater gloriosa :Eleonore Marguerre
Mulier Samaritana: Claudia Mahnke
Maria Aegyptica: Gerhild Romberger
Doctor Marianus: NikolaĂŻ Schukoff
Pater ecstaticus: Boaz Daniel
Pater profondus: Albert Dohmen

Orchestre Philharmonique de Radio France
Orchestre National de France

Choeur de Radio France
Choeur philharmonique de Munich
MaĂźtrise de Radio France

Jukka-Pekka Saraste, direction

 

 

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ORANGE : Symphonie n°8 “des mille” de Gustav MAHLER

MAHLER-gustav-symphonie-5-orchestre-national-de-lille-Alexandre-Bloch-annonce-concert-classiquenews-critique-concertORANGE, ChorĂ©gies, lun 29 juil 2019. MAHLER : Symphonie n°8 des mille. CrĂ©Ă©e Ă  Munich au moment de l’Exposition Internationale, le 12 septembre 1910, la Symphonie des Mille ou Symphonie n°8 de Gustav Mahler est un immense chant d’espoir qui marque aussi la pleine maturitĂ© d’une Ă©criture enfin apaisĂ©e, aprĂšs les tourments plus ou moins contrĂŽlĂ©s et assumĂ©s des Symphonies n°5, n°6 et surtout n°7, symphonies autobiographiques oĂč le conflit, la noirceur, la prĂ©sence de forces cosmiques insurmontables, les blessures liĂ©es Ă  son destin personnel et sa vie sentimentale, sont le sujet principal. Ici rien de tel, sinon, une arche grandiose dont les tensions canalisĂ©es convergent vers une priĂšre de rĂ©conciliation, une aspiration profonde Ă  la paix Ă©ternelle.

Si Mahler n’a pas Ă©crit d’opĂ©ras, cette fresque grandiose Ă  l’échelle du colossale nĂ©cessite un plateau artistique impressionnant : triple choeur (femmes, hommes, enfants), grand orchestre, solistes dont les airs sont dignes d’un drame lyrique.

L’odyssĂ©e mahlĂ©rienne de la 8Ăšme doit son unitĂ© Ă  la constance attendrie, exaltĂ©e mais toujours Ă©lĂ©gante des interprĂštes. D’autant plus que les deux parties sont d’un Ă©tonnant contraste : premier volet construit autour du Veni, Creator Spiritus, selon le texte mĂ©diĂ©val de l’archĂ©vĂȘque de Mayence, Hrabanus Maurus. Le compositeur a reçu la rĂ©vĂ©lation de cette hymne au CrĂ©ateur, d’autant plus bienvenue pour son Ăąme inquiĂšte et de plus en plus mystique. Tout le dĂ©veloppement est une variation sur le thĂšme de cette fulgurance personnelle dont il souhaite nous faire partager l’intensitĂ©.

PLAN

Le volet 1 qui reprend la traduction de l’hymne mĂ©diĂ©val : Hymnus : Veni Creator, est un immense chant de priĂšre et d’espĂ©rance, dans une Ă©criture contrapuntique des plus maĂźtrisĂ©e, qui cite toutes les messes et oratorios qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ©. Mahler exprime la tendresse des croyants rĂ©cepteurs du miracle, tĂ©moins d’une vision sidĂ©rante partagĂ©e. DurĂ©e : circa 30 / 35 mn.

Dans le second volet,  d’aprĂšs Schluss-szene aus « Faust » (ScĂšne finale du Faust) de Goethe, pendant littĂ©raire au premier volet d’origine sacrĂ©e, mais non moins extraordinairement exaltĂ©, solistes, chƓurs et orchestre façonnent une superbe peinture de la foi, soit un vĂ©ritable opĂ©ra spirituel oĂč l’évocation du mystĂšre, grĂące Ă  des Ă©pisodes suggestifs, un sens Ă©vident de l’articulation et des nuances (bois somptueux, cuivres grandioses, cordes amples et suspendues) donne le format de cette seconde Passion. Comme une rĂ©ponse moderne aux Passions de JS BACH, Mahler orchestre un remarquable drame sacrĂ© oĂč se prĂ©cisent plusieurs profils Pater Profundis, Maria Aegyptica, lesquels en intercesseurs, accompagnent le croyant vers l’étreinte finale que lui rĂ©serve, ĂŽ comble du bienheureux, Maria Gloriosa.
Rien ne manque Ă  l’évocation de ce diptyque religieux. Ni l’élan fervent, ni la sensibilitĂ©. Le chef doit veiller aux dĂ©tails comme Ă  l’architecture de cette cathĂ©drale orchestrale et lyrique. Ici Homme et univers ne font plus qu’un : le but ciblĂ©, espĂ©rĂ©, exaucĂ© d’un Mahler enfin en paix avec lui-mĂȘme, est atteint. Plan : adagio, scherzo, finale agitato - DurĂ©e : circa 1h.

 
 
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mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsORANGE, Chorégies 2019. 150Úme anniversaire. 21h30 :  MAHLER : Symphonie n°8 des Mille. Diffusion en direct sur FRANCE MUSIQUE, lundi 29 juillet, 19h45. 
En différé sur FRANCE 5 à 22h30
depuis les ChorĂ©gies d’Orange 2019 (150Ăš anniversaire en 2019)

Magna Peccatrix: Meagan Miller
Una poenitentium: Ricarda Merbeth
Mater gloriosa :Eleonore Marguerre
Mulier Samaritana: Claudia Mahnke
Maria Aegyptica: Gerhild Romberger
Doctor Marianus: NikolaĂŻ Schukoff
Pater ecstaticus: Boaz Daniel
Pater profondus: Albert Dohmen

Orchestre Philharmonique de Radio France
Orchestre National de France

Choeur de Radio France
Choeur philharmonique de Munich
MaĂźtrise de Radio France

Jukka-Pekka Saraste, direction

 

 

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PLUS D’INFOS sur le site des ChorĂ©gies d’Orange 2019 / MAHLER : Symphonie n°8 des Mille 

COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction.

COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction. Le nouveau concert Mahler Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle est un jalon passionnant Ă  suivre, confirmant l’évidente affinitĂ© du chef avec l’écriture mahlĂ©rienne, comme l’éloquence collective des instrumentistes du National de Lille, en particulier aprĂšs plus d’une heure de jeu
 comme libĂ©rĂ©s, naturels, dans le dernier et 5Ăš tableau : le Rondo-Finale / Allegro, marquĂ© par l’urgence et une joie rayonnante, indĂ©fectible. Un bel engagement qui a dĂ» certainement ravir la petite fille du compositeur, prĂ©sente ce soir : Marina Mahler. Outre son sens de la spatialitĂ©, son imagination sans limites, c’est aussi la trĂšs riche palette de timbres, la recherche constante de texture et de caractĂšre qui fondent la modernitĂ© de Mahler au XXIĂš. Tout s’entend admirablement dans l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle sous la baguette du chef, directeur musical de l’Orchestre National de Lille, Alexandre Bloch.

 

 

 

L’ONL et Alexandre Bloch jouent la 5Ăš de Gustav Mahler…

1001 nuances de la passion mahlérienne

 

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Le premier mouvement (mesurĂ©, sĂ©vĂšre, funĂšbre) est grave ; initiĂ© par la trompette brillante, sublime appel initial, qui introduit la riche texture de la fanfare pour qu’émerge le chant Ă  la fois tendre et douloureux des cordes ; on apprĂ©cie immĂ©diatement l’articulation intĂ©rieure de ces derniĂšres dont le chef cisĂšle et ralentit, explicite et illumine les arriĂšres plans entre blessure rentrĂ©e et sentiment tragique. Peu Ă  peu se prĂ©cise la plainte amĂšre et retenue d’une Ă©ternelle souffrance (assise des 8 contrebasses comme un mur de soutien, alignĂ©s au fond de la scĂšne).
La souplesse, le sens du dĂ©tail des timbres (clarinette, flĂ»tes, cors et bassons), l’équilibre cordes, cuivres
 tout est dĂ©tachĂ©, fusionnĂ©, soulignĂ© avec un sens de la mesure ; et de la morsure aussi. La marche funĂšbre (Trauermarsch) qui se dĂ©ploie progressivement, surgit alors avec une finesse irrĂ©sistible.
A la fois gardien de la transparence et du dĂ©tail, le chef veille aussi au relief des contrastes saisissants qui agitent en un mouvement panique tous les pupitres (dans les deux trios) ; l’activitĂ© est prĂ©cise, et toujours, l’architecture de ce premier mouvement, parfaitement exposĂ©e ; la direction, d’une clartĂ© constante, avec une direction nettement explicitĂ©e : de l’ombre tenace voire lugubre 
 Ă  la lumiĂšre finale.
Chaque reprise se colore d’une intention renouvelĂ©e, offrant des teintes tĂ©nues entre mĂ©lancolie, adieu, renoncement, espĂ©rance. Ce premier mouvement est davantage qu’une marche : c’est une mosaĂŻque de sensations et de nuances peints Ă  la maniĂšre d’un tableau tragique. Ce travail sur l’articulation, la transparence de chaque phrase, intense et spĂ©cifique dans sa parure instrumentale nous paraissent les piliers d’une approche trĂšs articulĂ©e et fine, comme modelĂ©e de l’intĂ©rieur. VoilĂ  qui instille Ă  l’ensemble de cette arche primordiale, son Ă©paisseur inquiĂšte, un voile hypersensible qui capte chaque frĂ©missement pulsionnel, et semble s’élever peu Ă  peu jusqu’à l’ultime question que pose la flĂ»te finale, vĂ©ritable agent de l’ombre et du mystĂšre (aprĂšs la trompette presque moqueuse et provocatrice) : son chant retentit comme une Ă©nigme non Ă©lucidĂ©e. De sorte que de ce premier mouvement tout en ressentiment, Alexandre Bloch Ă©lucide l’écheveau des forces antagonistes : tout y est exposĂ© en un Ă©quilibre sombre, irrĂ©solu. Tout y est clair et des plus troubles. Equation double. L’intonation est parfaite.

Le second mouvement apporte les mĂȘmes bĂ©nĂ©fices, mais en une activitĂ© versatile proche d’un chaos aussi vif qu’intranquille. Morsures, agitation Ă©perdue, perte de l’équilibre sourd du premier mouvement, on distingue la superbe phrase (par son onctuositĂ© langoureuse) des bois et piz des cordes : se prĂ©cise sous la priĂšre des cordes (violoncelles) un ardent dĂ©sir qui supporte tout l’édifice. L’élan se fait quĂȘte. Le chant wagnĂ©rien des violoncelles indique dans le murmure cette brĂ»lure et cette question qui taraude tout l’orchestre (cuivres enflammĂ©s, crĂ©pitants), et dans l’interrogation posĂ©e par le compositeur, Alexandre Bloch trouve la juste rĂ©alisation : celle d’une insatisfaction d’une indicible voluptĂ© (cor anglais) Ă  laquelle il oppose le souvenir de marches militaires qui prĂ©cipite le flux orchestral en spasmes parfois jusqu’à l’écƓurement. L’attention aux dĂ©tails et aux couleurs, – lĂ  encore, teintes et demi teintes, le nuancier du gĂ©nie MahlĂ©rien est ici infini ; il s’affirme et se dĂ©ploie sous la direction (sans baguette) du chef, trĂšs articulĂ©, faisant surgir des Ă©clairs et des textures – accents et climats (amertume des hautbois et clarinettes aux postures fĂ©lines, animales) d’une ivresse
 irrĂ©sistible. Jusqu’à l’explosion conçue comme un choral (percus et cuivres en rĂ© majeur), lente et irrĂ©pressible Ă©lĂ©vation, aspiration verticale qui annonce une victoire finale (l’orchestration est celle de Strauss ou du Wagner de TannhĂ€user et des MaĂźtres Chanteurs). Et lĂ  encore, la fin filigranĂ©e, dans le mystĂšre : piz des cordes et notes aiguĂ«s de la harpe saisissent l’esprit, par leur justesse fugace. Tout est dit, rien n’est rĂ©solu.

MAHLER-gustav-symphonie-5-orchestre-national-de-lille-Alexandre-Bloch-annonce-concert-classiquenews-critique-concertMorceau de bravoure et plus long morceau du cycle, le Scherzo (ainsi que l’écrit Mahler), recycle valse et laendler. D’une insouciance osons dire « straussienne », le solo de cor (superbe soliste) ouvre le 3Ăš mouvement; plein d’angĂ©lisme et de candeur en couleurs franches (duo de clarinettes), sur un ton dĂ©tendu, Ă©lĂ©giaque, ce chant de la nature enchante, enivre et contraste avec la couleur lugubre, saisissante des deux premiers mouvements. Pourtant Alexandre Bloch en exprime aussi le sentiment d’inquiĂ©tude qui s’immisce peu Ă  peu et finit par dĂ©construire la franchise de la construction mĂ©lodique (alarme des cors)
 vers l’inquiĂ©tude Ă©nigmatique qui rĂŽde (superbe solo de cor, pavillon bouchĂ©), avant les piz des cordes tel une guitare amoureuse mais parodique : Mahler se moquerait-il de lui-mĂȘme ? « vieux corps malade », pourrait-on dire,
 pourtant aimant comme un ado, la belle Alma (rĂ©cemment rencontrĂ©e et dont la 5Ăš symphonie tĂ©moigne de la forte sĂ©duction dans le cƓur du compositeur) ; c’est comme les Romantiques, Beethoven et Berlioz, la belle bien aimĂ©e vers laquelle s’adressent toutes ses espĂ©rances. D’oĂč l’inclusion de la valse Ă  peine Ă©noncĂ©e et dĂ©jĂ  Ă©perdue, inquiĂšte
 c’est un rĂȘve Ă©rotique, un Ă©treinte Ă©voquĂ©e juste dĂ©veloppĂ©e
 Mahler aimant manquerait-il de certitude, en proie aux vertiges du doute ?
La palette des sentiments du hĂ©ros, (versatile, changeante) est un vrai dĂ©fi pour l’orchestre ; dans une succession d’humeurs et d’émois contradictoires, en apparence dĂ©cousus, le chef garde le fil, tel un questionnement aux enjeux profonds et intimes, aux Ă©noncĂ©s polyvalents et constants.

Enfin c’est le grand bain d’oubli et de langueur suspendue pour cordes seules : l’Adagietto. Le 4Ăš mouvement adoucit, rĂ©soud tout; instant de grĂące et plĂ©nitude aĂ©riennes, d’un climat de voluptĂ© extatique et lĂ  aussi murmurĂ©e installĂ© par cordes et harpe. C’est un rĂȘve d’amour et de sensualitĂ© d’une intensitĂ© unique dans l’histoire symphonique dont Alexandre Bloch se dĂ©lecte Ă  gravir chaque Ă©chelon vers les cimes, jusqu’à la derniĂšre phrase, suspendue. ÉtirĂ©e en une ample et ultime respiration, Ă  la fois rĂąle et renaissance. S’y dĂ©ploie la mĂ©lancolie presque amĂšre des violoncelles, surtout l’ivresse bĂ©ate des hauteurs dans le chant des violons. Mahler semble y tresser des guirlandes de fleurs Ă©panouies Ă  l’adresse de sa promise, parfums enivrants et aussi capiteux
 car l’élan passionnel n’est pas dispensĂ© d’une certaine gravitĂ©. Cette ambivalence de ton est parfaitement assimilĂ©e par le chef, tout en retenue et
 tension, dĂ©sir et inquiĂ©tude.

Le dernier mouvement (5Ăš), enchaĂźnĂ© immĂ©diatement, semble dĂ©chirer le voile du rĂȘve qui a prĂ©cĂ©dĂ© : en ce sens, l’appel du cor exprime l’éveil des amoureux, – le retour Ă  la rĂ©alitĂ© aprĂšs l’extase, lĂ  encore dans une orchestration wagnĂ©rienne (Siegfried). La direction du chef se distingue par son opulence, le caractĂšre d’émerveillement de la musique : avant le contrepoint idĂ©alement Ă©clairci, articulĂ© ; l’orchestre rĂ©alise ce dernier Ă©pisode comme une sĂ©rie de proclamations positives, lumineuses, sans aucune ombre et qui s’expriment Ă  Lille, comme une irrĂ©pressible soif d’harmonie et d’équilibre, aprĂšs tant de contrariĂ©tĂ©s et d’obstacles (Scherzo).

Le naturel, l’éloquence des instrumentistes dans ce dernier Ă©pisode, profitant du flux prĂ©cĂ©demment « rĂŽdé », et qui semble couler telle une source enfin rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, s’avĂšrent superlatifs. Mahler maĂźtrise les rebonds et le temps de la rĂ©solution selon le jeu des oppositions et des tensions qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ; c’est un architecte et un dramaturge, mais aussi un formidable rĂ©alisateur Ă  la pensĂ©e cinĂ©matographique ; aprĂšs une telle direction claire, nuancĂ©e, unitaire, on reste frappĂ© plus d’un siĂšcle aprĂšs sa conception, par le gĂ©nie mahlĂ©rien. L’ultime mouvement dans la fusion chef / instrumentistes, rĂ©alise toutes nos espĂ©rances. On y dĂ©tecte dans cette proclamation fuguĂ©e du triomphe, une part d’ironie critique, une saveur parodique qui sous-entend malgrĂ© tout la distance de Mahler avec son sujet. Sous la baguette mesurĂ©e d’Alexandre Bloch, ce Finale en demi-teintes, gagne une grande richesse allusive.

Palmes spĂ©ciales au 1er cor et au 1er trombone, eux aussi tout en engagement constant, en finesse rĂ©jouissante : aprĂšs 1h20 de plĂ©nitude et de contrastes orchestraux, l’expĂ©rience pour les spectateurs et auditeurs Ă  Lille demeure captivante : exaltĂ©, revigorĂ©, l’esprit ainsi impliquĂ© voire Ă©prouvĂ© mettra du temps pour redescendre. VoilĂ  qui laisse augurer le meilleur pour les prochaines sessions du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille en 2019 (au total les 9 symphonies seront jouĂ©es d’ici fin 2019). Sous l’Ɠil attentif et le soin du chef Alexandre Bloch, chaque ouvrage semble gagner comparĂ© Ă  la session prĂ©cĂ©dente, nuances, finesse, clartĂ© dans l’ambivalence.

Ne manquez pas le prochain rv MahlĂ©rien Ă  Lille, Symphonie n°6 « Tragique », les 1er et 2 octobre 2019. ÉvĂ©nement incontournable.

RĂ©servez votre place pour la 6Ăš Symphonie
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/lodyssee-mahlerienne-continue/

 

 

 

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COMPTE-RENDU, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 28 juillet 2019. MAHLER : Symphonie n°5. Orchestre national de Lille. Alexandre Bloch, direction.

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VOIR la 5ùme Symphonie de Mahler par l’ONL / Alexandre Bloch :

A revoir et à ressentir sur la chaüne YOUTUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=RqzHjU5PBpI

INDEX / traclisting Symphonie n°5 de Gustav Mahler
par l’Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch :
I. Im gemessenen Schritt / D’un pas mesurĂ© (procession funĂšbre)
StĂŒrmisch bewegt / Orageux
 Ă  37mn42
Scherzo Ă  52mn09
Adagietto Ă  1h10mn
Rondo-Finale. Allegro Ă  1h22mn

 

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LILLE, ONL : 4Ăš et 5Ăš symphonies de Mahler

MAHLER-symphonie-3-Alexandre-BLOCH-lille-critique-concert-critique-opera-classiquenews-le-chef-face-aux-violoncellesLILLE, ONL. MAHLER : 4Ăš, 5Ăš Symphonies, 8, 28 juin 2019. Poursuite de l’odyssĂ©e MahlĂ©rienne par l’ONL Orchestre National de Lille et son chef et directeur musical, Alexandre Bloch. Le auditeurs dans la vaste salle de l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle peuvent Ă  nouveau mesurer l’écriture rĂ©volutionnaire de Gustav Mahler dans le domaine orchestral : un travail spĂ©cifique sur les couleurs, l’architecture et la spatialisation, sans omettre le sens et la direction de l’édifice construit, aussi essentiel que l’Ɠuvre de son confrĂšre (admirateur) Richard Strauss, ou que celles en France, des visionnaires au dĂ©but du XXĂš, Ravel et Debussy. Mahler propose une arche symphonique rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, singuliĂšre et dĂ©cisive. Un dĂ©fi pour les musiciens de l’ONL Orchestre national de Lille.
Les 8 (4Ăšme Symphonie) puis 28 juin (5Ăš), se concrĂ©tise Ă  nouveau l’imaginaire mahlĂ©rien Ă  l’aune d’une existence toute entiĂšre marquĂ©e par la composition, l’activitĂ© comme directeur et chef de l’OpĂ©ra de Vienne, et l’amour, incarnĂ© enfin par la belle Alma Schindzler


 

 

 

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LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle

 

 

 

SAMEDI 8 JUIN 2019, 18h30
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°4

SOPRANO: ELIZABETH WATTS
couplée avec RACHMANINOV :
Rhapsodie sur un thĂšme de Paganini
(Alexander Gavrylyuk, piano)
 

RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-4/

 

VENDREDI 28 JUIN 2019 2019, 20h
GUSTAV MAHLER : Symphonie n°5
Programme présenté aussi le 24 juin (Dunkerque, le Bateau feu),
le 25 juin Basilique Saint-Denis, 20h,
le 27 juin, CompiĂšgne (Festival des ForĂȘts)
RESERVEZ VOTRE PLACE :
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Alexandre Bloch, direction
Jonas Ehrler, chef assistant

 

 

 

Le 28 juin, à 18h45 : Rencontre mahlérienne insolite avec Marina Mahler,
petite-fille de Gustav Mahler, fondatrice de la Malher Foundation  ;
puis à l’issue du concert, bord de scùne avec Alexandre Bloch
https://www.onlille.com/saison_19-20/concert/symphonie-n-5/
(pour les spectateurs muni d’un billet du concert)

 
 
 

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Alexandre Bloch, directeur musical de l’ONL – Orchestre National de Lille (© Ugo Ponte)

 
 

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4Ăšme et 5Ăšme Symphonies de Gustav MAHLER :
Clés de compréhension

 

 

 

4Úme SYMPHONIE : la vie céleste
Suite de l'odyssĂ©e MAHLER par l'Orchestre National de LilleC’est Ă  Maiernigg, dans sa cabane retraite (le HĂ€uschen) que le compositeur contemple la sainte et miraculeuse Nature, son essence inspirante, dyonisiaque ; il peut y rĂ©aliser de longues marches dans les Dolomites, excursion Ă  valeur thĂ©rapeutiques et profondĂ©ment bienfaitrices. Mahler achĂšve la 4Ăš symphonie Ă  l’étĂ© 1900 (et l’orchestration Ă  l’hiver 1900). Il n’a pas encore rencontrĂ© Ă  Vienne, la belle Alma, qui sera la dĂ©dicataire secrĂšte de la 5Ăš Symphonie, ample poĂšme de l’amour et de ses noces inespĂ©rĂ©es avec celle que tous les artistes adorent voire plus, Zemlinsky, Klimt


La 4Ăš prolonge l’extase de la 3Ăš dont elle reprend certains motifs (alors entonnĂ©s par le choeur d’enfants et la soliste alto). Dans le climat pastoral et trĂšs apaisĂ© de la 4Ăš, Mahler Ă©carte le chƓur, et prĂ©fĂšre la soprano qui entonne le lied final, conclusion vocale de sa nouvelle symphonique.
A Vienne, la crĂ©ation de cette 4Ăš (12 janvier 1902) est un fiasco, sujet de mordantes critiques des pseudo-spĂ©cialistes : vulgaritĂ©, bavardage, confusion
 sont les reproches adressĂ©s Ă  Mahler. L’accueil du public amĂ©ricain sera tout diffĂ©rent et suscite la dĂ©fense des Ɠuvres mahlĂ©riennes trĂšs tĂŽt aux USA. Le compositeur y renouvelle encore les limites et la forme symphonique, rĂ©alisant une osmose rare entre lied et orchestre dans la quatriĂšme et dernier section pour soprano et orchestre (« la vie cĂ©leste », extrait du cor enchantĂ© de l’enfant : rĂ©vĂ©lation de la vie au Paradis, loin de l’existence terrestre) : un temps suspendu, d’extase et d’accomplissement Ă  relier avec sa rencontre inespĂ©rĂ©e avec celle qui devient sa femme Alma (leur mariage a lieu le 9 mars 1902, et leur lune de miel
 en Russie).

 

 

 

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5ùme SYMPHONIE
 tout l’amour d’Alma
MAHLER-gustav-et-alma-symphonie-classiquenews-Gustav-MahlerL’époux comblĂ© exprime son bien-ĂȘtre nouveau dans la 5Ăš : nouveau poĂšme purement instrumental cette fois (comme les 6Ăš, puis 7Ăš : les plus autobiographiques de son catalogue). Alors que Gustav Mahler est une figure reconnue comme chef et le brillant mais impĂ©tueux dircteur de l’OpĂ©ra de Vienne – ce qui n’est pas sans causĂ© de profondes tensions avec l’administration de la Hofoper, les artistes les plus audacieux menĂ© par Klimt, inaugure alors en avril 1902, la 14Ăš expos de la SĂ©cession : un hommage Ă  Beethoven et sa 9Ăš, avec statue de Klinger, fresque de Klimt qui reprĂ©sente ouvertement Mahler en chevalier Ă©perdu, Ă©pris, anguleux
 Mahler rencontre l’un des peintres engagĂ©s Alfred Roller qui deviendra Ă  partir de 1903, le dĂ©corateur et metteur en scĂšne attitrĂ© de Mahler pour ses grandes productions Ă  l’OpĂ©ra de Vienne
 Comme compositeur, il est comblĂ© car sa 3Ăš Symphonie est enfin crĂ©Ă©e triomphalement Ă  Krefeld le 9 juin 1902 : un immense Ă©vĂ©nement auquel a participĂ© entre autres Richard Strauss, lequel est clairvoyant sur le gĂ©nie de son compatriote, et aussi Alma, qui bouleversĂ©e, a le sentiment dĂ©finitif d’ĂȘtre aux cĂŽtĂ©s d’un ĂȘtre exceptionnel

La 5Ú est justement la partition du couple, de ses promesses, ses désirs, son bonheur prononcé. Eté 1902 : Mahler dans son cabanon du HÀuschen, achÚve le nouveau cycle orchestral. La partition est terminée fin août 1902, dans le climat apaisé et contemplatif des longues marches dans la nature.

PLAN.. en 5 sĂ©quences. La 5Ăš raconte d’abord l’agonie et le malheur, le traumatisme de la mort, celui qu’il a vĂ©cu en fĂ©vrier 1901, quand faillit mourir d’une hĂ©morragie intestinale (sauvĂ© in extremis par les mĂ©decins). Les deux premiers mouvements sont marquĂ©s par ce sentiment du malheur total : le premier en forme de marche funĂšbre (comme l’ouverture de la 2Ăš) ; le second « orageux, animĂ©, trĂšs vĂ©hĂ©ment »). Mahler y prolonge l’expĂ©rience des opus prĂ©cĂ©dents, inventant une langue essentielle, purement musicale, oĂč sans rĂ©fĂ©rence (sauf le leid final), le programme et le dĂ©veloppement tendent Ă  l’abstraction, Ă  partir de sa propre imagination.
De cette inspiration jaillissante, puissante, originale, s’affirme la libertĂ© inĂ©dite du Sherzo (le plus dĂ©veloppĂ© de Mahler) : sans connotation parodique ou caricaturale, l’auteur y dĂ©ploie un pur sentiment de joie lumineuse (l’amour d’Alma), et il faut toute la bĂ©atitude Ă©perdue, renoncement, adieu apaisĂ©, immense caresse sensorielle de l’Adagietto pour Ă©quilibrer la tension globale de la symphonie. La derniĂšre et cinquiĂšme sĂ©quence (Rondo-finale. Allegro) clĂąme la victoire en un choral grandiose (annoncĂ© par la clarinette dans l’introduction) oĂč percent des cuivres brucknĂ©riens
 tant critiquĂ©s par Alma d’ailleurs.

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LILLE, ONL. Alexandre BLOCH dirige la 3Ăš Symphonie de Mahler

INTEGRALE MAHLER Ă  LILLELILLE, le 3 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Alexandre Bloch pilote l’orchestre National de Lille, son orchestre puisqu’il en est le directeur musical, dans une Ă©popĂ©e Ă  risques, mais spectaculaire et singuliĂšre : les 9 symphonies de Gustav Mahler, architecte visionnaire dont le souffle, le goĂ»t des timbres, et le sens des Ă©tagements s’avĂšrent sous la baguette du maestro
 passionnants Ă  suivre. Jusqu’en juin 2019, le premier objectif est de jouer les 5 premiĂšres symphonies. Un marathon qui expose les musiciens Ă  de multiples dĂ©fis. AprĂšs les Symphonies 1 et 2, voici venir les 3 et 4 avril prochains, la symphonie n°3, moins connue car moins jouĂ©e. Un nouvel Ă©difice dont les dimensions correspondent manifestement Ă  l’Orchestre lillois que la grande forme ne fait pas fuir, bien au contraire. On l’a rĂ©cemment vu en fin de saison derniĂšre dans la flamboyance fraternelle, dĂ©jantĂ©e, humaniste de la partition Mass de Leonard Bernstein, formidable expĂ©rience humaine et artistique par laquelle chef et orchestre fĂȘtaient le centenaire Bernstein 2018. Un dispositif regroupant de nombreuses phalanges locales (orchestres d’harmonies, chorales et chƓurs, sans compter les chanteurs acteurs « jouant » leur partie sur la scĂšne de ce rituel paĂŻen polymorphe
 Et si la maestro savait mieux qu’aucun autre, rĂ©tablir l’humain au cƓur de partitions pourtant colossales ?
Entretien avec Alexandre Bloch à propos de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler, à l’affiche du Nouveau Siùcle à Lille le 3 avril (concert repris le 4 avril à la Maison de la culture d’Amiens). Propos recueillis en mars 2019.

 

 

 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille poursuivent leur cycle MAHLER 2019 

Les enjeux de la Symphonie n°3 de Gustav Mahler

  

 

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QUELQUES CLÉS DE COMPRÉHENSION
 POUR LA 3Ăšme de MAHLER. En 2019, cap sur Mahler : un nouvel eldorado dont les promesses ciblent le grand frisson symphonique. Pour mieux comprendre la structure et le sens de ce nouvel opus, nous avons posĂ© quelques questions au Maestro, qui venait de diriger en Allemagne, la symphonie la plus sombre et bouleversante de Tchaikovski, le 6Ăš (« PathĂ©tique », le 18 mars dernier Ă  la Tonhalle de DĂŒsseldorf, Ă  la tĂȘte du DĂŒsseldorfer Symphoniker).
« C’est un Ă©cart total d’une symphonie Ă  l’autre”, nous prĂ©cise Alexandre Bloch. « Si la 6Ăš et derniĂšre symphonie de Tchaikovski est des plus tragiques, la 3Ăš de Mahler s’achĂšve dans l’espĂ©rance, mais Ă  la diffĂ©rence de la 2Ăš, RĂ©surrection, il n’y est pas question de la souffrance ni des peines inĂ©vitables qui sont le prĂ©alable nĂ©cessaire Ă  la rĂ©surrection finale. Dans la 3Ăš Symphonie, Mahler exprime son admiration pour la Nature, pour toutes les crĂ©atures terrestres. Et comme les prĂ©cĂ©dentes, la 3Ăš prĂ©pare au dernier mouvement qui incarne un fabuleux message d’optimisme et de sĂ©rĂ©nité ».

Parmi les temps forts de l’opus achevĂ© Ă  l’étĂ© 1896 (mais qui ne sera crĂ©Ă© qu’en
 1902), le chef distingue l’ampleur du premier mouvement : « c’est l’un des plus longs et des plus dĂ©veloppĂ©s jamais Ă©crits par Mahler ; c’est un monde Ă  lui seul, et terminĂ© en dernier, comme une piĂšce Ă  part, distinct des 5 autres parties. Le souffle emporte cette premiĂšre et vaste fresque prĂ©liminaire dans laquelle le compositeur affirme si l’on en doutait, son gĂ©nie du contrepoint. La force d’évocation y est spectaculaire. »

 

 

Mahler_gustav_profilLABORATOIRE INSTRUMENTAL et VISION PANTHÉISTE
 Notez-vous d’autres points importants ? « L’intelligence de la construction est comme pour les symphonies prĂ©cĂ©dentes, captivante. Mahler est un architecte : les 3 premiers mouvements s’inscrivent dans la terre (d’oĂč leurs couleurs graves et sombres) ; les 3 derniers expriment une Ă©lĂ©vation progressive, jusqu’à l’Adagio final, – en rĂ© majeur, vaste chant d’amour. J’aimerai aussi souligner le champs des expĂ©rimentations que dĂ©veloppe Mahler sur le plan instrumental : je retrouve comme dans la 2Ăš Symphonie, des alliages souvent remarquables par leur pertinence, leur justesse, entre autres, dans l’évocation des espĂšces terrestres, vĂ©gĂ©tales et animales (2Ăš et 3Ăš mouvements) mais il ne s’agit pas de simples descriptions car le langage de Mahler va au delĂ  de l’illustration (
) ; Enfin, la 3Ăš est traversĂ©e par une hauteur de vue phĂ©nomĂ©nale : la 2Ăš nous parlait du destin de l’homme ; ici, il s’agit d’un hymne Ă  la Nature, de la place de l’homme ; la vision est trĂšs large et bien sĂ»r l’on peut parler du panthĂ©isme de Mahler, lequel s’accomplit dans le sublime Adagio final ».

  

 

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LILLE, les 3 et 4 avril 2019. MAHLER : Symphonie n°3. Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille. 20h. RESERVEZ VOTRE PLACE ICI

 

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Illustrations : Alexandre Bloch (© Ugo Ponte / ONL) – Gustav Mahler

  

 

 

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LIRE notre prĂ©sentation du concert : Symphonie n°3 de Gustav Mahler par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille :
http://www.classiquenews.com/lille-3eme-symphonie-de-mahler-par-lorchestre-national-de-lille/

 

VISITER le site de l’Orchestre National de Lille
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/symphonie-n-3/

 

 

 

VISIONNER les Symphonies de Mahler par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille sur la chaüne Youtube de l’ONL / Orchestre National de Lille
https://www.youtube.com/user/ONLille/videos
(Accessibles : les symphonies n°1 Titan, n°2 RĂ©surrection, de nombreux entretiens et explications sur les symphonies par les musiciens de l’orchestre, par Alexandre Bloch

 

 

 

 

 

VOIR la Symphonie n°3 de Mahler par Leonard Bersntein / Wiener Philharmoniker / VIENNE 1973
https://www.youtube.com/watch?v=1AwFutIcnrU
 
 

 
 

 

COMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, le 28 fév 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection ». Orch National de Lille / Alexandre Bloch.

cycle-mahlerCOMPTE RENDU, concert. LILLE, ONL, Nouveau SiĂšcle, le 28 fĂ©vrier 2019. MAHLER : Symphonie n°2 « RĂ©surrection ». Orchestre National de Lille. Alexandre Bloch. La premiĂšre Symphonie Titan marquait dĂ©jĂ  l’ampleur d’une Ă©criture trĂšs inspirĂ©e. Premier essai, premier coup de gĂ©nie (1). Dans la 2Ăš Symphonie, l’architecture s’élĂšve encore : du tumulte initial, l’énergie gravit peu Ă  peu la montagne, jusqu’à Ă©difier une cathĂ©drale
 spirituelle et mystique. Alexandre Bloch nous conduit dans ce cheminement qui fait de la Symphonie n°2 une symphonie de compassion, de dĂ©livrance, une formidable machine cathartique et salvatrice.

 
 
 

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Le premier mouvement marque d’emblĂ©e l’échelle du cadre symphonique : colossale voire abyssale. Le souffle, la dimension n’ont jamais Ă©tĂ© Ă  ce point aussi grandioses, – les contrastes enchaĂźnĂ©s, aussi vertigineux… dans la pensĂ©e, autant que dans les nouvelles sonoritĂ©s et trouvailles esthĂ©tiques requises pour en exprimer l’énergie. Au dĂ©but, le chant Ăąpre des contrebasses mĂšne la danse (comme le dĂ©but de la Walkyrie de Wagner en une sorte de chevauchĂ©e nocturne, ivre, panique), puis c’est la priĂšre des hautbois Ă  l’élĂ©gance toute racĂ©e ; ainsi s’affirme le balancement jamais rĂ©solu entre dĂ©sarroi dĂ©pressif et viscĂ©rale espĂ©rance d’un Mahler accablĂ© par le destin. Les cuivres clament cette prise de conscience supĂ©rieure qui se fait onctueuse douceur aux cordes, clarinettes et cors.
Alexandre Bloch fait surgir comme un matrice bouillonnante le mouvement des forces contraires et pourtant concomitantes, avec une franchise de ton et la volontĂ© d’en dĂ©coudre aprĂšs avoir exposĂ© toutes les cartes d’un jeu trouble Ă  son dĂ©but. Fureur contre l’adversitĂ©, impuissance face aux Ă©lĂ©ments contraires et dĂ©pression profonde (marche des harpes), et pourtant, toujours, indĂ©fectible foi
 Tout est lĂ , Ă  la fois d’une clartĂ© lugubre et d’une tendresse terrorisĂ©e mais tenace. C’est d’ailleurs cette rĂ©sistance coĂ»te que coĂ»te, et cette opiniĂątretĂ© qui cimentent toute la construction comme elle inspire la formidable Ă©nergie du chef.

 
 
 
 
 
 

Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille rĂ©alisent la prodigieuse mĂ©tamorphose Ă  l’Ɠuvre dans la 2Ăš Symphonie de Mahler


SAUVAGERIE, COMPASSION, RESURRECTION

 
 
 
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CritiquĂ© vertement par son modĂšle, Hans von Bulow (le crĂ©ateur de Tristan) et grand dĂ©fenseur alors de Richard Strauss, Mahler qui lui avait fait Ă©coutĂ© l’esquisse de la 2Ăš (en son premier mouvement dĂ©nommĂ© Totenfeier, « fĂȘte des morts », mouvement indĂ©pendant achevĂ© dĂšs 1888), ne se laisse pas dĂ©courager. Bien au contraire. ChevillĂ© au corps, l’exercice de composition est une nĂ©cessitĂ© vitale.
Ce combat pour s’affirmer, cette clairvoyance pleinement assumĂ©e se prĂ©cisent dans la magma de la 2Ăš, dĂšs son premier mouvement initial (Allegro maestoso), vĂ©ritable cathĂ©drale sonore oĂč s’affrontent toutes les forces en prĂ©sence, apparentes puissances contradictoires, en fait pilier d’un monde symphonique nouveau oĂč Mahler dans les faits, fusionne et Wagner, et Bruckner, et toutes les narrations symphoniques connues jusque lĂ , organisant peu Ă  peu le chaos du dĂ©but, rĂ©capitulant, architecturant son grand Ɠuvre en devenir
 afin d’éclairer l’orchestre par sa propre voix.

C’est dans ce bain primordial, cet Ă©lan en structuration que nous convie Alexandre Bloch, exploitant toutes les riches alliances de timbres, les frottements de sonoritĂ©s d’une page blanche, dont l’essence est expĂ©rimentale. Le chef aime piloter les instrumentistes jusque dans leurs retranchements sonores ultimes : caresses des cordes, Ă  l’ivresse Ă©perdue dont les cors amoureux se font l’écho

La palette est infinie et suscite bien des climats contrastĂ©s, dont l’apparente insouciance (tapisserie miroitante de l’harmonie des vents et des bois) n’écarte jamais un soubresaut d’angoisse sourde, souterraine (carillon des harpes). Ici rĂšgnent l’abandon espĂ©rĂ© et le sentiment d’une terreur prĂ©sente, profonde, non encore clairement Ă©lucidĂ©e. VoilĂ  qui est posĂ©, franchement, dans ce premier mouvement oĂč tout est dit, condensĂ©, en une flamboyante sauvagerie.

Le second mouvement (Andante moderato) dĂ©bute aprĂšs une pause marquĂ©e selon le voeu de Mahler lui-mĂȘme (Ă  32mn44), comme pour mieux absorber la charge terrible du premier mouvement (mouvement indĂ©pendant en soi, du fait de l’histoire de sa genĂšse). L’allant flexible et chantant de cette nouvelle sĂ©quence est plus calme (flĂ»te et harpe), mais n’écarte pas non plus l’accent Ă  peine canalisĂ© de nouvelles menaces. Mais ici rĂšgne le miel rĂ©confortant d’une grande guitare (pizz des cordes, soulignĂ©s par la flĂ»te), source d’un rĂ©confort imprĂ©vu (glissandi amoureux des cordes).

Le 3Ăš, Scherzo (43mn31) est ciselĂ© comme un balancement hypnotique d’une souplesse qui se convulse et est prĂȘte Ă  dĂ©raper. Un dĂ©sĂ©quilibre prĂȘt Ă  rompre le fil et l’équilibre : le hĂ©ros reprend son chemin, comme enivrĂ© par son propre enthousiasme (rondeur souple des clarinettes, vivacitĂ© des flĂ»tes, Ă  laquelle rĂ©pond la joie des hautbois
). Le promeneur fanfaronne et l’orchestre s’éveille Ă  la grandeur du paysage et des cimes qui se prĂ©cisent : comme saisi et surpris par l’ampleur du paysage qui l’environne soudain, le marcheur contemple la dĂ©mesure des forces auxquelles il doit se confronter. Ce vertige, Alexandre Bloch nous le fait ressentir avec des dĂ©charges millimĂ©trĂ©es, une attention spĂ©cifique aux petits dĂ©tails de l’orchestration, toujours savoureuse.
D’un oeil cinĂ©matographique, jouant sur les Ă©chelles, le chef demeure Ă  l’affĂ»t de la moindre inflexion contenue dans la partition, et qui dĂ©voile le relief du paysage. Ses parts d’ombre, ses contours annonces de la vie cĂ©leste


Puis Ă  53mn57, est enchainĂ© l’Urlicht : texte entonnĂ© par la mezzo (Christianne Stotijn) dont le cuivre vocal rĂ©pond Ă  la fanfare lointaine qui redessine un paysage assagi, claire rĂ©fĂ©rence Ă  un choral d’apaisement. La soliste rĂ©pand ce baume qui efface toute douleur, toute dĂ©tresse, laissant envisager ce qui Ă©tait jusque lĂ  refusĂ© : l’ascension vers le ciel (Ă©lĂ©vation des corps exprimĂ© par le hautbois qui s’enlace Ă  la voix). Ici surgit l’extase mystique d’un Mahler spirituel : « De dieu je viens et veux retourner Ă  Dieu ».

Alexandre Bloch fait entendre alors le tumulte du cosmos, dĂ©chirure, dĂ©flagration qui sonne comme une porte qui s’ouvre (Ă  la façon de la scĂšne de rĂ©vĂ©lation de la Femme sans ombre de Richard Strauss)
 De fait, nous ne sommes pas loin de l’opĂ©ra ; du moins dans cette scĂšne, aux jalons mystiques d’une intensitĂ© irrĂ©sistible, Mahler Ă©crit son oratorio le plus inspirĂ©. A 1h01mn18 : les cuivres expriment enfin l’échelle du cĂ©leste qui rejoint la terre et lui permet de gravir la passerelle vers l’éternitĂ© (marches Ă©noncĂ©es par la harpe)


Les 30 derniĂšres minutes de ce Finale grandiose, apothĂ©ose ultime de l’architecture ascensionnelle dĂ©crivent la citĂ© idĂ©ale qui paraĂźt alors au pĂšlerin, les plaintes de ce dernier, sa priĂšre face au CrĂ©ateur ; la perte de l’espoir, et le vertige de l’abandon
 (1h05mn puis 1h09m50).

 
 
 

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Alors s’exprime la promesse de la RĂ©surrection pour celui qui a cheminĂ© aussi durement. C’est la rĂ©mission tant espĂ©rĂ©e (1h06mn19) qui se profile (rĂ©bus et rĂ©solution de l’énigme aux trombones / bassons majestueux)
L’immense clameur d’espĂ©rance surgit et se renforce , puis la paix se profile (1h16mn), l’éternitĂ© rĂ©pond (fanfare Ă  1h17mn43)


Enfin le chƓur (1h20mn04) murmurant Ă©nonce la dĂ©livrance et la bĂ©atitude espĂ©rĂ©e
 Par la voix de la soprano (Kate Royal Ă  1h21mn49) -, enfin tout est exaucĂ©, pardonnĂ©, permis : « Tu ressusciteras mon corps »
Ce Ă  quoi Mahler rĂ©pond par la voix de la mezzo (1h26mn57), dans un texte qui est de lui : « Ce Ă  quoi tu as aspirĂ©, est Ă  toi / A toi ce que tu as aimĂ©, ce que tu as conquis », sublime Ă©mancipation, ultime courage contre l’adversité  et rĂ©confort pour les ĂȘtres douĂ©s d’une volontĂ© supĂ©rieure (« Ce que tu as endurĂ© te portera vers Dieu »). L’Ɠuvre de compassion se rĂ©alise enfin par le cri du chƓur qui droit aux cĂŽtĂ©s des deux anges intercesseurs, Ă©lĂšve le pĂȘcheur terrassĂ©.

Le Paradis est donc au bout du chemin. Mais avant, 
 quelles Ă©preuves et quel dĂ©couragement, quelles angoisses et quelles paniques faut-il Ă©prouver. Le grand bain orchestral, forge et matrice exutoires nous le font entendre, dans un fracas expressif que la direction d’Alexandre Bloch enveloppe d’une tension toute humaine, et mĂȘme dans sa rĂ©solution progressive (au sein du Finale bouleversant), fraternelle et si naturellement familiĂšre.

 
 
 

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Solistes au verbe incarnĂ©, chƓur dĂ©chirant, machine orchestrale en mĂ©tamorphose, chef soucieux des Ă©quilibres, et surtout de l’intelligibilitĂ© du texte final
 l’expĂ©rience aux dimensions colossales a passĂ© et rĂ©vĂ©lĂ© sa couleur et sa vibration humaine. Jusqu’au carillon ultime, de dĂ©livrance et de lĂ©vitation d’un magnĂ©tisme inoubliable. C’est peu dire que Mahler fait partie des gĂšnes de l’Orchestre lillois. Cette session nous le montre encore. Alexandre Bloch s’inscrit dans la lignĂ©e du mahlĂ©rien Jean-Claude Casadesus dont classiquenews avait distinguĂ© l’enregistrement de la 2Ăš (Lire notre critique : Mahler : Symphonie n°2 (Jean-Claude Casadesus, Orchestre national de Lille, novembre 2015, 1 cd Ă©vidence classics) : http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-mahler-symphonie-n2-jean-claude-casadesus-orchestre-national-de-lille-novembre-2015-1-cd-evidence-classics/

Belle continuitĂ© entre les deux chefs et pour Alexandre Bloch la confirmation d’une sensibilitĂ© naturelle, convaincante qui annonce la suite de son cycle Mahler sous les meilleurs auspices


Aucun doute, l’intĂ©grale des 9 symphonies mahlĂ©riennes est bien l’évĂ©nement orchestral de cette annĂ©e. A suivre Ă  Lille. Prochaine session, la 3Ăš Symphonie, le 3 avril 2019 (programme intitulĂ© « l’éveil du printemps ») : http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 
 
 

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Les indications de timing renvoient au direct live diffusĂ© sur la chaĂźne YOU TUBE de l’ONL :
https://www.youtube.com/watch?v=guPAE1FX2Ds

 
 
 

VOIR la Symphonie n°2 de Mahler ” RĂ©surrection “

https://youtu.be/guPAE1FX2Ds

 
 
   
 
 

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Symphonie n°2, « Résurrection » / Symphony No. 2, « Auferstehung » : Gustav Mahler

Direction : Alexandre Bloch
Soprano : Kate Royal
Mezzo-soprano : Christianne Stotijn
ChƓur : Philharmonia Chorus
Chef de chƓur : Gavin Carr

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

I. [Todtenfeier] Allegro maestoso. Mit durchaus ernstem und feierlichem Ausdruck [D’un bout à l’autre avec une expression grave et solennelle]
II. Andante moderato. Sehr gemÀchlich [TrÚs modéré]
III. [Scherzo] In ruhig fliessender Bewegung [En un mouvement tranquille et coulant] – attacca
IV. « Urlicht » [LumiÚre originelle]. Sehr feierlich, aber schlicht [TrÚs solennel, mais modeste]
V. Im Tempo des Scherzo. Wild herausfahrend [Dans le tempo du scherzo. Explosion sauvage]

EnregistrĂ© Ă  l’Auditorium du Nouveau SiĂšcle de Lille / France – 28 fĂ©vrier 2019

mahler-ONL-alexandre-bloch-resurrection-symphonie-n°2-gustav-Mahler-critique-compte-rendu-classiquenews-fev-2019 
 
 

Plus d’images de la RĂ©surrection par l’Orchestre National de Lille et Alexandre BLOCH sur le site
https://www.flickr.com/photos/onlille/sets/72157676883219187
Toutes les photos © Ugo PONTE ONL fev 2019

 
 
   
 
 

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(1) LIRE notre compte rendu critique de la Symphonie n°1 TITAN de Gustav Mahler, le 2 fĂ©vrier 2018 par l’Orchestre national de Lille et Alexandre BLOCH, lancement de l’intĂ©grale des 9 symphonies de Mahler Ă  Lille 2019 – 2010 :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-lille-nouveau-siecle-le-2-fevv-2019-mahler-symphonie-n1-titan-orch-national-de-lille-a-bloch/

 
 
   
 
   
 
 

LILLE, Orchestre National : La RĂ©surrection de Gustav Mahler

LILLE : Alexandre Bloch poursuit son cycle Gustav MAHLER ! LILLE, demain, jeudi 28 fĂ©v 2019, 20h : La RĂ©surrection vous est promise. Et si la Symphonie n°2 de Mahler, dite « RĂ©surrection » Ă©tait certes une odyssĂ©e orchestrale mais surtout une Ă©popĂ©e spirituelle, dont le texte dit par les solistes et le chƓurs jalonne le cheminement vers la lumiĂšre ?  C’est ce que nous rĂ©vĂ©lera le chef ALEXANDRE BLOCH et l’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, demain soir Ă  LILLE (Auditorium du Nouveau SiĂšcle) et en direct sur la chaine YOUTUBE de l’ONL Orchestre National de Lille. Concert Ă©vĂ©nement.

  

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LILLE, Nouveau SiĂšcle : La 2Ăšme Symphonie de Mahler, le 28 fĂ©vrier 2019. Et aussi en direct sur Youtube. 2Ăš volet de l’épopĂ©e orchestrale majeure, portĂ©e par l’ONL Orchestre National de Lille
 AprĂšs une Symphonie n°1, « Titan », mĂ©morable, voici le dĂ©jĂ  2Ăšme volet : la Symphonie n°2 dite « RĂ©surrection » qui sollicite en plus de l’orchestre, le concours du chƓur (adultes et enfants), deus voix fĂ©minines – alto et soprano, afin que se rĂ©alise cette ascension spirituelle du FInale oĂč le salut est enfin promis au hĂ©ros (et donc Ă  l’auditeur). Pas facile de se confronter Ă  une Ɠuvre aussi colossale et dont le sens engage toutes les forces physiques autant que Ă©motionnelles des interprĂštes.  
mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsUN CYCLE MAHLER Ă©vĂ©nement… Du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020, Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille s’engagent pour une intĂ©grale qui fera date, les 9 symphonies de Gustav Mahler. OdyssĂ©e autobiographique, cycle poĂ©tique et spirituel d’une exceptionnelle tension et expressivité  les 9 symphonies de Mahler renouvellent aprĂšs Beethoven, le genre symphonique, empruntant aux mondes de l’opĂ©ra pour les opus qui sollicitent choeurs et solistes (Symphonies n°2 « RĂ©surrection », n°4, n°8 des « Mille »). Directeur musical de l’ONL Orchestre, Alexandre Bloch nous offre un nouveau jalon de son intĂ©grale mahlĂ©rienne, ce jeudi 28 fĂ©vrier 2019

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CONCERT au Nouveau SiĂšcle de LILLE
Et EN DIRECT SUR YOU TUBE

LILLE, Nouveau SiĂšcle
Jeudi 28 février 2019, 20h

Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction
Gustav Mahler : 2Úme symphonie « Résurrection ».

 RESERVEZ VOTRE PLACE

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En direct sur la chaüne YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille / ONL
Ă  partir de 20h
https://bit.ly/2Sjlo6M

Et pendant tout le cycle, jusqu’au 30 avril 2020, l’intĂ©gralitĂ© des 9 symphonies sera accessible la chaĂźne You Tube ONLille:
https://bit.ly/2Sjlo6M

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LIRE aussi notre annonce du concert SYMPHONIE n°2 de MAHLER
par l’Orchestre National de Lille – jeudi 28 fĂ©vrier 2019
http://www.classiquenews.com/lille-lorchestre-national-joue-la-resurrection-de-mahler/

 
 
   

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

 
 
 

VIDEO : prĂ©sentation vidĂ©o de la Symphonie n°2 RĂ©surrection par Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw 

https://www.youtube.com/watch?v=ACFvSpBDXV0&feature=youtu.be

 

 

 

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Illustration : © Ugo Ponte / ONL – Orchestre National de Lille 2019

 

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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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Symphonie n°2 RĂ©surrection de Mahler par l’Orchestre National de Lille

LILLE : Alexandre Bloch poursuit son cycle Gustav MAHLER !LILLE, Nouveau SiĂšcle : La 2Ăšme Symphonie de Mahler, le 28 fĂ©vrier 2019. Et aussi en direct sur Youtube. 2Ăš volet de l’épopĂ©e orchestrale majeure, portĂ©e par l’ONL Orchestre National de Lille
 AprĂšs une Symphonie n°1, « Titan », mĂ©morable, voici le dĂ©jĂ  2Ăšme volet : la Symphonie n°2 dite « RĂ©surrection » qui sollicite en plus de l’orchestre, le concours du chƓur (adultes et enfants), deus voix fĂ©minines – alto et soprano, afin que se rĂ©alise cette ascension spirituelle du FInale oĂč le salut est enfin promis au hĂ©ros (et donc Ă  l’auditeur). Pas facile de se confronter Ă  une Ɠuvre aussi colossale et dont le sens engage toutes les forces physiques autant que Ă©motionnelles des interprĂštes.
mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsUN CYCLE MAHLER Ă©vĂ©nement… Du 29 janvier 2019 au 17 janvier 2020, Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille s’engagent pour une intĂ©grale qui fera date, les 9 symphonies de Gustav Mahler. OdyssĂ©e autobiographique, cycle poĂ©tique et spirituel d’une exceptionnelle tension et expressivité  les 9 symphonies de Mahler renouvellent aprĂšs Beethoven, le genre symphonique, empruntant aux mondes de l’opĂ©ra pour les opus qui sollicitent choeurs et solistes (Symphonies n°2 « RĂ©surrection », n°4, n°8 des « Mille »). Directeur musical de l’ONL Orchestre, Alexandre Bloch nous offre un nouveau jalon de son intĂ©grale mahlĂ©rienne, ce jeudi 28 fĂ©vrier 2019

 
 
 

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CONCERT au Nouveau SiĂšcle de LILLE
Et EN DIRECT SUR YOU TUBE

LILLE, Nouveau SiĂšcle
Jeudi 28 février 2019, 20h

Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction
Gustav Mahler : 2Úme symphonie « Résurrection ».

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En direct sur la chaüne YOUTUBE de l’Orchestre National de Lille / ONL
Ă  partir de 20h
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Et pendant tout le cycle, jusqu’au 30 avril 2020, l’intĂ©gralitĂ© des 9 symphonies sera accessible la chaĂźne You Tube ONLille:
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LIRE aussi notre annonce du concert SYMPHONIE n°2 de MAHLER
par l’Orchestre National de Lille – jeudi 28 fĂ©vrier 2019
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

VIDEO : prĂ©sentation vidĂ©o de la Symphonie n°2 RĂ©surrection par Alexandre Bloch, directeur musical de l’Orchestre National de Lille

https://www.youtube.com/channel/UCDXlku0a3rJm7SV9WuQtAdw 

https://www.youtube.com/watch?v=ACFvSpBDXV0&feature=youtu.be

 

 

 

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Illustration : © Ugo Ponte / ONL – Orchestre National de Lille 2019

 

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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
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Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LILLE : l’Orchestre National joue la Symphonie RĂ©surrection de Mahler

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. La Symphonie n°2 de Gustav Mahler est un prolongement naturel de la 9Ăš de Beethoven : pour solistes et choeur, l’arche orchestrale exprime la vie restaurĂ©e, une rĂ©mission espĂ©rĂ©e, attendue ardemment par un compositeur qui nous invite Ă  en parcourir tout le cheminement, de jalon en jalon, – Ă  travers les 5 mouvements, explicitĂ©s par le texte (Ă©crit par Mahler lui-mĂȘme) qui un hymne Ă©perdu Ă  la grĂące divine, rĂ©confortant le pĂšlerin, perdu, Ă©prouvĂ© sur la route de l’existence.
La partition est achevĂ© en juin 1895 : Mahler l’a affinĂ©e comme chaque Ă©tĂ©, dans sa cabane de Steinbach, son fameux « Hauschen » (la cabane), le spectacle de la miraculeuse nature lui insufflant les germes de l’inspiration, comme le cri de 2 corneilles lui ont soufflĂ© la mĂ©lodie du Finale : on ne saurait imaginer plus Ă©troite connivence entre le crĂ©ateur et la nature, les oiseaux.

 

 

 

BERLIN, 1895 : Symphonie de l’élĂ©vation
L’ivresse des hauteurs aprùs l’Apocalypse

 

 

 

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsC’est l’époque oĂč Mahler rencontre Brahms puis Ă  Bayreuth Ă  l’invitation de Cosima, assiste au reprĂ©sentation de Parsifal, Lohengrin, TannhĂ€user (sous la direction de Richard Strauss). L’orchestration du Finale de la Symphonie RĂ©surrection est rĂ©alisĂ©e dans ce contexte musical. L’ouvrage est crĂ©Ă© Ă  ses frais et dans son intĂ©gralitĂ© Ă  Berlin le 13 dĂ©cembre 1895. Pour se faire il choisit lui-mĂȘme la cloche qui doit rĂ©sonner dans le dernier mouvement, celui de libĂ©ration et d’apothĂ©ose dans la lumiĂšre. Le public boude le concert et il a fallu distribuer des billets gratuitement pour remplir la salle. Musiciens et Ă©lĂšves du conservatoire assistent mĂ©dusĂ©s au Finale, le chant de l’oiseau de la mort qui plane, puis les premiers murmures du chƓur final en sa sublime priĂšre ultime, vraie Ă©lĂ©vation, de la terre au paradis. Ainsi les Ă©preuves passĂ©es sont le tremplin au salut, le passage vers l’éternitĂ© bienheureuse.
Si les spectateurs sont touchĂ©s, les critiques fustigent en gĂ©nĂ©ral une Ă©criture pompeuse, grandoliquente qui manque de personnalitĂ©, empruntant trop aux anciens Meyerbeer et Wagner en tĂȘte. Les contrastes « durs », les vertiges spectaculaires dĂ©concertent et mĂȘme agacent une bonne partie des soit disants spĂ©cialistes
lesquels ne dĂ©tectent pas la modernitĂ© d’une Ă©criture dont ils dĂ©noncent la « fausse nouveauté ». Rare, Humperdinck, que Mahler avait invitĂ©, adresse au compositeur, une lettre admirative.

Itinéraire de la Symphonie n°2 « Résurrection »
Mahler a laissĂ© un texte qui explique le sens de sa symphonie de 1895. On peut y retrouver les Ă©lans et passions qui ont inspirĂ© sa symphonie n°1 Titan. Le premier mouvement Ă©voque les funĂ©railles du hĂ©ros qui s’est battu – il Ă©voque son bonheur terrestre (2Ăš mouvement), mais aussi l’incrĂ©dulitĂ© et l’esprit de nĂ©gation qui l’ont saisi jusqu’à douter de tout mĂȘme de Dieu (Scherzo). Mais l’espoir revient (4Ăš mouvement). Et le Finale (5Ăš et dernier mouvement) dĂ©cide de son sort car il Ă©voque avec terreur et vertige l’Apocalypse, les dĂ©chus et les damnĂ©s qui hurlent, la chute de tous les hommes trop corrompus et lĂąches
 (fracas et cri des cuivres) ; puis dans le silence, se prĂ©cise le chant de l’oiseau (le rossignol porteur de la vie terrestre) et le chƓur des anges qui chante l’ivresse salvatrice de la rĂ©surrection (« tu ressusciteras! ») : l’amour submerge le cƓur des Ă©lus et des mĂ©ritants ; le bonheur Ă©ternel apparaĂźt comme une porte cĂ©leste attendue, espĂ©rĂ©e.

PortĂ©s par le cycle des 9 symphonies de Mahler, amorcĂ© au dĂ©but de ce mois de fĂ©vrier par la Symphonie n°1 Titan (LIRE notre critique / concert du 1er fĂ©vrier 2019), Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille relisent avec une rare ardeur, l’écriture de Mahler, gĂ©nie symphonique du XXĂš. Cet unique concert le dernier soir de fĂ©vrier 2019 s’annonce comme un nouveau jalon majeur du cycle Mahler par l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch. 2Ăš volet du cycle Mahler Ă  Lille, incontournable.

LILLE, Nouveau SiĂšcleboutonreservation
Jeudi 28 février 2019, 20h

MAHLER : Symphonie n°2 « Résurection »
Miah Persson, soprano / Christianna Stotijn, mezzo-soprano
Orchestre National de Lille
Philharmonia Chorus
Alexandre Bloch, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/

A 18h45, rencontre mahlérienne insolite
entrée libre muni du billet du concert de 20h

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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LILLE, ONL. 28 fĂ©v 2019 : MAHLER : RĂ©surrection. Suite du cycle Mahler par l’ONL : La Symphonie n°2 de Gustav Mahler@CLASSIQUENEWS

COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 2 févv 2019. Mahler : Symphonie N°1 « Titan ». Orch National de Lille / A. Bloch.

COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiĂšcle, le 2 fĂ©vrier 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch. C’est dans un projet passionnant – qui est toujours aussi un dĂ©fi un peu fou
 – qu’Alexandre Bloch vient de jeter ses forces (et bien Ă©videmment celles de l’Orchestre National de Lille que le chef français dirige depuis septembre 2016) : offrir au public lillois une intĂ©grale des Symphonies de Mahler – d’ici Ă  janvier 2020 – dans leur ordre chronologique. C’est ainsi l’occasion « de suivre le parcours crĂ©atif d’un gĂ©nie musical unique, qui rĂ©volutionna l’écriture symphonique par sa dĂ©mesure visionnaire », comme l’indique si bien le programme de salle.
Autre particularitĂ© de ce coup d’envoi, avec la PremiĂšre Symphonie (dite « Titan »), on assiste ce soir Ă  un concert « connecté ». En effet, aprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie (en janvier 2018) autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch renouvelle sa proposition de concert connectĂ©.

 
 

 
 

GUSTAV en smartphony

DĂ©mesure visionnaire de Mahler
et concert connecté

 

 

©smartphony2_328px_18-19L’ONL a en effet fait dĂ©velopper une application smartphone unique au monde (intitulĂ© Smartphony) qui permet au public (mais aussi aux internautes, derriĂšre leurs ordinateurs, grĂące au site Youtube, en particulier la chaine de l’ONL Orchestre National de Lille) d’interagir avec l’orchestre. La premiĂšre partie du concert est animĂ©e par le vrai chauffeur de salle qu’est Alexandre Bloch, par ailleurs excellent pĂ©dagogue, qui livre une mine d’informations sur Mahler et son Ɠuvre, mais tout en testant les connaissances du public via l’application


 

 

SMARTPHONY. A LILLE, Alexandre BLOCH réécrit l'expérience symphonique

 
 

 
 

La seconde partie de soirĂ©e se montre plus « sĂ©rieuse », et si – dans la premiĂšre – l’audience a pu dĂ©cider elle-mĂȘme du tempo que le chef devait prendre dans tel ou tel mouvement, Alexandre Bloch reprend ici totalement les commandes pour livrer une interprĂ©tation vibrante du chef d’Ɠuvre mahlĂ©rien.  De fait, aprĂšs cette premiĂšre partie rĂ©crĂ©ative et ludique, Ă  laquelle l’orchestre s’est d’ailleurs prĂȘtĂ© avec un plaisir communicatif, l’auditeur peut enfin goĂ»ter Ă  la qualitĂ© exceptionnelle, Ă  l’homogĂ©nĂ©itĂ© sans faille, ainsi qu’à la perfection technique dont la phalange des Hauts de France est capable. Sous la battue du maestro Bloch, rien ne dĂ©passe, tout est jouĂ© au cordeau, sans le moindre accroc. IrrĂ©prochable, donc, et superbement investi, l’ONL impose d’entrĂ©e de jeu une vraie concentration de l’écoute, en faisant rayonner les « bruits de nature ».
Amoureux du son, Alexandre Bloch dirige sans partition, avec une prĂ©cision trĂšs dĂ©taillĂ©e, mais jamais sĂ©vĂšre, qui laisse le public goĂ»ter toutes les subtilitĂ©s de timbre et les audaces de l’orchestration mahlĂ©rienne ; l’orchestre est tout simplement somptueux, opulent dans la texture des cordes, tendre dans ses soli respectifs – la contrebasse de Mathieu Petit, la harpe de Anne Leroy-Petit… -, magistral par la cohĂ©sion de ses pupitres. Et lorsque le chef lĂąche la bride – dans le dernier mouvement («Dall’inferno», comme prĂ©cisĂ© par Mahler) -, les pupitres se mettent Ă  vrombir dans un Ă©panouissement sonore qui ne se fait jamais au dĂ©triment des composantes de l’écriture orchestrale. Saluons la rĂ©sistance et l’infaillibilitĂ© des cuivres, et notamment les huit cors qui – selon les recommandations d’un Mahler toujours soucieux de projection dans l’espace – achĂšvent debout cette « titanesque » symphonie, dans une robustesse et une ivresse du son que l’on est pas prĂȘt d’oublier
 Alors bravo !

 
 

 
 

 bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-582-presentation-classiquenews-saison-2017-2018

 

 

 

 

 

 

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COMPTE-RENDU, critique, concert. LILLE, Nouveau SiÚcle, le 2 février 2019. Mahler : Symphonie N°1 dite Titan. Orchestre National de Lille / Alexandre Bloch.

 

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LIRE aussi notre entretien avec Alexandre BLOCH Ă  propos de l’intĂ©grale des symphonies de Mahler Ă  Lille
http://www.classiquenews.com/entretien-avec-alexandre-bloch-lintegrale-mahler-en-2019/

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation du cycle des symphonies de Gustav Mahler par l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch – 5 premiĂšres symphonies jusqu’à juin 2019
http://www.classiquenews.com/lille-onl-lintegrale-mahler-2019/

 

 

 

Prochain rv du cycle Mahler au Nouveau SiÚcle à Lille : jeudi 28 février 2019, 20h / MAHLER : Symphonie n°2 « Résurrection », nouveau volet incontournable
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/resurrection/
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
DIRECTION : ALEXANDRE BLOCH‹SOPRANO : LISA LARSSON‹ / MEZZO-SOPRANO : CHRISTIANNE STOTIJN / ‹CHƒUR PHILHARMONIA CHORUS‹ / CHEF DE CHƒUR :  GAVIN CARR / ‹CHEF ASSISTANT : JONAS EHRLER

 

 

 

 

 

 

LILLE : ONL, Smartphony, concert connecté

smartphony-orchestre-concert-2-0-devenez-chef-d-orchestre-orchestre-national-de-lille-classiquenews-annonce-concert-connecte-smartphony-concerts-festival-musique-classiqueLILLE : ONL, Smartphony, concert connectĂ©, le 2 fĂ©vrier 2019, 18h15. L’Orchestre National de Lille invente l’expĂ©rience symphonique connectĂ©e 2.0, et permet Ă  tous un chacun pourvu qu’il soit internaute et connectĂ©, de devenir CHEF D’ORCHESTRE, le temps d’un smartphony ou concert connectĂ©. AprĂšs une premiĂšre expĂ©rience rĂ©ussie en janvier 2018 autour du Sacre du printemps de Stravinski, Alexandre Bloch – directeur musical de l’Orchestre National de Lille (depuis septembre 2016)-, proposent un nouveau concert connectĂ© :

DIRIGEZ l’Orchestre National de Lille
sur des extraits de la Symphonie n°1 « Titan »
de Gustav Mahler

à l’occasion du cycle Mahler
(intĂ©grale des 9 symphonies jusqu’à janvier 2020) .

Via l’application gratuite Smartphony* – en français, sous-titrages en anglais, – (dĂ©veloppĂ©e par la start-up française WaigĂ©o et disponible dĂšs Ă  prĂ©sent sur les stores pour smartphones)

Cette annĂ©e, l’Orchestre propose aux internautes de jouer en direct depuis leurs ordinateurs !

Branchez-vous

Samedi 2 février
Ă  partir de 18h15

(Heure de Paris GMT+1)

jouez en direct

(sous-titrages en anglais)
sur la chaĂźne You Tube ONLille !
www.youtube.com/ONLille

et sur le site web de France 3 Hauts-de-France
https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france

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DIRIGEZ, JOUEZ avec l’Orchestre national de Lille

smartphony-orchestre-concert-2-0-devenez-chef-d-orchestre-orchestre-national-de-lille-classiquenews-annonce-concert-connecte-smartphony-concerts-festival-musique-classique

©smartphony2_328px_18-19

LILLE, ONL : Symphonie n°1 de MAHLER

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, le 1er FEV 2019 : Symphonie TITAN de MAHLER. Voici le premier concert d’un cycle Ă©vĂ©nement qui devrait marquer la saison symphonique 2019. L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler proposĂ© par Alexandre BLOCH, directeur musical de l’Orchestre National de Lille. La premiĂšre symphonie de Mahler est composĂ©e de janvier Ă  mars 1888. Mahler a 28 ans. Comme compositeur, il a remportĂ© un premier succĂšs avec Die drei Pintos d’aprĂšs les esquisses inachevĂ©es de Weber. Il a toujours souhaitĂ© composer. Avec la Symphonie “Titan”, Mahler se met au diapason de la Nature, surpuissante, Ă©nigmatique, aussi dĂ©concertante que fascinante.
Alors chef d’orchestre au thĂ©Ăątre de Leipzig, il a profitĂ© de la pĂ©riode de deuil consĂ©cutive Ă  la mort de l’Empereur Guillaume Ier, pour s’atteler Ă  sa seule vraie passion : l’écriture. En dĂ©coule, la composition de son “poĂšme symphonique”. La crĂ©ation a lieu Ă  la Philharmonie de Budapest, le 20 novembre 1889.
Comme Mozart et son Don Giovanni mieux compris hors de Vienne qu’en terre germanique, mĂȘme cas de figure pour Gustav : ses Ɠuvres ne sont pas acceptĂ©es ni en Autriche ni en Allemagne. Trop moderne, trop «  vulgaires », trop bavardes et autobiographiques.

Cycle Gustav Mahler Ă  LILLE
ALEXANDRE BLOCH présente la Symphonie TITAN,
PREMIER NÉ, INCOMPRIS (1888),
essai gĂ©nial Ă  l’Ă©chelle du Cosmos


BLOCH-alexandre-chef-maestro-portrait-classiquenews-cycle-mahler-2018-integral-MAHLER-symphonies-orchestre-national-de-Lille

Mais il semble que la crĂ©ation Ă  Budapest n’ait pas Ă©tĂ© une expĂ©rience heureuse : Mahler laisse l’audience dans un climat d’incertitude, puis d’indignation. La claque est mĂȘme sĂ©vĂšre : « par la suite, tout le monde m’a fui, terrorisĂ©, et personne n’a osĂ© me parler de mon oeuvre! », Ă©crit-il amer. En 1891, il rejoint Hambourg oĂč il est nommĂ© premier chef au Stadt-Theater. Il aura l’occasion de diriger Ă  nouveau son Ɠuvre, en octobre 1893, au programme « Titan, poĂšme musical en forme de symphonie ». Le public applaudit quand la critique s’insurge contre la vulgaritĂ© d’une subjectivitĂ© excessive. De fait, de son vivant, la premiĂšre symphonie restera un « enfant de douleur », une Ɠuvre jamais vraiment comprise, ni analysĂ©e Ă  sa juste mesure.

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsD’emblĂ©e dans cette premiĂšre symphonie, amorce et annonce du cycle orchestral qui va suivre, et l’un des plus impressionnants pour le XXĂš – l’équivalent des symphonies de Beethoven pour le XIXĂš, le gĂ©nie dĂ©miurgique et visionnaire de Mahler s’impose avec une hauteur de vue inouĂŻe. Comme s’il Ă©tait en prĂ©sence des forces primitives universelles, celles qui dĂ©cident de l’avenir et du temps, de la Nature et donc de l’humanitĂ©, Mahler ressent tout cela Ă  l’échelle du cosmos : la Titan est une dĂ©claration de crĂ©ation, le chant d’une Ă©nergie et d’une puissance premiĂšres, Ă  l’aube des mythes fondateurs. L’ampleur du souffle comme le raffinement de l’orchestration, avec des alliances de timbres somptueuses, nous saisissent littĂ©ralement. Tout dĂ©coule de ce « printemps naissant et qui ne finit pas » dont parle le compositeur.
Le destin, le mystĂšre de l’univers, le bouillonnement primordial qui sont Ă  la source de toute genĂšse s’expriment ici, mais avec l’espoir d’une pleine conscience aiguisĂ©e (1er mouvement et sa fanfare d’ouverture, qui placĂ©e dans la coulisse convoque la rĂ©sonance du cosmos
) ; avec une charge parodique, finalement sombre voire dĂ©sespĂ©rĂ©e et fantastique « à la Calot » (Ă  l’évocation du cortĂšge des animaux de la forĂȘt dans le 2Ăš mouvement: s’y prĂ©cise l’idĂ©alisme enivrĂ©, la dĂ©pression ironique
 en un bain de sentiments mĂȘlĂ©s qui n’appartiennent qu’à l’auteur) ; avec un sentiment personnel de ressentiment, d’amertume voire de souffrance chaotique (trĂšs perceptible dans la polyphonie complexe et trĂšs moderne du 3Ăš mouvement, Ă  partir de la mĂ©lodie « FrĂšre Jacques », dĂ©calĂ©e, dĂ©construite, sublimĂ©e
). Comment de la mĂȘme maniĂšre passer sous silence, les Ă©tagement vertigineux du dernier mouvement, le plus long presque 20 mn (selon les versions et lectures), oĂč les cuivres somptueux comme spectaculaires font imploser le cadre symphonique lĂ©guĂ© par Beethoven, Brahms
 Jamais le langage symphonique, aprĂšs Wagner s’entend, ne fut aussi marquĂ© et colorĂ© par une sensualitĂ© empoisonnĂ©e, vĂ©nĂ©neuse, d’une lascive et pĂ©nĂ©trante torpeur. Exigeant, expĂ©rimentateur et poĂšte sonore unique comme singulier, Gustav Mahler ne cesse au fur et Ă  mesure des auditions de son Ɠuvre, de reprendre instrumentation et orchestration, en particulier en 1897, puis en 1906.

Hugo Papbst Ă©claire le travail de Mahler sur le mĂ©tier de la Titan : « A propos de l’utilisation des timbres et des notes Ă©crites pour chaque instrument, en particulier dans la partie extrĂȘme de leur tessiture, les Ă©crits de Mahler sont Ă©loquents : il s’agit pour le musicien de travailler la pĂąte instrumentale, d’inaugurer en quelque sorte une nouvelle gamme de rĂ©sonances, un travail exceptionnel dans la matiĂšre et la texture, comme le ferait un peintre, en plasticien rĂ©formateur, sur le registre des tons et des nuances de la palette : « Plus tard dans la Marche, les instruments ont l’air d’ĂȘtre travestis, camouflĂ©s. La sonoritĂ© doit ĂȘtre ici comme assourdie, amortie, comme si on voyait passer des ombres ou des fantĂŽmes. Chacune des entrĂ©es du canon doit ĂȘtre clairement perceptible. Je voulais que sa couleur surprenne et qu’elle attire l’attention. Je me suis cassĂ© la tĂȘte pour y arriver. J’ai finalement si bien rĂ©ussi que tu as ressenti toi-mĂȘme cette impression d’étrangetĂ© et de dĂ©paysement. Lorsque je veux qu’un son devienne inquiĂ©tant Ă  force d’ĂȘtre retenu, je ne le confie pas Ă  un instrument qui peut le jouer facilement, mais Ă  un autre qui doit faire un grand effort pour le produire et ne peut y parvenir que contraint et forcĂ©. Souvent mĂȘme, je lui fais franchir les limites naturelles de sa tessiture. C’est ainsi que contrebasses et basson doivent piailler dans l’aigu et que les flĂ»tes sont parfois obligĂ©es de s’essouffler dans le grave, et ainsi de suite  », prĂ©cise-t-il Ă  son amie, Nathalie Bauer-Lechner, en 1900.
Passionnante explication qui nous immerge dans la magie du grand chaudron symphonique.

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Cycle intĂ©grale Mahler / saison 2018 – 2019

Vendredi 1er février 2019
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, 20h

MAHLER, Symphonie n°1 « TITAN »
couplé avec (en ouverture du concert) :
MOZART
Ouverture des Noces de Figaro
Concerto pour cor et orch n°4
Rondo pour cor et orchestre
(soliste : Alec Franck-Guillaume, cor)

Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH, direction

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/titan/

 
 
  
 
 

Programme joué auparavant en tournée :
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Dunkerque Le Bateau Feu
mardi 29 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 28 51 40 40 ou sur lebateaufeu.com

Valenciennes Le Phénix
jeudi 31 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 27 32 32 32 ou sur lephenix.fr

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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LIRE aussi notre ENTRETIEN avec Alexandre BLOCH au sujet de Mahler et de sa premiĂšre symphonie

Intégrale événement à Lille
Les 9 Symphonies de Gustav Mahler
Un Eldorado symphonique Ă  LILLE

 

bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-portrait-entretien-sur-classiquenews

 

Symphonie n°1 TITAN de Mahler à LILLE

MAHLER Symphonies symphonies critique review classiquenews _gustav-mahler-grandhotel-toblach-dobbiaco_c36864daebLILLE, le 1er FEV 2019 : Symphonie TITAN de MAHLER. Voici le premier concert d’un cycle Ă©vĂ©nement qui devrait marquer la saison symphonique 2019. L’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler proposĂ© par Alexandre BLOCH, directeur musical de l’Orchestre National de Lille. La premiĂšre symphonie de Mahler est composĂ©e de janvier Ă  mars 1888. Mahler a 28 ans. Comme compositeur, il a remportĂ© un premier succĂšs avec Die drei Pintos d’aprĂšs les esquisses inachevĂ©es de Weber. Il a toujours souhaitĂ© composer. Avec la Symphonie “Titan”, Mahler se met au diapason de la Nature, surpuissante, Ă©nigmatique, aussi dĂ©concertante que fascinante.
Alors chef d’orchestre au thĂ©Ăątre de Leipzig, il a profitĂ© de la pĂ©riode de deuil consĂ©cutive Ă  la mort de l’Empereur Guillaume Ier, pour s’atteler Ă  sa seule vraie passion : l’écriture. En dĂ©coule, la composition de son “poĂšme symphonique”. La crĂ©ation a lieu Ă  la Philharmonie de Budapest, le 20 novembre 1889.
Comme Mozart et son Don Giovanni mieux compris hors de Vienne qu’en terre germanique, mĂȘme cas de figure pour Gustav : ses Ɠuvres ne sont pas acceptĂ©es ni en Autriche ni en Allemagne. Trop moderne, trop «  vulgaires », trop bavardes et autobiographiques.

 
 
  
 

Cycle Gustav Mahler Ă  LILLE
ALEXANDRE BLOCH présente la Symphonie TITAN,
PREMIER NÉ, INCOMPRIS (1888),
essai gĂ©nial Ă  l’Ă©chelle du Cosmos


 
 
 

BLOCH-alexandre-chef-maestro-portrait-classiquenews-cycle-mahler-2018-integral-MAHLER-symphonies-orchestre-national-de-Lille

 
 
  
 

Mais il semble que la crĂ©ation Ă  Budapest n’ait pas Ă©tĂ© une expĂ©rience heureuse : Mahler laisse l’audience dans un climat d’incertitude, puis d’indignation. La claque est mĂȘme sĂ©vĂšre : « par la suite, tout le monde m’a fui, terrorisĂ©, et personne n’a osĂ© me parler de mon oeuvre! », Ă©crit-il amer. En 1891, il rejoint Hambourg oĂč il est nommĂ© premier chef au Stadt-Theater. Il aura l’occasion de diriger Ă  nouveau son Ɠuvre, en octobre 1893, au programme « Titan, poĂšme musical en forme de symphonie ». Le public applaudit quand la critique s’insurge contre la vulgaritĂ© d’une subjectivitĂ© excessive. De fait, de son vivant, la premiĂšre symphonie restera un « enfant de douleur », une Ɠuvre jamais vraiment comprise, ni analysĂ©e Ă  sa juste mesure.

mahler gustav profil gustav mahler classiquenewsD’emblĂ©e dans cette premiĂšre symphonie, amorce et annonce du cycle orchestral qui va suivre, et l’un des plus impressionnants pour le XXĂš – l’équivalent des symphonies de Beethoven pour le XIXĂš, le gĂ©nie dĂ©miurgique et visionnaire de Mahler s’impose avec une hauteur de vue inouĂŻe. Comme s’il Ă©tait en prĂ©sence des forces primitives universelles, celles qui dĂ©cident de l’avenir et du temps, de la Nature et donc de l’humanitĂ©, Mahler ressent tout cela Ă  l’échelle du cosmos : la Titan est une dĂ©claration de crĂ©ation, le chant d’une Ă©nergie et d’une puissance premiĂšres, Ă  l’aube des mythes fondateurs. L’ampleur du souffle comme le raffinement de l’orchestration, avec des alliances de timbres somptueuses, nous saisissent littĂ©ralement. Tout dĂ©coule de ce « printemps naissant et qui ne finit pas » dont parle le compositeur.
Le destin, le mystĂšre de l’univers, le bouillonnement primordial qui sont Ă  la source de toute genĂšse s’expriment ici, mais avec l’espoir d’une pleine conscience aiguisĂ©e (1er mouvement et sa fanfare d’ouverture, qui placĂ©e dans la coulisse convoque la rĂ©sonance du cosmos
) ; avec une charge parodique, finalement sombre voire dĂ©sespĂ©rĂ©e et fantastique « à la Calot » (Ă  l’évocation du cortĂšge des animaux de la forĂȘt dans le 2Ăš mouvement: s’y prĂ©cise l’idĂ©alisme enivrĂ©, la dĂ©pression ironique
 en un bain de sentiments mĂȘlĂ©s qui n’appartiennent qu’à l’auteur) ; avec un sentiment personnel de ressentiment, d’amertume voire de souffrance chaotique (trĂšs perceptible dans la polyphonie complexe et trĂšs moderne du 3Ăš mouvement, Ă  partir de la mĂ©lodie « FrĂšre Jacques », dĂ©calĂ©e, dĂ©construite, sublimĂ©e
). Comment de la mĂȘme maniĂšre passer sous silence, les Ă©tagement vertigineux du dernier mouvement, le plus long presque 20 mn (selon les versions et lectures), oĂč les cuivres somptueux comme spectaculaires font imploser le cadre symphonique lĂ©guĂ© par Beethoven, Brahms
 Jamais le langage symphonique, aprĂšs Wagner s’entend, ne fut aussi marquĂ© et colorĂ© par une sensualitĂ© empoisonnĂ©e, vĂ©nĂ©neuse, d’une lascive et pĂ©nĂ©trante torpeur. Exigeant, expĂ©rimentateur et poĂšte sonore unique comme singulier, Gustav Mahler ne cesse au fur et Ă  mesure des auditions de son Ɠuvre, de reprendre instrumentation et orchestration, en particulier en 1897, puis en 1906.

Hugo Papbst Ă©claire le travail de Mahler sur le mĂ©tier de la Titan : « A propos de l’utilisation des timbres et des notes Ă©crites pour chaque instrument, en particulier dans la partie extrĂȘme de leur tessiture, les Ă©crits de Mahler sont Ă©loquents : il s’agit pour le musicien de travailler la pĂąte instrumentale, d’inaugurer en quelque sorte une nouvelle gamme de rĂ©sonances, un travail exceptionnel dans la matiĂšre et la texture, comme le ferait un peintre, en plasticien rĂ©formateur, sur le registre des tons et des nuances de la palette : « Plus tard dans la Marche, les instruments ont l’air d’ĂȘtre travestis, camouflĂ©s. La sonoritĂ© doit ĂȘtre ici comme assourdie, amortie, comme si on voyait passer des ombres ou des fantĂŽmes. Chacune des entrĂ©es du canon doit ĂȘtre clairement perceptible. Je voulais que sa couleur surprenne et qu’elle attire l’attention. Je me suis cassĂ© la tĂȘte pour y arriver. J’ai finalement si bien rĂ©ussi que tu as ressenti toi-mĂȘme cette impression d’étrangetĂ© et de dĂ©paysement. Lorsque je veux qu’un son devienne inquiĂ©tant Ă  force d’ĂȘtre retenu, je ne le confie pas Ă  un instrument qui peut le jouer facilement, mais Ă  un autre qui doit faire un grand effort pour le produire et ne peut y parvenir que contraint et forcĂ©. Souvent mĂȘme, je lui fais franchir les limites naturelles de sa tessiture. C’est ainsi que contrebasses et basson doivent piailler dans l’aigu et que les flĂ»tes sont parfois obligĂ©es de s’essouffler dans le grave, et ainsi de suite  », prĂ©cise-t-il Ă  son amie, Nathalie Bauer-Lechner, en 1900.
Passionnante explication qui nous immerge dans la magie du grand chaudron symphonique.

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ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
Cycle intĂ©grale Mahler / saison 2018 – 2019

Vendredi 1er février 2019
LILLE, Auditorium du Nouveau SiĂšcle, 20h

MAHLER, Symphonie n°1 « TITAN »
couplé avec (en ouverture du concert) :
MOZART
Ouverture des Noces de Figaro
Concerto pour cor et orch n°4
Rondo pour cor et orchestre
(soliste : Alec Franck-Guillaume, cor)

Orchestre National de Lille / Alexandre BLOCH, direction

RESERVER VOTRE PLACE
http://www.onlille.com/saison_18-19/concert/titan/

 
 
 

 
 
  
 
 

Programme joué auparavant en tournée :
En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure
Dunkerque Le Bateau Feu
mardi 29 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 28 51 40 40 ou sur lebateaufeu.com

Valenciennes Le Phénix
jeudi 31 janvier 2019 Ă  20h
Infos et réservations au 03 27 32 32 32 ou sur lephenix.fr

 
 
 
 
 
 

APPROFONDIR
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LIRE AUSSI notre prĂ©sentation du cycle GUSTAV MAHLER par Alexandre BLOCH et l’Orchestre National de Lille 
 

 
 
 

LIRE aussi notre critique de la Symphonie TITAN par Kubelik (1979) :
http://www.classiquenews.com/gustav-mahler-symphonie-n1-titan-kubelik/

 
 
 

LIRE aussi notre compte rendu de la Symphonie TITAN par Ph Herreweghe et le JOA (Saintes, 2013, sur instruments d’époque)
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-saintes-abbatiale-festival-le-13-juillet-2013-gustav-mahler-symphonie-n1-titan-joa-jeune-orchestre-atlantique-philippe-herreweghe-direction/

 
 
  
 

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursVOIR notre reportage VIDEO : Le JOA, Philippe Herreweghe jouent (sur instruments d’époque) la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (Ă©tĂ© 2013, Saintes)
http://www.classiquenews.com/reportage-video-le-joa-jeune-orchestre-atlantique-interprete-la-titan-de-mahler-sous-la-direction-de-philippe-herreweghe-juillet-2013/
Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’époque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du 
 XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’échelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son 
 en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

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CHEFS. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : le directeur musical Alexandre BLOCH prolongĂ© jusqu’en 2024

CHEFS. ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : le directeur musical Alexandre BLOCH prolongĂ© jusqu’en 2024. Ivan Renar, PrĂ©sident de l’Orchestre National de Lille, sur proposition de François Bou, Directeur gĂ©nĂ©ral et en accord avec le Conseil d’Administration, a prolongĂ© le mandat de directeur musical actuel : Alexandre Bloch jusqu’en juillet 2024.

 

 

Orchestre National de Lille
ALEXANDRE BLOCH prolongé

 
 

 

BLOCH-alexandre-chef-maestro-portrait-classiquenews-cycle-mahler-2018-integral-MAHLER-symphonies-orchestre-national-de-Lille

  

 

Directeur musical de l’Orchestre National de Lille depuis septembre 2016, le chef français Alexandre Bloch – 33 ans – poursuit sa 3Ăšme saison lilloise. Depuis plus de deux ans et demi, Alexandre Bloch a su insuffler une nouvelle dynamique tant sur le plan artistique avec les musiciens de l’Orchestre (nombreux renouvellements au sein des pupitres dont la nouvelle violon solo Ayako Tanaka), qu’au niveau de la programmation en proposant de nouveaux formats – Smartphony, concert connectĂ© / Just Play, une plongĂ©e interactive dans l’Orchestre, les Babyssimos, cinĂ©-concerts pour les petits Ă  partir de 2 ans ; sans omettre la relaxation musicale pour les futures mamans.

En collaboration Ă©troite avec François Bou, Directeur gĂ©nĂ©ral de l’Orchestre depuis septembre 2014, Alexandre Bloch diffuse et dĂ©fend avec cƓur et Ă©nergie, la signature « Orchestre National de Lille » : sur le plan discographique avec des enregistrements saluĂ©s par la critique (Grammophon Magazine, le Monde, TĂ©lĂ©rama, OpĂ©ra Magazine, Diapason, Classica, France Musique, Res Musica, 
 et bien sĂ»r Classiquenews
) : Les PĂȘcheurs de perles de Bizet chez Pentatone (enregistrement de mai 2017 / CLIC de CLASSIQUENEWS / VOIR notre reportage vidĂ©o) ; le premier disque de la violoncelliste belge Camille Thomas chez Deutsche Grammophon, Ă©galement sur le plan territorial notamment Ă  travers les nombreux dĂ©placements en rĂ©gion Hauts-de-France et les invitations rĂ©guliĂšres Ă  la Philharmonie de Paris et dans de grands festivals (Radio France Ă  Montpellier, Festival Enescu de Bucarest), mais aussi en portant le projet social et artistique DEMOS depuis fĂ©vrier 2017 avec 95 enfants non musiciens issus de 9 communes de la MĂ©tropole EuropĂ©enne de Lille.

EngagĂ©, curieux et gĂ©nĂ©reux, ALEXANDRE BLOCH est attentif Ă  l’insertion professionnelle des jeunes chefs d’orchestre en organisant un concours de chef assistant en partenariat avec l’Orchestre de Picardie et l’ Orchestre National d’Ile-de-France : LĂ©o Margue la saison derniĂšre ou encore actuellement Jonas Ehrler ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de ce tremplin qui Ɠuvre pour la professionnalisation et la reconnaissance des talents les plus prometteurs.

Pour CLASSIQUENEWS, Alexandre BLOCH a dĂ©montrĂ© non seulement son haut professionalisme dans l’audace et le choix artistique qui rĂ©vĂšle un goĂ»t pour l’ouverture et la dĂ©mocratisation du concert symphonique, mais aussi un tempĂ©rament charismatique. En tĂ©moigne sa fabuleuse incursion dans l’univers humaniste, fraternel de LEONARD BERNSTEIN, dĂ©voilant pour cĂ©lĂ©brer le centenaire du compositeur amĂ©ricain, l’actualitĂ© et la poĂ©tique dĂ©jantĂ©e de sa partition inclassable MASS : une expĂ©rience musicale qu’il a su partager entre instrumentistes, chanteurs, choristes et surtout public. VOIR notre reportage vidĂ©o de MASS par Alexandre Bloch et l’Orchestre National de Lille / juin 2018.

Retrouvez ALEXANDRE BLOCH et L’ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE sur FRANCE 2, dans la reprise attendue du GRAND ECHIQUIER, jeudi 20 dĂ©cembre 2018, 20h50
www.france.tv/france-2/le-grand-echiquier

 

 

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INTEGRALE GUSTAV MAHLER 2019

En 2019, ALEXANDRE BLOCH et l’Orchestre National de Lille proposent l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler, une immersion exceptionnelle dans l’univers d’un gĂ©nie de l’orchestre, Ă©largissant l’expĂ©rience orchestrale au dĂ©but du XXĂš siĂšcle, dans des proportions et une sonoritĂ© jamais Ă©coutĂ©e avant lui…. LIRE notre prĂ©sentation de l’intĂ©grale des Symphonies de Gustav Mahler par ALEXANDRE BLOCH et l’Orchestre National de Lille (Ă  partir du 1er fĂ©vrier 2019)

Avec ce renouvellement, l’Orchestre National de Lille poursuit donc sa nouvelle Ă©tape et relĂšve le dĂ©fi d’une grande institution musicale du XXIĂšme siĂšcle.

 

 

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Cd Ă©vĂ©nement, critique. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018

teodor_currentzis_52Cd Ă©vĂ©nement, critique. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018. Avec ce second opus symphonique, Teodor Currentzis dĂ©montre sa mestriĂ  orchestrale : une vision, un geste qui deviennent expĂ©rience mĂ©taphysique. C’est peu dire que le sens de la caractĂ©risation s’accomplit ici avec une finesse et un mordant exceptionnellement justes. Ce qu’apporte immĂ©diatement Teodor Currentzis, emblĂ©matique en cela des chefs qui savent autant diriger le baroque que le romantisme, l’opĂ©ra que la matiĂšre symphonique, c’est une versatilitĂ© permanente qui s’accompagne de nuances spĂ©cifique pour chaque sĂ©quence. Telle attention Ă  l’intonation, les connotations, les caractĂšres, les couleurs Ă©blouissent vĂ©ritablement dans le magma martial du Premier mouvement Allegro energico, plus encore dans le second « Scherzo », souvent redondant aprĂšs le premier parce que les orchestres et les chefs si nombreux en l’occurrence ont dĂ©jĂ  tout dit ; chez Currentzis, chaque mesure a sa propre Ă©nergie, revendique un caractĂšre particulier, le tout avec une unitĂ© et une cohĂ©rence organique qui assure le lien et la globalitĂ© dy cycle dans son entier. Les cordes danses et rugissent, les cuivres et les percussions sont Ă©lastiques, wagnĂ©riennes, d’une clameur sourde et articulĂ©e, constamment passionnantes.

Au cƓur du typhon mahlĂ©rien
Teodor Currentzis, magicien poĂšte

‹currentzis teodor chef maestro review presentation classiquenews sacre du printemps de stravinsky trilogie mozart da ponte critique compte rendu cdQuant Ă  l’harmonie, Currentzis dĂ©ploie des sommets de couleurs onctueuses, amoureuses, enivrĂ©es (les clarinettes, les hautbois, les bassons et les flĂ»tes acquiĂšrent ainsi un relief et une sonoritĂ© trĂšs dĂ©taillĂ©s, jamais Ă©coutĂ©s avec une telle justesse lĂ  encore). VoilĂ  qui creuse dans l’orchestre des champs et contrechamps, des seconds plans propres ; la texture s’enrichit dans l’expressivitĂ©, certes pas dans l’épaisseur ou la puissance. ‹Ce que nous apporte Currentzis, c’est l’alliage superlatif, du mordant de chaque timbre, caractĂ©risĂ©, millimĂ©trĂ©, et l’énergie, la puissance : ce Scherzo est jubilatoire car pas une mesure n’ennuie, mais elle clame son cri, son existence propre. Quel rĂ©sultat. Ce moelleux des arriĂšres plans prend forme avec une nostalgie d’une ineffable profondeur dans l’ANDANTE moderato dont la courbe tendre (le cor est pur enchantement, cristallisation d’un instant magique, traversĂ© par la grĂące). Currentzis se montre lĂ  encore : voluptueux et clair, dĂ©taillĂ© et architecte, jouant de la lĂ©gĂšretĂ© millimĂ©trĂ©e de chaque pupitre ainsi mis en dialogue. Quand avons-nous Ă©coutĂ© pareil rĂȘve et tendresse, ainsi sculptĂ©s dans la pĂąte orchestrale? Le chef cherche l’au-delĂ  des notes, va au delĂ  de chaque mesure, repoussant toujours et encore la ligne de respiration ; l’intensification du mouvement atteint un sommet d’éloquence intĂ©rieure, de plĂ©nitude sonore. VoilĂ  du bien bel ouvrage.

De la mĂȘme façon, le dernier mouvement Sostenuto, Allegro moderato, puis Allegro energico, redouble de vitalitĂ© caractĂ©tisĂ©e oĂč le chef semble faire ressurgir ce qui a Ă©tĂ© dĂ©jĂ  Ă©noncĂ©, en un bel effet de miroir et de boucle symĂ©trique aussi, mais avec une attention dĂ©cuplĂ©e Ă  chaque mesure. La caractĂ©risation saisit par sa justesse lĂ  encore, entre volontĂ©, rĂ©sistance et dĂ©sespoir. Le conflit qui s’enfle et atteint les cimes de l’exultation, pose trĂšs clairement les forces en prĂ©sence, avec une noblesse d’intonation, superlative. Le chef trĂšs inspirĂ© sait aussi rĂ©capituler tout ce qui fait cette confession viscĂ©rale, amoureuse et radicale de la Symphonie prĂ©cĂ©dente, n°5 (priĂšre voire imploration pour Alma son Ă©pouse).
EnivrĂ©e, et attendrie, cette derniĂšre sĂ©quence conclusive bascule dans la morsure et la dĂ©sespĂ©rance, la convulsion martiale, sarcastique et tendue. Dans le bain conflictuel, l’orchestre est idĂ©alement (et magistralement) ballotĂ©, entre frĂ©nĂ©sie et accalmie. EchevelĂ©es, nerveuses, les cordes indiquent ce tumulte, ce dĂ©sordre intĂ©rieur, cette profonde dĂ©pression primitive qui scelle le destin de Mahler. En analyste complice, porteur d’un humanisme fraternel, le chef en exprime la forme orchestrale avec une poĂ©sie de magicien : lĂ  encore, n’écoutez que la derniĂšre sĂ©quence (avec le solo de violon Ă  22’ de l’Allegro energico), ce que le chef rĂ©alise en couleurs, timbres, nuances, vision d’architecte est Ă  couper le souffle. Il fait du final, non pas un siphon vers l’abime mais une aspiration hallucinĂ©e vers une nouvelle mĂ©tamorphose. Non pas arrĂȘt mais passage et Ă©lectrisation. Eblouissant.

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CLIC D'OR macaron 200Cd Ă©vĂ©nement, critique. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018 – Parution : 26 octobre 2018.

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CD événement, annonce. MAHLER : 6Úme Symphonie. Teodor Currentzis (juil 2016, 1 cd Sony classical)

teodor_currentzis_52CD Ă©vĂ©nement, annonce. MAHLER : 6Ăšme Symphonie. Teodor Currentzis (juil 2016, 1 cd Sony classical). AprĂšs une autre symphonie, elle aussi intense, tragique et aussi habitĂ©e par le sentiment de la rĂ©sistance et de la reconstruction intime, – 6Ăš Symphonie « pathĂ©tique » de Tchaikovski (enregistrĂ©e Ă  Berlin en 2015, Ă©ditĂ©e en fĂ©vrier 2018, CLIC de CLASSIQUENEWS). Le chef iconoclaste, radical Teodor Currentzis, dont le questionnement critique fait sens, s’attaque ici Ă  la Symphonie n°6 de Mahler : aussi introspective, profonde, et finalement autobiographique que celle de Tchaikovski. C’est aussi un dĂ©fi sur le plan interprĂ©tatif, une gageure sur le plan instrumental : les mondes sonores, les alliages de timbre dĂ©finissent ici un imaginaire poĂ©tique qui transcende angoisse (dans le cas de Tchaikovski), dĂ©pression dans le cas de Gustav Mahler. Sony classical Ă©dite en dĂ©cembre 2018, la nouvelle approche symphonique du maestro souvent provocateur mais dont les options et partis artistiques sont toujours inspirĂ©s par une recherche et une exigence fouillĂ©es ; le nouveau cd devrait produire une lecture dĂ©sormais captivante du massif mahlĂ©rien.

La 6Ăš symphonie de Mahler est l’une des partitions les plus abouties du compositeur ; hymne personnel du destin humain, expĂ©rience intime offerte en partage, la partition qui est la plus sombre de son auteur, exprime la force du destin, l’emprise de la fatalitĂ©… Elle permet surtout aux orchestres de dĂ©montrer leur valeur. Simon Rattle l’a choisie comme enregistrement d’adieu Ă  sa mandature comme directeur musical du Berliner Philharmoniker (superbe coffret Ă©ditĂ© en novembre 2018). Dans le cas de Currentzis, l’enregistrement devrait compter tout autant car le chef et son ensemble MusicAeterna ne laissent jamais indiffĂ©rent, par leur prĂ©cision expressive, leur engagement, une dramaturgie instrumentale et esthĂ©tique particuliĂšrement ciselĂ©e. Dans sa lecture, Teodor Currentzis fait surgir cette beautĂ© tragique qui fait Ă©cho dans l’esprit souvent noir et dĂ©pressif de Gustav Mahler (en particulier dans l’admirable ANDANTE) ; au centre de cette rĂ©vĂ©lation intime, l’ineffable et Ă©ternelle fascination pour la Nature, Ă  la fois rĂ©confortante et Ă©nigmatique
 autant de facettes d’une interprĂ©tation parmi les plus passionnantes.

Prochaine critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com

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Cd Ă©vĂ©nement, annonce. MAHLER : Symphonie n°6, MusicAeterna / Teodor Currentzis — Moscou, juillet 2016 (1 cd SONY classical). Probable CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018. A suivre…

CD précédent, critiqué sur CLASSIQUENEWS :

Tchaikovski-Symphonie-numero-6-Pathetique-Opus-74 currentzis musicaeterna par classiquenewsCd, compte rendu critique. TCHAIKOVSKI : Symphonie n°6 « PathĂ©tique », MusicAeterna / Teodor Currentzis (1 cd SONY classical, 2015). La 6Ăš symphonie est le sommet spirituel et introspectif de la littĂ©rature tchaikovskyenne : un everest de la poĂ©sie intime et interrogative parfois inquiĂšte voire angoissĂ©e. Annonçant ce mĂȘme sentiment de terreur intĂ©rieur sublimĂ© d’un Chostakovtich Ă  venir. Les Tchaikovski de Currentzis sont passionnants : ils sont l’autre face d’un voyage artistique habitĂ© lui aussi de l’intĂ©rieur et qui dans son amplitude Ă©lastique, – propre Ă  cette nouvelle gĂ©nĂ©ration d’artiste qui traverse tous les rĂ©pertoires, mais de façon spĂ©cialisĂ©e – entendez avec l’instrumentarium ad hoc, fourmille d’idĂ©es neuves, expressives, remettant les fondamentaux dans un Ă©quilibre critique. SONY suit les Ă©tapes de ce cheminement expĂ©rimental qui exige tout des interprĂštes rĂ©unis sous la coupe du bouillonnant et Ă©clectique maestro. Avec ses instrumentistes de l’ensemble sur instruments d’époque MusicAeterna, Teodor Currentzis a ainsi interrogĂ© Rameau (The Sound of Light), Purcell (avec Peter Sellars : formidable Indian Queen), mais aussi Stravinsky (Le Sacre du Printemps), Mozart (dĂ©jĂ  une trĂšs intĂ©ressante « trilogie » Da Ponte, malgrĂ© les faiblesses impardonnables de certains chanteurs dont Kermes en 
 Comtesse !) ; EN LIRE +

LIVRE, événement, critique. Alma Rosé (Editions Notes de nuit, nov 2018)

ROSE-notes-de-nuit-livre-evenement-critique-livre-musique-par-classiquenews-Alma Rose livre musique critique livre par classiquenewsLIVRE, Ă©vĂ©nement, critique. Alma RosĂ© (Editions Notes de nuit, nov 2018). Alma Rosé  dĂ©jĂ  le prĂ©nom est
 malhĂ©rien. De fait, Alma, fille d’Arnold RosĂ© et de Justine, fut par cette derniĂšre la niĂšce de Gustav Mahler. Justine Ă©tant la soeur cadette du compositeur. Alma Mahler Ă©tait sa marraine. Le livre dans sa premiĂšre traduction en français dĂ©mĂȘle les noeuds d’une destinĂ©e unique et tragique, celle de la jeune autrichienne Alma RosĂ©, nĂ©e le 3 novembre 1906, violoniste (comme son pĂšre Arnold, fondateur du fameux quatuor Ă©ponyme, et premier violon du Philharmonique de Vienne Ă  l’époque oĂč Malher Ă©tait directeur de l’OpĂ©ra), et dĂ©portĂ©e Ă  Auschwitz, dirigea l’orchestre des femmes musiciennes. Le texte Ă©ditĂ© par Notes de nuit (publiĂ© en anglais au Canada en 2000) restitue ainsi pour la premiĂšre fois, les Ă©lĂ©ments d’une destinĂ©e artistique sacrifiĂ©e, comme il en eut tellement, broyĂ©e par la machine nazie, autant de piĂšces rassemblĂ©es patiemment par l’auteur et journaliste Richard Newman, vĂ©ritable enquĂȘteur, dont le but est de rĂ©tablir la trajectoire d’une artiste sensible et talentueuse, au charisme manifeste dont le profil s’est imposĂ© des annĂ©es aprĂšs sa disparition, grĂące Ă  son frĂšre Alfred que l’auteur a cĂŽtoyĂ© et dont il a recueilli les tĂ©moignages et documents qu’il avait en sa possession.

A partir de cette filiation fraternelle, se tisse un cheminement de mĂ©moire et de restitution particuliĂšrement soignĂ© et prĂ©cis qui ressuscite la famille RosĂ©, son activitĂ© artistique, et les choix de vie de sa sƓur Alma. Alors en plein essor profitant du contexte de la Vienne dorĂ©e au dĂ©but du siĂšcle, louĂ©e entre autres par Zweig
 puis pendant la pĂ©riode de l’entre deux guerres. Femme libre et moderne, Alma fonde un orchestre de femmes itinĂ©rant dans les annĂ©es 1930. Quand Hitler prend le pouvoir, ses parents, Arnold et Justine fuient Ă  Londres ; Alfred, aux USA, mais, presque insouciante, Alma poursuit sa carriĂšre aux Pays-Bas, puis arrĂȘtĂ©e en France, elle est dĂ©portĂ©e depuis Drancy Ă  Auschwitz, pour y mourir le 5 avril 1944 (Ă  37 ans).
Le texte admirable, tĂ©moigne d’une vie vouĂ©e Ă  la musique, en particulier dans le camp d’internement oĂč Alma s’épuise dans dans l’accomplissement de la tĂąche validĂ©e par les SS : construire l’orchestre de femmes, maintenir coĂ»te que coĂ»te son niveau, prĂ©senter des concerts
 Mais la trentenaire est vite rattrapĂ©e par les conditions terrifiantes de la captivitĂ© qui entretiennent le stress et l’épuisement. Tout est ainsi dĂ©voilĂ©, Ă  la lueur mĂ©lancolique et dĂ©chirante de la transcription de l’Etude en mi majeur de Chopin, jouĂ©e par Alma, avec un texte bouleversant de sa plume, – vĂ©ritable confession Ă  la fois poĂ©tique et dĂ©pressive (texte page 402 / 404).
Les nombreux tĂ©moignages des consƓurs d’Alma Ă  Auschwitz que l’auteur a retrouvĂ©es et dont il a recueilli les paroles (les musiciennes de l’orchestre de femmes du camp d’Auschwitz-Birkenau), reconstituent ce qui s’est passĂ© en avril 1944, comment la violoniste apprĂ©ciĂ©e, est morte et comment elle fut accompagnĂ©e dans la mort (ce qui tord le cou Ă  bon nombres d’inepties concentrĂ©es dans le tĂ©lĂ©film de 1980 de Daniel Mann). Autant de renseignements vĂ©rifiĂ©s qui complĂštent aussi le tĂ©moignage dĂ©jĂ  connu de Fania FĂ©nĂ©lon, prisonniĂšre aux cĂŽtĂ©s d’Alma (texte publiĂ© en 1976).
CLIC D'OR macaron 200L’auteur prĂ©cise le contexte d’une mort dont les conditions prĂ©cises Ă©taient demeurĂ©es incertaines : enfin le diagnostique est Ă©lucidĂ©. Au demeurant, le lecteur suit pas Ă  pas et goĂ»te le combat humaniste et fraternel d’une musicienne accomplie soucieuse de rĂ©aliser cet idĂ©al musical qu’elle s’était fixĂ©, au delĂ  du contexte et des condition de dĂ©tention : non par peur des SS (dont elle avait analyser le cynisme cruel avec une clairvoyance absolue et dĂ©sespĂ©rĂ©e), non par peur d’ĂȘtre gazĂ©e au moindre faux pas, mais pour l’amour de l’art, engagĂ©e Ă  servir le beau, et trouver grĂące Ă  la musique, la meilleure façon de mourir. Poignant et Ă©difiant.

 
 
 

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LIVRE Ă©vĂ©nement, critique. ALMA ROSÉ (1096-1944). DE VIENNE À AUSCHWITZ par Richard Newman & Karen Kirtley (Notes de Nuit, collection Le passĂ© immĂ©diat / parution : le 16 nov 2018, d’aprĂšs le texte paru en 2000 / traduction de l’anglais : A-S Homassel— BrochĂ© avec rabats. ISBN : 979-10-93176-15-4 – 494 p. Format : 22,5 x 15 cm. 22€ - CLIC de CLASSIQUENEWS dĂ©cembre 2018

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Plus d’infos sur le site de l’éditeur NOTES DE NUIT :
http://www.notesdenuit-editions.net/books/alma-rose-de-vienne-a-auschwitz/

CD, coffret. BERLINER PHILHARMONIKER : Simon RATTLE / MAHLER : Symphonie n°6 (2 cd, 1 blu ray – Ă©ditions Berliner Philharmoniker recordings)

mahler-rattle-symphony-symphonie-6-berliner-philharmoniker-annonce-review-critique-cd-par-classiquenewsCD, coffret. BERLINER PHILHARMONIKER : Simon RATTLE / MAHLER : Symphonie n°6 (2 cd, 1 blu ray – Ă©ditions Berliner Philharmoniker recordings). La 6Ăš de Mahler marque un tournant dĂ©cisif dans le travail de l’orchestre et du chef britannique : voici leur premier enregistrement de novembre 1987 ; puis celui de juin 2018, – soit 30 ans aprĂšs, tel le volet de la saison des adieux, car Simon Rattle quitte le direction musicale Ă  l’étĂ© 2018 (aprĂšs 16 annĂ©es d’une direction qui laisse pourtant mitigĂ©). C’est un apport rĂ©flĂ©chi qui trouve un Ă©cho prĂ©cĂ©dent d’une admirable profondeur, plus profonde, mieux ambivalente Ă  notre avis ; avec les annĂ©es, la sonoritĂ© s’est enrichie, atteignant une rondeur hĂ©doniste que n’aurait pas dĂ©savouĂ© Claudio Abbado. Mais qui a perdu son sens des contrastes et des vertiges intĂ©rieurs
 Avec les annĂ©es, Rattle s’est comme assagi, optant en 2018 pour une lecture d’une perfection sonore trĂšs (trop) sĂ©duisante) ; mais en novembre 1987, il y avait un souffle d’une tension « wagnĂ©rienne », une ĂąpretĂ© qui s’est attĂ©nuĂ©e avec les annĂ©es
 La confrontation entre les deux lectures est passionnante et dĂ©voile l’évolution d’un travail en complicitĂ© et en approfondissement. Double vision en guise de testament artistique du chef qui tire sa rĂ©vĂ©rence, et fait ainsi ses adieux en juin 2018 par l’enregistrement, aux instrumentistes du Berliner Philharmoniker. Grande critique du coffret Symphonie n°6 de Gustav Mahler par Simon Rattle et le Philharmoniker Berliner, Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews.com.

 
 
 

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CONTENU du coffret

 
 
 

Berliner Philharmoniker
Sir Simon Rattle, direction / conductor

Gustav Mahler : Symphony No. 6 

CD 1: Recorded in June 2018 from the Philharmonie Berlin
CD 2: Recorded in November 1987 from the Philharmonie Berlin

Bonus video:
Documentary: “Echoing an Era: Simon Rattle and the Berliner Philharmoniker,

2002-2018” (67 min)
Introduction by Sir Simon Rattle (10 min)

 
 
 

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Gustav Mahler: Symphony No. 6
2 CD + 1 Blu-ray + download / hardcover linen edition
Prix indicatif : 44, 90 euros

Contenu du coffret commémoratif
CDs 1&2 :
Gustav Mahler: Symphony No. 6
CD 1: Recording from 20 June 2018
CD 2: Recording from 15 November 1987
BLU-RAY DISC :
Concert Video: Symphony No. 6 from 20 June 2018 (83 min)
High resolution audio:
Symphony No. 6 from 20 June 2018
2.0 PCM Stereo 24-bit/96 kHz
5.1 DTS-HD MA 24-bit/96 kHz
Symphony No. 6 from 15 November 1987
2.0 PCM Stereo 24-bit/96 kHz
Bonus
· Documentary: “Echoing an Era – Simon Rattle and the Berliner Philharmoniker 2002–2018” (67 mins)
· Introduction by Sir Simon Rattle
Full HD 16:9 / PCM Stereo
5.1 Surround DTS-HD
Region Code: ABC (worldwide)
Accompanying booklet
72 pages / German, English
Download Code
For high resolution audio files of
the entire album (24-bit / up to 192 kHz)
Digital Concert Hall
7- Day Ticket for the Berliner Philharmoniker’s
virtual concert hall

 
 
 

MAHLER-RATTLE-Symphonie-symphony-6-berliner-philharmoniker-review-cd-critique-cd-par-classiquenews-CLIC-de-CLASSIQUENEWS

 
 
 

Plus d’infos sur le site du Berliner Philharmoniker :
https://www.berliner-philharmoniker-recordings.com/mahler-6.html

 
 
 

Riccardo Chailly dirige la 8Ăšme de Mahler Ă  Lucerne

arte_logo_2013ARTE. Mahler: Symphonie n°8. Dimanche 28 aoĂ»t 2016,17h30. Riccardo Chailly Ă  Lucerne, pilote les effectifs locaux dans la gigantesque et goethĂ©enne symphonie n°8, dite « des Mille », sommet symphonique et choral signĂ© par le grand Gustav en quĂȘte d’absolution. C’est le temps fort du Festival de Lucerne 2016 (Suisse). Comment parcourir les sĂ©quences vertigineuses de cette grande messe symphonique ? La 8Ăšme de Mahler est l’un des plus grands dĂ©fis qui se dressent face Ă  l’orchestre et son chef


Riccardo Chailly dirigeantL’Éternel FĂ©minin / Nous entraĂźne en haut », sur les pas de Wagner, Mahler achĂšve sur ces ultimes mots (extraits du Second Faust de Goethe), sa Symphonie n°8, l’une des plus ambitieuses jamais Ă©crites. Si le dĂ©sir masculin est vorace et sans fin, l’éternel fĂ©minin (incarnĂ© probablement par son Ă©pouse Alma) permet d’atteindre au renoncement et Ă  la paix ultime, tant recherchĂ©s. D’emblĂ©e, l’hymne du dĂ©but, ouvrant la premiĂšre partie de la Symphonie, inscrit la partition comme le parcours d’une quĂȘte surtout spirituelle voire mystique (l’Hymne de la PentecĂŽte Veni Creator Spiritus, invocation du Saint-Esprit y façonne comme au dĂ©but de la Messe en si de JS Bach, un portique d’ouverture aux proportions vertigineuses et colossales). A ceux qui lui reprochait de n’avoir pas composĂ© de cycle sacrĂ©, Mahler arguait que “sa HuitiĂšme Symphonie Ă©tait une messe”
 EnregistrĂ© Ă  Lucerne, les 12 et 13 aoĂ»t 2016.

LUCERNE FESTIVAL ORCHESTRA
ChƓur de la Radio bavaroise
Latvian Radio Choir
OrfeĂłn Donostiarra
ChƓur d’enfants de Tölz
Riccardo Chailly, direction
Ricarda Merbeth, Magna Peccatrix
Christine Goerke, Una poenitentium
Anna Lucia Richter, Mater gloriosa
Sara Mingardo, Mulier Samaritana
Mihoko Fujimura, Maria Aegyptiaca
Andreas Schager, Doctor Marianus
Peter Mattei, Pater ecstaticus
Samuel Youn, Pater profundus

Gustav Mahler (1860–1911) : Symphonie n° 8 en mi bĂ©mol majeur Symphonie des Mille . ARTE, dimanche 28 aoĂ»t 2016, 17h30. LIRE aussi la page dĂ©diĂ©e Ă  la Symphonie n°8 par Riccardo Chailly, les 12 et 13 aoĂ»t 2016 sur le site du Festival de Lucerne 2016

 

Livres. Le retour de Gustav Mahler (Actes Sud)

zweig-stefan-le-retour-de-gustav-mahler-actes-sud-essais-inedits-avril-2015-compte-rendu-critique-CLIC-de-classiquenews-avril-2015Livres. Le retour de Gustav Mahler (Actes Sud). Zweig librettiste de Richard Strauss (La Femme sans ombre) aprĂšs la mort du poĂšte Hofmannsthal Ă©tait bien connu et sa carriĂšre renseignĂ©e. Mais ici Actes Sud publie deux textes passionnants et moins exposĂ©s, propres Ă  ses annĂ©es de jeunesse et de formation musicale Ă  Vienne, dĂ©diĂ©s tous deux Ă  l’autre grande figure symphonique, contemporaine de Strauss : Gustav Mahler, alors directeur de l’opĂ©ra de Vienne (1897-1907) ; une dĂ©cennie miraculeuse qui a marquĂ© les esprit par son niveau artistique et la qualitĂ© des productions lyriques, rĂ©alisĂ©es avec l’homme de thĂ©Ăątre Max Reinhardt, que Mahler nomme et qui fondera en 1922, avec Strauss et Hofmannsthal, le festival estival de Salzbourg. Admirateur alors Ă  Vienne du chef le plus scrupuleux et le plus charismatique de son temps (ses productions dirigĂ©es Ă  Vienne restent lĂ©gendaires, avant celle de Karajan), Zweig dans son texte dithyrambique, ” le retour de Gustav Mahler “, rend hommage au chef dirigeant comme personne Gluck, Mozart (Don Giovanni, Les Noces de Figaro…), Wagner (La Walkyrie) ou Beethoven (Fidelio) ; il sait aussi prĂ©ciser la volontĂ© de dĂ©passement et d’accomplissement d’un compositeur qui l’a marquĂ© pour sa Symphonie n°8, crĂ©Ă©e en 1910 et aussi son adieu irrĂ©sistible, exprimĂ© dans “Le Chant de la terre“. Apercevoir dans la rue Gustav Mahler, “constituait un Ă©vĂ©nement que l’on rapportait Ă  ses camarades le lendemain comme un triomphe personnel”, Ă©crit Zweig dans sa biographie, Le Monde d’hier, postĂ©e en 1942 Ă  son Ă©diteur, la veille de son suicide au BrĂ©sil. C’est dire ce qu’a pu symboliser cette pĂ©riode mahlĂ©rienne dans l’esprit de l’esthĂšte mĂ©lomane Zweig.
Dans une Autriche rĂ©gie “par un vieillard, gouvernĂ©e par de vieux ministres”, la nomination Ă  38 ans de Gustav Mahler fait figure d’”exception inouĂŻe”, poursuit-il. Mais en 1907, 4 ans avant sa mort, Mahler, juif non intĂ©grĂ© car mal acceptĂ©, est poussĂ© Ă  abandonner la direction de l’OpĂ©ra de Vienne. Zweig signe un texte de soutien, puis en 1910, Ă  l’occasion des 50 ans du compositeur, il Ă©crit un long poĂšme, Der Dirigent : “Une ruche dorĂ©e, dont les rayons accueillent, une cohue bourdonnante, et c’est ainsi qu’apparaĂźt l’Ă©difice inondĂ© par la lumiĂšre et par l’attente de tous ces gens rĂ©unis en un essaim d’enthousiasme”…

Stefan Zweig rend hommage Ă  Mahler comme compositeur et comme chef

Mahler, héros de la Vienne fin de siÚcle

stefan-zweig-539975.jpgL’Ă©crivain exprime avec lyrisme, la prĂ©sence charismatique du chef qui depuis la fosse, permet le surgissement de la poĂ©sie pure, du dĂ©lire extatique qui fait de l’instant musical un pont vers l’Ă©ternitĂ©. En 1915, Zweig publie ensuite dans le quotidien viennois Neue Freie Presse un essai, Le retour de Gustav Mahler, dans lequel il tente de portraiturer la figure et l’homme sous la carrure du chef. La sensibilitĂ© et l’Ă©motion affleure toujours chez Zweig qui prĂ©cise : “pour nous, pour toute une gĂ©nĂ©ration, il fut davantage qu’un musicien, davantage qu’un simple artiste: il fut la part inoubliable de notre jeunesse”. Comme toujours chez Zweig, l’art et la culture sont des remparts contre la barbarie qui menace de tout temps le dĂ©licat Ă©quilibre dĂ©mocratique comme l’exercice des libertĂ©s.
AprĂšs coup et avec le recul, le texte et la prose de Zweig confine parfois Ă  la broderie sensible mais sa sincĂ©ritĂ© et une certaine facilitĂ© pour la formule recueillie, apportent de facto un Ă©clairage sur le goĂ»t d’une Ă©poque : celle du Zweig, frappĂ© par la premiĂšre guerre : on sait que le second coup celui de 1939, lui sera fatal. En 1915, le poĂšte Ă©crivain exprime surtout de façon nostalgique, cette Vienne musicale et miraculeuse qui Ă  l’Ă©poque de Mahler, savait produire des miracles artistiques et culturels.
Homme dĂ©monique, saisissant par sa puissance et sa volontĂ©, sa profonde tristesse comme sa sincĂ©ritĂ© visionnaire, Mahler incarne pour le Zweig mĂ©lancolique des annĂ©es 1910, ce PromĂ©thĂ©e qui aprĂšs Beethoven a pu insuffler une vision hors des contingences historiques. L’universel poĂ©tique et philosophique contre la fatalitĂ© et l’obscurantisme du cataclysme politique (que Zweig avait en horreur) : pour Zweig, de 16 ans le cadet de son idĂŽle viennoise, la musique totalise les aspirations des hommes de bien contre le pĂ©ril Ă  venir. MĂȘme s’il ne le rencontre directement jamais – sauf Ă  l’occasion de leur retour simultanĂ© Ă  bord du transatlantique en 1910 oĂč le jeune Ă©crivain dĂ©couvre un malade alitĂ©, usĂ© par ses engagements Ă  New York, alors assistĂ© par son Ă©pouse Alma, Zweig voue une admiration sans borne au chef compositeur dont il ressent le sentiment hĂ©roĂŻque de l’accomplissement.

zweig-stefan-portrait-tete-le-retour-de-gustav-mahlerDans ces deux textes (le poĂšme Der dirigent, puis Le retour de Gustav Mahler) dont il convient de maĂźtriser le contexte pour en comprendre la portĂ©e poĂ©tique et esthĂ©tique outre leur contingence Ă©motionnelle immĂ©diate, Zweig apporte son offrande sincĂšre Ă  l’oeuvre du Mahler chef d’orchestre et directeur de l’OpĂ©ra de Vienne comme au compositeur, alors que d’autres comme Romain Rolland s’entĂȘtait Ă  ne rien comprendre au travail de Mahler.

Livres. Le retour de Gustav Mahler (Actes Sud). Deux textes inĂ©dits. Parution : avril, 2015 / 10,0 x 19,0 / 64 pages, ISBN 978-2-330-04804-4. Prix indicatif : 9, 80€.

Reportage vidéo : Le JOA Jeune Orchestre Atlantique interprÚte la Titan de Mahler sous la direction de Philippe Herreweghe (juillet 2013)

JOA_jeune_orchestre_atlantiqueReportage vidĂ©o: Le JOA Jeune Orchestre atlantique interprĂšte la Symphonie Titan de Gustav Mahler. Le festival de Saintes 2013 s’ouvre avec un rendez vous symphonique incontournable : jouer Mahler sur instrument d’Ă©poque. Philippe Herreweghe pionnier des relectures historiques conquiert les sonoritĂ©s Ă©tranges et familiĂšres, Ă  la fois autobiographiques donc intĂ©rieures et aussi cosmiques soit flamboyantes, si spĂ©cifiques aux univers de Mahler, en assurant aux jeunes instrumentistes choisis du JOA Jeune Orchestre Symphonique, une approche trĂšs attendue des textures et Ă©tagements malhĂ©riens. A Saintes, lieu de rĂ©sidence habituelle du collectif de jeunes musiciens, le travail se rĂ©alise sur une partition majeure du … XXĂšme siĂšcle. L’oeuvre date de 1889, ses espaces, horizons, perspectives qu’elle trace immĂ©diatement, ainsi au diapason d’une subjectivitĂ© Ă  l’Ă©chelle du cosmos, Ă©tablissent de nouvelles rĂšgles qui abolissent les limites de l’espace, du temps, du son … en route pour la modernitĂ© complexe et si riche, captivante et vertigineuse du XXĂšme siĂšcle ! Concert incontournable. Grand reportage vidĂ©o CLASSIQUENEWS.COM

Le JOA Jeune Orchestre Atlantique joue la Symphonie n°1 “Titan” de Mahler (juillet 2013)

Depuis ses premiĂšres sessions Ă  l’Abbaye aux Dames de Saintes, le JOA Jeune Orchestre Atlantique ne cesse de porter toujours plus loin les apports bĂ©nĂ©fiques des instruments d’époque dans l’interprĂ©tation des partitions classiques et romantiques; rien n’égale en Europe la formation ainsi proposĂ©e aux jeunes instrumentistes venus du monde entier pour y suivre les conseils de l’équipe pĂ©dagogique, de façonner et perfectionner leur propre jeu sous la conduite des chefs aujourd’hui reconnus. Cette annĂ©e, volet toujours trĂšs attendu du festival estival, le JOA ose aller plus loin encore ; il repousse le cadre chronologique des pĂ©riodes classiques et romantiques 
 jusqu’à la Symphonie n°1 Titan de Gustav Mahler (1889) 
 un nouveau dĂ©fi post romantique se dresse face Ă  l’énergie et Ă  la curiositĂ© des apprentis musiciens et pour lequel s’engage aussi le chef flamand Philippe Herreweghe qui depuis sa crĂ©ation, suit les avancĂ©es et l’évolution de l’orchestre. Captation intĂ©grale de la Symphonie n°1 Titan, week end inaugural du festival de Saintes 2013. IntĂ©gral du 4Ăšme mouvement. © CLASSIQUENEWS.TV 2013

VIDEO. Daniel Kawka : OSE, l’orchestre nouvelle gĂ©nĂ©ration. Mort Ă  Venise, le chant mahlĂ©rien

OSE_visuel_197REPORTAGE VIDEO. En 2014, le chef français Daniel Kawka inaugure avec son nouvel orchestre OSE et avec la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier, son nouveau programme symphonique dĂ©diĂ© Ă  Gustav Mahler : ” Mort Ă  Venise, le chant mahlĂ©rien “, une immersion passionnante dans l’Ă©criture poĂ©tique, visionnaire, enivrĂ©e du compositeur postromantique, contemporain de Richard Strauss. Le concert associe les partitions maĂźtresses du Mahler symphoniste (Adagietto de la 5Ăšme Symphonie, Adagio de la 10Ăšme) aux deux corpus lyriques, sommets de la littĂ©rature des lieder pour orchestre : les RĂŒckert lieder aux contrastes printaniers et intimes, les Kindertotenlieder, chants dĂ©chirants pour les enfants morts. IdentitĂ©, rĂ©pertoire, missions du nouvel orchestre OSE… Reportage vidĂ©o exclusif studio CLASSIQUENEWS.tv © 2014.

Prochains concerts de l’Orchestre OSE. Daniel Kawka, direction :

Programme ” L’Oiseau de feu “ – Stravinsky, TchaĂŻkovski, Bizet
Stravinsky : L’Oiseau de feu, Tchaikovsky : Concerto pour violon, Bizet : L’ArlĂ©sienne
violon solo : Rachel Kolly d’Alba

Les 10, 11 et 12 juillet 2014
(L’estival de la BĂątie, ChĂąteau de la BĂątie, 42130 Saint-Etienne le Molard)

Festival Berlioz, le 21 août 2014

Programme Gustav Mahler : Mort Ă  Venise
Le 30 septembre 2014 Ă  Aix en Provence
30 septembre 2014 : Grand Théùtre de Provence (13)

Informations, rĂ©servations sur le site de l’Orchestre Ose

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Daniel Kawka, le nouvel orchestre OSEEn LIRE + 

 

 

OSE_visuel_197Ose est le nouvel orchestre fondĂ© par le chef Daniel Kawka. Fonctionnement coopĂ©ratif, dialogue et Ă©galitĂ© parmi les musiciens forment un nouveau type de collectif dont les valeurs partagĂ©es assurent une nouvelle qualitĂ© d’interprĂ©tation. Pour sa premiĂšre tournĂ©e (en RhĂŽne-Alpes, puis Ă  Aix en Provence au Grand ThĂ©Ăątre en septembre 2014), chef et instrumentistes abordent l’amour et la mort du chant mahlĂ©rien (avec la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier)
 Le Chant MahlĂ©rien : mort Ă  Venise met en lumiĂšre la flamme crĂ©pusculaire d’un Mahler Ă©prouvĂ©, accablĂ© et finalement, subtilement transfigurĂ© 
 alchimie des timbres, Ă©quilibre des pupitres, dynamiques et balances rĂ©investies, souci du phrasĂ© spĂ©cifique, le travail des musiciens d’Ose dĂ©fendent avec passion et transparence l’un des programmes mahlĂ©riens les mieux conçus Ă  ce jour. En lire +

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9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler de Tours

9Ăšme Symphonie de Gustav Mahler Ă  l'OpĂ©ra de ToursTours, les 12 et 13 avril 2014. Mahler : Symphonie n°9. ORSCT, Jean-Yves Ossonce. Symphonie d’un adieu pacifiĂ©. Malade, presque cinquantenaire, affaibli mais pas extĂ©nuĂ©, Gustav Mahler compose sa Symphonie n°9. La conscience de la mort, la souffrance de la perte, les crises intĂ©rieures, multiples, toujours vivaces, inspirent au compositeur, l’une de ses partitions les plus autobiographiques, et l’aboutissement d’un chemin personnel et mystique parcouru depuis sa PremiĂšre Symphonie “Titan”. La partition est Ă©crite au mĂȘme moment que son Chant de la Terre, hymne au mystĂšre de la nature, terrifiante et stimulante, Ă  la fois lamento bouleversant Ă  la suite de la mort de sa fille Maria et aussi, suprĂȘme aspiration Ă  la paix. De sorte que sa DixiĂšme Symphonie serait si l’on intĂšgre son Chant de la terre dans le cycle des oeuvres orchestrales, comme un DixiĂšme opus.
Conçue de l’étĂ© 1908 au dĂ©but de l’annĂ©e 1909, la Symphonie n°9 embrasse toute l’expĂ©rience acquise, vĂ©cue, souhaitĂ©e, dĂ©testĂ©e. Mahler y mĂȘle tous les sentiments en un vaste cycle Ă©pique, dont le souffle, l’énergie, l’élĂ©vation semblent rejoindre le “grand tout”. C’est un dĂ©sir de tĂ©moigner et aussi, un effort de dĂ©tachement. IntensitĂ©, recul. Engagement, dĂ©tente. Renoncement et adieux, dĂ©tente, oubli, apaisement
 action, philosophie et examen critique. Le compositeur y laisse un adieu, inspirĂ© par la quĂȘte d’une sĂ©rĂ©nitĂ© finalement atteinte.

L’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours OSRCT sous l’impulsion de son chef attitrĂ© Jean-Yves Ossonce perpĂ©tue ainsi l’active tradition symphonique Ă  Tours qui compte dĂ©jĂ  plusieurs accomplissements comme les Symphonie de Brahms,  Magnard,   surtout un rĂ©cent cycle TchaĂŻkovski qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© passionnant et dont classiquenews a rendu compte rĂ©guliĂšrement. En lire +

 

Opéra de Tours
Saison symphonique 2013-2014.
Grand Théùtre-Opéra, les 12 et 13 avril 2014
Gustav Mahler : Symphonie n°9 en ré majeur
OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

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9Ăšme Symphonie de Mahler Ă  l’OpĂ©ra de Tours

Grand concert Mahler par l'Orchestre OSE. Daniel Kawka, directionTours, les 12 et 13 avril 2014. Mahler : Symphonie n°9. ORSCT, Jean-Yves Ossonce. Symphonie d’un adieu pacifiĂ©. Malade, presque cinquantenaire, affaibli mais pas extĂ©nuĂ©, Gustav Mahler compose sa Symphonie n°9. La conscience de la mort, la souffrance de la perte, les crises intĂ©rieures, multiples, toujours vivaces, inspirent au compositeur, l’une de ses partitions les plus autobiographiques, et l’aboutissement d’un chemin personnel et mystique parcouru depuis sa PremiĂšre Symphonie “Titan”. La partition est Ă©crite au mĂȘme moment que son Chant de la Terre, hymne au mystĂšre de la nature, terrifiante et stimulante, Ă  la fois lamento bouleversant Ă  la suite de la mort de sa fille Maria et aussi, suprĂȘme aspiration Ă  la paix. De sorte que sa DixiĂšme Symphonie serait si l’on intĂšgre son Chant de la terre dans le cycle des oeuvres orchestrales, comme un DixiĂšme opus.
Conçue de l’étĂ© 1908 au dĂ©but de l’annĂ©e 1909, la Symphonie n°9 embrasse toute l’expĂ©rience acquise, vĂ©cue, souhaitĂ©e, dĂ©testĂ©e. Mahler y mĂȘle tous les sentiments en un vaste cycle Ă©pique, dont le souffle, l’énergie, l’élĂ©vation semblent rejoindre le “grand tout”. C’est un dĂ©sir de tĂ©moigner et aussi, un effort de dĂ©tachement. IntensitĂ©, recul. Engagement, dĂ©tente. Renoncement et adieux, dĂ©tente, oubli, apaisement… action, philosophie et examen critique. Le compositeur y laisse un adieu, inspirĂ© par la quĂȘte d’une sĂ©rĂ©nitĂ© finalement atteinte.

ComposĂ©e Ă  l’étĂ© 1909 Ă  Toblach, la Symphonie n°9 ne fut crĂ©Ă©e que le 26 juin 1912, par Bruno Walter Ă  Vienne, soit presque un an aprĂšs la disparition du compositeur.
L’oeuvre, d’une architecture complexe et inĂ©dite, compte quatre mouvements: deux mouvements lents (Andantecommodo et Adagio), encadrent deux mouvements vifs, “Laendler” et Rondo Burleske). Chacun est dĂ©veloppĂ© dans une tonalitĂ© spĂ©cifique. Poursuite ou non de son Chant de la Terre, qui la prĂ©cĂšde, (partition composĂ©e Ă  l’étĂ© 1908) la NeuviĂšme Symphonie expĂ©rimente de nouvelles possibilitĂ©s, basculant entre l’ultime sĂ©rĂ©nitĂ© et l’adieu plus difficile Ă  la Terre. Alban Berg, ardent dĂ©fenseur des symphonies mahlĂ©riennes, admire en particulier l’enchantement du premier mouvement, parcouru de signes annonciateurs de l’inĂ©luctable mort

C’est peut-ĂȘtre avec la SeptiĂšme, -notre prĂ©fĂ©rĂ©e-, que Mahler, dans la NeuviĂšme, et tout aussi clairement, exprime sa luciditĂ© pleine et entiĂšre, Ă  la fois ressentiment et exaspĂ©ration, mais aussi espĂ©rance et tendresse. Le musicien illustre les vertiges d’une conscience Ă©panouie qui ose voir l’horrible et hideuse mort; l’homme s’y remĂ©more les Ă©pisodes d’une vie faite de remords cyniques et d’élans irrĂ©sistibles, tous Ă©tirĂ©s dans leur immensitĂ© suspendues. Le cadre classique implose, entiĂšrement soumis aux distorsions convulsives ou aĂ©riennes de la psychĂ©.
Orchestrateur sensitif et visionnaire, Mahler explore toutes les palettes de timbres et de couleurs de l’orchestre, oĂč chaque instrument devient voix de l’ñme.

Mahler_gustav_profilL’Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours OSRCT sous l’impulsion de son chef attitrĂ© Jean-Yves Ossonce perpĂ©tue ainsi l’active tradition symphonique Ă  Tours qui compte dĂ©jĂ  plusieurs accomplissements comme les Symphonie de Brahms,  Magnard,   surtout un rĂ©cent cycle TchaĂŻkovski qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© passionnant et dont classiquenews a rendu compte rĂ©guliĂšrement.
Prolongeant les vertiges introspectif d’un TchaĂŻkovski trouble et lyrique, tendre et angoissĂ© (magistrale Symphonie n°6 entre autres),  les musiciens tourangeaux accostent en terres malhĂ©riennes. .. des paysages finement orchestrĂ©s dont la flamboyance associe terreur panique, nostalgie d’une innocence perdue, surtout aspiration au dĂ©passement de soi, entre quĂȘte spirituelle et renoncement ultime. Mahler au dĂ©but du XXĂšme -le compositeur meurt en 1911-, demeure le plus grand symphoniste contemporain de Richard Strauss,  autre immense narrateur,  saisissant par le souffle dramatique et lui aussi, par le raffinement inouĂŻ de son orchestration. Pour Tours, cette 9Ăšme Symphonie mahlĂ©rienne est une premiĂšre, donnĂ©e en quasi premiĂšre tourangelle. Concert symphonique Ă©vĂ©nement.

Opéra de Tours
Saison symphonique 2013-2014.
Grand Théùtre-Opéra, les 12 et 13 avril 2014
Gustav Mahler : Symphonie n°9 en ré majeur
OSRCT, Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

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Tournée. OSE, le nouvel orchestre de Daniel Kawka, les 7 et 8 février 2014

Kawka_daniel_OSE_orchestreOrchestre OSE. Daniel Kawka. Concert Gustav Mahler: Mort Ă  Venise. Les 7 et 8 fĂ©vrier 2014. A Privas 07) puis Saint-Priest (69), le chef Daniel Kawka offre un sublime programme Gustav Mahler avec son nouvel orchestre OSE et la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier…  Ose est le nouvel orchestre fondĂ© par le chef Daniel Kawka. Fonctionnement coopĂ©ratif, dialogue et Ă©galitĂ© parmi les musiciens forment un nouveau type de collectif dont les valeurs partagĂ©es assurent  une nouvelle qualitĂ© d’interprĂ©tation. Pour sa premiĂšre tournĂ©e (en RhĂŽne-Alpes, puis Ă  Aix en Provence au Grand ThĂ©Ăątre en septembre 2014), chef et instrumentistes abordent l’amour et la mort du chant mahlĂ©rien (avec la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier)… Le Chant MahlĂ©rien : mort Ă  Venise met en lumiĂšre la flamme crĂ©pusculaire d’un Mahler Ă©prouvĂ©, accablĂ© et finalement, subtilement transfigurĂ© … alchimie des timbres, Ă©quilibre des pupitres, dynamiques et balances rĂ©investies, souci du phrasĂ© spĂ©cifique, le travail des musiciens d’Ose dĂ©fendent avec passion et transparence l’un des programmes mahlĂ©riens les mieux conçus Ă  ce jour. En lire +

OSE_daniel_575

programme

1Ăšre partie

Kindertoten Lieder / Chants pour voix et orchestre
(20 min environ)

Symphonie n°10, Adagio / Pour orchestre seul
(25 min environ)

Entracte

2Ăšme partie
Ruckert Lieder / Chants pour voix et orchestre
(25 min environ)

Symphonie n°5, Adagietto « Mort à Venise »
Pour orchestre seul (10 min environ)

 

 

MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigAgenda 2014 :
TournĂ©e Gustav Mahler par l’Orchestre Ose
Vincent Le Texier, baryton
Daniel Kawka, direction
5 dates en janvier et février 2014
pour vivre le grand frisson wagnérien

Aprofondir:

Lire notre dossier spĂ©cial RĂŒckert lieder (1901-1902)
Lire notre dossier spécial Kindertotenlieder (1901-1904)

2 dates événements :

 

OSE_logo_NOIR7 février 2014 : Théùtre de Privas, Privas (07), 20h30

OSE_logo_NOIR8 février : Théùtre Théo Argence, Saint Priest (69), 17h

Durée totale du concert: 1h40, avec entracte
Effectif: 80 musiciens
Chaque Ɠuvre est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une lecture de lettres d’amour Ă©crites de Gustav Mahler et adressĂ©es Ă  Alma Mahler

Informations, rĂ©servations sur le site de l’Orchestre Ose

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Autre dates de l’Orchestre OSE en 2014 :
Programme Stravinsky, TchaĂŻkovski, Bizet
les 10, 11 et 12 juillet 2014

Festival Berlioz le 21 août 2014

Le programme Gustav Mahler : Mort Ă  Venise est repris le 30 septembre 2014 Ă  Aix :

30 septembre 2014 : Grand Théùtre de Provence (13)

 

 

TournĂ©e. OSE, le nouvel orchestre de Daniel Kawka, jusqu’au 8 fĂ©vrier 2014

Kawka_daniel_OSE_orchestreOrchestre OSE. Daniel Kawka. Concert Gustav Mahler: Mort Ă  Venise. Du 24 janvier au 8 fĂ©vrier 2014. A partir du film de Visconti qui sur les traces de Thomas Mann, imagine le compositeur Gustav Mahler vivant ses derniers instants Ă  Venise Ă  l’Ă©poque d’une Ă©pidĂ©mie, l’Orchestre Ose et Daniel Kawka cĂ©lĂšbrent les feux flamboyants de ce romantisme enivrant spĂ©cifiquement vĂ©nitien (lagunaire) Ă  partir du fameux Adagietto de la Symphonie n°5 de Mahler (1902), vĂ©ritable emblĂšme du film : le mouvement est selon les sources accompagnant la genĂšse de la Symphonie, un hymne amoureux Ă  son Ă©pouse, Alma Mahler. Ose est le nouvel orchestre fondĂ© par le chef Daniel Kawka. Fonctionnement coopĂ©ratif, dialogue et Ă©galitĂ© parmi les musiciens forment un nouveau type de collectif dont les valeurs partagĂ©es assurent  une nouvelle qualitĂ© d’interprĂ©tation. Pour sa premiĂšre tournĂ©e (en RhĂŽne-Alpes, puis Ă  Aix en Provence au Grand ThĂ©Ăątre en septembre 2014), chef et instrumentistes abordent l’amour et la mort du chant mahlĂ©rien (avec la complicitĂ© du baryton Vincent Le Texier)… Le Chant MahlĂ©rien : mort Ă  Venise met en lumiĂšre la flamme crĂ©pusculaire d’un Mahler Ă©prouvĂ©, accablĂ© et finalement, subtilement transfigurĂ© … alchimie des timbres, Ă©quilibre des pupitres, dynamiques et balances rĂ©investies, souci du phrasĂ© spĂ©cifique, le travail des musiciens d’Ose dĂ©fendent avec passion et transparence l’un des programmes mahlĂ©riens les mieux conçus Ă  ce jour.

 
 
 

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programme

1Ăšre partie

Kindertoten Lieder / Chants pour voix et orchestre
(20 min environ)

Symphonie n°10, Adagio / Pour orchestre seul
(25 min environ)

Entracte

2Ăšme partie
Ruckert Lieder / Chants pour voix et orchestre
(25 min environ)

Symphonie n°5, Adagietto « Mort à Venise »
Pour orchestre seul (10 min environ)

 

 

MAHLER_GUSTAV_UNE_veranstaltungen_gustav_mahler_musikwochen_024_gustav_mahler_musikwochen_bigAgenda 2014 :
TournĂ©e Gustav Mahler par l’Orchestre Ose
Vincent Le Texier, baryton
Daniel Kawka, direction
5 dates en janvier et février 2014
pour vivre le grand frisson wagnérien

Aprofondir:

Lire notre dossier spĂ©cial RĂŒckert lieder (1901-1902)
Lire notre dossier spécial Kindertotenlieder (1901-1904)

5 dates événements :

 

OSE_logo_NOIR24 janvier 2014 : La Rampe, Echirolles (38), 20h

OSE_logo_NOIR28 janvier 2014 : Le Grand Angle, Voiron (38), 20h

OSE_logo_NOIR29 janvier 2014 : Le DÎme Théùtre, Albertville (73), 20h30

OSE_logo_NOIR7 février 2014 : Théùtre de Privas, Privas (07), 20h30

OSE_logo_NOIR8 février : Théùtre Théo Argence, Saint Priest (69), 17h

Durée totale du concert: 1h40, avec entracte
Effectif: 80 musiciens
Chaque Ɠuvre est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une lecture de lettres d’amour Ă©crites de Gustav Mahler et adressĂ©es Ă  Alma Mahler

Informations, rĂ©servations sur le site de l’Orchestre Ose

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Autre dates de l’Orchestre OSE en 2014 :
Programme Stravinsky, TchaĂŻkovski, Bizet
les 10, 11 et 12 juillet 2014

Festival Berlioz le 21 août 2014

Le programme Gustav Mahler : Mort Ă  Venise est repris le 30 septembre 2014 Ă  Aix :

30 septembre 2014 : Grand Théùtre de Provence (13)

 
 

Compte-rendu, concert. Echirolles. La Rampe, scĂšne nationale, vendredi 24 janvier 2014. Le chant mahlĂ©rien : mort Ă  Venise. Orchestre OSE. Daniel Kawka, direction. Concert inaugural de la tournĂ©e ” le chant mahlĂ©rien “.

Echirolles. La Rampe, scĂšne national, vendredi 24 janvier 2014. Le chant mahlĂ©rien : mort Ă  Venise. Orchestre OSE. Daniel Kawka, direction. Gustav Mahler : Symphonie n°10 (Adagio), Symphonie n°5 (Adagietto). RĂŒckert lieder, Kindertotenlieder (Vincent Le Texier, baryton). Concert inaugural de la tournĂ©e ” le chant mahlĂ©rien “.

 

 

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ImmĂ©diatement le geste et la vision de Daniel Kawka dirigeant son premier concert en tournĂ©e avec les instrumentistes de son nouvel  orchestre Ose,  frappe par son esthĂ©tique clairement chambriste. Une quĂȘte permanente d’homogĂ©nĂ©itĂ©, de transparence, le chant pur d’une voix intĂ©rieure jamais impĂ©rieuse qui superbement dĂ©fendue par l’ocĂ©an des cordes (l’unisson soyeux du combiné  violons-altos est le pilier de la vision) exprime au plus juste les tiraillements autobiographiques de Mahler.
Du reste, le programme trĂšs pertinemment conçu, veille Ă  rĂ©tablir la place de la confession, pas dĂ©versoir ni bavardage… mais tĂ©moignage pudique et sincĂšre dont la douleur Ă©tale nourrit ici la prĂ©sence des deux plages purement symphoniques : d’abord l’aboutissement mystique de l‘Adagio de la 10 Ăšme Symphonie (placĂ© en ouverture : dĂ©fi redoutable relevĂ© par les musiciens du nouvel orchestre), puis voluptĂ© ineffable de l’Adagietto de la 5Ăšme, vĂ©ritable dĂ©claration amoureuse pour l’aimĂ©e de toute une existence: Alma.
La rĂ©alisation en est d’autant plus charnue mais limpide et coulante et fluide qu’ici seules les cordes ciselĂ©es, – ourlĂ©es / nimbĂ©e par l’aĂ©rienne harpe, rĂ©alisent par paliers l’Ă©lĂ©vation quasi spirituelle de cet aveu d’amour.

 

Orchestre coopératif

Renoncement mystique d’abord,  puis ivresse voire extase Ă©motionnelle…. l’Ă©chelle des affects est Ă©tendue,  impressionnante… Ă  la mesure de la vision du chef suractif qui imagine demain pour la phalange crĂ©Ă©e avec l’audace des pionniers, un fonctionnement collĂ©gial et Ă©galitaire oĂč tout un chacun quelle que soit sa place dans l’orchestre est rĂ©munĂ©rĂ© de la mĂȘme façon … une sorte de coopĂ©rative intelligente et respectueuse oĂč chacun ayant trouvĂ© sa juste voix contribue Ă  l’activitĂ© collective.
On est loin des orchestres fonctionnarisĂ©s et strictement hiĂ©rarchisĂ©s qui bien que grassement subventionnĂ©s ne se posant plus aucune question. .. tournent en rond en termes de rĂ©pertoire comme dans la conception de l’interprĂ©tation.  Toujours les mĂȘmes Ɠuvres … jouĂ©es de la mĂȘme façon. .. voilĂ  qui rassure effectivement tout le monde.
A Grenoble, rien de tel ; c’est la premiĂšre Ă©tape de la tournĂ©e Le chant mahlĂ©rien, jouer Mahler, -grand rĂ© dĂ©couvert du XX Ăšme siĂšcle (Ă  partir des annĂ©es 1950 seulement grĂące Ă  Leonard Bernstein entre autres…) dans une sĂ©ries de salles oĂč le fait symphonique n’est pas si naturel, de surcroĂźt dĂ©fendu par un nouvel orchestre et dans un programme dense mais passionnant, relĂšve du courage, du dĂ©fi voire de…  l’inouĂŻ. Mais le concert ne doit-il pas aussi nous surprendre, dans le choc inespĂ©rĂ© d’une dĂ©couverte ?

De facto, l’orchestre de Daniel kawka porte bien son nom : il ajoute Ă  son fonctionnement dĂ©mocratique et coopĂ©ratif… l’inĂ©dit,  l’Ă©tonnant,  et par cette programmation trĂšs originale, …. les saveurs de l’Ă©laborĂ© en rien Ă©litiste.

Jouer l’Adagio puis l’Adagietto -accomplissements purement symphoniques-, rĂ©inscrit trĂšs justement l’Ă©criture mahlĂ©rienne dans l’essor du symphonisme dĂ©but de siĂšcle,  champion des audaces purement orchestrales aux cĂŽtĂ©s de Strauss (tiens voilĂ  une autre idĂ©e originale : confronter Strauss et Mahler ? Certainement prochain avatar Ă  mettre au crĂ©dit des nouveaux chantiers d’Ose car le chef n’en manque pas, loin de lĂ …).
Joindre en complĂ©ment les deux cycles de lieder : les RĂŒckert puis les Kindertotenlieder, est un rappel fort Ă©loquent de la place du chant et de la voix dans les massifs orchestraux malhĂ©riens.

AssociĂ©s au verbe suggestif du baryton Vincent Le Texier, – voix carrĂ©e, affirmĂ©e, d’un viril Ă©vocateur, les musiciens conduits par un chef Ă  l’Ă©coute de plus en plus introspective du texte, font l’expĂ©rience d’un chambrisme mis au diapason des proportions  et de l’Ă©mission vocales ;  le souci des dynamiques, l’Ă©quilibre voix / orchestre constamment ciselĂ© rĂ©tablissent la version originelle des deux ensembles lyriques pour voix d’homme.  Pas accompagnateur mais nouveau partenaire instrumentalement caractĂ©risĂ© et parfois subtilement individualisĂ©… le collectif orchestral gagne un nouveau statut… celui d’une assemblĂ©e de solistes inspirĂ© par le jeu concertant.

Hier wagnĂ©rien nuancĂ© (Ă  Dijon, en octobre  2013, pour un Ring retaillĂ© et donc vilipendĂ© mais musicalement Ă©poustouflant), d’une force de conviction et d’approfondissement peu commune, Daniel Kawka s’engage aujourd’hui avec son propre orchestre pour le chant malhĂ©rien ; subtile approche qui rĂ©serve surprises et splendeurs de l’Ă©toffe orchestrale d’un compositeur musicien pas si jouĂ© que cela.

Le programme subtilement conçu et agencĂ© exprime comme le geste interprĂ©tatif, une comprĂ©hension admirable des enjeux malhĂ©riens. C’est de loin de ce point de vue – conception scientifique et nouvel esthĂ©tisme collĂ©gial-, l’un des concerts Mahler les plus enthousiasmants auxquels nous ayons assistĂ©. Longue vie au maestro et Ă  Ose,  son nouvel orchestre. Ne manquez pas les prochains rvs d’Ose, un collectif de musiciens Ă  suivre dĂ©sormais.

La tournĂ©e Le chant mahlĂ©rien : mort Ă  Venise, se poursuit jusqu’au 8 fĂ©vrier 2014. Voir notre prĂ©sentation complĂšte du programme dĂ©fendu par l’orchestre OSE et son chef fondateur, Daniel Kawka. Consultez aussi le site de l’Orchestre OSE (Daniel Kawka, direction)

 

 

5 dates événements :

 

OSE_logo_NOIR24 janvier 2014 : La Rampe, Echirolles (38), 20h

OSE_logo_NOIR28 janvier 2014 : Le Grand Angle, Voiron (38), 20h

OSE_logo_NOIR29 janvier 2014 : Le DÎme Théùtre, Albertville (73), 20h30

OSE_logo_NOIR7 février 2014 : Théùtre de Privas, Privas (07), 20h30

OSE_logo_NOIR8 février : Théùtre Théo Argence, Saint Priest (69), 17h

Durée totale du concert: 1h40, avec entracte
Effectif: 80 musiciens
Chaque Ɠuvre est prĂ©cĂ©dĂ©e d’une lecture de lettres d’amour Ă©crites de Gustav Mahler et adressĂ©es Ă  Alma Mahler

Informations, rĂ©servations sur le site de l’Orchestre Ose

boutonreservation

Autre dates de l’Orchestre OSE en 2014 :
Programme Stravinsky, TchaĂŻkovski, Bizet
les 10, 11 et 12 juillet 2014

Festival Berlioz le 21 août 2014

Le programme Gustav Mahler : Mort Ă  Venise est repris le 30 septembre 2014 Ă  Aix :

30 septembre 2014 : Grand Théùtre de Provence (13)

 

 

 

Gustav Mahler: 8 Ăšme symphonie

mahler_MilleLe chef polonais Antoni Wit Ă©difie peu Ă  peu son intĂ©grale Mahler. Sens Ă©pique, vitalitĂ© et souffle des accents de l’orchestre, cohĂ©rence du plateau de solistes, unitĂ© articulĂ©e des choeurs, rien ne manque Ă  cette indiscutable symphonie des Mille.

CrĂ©Ă©e Ă  Munich au moment de l’Exposition Internationale, le 12 septembre 1910, la Symphonie des Mille ou Symphonie n°8 de Gustav Mahler est un immense chant d’espoir qui marque aussi la pleine maturitĂ© d’une Ă©criture enfin apaisĂ©e, aprĂšs les tourments plus ou moins contrĂŽlĂ©s et assumĂ©s des Symphonies n°5, n°6 et surtout n°7, symphonies autobiographiques oĂč le conflit, la noirceur, la prĂ©sence de forces cosmiques insurmontables sont le sujet principal. Ici rien de tel, sinon, une arche grandiose dont les tensions canalisĂ©es convergent vers une priĂšre de rĂ©conciliation, une aspiration profonde Ă  la paix Ă©ternelle.

Antoni Wit dispose avec une indiscutable vision de ses ressources chorales, solistiques, orchestrale, toutes polonaises.
L’odyssĂ©e mahlĂ©rienne de la 8Ăšme doit son unitĂ© Ă  la constance attendrie, exaltĂ©e mais toujours Ă©lĂ©gante des interprĂštes. D’autant plus que les deux parties sont d’un Ă©tonnant contraste : premier volet construit autour du Veni, Creator Spiritus, selon le texte mĂ©diĂ©val de l’archĂ©vĂȘque de Mayence, Hrabanus Maurus. Le compositeur a reçu la rĂ©vĂ©lation de cette hymne au CrĂ©ateur, d’autant plus bienvenue pour son Ăąme inquiĂšte et de plus en plus mystique. Tout le dĂ©veloppement est une variation sur le thĂšme de cette fulgurance personnelle dont il souhaite nous faire partager l’intensitĂ©.
Les troupes conduites par un Wit visiblement habitĂ© lui aussi par la partition, abordent vaillement ce chant de triomphe et d’extase mystique.
Le chef prend son temps, pose chaque climat, souligne la tendresse des croyants rĂ©cepteurs du miracle, tĂ©moins d’une vision sidĂ©rante partagĂ©e.
Dans le second volet, qui reprend la traduction du Veni Creator par Goethe, pendant littĂ©raire au premier volet d’origine sacrĂ©e, mais non moins extraordinairement exaltĂ©, solistes, chƓurs et orchestre façonnent une superbe peinture de la foi oĂč l’évocation du mystĂšre, grĂące Ă  des Ă©pisodes suggestifs, un sens Ă©vident de l’articulation et des nuances (bois somptueux, cuivres grandioses, cordes amples et suspendues) donne le format de cette seconde Passion. Pater Profundis (Piotr Nowacki), Maria Aegyptica (Ewa Marciniec) accompagnent le croyant vers l’étreinte finale que lui rĂ©serve, ĂŽ comble du bienheureux, Maria Gloriosa (Marta Boberska).

Rien ne manque Ă  l’évocation de ce diptyque religieux. Ni l’élan fervent, ni la sensibilitĂ©. Wit impressionne mĂȘme par l’éclat et la respiration de ces tempos d’une grandeur Ă©pique parfaitement Ă  propos. A l’éclosion de l’effusion mystique, il exprime parfaitement la rĂ©sonance cosmique des Ă©lĂ©ments. Homme et univers ne font plus qu’un : le but ciblĂ©, espĂ©rĂ©, exaucĂ© d’un Mahler enfin en paix avec lui-mĂȘme, est atteint.

Barbara Kubiak, Magna Peccatrix
Izabela Klosinska, Una Poenitentium
Marta Boberska, Mater Gloriosa
Jadwiga Rappé, Mulier Samaritana
Ewa Marciniec, Maria Aegyptica
Timothy Bentch, Doctor Marianus
Wojtek Drabowicz, Pater Ecstaticus
Piotr Nowacki, Pater Profundis

Polish Radio choir in Krakow
Cardinal Stefan Wyszynski University choir
Warsaw Boys choir

Textes et traductions du livret.

Gustav Mahler: 9 Ăšme symphonie (Rafael Kubelik)

mahler_profilMĂȘme malade, Ă  49 ans, Gustav Mahler ne manque ni d’énergie crĂ©atrice ni d’envie de composition. Et dĂ©jĂ , l’activitĂ© qu’il mĂšne pour la premiĂšre saison des concerts philharmoniques de New York, en 1909, atteste d’une hyperactivitĂ© stupĂ©fiante.
Les morsures du destin. La couleur funĂšbre de la NeuviĂšme symphonie annonce pour beaucoup de commentateurs les prĂ©mices de la fin, la prĂ©sence de la Faucheuse, celle qui d’ailleurs a toujours marquĂ© la texture de ses symphonies prĂ©cĂ©dentes. Mahler qui a perdu pas moins de sept frĂšres et sƓurs en bas Ăąge, a toujours Ă©tĂ© meurtri par le deuil et la fatalitĂ© de la perte.
1907 fut une annĂ©e terrible : fin de sa direction Ă  l’OpĂ©ra de Vienne, aprĂšs dix ans de fonction, dĂ©cĂšs de sa fille, Maria, ĂągĂ©e de quatre ans, diagnostic affectuĂ© sur son Ă©tat physique alarmant : Mahler souffre d’une « insuffisance mitrale ». Chaque pas lui est dĂ©sormais comptĂ©, pas ‘Ă©motions ni de chocs. Entre deux rĂ©pĂ©titions au Metropolitan OpĂ©ra, il s’allonge, reprend son souffle et ses esprits. L’ombre de la mort semble planer Ă  chaque minute.
En 1908, Alma loue une villa Ă  Alt-Schluderbach et fait mĂȘme construire un ermitage de bois afin que son Ă©poux retrouve le contact avec la nature qui l’avait tant inspirĂ© jusque lĂ . A Bruno Walter qui lui demande de prĂ©ciser son Ă©tat, Gustav Mahler exprime la convalesnce d’un ĂȘtre terrassĂ©, atteint parce que dĂ©sormais ce qu’il aimait le plus au monde, la marche, la rame, la randonnĂ©e, lui sont Ă  prĂ©sent interdits: « Car depuis que m’a saisi cette terreur panique Ă  laquelle j’ai un jour succombĂ©, je n’ai rien tentĂ© d’autre que de regarder et d’Ă©couter autour de moi. Si je dois retrouver le chemin de moi-mĂȘme, alors il faut que je me livre encore aux terreurs de la solitude.(…) En tout cas, il ne s’agit absolument pas d’une crise hypocondriaque de la mort, comme vous avez l’air de le croire. J’ai toujours su que j’Ă©tais mortel. Sans essayer de vous expliquer ni de vous dĂ©crire quelque chose pour quoi il n’existe sans doute pas de mots, je vous dirai que j’ai perdu d’un seul coup toute la lumiĂšre et toute la sĂ©rĂ©nitĂ© que je m’Ă©tais conquises et que je me trouve devant le vide, comme si, Ă  la fin de ma vie, il me fallait apprendre de nouveau Ă  me tenir debout et Ă  marcher comme un enfant. »
L’écriture dans un cadre naturel proche, qui lui permet de vivre Ă  nouveau d’inestimables contemplations, lui offre la possibilitĂ© de se reconstruire.
Quinze mois aprùs la mort de sa fille Maria, il compose tout d’abord le Chant de la terre, à la fois cycle de lieder et symphonie. De sorte que si l’on inclut le Chant de la terre dans le cycle des symphonies, la 9ùme est bel et bien un dixiùme opus.

GenĂšse. EsquissĂ©e dĂšs 1908, la 9Ăšme est quasiment achevĂ©e Ă  l’étĂ© 1909. Mahler occupe l’hiver suivant Ă  la mettre au propre. Il Ă©crit Ă  Bruno Walter : « Qu’est ce donc en nous qui pense et qui agit? Comme c’est Ă©trange! Lorsque j’Ă©coute de la musique ou lorsque je dirige, j’entend trĂšs prĂ©cisĂ©ment la rĂ©ponse Ă  toutes ces questions et j’atteins alors une sĂ©curitĂ© et une clartĂ© absolues. Mieux, je ressens avec force qu’il n’existe mĂȘme pas de questions! ».
Mahler a dĂ©posĂ© dans la 9Ăšme symphonie, la somme des derniĂšres annĂ©es douloureuses et Ă©prouvantes. Pourtant jamais il n’a laissĂ© un tĂ©moignage aussi lumineux sur sa pleine maturitĂ©. Est-il arrivĂ© Ă  un nouveau plan de conscience ?
Alban Berg donne peut-ĂȘtre la clé : « Je viens de rejouer la NeuviĂšme Symphonie de Mahler. Le premier mouvement est les plus admirable qu’il ait jamais Ă©crit. Il exprime un amour inouĂŻ de la terre et son dĂ©sir d’y vivre en paix, d’y goĂ»ter encore la nature jusqu’Ă  son trĂ©fonds, avant que ne survienne la mort. Car elle viendra inĂ©luctablement. Ce mouvement tout entier en est le pressentiment. Sans cesse elle s’annonce Ă  nouveau. Tous les rĂȘves terrestres trouvent ici leur apogĂ©e (et c’est lĂ  la raison d’ĂȘtre de ces montĂ©es gigantesques qui toujours se remettent Ă  bouillonner aprĂšs chaque passage tendre et dĂ©licat), surtout Ă  ces moments terrifiants oĂč l’intense dĂ©sir de vivre atteint Ă  son paroxysme (Mit höchster Kraft), oĂč la mort s’impose avec le plus de violence. LĂ -dessus les terrifiants solos d’altos et de violons, les sonoritĂ©s martiales: la mort en habit de guerre. Alors il n’y a plus de rĂ©volte possible. Et ce qui vient ensuite ne semble que rĂ©signation, toujours avec la pensĂ©e de l’au-delĂ ”.

La NeuviĂšme est bien la priĂšre d’un homme qui souhaite dire « adieu », de la maniĂšre la plus apaisĂ©e. Symphonie crĂ©pusculaire, traversĂ©e par l’idĂ©e de l’au-delĂ , la paritition est suivie par les premiers mouvements de la 10Ăšme symphonie dont le caractĂšre donne la clĂ© sur les oeuvres du dernier Mahler.

Pendant l’étĂ© 1910, Mahler sait qu’Alma lui prĂ©fĂšre un autre. Leur couple s’est dĂ©finitivement fissurĂ©. Malade, atteint dans sa vie privĂ©e, Mahler n’en est pas pour autant un condamnĂ©, comme on l’a dit. C’est un homme courageux qui garde un sens de l’action et une dĂ©termination toujours plus affĂ»tĂ©e.
Il a besoin d’absorber la tension et les conflits incontournables de la vie, la musique remplit cet office. Tout en approfondissant ses souvenirs rĂ©trospectifs, dans la matiĂšre des symphonies, il prend du recul, il s’en Ă©chappe en y puisant aussi, une nouvelle Ă©nergie salutaire.
D’ailleurs en prenant la hauteur qui s’impose, celle dont Mahler nous a rĂ©vĂ©lĂ© qu’il Ă©tait capable, dans ses DeuxiĂšme et TroisĂšme symphonies, ne s’agit-il pas aprĂšs tout, non des souffrances d’un homme qui se lamente sur son propre destin, que l’évocation du destin de l’humanitĂ© confrontĂ©e Ă  sa propre fin ?
Le Scherzo délivre des sourires devenus grimaces, rictus de douleur incontrÎlé, mais aussi un sens de la dérision sauvage, amer et sombre.
En quatre mouvements comme la QuatriĂšme sypmphonie, la NeuviĂšme, mĂȘle quatre Ă©pisodes d’une profondeur de vue et de ressentiment bouleversant, d’autant que chaque mouvement dĂ©veloppe presque indĂ©pendamment des autres, sa propre tonalitĂ©. Ainsi traversant ce vaste de champs des mĂ©tamorphoses oĂč l’ñme ressent toutes les peines et toutes les joies de ce monde, Mahler nous fait passer du rĂ© majeur initial au rĂ© bĂ©mol majeur.

kubelikLa vision de Rafael Kubelik. Dans l’Andante du dĂ©but, Kubelik inverse avec une clartĂ© et une hauteur de regard les deux versants de la quĂȘte mahlĂ©rienne, les adieux en majeur, l’énergie reconquise en mineur.  Ce qui est frappant c’est le poids de l’inĂ©luctable, parfaitement assumĂ© par l’auteur qui ne rĂ©alise presque aucune rĂ©exposition de thĂšme ; ici, le flux se dĂ©roule sans possible retour en arriĂšre, ce qui accentue le sens profond de la distanciation, et la maturitĂ© d’un Mahler philosophe. C’est tout un monde auquel les trois Viennois, Berg, Webern, Schönberg puiseront les matĂ©riaux de l’avenir. Kubelik souligne ce rythme de marche lente oĂč se pressent nostalgie, tristesse et rĂ©signation,  mais l’épisme qu’il instaure donne son ouverture au mouvement, non pas un repli dĂ©sespĂ©rĂ© mais une porte vers l’infini. Le mouvement entier n’esquisse pas un chant de fin, plutĂŽt l’amorce d’une nouvelle existence.

Pour le second mouvement, « dans le tempo d’un LĂ€ndler confortable » (Im tempo eines gemĂ€chlichen LĂ€ndler), l’orchestre exprime les sauts et les aspĂ©ritĂ©s des mouvement de danse (au dĂ©part Mhaler avait pensĂ© Ă  un menuet) : cynisme et aigreur mĂšnent ici le rythme. Tranchant expressionnisme Ă©chevelĂ© d’une valse prĂ©cipitĂ©e Ă  laquelle s’oppose la lenteur Ă©tirĂ©e d’un menuet Ă  l’ancienne.

Le Rondo Burleske, allegro assai. Sehr trotzig (trĂšs dĂ©cidĂ©) pointe ses arĂȘtes grotesques et acides. Kubelik montre combien Mahler ici en usant et abusant mĂȘme, mais avec expertise de la polyphonie, se moque du contrepoint, principe d’imitation parodique dont il est spĂ©cialiste. Il s’y dĂ©lecte Ă  jouer des niveaux de lectures. Les citations se font ici course Ă  l’abĂźme.

L’Adagio final, indiquĂ© « sehr langsam und noch zurĂŒckhaltend (trĂšs lent et encore retenu) est le plus pĂ©nĂ©trant : ascensionnel, le chant des cordes semble Ă©tirer Ă  l’extrĂȘmitĂ© de la conscience et de l’espace, toute notion de temps. C’est une ample respiration/aspiration/expiration, une fin totalement apaisĂ©e qui aurait tout rĂ©conciler, absorber conflits et douleurs, pour s’Ă©teindre au plus haut. Les fondements de la philosophie mystique de Mahler sont exposĂ©s dans cette ample priĂšre : l’homme aspire Ă  la paix divine en recherchant Ă  fusionner avec la Nature, mĂšre nourriciĂšre, mĂšre protectrice, mĂšre consolatrice. Kubelik tient son orchestre, une phalange de rĂȘve oĂč cordes, cuivres, vents, fusionnels, dessinent un somptueux accomplissement.

Gustav Mahler: 8 Ăšme symphonie (Rafael Kubelik)

mahler_profilLa premiĂšre audition Ă  Munich, dans la vaste salle de concert de l’Exposition Internationale, ce 12 septembre 1910, relĂšve d’un Ă©vĂ©nement considĂ©rable : pas moins de 3400 spectateurs font face aux
 850 choristes (500 adultes et 350 enfants), auxquels sont associĂ©s les 146 musiciens et les huit solistes placĂ©s sous la direction du compositeur.

Politiques et journalistes, se sont dĂ©placĂ©s, et tout le milieu musical dont Richard Strauss, Camille Saint-Saens, mais encore les Ă©crivains Arthur Schnitzler et Stefan Zweig
 le metteur en scĂšne Max Reinhardt, futur fondateur du festival de Salzbourg, -avec Strauss-, sont dans les rangs de l’audience.
L’abbatage promotionnel autour de la Symphonie des Milles, dans les rues de Munich a marquĂ© les imaginations : la crĂ©ation de la 8Ăšme symphonie de Gustav Mahler est bien un Ă©vĂ©nement immanquable
 que de chemin parcouru depuis ses premiĂšres symphonies !

Pour Mahler lui-mĂȘme, il s’agit d’une date importante, elle est liĂ©e Ă  l’importance de l’Ɠuvre pas seulement par les effectifs, surtout par son sujet dont tĂ©moigne la qualitĂ© des textes chantĂ©s, et l’action qui s’y joue : une partition capitale oĂč l’on entend « non pas des voix humaines, mais les chants des planĂštes et des soleils qui tournent dans l’espace ».
L’écriture de ce monument remonte Ă  l’étĂ© 1906 oĂč dans son ermitage dĂ©sormais familier (hĂ€uschen) au cƓur des forĂȘts de Carinthie, Mahler reçoit comme une rĂ©vĂ©lation fĂ©condante, les paroles de l’Hymne de la PentecĂŽte : « Veni Creator Spiritus ». Lui qui n’a pas toujours la mĂȘme facilitĂ© d’inspiration, car la dĂ©tente aprĂšs les mois Ă©reintant comme directeur de l’OpĂ©ra de Vienne n’est pas immĂ©diate, doit d’ordinaire travailler avant de concevoir la trame gĂ©nĂ©rale d’une nouvelle Ɠuvre.
Pour le premiĂšre partie, il s’agit de retrouver le texte complet en latin de Hrabamus Maurus, l’archevĂšque de Mayence qui vĂ©cut au IX Ăšme siĂšcle. Dans cette quĂȘte, le compositeur rentre en transe. Il compose la musique et recevant finalement les paroles intĂ©grales, s’aperçoit que ce qu’il a composĂ© coĂŻncide parfaitement Ă  ce que lui a dictĂ© une force quil e dĂ©passe tant il se considĂšre comme un « instrument dont joue l’univers ».
En guise de seconde partie, il faut choisir un texte de la mĂȘme Ă©lĂ©vation. Il hĂ©site Ă  Ă©crire lui-mĂȘme quelques vers – comme pour sa seconde Symphonie, et finalement s’enthousiasme sur la propre traduction de Goethe d’aprĂšs le Veni Creator.  C’est le final du Second Faust qui donnera l’unitĂ© de sa seconde partie et le prĂ©texte d’un oratorio sans limites, pour voix, chƓurs et orchestre.

Kubelik dans ce nouveau concert pris sur le vif Ă  Munich, la ville de la crĂ©ation de l’Ɠuvre, le 24 juin 1970, rĂ©alise une lecture stupĂ©fiante du grand Ɠuvre mahlĂ©rien.  D’autant que la prĂ©sente rĂ©Ă©dition profite des performances du traitement SACD, avec entre autres bĂ©nĂ©fices, un relief acoustique somptueux, profitant aux cuivres d’une noblesse fracassante.
Mahler a soulignĂ© en un brillant contraste, le climat et les rĂ©fĂ©renes musicales des deux parties : lointaine rĂ©miniscence de la polyphonie de la Renaissance pour la premiĂšre partie, oratorio libre postromantique, dans la veine des ScĂšnes de Faust de Schumann. Au final, la cohĂ©rence de la pensĂ©e qui les a rĂ©uni les rend parfaitement dĂ©pendants l’un de l’autre. Le souffle du mysticisme qui porte et traverse la puissante architecture de la HuitiĂšme symphonie, est d’une incontestable efficacitĂ©. La signification profonde de l’Ɠuvre trouve sa rĂ©soluton dans le Chorus Mysticus final.
Ni adieu serein et pleinement pacifiĂ© comme il le dĂ©veloppera dans la 9Ăšme, ni constat des forces diverses en prĂ©sence, la HuitiĂšme marque surtout une Ă©tape cruciale dans le processus crĂ©ateur de Mahler, parce qu’il semble y rejeter ce qu’il aimait dĂ©velopper auparavant, le sens de la dĂ©rision, la parodie cynique et amĂšre, ces auto citations complexes, dont les plans de lectures superposĂ©s et mĂȘlĂ©s exprimaient une rancƓur amĂšre mal assumĂ©e. Ni marche Ă  panache caricatural, ni lĂ€ndler parodique, la HuitiĂšme exhale un pur chant d’amour, une priĂšre sincĂšre dont la ferveur est exhaucĂ©e puisqu’au final, l’homme est accueilli par la Mater Gloriosa en personne. La priĂšre est d’autant plus Ă©mouvante qu’elle fait Ă©cho Ă  la propre solitude tragique de Mahler. Il a perdu sa fille Maria, mais il perd aussi d’une certaine façon,  Alma, l’Ă©pouse tant adorĂ©e, qui le trompe sans se cacher et lui annoncĂ© qu’elle ne l’aimait plus tout en lui confirmant qu’elle ne l’abandonnerait jamais.

Architecte limpide, ciselant l’ossature et le continuum dramatique, en particulier dans les Ă©pisodes de la Seconde partie, Kubelik captive par l’unitĂ© de son propre regard, d’une distance Ă©pique Ă  nouveau, d’une tendresse si profondĂ©ment humaine, d’une simplicitĂ© de ton, indiscutable.
MalgrĂ© la masse chorale, les plans de dĂ©tachent, la transparence des pupitres s’impose. D’autant que le plateau vocal prĂ©serve sa coloration humaine Ă  l’odyssĂ©e interprĂ©tative. Martina Arroyos, Dietrich Fischer-Dieskau, Edith Mathis composent entre autres, de superbes incarnations.
La crĂ©ation de la HuitiĂšme suscita un immense triomphe pour celui qui fĂȘtait alors ses 50 ans et dont les exercices prĂ©cĂ©dents s’étaient surtout soldĂ©s par des Ă©checs Ă  rĂ©pĂ©titions et une incomprĂ©hensions tout aussi tenace. Offrande lĂ©gitime pour un auteur en pleine possession de ses moyens artistiques, que le destin frappera encore. Huit mois plus tard, une infection devait dĂ©cider de son sort, en l’emportant en quelques jours.

Gustav Mahler: 7 Ăšme symphonie (Rafael Kubelik)

mahler_profilLe propre de la 7 Ăšme symphonie de Mahler est peut-ĂȘtre de ne prĂ©senter d’un premier abord aucune unitĂ© de plan. Cinq morceaux en guise de dĂ©veloppement progressif, avec au cƓur du dispositif, le scherzo central, encadrĂ© par deux « nachtmusiken ». Pourtant, il s’agit bien d’un massif exceptionnel par ses outrances sonores, ses combinaisons de timbres, son propos certes pas narratif ni descriptif…
PlutĂŽt affectif et passionnel, dont la texture mĂȘme, extrĂȘment raffinĂ©e, souhaite exprimer un sentiment d’exacerbation formelle et mĂȘme d’exaspĂ©ration lyrique. Un sentiment dans lequel Mahler dĂ©sire faire corps avec la Nature, une nature primitive et imprĂ©visible, constituĂ©e de forces premiĂšres et d’énergie vitale que le musicien restitue Ă  la mesure de son orchestre.
Fait important parce que singulier dans son Ɠuvre, Ă  l’étĂ© 1904 oĂč il aborde la composition de cette montagne sonore, Mahler est dans l’intention de terminer sa 6 Ăšme symphonie, or, ce sont en plus de la dite symphonie, les deux nachtmusiken qui sortiront de son esprit. Ces deux mouvements originaux Ă  partir desquels il structurera les morceaux complĂ©mentaires de sa 7Ăšme symphonie, achevĂ©e Ă  l â€˜Ă©tĂ© 1905, Ă  Mayernigg.
Les excursions dans le Tyrol du Sud lui sont favorables. Le contact avec l’élĂ©ment naturel et minĂ©ral, en particulier des Dolomites, lui fait oublier la tension de l’activitĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Vienne dont il est le directeur. L’intĂ©gralitĂ© de sa 7Ăšme symphonie est achevĂ©e le 15 aoĂ»t 1905.
La partition sera crĂ©Ă©e sous la direction du compositeur Ă  Prague au mois de septembre 1908. L’accueil dĂšs la crĂ©ation est des plus mitigĂ©. La courtoisie des critiques et des commentaires, y compris des amis et proches, des disciples et confrĂšres du musicien, dont Alban Berg et Alexandre von Zemlinsy, Oskar Fried et Otto Klemperer, prĂ©sents Ă  la crĂ©ation, ne cachent pas en dĂ©finitive une profonde incomprĂ©hension.  Le fil dĂ©cousu de l’Ɠuvre, son sujet qui n’en est pas un, l’effet disparate des cinq mouvements, ont dĂ©concertĂ©.  Et de fait, la 7Ăšme symphonie sans thĂšme nettement dĂ©veloppĂ©, sans matiĂšre grandiose, clairement explicitĂ©e (en apparence), demeure l’opus le moins compris, le moins apprĂ©ciĂ© de l’intĂ©grale des symphonies. D’ailleurs, le premier enregistrement date de 1953 !

Dans cette captation prise sur le vif, le 5 février 1976, Rafael Kubelik conduit son orchestre symphonique de la Radio Bavaroise, avec un panache lyrique et poétique absolument convaincant.

Le travail sur la trĂšs riche texture, la multiplicitĂ© des Ă©pisodes portĂ©s par les instrumentistes qui doivent ĂȘtre des solistes de premier plan, expriment ce sentiment d’essor, d’énergie, de violence et in fine, de triomphe et de victoire vers lequel tend chacun des volets.
Il y a certes le sentiment de la fatalitĂ© et de la tragĂ©die, surtout dĂ©veloppĂ© dans le premier mouvement, Langsam puis allegro con fuoco. Il y a aussi les relans d’amertume et de cynisme acides, les grimaces et les crispations d’un destin marquĂ© par la souffrance et la perte, le deuil et les Ă©checs.
Mais ce qui est imprime Ă  l’ensemble, et lui donne son unitĂ© de tons et de couleurs, c’est la vitalitĂ© agissante, le sentiment d’un orgueil qui fait face, une dĂ©termination qui veut Ă©pouser coĂ»te que coĂ»te, les aspĂ©ritĂ©s de la vie.
A cela s’ajoute, l’éveil du sentiment naturaliste, la contemplation des montagnes et des cimes. Entre deux ascensions, entre le premier mouvement et l’ultime rondo, Mahler, le voyageur,  s’octroie plusieurs pauses, pleinement fĂ©condes dans la douce Ă©vocation des nachtmusiken.
On sait qu’il Ă©tait alors sous l’inspiration d’une contemplation Eichendorffienne (murmures et romantisme de la seconde Nachtmusik), surtout comme il l’a Ă©crit lui-mĂȘme, il est habitĂ© par le souffle cosmique, la recherche d’un oxygĂšne au delĂ  de la vie terrestre, la perception d’un autre monde qui puisse lui transmettre la volontĂ© d’affronter l’existence et de poursuivre son Ɠuvre. Il s’agit de communier avec la nature primitive, de l’embraser toute entiĂšre, dans sa totalitĂ© foudroyante.
Il s’agit moins ici d’un conflit de forces opposĂ©es, que l’expression quasi orgiaque, libĂ©ratrice des Ă©nergies fondatrices de la nature. Accord recherchĂ© avec la vibration de l’univers, recherche d’une expression inĂ©dite et personnelle qui invoque l’esprit de Pan, que l’auteur a lui-mĂȘme Ă©voquĂ© pour expliquer la richesse plurielle de sa musique, ou plutĂŽt communion avec le rythme dyonisiaque d’un temps nouveau, recomposĂ©. Disons que la profusion des rythmes, des timbres, des couleurs affirment au final, une vision totalement nouvelle des horizons musicaux. S’il y a une empreinte incontestable du destin, de sa force contraignante et barbare, il y aussi grĂące Ă  l’élan propre Ă  la musique de Mahler, l’affirmation de plus en plus Ă©clatant d’une restructuration active. A mesure qu’il absorbe dans l’orchestre, la rĂ©sonance du chaos, Mahler semble recomposer au mĂȘme moment, le chant du cosmos. La dĂ©structuration apparente s’inverse Ă  mesure que le principe symphonique s’accomplit. Un magma de puissances telluriques se cabre et danse ici (Scherzo).

Le sentiment de grandeur originelle, et mĂȘme de distanciation Ă©pique que parvient Ă  transmettre Kubelik, restitue Ă  la partition son ampleur  poĂ©tique et les nombreuses rĂ©fĂ©rences autobiographiques. Peu Ă  peu, l’ironie et l’amertume sont surmontĂ©es, dans ce caractĂšre dansĂ© des Nachtmusiken. Non plus dĂ©hanchement contraint mais regain de vitalitĂ© et de victoire!
Ici, la libĂ©ration du lyrisme (hauteur des cordes), la sensualitĂ© jubilatoire des bois et des vents mĂšnent inĂ©luctablement au sentiment de joie et de conquĂȘte (malgrĂ© tout, contre tout) qui clĂŽture le Finale. Visionnaire et moderne, Mahler dans sa 7Ăšme lance des ponts vers l’avenir.

Musique audacieuse et mĂȘme rĂ©volutionnaire, et sans Ă©quivalent Ă  son Ă©poque, et dans le restant de l’Ɠuvre, la 7Ăšme symphonie n’en finit pas de nous interroger sur la maniĂšre de l’approcher. Tout y est contenu des sentiments mahlĂ©riens, rictus, aigreurs, pollutions et poisons, dĂ©rision, ironie et fausse innocence mais aussi, -surtout-, rĂ©gĂ©nĂ©rescence Ă  l’Ɠuvre dans la matiĂšre sonore, ici d’autant plus fascinante qu’elle est dans la 7 Ăšme, d’une Ă©poustouflante diversitĂ©, d’une subtile complexitĂ© (mandoline, harpe et guitare tissent dans le second Nachtmusik, plusieurs mĂ©lodies Ă©nigmatiques dont Schönberg gardera le souvenir)…

Au sein de l’intĂ©grale des symphonies de Mahler, ce volet est l’une des expĂ©riences les plus captivantes. Et le geste de Kubelik, qui y brasse l’olympien et le dyonisiaque, le diabolisme et le lumineux, la dĂ©sespĂ©rance ironique et la pure joie, s’y rĂ©vĂšle des plus Ă©loquents !

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Gustav Mahler: 6 Ăšme symphonie (Rafael Kubelik)

La SixiĂšme est un chant dĂ©sespĂ©rĂ© qui peint un paysage dĂ©vastĂ©. Son registre est le dĂ©faitisme qui marque une expĂ©rience amĂšre et sans illusion du hĂ©ros, sur sa propre carriĂšre et face Ă  l’univers. Cette percĂ©e dans un lyrisme dĂ©fait, mordant, dĂ©sabusĂ© qui n’a pas perdu, pour autant son orgueil ni sa dĂ©mesure, est assez surprenant Ă  la pĂ©riode oĂč Gustav Mahler le conçoit.
Sa collaboration pour l’OpĂ©ra de Vienne se dĂ©roule de mieux en mieux, en partie grĂące Ă  la participation du peintre Alfred Roller. Son activitĂ© de compositeur commence Ă  ĂȘtre reconnue. RĂ©cemment mariĂ©, il est pĂšre de la petite Maria.
Les sources sur la genĂšse de l’Ɠuvre sont moins documentĂ©es et nombreuses que pour ses autres symphonies. Il semble que Mahler cependant, arrive Ă  Mayernigg, en juin 1903 et compose presque immĂ©diatement son nouvel opus.
Pour se remettre de l’écriture, il prend comme Ă  son habitude le train et sa bicyclette pour parcourir la campagne incomparable des Dolomites. A l’étĂ© 1903, seront couchĂ©es sur le papier, les deux mouvements intermĂ©diaires, et l’esquisse du premier. L’étĂ© 1904 est moins heureux : Alma allitĂ©e Ă  la suite de la naissance de leur deuxiĂšme fille le rejoint tardivement ; et le temps, orages et pluies, l’empĂȘche de sortir ; il vit claustrĂ© et peu inspirĂ©. Pourtant, le compositeur achĂšve les Kindertotenlieder. Ce sont encore les massifs et les paysages de ses chĂšres Dolomites qui lui inspirent la suite de sa SixiĂšme symphonie. Fin aoĂ»t, le cycle entier est terminĂ©. Mahler en joue une rĂ©duction au piano Ă  Alma qui est Ă©mue jusqu’aux larmes, affirmant qu’il s’agit  d’une Ɠuvre « fonciĂšrement personnelle », celle qui semble avoir jailli directement du cƓur. Alma ira mĂȘme jusqu’à reconnaĂźtre dans les trois dĂ©flagrations du Finale, la prĂ©monition claire des trois Ă©vĂ©nements tragiques qui surviendront en 1907 : la mort de leur fille aĂźnĂ©e, le diagnostic de l’insuffisance cardiaque qui frappe Mahler, son dĂ©part de l’OpĂ©ra de Vienne.

MĂȘme lorsque Mahler dirige la SixiĂšme, en mai 1906, dans le cadre du Festival de l’Allgemeiner Deutscher Musikverein Ă  Essen dans la Ruhr, rien ne lui laisse encore penser aux Ă©vĂ©nements Ă  venir. Pendant la crĂ©ation, il se sent mal. Alma et Mengelberg, prĂ©sent, s’inquiĂštent de son apparent malaise. ƒuvre personnelle, trop peut-ĂȘtre pour celui qui est invitĂ© Ă  la diriger, la partition suscite sentiments et Ă©motions qui submergent leur auteur.

Contrairement aux symphonies prĂ©cĂ©dentes bercĂ©es malgrĂ© leur aigreur, par le chant idĂ©al du Knaben Wunderhorn, la SixiĂšme indique un dĂ©chirement : Mahler y peint un monde presque dĂ©senchantĂ©, cruel et violent. Cette conscience nouvelle de la vie, de sa cruautĂ© et sa froideur, il l’a dĂ©jĂ  exprimĂ© dans la texture de la CinquiĂšme. La caisse claire marque le rythme haletant et syncopĂ© de la marche initiale, une marche au supplice et une dĂ©claration de guerre. Le dĂ©roulement de tant de catastrophes n’ouvrant sur aucun rĂ©pit ni aucune vision rĂ©confortante est d’autant plus forte, presque insoutenable. Le motif d’Alma, et celui des vaches renforcent l’humeur autobiographique de la partition qui conserve sa force rĂ©aliste et son dĂ©nuement poĂ©tique.

Le Scherzo est Ă  la seul une Ă©vocation lugubre de la mort, moins dansante que convulsive. L’andante offre une pause dans un monde agitĂ© sans grĂące. Et c’est encore l’évocation du monde pastoral, des oiseaux (flĂ»tes et clarinettes) et des vaches, qui renforce toujours ce lien vital entre Mahler et l’élĂ©ment naturel, sans lequel il ne pourrait vivre et composer, trouver le mode de vie transitoire, ce pacte rĂ©gulateur, absorbant ses innombrables angoisses.

Dans le Finale, la peinture s’obscurcit encore et les perspectives sont bouchĂ©es. Sans issue, murĂ© dans son errance, Mahler fait l’expĂ©rience du chaos et de l’effondrement. Il fallait qu’il explore les TĂ©nĂšbres dans son Ăąme pour mieux s’ouvrir dans les HuitiĂšme puis NeuviĂšme, aux champs Ă©lysĂ©ens en un chant de paix pleinement atteint. Mais cet accomplissement devait encore passer par des traversĂ©es fondatrices, celle de la  SeptiĂšme symphonie, aussi personnelle et dans laquelle le hĂ©ros est le spectateur et l’observateur, -ni acteur, ni victime-, qui a pris le recul face aux forces insondables qui façonnent l’univers.

kubelikKubelik, fidĂšle Ă  sa TroisiĂšme (enregistrĂ©e Ă  Munich, en 1967, dans la mĂȘme salle et en public), engage toutes les ressources expressives de son orchestre. La profonde unitĂ© de la lecture restitue au cycle des quatre mouvements un climat de panique et de force barbare, inconstestablement prenant, qui Ă©vite et la dĂ©monstration et le pathos. Cette Ă©lĂ©gance qui distingue sa baguette donne mĂȘme dans les replis les plus sombres et les plus sarcastiques, une nervositĂ© captivante. Un sens de la formule, une comprĂ©hension synthĂ©tique et poĂ©tique de la texture musicale. Disposant d’un orchestre de premier plan, la dramaturgie du cƓur dont parle Alma se dĂ©verse en flots de plus en plus Ă©cumants. On reste encore ici frappĂ© par la noble puissance des cuivres, leur somptuositĂ© de couleurs, y compris l’important arsenal des percussions, imaginĂ© par Mahler – cĂ©lesta, xylophone, et ce fameux marteau aux coups sourds-. Et que dire de la tenue des cordes, dont l’Ă©clat amer semble recueillir toute les tristesses terrrestres?
Kubelik n’est jamais terre-Ă -terre : il rĂ©organise, restructure, ingĂšre la matiĂšre symphonique, pour en dĂ©ployer les sublimes perspectives musicales, mĂȘme si  le cycle dont il est question dans le SixiĂšme s’achĂšve, – a contrario de la CinquiĂšme par exemple, au chant triomphal final plus Ă©quivoque-, sur un sentiment d’Ă©chec, aussi insurmontable qu’il est manifeste.

Gustav Mahler : Symphonie n°2 ” RĂ©surrection ” (Kubelik)

mahler_profilCrĂ©Ă©e en 1895, la seconde symphonie de Mahler, aura demandĂ© pas moins de six annĂ©es pour ĂȘtre affinĂ©e et mise au propre. L’activitĂ© du compositeur est rĂ©duite Ă  mesure que les responsabilitĂ©s du musicien comme chef principal de l’OpĂ©ra de Leipzig lui demandent travail et concentration.
Au terme d’une gestation difficile et allongĂ©e, la DeuxiĂšme est un pĂ©lerinage vĂ©cu par le croyant, au prĂ©alable soumis Ă  des forces titanesques qui le dĂ©passent totalement. L’expĂ©rience des souffrances l’amĂšne Ă  un effondrement des forces vitales, ce qu’exprime le premier mouvement. Aucune issue n’est possible. Une solitude errante (hautbois), et mĂȘme meurtrie. Mais l’homme se relĂšve dans l’Andante qui fait suite : pause, regain de vitalitĂ©, et aussi, reprise du souffle. Le vrai combat n’est peut-ĂȘtre pas tant dans l’apparente reprĂ©sentation spectaculaire d’un vaste paysage Ă  la dĂ©mesure cosmique que bel et bien dans l’esprit du hĂ©ros, en proie Ă  mille pensĂ©es contradictoires, amĂšres et suicidaires. C’est pourtant de la rĂ©solution d’un conflit personnel, du compositeur face Ă  lui-mĂȘme que jaillit la rĂ©vĂ©lation de la fin : la carriĂšre vĂ©cue comme une tragĂ©die suscite ses propres sources de rĂ©gĂ©nĂ©ration grĂące Ă  une ferveur quasi mystique qui se dĂ©voile pleinement dans les paysages cĂ©lestes du dernier mouvement.

FidĂšle Ă  lui mĂȘme, Kubelik s’impose par son recul et cette distanciation Ă©pique, un souffle grandiose et tragique dont il enveloppe en un geste prĂ©cis et Ă©lĂ©gant, les dĂ©veloppements de l’orchestre symphonique de la Radio Bavaroise, et aussi du choeur de la Radio Bavaroise dans le final. Cependant, la somptuositĂ© des couleurs, surtout l’oxygĂ©nation qu’il trouve aux moments justes, en particulier dans l’Andante et plus encore dans l’activitĂ© dansĂ©e et nerveuse du Scherzo, qui est ce moment de pause et de repli, celui d’une conscience retrouvĂ©e, d’autant plus significatifs aprĂšs le premier mouvement tendus par le ressentiment tragique, annule tout effet de pesanteur et de grandiloquence.
Les cordes fouillent les accents amers, relancent aussi les grimaces aigres que le héros ne parvient pas à écarter totalement.
Mais la Symphonie RĂ©surrection, porte en elle cette aspiration Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ© et aussi Ă  la plĂ©nitude. C’est bien au final du cĂŽtĂ© d’un accomplissement que la baguette du chef indique la direction.
L’Ulricht de Brigitte Fassbaender recueille toutes les souffrances vĂ©cues, assumĂ©es. La voix exprime et les Ă©preuves passĂ©es et les attentes Ă  l’oeuvre. Enfin, l’ultime et cinquiĂšme mouvement laisse s’Ă©panouir en une dĂ©flagration cosmique la manifestation du ciel. Le croyant n’aura ni souffert ni vĂ©cu en vain : les paradis Ă©thĂ©rĂ©s lui sont dĂ©sormais ouverts.