Jean-Claude Casadesus dirige le Requiem de Verdi

casadesus_603x380 Ugo ponte ONLLILLE, ONL. Requiem de Verdi, Jean-Claude Casadesus. Le 12 juillet 2017. L’Orchestre national de Lille, ONL voit VERDI EN GRAND FORMAT. Le Stade Pierre Mauroy Ă  Lille propose un Requiem grand format, Ă  l’échelle du stade Pierre Mauroy (inaugurĂ© en aoĂ»t 2012, sa capacitĂ© est de 30 000 spectateurs). Rien de mieux que les puissantes vagues chorales, mais aussi la fervente et ultime priĂšre de la soprano (Libera me) pour exalter l’ñme des spectateurs auditeurs, lors de cette grande messe sacrĂ©e, Ă  la fois lyrique (car c’est un vĂ©ritable opĂ©ra), chorale et symphonique. Chacun pourra y acheter selon ses possibilitĂ©s (place Ă  partir de 10 euros), confrontĂ© Ă  un massif musical de grande ampleur (300 musiciens et choristes), mais aussi capable, grĂące au chef fondateur de l’Orchestre National de Lille (il y a 40 ans, en 1976), Jean-Claude Casadesus, d’intensitĂ© millimĂ©trĂ©e, entre recueillement et priĂšre intime. Le gĂ©nie du compositeur Giuseppe Verdi tient Ă  sa facilitĂ© (Ă  l’opĂ©ra essentiellement) Ă  concilier la puissance collective, et aussi la profondeur des airs solistes. Ainsi son Requiem est certes magistralement intĂ©rieur et concentrĂ©, mais il frappe l’esprit par l’énergie humaine qui s’en dĂ©gage, chant de volontĂ© voire de rĂ©sistance contre la fatalitĂ©. Toujours dans un Requiem (messe pour les dĂ©funts et pour leur repos Ă©ternel), s’élĂšve la priĂšre individuelle d’un soliste. Chez Berlioz, c’est le tĂ©nor. Chez Verdi, c’est en une derniĂšre Ă©tape vers l’éternitĂ©, la voix de la soprano.

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LILLE, Stade Pierre Mauroy, Requiem de Verdiverdi-requiem-casadesus-lille-stade-pierre-mauroy-juillet-2017-annonce-classiquenews
Mercredi 22 juillet 2017, 21h
3ùme concert de l’Orchestre National de Lille et Jean-Claude Casadesus au Stade Pierre Mauroy

Inga Kalna, soprano
Elena Gabouri, mezzo-soprano
Stephen Costello, ténor
Alexander Tsymbalyuk, basse

Choeur RĂ©gional Hauts-de-France – Eric Deltour, chef de choeur
Choeur Nicolas de Grigny – Jean-Marie Puissant, chef de choeur

Orchestre national de Lille
Jean-Claude Casadesus, direction

 

 

 

RESERVEZ VOTRE PLACE
De 10 Ă  60 euros
http://www.stade-pierre-mauroy.com/programmation/concert/requiem-de-verdi

Annonce vidéo du Requiem de Verdi : http://bit.ly/2maTZB9

 

 

 

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verdi_582_face_portrait_boldiniLYRIQUE et ORCHESTRAL, UN REQUIEM PROFANE. Esprit indĂ©pendant, Giuseppe Verdi osa braver la conformitĂ© bourgeoise et l’hypocrisie catholique pratiquante de son temps en se prĂ©sentant Ă  la Messe aux bras de sa seconde compagne (qu’il Ă©pousa tardivement), la cantatrice Giuseppina Streponi. Ils n’étaient pourtant pas mariĂ©s, vivant maritalement dans le « pĂ©ché ». A l’origine de la partition, une proposition de Verdi Ă  son Ă©diteur (Ricordi) : regrouper plusieurs compositeurs pour Ă©crire les sĂ©quences d’une Messe de Requiem afin d’honorer la mĂ©moire de Rossini Ă  l’échĂ©ance 1869 : Ă  Verdi reviendrait le dĂ©fi de composer le dernier Ă©pisode, le Libera me, conclusion Ă  la fois solennelle et intime. Le compositeur commença Ă  Ă©crire son Libera me, sans que le projet global ne voit le jour. Puis l’idĂ©e d’un Requiem le taraude Ă  nouveau quand meurt le poĂšte Alessandro Manzoni, – auteur du fameux roman I Promessi Sposi (Les fiancĂ©s), le 22 mai 1873. FrappĂ© par cette perte inestimable, le compositeur qui l’avait rencontrĂ© dĂšs 1868, reprend l’écriture d’une Messe, cette fois dans sa totalitĂ©. GĂ©nĂ©reux, frappĂ© par la douleur, Verdi proposa Ă  la Mairie de Milan d’organiser lui-mĂȘme et de financer mĂȘme les rĂ©pĂ©titions
 le but Ă©tant de donner le concert de cĂ©lĂ©bration pour le premier anniversaire de la mort de Manzoni. Entre sa villa italienne de Sant’Agata et l’étĂ© 1873 sur les bords de Seine, Verdi achĂšve son grand Ɠuvre. L’oeuvre est crĂ©Ă©e Ă  Milan (Ă©glise St-Marc), le 22 mai 1874.
La force et la puissance, l’énergie et parfois la violence avec lesquelles Verdi traite la priĂšre du choeur, renforçant l’impact expressif du texte (Tuba mirum, Rex tremendae, surtout la houle spectaculaire du Dies Irae). Poiur Verdi, l’humanitĂ© terrassĂ©e par la mort, se dresse et fait bloc, rĂ©siste et dĂ©fie le sort comme la fatalitĂ©.
L’homme qui a lui-mĂȘme souffert de la perte tragique de sa famille (son Ă©pouse puis ses deux enfants) exprime ici, tout comme Dvorak, Ă©galement frappĂ© par le dĂ©cĂšs brutal et rĂ©pĂ©tĂ© des membres de sa famille (douleur sublimĂ© dans son remarquable Stabat Mater), une confession intime et personnelle qui fait du Requiem, un acte de dĂ©votion et de compassion personnel. En rien liturgique ni conforme. Le gĂ©nie de l’opĂ©ra, auteur de Macbeth, du TrouvĂšre, de la Traviata, rĂ©ussit ici une fresque Ă  la fois michelangelesque, mais aussi incarnĂ©e et humaine. L’introspection des accents intimistes et individuels portent une priĂšre bouleversante de l’individu et de la foule, unis en un mĂȘme Ă©lan.

 

 

 

mahler casasesus jean claude orchestre national lille cd review cd critique classiquenews cd EVCD027-Cover-ONL-1024x1024FidĂšle Ă  son attention pour l’équilibre et la clartĂ©, mĂȘme dans des effectifs particuliĂšrement importants, comme ici, Jean-Claude Casadesus soigne toujours l’intention et la justesse de l’énoncĂ© : l’esprit avant la forme. Comme il l’avait remarquablement rĂ©ussi pour la Symphonie n°2 « RĂ©surrection » de Mahler, dans un disque rĂ©cemment publiĂ© et couronnĂ©e par le CLIC de CLASSIQUENEWS (enregistrement de 2015 / parution : dĂ©cembre 2016), le chef fondateur de l’Orchestre national de Lille, veillera Ă  la profondeur malgrĂ© l’ampleur et le colossal, la sincĂ©ritĂ© et l’intensitĂ© de la priĂšre malgrĂ© le sens du spectaculaire.

 

 

 

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