CD, coffret. Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals released 14 cd Warner classics (1949-1969)

callas maria complete studio recitals 14 cd review critique cd classiquenewsCD, COFFRET Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals 14 cd Warner classics. CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2015. Voici en 11 cd, un cycle de tubes et de raretĂ©s, ceux de la super diva par excellence, qui se rĂ©vèle bel cantiste et verdienne, coloratoura et française d’une distinction d’une justesse de style et d’une noblesse d’intonation, irrĂ©sistibles. La sĂ©lection s’achève en 1969 (sessions sous la baguette de Nicola Rescigno). Une leçon d’engagement inĂ©galĂ© qui ose, parfois se trompe mais toujours Ă©meut par l’intensitĂ© de l’intention. Maria Callas est une diva qui se brĂ»la les ailes… mais avant que la torche se consume, combien de rĂ´les et d’incarnations brĂ»lĂ©s, hallucinants. Le timbre brillant et fĂ©lin, au legato infini, au souffle illimitĂ©, aux couleurs diverses et prĂ©cises fait miracle dans ce florilège d’airs caractĂ©risĂ©s, accompagnĂ©s par l’orchestre et toujours, l’intĂ©rioritĂ© tragique fait la valeur de l’actrice aux cĂ´tĂ©s de la cantatrice (ainsi sa Lady Macbeth dans l’air de somnambulisme (Una Macchia… de l’acte IV, avec le mĂŞme Rescigno en 1958, reprise en 1960 avec Antonio Tonini Ă  Londres…). Les premiers enregistrements comprennent le rĂ©cital de 1949 avec, Bellinisme souverain, dĂ©jĂ  Norma et I Puritani (Turin), puis de 1954 ses deux rĂ©citals, puccinien (Serafin), et vĂ©riste (Cilea, Giordano, Catalani, Boito, idem) et parmi les inoubliables, sa superbe Charlotte (ordinairement pour mezzo, mais la tessiture de Callas ne couvrait-elle pas trois octaves ?-, rĂ©cital Callas Ă  Paris II, sous la direction de Georges PrĂŞtre en 1963).  La diva verdienne (trois rĂ©citals verdiens de 1958 puis 1963 et 1964 avec Rescigno), imposent l’actrice extrĂ©miste qui prend tout les risques, aux cĂ´tĂ©s de la belcantiste accomplie.

 

 

 

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Eternelle Callas : verdienne et bel cantiste, puccinienne et mozartienne, romantique française, c’est Ă  dire bizĂ©tienne et berliozienne… 

Callas en studio : Facettes d’un joyau vocal inĂ©galĂ©

 

 

CLIC_macaron_2014Plus surprenant le rĂ©cital de 1963 et 1964, rĂ©alisĂ© Ă  Paris sous la direction du complice Nicola Rescigno dont la battue familière et sĂ»re Ă©tait nĂ©cessaire pour enchaĂ®ner ainsi des airs oĂą on n’attendait pas la diva ; mais sa nature tragique et la franchise de son expressivitĂ© font mouche dans le Ah perfido de Beethoven, et ses Mozart rĂ©vèlent un format vocal surdimensionnĂ© : voix furieuse et proche de l’implosion (avec des signes de larsen dans les aigus). Mais la sincĂ©ritĂ© touche (Porgi amor, puis Crudele ? … Non mi dir: sa Comtesse comme Elvira ne sont pas des types mais des individualitĂ©s qui souffrent et espèrent). Comme des bonus, les deux derniers cd (13 et 14), prĂ©sentent plusieurs cycles d’enregistrements, sessions comme saisies sur le vif : deux essais pour le mĂŞme Non mi dir de Mozart (Callas s’identifiait-elle Ă  Elvira en amoureuse blessĂ©e?) en 1953 (avec des aigus moins tendus et une ligne plus souple, sous la direction de Serafin), le superbe Una Macchia è qui tutora de Macbeth avec Rescigno en 1958, puis surtout sa justesse bel cantiste bellinienne dans le passionnant et Ă©ruptif et crĂ©pusculaire Sorgete… Lo sognai ferito, esangue d’Il Pirata de Bellini (Antonio Tonini, Londres 1961) : d’une intensitĂ© marquante. Sur le cd14, distinguons autres perles mĂ©morables : ses derniers Verdi de 1964 et 1965, sous la direction de Nicola Rescigno, un grand et incontournable complice. Le style de Callas, chanteuse fĂ©line et sombre au service des hĂ©roĂŻnes jusque lĂ  dĂ©fendues par des anges coloratoure parfois dĂ©pourvues de vraie profondeur, Ă©blouit ici : cette audace dans la raucitĂ© (qui fait aujourd’hui toute la valeur d’un Jonas Kaufmann par exemple) resplendit avec une insolence incisive. MalgrĂ© les dĂ©sordres croissant d’une voix de moins en moins contrĂ´lable,  -Ă  partir de 1958/1959-, l’actrice enflamme la scène par sa vĂ©ritĂ© humaine inĂ©galĂ©e. Le mythe de Callas se nourrit de contradictions et ne finira jamais de fasciner par ses multiples dĂ©chirures, cette association de qualitĂ©s ailleurs contraires (Ă©coutez ainsi sa Semiramide de Rossini : bel raggio lusinghier, acte I de 1961 : agilitĂ©, legato mais expressivitĂ© ardente, animal, rauque, plutĂ´t louve blessĂ©e que souveraine insensible). Ainsi Callas rĂ©forme totalement l’esthĂ©tique rossinienne et avec elle l’art du Bel canto, en un chant Ă  la fois virtuose et surexpressif d’une gravitĂ© douloureuse inĂ©dite. Il y a bien un avant et un après Callas. Coffret incontournable.

CD, coffret. Compte rendu critique. Maria Callas : The complete studio recitals 14 cd Warner classics. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2015. Avec : Arturo Basile · Franco Corelli · John Lanigan · Georges Prêtre · Nicola Rescigno · Joseph Rouleau · Duncan Robertson · Tullio Serafin · Monica Sinclair · Antonio Tonini · Alexander Young

CD1 The First Recordings 24.04
CD2 Puccini Arias 45.03
CD3 Lyric & Coloratura Arias 48.53
CD4 Callas at La Scala 41.54
CD5 Verdi Arias I 49.30
CD6 Mad Scenes 47.33
CD7 Callas Ă  Paris I 49.46
CD8 Callas Ă  Paris II 43.53
CD9 Verdi Arias II 39.59
CD10 Mozart, Beethoven & Weber 44.29
CD11 Rossini & Donizetti Arias 39.54
CD12 Verdi Arias III 50.16
CD13 The Callas Rarities 1953–1961 63.20
CD14 The Callas Rarities 1962–1969 53.28

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