BERNSTEIN 2018. CD annonce : ” MASS “, 1971, par Nézet-Séguin (Deutsche Grammophon)

MASS BERNSTEIN cd deutsche grammophon nezet seguin annonce preview cd critique cd review par classiquenews 53A5318012E91B9E631A0470CF7B342FCD, annonce. MASS de Bernstein (Nézet-Séguin, Philadelphia Orch – 2 cd Deutsche Grammophon). Composée à la demande de Jacky Kennedy pour inaugurer le John Kennedy Center of Arts de Washington en 1971, la partition de MASS illustre l’invention sans borne du compositeur, réinventeur de Musical à Broadway, Leonard Bernstein, qui en s’emparant du format sacré, celui d’une Messe dont il utilise le texte sacré en latin, élabore une œuvre protéiforme, provocante, scandaleusement libre, où les genres de la variété américaine, de la pop, évidemment de la comédie musicale, de l’opéra et de l’oratorio se croisent, s’affrontent. Le montre qui en découle, souligne la créativité d’un auteur généreux, délirant, génie des contrastes… Le chef Yannick Nézet-Séguin pilotant l’Orchestre Symphonique de Philadelphie (mais aussi plusieurs choeurs, des musiciens de plusieurs horizons et styles, de nombreux chanteurs solistes) abordent un oratorio déjanté, inclassable propre au climat libertaire et consumériste, contestataire et anticonformiste du début des années 1970. UN ORATORIO, déjanté mais humaniste, dans le style des 1970′s… L’architecture de l’oeuvre, ample fresque sociale et collective résonne des heurts et dysfonctionnements des sociétés humaines : les dissonances, les tensions et les cris, les confrontations sur scène entre les divers groupes en présence illustrent ce chaos qui menace en permanence l’ordre du monde… jusqu’au dernier chant de réconciliation générale, prière collective et chorale, œcuménique et fraternelle qui rétablit enfin dans les consciences, pour les esprits tentés par la barbarie, le son de l’apaisement, dans l’harmonie et la paix. Prochaine critique dans le mg cd dvd livres de classiquenews.com

 

 

ANALYSE

Bernstein leonard Porträt couleur 1980 300SIMPLE SONG… un hymne fraternel et la clé d’une partition qui célèbre l’humain pour son sentiment d’amour et de compassion. Comme un leit motiv et d’abord énoncé assez tôt dans le déroulement de la Mass inclassable, « Simple song », est une prière solo, quasi chantée a capella (guitare électrique puis flûte) qui met à nu la voix de l’homme croyant (ou non) qui souligne surtout son humanité dépouillée la plus authentique ; ce n’est pas un air d’opéra comme beaucoup le défende en en dénaturant l’éloquence épurée : mais une berceuse dont les harmonies bercent, rassurent, caressent ce qu’a d’humain chacun de nous ; l’air a le génie de la simplicité et de la sincérité la plus immédiate.

Elle est reprise en fin de parcours (après plus de 1h30) par le soprano enfant et le baryton, soulignant en un duo fraternel, humaniste, telle la clé du devenir de l’humanité : pas de salut sans réconciliation, pas de futur sans tendresse fraternelle. Ce qui frappe c’est l’écriture qui oblige chaque tessiture dans l’aigu, comme si Bernstein souhaitait retrouver son âme d’enfant : un innocence qui préserve de toute tension et de tout conflit, contrastant ainsi avec le grand chaos qui a précédé, malgré les dissonances qui ont présidé  ; en dépît de ses envolées parfois outrancières, un rien racoleuses typique des années 1970, la MASS est ce grand oratorio laïque du XXè qui remplace au coeur de tout drame, l’homme et son âme, et dans la song primordiale ainsi centrale, le souffle, la respiration la plus sobre, la plus intime. C’est le rêve énoncé de Martin Luther King.

Cet appel intérieur, impérieuse déclamation à l’humilité la plus essentielle est à rapprocher dans le déroulement de l’oeuvre, des 3 Meditations, véritable temps de réflexion individuelle et collective.

Comme un arioso de Monteverdi, Bernstein cisèle plus qu’il n’ornemente, obligeant chaque soliste à une sûreté de justesse, de clarté, de souffle, obligeant aussi à un itinéraire harmonique, extrêmement délicat à réussir vocalement. Même une star telle Renée Fleming s’y est encore risquée récemment en février 2018 (VOIR ici : https://www.youtube.com/watch?v=dWcVHxeCiPk).

A croire que le compositeur a laissé l’une de ses mélodies les plus énigmatiques : dépouillée et simple, enivrée, jamais redondante, qui nécessite en dépit de sa grande facilité apparente, une flexibilité en voix de poitrine et de tête (chez les barytons comme les ténors) donc idéale pour les baryténors rossiniens et mozartiens (écoutez ici Jonathan Estabrooks :
https://www.youtube.com/watch?v=6MzCKmY9tPw).

Ecoutez aussi l’excellent ténor barytonant Anthony Dean Griffey (dont la prosodie est irrésistible) : https://www.youtube.com/watch?v=zJkFhpjdl2o.

 

 

 

 

 

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bernstein leonard coffret 1 set box cd critique presentation leonard bernstein par classiquenewsLIRE aussi notre grand dossier LEONARD BERNSTEIN : centenaire de la naissance en 2018 (25 août) – Présentation du coffret LEONARD BERNSTEIN 2018 : la somme discographique à posséder en urgence pour comprendre l’activité du chef, ses goûts, son répertoire, et l’œuvre du compositeur (West Side Story, On the Town, Candide, symphonies…)

 

 

LEONARD BERNSTEIN : MASS, 1971
Kevin Vortmann
The Philadelphia Orchestra
Temple University Diamond Marching Band
Street Chorus Cast · The American Boychoir
Temple University Concert Choir
Westminster Symphonic Choir
Yannick Nézet-Séguin
Int. Release 16 Mar. 2018
2 CDs / Download
0289 483 5009 4

 
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CONCERTS : la MASS de Bernstein à l’honneur en France en 2018

 

 

L’oeuvre est particulièrement fêtée pour l’année 2018 en France. Après les représentationsBLOCH-alexandre-bloch-maestro-orchestre-national-de-lille-classiquenews-thumbnail_portrait-HD@Jean-Baptiste-Millot à la Philharmonie de PARIS, les 21 et 22  mars 2018, l’Orchestre National de LILLE et son directeur musical Alexandre Bloch s’emparent de MASS, son exubérance séditieuse, ses contrastes percutant, entre église et salle de concert, pour conclure la saison 2017-18, concert élément les 29 et 30 juin 2018. Prochain reportage vidéo exclusif sur classiquenews.

 

 

 

 

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