jeudi, décembre 8, 2022

Torroba, Luisa Fernanda (1832)Arte, le 16 décembre 2006 à 22h30

A ne pas rater

Federico Moreno Torroba
Luisa Fernanda
, 1932

Samedi 16 décembre 2006
à 22h30, Musica

Comédie Lyrique de Federico Moreno Torroba
Livret de Federico Romero & Guillermo Fernandez Shaw

Placido Domingo, Vidal
Nancy Herrera, Luisa
José Bros, Mariola Cantanero…
Orchestre du Théâtre royal de Madrid,
Jésus Lopez-Cobos
, direction
Emilio Sagi, mise en scène

Représentations filmées à Madrid,
les 14 et 16 juillet 2006. Réalisation : Angel Luis Ramirez

Histoire du genre « zarzuela »

Zarzuela ou « ronces » en espagnol, est un genre né à l’époque baroque, quand les concerts lyriques divertissaient la Cour madrilène dans le pavillon delle Zarzuela, parce que de nombreux massifs épineux en indiquaient les abords.
Au XVIIIème siècle, les livrets s’étoffent considérablement : de nouveaux drames populaires et sentimentaux donnent une contrepartie hispanique à l’opéra comique français. Le début du XX ème siècle est marqué par deux chefs d’oeuvre incontestables qui montrent la pérennité du genre, sa contante vivacité, sur le plan musical comme dramatique. Doña Fransisquita de Vives, en 1923 et donc, Luisa Fernanda, en 1932.
Impresario renommé, compositeur, Torroba, né en 1891, souscrit à l’endurance d’une genre qui pourtant au moment de création à Madrid au début des années 30 est quelque peu « décalé » voire rétrograde.
Or, Placido Domingo se passionne pour cette oeuvre, plus précisément pour son auteur, qui dirigea comme organisateur de tournées outre Atlantique, les parents Domingo, tous deux chanteurs ; la collaboration entre les deux hommes se réalisant pleinement en 1980, lorsque le chanteur créé le dernier opéra de Torroba, âgé de 90 ans, dans le genre zarzuela bien sûr, El Poeta.

La production de Luisa Fernanda 2006
Sur rythmes chaloupés, au panache alliant fierté et grandeur théâtrale, Luisa Fernanda ressuscite sur les planches la révolution de septembre 1868, qui suscite la chute d’Isabelle II et l’avènement de la première république espagnole.
Au premier plan de la fresque historique, le colonel des hussards, fiancé de la belle Luisa Fernanda, Vidal, montre sa jalousie vacillante vis à vis du riche paysan d’Estremadura, Javier, amoureux lui aussi de Luisa. Au terme de moultes péripéties, Vidal auquel le sort a préservé ses faveurs, perd l’amour de la belle Luisa car Javier fait naître en elle, une flamme grandissante. Vidal, dans un ultime tableau des plus passionnés, consent à la laisser partir pour ne revenir jamais. La noblesse des héros se mesure à l’importance du sacrifice ultime dont ils sont capables.
Dans cette production déjà présentée à la Scala de Milan en 2003, enregistrée ici en juillet 2006, à l’Opéra royal de Madrid, Placido Domingo qui est à l’initiative de la recréation contemporaine de l’ouvrage, étonne par son feu scénique et vocal. La tessiture a baissé dans le grave, ce qui ne fait que conforter davantage la richesse de son incarnation de Vidal, colonel à qui la vie sourit mais que l’amour fuit. On ne peut gagner sur tous les tableaux, et l’opéra zarzuela s’achève sur une note amère et tragique : la solitude trahie de Vidal apporte une touche douce amère à la partition. L’orchestration brillante et sensible offre une matière foisonnante et lyrique au chef Lopez-Cobos, visiblement inspiré par les registres de cet ouvrage, dramatique et exalté. Le dvd de cette production est annoncé en février 2007 chez Opus Arte.

Crédits photographiques

Service photo Arte (DR)

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