CD, coffret ̩v̩nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 Р1978)

karajan-the-complete-decca-recordings-wiener-philh-review-cd-critique-opera-concert-classiquenewsCD, coffret événement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978) – Voici un coffret miraculeux qui témoigne du travail de Herbert Von Karajan (HVK) de la fin des années 1950 (1959 quand il devient directeur de l’Opéra de Vienne) jusqu’à 1978 (enregistrement des Nozze di Figaro en mai 1978 avec un plateau réjouissant : Krause, Cotrubas, Van Dam, Von Stade… on reste plus réservé sur la Comtesse de Tomowa-Sintov). Ainsi est récapitulée deux décennies de direction artistique où Karajan peaufine la sonorité orchestrale idéale, entre tension et détail, architecture et éloquence expressive. Toutes les réalisations orchestrales concernent ici les Wiener Philharmoniker, idoines, si naturels chez Strauss (Richard et Johann dont la version de Die Fledermaus de 1960, est avec celle de Kleiber, anthologique, jubilatoire, vrai joyau comique et théâtral, avec cerise sur le gâteau, le fameux gala où véritable récital lyrique dans l’opéra, les invités du prince Orlowsky / Resnik, en son salon, se succèdent, offrant une synthèse des belles voix des sixties : Tebaldi, un rien fatiguée ; Corena en français ; Nilsson ; del Monaco ; Berganza, Sutherland, Björling, Price, Simionato… excusez du peu, autant de solistes que l’on retrouve par ailleurs dans les productions lyriques intégrales qui composent aussi le coffrer). Il est vrai que Karajan autour de la cinquantaine, est le chef émergeant, surtout avec le décès des maestros Klemperer, Böhm, Fricsay… en très peu de temps, le chef salzbourgeois impose sa pâte à la fois hédoniste quand aux équilibres sonores, et toujours en quête de profondeur, ce supplément d’âme dont a parlé Pavarotti (dans La Bohème avec la Mimi légendaire de Mirella Freni, seul enregistrement du coffret réalisé avec les « autres » instrumentistes choisis par HVK : les Berliner Philharmoniker, en 1972).

CLIC D'OR macaron 200Il est vrai que l’époque est celle des enregistrements mythiques de Decca en studio, spatialisé, avec un nombre suffisant de micros pour créer l’illusion des déplacements et des situations (une conception poussée encore plus loin, pour les enregistrements simultanés de Solti en particulier chez Wagner : premier Ring stéréo, réalisé aussi à Vienne dès 1958 et jusqu’en 1964)… Pour se faire Karajan a trouvé son producteur / ingénieur idéal en la personne de John Culshaw, partenaire d’une sensibilité musicale au moins égale à celle du chef : le duo produira des chefs d’oeuvres studio aussi bien lyriques que symphoniques… dont témoignent le présent coffret : Aida de 1959 avec Tebaldi, Bergonzi, Simoniato… Les Planètes de Holst, Peer Gynt de Grieg (1961, cd7) ; remarquable KARAJAN-1960Bundesarchiv_Bild_183-S47421,_Herbert_von_Karajan-classiquenews-critique-cd-concerts-opera-classiquenewsd’articulation et de vitalité aérée, Giselle d’Adam (sept 1961, 10) ; Otello de Verdi (Tebadlo, Del Monaco… mai 1961) ; Tosca (Price, Di Stefano, Taddei (sept 1962) ; enfin Carmen (Price, Corelli, Freni, Merrill…, nov 1963) ; les dernières productions à partir des années 1970 ne concernent plus Culshaw (Boris, 1970 ; La Bohème déjà citée de 1972 ; Butterfly avec Freni, Pavarotti, Ludwig Kerns, 1974 ; enfin les Nozze de 1978). L’apport est majeur, et déjà connu car il a été intégré dans de précédentes intégrales Karajan (éditées par DG). La quintessence du son Karajan se dévoile ici dans son sens du détail, de l’intériorité ; dans la caractérisation psychologique de sa conception des rôles à l’opéra ; dans la plénitude sonore, ronde et ciselée que seul les Wiener Philharmoniker ont su lui proposer. Coffret événement. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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LIRE aussi le RING de WAGNER par Solti et John Culshaw (1958-1964)
https://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-wagner-der-ring-des-nibelungen-georg-solti-1958-1964-cd-decca/

CD, DVD, BLU RAY. STRAUSS, New Year concert, Concert du Nouvel AN 2020, Andris Nelsons, Vienna Philharmonic (Sony classicla)


ANDRIS NELSONS vienna philharmonic neujahrskonzert new year concert 2020 cd reviex dvd blu ray classiquenewsCD, DVD, Blu ray, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction (SONY CLASSICAL). Le concert du NOUVEL AN à VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les débuts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien déjà familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistré l’intégrale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivités des 150 ans de la création du Musikverein, salle mythique, dite la boîte à chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont déroulés.

Polka rapide composée par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux côtés de Johann II et Josef ; celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie) :

Le caractère général de cette année est dévoilé dès la première œuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblée sans préambule une joie militaire, galop à la Offenbach, un rien pétaradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop décorative et narrative pour un début : la sonorité est un rien tendue qui manque de détente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit à l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maîtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frères ; cela sonne un peu raide et sec.

Dans Message d’amour (Liebesgrüße), valse opus 56 de Josef Strauss, la direction est dure et épaisse ; le maestro a choisi surtout des pièces d’inspiration et de caractère nettement militaire comme l’atteste la pièce qui suit du même Josef S : « Liechtenstein-Marsch » op. 36, exclamation militaire énoncée comme un quadrille enlevé qui semble évoquer la superbe des armées, en leurs parades de rangs serrés, parfaitement alignés. Le geste pourtant clairs et précis confine à la mécanique.

La Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111 de Johann Strauss II, est enfin la première oeuvre du programme, de vrai grand raffinement aux équilibres instrumentaux plus subtils qui forcent le chef à mieux polir la cadence et colorer davantage en piani plus ciselés. Mais le geste demeure généreux et avare en gradations infimes, en phrasés pourtant inscrits et si délectable dans le cas de Johann II. Puis du même Johann, seigneur et souverain de la valse viennoise, c’est « Wo die Zitronen blüh’n », Waltz, op. 364 (Where the Lemon Trees Blossom) : Grande valse au pays des citronniers en fleurs. le début a la flamboyance d’un début wagnérien : cor et flûte enchantés ; c’est un lever de rideau, comme dans un rêve qui dure encore au moment du réveil. Visiblement, maestro Nelsons allège le trait, change son allure militaire et carrée, pour une souplesse quasi naturelle. Même geste fluide et trépidant dans la dernière pièces, courte et enlevée qui conclut la partie 1 du concert viennois : Knall und Fall, Polka rapide, op. 132 d’Eduard Strauss, celui qui a brûlé partitions et matériel d’orchestre sous un coup de folie, comme pour se venger de ses ainés trop écrasants… Enfin la pétillance du champagne emmenée en une frénésie certes un peu clinquante se livre à nous par un orchestre en incandescence.

La deuxième partie débute par une ouverture fameuse pour son rythme trépidant et ses couleurs frénétiques dont la cadence et l’orchestration rappellent … Rossini (celui du Guillaume Tell, à l’ouverture elle aussi, trépidante et très suggestive). L’ouverture de Leichte Kavallerie de Franz von Suppé confirme une écriture taillée pour le drame et le théâtre ; les cors sont à la fête, d’une effervescence exacerbée ; on y retrouve l’entrain de l’ouverture de Guillaume Tell, sa facétie, sa franchise, sa fougue martiale. La carrure du chef va bien à la frénésie conquérante de la musique de Suppé.

 

 

 

 

 

 

Andris Nelsons dirige les Wiener Philharmoniker
Grisant mais pas éblouissant

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE 2020

 

 

 

Dans Cupido, Polka française op. 81 de Josef Strauss, l’orchestre retrouve son aplomb naturel en un rythme modéré (pas trop rapide selon la tradition de la polka française) où souveraines, les cordes sont aguicheuses, d’une suavité élégantissime. Le point d’orgue du programme qui sait jouer aussi la carte touristique avec le concours du Ballet de l’Opéra de Vienne, est la très belle valse de Johann II :
« Seid umschlungen, Millionen! » / Be Embraced, You Millions! / Embrassez-vous par millier, Waltz op. 443, où l’orchestre joue la partition d’une séquence filmée (le concert est comme chaque année retransmis en direct dans le monde entier) : dans l’enfilade des salons de la résidence d’hiver du prince Eugène de Savoie, danseurs et musiciens racontent le rêve éveillé d’une jeune femme qui revêt une robe de dentelles rouges, au bras d’un prince d’un soir : le couple se forme, se cherche, s’évalue (chorégraphie de Carlos Martinez), au rythme de la subtilité d’une musique entêtante à souhait ; la voici notre équation réussie du kitsch à la viennoise ; temps suspendu que permet la féerie de la valse de Johann II.
Sur ce rythme enlevé, les pièces se succèdent : Fleur de glace, mazurka de Josef Strauss (Polka mazurka op. 55, arrangement: Wolfgang Dörner) dont on retient le chien et le tempérament ;
La gavotte de Josef Hellmesberger Jr. dont les pizzicati maîtrisés réactivent la délicatesse et la rondeur des Wiener Philharmoniker, ambassadeurs inspirés de cette danse héritée du XVIIIè ; le galop du Postillon (op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner) du Strauss danois, Hans Christian Lumbye et qui permet au chef amusé, de jouer du clairon car il a commencé sa carrière de musicien en jouant cette partie… Là encore, signature du programme dans son ensemble, c’est la verve militaire et le rythme rien que conquérant jusqu’à la transe qui marquent les esprits.

Clin d’oeil à l’anniversaire Beethoven en 2020 (250è anniversaire de la naissance en 1770 à Bonn), l’orchestre joue quelques unes des contredanses de Ludwig van B., soit les pièces 1, 2, 3, 7, 10 & 8 des 12 Contretänze WoO 14. C’est un festival de courtes pièces d’une rare frénésie chorégraphiques en effet et qui se prêtent idéalement à leur mise en danse par trois couples du Ballet de l’Opéra de Vienne dont l’une des danseuse en look Dior, chapeau / jupe au dessin parisien. Mais les danses elles sont très mozartiennes ; dont certaine ont une mélodie qui sera repris dans le ballet « Les Créatures de Promothée » ; avec cette trépidation rythmique, si emblématique de la symphonie n°8 (entre autres) : tout le génie de Ludwig est concentré, avec ce goût de la variation, cette nervosité virile d’un Beethoven traversé par une fougue primitive.
Le concert se déroule ensuite en soulignant le raffinement et l’invention mélodique des ainés de la fratrie, aussi inspirés l’un que l’autre : surtout Johann Strauss Jr. : « Freuet euch des Lebens » (Joies de la vie : valse opus 340 écrite et jouée ici même pour inaugurer le Musikverein (janvier 1870) ; puis l’inusable Tritsch-Tratsch Polka,
Polka rapide op. 214 qui reste le grand classique de la trépidation viennoise avec la caisse claire, rythmiquement nerveux et enjoué, d’une séduction irrésistible.

Tout concert du Nouvel An à Vienne ne peut se terminer sans ses deux volets de conclusion, signés des deux Johann, le fils et le père : Le beau Danube bleu (Johann II) dont le début est à peine esquissé pour permettre au chef et aux musiciens de dire leurs voeux ; puis cette autre poncif : La Marche de Radetski (du père, Johann I), qui permet au public, conquis à ce stade du concert, d’interagir avec le chef, en claquant des mains … le rituel est rodé ; il est devenu parfaitement huilé. Au risque d’une certaine routine. Dans sa continuité, ce concert du Nouvel An à Vienne ne dépare pas de la perspective déjà écoutée. On y relève cependant pas la finesse d’élocution comme la subtilité dont ont été capables en leur occasion, les maestros précédents tels Dudamel, Jansons, Welser-Möst… Avec Nelsons, et avant lui en 2018, Muti, comme avant Thielemann, la finesse et la grâce ont laissé la place à l’intensité et la fougue. Question de style.
Grisant mais pas éblouissant. A chacun sa préférence. SONY édite le cd et le dvd du concert du Nouvel An 2020 (comme chaque année).

 

 

 

 

 

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CD, DVD, BLU RAY, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS… Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.

 

 

En savoir plus, visitez le site de SONY CLASSICAL :
mariss-jansons-vienna-wiener-philharmonic-new-year-concert-2020-critique-cd-dvd-blu-ray-critic-review-classiquenews

 

 

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LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN à VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An à Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittés ici même le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et très précis maestro : le plus jeune alors depuis des décennies à diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goût spécifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout médiatique de l’événement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les télévisions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilà assurément à un moment important de célébration collective, le moment musical et symphonique le plus médiatisé au monde. En plus des talents déjà avérés des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est évidemment le nouvel invité, pilote de la séquence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos précédents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN à VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010… :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN à VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An à VIENNE 2015
L’hommage au génie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An à VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An à VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges Prêtre / Concert du nouvel AN à VIENNE 2010

 

 

Concert du NOUVEL AN à VIENNE 2020

CONCERT DU NOUVEL AN 2019FRANCE 2, mer 1er janv 2020, 11h, 14h. VIENNOISERIE SYMPHONIQUE. Concert du Nouvel An à VIENNE / Philharmonique de Vienne, 1er janvier 2020. En direct du Musikverein de Vienne : c’est l’événement international organisé par l’Union Européenne de Radio-Télévision et diffusé dans près de 100 pays à travers le monde, le concert du nouvel an à Vienne par la phalange orchestrale la plus élégante au monde, les Wiener Philharmoniker. L’audience globale de cette diffusion en direct est estimée à plus de 50 millions de téléspectateurs, dont 3 millions de téléspectateurs français. Suscitant de telle chiffre d’audience, assurément le classique a de beaux jours devant lui ; l’expérience vaut d’être vécue, coupe de champagne et petits fours à disposition : c’est pour nous le meilleur moyen de fêter l’an neuf.

france2-logoCONCERT & ESCAPADE à VIENNE… France 2 va plus loin, comme depuis 4 ans à présent, prolongeant le concert symphonique proprement dit par un second volet, à 14h, et dans la foulée du concert, touristique et patrimonial, à la découverte de la Vienne historique, culturelle, mélomane. Stéphane Bern a donc pour mission d’emmener les téléspectateurs à la découverte de la capitale autrichienne, de ses lieux emblématiques, dont plusieurs endroits secrets typiquement viennois. La France se déclarerait-elle amoureuse de sa consœur européenne, la plus mélomane en réalité ?

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Le concert du Nouvel An à VIENNE 2020
en direct à partir de 11h10
Orchestre Philharmonique de Vienne
Andris Nelsons, direction
Diffusion en direct sur France Musique

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 00289479757792019 voit la prise de direction du chef letton, Andris Nelsons, leader parmi les nouveaux maestros de l’écurie DG Deutsche Grammophon, interprète déjà remarqué dans les symphonies de Bruckner, de Chostakovitch, et avec les instrumentistes viennois, des 9 symphonies de Beethoven. L’intégrale est déjà parue chez DG. Ce n’est donc pas la première fois que le chef dirige les instrumentistes. Mais c’est pour lui, son premier Concert du Nouvel An. Un passage obligé pour tout grand maestro digne de ce nom… Pour programme de ce premier bain viennois, « le nec plus ultra » de la musique viennoise, Valses, Polkas, Ouvertures… interprétées par des instrumentistes de rêve, parfaits héritiers d’une tradition très ancienne célébrée dans le monde entier.
L’année nouvelle n’est pas neutre pour l’institution : 2020 marque les 150 ans du Muzikverein, siège de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ; c’est aussi le 250ème anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, dont l’orchestre jouera plusieurs Contredanses.
Par ce concert, les Wiener Philharmoniker souhaitent offrir en signe d’espérance pour l’année à venir, un message d’amitié et de paix.Une leçon de fraternité concrète, telle que l’aurait assurément cautionné Beethoven lui-même. Andris Nelsons, 41 ans, est né à Riga. Il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Boston et chef permanent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig (avec lequel il a donc enregistré les Symphonies de Chostakovitch et de Anton Bruckner).

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Programme du CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2020 : 

Première partie

Carl Michael Ziehrer,
Die Landstreicher : Ouvertüre
(The Vagabonds : Ouverture)

Josef Strauss, Liebesgrüße
(Love’s Greetings), Waltz op. 56

Josef Strauss,
Liechtenstein-Marsch op. 36

Johann Strauss Jr.,
Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111

Johann Strauss Jr.,
Wo die Zitronen blüh’n (Where the Lemon Trees Blossom)
Waltz, op. 364

Eduard Strauss,
Knall und Fall (Without Warning)
Polka rapide, op. 132

 

 

 

Deuxième partie

Franz von Suppé,
Leichte Kavallerie: Ouvertüre (Light Cavalry: Ouverture)

Josef Strauss, Cupido,
Polka française op. 81

Johann Strauss Jr.,
Seid umschlungen, Millionen!
(Be Embraced, You Millions!)
Waltz op. 443

Eduard Strauss,
Eisblume (Ice Flower),
Polka mazur op. 55, Arrangement: Wolfgang Dörner

Josef Hellmesberger Jr.
Gavotte

Hans Christian Lumbye,
Postillon Galop, op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner

Ludwig van Beethoven,
12 Contretänze (Twelve Contredanses) WoO 14
(Nos. 1, 2, 3, 7, 10 & 8)

Johann Strauss Jr.,
Freuet euch des Lebens (Enjoy Life),
Waltz op. 340

Johann Strauss Jr.,
Tritsch-Tratsch Polka (Chit-chat Polka),
Polka rapide op. 214

Josef Strauss,
Dynamiden, Waltz op. 173

et toujours en fin de concert deux indémodables
les deux Strauss, père et fils

La Marche de Radetski (du père, Johann I)
Le beau Danube bleu (du fils, Johann II)

 

 

nouvel-an-vienne-concert-neujahrskonzert-wienn-critique-review-concert-classiquenews-1-janvier-2020

 
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ESCAPADE VIENNOISE  à 14h
Passion viennoise par Stéphane Bern…

Avec Bertrand de Billy, chef d’orchestre, au théâtre An Der Wien, S Bern s’essaie à la direction d’orchestre à la Haus der Musik, avant de partager une spécialité autrichienne emblématique, le Kaiserschmarrn au café de l’Opéra.
Sur les traces de la famille Strauss, les rois de la valse, notre guide rencontre leurs descendants actuels, Eduard et Thomas Strauss, qui dévoilent un étonnant et traditionnel ascenseur : le Pater Noster. Éloïse Kohn, pianiste française, et Christoph Koncz, second violon principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, invitent, en une brillante démonstration, à identifier les mécanismes de la valse viennoise.

Curiosité, gourmandise, exploration… Stéphane Bern rejoint le cœur de la ville, où il se lance dans la fabrication de bonbons artisanaux avec Christian Mayer ; dans une église, à la rencontre du jeune quatuor de violoncelles Die Kolophonistinnen ; dans les anciennes caves d’une communauté religieuse transformées par Erich Emberger en restaurant-musée dédié à la famille impériale ; à la splendide bibliothèque nationale, en compagnie d’Anne-Sophie Banakas, jeune historienne française installée à Vienne… Au fil des rencontres, il s’agit de comprendre ce qui fait de Vienne, pour la dixième année consécutive, « la ville la plus agréable du monde ».

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CD coffret, événement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, événement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction très carrée du chef letton Andris Nelsons (né à Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez réducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des éclairs et tutti martiaux, guerriers… mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron Beethovénien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancées ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant réputés pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblée berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait à articuler, à nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven à poigne.

Tous ceux qui savent tout l’héritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophétique, l’intelligence des timbres et la sensibilité du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)… passeront leur chemin.

De même, la 1ère symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grâce à la vélocité des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aérés ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalité. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise à outrance avec des gestes pompiers… Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7è est de ce point de vue emblématique : elle révèle les aspérités et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentée. Quelle majesté qui trépigne comme un dragon rugissant peu à peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire réagir en une frénésie unique et inouïe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis à l’opposé, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funèbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendés dans l’appel des cimes. Nelsons éclaircit la pâte, précise et clarifie le contrepoint, précise chaque entrée des cordes pour mieux asséner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration évocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons…) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf électrique qui se déroule et aimante tout sur son passage ; préalable frénétique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en présence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-même et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti répétitifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté…

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8è développe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui étreint la matière, la malaxe et la compresse en éclats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant émerger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro récapitule toute l’énergie dont est capable le promothéen Beethoven. Quel contraste là encore avec la légèreté caquettante, badine et facétieuse de l’Allegretto (justement annoté « scherzando ») qui semble faire révérence à l’humour et la délicatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins réussi car grossièrement battu, sans légèreté. Des acoups guère sforzando asséner sans ménagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. Là se révèle  à notre avis les limites de la version Nelsons : trop épaisse, la pâte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknérienne et brahmsienne. Un Beethoven enflé, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élégance viennoise. dans les faits, Beethoven fit créer toutes ses symphonies majeures à Vienne. Sur un tempo très allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trépigne et caquète à souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne très bien dans la force tellurique et rythmique de la 5è ; mais qu’en est-il dans ce vaste poème de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiée à travers ses 5 mouvements ? Hymne inouï à la Nature, expression d’un sentiment de compassion déjà écologique, et panthéiste qui récapitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la Création, oratorio clé de 1799) ?
La sonorité comme chauffée à blanc des cordes donne la clé d’une lecture plus intense et contrastée que vraiment articulée. Tout est énoncé avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matière en constante fusion, crépitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; à croire que le chef ne connaît (ou plus exactement écarte) toute nuance piano, tout galbe amoureux… la volupté dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilité caressante : tout est exécuté, détaillé, précisé et par séquences.  Il y manque la patine tendre, la distance poétique, ce flux qui s’écoule, organique et viscéral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein…) dans la scène au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

Même éclatante voire fracassante énergie dans la 9è, à laquelle il ne manque ni déflagration ni décharges en tous genres ; du souffle aussi dès le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel général à toutes les énergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle épique, à l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence à faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, résumant le développement et ses variations en une série de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pétaradante qui sonne dur voire épaisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapée par l’euphorie et même la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayée cependant sur le mode forte voire fortissimo et mégaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trépidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de détails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaînés rapidement, presque précipités.
L’Adagio doit effacer toute tension, réparer les blessures, réconforter par son voile instrumental où règnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois… Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu éternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasés piano dont le chef se montre avare depuis le début de son intégrale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la déflagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, résonne comme une prise à témoin, et la claire volonté de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La séquence est charnière ; elle doit être entendue comme ultime récapitulation aussi, à la fois complète et définitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanité fraternelle réconciliée dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspiré, capable de contrastes ciselés, le chef détaille alors séquence par séquence, produit de superbes climats qui récapitulent ce qui a été développé. L’Allegro assai, c’est à dire l’énoncé initial de l’Ode à la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors détaillé par les bois.. Voilà une séquence parfaitement réussie, nuancée, murmurée, riante dans la joie et l’espérance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opéra, et l’on pense à la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs très bon wagnérien, comme à Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rédigé par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en ménageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
Après l’appel de tout le chœur, à 3’33, l’armée orchestrale reprend le flambeau, électrisée davantage par le ténor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chœur des hommes. Chef et instrumentistes assènent une montée en puissance qui ne ménage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive… quitte à éluder le mystère de la séquence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration… Une intégrale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A écouter Nelsons, tout l’apport récent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est écarté ici. Question d’esthétique certes. Mais à force de rugir et vrombir, le moteur beethovénien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3è et dernier volume attestent des qualités identiques observées dans les opus précédents : puissance et richesse du son. Créée à Leningrad en 1939 par le légendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractère endeuillé du Largo préliminaire, détaillant les solos instrumentaux pour flûte piccolo, cor anglais, basson afin de déployer la matière nocturne, étouffante de cette longue séquence grave et intranquille. Les deux mouvements plutôt courts qui suivent Allegro et Presto assène une motricité aiguë et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgés de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordé comme un feu d’artifice cravaché, narguant le mystère du premier mouvement dont il dément le calme profond par une série ultime de surenchère démonstrative et vindicative, au bord de la folie… LIRE ici la critique complète

 

 

 

 

 

 

CD coffret, ̩v̩nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / int̩grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 Р2019 Р5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, événement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intégrale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant réussir récemment dans une intégrale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluées par classiquenews. Pour l’année Beethoven 2020, voici en préambule attendu, prometteur, l’intégrale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 à 2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observée. La finesse de la sonorité et le détail comme l’énergie préservées par le chef devraient marquer cette nouvelle intégrale par la phalange viennoise. Voilà qui éclairera la subtilité et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplée aux contrastes éruptifs, volcaniques d’un Beethoven à jamais révolutionnaire. Grande critique à venir dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncée : le 4 octobre 2019.

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CD coffret, ̩v̩nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Comlete symphonies / int̩grale des 9 symphoniess : Wiener Philharmoniker (2017 Р2019 Р5 cd + blurray-audio DG Deutsche Grammophon)

COMPTE RENDU, concert. VIENNE. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019)

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnérien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habitué de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, … possède-t-il réellement le sens de l’élégance viennoise, celle des Johann Strauss fils et père, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et épisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit léger, et davantage, appellent un caractère spécifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilité qui doit éblouir non pas dans cette « légèreté » partout annoncée (qu’est ce que cette musique dite “légère” en réalité ? Le vocable comprend une infinité d’acceptations…). Ici, dans l’écrin désigné du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit être question que de finesse, subtilité mélodique, orchestration raffinée, ivresse évocatoire…

 

 

 

thielemann-christian-maestro-wiener-philharmoniker-concert-nouvel-an-2019-critique-review

 

 

 

Après les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayée, le directeur du festival de Pâques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien étaient présents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placées en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, véritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblématiques. Le chef a déjà dirigé les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptême orchestral. Le programme d’emblée est très classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invités (comme l’a fait Karajan à son époque, à la fin des années 1980). Mis à l’honneur aux côtés des frères Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, père et fils…

Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncé résolument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donné, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composé opérettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, déployant un caractère ronflant, fort en panache démonstratif, à la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyée, rythme et accents prussiens à l’envi; baguette épaisse et ronde, d’une martialité trop revendiquée, Thielemann n’est guère dans le style élégantissime qui a fait les meilleurs fait qui l’ont précédé dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élégance de sa programmation et la finesse des auteurs programmés. On craint le pire pour la suite…

strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf à Vienne avec la très belle valse qui suit, la première du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (à 43 ans) : l’ingénieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (à 23 ans car son ainé Johann est lui-même épuisé) – mort éreinté en tournée en Pologne…  Or le génie de Josef musicalement est aussi élevé que celui de Johann : on s’en aperçoit à chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait même souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé… De fait, Transactions Wazl s’affiche immédiatement plus sombre, et grave au début, pour mieux faire surgir le thème principal, dans le raffinement des timbres des bois, énoncé par les cordes et des flûtes aériennes : la finesse s’invite enfin, enivrée dans cette séquence, qui s’avance à pas feutrée en pleine magie… saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mélodie principale, délicate nostalgie grâce à un équilibre très subtil entre cordes et les bois… avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilité étonnante de Josef Strauss fauché trop tôt, son aptitude spécifique pour le développement symphonique, à la fois dramatique et allusif, et aussi de façon général, une réflexion sur le sens même de la valse, entre désir et mort. Josef nous paraît plus sombre encore que Johann II. Un maître à mieux connaître et plus écouter assurément.

Thielemann nous réserve ensuite une surprise qui pourrait être révélation : de Josef Hellmesberger (fils): Elfin Dance. Immédiatement saisissante, la finesse étincelante grâce aux nuances aiguës, vibrées, rondes du « xylophone »d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilité. Éthéré et aérien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont très sensuels (pizz des cordes, doublées par les flûtes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’été (envol et boucle aérienne de Puck)? Thielemann est dans son élément : ambassadeur d’une musique pleine d’élégance et de finesse, résolument et littéralement « légère ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effréné, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervosité un peu sèche ; un rien hystérique (là encore systématique et trop appuyée) de Thielemann qui dirige comme un prussien, vif, nerveux, droit. de toute évidence, et dans ce tableau précis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du même Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord développe écriture et texture orchestrales. L’épisode symphonique à l’essence poétique et chorégraphique débute dans le sombre … déroulant un premier tapis envoûté, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mélodie (wagnérien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblée Thielemann le wagnérien est à son affaire ici) : on admire le métier du chef, capable d’heureux équilibres sonores, la finesse des flûtes, le chant ciselé des clarinettes parfaitement détaillées, comme enivrées, caressantes…
Pourtant à l’inverse, et dans le même temps, regrettons quelques écarts de conduite dans la direction : des contrastes trop marqués, et appuyés : la frénésie du geste empoigne la valse avec une dureté prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aîné le regretté Nikolaus Harnoncourt (né en 1929 et décédé en 2016), spécialiste et passionné de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, à 2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgré les trouvailles sonores évoquées précédemment. Sa baguette manque de fluidité malgré le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frère, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainé : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisèle la coupe et l’esprit de syncope (évocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann détaille certes l’instrumentation mais manque de précision comme d’imagination: sa direction relève d’un système métrique, militaire dans cette cadence au galop, trépidant, trop mécanique…
STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’héritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spécifique, comparée à celle de ses deux frères ainés, par une écriture plus frénétique, qui s’est spécialisé dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». Rongé par le ressentiment contre ses frères, et pourtant héritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journées (honteuses) d’octobre 1907, brûle nombre de papiers, manuscrits et forcément partitions de ses frères Strauss : destruction catastrophique d’un héritier insensé devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumée.  L’histoire de la famille Strauss relève d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgré le succès populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune série télévisée ne soit encore emparé de leur saga. A suivre…

Après la pause de la mi journée (le concert a commencé à 11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opérettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhorté le Viennois à composer des opérettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane… la plus célèbre avec celle de La Chauve Souris, … ainsi le motif de la valse dépasse la seule occurrence épisodique, pour atteindre une évocation pleine de nostalgie … tzigane et purement symphonique (par le motif ourlé de la clarinette) ; dans cette pièce de caractère, à l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un très bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. Là encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se détache ensuite finesse et légèreté dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, détachés, retenus… véritable hymne à la souplesse élastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’Opéra de Vienne s’invite au concert : comme un réveil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’Opéra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bâtiment : l’élégance et la facétie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifié évidemment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des décors et intérieurs de l’Opéra viennois. L’institution fête ses 150 ans en 2019, ayant été inauguré en 1869. Prestige revendiqué et histoire célébrée au moment où ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant général et l’ex danseur étoile à Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrée dans cette page très raffinée qui est l’objet d’une réalisation télévisuelle audacieuse (plans inclinés de la caméra dont jouent les danseurs, très complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera Soirée » / Une soirée à l’opéra est une polka française op. 162 (à deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyé que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus…  : Une soirée à l’opéra semble mieux convenir à la carrure prussienne de Thielemann – sans écarter facétie ni délicatesse avec une palette de nuances (piccolo) très finement détaillées ; voici la séquence où le chef dévoile une direction plus nettement enjouée, pleine de sous entendue comme d’élégance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opéra Le Chevalier Pazman se distingue en un début magnifique (somptuosité profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse atténuée comme un rêve, une réitération onirique liée au personnage d’Eva dans l’opérette de Johann II. C’est Cendrillon réinventée, sa présentation au bal… puis du même opéra, Thielemann a sélectionné une nouvelle pièce de caractère, extrait du même opéra : « Csárdás ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet à la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pâmoison, et aussi à la soprano requise, d’éblouir par sa virtuosité profonde, voici une autre facette du génie de Johann II, pleine de facétie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grâce et de finesse. Le Concert télévisé étant aussi une carte postale soulignant les trésors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’Opéra de Vienne, soit dans un château de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, décalé qui s’ennuie puis s’éveille à la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. Là encore reconnaissons que la réalisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idéalement complémentaire, dans un tableau qui s’achève en extérieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempés, où règne la noblesse du thème hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), joué selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils règne en maître absolu avec la Marche égyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractérisés et utilisés à bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystérieuse, cordes voluptueuse : c’est une séquence entonnée comme une marche militaire, mais enchantée – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouï, qui égale le meilleur Saint-Saëns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une décontraction affichée, assumée ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chÅ“ur du motif égyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achève dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, après “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une délicatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati délicats des violons), celle d’un rêve éveillé, auquel Thielemann réserve son attention la plus nuancé, ce sont deux pages parmi les plus raffinées des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne féministe qui tombe à pic après nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) où règnent flûtes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrésistible élégance et souveraine retenue… en un équilibre impeccable cordes et cuivres)… et le rythme très lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphères opus 235 du cadet tout aussi génial, Josef : grande valse, et la plus inspirée du compositeur, où flûtes / harpe se détachent, signifiant là aussi une aube qui se lève… pourtant, le bas blesse : à la délicatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par être ennuyeuse, et même agaçante du chef, … trop pompier, ignorant volontaire de toute légèreté. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. Après proclamer les vÅ“ux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prédécesseurs commençaient les premières mesures, puis prononçaient les vÅ“urs, enfin reprenaient à son début la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblème de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait écarter toute épaisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rêve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’où ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grâce – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une éloquence et sublime manière, comme chant légitimement célébré de l’élégance viennoise à l’international.

Oui certains nous rétorquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit à répondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le père : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frénésie rythmique d’un tube plus que célébré. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette séquence car la partition fut composée pour célébrer la victoire sur des manifestants et étudiants tués outrageusement contre leur appel à liberté. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilité instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand même, dans ce concert qui sans être mémorable – ceux de Georges Prête, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont été – , nous permet de marquer dans la légèreté moyenne, à défaut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’année nouvelle 2019.

Retrouvez le cd et le dvd du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE, 1er janvier 2019, sous la direction de Christian Thielemann, à paraître mi janvier chez Sony classical.

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opéras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger…

 

 

 

 

 

 

 

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 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel…

mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An réalise un rêve cathodique et solidaire : succès planétaire depuis des décennies pour ce rendez vous diffusé en direct par toutes les chaînes nationales du monde et qui le temps des fêtes, rassemblent toutes les espérances du monde, en une très large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues à un prix exorbitant destiné aux fortunés de la planète) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette année c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (résident à Saint-Pétersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempé qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’événement célèbre l’insouciance par la finesse et l’élégance, celle des valses des Strauss, Johann père et fils bien sûr, ce dernier particulièrement à l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frères (tout aussi talentueux que leur ainé), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les télévisions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilà assurément à un moment important de célébration collective, le moment musical et symphonique le plus médiatisé au monde. En plus des talents déjà avérés des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est évidemment le nouvel invité, pilote de la séquence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vénézuélien a concocté un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invité à conduire l’orchestre dans son histoire médiatique, crée une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trépidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intérieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrôle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delà de l’orchestre, comme habité par une claire idée de la sonorité ciblée, une couleur très suggestive, mesurée, intérieure qui s’inscrit dans la réflexion et la nostalgie…? Voilà qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempérament débridé, affirme ici, en complicité explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimétrée, infiniment suggestive, d’une subtilité absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilité introspective. De toute évidence, le maestro vénézuélien, enfant du Sistema, nous épate et convainc de bout en bout. Relevons quelques réussites emblématiques de sa maestrià viennoise. En lire PLUS

 

 

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Zubin Mehta / Concert du Nouvel An à VIENNE 2015
L’hommage au génie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An à VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An à VIENNE 2012
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Georges Prêtre / Concert du nouvel AN à VIENNE 2010

 

CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistré sur le vif par Claudio Abbado, révélant le génie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovénien et surtout mozartien dans l’âme… Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevée, grandiose, sombre et parfois emplombée mais avec une séduction incroyable, que la sublime symphonie n°5 à laquelle Abbado en 1971 à Vienne, restitue son incroyable élégance mozartienne, ce dès le premier mouvement « Allegro », où rayonnent la tendresse, la grâce, une vitalité presque pastorale qui contraste évidemment avec la sidération lugubre de la 8è, en son diptyque en si mineur inabouti.
Voilà qui éclaire la participation de Franz – ailleurs relégué aux seuls lieder et à la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’après les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dès 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le répertoire du collectif. Cette 5è éblouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter à Mozart (amour fraternel du 2è mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la Flûte enchantée) et à Haydn, jalon désormais majeur de cette élégance viennoise qui mène vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, véritable révélation, par sa justesse artistique et le focus qui révèle en pleine lumière, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du génie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, à la sonorité fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande élasticité de la palette instrumentale, parfaitement détaillée, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maîtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicité avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élégance expressive du Menuetto, à la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parenté avec la Symphonie en sol de Mozart saisit là encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru à leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspiré, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisé. Et si la 5è de Schubert était tout bonnement la 42è symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesuré cette maîtrise et cette sincérité de la pâte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, porté, transfiguré par la grâce ? CD superlatif, un modèle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / Réf. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

CD, coffret. Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA)

wiener-philharmoniker-decca-coffret-the-orchestral-edition-decca-CD, coffret. Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA). Depuis 1842, l’Orchestre Philharmonique de Vienne, le Wiener Philharmoniker, créé par Otto Nicolai, incarne le rêve de tout orchestre : la phalange, véritable mythe musical, enchante le monde par ses qualités interprétatives et surtout une sonorité fluide, voluptueuse, coulante, magistralement onctueuse qui ne cesse de convaincre : chaque Concert du Nouvel retransmis sur toutes les chaînes du monde renouvelle le miracle attendu : on y décèle l’éloquence oxygénée de ses cordes  flexibles, la puissance ronde et chaude de ses cuivres (les cors en particulier), la clarté individuelle de son harmonie (bois)… et l’on se dit à chaque concert, voici indiscutablement le meilleur orchestre au monde. Et pourtant depuis l’essor des orchestres sur instruments d’époque, notre perception a changé : timbres petits, délicats caractérisés contre puissance et cohérence lisse voire creuse. Or parmi les phalanges sur instruments modernes, le Wiener Philharmoniker se distingue toujours par son éloquence suprême, majestueuse et raffinée, une élégance superlative (la respiration des cordes, ce matelas sonore transparent et ductile qui s’accorde idéalement à tous les solistes qu’ils soient chanteurs ou instrumentistes…- qui fait le plus souvent les plus grandes expériences au concert comme à l’ opéra… Voilà pourquoi l’Orchestre outre ses compétences symphoniques, excelle dans le ballet et donc le programme de musique légère infiniment élégante et subtile qui caractérise essentiellement les valses de Strauss II… Superbement édité, le coffret publié par Decca pour les fêtes de fin d’année ravira tous les passionnés de symphonisme  grande classe, dont les années d’enregistrements couvrent au final une période riche en manières personnelles, celles des grands chefs du XXème siècle , des années 1950 aux années 1980: c’est donc une mine, une somme passionnante qui constitue aujourd’hui la mémoire vive de l’orchestre viennois. Evidemment pas de romantique français, ni même d’impressionisme debussyste ni ravélien… mais un répertoire “viennois” depuis l’après guerre centré sur Haydn, Mozart (Concertos pour piano, clarinette, Symphoies…), Beethoven, quelques Schubert, Bruckner, surtout Brahms… dont les intégrales s’agissant des B (Beethoven, Bruckner, Brahms, constituent les piliers du répertoire).

CLIC_macaron_2014Pierre Monteux, Herbert von Karajan (dès 1959), Karl Münchinger (1967), Leonard Bernstein (1966), Georg Szell (1964), Hans Schmidt-Isserstedt (1966 et dont le fils fut producteur chez Decca), en particulier Erich Kleiber (programme Beethoven de 1954 et  1955 : le père de Carlos n’a pas usurpé sa réputation); Solti (1958) et Abbado (1969), Böhm (1953), Mehta et Haitink (1982-1984)… Christoph von Dohnanyi dont sont hautement recommandables : le Mandarin merveilleux de Bartok de 1977 couplé avec le Concerto pour piano de Dvorak (Andras Schiff, piano en 1986)… sans omettre Istvan Kertesz dont Decca garde fortuitement la trace des événements de sa disparition brutale à 44 ans en 1973, fixant ses derniers enregistrements (Variations sur un thème de Haydn de Brahms)…

Si l’on analyse le contenu par compositeurs : le classement se précise. Par ordre de compositeurs les plus joué sur la période : Johann Strauss II, Beethoven, Brahms, Bruckner, Mozart, Richard Strauss, Wagner, Mahler puis Schubert, Mendelssohn, Schumann sont représentés pareillement. Sibelius, Tchaikovski, Verdi y font presque figures d’exception.

nicolai-otto-maestro-chef-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-1843Parmi les perles de ce coffret exceptionnel : notons la Symphonie n°3 de Brahms couplée avec les Quatre dernier lieder de Richard Strauss (Lisa della Casa par Böhm, 1953), les Symphonies n°4 de Brahms et n°5 de Schubert par Istvan Kertész (1971,1973), les danses hongroises de Brahms couplées avec Till l’espiègle et Mort et transfiguration de Strauss par Fritz Reiner (1956, 1960), Ma Vlast de Smetana par Rafael Kubelik (1958), la Symphonie n°2 de Bruckner (édition Haas, 1872) par Horst Stein (1973), les Symphonies n°4 et 7 de Sibelius (l’hédonisme sonore transfigure le souffle tragique et panthéiste de ces deux sommets symphoniques du XXè) par Lorin Maazel couplées avec Tapiola (1966-1969) ; les Suites de Casse-Noisette, du Lac des cygnes par Karajan (1965), toute la musique du ballet Giselle d’Adam par le même Karajan (1961), le Requiem de Verdi par Solti de 1968 (avec un plateau inimaginable mais qui porte l’estampille Decca : Sutherland, Horne, Pavarotti, Talvela !), évidement la compilation Wagner par le même Solti (1961-1982)… perle des perles les Wesendonck lieder et Kindertotenlieder où Kirsten Flagstad chante et Wagner et Mahler sous la direction de sir Adrian Boult (1956 et 1957)… autres joyaux : la Symphonie n°2 (1962), les extraits des ballets Spartacus et Gayaneh de Khachaturian par le compositeur lui-même (1977) ; l’excellent programme Janacek par Mackerras (Sinfonietta, Taras Bulba, Suite orchestral de la Petite renarde rusée, 1980).

Le rayon Mahler est particulièrement bien documenté et regroupe des gravures légendaires à posséder de toute urgence, – pas d’intégrale des Symphonies or Mahler fut directeur de l’Opéra de Vienne, mais une contribution marquante de ses cycles pour voix et orchestre : Symphonie n°2 Réssurection par Zubin Mehta (1975 avec Ileana Cotrubas et Christa Ludwig !) ; Das lied von der Erde par Kathleen Ferrier et Julius Patzak sous la baguette de Bruno Walter (1952 : c’est l’une des plus anciennes bandes du coffret : un must évidemment) ; le même Chant de la terre par Bernstein avec un duo masculin à jamais légendaire, d’ampleur et de poésie (Dietrich Fischer-Dieskau et James King sous la direction embrasée ardente de Leonard bernstein, 1966) …
Côté Richard Strauss, les Karajan sont présents (Also sprach Zarathustra (1959, couplé avec les planètes de Holst de 1961) ; mais aussi les lectures d’un proche du compositeur, et par lui validé : Clemens Krauss qui est le coauteur de Capriccio (Don Quixote, Aus Italien de 1953 – Sinfonia Domestica et Le Bourgeois gentilhomme de 1951 et 1962). Ce sont aussi : Ein Heldenleben par Solti, couplé avec les Quatre derniers lieder de Te Kanawa en 1990.

Et le Wiener ne serait pas l’institution qu’il est devenu sans l’effervescence élégantissime des programmes Johann Strauss II qui font toujours les délices des Concert du Nouvel An : écoutez ainsi pour vous remettre à la page d’une histoire prestigieuse telle qu’elle s’est écrit entre autre sous la direction de l’excellent Willi Boskovsky (programme Strauss II réunissant des bandes de 1957 à 1973), surtout le Concert du Nouvel An 1979. Pas d’élégance viennoise sans frou frou, sans ivresse nostalgique dont les instrumentistes autrichiens ont le secret comme l’impeccable sens du brio.

wiener-philharmoniker-box-coffret-the-orchestral-edition-details-booklet-cd-decca-wiener-philharmonikerWiener Philhamroniker, The orchestral edition. 64 cd DECCA ; coffret avec livret booklet de 196 pages (textes en anglais, allemand, japonais – pas de français). Soulignons la qualité éditoriale du coffret, en particulier le livret qui accompagne les cd : format à l’italienne, pochettes d’origine toutes reproduites, témoignages des ingénieurs du son et des producteurs DECCA sur l’épopée discographiiue ainsi réalisée depuis l’après guerre, textes d’introduction sur l’histoire de la collaboration du Wiener Philharmoniker avec Decca depuis le début des années 1950, le plus vaste projet discographique réunissant les deux firmes demeurant le Ring de Wagner par Solti en 1958, premier Ring stéréophonique de l’histoire de l’enregistrement… CLIC de classiquenews de novembre 2014.

Illustration : Otto Nicolai, le fondateur du Wiener Philharmoniker en 1843.