Compte-rendu, concert. VIENNE, concert du nouvel an, 1er janvier 2021 / Neujahrs Konzert 2021. Wiener Philharmoniker, Riccardo Muti (direction).

MUTI-concert-nouel-an-neujahrs-konzert-new-year-concert-WIEN-vienne-critique-cd-revieww-classiquenewsCompte-rendu, concert. VIENNE, concert du nouvel an, 1er janvier 2021 / Neujahrs Konzert 2021. Wiener Philharmoniker, Riccardo Muti (direction). Le chef milanais Riccardo MUTI revient « chez lui », pour le 6Ăš fois au Musikverein de Vienne, cĂ©lĂ©brant ce 1er janvier 2021 : des retrouvailles qui sont saluĂ©es cette annĂ©e, Ă  chaque fin de partie par les applaudissements enregistrĂ©s des spectateurs prĂ©sents mais derriĂšre l’écran de la mondiovision covid oblige ; la salle est vide mais les instrumentistes sont plus impliquĂ©s que jamais pour une cĂ©lĂ©bration qui fĂȘte l’avĂšnement de 2021 dans un contexte sanitaire des plus moroses, alors que se profile une 3Ăš vague, que plusieurs pays ferment tous les commerces, qu’un prochain confinement se profile de jour en jour. MalgrĂ© l’émergence des premiers vaccins
 DĂ©jĂ  le masque FFP2 devient la norme en Allemagne, en Autriche. L’Autriche justement qui au moment oĂč nous rĂ©digeons notre article, est confinĂ©e jusqu’à fin fĂ©vrier 2021.

AprĂšs une premiĂšre partie de programme assez conforme, – oĂč le chef choisit plusieurs nouveaux standards, inĂ©dits ici, signĂ©s de l’inusable Johann Strauss II (Schallwellen opus 148), comme Grubenlichter de Carl Zeller, ou In Saus und Braus d’un autre Carl 
 Millöcker. A chaque nouveau concert du 1er janvier, ses joyaux jouĂ©s « en premiĂšre » ; les musiciens semblent plus Ă  la fĂȘte dans la seconde partie.

En dĂ©but de cycle, certes l’ouverture de Franz von SuppĂš :“Poet and Peasant” / Dichter und Bauer, arbore noblesse et grandeur, mais le choix s’avĂšre dĂ©cevant car la piĂšce devient chevauchĂ©e qui tourne en rond ; et son cĂŽtĂ© « tagada tsoin tsoin » finit par montrer les limites de la baguette du chef, sa nervositĂ© racĂ©e certes, un rien tendue cependant.

La Polka Marguerite / Margherita-Polka (opus 244, autre inĂ©dit ici) de Josef Strauss, frĂšre de Johann II fait paraĂźtre les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne : trio amoureux dans le style annĂ©es 1930. On se rĂ©veille grĂące aux claquettes Ă©lectriques du galop vĂ©nitien (opus 74) de Johann I : valse infernale et frĂ©nĂ©tique. Puis rĂ©fĂ©rence Ă  Karajan qui la joua (mais dans sa version avec soprano), la sublime valse « Voix du printemps / FrĂŒhlingsstimmen » (op. 410) affirme la grande classe du roi incontestĂ© de cette fĂȘte, Johann Strauss II le fils ; toujours d’un kitsch surannĂ©e mais parfaits parce que mesurĂ©s et synchronisĂ©s avec l’orchestre, les danseurs (costume de Christian Lacroix)
Ă©voluent autour d’un carrosse, au Palais Lichtenstein ; puis dans les jardins, fleuris, de fait « printaniers » filmĂ©s Ă  la bonne pĂ©riode; sourires, esthĂ©tisme, lĂ©gĂšretĂ© si bienvenue en ses temps de crise sanitaire ; on en oublierait les temps de la covid.
Le programme est depuis longtemps la confirmation du gĂ©nie de Johann Strauss II. Baguette plus souple et badine, Muti enchaĂźne alors quatre piĂšces du gĂ©nie viennois : « In the Krapfenwaldl / Im Krapfenwald’l», Polka française, op. 336 (avec chant du coucou, plein d’humour) ; Nouvelles mĂ©lodies (quadrille opus 254) sur des thĂšmes d’opĂ©ras italiens (dont La Traviata de Verdi) ; la sublime Valse de l’Empereur / Kaiserwalzer, op. 437, avec en bonus tĂ©lĂ©visĂ©s, des images du rĂšgne de François-Joseph, dans le MusĂ©e Sissi, et des vues insistantes sur les cariatides du Musikverein, beautĂ©s dĂ©nudĂ©es de style nĂ©oclassique. Comme une rĂ©miniscence des fastes des derniers Habsbourg, la partition ensorcĂšle et finit par son solo de violoncelle, entonnĂ© comme une berceuse qui s’efface
 beau moment d’intĂ©rioritĂ© chambriste.

Enfin le programme officiel s’achĂšve par la polka rapide (polka schnell, fouettĂ©e, vive « Fougueux en Amour et dans la Danse / StĂŒrmisch in Lieb’und Tanz » opus 393, jouĂ©e avec le triangle scintillant, festival de nuances des plus subtiles.

Il est temps de saluer. Chef et instrumentistes font face camĂ©ra, les applaudissements des spectateurs du monde entier, prĂ©alablement enregistrĂ©s, rĂ©sonnant dans le vaste volume du Musikverein, – les photos des spectateurs sont diffusĂ©s Ă  l’antenne en frises mosaĂŻques- ; Muti fixe les camĂ©ras, un rien hautain sans s’incliner. Toujours cette superbe nerveuse qui apporte Ă  sa direction la tension virile qu’on lui connaĂźt. En bis, une premiĂšre « Surprise » : galop Ă©lectrique, d’une Ă©nergie orgiaque (« Furioso Polka » de Johann fils). Puis l’allocution Ă©tonnamment longue du chef, contexte sanitaire oblige se rĂ©vĂšle finalement plus audacieuse et pertinente que sa direction.
Les mots de Muti sonnent justes et pĂ©nĂ©trants, 
 politiques. Ils Ă©voquent d’abord les mannes des compositeurs qui ont marquĂ© l’histoire du Musikverein, ceux dont les Ɠuvres ont Ă©tĂ© crĂ©Ă©es ou ont rĂ©sonnĂ© de maniĂšre spĂ©cifique ici mĂȘme : Brahms, Bruckner, Mahler (avec justesse car ce dernier est souvent « oublié » alors que sa contribution Ă  l’OpĂ©ra demeure fondamental) ; Muti inspirĂ© poursuit : les armes de la musique sont l’amour et sa mission pour l’humanitĂ© n’en fait pas un divertissement mais une nĂ©cessitĂ© spirituelle : que les politiques partout dans le monde considĂšrent la musique avec plus de respect – dĂ©claration affĂ»tĂ©e, pleine de gravitĂ© fraternelle Ă  la hauteur de la situation que nous vivons tous : oui, bravo maestro Muti, cĂ©lĂ©brons l’an neuf « Happy new year » dans la clairvoyance et l’estimation d’une culture enfin rĂ©Ă©valuĂ©e ; dans la crise sanitaire que nous vivons depuis 1 an dĂ©jĂ , les spectacles Ă©tant tous empĂȘchĂ©s, les salles fermĂ©es depuis le 28 octobre 2019 (en France) : il est temps de se reprendre et reconnaĂźtre dans l’exercice de la culture vivante, une respiration salvatrice. Souhaitons que la culture et la musique, tous genres confondus et pas seulement le classique et l’opĂ©ra, ne soient plus ses variables d’ajustement ; en appliquant la mise Ă  distance, en modulant leur jauge, en organisant les flux d’entrĂ©e et de sortie des publics, 
 etc.. les salles ont dĂ©montrĂ© prĂ©cĂ©demment leur capacitĂ© Ă  appliquer les mesures de sĂ©curitĂ© sanitaire.

On aurait aimĂ© qu’il demande et exhorte les nations de la planĂšte Ă  protĂ©ger les animaux, martyrs de l’extinction qui se rĂ©alise (1 milliard de morts en Australie suite aux incendies jamais vus auparavant), Ă  planter des arbres partout, surtout dans les villes
 pour rendre la planĂšte plus respirable. Mais on ne peut demander tout Ă  un seul artiste. Claudio Abbado n’avait-il pas aidĂ© Ă  la replantation de milliers d’arbres quelques mois avant de mourir ? Que la culture et le spectacle vivant dont la musique puissent retrouver leurs publics, voilĂ  qui serait dĂ©jĂ  un pas salvateur.

Rite obligĂ©, voici en premiĂšre offrande de fin, le Beau Danube Bleu / An der schönen blauen Donau, crĂ©Ă© Ă  Paris pour l’exposition universelle en 1867 (dans une version chorale prĂ©liminaire bien diffĂ©rente de celle orchestrale actuelle). Le jeu collectif s’exĂ©cute mais la direction de Muti a perdu de son panache. Le geste est raide et le son, dĂ©nuĂ© de suspension.
Enfin sans la claque des spectateurs, de Johann Strauss pĂšre : la Marche de Radetzky, opus 228 (pas sĂ»r que ce dernier rituel plaise tant Ă  Muti le milanais car la partition de Johann Strauss Ă©voque la victoire des autrichiens sur les italiens en 1848). Cette Ă©dition du Concert du Nouvel An nous laisse indĂ©cis : le programme est enchanteur ; sa rĂ©alisation peu sensible ; parfois martiale et sĂšche. En revanche le discours trĂšs politique du chef suscite l’adhĂ©sion totale. Que la musique vivante soit une nĂ©cessitĂ© vitale : la dĂ©claration vaut manifeste qui doit ĂȘtre suivi d’effets. A bon entendeur, salut ! Bonne annĂ©e 2021 Ă  tous. Le cd du concert Ă©vĂ©nement est paru chez Sony classical (notre visuel).

LIRE aussi notre annonce du CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE 2021 :
http://www.classiquenews.com/concert-du-nouvel-an-2021/

 

 

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LIRE aussi nos comptes rendus précédents RICCARDO MUTI / Concerts du Nouvel An à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.

 

 

COMPTE-RENDU, critique. CONCERT DU NOUVEL AN 1er janvier 2013 / Franz Welser-Möst, directon. Cette annĂ©e, retour du chef Franz Welser-Möst, dĂ©jĂ  prĂ©sent pour le concert du nouvel an 2011. AprĂšs Mariss Jansons, l’actuel directeur musical de l’OpĂ©ra de Vienne et du Cleveland symphony Orchestra, a d’autant plus de lĂ©gitimitĂ© pour diriger les musiciens du Philharmoniker que ce sont les mĂȘmes instrumentistes qu’il dirige tout au long de l’annĂ©e dans la fosse de l’OpĂ©ra d’état. L’Orchestre assure toutes les reprĂ©sentations lyriques
 un exercice permanent qui suscitant des sĂ©ances de travail rĂ©guliĂšres explique certainement l’excellente musical de la phalange.
Cette annĂ©e au Musikverein de Vienne, dĂ©corĂ© comme Ă  l’habitude de bouquets et de gerbes floraux, le chef autrichien a choisi de rendre hommage en particulier au fils cadet de Strauss pĂšre, Josef, mort prĂ©maturĂ©ment mort Ă  43 ans et qui reste dans l’ombre de son gĂ©nial ainĂ©, Johann II, indiscutablement le maĂźtre compositeur de la famille.

 

 
 

 

CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, histoire d’un rite devenu lĂ©gendaire

NOUVEL AN Ă  Vienne : Un 1er janvier sans publicCONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2021 : Histoire d’un rituel lĂ©gendaire. Ce 1er janvier 2021, tous Ă  Vienne pour suivre le mythique concert du NOUVEL AN 2021, dĂšs 11h, retransmis en mondiovision dans 90 pays (quand mĂȘme) ; rien de mieux coupe de champagne en mains, pour fĂȘter l’annĂ©e nouvelle et son lot d’espoirs, d’autant plus opportuns aprĂšs une annĂ©e aussi dĂ©sastreuse que celle de 2020. Sans public, – covid oblige, le concert du Concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2021 doit sa renommĂ©e Ă  l’excellence de son orchestre, le subtil et Ă©lĂ©gantissime Philharmonique de Vienne au passĂ© prestigieux: expert dans l’interprĂ©tation de Strauss (Richard), Mozart, Mahler, Beethoven
 la phalange lĂ©gendaire a aussi imposĂ© sa marque en cĂ©lĂ©brant chaque 1er janvier, les partitions des rois de la valse, spĂ©cialitĂ© viennoise, les Johann Strauss pĂšre et fils, mais aussi Josef Strauss frĂšre de ce dernier.
En partenariat avec le Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, la cĂ©lĂ©bration orchestrale est devenue au fil des 10 derniĂšres annĂ©es, un vĂ©ritable spectacle chorĂ©graphique, les ballets Ă©tant rĂ©aliser dans les lieux emblĂ©matiques du patrimoine viennois, vĂ©ritable carte postale aussi pour doper le tourisme autrichien.

MUTI riccardo Muti_120128_041_crop_Todd_Rosenberg-e1365787405319Le 1er janvier 2021, le Concert du Nouvel An Ă  Vienne fĂȘte ses 80 ans (opĂ©ration lancĂ©e le 1er janvier 1941), comme leur chef invitĂ© Ă  diriger les Wiener Philharmoniker, Riccardo Muti, familier de l’exercice (80 ans en juillet 2021, et voici sa dĂ©jĂ  …7Ăšme occassion de diriger les Wiener pour le Nouvel An) : il a rĂ©cemment rĂ©alisĂ© la direction musicale du Concert du Nouvel An Ă  Vienne le 1er janvier
 2018 (Lire ici notre critique : Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction /
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-critique-concert-vienne-musikverein-le-1er-janvier-2018-concert-du-nouvel-an-2018-wiener-philharmoniker-riccardo-muti/ )

DĂšs 1939, c’est Clemens Kraus, grand spĂ©cialiste des opĂ©ras de Richard Strauss qui dirige le Philharmonique de Vienne pour un concert de l’an neuf, alors au sein du grand Reich nazi. AprĂšs la guerre 39-45, Joseph Krips dirige le Concert jusqu’en 1948, avant que Krauss ne remonte sur le podium jusqu’en 1954.
En 1959, le Concert devient rituel tĂ©lĂ©visĂ©, touchant aujourd’hui 30 millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Premier violon, Willi Boskowski, baguette lyrique et passionnĂ©e, dirige  l’orchestre jusqu’en 1979. Le cadre se fixe alors, comptant ses kitcheries dĂ©sormais emblĂ©matiques : plans larges et serrĂ©s sur le dĂ©cor nĂ©oclassique de la salle dorĂ©e du Musikverein (cariatides dorĂ©es aux seins dĂ©voilĂ©s, gros plans sur les fleurs multicolores dĂ©ployĂ©es pour l’occasion…).

Dans les annĂ©es 1980, avec l’invitation de Lorin Maazel, le Concert du Nouvel An Ă  Vienne devient dĂ©filĂ© des grands chefs internationaux : certains reviennent comme une confirmation de leur charisme planĂ©taire, ainsi Lorin Maazel (rĂ©invitĂ© 4 fois entre 1994 et 2005), surtout le dieu de Berlin, Karajan (et un concert mythique avec Kathleen Battle en 1984), surtout l’argentin Carlos Kleiber, digne fils de son pĂšre (Erich, lui aussi immense chef), qui dirigea les Wiener en 1989 et 1992 ; puis Claudio Abbado, Zubin Mehta, Nikolaus Harnoncourt, Mariss Jansons, Seiji Ozawa, Daniel Barenboim, Franz Welzer-Most, Christian Thielemann, Gustavo Dudamel ou l’unique français George PrĂȘtre, jusqu’au plus lisse Andris Nelsons en 2020.

Et pour le 1er janvier 2021, qui sera l’heureux Ă©lu, se prĂ©valant ainsi d’une reconnaissance mĂ©diatique et planĂ©taire, un graal en quelque sorte ? Concernant Riccardo Muti, l’annonce en avait Ă©tĂ© faite dĂšs  janvier 2020 : LIRE notre dĂ©pĂȘche annonce Riccardo Muti dirige le CONCERT DU NOUVEL AN 2021


CONCERT du NOUVEL AN 2021

vienne-musikverein-conert-nouvel-an-vienne-critique-annonce-concert-classiquenewsEN DIRECT, VIENNE : le concert du Nouvel An sans public. Le Musikverein de Wien accueille le 1er janvier 2021, le lĂ©gendaire concert du Nouvel An, rĂ©alisĂ© par le Philharmonique de Vienne cette annĂ©e sous la direction de Riccardo Muti est diffusĂ© en direct en mondiovision (France 2 / 90 pays) et sur France Musique depuis une salle aux ors dĂ©sormais mythiques et pour l’occasion covid oblige, sans public. Mais pour prĂ©server l’ambiance, les applaudissements des spectateurs qui le souhaitent pourront ĂȘtre diffusĂ©s dans la salle via une application. Riccardo Muti prolonge la tradition viennoise, laissant la part belle dans le programme aux Ɠuvres de Johann Strauss fils dont l’exceptionnel et sublime chant du printemps (pour orchestre et soprano, une partition adulĂ©e par Karajan en son temps, accompagnant la pimpante et volubile coloratoura Kathleen Battle, 1987).
https://www.youtube.com/watch?v=VBrfSzlSPII

L’évĂ©nement est retransmis en direct le 1er janvier 2021 Ă  partir de 11h15 sur France Musique et sur France 2.

Pour participer au concert, il faut s’inscrire sur le site Internet du concert du nouvel an, un lien est ensuite envoyĂ© Ă  chaque personne inscrite afin de participer virtuellement et en direct au concert grĂące Ă  son tĂ©lĂ©phone portable. Toujours via l’application, les participants virtuels pourront se prendre en photo afin que celle-ci soit diffusĂ©e en direct Ă  la tĂ©lĂ©vision ainsi que sur un mur d’Ă©crans situĂ© juste derriĂšre l’orchestre philharmonique de Vienne.

 

NOUVEL AN Ă  Vienne : Un 1er janvier sans public

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VISITER le site des WIENER PHILHARMONIKER
https://www.wienerphilharmoniker.at/en/

VOIR la page du Concert du Nouvel An 2021 / Neujahrskonzert 2021
https://www.wienerphilharmoniker.at/en/newyearsconcert

 

 

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Programme
https://live.wienerphilharmoniker.at/en/konzerte/new-years-concert/9893/

Franz von SuppĂš : Fatinitza March
Johann Strauß (Sohn) : Schallwellen (Sound Waves), Waltz, op. 148 Johann Strauß (Sohn) : Niko Polka, op. 228
Josef Strauß : Ohne Sorgen (Without a Care), Fast Polka, op. 271
Carl Zeller : Grubenlichter (Davy Lamps), Waltz
Carl Millöcker : In Saus und Braus (Living It Up), Galop

Entracte

Franz von SuppĂš : Overture to “Poet and Peasant”
Karl Komzák : Bad’ner Mad’ln (Girls of Baden), Waltz, op. 257
Josef Strauß : Margherita Polka, op. 244
Johann Strauß (Vater) : Venetian Galop, op. 74

Johann Strauß (Sohn) :
FrĂŒhlingsstimmen (Voices of Spring), Waltz, op. 410

Johann Strauß (Sohn) : In the Krapfenwaldl, Polka française, op. 336 Johann Strauß (Sohn) : New Melodies Quadrille. op. 254
Johann Strauß (Sohn) : Emperor Waltz, op. 437
Johann Strauß (Sohn) : Tempestuous in Love and Dance, Fast Polka, op. 393

 

Reprise (avec applaudissements synchronisés ?) : Johann Strauss pÚre : La Marche de Radetzky, puis Johann Strauss fils : Le Beau Danube Bleu

 

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Approfondir

 

 

VOIR le concert du Nouvel An / Karajan, Battle, Vienne 1987 :

 

 

LIRE aussi notre annonce du Concert du Nouvel An Ă  Vienne 1er janvier 2021 : Riccardo Muti pour la 6Ăš fois !

 

 

 

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CRITIQUES et présentations des CONCERTS DU NOUVEL AN passés :


musikverein saal concert du nouvel an 2016njk14_TRY_0497COMPTE-RENDU, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction. Le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les dĂ©buts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien dĂ©jĂ  familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistrĂ© l’intĂ©grale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivitĂ©s des 150 ans de la crĂ©ation du Musikverein, salle mythique, dite la boĂźte Ă  chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont dĂ©roulĂ©s.

 

 

 

 

LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos prĂ©cĂ©dents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010
 :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

 

ORCHESTRES. En novembre 2020, le Philharmonique de Vienne part en tournée au Japon

logoORCHESTRES. Le Philharmonique de VIENNE part en tournĂ©e. TournĂ©e de concerts pour le Wiener Philharmoniker au Japon du 5 au 14 nov 2020. MalgrĂ© la pandĂ©mie et les nombreux couvres feux et confinements imposĂ©s en Europe, l’administration du Philharmonique de Vienne confirme qu’il peut partir en tournĂ©e au Japon (Kitakyushu, Osaka, Kawasaki, Tokyo) sous la direction de Valery Gergiev.

PLUS d’infos : https://www.wienerphilharmoniker.at/orchestra/philharmonic-journal/year/2020/month/9/blogitemid/1474/page/1/pagesize/20

wiener-philharmoniker-philharmonique-de-vienne-valery-gergiev-concert-critique-classiquenews

CD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978)

karajan-the-complete-decca-recordings-wiener-philh-review-cd-critique-opera-concert-classiquenewsCD, coffret Ă©vĂ©nement. KARAJAN: The complete DECCA recordings (33 cd, DECCA / 1957 – 1978) – Voici un coffret miraculeux qui tĂ©moigne du travail de Herbert Von Karajan (HVK) de la fin des annĂ©es 1950 (1959 quand il devient directeur de l’OpĂ©ra de Vienne) jusqu’à 1978 (enregistrement des Nozze di Figaro en mai 1978 avec un plateau rĂ©jouissant : Krause, Cotrubas, Van Dam, Von Stade
 on reste plus rĂ©servĂ© sur la Comtesse de Tomowa-Sintov). Ainsi est rĂ©capitulĂ©e deux dĂ©cennies de direction artistique oĂč Karajan peaufine la sonoritĂ© orchestrale idĂ©ale, entre tension et dĂ©tail, architecture et Ă©loquence expressive. Toutes les rĂ©alisations orchestrales concernent ici les Wiener Philharmoniker, idoines, si naturels chez Strauss (Richard et Johann dont la version de Die Fledermaus de 1960, est avec celle de Kleiber, anthologique, jubilatoire, vrai joyau comique et thĂ©Ăątral, avec cerise sur le gĂąteau, le fameux gala oĂč vĂ©ritable rĂ©cital lyrique dans l’opĂ©ra, les invitĂ©s du prince Orlowsky / Resnik, en son salon, se succĂšdent, offrant une synthĂšse des belles voix des sixties : Tebaldi, un rien fatiguĂ©e ; Corena en français ; Nilsson ; del Monaco ; Berganza, Sutherland, Björling, Price, Simionato
 excusez du peu, autant de solistes que l’on retrouve par ailleurs dans les productions lyriques intĂ©grales qui composent aussi le coffrer). Il est vrai que Karajan autour de la cinquantaine, est le chef Ă©mergeant, surtout avec le dĂ©cĂšs des maestros Klemperer, Böhm, Fricsay
 en trĂšs peu de temps, le chef salzbourgeois impose sa pĂąte Ă  la fois hĂ©doniste quand aux Ă©quilibres sonores, et toujours en quĂȘte de profondeur, ce supplĂ©ment d’ñme dont a parlĂ© Pavarotti (dans La BohĂšme avec la Mimi lĂ©gendaire de Mirella Freni, seul enregistrement du coffret rĂ©alisĂ© avec les « autres » instrumentistes choisis par HVK : les Berliner Philharmoniker, en 1972).

CLIC D'OR macaron 200Il est vrai que l’époque est celle des enregistrements mythiques de Decca en studio, spatialisĂ©, avec un nombre suffisant de micros pour crĂ©er l’illusion des dĂ©placements et des situations (une conception poussĂ©e encore plus loin, pour les enregistrements simultanĂ©s de Solti en particulier chez Wagner : premier Ring stĂ©rĂ©o, rĂ©alisĂ© aussi Ă  Vienne dĂšs 1958 et jusqu’en 1964)
 Pour se faire Karajan a trouvĂ© son producteur / ingĂ©nieur idĂ©al en la personne de John Culshaw, partenaire d’une sensibilitĂ© musicale au moins Ă©gale Ă  celle du chef : le duo produira des chefs d’oeuvres studio aussi bien lyriques que symphoniques
 dont tĂ©moignent le prĂ©sent coffret : Aida de 1959 avec Tebaldi, Bergonzi, Simoniato
 Les PlanĂštes de Holst, Peer Gynt de Grieg (1961, cd7) ; remarquable KARAJAN-1960Bundesarchiv_Bild_183-S47421,_Herbert_von_Karajan-classiquenews-critique-cd-concerts-opera-classiquenewsd’articulation et de vitalitĂ© aĂ©rĂ©e, Giselle d’Adam (sept 1961, 10) ; Otello de Verdi (Tebadlo, Del Monaco
 mai 1961) ; Tosca (Price, Di Stefano, Taddei (sept 1962) ; enfin Carmen (Price, Corelli, Freni, Merrill
, nov 1963) ; les derniĂšres productions Ă  partir des annĂ©es 1970 ne concernent plus Culshaw (Boris, 1970 ; La BohĂšme dĂ©jĂ  citĂ©e de 1972 ; Butterfly avec Freni, Pavarotti, Ludwig Kerns, 1974 ; enfin les Nozze de 1978). L’apport est majeur, et dĂ©jĂ  connu car il a Ă©tĂ© intĂ©grĂ© dans de prĂ©cĂ©dentes intĂ©grales Karajan (Ă©ditĂ©es par DG). La quintessence du son Karajan se dĂ©voile ici dans son sens du dĂ©tail, de l’intĂ©rioritĂ© ; dans la caractĂ©risation psychologique de sa conception des rĂŽles Ă  l’opĂ©ra ; dans la plĂ©nitude sonore, ronde et ciselĂ©e que seul les Wiener Philharmoniker ont su lui proposer. Coffret Ă©vĂ©nement. CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2020.

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LIRE aussi le RING de WAGNER par Solti et John Culshaw (1958-1964)
https://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-wagner-der-ring-des-nibelungen-georg-solti-1958-1964-cd-decca/

CD, DVD, BLU RAY. STRAUSS, New Year concert, Concert du Nouvel AN 2020, Andris Nelsons, Vienna Philharmonic (Sony classicla)


ANDRIS NELSONS vienna philharmonic neujahrskonzert new year concert 2020 cd reviex dvd blu ray classiquenewsCD, DVD, Blu ray, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons
, direction (SONY CLASSICAL). Le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE, ce 1er janvier 2020 marque les dĂ©buts dans cet exercice du chef letton Andris Nelsons (41 ans), musicien dĂ©jĂ  familier des instrumentistes viennois, avec lesquels il a enregistrĂ© l’intĂ©grale des Symphonies de Beethoven pour DG Deutsche Grammophon. C’est aussi un concert de gala qui ouvre les festivitĂ©s des 150 ans de la crĂ©ation du Musikverein, salle mythique, dite la boĂźte Ă  chaussure magique, dans laquelle tous les concerts du Nouvel An se sont dĂ©roulĂ©s.

Polka rapide composĂ©e par Edouard Strauss (le dernier de la fratrie Strauss, aux cĂŽtĂ©s de Johann II et Josef ; celui qui a brĂ»lĂ© partitions et matĂ©riel d’orchestre sous un coup de folie) :

Le caractĂšre gĂ©nĂ©ral de cette annĂ©e est dĂ©voilĂ© dĂšs la premiĂšre Ɠuvre choisie par le chef pour son premier Concert du Nouvel An : de Carl Michael Ziehrer, Die Landstreicher / Les Vagabonds (Ouverture). Le chef letton affirme d’emblĂ©e sans prĂ©ambule une joie militaire, galop Ă  la Offenbach, un rien pĂ©taradant (avec coups de piccolos) ; musique un peu trop dĂ©corative et narrative pour un dĂ©but : la sonoritĂ© est un rien tendue qui manque de dĂ©tente, de souplesse. Heureusement, ce raffinement viennois qui nous manquait tant, surgit Ă  l’éclosion de la valse finale : mais Ziehrer ne maĂźtrise pas l’orchestration comme Johann II et ses frĂšres ; cela sonne un peu raide et sec.

Dans Message d’amour (LiebesgrĂŒĂŸe), valse opus 56 de Josef Strauss, la direction est dure et Ă©paisse ; le maestro a choisi surtout des piĂšces d’inspiration et de caractĂšre nettement militaire comme l’atteste la piĂšce qui suit du mĂȘme Josef S : « Liechtenstein-Marsch » op. 36, exclamation militaire Ă©noncĂ©e comme un quadrille enlevĂ© qui semble Ă©voquer la superbe des armĂ©es, en leurs parades de rangs serrĂ©s, parfaitement alignĂ©s. Le geste pourtant clairs et prĂ©cis confine Ă  la mĂ©canique.

La Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111 de Johann Strauss II, est enfin la premiĂšre oeuvre du programme, de vrai grand raffinement aux Ă©quilibres instrumentaux plus subtils qui forcent le chef Ă  mieux polir la cadence et colorer davantage en piani plus ciselĂ©s. Mais le geste demeure gĂ©nĂ©reux et avare en gradations infimes, en phrasĂ©s pourtant inscrits et si dĂ©lectable dans le cas de Johann II. Puis du mĂȘme Johann, seigneur et souverain de la valse viennoise, c’est « Wo die Zitronen blĂŒh’n », Waltz, op. 364 (Where the Lemon Trees Blossom) : Grande valse au pays des citronniers en fleurs. le dĂ©but a la flamboyance d’un dĂ©but wagnĂ©rien : cor et flĂ»te enchantĂ©s ; c’est un lever de rideau, comme dans un rĂȘve qui dure encore au moment du rĂ©veil. Visiblement, maestro Nelsons allĂšge le trait, change son allure militaire et carrĂ©e, pour une souplesse quasi naturelle. MĂȘme geste fluide et trĂ©pidant dans la derniĂšre piĂšces, courte et enlevĂ©e qui conclut la partie 1 du concert viennois : Knall und Fall, Polka rapide, op. 132 d’Eduard Strauss, celui qui a brĂ»lĂ© partitions et matĂ©riel d’orchestre sous un coup de folie, comme pour se venger de ses ainĂ©s trop Ă©crasants
 Enfin la pĂ©tillance du champagne emmenĂ©e en une frĂ©nĂ©sie certes un peu clinquante se livre Ă  nous par un orchestre en incandescence.

La deuxiĂšme partie dĂ©bute par une ouverture fameuse pour son rythme trĂ©pidant et ses couleurs frĂ©nĂ©tiques dont la cadence et l’orchestration rappellent 
 Rossini (celui du Guillaume Tell, Ă  l’ouverture elle aussi, trĂ©pidante et trĂšs suggestive). L’ouverture de Leichte Kavallerie de Franz von SuppĂ© confirme une Ă©criture taillĂ©e pour le drame et le thĂ©Ăątre ; les cors sont Ă  la fĂȘte, d’une effervescence exacerbĂ©e ; on y retrouve l’entrain de l’ouverture de Guillaume Tell, sa facĂ©tie, sa franchise, sa fougue martiale. La carrure du chef va bien Ă  la frĂ©nĂ©sie conquĂ©rante de la musique de SuppĂ©.

 

 

 

 

 

 

Andris Nelsons dirige les Wiener Philharmoniker
Grisant mais pas Ă©blouissant

 

 

CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE 2020

 

 

 

Dans Cupido, Polka française op. 81 de Josef Strauss, l’orchestre retrouve son aplomb naturel en un rythme modĂ©rĂ© (pas trop rapide selon la tradition de la polka française) oĂč souveraines, les cordes sont aguicheuses, d’une suavitĂ© Ă©lĂ©gantissime. Le point d’orgue du programme qui sait jouer aussi la carte touristique avec le concours du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, est la trĂšs belle valse de Johann II :
« Seid umschlungen, Millionen! » / Be Embraced, You Millions! / Embrassez-vous par millier, Waltz op. 443, oĂč l’orchestre joue la partition d’une sĂ©quence filmĂ©e (le concert est comme chaque annĂ©e retransmis en direct dans le monde entier) : dans l’enfilade des salons de la rĂ©sidence d’hiver du prince EugĂšne de Savoie, danseurs et musiciens racontent le rĂȘve Ă©veillĂ© d’une jeune femme qui revĂȘt une robe de dentelles rouges, au bras d’un prince d’un soir : le couple se forme, se cherche, s’évalue (chorĂ©graphie de Carlos Martinez), au rythme de la subtilitĂ© d’une musique entĂȘtante Ă  souhait ; la voici notre Ă©quation rĂ©ussie du kitsch Ă  la viennoise ; temps suspendu que permet la fĂ©erie de la valse de Johann II.
Sur ce rythme enlevé, les piÚces se succÚdent : Fleur de glace, mazurka de Josef Strauss (Polka mazurka op. 55, arrangement: Wolfgang Dörner) dont on retient le chien et le tempérament ;
La gavotte de Josef Hellmesberger Jr. dont les pizzicati maĂźtrisĂ©s rĂ©activent la dĂ©licatesse et la rondeur des Wiener Philharmoniker, ambassadeurs inspirĂ©s de cette danse hĂ©ritĂ©e du XVIIIĂš ; le galop du Postillon (op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner) du Strauss danois, Hans Christian Lumbye et qui permet au chef amusĂ©, de jouer du clairon car il a commencĂ© sa carriĂšre de musicien en jouant cette partie
 LĂ  encore, signature du programme dans son ensemble, c’est la verve militaire et le rythme rien que conquĂ©rant jusqu’à la transe qui marquent les esprits.

Clin d’oeil Ă  l’anniversaire Beethoven en 2020 (250Ăš anniversaire de la naissance en 1770 Ă  Bonn), l’orchestre joue quelques unes des contredanses de Ludwig van B., soit les piĂšces 1, 2, 3, 7, 10 & 8 des 12 ContretĂ€nze WoO 14. C’est un festival de courtes piĂšces d’une rare frĂ©nĂ©sie chorĂ©graphiques en effet et qui se prĂȘtent idĂ©alement Ă  leur mise en danse par trois couples du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne dont l’une des danseuse en look Dior, chapeau / jupe au dessin parisien. Mais les danses elles sont trĂšs mozartiennes ; dont certaine ont une mĂ©lodie qui sera repris dans le ballet « Les CrĂ©atures de PromothĂ©e » ; avec cette trĂ©pidation rythmique, si emblĂ©matique de la symphonie n°8 (entre autres) : tout le gĂ©nie de Ludwig est concentrĂ©, avec ce goĂ»t de la variation, cette nervositĂ© virile d’un Beethoven traversĂ© par une fougue primitive.
Le concert se dĂ©roule ensuite en soulignant le raffinement et l’invention mĂ©lodique des ainĂ©s de la fratrie, aussi inspirĂ©s l’un que l’autre : surtout Johann Strauss Jr. : « Freuet euch des Lebens » (Joies de la vie : valse opus 340 Ă©crite et jouĂ©e ici mĂȘme pour inaugurer le Musikverein (janvier 1870) ; puis l’inusable Tritsch-Tratsch Polka,
Polka rapide op. 214 qui reste le grand classique de la trĂ©pidation viennoise avec la caisse claire, rythmiquement nerveux et enjouĂ©, d’une sĂ©duction irrĂ©sistible.

Tout concert du Nouvel An Ă  Vienne ne peut se terminer sans ses deux volets de conclusion, signĂ©s des deux Johann, le fils et le pĂšre : Le beau Danube bleu (Johann II) dont le dĂ©but est Ă  peine esquissĂ© pour permettre au chef et aux musiciens de dire leurs voeux ; puis cette autre poncif : La Marche de Radetski (du pĂšre, Johann I), qui permet au public, conquis Ă  ce stade du concert, d’interagir avec le chef, en claquant des mains 
 le rituel est rodĂ© ; il est devenu parfaitement huilĂ©. Au risque d’une certaine routine. Dans sa continuitĂ©, ce concert du Nouvel An Ă  Vienne ne dĂ©pare pas de la perspective dĂ©jĂ  Ă©coutĂ©e. On y relĂšve cependant pas la finesse d’élocution comme la subtilitĂ© dont ont Ă©tĂ© capables en leur occasion, les maestros prĂ©cĂ©dents tels Dudamel, Jansons, Welser-Möst
 Avec Nelsons, et avant lui en 2018, Muti, comme avant Thielemann, la finesse et la grĂące ont laissĂ© la place Ă  l’intensitĂ© et la fougue. Question de style.
Grisant mais pas éblouissant. A chacun sa préférence. SONY édite le cd et le dvd du concert du Nouvel An 2020 (comme chaque année).

 

 

 

 

 

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CD, DVD, BLU RAY, critique, concert du NOUVEL AN 2020. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2020. STRAUSS
 Wiener Phil. Andris Nelsons, direction.

 

 

En savoir plus, visitez le site de SONY CLASSICAL :
mariss-jansons-vienna-wiener-philharmonic-new-year-concert-2020-critique-cd-dvd-blu-ray-critic-review-classiquenews

 

 

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LIRE nos précédents critiques et comptes rendus du CONCERT DU NOUVEL AN à VIENNE :

1er janvier 2018 : Riccardo MUTI dirige le concert du NOUVEL AN Ă  VIENNECompte rendu, critique, concert. Vienne, Musikverein, le 1er janvier 2018. CONCERT DU NOUVEL AN 2018. Wiener Philharmoniker / Riccardo Muti, direction. Pour le concert du Nouvel An Ă  Vienne ce 1er janvier 2018, revoici les instrumentistes du Philharmonique de Vienne sous la direction du chef familier pour eux, Riccardo Muti. Nous les avions quittĂ©s ici mĂȘme le 1er janvier 2017 sous la direction de Gustavo Dudamel : jeune et trĂšs prĂ©cis maestro : le plus jeune alors depuis des dĂ©cennies Ă  diriger les prestigieux instrumentistes autrichiens. Les ors et les fleurs en surabondance, selon le goĂ»t spĂ©cifique des Viennois pour l’ultra kitsch (Sissi n’est pas loin, sans omettre les fastes sirupeux de Schönbrun), soulignent l’importance musical, surtout mĂ©diatique de l’évĂ©nement.

 

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker. Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques).

 

 

et aussi :

LIRE AUSSI nos prĂ©cĂ©dents comptes rendus du Concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE 2016, 2015, 2014, 2012, 2010… :

Mariss Jansons / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2016
http://www.classiquenews.com/cd-evenement-concert-du-nouvel-an-2016-a-vienne-neujahrskonzert-new-years-concert-2016-vienna-philharmonic-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-mariss-jansons-directio/
Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/
Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/
Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/
Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

 

Concert du NOUVEL AN Ă  VIENNE 2020

CONCERT DU NOUVEL AN 2019FRANCE 2, mer 1er janv 2020, 11h, 14h. VIENNOISERIE SYMPHONIQUE. Concert du Nouvel An Ă  VIENNE / Philharmonique de Vienne, 1er janvier 2020. En direct du Musikverein de Vienne : c’est l’évĂ©nement international organisĂ© par l’Union EuropĂ©enne de Radio-TĂ©lĂ©vision et diffusĂ© dans prĂšs de 100 pays Ă  travers le monde, le concert du nouvel an Ă  Vienne par la phalange orchestrale la plus Ă©lĂ©gante au monde, les Wiener Philharmoniker. L’audience globale de cette diffusion en direct est estimĂ©e Ă  plus de 50 millions de tĂ©lĂ©spectateurs, dont 3 millions de tĂ©lĂ©spectateurs français. Suscitant de telle chiffre d’audience, assurĂ©ment le classique a de beaux jours devant lui ; l’expĂ©rience vaut d’ĂȘtre vĂ©cue, coupe de champagne et petits fours Ă  disposition : c’est pour nous le meilleur moyen de fĂȘter l’an neuf.

france2-logoCONCERT & ESCAPADE Ă  VIENNE
 France 2 va plus loin, comme depuis 4 ans Ă  prĂ©sent, prolongeant le concert symphonique proprement dit par un second volet, Ă  14h, et dans la foulĂ©e du concert, touristique et patrimonial, Ă  la dĂ©couverte de la Vienne historique, culturelle, mĂ©lomane. StĂ©phane Bern a donc pour mission d’emmener les tĂ©lĂ©spectateurs Ă  la dĂ©couverte de la capitale autrichienne, de ses lieux emblĂ©matiques, dont plusieurs endroits secrets typiquement viennois. La France se dĂ©clarerait-elle amoureuse de sa consƓur europĂ©enne, la plus mĂ©lomane en rĂ©alitĂ© ?

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Le concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2020
en direct Ă  partir de 11h10
Orchestre Philharmonique de Vienne
Andris Nelsons, direction
Diffusion en direct sur France Musique

bruckner andris nelsons symphony n 3 gewandhaus orchester cd review critique par classiquenews 00289479757792019 voit la prise de direction du chef letton, Andris Nelsons, leader parmi les nouveaux maestros de l’écurie DG Deutsche Grammophon, interprĂšte dĂ©jĂ  remarquĂ© dans les symphonies de Bruckner, de Chostakovitch, et avec les instrumentistes viennois, des 9 symphonies de Beethoven. L’intĂ©grale est dĂ©jĂ  parue chez DG. Ce n’est donc pas la premiĂšre fois que le chef dirige les instrumentistes. Mais c’est pour lui, son premier Concert du Nouvel An. Un passage obligĂ© pour tout grand maestro digne de ce nom
 Pour programme de ce premier bain viennois, « le nec plus ultra » de la musique viennoise, Valses, Polkas, Ouvertures… interprĂ©tĂ©es par des instrumentistes de rĂȘve, parfaits hĂ©ritiers d’une tradition trĂšs ancienne cĂ©lĂ©brĂ©e dans le monde entier.
L’annĂ©e nouvelle n’est pas neutre pour l’institution : 2020 marque les 150 ans du Muzikverein, siĂšge de l’Orchestre Philharmonique de Vienne ; c’est aussi le 250Ăšme anniversaire de la naissance de Ludwig van Beethoven, dont l’orchestre jouera plusieurs Contredanses.
Par ce concert, les Wiener Philharmoniker souhaitent offrir en signe d’espĂ©rance pour l’annĂ©e Ă  venir, un message d’amitiĂ© et de paix.Une leçon de fraternitĂ© concrĂšte, telle que l’aurait assurĂ©ment cautionnĂ© Beethoven lui-mĂȘme. Andris Nelsons, 41 ans, est nĂ© Ă  Riga. Il est le directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Boston et chef permanent de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig (avec lequel il a donc enregistrĂ© les Symphonies de Chostakovitch et de Anton Bruckner).

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Programme du CONCERT DU NOUVEL AN A VIENNE 2020 : 

PremiĂšre partie

Carl Michael Ziehrer,
Die Landstreicher : OuvertĂŒre
(The Vagabonds : Ouverture)

Josef Strauss, LiebesgrĂŒĂŸe
(Love’s Greetings), Waltz op. 56

Josef Strauss,
Liechtenstein-Marsch op. 36

Johann Strauss Jr.,
Blumenfest-Polka (Flower Festival Polka) op. 111

Johann Strauss Jr.,
Wo die Zitronen blĂŒh’n (Where the Lemon Trees Blossom)
Waltz, op. 364

Eduard Strauss,
Knall und Fall (Without Warning)
Polka rapide, op. 132

 

 

 

DeuxiĂšme partie

Franz von Suppé,
Leichte Kavallerie: OuvertĂŒre (Light Cavalry: Ouverture)

Josef Strauss, Cupido,
Polka française op. 81

Johann Strauss Jr.,
Seid umschlungen, Millionen!
(Be Embraced, You Millions!)
Waltz op. 443

Eduard Strauss,
Eisblume (Ice Flower),
Polka mazur op. 55, Arrangement: Wolfgang Dörner

Josef Hellmesberger Jr.
Gavotte

Hans Christian Lumbye,
Postillon Galop, op. 16/2, Arrangement: Wolfgang Dörner

Ludwig van Beethoven,
12 ContretÀnze (Twelve Contredanses) WoO 14
(Nos. 1, 2, 3, 7, 10 & 8)

Johann Strauss Jr.,
Freuet euch des Lebens (Enjoy Life),
Waltz op. 340

Johann Strauss Jr.,
Tritsch-Tratsch Polka (Chit-chat Polka),
Polka rapide op. 214

Josef Strauss,
Dynamiden, Waltz op. 173

et toujours en fin de concert deux indémodables
les deux Strauss, pĂšre et fils

La Marche de Radetski (du pĂšre, Johann I)
Le beau Danube bleu (du fils, Johann II)

 

 

nouvel-an-vienne-concert-neujahrskonzert-wienn-critique-review-concert-classiquenews-1-janvier-2020

 
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ESCAPADE VIENNOISE  à 14h
Passion viennoise par Stéphane Bern


Avec Bertrand de Billy, chef d’orchestre, au thĂ©Ăątre An Der Wien, S Bern s’essaie Ă  la direction d’orchestre Ă  la Haus der Musik, avant de partager une spĂ©cialitĂ© autrichienne emblĂ©matique, le Kaiserschmarrn au cafĂ© de l’OpĂ©ra.
Sur les traces de la famille Strauss, les rois de la valse, notre guide rencontre leurs descendants actuels, Eduard et Thomas Strauss, qui dĂ©voilent un Ă©tonnant et traditionnel ascenseur : le Pater Noster. ÉloĂŻse Kohn, pianiste française, et Christoph Koncz, second violon principal de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, invitent, en une brillante dĂ©monstration, Ă  identifier les mĂ©canismes de la valse viennoise.

CuriositĂ©, gourmandise, exploration
 StĂ©phane Bern rejoint le cƓur de la ville, oĂč il se lance dans la fabrication de bonbons artisanaux avec Christian Mayer ; dans une Ă©glise, Ă  la rencontre du jeune quatuor de violoncelles Die Kolophonistinnen ; dans les anciennes caves d’une communautĂ© religieuse transformĂ©es par Erich Emberger en restaurant-musĂ©e dĂ©diĂ© Ă  la famille impĂ©riale ; Ă  la splendide bibliothĂšque nationale, en compagnie d’Anne-Sophie Banakas, jeune historienne française installĂ©e Ă  Vienne
 Au fil des rencontres, il s’agit de comprendre ce qui fait de Vienne, pour la dixiĂšme annĂ©e consĂ©cutive, « la ville la plus agrĂ©able du monde ».

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CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharm (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, critique. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019  -  5 cd + bluray-audio DG Deutsche Grammophon). La direction trĂšs carrĂ©e du chef letton Andris Nelsons (nĂ© Ă  Riga en 1978) brillante certes chez Bruckner et Chostakovitch, efficace et expressive, finit par dessiner un Beethoven assez rĂ©ducteur, parfois caricatural (Symphonies n°7 et 8). De la vigueur, de la force, des Ă©clairs et tutti martiaux, guerriers
 mais pour autant est-ce suffisant dans ce grand laboratoire du chaudron BeethovĂ©nien qui exige aussi de la profondeur et une palette de couleurs des plus nuancĂ©es ? A notre avis, le maestro n’exploite pas assez toutes les ressources des instrumentistes viennois pourtant rĂ©putĂ©s pour leur finesse naturelle. A 40 ans, Nelsons (devenu chef permanent du Gewandhaus de Leipzig depuis 2017), dirige de façon d’emblĂ©e berlinoise ou teutonne un orchestre qui demanderait Ă  articuler, Ă  nuancer davantage. Disciple de Mariss Jansons, Andris Nelsons semble n’avoir compris que la force et la tension du premier, en minimisant le travail sur les couleurs et les nuances. Donc voici la version claironnante d’un Beethoven Ă  poigne.

Tous ceux qui savent tout l’hĂ©ritage viennois (haydnien et mozartien) chez Ludwig, et donc recherchent sous l’architecture du visionnaire prophĂ©tique, l’intelligence des timbres et la sensibilitĂ© du peintre (dans l’art du paysage par exemple, en particulier dans la Pastorale)
 passeront leur chemin.

De mĂȘme, la 1Ăšre symphonie patine sur des tempi trop ralentis, mais grĂące Ă  la vĂ©locitĂ© des cordes et leurs somptueux unissons (exceptionnellement aĂ©rĂ©s ; donc uniques au monde : tout ce qui fait l’excellence des Wiener Philharmoniker), les mouvements plus rythmiques regorgent d’une saine vitalitĂ©. Les uns regretteront que Nelsons pontifie, solennise, classicise Ă  outrance avec des gestes pompiers
 Oui mais c’est compter sans l’orchestre qui respire et contraste avec un souffle unique et singulier.

La 7Ăš est de ce point de vue emblĂ©matique : elle rĂ©vĂšle les aspĂ©ritĂ©s et les arguments d’une lecture brillante mais par moments trop charpentĂ©e. Quelle majestĂ© qui trĂ©pigne comme un dragon rugissant peu Ă  peu, nous faisant entendre le son d’un nouveau monde ; Beethoven est capable de provoquer, saturer, claquer et faire rĂ©agir en une frĂ©nĂ©sie unique et inouĂŻe avant lui (premier mouvement : Poco sostenuto puis Vivace, d’une tension quasi effrayante) ; puis Ă  l’opposĂ©, le second mouvement Allegretto exprime une immense nostalgie, pas une marche funĂšbre comme beaucoup la traite et la rigidifie, mais un chant qui pleure et qui coule, regrette et tourne la page ; musique des regrets et des soupirs vite transcendĂ©s dans l’appel des cimes. Nelsons Ă©claircit la pĂąte, prĂ©cise et clarifie le contrepoint, prĂ©cise chaque entrĂ©e des cordes pour mieux assĂ©ner l’implacable rythme du temps, la force et la violence du destin. La douceur voluptueuse de bois (si onctueuse dans la narration Ă©vocatrice de la Pastorale : hautbois, clarinettes, bassons
) adoucit les griffes de cette conscience qui tutoie l’histoire. Le Presto est un nerf Ă©lectrique qui se dĂ©roule et aimante tout sur son passage ; prĂ©alable frĂ©nĂ©tique avant l’Allegro con brio ou Finale qui sonne l’appel de toutes les forces martiales en prĂ©sence (trompettes incandescentes), en un tourbillon qui tourne sur lui-mĂȘme et appelle une nouvelle direction dans cette saturation rythmique de tutti rĂ©pĂ©titifs. Aucun doute ici, Beethoven est bien le compositeur du chaos qui hurle puis s’organise.

 

 

 

Le Beethoven d’Andris Nelsons
Chef de la vigueur et de la fermeté 

 

 

 

nelsons-andris-beethoven-wiener-phil-critique-cd-classiquenews-orchestre-symphonies-critique-classiquenews-concerts-maestro-dg-deutsche-grammophonLa 8Ăš dĂ©veloppe illico l’énergie de la forge, ce grand bain en fusion qui Ă©treint la matiĂšre, la malaxe et la compresse en Ă©clats rythmiques incandescents ; jamais la sensation du volcan orchestral et sa chambre contenant le magma n’avait autant Ă©merger dans une symphonie : brillant et vivace cet allegro rĂ©capitule toute l’énergie dont est capable le promothĂ©en Beethoven. Quel contraste lĂ  encore avec la lĂ©gĂšretĂ© caquettante, badine et facĂ©tieuse de l’Allegretto (justement annotĂ© « scherzando ») qui semble faire rĂ©vĂ©rence Ă  l’humour et la dĂ©licatesse dansante de Haydn et Mozart. Mais avouons qu’avec un tel orchestre, Nelsons manque de finesse et force le trait. Inutile surlignage.
Le Menuetto est le moins rĂ©ussi car grossiĂšrement battu, sans lĂ©gĂšretĂ©. Des acoups guĂšre sforzando assĂ©ner sans mĂ©nagement au risque de perdre le fil et la pulsion du Menuetto de base. Dommage. LĂ  se rĂ©vĂšle  Ă  notre avis les limites de la version Nelsons : trop Ă©paisse, la pĂąte des viennois qui pourtant respire et palpite naturellement, sonne brucknĂ©rienne et brahmsienne. Un Beethoven enflĂ©, grossi, qui aurait pris du poids : on est loin de l’élĂ©gance viennoise. dans les faits, Beethoven fit crĂ©er toutes ses symphonies majeures Ă  Vienne. Sur un tempo trĂšs allant, le dernier Allegro vivace manque de nuance. Mais cela trĂ©pigne et caquĂšte Ă  souhaits.

Ailleurs, cela fonctionne trĂšs bien dans la force tellurique et rythmique de la 5Ăš ; mais qu’en est-il dans ce vaste poĂšme de la Pastorale (Symphonie n°6), fresque organiquement unifiĂ©e Ă  travers ses 5 mouvements ? Hymne inouĂŻ Ă  la Nature, expression d’un sentiment de compassion dĂ©jĂ  Ă©cologique, et panthĂ©iste qui rĂ©capitule l’ambition lumineuse de Haydn (celui de la CrĂ©ation, oratorio clĂ© de 1799) ?
La sonoritĂ© comme chauffĂ©e Ă  blanc des cordes donne la clĂ© d’une lecture plus intense et contrastĂ©e que vraiment articulĂ©e. Tout est Ă©noncĂ© avec une vigueur permanente. Des contrastes tranchants, une matiĂšre en constante fusion, crĂ©pitante, d’une sauvagerie ardente et vindicative ; Ă  croire que le chef ne connaĂźt (ou plus exactement Ă©carte) toute nuance piano, tout galbe amoureux
 la voluptĂ© dans le regret n’existe plus.
Le second mouvement (Andante molto moto) manque de flexibilitĂ© caressante : tout est exĂ©cutĂ©, dĂ©taillĂ©, prĂ©cisĂ© et par sĂ©quences.  Il y manque la patine tendre, la distance poĂ©tique, ce flux qui s’écoule, organique et viscĂ©ral qui colore les meilleures versions (Karajan, Harnoncourt, Bernstein
) dans la scĂšne au ruisseau. Ici tout brille, en permanence, de façon univoque.

MĂȘme Ă©clatante voire fracassante Ă©nergie dans la 9Ăš, Ă  laquelle il ne manque ni dĂ©flagration ni dĂ©charges en tous genres ; du souffle aussi dĂšs le portique d’ouverture qui creuse une distanciation historicisante,  – sorte d’appel gĂ©nĂ©ral Ă  toutes les Ă©nergies disponibles. Et qui inscrit le massif orchestral en un souffle Ă©pique, Ă  l’échelle de l’histoire. Le chef veille en permanence Ă  faire vrombir le son collectif, creusant les contrastes avec un geste parfois sec, rĂ©sumant le dĂ©veloppement et ses variations en une sĂ©rie de blocs sonores plus puissants que clairs et transparents quoiqu’il sculpte dans l’évidence le relief des bois (Allegro ma non troppo, un poco maestoso). Roulements de timbales, appels des trompettes convoquent une urgence pĂ©taradante qui sonne dur voire Ă©paisse. Le fin contrepoint du Molto vivace qui est vite rattrapĂ©e par l’euphorie et mĂȘme la transe collective avance comme une machine de guerre, enrayĂ©e cependant sur le mode forte voire fortissimo et mĂ©gaforte (coups de timbales). Le chef pilote l’orchestre dans la trĂ©pidation, une urgence continue faisant table rase de tout, y compris de toute recherche de nuances et de dĂ©tails instrumentaux, sauf le contre chant des violoncelles, contrebasses et cors, quoique enchaĂźnĂ©s rapidement, presque prĂ©cipitĂ©s.
L’Adagio doit effacer toute tension, rĂ©parer les blessures, rĂ©conforter par son voile instrumental oĂč rĂšgnent l’unisson des cordes, la couleur flottante des cors, bassons, clarinettes, hautbois
 Nelsons extirpe de l’orchestre un appel au renoncement, l’expression d’un adieu Ă©ternel. Mais il manque cette nuance de magie, de phrasĂ©s piano dont le chef se montre avare depuis le dĂ©but de son intĂ©grale. De telle sorte que son Beethoven sonne (comme nous l’avons dit) comme du Brahms.

Evidemment la dĂ©flagration qui ouvre le Presto – fanfare puis chant des contrebasses, rĂ©sonne comme une prise Ă  tĂ©moin, et la claire volontĂ© de Beethoven d’inscrire sa symphonie dans l’Histoire.
La sĂ©quence est charniĂšre ; elle doit ĂȘtre entendue comme ultime rĂ©capitulation aussi, Ă  la fois complĂšte et dĂ©finitive comme une reprogrammation, une mise en orbite pour un monde nouveau, juste avant la prise de parole et de chant de l’humanitĂ© fraternelle rĂ©conciliĂ©e dans le dernier mouvement sur les vers de Goethe.
Plus inspirĂ©, capable de contrastes ciselĂ©s, le chef dĂ©taille alors sĂ©quence par sĂ©quence, produit de superbes climats qui rĂ©capitulent ce qui a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©. L’Allegro assai, c’est Ă  dire l’énoncĂ© initial de l’Ode Ă  la joie aux contrebasses (5) est inscrit comme un motif sinueux, pianissimo, souterrain qui innerve tout le paysage orchestral, en un large et progressif crescendo, alors dĂ©taillĂ© par les bois.. VoilĂ  une sĂ©quence parfaitement rĂ©ussie, nuancĂ©e, murmurĂ©e, riante dans la joie et l’espĂ©rance (superbe chant des clarinettes).

Dans l’esprit d’un opĂ©ra, et l’on pense Ă  la clameur finale de Fidelio et son hymne conclusif, fraternel, la basse Georg Zeppenfeld (ailleurs trĂšs bon wagnĂ©rien, comme Ă  Bayreuth) entonne avec une noblesse communicative l’ode humaniste rĂ©digĂ© par Goethe et que Beethoven sublime jusqu’à l’explosion, en mĂ©nageant plusieurs jalons par le quatuor vocal.
AprĂšs l’appel de tout le chƓur, Ă  3’33, l’armĂ©e orchestrale reprend le flambeau, Ă©lectrisĂ©e davantage par le tĂ©nor (Klaus Florian Vogt un rien tendu) et le chƓur des hommes. Chef et instrumentistes assĂšnent une montĂ©e en puissance qui ne mĂ©nage aucun effet tonitruant pour faire triomphant l’éclat de l’hymne vers la transe rituelle, vers l’ivresse contagieuse explosive
 quitte Ă  Ă©luder le mystĂšre de la sĂ©quence plus introspective (Andante maestoso, plage 8, 1’34) qui reste plat et manque curieusement de respiration
 Une intĂ©grale en demi teintes donc. Plus teutonne et berlinoise que viennoise et autrichienne. A Ă©couter Nelsons, tout l’apport rĂ©cent, depuis Harnoncourt, des instruments d’époque, est Ă©cartĂ© ici. Question d’esthĂ©tique certes. Mais Ă  force de rugir et vrombir, le moteur beethovĂ©nien sature dans la puissance et l’épaisseur du trait.

 

 

 

 

 

 

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Approfondir
 

 

 

Autres cycles symphoniques d’Andris Nelsons chez Deutsche Grammophon :

 
 

 

 

BRUCKNER
les Symphonies de Bruckner par Andris Nelsons (2016, 2017, 2018) avec le Gewandhausorchester Leipzig

Symphonie n°7 – CLIC de CLASSIQUENEWS
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

Liens vers Symphonie n°3 et Symphonie n°4
http://www.classiquenews.com/cd-critique-bruckner-7e-symphonie-gewandhausorchester-leipzig-andris-nelsons-2018-1-cd-dg/

 

 

 

CHOSTAKOVITCH / SHOSTAKOVICH

Chostakovich_CD nelsons bostonCD, critique. SHOSTAKOVICH / CHOSTAKOVITCH : Symphonies n°6 et 7 (Boston Symph. Orch / Andris Nelsons) / 2 CD Deutsche Grammophon. Fin du cycle des Symphonies de guerre de Chostakovich par le Boston Symphony et le chef letton Andris Nelsons. Ce 3Ăš et dernier volume attestent des qualitĂ©s identiques observĂ©es dans les opus prĂ©cĂ©dents : puissance et richesse du son. CrĂ©Ă©e Ă  Leningrad en 1939 par le lĂ©gendaire Evgeni Mravinski, la Symphonie N° 6 op. 54, est la plus courte des symphonies ; Nelsons souligne le caractĂšre endeuillĂ© du Largo prĂ©liminaire, dĂ©taillant les solos instrumentaux pour flĂ»te piccolo, cor anglais, basson afin de dĂ©ployer la matiĂšre nocturne, Ă©touffante de cette longue sĂ©quence grave et intranquille. Les deux mouvements plutĂŽt courts qui suivent Allegro et Presto assĂšne une motricitĂ© aiguĂ« et incisive qui fait dialoguer cuivres ironiques, gorgĂ©s de moquerie acerbe, et bois vifs argents. Le final est abordĂ© comme un feu d’artifice cravachĂ©, narguant le mystĂšre du premier mouvement dont il dĂ©ment le calme profond par une sĂ©rie ultime de surenchĂšre dĂ©monstrative et vindicative, au bord de la folie
 LIRE ici la critique complĂšte

 

 

 

 

 

 

CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon)

BEETHOVEN andris nelsons 9 symphonies wiener philharmoniker 5 cd blu ray DG Deutsche GrammophonCD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Complete symphonies / intĂ©grale des 9 symphonies : Wiener Philharm (2017 – 2019 – 5 cd + blueray-audio DG Deutsche Grammophon). Le chef Andris Nelsons se taille un part de lion au sein de l’écurie DG Deutsche Grammophon, sachant rĂ©ussir rĂ©cemment dans une intĂ©grale des symphonies de Bruckner et de Chostakovitch, saluĂ©es par classiquenews. Pour l’annĂ©e Beethoven 2020, voici en prĂ©ambule attendu, prometteur, l’intĂ©grale des 9 symphonies de Ludwig van Beethoven avec les Wiener Philharmoniker, histoire de constater lors des sessions d’enregistrements de 2017 Ă  2019, la tenue de l’orchestre le plus prestigieux au monde, et la pertinence d’une lecture observĂ©e. La finesse de la sonoritĂ© et le dĂ©tail comme l’énergie prĂ©servĂ©es par le chef devraient marquer cette nouvelle intĂ©grale par la phalange viennoise. VoilĂ  qui Ă©clairera la subtilitĂ© et la couleur mozartiennes dans la grande marmite bouillonnante du grand Ludwig. Une once de finesse couplĂ©e aux contrastes Ă©ruptifs, volcaniques d’un Beethoven Ă  jamais rĂ©volutionnaire. Grande critique Ă  venir dans le mg cd dvd livres de classiquenews. Parution annoncĂ©e : le 4 octobre 2019.

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CD coffret, Ă©vĂ©nement, annonce. ANDRIS NELSONS / BEETHOVEN : Comlete symphonies / intĂ©grale des 9 symphoniess : Wiener Philharmoniker (2017 – 2019 – 5 cd + blurray-audio DG Deutsche Grammophon)

COMPTE RENDU, concert. VIENNE. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019)

COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein, le 1er janvier 2019. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philharmoniker / CHRISTIAN THIELEMANN. A 59 ans, le wagnĂ©rien et straussien (Richard), Christian Thielemann, plus habituĂ© de Dresde et de Bayreuth que de Vienne, affecte un geste un rien prussien, 
 possĂšde-t-il rĂ©ellement le sens de l’élĂ©gance viennoise, celle des Johann Strauss fils et pĂšre, Josef et Edouard aussi ? Car les valses et Ă©pisodes symphoniques de Johann fils, vedette viennoise majeure pour cet esprit lĂ©ger, et davantage, appellent un caractĂšre spĂ©cifique entre abandon et allusion, suggestion et subtilitĂ© qui doit Ă©blouir non pas dans cette « lĂ©gĂšreté » partout annoncĂ©e (qu’est ce que cette musique dite “lĂ©gĂšre” en rĂ©alitĂ© ? Le vocable comprend une infinitĂ© d’acceptations
). Ici, dans l’écrin dĂ©signĂ© du rituel Straussien, le Musikverein, il ne doit ĂȘtre question que de finesse, subtilitĂ© mĂ©lodique, orchestration raffinĂ©e, ivresse Ă©vocatoire


 

 

 

thielemann-christian-maestro-wiener-philharmoniker-concert-nouvel-an-2019-critique-review

 

 

 

AprĂšs les Welser-Möst, Dudamel, Jansons, … voici Thielemann : cravatte rayĂ©e, le directeur du festival de PĂąques de Salzbourg (les directeurs du Festival estival autrichien Ă©taient prĂ©sents dans la salle), qui est aussi le directeur musical de la Staatskapelle de Dresde, retrouve le Wiener Philharmoniker pour ce programme festif. Les connaisseurs retrouvent dans la disposition typiquement viennoise de l’orchestre, les 6 contrebasses placĂ©es en fond, face au chef sous l’orgue du Musikverein de Vienne, vĂ©ritable colonne sonore assurant une structure et une carrure emblĂ©matiques. Le chef a dĂ©jĂ  dirigĂ© les Wiener Philharmoniker : on ne peut donc pas parler de baptĂȘme orchestral. Le programme d’emblĂ©e est trĂšs classique : rien que des valses et des polkas ; pas d’étrangers, ni de chanteurs invitĂ©s (comme l’a fait Karajan Ă  son Ă©poque, Ă  la fin des annĂ©es 1980). Mis Ă  l’honneur aux cĂŽtĂ©s des frĂšres Strauss (Johann II, Josef et Edouard), une autre dynastie de compositeurs et musiciens viennois, les Hellmesberger, pĂšre et fils


Thielemann : UN GESTE UN RIEN MARTIAL ? Le programme annoncĂ© rĂ©solument austro-hongrois, commence par la Schönfeld March op. 422 de Carl Michael Ziehrer: le ton est donnĂ©, martial et un rien sec et tendu dans la scansion rythmique. Ziehrer a composĂ© opĂ©rettes et ballets (comme Johann Strauss II) : l’écriture est assez quelconque, dĂ©ployant un caractĂšre ronflant, fort en panache dĂ©monstratif, Ă  la façon d’une marche militaire, ou d’une parade appuyĂ©e, rythme et accents prussiens Ă  l’envi; baguette Ă©paisse et ronde, d’une martialitĂ© trop revendiquĂ©e, Thielemann n’est guĂšre dans le style Ă©lĂ©gantissime qui a fait les meilleurs fait qui l’ont prĂ©cĂ©dĂ© dans cet exercice. Pourtant le Musikverein est plus connu pour l’élĂ©gance de sa programmation et la finesse des auteurs programmĂ©s. On craint le pire pour la suite


strauss josef portrait classiquenewsHeureusement, le chef respecte le code et l’esprit du rituel de l’an neuf Ă  Vienne avec la trĂšs belle valse qui suit, la premiĂšre du programme : « Transactions Waltz » op. 184 de Josef Strauß: Josef est le premier cadet malheureux de Johann : mort en 1870 (Ă  43 ans) : l’ingĂ©nieur qui rejoint l’entreprise familiale et orchestral en 1850 (Ă  23 ans car son ainĂ© Johann est lui-mĂȘme Ă©puisĂ©) – mort Ă©reintĂ© en tournĂ©e en Pologne
  Or le gĂ©nie de Josef musicalement est aussi Ă©levĂ© que celui de Johann : on s’en aperçoit Ă  chaque session de ce concert du nouvel an. Josef serait mĂȘme souvent plus sombre et ambivalent, riche et profond que son ainé  De fait, Transactions Wazl s’affiche immĂ©diatement plus sombre, et grave au dĂ©but, pour mieux faire surgir le thĂšme principal, dans le raffinement des timbres des bois, Ă©noncĂ© par les cordes et des flĂ»tes aĂ©riennes : la finesse s’invite enfin, enivrĂ©e dans cette sĂ©quence, qui s’avance Ă  pas feutrĂ©e en pleine magie
 saluons l’intelligence des climats, le raffinement de l’orchestration, la caresse de la mĂ©lodie principale, dĂ©licate nostalgie grĂące Ă  un Ă©quilibre trĂšs subtil entre cordes et les bois
 avec la harpe, d’une ineffable nostalgie. Soulignons la profondeur et la sensibilitĂ© Ă©tonnante de Josef Strauss fauchĂ© trop tĂŽt, son aptitude spĂ©cifique pour le dĂ©veloppement symphonique, Ă  la fois dramatique et allusif, et aussi de façon gĂ©nĂ©ral, une rĂ©flexion sur le sens mĂȘme de la valse, entre dĂ©sir et mort. Josef nous paraĂźt plus sombre encore que Johann II. Un maĂźtre Ă  mieux connaĂźtre et plus Ă©couter assurĂ©ment.

Thielemann nous rĂ©serve ensuite une surprise qui pourrait ĂȘtre rĂ©vĂ©lation : de Josef Hellmesberger (fils): Elfin Dance. ImmĂ©diatement saisissante, la finesse Ă©tincelante grĂące aux nuances aiguĂ«s, vibrĂ©es, rondes du « xylophone »d’une partition inscrite dans les nuages. Hellmesberger fut professeur de violon au Conservatoire de Vienne et aussi fondateur avec son fils du Quatuor Hellmesberger (1849). Avouons que le compositeur ne manque pas d’inspiration ni de subtilitĂ©. ÉthĂ©rĂ© et aĂ©rien est cet elfe, un pur esprit – le style et l’écriture sont trĂšs sensuels (pizz des cordes, doublĂ©es par les flĂ»tes) – comme Mendelssohn dans Le Songe d’une nuit d’étĂ© (envol et boucle aĂ©rienne de Puck)? Thielemann est dans son Ă©lĂ©ment : ambassadeur d’une musique pleine d’élĂ©gance et de finesse, rĂ©solument et littĂ©ralement « lĂ©gĂšre ».

Enfin voici le premier morceau du compositeur vedette : Johann STRAUSS II (fils): sur un rythme effrĂ©nĂ©, l’Express, polka schnell op. 311 est bien une Polka rapide – on regrette cependant la nervositĂ© un peu sĂšche ; un rien hystĂ©rique (lĂ  encore systĂ©matique et trop appuyĂ©e) de Thielemann qui dirige comme un prussien, vif, nerveux, droit. de toute Ă©vidence, et dans ce tableau prĂ©cis, il manque de souplesse comme de retenue.

Du mĂȘme Strauss fils, « Pictures of the North Sea », waltz op. 390 / Images de la mer du nord dĂ©veloppe Ă©criture et texture orchestrales. L’épisode symphonique Ă  l’essence poĂ©tique et chorĂ©graphique dĂ©bute dans le sombre 
 dĂ©roulant un premier tapis envoĂ»tĂ©, quasi tragique, puis un souffle profond grave pour que surgisse enfin l’éblouissante mĂ©lodie (wagnĂ©rien dans sa houle et ses phrases continues : d’emblĂ©e Thielemann le wagnĂ©rien est Ă  son affaire ici) : on admire le mĂ©tier du chef, capable d’heureux Ă©quilibres sonores, la finesse des flĂ»tes, le chant ciselĂ© des clarinettes parfaitement dĂ©taillĂ©es, comme enivrĂ©es, caressantes

Pourtant Ă  l’inverse, et dans le mĂȘme temps, regrettons quelques Ă©carts de conduite dans la direction : des contrastes trop marquĂ©s, et appuyĂ©s : la frĂ©nĂ©sie du geste empoigne la valse avec une duretĂ© prussienne propre au chef berlinois : il n’a pas la finesse de son aĂźnĂ© le regrettĂ© Nikolaus Harnoncourt (nĂ© en 1929 et dĂ©cĂ©dĂ© en 2016), spĂ©cialiste et passionnĂ© de valses viennoise qui dirigea le Wiener en de nombreuses occasions les Philharmoniker et le Concert du Nouvel An, Ă  2 reprises : 2001 et 2003. Ronflant, sec, Thielemann déçoit globalement, malgrĂ© les trouvailles sonores Ă©voquĂ©es prĂ©cĂ©demment. Sa baguette manque de fluiditĂ© malgrĂ© le sujet aquatique de la valse choisie.

Autre frĂšre, pas assez connu et mis dans l’ombre de Johann, leur ainĂ© : Eduard Strauß: « Post-Haste », est une polka schnell op. 259, pour laquelle Thielemann cisĂšle la coupe et l’esprit de syncope (Ă©vocation de la course de la diligence) ; ici encore, on remarque les limites du chef car Thielemann dĂ©taille certes l’instrumentation mais manque de prĂ©cision comme d’imagination: sa direction relĂšve d’un systĂšme mĂ©trique, militaire dans cette cadence au galop, trĂ©pidant, trop mĂ©canique

STRAUSS eduard edouard classiquenews valses de viennes concert nouvel an vienne 2019 220px-EduardStrauss edouard syraussFotoUn petit mot sur Edouard, le dernier fils Strauss et l’hĂ©ritier de la dynastie. Il est mort en 1916, en pleine guerre, trouve sa voie spĂ©cifique, comparĂ©e Ă  celle de ses deux frĂšres ainĂ©s, par une Ă©criture plus frĂ©nĂ©tique, qui s’est spĂ©cialisĂ© dans les polkas rapides / ainsi cette « Polka-schnell ». RongĂ© par le ressentiment contre ses frĂšres, et pourtant hĂ©ritier enviable de la dynastie familiale (et orchestrale), il dissout cependant en 1901, l’orchestre Strauss et, surtout, pendant trois journĂ©es (honteuses) d’octobre 1907, brĂ»le nombre de papiers, manuscrits et forcĂ©ment partitions de ses frĂšres Strauss : destruction catastrophique d’un hĂ©ritier insensĂ© devenu fou. Nombre de documents et de partitions de Josef et de Johann seraient ainsi partis en fumĂ©e.  L’histoire de la famille Strauss relĂšve d’un roman feuilleton, et l’on s’étonne malgrĂ© le succĂšs populaire de leurs valses et mazurkas, qu’aucune sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e ne soit encore emparĂ© de leur saga. A suivre


AprĂšs la pause de la mi journĂ©e (le concert a commencĂ© Ă  11h), reprise avec l’évocation du Johann compositeur d’opĂ©rettes : c’est Offenbach qui pourtant son rival en France, aurait exhortĂ© le Viennois Ă  composer des opĂ©rettes. Grand bien que cette proposition confraternelle et constructive. Ainsi l’ouverture du Baron Tzigane
 la plus cĂ©lĂšbre avec celle de La Chauve Souris, 
 ainsi le motif de la valse dĂ©passe la seule occurrence Ă©pisodique, pour atteindre une Ă©vocation pleine de nostalgie 
 tzigane et purement symphonique (par le motif ourlĂ© de la clarinette) ; dans cette piĂšce de caractĂšre, Ă  l’ambition dramatique manifeste, Thielemann soigne le panache sombre et grave, avec un trĂšs bel effet de texture caressant chaque motif, en particulier au hautbois, sinueux et pastoral. LĂ  encore on peut regretter le geste un peu lourd du chef plus prussien que viennois.

Pourtant, se dĂ©tache ensuite finesse et lĂ©gĂšretĂ© dans « La Ballerine » opus 227 de Josef Strauß, polka française, et ses fin de phrases, suspendues en deux accents, dĂ©tachĂ©s, retenus
 vĂ©ritable hymne Ă  la souplesse Ă©lastique. Avec La vie d’artiste opus 316, de Johann II, le ballet de l’OpĂ©ra de Vienne s’invite au concert : comme un rĂ©veil au matin, le premier couple du corps de ballet de l’OpĂ©ra (Wiener Staatsballet) s’ébranle sur la terrasse et dans les couloirs et circulations du bĂątiment : l’élĂ©gance et la facĂ©tie (gestuelles des mains) des 5 couples en blanc et noir imposent une leçon de souplesse acrobatique, – un moment de raffinement collectif magnifiĂ© Ă©videmment pas la somptueuse musique, moins allusive que descriptive, dans la cadre des dĂ©cors et intĂ©rieurs de l’OpĂ©ra viennois. L’institution fĂȘte ses 150 ans en 2019, ayant Ă©tĂ© inaugurĂ© en 1869. Prestige revendiquĂ© et histoire cĂ©lĂ©brĂ©e au moment oĂč ce sont deux français qui dirigent la Maison, Dominique Meyer, intendant gĂ©nĂ©ral et l’ex danseur Ă©toile Ă  Paris, Manuel Legris, directeur de la danse. Johann Strauss redouble de tendresse feutrĂ©e dans cette page trĂšs raffinĂ©e qui est l’objet d’une rĂ©alisation tĂ©lĂ©visuelle audacieuse (plans inclinĂ©s de la camĂ©ra dont jouent les danseurs, trĂšs complices).

Puis, d’Eduard Strauß: « Opera SoirĂ©e » / Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra est une polka française op. 162 (Ă  deux temps), polka assez lente, au rythme plus appuyĂ© que la polka mazurka qui est encore plus lente et ralentie avec des temps suspendus
  : Une soirĂ©e Ă  l’opĂ©ra semble mieux convenir Ă  la carrure prussienne de Thielemann – sans Ă©carter facĂ©tie ni dĂ©licatesse avec une palette de nuances (piccolo) trĂšs finement dĂ©taillĂ©es ; voici la sĂ©quence oĂč le chef dĂ©voile une direction plus nettement enjouĂ©e, pleine de sous entendue comme d’élĂ©gance.

De Johann STRAUSS II (fils): « Eva Waltz », la valse d’Eva extrait de l’opĂ©ra Le Chevalier Pazman se distingue en un dĂ©but magnifique (somptuositĂ© profonde et noble des cors, puis en dialogue avec les contrebasses – valse attĂ©nuĂ©e comme un rĂȘve, une rĂ©itĂ©ration onirique liĂ©e au personnage d’Eva dans l’opĂ©rette de Johann II. C’est Cendrillon rĂ©inventĂ©e, sa prĂ©sentation au bal
 puis du mĂȘme opĂ©ra, Thielemann a sĂ©lectionnĂ© une nouvelle piĂšce de caractĂšre, extrait du mĂȘme opĂ©ra : « CsĂĄrdĂĄs ». Comme celle de la sublime Chauve Souris, celle qui permet Ă  la comtesse hongroise de s’alanguir jusqu’à la pĂąmoison, et aussi Ă  la soprano requise, d’éblouir par sa virtuositĂ© profonde, voici une autre facette du gĂ©nie de Johann II, pleine de facĂ©tie heureuse, d’intelligence sauve et lumineuse, de grĂące et de finesse. Le Concert tĂ©lĂ©visĂ© Ă©tant aussi une carte postale soulignant les trĂ©sors patrimoniaux autochtones, voici les danseurs du Ballet de l’OpĂ©ra de Vienne, soit dans un chĂąteau de basse Autriche, un couple de touristes, parodique, dĂ©calĂ© qui s’ennuie puis s’éveille Ă  la pure danse, en rejoignant 3 autres couples de danseurs dans la galerie haute Renaissance. LĂ  encore reconnaissons que la rĂ©alisation comme l’alliance de Strauss et de la danse sont idĂ©alement complĂ©mentaire, dans un tableau qui s’achĂšve en extĂ©rieur, sur une collection de rythmes et de folklores bien trempĂ©s, oĂč rĂšgne la noblesse du thĂšme hongrois principal (la czardas est de style aristocratique), jouĂ© selon la tradition par les paysans pour les moissons ou les noces villageoises.

Johann fils rĂšgne en maĂźtre absolu avec la Marche Ă©gyptienne op. 335 : festival de timbres et d’effets orientalisants et rutilants, parfaitement caractĂ©risĂ©s et utilisĂ©s Ă  bon escient : d’abord grosse caisse, clarinette mystĂ©rieuse, cordes voluptueuse : c’est une sĂ©quence entonnĂ©e comme une marche militaire, mais enchantĂ©e – panache onirique des trompettes et des cors, au souffle inouĂŻ, qui Ă©gale le meilleur Saint-SaĂ«ns, celui oriental de l’orgie / bacchanale dans Samson et Dalila. Thielemann est chez lui, dirigeant sans baguette avec une dĂ©contraction affichĂ©e, assumĂ©e ; lorsque les instrumentistes viennois entonnent en « la la la », le chƓur du motif Ă©gyptien (qui rappelle aussi Verdi dans ses ballets d’Aida). Tout s’achĂšve dans le lointain en second plan, superbe effet de spatialisation : festif et interactif, le tableau suscite l’enthousiasme de la salle, et la joie des musiciens, heureux d’avoir ainsi surpris l’audience internationale.

Enfin, aprĂšs “la Valse entracte” de Joseph Hellmesberger fils: d’une dĂ©licatesse soyeuse et enivrante (les pizzicati dĂ©licats des violons), celle d’un rĂȘve Ă©veillĂ©, auquel Thielemann rĂ©serve son attention la plus nuancĂ©, ce sont deux pages parmi les plus raffinĂ©es des fils Strauss, Johann II, l’incontournable : « In Praise of Women », polka mazur op. 310 / Eloge des femmes : hymne fĂ©ministe qui tombe Ă  pic aprĂšs nos hontes contemporaines (cf les mouvements #Metoo, et #balancetonporc) oĂč rĂšgnent flĂ»tes, piccolo, clarinettes et bassons : (finesse d’élocution, irrĂ©sistible Ă©lĂ©gance et souveraine retenue
 en un Ă©quilibre impeccable cordes et cuivres)
 et le rythme trĂšs lent, le plus lent, de la polka mazurka ; puis la musique des sphĂšres opus 235 du cadet tout aussi gĂ©nial, Josef : grande valse, et la plus inspirĂ©e du compositeur, oĂč flĂ»tes / harpe se dĂ©tachent, signifiant lĂ  aussi une aube qui se lĂšve
 pourtant, le bas blesse : Ă  la dĂ©licatesse suggestive de la partition, nous regrettons l’enflure qui finit par ĂȘtre ennuyeuse, et mĂȘme agaçante du chef, 
 trop pompier, ignorant volontaire de toute lĂ©gĂšretĂ©. Quel dommage.
nouvel-an-2019-concert-vienne-new-year-s-concert-2019-vienna-philharmonia-christian-thielemann-concert-cd-critique-par-classiquenews-582-the_vienna_philharmonic_and_chri_55-1Enfin c’est le rituel de fin, pour tout concert du nouvel An qui se respecte. AprĂšs proclamer les vƓux de l’Orchestre, chef et musiciens jouent d’un seul tenant et sans interruption – quand les prĂ©dĂ©cesseurs commençaient les premiĂšres mesures, puis prononçaient les vƓurs, enfin reprenaient Ă  son dĂ©but la partition : voici l’extase fluviale promise et tant attendue, emblĂšme de l’art de vivre viennois : Le Beau Danube Bleu (Johann STRAUSS fils) : avouons que Thielemann sait Ă©carter toute Ă©paisseur et boursoufflure, instillant ce climat du rĂȘve qui fait briller les cors, recherche les effets de textures moins la transparence, d’oĂč ce sentiment d’opulence, de grain sensuel (les clarinettes) – sommet de naturel et de grĂące – la partition d’abord chorale, finit ainsi sa course d’une Ă©loquence et sublime maniĂšre, comme chant lĂ©gitimement cĂ©lĂ©brĂ© de l’élĂ©gance viennoise Ă  l’international.

Oui certains nous rĂ©torquerons : pourquoi boudez ainsi son plaisir ? Le Beau Danube Bleu suffit Ă  rĂ©pondre et militer finalement en faveur de la baguette explicitement symphonique de Thielemann. Nous ne parlons pas sciemment de La marche de Radetsky de Johann Strauss le pĂšre : bonus pour amuser un public qui souhaite participer en claquant des mains, soulignant encore et encore la frĂ©nĂ©sie rythmique d’un tube plus que cĂ©lĂ©brĂ©. Daniel Barenboim avait bien raison de bouder cette sĂ©quence car la partition fut composĂ©e pour cĂ©lĂ©brer la victoire sur des manifestants et Ă©tudiants tuĂ©s outrageusement contre leur appel Ă  libertĂ©. Qu’on se le dise.

Carrure prussienne mais sensibilitĂ© instrumentale d’un gourmand gourmet, Christian Thielemann nous ravit quand mĂȘme, dans ce concert qui sans ĂȘtre mĂ©morable – ceux de Georges PrĂȘte, Nikolaus Harnoncourt, Gustavo Dudamel, Mariss Jansons (2016) l’ont Ă©tĂ© – , nous permet de marquer dans la lĂ©gĂšretĂ© moyenne, Ă  dĂ©faut d’exquise finesse, ce 1er jour de l’annĂ©e nouvelle 2019.

Retrouvez le cd et le dvd du CONCERT DU NOUVEL AN Ă  VIENNE, 1er janvier 2019, sous la direction de Christian Thielemann, Ă  paraĂźtre mi janvier chez Sony classical.

 

 

 

 

 

 

 

 

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COMPTE RENDU, concert. VIENNE, Musikverein. CONCERT DU NOUVEL AN, Wiener Philhamroniker / CHRISTIAN THIELEMANN (1er janvier 2019) : Valses, polkas, extraits d’opĂ©ras, ouverture de Johann STRAUSS II, Josef STRAUSS, Edouard STRAUSS, Josef Hellmesberger…

 

 

 

 

 

 

 

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 Nos autres comptes rendus et critiques des CONCERTS DU NOUVEL AN à VIENNE :

 

Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. Wiener Philharmoniker, Mariss Jansons, direction. Valses de Strauss johann I, II; Josef ; Eduard. Waldtaufel


mariss-jansons_c_jpg_681x349_crop_upscale_q95Concert, compte rendu critique. Vienne, Concert du Nouvel An 2016. En direct sur France 2. Vendredi 1er janvier 2016. En direct de la Philharmonie viennoise, le Konzerthaus, le concert du nouvel An rĂ©alise un rĂȘve cathodique et solidaire : succĂšs planĂ©taire depuis des dĂ©cennies pour ce rendez vous diffusĂ© en direct par toutes les chaĂźnes nationales du monde et qui le temps des fĂȘtes, rassemblent toutes les espĂ©rances du monde, en une trĂšs large diffusion pour le plus grand nombre (les places sont vendues Ă  un prix exorbitant destinĂ© aux fortunĂ©s de la planĂšte) pour un temps meilleur riche en promesses de bonheur. Cette annĂ©e c’est le chef Mariss Jansons, maestro letton (rĂ©sident Ă  Saint-PĂ©tersbourg), autant lyrique que symphonique bien trempĂ© qui dirige les divins instrumentistes viennois, ceux du plus subtil des orchestres mondiaux et qui pour l’évĂ©nement cĂ©lĂšbre l’insouciance par la finesse et l’élĂ©gance, celle des valses des Strauss, Johann pĂšre et fils bien sĂ»r, ce dernier particuliĂšrement Ă  l’honneur, et aussi Joef et Eduard ses frĂšres (tout aussi talentueux que leur ainĂ©), Eduard dont 2016 marque le centenaire.

 

gustavo-dudamel-dirigiert vignette maestro classiquenews -erstmals-wiener-neujahrskonzertCompte-rendu critique, concert. VIENNE, Musikverein, dimanche 1er janvier 2017. Wiener Philharmoniker.  Gustavo Dudamel, direction. Depuis 1958, le concert du Nouvel An au Musikverein de Vienne est retransmis en direct par les tĂ©lĂ©visions du monde entier soit 50 millions de spectateurs ; voilĂ  assurĂ©ment Ă  un moment important de cĂ©lĂ©bration collective, le moment musical et symphonique le plus mĂ©diatisĂ© au monde. En plus des talents dĂ©jĂ  avĂ©rĂ©s des instrumentistes du Philharmonique de Vienne, c’est Ă©videmment le nouvel invitĂ©, pilote de la sĂ©quence, Gustavo Dudamel, pas encore quadra, qui est sous le feu des projecteurs (et des critiques). A presque 36 ans, ce 1er janvier 2017, le jeune maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien a concoctĂ© un programme pour le moins original qui en plus de sa jeunesse – c’est le plus jeune chef invitĂ© Ă  conduire l’orchestre dans son histoire mĂ©diatique, crĂ©e une rupture : moins de polkas et de valses tonitruantes, voire trĂ©pidantes, mais un choix qui place l’introspection et une certaine retenue intĂ©rieure au premier plan ; pas d’esbroufe, mais un contrĂŽle optimal des nuances expressives, et aussi, regard au delĂ  de l’orchestre, comme habitĂ© par une claire idĂ©e de la sonoritĂ© ciblĂ©e, une couleur trĂšs suggestive, mesurĂ©e, intĂ©rieure qui s’inscrit dans la rĂ©flexion et la nostalgie
? VoilĂ  qui apporte une lecture personnelle et finalement passionnante de l’exercice 2017 : Gustavo Dudamel dont on met souvent en avant la fougue et le tempĂ©rament dĂ©bridĂ©, affirme ici, en complicitĂ© explicite avec les musiciens du Philharmonique de Vienne, une direction millimĂ©trĂ©e, infiniment suggestive, d’une subtilitĂ© absolue, qui colore l’entrain et l’ivresse des valses, polkas et marches des Strauss et autres, par une nouvelle sensibilitĂ© introspective. De toute Ă©vidence, le maestro vĂ©nĂ©zuĂ©lien, enfant du Sistema, nous Ă©pate et convainc de bout en bout. Relevons quelques rĂ©ussites emblĂ©matiques de sa maestriĂ  viennoise. En lire PLUS

 

 

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Zubin Mehta / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2015
L’hommage au gĂ©nie de Josef Strauss
http://www.classiquenews.com/cd-concert-du-nouvel-an-a-vienne-2015-philharmonique-de-vienne-zubin-mehta-1-cd-sony-classical/

 

Daniel Barenboim / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2014
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-vienne-konzerthaus-le-1er-janvier-2014-concert-du-nouvel-an-oeuvres-de-johann-strauss-i-et-ii-edouard-josef-et-richard-strauss-avec-les-danseurs-de-lopera-de-vienne-wiener-phil/

 

Franz Welser-Möst / Concert du Nouvel An à VIENNE 2013
http://www.classiquenews.com/neujahrskonzert-new-years-concert-concert-du-nouvel-an-vienne-2013franz-welser-mst-1-cd-sony-classical/

 

Mariss Jansons / Concert du Nouvel An Ă  VIENNE 2012
http://www.classiquenews.com/vienne-musikverein-le-1er-janvier-2012-concert-du-nouvel-an-wiener-philharmoniker-mariss-jansons-direction/

 

Georges PrĂȘtre / Concert du nouvel AN Ă  VIENNE 2010

 

CD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon).

ABBADO claudio rediscovered schubert 5 et 8 symphonies par classiquenews cd review critique cd classiquenewsCD critique. ABBADO REDISCOVERED. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Voici un live de 1971 enregistrĂ© sur le vif par Claudio Abbado, rĂ©vĂ©lant le gĂ©nie symphonique du jeune SCHUBERT, beethovĂ©nien et surtout mozartien dans l’ñme
 Ce sont moins les deux mouvements de la Symphonie n°8 inachevĂ©e, grandiose, sombre et parfois emplombĂ©e mais avec une sĂ©duction incroyable, que la sublime symphonie n°5 Ă  laquelle Abbado en 1971 Ă  Vienne, restitue son incroyable Ă©lĂ©gance mozartienne, ce dĂšs le premier mouvement « Allegro », oĂč rayonnent la tendresse, la grĂące, une vitalitĂ© presque pastorale qui contraste Ă©videmment avec la sidĂ©ration lugubre de la 8Ăš, en son diptyque en si mineur inabouti.
VoilĂ  qui Ă©claire la participation de Franz – ailleurs relĂ©guĂ© aux seuls lieder et Ă  la musique pour piano et pour quatuor, au genre ambitieux par excellence, l’orchestre. D’aprĂšs les sources, Schubert composa ses opus symphoniques dĂšs 15 ans, l’adolescent occupant la fonction de premier violon au sein de l’orchestre universitaire du Stadtkonvikt de Vienne, livrant ses propres opus pour enrichir le rĂ©pertoire du collectif. Cette 5Ăš Ă©blouit par ses accents par le prolongement qu’il sait apporter Ă  Mozart (amour fraternel du 2Ăš mouvement Andante con moto, dans l’esprit de la FlĂ»te enchantĂ©e) et Ă  Haydn, jalon dĂ©sormais majeur de cette Ă©lĂ©gance viennoise qui mĂšne vers Schumann. C’est dire combien cette lecture abbadienne est avec le temps et le recul, vĂ©ritable rĂ©vĂ©lation, par sa justesse artistique et le focus qui rĂ©vĂšle en pleine lumiĂšre, un opus symphonique essentiel pour le romantisme germanique.
CLIC_macaron_20dec13Le chef d’oeuvre de 1816, tient du gĂ©nie mozartien (sans les clarinettes cependant), et dans un effectif caressant, Ă  la sonoritĂ© fraternelle (sans timbales ni trompettes). La transparence sonore, et la grande Ă©lasticitĂ© de la palette instrumentale, parfaitement dĂ©taillĂ©e, comme le sens de l’architecture globale attestent de la maĂźtrise incroyable de Claudio Abbado, en pleine complicitĂ© avec les musiciens des Wiener Philharmoniker.
L’élĂ©gance expressive du Menuetto, Ă  la fois vif et souple convainc tout autant. Sa parentĂ© avec la Symphonie en sol de Mozart saisit lĂ  encore : Mozart / Schubert, qui aurait cru Ă  leur filiation ? C’est pourtant ce que nous apprend un Abaddo inspirĂ©, d’un humanisme direct, franc, d’une absolue douceur profonde. Ce Schubert sonne comme un Mozart romantisĂ©. Et si la 5Ăš de Schubert Ă©tait tout bonnement la 42Ăš symphonie de Wolfgang ?
Qui depuis le chef italien a compris et mesurĂ© cette maĂźtrise et cette sincĂ©ritĂ© de la pĂąte symphonique d’un Schubert adolescent saisi, portĂ©, transfigurĂ© par la grĂące ? CD superlatif, un modĂšle et l’un des meilleurs accomplissement d’Abbado avec l’Orchestre philharmonique de Vienne. CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

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CD critique. SCHUBERT : Symphonies n°5 et n°8. Wiener Philharmoniker. Vienne, 1971 (1 cd DG Deutsche Grammophon). Parution : le 16 novembre 2018 / RĂ©f. DG 1 cd 0289 483 5620 1 – CLIC de CLASSIQUENEWS

 
 
 

CD, coffret. Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA)

wiener-philharmoniker-decca-coffret-the-orchestral-edition-decca-CD, coffret. Wiener Philharmoniker : The Orchestral Edition (64 cd DECCA). Depuis 1842, l’Orchestre Philharmonique de Vienne, le Wiener Philharmoniker, crĂ©Ă© par Otto Nicolai, incarne le rĂȘve de tout orchestre : la phalange, vĂ©ritable mythe musical, enchante le monde par ses qualitĂ©s interprĂ©tatives et surtout une sonoritĂ© fluide, voluptueuse, coulante, magistralement onctueuse qui ne cesse de convaincre : chaque Concert du Nouvel retransmis sur toutes les chaĂźnes du monde renouvelle le miracle attendu : on y dĂ©cĂšle l’Ă©loquence oxygĂ©nĂ©e de ses cordes  flexibles, la puissance ronde et chaude de ses cuivres (les cors en particulier), la clartĂ© individuelle de son harmonie (bois)… et l’on se dit Ă  chaque concert, voici indiscutablement le meilleur orchestre au monde. Et pourtant depuis l’essor des orchestres sur instruments d’Ă©poque, notre perception a changĂ© : timbres petits, dĂ©licats caractĂ©risĂ©s contre puissance et cohĂ©rence lisse voire creuse. Or parmi les phalanges sur instruments modernes, le Wiener Philharmoniker se distingue toujours par son Ă©loquence suprĂȘme, majestueuse et raffinĂ©e, une Ă©lĂ©gance superlative (la respiration des cordes, ce matelas sonore transparent et ductile qui s’accorde idĂ©alement Ă  tous les solistes qu’ils soient chanteurs ou instrumentistes…- qui fait le plus souvent les plus grandes expĂ©riences au concert comme Ă  l’ opĂ©ra… VoilĂ  pourquoi l’Orchestre outre ses compĂ©tences symphoniques, excelle dans le ballet et donc le programme de musique lĂ©gĂšre infiniment Ă©lĂ©gante et subtile qui caractĂ©rise essentiellement les valses de Strauss II… Superbement Ă©ditĂ©, le coffret publiĂ© par Decca pour les fĂȘtes de fin d’annĂ©e ravira tous les passionnĂ©s de symphonisme  grande classe, dont les annĂ©es d’enregistrements couvrent au final une pĂ©riode riche en maniĂšres personnelles, celles des grands chefs du XXĂšme siĂšcle , des annĂ©es 1950 aux annĂ©es 1980: c’est donc une mine, une somme passionnante qui constitue aujourd’hui la mĂ©moire vive de l’orchestre viennois. Evidemment pas de romantique français, ni mĂȘme d’impressionisme debussyste ni ravĂ©lien… mais un rĂ©pertoire “viennois” depuis l’aprĂšs guerre centrĂ© sur Haydn, Mozart (Concertos pour piano, clarinette, Symphoies…), Beethoven, quelques Schubert, Bruckner, surtout Brahms… dont les intĂ©grales s’agissant des B (Beethoven, Bruckner, Brahms, constituent les piliers du rĂ©pertoire).

CLIC_macaron_2014Pierre Monteux, Herbert von Karajan (dĂšs 1959), Karl MĂŒnchinger (1967), Leonard Bernstein (1966), Georg Szell (1964), Hans Schmidt-Isserstedt (1966 et dont le fils fut producteur chez Decca), en particulier Erich Kleiber (programme Beethoven de 1954 et  1955 : le pĂšre de Carlos n’a pas usurpĂ© sa rĂ©putation); Solti (1958) et Abbado (1969), Böhm (1953), Mehta et Haitink (1982-1984)… Christoph von Dohnanyi dont sont hautement recommandables : le Mandarin merveilleux de Bartok de 1977 couplĂ© avec le Concerto pour piano de Dvorak (Andras Schiff, piano en 1986)… sans omettre Istvan Kertesz dont Decca garde fortuitement la trace des Ă©vĂ©nements de sa disparition brutale Ă  44 ans en 1973, fixant ses derniers enregistrements (Variations sur un thĂšme de Haydn de Brahms)…

Si l’on analyse le contenu par compositeurs : le classement se prĂ©cise. Par ordre de compositeurs les plus jouĂ© sur la pĂ©riode : Johann Strauss II, Beethoven, Brahms, Bruckner, Mozart, Richard Strauss, Wagner, Mahler puis Schubert, Mendelssohn, Schumann sont reprĂ©sentĂ©s pareillement. Sibelius, Tchaikovski, Verdi y font presque figures d’exception.

nicolai-otto-maestro-chef-wiener-philharmoniker-orchestre-philharmonique-de-vienne-1843Parmi les perles de ce coffret exceptionnel : notons la Symphonie n°3 de Brahms couplĂ©e avec les Quatre dernier lieder de Richard Strauss (Lisa della Casa par Böhm, 1953), les Symphonies n°4 de Brahms et n°5 de Schubert par Istvan KertĂ©sz (1971,1973), les danses hongroises de Brahms couplĂ©es avec Till l’espiĂšgle et Mort et transfiguration de Strauss par Fritz Reiner (1956, 1960), Ma Vlast de Smetana par Rafael Kubelik (1958), la Symphonie n°2 de Bruckner (Ă©dition Haas, 1872) par Horst Stein (1973), les Symphonies n°4 et 7 de Sibelius (l’hĂ©donisme sonore transfigure le souffle tragique et panthĂ©iste de ces deux sommets symphoniques du XXĂš) par Lorin Maazel couplĂ©es avec Tapiola (1966-1969) ; les Suites de Casse-Noisette, du Lac des cygnes par Karajan (1965), toute la musique du ballet Giselle d’Adam par le mĂȘme Karajan (1961), le Requiem de Verdi par Solti de 1968 (avec un plateau inimaginable mais qui porte l’estampille Decca : Sutherland, Horne, Pavarotti, Talvela !), Ă©videment la compilation Wagner par le mĂȘme Solti (1961-1982)… perle des perles les Wesendonck lieder et Kindertotenlieder oĂč Kirsten Flagstad chante et Wagner et Mahler sous la direction de sir Adrian Boult (1956 et 1957)… autres joyaux : la Symphonie n°2 (1962), les extraits des ballets Spartacus et Gayaneh de Khachaturian par le compositeur lui-mĂȘme (1977) ; l’excellent programme Janacek par Mackerras (Sinfonietta, Taras Bulba, Suite orchestral de la Petite renarde rusĂ©e, 1980).

Le rayon Mahler est particuliĂšrement bien documentĂ© et regroupe des gravures lĂ©gendaires Ă  possĂ©der de toute urgence, – pas d’intĂ©grale des Symphonies or Mahler fut directeur de l’OpĂ©ra de Vienne, mais une contribution marquante de ses cycles pour voix et orchestre : Symphonie n°2 RĂ©ssurection par Zubin Mehta (1975 avec Ileana Cotrubas et Christa Ludwig !) ; Das lied von der Erde par Kathleen Ferrier et Julius Patzak sous la baguette de Bruno Walter (1952 : c’est l’une des plus anciennes bandes du coffret : un must Ă©videmment) ; le mĂȘme Chant de la terre par Bernstein avec un duo masculin Ă  jamais lĂ©gendaire, d’ampleur et de poĂ©sie (Dietrich Fischer-Dieskau et James King sous la direction embrasĂ©e ardente de Leonard bernstein, 1966) …
CĂŽtĂ© Richard Strauss, les Karajan sont prĂ©sents (Also sprach Zarathustra (1959, couplĂ© avec les planĂštes de Holst de 1961) ; mais aussi les lectures d’un proche du compositeur, et par lui validĂ© : Clemens Krauss qui est le coauteur de Capriccio (Don Quixote, Aus Italien de 1953 – Sinfonia Domestica et Le Bourgeois gentilhomme de 1951 et 1962). Ce sont aussi : Ein Heldenleben par Solti, couplĂ© avec les Quatre derniers lieder de Te Kanawa en 1990.

Et le Wiener ne serait pas l’institution qu’il est devenu sans l’effervescence Ă©lĂ©gantissime des programmes Johann Strauss II qui font toujours les dĂ©lices des Concert du Nouvel An : Ă©coutez ainsi pour vous remettre Ă  la page d’une histoire prestigieuse telle qu’elle s’est Ă©crit entre autre sous la direction de l’excellent Willi Boskovsky (programme Strauss II rĂ©unissant des bandes de 1957 Ă  1973), surtout le Concert du Nouvel An 1979. Pas d’Ă©lĂ©gance viennoise sans frou frou, sans ivresse nostalgique dont les instrumentistes autrichiens ont le secret comme l’impeccable sens du brio.

wiener-philharmoniker-box-coffret-the-orchestral-edition-details-booklet-cd-decca-wiener-philharmonikerWiener Philhamroniker, The orchestral edition. 64 cd DECCA ; coffret avec livret booklet de 196 pages (textes en anglais, allemand, japonais – pas de français). Soulignons la qualitĂ© Ă©ditoriale du coffret, en particulier le livret qui accompagne les cd : format Ă  l’italienne, pochettes d’origine toutes reproduites, tĂ©moignages des ingĂ©nieurs du son et des producteurs DECCA sur l’Ă©popĂ©e discographiiue ainsi rĂ©alisĂ©e depuis l’aprĂšs guerre, textes d’introduction sur l’histoire de la collaboration du Wiener Philharmoniker avec Decca depuis le dĂ©but des annĂ©es 1950, le plus vaste projet discographique rĂ©unissant les deux firmes demeurant le Ring de Wagner par Solti en 1958, premier Ring stĂ©rĂ©ophonique de l’histoire de l’enregistrement… CLIC de classiquenews de novembre 2014.

Illustration : Otto Nicolai, le fondateur du Wiener Philharmoniker en 1843.