CD critique. HAYDN : Symphonies parisiennes 84 et 86. Stabat Mater (Le Concert de la Loge, J Chauvin, 2 cd ApartĂ© – nov 2019)

haydn concert de la loge stabat mater symph 84 et 86 cd critique classiquenews cd review classiquenewsCD critique. HAYDN : Symphonies parisiennes 84 et 86. Stabat Mater (Le Concert de la Loge, J Chauvin, 2 cd ApartĂ© – nov 2019). On ne cessera jamais assez de louer l’apport dĂ©cisif des instruments d’époque et de la pratique historique dans la rĂ©estimation actuelle du rĂ©pertoire classique et prĂ©romantique. En 1781, le Paris des LumiĂšres, prĂ© rĂ©volutionnaire bouillonne d’une ardeur musicale inĂ©dite, notamment au Concert Spirituel, salle symphonique et aussi de musique sacrĂ©e comme en tĂ©moigne le programme dĂ©fendue ici par Le Concert de la Loge : les symphonies ultimes du cycle parisien de Haydn, n°84 DiscrĂšte et n°86 Capricieuse affirment une nervositĂ© toute Ă©lĂ©gante, emblĂ©matique de l’équilibre et de la facĂ©tie haydnienne, auxquels le Stabat Mater, moins connu, apporte une ampleur sacrĂ©e remarquablement Ă©laborĂ©e ; ainsi, Haydn supplante dans le genre l’Ɠuvre de PergolĂšse (crĂ©Ă©e en France en 1753), depuis lors incontournable dans les programmes des concerts parisiens. AmorcĂ© par la voix tendre du tĂ©nor, le Stabat version Haydn colore le style Empfindsamkeit d’une finesse toute viennoise, Ă  la fois grave et raffinĂ©e dans laquelle la recherche de couleur affirme une ferveur rayonnante. En 1781, soit 20 ans avant l’oratorio La CrĂ©ation, Haydn dĂ©montre une maĂźtrise absolue dans l’expression de la douleur christique et mariale. La rĂ©vĂ©lation auprĂšs des parisiens indique clairement l’intuition visionnaire du tĂ©nor Jospeh Legros, directeur du Concert Spirituel depuis 1777.
Bel effet de commencer par la sombre DiscrĂšte, prĂ©lude idĂ©ale Ă  la piĂ©tĂ© pudique, dĂ©licatement inaugurĂ©e du Stabat. La partition dĂ©ploie le superbe timbre de l’alto AdĂšle Charvet (plage 1 cd1 : « O quam tristis »), sommet de cette sublimation classique de la douleur (oĂč perce l’alliance somptueusement lacrymale des bassons / hautbois). Tant d’excellence dans la retenue du sentiment de compassion doit beaucoup Ă  la palette poĂ©tique de CPE Bach dont les oratorios dĂ©jĂ  recueillaient toute la riche tradition des sepolcri, genre typiquement viennois oĂč la ferveur doloriste des sujets s’intensifiaient en une pudeur d’un raffinement inouĂŻ.

La Symphonie n°86 est un creuset d’invention mĂ©lodique, c’est elle qui retient surtout l’attention du coffret double; rĂ©vĂ©lant toute la puissance du rĂ© majeur sous le masque aimable de la distinction, une puissance parfois martiale que revendiquent les 2 trompettes et les timbales (bien exposĂ©es). L’invention de Haydn s’y concentre dans le mouvement lent en sol majeur, dont le titre « Capriccio. Largo » indique une libertĂ© formelle inĂ©dite bien dans l’esprit d’un auteur souvent imprĂ©visible et qui assume de superbes audaces harmoniques. Aucune baisse de tension ni d’inspiration dans le Menuet (Allegretto) qui suit, aussi vaste dans le catalogue des symphonies de Haydn, qu’il est subtilement troussĂ© (impertinence rustique du trio). Le martĂšlement du Finale (Allegro con spirito) rĂ©affirme Ă  la fois la maĂźtrise de la forme sonate et l’impĂ©tuositĂ© d’une Ă©criture inventive qui ne s’enferme dans aucun canevas mĂ©canique.

NuancĂ©e, prĂ©cise, souple et aĂ©rĂ©e, l’approche du Concert de la Loge restitue toute la fine parure classique (et ses Ă©quilibres sonores) d’un Haydn ici plus expĂ©rimental que conforme. Dont l’élĂ©gance inscrit clairement tout le cycle des 3 piĂšces, dans cette subtilitĂ© toute parisienne. Superbe programme.

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CD critique. HAYDN : Symphonies parisiennes 84 et 86. Stabat Mater (Le Concert de la Loge, J Chauvin, 2 cd ApartĂ© – nov 2019)

CD Ă©vĂ©nement critique. ARVO PÄRT : STABAT MATER (1 cd GDC – Gloriae Dei Cantores, OrlĂ©ans 2018-2019)

ARVO-PART-Stabat-Mater-cd-naxos-review-critique-classiquenews gloriae dei cantores-opera-cd-review-cd-critiques-classiquenewsCD Ă©vĂ©nement critique. ARVO PÄRT : STABAT MATER (1 cd GDC – Gloriae Dei Cantores, OrlĂ©ans 2018-2019). Le Choeur GloriĂŠ Dei Cantores aborde plusieurs partitions chorales du compositeur estonien Arvo PĂ€rt (nĂ© en 1935). Le cycle des 6 piĂšces compose une sorte d’anthologie des partitions sacrĂ©es parmi les plus touchantes et accessibles de PĂ€rt. ChantĂ©es par le chƓur amĂ©ricain (basĂ© Ă  OrlĂ©ans, Massachussets) GloriĂŠ Dei Cantores, les Ɠuvres gagnent une sincĂ©ritĂ© immĂ©diate, incarnĂ©es par un collectif qui en exprime Ă©lans, aspirations, sens des textes, passionnants contrastes, voire vertiges spirituels.

En ouverture, Peace upon You, Jerusalem est un chant de grùce pour Jerusalem, entonné avec nuance par le choeur de femmes. On y perçoit nettement cette ferveur rayonnante de PÀrt, tissée de larmes et de joie, de compassion surtout.

La rĂ©sonance grave et doloriste de L’AbbĂ© Agathon (2004 – 2008, 15 mn) s’appuie dĂšs son ouverture sur les cordes puissantes, sĂ©pulcrales ; la sĂ©quence Ă©voque la vie et les Ă©preuves endurĂ©es par l’AbbĂ© Agathon, ermite du IVĂš, sur un rythme de marche oĂč dialoguent le chƓur de femmes et la voix de baryton (texte en français) ; le cheminement, dessinant un parcours spirituel, atteint un niveau mĂ©taphorique supĂ©rieur, tout en agissant de façon dramatique Ă  la façon d’un mini oratorio. La soprano qui sort du chƓur, incarnant le lĂ©preux (l’ange dĂ©guisĂ©) perce le tissu sonore comme une apparition / rĂ©vĂ©lation, – l’agent du drame et de la rĂ©vĂ©lation finale ; il exprime le caractĂšre miraculeux de l’épisode, soulignant ainsi son dĂ©nouement le plus expressif
 le choeur de femmes Ă©voque chaque Ă©pisode majeur dans la vie du vieillard ainsi Ă©prouvĂ© : Agathon croise le chemin du lĂ©preux, le porte Ă  la ville, lui achĂšte un gĂąteau, et autant d’objets qu’il souhaite, puis le reconduit oĂč ils s’étaient rencontrĂ©s. Musique de dĂ©nuement aussi et d’une grande force poĂ©tique proportionnellement allusive Ă  mesure que l’écriture se dĂ©cante (staccato des cordes, pas de vents ni de bois
) ; l’espoir se rĂ©alise dans la rencontre avec l’autre, dans ce que nous lui donnons, dans ce qu’il nous permet de connaĂźtre dans cet Ă©change sincĂšre. Agathon s’est enrichi en se dĂ©pouillant pour le lĂ©preux. La partition est pensĂ©e comme une miniature essentielle, d’une Ă©conomie formelle particuliĂšrement efficace.

Le Salve Regina (plus de 11 mn) est pour le choeur mixte, recueilli, inscrit trĂšs haut dans les sphĂšres (comme l’indique le chant continu de l’orgue en second plan). Le ton de la ferveur qui s’y dĂ©ploie, est celui d’une sĂ©rĂ©nitĂ© confiante, assumĂ©e. La piĂšce a Ă©tĂ© Ă©crite pour la CathĂ©drale d’Essen (1500 ans de la fondation de l’Abbaye d’Essen, 2002) et suit un parcours harmonique d’une rare subtilitĂ© entonnĂ© par les quatre parties du chƓur qui semblent dialoguer entre elles, marquant lĂ  aussi les Ă©tapes d’un parcours spirituel oĂč l’expĂ©rience collective en partage est le don le plus manifeste.

Magnificat (1989) : le chƓur recueille l’émotion qui submerge Marie Ă  l’Annonce de sa future maternitĂ© ; elle est l’élue de Dieu, la plus admirable entre toutes les femmes. Les voix a cappella sont aux cĂŽtĂ©s de la Vierge, compassionnelles et attendries, puissantes et conquĂ©rantes Ă  la fois. C’est une force qui surgit et submerge, nĂ©e du mystĂšre, qui s’efface (« Magnificat anima mea Dominus ») comme l’on referme un livre des Merveilles.

La partition du Nunc Dimitis datĂ© de 2001, est la plus planante, expression chorale de la priĂšre de Simeon : « l’espace, le lieu, le silence »  PĂ€rt y concentre tous les Ă©lĂ©ments d’une conscience aiguĂ«, la vision qu’a Simeon du Temple, en une lente intensification de la ligne vocale soutenue par tout le chƓur, des ultra aigus aux graves les plus sĂ©pulcraux. PĂ€rt Ă©largit le spectre sonore en gĂ©omĂštre d’une foi inĂ©branlable et croissante; comme inextinguible.

Le Stabat Mater est l’Ɠuvre maĂźtresse du programme ; elle prend Ă  tĂ©moin l’auditeur en vagues sombre et amĂšres, d’une affliction totale – expression du dĂ©nuement le plus absolu (vagues descendantes par les cordes seules) oĂč la pudeur et l’expression allĂ©gĂ©e pĂšsent de tout leur poids ; le chƓur, les instrumentistes savent en faire jaillir la puissante priĂšre, vraie dĂ©ploration pour la MĂšre affligĂ©e face au Fils sacrifiĂ©, suppliciĂ© sur la croix. La partition de 25 mn (plus courte ici que certaines autres versions) concilie Ă  la fois intimisme de la ferveur intĂ©rieure et expressivitĂ© plus dramatique, avec cette couleur de l’affliction non rĂ©ellement acceptĂ©e grĂące Ă  la vibration des cordes. Ainsi la musique opĂšre ce qu’elle sait spĂ©cifiquement rĂ©aliser : une extension progressive du spectre temporel et sonore qui dit l’infini de la souffrance ; et dans le mĂȘme temps, une mĂ©tamorphose directe et sincĂšre, de la profonde tristesse Ă  la joie de la RĂ©demption. Des tĂ©nĂšbres Ă  la LumiĂšre. Arvo PĂ€rt, en passeur Ă©clairĂ©, Ă©crit pas Ă  pas, mesure aprĂšs mesure, cette transfiguration progressive, inĂ©luctable, qui contient le message christique dans la promesse du Salut. Tout sacrifice n’est pas vain, semble-t-il nous dire. Car il mĂšne toujours plus prĂšs vers la LumiĂšre. Ainsi le final qui s’accomplit en un murmure croissant, comme un dernier Ă©blouissement (aigu des cordes), expression d’un sommet immatĂ©riel, de pleine conscience.

FidĂšle Ă  ses convictions et sa culture musicale, PĂ€rt synthĂ©tise ici musique orthodoxe, chant de la Renaissance, expressionnisme du style « Tintinnabuli » oĂč saisissent l’importance du silence, la clartĂ©, l’équilibre, la consonance. Familier de l’écriture chorale de PĂ€rt, entre autres pour l’avoir chantĂ© et prĂ©sentĂ© en tournĂ©e, entre autres Ă  OrlĂ©ans au Massachusset, les chanteurs de l’ensemble Gloriae Dei Cantores exposent avec franchise la ferveur qui porte tout l’édifice choral. Le Stabat Mater touche et captive par son expressivitĂ© directe, sa grĂące qui s’accomplit pas Ă  pas, en particulier dans les derniĂšres mesures. Il semble agir par cercles et spirales
 comme une rĂ©itĂ©ration continue. CommandĂ©e par The Alban Berg Foundation (centenaire de la naissance de Berg, 2010), la partition oppose comme une confrontation impossible et pourtant structurelle, la peine et la consolation.
CLIC D'OR macaron 200PĂ€rt y fait surgir l’incandescence de l’illumination de l’ombre et du silence avec un nettetĂ© tranchante (caractĂšre du style « Tintinnabuli », d’aprĂšs la clochette de l’orgue portatif mĂ©diĂ©val, comme l’attestent aussi ses Ɠuvres emblĂ©matiques tels, Cantus, Ă  la mĂ©moire de Benjamin Britten, Fratres, Tabula Rasa, When Bach Bienen gezĂŒchtet hĂ€tte, Pari Intervallo, Arbos, 
 ). Simple, subtile, accessible, pure, la musique jaillit progressivement des profondeurs,
 d’oĂč cette densitĂ© exceptionnelle qui confĂšre Ă  ce qui pourrait sonner lĂ©ger et planant, une sincĂ©ritĂ© souterraine qui est la marque de l’expĂ©rience spirituelle intime. Avec le temps, comme plus ancrĂ© dans une ferveur assumĂ©e et lumineuse, PĂ€rt dĂ©veloppe son Ă©criture pour le sacrĂ© et les voix, surtout chorales. C’est un questionnement perpĂ©tuel, une foi intarissable et toujours tendue qui ne cesse d’interpeler. Les interprĂštes du programme en offrent une lecture juste, investie, souvent bouleversante.

 

 

 

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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement, critique. ARVO PÄRT : Choral works (Stabat Mater, L’AbbĂ© Agathon, Nunc Dimitis
) GloriĂŠ Dei Cantores / Richard K. Pugsley, direction (1 cd DGC records, 2018 – 2019).

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1 – Peace upon You, Jerusalem
2 – L’abbĂ© Agathon
3 – Salve Regina
4 – Magnificat
5 – Nunc dimitis
6 – Stabat Mater

Durée totale : 1h09mn

HYBRID SACD RELEASE

RECORDING ENGINEERS: Brad Michel, Dan Pfeiffer
RECORDED: September 2018, May & September 2019
at The Church of the Transfiguration, Orleans
MA UPC: 709887006524
USA & Canada: CD65
Naxos Global Logistics: PARCD65
Retail price: $19.99

 

 

 

Visiter le site de l’ensemble Gloriae dei Cantores : https://gdcrecordings.com/

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VIDEO

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COMPTE RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat.

dvorak antoninCOMPTE-RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat. Grande Ɠuvre chorale de Dvorak, au mĂȘme titre que son Requiem, ce Stabat Mater n’avait pas Ă©tĂ© donnĂ© Ă  Dijon depuis le passage, en 2015, de Philippe Herreweghe et de son Collegium Vocale, dont on conserve un souvenir mitigĂ©, liĂ© au parti pris du chef : le recueillement, une approche toute intĂ©riorisĂ©e, lisse, d’oĂč Ă©taient amoindries, voire bannies, les indications dynamiques explicites de la partition.  Aujourd’hui, malgrĂ© le retour Ă  la premiĂšre version avec piano, le flamboiement nous renvoie davantage Ă  la vision de Rafael Kubelik. Des dix numĂ©ros du Stabat Mater, sept furent Ă©crits pour soli, chƓur mixte et piano, avant que la disparition brutale d’un, puis de deux autres de ses enfants conduise le compositeur Ă  complĂ©ter la partition (numĂ©ros 5 Ă  7) et Ă  l’orchestrer. Dvorak prend ses distances par rapport Ă  la fonction liturgique de la piĂšce en en modifiant le texte pour mieux traduire sa profonde douleur. Cette version originale, qui ne semble pas avoir Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©e du vivant du compositeur, dut attendre 2004 pour ĂȘtre publiĂ©e.

  
   

RafraĂźchissant retour aux sources

 

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Outre son intĂ©rĂȘt documentaire, cette composition originale prĂ©sente l’avantage de contenir l’accompagnement Ă  sa fonction premiĂšre : constituer un Ă©crin propre Ă  valoriser les solistes et le chƓur dans l’expression du texte et de l’émotion qu’il recĂšle. Une grande fresque va se dĂ©rouler au travers des sept numĂ©ros de la partition, tour Ă  tour accablĂ©e, rĂ©signĂ©e, lyrique, chargĂ©e d’espĂ©rance, tendre, puis jubilatoire, avec un spectaculaire Amen.
Chaque numĂ©ro mĂ©riterait un commentaire. Retenons dĂ©jĂ  les nombreuses interventions chorales, chƓur seul, avec des pupitres parfois divisĂ©s, chƓur et quatuor de solistes, chƓur accompagnant la basse. HomogĂšne, Ă©quilibrĂ©, ductile, il se prĂȘte aux contrastes accentuĂ©s comme Ă  la confidence. Les couleurs sont remarquables, particuliĂšrement celles de tĂ©nors, frĂ©quemment exposĂ©s. Le magistral et virtuose Amen final, complexe, est manifestement le point d’aboutissement que voulait le compositeur. La progression du dialogue entre solistes et chƓur nous empoigne, jubilatoire. Des solistes retenons une trĂšs grande soprano, Anna Piroli, familiĂšre du rĂ©pertoire contemporain comme du baroque. Voix puissante et Ă©gale, au souffle long, son duo avec le tĂ©nor, Stefano Ferrari ,« Fac ut portem Christi », est un moment de lyrisme contenu. On souhaiterait Ă©couter davantage cette voix sonore et sĂ©duisante (il se voit privĂ© de son air « fac me vere » (n°6), ajoutĂ© ensuite par le compositeur). La belle basse, Jonas Yagure, nous vaut un fort remarquable dialogue avec le chƓur (« Fac, ut ardeat cor meum »). L’andante maestoso de l’alto est pris trop allant par cette derniĂšre, dont les graves manquent de consistance. Pour autant, le quatuor est toujours Ă©quilibrĂ©, seul ou lors de ses interventions avec le chƓur.

La direction d’Anass Ismat, privĂ© ponctuellement de l’usage du bras droit, est un modĂšle de sobriĂ©tĂ©, de prĂ©cision et d’efficacitĂ©. Qu’il dirige deux motets de Bruckner en introduction (Locus iste, et Ave Maria) ou ce monumental Stabat Mater, il communique une Ă©nergie singuliĂšre Ă  ses interprĂštes et rejoint les plus grands chefs de chƓur contemporains dans le fini, la conduite des phrasĂ©s et des progressions, illustrĂ©s magistralement.
Seul (petit) regret : outre une grossiĂšre erreur (l’indication des dix mouvements de Dvorak, au lieu des sept de la version retenue), le programme de salle pĂȘche une fois de plus par son indigence : le texte chantĂ© (modifiĂ© par le compositeur) et sa traduction, ignorĂ©s de la majeure partie du public, sont passĂ©s sous silence.

   

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COMPTE-RENDU, concert. DIJON, Ă©glise Notre-Dame, le 10 mars 2019. DVORAK : Stabat Mater. ChƓur de l’opĂ©ra de Dijon. Anass Ismat.Illustration : © Albert Dacheux Dijon 2019.

   

PARIS. CONCERT 1001 NOTES Ă  l’AthĂ©nĂ©e

1001-NOTES-festival-concerts-annonce-critique-sur-classiquenewsPARIS, l’AthĂ©nĂ©e. CONCERT 1001 NOTES, le 17 dĂ©c 2018, 20h. Les artistes phares du label et du festival 1001 NOTES font l’évĂ©nement de ce lundi 17 dĂ©cembre Ă  Paris : au programme, entre autres l’excellent Concert de l’HOSTEL DIEU, fondĂ© / dirigĂ© par Franck-Emmanuel Comte, dont le geste rĂ©gĂ©nĂ©rateur sur les partitions s’accomplit en questionnement sur les formes musicales Ă  prĂ©senter en concert, sur de nouvelles sources musicologiques aussi. Ainsi en tĂ©moigne, le programme de leur dernier disque, Ă©blouissant, « STABAT MATER » qui offre une nouvelle lecture du Stabat Mater de Pergolesi, contextualisĂ© d’aprĂšs la pratiques des sociĂ©tĂ©s de musique lyonnaise au XVIIIĂš (quand le Stabat Mater de Pergolesi Ă©tait dĂ©jĂ  apprĂ©ciĂ© et repris, donc adaptĂ© au goĂ»t et aux effectifs locaux) ; c’est surtout, une dĂ©marche innovante qui aime les rencontre et les mĂ©tissages : en croisant les disciplines, Franck-Emmanuel Comte poursuit un travail particulier avec le chorĂ©graphe hip-hop Mourad Merzouki qui a Ă©crit la danse du programme « FOLIA », prĂ©sentĂ© cet Ă©tĂ© Ă  Lyon : il en rĂ©sulte un parcours passionnant hautement rythmĂ©, mais aussi chantĂ© qui cĂ©lĂšbre la transe dĂ©lirante et poĂ©tique des tarentelles napolitaines (dont la sublime et provocante « Carpinese »), mariĂ©es au plus imaginatif des Baroques vĂ©nitiens, Vivaldi. A l’AthĂ©nĂ©e, Le Concert de l’HOSTEL-DIEU prĂ©sente quelques extraits du cd FOLIA, rĂ©cemment Ă©ditĂ© chez le label 1001 NOTES


 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

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Programme 1001 Notes Ă  l’AthĂ©nĂ©e
Concert de l’HOSTEL-DIEU : FOLIA (extraits)

Lundi 17 dĂ©cembre 2018 ‱ 20hboutonreservation
AthĂ©nĂ©e, ThĂ©Ăątre Louis-Jouvet ‱ Paris

 

 

 

Concert présenté par Raphaël Mezrahi

Artemandoline ‱ ensemble (musique baroque)
Le Concert de l’Hostel Dieu ‱ Franck-Emmanuel Comte
(clavecin et direction)
Artuan de LierrĂ©e ‱ ensemble rock-classique (avec projections)
Gaspard Dehaene ‱ piano (Schubert-Liszt)

RESERVEZ VOTRE PLACE
https://1001notesenlimousin.festik.net/saison-2018-2019
Tarifs : de 19€ à 23€

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PrĂ©sentation par l’AthĂ©nĂ©e : « Le concert sera prĂ©sentĂ© par l’acteur et comĂ©dien RaphaĂ«l Mezrahi, l’intrĂ©pide intervieweur de Canal + et organisateur des Nuits de la dĂ©prime aux Folies BergĂšres.
Un concert sous le signe de la création et de la découverte en quatre temps forts.
La soirĂ©e dĂ©butera avec l’ensemble baroque Artemandoline qui nous fera voyager en Espagne au XVIIe siĂšcle. Puis Le Concert de l’Hostel Dieu nous prĂ©sentera des extraits du CD Folia, musique-ballet hip hop du chorĂ©graphe Mourad Merzouki. Ensuite, Gaspard Dehaene prĂ©sentera son programme hommage Ă  son grand pĂšre Henri Queffelec. Enfin, le groupe Artuan de LierrĂ©e jouera des piĂšces de son projet Les Arcanes, vingt-et-une piĂšces inspirĂ©es du cĂ©lĂšbre tarot divinatoire de Marseille, pour un cinĂ©-concert mystique entre musique ancienne, post-rock et minimalisme.”

 

 

Extraits vidéo du programme LA FOLIA

 

 

  

 
 

 

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Déroulement de la soirée :

 

 

 

Artemandoline
Lucas Ruiz de Ribayaz (17Ăšme, Espagne) : Suite de danses – Españoletas- GalerĂ­a de amor y buelta- Achas y buelta del hacha- XĂĄcaras por primer tono
Anonyme (18Ăšme, Naples) : Follias

 

 

 

Gaspard Dehaene, piano
Franz Schubert / Franz Liszt : deux lieder
Franz Liszt : Rapsodie Espagnole

 

 

 

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(entracte)

 

 

 

Artuan de Lierrée
Les Arcanes
La grande prĂȘtresse
L’amoureux
Le chariot
Le pendu
Le diable
L’étoile / La lune
Aquarium

 

 

 

Le Concert de l’Hostel-Dieu / Franck-Emmanuel COMTE
Antonio Vivaldi : Aria « Si fulgida »
(extrait de Judith Triomphante RV 644)
Antonio Vivaldi : La Folia, sonate en ré mineur RV63
Anonyme : La Carpinese (tarentelle)
Anonyme : Cachua Serranita, (Codice Trujillo del PerĂč, 1713)

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CD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, FE Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, Ă©glise de Chazelles sur Lyon, juillet 2015)

concert-hostel-dieu-franck-emmanuel-comte-pergolesi-pergolese-stabat-mater-critique-cd-review-classiquenewsCD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, FE Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, Ă©glise de Chazelles sur Lyon, juillet 2015). Artisan des mĂ©langes musicaux et des rencontres inĂ©dites, Franck-Emmanuel Comte et son ensemble sur instruments anciens Le Concert de l’Hostel-Dieu offrent une nouvelle lecture du Stabat Mater. DĂšs le dĂ©but, on relĂšve l’incisivitĂ© nouvelle du continuo, oĂč pointent cordes, orgue, basson dans un allant ardent, Ă©ruptif et remarquablement nuancĂ© ; d’abord c’est une formidable polyphonie traditionnelle napolitaine qui rappelle l’effusion et la compassion collective du peuple face au deuil dĂ©sespĂ©rĂ© de la MĂšre, avant que les volutes finement ciselĂ©es du cycle de duos et d’arias solos du jeune gĂ©nie Pergolesi ne se dĂ©ploient. Ferveur populaire en partage, tĂ©moignages individualisĂ©s ou en petit chƓur, le Stabat Mater est surtout une expĂ©rience du peuple. VoilĂ  une conception qui restitue Ă  la force poĂ©tique du texte un nouveau rĂ©alisme.
Les interprĂštes gardent Ă  l’esprit toujours la plainte et la priĂšre dans chaque sĂ©quence : on est trĂšs Ă©loignĂ© de la tentation dĂ©monstrative et virtuose de certaines chanteuses starifiĂ©es, plus extĂ©rieures que vraiment recueillies. On apprĂ©cie cette caractĂ©risation qui s’empare de chaque Ă©pisode : effusion Ă  2 voix du premier Stabat Mater ; prise Ă  tĂ©moin et dramatisme Ă©plorĂ© plus incarnĂ© dans le saisissant Cujus animam pour soprano seule : l’expression d’une douleur tangible, perpĂ©trĂ©e par le glaive qui transperce littĂ©ralement le corps et l’ñme de Marie


 
 
 

Polyphonies populaires, Stabat de Pergolesi
Franck-Emmanuel Comte au cƓur de la dĂ©votion lacrymale


 
 
 

L’alternance airs de Pergolesi et plainte collective des polyphonies chorales creuse la force dĂ©pressive d’un cycle de textes particuliĂšrement imagĂ©s, tous cĂ©lĂ©brant la souffrance de la MĂšre confrontĂ©e au corps sacrifiĂ© du Fils. Franck Emmanuel Comte ajoute plusieurs airs dĂ©ploratifs trĂšs intelligemment sĂ©lectionnĂ©s dont cette priĂšre de Donna Isabella (visiblement dĂ©possĂ©dĂ©e de ses chĂąteaux
), dont la douleur fait Ă©cho Ă  celle de la Vierge Ă©plorĂ©e : la mise en dialogue de ces piĂšces est trĂšs profitable. Elle apporte aux cĂŽtĂ©s du corpus sacrĂ© traditionnel, la rĂ©sonance populaire du peuple en souffrance.

Quand jaillit l’allure plus allĂšgre du Quae moerebat, chantĂ© par un baryton visiblement presque insouciant, le contraste est total. TrĂšs percutant, laissant s’épanouir ensuite la plainte plus langoureuse et insidieuse du Quis est homo ? sublime duo des deux voix fĂ©minines (soprano / contralto) qui plongent dans l’affliction la plus dĂ©sespĂ©rĂ©e
 puis leur rĂ©pondent tĂ©nor et baryton pour la conclusion de cette sĂ©quence, traitĂ©e comme un ensemble d’opĂ©ra ; mĂȘme dispositif Ă  plusieurs chanteurs pour le Fac ut ardeat (ailleurs communĂ©ment chantĂ© par le duo fĂ©minin). L’option du quintette vocal (dans le O Quam Tristis entre autres) renforce l’esprit de partage : les chanteurs exprimant la compassion que chacun ressent individuellement et collectivement. En associant un verset par type de voix, le sens du texte est formidablement investi, incarnĂ©, habitĂ©.
La tarentelle qui suit (A cantina) constitue comme un Ă©cho populaire Ă  la sidĂ©ration qui a prĂ©cĂ©dĂ© : c’est Ă  travers le chant du piccolo, la libĂ©ration d’un trop plain d’émotion, ne pouvant ĂȘtre dissipĂ© que dans la transe, nĂ©e d’une danse quasi frĂ©nĂ©tique.

Les effets d’échos, la spatialisation aussi des groupes de chanteurs (dans une prise de son trĂšs rĂ©verbĂ©rĂ©e, sous la voĂ»te d’une Ă©glise qui renforce encore le rĂ©alisme de cet enregistrement de l’étĂ© 2015) composent alors un vĂ©ritable opĂ©ra de la souffrance et des chants de dĂ©ploration. Le goĂ»t des timbres, l’écoute attentive au sens des textes, la diversitĂ© des formes musicales et chorales, sacrĂ©es, populaires (formidable scansion sur basse obstinĂ©e des tarentelles, dont La Cicerenella, exĂ©cutoire d’inspiration picaresque voire graveleuse )
 relĂšvent d’une conception trĂšs scrupuleuse et qui dans la rĂ©alisation des concerts qui ont prĂ©cĂ©dĂ© ce disque, assure une indiscutable rĂ©ussite.
Avait-on Ă©coutĂ© jusque lĂ  une telle rĂ©gĂ©nĂ©ration du cycle du Stabat ? Franck-Emmanuel COMTE sait associer les corpus, trouve d’évidentes convergences des ferveurs, tisse au final un splendide voyage musical qui exprime le sublime nĂ© du populaire mĂȘlĂ© au sacrĂ© des textes canoniques.
La bascule dans une piĂ©tĂ© plus profane, voire sensuelle (aux images Ă©rotiques cf. La Carpinese, tarentelle qui chante aussi l’émancipation de la femme sensuellement maĂźtresse de son corps) s’affirme ici, offrant de superbes contrastes tout au long du programme dont le volet le plus extatique pourrait ĂȘtre le dernier duo fĂ©minin, Ă©lĂ©vation spirituelle d’une ineffable caresse (Quando corpus), oĂč c’est l’ñme du Fils et de sa mĂšre qui prendre leur envol, immatĂ©rialitĂ© du renoncement, aprĂšs les vertiges d’une douleur incommensurable.

CLIC D'OR macaron 200 
 
 
RECHERCHE JUBILATOIRE

Chef et ensemble indiquent aujourd’hui une voie passionnante de la recherche actuelle associĂ©e Ă  la pratique des instruments d’époque : cette cĂ©lĂ©bration collective, apparemment Ă©clectique, pourrait tout Ă  fait avoir Ă©tĂ© choisie par les musiciens du XVIIIĂš, dans les sociĂ©tĂ©s de musique (telle l’AcadĂ©mie du Concert Ă  Lyon), oĂč le Stabat Mater de Pergolesi fut ainsi rĂ©adaptĂ© en fonction du goĂ»t et des ressources locales. En s’appuyant sur le fonds de la BibliothĂšque Municipale de Lyon, Franck-Emmanuel Comte propose une recontextualisation bĂ©nĂ©fique et rĂ©gĂ©nĂ©ratrice d’un texte traditionnel de la ferveur sacrĂ©e : le Stabat Mater de PergolĂšse rĂ©appropriĂ© par les lyonnais, complĂ©tĂ© par plusieurs polyphonies traditionnelles, et d’irrĂ©sistibles tarentelles, gagne ainsi une dramaturgie textuelle particuliĂšrement percutante ; de ce mĂ©tissage populaire /savant, Ă  travers l’histoire des pratiques selon les Ă©poques, les interprĂštes font surgir l’ñme mĂȘme du Baroque : sa facultĂ© Ă  exprimer les passions humaines, ici dĂ©votion, compassion. La justesse de l’approche est indiscutable. Et savoureuse.

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CD, critique. STABAT MATER. Concert de l’HOSTEL DIEU, Comte (1 cd ICSM 012 – enregistrement live, Ă©glise de Chazelles sur Lyon, juillet 2015) – CLIC de CLASSIQUENEWS de dĂ©cembre 2018.

 

 

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 
 
 
 

 

PERGOLESI : UN AUTRE STABAT MATER par Franck Emmanuel Comte

concert-hostel-dieu-franck-emmaneul-comte-saison-2018-2019-concerts-presentation-evenemnt-par-classiquenews-photo-copyright-jean-combier-emmnauel-comte-portraitLYON, le 16, 18 nov, STABAT MATER : PergolĂšse mĂ©connu, renouvelĂ©… A l’occasion des prochaines dates lyonnaises du STABAT MATER de Pergolesi, mais dans une version historique, rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e, CLASSIQUENEWS brosse un portait du directeur et fondateur de l’ensemble sur instruments anciens, Le CONCERT DE L’HOSTEL DIEU… LE BAROQUE RÉINVENTÉ
 ENTRETIEN avec Franck-Emmanuel COMTE, fondateur et directeur musical du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU. A l’origine de l’activitĂ© de l’ensemble sur instruments d’époque, il y a ce goĂ»t pour l’exploration du patrimoine inĂ©dit, mĂ©connu, oublié  celui des partitions que conserve la BML BibliothĂšque Municipale de Lyon. Aux cĂŽtĂ© du travail de recherche, Franck-Emmanuel COMTE interroge les partitions pour les rendre vivantes, pour les incarner ; pour inventer de nouvelles formes de concerts et toucher un plus vaste public
 Une application de cette dĂ©marche qui concilie musicologie et geste interprĂ©tatif ? Le prochain concert de l’ensemble dĂšs le 16 novembre 2018 Ă  LYON (avec confĂ©rence prĂ©alable), autour du STABAT MATER de Pergolesi, mais dans le goĂ»t des Lyonnais du XVIIIù
 (lire ci aprĂšs). Le directeur musical du CHD / Concert de l’Hostel-Dieu pimente et personnalise le Baroque du dĂ©but du XVIIIĂš en le rĂ©inscrivant dans le contexte napolitain, non sans pertinence.

 

 

DĂ©fricheur et critique, Franck-Emmanuel COMTE propose de rĂ©inventer la forme du concert : le CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU est un laboratoire, et aussi une veille pour rĂ©inventer et rĂ©gĂ©nĂ©rer l’expĂ©rience du concert voire la conception mĂȘme des spectacles
 Et dans cette volontĂ© dynamique, s’inscrit aussi une nouvelle dĂ©finition du geste musical pour l’interprĂšte, inspirĂ© diffĂ©remment dans un autre rapport au son, Ă  la partition, Ă  l’improvisation. N’est-il pas vrai que le Baroque comme le Jazz, se prĂȘte-idĂ©alement Ă  cette vision libĂ©rĂ©e et mouvante de la rĂ©alisation musicale ? Le Baroque devient le cƓur d’une constellation de disciplines dont chacune questionne l’autre. Ainsi pour une poĂ©tique inĂ©dite et un rythme musical diffĂ©rent, le spectacle FOLIA conçu en complicitĂ© avec le chorĂ©graphe Mourad Merzouki 
 Jamais la musique baroque ainsi rĂ©investie n’a semblĂ© plus vivante et connectĂ©e avec notre Ă©poque.

 

 

 

Tour d’horizon de l’actualitĂ© du CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU en phase avec ces points de rĂ©flexion qui empruntent de nouveaux chemins de traverse.

PREMIER VOLET D’UNE SERIE D’ENTRETIENS
avec FRANCK-EMMANUEL COMTE. 

 

 

 
 
 

 

CONCERT-DE-LHOSTEL-DIEU-concert-hostel-dieu-maro-polo-c-julie-cherki_logo

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Des sources inertes au geste libre


TRAVAIL SUR LES SOURCES


 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment prĂ©senter et dĂ©finir (but, enjeux, 
) votre travail de recherche et d’exploration d’inĂ©dits Ă  partir du fonds des archives du patrimoine rhĂŽne-alpin conservĂ© Ă  la BibliothĂšque municipale de Lyon / BML ?

pergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1FRANCK-EMMANUEL COMTE : Le travail de valorisation des fonds de la BML constitue le socle de notre activitĂ©, et aussi l’origine mĂȘme de la crĂ©ation de l’ensemble. Les manuscrits conservĂ©s dans les Fonds anciens de la bibliothĂšque reflĂštent une spĂ©cificitĂ© lyonnaise : un goĂ»t des lyonnais, au siĂšcle des LumiĂšres, tournĂ© presque exclusivement vers l’Italie. Il semble que les Ă©changes entre les villes de Lyon et de Rome Ă©taient nombreux, sans doutes par l’entremise des marchands, des banquiers mais aussi des JĂ©suites. Aussi, nombre de partitions de Scarlatti, Corelli, Carissimi,
. figurent au catalogue de la BML. Ils constituent une source d’inspiration et d’idĂ©es de programme assez riche
. Ainsi notre prochain projet  : une version inĂ©dite du Stabat Mater de PergolĂšse, arrangĂ© Ă  5 voix aux alentours des annĂ©es 1740 par un musicien lyonnais.

 

 

 

Nouveau programmepergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1
UN AUTRE STABAT MATER de Pergolesi
16,18,20 nov 2018
En Lire +, Présentation de ce concert

VOIR LA VIDEO du programme « Un AUTRE STABAT MATER »
https://www.youtube.com/watch?v=gfDB2neKHZs

Secrets lyonnais – Le Concert de l’Hostel Dieu et la manuscrits de la BibliothĂšque de Lyon

PROCHAINES DATES / STABAT MATER DE PERGOLESE 16 novembre 2018 : ConfĂ©rence musicale Ă  la BibliothĂšque municipale de Lyon (69) 18 novembre 2018 : Chapelle de …

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

 

 

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RÉINVENTER LE BAROQUE AUJOURD’HUI

ses formes, sa durée, dans quels lieux, pour quels publics ?

 

 

CLASSIQUENEWS : En dĂ©finitive, votre activitĂ© au sein du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU dĂ©veloppe une interrogation permanente et critique sur le baroque aujourd’hui ?

concert-hostel-dieu-franck-emmaneul-comte-saison-2018-2019-concerts-presentation-evenemnt-par-classiquenews-photo-copyright-jean-combier-emmnauel-comte-portraitFRANCK-EMMANUEL COMTE : Oui, il est clair que pour moi le seul travail musicologique de restitution et d’interprĂ©tation ne suffit plus Ă  motiver mon travail.
Je puise dans le rĂ©pertoire baroque et dans l’instrumentarium qui lui est liĂ©, des occasions pour partager plus largement mes ressentis sur cet univers.  L’interdisciplinaritĂ© et les passerelles que nous imaginons vers d’autres cultures musicales nous permettent de questionner notre rapport au son, Ă  la partition, Ă  l’improvisation. Autant de pistes susceptibles de faire Ă©voluer notre crĂ©ativitĂ©, laquelle a toujours Ă©tĂ© une notion beaucoup plus essentielle pour moi que la technicitĂ©.
Cette approche du répertoire ancien nous conduit également à réexaminer notre rapport au public, lequel reste au coeur de mes préoccupations.
Je sais que cette notion ne fait pas forcĂ©ment loi en France, et particuliĂšrement dans les “esthĂ©tiques de spĂ©cialistes » comme celle de la musique ancienne, mais j’assume cette approche ; sans public, il n’y aurait pas de spectacles, et le spectacle, c’est notre vie, notre essence mĂȘme.

folia-mourad-merzouki-franck-emmanuel-comte-danse-spectacle-critique-par-classiquenews-juin2018Folia, le spectacle chorĂ©graphique co-crĂ©e avec Mourad Merzouki en juin dernier, en est un des exemples les plus nets : une vrai poĂ©sie naĂźt de la rencontre de l’univers hip hop de Mourad avec les sonoritĂ©s et l’énergie qui Ă©mane de mon ensemble CONCERT DE L’HOSTEL-DIEU / CHD ; le bonheur qu’ont les musiciens et les danseurs Ă  vivre cette expĂ©rience sur scĂšne et en coulisse est palpable tout au long du spectacle. Le public le sens et adhĂšre. Un public, mĂ©tissĂ© et ouvert, comme le plateau artistique


 

 

 

VOIR le spectacle FOLIA avec Mourad Merzouki
https://www.youtube.com/watch?v=FjhEW_tFm_A

Mourad Merzouki “Folia” @ Nuits de FourviĂšre, Lyon – ARTE Concert – YouTube
www.youtube.com
En 1998, Mourad Merzouki tĂ©lescope le monde du hip-hop et celui de la musique classique avec “RĂ©cital”, un spectacle qui a fait date dans l’Histoire des dans…

 

LIRE aussi notre compte rendu du spectacle FOLIA par Le Concert de l’Hostile-Dieu / Franck Emmanuel COMTE / Juin 2018, FourviĂšre, LYON.
 

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A VENIR
 ENTRETIEN avec FRANC-EMMANUEL COMTE 2 : le cas de Haendel dans l’exploration et l’activitĂ© du Concert de l’Hostel-Dieu ; Ă  la croisĂ©e des disciplines et des imaginaires artistiques, entre poĂ©sie, slam et baroque
 focus sur le spectacle et le cd intitulĂ© «  MARCO POLO, carnet de mirages », rĂ©alisĂ© avec le concours du slameur Cocteau Mot Lotov

LIRE dĂ©jĂ  notre prĂ©sentation du cd MARCO POLO par Le Concert de l’Hostel-Dieu et Franck-Emmanuel COMTE
 (dĂ©cembre 2017)

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LIRE aussi notre prĂ©sentation de la saison du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, saison 2018 – 2019

PLUS D’INFOS sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU, saison 2018 – 2019
http://www.concert-hosteldieu.com

ACTUALITE
A venir, les 2 Prochains cd du CHD / Concert de l’Hostel-Dieu

 

 

Toutes les infos et les modalitĂ©s de rĂ©servation, toute l’actualitĂ© du CHD (Concert de l’Hostel Dieu), sur le site du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / Franck Emmanuel Comte / saison 2018 — 2019

 

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PERGOLESI / A SCARLATTI : STABAT MATER

stabat mater atelier lyrique de tourcoing annonce concert par classiquenews -1-500x340MARCQ en BAREUIL : STABAT MATER, le 8 nov 2018. L’Atelier Lyrique de Tourcoing propose une mise en perspective de deux Ă©critures baroques distinctes, celles de Pergolesi, jeune auteur gĂ©nial et fulgurant ; d’Alessandro Scarlatti, dĂ©tenteur avent lui d’une tradition vocale et musicale, de premier plan Ă  Naples… Les deux compositeurs ont mis en musique le mĂȘme texte sacrĂ©. Le Stabat Mater recueille les larmes de Marie au pied de la croix oĂč son Fils a Ă©tĂ© sacrifié  Debout la mĂšre / Stabat mater
 « Debout la mĂšre des douleurs pleurait tout auprĂšs de la croix oĂč son fils agonisait ; et son Ăąme qui gĂ©missait, pleine de deuil et de tristesse, par le glaive fut percĂ©e  »

Plainte dolente et fervente, le texte remonte au XVIĂš, ici mis en musique par deux compositeurs baroques napolitains. Alessandro Scarlatti (en 1724, honorant une commande de la confrĂ©rie des Chevaliers de la Vierge des douleurs), puis le gĂ©nial et mort trop tĂŽt, Pergolesi, qui signe ainsi son testament artistique. L’inspiration est hautement spirituelle voire mystique, inspirĂ© par la souffrance d’une mĂšre, recueillant le corps torturĂ© de son fils

La partition de Scarlatti sera ainsi chantĂ© chaque Vendredi Saint, jusqu’en 1736 Ă  Naples selon le voeu des Chevaliers ; lesquels ensuite, dĂ©sirant un opus plus moderne, passent commande au cadet de Scarlatti, le jeune et dĂ©jĂ  gĂ©nial Pergolesi qui n’a que 26 ans. Avant de mourir, deux mois aprĂšs cette commande, Ă  cause de la Tuberculose, le jeune napolitain livre un chef d’oeuvre pour deux voix solistes et continuo. AprĂšs avoir composĂ© son Stabat, Pergolesi se retire au couvent des Capucines de Puzzuoli.
A Marcq en BarƓul, la soprano MaĂŻlys de Villoutreys (notre photo) et le contre-tĂ©nor Paul Figuier incarnent la chair mystique de ce cycle testament, accompagnĂ© par les instrumentistes de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, fondĂ© par le regrettĂ© Jean-Claude Malgoire.
Programme repris le vendredi 12 avril 2019, 20h (Les Rues des Vignes, Abbaye de Vaucelle ; puis Ă  Paris, TCE, dim 14 avril 2019, 11h).

 

 

 

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STABAT MATER
de Pergolesi et Alessandro Scarlatti
8 nov 2018
12, 14 avril 2019

Jeudi 8 novembre 2018, 20h30
MARCQ EN BARƒUL, Ă©glise du SacrĂ© Coeur

RESERVEZ VOTRE PLACE

 

 

atelier lyrique tourcoing logo_siteTOUTES LES INFOS, les modalités de réservations, les infos pratiques
sur le site de l’Atelier Lyrique de TOURCOING
http://www.atelierlyriquedetourcoing.fr

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PERGOLESI / A SCARLATTI : STABAT MATER

stabat mater atelier lyrique de tourcoing annonce concert par classiquenews -1-500x340MARCQ en BAREUIL : STABAT MATER, le 8 nov 2018. L’Atelier Lyrique de Tourcoing propose une mise en perspective de deux Ă©critures baroques distinctes, celles de Pergolesi, jeune auteur gĂ©nial et fulgurant ; d’Alessandro Scarlatti, dĂ©tenteur avent lui d’une tradition vocale et musicale, de premier plan Ă  Naples… Les deux compositeurs ont mis en musique le mĂȘme texte sacrĂ©. Le Stabat Mater recueille les larmes de Marie au pied de la croix oĂč son Fils a Ă©tĂ© sacrifié  Debout la mĂšre / Stabat mater
 « Debout la mĂšre des douleurs pleurait tout auprĂšs de la croix oĂč son fils agonisait ; et son Ăąme qui gĂ©missait, pleine de deuil et de tristesse, par le glaive fut percĂ©e  »

Plainte dolente et fervente, le texte remonte au XVIĂš, ici mis en musique par deux compositeurs baroques napolitains. Alessandro Scarlatti (en 1724, honorant une commande de la confrĂ©rie des Chevaliers de la Vierge des douleurs), puis le gĂ©nial et mort trop tĂŽt, Pergolesi, qui signe ainsi son testament artistique. L’inspiration est hautement spirituelle voire mystique, inspirĂ© par la souffrance d’une mĂšre, recueillant le corps torturĂ© de son fils

La partition de Scarlatti sera ainsi chantĂ© chaque Vendredi Saint, jusqu’en 1736 Ă  Naples selon le voeu des Chevaliers ; lesquels ensuite, dĂ©sirant un opus plus moderne, passent commande au cadet de Scarlatti, le jeune et dĂ©jĂ  gĂ©nial Pergolesi qui n’a que 26 ans. Avant de mourir, deux mois aprĂšs cette commande, Ă  cause de la Tuberculose, le jeune napolitain livre un chef d’oeuvre pour deux voix solistes et continuo. AprĂšs avoir composĂ© son Stabat, Pergolesi se retire au couvent des Capucines de Puzzuoli.
A Marcq en BarƓul, la soprano MaĂŻlys de Villoutreys (notre photo) et le contre-tĂ©nor Paul Figuier incarnent la chair mystique de ce cycle testament, accompagnĂ© par les instrumentistes de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, fondĂ© par le regrettĂ© Jean-Claude Malgoire.
Programme repris le vendredi 12 avril 2019, 20h (Les Rues des Vignes, Abbaye de Vaucelle ; puis Ă  Paris, TCE, dim 14 avril 2019, 11h).

 

 

 

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STABAT MATER
de Pergolesi et Alessandro Scarlatti

Jeudi 8 novembre 2018, 20h30
MARCQ EN BARƒUL, Ă©glise du SacrĂ© Coeur

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sur le site de l’Atelier Lyrique de TOURCOING
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CHD, Concert de l’Hostel-Dieu. L’autre Stabat Mater de Pergolesi

concert-de-l-hostel-dieu-vignette-partenaire-concert-annonce-saison-2018-2019-sur-classiquenewsLYON, 16, 18 nov 2018. CONCERT DE L’HOSTEL DIEU / Stabat mater de PERGOLESI. ImplantĂ© au cƓur de la mĂ©tropole Lyonnaise, l’ensemble sur instruments anciens, fondĂ© par Franck-Emmanuel Comte : le Concert de l’Hostel-Dieu, poursuit une brillante nouvelle saison Ă  partir d’octobre 2018 : le premier programme « PLAY BACH » souligne la triple recherche du collectif : Ă©largir les champs de crĂ©ation, dĂ©fricher les partitions avec un regard neuf, rĂ©actualiser constamment le baroque comme s’il s’agissant d’un laboratoire propice Ă  l’expĂ©rimentation et Ă  l’invention. Et donc repenser et revivifier la forme du concert
 Le spectateur est invitĂ© Ă  participer Ă  une aventure critique qui Ă©largit rĂ©pertoire et formes musicales, comme elle cherche aussi Ă  rĂ©inventer l’expĂ©rience du spectacle, du concert,  la place de l’auditeur. Le rĂ©cent spectacle prĂ©sentĂ© aux Nuits de FourviĂšre, accord superlatif de la musique baroque (instrumentale et vocale) et de la danse contemporaine : « Folia » , montre combien il est crucial pour Franck-Emmanuel Comte d’échanger et de croiser les expĂ©riences et les disciplines pour faire Ă©merger une aventure collective qui ne sacrifie rien Ă  la poĂ©sie pure. LIRE notre compte rendu du spectacle LA FOLIA prĂ©sentĂ© aux Nuits de FourviĂšre en juin 2018.
Concert de  l hostel dieu franck emmanuel comte saison 2018 2019 couverture-600x902Voici les premiers temps forts d’une saison particuliĂšrement prometteuse et plurielle, emblĂ©matique d’un ensemble lyonnais qui sait ouvrir et rĂ©gĂ©nĂ©rer l’expĂ©rience du Baroque aujourd’hui. Play Bach, Stabat Mater, Marco Polo, Vivaldi reloaded
 autant de jalons d’un parcours singulier d’octobre 2018 Ă  juin 2019 qui rĂ©gĂ©nĂšre l’accĂšs Ă  la musique classique. La nouvelle saison est intitulĂ©e “ALCHIMIE” : une dĂ©claration d’intention car en dĂ©finitive tout repose sur la conjonction d’Ă©lĂ©ments disparates, volatiles, tĂ©nus mais essentiels pour que se concrĂ©tise dans l’instant du concert, la poĂ©tique du partage et de la dĂ©couverte. Tout est question d’alchimie…

 

 

 

CONCERT DE L'HOSTEL DIEU : saison 2018 - 2019

Franck-Emmanuel Comte et les musiciens du CONCERT DE L’HOSTEL DIEU © Jean Combier

 

 

 

 

 

 

 

NOVEMBRE 2018
PERGOLESI : STABAT MATER
Version d’époque, inĂ©dite et lyonnaise

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pergolesi-pergolese-portrait-classiquenews-pergolese1STABAT MATER 
 Le programme Ă©claire le travail spĂ©cifique de Franck Emmanuel Comte Ă  partir des archives de la BibliothĂšque de Lyon, dont un manuscrit retrouvĂ© propose une version inĂ©dite du Stabat Mater de PergolĂšse : son oeuvre ultime et son testament spirituel et musical puisque le jeune gĂ©nie napolitain devait mourir quelques jours aprĂšs avoir composĂ© le Stabat. Le Concert de L’HOSTEL DIEU associe Ă  la piĂšce de Pergolesi, des polyphonies traditionnelles et des tarentelles napolitaines, quelques chansons (Donna Isabella, La Carpinese) pour une immersion dans l’univers de la Semaine Sainte Ă  Naples. La version restaurĂ©e est celle pour 5 solistes, plus Ă©loquente et thĂ©Ăątrale. Le disque de ce programme inĂ©dit est annoncĂ© chez ICM records en octobre 2018.
L’autre Stabat Mater : le Stabat Mater de PergolĂšse que rĂ©vĂšle Franck Emmanuel Comte Ă©claire la riche et trĂšs intense activitĂ© des sociĂ©tĂ©s de musique Ă  Lyon dĂšs le XVIIIĂš, comme l’AcadĂ©mie du Concert, institution trĂšs ouverte Ă  la mode italienne et donc napolitaine. Partition cĂ©lĂ©brĂ©e dĂšs ses premiĂšres exĂ©cutions, le Stabat mater de PergolĂšse est l’objet de toutes les convoitises et se trouve adaptĂ© selon les effectifs Ă  disposition. La version de l’AcadĂ©mie du Concert est aujourd’hui dĂ©posĂ©e Ă  la BibliothĂšque municipale de Lyon. La partie de l’alto y est confiĂ©e Ă  un baryton, et les sĂ©quences des fugues et du verset « O quam tristes », sont arrangĂ©s pour cinq voix. Le poĂšme latin gagne une nouvelle ampleur, des couleurs inĂ©dites, propice Ă  une cĂ©lĂ©bration opĂ©ratique de la dĂ©ploration de la Vierge confrontĂ©e au sacrifice et Ă  la mort de son Fils. Franck Emmanuel Comte n’en oublie pas pour autant ce qui relĂšve d’un vĂ©ritable voyage mystique, immersion dans le contexte culturel et traditionnel napolitain que Le Concert de l’Hostel Dieu connaĂźt particuliĂšrement pour avoir dĂ©couvert nombre de manuscrits Ă©tonnants dans le Fonds de la BibliothĂšque de Lyon. RĂ©servations et infos

 

 

 

 

 

3 DATES
Vendredi 16 novembre 2018 : Conférence musicale à la BibliothÚque municipale de Lyon (69)
Dimanche 18 novembre 2018 : Chapelle de l’Hîtel-Dieu à Lyon (69)
20 novembre 2018 : Saint John’s Smith Square – Londres (RU)

DURÉE : 1h10 sans entracte

 

 

 PROGRAMME

Giovanni Battista Pergolesi : Stabat Mater, version inĂ©dite issue d’un manuscrit conservĂ© Ă  la BibliothĂšque de Lyon. Polyphonies traditionnelles et tarentelles napolitaines.

DISTRIBUTION
Heather Newhouse, soprano
Anthea Pichanick, contralto
Sebastian Monti, ténor
Romain Bockler, baryton
Guillaume Olry, basse
Le Concert de l’Hostel Dieu
Franck-Emmanuel Comte, orgue et direction

 

 

Le Stabat mater de Pergolesi… un mythe musical. Le Stabat Mater recueille les larmes de Marie au pied de la croix oĂč son Fils a Ă©tĂ© sacrifié  Debout la mĂšre / Stabat mater
 « Debout la mĂšre des douleurs pleurait tout auprĂšs de la croix oĂč son fils agonisait ; et son Ăąme qui gĂ©missait, pleine de deuil et de tristesse, par le glaive fut percĂ©e  »
Plainte dolente et fervente, le texte remonte au XVIĂš, ici mis en musique par deux compositeurs baroques napolitains. Alessandro Scarlatti (en 1724, honorant une commande de la confrĂ©rie des Chevaliers de la Vierge des douleurs), puis le gĂ©nial et mort trop tĂŽt, Pergolesi, qui signe ainsi son testament artistique. L’inspiration est hautement spirituelle voire mystique, inspirĂ© par la souffrance d’une mĂšre, recueillant le corps torturĂ© de son fils

La partition de Scarlatti sera ainsi chantĂ© chaque Vendredi Saint, jusqu’en 1736 Ă  Naples selon le voeu des Chevaliers ; lesquels ensuite, dĂ©sirant un opus plus moderne, passent commande au cadet de Scarlatti, le jeune et dĂ©jĂ  gĂ©nial Pergolesi qui n’a que 26 ans. Avant de mourir, deux mois aprĂšs cette commande, Ă  cause de la Tuberculose, le jeune napolitain livre un chef d’oeuvre pour deux voix solistes et continuo. AprĂšs avoir composĂ© son Stabat, Pergolesi se retire au couvent des Capucines de Puzzuoli.

Stabat Mater de Pergolesi

pergolesi-portrait-pergolese-PERGOLESI-giovanni-battista-Ubaldi-Giovanni-Battista-PergolesiPARIS. Lundi 27 juin 2016, 20h. Stabat Mater de Pergolesi. Duo de rĂȘve probablement au TCE pour l’un des sommets de la ferveur du Baroque italien, en particulier napolitain : Sonya Yoncheva (qui vient de chanter Traviata Ă  Paris et incarne La Comtesse des Noces de Mozart dans l’enregistrement pilotĂ© par Yannick SĂ©guin, Ă  paraĂźtre ce 8 juillet 2016), et Karine Deshayes, soit la soprano et la mezzo parmi les chanteuses les plus convaincantes de l’heure. La partition est datĂ©e de 1736 soit quelques jours avant la mort de son auteur (Ă  26 ans), ce qui en fait une sorte de testament et de Requiem personnel
 L’ensemble Amarillis complĂšte le programme en jouant des Ɠuvres instrumentales de Scarlatti, Mancini, Durante, soit quelques perles de l’essor de l’école napolitaine au dbut du XVIIIĂšme, celle en France des Campra et Couperin mĂ»rs, des Rameau naissant (crĂ©ation d’Hippolyte et Aricie en 1733).

Stabat Mater de PergolesiDOULEUR DE LA MERE
 Divin poĂšme de la douleur, selon Bellini, le Stabat mater de PergolĂšsi est son chant du cygne, tout juste achevĂ© en 1736, Ă  Pozzuoli dans le monastĂšre des pauvres Capucins, (et lĂ©guĂ© Ă  son maĂźtre Francesco Feo) avant qu’il ne meurt de tuberculose ou de la  maladie pulmonaire qui le rongeait depuis son enfance 
 Ă  26 ans. La partition est une commande de la ConfraternitĂ© de Saint-Louis du Palais. Le duo initial en fa mineur impose la profonde et grave priĂšre Ă  deux voix : c’est ensuite une alternance entre solos (Quae maerebat, Eja mater, Fac ut portem, pour contralto ; Vidit suum pour soprano), et duos plus ou moins dĂ©veloppĂ©s dont l’ample et long Fac ut ardent cor meum, la sĂ©quence la plus brillante. D’une durĂ©e de 25 mn, les deux solistes vocalisent, se rĂ©pondent, fusionnent, tĂ©moins de la douleur de la MĂšre accablĂ©e au pied de la croix sur laquelle meurt le Fils crucifiĂ©. DĂ©ploration, priĂšre d’une ineffable douleur, deuil inconsolable et aussi Ă©lan vers la grĂące et l’éblouissement grĂące Ă  la suavitĂ© Ă  deux voix de la musique du divin PergolĂšse.

 

 

Paris, TCE, Théùtre des Champs Elysées
Lundi 27 juin 2016, 20h
RÉSERVER

Sonya Yoncheva,  soprano
Karine Deshayes,  mezzo-soprano
Ensemble Amarillis
Scarlatti : Concerto grosso n°3 en fa Majeur (extrait des six concertos à sept parties)
Mancini : Sonata n° 14 en sol mineur
Durante : Concerto grosso en fa mineur
Entracte
Pergolesi : Stabat mater‹‹DurĂ©e du concert
1Ăšre partie : 35 mn environ – Entracte : 20 mn – 2e partie : 40 mn environ

 

Vivaldi : Stabat Mater

Antonio_Vivaldi grand portrait classiquenews_1France Musique. Dimanche 19 juin 2016, 14h. Stabat Mater de Vivaldi. Et vous quelle version enregistrĂ©e prĂ©fĂ©rez-vous ? Bilan sur l’un des chefs d’oeuvres sacrĂ©s de Vivaldi : genĂšse, enjeux, accomplissements
 Vivaldi a longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ© pour ses Ɠuvres liturgiques et instrumentales. Avant d’ĂȘtre le compositeur d’opĂ©ras que nous redĂ©couvrons actuellement (apport et bĂ©nĂ©fice de la rĂ©volution baroqueuse : qui ignore encore l’impact sonore et esthĂ©tique de son Orlando Furioso ?), le Stabat Mater a beaucoup comptĂ© pour la notoriĂ©tĂ© du Pretre Rosso (PrĂȘtre roux), enfant gĂ©nial en sa citĂ© natale : Venise.

STABAT MATER DOLOROSAHomme de rupture et d’expĂ©rimentation, – contrairement au dogmatique et partial Stravinsky, qui dĂ©crĂ©tait que le Pretre Rosso avait composĂ© 500 fois le mĂȘme Concerto (!)-, Vivaldi rĂ©invente la forme mĂȘme du Stabat mater… comme s’il Ă©tait profondĂ©ment saisi par le caractĂšre de dĂ©ploration et de recueillement funĂšbre qui rĂšgne dans le cycle des 10 strophes empruntĂ©es Ă  la prose liturgique du Franciscain Jacopone da Todi (1230-1306), qui tĂ©moigne ainsi de la douleur de la Vierge, deuil maternel, face au supplice et Ă  la mort de de son fils JĂ©sus. Ici une seule voix exprime en une dramaturgie du dĂ©sespoir et de la dignitĂ©, la force du sujet : une contralto ; pas de mouvements vifs, que des Ă©pisodes mĂ©ditatifs et graves voire lugubres qui cassent dĂ©finitivement l’alternance lent et vif pourtant de rigueur alors. Largo, lento, adagio, andante… oĂč les passages harmoniques dessinent un pont et une arche de la dĂ©ploration. Les couplets ariosos permettent aux solistes comme aux instrumentistes de creuser l’ample intensitĂ© tragique des textes dont les instruments font une dramaturgie particuliĂšrement introspective.

PlutĂŽt que la rĂ©volte (lĂ©gitime), Vivaldi architecture un cycle qui tend toujours Ă  la mĂ©ditation, au repli critique, Ă  la pleine conscience de ce qui a Ă©tĂ© commis. Le raffinement de l’Ă©criture vocale n’oublie pas dans la dernier Amen, la pure virtuositĂ© qui est aussi en plus de la profondeur du recueillement,  la clĂ© de la partition en fa mineur de prĂšs de 20 mn, selon les interprĂ©tations. Et vous quelle version prĂ©fĂ©rez vous ? Celle pour voix d’homme (alto angĂ©lique / tragique tel Andreas Scholl) ou avec voix de femme ?… Et dans quelle rĂ©alisation instrumentale ?

France Musique, dimanche 19 juin 2016, 14h. Stabat Mater de Vivaldi. Tribune des critiques de disques.

http://www.francemusique.fr/emission/la-tribune-des-critiques-de-disques/2015-2016/stabat-mater-rv-621-d-antonio-vivaldi-06-19-2016-14-00

 

Stabat Mater de Dvorak

logo_france_musique_DETOUREFrance Musique, Dvorak : Stabat mater. Le 24 juin 2015, 20h. Dvorak atteint une rare vĂ©ritĂ© dans ce Stabat mater qui est malheureusement dans sa propre vie, le Requiem de ses propres enfants disparus tragiquemen t; dans le cas d’une partition si investie (autobiographique), la musique transcende la peine et la souffrance exprimĂ©e ; elle apporte dĂ©livrance voire libĂ©ration. Dvorak mĂȘle ici la noble tendresse d’un Schumann, la profondeur d’un Bruckner, la vĂ©ritĂ© dĂ©sarmante de Brahms.‹RĂ©vĂ©lĂ©e dĂšs 1880 puis surtout Ă  Londres (Albert Hall) en mars 1883, la cantate sur un texte latin enchante et transporte littĂ©ralement le public britannique: Dvorak immĂ©diatement fĂȘtĂ©, est donc invitĂ© Ă  diriger son oeuvre l’annĂ©e suivante en mars 1884 pour un tournĂ©e
 triomphale : de fait la partition reste la plus populaire du compositeur en terre anglaise.
MarquĂ© par la mort de leurs 3 jeunes enfants (sur les neuf de la famille Dvorak) entre 1875 et 1877, le compositeur ne trouve la paix intĂ©rieure que dans le travail et le secours de la religion. Ainsi s’éteignent Josefa, Ruzena (d’un empoisonnement au phosphore, alors familier dans les foyers car utilisĂ© pour la fabrication des allumettes!), puis Otokar, de la variole, le jour de l’anniversaire de son pĂšre (8 septembre 1877).
Organiste actif dĂšs 1874 Ă  Saint-Adalbert de Prague, Dvorak se passionne pour le texte de Jacopo di Todi sur les souffrances de la MĂšre face au spectacle du Fils sacrifiĂ©.‹Herreweghe nous laisse Ă©couter l’humanitĂ© intense des accents qui en font une oeuvre surtout profane (ce qui choquait tant le pieux Hanslick), mais aussi il Ă©claire cette ĂąpretĂ© mordante du style dans laquelle le compositeur a entendu l’appel Ă  la rĂ©forme liturgique et casser le moule traditionnel palestrinien prĂŽnĂ©e par la confrĂ©rie religieuse qu’il frĂ©quentait alors Ă  Prague.

Stabat profane
Dvorak-portrait-grand-format-classiquenews-juin-2015-stabat-mater-de-dvorak-dossier-critique-presentationLe message si humble voire souvent austĂšre, jusqu’à la contrition la plus tĂ©nue, comme repliĂ©e, qui s’exprime par le choeur initial puis le quatuor vocal (tĂ©nor, soprano, basse, mezzo), convoque le sentiment des vanitĂ©s terrestres : grandeur inaccessible et impĂ©nĂ©trable du divin, fragilitĂ© et souffrance de la condition humaine. DĂšs le mouvement premier, ample de 17 mn, la musique exprime la profonde et grave priĂšre des humanitĂ©s dĂ©munies, impuissantes. C’est l’acte d’une ferveur dĂ©truite, saisie par un deuil quasi insoutenable.‹Le sublime quatuor vocal qui suit (Quis est homo, qui non fleret) suit la mĂȘme simplicitĂ© naturelle, ce recueillement qui Ă©carte toute enflure, toute thĂ©ĂątralitĂ© pathĂ©tique Ă©noncĂ©e dĂšs l’intervention de la soprano, au chant si magnifiquement mesurĂ©e.
Contre l’avis du critique souvent mensonger et toujours abusivement partisan (en tout cas antiwagnĂ©rien), Hanslick, les admirateurs de Dvorak ont immĂ©diatement constatĂ© la sincĂ©ritĂ© du compositeur et la grande vĂ©ritĂ© de son oeuvre ; chacun dĂ©fend l’humilitĂ© dĂ©sarmante de la priĂšre solistique ou collective, non pas outrageusement sensuelle comme le pensait l’ignoble Hanslick, mais sincĂšre et tendre. C’est d’ailleurs du cĂŽtĂ© des croyants, de l’assemblĂ©e populaire et individuelle que nous saisissons la ferveur gĂ©nĂ©reuse de l’ouvrage ; les interprĂštes ont bien raison de soulignĂ© ce chambrisme Ă©tal, sublimement partagĂ© par le choeur et les solistes.

Antonin Dvorak : ‹Stabat Mater op 58
France Musique, le 24 juin 2015, 20h. Inva Mula, Soprano. ‹Sara Mingardo, Contralto. ‹Maximilian Schmitt, TĂ©nor‹. Robert Gleadow, Baryton-basse.  ‹Choeur Accentus ‹. Orchestre de Chambre de Paris .‹Laurence Equilbey, direction. Concert donnĂ© le 6 juin 2015 Ă  la grande Salle de la Philharmonie 1 Ă  Paris.

Stabat Mater de Pergolesi

Stabat Mater de PergolesiArte. Dimanche 22 mars 2015, 18h30. Pergolesi : Stabat Mater. Divin poĂšme de la douleur, selon Bellini, le Stabat mater de PergolĂšsi est son chant du cygne, tout juste achevĂ© en 1736, Ă  Pozzuoli dans le monastĂšre des pauvres Capucins, (et lĂ©guĂ© Ă  son maĂźtre Francesco Feo) avant qu’il ne meurt de tuberculose ou de la  maladie pulmonaire qui le rongeait depuis son enfance 
 Ă  26 ans. La partition est une commande de la ConfraternitĂ© de Saint-Louis du Palais. Le duo initial en fa mineur impose la profonde et grave priĂšre Ă  deux voix : c’est ensuite une alternance entre solos (Quae maerebat, Eja mater, Fac ut portem, pour contralto ; Vidit suum pour soprano), et duos plus ou moins dĂ©veloppĂ©s dont l’ample et long Fac ut ardent cor meum, la sĂ©quence la plus brillante. D’une durĂ©e de 25 mn, les deux solistes vocalisent, se rĂ©pondent, fusionnent, tĂ©moins de la douleur de la MĂšre accablĂ©e au pied de la croix sur laquelle meurt le Fils crucifiĂ©.

Arte diffuse le concert filmĂ© dans la Chapelle de la TrinitĂ© de Fontainebleau, joyau architectural du XVIIĂš. L’excellente et rayonnante soprano hongroise Emoke Barath donne la rĂ©plique Ă  Philippe Jarousski sous la baguette de la contralto devenue chef d’orchestre, Nathalie Stutzmann.

arte_logo_2013Arte. Stabat Mater de Pergolesi, 1736. Philippe Jarousski, EMoke Barath. Orfeo 55. Nathalie Stutzmann, direction. Dimanche 22 mars 2015, 18h30. Enregistré en 2014, 41 mn.

 

 

 

Approfondir : VOIR la soprano Emoke Barath dans le rĂ©cent enregistrement des FĂȘtes de Polymnie de Rameau, reportage exclusif classiquenews © 2015. La cantatrice y chante le rĂŽle de Polymnie avec une fraĂźcheur rayonnante… L’air de Polymnie par Emöke Barath est Ă  5’55 prĂ©cisĂ©ment.

Illustration : La Vierge par Pontormo (DR)

 

 

Stabat Mater de Vivaldi

marie assunta vierge marie assomptionFrance Musique. Vivaldi : Stabat Mater. Le 15 aoĂ»t 2014, 16h. Pour l’Assomption, France Musique diffuse le Stabat Mater de Vivaldi : certes, il ne s’agit pas de l’image triomphante de Marie s’Ă©levant au ciel mais plutĂŽt de son visage tendre et affligĂ©e, celui de la mĂšre douloureuse au pied de la croix oĂč est suppliciĂ© son Fils… D’une durĂ©e approximative selon les versions, d’environ 20 mn, le Stabat Mater d’Antonio Vivaldi est une partition marquante de son auteur. ComposĂ© entre 1711 et 1712, le Stabat est crĂ©Ă© Ă  Brescia – ville natale du pĂšre d’Antonio, le 18 mars 1712 dans l’église Santa Maria della Pace Ă  l’occasion de la fĂȘte des Sept douleurs de Marie. Pour voix soliste (haute-contre ou soprano), le Stabat Mater (RV 621) est redĂ©couvert au XXĂšme Ă  Sienne en 1939, Ă  la Settimana Vivaldiana (Semaine vivaldienne). France Musique prĂ©sente une mise en contexte de l’Ɠuvre, en particulier Ă  la lumiĂšre des Ă©vĂ©nements historiques survenus en Europe en 1712
 logo_francemusiqueLe Stabat Mater de Vivaldi sur France Musique… ParallĂšlement au Stabat, Vivaldi fait publier L’Estro Armonico (L’invention Harmonique), recueil de 12 concertos pour 1,2 ou 4 violons, dĂ©dicace faite au Grand duc de Toscane, Ferdinand III de MĂ©dicis. Au mĂȘme moment Destouches, Ă©lĂšve de Campra, crĂ©e CallirhoĂ© et le suave et sensuel Watteau peint Jupiter et Antiope


La partition du Stabat Mater, en fa mineur, comprend neuf mouvements :

1. Stabat Mater dolorosa – Largo
2. Cuius animam gementem – Adagissimo
3. O quam tristis et afflicta – Andante

4. Quis est homo – Largo
5. Quis non posset contristari – Adagissimo
6. Pro peccatis suae gentis – Andante

7. Eia Mater, fons amoris – Largo
8. Fac ut ardeat cor meum – Lento
9. Amen

pontormo marie santa luciaLes parties sont enchaĂźnĂ©es en trois groupes de 3 mouvements chacun. Les deux premiers Ă©noncent les strophes du texte mĂ©diĂ©val sur la mĂȘme base musicale, ce qui confĂšre Ă  l’ensemble une Ă©tonnante unitĂ©. Lire notre dossier complet le Stabat Mater de Vivaldi

 

 

Le Stabat Mater de Vivaldi, 1712

pontormo marie santa lucialogo_francemusiqueFrance Musique. Vivaldi : Stabat Mater. Le 15 aoĂ»t 2014, 16h. D’une durĂ©e approximative selon les versions, d’environ 20 mn, le Stabat Mater d’Antonio Vivaldi est une partition marquante de son auteur. ComposĂ© entre 1711 et 1712, le Stabat est crĂ©Ă© Ă  Brescia – ville natale du pĂšre d’Antonio, le 18 mars 1712 dans l’église Santa Maria della Pace Ă  l’occasion de la fĂȘte des Sept douleurs de Marie. Pour voix soliste (haute-contre ou soprano), le Stabat Mater (RV 621) est redĂ©couvert au XXĂšme Ă  Sienne en 1939, Ă  la Settimana Vivaldiana (Semaine vivaldienne). France Musique prĂ©sente une mise en contexte de l’Ɠuvre, en particulier Ă  la lumiĂšre des Ă©vĂ©nements historiques survenus en Europe en 1712
 Le Stabat Mater de Vivaldi sur France Musique

ParallĂšlement au Stabat, Vivaldi fait publier L’Estro Armonico (L’invention Harmonique), recueil de 12 concertos pour 1,2 ou 4 violons, dĂ©dicace faite au Grand duc de Toscane, Ferdinand III de MĂ©dicis. Au mĂȘme moment Destouches, Ă©lĂšve de Campra, crĂ©e CallirhoĂ© et le suave et sensuel Watteau peint Jupiter et Antiope


La partition du Stabat Mater, en fa mineur, comprend neuf mouvements :

1. Stabat Mater dolorosa – Largo
2. Cuius animam gementem – Adagissimo
3. O quam tristis et afflicta – Andante

4. Quis est homo – Largo
5. Quis non posset contristari – Adagissimo
6. Pro peccatis suae gentis – Andante

7. Eia Mater, fons amoris – Largo
8. Fac ut ardeat cor meum – Lento
9. Amen

Les parties sont enchaĂźnĂ©es en trois groupes de 3 mouvements chacun. Les deux premiers Ă©noncent les strophes du texte mĂ©diĂ©val sur la mĂȘme base musicale, ce qui confĂšre Ă  l’ensemble une Ă©tonnante unitĂ©.

24 ans plus tard, un autre compositeur de gĂ©nie compose son propre Stabat Mater, Pergolesi en 1736 : lĂ  aussi une Ɠuvre singuliĂšre et envoĂ»tante, d’autant plus poignante qu’elle fut composĂ©e 2 mois avant la mort de l’auteur, dans le monastĂšre de Pouzzoles. C’est l’ultime offrande musicale d’un musicien fauchĂ© Ă  
 26 ans. Deux voix portent l’intensitĂ© dramatique des strophes : une soprano et une alto qui Ă  l’origine pouvaient ĂȘtre deux castrats. Les Italiens semblent avoir Ă©tĂ© particuliĂšrement inspirĂ©s par le thĂšme de la Vierge douloureuse… outre Alessandro Scarlatti, c’est au XIXĂšme, Rossini qui relĂšvera Ă  nouveau le dĂ©fi dans une partition dramatique et flamboyante, elle aussi particuliĂšrement irrĂ©sistible.

Marie Rogier_van_der_Weyden_-_Deposition_(detail)_-_WGA25578Chez Vivaldi comme chez PergolĂšse, le texte du Stabat Mater convoque la figure mariale dans le contexte doloriste de la Crucifixion. Stabat Mater… / Debout la MĂšre
 assiste impuissante et compatissante au sacrifice de son Fils sur la croix. Sa douleur est immense : elle est inconsolable. Peintres et sculpteurs ont reprĂ©sentĂ© ce moment extrĂȘme oĂč la mĂšre tĂ©moin de la mort douloureuse du Fils suppliciĂ©, s’évanouit prenant Ă  tĂ©moin tous ceux qui dĂ©couvrent sa peine et son affliction. Il n’est pas de douleur Ă©gale Ă  la sienne…  Le texte pourrait avoir Ă©tĂ© compilĂ© au XIIIĂšme par Jacopone da Todi pour fĂȘter dans le calendrier liturgique Notre-Dame des douleurs, chaque 15 septembre. SimĂ©on le prophĂšte a annoncĂ© Ă  Marie sa douleur profonde : « Et toi-mĂȘme, ton cƓur sera transpercĂ© par une Ă©pĂ©e » (Luc, II, 35). La Mater Dolorosa, MĂšre douloureuse appartient de fait Ă  une nouvelle esthĂ©tique religieuse, plus thĂ©Ăątrale et lyrique, dĂ©monstrative et attendrie qui s’affirme Ă  la fin du XIIIĂšme siĂšcle. Marie n’y paraĂźt pas en Reine des cieux, misĂ©ricordieuse,  bienheureuse ou triomphante intercesseuse, c’est au contraire une mĂšre affligĂ©e, dĂ©truite, agonisante au pied de la Croix de la Passion.

Marie douloureuse par Pontormo, Van der Weyden (DR)

Stabat Mater de Dvorak

dvorak antoninlogo_francemusiqueFrance Musique, le 13 juin 2014, 20h : Stabat Mater de Dvorak. A 36 ans, Anton Dvorak, nĂ© en 1841, compose son Stabat Mater dans des circonstances personnelles tragiques. L’oeuvre qui dure prĂšs d’une heure trente, est liĂ©e Ă  une sĂ©rie de deuils familiaux. La partition est Ă©crite au moment du dĂ©cĂšs de sa fille, Josepha, en 1876. Mais le pĂšre allait ĂȘtre Ă  nouveau frappĂ© par le destin quand survint Ă  quelques mois d’intervalles, le dĂ©cĂšs de sa seconde fille, Ruzena, lors d’un accident domestique, puis celui de son fils, Potakar, victime de la variole. L’ouvrage qui est une rĂ©flexion sur la mort (en cela proche des Kindertotenlieder de Mahler, plus tardif, cycle composĂ© entre 1901 et 1904), permet au compositeur d’exprimer l’intensitĂ© insupportable de la perte, celle des enfants ; puis l’horreur et le renoncement, depuis son dĂ©but dĂ©sespĂ©rĂ© jusqu’à la sublimation atteinte par le dĂ©veloppement cathartique et spirituel de l’ample mĂ©ditation. Dvorak aborde l’ensemble du texte sacrĂ© de Jacopo di Todi, moine ombrien du XIV Ăšme siĂšcle.

 

 

 

Requiem des enfants morts

 

La partition est conçue pour choeur mixte, pouvant compter jusqu’à 100 exĂ©cutants, quatre solistes et orchestre symphonique. Elle date de l’époque oĂč Dvorak cĂŽtoie Brahms, lequel a crĂ©Ă© Ă  la mĂȘme Ă©poque (mars 1877) son Requiem Allemand. Brahms n’a jamais cachĂ© son admiration pour son confrĂšre TchĂšque dont il avait souhaitĂ© la prĂ©sence Ă  Vienne. L’oeuvre qui sera jouĂ©e en mars 1884 au Royal Albert Hall, puis en septembre 1884, lors du Festival de Worcester Ă  Londres (couplĂ©e avec la Symphonie n°6, sous la direction de l’auteur) contribua dans une large part Ă  la reconnaissance du compositeur, Ă  l’échelle europĂ©enne.

Dvorak : Stabat Mater

en direct de la Basilique Saint-Denis

Angela Denoke, soprano

Varduhi Abrahamyan, mezzo

Steve Davislim, ténor

Alexander Vinogradov, basse

ChƓur Philharmonique de Prague

Philharmonique de Radio France

Jakub Hrusa, direction

CD. Poulenc : Gloria, Stabat Mater (Petibon, P. JĂ€rvi, 2012)

CD. Poulenc : Gloria, Stabat Mater (Petibon, P. JĂ€rvi, 2012) …  Pour le 50Ăšme anniversaire en 2013 de la mort de Francis Poulenc, Patricia Petibon choisit deux cycles sacrĂ©s parmi les plus originaux dans l’oeuvre du compositeur. Chronologiquement, le Stabat Mater (1950) prĂ©cĂšde le Gloria (1959) : l’une et l’autre ” accompagne ” l’Ă©closion de son grand oeuvre sur la mort, l’opĂ©ra Dialogues des CarmĂ©lites (1957) dont la fin et le sujet central laissent dĂ©concertĂ© quant Ă  l’acceptation du gouffre final. De fait, les Ă©pisodes du Stabat restent marquĂ©s par l’expĂ©rience la plus intense et la plus vive d’une foi insatisfaite, toujours inquiĂšte voire parfois angoissĂ©e ; a contrario, le cycle tardif du Gloria, crĂ©Ă© aux USA sous la baguette de Charles Munch, montre plus de recul et de distance, d’apaisement aussi dans la confrontation au sens profond de la vie humaine : la rĂ©solution s’achĂšve dans un murmure confiant…

 

 

Sobre et déchirante priÚre de Poulenc

 

poulenc_petibon_stabat_Mater_gloria_jaarvi_orchestre-de-Paris_1-cd-Deutsche-GrammophonDĂšs aoĂ»t 1950, et en mĂ©moire de son ami Christian BĂ©rard, Poulenc compose un Stabat Mater d’une couleur trĂšs personnelle. Le 3 octobre, la partition est pleinement achevĂ©e. La lecture virginale de Poulenc est conforme Ă  sa propre ferveur : intime, pudique, trĂšs Ă©motive et plutĂŽt mĂ©ditative ; en rien dĂ©monstrative, son Ă©criture rĂ©tablit surtout la place de la mĂšre accablĂ©e de douleur confrontĂ©e impuissante au sacrifice de son fils sur la croix. Debout se tenait la mĂšre de douleur : Stabat mater dolorosa ...
Sur le plan formel,  Poulenc revisite l’Ă©criture polyphonique de la Renaissance totalement rĂ©inventĂ©e, le choeur Ă  5 parties de Lully. C’est aussi d’une certaine maniĂšre la prĂ©figuration de l’opĂ©ra Ă  venir …  Dialogues des CarmĂ©lites de 1957, la premiĂšre grave et profonde immersion sur le thĂšme central de la mort … sujet essentiel dans son oeuvre et au coeur de sa foi. D’ailleurs, le dĂ©but du III rĂ©utilise le n°10 du Stabat : Fac ut portem… oĂč la soprano soliste entonne une dĂ©chirante priĂšre…  rĂ©sonance troublante mais d’une cohĂ©rence organique qui unit les parties d’une seule ferveur globale. Les Ă©pisodes de pure gravitĂ© n’empĂȘchent pas de superbes instants d’effusion bienheureuses (n°4 : Quae moerebat). Le Stabat mater est crĂ©Ă© au festival de Strasbourg le 13 juin 1951.
Sous la direction vive, affĂ»tĂ©s voire brute de Paavo JĂ€rvi, chƓur et orchestre sans affectation expriment la sobre plainte collective et soliste d’une succession d’Ă©pisodes affligĂ©s (dĂ©but d’une noirceur lacrymale avec l’entrĂ©e des basses plutĂŽt lugubres), tel un retable au dĂ©pouillement de plus en plus marquĂ©. La fin brutale Ă  peine sereine recueille ce climat de tension irrĂ©solue. Dans les 3 sections qui lui sont rĂ©servĂ©es (6,10,12), Patricia Petibon incarne l’affliction, trouvant des couleurs justes (Ă©lĂ©gance maniĂ©riste du Vidit suum, soulignant les pointes de son extrĂȘme impuissance ; contrition tendue du Fac portem, de loin le plus bouleversant ; enfin, sans rĂ©solution fervente, le dĂ©sespoir s’accomplit tel un acte ultime en vagues d’une intensitĂ© brĂ»lante dans la derniĂšre station : Quando corpus morietur)
Sans soliste, les Litanies confirme un travail remarquable sur le texte rĂ©alisĂ© par le choeur : gravitĂ©, sobriĂ©tĂ©, lames tragiques et dignes d’une priĂšre pleine d’intensitĂ©…

MĂȘme avis positif pour le Gloria, donc plus tardif. PortĂ© par la rĂ©ussite de son Stabat Mater prĂ©cĂ©dent, Poulenc s’engage dans une nouvelle oeuvre chorale avec soliste : ainsi naĂźt Ă  partir d’avril 1959, son Gloria, Ă©crit pour la fondation Koussevitzky. En 6 parties, l’oeuvre est l’expression d’une libertĂ© pleinement assumĂ©e, s’Ă©cartant dĂ©libĂ©rĂ©ment des oeuvres noires et dĂ©pressives : c’est un Vivaldi sanguin, ivre d’espĂ©rance qu’il revisite lĂ  encore. La partition est crĂ©Ă©e le 21 janvier 1961 sous la direction de Charles Munch. Puis en France sous la baguette de Georges PrĂȘtre, le 14 fĂ©vrier suivant.  Le Laudamus Te puis le Domine fili unigente sont d’une lĂ©gĂšretĂ© presque insouciante, tandis que les Domine Deus et l’Agnus Dei (le plus long des Ă©pisodes) expriment au plus prĂšs l’intensitĂ© d’une foi ardente, exigeante, profondĂ©ment vĂ©cue. ContrastĂ©e comme une partition baroque, le Gloria s’achĂšve en une fin apaisĂ©e, preuve de la fin des tourments d’un Poulenc enfin pacifiĂ©, avec trompettes scandant la victoire finale. SpontanĂ©e, fougueuse voire fiĂ©vreuse, la ferveur de Poulenc colore ses oeuvres sacrĂ©es d’une empreinte jamais conforme, mais a contrario authentiquement sincĂšre : Patricia Petibon dans le Domine Deus Rex coelestis exprime idĂ©alement tout le mystĂšre divin. De toute Ă©vidence, chef, choeur, instrumentistes et solistes savent Ă©clairer la sobre ferveur de la priĂšre de Poulenc : sans fioritures, l’effusion cible immĂ©diatement l’Ă©motion requise sans oblitĂ©rer les gouffres et vertiges nĂ©s d’une angoisse sincĂšre. Superbe rĂ©alisation.

Poulenc : Stabat Mater, Gloria, Litanies Ă  la Vierge Noire. Patricia Petibon, soprano. ChƓur et orchestre de Paris. Paavo JĂ€rvi, direction. 1 cd Deutsche Grammophon 479 1497.