OPERA DE SAINT-ETIENNE, CE SOIR, premiÚre de la recréation mondiale de Dante de Benjamin Godard

dante-virgile-operasaitn-etienne-godardSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. Ce soir  vend 8 mars puis les 10 et 12 mars 2019, DANTE de Benjamin Godard. RecrĂ©ation mondiale d’un opĂ©ra romantique français oubliĂ© (1890). Dans sa VIDEOLETTER de fĂ©vrier mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente son actualitĂ© scĂ©nique dont Ă  partir de 1mn17, l’opĂ©ra en recrĂ©ation mondiale (nouvelle production) DANTE de Benjamin Godard, chef d’oeuvre oubliĂ© de 1890 qui ose inventer sur la scĂšne lyrique, un drame romantique, onirique et infernal d’un raffinement orchestral inouĂŻ. PrĂ©sentation vidĂ©o (Sujet Dante Ă  1mn17)

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NOTRE AVIS : POURQUOI NE PAS MANQUER LA NOUVELLE PRODUCTION DE DANTE Ă  l’OpĂ©ra de SAINT-ETIENNE ?

 

 

 

DANTE Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Étienne
L’OPERA MAISON, COUSU MAIN

 

 

godard-benjamin-piano-opera-par-classiquenews-opera-dante-critique-annonce-reportage-Benjamin_GodardEn mars 2019, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne implique toutes ses ressources maison pour rĂ©aliser la recrĂ©ation scĂ©nique d’un sommet de l’opĂ©ra français romantique Ă  l’Ă©poque de Wagner…  À 41 ans Benjamin Godard signe son ultime opĂ©ra inspirĂ© de la vie du poĂšte florentin : Dante, 1890. En un continuum orchestral harmoniquement somptueux, enveloppant un chant aussi lyrique et Ă©perdu que celui de Gounod, Verdi ou Massenet, Godard offre une alternative lyrique au wagnĂ©risme ambiant. Dans Dante, Godard cĂ©lĂšbre le gĂ©nie du poĂšte et du crĂ©ateur, comme Wagner et Berlioz l’ont rĂ©alisĂ© aussi dans leurs ouvrages respectifs, Tannhauser et Benvenuto Cellini. Finalement dĂšs l’acte I, BĂ©atrice la femme aimĂ©e sublimĂ©e convoitĂ©e, comme l’ombre de Virgile qui lui apparaĂźt en songe et suscite le sujet de l’acte III, encourage le poĂšte Ă  rĂ©aliser son Ɠuvre poĂ©tique.
La premiĂšre ardente et amoureuse (synthĂšse entre la Marguerite de Berlioz et la Juliette de Gounod), encourage le poĂšte Ă  se dĂ©dier Ă  sa lyre poĂ©tique (“pour ĂȘtre aimĂ© fais ton devoir” proclame-t-elle) ; le second, rĂ©vĂšle Ă  Dante les horreurs et la grĂące des Enfers, propres Ă  stimuler sa verve crĂ©ative. Que serait il ce poĂšte que les Ă©vĂ©nement politiques ont brisĂ©, sans sa muse et son mentor ? La premiĂšre lui inspire son Ă©lan vital ; le second, le thĂšme des Enfers pour la ComĂ©die Humaine.
GODARD souligne tout cela dans une écriture qui est éclectique mais cohérente, profonde voire sombre, et douée de couleurs saisissantes.

RECRÉATION A SAINT-ÉTIENNE… RĂ©alisant sa premiĂšre mise en scĂšne avec dĂ©cors, costumes, machinerie totalement produits par ses propres ateliers, l’OpĂ©ra de Saint-Étienne signe une nouvelle production maison, cousue main, dont l’engagement des chanteurs, l’efficacitĂ© et le grand esthĂ©tisme du dispositif visuel et scĂ©nographique (de surcroit sans l’artifice de la vidĂ©o) relĂšvent les dĂ©fis d’une recrĂ©ation mondiale spectaculaire.

Les nĂ©ophytes s’y dĂ©lecteront, comme les connaisseurs, de personnages flamboyants, trĂšs finement brossĂ©s ; d’une mise en scĂšne qui impressionne par ses effets millimĂ©trĂ©s. Le jeu des passerelles qui s’ouvrent et se croisent, grĂące Ă  une plateforme sur tournette, le tableau du feu rĂ©el, bĂ»cher central symbolisant toutes les sphĂšres infernales bientĂŽt dĂ©crites par le poĂšte dans son Ɠuvre Ă  venir (et qui fonde l’impact onirique du fameux songe de Dante Ă  l’acte III) ; la rĂ©alitĂ© changeante du chƓur constamment sollicitĂ©… apportent la preuve qu’un ouvrage injustement oubliĂ© renaĂźt aujourd’hui pour rĂ©activer la magie de l’opĂ©ra et enchanter le public. Dante est un Ă©vĂ©nement lyrique majeur de cette saison 2019-2020. Et la dĂ©monstration que les opĂ©ras en rĂ©gion sont les plus actifs et les plus audacieux en terme de rĂ©pertoire.
AprĂšs Les fĂ©es du Rhin, opĂ©ra fantastique et fĂ©erique de Jacques Offenbach (1864) recrĂ©Ă© en français par l’OpĂ©ra de Tours (en septembre 2018), voici en mars 2019, dĂ©fendu par l’OpĂ©ra de Saint-Étienne, un ouvrage romantique français de premiĂšre importance, Ă  la fois Ă©perdu, sauvage, onirique et fantastique. Superbe dĂ©couverte et nouvelle production Ă©vĂ©nement.

 

 

 DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 
 

 
 

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5 scĂšnes et tableaux remarquables, Ă  ne pas manquer :

L’air de Dante à l’acte 1 (Tout est fini)
La confrontation Gemma / Simeone Ă  l’acte II
Le duo d’amour Dante /BĂ©atrice Ă  la fin du mĂȘme acte II
Le songe de Dante et l’apparition de Virgile qui le mùne aux enfers, acte III
Le dernier air de BĂ©atrice au couvent , acte IV, dont l’intensitĂ© de la priĂšre amoureuse est bouleversante (aussi intense que les airs de Juliette dans RomĂ©o et Juliette de Gounod)

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

 

 

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dante-virgile-operasaitn-etienne-godard

 

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation de l’OpĂ©ra DANTE de Benjamin GODARD
 

Opéra de SAINT-ETIENNE : DANTE, nouvelle production événement

SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’OpĂ©ra de Saint-Etienne promet une rĂ©alisation ambitieuse et spectaculaire Ă  la mesure d’un ouvrage mĂ©connu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers ; Ă  l’acte III, le poĂšte exilĂ© reçoit en rĂȘve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnĂ©s et des Ă©lus
 Une Ă©vocation oĂč pĂšsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spĂ©cialement pour ce spectacle prometteur. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mĂ©rite bien cette recrĂ©ation trĂšs attendue. GODARD REINVENTE L’OPERA ROMANTIQUE FANTASTIQUE ET SPECTACULAIRE…

 

 

 

Pour conquérir Beatrice,
le poÚte DANTE, guidé par Virgile,
dĂ©couvre les Enfers…

 

DANTE, l'opéra surnaturel et onirique de GODARD à Saint-Etienne

 

 

La musique Ă©crite par Benjamin Godard relĂšve le dĂ©fi d’une action riche en rebondissements et variĂ©tĂ©s des tableaux. Romantique traditionnel, et mĂȘme considĂ©rĂ© comme « rĂ©actionnaire » en son temps, Godard sait rĂ©sister au wagnĂ©risme ambiant, adepte des formes françaises classiques. DouĂ© pour l’orchestration, la mĂ©lodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maĂźtrise dans DANTE, opĂ©ra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particuliĂšrement affinĂ©es ici. La femme aimĂ©e, dĂ©sirĂ©e est un thĂšme chers aux Romantiques français (cf. Ester, OphĂ©lie chez Berlioz
).
L’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente en nouvelle production, la rĂ©crĂ©ation de l’opĂ©ra de Godard, dans une mise en scĂšne originale, premiĂšre version scĂ©nique de l’ouvrage depuis 130 ans. LIRE NOTRE PRESENTATION complĂšte de l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard

 

 

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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DANTE, la nouvelle production événement de Saint-Etienne

SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. DANTE de GODARD, 8,10,12 mars 2019. La nouvelle production produite par l’OpĂ©ra de Saint-Etienne promet une rĂ©alisation ambitieuse et spectaculaire Ă  la mesure d’un ouvrage mĂ©connu dont les ressources dramatiques convoquent pourtant en un somptueux tableaux onirique, le monde surnaturel et fantastique des enfers, quand Ă  l’acte III, le poĂšte exilĂ© reçoit en rĂȘve la visite de Virgile qui le conduit aux enfers, jusqu’aux cercles des damnĂ©s et des Ă©lus
 Une Ă©vocation oĂč pĂšsent et saisissent la puissance suggestive du choeur, le raffinement de la musique de Godard et la machinerie conçue spĂ©cialement pour ce spectacle prometteur. CrĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique en 1890, le drame fantastique de Godard mĂ©rite bien cette recrĂ©ation trĂšs attendue.

dante-virgile-enfers-opera-barque-de-dante-delacroix-dante-de-godard-opera-peinture-musique-classique-opera-critique-annonce-opera-de-saint-etienne-critique-annonce-classiquenews

 

 Dante conduit par Virgile sur la barque aux enfers (Delacroix)

 

 

 
 

 
 

PRESENTATION de DANTE de Benjamin Godard
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godard-benjamin-opera-dante-critique-annonce-reportage-video-critiqueopera-par-classiquenewsEn pleine guerre entre les Guelfes et les Gibelins, Simeone Bardi et Dante Alighieri se disputent l’amour de BĂ©atrice. D’aprĂšs La Divine ComĂ©die, le livret d’Édouard Blau aborde le thĂšme de l’amour en rĂ©Ă©crivant les tensions nĂ©es de la confrontation tourments infernaux et grĂąces cĂ©lestes. Le dĂ©sir, l’extase, la bĂ©atitude
 La musique Ă©crite par Benjamin Godard relĂšve le dĂ©fi d’une action riche en rebondissements et variĂ©tĂ©s des tableaux. Romantique traditionnel, et mĂȘme considĂ©rĂ© comme « rĂ©actionnaire » en son temps, Godard sait rĂ©sister au wagnĂ©risme ambiant, adepte des formes françaises classiques. DouĂ© pour l’orchestration, la mĂ©lodie et l’écriture symphonique, Benjamin Godard montre sa pleine maĂźtrise dans DANTE, opĂ©ra ambitieux dont l’ampleur et l’ambition de l’écriture se mesurent aux masses chorales, particuliĂšrement affinĂ©es ici. La femme aimĂ©e, dĂ©sirĂ©e est un thĂšme chers aux Romantiques français (cf. Ester, OphĂ©lie chez Berlioz
).
L’OpĂ©ra de Saint-Etienne prĂ©sente en nouvelle production, la rĂ©crĂ©ation de l’opĂ©ra de Godard, dans une mise en scĂšne originale, premiĂšre version scĂ©nique de l’ouvrage depuis 130 ans.

 

 

UN OPERA TARDIF
 DANTE est un ouvrage qui s’inscrit Ă  la fin de la carriĂšre de Godard. « A 40 ans, le professeur de musique de chambre au Conservatoire, qui a livrĂ© pour La Monnaie de Bruxelles son opĂ©ra Jocelyn en 1888, fait crĂ©er Dante Ă  l’OpĂ©ra Comique, 2 ans plus tard, en 1890. FrappĂ© par la tuberculose, Godard devait mourir Ă  Cannes en janvier 1895 ». Godard, Ă©lĂšve d’Henri Rebert a dĂ©jĂ  abordĂ© le genre lyrique avec « Le Tasse », symphonie dramatique de 1878 qui obtient le 1er Prix de la Ville de paris (avec Le Paradis perdu de Dubois)

 

L’OPERA SELON LE METTEUR EN SCENE, Jean-Romain VESPERINI
 Pour le metteur en scĂšne Jean-Romain Vesperini, Godard plonge dans le Moyen-Age et s’intĂ©resse Ă  un pan de la vie du poĂšte florentin Dante. A l’évocation des amours du poĂšte, le compositeur aborde aussi une part significative de son Ɠuvre littĂ©raire, en particulier, extrait de La Divine ComĂ©die (L’Enfer), la descente de Dante accompagnĂ© par Virgile, aux enfers. Une traversĂ©e semĂ© de visions terrifiantes et fantastiques que Liszt (Dante Symphonie, 1857) ou les peintres tels Delacroix ont traitĂ© avant lui.
La conception de Godard et de son librettiste est franche, directe, sans dilution : l’action mĂšne le spectateur, d’une place publique de Florence au mont Pausilippe, en passant par une salle des palais de Florence, pour finir Ă  Naples dans un couvent. « On passe ainsi de scĂšne en scĂšne dans une unitĂ© de temps Ă©tendue mais toujours avec fluiditĂ©. L’environnement des tableaux est tour Ă  tour rĂ©aliste, fantastique, bucolique, romantique
 Cet opĂ©ra rĂ©pond ainsi Ă  plusieurs codes thĂ©Ăątraux et c’est ce qui en fait son originalité », prĂ©cise le metteur en scĂšne.

 

 

ITALIE ANTIQUE, EXIL, FORÊT
 & LE FEU DANS LA DESCENTE AUX ENFERS
Pour assurer au drame, l’unitĂ© et la cohĂ©rence de son dĂ©roulement, de Florence 
 Ă  Naples, sans omettre le tableau infernal, JR Vesperini s’est plongĂ© dans la conception que Godard avait du Moyen-Age. Pas de rĂ©alisme ni de restitution archĂ©ologique, mais la vision d’un compositeur sur le monde du poĂšte toscan. A la marge du milieu musical de son temps, Godard frappe par l’originalitĂ© et la puissante imagination de son art : son Moyen-Age est celui de Victor Hugo (autre romantique tardif et sublimement nĂ©ogothique) ; revisitĂ©, fantasmĂ©, stylisé  Ainsi s’est prĂ©cisĂ©e une vision spĂ©cifique, « ouverte » propre Ă  l’époque de Dante, entre AntiquitĂ© et Renaissance, une Ă©vocation d’un monde « rĂ©volu », « en ruines qui fait place Ă  un autre » et oĂč la notion d’exil et d’errance emblĂ©matique de Dante soit aussi prĂ©sente. D’oĂč des colonnes et des pilastres puissants en briques qui rappellent l’Italie antique; une passerelle exprimant l’idĂ©e du mouvement et permettant aussi les actions simultanĂ©es, dans une structure sur tournette afin les changements Ă  vue soient possibles et soulignent l’énergie de la partition.
Au monde minĂ©ral rĂ©pond, celui vĂ©gĂ©tal de la forĂȘt, trĂšs prĂ©sent dans la musique de Godad car il exprime l’errance. Ainsi aux actes III (dĂ©but) et IV, des murs vĂ©gĂ©talisĂ©s descendent des cintres.
PiĂšce maĂźtresse de l’opĂ©ra (style « grand opĂ©ra français »), la descente aux enfers (intermĂšde) est essentiel pour le climat onirique et fantastique de l’Ɠuvre; le traitement pictural du feu (feu magique, feu infernal) s’y dĂ©veloppe ; le rĂ©sultat dĂ©coule d’un travail particulier avec les Ă©quipes de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne.

LES CHOEURS
La place de la masse chorale est primordiale elle aussi dans DANTE : peuples de Florence, arbitre de l’élection puis de l’exil de Dante, paysans et Ă©tudiants et surtout damnĂ©s de l’enfer
 l’action est rythmĂ©e par la prĂ©sence chorale. Presque comme une « chorĂ©graphie », le metteur en scĂšne travaille la prĂ©sence physique du chƓur dans le tableau des enfers, en rĂ©fĂ©rence Ă  Bosh et Brueghel.

COSTUMES RETRO FUTURISTES
« Coupes Ă©purĂ©es, droites, structurĂ©es. Nous nous sommes aussi rapprochĂ©es de l’univers retro-futuriste de certaines bandes dessinĂ©es qui puisent leurs inspirations dans cette Ă©poque, Ă  l’instar de l’heroic fantasy. »

Tout en recrĂ©ant un monde visuel fantasmagorique qui doit ĂȘtre clair et fluide, c’est Ă  dire respecter le mouvement et la direction de la partition, Jean-Romain Vesperini souhaite surtout susciter l’imaginaire et l’onirisme dans l’esprit des spectateurs.

 
 

 
 

TEASER VIDEO

 

 

TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I : l’élection de Dante
Une place publique Ă  Florence
La guerre entre les Guelfes et les Gibelins bat son plein. Le peuple entre dans le Palais du gouvernement pour dĂ©signer un prieur comme mĂ©diateur. Simeone Bardi apprend Ă  son ami le poĂšte Dante stupĂ©fait, qu’il va Ă©pouser celle qu’il aime secrĂštement, BĂ©atrice. Celle-ci sort de la chapelle avec sa confidente Gemma : elle avoue son amour pour Dante. Ce dernier est nommĂ© chef suprĂȘme de Florence. BĂ©atrice l’encourage (« pour ĂȘtre aimĂ©, fais ton devoir »).

 

 

ACTE II : l’exil de Dante
Florence, le palais des Seigneurs
Gemma demande Ă  Bardi de renoncer Ă  Beatrice ; d’autant qu’elle aussi aime Dante. Ayant entendu leur discussion, Beatrice, touchĂ©e par l’amour de Gemma pour Dante, dĂ©cide de renoncer elle-mĂȘme Ă  Dante. Mais celui paraĂźt et d’abord distants, les deux ĂȘtres s’unissent en un duo amoureux embrasĂ©, dĂ©finitif : «  Oui ! Je t’aime ! Je t’aime ! Éclos du premier jour jusqu’à l’heure suprĂȘme doit vivre notre amour ». Surviennent Gibelins et Guelfes. Bardi dĂ©clare que Charles de Valois est entrĂ© dans Florence : il rĂ©clame l’exil de Dante. Le rival de Dante jubile dans la haine et la dĂ©nonciation : « Pour lui la mort… ou pour vous le couvent ! ».

 

 

ACTE III : le spectre de Virgile
dante-virgile-delacroix-barque-de-dante-opera-musique-classique-peinture-de-godard-et-delacroix-critique-opera-par-classiquenews-582Le mont Pausilippe. Un tombeau creusé dans le roc.
Devant le tombeau de Virgile, Dante entonne une derniĂšre invocation. Le jour baisse, les yeux de Dante se ferment. C’est le songe du poĂšte brisĂ© par l’existence terrestre et la trahison des hommes. Du tombeau, vĂȘtu d’une robe blanche et couronnĂ© de lauriers, Virgile paraĂźt comme guide : il montre Ă  Dante l’enfer oĂč errent les Ăąmes d’Ugolin, de Francesca et Paolo ; et le paradis oĂč rayonnent BĂ©atrice et les anges. Si Dante achĂšve son oeuvre, il pourra s’unir Ă  son aimĂ©e pour l’éternitĂ©.

 

 

ACTE IV : les retrouvailles de Dante et Béatrice
Bardi pris de remord, rejoint Dante et lui propose de retrouver BĂ©atrice au couvent de Naples oĂč elle est enfermĂ©e.  Dans le jardin d’un couvent, Ă  Naples, BĂ©atrice confie Ă  Gemma qu’elle sent sa mort venir. Dante la retrouve : souffrante, expirante, BĂ©atrice meurt sur l’épaule du PoĂšte. Celui-ci comme illuminĂ©, affirme « Oui ! Je dois vivre encore ; je dois chanter pour elle ! Dieu l’a faite mortelle, Moi, je veux l’immortaliser ! ».

 

 

 

 

 

 

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LIRE aussi notre présentation de Dante de Benjamin Godard : http://www.classiquenews.com/saint-etienne-dante-de-godard-au-grand-theatre-massenet/

 

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

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GODARD : DANTE
Nouvelle production – premiĂšre mondiale en version scĂ©nique

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’aprùs L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHƒUR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

 

 

 
 

 
 

 
PrĂ©sentation vidĂ©o 1 DANTE – rĂ©pĂ©titions
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OPERA DE SAINT ETIENNE – Videoletter FĂ©vrier 2019 – DANTE de Godard (1890) from classiquenews.com on Vimeo.

 

 
 PrĂ©sentation vidĂ©o 2 / Teaser vidĂ©o : DANTE – rĂ©pĂ©titions
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TEASER. OPERA DE SAINT-ETIENNE : DANTE de Benjamin Godard (8,10,12 mars 2019) from classiquenews.com on Vimeo.

 
 
 
 
 

SAINT-ETIENNE : Dante de Godard au Grand Théùtre Massenet

DANTE-benjamin-godard-opera-saint-etienne-annonce-evenement-opera-classiquenewsSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. GODARD : DANTE, 8, 10, 12 mars 2019. Chef d’oeuvre du romantisme français, plutĂŽt fin XIXĂš, c’est Ă  dire Ă  l’époque du wagnĂ©risme triomphant, l’opĂ©ra Dante de Benjamin Godard (crĂ©Ă© en 1890) Ă©lectrise la lyre amoureuse et tragique et s’intĂ©resse Ă  la rivalitĂ© entre Simeone Bardi et Dante Alighieri pour l’amour de la belle Beatrice. Le librettiste Edouard Blau adapte librement l’Enfer de Dante, quand Godard (1849-1895) Ă©voque l’époque des guerres entre Guelfes et Gibelins, la Florence du poĂšte Dante, entre Ă©vocations infernales et quĂȘte ardente de l’amour idĂ©al
 RĂ©cente rĂ©vĂ©lation, Benjamin Godard sait construire un drame puissant et poĂ©tique dont la rĂ©ussite passe par la maĂźtrise des constructions chorales. Les aspirations du hĂ©ros offrent de somptueux tableaux sonores dignes de la peinture d’histoire de l’époque.
UN AMOUR INFERNAL… DANTE sur les traces de Beatrice. En coloriste, voire en narrateur Ă©pique, rĂ©inventant le surnaturel et le fantastique, Godard Ă©crit un ouvrage dans la tradition visionnaire de Berlioz : orchestralement raffinĂ©, formellement audacieux
 comme en tĂ©moigne au sein d’une partition gĂ©nĂ©reuse, certains Ă©pisodes particuliĂšrement rĂ©ussis, Ă  la thĂ©ĂątralitĂ© accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rĂȘve, dans le cĂ©lĂšbre « RĂȘve de Dante. La production de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne offre la premiĂšre mise en scĂšne en France. Nouvelle production in loco, le spectacle est un Ă©vĂ©nement.

    

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GODARD : DANTE
Nouvelle production

Opéra de SAINT-ETIENNE
Grand Théùtre Massenet
VENDREDI 08 MARS 2019 : 20h
DIMANCHE 10 MARS 2019 : 15h
MARDI 12 MARS 2019 : 20h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-18-19/saison-18-19//type-lyrique/dante/s-495/

    

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GODARD : DANTE  -  LIVRET D’ÉDOUARD BLAU d’aprĂšs L’Enfer de Dante

CRÉATION LE 7 MAI 1890
À PARIS (OPÉRA COMIQUE)

DIRECTION MUSICALE : MIHHAIL GERTS
MISE EN SCÈNE : JEAN-ROMAIN VESPERINI

DÉCORS
BRUNO DE LAVENÈRE

COSTUMES
CÉDRIC TIRADO

LUMIÈRES
CHRISTOPHE CHAUPIN

DANTE
PAUL GAUGLER

BÉATRICE
SOPHIE MARIN-DEGOR

BARDI
JÉRÔME BOUTILLIER

GEMMA
AURHÉLIA VARAK

L’OMBRE DE VIRGILE, UN VIEILLARD
FRÉDÉRIC CATON

L’ÉCOLIER
DIANA AXENTII

UN HÉRAUT D’ARMES
JEAN-FRANÇOIS NOVELLI

ORCHESTRE SYMPHONIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

CHƒUR LYRIQUE
SAINT-ÉTIENNE LOIRE

NOUVELLE PRODUCTION
DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

DÉCORS ET COSTUMES RÉALISÉS PAR
LES ATELIERS DE L’OPÉRA DE SAINT-ÉTIENNE

  

Opéra de SAINT-ETIENNE : Dante, l'opéra infernal de Godard

    

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Approfondir  
LIRE notre critique du CD GODARD : DANTE (Gens, Montvidas
 / 2 cd – collection «  opĂ©ra français » – P B Zane, 2016)

GODARD benjamin DANTE cd presentation cd critique compte rendu par classiquenewsCD, critique. GODARD : DANTE (2 cd P Bru Zane, 2016). Le dramatisme de Benjamin Godard (1849-1895) surgit parfois dans cet oratorio annoncĂ©, datant de 1890, mais au dramatisme parfois copieux et d’une clartĂ© dramatique pas toujours Ă©gale. Au sein d’une partition gĂ©nĂ©reuse, percent certains Ă©pisodes plus rĂ©ussis, d’une thĂ©ĂątralitĂ© accomplie comme le dernier tableau au couvent, ou plus onirique, exploitant les ressources contrastantes du rĂȘve, dans le cĂ©lĂšbre « RĂȘve de Dante. Pas sĂ»r pour autant que l’équipe artistique rĂ©unie ne se montre digne des finesses de la partition : dĂ©sĂ©quilibres et outrances persistent (dont le manque de caractĂšre de l’orchestre
 sur instruments modernes). CĂŽtĂ© voix, cela manque lĂ  aussi de cohĂ©sion et d’unitĂ©. En abordant en musique, la poĂ©tique de Dante, sa quĂȘte de l’aimĂ©e inaccessible (la belle et fantasmĂ© BĂ©atrice), Godard maĂźtrise les climats de l’épopĂ©e fantastique qui pilote et conduit le PoĂšte / hĂ©ros jusqu’aux Enfers, grĂące Ă  l’entremise initiatrice de Virgile. Visions infernales, tension amoureuse
 tous les Ă©lĂ©ments sont lĂ  pour produire une fantasmagorie musicale prenante


http://www.classiquenews.com/cd-critique-godard-dante-2-cd-p-bru-zane-2016/

  

Compte-rendu, OPERA. SAINT-ETIENNE, Opéra le 29 déc. 2018. ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia, Orch. Symph. Saint-Etienne Loire, M. Spotti / P.-E. Rousseau

Compte-rendu, OPERA. SAINT-ETIENNE, OpĂ©ra le 29 dĂ©c. 2018. ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia, Orch. Symph. Saint-Etienne Loire, M. Spotti / P.-E. Rousseau. Reprise de la production strasbourgeoise crĂ©Ă©e en octobre dernier (et dĂ©jĂ  critiquĂ©e sur CLASSIQUENEWS : PE ROUSSEAU, Rossini : Le Barbier de SĂ©ville, septembre 2018) avec une distribution totalement renouvelĂ©e, ce Barbiere est une merveille de grĂące, d’intelligence et un plaisir des yeux permanent. Si la distribution est inĂ©gale, elle brille par un jeu d’acteurs Ă©poustouflant. Une rĂ©ussite totale Ă  mettre Ă  l’actif du jeune metteur en scĂšne Pierre-Emmanuel Rousseau.

SĂ©millant Barbiere

rossini-barbiere-seviglia-rousseau-saint-etienne-critique-opera-classiquenews

Sur le plateau, un dĂ©cor plus vrai que nature qui nous transporte dans une SĂ©ville authentique. Des murs latĂ©raux d’un beau rouge presque pompĂ©ien, supportent un balcon en fer forgĂ© posĂ© sur un cul-de-lampe en pierre blanche, et deux portails, Ă©galement en fer forgĂ©, se font face. Au fond, un immense mur tapissĂ© de carreaux bleu et blanc en arabesques. Un dĂ©cor magnifique qui reproduit un patio sĂ©villan des plus sĂ©duisants. Les costumes, qui Ă©voquent l’Espagne du XVIIIe siĂšcle, Ă©galement signĂ©s par Pierre-Emmanuel Rousseau, sont splendides et semblent tout droit sortis d’un tableau de Goya. Avec un tel respect de l’Ɠuvre, la transposition, moderne ou mĂ©taphorique, se rĂ©vĂšle inutile (comme dans la dĂ©cevante production berlinoise du Deutsche Oper qui se jouait au mĂȘme moment) : l’opĂ©ra-bouffe est un genre qu’il faut prendre au sĂ©rieux et dont il faut respecter les codes.
Sur scĂšne, la direction d’acteurs fonctionne Ă  merveille, y compris pour les ensembles (comme le chƓur initial et ses capes virevoltantes façon « corrida »). Tout est traitĂ© avec une grande fluiditĂ©, malgrĂ© le rythme frĂ©nĂ©tique de la musique. On a apprĂ©ciĂ© tout particuliĂšrement le baryton Daniele Terenzi dans le rĂŽle de Figaro : une voix puissante et magnifiquement projetĂ©e, une diction impeccable (son « Largo al factotum » est exemplairement rĂ©ussi) et un acteur comique hors-pair, notamment dans sa confrontation avec Almaviva Ă  la guitare ou dans la scĂšne « Che invenzione ». Le Comte est incarnĂ© par le tĂ©nor Matteo Roma, dont les qualitĂ©s d’acteur (ses minauderies au clavecin) compensent un timbre pas toujours Ă  l’aise dans l’aigu et manquant parfois de prĂ©cision. Mais quand il adopte un registre de tenorino (comme dans la « chanson de Lindoro »), le rĂ©sultat est beaucoup plus convaincant. La mezzo israĂ©lienne Reut Ventorero, qui remplaçait Giuseppina Bridelli initialement prĂ©vue, s’en tire fort bien, malgrĂ© des graves peu sonores. Sa voix lĂ©gĂšre manque parfois de chair, mais la technique est sans faille, et elle montre une grande aisance dans le registre aigu (“ Una voce poco fa ”), tandis que son jeu dĂ©roule toute une palette de sentiments, de l’espiĂšglerie Ă  la tendresse, en passant par le charme dont elle joue pour duper un Bartolo dĂ©calĂ©. Ce dernier est fort bien dĂ©fendu par FrĂ©dĂ©ric Goncalves, qui a aussi bien le physique que la voix de l’emploi. Il est aidĂ©, dans sa stratĂ©gie de contrĂŽle de Rosina, par le maĂźtre de musique Basilio au physique de mort-vivant inquiĂ©tant, cheveux Ă©bouriffĂ©s, maigreur macabre et gestes instables. Dans ce rĂŽle stimulant, le baryton Vincent Le Texier dĂ©ploie des graves efficaces ; l’instabilitĂ© du geste accompagne celle du chant sans jamais que l’intelligibilitĂ© du texte n’en pĂątisse (superbe « aria della calunnia »), mĂȘme si l’on sent parfois que l’italien n’est pas son idiome naturel. Parmi les deux rĂŽles secondaires, la Berta de Svetlana Lifar est d’une drĂŽlerie permanente : muette pendant une bonne partie du spectacle, quand elle se met Ă  chanter, sa voix de matriochka russe Ă  l’amplitude vocale impressionnante fait mouche Ă  chaque instant. Plus effacĂ© en revanche le Fiorello et l’officier de Ronan NĂ©dĂ©lec, mĂȘme s’il est loin de dĂ©mĂ©riter.
Dans la fosse, le jeune chef italien (25 ans) Michele Spotti dirige avec verve et prĂ©cision l’Orchestre de Saint-Etienne-Pays de Loire, qualitĂ©s que l’on retrouve dans le ChƓur Maison. Au final, une rĂ©ussite mĂ©morable.

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Compte-rendu critique. OpĂ©ra. SAINT-ETIENNE, ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia, 29 dĂ©cembre 2018. Matteo Roma (Il Comte Almaviva), Daniele Terenzi (Figaro), Reut Ventorero (Rosina), FrĂ©dĂ©ric Goncalves (Bartolo), Vincent Le Texier (Basilio), Svetlana Lifar (Berta), Ronan NĂ©dĂ©lec (Fiorello, Un ufficiale), Pierre-Emmanuel Rousseau (mise en scĂšne, dĂ©cors et costumes), Natascha Ursuliak (reprise de mise en scĂšne), Gilles Gentner (lumiĂšres), Laurent Touche (chef de chƓur), ChƓur lyrique Saint-Etienne Loire, Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire, Michele Spotti (direction).

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi

OPERA. ENTRETIEN AVEC DAVID REILAND Ă  propos de Nabucco de Verdi. Quels sont les dĂ©fis de la partition ? Que rĂ©vĂšlent-ils de l’Ă©criture du jeune Verdi ? Quelques jours avant de diriger la nouvelle production de Nabucco de Verdi Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, Ă  partir du 3 juin prochain, le chef David Reiland souligne la richesse d’une partition certes de jeunesse, mais d’une force et d’une acuitĂ© passionnantes… 

reiland david_35172835DAVID REILAND travaille la pĂąte orchestrale du jeune Verdi comme un orfĂšvre sculpte la matiĂšre brute. Le chef David Reiland retrouve la scĂšne de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne aprĂšs y avoir dirigĂ© une saisissante Tosca. DouĂ© d’un tempĂ©rament taillĂ© pour le thĂ©Ăątre, le jeune maestro belge que nous avons suivi Ă  Paris au CNSMD dans Schliemann de Jolas (nouvelle version 2016), renoue ici avec la furiĂ  du Verdi de la jeunesse, soit un Nabucco dont il travaille le relief spĂ©cifique de l’orchestre, l’accord fosse / plateau, la tension globale d’un opĂ©ra parfois spectaculaire et rugissant…  DAVID REILAND : “C’est un opĂ©ra du jeune Verdi trentenaire oĂč la forme est trĂšs efficace, plutĂŽt percussive et cuivrĂ©e ; oĂč l’orchestre est narratif et scrutateur de l’action” prĂ©cise David Reiland. “Il est fondamental pour le compositeur de renouer Ă  La Scala de Milan avec le succĂšs, dĂ©montrer ses capacitĂ©s, faire la preuve de sa maĂźtrise : de fait, Verdi emploie la forme du seria en numĂ©ros, et un orchestre aux formulations souvent conventionnelles pour l’Ă©poque. Pour autant, ce Verdi qui dĂ©montre, sait aussi Ă©pouser la voix et rĂ©ussir toutes les tensions Ă  l’orchestre ; dĂ©jĂ  se profilent aussi cette caractĂ©risation intime et le choc des contrastes comme la justesse des situations psychologiques qui annoncent les grands ouvrages de la maturitĂ© (TrouvĂšre, Rigoletto, La Traviata). DĂšs le dĂ©but, tout doit ĂȘtre parfaitement en place et avancer naturellement : aprĂšs l’ouverture qui est un pot pourri des airs les plus marquants, la premiĂšre scĂšne convoque un grand choeur accompagnĂ© par tout l’orchestre : il faut d’emblĂ©e savoir traiter la masse. Le dĂ©fi de la partition rĂ©side essentiellement dans la gestion globale de cette tension permanente, exceptionnellement contrastĂ©e : dĂ©gager une architecture,… et donc bien sĂ»r, approfondir certains Ă©pisodes particuliĂšrement bouleversants par la caractĂ©risation trĂšs fine que le jeune compositeur a su rĂ©ussir.

NOIRE MAIS SI HUMAINE : ABIGAILLE. Prenez par exemple le premier air d’Abigaille – comme d’ailleurs l’ensemble de ses airs car elle est trĂšs bien servie tout au long de l’opĂ©ra-, celui qui ouvre l’acte II : on s’attend Ă  un dĂ©ferlement de fureur en rapport avec le caractĂšre de la jeune femme, car elle comprend alors qu’elle n’est pas la fille du souverain… aprĂšs un dĂ©veloppement trĂšs Ă©nergique, Verdi surprend et Ă©crit un air d’une tendresse bouleversante ; Abigaille est une Ăąme blessĂ©e ; c’est une force haineuse qui s’est construite dans la violence parce qu’il y a au fond d’elle, cette profonde dĂ©chirure que Verdi sait remarquablement exprimer. C’est pour moi l’un des passages les plus bouleversants de la partition ; d’une couleur trĂšs chambriste, comme une sorte d’Ă©pure, utilisant le cor anglais et le violoncelle.

L’opĂ©ra aurait dĂ» s’appeler Abigaille tant le personnage est captivant par sa richesse, sa complexitĂ©. En comparaison, le rĂŽle-titre : Nabucco, certes varie entre schizophrĂ©nie, fureur, pardon car en fin d’action, il sait s’humaniser en effet ; sa partie dĂ©voile aussi la passion du compositeur pour les voix masculines ;  mais les couleurs que lui rĂ©serve Verdi ne sont pas aussi contrastĂ©es que celle d’Abigaille. Son profil est plus linĂ©aire, en cela hĂ©ritier de l’opĂ©ra seria.

Le CHOEUR. Aux cĂŽtĂ©s des protagonistes, le chƓur est l’autre personnage crucial de Nabucco : le peuple tient une place essentielle. “Va pensiero” est Ă  juste titre cĂ©lĂšbre, et l’Ă©criture contrapuntique avec des imitations trĂšs serrĂ©es souligne la volontĂ© pour Verdi de dĂ©montrer sa dextĂ©ritĂ©, mais elle exige une rĂ©alisation prĂ©cise qui est l’autre grand dĂ©fi de la partition”.

Nabucco de Verdi, nouvelle production Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne, les 3, 5 et 7 juin 2016. David Reiland, direction musicale. LIRE notre prĂ©sentation de Nabucco de Verdi Ă  Saint-Etienne

Propos recueillis le 30 mai 2016.

Nabucco Ă  Saint-Etienne par David Reiland

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thĂšme cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©rĂšglements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vĂšle rugissante, Ă©trangĂšre Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’aprĂšs un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritiĂšre de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fĂšre Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonniĂšre des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son pĂšre Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂŽne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂȘte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lĂšbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette derniĂšre va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succĂšs du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala aprĂšs sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succĂšs de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂŽt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, fonciĂšrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, rĂšgne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cƓur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des LumiĂšres / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scĂšne
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂźtre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂŒncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution trĂšs intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

David Reiland dirige un nouveau Nabucco

VERDI_442_Giuseppe_Verdi_portraitSAINT-ETIENNE, OpĂ©ra. David Reiland dirige Nabucco de Verdi : les 3, 5 et 7 juin 2016. Avant Verdi, Haendel avait traitĂ© dans Belshazzar (LIRE notre critique de la lecture jubilatoire de William Christie et des Arts Florissants), - oratorio anglais de la pleine maturitĂ©, l’arrogance du prince assyrien, conquĂ©rant victorieux siĂ©geant Ă  Babylone dont l’omnipotence l’avait menĂ© jusqu’Ă  la folie destructrice. Mais Nabucco ne meurt pas foudroyĂ© comme Belshaazar : il lui est accordĂ© une autre issue salvatrice. C’est un thĂšme cher Ă  Verdi que celui du politique rongĂ© par la puissance et l’autoritĂ©, peu Ă  peu soumis donc vaincu a contrario par la dĂ©raison et les dĂ©rĂšglements mentaux : voyez Macbeth (opĂ©ra crĂ©Ă© en 1865). Ascension politique certes, en vĂ©ritĂ© : descente aux enfers… l’exemple de la princesse Abigaille, en est emblĂ©matique. Devenue toute puissante, la lionne se rĂ©vĂšle rugissante, Ă©trangĂšre Ă  toute clĂ©mence.

Nabucco en clĂ©mence, Abigaille de fureur…

CrĂ©Ă© Ă  la Scala de Milan en mars 1842 (d’aprĂšs un opĂ©ra initialement Ă©crit en 1836, et intitulĂ© d’abord, Nabuchodonosor), l’opĂ©ra hĂ©roique et tragique de Verdi brosse le portrait d’un amour impossible entre la fille hĂ©ritiĂšre de Nabucco, Abigaille (soprano) qui aime le neveu du roi de JĂ©rusalem, IsmaĂ«l. Mais celui-ci lui prĂ©fĂšre Fenena, l’autre fille de Nabucco, alors prisonniĂšre des Juifs. L’acte II est le plus nerveux, riche en fureur et passions affrontĂ©es. Abigaille, l’Ă©lĂ©ment haineux et irascible, vraie furie noire du drame, profite de l’orgueil dĂ©mesurĂ© de son pĂšre Nabucco qui se dĂ©clarant l’Ă©gal de Dieu, est foudroyĂ© illico : le jeune femme en profite pour prendre le trĂŽne. Au III, devenue reine de Babylone, Abigaille rugit, tempĂȘte, manipule car rien n’est jamais trop grand ni impossible quand il s’agit de conserver le pouvoir : elle dĂ©truit les parchemins sur la nature illĂ©gitime de sa naissance, proclame la destruction de JĂ©rusalem et le massacre des Juifs. Amoureuse rejetĂ©e, la lionne exacerbe le masque de la femme politique : le choeur des hĂ©breux dĂ©chus et soumis (l’ultra cĂ©lĂšbre “Va pensiero”, dans lequel la nation italienne s’est reconnue contre l’oppresseur autrichien), jalonne un nouvel acte d’une fulgurance inouĂŻe.
Le IV voit le retour de Nabucco qui renverse sa fille indigne et barabre Abigaille, devenue despotique et comprenant que cette derniĂšre va tuer Fenena, son autre fille, s’associe aux HĂ©breux qui sont dĂ©sormais les bienvenus dans leur patrie : Nabucco humanisĂ©, sait pardonner, et Abigaille doit renoncer, en cĂ©lĂ©brer le succĂšs du mariage d’IsmaĂ«l avec Fenena. D’une Ă©criture fĂ©line, sanguine, fulgurante en effet, l’opĂ©ra fut un triomphe, le premier d’une longue sĂ©rie pour le jeune Verdi : jouĂ© plus de 60 fois dans l’annĂ©e Ă  la Scala aprĂšs sa crĂ©ation, record absolu. La folie du politique, l’amoureuse Ă©conduite dĂ©formĂ©e par sa haine, la brutalitĂ© royale et l’oppression des peuples firent beaucoup pour le succĂšs de l’ouvrage dans lequel tout le peuple italien, Ă  l’aube de son unitĂ© et de son indĂ©pendance, s’est aussitĂŽt reconnu. Verdi devenait le nouveau Shakespeare lyrique, champion de la nouvelle cause sociĂ©tale et politique.

reiland david_35172835Ne manquez pas cette nouvelle production d’un chef d’oeuvre de jeunesse de Verdi : fougueux, impĂ©tueux, fonciĂšrement dramatique, et psychologique. Dans la fosse, rĂšgne la fougue analytique du jeune maestro belge David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre de chambre du Luxembourg depuis septembre 2012, et premier chef invitĂ© et conseiller artistique de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. Mozartien de cƓur, grand tempĂ©rament lyrique, le jeune chef d’orchestre qui est passĂ© aussi par Londres (Orchestre de l’Âge des LumiĂšres / Orchestra of the Age of Enlightenment) devrait comme il le fait Ă  chaque fois, nous… convaincre voire nous Ă©blouir par son sens de la construction et des couleurs. Trois reprĂ©sentations Ă  Saint-Etienne, Ă  ne pas manquer.

Opéra de Saint-Etienne
Nabucco de Verdi
Les 3, 5 et 7 juin 2016
JC Mast, mise en scĂšne
David Reiland, direction

Avec Nicolas Cavalier (Zacharia), AndrĂ© Heyboer (Nabucco), CĂ©cile Perrin (Abigaille)…
Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire

RĂ©servez directement depuis le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

DAVID REILAND au disque : le chef belge qui rĂ©side Ă  Munich,vient de faire paraĂźtre un disque excellent dĂ©diĂ© au symphoniste romantique français, Benjamin Godard (Symphonies n°2 opus 57, “Gothique” opus 23, Trois morceaux symphoniques… avec le MĂŒncher Rundfunkorchester, septembre 2015), parution trĂšs intĂ©ressante rĂ©cemment critiquĂ© par classiquenews :  ”la direction affĂ»tĂ©e, vive, Ă©quilibrĂ©e et contrastĂ©e du chef fait toute la valeur de ce disque qui est aussi une source de dĂ©couvertes.”

Le Marchand de Venise de Reynaldo Hahn, recréé à Saint-Etienne

HAHN reynaldo_hahn_2015_Saint-Etienne, OpĂ©ra. Hahn : Le Marchande Venise, 27-31 mai 2015. Mini festival Reynaldo Hahn en France, Ă  l’OpĂ©ra Comique en mai : reprise de Ciboulette ; c’est aussi le Marchand de Venise Ă  Saint-Etienne (dans le cadre de son Cycle Massenet dont Reynaldo Hahn fut l’élĂšve), ouvrage clĂ© crĂ©Ă© en mars 1935, dans lequel le compositeur ami de Proust et de Sarah Bernhardt s’essaie au grand genre 
 L’usurier assidu pratiquant des taux extravagants (la garantie est la propre chair de ses dĂ©biteurs) et qui surtout a la haine de ceux qui le mĂ©prise (Antonio justement aristocrate mĂ©lancolique et chrĂ©tien), tire un malin plaisir Ă  Ă©prouver ses “proies” par l’argent. Ainsi Shylock Ă  Venise est-il le pilier de l’action du Marchand de Venise dans la piĂšce de Shakespeare. Donc Antonio emprunte 3000 ducats au Juif pour les prĂȘter Ă  son ami Bassanio lequel a besoin ainsi de liquiditĂ©s pour sĂ©duire la belle Portia (rĂŽle Ă©crit pour Mary Garden, qui avait crĂ©Ă© auparavant en 1902, l’Ă©crasant rĂŽle de MĂ©lisande dans PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy). LIRE notre prĂ©sentation complĂšte du Marchand de Venise de Reynaldo Hahn Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

Les critiques de Hahn lui reprochent son inconsistance, sa superficialitĂ© : lui, l’amoureux de l’ordonnance versaillaise serait-il de facto incapable de profondeur ? C’est bien Ă  cette question essentielle que nous conduit la recrĂ©ation du Marchand de Venise en mai 2015 Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. PiĂšce anodine mais bien ficelĂ©e, ou drame mozartien, shakespearien et romantique
 tout Ă  la fois ? RĂ©ponse Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne les 27, 29,31 mai 2015.

 

 

 

 

boutonreservationLe Marchand de Venise Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne
Saint-Etienne, Opéra. Les 27, 29, 31 mai 2015
Durée : 3h45mn (entracte compris)

 

 

Avec : Gabrielle Philiponet (Portia), Isabelle Druet (Nerissa), Pierre Yves Pruvot (Shylock), Bassanio (Guillaume Andrieux)

Orch. Symphonique Saint-Etienne Loire
Franck Villard, direction. Arnaud Bernard, mise en scĂšne

La distribution solide, promet de belles caractĂ©risations, surtout viriles : Pierre-Yves Pruvot est l’un des meilleurs barytons dramatiques actuels, il devrait incarner un superbe Shylock (haineux et humain), et le jeune Guillaume Andrieux, encouragĂ© entre autres par Jean-Claude Malgoire vient de chanter PellĂ©as Ă  Tourcoing en mars 2015, comme il avait recrĂ©Ă© le rĂŽle d’Aben Hamet avec le mĂȘme JC Malgoire en mars 2014


Illustrations : Reynaldo Hahn ; Dessin représentant Shylock et Jessica (DR)

Hahn à Saint-Etienne : recréation du Marchand de Venise, 1935

HAHN reynaldo_hahn_2015_Saint-Etienne, OpĂ©ra. Hahn : Le Marchande Venise, 27-31 mai 2015. Mini festival Reynaldo Hahn en France, Ă  l’OpĂ©ra Comique en mai : reprise de Ciboulette ; c’est aussi le Marchand de Venise Ă  Saint-Etienne (dans le cadre de son Cycle Massenet dont Reynaldo Hahn fut l’élĂšve), ouvrage clĂ© crĂ©Ă© en mars 1935, dans lequel le compositeur ami de Proust et de Sarah Bernhardt s’essaie au grand genre 
 L’usurier assidu pratiquant des taux extravagants (la garantie est la propre chair de ses dĂ©biteurs) et qui surtout a la haine de ceux qui le mĂ©prise (Antonio justement aristocrate mĂ©lancolique et chrĂ©tien), tire un malin plaisir Ă  Ă©prouver ses “proies” par l’argent. Ainsi Shylock Ă  Venise est-il le pilier de l’action du Marchand de Venise dans la piĂšce de Shakespeare. Donc Antonio emprunte 3000 ducats au Juif pour les prĂȘter Ă  son ami Bassanio lequel a besoin ainsi de liquiditĂ©s pour sĂ©duire la belle Portia (rĂŽle Ă©crit pour Mary Garden, qui avait crĂ©Ă© auparavant en 1902, l’Ă©crasant rĂŽle de MĂ©lisande dans PellĂ©as et MĂ©lisande de Debussy).

Entretemps d’autres prĂ©tendants attentent Ă  l’intimitĂ© de Shylock en enlevant la propre fille du vieillard soupçonneux : Jessica (comme les intrigants de la Cour du Duc de Mantoue enlevant la fille de Rigoletto, Gilda dans l’ouvrage de Verdi)
 conspiration, sĂ©duction, sadisme aussi par l’argent et Ă©videmment haine souterraine (entre juifs et chrĂ©tiens). Tout cela enrichit l’action de l’opĂ©ra de Reynaldo Hahn dont la complexitĂ© raffinĂ©e et l’élĂ©gance mozartienne subjuguent toujours.

shylock jessica venise shakespeare reynaldo hahnL’auteur de Ciboulette redĂ©finit ici la langue de l’opĂ©ra – au moment oĂč Enesco livre son Oedipe, fresque nĂ©matique, austĂšre et un peu raide. Ni wagnĂ©riste, ni debussyste ni faurĂ©en, ni rien du tout, 
 seul et puissamment original, Reynaldo Hahn prĂ©fĂšre renouer avec la comĂ©die de Wolfgang, celle de Don Giovanni oĂč les sĂ©quences de pur enchantement amoureux n’empĂȘchent pas l’accomplissement du drame le plus noir (la piĂšce de Shakespeare est un procĂšs contre la figure du juif avare, paranoĂŻaque, certes implantĂ© Ă  Venise mais qui cultive sa dĂ©testation des vĂ©nitiens, et sait se faire dĂ©tester d’eux). Alternant le lĂ©ger et le cynisme parfois aigre et tragique (vertiges des couples amoureux, solitude amĂšre de l’usurier : sous la baguette de Philippe Gaubert, c’est la basse lĂ©gendaire AndrĂ© Pernet, acteur subtil, qui crĂ©e le rĂŽle de Shylock), Hahn, dans sa langue spĂ©cifique, aquarellĂ©e, aĂ©rienne, subtile et colorĂ©e, d’un fini instrumental souvent irrĂ©sistible, retrouve le rythme mĂȘme de l’opĂ©ra mozartien : dans les contrastes entre les Ă©pisodes, il exprime la nature contradictoire et troublante de la vie elle-mĂȘme qui fusionne indistinctement dĂ©fis, Ă©preuves, souffrance et solitude, mais aussi extase, entente, espoir.

Les critiques de Hahn lui reprochent son inconsistance, sa superficialitĂ© : lui, l’amoureux de l’ordonnance versaillaise serait-il de facto incapable de profondeur ? C’est bien Ă  cette question essentielle que nous conduit la recrĂ©ation du Marchand de Venise en mai 2015 Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne. PiĂšce anodine mais bien ficelĂ©e, ou drame mozartien, shakespearien et romantique
 tout Ă  la fois ? RĂ©ponse Ă  l’OpĂ©ra de Saint-Etienne les 27, 29,31 mai 2015.

 

 

 

 

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Saint-Etienne, Opéra. Les 27, 29, 31 mai 2015
Durée : 3h45mn (entracte compris)

 

 

Avec : Gabrielle Philiponet (Portia), Isabelle Druet (Nerissa), Pierre Yves Pruvot (Shylock), Bassanio (Guillaume Andrieux)

Orch. Symphonique Saint-Etienne Loire
Franck Villard, direction. Arnaud Bernard, mise en scĂšne

La distribution solide, promet de belles caractĂ©risations, surtout viriles : Pierre-Yves Pruvot est l’un des meilleurs barytons dramatiques actuels, il devrait incarner un superbe Shylock (haineux et humain), et le jeune Guillaume Andrieux, encouragĂ© entre autres par Jean-Claude Malgoire vient de chanter PellĂ©as Ă  Tourcoing en mars 2015, comme il avait recrĂ©Ă© le rĂŽle d’Aben Hamet avec le mĂȘme JC Malgoire en mars 2014


Illustrations : Reynaldo Hahn ; Dessin représentant Shylock et Jessica (DR)

Opéra, compte-rendu critique. Saint-Etienne. Grand Théùtre Massenet, 24 avril 2015. Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte. Chiara Skerath, Jussi Myllys, Philippe Spiegel, Hila Fahima, Richard Wiegold. David Reiland, direction musicale. Pet Halmen, mise en scÚne. Reprise : Eric Vigié

Mozart portraitXAprĂšs Vichy, cette production de la FlĂ»te EnchantĂ©e imaginĂ©e par Pet Halmen en 2007 et reprise par son ancien assistant, Eric VigiĂ© – actuel directeur de l’OpĂ©ra de Lausanne, oĂč elle reviendra pour clore la saison en cours –, fait halte Ă  Saint-Etienne pour trois soirs.
La mise en scĂšne prend pour centre la bibliothĂšque Anna-Amalia de Weimar, classĂ©e au patrimoine mondial de l’UNESCO, ravagĂ©e par un incendie en 2004. Dans les flammes disparaissent ainsi de vĂ©ritables trĂ©sors, dont une des premiĂšres Ă©dition du Singspiel mozartien ainsi que des dessins de Goethe en prĂ©vision d’une suite au chef d’Ɠuvre. Ces livres partis en fumĂ©e, c’est une partie de la Connaissance qui s’efface, et quel combat dirige la FlĂ»te EnchantĂ©e sinon celui du savoir contre l’obscurantisme ?
Si le propos met du temps Ă  s’imposer dans toute sa clartĂ©, sa rĂ©alisation visuelle demeure admirable, notamment cette bibliothĂšque calcinĂ©e Ă©clairĂ©e par la lumiĂšre noire, qui symbolise les tĂ©nĂšbres sur lesquelles rĂšgne la Reine de la Nuit et dont les InitiĂ©s doivent Ă©carter les voiles, rayonnages qui se remplissent dans l’empire de Sarastro.

Une Flûte dans les livres de Weimar

La nocturne souveraine, qui apparaĂźt sortant d’un sarcophage et entourĂ©e par deux Anubis, ne manque pas de charmes pour convaincre le jeune Tamino, Ă©tudiant tentant Ă  son entrĂ©e de sauver quelques ouvrages du bĂątiment en feu ; tandis que Sarastro, figurant Goethe par Tischbaum dans le tableau final, paraĂźt moins universellement bon qu’on l’imagine, presque despote – quoique Ă©clairĂ© – dans un absolu souci de confier une place Ă  chacun durant le chƓur de fin, installant son ennemie jurĂ©e Ă  ses cĂŽtĂ©s. Les symboles de la franc-maçonnerie demeurent Ă©minemment prĂ©sents, dans un fourmillement d’idĂ©es qui pĂ©cherait presque par excĂšs.
Nous dĂ©couvrions ce soir-lĂ  le chef belge David Reiland, assistant dans la maison stĂ©phanoise et sauveur au moment des Ă©vĂšnements ayant secouĂ© l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre, et nous avons Ă©tĂ© conquis. Un geste ample mais sans lourdeur, une direction aĂ©rienne mais toujours charpentĂ©e, une respiration Ă  l’unisson des solistes, un sens rare des couleurs et une justesse sans faille des tempi
 Des qualitĂ©s sublimĂ©es par un bonheur visible de donner vie Ă  cette musique, que demander de plus ? Inutile de rajouter que nous avons dĂ©jĂ  hĂąte de retrouver ce jeune chef Ă  l’avenir radieux.
La distribution couvĂ©e par cette baguette pleine de promesses ose le pari de la jeunesse, et offre des portraits qui promettent pour l’avenir. Au premier plan, la premiĂšre Pamina de la soprano suisse Chiara Skerath. La chanteuse fait admirer son magnifique sens musical et la beautĂ© aĂ©rienne de ses piani, oĂč son timbre rappelle dĂ©licieusement Lucia Popp. Si les forte, notamment dans l’aigu, pouvaient profiter de cette Ă©mission libre et flottante, on tiendrait lĂ  une grande interprĂšte du rĂŽle.
A ses cĂŽtĂ©s, le tĂ©nor finlandais Jussi Myllys convient idĂ©alement Ă  ce Tamino inexpĂ©rimentĂ© et grandissant au fil de l’Ɠuvre. Si l’air du portrait semble cueillir l’interprĂšte Ă  froid, les scĂšnes suivantes le voient gagner en assurance, tant scĂ©nique que vocale, pour culminer sur une scĂšne des Ă©preuves de toute beautĂ©.
Jeune Reine de la Nuit, l’israĂ©lienne Hila Fahima se tire avec les honneurs de cette Ă©criture difficile, notamment par d’excellentes vocalises et des suraigus assurĂ©s autant que sonores. Lui manquent simplement une autoritĂ© et un lĂącher-prise dans l’incarnation que lui apportera l’expĂ©rience.
Pingouin attachant arrachĂ© Ă  sa banquise, le Papageno du baryton autrichien Philippe Spiegel rafle la mise, fin musicien au naturel vocal confondant – un idĂ©al pour ce rĂŽle – autant que comĂ©dien aux multiples facettes, aussi drĂŽle que profondĂ©ment Ă©mouvant. ChloĂ© Briot, Papagena bien chantante, forme avec lui un duo merveilleusement appariĂ©, saluĂ© comme il se doit par un authentique triomphe.
On saluera Ă©galement l’excellence des trois Dames incarnĂ©es par Camille Poul, Romie EstĂšves, MĂ©lodie Ruvio, en remarquant particuliĂšrement l’impact de la premiĂšre. TrĂšs bon Monostatos, plus ambigu que de coutume, de Mark Omvlee, tandis que Enguerrand de Hys et Luc Bertin-Hugault se complĂštent idĂ©alement en prĂȘtres et hommes d’armes.
Attendrissants, les trois enfants de la MaĂźtrise du Conseil GĂ©nĂ©ral de la Loire, qui mettent tout leur cƓur dans chacune de leurs apparitions.
Seul le Sarastro charbonneux de Richard Wiegold déçoit par manque d’ampleur.
Le chƓur maison, fidĂšle Ă  lui-mĂȘme, remplit parfaitement son rĂŽle, et les musiciens de l’Orchestre Saint-Etienne Loire donnent le meilleur d’eux-mĂȘmes, comme galvanisĂ©s par la joie communicative du chef. Une bien agrĂ©able soirĂ©e, riche de promesses qu’on espĂšre voir se rĂ©aliser.

Saint-Etienne. Grand ThĂ©Ăątre Massenet, 24 avril 2015. Wolfgang Amadeus Mozart : Die Zauberflöte. Livret d’Emmanuel Schikaneder. Avec Pamina : Chiara Skerath ; Tamino : Jussi Myllys ; Papageno : Philippe Spiegel ; La Reine de la Nuit : Hila Fahima ; Sarastro / L’Orateur : Richard Wiegold ; Papagena : ChloĂ© Briot ; PremiĂšre Dame : Camille Poul ; DeuxiĂšme Dame : Romie EstĂšves ; TroisiĂšme Dame : MĂ©lodie Ruvio ; Monostatos : Mark Omvlee ; Premier prĂȘtre : Enguerrand de Hys ; Second prĂȘtre : Luc Bertin-Hugault ; Les trois enfants : Enfants de la MaĂźtrise du Conseil GĂ©nĂ©ral de la Loire. ChƓur Lyrique Saint-Etienne Loire ; Chef de chƓur : Laurent Touche. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Direction musicale : David Reiland. Mise en scĂšne, dĂ©cors, costumes, lumiĂšres : Pet Halmen ; Reprise : Eric Vigié ; Chef de chant : Cyril Goujon

Les Barbares (1901) de Saint-Saëns à Saint-Etienne

saint-saens_582_home_barbaresSaint-Etienne, OpĂ©ra. Saint-SaĂ«ns: Les Barbares, les 14 et 16 fĂ©vrier 2014. Contre le jugement de Debussy qui la tenait pour une Ɠuvre faible, l’OpĂ©ra de Saint-Etienne produit une production en version de concert de l’opĂ©ra Les Barbares de Camille Saint-SaĂ«ns (1835-1921). SexagĂ©naire, l’auteur de Samson et Dalila (1877) y excelle pourtant dans l’art d’une forme idĂ©ale, plus soucieuse d’architecture harmonique, d’Ă©lĂ©gance mĂ©lodique que d’expressivitĂ© thĂ©Ăątrale. IdĂ©aliste, wagnĂ©rien raffinĂ©, Saint-SaĂ«ns Ɠuvre ici pour la musique pure dont l’Ă©clat et la couleur particuliers nous sĂ©duisent irrĂ©sistiblement : la rĂ©ussite serait plutĂŽt Ă  chercher duc ĂŽtĂ© de la fosse et de son rapport dĂ©licat aux chanteurs, plutĂŽt que sur la scĂšne du cĂŽtĂ© des chanteurs… la crĂ©ation de l’opĂ©ra antique en 1901, Ă  l’Ă©poque des grands miracles pucciniens et de Massenet, confirme la gĂ©nie symphonique du compositeur ; un flux orchestral permanent qui assure la continuitĂ© musicale de l’action (wagnĂ©risme).

Saint-SaĂ«ns Ă  l’heure de Wagner et de Piccini. Ayant dĂ©jĂ  crĂ©Ă© (Ă  Weimar grĂące Ă  Liszt en 1877) son chef d’oeuvre lyrique absolu, Samson et Dalila d’une sensualitĂ© Ă©lĂ©gante souvent gĂ©niale (avec dĂ©jĂ  un orchestre somptueux et flamboyant). AprĂšs Samson, l’inspiration de Saint-SaĂ«ns Ă  l’opĂ©ra s’affirme nettement antique (comme Massenet, auteur de ClĂ©opĂątre, 1914) : Proserpine (1887), PhrynĂ© (1893), la musique de scĂšne d’Antigone d’aprĂšs Sophocle pour Orange (1894), Les Barbares donc (1901), puis HĂ©lĂšne (1904) et enfin DĂ©janire (1911)… autant de partitions aujourd’hui totalement oubliĂ©es et qui furent du vivant de l’auteur, Ă  peine applaudies.  Aucun doute, Saint-SaĂ«ns Ă  l’opĂ©ra demeure exotique et mĂȘme Samson reste trop rare sur les planches hexagonales. D’oĂč l’intĂ©rĂȘt que suscite immanquablement cette recrĂ©ation des Barbares Ă  Saint-Etienne.

Pour le ThĂ©Ăątre Antique d’Orange (mais la crĂ©ation aura lieu au Palais Garnier le 20 octobre 1901), Saint-SaĂ«ns compose un nouvel opĂ©ra inspirĂ© de l’histoire romaine : mais une histoire rĂ©Ă©crite selon les enjeux du contexte. En pleine tension franco-allemande, alors que la France peine Ă  digĂ©rer la dĂ©faite de 1870, le compositeur opte avec le librettiste Victorien Sardou pour une action qui rĂ©invente l’action antique : Rome est assiĂ©gĂ© par les teutons Germains (dirigĂ©s par Marcomir)… contre toute attente, la barbarie n’est pas dans le clan des sauvages assiĂ©geants mais du cĂŽtĂ© de Livie, veuve inconsolable et haineuse du consul Euryale. Livie en figure de possĂ©dĂ©e fĂ©line, Ă  la vengeance effroyable tient lieu de prĂ©texte au titre de l’ouvrage car ici, la noblesse du germain Marcomir (tĂ©nor) suscite a contrario l’admiration : la vestale Floria (soprano) l’a bien compris car sous l’emprise de VĂ©nus, elle s’Ă©prend de l’ennemi au mĂ©pris de son serment Ă  Vesta comme vierge sacrĂ©e. Sensible Ă  la vision fraternel et humaniste dĂ©fendue par Saint-SaĂ«ns vis Ă  vis du Germain, l’empereur Guillaume II nomme le compositeur ” Chevalier de l’ordre du mĂ©rite ” en aoĂ»t 1901 : un signe d’apaisement et de reconnaissance avant la crĂ©ation de l’opĂ©ra.

Wagnérisme rentré
Plus scĂšne antique que drame historique, Les Barbares malgrĂ© son titre reste un huit clos psychologique : voilĂ  la nature d’une partition dont on attendait un souffle Ă©pique d’envergure comme le laissent supposer son titre et la prĂ©sence des chƓurs… Aux cĂŽtĂ©s de la relation assez terne ou peu fouillĂ©e du couple en devenir : Marcomir et Floria, Saint-SaĂ«ns laisse une place importante Ă  la figure morale de Livie, blessĂ©e dans son veuvage et dont l’esprit revanchard, vraie incarnation des femmes rebelles indignĂ©es, rĂ©alise le meurtre expiatoire (Ă  l’endroit du germain assassin) pour rĂ©parer, et la mort de son Ă©poux, et la dignitĂ© de Vesta.
A la crĂ©ation, la prestation de la jeune Jeanne Hatto (22 ans) dans le rĂŽle de Floria assure le relief angĂ©lique et virginal de la vestale, contrastant avec le mezzo de la terrible patricienne Livie. Accomplissement irrĂ©futable de la partition, outre l’Ă©criture symphonique, le soin de la prosodie : du grand Saint-SaĂ«ns qui semble se souvenir de Gluck mais aussi de Berlioz.
De toute Ă©vidence, Les Barbares de Saint-SaĂ«ns Ă©clairent la derniĂšre maniĂšre du compositeur, admirateur critique du wagnĂ©risme ambiant qu’il tempĂšre par un sens de la couleur et de l’Ă©quilibre trĂšs personnel. Son tempĂ©rament ” classique “, le conduit vers la lumiĂšre et la tendresse ce qui n’empĂȘche pas un goĂ»t pour la sensualitĂ© dans le style de Massenet (comme de Samson). L’Ă©loquence et le raffinement harmonique du compositeur imposent enfin sa modernitĂ©. Saluons le courage et la curiositĂ© de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne de ressusciter une oeuvre clĂ© de ce romantisme tardif français Ă  l’Ă©poque de Puccini.

Saint-Etienne, Opéra
Camille Saint-Saëns : Les Barbares
TragĂ©die lyrique en 3 actes et 1 prologue‹Livret de Victorien Sardou et Pierre-BarthĂ©lĂ©my Gheusi
Vendredi 14 février 2014, 20h
Dimanche 16 février 2014, 15h
2h avec entracte
surtitré en français

+ d’info sur le site de l’OpĂ©ra de Saint-Etienne

Compte-rendu : Saint-Etienne. Grand ThĂ©Ăątre Massenet, le 17 mai 2013. Offenbach : La Princesse de TrĂ©bizonde. Amel B-Djelloul, Marie Kalinine, … Laurent Campellone, direction. Waut Koeken, mise en scĂšne

offenbach Princesse de TrĂ©bizonde Waut Koeken Saint-EtienneRaretĂ© Ă  l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre de Saint-Etienne : premiĂšre reprĂ©sentation dans son intĂ©gralitĂ© de la Princesse de TrĂ©bizonde d’Offenbach, considĂ©rĂ©e Ă  son Ă©poque comme l’un des plus grands chefs-d’Ɠuvre de son crĂ©ateur. CrĂ©Ă©e en juillet 1869 Ă  Bade dans une version en deux actes, cette piĂšce est remaniĂ©e pour les Bouffes Parisiens et conquiert la capitale en dĂ©cembre 1869 dans une nouvelle mouture en trois actes, comportant dix morceaux de plus, gagnant ainsi en unitĂ©, la musique demeurant toujours aussi inspirĂ©e et rĂ©jouissante. Le succĂšs est tel que, jusqu’à la fin du XIXe siĂšcle, l’Ɠuvre est jouĂ©e partout, de Londres Ă  Vienne, jusqu’aux Etats-Unis et en Australie. A Prague, de 1863 Ă  1883, elle figure mĂȘme parmi les huit opĂ©ras les plus jouĂ©s, aux cĂŽtĂ©s du Faust de Gounod et du TrouvĂšre de Verdi, devançant mĂȘme Les Huguenots de Meyerbeer et La Muette de Portici d’Auber.

 

 

Princesse trépidante

 

Saluons l’audace de la maison stĂ©phanoise, qui, aprĂšs le spectacle donnĂ© par Les TrĂ©teaux Lyriques au Trianon voilĂ  plus de trois ans, offre Ă  son public une fastueuse production pour servir au mieux ce petit bijou de l’opĂ©ra bouffe offenbachien.

L’intrigue nous conte les aventures de la famille de saltimbanques composĂ©e de Cabriolo, sa sƓur Paola, ses filles Zanetta et RĂ©gina, auxquels se rajoute TrĂ©molini, ancien domestique devenu forain par amour pour RĂ©gina. La troupe abrite un musĂ©e de cire qui fait figure d’attraction. Mais lorsque le nez de la Princesse de TrĂ©bizonde, poupĂ©e phare de l’exposition, se retrouve cassĂ©, c’est Zanetta qui prend sa place. Le prince RaphaĂ«l, en visite Ă  la foire, s’éprend instantanĂ©ment de la ” statue “. C’est alors que les saltimbanques gagnent un chĂąteau en loterie : ils doivent quitter leur vie de bohĂšme. Mais ils s’ennuient dans leur nouvelle demeure, et le prince RaphaĂ«l force son pĂšre, le prince Casimir, Ă  acheter la collection de cire de Cabriolo, notamment la Princesse si troublante de vie, ainsi que toute la troupe. Il peut ainsi profiter Ă  loisir de sa Zanetta, statufiĂ©e aux seuls yeux de la cour. A la faveur de la nuit, un triple rendez-vous galant s’organise, interrompu un instant par Casimir, qui finit par proclamer un mariage gĂ©nĂ©ral.

Le personnage de la Princesse prĂ©figure irrĂ©sistiblement l’étrange Olympia et annonce dĂ©jĂ  Les Contes d’Hoffmann. C’est cette piste qu’a suivi le metteur en scĂšne belge Waut Koeken, mariant avec bonheur l’esprit forain Ă  la satire sociale, le romantisme nimbĂ© de noirceur d’Hoffmann Ă©tendant son aile Ă  tout le spectacle.
Ainsi cet orgue de barbarie aux accents inquiĂ©tants et hypnotiques, Ă©grenant des extraits d’Ɠuvres du Petit Mozart des Champs-ElysĂ©es, et notamment au troisiĂšme acte, la cĂ©lĂšbre Barcarolle, au moment du triple rendez-vous nocturne. Superbe idĂ©e que cet immense carrousel Ă©voquant Ă  la fois la ronde, le tourbillon, la foire, la prison dorĂ©e de notre troupe de saltimbanques. Les costumes, fantasques et bariolĂ©s, Ă©voquent Ă  merveille cet esprit de cirque rappelant Ă  chacun son Ăąme d’enfant, et les dialogues, Ă©voquant avec brio l’actualitĂ©, font mouche Ă  chaque instant, pour un Ă©clat de rires gĂ©nĂ©ral.

La distribution rĂ©unie sur le plateau se rĂ©vĂšle remarquable de cohĂ©sion comme d’enthousiasme communicatif. Aux cĂŽtĂ©s du Sparadrap Ă  l’humour ravageur d’Antoine Normand et du Prince Casimir, jeune pĂšre, toujours bien chantant, clair, incisif et percutant de RaphaĂ«l BrĂ©mard, on ne peut qu’ĂȘtre sĂ©duit par la famille du Cabriolo hilarant de Lionel Peintre. Le TrĂ©molini d’Emilio Gonzalez Toro fait admirer son beau timbre, malgrĂ© des aigus prudents, tandis que Romie EstĂšves virevolte en RĂ©gina : elle Ă©claire son geste vocal, Ă  mi-chemin entre mezzo et soprano. Mention spĂ©ciale pour la Paola ardente de Marie-ThĂ©rĂšse Keller, Ă  l’abattage dĂ©vastateur, et vĂ©ritable leçon de chant français, tant dialogues et chant semblent portĂ©s par la mĂȘme Ă©mission haute et claire, portant loin dans la salle, le moindre mot et la moindre intention.

Marie Kalinine trace un portrait tout en tendre mĂ©lancolie du Prince RaphaĂ«l, rappelant ChĂ©rubin, SiĂ©bel et Oktavian, en un personnage trĂšs attachant. Seule demeure une certaine opacitĂ© vocale, comme un grossissement des voyelles, rendant la comprĂ©hension du texte parfois difficile et ĂŽtant Ă  l’instrument une partie du rayonnement brillant qu’il pourrait avoir avec un geste moins opĂ©ratique et plus proche de la voix parlĂ©e. Le contraste est frappant avec la Zanetta toute en clartĂ© naturelle d’Amel Brahim-Djelloul, aussi piquante que ravissante, gardant une part de mystĂšre en Princesse mĂ©canique, un dĂ©doublement de personnalitĂ© ajoutant au charme de la jeune femme.
Tous semblent s’amuser comme des fous, galvanisĂ©s par les Ă©tourdissants acrobates prĂ©sents sur scĂšne et soutenus par un ChƓur Lyrique Saint-Etienne Loire en grande forme, pleinement investi dans ce projet tourbillonnant.
MĂȘme malice dĂ©bordante Ă  la baguette : Laurent Campellone prend un plaisir visible Ă  diriger cette partition dĂ©bordante de couleurs et de folie, suivi comme un seul homme par un Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire aux couleurs superbes, Ă  la sonoritĂ© Ă©clatante, Ă  la jubilation Ă©vidente.
Et c’est un triomphe au rideau final qui salue cette dĂ©couverte musicale aussi gourmande qu’une pomme d’amour et une barbe Ă  papa, dont on reprendrait bien un morceau.

Saint-Etienne. Grand ThĂ©Ăątre Massenet, 17 mai. Jacques Offenbach : La Princesse de TrĂ©bizonde. Livret de Charles Nuitter et Etienne TrĂ©feu, adaptĂ© par Waut Koeken et Benjamin Prins. Avec Zanetta : Amel Brahim-Djelloul ; Le Prince RaphaĂ«l : Marie Kalinine ; Cabriolo : Lionel Peintre ; TrĂ©molini : Emilio Gonzalez Toro ; RĂ©gina : Romie EstĂšves ; Paola : Marie-ThĂ©rĂšse Keller ; Le Prince Casimir : RaphaĂ«l BrĂ©mard ; Sparadrap : Antoine Normand ; Le Directeur de la Loterie : Christophe Bernard ; Les Pages : Roselyne Giraud, Catherine Bernardini, Claire Babel, Anne Crabbe, Catherine SĂ©on, StĂ©phanie BorĂ©. ChƓur Lyrique Saint-Etienne Loire. Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire. Laurent Campellone, direction musicale ; Mise en scĂšne : Waut Koeken. Dramaturgie et assistante Ă  la mise en scĂšne : Benjamin Prins ; ScĂ©nographie : BenoĂźt Dugardyn ; Costumes : Nathalie Van Nyvelseel ; LumiĂšres : Nathalie Perrier ; ChorĂ©graphie : Joshua Monten ; Chef de chƓur et assistant Ă  la direction musicale : Laurent Touche ; Chef de chant ; Cyril Goujon