Opéra de TOURS. Concerto militaire d’OFFENBACH

offenbach-violoncelle-jacques-offenbach-anniversaire-2019-par-classiquenews-dossier-OFFENBACH-2019TOURS, Opéra. OFFENBACH, les 16 et 17 nov 2019. Le premier concert symphonique de l’Opéra de Tours pour sa saison 2019 2020 reste éclectique tout en célébrant le génie plus subtil qu’on ne le pense, de Jacques Offenbach. En témoigne la verve raffinée de son Concerto militaire, auquel succèdent, « Hiatus et Turbulences » (2018) de Baptiste Trotignon ; Le voyage dans la lune et La Gaité Parisienne (arrangement de Manuel Rosenthal) du même Offenbach…

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OPERA DE TOURS
Concert symphonique
Samedi 16 novembre 2019 – 20h
Dimanche 17 novembre 2019 – 17h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/offenbach-16-17-nov

Jacques OFFENBACH
Grand concerto pour violoncelle et orchestre “Concerto militaire”
Jérôme Pernoo, violoncelle

Baptiste TROTIGNON
« Hiatus et Turbulences » (2018)

Jacques OFFENBACH
Le Voyage dans la Lune
Valse et ballet des Flocons de neige

La Gaité Parisienne (1938)
Arrangement et orchestration de Manuel Rosenthal (extraits)

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Benjamin Pionnier, direction

CONFÉRENCE
Samedi 16 novembre- 19h00
Dimanche 17 novembre – 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

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Le concerto militaire de Jacques Offenbach

offenbach-violoncelle-dossier-offenbach-2018Pour le bicentenaire Offenbach 2019, l’Opéra de Tours poursuit son cycle anniversaire… Quelle belle révélation que ce Concerto “militaire” pour violoncelle en sol majeur (composé en 1847 par un Offenbach, âgé de 28 ans), auquel tout soliste concertiste doit préserver l’éloquence en diable et la sensibilité raffinée viennoise. Le premier mouvement est porté par une énergie conquérante, celle d’une troupe en armes, fière et gavée d’un sain panache (n’est il pas militaire, comme son titre l’indique ?). La verve et le brio font toute la valeur de cette écriture démonstrative et fine ; et l’instrument est proche du chant le plus facile, éperdu, échevelé (premier Allegro maestoso). La carrure des phrases, leur sens déluré de la parodie, l’ivresse des vocalises annoncent cette joie irrépressible du génie de la pantalonnade.
Le violoncelle n’est pas seulement hyperbavard qui semble jouer toutes les parties et toutes les voix : il exprime la frénésie de cet Offenbach hyper sensible, racé, élégantissime, doué naturellement pour les fantaisies les plus fantasques (« bouffes ») d’un esprit hanté par la grâce du délire. Quel premier mouvement ! Un synthèse dont l’imagination dramatique annonce 10 ans, le coup de génie d’Orphée aux enfers. S’y ressuscite et s’incarne idéalement par son insolence magnifique, l’esprit d’Offenbach : cet oiseau moqueur si délectable dans ses délires et sa fantaisie souveraine. L’amuseur du Second Empire ose déjà en 1847, une cascade d’idées déjantées, de verve en diable qui se joue de tous les registres : l’art est libre, et avec Offenbach, composant pour son propre instrument, non pas la voix mais le violoncelle, totalement explosif ; car, juvénile, sincère, quasi instinctif, c’est d’abord un bain bouillonnant d’énergie.
Le second mouvement (Andante de presque 10 mn) sonne comme l’aria d’une diva de bel canto : andante chantant lui aussi mais en demi, ultra teintes, où le dosage et la nuance suppléent la volonté de bravade brute et de pure virtuosité. Outre le jeu et le chant du violoncelle solo, la partition écarte tout esprit de virtuosité creuse et pétaradante y compris de la part de l’orchestre : le jeu des arrières plans exige une tenue de l’orchestre sachant allier finesse et délire. En somme tout Offenbach.
Le Concerto rétablit le génie facétieux d’un Offenbach très cultivé qui pense par son violoncelle tout l’opéra de son époque : Rossini, Bellini et Verdi ; les Italiens évidemment dont il aime parodier toutes les facettes. Mais Offenbach aime moquer surtout l’orgueil et la vanité du militaire, comme en témoignent les nombreux éclats comiques du final qui annonce La Grande Duchesse de Gerolstein (écrite 20 ans après son Concerto). Belle offrande pour le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach 2019.

Après l’inoubliable création mondiale des Fées du Rhin, création en français du premier grand opéra de Jacques Offenbach, produit ici même à Tours, en préambule à l’année Offenbach 2019, voici un nouveau jalon du cycle anniversaire Offenbach conçu par Benjamin Pionnier à l’Opéra de Tours.

VOIR notre reportage vidéo Création mondiale des Fées du Rhin, de Jacques Offenbach (1864) – octobre 2018

http://www.classiquenews.com/teaser-opera-de-tours-creation-mondiale-des-fees-du-rhin-de-j-offenbach-1864/

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RESERVEZ VOTRE PLACE

http://www.operadetours.fr/offenbach-16-17-nov

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
Contactez-nous
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Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

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theatre-billetterie@ville-tours.fr

COMPTE RENDU, critique, opéra. TOURS, Opéra, le 4 oct 2019. MOZART : Cosi fan tutte. Boudeville, Feix… B Pionnier / G Bouillon.

COMPTE RENDU, critique, opéra. TOURS, Opéra, le 4 oct 2019. MOZART : Cosi fan tutte. Boudeville, Feix… Benjamin Pionnier, direction / Gilles Bouillon, mise en scène. Pour lancer sa nouvelle saison lyrique 2019 2020, l’Opéra de Tours réaffiche COSI FAN TUTTE du divin MOZART, dernier opus de la trilogie conçue avec Da ponte (Vienne, 1790). Ce dernier avait déjà traité le sujet de l’infidélité et de l’inconstance du désir dans un précédent livret pour l’opéra de Salieri, La Scuola degli Gelosi (l’école des jaloux) de 1783. Pour Wolfgang, le propos devient « la scuola degli amanti / l’école des amants, avec pour devise générique « Cosi fan tutte » : elles font toutes pareil (autrement dit, toutes les femmes sont infidèles). La production a déjà été créée in loco en 2014, sa justesse mérite absolument d’être reprise. Et puis rien de tel qu’un bon Mozart pour amorcer un nouveau cycle d’opéras.

Aucune référence à cette Naples XVIIIème qui souvent continue de marquer les mises en scènes les plus récentes. L’homme de théâtre (ex directeur du CDN de Tours), Gilles Bouillon, a résolument inscrit ce Cosi comme une fable contemporaine dans une espace moderne où brille surtout la vivacité des femmes, grâce à un excellent trio féminin réuni pour cette reprise sur les planches de l’opéra de Tours. Car la devise qui sert de titre offre en réalité un miroir à une société machiste : au nom de l’inconstance des femmes, Mozart et Da Ponte dénoncent surtout les hommes qui non seulement sont infidèles et volages, mais fustigent et condamnent celles qui osent faire de même, outrageusement libres, maîtresses de leur corps et de leur plaisir.
Au sortir des deux actes de ce dramma giocoso, c’est l’incohérence et l’hypocrisie des hommes qui sortent ridiculisées. Avant de juger, certains feraient bien de s’analyser et faire amende honorable.

 

 

Reprise du Cosi de Gilles Bouillon à l’Opéra de Tours

Angélique Boudeville,
mozartienne de grande classe

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COSI-FAN-TUTTE-fiordiligi-dorabella-despina-angelique-boudeville-benjamin-pionnier-opera-de-tours-critique-opera-classiquenews

 

 

A Tours, les voix de femmes sont à la fête, soulignant tout ce que l’ouvrage, son texte, sa divine musique doivent au génie mozartien, premier féministe avant l’heure.

Petite voix mais volubile et habile en travestissements (en faux médecin, adepte du mesmerisme, au I ; puis au II, faux notaire à la vois éraillée, aigrelette), la Despina de DIMA BAWAB souligne la saveur comique de l’action : comédienne astucieuse et interprète sincère, elle respire l’esprit, la facétie, le goût du jeu et une bonne dose de militantisme fémininiste : c’est elle qui rééduque les deux jeunes oies trop crédules. N’hésitant pas à rudoyer ces jeunes patronnes en les traitant de bouffonnes, et d’épingler les hommes qui ne valent rien et qui « se valent tous ».
En Fiordiligi et Dorabella, les spectateurs tourangeaux bénéficient de deux tempéraments aussi caractérisés que subtils, aussi puissants que racés qui relèvent les défis multiples de leurs duos et solos. Les deux françaises choisies pour ce duo féminin parmi les plus passionnants du répertoire, éblouissent littéralement chacune dans leurs parties. Dorabella d’abord de marbre puis qui succombe au charme du bel albanais (Ferrando déguisé), ALIÉNOR FEIX déploie de solides attraits ; voix ample et franche, sculptée en une volupté de plus en plus manifeste ; un cran au dessus est atteint avec l’impeccable Fiordilgi d’ANGÉLIQUE BOUDEVILLE ; la finesse et la beauté de son diamant clair soutenu par une coloratoure fluide et naturelle et des aigus rayonnants par leur douceur d’attaque, semblent raviver les grandes mozartiennes d’hier, tenantes du rôle : Della casa, Caballé, Te Kanawa… Il y a du miel et une lumineuse candeur qui foudroient, dans cette voix mozartienne naturelle. Si elle soigne encore davantage le sens et la pureté de son legato, les riches nuances de chaque syllabe, son intelligibilité et la subtilité des phrases, la jeune diva pourrait prétendre demain aux plus redoutables emplois belcantistes et aux autres rôles mozartiens remarquables (Suzanna, la Comtesse, Pamina…) ; dans Cosi, ses deux airs solos (Come scoglio au I, puis son Rondo « Per pietà » au II)… véritables airs de concerts exigeants des moyens phénoménaux, imposent une classe exceptionnelle, solidité des moyens, intelligence de l’intonation et conception du rôle dans la situation…, à l’avenant. Belle révélation d’un talent à suivre évidemment.

Les hommes ne déméritent pas mais sont d’un niveau en dessous : moins de souplesse comme de nuances, quoique Leonardo Galeazzi campe un Don Alfonso sûr, moqueur, très au faîte de la connaissance humaine, un vrai mentor pour édifier les deux jeunes fiancés prétentieux. Ceux ci sont défendus avec conviction par le baryton Marc Scoffoni (Guglielmo) et Sébastien Droy (Ferrando) mais comme il leur manque la finesse d’un chant mieux ciselé, c’est à dire mozartien.

 

 

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Dans la fosse, Benjamin pionnier diffuse l’équilibre idéal d’un Mozart à la fois chambriste et d’une infinie tendresse fraternelle pour ses personnages. La souplesse chantante des cordes fait ici les délices du trio « soave il vento » (Alfonso / Dorabella / Fiordiligi au I), temps suspendu d’une exceptionnelle sensualité caressante ; les solos instrumentaux sont impeccablement calibrés dans ce labyrinthe des cœurs, où la passion se frotte à l’illusion ; l’amour, aux caprices du désir ; les dernières espérances, à la barbarie de l’amour volage …
Jamais les voix ne sont couvertes mais elles rayonnent toutes distinctement dans les ensembles… (dans les sextuors du II). Du reste, le maestro redoublent de précision et de transparence soulignant tout ce que Cosi doit aux deux précédents opéras de la trilogie Da ponte, Don Giovanni et les Nozze di Figaro ; sans omettre d’autres traits si proches qui annoncent La Flûte Enchantée (1791) à maints endroits… : le duo Ferrando / Dorabella du II, préfigurant dans les jeux de mots et l’esprit scherzando, l’étreinte facétieuse du duo à venir, Papageno / Papagena. Tout cela s’entend à Tours dans cette reprise de haute volée auquel participe aussi la précision du chœur maison, préparé avec le soin que l’on sait par la cheffe Sandrine Abello. Production incontournable.Encore deux dates, demain, dim 6 oct (15h), puis mardi 8 oct 2019 (20h) : Réservez ici

 

 

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COMPTE RENDU, critique, opéra. TOURS, Opéra, le 4 oct 2019. MOZART : Cosi fan tutte. Boudeville, Feix… Benjamin Pionnier, direction / Gilles Bouillon, mise en scène.

 

 

Opéra de TOURS : COSI FAN TUTTE de MozartCOSI FAN TUTTE de Mozart
Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours
Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi
Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Photos : © Sandra Daveau 2019 pour l’Opéra de TOURS
Prochaines productions à l’Opéra de Tours : Le DOCTEUR MIRACLE de Charles Lecocq, les 12, 13 et 14 décembre 2019 – version pour piano et pour les juniors (et toutes leurs familles) –  pour NoËL 2019 :  LES P’TITES MICHU d’André Messager : Ch Grapperon / Rémy Barché – les 27, 28, 29 et 31 décembre 2019 – informations ici

 

 

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LIRE aussi notre présentation de COSI FAN TUTTE, reprise à l’Opéra de TOURS
http://www.classiquenews.com/nouveau-cosi-fan-tutte-de-mozart-a-lopera-de-tours/

 

 

 

 

COSI FAN TUTTE de MOZART à l’Opéra de TOURS

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
reprise 2014

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

RÉSERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
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Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

TOURS, Opéra. Nouveau Cosi fan tutte de Mozart

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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Opéra de Toursboutonreservation
MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

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http://www.operadetours.fr/cosi-fan-tutte

 

 

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

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Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

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Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

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10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
http://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-salieri-la-scuola-degelosi-werner-ehrahardt-3-cd-dhm-2015/

 

 

 

 

Opéra de TOURS : Cosi fan tutte de Mozart

MOZART-wolfgang-portrait-concerto-symphonie-jupiter-don-giovanni-mozart-critique-opera-sur-classiquenewsTOURS, Opéra. MOZART : Cosi fan tutte. 4, 6, 8 octobre 2019. Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours et pilier du répertoire : le dernier ouvrage du mythique duo Da Ponte / Mozart, Cosi fan tutte est le sujet de cette nouvelle lecture d’un chef d’oeuvre lyrique incontestable, créé à Vienne en janvier 1790. Le duo contemporain Benjamin Pionnier / Gilles Bouillon interroge l’étonnante modernité de la partition, l’une des plus sensuelles et nostalgiques jamais écrites par Wolfgang : Cosi fan tutte conclut le triptyque des opéras conçus par les deux génies des Lumières, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni. Avant Marivaux et l’échiquier amer, mordant des faux semblants amoureux, Mozart et Da Ponte abordent les intermittences du cœur, la volatilité des serments partagés et l’étonnante inconstance des femmes (« toutes les mêmes ! », s’expriment en morale, le titre de l’ouvrage).

 

 

L’école de l’amour : cynique, cruelle, douloureuse…

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Plus cru voire cynique, l’opéra dépeint la cruauté de cœurs inconstants mais les jeunes hommes (Ferrando ténor et Guglielmo baryton) ont fait un pari risqué : parier sur la fidélité de leurs fiancées respectives (Fiordiligi et Dorabella), deux jeunes beautés napolitaines, écervelées et volages qui aux premiers inconnus rencontrés (certes de beaux étrangers orientaux qui sont en réalité leurs fiancés déguisés et interchangés), défaillent et s’alanguissent pour les nouveaux garçons, malgré les serments échangés. En pilotes amusés et parfaitement cyniques, deux endurcis, savourent la naïveté ici épinglée : la servante des deux fiancées, Despina ; Don Alfonso, vieux séducteur philosophe qui n’en est pas à son premier pari ni à sa première épreuve sentimentale ; il apprend à ses cadets, la douloureuse école de l’amour… d’ailleurs, l’opéra s’intitule aussi La Scuola degli amanti / L’école des amants… on ne saurait être plus clair.
Rival de Mozart à Vienne, le compositeur bientôt officiel, au service des Habsbourg, Antonio Salieri compose lui aussi une Ecole des amants : réintitulé précisément « la Scuola degli Gelosi » créé en 1778 / l’école des jaloux (ce qui revient au même) dont la verve et la virtuosité dans le genre buffa napolitain, n’égalent toute fois pas le génie ni la justesse de Mozart. La Scuola degli Gelosi affirme cependant l’intelligence rafraichissante d’un Salieri de 28 ans, doué d’une liberté d’invention proche de Mozart.

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MOZART : Cosi fan tutte, 1790
Nouvelle production

Vendredi 4 octobre 2019 – 20h
Dimanche 6 octobre 2019 – 15h
Mardi 8 octobre 2019 – 20h

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Opéra buffa en deux actes
Livret de Lorenzo da Ponte
Créé le 26 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne
Production de l’Opéra de Tours

Durée : environ 3h30 avec entracte

Direction musicale: Benjamin Pionnier
Mise en scène: Gilles Bouillon
Décors: Nathalie Holt
Costumes: Marc Anselmi
Lumières: Marc Delamézière

Fiordiligi : Angélique Boudeville
Dorabella : Alienor Feix
Despina : Dima Bawab
Ferrando : Sébastien Droy
Guglielmo : Marc Scoffoni
Don Alfonso : Leonardo Galeazzi

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Samedi 28 septembre – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Conférence sur l’opéra Cosi fan tutti – Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

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10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

 

 

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Salieri, génie du buffaLIRE notre critique du cd SALIERI : La Scuola de’Gelosi, Venise /1778, version viennoise de 1783 (livret de Da Ponte à partir de l’original de Mazzola). Comédie en deux actes – / Werner Ehrhardt (3 cd DHM – 2015) – parution février 2017
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Opéra de TOURS, saison lyrique 2019 – 2020 : 7 productions événements

TOURS-opera-nouvelle-saison-2019-2020-annonce-presentation-critique-concerts-critique-opera-classiquenewsOPERA DE TOURS, saison 2019 2020. TOURS, scène lyrique majeure en France. Ouverte voire audacieuse, majoritairement romantique, la programmation 2019 – 2020 de l’Opéra de Tours n’oublie pas pour autant de délicieusement provoquer (Powder her Face du compositeur contemporain Thomas Adès : une œuvre forte et chambriste qui décortique l’âme humaine créée il y a déjà plus de 24 ans). Le chef et directeur des lieux, Benjamin Pionnier, veille au choix des productions déjà créées ou dans le cas de nouvelles réalisations, au profil des hommes de théâtre capable de respecter la partition et de réussir la fusion du théâtre et de la musique. Un équilibre entre musique et dramaturgie qui se montre exemplaire quand ailleurs l’outrance des scénographie pseudo-conceptuelles n’hésite pas à dénaturer les ouvrages originaux et réécrire même l’action conçue par le compositeur et son librettiste…
En 2019 – 2020, Benjamin Pionnier a conçu l’une de ses programmations les mieux équilibrées, portant les défis et les promesses de pas moins de 3 nouvelles productions : Don Quichotte, Powder her face et dernier volet de la saison, l’éblouissante Giovanna d’Arco de Verdi. Les 7 productions lyriques à l’affiche de cette nouvelle saison 2017 – 2019 continuent d’explorer, de questionner, et aussi de divertir, en une totalité idéale. Ne manque que le baroque (peut-être la saison suivante ?). Soit une vraie scène lyrique, exigeante et généreuse qui prend des risques et sait renouveler notre compréhension des ouvrages plus familiers. Voilà la preuve qu’il n’y pas qu’à Paris intra muros que les productions et choix de répertoires méritent que l’on s’y attardent. Tours est plus que jamais une étape régulière et importante de tout amateur d’opéra en France. Voici donc, d’octobre 2019 à mai 2020, les 7 événements lyriques à ne pas manquer à l’Opéra de Tours.

 
 

OCTOBRE 2019

Ainsi la première production célèbre le dernier opéra de la trilogie Da Ponte / Mozart, soit Cosi fan tutte, créé au Burgtheater de Vienne le 26 janvier 1790. Inspiré par le livret de Lorenzo Da Ponte, Mozart, après avoir composé Les noces de Figaro puis Don Giovanni surtout, aborde avec une subtilité inédite jusqu’alors, la duplicité des sentiments, les faux serments, la légèreté du cœur féminin (ainsi font elles toutes / toutes les mêmes…, comme nous le dit le titre même de l’opéra « Cosi fan tutte »). Quand Wolfgang aborde le genre buffa, la finesse et l’élégance de la nostalgie qu’il sait instiller à son écriture, renouvellent totalement le genre buffa napolitain… C’est un marivaudage avant l’heure : une carte du tendre semé de quiproquos douloureux, de tromperie et de cynisme amers, de faux serments et de vraies passions irraisonnées. La pulsion et l’éros choatique plutôt que la fidélité et la constance… (une approche réaliste déjà abordée dans les Noces et Don Giovanni, selon les thèmes chers au poète écrivain Lorenzo da Ponte). C’est l’école des amants, où les jeunes fiancés apprennent l’inconstance de leurs aimées respectives ; où les femmes aussi s’enivrent et se perdent dans le jeu de l’amour croisé… Les 4, 6 et 8 octobre 2019. Benjamin Pionnier, direction musicale / Gilles Bouillon, mise en scène.

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DECEMBRE 2019

Toujours sur le mode comique déjanté, et pour fêter la fin d’année 2019, voici une pièce maîtresse de Charles Lecocq : Le Docteur Miracle, opéra comique en un acte créé aux Bouffes-Parisiens en avril 1857, les jeudi 12 déc et vend 13 déc en séances scolaires, et pour le grand public, le sam 14 décembre 2019. Version intimiste pour chanteurs et piano (Pierre Lebon, mise en scène). La fille du podestat de Padoue, Laurette, pourra-t-elle épouser celui qu’elle aime, le capitaine Silvio ?

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Ne manquez pas non plus en ces temps de célébrations de Noël, l’opérette en 3 actes d’André Messager : Les P’tites Michu (créé aux Bouffes-Parisiens en nov 1897). Messager se joue des contrastes sociaux quand deux filles échangées à leur naissance, vivent dans un milieu qui ne leur était pas destiné au départ… haute naissance ou milieu modeste, Marie-Blanche et Blanche-Marie sont les héroïnes de ce vaudeville léger, élégant, français qui suscita un immense succès jusqu’à Londres et Broadway… 4 dates pour la semaine entre Noël et le jour de l’an, les 27, 28, 29 et 31 décembre 2019.

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JANVIER 2020

Rossini, après avoir traité le genre seria, s’affirme réellement dans la veine du melodramma buffo (et en deux actes) comme l’atteste la réussite triomphale de son Barbier de Séville, d’après Beaumarchais, créé au Teatro Argentina de Rome, en février 1816. Fin lui aussi, mordant et d’une facétie irrésistible par sa verve toute en subtilité, le compositeur se montre à la hauteur du drame de Beaumarchais : il réussit musicalement dans les ensembles (fin d’actes) et aussi dans le profil racé, plein de caractère de la jeune séquestrée, Rosine : piquante, déterminée, une beauté pleine de charme… Avec le Figaro de Guillaume Andrieu, la Rosina d’Anna Bonitatibus… Direction musicale : Benjamin Pionnier / Mise en scène : Laurent Pelly. Les 29, 31 janvier puis 2 février 2020.

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MARS 2020

En mars 2020, nouvelle production événement : Don Quichotte de Jules Massenet, comédie héroïque en 5 actes, créé à Monte Carlo le 24 février 1910. L’ouvrage appartient à la dernière période de Massenet, épurée, intense, franche. Le chevalier à la triste figure espère en vain plaire à Dulcinée, la séduire, mais la belle est une beauté arrogante et hautaine. Heureusement, son fidèle compagnon Sancho adoucit la morsure d’une vie solitaire éprouvée par les railleries et les humiliations. Dirigé par Gwennolé Rufet et mis en scène par Louis Désiré, l’opéra du dernier Massenet demeure méconnu, à torts. La distribution réunie à l’Opéra de Tours comprend Nicolas Cavallier (Don Quichotte), Julie Robard-Gendre (Dulcinée) et Pierre-Yves Pruvost (Sancho) ; leur trio devrait proposer une belle lecture, entre autres convaincante par la caractérisation des personnages défendue par les solistes… 3 représentations attendues, les 6, 8 et 10 mars 2020.

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AVRIL 2020

Voici une partition abusivement cataloguée de scandaleuse, créée déjà il y a plus de 20 ans, en juillet 1995 au Cheltenham Music Festival : Powder her face du compositeur contemporain Thomas Adès (né en 1971) est un opéra en deux actes ; en réalité direct, juste, saisissant, dévoilant avec un réalisme taillé au scalpel, les tares de la société humaine… dans un certain milieu, celui de la soit disant belle société anglaise des années 90… Adès évoquant avec une verve ironique, poétique, délirante et dans une écriture extrêmement raffinée, les frasques de Margaret Campbell, duchesse d’Argyll (1912-1993). Décadence, vertiges des hauteurs, cynisme glaçant… luxure et irresponsabilité suspendent leur cours entre vacuité et barbarie contemporaine. La Duchesse, pervertie par un orgueil démesuré, abandonnée à elle-même par facilité et par paresse, collectionne les mâles gigolos (dont une fameuse scène avec le pompiste) avant d’affronter cette réalité qui la rattrape (où il faut alors payer la facture…) incarnée par un directeur d’hôtel comptable de ses actes, figure de cette Angleterre hypocrite et machiste qui finit par broyer la figure dérisoire et pathétique de cette Duchesse prise au piège d’un faux pouvoir négocié par sa fortune vite dilapidée. Dans les faits, son mari le duc d’Argyll, se venge d’une épouse trop volage, inconséquente voire obscène ; il livre ses photos et son cahier intime à la justice, en 1963, dénonçant une femme pervertie, particulièrement immorale.
Dans le sillon de l’opéra de chambre réinventé par Britten au XXè, Adès ici en un plateau réduit à quatre chanteurs et une quinzaine de musiciens-, prolonge la veine intimiste et satirique, réaliste et acide qui révèle comme un miroir, les travers les plus sombres et lâches de la psyché. A la fois, prêtresse libertaire et victime expiatoire, la Duchesse fait partie désormais des héroïnes sublimes et tragiques de l’opéra contemporain : ses monologues se hissent aux séquences les plus mémorables de la scène lyrique (La voix humaine de Poulenc), réinventant un parlé chanté qui exprime le désarroi, cri et souffrance incarnés, d’une âme excessive et naïve, trompée, humiliée. Détruite malgré une arrogance de façade, la duchesse affiche une fausse préséance. Et l’ouvrage s’achève dans un tango faussement enivré, parodie caustique d’une vie qui ne fut qu’illusion. L’Opéra de Tours en offre une nouvelle production, les 3, 5 et 7 avril 2020. Avec dans le rôle de la Duchesse « scandaleuse » : Isabelle Cals. Rory Macdonald, direction / Dieter Kaegi, mise en scène.

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EXTRAIT VIDEO
https://www.dailymotion.com/video/x6j8mnb / avec l’excellente Allison Cook en Duchesse délirante, fantasque, suicidaire…

 
 

 
 

 
 

Mai 2020

La fin de la saison lyrique à Tours s’accomplit avec une autre nouvelle production, celle d’un ouvrage de Giuseppe Verdi, jamais représenté jusque là à Tours : Giovanna d’Arco (création à la Scala de Milan le 15 février 1845). Très inspiré par Schiller et son romantisme noir, souvent désespéré (mais ô combien exaltant), Verdi met en musique la légende spirituelle et miraculeuse de Jeanne la pucelle d’Orléans, ici amoureuse du Roi Charles VII, et dénoncée par son propre père pour sorcellerie… Verdi comme dans Luisa Miller (autre ouvrage d’après Schiller), écrit une partition éblouissante par ses airs passionnés, ses chœurs engagés, la force et la puissance du drame épique qui finit par broyer la figure de la jeune femme… 3 représentations pour clore cette saison particulièrement prometteuse : vend 15, dim 17 et mardi 19 mai 2020. Benjamin Pionnier, direction musicale / Yves Lenoir, mise en scène. Avec dans les rôles principaux : Astrik Khanamiryan, Giovanna, et Irakli Murjikneli, Carlo VII / production avec le Théâtre Orchestre Bienne Soleure.
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OPERA DE TOURS, nouvelle production d’Andrea Chénier de GIORDANO (24,26,28 mai 2019)

andrea-chenier-duo-final-andrea-madeleine-beatrice-uria-monzon-critique-opera-classiquenewsOPERA DE TOURS, Andrea Chénier de Giordano. REPORTAGE VIDEO. Directeur du théâtre tourangeau, Benjamin Pionnier dirige les 24, 26 et 28 mai 2019, une nouvelle production événement, sommet dramatique de Giordano : l’opéra Andrea Chénier (1896) marque avant Tosca de Puccini, ce goût du théâtre où la force du texte impose à la musique et au chant, leurs accents, leurs vertiges ; où tout s’accélère et se résoud en un flux tragique irrepressible. Giordano s’inspire de la vie du poète français André Chénier, apôtre de l’amour et de la fraternité au cœur de la terreur révolutionnaire.
Mort en 1794, le héros suscite sur la scène lyrique, l’amour de la jeune Madeleine de Coigny… L’Opéra de Tours réunit une distribution particulièrement crédible dont rayonne en particulier le chant engagé, lumineux de Renzo Zulian (André Chénier), Béatrice Uria Monzon dont c’est la prise de rôle en Madeleine, sans omettre « L’incroyable » souple et astucieux (figure d’une période unique en France alliant peur et insouciance) du ténor Raphaël Jardin dont on ne cesse de suivre le parcours vocal, … exemplaire.
La mise en scène de Pier Francesco Maestrini sait être claire et esthétique, riche de nombreuses références picturales (Boucher, David…). Le spectateur est immergé dans une fresque à la fois épique et intimiste d’un souffle souvent irrésistible. C’est pour l’Opéra de Tours (après la création mondiale de l’opéra méconnu d’Offenbach, Les Fées du Rhin – ouverture de cette saison en septembre 2018), un nouveau spectacle majeur, incontournable en cette fin mai 2019.
3 représentations événements à TOURS, le 24 mai 2019 (20h) puis dimanche 26 mai 2019 (15h), mardi 28 mai 2019 (20h). Reportage vidéo @ studio CLASSIQUENEWS.TV 2019

Nouvel Andrea Chénier de GIORDANO à l’OPERA DE TOURS

TOURS-opera-andre-chenier-vignette-classiquenews-critique-opera-classiquenewsTOURS, Opéra, ce soir. 1ère d’Andrea Chénier de Giordano à 20h. Directeur du théâtre tourangeau, Benjamin Pionnier dirige ce soir dès 20h, une nouvelle production événement, sommet dramatique de Giordano : l’opéra Andrea Chénier (1896) marque avant Tosca de Puccini, ce goût du théâtre où la force du texte impose à la musique et au chant, leurs accents, leurs vertiges ; où tout s’accélère et se résoud en un flux tragique irrepressible. Giordano s’inspire de la vie du poète français André Chénier, apôtre de l’amour et de la fraternité au cœur de la terreur révolutionnaire.
Mort en 1794, le héros suscite sur la scène lyrique, l’amour de la jeune Madeleine de Coigny… L’Opéra de Tours réunit une distribution particulièrement crédible dont rayonne en particulier le chant engagé, lumineux de Renzo Zulian (André Chénier), Béatrice Uria Monzon dont c’est la prise de rôle en Madeleine, sans omettre « L’incroyable » souple et astucieux (figure d’une période unique en France alliant peur et insouciance) du ténor Raphaël Jardin dont on ne cesse de suivre le parcours vocal, … exemplaire.
La mise en scène de Pier Francesco Maestrini sait être claire et esthétique, riche de nombreuses références picturales (Boucher, David…). Le spectateur est immergé dans une fresque à la fois épique et intimiste d’un souffle souvent irrésistible. C’est pour l’Opéra de Tours (après la création mondiale de l’opéra méconnu d’Offenbach, Les Fées du Rhin – ouverture de cette saison en septembre 2018), un nouveau spectacle majeur, incontournable en cette fin mai 2019.
3 représentations événements à TOURS, ce soir, le 24 mai 2019 (20h) puis dimanche 26 mai 2019 (15h), mardi 28 mai 2019 (20h).

Toutes les infos sur le site de l’Opéra de Tours.

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle production de l’Opéra de Tours : Andrea Chénier

 

   

 

Cahier photographique de l’opéra ANDREA CHENIER à l’Opéra de Tours – Benjamin Pionnier, directeur – illustrations : © Sandra Daveau / Opéra de TOURS 2019

 

 

 

 

 

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André Chénier à l’Opéra de Tours

GIORDANO Umberto_Giordano_by_Gaetano_Esposito_(color)TOURS, Opéra. GIORDANO : Andréa Chénier. Les 24, 26, 28 mai 2019. L’étonnante et audacieuse saison lyrique 2018 – 2019 de l’Opéra de Tours s’achève en mai 2019 avec la dernière (et quatrième) nouvelle production maison : Andrea Chénier d’Umberto Giordano (1896), en coproduction avec l’Opéra de Nice : 3 dates de mai, les 24, 26 et 28 mai 2019. Benjamin Pionnier dirige l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours ; avec Gustavo Porta dans le rôle-titre, Béatrice Uria-Monzon (Madeleine de Coigny), André Heyboer (Charles Gérard)…  Mise en scène : Pier Francesco Maestrini.
On ne saurait insister sur l’activité de la scène lyrique Tourangelle, qu’il s’agisse de défrichement (comme le récent spectacle des 7 péchés capitaux de Kurt Weill l’a montré fin avril, dévoilant le geste acide et poétique du compositeur berlinios de passage à paris dans les années 1930…), ou de productions courageuses qui nécessitent des moyens vocaux, orchestraux et visuels de premier plan. Le cas de ce Chénier le montrera encore, car s’agissant de l’ouvrage fétiche de Umberto Giordano, les défis sont multiples et plutôt élevés.

chenier-poete-classiquenews-chenier-andre-umberto-giordanoD’inspiration historique, l’ouvrage revisite l’histoire française et évoque le parcours à la fois héroïque et fatal du poète André Chénier (1762-1794). L’opéra nécessite toutes les ressources d’une maison d’opéra (le choeur y est très présent). Car derrière le huit clos sentimental qui rapproche le poète Chénier, – poète martyr, victime des dérives terrifiantes de la Révolution française-, Madeleine et Gérard, le compositeur vériste Giordano sait surtout évoquer le souffle et la terreur de la période révolutionnaire… Sens de la couleur orchestrale, dramatisme vocal, efficacité scénique… les talents de Giordano sont nombreux ; c’est assurément le plus doués des créateurs de la Jeune Ecole, particulièrement marqué par le modèle légué par Puccini. Giordano sait construire un opéra historique, évoquer la terreur parisienne et l’échec des révolutionnaires, auxquels il oppose la sincérité des valeurs de fraternité, de paix, de liberté. Giordano offre aux ténors, un rôle très complet, nécessitant profondeur, expressivité, drame et subtilité. Une performance que les plus grands chanteurs ont relevé, de Pavarotti, Domingo, Carreras à Cura et plus récemment, Jonas Kaufmann… L’action plonge au cœur de la Révolution française dont la face brutale et sanguinaire est exposée sans masque : Giordano aurait-il fait un opéra politique, dénonçant les dérives de ceux qui se frappent de bonnes intentions ; prêts à imposer un nouvel ordre de liberté, pour mieux assoir leur pouvoir despotique. N’y a t il pas duperie dans tout acte politique ? L’amour, la liberté et la fraternité ne sont-elles pas les clés d’une société libre justement ?

 

A l’acte I en 1789, acte de présentation des caractères, le poète Andréa Chénier est l’invité de la Comtesse de Coigny ; il improvise sur l’intransigeance du clergé et de la noblesse. Mais l’admirent la fille de la Comptesse, Madeleine, et aussi Gérard, serviteur, qui est épris de cette dernière.

Acte II : cinq ans ont passé (1795) et Giordano évoque ce Paris révolutionnaire des Incroyables et Merveilleuses, créatures hallucinantes mais figures bien historiques dont la mine et l’étoffe étudiés contrastent avec la terreur et la barbarie ordinaire : la Révolution a enfanté une période de doutes et de chaos… Chénier, bien que suspecté (alors qu’il défend les idées d’égalité et de fraternité), retrouve la belle Madeleine (superbe duo d’amour : « Ora suave »). jaloux, Gérard provoque Chénier et le blesse, puis devant la foule haineuse, l’innocente.

Acte III. Gérard devenu juge au tribunal révolutionnaire signe contre son gré l’accusation de Chénier : Madeleine qu’il aime, s’offre à lui s’il sauve le poète qu’elle adore (sublime prière crépusculaire « La Mamma morta »). Mais Chénier est condamné et Gérard jure de le sauver.

Acte IV. En prison, Chénier attend la mort (« Come un bel di di Maggio »). Gérard a aidé Madeleine pour approcher son aimé : les deux amoureux peuvent mourir, fortifiés par la splendeur du lien qui les unit (dernier duo « Vicino a te »).

La fresque est terrible et violente ; l’amour de Chénier et de Madeleine, tragique et irréversible. Contre la barbarie humaine, – fruit de la Révolution française, Giordano défend les valeurs de fraternité (Gérard / Chénier), d’amour (Chénier et Madeleine) ; la vanité et l’échec de tout système politique s’il ne sert pas l’amour et le bonheur des êtres.

 

Nouvelle production événement avec Les Fées du Rhin de Jacques Offenbach (création française) en ouverture de saison 2018 – 2019.

 

 

TOURS, Opéra. Giordano : Umberto Chénier, 1896
Les 24, 26 et 28 mai 2019

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COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. M Lenormand… Bleuse /Desbordes

COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. M Lenormand… Bleuse /Desbordes. Petite réserve tout d’abord dans la conception même de la soirée. Malgré sa forme chaotique entre récital de chansons, revue, volets habituels du cabaret berlinois, la première partie de soirée (Berliner Kabarett) présente quelques superbes mélodies aux textes tout autant savoureux ; curieusement en dépit de la présence de l’orchestre en fond de scène, c’est au piano seul que trois chanteurs égrènent leur juste complainte entre poésie et désespoir, tous ont cette désillusion enchantée qui est la marque du théâtre aussi politique que délirant du duo Weill / Brecht.

Ainsi trois séquences sont mémorables en particulier ; citons « l’heure bleue » ou l’extase au bain, que chante et qu’incarne en un nirvana cosmétique, avec une suavité évanescente la pulpeuse Marie Lenormand ; plus ambiguë encore entre désespérance et visions glaçantes (de larmes et de mort), « au fond de la Seine », est un splendide lamento, maîtrisé dans des tenues de notes impeccables et très investies par le ténor Raphaël Jardin ; plus sombre encore, après une critique acerbe contre l’hypocrisie démocratique, en clown grimaçant hystérique, l’excellente basse française Frédéric Caton, …lequel tombe le masque et exprime le deuil de la mère qui a perdu son fils dans les tranchées. Le ton est juste, le texte déchirant; ce tragique noir, acide, lugubre, surgissant comme une douche froide, est du plus puissant effet; comme si Weill et Brecht nous avaient séduits et trompés par ce qui précède sur le ton d’un divertissement sans gravité, pour nous infliger cette appel à conscience. Inoubliable. La voix naturelle de la basse, veloutée et toujours parfaitement intelligible (dans la grande tradition, et la seule exemplaire à ce jour, celle du diseur Francois Le Roux), fait vibrer le texte en une sincérité qui touche au cœur. Bravo l’artiste. Sous le masque d’un spectacle de pacotille, dans le mouvement d’une vacuité faite religion, s’impose à nous, le cri déchirant de ce chant dont texte et musique ressuscitent le dénuement et la profondeur de Schubert.

Ces perles sont les piliers d’un spectacle qui à partir de son prétexte sur l’ivresse consumériste des grands magasins se fait brûlot politique. Mais la forme éclatée qui s’apparente à une succession de numéros, sans liens apparents, et non intégrés dans une action continue, unitaire, se révèle à la peine, déroutante, décousue, un rien confuse. Serait-ce pour mieux nous préparer à la forme idéale, resserrée, continue de l’oeuvre qui suit et qui constitue le clou de la soirée : Les 7 péchés capitaux ? De fait la grande cohérence de la partition qui file à toute allure saisit immédiatement le spectateur.

 

 

 

Sœurs martyrs
d’un spectacle parodique et politique

 

 

 

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Rien avoir en effet dans ce cycle de 40 mn, mené tambour battant tel un « road movie », et qui grâce au dispositif des instrumentistes placés derrière les chanteurs (qui ne sont plus sonorisés), révèle sa nature hautement symphonique. On se glisse dans le sprachgesang de la même Marie Lenormand, tout en confort et en naturel. Son intonation est juste et la couleur du chant mêle les espérances de la conteuse Anna I, spectatrice et narratrice des avatars des deux Sisters, et la plainte lancinante de celle qui compte les mille humiliations et sévices (surtout sexuels) dont elles sont victimes (surtout Anna II) qui est un personnage non chanté mais dansé : dans ce dernier rôle on distingue la performance de la danseuse Fanny Aguado dont postures et poses convoquent une lolita allumée, dévergondée et ingénue, une Lulu bis, diverses facettes d’une jeunette prête à tout pour vendre ses charmes.
Les vrais responsables de ce jeu de dupes sont les parents et les (deux) frères des deux Anna, sœurs martyrs, prostituées dominées, consentantes, dont les revenus réguliers financent la petite maison familiale en Louisiane au bord du Mississipi. Le rêve et l’idéal tant défendus relèvent peu a peu du cauchemar mais aussi dans le spectacle, dévoile l’hypocrisie bien pensante qu’incarne à la façon d’un chœur répétitif, scandant chaque tableau des péchés (« Seigneur illumine tes fidèles, mène-les vers la prospérité »), les 4 membres de la famille.
Impeccable en ce sens la mère du même Frédéric Caton : il/elle brandit le crucifix pour mieux envelopper ses turpitudes de mère proxénète.

 

 

 

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On ne saurait trop souligner la réussite d’une telle partition, musicalement splendide, dramatiquement prenante ; les auteurs y développent les thèmes désormais structurels de leur travail sur la scène : dénonciation de l’exploitation de l’homme par l’homme, hypocrisie bourgeoise, fausse morale, fausse religion ; et toujours cette tension et ce lugubre voire cette inquiétude souterraine qui doublent chaque situation. On a le sentiment qu’à chaque avancée dans cette chevauchée fantastique, c’est l’humanité et la beauté du monde qu’on assassine. La musique est subtile et ambiguë, troublante souvent déchirante. Le livret à rebours d’une dénonciation en règle de la barbarie et des turpitudes humaines, nous parle bien de l’humain.
En réalité, Brecht, toujours mordant, tout en dénonçant les 7 péchés capitaux, démontre qu’en les appliquant strictement, – tentation légitime, les deux sœurs montent les échelons et amassent toujours un peu plus. Le monde est ainsi corrompu qu’il faille simplement appliquer les 7 tares pour réussir et s’enrichir.

 

 

 

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La première partie qui dure presque 1h30, souligne le climat et le contexte des spectacles de Weill et Brecht alors en transit à Paris après l’échec des idéaux de la République de Weimar.
On ne cesse de penser tout au long de la soirée à l’apocalypse collectif et sociétal des années 1930 en Allemagne… les arts du spectacle pourtant clairvoyants alors, se sont confrontés à une sorte d’aveuglement et de fatalisme général. Un état de soumission inscrit dans l’air du temps… Un parallèle avec nos démocraties mourantes en Europe ?
Voila qui fait même du choix de Weill / Brecht, à Tours en avril 2019, à quelques semaines des élections européennes, un acte politique. Déjà Brecht et Weill avaient épingler le danger des faux démocrates et des vrais démagogues populistes. Approche visionnaire, et spectacle passionnant.

 

 

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COMPTE-RENDU, opéra. TOURS, Opéra, le 27 avril 2019. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux. Marie Lenormand… Bleuse /Desbordes

KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux
Créé le 7 juin 1933 au Théâtre des Champs-Élysées
Textes de Bertolt Brecht
Précédés de Berliner Kabarett

Nouvelle production de l’Opéra de Tours

Avec
Anna Marie Lenormand
La Mère Frédéric Caton
Le Père Carl Ghazarossian
Les Frères Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe Fanny Aguado

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Direction musicale:Pierre Bleuse
Mise en scène:Olivier Desbordes

Costumes: Patrice Gouron
Lumière: Joël Fabing
Décors: Opéra de Tours

Illustrations : © Sandra Daveau / 7 péchés capitaux Kurt WEILL à l’Opéra de Tours

 

 

 

TOURS, Opéra. BERLIOZ 2019 : Symphonie Fantastique

150 ans de la mort de BERLIOZTOURS, Opéra. Les 4, 5 mai 2019. BERLIOZ : Symphonie Fantastique. Samuel Jean dirige les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours, célébrant l’anniversaire Berlioz en 2019, son génie orchestral, sa stature d’architecte capable par les seuls instruments, de composer ainsi un drame passionnel, amour tragique et maudit (le héros songe à la belle inaccessible, qu’elle s’appelle dans la vraie vie d’Hector, Estelle, Ophélie, Harriet…), et visions surnaturelles et orgiaques dont les grimaces et les soubresauts emportent toute la partition dans son dénouement spectaculaire et littéralement fantastique.

C’est le manifeste de tout un courant d’idées, un premier aboutissement de la révolution romantique en France: la Symphonie fantastique, composée et crée en 1830, rétablit sur le genre orchestral, la prééminence de la France dans l’écriture musicale, majoritairement dominée par les compositeurs germaniques, dans le sillon des Viennois, Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert. Et si la Fantastique était outre cet ovni symphonique inclassable dans l’histoire de la musique européenne, la preuve qu’il existe bien une tradition symphonique en France jamais éteinte depuis… Rameau?

Symphonie visionnaire

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsA 27 ans, Berlioz (né en 1803) s’impose par sa ténacité créative (son père le voyait plutôt médecin comme lui), un sens nouveau du rythme, des mélodies puissantes où tout est chant (comme chez Chopin). Surtout, le compositeur porte très loin le relief caractérisé des instruments, la place du timbre, et les ressources des alliances entre pupitres. C’est un orchestrateur qui après Rameau, incarne cette exigence française de l’écriture et des combinaisons d’instruments, variant jusqu’à l’infini le chromatisme du paysage sonore. Créateur de l’orchestre moderne, Berlioz s’intéresse aussi, en expérimentateur audacieux, à la forme: il nous laisse 4 cycles symphoniques d’envergure, aussi libres et inventifs que les meilleurs symphonistes ultra-rhénans:
la Fantastique, Harold en Italie, Roméo et Juliette, la Symphonie funèbre et triomphale, sans omettre Lelio ou le retour à la vie…
Il faudra d’ailleurs restituer le contexte de l’écriture française pour orchestre dont Berlioz porte très haut la tradition qui ne s’est jamais éteinte en réalité. Prenez par exemple l’oeuvre de George Onslow récemment réhabilité par le Centre de musique romantique française (Quatuors édité par Naïve par les Diotima), Symphonies redécouvertes lors du premier festival du Palazzetto Bru Zane à Venise, “aux origines du romantisme français”… en octobre 2009, restituant l’écriture de Jadin, Onslow, Hérold).

Episode symphonique
Berlioz en 1830 bouscule les habitudes. Le moins intégré des compositeurs parisiens interroge, surprend, dérange. Fortement autobiographique, la Fantastique devait à l’origine s’inscrire dans un ensemble en diptyque plus vaste, constituant avec Lelio ou le retour à la vie… , Episode de la vie d’un artiste (créé en 1832).
La Fantastique ne peut se comprendre sans la violente action dramatique que sous-tend son développement. Le fantastique dont il s’agit est le fruit des visions, délires, vertiges d’un homme amoureux malheureux, éconduit, suicidaire, sous l’action des drogues hallucinogènes. Si la Fantastique stigmatise l’asservissement de toute force psychique aux pulsions souterraines et noires, le second épisode (avec Lelio) s’élève vers la lumière, un retour à la vie où l’âme épuisée
mais quasi intacte du jeune homme peut à nouveau espérer …

Le 5 décembre 1830, la même année que la révolution théâtrale d’Hernani, le public parisien découvre la Fantastique, saisi par la violence, la sauvagerie voire l’impudeur du propos; ‘audience parisienne s’insurge et crie au scandale.

PLAN de la Symphonie Fantastique
1. Rêveries et passions. Enivré par l’opium, le poète-musicien rêve de la femme idéale. A chaque évocation de l’élue, le héros s’abandonne à une vision extatique: c’est l’idée fixe, aussi irrésistible qu’obsessionnelle.

2. Au bal, la figure aimée, présente mais inaccessible prend davantage d’importance.

3. Scène aux champs: probablement inspiré par la découverte récente de la Symphonie n°6 “Pastorale” de Beethoven, Berlioz développe pour son mouvement lent, une évocation pastorale (chant et duo du cor anglais et du hautbois), pause bucolique dont le plein air coloré et palpitant voire menaçant (grondements de l’orage sur les pas de la 6è de Beethoven) coupe avec l’introspection des scènes préalables;

4. Marche au supplice: le lugubre surgit dans une vision sanguinaire et fantastique où le poète pense avoir tué sa bien-aimée, comme proie angoissée et trop soumise aux drogues dont il
est la victime. L’évocation devient aigre et hideuse, objet d’un traitement orchestral d’une exceptionnelle orchestration (en syncopes, soubresauts, déflagrations.)… Dès sa création, ce morceau fut bissé par l’auditoire, effrayé par tant de justes secousses.

5. Songe d’une nuit de Sabbat
Le poète assiste à ses propres funérailles. L’idée fixe refait surface mais dénaturée sous le
prisme d’une sensibilité grimaçante, tel un air trivial désormais dissout dans une orgie satirique.

Atypique, porteuse d’avenir, la Symphonie Fantastique ouvre la musique vers son futur, dans l’audace et l’expérimentation: ce qu’a immédiatement reconnu Robert Schumann. Tous les grands romantiques, de Wagner à Liszt et jusqu’à Ricahrd Strauss ont une dette envers la
modernité sans égale de Berlioz.

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TOURS, Opéra.
BERLIOZ : Symphonie Fantastique
Samedi 4 mai 2019 – 20h
Dimanche 5 mai 2019 – 17h

Direction musicale : Samuel Jean
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/fantastique-4-5-mai

Olivier PENARD
Concerto pour Violoncelle et orchestre
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle

Co-commande Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours Orchestre Régional Avignon-Provence, Orchestre régional de Cannes PACA

Hector BERLIOZ
Symphonie fantastique Op. 14,
Épisode de la vie d’un artiste

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Conférences
Samedi 4 mai – 19h00
Dimanche 5 mai – 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Opéra de TOURS : Les 7 péchés capitaux de Kurt Weill

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production à l’Opéra de Tours. Les œuvres de Weill sont marquées par le sceau du génie et de l’invention théâtrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un créateur atypique, audacieux, révolutionnaire et visionnaire. Il a dû quitté l’Allemagne hitlérienne, rejoint Paris (où sont créés les 7 péchés capitaux, … dans un incompréhension totale hélas, et suscitant les foudres des antisémites particulièrement virulents alors). Weill fut un auteur précoce écrivant ses Quatuor, premier opéra, lieder) dès l’adolescence. Il s’est formé à Berlin (Musikhoschule), auprès de Ferrucio Busoni (Académie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court âge d’or des arts du spectacle des années Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen… ), soit pendant une décennie, celle des années 1920 et le début des années 1930 (jusqu’en 1933, en mars précisémeent où il rejoint la France). A Paris, Les 7 Péchés prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, célébrés : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)…

 

 

 

Nouveau théâtre musical
créé à Paris sur la scène du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de créer à la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas élitiste ; pour se faire il croise l’opéra classique, le ballet, le jazz… d’où une invention mélodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantés par tous. Il reste à Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scène Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scène parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 péchés capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre américaine, Weil évoque le vertige des villes des Etats-Unis, avec à défaut d’y avoir encore vécu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 péchés incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dédie à la comédie américaine à Broadway (il devient citoyen américain en 1943), grâce aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragédie de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent à réinventer le genre musical et théâtral dans la première moitié du XXè.
Face au sérialisme bon teint d’une élite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill représente aujourd’hui cette veine poétique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, à su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaître aujourd’hui la modernité et la singularité de son théâtre : poétique, délirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mélodies inoubliables (Mack the Knife tiré de l’Opéra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship…) : il illustre un genre indétrônable et inusable dont la saveur et la noirceur, le réalisme cynique et la grâce poétique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opéra ballet Les 7 péchés capitaux qui démentiront cette qualité.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
Créé le 7 juin 1933 au Théâtre des Champs-Élysées
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’Opéra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scène : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
Lumière : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La Mère : Frédéric Caton
Le Père : Carl Ghazarossian
Les Frères : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

________________________________________________________________________________________________

ACTION : le prix pour la réalisation d’un rêve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sœurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes américaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle cité chaque année. Anna II tentée, sollicitée manquent de succomber aux 7 péchés (la paresse, l’orgueil, la colère, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnée et mesurée, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposés, les frasques de leur progénitures en mal de sensations : à chaque ville explorée, sa tentation capitale… la première ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colère) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, après sept ans, les deux Annas ont engrangé un beau pactole ; rentrées en Louisiane, elles permettent que la famille édifie enfin la maison familiale tant espérée.

TOURS, Opéra. Les 4, 5 mai 2019. BERLIOZ : Symphonie Fantastique

150 ans de la mort de BERLIOZTOURS, Opéra. Les 4, 5 mai 2019. BERLIOZ : Symphonie Fantastique. Samuel Jean dirige les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours, célébrant l’anniversaire Berlioz en 2019, son génie orchestral, sa stature d’architecte capable par les seuls instruments, de composer ainsi un drame passionnel, amour tragique et maudit (le héros songe à la belle inaccessible, qu’elle s’appelle dans la vraie vie d’Hector, Estelle, Ophélie, Harriet…), et visions surnaturelles et orgiaques dont les grimaces et les soubresauts emportent toute la partition dans son dénouement spectaculaire et littéralement fantastique.

C’est le manifeste de tout un courant d’idées, un premier aboutissement de la révolution romantique en France: la Symphonie fantastique, composée et crée en 1830, rétablit sur le genre orchestral, la prééminence de la France dans l’écriture musicale, majoritairement dominée par les compositeurs germaniques, dans le sillon des Viennois, Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert. Et si la Fantastique était outre cet ovni symphonique inclassable dans l’histoire de la musique européenne, la preuve qu’il existe bien une tradition symphonique en France jamais éteinte depuis… Rameau?

Symphonie visionnaire

berlioz-150-ans-berlioz-2019-dossier-special-classiquenewsA 27 ans, Berlioz (né en 1803) s’impose par sa ténacité créative (son père le voyait plutôt médecin comme lui), un sens nouveau du rythme, des mélodies puissantes où tout est chant (comme chez Chopin). Surtout, le compositeur porte très loin le relief caractérisé des instruments, la place du timbre, et les ressources des alliances entre pupitres. C’est un orchestrateur qui après Rameau, incarne cette exigence française de l’écriture et des combinaisons d’instruments, variant jusqu’à l’infini le chromatisme du paysage sonore. Créateur de l’orchestre moderne, Berlioz s’intéresse aussi, en expérimentateur audacieux, à la forme: il nous laisse 4 cycles symphoniques d’envergure, aussi libres et inventifs que les meilleurs symphonistes ultra-rhénans:
la Fantastique, Harold en Italie, Roméo et Juliette, la Symphonie funèbre et triomphale, sans omettre Lelio ou le retour à la vie…
Il faudra d’ailleurs restituer le contexte de l’écriture française pour orchestre dont Berlioz porte très haut la tradition qui ne s’est jamais éteinte en réalité. Prenez par exemple l’oeuvre de George Onslow récemment réhabilité par le Centre de musique romantique française (Quatuors édité par Naïve par les Diotima), Symphonies redécouvertes lors du premier festival du Palazzetto Bru Zane à Venise, “aux origines du romantisme français”… en octobre 2009, restituant l’écriture de Jadin, Onslow, Hérold).

Episode symphonique
Berlioz en 1830 bouscule les habitudes. Le moins intégré des compositeurs parisiens interroge, surprend, dérange. Fortement autobiographique, la Fantastique devait à l’origine s’inscrire dans un ensemble en diptyque plus vaste, constituant avec Lelio ou le retour à la vie… , Episode de la vie d’un artiste (créé en 1832).
La Fantastique ne peut se comprendre sans la violente action dramatique que sous-tend son développement. Le fantastique dont il s’agit est le fruit des visions, délires, vertiges d’un homme amoureux malheureux, éconduit, suicidaire, sous l’action des drogues hallucinogènes. Si la Fantastique stigmatise l’asservissement de toute force psychique aux pulsions souterraines et noires, le second épisode (avec Lelio) s’élève vers la lumière, un retour à la vie où l’âme épuisée
mais quasi intacte du jeune homme peut à nouveau espérer …

Le 5 décembre 1830, la même année que la révolution théâtrale d’Hernani, le public parisien découvre la Fantastique, saisi par la violence, la sauvagerie voire l’impudeur du propos; ‘audience parisienne s’insurge et crie au scandale.

PLAN de la Symphonie Fantastique
1. Rêveries et passions. Enivré par l’opium, le poète-musicien rêve de la femme idéale. A chaque évocation de l’élue, le héros s’abandonne à une vision extatique: c’est l’idée fixe, aussi irrésistible qu’obsessionnelle.

2. Au bal, la figure aimée, présente mais inaccessible prend davantage d’importance.

3. Scène aux champs: probablement inspiré par la découverte récente de la Symphonie n°6 “Pastorale” de Beethoven, Berlioz développe pour son mouvement lent, une évocation pastorale (chant et duo du cor anglais et du hautbois), pause bucolique dont le plein air coloré et palpitant voire menaçant (grondements de l’orage sur les pas de la 6è de Beethoven) coupe avec l’introspection des scènes préalables;

4. Marche au supplice: le lugubre surgit dans une vision sanguinaire et fantastique où le poète pense avoir tué sa bien-aimée, comme proie angoissée et trop soumise aux drogues dont il
est la victime. L’évocation devient aigre et hideuse, objet d’un traitement orchestral d’une exceptionnelle orchestration (en syncopes, soubresauts, déflagrations.)… Dès sa création, ce morceau fut bissé par l’auditoire, effrayé par tant de justes secousses.

5. Songe d’une nuit de Sabbat
Le poète assiste à ses propres funérailles. L’idée fixe refait surface mais dénaturée sous le
prisme d’une sensibilité grimaçante, tel un air trivial désormais dissout dans une orgie satirique.

Atypique, porteuse d’avenir, la Symphonie Fantastique ouvre la musique vers son futur, dans l’audace et l’expérimentation: ce qu’a immédiatement reconnu Robert Schumann. Tous les grands romantiques, de Wagner à Liszt et jusqu’à Ricahrd Strauss ont une dette envers la
modernité sans égale de Berlioz.

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TOURS, Opéra.
BERLIOZ : Symphonie Fantastique
Samedi 4 mai 2019 – 20h
Dimanche 5 mai 2019 – 17h

Direction musicale : Samuel Jean
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/fantastique-4-5-mai

Olivier PENARD
Concerto pour Violoncelle et orchestre
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle

Co-commande Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours Orchestre Régional Avignon-Provence, Orchestre régional de Cannes PACA

Hector BERLIOZ
Symphonie fantastique Op. 14,
Épisode de la vie d’un artiste

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Conférences
Samedi 4 mai – 19h00
Dimanche 5 mai – 16h00
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux, 26,27, 28 avril 2019

WEILL kurt opera concert festival concerts annonces critique classiquenews musique classique newsTOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitaux, 26,27, 28 avril 2019. Nouvelle production à l’Opéra de Tours. Les œuvres de Weill sont marquées par le sceau du génie et de l’invention théâtrale. Kurt Weill (1900 – 1950) est un créateur atypique, audacieux, révolutionnaire et visionnaire. Il a dû quitté l’Allemagne hitlérienne, rejoint Paris (où sont créés les 7 péchés capitaux, … dans un incompréhension totale hélas, et suscitant les foudres des antisémites particulièrement virulents alors). Weill fut un auteur précoce écrivant ses Quatuor, premier opéra, lieder) dès l’adolescence. Il s’est formé à Berlin (Musikhoschule), auprès de Ferrucio Busoni (Académie prussienne des arts). Avant son exil, Weill incarne le court âge d’or des arts du spectacle des années Weimar (avec Eisler, Krenek, Wolpe ; travaillant avec les plus grands chefs Erich Kleiber, Fritz Busch, Otto Klemperer, Hermann Scherchen… ), soit pendant une décennie, celle des années 1920 et le début des années 1930 (jusqu’en 1933, en mars précisémeent où il rejoint la France). A Paris, Les 7 Péchés prolongent l’intelligence et l’imagination des ouvrages reconnus, célébrés : Der Protagonist, Royal Palace, L’Opera de quat’sous, Celui qui dit oui (Der Jasager)…

 

 

 

Nouveau théâtre musical
créé à Paris sur la scène du TCE en 1933

Le dessein de Weill est de créer à la suite de Mozart, un genre populaire, surtout pas élitiste ; pour se faire il croise l’opéra classique, le ballet, le jazz… d’où une invention mélodique sans pareil. Ses lieder sont des tubes, chantés par tous. Il reste à Paris, deux ans, jusqu’en 1935 (en septembre il quitte Paris pour New York avec le metteur en scène Max Reinhardt, cofondateur avec R Strauss et Hofmannsthal du Festival de Salzbourg en 1922). Pour la scène parisienne, Weill (qui parlait un français magnifique) compose Les 7 péchés capitaux, la Symphonie n°2 et Marie Galante. avant d’accoster en terre américaine, Weil évoque le vertige des villes des Etats-Unis, avec à défaut d’y avoir encore vécu, le fantasme de l’imaginaire.

 

 

 

weill-kurt-7-peches-capitaux-opera-de-tours-annonce-critique-opera-classiquenews-avril-2019-opera-musique-classique-concerts-festival-actualites-musique-classique-newsLes 7 péchés incarnent cette pause, entre deux mondes, avant que Weill ne se dédie à la comédie américaine à Broadway (il devient citoyen américain en 1943), grâce aux ouvrages applaudies tels Lady in the Dark (1941), One touch of Venus (1943), Street scene (1947), ou Lost in the Stars (tragédie de 1949). Au final, la culture, le sens critique, et l’imagination fertile de Weill le portent à réinventer le genre musical et théâtral dans la première moitié du XXè.
Face au sérialisme bon teint d’une élite pseudo conceptuelle, en mal d’ambition intellectuelle, l’écriture classique, tonale et populaire de Weill représente aujourd’hui cette veine poétique indiscutable qui tout en recyclant le savant et le mordant, à su conserver un lien profitable avec le grand public. De fait, on ne cesse de reconnaître aujourd’hui la modernité et la singularité de son théâtre : poétique, délirant, satirique, d’une justesse bouleversante. Weill n’est pas l’inventeur de chansons et mélodies inoubliables (Mack the Knife tiré de l’Opéra de quat’sous, 1928 ; Surabaya Johnny, Alabama song, Youkali ou My Ship…) : il illustre un genre indétrônable et inusable dont la saveur et la noirceur, le réalisme cynique et la grâce poétique continuent de toucher le public. Ce n’est pas l’opéra ballet Les 7 péchés capitaux qui démentiront cette qualité.

 

 

 

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TOURS, Opéra. KURT WEILL : Les 7 péchés capitauxboutonreservation
3 représentations
Vendredi 26 avril 2019 – 20h
Samedi 27 avril – 20h
Dimanche 28 avril – 15h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/les-sept-peches-capitaux

 

 

 

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Les 7 péchés capitaux
Créé le 7 juin 1933 au Théâtre des Champs-Élysées
Textes de Bertolt Brecht – NOUVELLE PRODUCTION de l’Opéra de Tours

Précédés de Berliner Kabarett

Direction musicale : Pierre Bleuse
Mise en scène : Olivier Desbordes

Costumes : Patrice Gouron
Lumière : Joël Fabing
Décors : Opéra de Tours

Avec

Anna : Marie Lenormand
La Mère : Frédéric Caton
Le Père : Carl Ghazarossian
Les Frères : Jean-Gabriel Saint Martin, Raphaël Jardin
Danseuse et chorégraphe : Fanny Aguado

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours

Conférence
Samedi 13 avril 2019 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

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ACTION : le prix pour la réalisation d’un rêve immobilier

Pour se payer leur propre maison, les parents deux sœurs, Anna I et Anna II, les envoient faire un tour des villes américaines : soit pendant 7 ans, une nouvelle cité chaque année. Anna II tentée, sollicitée manquent de succomber aux 7 péchés (la paresse, l’orgueil, la colère, la gourmandise, la luxure, l’avarice et l’envie). Mais plus raisonnée et mesurée, Anna I sait la sauver d’une nouvelle passe. Ainsi les parents suivent par articles de journaux interposés, les frasques de leur progénitures en mal de sensations : à chaque ville explorée, sa tentation capitale… la première ville inconnue (la paresse) ; Memphis (l’orgueil) ; Los angeles (la colère) ; Philadelphie (la gourmandise) ; Boston (la luxure) ; Baltimore (l’avarice) ; enfin, San Francisco (l’envie / la jalousie).
Au terme du cycle d’épreuves, après sept ans, les deux Annas ont engrangé un beau pactole ; rentrées en Louisiane, elles permettent que la famille édifie enfin la maison familiale tant espérée.

 

 
 

 

COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier.

TOURSopera-flute-enchantee-sandra-daveau-critique-opera-annonce-classiquenews-le-feuCOMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, le 12 mars 2019. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier. Mais quelle mouche a donc bien pu piquer la metteuse en scène française Bérénice Collet, à qui Benjamin Pionnier a confié la nouvelle production de La Flûte enchantée au Grand-Théâtre de Tours ? Féministe dans l’âme, il faut croire qu’un des propos quelque peu misogynes du livret (signé par Lorenzo Da Ponte) – comme « Les femmes parlent beaucoup, mais agissent peu… » – lui sera resté en travers de la gorge. Dés lors, elle prend le livret à-rebours et la Reine de la Nuit n’est plus du tout méchante ici, alors que Sarastro n’est qu’un homme vil, hypocrite et violent. Quand elles ne sont pas rebelles, les femmes sont asservies (chœur féminin aux cheveux coupés ras, toujours la tête basse, habillées de robes de bure), voire violées (Monostatos qui se jette sur Pamina…). Mais les femmes reprennent finalement le dessus – et se vengent – notamment en poignardant à mort Monostatos ! Très bien, mais les intentions de Mozart dans tout ça ?…

Avec Florian Laconi, le rôle de Tamino se voit confié – ce qui renoue avec une tradition que l’on croyait perdue – à un ténor aux moyens quasi « héroïques » (son répertoire habituel est celui de Don José et de Hoffmann…). Le chanteur messin y déploie une ardeur communicative à laquelle on aurait cependant préféré, à maints moments sublimes, une authentique ferveur. Face à lui, l’exquise soprano française Marie Perbost est une Pamina d’une grande pureté vocale, cristalline, dont la ligne de chant impeccable suscite une grande émotion dans le célèbre air « Ach, ich fühl’s ». Refusant les effets faciles, Régis Mengus mise pour son Papageno sur le charme de la jeunesse et de la santé vocale ; l’air qu’il chante au moment où il veut se pendre est tout simplement humain et émouvant. Dans le rôle de Sarastro, Jérôme Varnier campe un personnage plus jeune que de coutume dans cet emploi, et malgré le rôle de méchant de l’histoire qu’on veut nous faire croire ici, c’est également l’humanité qui ressort avant tout dans sa voix, aux côtés de graves puissamment nourris. De son côté, Marie-Bénédicte Souquet campe une flamboyante Reine de la Nuit : le chant est solide, l’aigu sûr et la nature de feu. La Papagena de Marion Tassou est pleine de gouaille, de santé, de mordant, comme le veut la tradition, tandis qu’Olivier Trommenschlager met également tous ses talents de comédien au service d’un Monostatos plein de vitalité. Même satisfecit pour les comprimari, avec Trois Génies et Trois Dames (Clémence Garcia, Yumiko Tanimura, Delphine Haidan) sans histoire ; un Orateur impressionnant d’autorité (François Bazola) ; un Premier Prêtre plein de promesses (le jeune ténor Camille Tresmontant).

Directeur général et musical de l’institution tourangelle, Benjamin Pionnier dirige le chef d’œuvre de Mozart dans un esprit de simplicité et de naturel aux antipodes de tout pathos : un ton que l’on serait tenté de qualifier de « laïque », qui coupe court aux velléités mystiques ou simplement ésotériques (en accord avec la proposition scénique, donc, puisqu’elle ne s’embarrasse pas de toutes ces questions…).

TOURS-opera-flute-enchantee-tamino-papageno-opera-critique-annonce-critique-opera-classiquenews

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COMPTE-RENDU, Opéra. TOURS, Grand-Théâtre, le 12 mars 2019. W. A. Mozart : La Flûte enchantée. Bérénice Collet / Benjamin Pionnier. A VENIR à l’Opéra de TOURS, 26, 27, 28 avril 2019, Les 7 péchés capitaux de Kurt Weill, en lire + : http://www.classiquenews.com/tours-opera-de-tours-saison-lyrique-2018-2019/

TOURS, Opéra. Les Lumières de la ville de Charlie CHAPLIN

chaplin-charlie-lumieres-de-la-ville-opera-de-tours-annonce-critique-concert-orchestre-opera-classiquenewsTOURS, Opéra. Les 30, 31 mars 2019 : CHARLIE CHAPLIN : Les Lumières de la ville / City Lights (1931). Alors que Chaplin était plongé dans la conception de son film muet LES LUMIÈRES DE LA VILLE, Hollywood enclenchait sa révolution du cinéma sonore. Après des mois de réflexion, il décide tout de même de finir son film en y ajoutant une partition musicale. Le film mélodramatique est reconnu comme étant un des meilleurs films de Chaplin, combinant le pathos, le burlesque et la comédie. C’est un hommage à l’art du langage corporel. Encore proche du cinéma muet, le film de 1931 comprend des intertitres et une bande musicale qui accompagne, articule et commente l’action filmée. Le regard de Chaplin tort le cou aux bienséances sociales. En pleine crise américaine (Krach boursier de 1929), avant que des lois puritaines ne censurent certains mots ou thèmes, jugés « inconvenants » à la moralité sociale, Chaplin réalise son long métrage avec une liberté de ton et une poésie satirique, franche et audacieuse. Le génie de Chaplin tient à la simplicité du scénario qui prend pour héros un pauvre mendiant sans le sou Charlot ; mais il a un cœur pur et croise de nombreux personnages fantasques, plutôt superficiels. Chaplin écrit l’histoire mais aussi la musique de son film.

Charlie est Charlot, poète, funambule, amoureux

Chaplin met en scène les tribulations d’un vagabond (surpris en pleine inauguration d’une nouvelle statue (« la paix et la prospérité ») où il avait élu domicile pour dormir. Le sdf erre dans les rues de la ville, rencontre une jeune fleuriste aveugle dont il tombe amoureux… le réalisateur et acteur (qui joue le rôle du vagabond un brin poète à la mine rêveuse, parfois loufoque : nombreux gags) évoque la vie citadine des petites gens, des miséreux qui tentent bon an mal an de survivre…
Puis le vagabond sauve du suicide un homme porté sur l’alcool, plutôt fortuné, désespéré depuis que sa femme l’a quitté… Les deux hommes habillés en frac rejoignent une boîte de nuit, puis se séparent car le milllionaire fantasque, devient amnésique à jeun et ne se souvient pas de celui qui lui a pourtant sauvé la vie.
Redevenu saoul, l’homme fortuné propose au vagabond Chaplin de rejoindre une partie où ayant avalé un sifflet, notre héros empêche un chanteur d’opéra d’interpréter son air (gag du hoquet siffleur).

Charlie vagabond (Charlot) devient ensuite boxeur, dans des paris truqués, puis après moult avatars, finit étalé, assommé par son propre gant. Charlot retrouve alors son ami riche, mais celui ci lunatique l’entraîne dans une série de quiproquos qui emmène Charlot en prison. Cependant le vagabond a réussi à aider sa jeune Dulcinée aveugle, qui désormais grâce à l’argent qu’il lui a remis, a recouvré la vue, acheté une nouvelle boutique et attend son bienfaiteur…
Les mois passent, c’est l’automne. Charlot plus pauvre que jamais, erre dans les rues de la ville. Tombe sur la devanture de la boutique : celle dont il était épris comprend qu’il est son sauveur.

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LES LUMIÈRES DE LA VILLEboutonreservation
(titre original City Lights)
Film et musique de Charlie Chaplin
Samedi 30 mars – 20h00
Dimanche 31 mars – 17h00
RESERVEZ VOS PLACES ici
http://www.operadetours.fr/charlie-chaplin-30-31-mars

Comédie – États-Unis – 1931
Musique de Charlie Chaplin, restaurée par Tim Brock
Durée : 1h20mn

Distribution :
Charlie Chaplin
Virginia Cherill
Florence Lee
Harry Myers

Direction musicale : Gwennolé Rufet
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours - 02.47.60.20.00

TOURS, Opéra. 8-14 mars, La Flûte Enchantée de Mozart

MOZART-1790-le-derneir-mozart-photo-de-pedro-par-CLASSIQUENEWS-dossier-special-dernier-Mozart-et-exposition-Mozart-a-parisTOURS, Opéra. 8-14 mars, La Flûte Enchantée de Mozart. C’est la 4è production lyrique de la saison 2018-2019 de l’Opéra de Tours et non la moindre. En attendant Andrea Chénier pour la fin de la saison (24-28 mai 2019), Benjamin Pionnier, directeur des lieux, dirige cette nouvelle production du chef d’œuvre de Wolfgang, à la fois conte initiatique (avec claires références à la franc-maçonnerie puisque le compositeur à Vienne était membre d’une loge) et aussi opéra populaire au sens le plus noble du terme : créé le 30 sept 1791 dans la mise en scène du directeur de théâtre (et acteur) Emanuel Shikaneder, La Flûte Enchantée recueille la conception et le travail du dernier Mozart (qui devait mourir quelques semaines après); la partition brille par la force de son orchestre (l’un des plus raffinés de Mozart), par la justesse et la sincérité des situations et des personnages : Mozart fidèle à sa vision de l’opéra, approfondit chaque personnage comme un caractère qui saisit par sa force et son humanité ; y paraissent les héros, acteurs et sujets des épreuves propres à les faire passer de l’ombre à la lumière : la dépressive Pamina (prête à se suicider), le prince qui la sauve Tamino (qui possède la fameuse flûte) ; pour contraster avec ce premier couple « sérieux » et héroïque, Mozart en ajoute un second, car l’opéra est aussi une comédie : Papageno (l’oiseleur trop bavard qui n’écoute pas les autres) et Papagena, sa promise. Tous sont pris dans des situations qui les dépassent, dont le conflit opposant les forces du mal (La reine de la Nuit et ses deux airs stratosphériques) et le temple de la lumière (et de la sagesse) dirigé par le grand prêtre Sarastro dont le savoir s’inscrit dans la philosophie égyptienne. Qui dit vrai dans ce labyrinthe des illusions ? Qui manipule qui ? Quel est le sens de cette action ? Tamino deviendra-t-il cet être de lumière, entraînant dans sa geste héroïque tous ceux qui l’accompagne ? Nouvelle production événement à l’Opéra de Tours.

 

 
 

 
 

 

 

 
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Opéra de Tours,
Vendredi 8 mars 2019 – 20h
Dimanche 10 mars 2019 – 15h
Mardi 12 mars 2019 – 20h
Jeudi 14 mars 2019 – 20h
RESERVER VOTRE PLACE ici
http://www.operadetours.fr/la-flute-enchantee

Samedi 2 mars 2019, conférence à 14h30
Accès libre, réservation recommandée

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MOZART : La Flûte enchantée
Singspiel en 2 actes
Créé le 30 septembre 1791 au Theater auf der Wieden
Livret d’Emanuel Schikaneder

Nouvelle production de l’Opéra de Tours

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Bérénice Collet
Scénographie et costumes: Christophe Ouvrard
Vidéo: Christophe Waksmann
Lumières: Bérénice Collet et Alexandre Ursini

Tamino : Florian Laconi
Pamina : Marie Perbost
Papageno : Régis Mengus
La Reine de la Nuit : Marie-Bénédicte Souquet
Sarastro : Jérome Varnier
Papagena : Marion Tassou
Première Dame : Clémence Garcia
Deuxième Dame : Yumiko Tanimura
Troisième Dame Delphine Haidan
Monostatos : Olivier Trommenschlager
L’Orateur : François Bazola
Premier Prêtre / Homme d’armes : Camille Tresmontant
Trois Enfants : Maîtrise du Conservatoire Francis Poulenc

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

02.47.60.20.00
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Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

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L’Italienne à Alger de Rossini à l’Opéra de Tours

rossini-portrait-gioachino-rossini-bigTOURS, Opéra. ROSSINI : L’Italienne à Alger. 1er, 3, 7 fév 2019. A l’époque où Rossini doué d’une inspiration débordante, jaillissante, multiple, compose serias et buffas, avec une déconcertante facilité, l’heure est à la facétie confrontant non sans équivoques savoureuses et travestissements délicieux voire sulfureux, Occident et Orient. En un aller retour des mieux inspirés. A Venise, Rossini présente en mai 1813, L’Italienne à Alger ; puis à Milan sur la scène de La Scala, en août 1814, c’est Le Turc en Italie. En si peu de temps, croiser les regards, jouer des points de vue pour nourrir des situations de plus en plus délirantes, relève d’un génie exceptionnel. Et tout cela prépare au sommet du genre buffa que demeure Le Barbier de Séville créé sur la scène de l’Argentina de Rome en 1816.

Isabella, maîtresse à Alger

L’italienne est un dramma giocoso (dans la tradition piquante, libre de Mozart) : l’intelligence féminine y est célébrée, tandis que les hommes qu’ils soient algériens ou italiens (le bey, Lindoro, Taddeo…) n’y paraissent que trop faibles ou crédules… Même l’épouse en titre du sultan, Elvira, bien que répudiée, tient tête, reste loyal à celui qui l’a écartée ; elle reçoit même pour son édification, une belle leçon de domestication conjugale, de la part de l’Occidentale par laquelle se réalise le drame …

SYNOPSIS. Acte I : Isabella, héroïne centrale, est aimée de Lindoro, tenu en esclavage à Alger par le bey Mustafa. Ce dernier entend se débarrasser de son épouse encombrante Elvira en la donnant justement à Lindoro. Lequel résiste car il aime toujours sa belle Isabella, laquelle surgit après un naufrage sur les côtes algériennes… Le bey découvre les charmes de la belle italienne Isabella et s’en éprend aussitôt.
Dans l’acte II, Isabella victorieuse a assujetti le bey Mustafa. Elle prend soin de garder auprès d’elle Lindoro qu’elle aime toujours. Isabella entend réconcilier Mustafa avec son épouse Elvira ; le bey fulmine, à la fois frustré et décontenancé par cette italienne incontrôlable (fameux quintette « Ti presento di mia mano… »). L’Italienne va plus loin : elle souhaite élever la dignité du bey à celle de « Papataci », titre fantaisiste et invention pure, grâce à laquelle, en une cérémonie parodique digne de Molière (le Bourgeois Gentilhomme), elle moque la naïveté et l’orgueil du sultan… lequel doit rester muet et sage devant toute adversité (s’il veut se montrer digne de cette insigne dignité).
En effet, les italiens (Isabella, Lindoro et Tadeeo qui accompagnaient la jeune femme) quittent le palais du bey et se sauvent en bateau. Obligé au silence et à l’inaction, Mustafa n’a plus que sa belle Elvira pour le reconforter et lui pardonner.

Avant Rosina, dans le Barbier de Séville (mezzo-soprano), Rossini confie à une alto, le personnage volontaire et redoutable d’Isabella, femme forte, au tempérament bien trempé. C’est une furie calculatrice qui a l’intelligence d’une stratège : séduisante et manupulatrice.
La verve de Rossini est à son sommet : jamais plus, après l’Italienne à Alger, le compositeur ne développera une telle facilité génial dans le genre buffa délirant. Le raffinement et l’invention de l’écriture s’y montrent égaux dans l’acte I et puis II, ce qui n’est pas forcément le cas dans les opéras qui suivent.

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ROSSINI : L’Italienne à Alger à L’Opéra de TOURS
3 représentations seulement

Vendredi 1er février 2019 – 20hboutonreservation
Dimanche 3 février 2019 – 15h
Mardi 5 février 2019 – 20h

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RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/l-italienne-a-alger

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ROSSINI : L’Italienne à Alger
Dramma giocoso en 2 actes
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto de Venise
Livret de Angelo Anelli

Coproduction Opéra National de Lorraine, Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Direction musicale: Gianluca Martinenghi
Mise en scène: David Hermann
Assisté de Karin Maria Piening
Décors: Rifail Ajdarpasic
Costumes: Bettina Walter
Lumières: Fabrice Kebour
Assistant: lumières Alexis Koch
Masques: Cécile Kretschmar

Isabella: Chiara Amarù
Mustafà: Burak Bilgili
Lindoro: Patrick Kabongo
Elvira: Jeanne Crousaud
Taddeo: Pierre Doyen
Zulma: Anna Destraël
Haly: Aimery Lefèvre

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
La production créée en 2012, passée par Nancy en juin 2018, brille par son efficacité, une intelligence dramatique qui révèle le génie buffa de Rossini. Belle réussite.

L’Italienne à Alger à TOURS

rossini-portrait-gioachino-rossini-bigTOURS, Opéra. ROSSINI : L’Italienne à Alger. 1er, 3, 7 fév 2019. A l’époque où Rossini doué d’une inspiration débordante, jaillissante, multiple, compose serias et buffas, avec une déconcertante facilité, l’heure est à la facétie confrontant non sans équivoques savoureuses et travestissements délicieux voire sulfureux, Occident et Orient. En un aller retour des mieux inspirés. A Venise, Rossini présente en mai 1813, L’Italienne à Alger ; puis à Milan sur la scène de La Scala, en août 1814, c’est Le Turc en Italie. En si peu de temps, croiser les regards, jouer des points de vue pour nourrir des situations de plus en plus délirantes, relève d’un génie exceptionnel. Et tout cela prépare au sommet du genre buffa que demeure Le Barbier de Séville créé sur la scène de l’Argentina de Rome en 1816.

Isabella, maîtresse à Alger

L’italienne est un dramma giocoso (dans la tradition piquante, libre de Mozart) : l’intelligence féminine y est célébrée, tandis que les hommes qu’ils soient algériens ou italiens (le bey, Lindoro, Taddeo…) n’y paraissent que trop faibles ou crédules… Même l’épouse en titre du sultan, Elvira, bien que répudiée, tient tête, reste loyal à celui qui l’a écartée ; elle reçoit même pour son édification, une belle leçon de domestication conjugale, de la part de l’Occidentale par laquelle se réalise le drame …

SYNOPSIS. Acte I : Isabella, héroïne centrale, est aimée de Lindoro, tenu en esclavage à Alger par le bey Mustafa. Ce dernier entend se débarrasser de son épouse encombrante Elvira en la donnant justement à Lindoro. Lequel résiste car il aime toujours sa belle Isabella, laquelle surgit après un naufrage sur les côtes algériennes… Le bey découvre les charmes de la belle italienne Isabella et s’en éprend aussitôt.
Dans l’acte II, Isabella victorieuse a assujetti le bey Mustafa. Elle prend soin de garder auprès d’elle Lindoro qu’elle aime toujours. Isabella entend réconcilier Mustafa avec son épouse Elvira ; le bey fulmine, à la fois frustré et décontenancé par cette italienne incontrôlable (fameux quintette « Ti presento di mia mano… »). L’Italienne va plus loin : elle souhaite élever la dignité du bey à celle de « Papataci », titre fantaisiste et invention pure, grâce à laquelle, en une cérémonie parodique digne de Molière (le Bourgeois Gentilhomme), elle moque la naïveté et l’orgueil du sultan… lequel doit rester muet et sage devant toute adversité (s’il veut se montrer digne de cette insigne dignité).
En effet, les italiens (Isabella, Lindoro et Tadeeo qui accompagnaient la jeune femme) quittent le palais du bey et se sauvent en bateau. Obligé au silence et à l’inaction, Mustafa n’a plus que sa belle Elvira pour le reconforter et lui pardonner.

Avant Rosina, dans le Barbier de Séville (mezzo-soprano), Rossini confie à une alto, le personnage volontaire et redoutable d’Isabella, femme forte, au tempérament bien trempé. C’est une furie calculatrice qui a l’intelligence d’une stratège : séduisante et manupulatrice.
La verve de Rossini est à son sommet : jamais plus, après l’Italienne à Alger, le compositeur ne développera une telle facilité génial dans le genre buffa délirant. Le raffinement et l’invention de l’écriture s’y montrent égaux dans l’acte I et puis II, ce qui n’est pas forcément le cas dans les opéras qui suivent.

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ROSSINI : L’Italienne à Alger à L’Opéra de TOURS
3 représentations seulement

Vendredi 1er février 2019 – 20hboutonreservation
Dimanche 3 février 2019 – 15h
Mardi 5 février 2019 – 20h

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RESERVEZ VOTRE PLACE
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ROSSINI : L’Italienne à Alger
Dramma giocoso en 2 actes
Créé le 22 mai 1813 au Teatro San Benedetto de Venise
Livret de Angelo Anelli

Coproduction Opéra National de Lorraine, Opéra-Théâtre de Metz Métropole

Direction musicale: Gianluca Martinenghi
Mise en scène: David Hermann
Assisté de Karin Maria Piening
Décors: Rifail Ajdarpasic
Costumes: Bettina Walter
Lumières: Fabrice Kebour
Assistant: lumières Alexis Koch
Masques: Cécile Kretschmar

Isabella: Chiara Amarù
Mustafà: Burak Bilgili
Lindoro: Patrick Kabongo
Elvira: Jeanne Crousaud
Taddeo: Pierre Doyen
Zulma: Anna Destraël
Haly: Aimery Lefèvre

Choeur de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
La production créée en 2012, passée par Nancy en juin 2018, brille par son efficacité, une intelligence dramatique qui révèle le génie buffa de Rossini. Belle réussite.

TOURS, concert symphonique : L’Apprenti Sorcier

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de ToursTOURS, Opéra. Les 12 et 13 janvier 2019 : L’Apprenti sorcier… Voilà pour premier concert symphonique de l’année 2019, un programme haut en couleurs, véritable itinéraire symphonique, nécessitant de l’orchestre, une faculté à exprimer toute situation dramatique, comme s’il s’agissait d’un opéra, mais sans les voix. De surcroît sur le thème de la magie et des magiciens… Sous la direction du maestro Benjamin Pionnier, qui est aussi le directeur de l’Opéra de Tours, les 5 compositeurs choisis abordent l’écriture orchestrale comme de puissants magiciens ; habiles en sortilèges et tableaux particulièrement suggestifs.

L’ouverture d’Humperdinck (Hänsel et Gretel) confirmera l’admiration du compositeur pour… Wagner. Lequel est joué en seconde séquence, et en une invocation magique au feu : les flammes que suscite Wotan, grâce au dieu du feu, son complice depuis L’Or du Rhin, Loge, esprit aérien et terriblement astucieux, sont celles qui permettent à la Walkyrie favorite, Brünnhilde, d’être protégé sur son rocher où elle repose ; sans les flammes saintes, la divine vierge serait livrée au tout venant. Il faut un héros pour oser franchir la muraille crépitante… Ce sera Siegfried, son futur époux.
Dans ce final de la Walkyrie, l’opéra les plus tendre et amoureux de la Tétralogie, Wagner compose une page symphonique d’une exceptionnelle force dramatique, où le père des dieux, exprime ses adieux à sa fille chérie. Cet acte de renoncement et d’impuissance marque surtout la début de son déclin… En perdant sa fille aimée, Wotan devient le Wanderer, un patriarche errant, détruit intimement.
Contemporain de la déferlante wagnériste en Europe, L’Apprenti Sorcier de Paul Dukas date de 1897, une époque où pourtant par réaction, les compositeurs français revendiquent la suprématie de la musique française face à celle germanique, en particulier dans le genre de la musique de chambre et de l’écriture orchestrale.
Le poème est en réalité un scherzo symphonique; Dukas s’inspire de Goethe (Der Zauberlehrling de 1797) : le jeune apprenti sorcier se laisse dépasser par la magie qu’il a suscité ; en pilotant un balai pour remplir une bassine d’eaux, il se trouve rapidement submergé par le sortilège ; l’inondation menace quand le maître paraît et rompant le charme, cesse le désordre. Dukas oppose et mêle à la fois les deux thèmes du balai enchanté et de la joie de l’Apprenti : tout se précipite bientôt, s’emballe (quand par la hâche qu’il croyait salvatrice, l’Apprenti dédouble à l’infini le balai envoûté)… Jusqu’au chaos tumultueux, avant que ne surgisse le Maître excédé mais contrôlé qui semble gifler son élève audacieux et inconscient, grâce aux quatre notes ultimes. Walt Disney en 1937, dans le film FANTASIA, immortalise la force évocatoire de la musique, offrant des images inoubliables à cet emballement progressif, qui après l’impuissance du jeune apprenti, fait paraître définitif et indiscutable la sentence finale du Maître. L’écriture de Dukas excelle dans le genre du poème symphonique descriptif, usant avec un raffinement extrême les timbres des bois (clarinette basse, 3 bassons, 1 contrebasson… ce dernier pour exprimer le sortilège infernal qui démultiplie les balais porteurs des sceaux d’eau…).

La Sorcière de midi de Dvorak est trop peu connue et mérite amplement d’être jouée au concert ; quand pour conclusion de cette immersion orchestral et magique, Benjamin Pionnier a choisi la suite pour orchestre extraite d’Harry Potter à l’école des sorciers. John Williams s’y délecte à évoquer le pouvoir surnaturel et fantastique des adolescents devenus magiciens, souvent dépassés par le pouvoir et les forces qu’ils convoquent… Programme passionnant et prometteur à Tours, en ce mois de janvier 2019.

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TOURS, Opéra.
Concert Symphonique : L’Apprenti Sorcier
Samedi 12 janvier 2019 – 20h
Dimanche 13 janvier 2019 – 17h

RESERVEZ VOTRE PLACE
http://www.operadetours.fr/l-apprenti-sorcier-12-13-jan

Programme

Engelbert HUMPERDINCK
Ouverture de Hänsel et Gretel

Richard WAGNER
La Walkyrie : Adieux de Wotan et Magie du feu

Paul DUKAS
L’Apprenti Sorcier

Antonín DVOŘÁK
La Sorcière de midi (Polednice), B.196 (Op. 108)

John WILLIAMS
Suite Symphonique Harry Potter à l’école des sorciers

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

Conférences
Samedi 12 janvier – 19h
Dimanche 13 janvier – 16h
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Opéra de TOURS
Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

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Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

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TOURS, Benjamin Pionnier et Gilles Apap

APAP-Gilles-Apap-violon--concert-annonce-evenemnt-sur-classiquenews-mars-2018-gaveau-paris-28-marsTOURS, les 1er, 2 déc 2018 : MOZART, ARRIAGA. Le chef d’orchestre et directeur de l’Opéra de Tours, Benjamin Pionnier poursuit le cycle des concerts symphoniques à Tours et propose début décembre un très prometteur programme comprenant des œuvres de Mozart (ouverture de Cosi fan tutte le dernier des opéras de la trilogie Da Ponte), ARRIAGA (jeune prodige mort trop jeune : symphonie en ré majeur). En vedette de ce concert réjouissant, le violoniste hors normes, véritable personnalité charismatique qui décloisonne l’image de la musique classique, par sa décontraction et sa générosité vers le public, Gilles Apap (Concerto pour violon et orchestre n°5 de Mozart ; Airs Bohémiens de Pablo de Sarasate). Gilles Apap qui sait nourrir sa propre expérience musicale en jouant les musiques populaires, a trouvé une voie enivrante, réconfortante, entre extrême virtuosité technicienne et beauté intérieure du son. C’est donc comme l’affiche du concert l’indique, un Mozart décomplexé, désemperruqué, et finalement « pop » qui assure l’intérêt du programme à Tours, et très probablement sa réussite… Concert événement.

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TOURS, concert Mozart, Arriagaboutonreservation
Gilles Apap, violon
Samedi 1er décembre 2018 – 20h
Dimanche 2 décembre 2018 – 17h

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

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Programme :

Wolfgang Amadeus MOZART
Ouverture de Cosi fan tutte

Concerto pour violon et orchestre n° 5 en la majeur KV.219
Gilles Apap, violon

Pablo de SARASATE
Airs Bohémiens pour violon et orchestre Op.20

Juan Crisóstomo de ARRIAGA
Symphonie en ré majeur

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

Conférences de présentation au concert symphonique de décembre à TOURS

Samedi 1er décembre – 19h
Dimanche 2 décembre – 16h
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar / Entrée gratuite

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

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Ouverture du mardi au samedi
10h30 à 13h00 / 14h00 à 17h45

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COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Opéra, le 6 oct 2018. Concert DEBUSSY. Orch Symph. Région Cenre-Val de Loire / Tours. R. Houlihan.

HOULIHAN-RObert-maestro-chef-d-orchestre-concert-tours-review-compte-rendu-classiquenews-CLIC-de-decembre-Robert-Houlihan1-1COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Grand Théâtre / Opéra, le 6 octobre 2018. DEBUSSY : Symphonie Pelléas, Printemps… Orch Symphonique Région Cenre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. Il fallait être à Tours pour apprécier l’un des concerts Debussy parmi les mieux conçus et les plus passionnants à suivre en cette année commémorative du Centenaire Debussy 2018. Un cadeau d’autant plus apprécié que ce Centenaire est fêté à l’échelle nationale de façon bien timide… pour ne pas dire timorée de la part des programmateurs ; preuve que dans l’esprit et le cœur des mélomanes comme de la part du milieu des professionnels de la musique, Debussy rebute encore : trop difficile, trop raffiné ? C’est pourtant l’égal de Picasso : Debussy réalise en musique ce que Pablo a accompli en peinture : une révolution esthétique. Il a fait entrer la France et Paris, dans la modernité la plus insolente dès les années 1890… Et plus encore avec son ouvrage lyrique Pelléas et Mélisande créé en 1902. Debussy est un monstre sacré, créateur, novateur,… Tours honore cet héritage et souligne ce statut à part, grâce à un programme d’une exceptionnelle pertinence.

debussy jeuneLe chef et directeur de l’Opéra, Benjamin Pionnier, invite (pour la déjà troisième fois) le chef irlandais Robert Houlihan (2è Prix du Concours des chefs d’orchestre de Besançon 1981 dont le président du jury était l’inflexible Pierre Dervaux) ; Robert Houlihan peut à présent poursuivre un travail de fond avec les instrumentistes de l’Orchestre tourangeau ; le maestro irlandais qui parle très bien notre langue, confirme une règle désormais établie; ce sont souvent les anglo-saxons qui viennent en France nous (ré)enseigner l’amour des œuvres françaises. C’est vrai de Berlioz par un certain Colin Davis hier (aujourd’hui John Eliot Gardner) ; c’est encore vrai de Debussy, ce soir, dont la suite extraite de l’opéra Pelléas et Mélisande, (et conçue fort bien en « Symphonie » par Marius Constant), ainsi que « Printemps » (que jouait Boulez à Cleveland) sont à Tours révélés dans toute leur parure chromatique et dans leur force expressive …imprévue. Robert Houlihan nous offre un bain de jouissance symphonique dont il a désormais le secret avec ce goût et cette sincérité pour les œuvres françaises qu’il doit à son professeur George Hurst lequel a recueilli l’héritage de Pierre Monteux.
On ne peut guère rêver meilleure transmission, compréhension naturelle, accomplissement,… Les faits sont là et la direction qui se réalise ici parle pour l’évidente affinité du maestro avec les œuvres choisies. C’est que le chef réussit la gageure inscrite  dans l’écriture debussyste même : son activité instrumentale en surface, qui fait jaillir des timbres et des couleurs inédites en vagues et nimbes sonores éblouissants ; sa profonde cohésion architecturée qui soustend toute la mer d’accents et de nuances… entre détail et flux organique, microactivité et vue d’ensemble, la direction ne s’égare jamais ; tendue, vive, parfois véhémente, elle suit une trajectoire qu’il est passionnant d’écouter et de repérer pendant le concert.

 

 

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DÉTAIL ET ARCHITECTURE… C’est une réussite majeure à laquelle nous assistons ; Robert Houlihan veillant au relief de chaque timbre, à l’équilibre des pupitres, à la sonorité de l’ensemble malgré une grande disparité de couleurs comme d’effets, … autant de caractères, et défauts qui à l’époque même de Debussy, et ici pour « Printemps » (écrit en 1887), avait suscité le désaveu du jury destinataire de cet « envoi de Rome ». Incompris, maladroit, cet impressionnisme musical est-il si fumeux ou brumeux que cela ? C’est tout l’inverse en définitive car Robert Houlihan détaille, scrute chaque alliance de timbres avec un soin ciselé, une écoute magicienne qui sait aussi rétablir l’unité profonde et souterraine des séquences.

C’est donc vrai de « Printemps », œuvre de jeunesse que Henry Büsser a réorchestré (en 1908 ; créé en 1913) mais sans le métier du compositeur ; il en découle des disparités dans les annotations et indications agogiques souvent contradictoires. Voila pourquoi de grands chefs ont veillé particulièrement à résoudre les problèmes d’équilibre et de clarté des timbres, en abordant la partition. Robert Houlihan convainc de bout en bout, à travers les deux parties, par une sensibilité littéralement picturale, amoureux du détail comme grand architecte d’un développement parfaitement lisible.

 

 

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ÉLOGE DE LA COULEUR ET DU TIMBRE… C’est vrai aussi de la « Symphonie Pelléas » (conçue par Marus Constant en 1983) dont malgré le découpage arbitraire des extraits de l’opéra et l’assemblage parfois illogique qui en découle, la force expressive, l’élan structurel, la profondeur des climats intérieurs surgissent sous la baguette d’un maestro dramaturge et poète. Robert Houlihan insuffle à l’orchestre une quiétude enveloppante, des vapeurs sombres et mystérieuses ; une sauvagerie qui soutient l’apparent scintillement de surface. Plutôt que d’impressionnisme, il serait plus exact de parler d’illusionnisme car jamais la violence de Debussy qui sait mieux exprimer en définitive la jalousie maladive de Golaud que la passion juvénile de Pelléas pour Mélisande, ne s’est mieux dévoilée dans un concert. Le dramatisme brûlant que repère le chef et qu’il transmet à l’orchestre est percutant.
On aura vainement chercher les arabesques mélodiques si suaves et innocentes de Pelléas, auquel Debussy dans l’opéra réserve les plus beaux airs… en particulier le duo amoureux, enivré de la scène de la Tour (acte III); où le frère de Golaud s’emmêle, ardent, tendu par son désir, dans les longs cheveux de Mélisande ; elles ont moins inspiré Marius Constant dans son découpage que les stridences acides et douloureuses du Golaud, fou de rage et jaloux à en crever qui même torture Mélisande en l’empoigant par les cheveux (acte IV : « Absalon! En avant! en arrière! Jusqu’à terre! jusqu’à terre »). D’ailleurs l’unique opéra de Claude ne devrait-il pas s’appeler Golaud plutôt que Pelléas et Mélisande ? Constant architecture sa première partie en choisissant ce tableau orchestralement somptueux, suggestif et barbare pour le finale.

L’épaisseur et la matière du mystère se diffusent ensuite dans la mort de Mélisande quand contrairement à ce qui a précédé, c’est l’ascension de son âme, dans l’ombre qui s’efface peu à peu, au son des cloches qui sonnent hors scène, comme un glas… la tension concentre alors tout l’orchestre, dans une sonorité de plus en plus diaphane. Le MYSTÈRE jaillit. Et la musique qui exprime tout ce que les mots ne peuvent dire, atteint alors un moment de grâce d’une indicible intensité. Dans le silence. En quelques secondes, on passe de l’absolu solitude à l’évanescence la plus éthérée. Quel sens de la suggestion ; quel chef tout simplement. S’y révèlent, dans des effets de brumes harmoniques à la fois épaisses et aériennes, le souvenir évidemment de Wagner, que Debussy quoiqu’on en dise, a particulièrement assimilé et digéré : Tristan, Parsifal s’accordent à la matière symphonique de Pelléas. Passionnante expérience.

 

 

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PERLES COMPLÉMENTAIRES… Pertinent, le programme rappelle que c’est Fauré qui mit en musique le premier (avant Debussy), la pièce de théâtre Pelléas et Mélisande de Maeterlinck (1893), dès 1898… Ainsi jouée en ouverture du concert, sa suite Pelléas est abordée avec une profonde connaissance de l’écriture fauréenne, c’est à dire, avec infiniment d’élégance ; jamais maniérée ni décorative ; mais naturelle, coulante, fluide ; plus organique qu’objective… mais aussi âpre voire rugueuse et puissante avec accents et coups de semonce, comme dans la dernière séquence, celle de la mort de Mélisande, l’épisode le plus prenant ce soir après l’élégiaque et suave Sicilienne et sa mélodie déployée à la flûte. Du sombre et du tellurique il y en a bien, chez Fauré, dans l’appel des trompettes de plus en plus sourd et présent ; répétitif, obsédant. Et là encore la sensibilité du chef déploie une vision à la fois claire, transparente, précise, subtilement grave, onctueusement intérieure. Ce grave là avait été joué pour les funérailles de Fauré. C’est dire.

Complet et jouant la carte du sensualisme le plus révolutionnaire, le programme affichait aussi Prélude à l’après-midi d’un faune (1894), dont le développement s’émancipe du poème de Mallarmé, comme de son prétexte chorégraphique (dansé et chorégraphié par Nijinksi) pour atteindre à un sommet de musique pure, abstraite, plus sensorielle que cérébrale. Et sans la narration chorégraphique, libéré de sa contrainte scénique. Quoique. Le chef s’alanguit, souligne le poids naturel du silence, et dans le silence, il sait détacher puis déployer le fil continu qui s’écoule entre chaque séquence instrumentale, et qui rétablit la cohésion secrètement organique de la pièce. En son milieu , comme un emblème, l’unisson des 3 flûtes, au thème clé qui semble délivrer au centre de la pièce, le sens caché de tout l’édifice. On s’incline devant une telle intelligence interprétative. Superbe soirée, et de loin, le concert le plus captivant de ce centenaire Debussy 2018. De nouveaux rvs à l’Opéra de Tours sont prévus, la saison prochaine, sous la conduite de Robert Houlihan : à suivre évidemment.

 

 
 

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COMPTE-RENDU, concert. TOURS, Grand Théâtre / Opéra, le 6 octobre 2018. DEBUSSY : Symphonie Pelléas, Printemps… Orch Symphonique Région Cenre-Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction. Illustrations : Robert Houlihan à la tête de l’Orch Symph Région Centre-Val de Loire / Tours © Opéra de Tours 2018

 

Programme

Gabriel FAURÉ
Pelléas et Mélisande, suite Op.80

Claude DEBUSSY
Printemps, Suite symphonique

Prélude à l’après-midi d’un faune

Claude DEBUSSY | Marius CONSTANT
Pelléas et Mélisande – Symphonie (1983)

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Direction musicale : Robert Houlihan

 

 

 

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LIRE aussi TOURS, compte rendu critique, concert. Grand Théâtre, le 11 décembre 2016. Concert Shakespeare : Sullivan, Berlioz, Tchaikovski, Nicolaï, Sibelius, Dvorak. Orch Symphonique Région Centre Val de Loire / Tours. Robert Houlihan, direction.

 

 

http://www.classiquenews.com/tours-compte-rendu-critique-concert-grand-theatre-le-11-decembre-2016-concert-shakespeare-sullivan-berlioz-tchaikovski-nicolai-sibelius-dvorak-orch-symphonique-region-centre-val-de-loire/

 
 

 

TEASER. OPERA DE TOURS : création mondiale des Fées du Rhin de J OFFENBACH (1864)

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsTEASER. TOURS, Opéra. Offenbach : Les Fées. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les Fées, Offenbach dévoile déjà son génie de la mélodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opéra, avec chœur omniprésent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans défense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La création de la version française (car Les fées n’ont jamais été jouées en France du vivant de l’auteur), est en soi un événement lyrique, réalisé par l’Opéra de Tours. L’ouvrage ainsi dévoilé, devrait révéler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach déjà en 1864, passionné par la féerie, les mondes parallèles, humains et purement poétiques, d’une exceptionnelle intensité expressive… Il était temps de mesurer le génie d’Offenbach, hors des sempiternels opéras comiques qui se sont affirmés depuis au risque de le cataloguer dans un seul genre. © studio CLASSIQUENEWS 2018 – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM

LIRE aussi notre COMPTE RENDU détaillé de la production (TOURS, Opéra. Le 28 sept 2018) :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-tours-opera-le-28-sept-2018-offenbach-les-fees-du-rhin-version-francais-originale-creation-mondiale-rousseau-pionnier/

VIDEO, reportage. OPERA DE TOURS : création mondiale des Fées du Rhin de J OFFENBACH (1864)

offenbach-les-fees-opera-de-tous-annonce-presentation-crtiique-sur-classiquenewsVIDEO, reportage. TOURS, Opéra. Offenbach : Les Fées. Les 28, 30 septembre, 2 oct 2018. Dans Les Fées, Offenbach dévoile déjà son génie de la mélodie, sa puissante inspiration, un talent de dramaturge qui sait traiter le genre “noble” du grand opéra, avec chœur omniprésent, duos amoureux, trios cyniques et diaboliques, confrontations multiples entre soldats crapuleux et villageois sans défense, sans omettre le ballet et aussi, sujet oblige, un tableau onirique et fantastique, surnaturel et magique (le Rocher des Elfes au III). La création de la version française (car Les fées n’ont jamais été jouées en France du vivant de l’auteur), est en soi un événement lyrique, réalisé par l’Opéra de Tours. L’ouvrage ainsi dévoilé, devrait révéler avant Les Contes d’Hoffmann, le talent d’un Offenbach déjà en 1864, passionné par la féerie, les mondes parallèles, humains et purement poétiques, d’une exceptionnelle intensité expressive… Il était temps de mesurer le génie d’Offenbach, hors des sempiternels opéras comiques qui se sont affirmés depuis au risque de le cataloguer dans un seul genre. REPORTAGE VIDEO, avec Benjamin Pionnier, directeur de l’Opéra de Tours et directeur musical ; Pierre-Emmanuel ROUSSEAU, metteur en scène… © studio CLASSIQUENEWS 2018 – Réalisation : Philippe-Alexandre PHAM – durée : 12 mn : Tout savoir des Fées du Rhin de Jacques Offenbach : la présence de la Nature et du Fantastique, les Elfes, les deux personnages clés (Hedwig et Laura), l’écriture d’Offenbach…

LIRE aussi notre COMPTE RENDU détaillé de la production (TOURS, Opéra. Le 28 sept 2018) :
http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-tours-opera-le-28-sept-2018-offenbach-les-fees-du-rhin-version-francais-originale-creation-mondiale-rousseau-pionnier/

Compte rendu, critique, concert. Tours. Grand Théâtre, le 16 septembre 2016. Récital Annick Massis, soprano. Benjamin Pionnier, direction musicale.    

Retrouver la soprano française Annick Massis, c’est, au fil du temps, comme retrouver une amie dont la présence chaleureuse et régulière rythme nos escapades lyriques et qu’on est toujours heureux de revoir. C’est avec elle que le chef d’orchestre Benjamin Pionnier a choisi d’ouvrir son mandat à la tête de l’Opéra de Tours, et c’est à cette occasion qu’il dirige pour la première fois l’orchestre de la maison. Pari réussi, à en juger par l’accueil enthousiaste des spectateurs venus nombreux pour ce premier concert de la saison 16-17. L’orchestre répond idéalement à son nouveau directeur et fait valoir tout au long de la soirée la qualité de ses pupitres, notamment dans l’Intermezzo de Manon Lescaut et dans l’Ouverture de Semiramide, Benjamin Pionnier dirigeant ses troupes avec une énergie visible et sachant en faire briller les couleurs en évitant tout excès.

La soprano française Annick Massis a donné un récital mémorable à l’Opéra de Tours

Feu d’artifice lyrique en ouverture de la saison tourangelle

massis annick tours opera concert 16 septembre 2016A l’écoute des premiers accords ouvrant la Sinfonia de la Norma bellinienne, on craint pour l’équilibre acoustique de la soirée, tant les musiciens réunis sur la scène emplissent jusqu’à saturation l’espace finalement assez réduit du théâtre tourangeau. Mais dès morceau suivant, la balance sonore se fait entre voix et orchestre, dans des proportions idéales. Un morceau à la valeur hautement symbolique, puisqu’il s’agit de la célèbre prière de Norma « Casta Diva » et que la date du concert coïncide avec le 39e anniversaire de la mort de Maria Callas, à laquelle Annick Massis tenait à rendre hommage durant ce récital. Une prière interprétée avec une belle pudeur par la soprano française, malgré un trac palpable durant les premières phrases mais vite dissipé dès que l’instrument monte et s’envole vers ses meilleures notes. Toujours Bellini avec la scène de Giulietta, que la chanteuse fait sienne avec une évidence confondante, tant le personnage existe dès les premiers mots et la musique semble couler toute seule dans sa voix. Le récitatif se voit ainsi déclamé avec une précision de haute école, et l’air, chanté tout entier dans une mezza voce suspendue, se déploie lentement le long d’un legato admirablement déroulé.
Le programme se poursuit en compagnie du personnage de Juliette, cette fois celle peinte par Gounod. Le redoutable air du Poison témoigne, ainsi qu’à Liège voilà trois ans, de l’évolution de la vocalité de la soprano et du champ des possibles qu’ouvre cette lente maturation de l’instrument. La voix s’est étoffée sans perdre la riche insolence de son aigu et le grave, totalement ouvert, sonne pleinement, percutant et fier. Quant à la Valse, elle clôt la première partie d’une façon aussi virtuose qu’apparemment facile, vocalises déliée et aigus crânement lancés.
Traviata for ever… Une fois l’entracte passé, Annick Massis renoue avec l’un de ses rôles de prédilection. Dès les premières notes du violon, la chanteuse semble disparaître, et c’est le personnage de Violetta Valéry qui se dresse devant nous, résignée mais toujours altière. Les mots de la lettre sont dits simplement mais avec une sincérité bouleversante, et ce « È tardi », si souvent crié à la face du monde par nombre de cantatrices, et ici énoncé comme une évidence déjà acceptée. Dans l’air qui suit, si souvent entendu au gré des scènes, la soprano française propose une progression dramatique aussi originale que personnelle, et qui justifie pleinement le rétablissement du second couplet. Ainsi, sa dévoyée, d’un couplet à l’autre, passe de la tristesse amère à la révolte, animée par un farouche désir de vivre qu’elle défendra jusqu’au bout, prenant à témoin les spectateurs de son combat contre la mort. Une vision admirablement servie vocalement, riche de couleurs et de nuances, phrasé archet à la corde, du très grand art.
Davantage de légèreté avec la scène du Cours-la-Reine de la Manon de Massenet, dont la coquetterie est rendue avec une malice coupable par la soprano. L’écriture du rôle lui va évidemment comme un gant, et si le contre-ré clôturant le récitatif se révèle un peu court, celui couronnant l’air est atteint glorieusement et longuement tenu, à la grande satisfaction de la chanteuse… et la nôtre, comme un pari réussi.
Et pour refermer ce programme franco-italien, l’un des défis dans lesquels se lance Annick Massis dans les semaines à venir : le rôle de Maria Stuarda, qui sera la première incursion de la chanteuse parmi les grandes reines donizettiennes, et la confirmation éclatante de l’évolution vocale que nous évoquions plus haut. La confrontation complète entre la reine d’Ecosse et la soprano aura lieu dans un peu plus d’un mois en version de concert sur la scène de l’Opéra de Marseille, ce récital permettait ainsi un premier rodage de la scène ouvrant l’acte II.
Force est de constater que tout fonctionne à merveille et que la prise de rôle prochaine promet d’être un très beau succès. La cavatine déploie superbement sa ligne, et la cabalette, rageuse, se révèle électrisante, pleinement assumée jusque dans les sauts de registres, les variations dans la reprise, et un contre-ré fièrement dardé qui achève de soulever la salle.
Le public est en liesse et en redemande : « avec ce qui reste, on va faire le maximum » répond la chanteuse. Ce sera rien moins que la cabalette finale « Ah non giunge » extraite de la Sonnambula de Bellini, l’un de ses chevaux de bataille. On n’oubliera pas de sitôt cette image de la soprano se retournant vers l’orchestre durant le pont instrumental qui prépare la reprise, comme pour se gorger de l’énergie dégagée par les musiciens, avant de refaire face au public dans un contre-mi bémol sidérant, attaqué de front, qui éblouit littéralement par sa richesse harmonique et remplit toute la salle.
Les spectateurs exultent et rappellent longuement Annick Massis qui paraît soulagée par ce succès. Ultime rappel : la Pastorella dell’Alpi écrite par Rossini, petit bijou d’humour imitant la tyrolienne et que la soprano chante avec une gourmandise non dissimulée, osant un grave inattendu qui fait éclater de rire toute la salle, avant de remonter pour clore l’air sur un contre-ré bémol déconcertant de facilité, impérial.
Un vrai moment de bonheur, servi par une chanteuse terriblement attachante, qu’on aime à suivre, et qu’on espère retrouver bientôt.

Tours. Grand Théâtre, 16 septembre 2016. Vincenzo Bellini : Norma, Sinfonia ; “Casta diva”. I Capuleti e i Montecchi, “Eccomi in lieta vesta… O quante volte”. Adelson e Salvini,  Sinfonia. Charles Gounod : Roméo et Juliette, Entracte de l’acte II ; “Dieu quel frisson… Amour, ranime mon courage” ; Le Sommeil de Juliette, Acte V ; “Je veux vivre” ; Giuseppe Verdi : I Vespri siciliani, Sinfonia ; La Traviata, “Teneste la promessa… Addio del passato”. Giacomo Puccini : Manon Lescaut, Intermezzo. Jules Massenet : Manon, “Suis-je gentille ainsi ?”. Gioachino Rossini : Semiramide, Ouverture. Gaetano Donizetti : Maria Stuarda, “Oh nube che lieve… Nella pace del mesto riposo”. Annick Massis. Orchestre Symphonique Région Centre-Tours. Benjamin Pionnier, direction musicale

Lucia di Lammermoor à Tours

TOURS, Opéra. Donizetti : Lucia di Lammermoor, les 7, 9 et 11 octobre 2016. En adaptant pour Donizetti en 1835, le roman de Walter Scott, Salvatore Cammarano souligne l’impuissance tragique d’une fille pourtant bien née… elle est noble en son château, mais orpheline et sans le sou.

 

 

 

TOURS : Lucia de Lammermoor, les 7, 9, 11 octobre 2016

Le supplice de Lady Jane Grey par le peintre Hippolyte Paul Delaroche, 1834.

 

 

donizetti-687Lucia pourrait être une histoire parallèle au Roméo et Juliette de Shakespeare, l’une de ses possibles « variations » : il y est question comme dans le drama médiéval d’une rivalité entre deux clans, les Ashton et les Ravenswood. Et dans ce conflit qui détruit les familles, de l’amour qui unit pourtant deux de ses membres : Lucia Ashton aime passionnément Eduardo Ravenswood. Mais le frère de Lucia, Lord Enrico Ashton fait savoir dès la première scène qu’il décide du sort de sa soeur et la promet à un riche mariage, – avec Arturo Bucklaw, pour redorer le blason familial (et empocher les fruits de la dote). Les quiproquos malheureux (rendus possible par une étonnante passivité aveugle d’eduardo), précipite le sort de Lucia pourtant constante et loyale dans ses sentiments : si elle épouse forcée, Arturo, elle le tue le soir des noces, puis devenue folle, se tue, entrainant le suicide d’eduardo. Tragédie inéluctable des amants sur terre : les cœurs purs ne sont pas de ce monde. Le dernier et troisième acte de Lucia est le plus spectaculaire : la scène de folie, écrin à vocalises, permet à la seule figure vraiment développée du drame lyrique, Lucia sacrifiée, de développer sa langueur mortifère. Donizetti cisèle la langue du bel canto le plus suave et délicat, sur le livret de Cammarano particulièrement efficace et simple, dans lequel le trio infernal de l’opéra italien romantique : baryton noir voire sadique (Enrico le frère), ténor ardent angélique (Edgardo l’amant écarté), soprano éclatant sacrificiel (Lucia) se fixe définitivement.

 

 

 

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Lucia di Lammermoor de Donizetti à l’Opéra de Tours

Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Décors : Jacques Gabel
Costumes : Katia Duflot
Lumières : Roberto Venturi

Lucia : Désirée Rancatore
Edgardo : Jean-François Borras
Enrico : Jean-Luc Ballestra
Raimondo : Wojtek Smilek
Arturo : Mark van Arsdale
Alisa : Valentine Lemercier
Normanno : Enguerrand de Hys

Choeurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours
Coproduction Opéra de Marseille & Opéra de Lausanne

 

 

Récital exceptionnel Annick Massis à Tours

massis-annick-soprano-coloratoure-recital-opera-classiquenewsTOURS, Opéra. Récital Annick Massis, vendredi 16 septembre 2016, 20h. Coloratoure exceptionnelle, la soprano Annick Massis est l’une des rares cantatrices française à maîtriser autant le bel canto italien (Rossini impeccables et de grand style ; Bellini murmuré, précis, enivré) que les grands rôles du romantisme française (Gounod, Massenet). Avec Véronique Gens, nous tenons les chanteuses soucieuses d’articulation comme de justesse expressive. A Tours, avec la complicité de l’orchestre maison, la diva française ouvre la nouvelle saison de façon magistrale par ce récital lyrique incontournable : elle rend hommage aux maîtres de l’opéra romantique français et italien, en un chant raffiné, aux phrasés spécifiques d’une grande diseuse, à la ligne vocale au souffle maîtrisé…
De Norma (Bellini), Annick Massis exprime l’ineffable air de la prêtresse gauloise (comme Velléda) amoureuse d’un romain mais trahie par lui… air à la lune qui recueille ses espoirs perdus mais reste porté par sa force morale intacte (casta diva) ; puis, la soprano est Juliette (Gounod) : ardente et passionnée, d’une juvénilité conquérante malgré la tragédie qui l’emporte. De Verdi, voici Violetta Valéry, défaite, déchirante au II (Addio del passato), où la courtisane qui a trouvé le pur amour, doit renoncer à tout bonheur… Enfin, Annick Massis choisit l’air le plus pyrotechnique qui soit de l’opéra français fin de siècle (air du Cours la Reine de Manon de Massenet, air de triomphe marqué par l’insouciance de la jeunesse) enfin la diva française ressuscite la dignité tragique de Maria Stuarda (Donizetti). Récital ambitieux mais passionnant par l’une de nos plus grandes chanteuses actuelles.

Oeuvres de Donizetti, Bellini, Rossini, Massenet, Gounod, Debussy. L’orchestre de l’Opéra (Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours) est dirigé par le nouveau directeur du Théâtre de Tours, Benjamin Pionnier.

tours-opera-orchestre-grand-theatre-benjamin-pionnier-saison-2016-2017-clic-de-clasiquenewsOpéra de Tours
Récital de la soprano Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
RESERVEZ

Programme

• Vincenzo Bellini :
- Norma :
- Ouverture
- Casta Diva
- Capuleti e Montecchi. Eccomi… o quante volte
- Adelson e Salvini – Sinfonia

• Charles Gounod : Roméo et Juliette
- Entr’acte de l’acte II
- Air du poison : Dieu quel frisson
- Le Sommeil de Juliette
- Valse de Juliette : Je veux vivre.

• Giuseppe Verdi :
- I Vespri Siciliani – Sinfonia
- La Traviata : Addio del passato

Giacomo Puccini : Manon Lescaut : Intermezzo

Jules Massenet : Manon : Le Cours la Reine

Gioachino Rossini : Ouverture de Semiramide

• Gaetano Donizetti :  Maria Stuarda : Oh, nube, che lieve

Lucia di Lammermoor à Tours

Mai et juin 2014 : printemps Donizetti !TOURS, Opéra. Lucia di Lammermoor : 7,9,11 octobre 2016. Le sommet belcantiste de Donizetti de 1835 investit l’Opéra de Tours pour 3 dates incontournables. Sur un livret de Salvatore Cammarano, l’action expose la figure sacrifiée de Lucia Ashton, mariée contre son gré par son frère Enrico, alors que le jeune femme palpite plutôt pour Edgardo, hélas membre de la famille ennemie des Ashton. Ravenswood, Ashton … voilà une nouvelle guerre dynastique qui rappelle Capulets contre Montaigus, ici et là, c’est le coeur pur de deux amants sincères qui est broyé pour sauvegarder l’immoralisme de guerres fratricides. Ainsi Lucia épousée malgré elle par Arturo Bucklaw, sombre dans la dépression et la folie ; tue son mari non désiré et meurt dans une fabuleuse scène de folie éveillée au III. Comme pour Elvira des Puritains de Bellini (créé aussi en 1835), toutes les divas belcantistes dignes de ce nom se confrontent tôt ou tard à ce rôle nécessitant tendresse, intensité, incandescence incarnées par une vocalità virtuose et flexible aux phrasés filigranés. Hier, Joan Sutherland, aujourd’hui la sud africaine Pretty Yende, irradiante irrésistible par son feu juvénile et acrobatique, confirmé dans un superbe cd nouvellement paru (A Journey / Pretty Yende, édité en septembre 2016, CLIC de CLASSIQUENEWS)… chaque cantatrice colore par leur timbre spécifique et leur agilité mesurée, le profil tragique de Lucia. Pour réussir ce Donizetti, arbitre du bon goût belcantiste – alliant raffinement, expressivité, élégance et noblesse, il faut un orchestre et des solistes de premier plan. Qu’en sera-t-il à Tours en octobre 2016 ?

 

 

 

Lucia di Lammermoor à l’Opéra de TOURS, Opéra séria en trois actes
Livret de Salvatore Cammarano
Création le 26 septembre 1835 à Naples

Coproduction Opéra de Marseille & Opéra de Lausanne

Direction musicale : Benjamin Pionnier
Mise en scène : Frédéric Bélier-Garcia
Décors : Jacques Gabel
Costumes : Katia Duflot
Lumières : Roberto Venturi

Lucia : Désirée Rancatore
Edgardo : Jean-François Borras
Enrico : Jean-Luc Ballestra
Raimondo : Wojtek Smilek
Arturo : Mark van Arsdale
Alisa : Valentine Lemercier
Normanno : Enguerrand de Hys

Choeurs de l’Opéra de Tours
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours

Vendredi 7 octobre 2016 – 20h
Dimanche 9 octobre – 15h
Mardi 11 octobre – 20h

16,50 € – 19,50 € – 33 € – 59 € – 72 €
Tarif réduit accordé sur présentation d’un justificatif valide.

 

 

Conférence / Introduction à l’opéra Lucia di Lammermoor
Samedi 1er octobre – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

 

 

 

Infos, réservations, présentation sur le site de l’Opéra de Tours

Opéra de Tours, nouvelle saison lyrique 2016 – 2017

tours-opera-orchestre-saison-2016-2017-vignette-475Opéra de Tours, saison lyrique 2016 – 2017. Présentation générale et temps forts de la saison opéra à Tours sous la conduite de son nouveau directeur, le chef d’orchestre, Benjamin Pionnier. Si l’on voulait dégager une ligne artistique principale, la nouvelle saison lyrique tourangelle met l’accent sur les grandes amoureuses tragiques et passionnées, telle Lucia, Tosca, Russalka, sans omettre la délicieuse Lakmé. C’est de toute évidence, l’affirmation au Grand Théâtre de Tours, du répertoire autant lyrique que symphonique, car ici, Puccini, Dvorak, ou Delibes affirment, chacun idéalement, un sens de la couleur et des atmosphères phénoménal. Pour servir ces choix prometteurs, l’Opéra accueille quelques grandes divas de l’heure, sans omettre la coopération toujours active de l’orchestre maison, l’OSRCVLT – Orchestre symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours, invité à défendre des partitions orchestralement passionnantes…

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de ToursPas moins de 7 propositions lyriques à venir en 2016 – 2017, à partir de septembre 2016 à l’Opéra de Tours qui propose ainsi, d’abord en ouverture de saison nouvelle, un somptueux récital lyrique mettant en avant l’une des divas françaises les plus bouleversantes de l’heure (et ces dernières années étrangement absente du paysage hexagonal), la soprano coloratoure Annick Massis. L’équipe de Classiquenews se souvient de son éblouissante Traviata à Liège (VOIR notre reportage vidéo exclusif) : incandescence des phrasés d’une finesse absolue, technicité coloratoure parfaite, surtout instinct et style vocal d’une irréprochable vérité : des qualités aussi exceptionnelles que rares qui font de “La Massis”, l’une des dernières divas belcantistes de notre siècle avec … Edita Gruberova. La diva a tout aujourd’hui pour convaincre et éblouir et c’est un récital événement qui se profile ainsi à Tours, le vendredi 16 septembre 2016, 20h (Airs d’opéras de Donizzetti, Bellini, Rossini, Massenet, Debussy… sous la direction de Benjamin Pionnier).

Puis en octobre 2016, pleins feux sur le chant bel cantiste de Donizetti avec Lucia di Lammermoor, sommet du romantisme italien, créé à Naples en septembre 1835. Désirée Rancatore et Jean François Borras chantent le couple éprouvé, tragique des amants magnifiques Lucia et Edgardo. Lucia appartient bien à cette généaolgie de jeunes femmes sacrifiées, qui contrainte par les hommes de son clan, assassine l’époux qui lui a été imposé, le soir de ses noces, puis paraît ensanglantée, en proie à un délire destructeur, folle, ivre, détruite… Les 7, 9 et 1 octobre 2016 (Benjamin Pionnier, direction / Frédéric Bélier-Garcia, mise en scène).

Pour les fêtes de fin d’année 2016 – (le 31 décembre à 19h), rien ne vaut la grâce et l’élégance de l’opérette viennoise, celle de Franz Lehar : Au Pays du sourire, comédie alliant profondeur, nostalgie, insouciance, créée à Berlin à la veille de la barbarie nazie, le 29 octobre 1929. L’exotisme du sujet dessine une rencontre amoureuse prise entre salons viennois et traditions pékinoises… L’ouvrage affirme une pure séduction mélodique grâce à plusieurs numéros devenus des tubes : “Je t’ai donne mon cœur”, “Prendre le thé à deux”… Nouvelle production, avec Gabrielle Philiponet et Sébastien Droy (Lisa et Prince Sou-Chong) entre autres, sous la direction de Sébastien Rouland.

2017

L’Opéra de Tours a toujours su favoriser les perles oubliées ou relativement jouées du romantisme français… pari confirmé début 2017 avec un sommet d’orientalisme suave et mélodiquement irrésistible : Lakmé, créé à Paris le 14 avril 1883, de Léo Delibes. Que deviendra la fille du Brahmane, éprise du bel officier anglais ? Comment pèse ici encore le poids des traditions et des cultures différentes ? L’ouvrage exige dans le rôle titre une jeune soprano coloratoure de premier plan (récemment Sabine Devielhe). A Tours, sous la direction de Benjamin Pionnier, c’est Jodie Devos qui relèvera ce défi vocal, aux côtés du ténor Julian Dran dans le rôle de l’anglais Gérald… sans omettre la participation de Vincent Le Texier (Nilakhanta) Les 27, 29, 31 janvier 2016. A ne pas manquer la série de “complicités”, événements culturels et musicaux au thème proche, comme par exemple : “Les nuits de Jaipur” par Doulce Mémoire et Denis Raisin Dadre, le 19 janvier à 20h ; ou précédemment, au Musée des Beaux-Arts, la lecture conférence “Delacroix orientaliste le 28 janvier à 16h… Visiblement la confrontation / fascination Orient, Occident inspire l’Opéra de Tours.

En mars 2017, la scène tourangelle affiche une comédie musicale signée Mitch Leigh, créée au Goodspeed Opera House en juin 1965 : L’homme de la Mancha, première à l’Opéra de Tours. Jean-LOuis Grinda qui vient d’arriver aux Chorégies d’Orange signe la mise en scène ; Didier Benetti, assure la direction musicale, avec dans le rôle-titre : Nicolas Cavallier (Don Quichotte et Cervantes), Raphael Brémard (Sancho Pancha), Estelle Danière (Dulcinée)… Ce Don Quichotte enamouré, ivre de sa passion inacessible aurait pu s’appeler aussi “l’Homme des étoiles”…
Les 24, 25 et 26 mars 2016.

Volet lyrique tragique et hautement orchestral pour quatre dates d’avril 2017 (les 21, 23, 25 et 27 avril) avec Tosca de Puccini (créé à Rome, la ville où se passe l’action même, le 14 janvier 1900). Chanteuse passionnée, Floria Tosca aime passionnément le libertaire et bonapartiste peintre Mario Cavaradossi : mais le couple amoureux s’oppose au cruel et jaloux préfet de la police de Rome, le monarchiste pervers, Scarpia. Inspiré de la pièce de Victorien Sardou, Tosca de Puccini est un sommet de l’opéra italien au début du siècle, d’une violence et d’une tendresse spectaculaire. Dans le trio captivant, trois chanteurs à suivre à Tours : Maria Katzarava (Tosca), Angelo Villari (Mario), et Valdis Jansons (Scarpia). Ne manquez pas outre la prière à la Vierge de Tosca (le fameux Vissi d’amore, vissi d’arte…), le finale du premier acte où Scarpia démiurge à l’église, conduit la foule des adorateurs, clergé, fidèle, soldats… Un tableau irrésistible qui exige du chef, de l’orchestre, des solistes et des chœurs, une parfaite mise en place… Benjamin Pionnier, direction musicale. Pier-Francesco Maestrini, mise en scène.

Pour conclure sa saison 2016 – 2017, l’Opéra de Tours affiche en mai 2017 une autre amoureuse magnifique et tragique du début du XXè : Russalka d’Anton Dvorak (créé à Prague le 31 mars 1901). Ce sommet de l’opéra en langue tchèque, véritable immersion dans la féerie aquatique et fantastique, est portée par le chef Kaspar Zehner et la mise en scène de Dieter Kaegi. Dans le rôle-titre, Nathalie Manfrino, qui relève les défis de la langue de Dvorak. A ses côtés : Johannes Chum (le Prince), Michail Schelomianski (Ondin), Isabelle Cals (la princesse étrangère). Là encore il est question comme pour Lucia, d’une amoureuse capable du sacrifice ultime. La nymphe des eaux Russalka renonce à sa nature et à son identité première pour aimer le beau prince inconnu qui se baigne dans le lac… mais après quelques avatars, la jeune amoureuse doit perdre le seul être qui comptait. Les 17, 19 et 21 mai 2017.

 

 

Toutes les productions lyriques sont réalisés avec le concours de
l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours,
des Choeurs de l’Opéra de Tours.

 

 

 

Bonus / nouveautés : l’Opéra de Tours poursuit ses conférences présentant les ouvrages lyriques avant chaque série de représentations, mais aussi élargit ses propositions en intégrant de nouveaux spectacles, lectures, conférence : les “complicités“… le Grand Théâtre organise en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Tours et le Conservatoire par exemple…, des événements au sujet complémentaire avec les soirées lyriques présentées au Grand Théâtre. Consultez le site de l’Opéra de Tours pour identifier les propositions qui vous inspirent selon chaque ouvrage lyrique de la nouvelle saison 2016 – 2017.

 

 

 

Saison lyrique 2016 – 2017 de l’Opéra de Tours
AGENDA : 1 récital majeur / 6 opéras

Ouverture de saison : récital lyrique Annick Massis
Vendredi 16 septembre 2016, 20h
Réservez

Donizetti : Lucia di Lammermoor
Les 7, 9 et 11 octobre 2016
Réservez

Franz Lehar : Le Pays du sourire
Les 24, 28, 30 et 31 décembre 2016
Réservez

Lakmé de Léo Delibes
Les 27, 29, 31 janvier 2017
Réservez

L’Homme de la Mancha de Mitch Leigh, 1965, première à Tours
Les 24, 25 et 26 mars 2017
Réservez

Tosca de Puccini
Les 21, 23, 25 et 27 avril 2017
Réservez

Russalka d’Anton Dvorak
Les 17, 19 et 21 mai 2017
Réservez

 

 

 

Informations, réservations sur le site de l’Opéra de Tours
Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

 

 

Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l'Opéra de Tours

 

Le chef d’orchestre Benjamin Pionnier, nouveau directeur de l’Opéra de Tours

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Eugène Onéguine à l’Opéra de Tours

tchaikovsky piotr illytchTOURS, Opéra. Tchaikovski: Eugène Onéguine, les 11, 13 et 15 mai 2016. Une nouvelle tragique de Pouchkine, quintessence du romantisme russe, inspire Tchaïkovski pour composer un opéra âpre, vrai théâtre psychologique dont les thèmes sont l’impuissance, la fatalité, la force d’un destin maudit… en l’occurrence celui d’Eugène : noble aigri, victime de l’amour qui pour se préserver préfère renoncer à tout amour;  aussi quand celui ci prend les traits de la belle et jeune Tatiana, le bourreau feint une indifférence qui approche le mépris : même la sublime déclaration écrite que la jeune femme adresse à celui qui lui a ravi le coeur, n’y fait rien et l’homme se mure définitivement dans la solitude. .. Pourtant des années après, Tatiana devenue princesse rayonne et séduit Eugène qui cette fois, ne pouvant résister, s’enflamme, avoue sa passion. …mais décalage et erreur de synchronicité, il est trop tard : si Tatiana aime toujours Onéguine, elle restera fidèle à son époux.

OPERA : Eugène Onéguine saisissant à l'Opéra de Tours

La production mise en scène par Alain Garichot cisèle chaque profile psychologique en une épure finale qui atteint la sobre et très intense épure sentimentale. On avait découvert cette réalisation sur la scène d’Angers Nantes Opéra (mai 2015) : action brûlée,  voix passionnées  alors. Un grand moment de vérité tragique loin des visions trop décalées ou théatreuses, c’est à dire trop peu respectueuse de la musique. Fidèle à sa manière Alain Garichot respecte l’intelligibilité des situations émotionnelles, leur pure et claire implosion dans l’explicite. Sur scène, il n’est pas d’équivalent à l’intensité cynique barbare des passions conçues par Piotr Illiytch.

Eugène Onéguine à l’Opéra de Tours
Scènes lyriques en trois actes
Livret du compositeur, d’après Pouchkine
Création le 29 mars 1879 à Moscou

Mercredi 11 mai 2016 – 20h
Vendredi 13 mai 2016 – 20h
Dimanche 15 mai 2016 – 15h

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Alain Garichot

Tatiana : Gelena Gaskarova *
Olga : Aude Extrémo
Madame Larina :Cécile Galois
Filipievna : Nona Javakhidze
Eugène Onéguine : Jean-Sébastien Bou
Lenski : Sébastien Droy
Prince Grémine :Grigory Soloviov *
Monsieur Triquet :Loïc Félix *
Zaretski : Jean-Vincent Blot *

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Présenté en russe, surtitré en français
* débuts à l’Opéra de Tours

Réservations / informations
02.47.60.20.00
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h à 12h / 13h à 17h45
Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

LIRE notre critique complète de la production d’EUGENE ONEGUINE de Tchaikovski présenté en mai et juin 2015 par Angers Nantes Opéra

Tout un monde lointain de Dutilleux à l’Opéra de Tours

dutilleux henriTOURS, Opéra. Dutilleux, Beethoven. Les 2 et 3 avril 2016. Jean-Yves Ossonce dirige l’orchestre maison dans deux partitions ambitieuses ; l’une célébrant la mémoire et le legs musical d’Henri Dutilleux dont 2016 marque le centenaire ; la seconde, honorant le génie révolutionnaire beethovénien. Créé à Aix en 1970, Tout un monde lointain nécessite la présence virtuose, introspective d’un violoncelliste (à Tours, l’Opéra a convié Xavier Phillips). La partition est emblématique de l’écriture d’Henri Dutilleux : suggestive, soucieuse de climats atmosphériques comme d’allusions littéraires et surtout poétiques (Les Fleurs du mal de Baudelaire); Evidemment il faut réécouter l’enregistrement du Concerto par le soliste dédicataire, Rostropovitch (Erato Warner classics, 1974 avec l’Orchestre de Paris et Serge Baudo). 5 mouvements comme s’il était conçu comme un poème musical, d’Enigme à Hymne : tout ici cite les brumes énigmatiques en effet dans l’esprit du Pelléas de Debussy où le chant du violoncelle prend l’auditeur par la main et le conduit dans des chemins de traverse aux contours et horizons indécis, mystérieux, palpitants, portes entrouvertes vers un inconnu qui se dérobe. Intense et poétique, c’est à dire filigrané jusque dans son dernier repli murmuré et tout d’un coup évanescent, le violoncelle disparaît en gardant tous ses secrets. Amateur du mystère et des filiations poétiques à peine voilées, Dutilleux cultive l’énigme. Au spectateur d’en déceler le parcours vers la lumière, l’élucidation finale.

 

 

 

Opéra de Tours, concert

Henri Dutilleux : Tout un monde lointain
(Xavier Phillips, violoncelle)
Beethoven : Symphonie n°3 “Eroica” opus 55

Orchestre Région Centre-Val de Loire Tours
Jean-Yves Ossonce, direction

Samedi 2 avril 2016, 20h
Dimanche 3 avril 2016, 17h

 

 

Aprofondir
LIRE notre présentation / dossier de la Symphonie EROICA n°3 de Beethoven
LIRE notre dossier spécial Centenaire Henri Dutilleux 2016

 

 

 

Duo Beydts / Bernstein à l’Opéra de Tours

guitry sacha yvonne printemps 019-yvonne-printemps-and-sacha-guitry-theredlistTOURS, Opéra. Doublé Beydts / Bernstein : 25, 27 et 29 mars 2016. L’Opéra de Tours en cette ultime saison lyrique que dirige in poco le chef-directeur Jean-Yves Ossonce, joue la carte de l’insouciance apparente, pourtant portée par une gravité souterraine qui défend sous le masque de la comédie, une profondeur bouleversante. Subtilité, évanescence : voilà l’équation qui donne sa cohérence à cette nouvelle production événement. Au programme deux pièces lyriques à ne pas manquer : La Société anonyme des messieurs prudents ou SADMP, joyau bouffe en un acte signé Louis Beydts d’après le livret de Sacha Guitry et créé à Paris en 1931. Puis, Trouble in Tahiti de Leonard Bernstein, également en un seul acte unique, créé à Waltham en juin 1952. Pour unifier le diptyque, c’est la metteur en scène déjà appréciée ici même et dans une autre production double (associant La voix humaine de Pulenc et L’Heure espagnole de Ravel), Catherine Dune qui rétablit l’action théâtrale tout en cultivant aussi la poésie et l’humour. Guitry imagine 4 soupirants, désormais associés en sarl pour couvrir de cadeaux « Elle », leur chère idolâtrée, au prorata de leur investissement. A la création, Guitry avait créé le rôle d’Agénor, et sa partenaire, Yvonne Printemps était « Elle ». L’ouvrage incarne les délices d’un drame savoureux, plein d’esprit, propre aux années 1930. Une bouffée d’insouciance au bord du précipice  à venir…

bernstein Leonard_Bernstein_by_Jack_MitchellDans Trouble in Tahiti, Bernstein analyse avec l’acuité musicale qui lui est propre, les vertiges artificiels de la classe moyenne américaine, à travers un petit couple, très petit bourgeois, très convenable, et pourtant si dérisoire… décrit par 3 commentateurs (trio mâle et délirant). 5 années avant West Side Story, tout le Bernstein, génie du musical, s’affirme dès 1952 : suavité mélodique, parodie et satire à peine voilée, emporté par un swing irrésistible et une orchestration d’une finesse éblouissante. Nouvelle production incontournable.

Diptyque Beydts / Bernstein à l’Opéra de Tours
Vendredi 25 mars – 20h
Dimanche 27 mars – 15h
Mardi 29 mars – 20h

 

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 à 12h00 / 13h00 à 17h45
02.47.60.20.20

theatre-billetterie@ville-tours.fr

LA SOCIÉTÉ ANONYME DES MESSIEURS PRUDENTS
Opéra bouffe en un acte de Louis Beydts
Livret de Sacha Guitry
Création le 3 novembre 1931 à Paris

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
Décors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Elle : Sophie Marin-Degor
Henri Morin : Laurent Deleuil *
Un gros commerçant : Antoine Normand
Un grand industriel : Lionel Peintre
Le Comte Agénor de Szchwyzki : Jean-Marie Frémeau

Présenté en français, surtitré en français

TROUBLE IN TAHITI
Opéra en un acte de Léonard Bernstein
Musique et Livret du compositeur
New Reduced Version – Garth Sunderland
Création le 12 juin 1952 à Waltham

Direction musicale : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène : Catherine Dune
Décors : Elsa Ejchenrand
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Marc Delamézière

Dinah : Sophie Marin-Degor
Sam : Laurent Deleuil *
Le trio : Pascale Sicaud Beauchesnais – Lionel Peintre – Antoine Normand

Présenté en anglais, surtitré en français

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours

Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Opéra de Tours

REPORTAGE VIDEO : L’Enlèvement au Sérail de Mozart à l’Opéra de Tours (février-mars 2016)

Nouvel Enlèvement au sérail de Mozart à l'Opéra de ToursTOURS, Opéra. L’enlèvement au sérail, les 26, 28 février puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue à l’orientaliste, il n’est jamais étranger aux Lumières de la fraternité et de l’amour… La nouvelle production de l’Enlèvement au sérail de Mozart présentée par l’Opéra de Tours convainc par sa grande cohérence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi réalise la mise en scène. En restituant l’humanité profonde du musulman, sa blessure secrète, intime dès la première scène d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et réelle facétie, rend justice à un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cœur épris d’une saisissante humanité. Le plateau vocal très solide où rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmée : Cornelia Götz en Konstanze, rétablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu théâtral, la comédie en musique où le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme même de l’opéra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux à la fois, c’est à dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, où le personnage central, moteur est un rôle parlé ; où le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facétieux, subtils, est remarquablement traité par le compositeur qui creuse avec bénéfice son contraste avec le geôlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habitué du rôle). Un vrai régal scéniquement et musicalement réussi car en fosse, un orfèvre de la baguette enjouée et dramatiquement ciselé opère, Thomas Rösner (dont on avait tant aimé la finesse de son Lucio Silla, opéra également de Mozart, pour Angers Nantes opéra). L’Enlèvement au sérail de Mozart à l’Opéra de Tours. Production événement, à ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 février et 1er mars 2016.

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VOIR aussi le teaser clip de la production L’enlèvement au sérail de Mozart, mise en scène de Tom Ryser, dirigé par Thomas Rösner

Nouveau Mozart à Tours

mozart_portraitTOURS, Opéra. L’enlèvement au sérail, les 26, 28 février puis 1er mars 2016. Quand Mozart joue à l’orientaliste, il n’est jamais étranger aux Lumières de la fraternité et de l’amour… La nouvelle production de l’Enlèvement au sérail de Mozart présentée par l’Opéra de Tours convainc par sa grande cohérence dramatique et visuelle, conçue par l’acteur Tom Ryser qui incarne le Pacha Selim et aussi réalise la mise en scène. En restituant l’humanité profonde du musulman, sa blessure secrète, intime dès la première scène d’ouverture, la justesse des sentiments qui s’affirme de tableaux en tableaux, outre leur apparente et réelle facétie, rend justice à un Mozart, humaniste, fraternel, amoureux. Un cœur épris d’une saisissante humanité. Le plateau vocal très solide où rayonne l’assurance d’une mozartienne plus que confirmée : Cornelia Götz en Konstanze, rétablit cet amour de Wolfgang pour le pur jeu théâtral, la comédie en musique où le drame, complet, tendre et profond, renouvelle alors la forme même de l’opéra : ni seria tragique et pontifiant ; ni buffa, comique et creux, mais les deux à la fois, c’est à dire “singspiel”, nouveau cadre lyrique voulu par l’Empereur Joseph II en 1782, où le personnage central, moteur est un rôle parlé ; où le duo des serviteurs (Pedrillo et Blonde), facétieux, subtils, est remarquablement traité par le compositeur qui creuse avec bénéfice son contraste avec le geôlier, bourreau barbare et sadique, Osmin (excellente basse Patrick Simper, lui aussi un habitué du rôle). Un vrai régal scéniquement et musicalement réussi car en fosse, un orfèvre de la baguette enjouée et dramatiquement ciselé opère, Thomas Rösner (dont on avait tant aimé la finesse de son Lucio Silla, opéra également de Mozart, pour Angers Nantes opéra). L’Enlèvement au sérail de Mozart à l’Opéra de Tours. Production événement, à ne pas manquer, 3 dates incontournables : les 26, 28 février et 1er mars 2016.

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Nouvel Enlèvement au sérail de Mozart à l'Opéra de ToursLe quatuor de solistes de l’Enlèvement au Sérail de Mozart à l’Opéra de Tours : Konstanze : Cornelia Götz * - Blonde : Jeanne Crousaud * - Belmonte : Tibor Szappanos * –  Pedrillo : Raphaël Brémard

boutonreservationL’Enlèvement au Sérail de Mozart à l’Opéra de Tours
3 dates incontournables
Vendredi 26 février 2016, 20h
Dimanche 28 février 2016,15h
Mardi 1er mars 2016, 20h

Conférence / Présentation de l’opéra L’enlèvement au Sérail de Mozart
Samedi 20 février 2016 – 14h30
Grand Théâtre – Salle Jean Vilar
Entrée gratuite

Singspiel en trois actes
Livret de Gottlieb Stephanie Jr., d’après Bretzner
Création le 16 juillet 1782 à Vienne
Editions Bärenreiter-Verlag Kassel . Basel . London . New York . Praha

Direction musicale : Thomas Rösner *
Mise en scène : Tom Ryser *
Décors : David Belugou *
Costumes : Jean-Michel Angays * et Stéphane Laverne *
Lumières : Marc Delamézière

Konstanze : Cornelia Götz *
Blonde : Jeanne Crousaud *
Belmonte : Tibor Szappanos *
Pedrillo : Raphaël Brémard
Osmin : Patrick Simper *
Pacha Sélim : Tom Ryser *

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Infos et réservations sur le site de l’Opéra de Tours

LIRE aussi notre présentation de la nouvelle production de L’Enlèvement au sérail de Mozart, commande de l’Empereur Joseph II en 1782… 

Cenerentola à l’Opéra de Tours

ANGERS NANTES OPERA affiche le Turc en Italie de RossiniTours, Opéra. Rossini : la Cenerentola. Les 22,24,26 janvier 2016. Cendrillon comme Peau d’âne rétablit la dignité des pauvres et des humbles. La souillon domestique devient par la magie d’un conte captivant, princesse : l’élue est enfin réhabilitée… la simplicité des tableaux rappelle cet enchantement né de nos théâtres d’enfants miniaturisés… dans lequel l’esprit libre anime des figurines pour exprimer l’action du conte. Aucun doute, Perrault a laissé un mythe enchanteur où l’esprit de justice est grâce à Rossini, teinté d’une subtile et très juste facétie, voire d’un sentiment satirique car le portrait social qui y est dépeint frôle la dénonciation et la lutte des classes. Côté voix, il faut une diva piquante et agile (comme Rosina du Barbier de Séville, autre tempérament féminin prometteur), dans le rôle d’Angelina – Cendrillon, taillé pour le velours stylé d’un timbre radieux… suave et angélique, toujours subtil évidemment – la marque de Rossini.

Ses partenaires masculins doivent aussi tout autant partager et répandre la même séduction dramatique, alliant aisance expressive et finesse du jeu vocal: comique et burlesque don Magnifico, très fin Alidoro (le philosophe protecteur de la jeune femme éprouvée), Dandini – ces trois rôles masculins sont directement empruntés à la Comedia italienne entre Buffa et comique léger, allusif.  Même les deux sœurs Clorinda et Tisbé doivent être d’un délire juste (a contrario de tant de dérapages bouffes ailleurs pas toujours très nuancés)…

rossini_portraitEnjeux et libertés d’une fable morale… Dramma giocoso en deux actes sur un le livret de Jacopo Ferretti, d’après Cendrillon de Charles Perrault, La Cenerentola est l’ultime ouvrage comique, écrit par Rossini pour le public italien. Créé le 25 janvier 1817 au Teatro Valle de Rome, l’action lyrique respecte les codes de bienséances de l’époque: la pantoufle de vair est remplacée par un bracelet: à l’opéra, les actrices ne doivent pas exhiber leurs chevilles ni leurs pieds, sur les planches d’un théâtre respectable. De même, Rossini écarte la figure de la bonne fée, qui est remplacée par le philosophe Alidoro, mentor du Prince Don Ramiro dont Angelina (Cendrillon) est amoureuse. Idem pour la marâtre qui accable chez Perrault, la belle enfant: l’opéra met en scène un père omnipotent, voire brutal et violent, Don Magnifico, tuteur finalement dépassé par le tempérament de ses deux filles expansives, Clorinda et Tisbe; surtout vil et vénal solitaire qui ne s’affaire que pour s’enrichir. Mais le compositeur et son librettiste se plaisent à réviser la trame initiale de Perrault, en privilégiant surtout les situations comiques, délirantes, à répétition… tout est prétexte au travestissement (entre le Prince Ramiro et son valet Dandini), rien n’est trop éloquent pour démonter les fonctionnements hypocrites, intéressés, bassement calculateurs de l’activité humaine. La fable musicale est hautement moralisatrice: devenue reine, Cendrillon sait pardonner à ses bourreaux d’hier… Le rôle-titre exige une voix agile et timbrée, celle d’un mezzo coloratoure, comme le personnage de Rosina dans Le Barbier de Séville, composé l’année précédente (1816). Le prince Ramiro est chanté par un ténor, “encadré” par deux barytons, son valet Dandini et son tuteur et philosophe, Alidoro (en fait baryton-basse).

 

 

 

boutonreservationLa Cenerentola de Rossini à l’Opéra de Tours
Vendredi 22 janvier 2016, 20h
Dimanche 24 janvier 2016, 15h
Mardi 26 janvier 2016, 20h
Réservez votre place sur le site de l’Opéra de Tours

 

 

 

Dramma giocoso en deux actes
Livret de Jacopo Ferretti
Création le 25 janvier 1817 à Rome

Direction : Dominique Trottein
Mise en scène : Jérôme Savary *, réalisée par  Frédérique Lombart *
Décors et costumes : Ezio Toffolutti *, assisté de Lucia Lucchese *
Lumières : Alain Poisson *
Chorégraphie : Frédérique Lombart *

Angelina : Carol Garcia *
Clorinda : Chloé Chaume
Tisbe : Valentine Lemercier *
Don Ramiro : Manuel Nunez-Camelino
Don Magnifico : Franck Leguérinel
Dandini : Philippe Estèphe *
Alidoro : Sévag Tachdjian *

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

*débuts à l’Opéra de Tours

Tours, Opéra : La Belle Hélène pour les fêtes

La Belle Hélène d'Offenbach à ToursTours, Opéra. décembre 2015. Offenbach : La Belle Hélène. Karine Deshayes. 26>31 décembre 2015. Chaque fin d’année voit une inflation des productions d’opérettes d’Offenbach. Le Mozart des boulevards incarnent cette joie de vivre, cette liberté satirique, sublimées par une écriture musicale en verve, idéales pour le temps des célébrations. L’Opéra de Tours et son directeur, Jean-Yves Ossonce présentent pour la fin de l’année 2015, La Belle Hélène (opérette irrésistible de 1864), mise en scène de Bernard Pisani (un spécialiste de la partition qui l’a abordé à 4 reprises…) avec entre autres, parmi un plateau de chanteurs français prometteurs, la subtile et sensuelle Karine Deshayes dans le rôle-titre. Le prétexte mythologique permet de parodier les tares et les faiblesses d’une humanité frivole et insouciante, totalement irresponsable car ici la satire politique affleure dans chaque séquence. Féline, amoureuse, vive, Hélène affirme un tempérament vocal et dramatique qui inspire depuis longtemps les plus grandes cantatrices, preuve que l’ouvrage est plus profond et raffinés que vraiment caricatural.

Elégance, souplesse, ivresse mélodique … pour Pisani, La Belle Hélène rassemble toute les qualités d’une grande œuvre : une opérette dont la subtilité se rapproche de l’opéra;  politiques véreux mais très arrogants, déesses dévergondées et bergers complices portés sur la cabriole… Divertissement certes, mais Offenbach comme Rameau dans sa formidable Platée (préfiguration de la future comédie musicale à venir, déjà en 1745….) nous tend le miroir : la société portraiturée dans La Belle Hélène sous couvert de gags à gogo et de tableaux délirants et décalés épinglent les travers d’une humanité corrompue, décadente, . en somme celle du Second Empire… La production présentée par Tours a déjà été créée à Avignon en 2012 puis décembre 2014 à Toulon…

 

 

offenbach-toulon-orphee-enfers-karine-deshayes-cyril-dubois-opera-de-toulonLire la critique compte rendu de La Belle Hélène avec Karine Deshayes à l’Opéra de Toulon en décembre 2014 

 

 

 

boutonreservationLa Belle Hélène d’Offenbach à l’Opéra de Tours
Les 26, 27, 30 et 31 décembre 2015 à 20h
(sauf le 27 décembre à 15h)

Conférence sur l’ouvrage : samedi 12 décembre 2015, 14h30
Salle Jean Vilar, Grand Théâtre. Réservation conseillée au 02 47 60 20 20

Opéra bouffe en trois actes
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, adapté par Bernard Pisani
Création le 17 décembre 1864 à Paris
Edition Boosey and Hawkes (Jean-Christophe Keck)

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène et chorégraphie : Bernard Pisani
Décors : Éric Chevalier *
Costumes : Frédéric Pineau
Lumières : Jacques Chatelet

Hélène : Karine Deshayes
Oreste : Eugénie Danglade
Pâris : Antonio Figueroa
Calchas : Vincent Pavesi
Agamemnon : Ronan Nédélec
Ménélas : Antoine Normand
Achille : Vincent de Rooster *
Ajax I : Yvan Rebeyrol
Ajax II : Jean-Philippe Corre

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Tours, Opéra. Adam Laloum joue Brahms

Adam-Laloum-2-–-Photo-Carole-Bellaiche-©-Mirare-250x250Tours, Opéra. Adam Laloum joue Brahms, les 5 et 6 décembre 2015. C’est l’un des plus captivants concerts symphoniques offerts par Jean-Yves Ossonce pour sa dernière saison musicale à Tours : Brahms, Strauss, Ravel; un défi à multiples facettes pour l’orchestre, le chef et ici, le soliste, l’excellent pianiste, prince des poètes du clavier, d’une intériorité magicienne, Adam Laloum, né en 1987 (ainsi de retour au Grand-Théâtre de Tours). Quel sommet musical que ce 2ème Concerto pour piano de Johannes Brahms (1881) qui atteste des ressources artistiques prodigieuses d’un Brahms à la fois classique et moderne (directeur de la Société de musique de Vienne de 1872 à 1875), alors – au début des années 1880, personnalité célébrée à juste titre à Vienne : sa 2ème Symphonie puis son Concerto pour violon de 1877 l’ont hissé à la célébrité européenne. Le Concerto pour piano n°2 réactive le grand sujet brahmsien, la construction et l’architecture contenant des forces antagonistes, les révélant et les résolvant à la fois, dans l’esprit universel, très structuré et toujours éloquent de Beethoven. La passion de nature schumanienne souvent lyrique et échevelée, mais d’une finesse inouïe grâce à sa maîtrise de l’orchestration (bois et cuivres ciselés), la présence toujours importante des thèmes du folklore populaire (à l’instar d’un Schubert), le sens de l’équilibre et de l’architecte fondent la très haute valeur du romantisme brahmsien. La partition est créée en Hongrie à Budapest par l’auteur avec succès, le duo piano violoncelle qui crée le scintillement miraculeux, nostalgique et tendre d’une ineffable douceur dans l’Andante (3ème mouvement), le rondo sonate qui compose l’ultime épisode (Allegretto Scherzo) marqué par le swing du motif tzigane très emblématique sont des trouvailles géniales auxquelles il reste bien difficile de demeurer insensible. D’autant plus si les interprètes soliste, chef et instrumentistes de l’orchestre jouent la carte du chambrisme transparent plutôt que de la puissance.

ossonce-jean-yves-sara-nemtanu-concerto-violon-orchestre-tchaikovski-concert-opera-de-tours-7-novembre-2015-review-crtique-compte-rendu-classiquenewsAprès Brahms, le programme affiche l’opus 24 de Richard Strauss, Mort et transfiguration, vision sur la mort et expérience spirituelle d’une ineffable profondeur. La Valse de Ravel (1919) conclut le concert : un hymne à la vie tourbillonnante et aussi un délire terrifiant sur la folie jamais éloignée des pulsions de vie. Ravel semble y décortiquer la subtile mécanique chorégraphique capable d’imploser, de se recomposer en une extase vénéneuse, d’aune sauvagerie barbare dont l’esprit chaotique est à rapprocher du premier conflit mondial juste achevé. Engagé, lucide sur notre dernière actualité, la présentation de l’Opéra de Tours des deux concerts des 5 et 6 décembre 2015 est on ne peut plus claire : “De Vienne en 1881 à l’Europe en lambeaux de 1920, quarante années de mutation, ou comment la barbarie peut détruire le monde“.

Johannes Brahms
Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, op. 83

Richard Strauss
Mort et transfiguration, op. 24

Maurice Ravel
La Valse

Adam Laloum, piano
Jean-Yves Ossonce, direction
Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours

Samedi 5 décembre 2015 – 20h
Dimanche 6 décembre 2015 – 17h

Réservez votre place sur la page billetterie du site de l’Opéra de Tours

 

Illustrations : Adam Laloum, Jean-Yves Ossonce (DR)

La Belle Hélène à Tours

offenbach jacques Offenbach2Tours, Opéra. La belle Hélène : Offenbach. 26 > 31 décembre 2015. Offenbach et ses librettistes ont toujours soigné leurs plaisanteries mythologiques, prétextes à satire politique et sociale, parodie sociétale, à situations comiques. Cette belle Hélène, sans laquelle la guerre de Troie n’aurait peut-être pas eu lieu, est l’un des grands personnages de la scène lyrique, qui, dans sa fantaisie débridée, attire les grandes artistes. En 2015, pour les fêtes de fin d’année 2015, Karine Deshayes chante la délicieuse facétie de la blonde séductrice qui même si elle mariée à Ménélas, se passionne corps et âme pour le beau Parîs. Elle est entourée d’une vraie “troupe”, qui diffuse et cisèle la verve, l’humour, la tendresse délirante et fraternelle du petit Mozart des boulevards : Jacques Offenbach. Et si vous aimez l’humour et la grâce délirante du compositeur, allez aussi voir et applaudir la recréation du Roi Carotte sur la scène de l’Opéra de Lyon, également en décembre 2015.

La Belle Hélène, opéra bouffe créé en décembre 1864 aux Variétés à Paris incarne cet esprit décalé impertinent et grivois du Second Empire, fastes décadents d’un régime condamné à disparaître avec le désastre de 1870. Les librettistes d’Offenbach, Meilhac et Halévy y parodient dieux et déesses de l’Olympe, c’est à dire le milieu politique en France dans les années 1860. En trois actes, l’ouvrage suit un plan précis : L’Oracle (I), Le jeu de l’oie (II) , La Galère de Vénus (III).
Oreste (rôle travesti pour soprano) est un jeune décadent et les rois de la Grêce rivalisent en devinettes, bouts-rimés et charades lors des fêtes d’Adonis au I : des têtes couronnés aux loisirs futiles quand Hélène, reine de Troie, fille de Léda et de Jupiter, se passionne pour son nouvel amant (Pâris). Pourtant mariée à Ménélas, elle est tout occupée à séduire Pâris dont elle est tombée amoureuse, et convainc l’augure de Jupiter, Calchas, d’user de ses pouvoirs pour arriver à ses fins. Au II, Ménélas de retour de Crête, surprend Pâris dans le lit de sa femme. Au III, le message politique est un peu plus explicite quand Agamemnon et Calchas reproche au roi Ménélas de faire passer dans l’exercice du pouvoir, le mari avant le souverain (trio patriotique : “lorsque la Grêce est un champs de carnage”). Rusé et astucieux, Pâris se faisant passer pour l’augure de Vénus, enlève la belle Hélène que lui a promis la divinité… Ménélas et les rois grecs découvrent la supercherie. La Guerre de Troie peut avoir lieu.

Galerie de portrait déjantée et situations résolument comiques, La Belle Hélène se moque des puissants sous son prétexte de parodie mythologique. Le rôle titre permet à la soprano vedette, Hortense Schneider de s’imposer sur la scène parisienne, celles des Boulevards parisiens, sous son masque insouciant délirant, en réalité, satirique et parodique sur la société contemporaine.

La Belle Hélène d’Offenbach à l’Opéra de Tours

Opéra bouffe en trois actes
Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, adapté par Bernard Pisani
Création le 17 décembre 1864 à Paris
Edition Boosey and Hawkes (Jean-Christophe Keck)

boutonreservationSamedi 26 décembre 2015 – 20h
Dimanche 27 décembre 2015 – 15h
Mercredi 30 décembre 2015 – 20h
Jeudi 31 décembre 2015 – 20h

Direction : Jean-Yves Ossonce
Mise en scène et chorégraphie : Bernard Pisani
Décors : Éric Chevalier
Costumes : Frédéric Pineau
Lumières : Jacques Chatelet

Hélène : Karine Deshayes
Oreste : Eugénie Danglade
Pâris : Antonio Figueroa
Calchas : Vincent Pavesi
Agamemnon : Ronan Nédélec
Ménélas : Antoine Normand
Achille : Vincent de Rooster
Ajax I : Yvan Rebeyrol
Ajax II : Jean-Philippe Corre

Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours
Choeurs de l’Opéra de Tours et Choeurs Supplémentaires

Grand Théâtre de Tours
34 rue de la Scellerie
37000 Tours

Billetterie
Ouverture du mardi au samedi
10h00 à 12h00  -  13h00 à 17h45

02.47.60.20.20
theatre-billetterie@ville-tours.fr

Compte-rendu, opéra. Grand-Théâtre de Tours, le 11 octobre 2015. Puccini : Madama Butterfly. Anne-Sophie Duprels (Madama Butterfly), Avi Klemberg (Pinkerton), Suzuki (Delphine Haidan), Jean-Sébastien Bou (Sharpless), Antoine Normand (Goro), François Bazola (Oncle Bonze). Alain Garichot (mise en scène). Jean-Yves Ossonce (direction).

Puccini : Madama Butterfly à l’Opéra de Tours, avec Anne-Sophie Duprels… C’est avec un enthousiasme mérité qu’a été accueillie – au Grand-Théâtre de Tours – cette magnifique production de Madama Butterfly, signée par Alain Garichot et créée in loco en 2001. Il faut ici saluer son remarquable travail, très « wilsonien », dans sa volonté d‘épure. L’opéra s’ouvre ainsi sur un plateau nu avec, pour tout décor, un praticable bas qui symbolise la maison de Cio-Cio San. Sur les côtés ou tombant des cintres, des cloisons translucides délimitent des espaces clos et permettent de très esthétisants jeux d’ombres : le sacrifice de l’héroïne, vu ainsi au travers d’une de ses cloisons de papier, tandis que l’enfant joue juste devant, est particulièrement réussi et poignant. Mais les lumières sont ici au moins aussi importantes que les décors et l’on retiendra donc la qualité du travail de Marc Delamézière, dont les éclairages fortement dramatiques sculptent littéralement l’espace.

 

 

 

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Trop rare en France, la superbe soprano française Anne-Sophie Duprels investit le rôle de Butterfly de son tempérament de feu et de sa sensibilité passionnée. Sa voix se fait tour à tour porteuse de rêves, de nostalgie, de tourments, épousant les nuances de la partition. La chanteuse rappelle utilement que l’héroïne de Puccini n’a rien d’un papillon fragile ni d’un rossignol automate, mais requiert une tragédienne sachant doser ses effets.
(NDLR: Les tourangeaux ont pu déjà la découvrir dans La Voix Humaine précédemment produite ici même à Tours au cours de la saison dernière : voir notre reportage vidéo dédié à La Voix Humaine à l’Opéra de Tours, présentée alors en couplage avec L’heure espagnole de Ravel). La cantatrice est portée par la direction du maître des lieux, l’excellent Jean-Yves Ossonce (lequel vient d’annoncer son départ de l’institution tourangelle en 2016, après 16 ans de bons et loyaux services…) qui prend un plaisir contagieux à mettre en valeur une œuvre qu’il respecte visiblement.
Comme toujours sous sa direction, l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire Tours se montre sous son meilleur jour, c’est à dire admirable de précision et d’engagement.
On déchante par contre avec le Pinkerton d’Avi Klemberg qui n’a aucune des qualités requises par son personnage. La voix manque de puissance et de projection, l’émission est serrée et souvent brouillonne, l’acteur est falot ; bref, il livre une prestation vocale et scénique sans charme ni éclat. Jean-Sébastien Bou est en revanche un vrai luxe dans la partie de Sharpless, gratifiant l’auditoire de sa coutumière magnifique ligne de chant. Delphine Haidan possède également du répondant en Suzuki : elle allie profondeur d’approche à un portrait vocal attachant et précis. De son côté, Antoine Normand se montre suavement inquiétant dans le rôle de Goro, tandis que François Bazola demeure un solide Oncle Bonze. Enfin, Pascale Sicaud-Beauchesnais fait une élégante apparition en épouse américaine.

 

 

Compte-rendu, opéra. Grand-Théâtre de Tours, le 11 octobre 2015. Giacomo Puccini : Madama Butterfly. Anne-Sophie Duprels (Madama Butterfly), Avi Klemberg (Pinkerton), Suzuki (Delphine Haidan), Jean-Sébastien Bou (Sharpless), Antoine Normand (Goro), François Bazola (Oncle Bonze). Alain Garichot (mise en scène). Jean-Yves Ossonce (direction). Madama Butterfly à l’affiche de l’Opéra de Tours, encore le 13 octobre 2015.

 

 

Prochaine production à l’Opéra de Tours : La Belle Hélène d’Offenbach (Jean-Yves Ossonce, direction. Bernard Pisano : mise en scène et chorégraphie), du 26 au 31 décembre 2015.  

 

Illustration : © François Berthon / Opéra de Tours 2015

 

 

Opéra de Tours, saison lyrique 2015 – 2016

opera-de-tours-saison-2015-2016Opéra de Tours, saison lyrique 2015 – 2016. 6 productions événements. La scène tourangelle poursuit son activité lyrique dans l’excellence, où les distributions confirment une grande cohérence de style, les mises en scène savent respecter les oeuvres en dévoilant aussi des regards personnels puissants et toujours parfaitement lisibles, où surtout la direction musicale préserve l’éloquence des chanteurs et l’activité dramatique allusive et forte de l’orchestre. Les 6 productions à venir à Tours au Grand Théâtre Opéra promettent une nouvelle saison d’expériences lyriques toujours plus convaincantes grâce au souci artistique du chef et directeur des lieux, Jean-Yves Ossonce.

2 productions événements

Butterfly et Onéguine par Garichot
SADMP et trouble in Tahiti par Catherine Dune

 

 

Temps forts pour nous, car déjà remarquées et appréciées ici même, la direction d’acteurs et la réalisation scénique du metteur en scène Alain Garichot, toujours scrupuleux, pertinent, et d’un rare respect pour les oeuvres abordées. On se souvient de sa Clémence de Titus et plus récemment de Titus et Bérénice, opéra de Magnard dont le chef Jean-Yves Ossonce est depuis toujours un ardent défenseur : l’ouvrage avait surgi dans sa sensualité épurée, néoclassique, dont la noblesse et la justesse sont dignes de Corneille ; pour la saison prochaine, l’homme de théâtre ouvre et clôture la saison nouvelle tourangelle, abordant deux superbes partitions tragiques marquées par l’impuissance des êtres, leur propre fascination pour l’audestruction. Ainsi la figure de Cio Cio San, geisha adolescente sacrifiée sur l’autel d’un tourisme de pacotille, honteux qui n’ose dire son nom (Madame Butterfly, dès le 7 octobre 2015 puis les 9,11 et 13), puis le drame de l’impuissance et de la fatalité, celui ciselé par Tchaikovski : Eugène Onéguine les 11, 13 et 15 mai 2016, avec ici et là des chanteurs engagés prêts à suivre Alain Garichot dans deux lectures particulièrement fortes dont il a le secret.
L’autre joyau à ne pas manquer demeure la production signée Catherine Dune (ex chanteuse familière à Tours et qui avait mis en scène un précédent “diptyque” : L’heure Espagnole et La Voix Humaine dans une vision très fine et onirique) : La Société anonyme des Messieurs prudents de Louis Beydts (mort en 1953), sur un livret tout en subtilité cocasse de Sacha Guitry, couplé avec l’excellent Trouble in Tahiti de Bernstein et sa musique irrésistible. Nouvelle co production. Tours les 25,27 et 29 mars 2016.

Les 3 autres productions à l’affiche de l’Opéra de Tours :

Pour Noël 2015 et le Nouvel an 2016
La Belle Hélène, opéra bouffe de 1864 signé Jacques Offenbach en quatre dates elle aussi (comme Butterfly) : les 26, 27, 30 et 31 décembre 2015. Avec Karine Deshayes dans le rôle titre (mise en scène : Bernard Pisani).

Même finesse comique et parodique avec La Cenerentola de Rossini, chef d’œuvre de facétie mordante créé en 1817 soit 1 an après le choc du Barbier de Séville (1816) dans la mise en scène de Jérôme Savary et sous la direction de Dominique Trottein : les 22, 24 et 26 janvier 2016

L’Enlèvement au sérail de Mozart, les 26, 28 février et 1er mars 2016. Mis en scène par Tom Ryser.

Toutes les infos et les modalités de réservation sur le site de l’Opéra de Tours