SIGURD de REYER, l’opĂ©ra de Degas

SIGURD-REYER-opera-de-nancy-production-nouvelle-annonce-critique-opera-classiquenewsNANCY, les 14 et 17 oct 2019. REYER : Sigurd. Pour ses 100 ans, l’OpĂ©ra national de Lorraine met Ă  l’affiche Sigurd d’Ernest Reyer, ouvrage choisi pour son inauguration le 14 octobre 1919. Ainsi s’est Ă©crit l’histoire du Palais Hornecker – CrĂ©Ă© d’abord au ThĂ©Ăątre de la Monnaie Ă  Bruxelles en 1884, SIGURD fut une pĂ©pite lyrique totalisant 250 reprĂ©sentations Ă  l’OpĂ©ra de Paris jusque dans les annĂ©es 1930. Comme Wagner et sa TĂ©tralogie, Reyer plonge dans la mythologie nordique – la saga des Nibelungen et les Eddas –, pour narrer les aventures de Sigurd et Brunehilde, entre souffle Ă©pique, passions Ă©prouvĂ©es, surnaturel, et style du grand opĂ©ra français. Comme Debussy et Dukas, respectivement PellĂ©as et MĂ©lisande, et Arianne, Reyer et Wagner traitant le mĂȘme fonds lĂ©gendaire, crosient les destinĂ©es d’un opĂ©ra Ă  l’autre. Ainsi Sigurd et Le Ring mettent en scĂšne Gunther conquĂ©rant de la Walkyrie devenue mortelle, Brunnhilde. Les deux ouvrages se recoupent dans la destinĂ©e de Bruhnnilde, figure centrale qui incarne le don, le sacrifice, l’absolue loyautĂ©. IncarnĂ©e Ă  la crĂ©ation par la sublime ROSE CARON, Brunnhilde suscita Ă  l’époque de Reyer, l’admiration du peintre Edgar Degas qui vit l’ouvrage plus de 30 fois ! Bel indice d’une admiration sincĂšre et constante pour un ouvrage et un personnage majeur en France, Ă  l’époque du wagnĂ©risme envahissant,
 que ne goĂ»tait guĂšre le peintre des danseuses et des musiciens de l’opĂ©ra de Paris. A Nancy, une wagnĂ©rienne Ă©blouissante, grave, souple, diseuse incarne ce profil de femme admirable, Catherine Hunold. Argument majeur de la version proposĂ©e par Nancy pour son centenaire.

 

 

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boutonreservationNANCY, Opéra national de Lorraine
Reyer : Sigurd, en version de concert
lundi 14 et jeudi 17 octobre 2019 Ă  19h
RESERVEZ ici :
https://www.nancy-tourisme.fr/offres/opera-sigurd-reyer-nancy-fr-2264277/

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CARON-ROSE-edgar-degas-sigurd-classiquenews-portraitOpĂ©ra en version de concert crĂ©Ă© Ă  Nancy le 14 octobre 1919 pour l’inauguration du nouveau thĂ©Ăątre (actuel opĂ©ra)
Opéra en quatre actes, 9 tableaux et 2 ballets
Livret de Camille du Locle et d’Alfred Blau
Créé le 7 janvier 1884 au Théùtre de la Monnaie de Bruxelles

Durée : 3h30 + 2 entractes
Chanté en français, surtitré

Orchestre de l’OpĂ©ra national de Lorraine
Direction musicale : Frédéric Chaslin
ChƓur de l’OpĂ©ra national de Lorraine
Chef de choeur : Merion Powell
ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Chef de choeur : Xavier Ribes

Sigurd : Peter Wedd
Gunther : Jean-SĂ©bastien Bou
Hagen : JĂ©rĂŽme Boutillier
Le Grand PrĂȘtre d’Odin : Nicolas Cavallier
Brunehilde : Catherine Hunold
Hilda : Camille Schnoor
Uta : Marie-Ange Todorovitch
Le Barde : Eric Martin-Bonnet
Rudiger : Olivier Brunel

Illustration : ROSE CARON, créatrice du rÎle de Brunnhilde dans SIGURD de Reyer (DR)

 

 

 

WAGNER / REYER … Comme Wagner dans La TĂ©tralogie, il est question d’une manipulation honteuse qui provoque la mort du hĂ©ros idĂ©al (quoique trop naĂŻf) et de la femme la plus loyale ; ici le roi Gunther manipule le chevalier Sigurd (chez Wagner Siegfried). Hagen son bras armĂ©, tue le hĂ©ros et Ă©pouse celle qui lui Ă©tait pourtant promise par les dieux (Brunnhilde). Chez Wagner comme chez Reyer, la mĂȘme clairvoyance quant Ă  la barbarie humaine propre Ă  tromper et Ă  voler, Ă  mentir et Ă  assassiner. Mais mĂȘme s’il arrive Ă  ses fins, l’infect Gunther, souverain sans envergure, s’effondre, sa maison avec lui ; entre temps, les hĂ©ros admirables, – Sigurd et Brunnhilde, sont sacrifiĂ©s sans mĂ©nagements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SYNOPSIS

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ACTE I
SIGURD tombe amoureux de Hilda ;
Gunther de Brunnhilde


Gunther, roi des burgondes, accueille dans son chĂąteau Ă  Worms les Ă©missaires d’Attila qui demande la main de la sƓur de Gunther, Hilda. Celle-ci confie Ă  sa nourrice Uta, le songe qui la tourmente : une rivale fera expirer son noble Ă©poux. PlutĂŽt qu’Attila, Hidla aime en secret celui qui l’a sauvĂ©e de l’esclavage, le chevalier Sigurd. Uta, sorciĂšre Ă  ses heures, annonce l’arrivĂ©e de Sigurd Ă  la cour du roi Gunther : elle lui fera boire un philtre qui le rendra amoureux de sa maĂźtresse Hilda.
Hagen chante Ă  Gunther l’histoire de Brunnhilde, la Valkyrie audacieuse et courageuse qui dĂ©sobĂ©it Ă  ODIN son pĂšre, prĂ©fĂ©rant dĂ©fendre l’amour des deux mortels, maudits et bouleversants, Siegmund et Sieglinde. DĂ©chue de son statut, Brunnhilde devenue mortelle attend derriĂšre un mur de flammes, le hĂ©ros qui saura le protĂ©ger

Gunther entend libérer Brunnhilde : il partira le lendemain.
Mais surgit Sigurd le chevalier attendu qui dĂ©clarant aussi son amour pour Brunhilde, dĂ©fie Gunther. Mais celui ci se montre plus conciliant et mĂȘme soumis : il accueille le chevalier comme son frĂšre, lui proposant mĂȘme de partager le trĂŽne Burgonde.
Alors Hilda tend la coupe prĂ©parĂ©e par Uta, Ă  Sigurd pour prĂȘter serment de loyautĂ© Ă  son frĂšre Gunther.
De leurs cĂŽtĂ©s, les Ă©missaires d’Attila, qui face au refus de Hilda, lui remet un bracelet : si elle le renvoie par messager, Attila accourra pour la dĂ©fendre ou la venger.
Mais pour l’heure Sigurd foudroyĂ©, tombe amoureux de Hilda. Il promet Ă  Gunther de l’aider pour conquĂ©rir Brunnhilde. Ils partent dans ce but.

 

 

 

ACTE II

Sigurd combat en Islande et délivre Brunnhilde

pour le compte de Gunhter
 

 

Sigurd,  Gunther  et  Hagen dĂ©barquent en Islande : lĂ , un grand-prĂȘtre qui sacrifie sous le tilleul Ă  l’épouse d’Odin, Freja, les alerte sur la cruautĂ© des Kobolds et des Elfes qu’ils devront affronter. Seul un hĂ©ros au cƓur de diamant, « vierge de corps et d’ñme et sonnant le cor sacré » pourra dĂ©livrer des flammes la vierge Brunnhilde. Sigurd propose de revĂȘtir l’identitĂ© de son ami Gunther pour conquĂ©rir Brunnhilde ; seul lui importe d’épouser Hilda dont il est toujours Ă©pris (grĂące au philtre d’Uta). Sigurd reçoit du grand-prĂȘtre le cor sacrĂ© d’Odin (qui le protĂšgera des elfes) : au 3Ăš appel, le palais enflammĂ© de la Walkyrie surgira. Au milieu des Dolmen, 3 nornes paraissent et montrent Ă  Sigurd, le linceul qu’elles lui destinent.  Lutins, kobolds et walkyries haineuses l’assaillent. Au 2Ăš appel, Sigurd dĂ©couvre un lac oĂč tentent de le sĂ©duire les lascives Nixes, sirĂšnes dangereuses. Sigurd parvient Ă  sonner le 3Ăš appel, avant qu’un elfe ne lui dĂ©robe le cor d’Odin.  Pensant combattre pour l’amour d’Hilda, Sigurd s’avance vers le palais qui se prĂ©cise devant lui. Sigurd dĂ©guisĂ© en Gunther dĂ©livre Brunnhilde qui le salue : une nacelle de cristal tirĂ© par les 3 nornes devenues cygnes emmĂšne le couple endormi.

 

 

 

 

 

ACTE III

La noce de Gunther et de Brunnhilde

 

Dans  les  jardins  du  chĂąteau  de  Gunther  à  Worms,  Brunnhilde dĂ©couvre le roi qui l’a sauvĂ©, tandis que sous la vigilance d’Uta, Sigurd sĂ©duit Hilda, ravie d’avoir gagnĂ© l’amour du chevalier.

Hagen annonce les noces de Brunnhilde et de Gunther : un tournoi est organisĂ© en l’honneur des mariĂ©s. Au moment oĂč Brunnhilde bĂ©nit l’union simultanĂ©e entre Hilda et Sigurd, le tonnerre gronde et suscite un malaise partagĂ© chez ces derniers. Uta pressent que le destin n’accepte pas la tromperie dont Sigurd et Brunnhilde sont victimes. La sorciĂšre craint le pire sur la maison de Gunther et de sa sƓur, Hilda.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE IV

Le bûcher des Justes : Sigurd et Brunnhilde 

Sur  une  terrasse  du  chĂąteau  de  Gunther,  les servantes s’inquiĂštent du mal mystĂ©rieux qui ronge le cƓur de Brunnhilde ; celle ci paraĂźt et exprime malgrĂ© son mariage avec Gunther, son amour irrĂ©pressible et coupable pour Sigurd. Hilda la rejoint et avoue le stratagĂšme : c’est bien Sigurd qui l’a dĂ©livrĂ©e des flammes ; c’est lui le chevalier digne de son amour.

Mais Brunnhilde revendique la loi d’Odin selon laquelle c’est Sigurd qui lui est promis ; une terrible malĂ©diction menace Gunther et Hilda les manipulateurs.

Paraissent Gunther et Hagen : Brunnhilde les menace et les maudit. Avant le jour, Gunther ou Sigurd périra.

Brunnhilde invite Sigurd Ă  la fontaine ; en rĂ©citant un sortilĂšge rituel qui dĂ©fait les sorts, Sigurd dĂ©couvre qu’il aime Brunnhilde et lui dĂ©clare son amour. MalgrĂ© les tentatives de Brunnhilde, Hagen, bras armĂ© de Gunther, tue Sigurd. Avant d’expirer, Sigurd reçoit le serment de Brunnhilde qui jure de mourir Ă  ses cĂŽtĂ©s : Hagen ordonne un grand bĂ»cher qui embrase le corps des deux fiancĂ©s purs. Mais Hilda dĂ©possĂ©dĂ©e et coupable, exige que Hagen la tue Ă©galement auprĂšs de Sigurd ; avant que l’homme noir ne la frappe, Hilda remet Ă  Uta le bracelet des Ă©missaires d’Attila ; le barbare viendra donc la « sauver » mais avant, exterminera le royaume de Gunther, l’usurpateur et le lĂąche. Alors que les flammes consume leur dĂ©pouille, le chƓur final chante leur amour Ă©ternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU, opéra. NANCY, Opéra, 23 juin 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Seo, Montvidas. Emmanuelle Bastet / PitrÚnas.

Nouvelle Tosca Ă  l'OpĂ©ra de TOURSCOMPTE-RENDU, opĂ©ra. Nancy. OpĂ©ra National de Lorraine, 23 juin 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Sunyoung Seo, Edagaras Montvidas, Cornelia Oncioiu
 Orchestre symphonique et lyrique de Nancy. Modestas PitrĂšnas, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne. Nouvelle production du chef-d’Ɠuvre puccinien, Madame Butterfly, Ă  l’affiche Ă  l’OpĂ©ra National de Lorraine. La metteur en scĂšne Emmanuelle Bastet signe un spectacle intimiste, d’une grande dĂ©licatesse et sensibilitĂ© et le chef Modestas PitrĂšnas assure la direction musicale de l’orchestre et des chanteurs superbement investis Ă  tous niveaux!

Madame Butterfly Ă©tait l’opĂ©ra prĂ©fĂ©rĂ© du compositeur, « le plus sincĂšre et le plus Ă©vocateur que j’ai jamais conçu », disait-il. Il marque un retour au drame psychologique intimiste, Ă  l’observation des sentiments, Ă  la poĂ©sie du quotidien. Puccini pris par son sujet et son hĂ©roĂŻne, s’est plongĂ© dans l’Ă©tude de la musique, de la culture et des rites japonais, allant jusqu’Ă  la rencontre de l’actrice Sada Jacco qui l’a permit de se familiariser avec le timbre des femmes japonaises !
L’histoire de Cio-Cio-San / Butterfly s’inspire largement du roman de Pierre Loti : Madame ChrysanthĂšme. Le livret est conçu par les collaborateurs fĂ©tiches de Puccini, Giacosa et Illica, d’aprĂšs la piĂšce de David Belasco, tirĂ©e d’un rĂ©cit de John Luther Long, ce dernier inspirĂ© de Loti. Il parle du lieutenant de la marine amĂ©ricaine B.F. Pinkerton qui se « marie » avec une jeune geisha nommĂ© Cio-Cio San (« Butterfly »). Le tout est une farce mais Butterfly y croit. Elle se convertit au christianisme et a un enfant de cette union. Elle sera dĂ©laissĂ©e par le lieutenant qui reviendra avec une femme amĂ©ricaine, sa vĂ©ritable Ă©pouse, pour rĂ©cupĂ©rer son fils bĂątard. Butterfly ne peut que se tuer avec le couteau hĂ©ritĂ© de son pĂšre, et qu’il avait utilisĂ© pour son suicide rituel Hara-Kiri.

 

 

 

Nouvelle Butterfly Ă  Nancy

Éblouissante simplicitĂ©
quand le mélodrame se soumet au drame

 

 

 

Madama-Butterfly nancy emmanuelle bastet Sunyoung Seo  critique opera par classiquenews la nouvelle Butterfly de Nancy opera critique classiquenews ©C2images-pour-l’OpĂ©ra-national-de-Lorraine-9-362x543La mise en scĂšne Ă©lĂ©gante et Ă©purĂ©e d’Emmanuelle Bastet, avec les sublimes dĂ©cors de son collaborateur fĂ©tiche Tim Northon, reprĂ©sente une sorte de contrepoids sobre et dĂ©licat Ă  la musique marquĂ©e par la sentimentalitĂ© exacerbĂ©e de Puccini. Les acteurs-chanteurs sont engagĂ©s et semblent tous portĂ©s par la vision thĂ©Ăątrale pointue et cohĂ©rente de Bastet. Dans ce sens, le couple protagoniste brille d’une lumiĂšre qui dĂ©passe les clichĂ©s auxquels on assigne souvent les interprĂštes des deux rĂŽles. La soprano sud-corĂ©enne Sunyoung Seo est trĂšs en forme vocalement et incarne magistralement , Ăąme et corps, le lustre de son aveuglement, derriĂšre lequel se cachent illusion et dĂ©sespoir. Elle est trĂšs fortement ovationnĂ©e aprĂšs le cĂ©lĂšbre air « Un bel di vedremo ». Le tĂ©nor Edgaras Montvidas est quant Ă  lui un lieutenant Pinkerton tout Ă  fait charmant et charmeur. Le Suzuki de la mezzo-soprano Cornelia Oncioiu se distingue par le gosier remarquable et sa voix Ă  la superbe projection, ainsi que par un je ne sais quoi de mĂ©lancolique et touchant dans son jeu. Le Sharpless du baryton Dario Solaris sĂ©duit par la beautĂ© du timbre et la maĂźtrise exquise de sa voix. Les nombreux rĂŽles secondaires agrĂ©mentent ponctuellement la reprĂ©sentation par leurs excellentes performances, que ce soit le Goro vivace et rĂ©actif de Gregory Bonfatti ou le passage grave et intense de la basse Nika Guliashvili en oncle Bonze.

Madama-Butterfly nancy opera montvideas pinkerton critique opera classiquenews ©C2images-pour-l’OpĂ©ra-national-de-Lorraine-1-362x241Le choeur de l’OpĂ©ra National de Lorraine sous la direction de Merion Powell est Ă  la hauteur des autres Ă©lĂ©ments de la production. La direction musicale de Modestas PitrĂšnas se prĂ©sente presque comme une rĂ©vĂ©lation. Il a rĂ©ussi Ă  maĂźtriser la rythmique de l’opus et Ă  fait scintiller le coloris orchestral d’une façon totalement inattendue ! S’il y a eu des imprĂ©cisions dans l’exĂ©cution ponctuellement chez les vents, la direction du chef et l’interprĂ©tation de l’orchestre sont tout aussi poĂ©tiques que la mise en scĂšne. Production heureuse d’un sujet malheureux, revisitĂ© subtilement par Emmanuelle Bastet et son Ă©quipe artistique.

 

 

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COMPTE-RENDU, opĂ©ra. Nancy. OpĂ©ra National de Lorraine, 23 juin 2019. PUCCINI : Madame Butterfly. Sunyoung Seo, Edagaras Montvidas, Cornelia Oncioiu
 Orchestre symphonique et lyrique de Nancy. Modestas PitrĂšnas, direction. Emmanuelle Bastet, mise en scĂšne. Illustrations : Sunyoung Seo (Cio-Cio-San) © C2images pour l’OpĂ©ra national de Lorraine
 

Compte-rendu, opéra. Nancy, le 14 déc 2018. Offenbach : La Belle HélÚne. L Campellone / B Ravella.


Compte-rendu, opéra. Nancy, le 14 décembre 2018. Offenbach : La Belle HélÚne. Laurent Campellone / Bruno Ravella
. Quelques jours aprĂšs la rĂ©crĂ©ation de Barkouf (1860) Ă  Strasbourg : LIRE ici : http://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-strasbourg-le-7-dec-2018-offenbach-barkouf-jacques-lacombe-mariame-clement/, c’est au tour de l’OpĂ©ra de Nancy de s’intĂ©resser en cette fin d’annĂ©e Ă  Offenbach, en prĂ©sentant l’un de ses plus grands succĂšs, La Belle HĂ©lĂšne (1864). Toutes les reprĂ©sentations affichent dĂ©jĂ  complet, preuve s’il en est de la renommĂ©e du compositeur franco-allemand, dont on fĂȘtera le bicentenaire de la naissance l’an prochain avec plusieurs raretĂ©s : Madame Favart Ă  l’OpĂ©ra-Comique ou MaĂźtre PĂ©ronilla au ThĂ©Ăątre des Champs-ÉlysĂ©es, par exemple. A Nancy, toute la gageure pour le metteur en scĂšne tient dans sa capacitĂ© Ă  renouveler notre approche d’un “tube” du rĂ©pertoire, ce que Bruno Ravella rĂ©ussit brillamment en cherchant avec une vive intelligence Ă  rendre crĂ©dible un livret parfois artificiel dans ses rebondissements.

offenbach-violoncelle-jacques-offenbach-anniversaire-2019-par-classiquenews-dossier-OFFENBACH-2019Son idĂ©e maĂźtresse consiste d’emblĂ©e Ă  donner davantage d’Ă©paisseur au personnage de PĂąris, dont les apparitions et les travestissements rocambolesques relĂšvent, dans le livret original, du seul primat divin. Pourquoi ne pas lui donner davantage de prĂ©sence en le transformant en un agent secret chargĂ© d’infiltrer la RĂ©publique bananiĂšre d’HĂ©lĂšne et son Ă©poux ? Pourquoi ne pas faire de lui un mythomane, dĂšs lors que son attachement autoproclamĂ© Ă  Venus n’est jamais confirmĂ© par la DĂ©esse, grande absente de l’ouvrage ? Ce pari osĂ© et rĂ©ussi conduit PĂąris, dĂšs l’ouverture, Ă  endosser les habits d’un James Bond d’opĂ©rette, plutĂŽt savoureux, d’abord Ă©bahi par les gadgets prĂ©sentĂ©s par “Q”, avant de se faire parachuter en arriĂšre-scĂšne. C’est lĂ  le lieu de tous les dĂ©lires visuels hilarants de Bruno Ravella, qui enrichit l’action au moyen de multiples dĂ©tails d’une grande pertinence dans l’humour – mais pas seulement, lorsqu’il nous rappelle que la guerre se prĂ©pare pendant que tout ce petit monde s’amuse.
La transposition survitaminĂ©e fonctionne Ă  plein pendant les trois actes, imposant un comique de rĂ©pĂ©tition servi par une direction d’acteur qui fourmille de dĂ©tails (chute du bellĂątre PĂąris dans l’escalier, prosodie de la servante façon ado bourgeoise de Florence Foresti, etc). De quoi surprendre ceux qui n’imaginait pas Bruno Ravella capable de renouveler, en un rĂ©pertoire diffĂ©rent, le succĂšs obtenu l’an passĂ© avec Werther – un spectacle aurĂ©olĂ© d’un prix du Syndicat de la critique. On mentionnera enfin la modernisation fĂ©roce des dialogues rĂ©alisĂ©e par Alain Perroux (en phase avec l’esprit du livret original tournĂ© contre NapolĂ©on III), qui dirige logiquement la farce contre le pouvoir en place aux cris d’”En marche la GrĂšce !” ou de “Macron, prĂ©sident des riches ! ».

 

 

 

Farce délirante contre le pouvoir

 

 

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Autour de cette proposition scĂ©nique rĂ©jouissante, le plateau vocal brille lui aussi de mille feux, Ă  l’exception du rĂŽle-titre problĂ©matique. Rien d’indigne chez Mireille Lebel qui impose un timbre et des phrasĂ©s d’une belle musicalitĂ© pendant toute la soirĂ©e. Qu’il est dommage cependant que la puissance vocale lui fasse Ă  ce point dĂ©faut, nĂ©cessitant Ă  plusieurs reprises de tendre l’oreille pour bien saisir ses interventions. Pour une chanteuse d’origine anglophone, sa prononciation se montre tout Ă  fait satisfaisante, mais on perd lĂ  aussi un peu du sel que sait lui apporter Philippe Talbot en comparaison. C’est lĂ , sans doute, le tĂ©nor idĂ©al dans ce rĂ©pertoire, tant sa prononciation parfaite et son timbre clair font mouche, le tout avec une finesse thĂ©Ăątrale trĂšs Ă  propos.

Autour d’eux, tous les seconds rĂŽles affichent un niveau superlatif. On se rĂ©jouira de retrouver des piliers du rĂ©pertoire lĂ©ger, tout particuliĂšrement Franck LeguĂ©rinel et Eric Huchet – tous deux irrĂ©sistibles.

On mentionnera Ă©galement le talent comique de Boris Grappe, Ă  juste titre chaleureusement applaudi en fin de reprĂ©sentation, dont le style vocal comme les expressions lui donnent des faux airs de …Flannan ObĂ©, un autre grand spĂ©cialiste bouffe. Enfin, Laurent Campellone dirige ses troupes avec une tendresse et une attention de tous les instants, donnant une transparence et un raffinement inattendus dans cet ouvrage. Un grand spectacle Ă  savourer sans modĂ©ration pour peu que l’on ait su rĂ©server Ă  temps ! A l’affiche de l’OpĂ©ra national de Lorraine, Ă  Nancy, jusqu’au 23 dĂ©cembre 2018.

 

 

 

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Compte-rendu, opĂ©ra. Nancy, OpĂ©ra national de Lorraine, le 14 dĂ©cembre 2018. Offenbach : La Belle HĂ©lĂšne. Mireille Lebel (HĂ©lĂšne), Yete Queiroz (Oreste), Philippe Talbot (PĂąris),  Boris Grappe(Calchas), Franck LeguĂ©rinel (Agamemnon), Eric Huchet (MĂ©nĂ©las), RaphaĂ«l BrĂ©mard (Achille). Orchestre et chƓurs de l’OpĂ©ra national de Lorraine, direction musicale, Laurent Campellone / mise en scĂšne, Bruno Ravella.

/ illustrations : © Opéra national de Nancy 2018

 

 

 

Expo, livre. NANCY : « OPERA ! », exposition et catalogue par Pierre-Hippolyte Pénet

expo-opera-nancy trois siecles de creation classiquenews expo catalogue classiquenews annonce critique -708x350Expo, livre. NANCY : « OPERA ! », exposition et catalogue par Pierre-Hippolyte PĂ©net. Passionnant catalogue que celui qui accompagne l’exposition Ă©vĂ©nement prĂ©sentĂ©e par l’OpĂ©ra national de Lorraine Ă  Nancy pour son tricentenaire en 2019 : « OPERA ! ». L’intĂ©rĂȘt de cette publication haute en couleurs et riche en illustrations et documents photographiques est de restituer les grandes heures du spectacle Ă  Nancy Ă  travers les princes et politiques qui ont prĂ©sidĂ© Ă  l’essor des arts du spectacle in situ ; chaque commanditaire en son Ă©poque manifeste de pĂ©riode en pĂ©riode, un goĂ»t et une conception du spectacle spĂ©cifique : le duc LĂ©opold au dĂ©but du XVIIIĂš (1708-1709) avec le concours des Bibiena (la fameuse « salle des machines » inaugurĂ©e par Le temple d’AstrĂ©e de Desmarest) ; la ComĂ©die du roi Stanislas au plein XVIIIĂš (1755) sur la nouvelle Place royale (inaugurĂ©e par le divertissement Le Triomphe de l’HumanitĂ©, musique de Seurat ; le thĂ©Ăątre de Nancy au XIXĂš ; enfin le nouveau thĂ©Ăątre (au XXĂš, soit 1919, inaugurĂ© avec Sigurd de Reyer), et enfin l’OpĂ©ra national (depuis 2006) jusqu’à nos jours

Jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1980, tous les genres et toutes les disciplines sont ainsi diffusĂ©s, sans rĂ©partition claire : comĂ©die, tragĂ©die, drame, mĂ©lodrame, vaudeville, opĂ©ra, opĂ©rette, opĂ©ra comique, fĂ©erie, ballet
 VoilĂ  qui place la citĂ© ducale nancĂ©enne au nombre des foyers artistiques parmi les plus anciens et riches de France, ce depuis 300 ans.

JALONS
 Parmi les temps forts de cette histoire tricentenaire, quelques jalons importants de la crĂ©ation et de l’essor du spectacle vivant dans la citĂ© ducale nancĂ©enne :
A l’époque napolĂ©onienne, avec la nouvelle gestion des salles dĂ©crĂ©tĂ©es par l’Empereur, Nancy se retrouve dans l’ombre de 
 Metz.
En 1884, la nomination du comĂ©dien Albert CarrĂ© (futur administrateur de l’OpĂ©ra-Comique) comme directeur du ThĂ©Ăątre de Nancy.
L’incendie dĂ©vastateur de 1906, juste avant la reprĂ©sentation de Manon de Massenet

L’implantation alors de la troupe Ă  la Salle Poirel
 jusqu’en 1919, le temps que le nouveau thĂ©Ăątre soit Ă©difiĂ© et ses derniers amĂ©nagements acceptĂ©s ; le texte prĂ©sente de façon trĂšs claire comme l’architecte dĂ©signĂ© Joseph Hornecker dut rĂ©viser le volume final des plafonds et de la toiture couronnant le bĂątiment (« verrue kolossale ») qui a menacĂ© de dĂ©figurer l’équilibre des bĂątiments sur la place royale


 
 
 

NANCY, capitale lyrique

 
 
  
 
 

opera national de lorraine opera expo livre catalogue pierre hippolyte pernet annonce critique classiquenews fevrier 2019 Nancy_Place_Stanislas_BW_2015-07-18_13-49-20_1REALISATIONS RECENTES
 On remarque quelques performances remarquables, comme celle de la trĂšs jeune nancĂ©enne Christiane Stutzmann, en 1962 dans la crĂ©ation mondiale de l’opĂ©ra Cyrnos d’AndrĂ© Ameller ; et une Ă©volution sensible de la programmation en particulier sous la direction d’Antoine Bourseiller, Ă  partir de 1982, avec l’abandon progressif des opĂ©rettes et opĂ©ras comiques au profit des productions lyriques, souvent crĂ©ations(crĂ©ation française de Boulevard solitude d’HW Henze ; PersĂ©phone d’AndrĂ© Bon, 1987 ; La noche triste de Jean ProdomidĂšs, 1989
, sans omettre tout un cycle de crĂ©ations françaises d’ouvrages clĂ©s : Lady Macbeth de Chostakovitch, 1989 ; Fiançailles au couvent de Prokofiev, 1992 ; surtout Billy Bud de Britten en 1993), ou nouvelles productions (pastiche d’opĂ©ras baroques conçu par Bourseiller lui-mĂȘme : Didon Abbandonnata en 1987, avec deux chanteuses totalement inconnues alors, Cecilia Bartoli et Natalie Stutzmann
).

 
 
  
 
 

CLIC D'OR macaron 200Totalement restaurĂ©e en 1994, devenue « OpĂ©ra national » (en 2006 sous la direction de Laurent Spielmann), la salle du nouveau ThĂ©Ăątre de Nancy peut fiĂšrement revendiquer ainsi une histoire artistique et culturelle particuliĂšrement riche. Plus rĂ©cemment, ont comptĂ© la premiĂšre mise en scĂšne d’opĂ©ra d’Olivier Py (Der Freischutz de Weber, 1999), la crĂ©ation mondiale de Divorce Ă  l’italienne de Giorgio Battistelli (2008), d’éblouissantes nouvelles productions comme La Ville Morte de Korngold (2010), Artaserse de Leonardo Vinci (2012, rĂ©unissant une brochette de contre tĂ©nors contemporains : Jarousski, surtout Cencic et Fagioli)
 Aucun doute, Nancy fait partie des scĂšnes lyriques d’Europe parmi les plus audacieuses et exigeantes. En 2019, pour le centenaire du Nouveau ThĂ©Ăątre Hornecker, un nouveau directeur Matthieu Dussouillez prendra la direction. Une nouvelle Ăšre, de nouveaux accomplissements devraient se prĂ©ciser. L’exposition et le catalogue prĂ©sentĂ© Ă  Nancy jusqu’au 24 fĂ©vrier 2019, permettent aujourd’hui de contextualiser cette prise de fonction attendue.

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Opera-Trois-siecles-de-creation catalogue exposition critique annonce classiquenewsNANCY : « OPERA ! », exposition et catalogue par Pierre-Hippolyte Pénet, commissaire et auteur (éditions Snoeck
, 160 pages – ISBN 978 94 6161 512 1 – prix indicatif : 25 € ) - « OPERA ! Trois siĂšcles de crĂ©ation Ă  Nancy », exposition prĂ©sentĂ©e Galerie Poirel, Nancy, jusqu’au 24 fĂ©vrier 2019.

 
 
 

+ d’infos :
https://www.opera-national-lorraine.fr/programme/3-siecles-de-creation-a-nancy
http://www.nancy-tourisme.info/2018/11/02/opera-trois-siecles-de-creation-a-nancy/
 
 
 

LIRE aussi notre annonce de l’exposition « OPERA ! Trois siĂšcles de crĂ©ation Ă  Nancy » :
http://www.classiquenews.com/nancy-opera-exposition-opera-3-siecles-de-creation-a-nancy-9-nov-2018-24-fev-2019/ 
 
 
 
 
 

Compte rendu, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 26 juin 2016. Gaetano Donizetti : Lucia di Lammermoor. Erin Morley, Rame Lahaj, Jean-François Lapointe, Jean Teitgen. Corrado Rovaris, direction musicale. Jean-Louis Martinelli, mise en scÚne

C’est avec le retour du chef d’Ɠuvre gothique de Gaetano Donizetti, absent de l’affiche depuis plus de quatre dĂ©cennies, que l’OpĂ©ra National de Lorraine referme sa saison 2016-2017.  Au rideau final, c’est un vĂ©ritable triomphe, les bravi fusant, lancĂ©s par des spectateurs heureux de retrouver cet opĂ©ra dont ils avaient Ă©tĂ© trop longtemps privĂ©s et qu’ils attendaient avec impatience.

 

 

La Folie de retour Ă  Nancy

 

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Passons rapidement sur la nouvelle production imaginĂ©e par Jean-Louis Martinelli, qui se fait rapidement oublier par son anonymat, plateau nu dĂ©limitĂ© par des murs ainsi qu’une cloison qui s’ouvre sur quelques vidĂ©os – certes superbes – d’une mer charriant un cheval d’écume, les mĂȘme eaux se teintant funestement de rouge Ă  l’annonce de la mort de l’hĂ©roĂŻne. Si la transposition dans les annĂ©es 60 apparaĂźt gratuite et jamais rĂ©ellement justifiĂ©e, cette scĂ©nographie conserve nĂ©anmoins le mĂ©rite de ne jamais entraver la libertĂ© du chant, et s’il y a bien un ouvrage oĂč la voix et ses mĂ©lismes demeurent l’essence mĂȘme du drame, c’est celui-ci.

Si le chƓur, souvent statique, manque de flamme, l’orchestre nancĂ©en donne le meilleur de lui-mĂȘme, sous la direction efficace mais parfois un peu pesante de Corrado Rovaris, le chef conservant – et on l’en remercie – la scĂšne de Wolf Craig opposant les deux ennemis, un moment d’une excitante tension dramatique.

Le plateau, trĂšs homogĂšne, rend parfaitement justice Ă  la partition. Aux cĂŽtĂ©s du Normanno insidieux d’Emanuele Giannino et de l’Alisa Ă  la prĂ©sence rassurante de Valeria Tornatore, Christophe Berry offre d’Arturo un portrait presque sympathique, inconscient du drame qui l’attend, et dĂ©livre une trĂšs belle prestation vocale.

Belle idĂ©e d’avoir confiĂ© l’ambigu Raimondo Ă  la voix noire et rocailleuse de Jean Teitgen, l’une des plus belles basses françaises du moment. Le style demeure de bout en bout impeccable, la puissance de l’instrument remplit sans effort la salle et son grain particulier rĂ©vĂšle un personnage plus complexe qu’il n’y parait, Ă  la fois sincĂšre dans sa tendresse pour la fragile Lucia et ferme dans ses intentions de prĂȘter main-forte Ă  son frĂšre.

Un Enrico inflexible et mordant, superbement incarnĂ© par un Jean-François Lapointe aux aigus toujours plus impressionnants, d’une projection exceptionnelle qui n’a d’égale que la facilitĂ© avec laquelle ils paraissent Ă©mis. Le bas de la tessiture n’a pas toujours cette arrogance, mais le baryton quĂ©bĂ©cois se donne sans compter et sa performance est Ă  saluer.

Magnifique Ă©galement, l’Edgardo enfiĂ©vrĂ© du tĂ©nor kosovar Rame Lahaj. MalgrĂ© une petite baisse de tension durant son premier duo avec Lucia, il peint un portrait bouleversant du jeune amoureux grĂące Ă  son engagement scĂ©nique d’une Ă©vidente justesse et aux couleurs sombres de son timbre, pourtant toujours superbement timbrĂ©. Sa scĂšne finale restera durablement dans les mĂ©moires par sa tendresse infinie et le dĂ©sespoir si sincĂšre qui achĂšve sa prestation, douleur qu’éclaire l’espoir des retrouvailles dans les cieux.

Prise de rĂŽle importante pour la soprano amĂ©ricaine Erin Morley, et Ă©tape essentielle dans une carriĂšre de soprano que la premiĂšre rencontre avec Lucia. Un dĂ©fi relevĂ© avec brio, bien que ce rĂŽle demeure, selon nous, et pour l’instant du moins, la limite du rĂ©pertoire que peut aborder sans dommages la jeune cantatrice. Si le timbre charme par sa vibration dĂ©licate et le suraigu se dĂ©ploie avec une dĂ©concertante facilitĂ©, le mĂ©dium apparaĂźt encore un rien tĂ©nu, et le grave sonne peu, voire disparaĂźt dĂšs que l’orchestre donne de la puissance ; voilĂ  pour les rĂ©serves. Qui se rĂ©vĂšlent bien vite balayĂ©es par l’interprĂ©tation profondĂ©ment personnelle que donne Ă  entendre la chanteuse. DĂšs les premiĂšres phrases, on est touchĂ©s par la justesse des mots et des accents, plus encore par la variĂ©tĂ© de couleurs que cette voix pourtant d’essence lĂ©gĂšre peut se permettre. Et on se surprend tout au long de la soirĂ©e Ă  ĂȘtre touchĂ©s au cƓur, ici par un accent vrai, lĂ  par un pianissimo plein de douleur contenue, autant de dĂ©tails qui forment une appropriation de cette musique.

La scĂšne de la folie demeure Ă  cet Ă©gard un grand moment : adamantine, suspendue, ponctuĂ©e par des silences pleinement habitĂ©s, les sonoritĂ©s cristallines crĂ©Ă©es par la musicienne trouvant leur Ă©cho parfait dans celles, irrĂ©elles, de l’harmonica de verre, instrument vĂ©ritablement indispensable Ă  cette atmosphĂšre.

 

 

Nancy. OpĂ©ra National de Lorraine, 26 juin 2016. Gaetano Donizetti : Lucia di Lammermoor. Livret de Salvatore Cammarano d’aprĂšs Walter Scott. Avec Lucia : Erin Morley ; Edgardo : Rame Lahaj ; Enrico : Jean-François Lapointe ; Raimondo : Jean Teitgen ; Arturo : Christophe Berry ; Alisa : Valeria Tornatore ; Normanno : Emanuele Giannino. ChƓur de l’OpĂ©ra National de Lorraine. Chef de chƓur : Merion Powell. Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy.  Direction musicale : Corrado Rovaris. Mise en scĂšne : Jean-Louis Martinelli ; DĂ©cors : Gilles Taschet ; Costumes : Patrick Dutertre ; LumiĂšres : Jean-Marc Skatchko ; VidĂ©o : HĂ©lĂšne Guetary.

 

 

Aleko et Francesca da Rimini de Rachmaninov Ă  Nancy

rachmaninov-une-582-380-enfant-sage-dossier-operaNancy. Rachmaninov : Aleko, F. Da Rimini. 6-15 fĂ©vrier 2015. Superbe et heureuse surprise lyrique proposĂ©e par l’OpĂ©ra de Nancy : les opĂ©ras de Rachmaninov sont trop peu jouĂ©s et pourtant d’un raffinement symphonique et crĂ©pusculaire, souvent saisissant. Aleko – opĂ©ra virtuose du jeune Ă©lĂšve talentueux au Conservatoire de Moscou de 1893) et surtout le flamboyant Francesca da Rimini- composĂ© en 1905, d’aprĂšs le VĂšme chant de l’Enfer de Dante, dĂ©voilent une facette mĂ©connue de compositeur russe, son gĂ©nie thĂ©Ăątral.

 

 

 

boutonreservationNancy, Opéra de Lorraine
Les 6,8,10,12,15 février 2015
Calderon, Purcarete
Vinogradov, Maksutov, Sebesteyen, Gaskarova, Lifar – Gnidi, Maksutov, Vinogradov, Gaskarova, Liberman

 

 

 

 

 

Aleko, 1893

Decca : l'intĂ©grale Rachma !Aboutissement de son apprentissage au Conservatoire de Moscou, le jeune Rachmaninov doit composer un opĂ©ra d’aprĂšs Pouchkine. Illivre la partition scintillante d’Aleko, d’un raffinement orchestral dĂ©jĂ  sĂ»r, Ă©gal des opĂ©ras les plus rĂ©ussis de Tchaikovski, avec une science des transitions mĂ©lodiques et des climats, entre Ă©lĂ©gie poĂ©tique, ivresse sensuelle et vertiges amers rarement aussi bien enchaĂźnĂ©s. En seulement 17 jours et suivant l’encouragement admiratif d’Arensky son professeur, Rachmaninov achĂšve Alenko qui lui permet de remporter la grande mĂ©daille d’or, rĂ©compense prestigieuse qu’il rĂ©colte avec un an d’avance : c’est dire la prĂ©cocitĂ© de son gĂ©nie lyrique. MalgrĂ© l’enthousiasme immĂ©diat de Tchaikovski dĂšs la premiĂšre Ă  Moscou, Alenko sera ensuite rejetĂ© par son auteur qui le trouvait trop italianisant.

Proche de son sujet, immersion dans le monde tziganes oĂč la libertĂ© fait loi, Rachmaninov inspirĂ© par un milieu d’une sensualitĂ© farouche, Ă  la fois sauvage et brutale mais Ă©tincelante par ses accents orientalisants, favorise tout au long des 13 numĂ©ros de l’ouvrage, une succession de danses caractĂ©risĂ©es, Ă©nergiquement associĂ©es, de choeurs trĂšs recueillis et prĂ©sents, un orchestre dĂ©jĂ  flamboyant qui annonce celui du Chevalier Ladre de 1906. FidĂšle Ă  son sens des contrastes, le jeune auteur fait succĂ©der amples pages symphoniques et chorales Ă  l’atmosphĂ©risme envoĂ»tant et duos d’amour entre les Ă©poux, d’un abandon extatique. Parmi les pages les plus abouties qui dĂ©passe un simple exercice scolaire, citons la Cavatine pour voix de basse (que rendit cĂ©lĂšbre Chaliapine, d’un feu irrĂ©sistible plein d’espĂ©rance et de dĂ©sir inassouvi) ou la scĂšne du berceau. e souvenant de Boris de Moussorsgki, la scĂšne tragique s’achĂšve sur un sublime chƓur de compassion et de recueillement salvateur auquel rĂ©pond les remords du jeune homme sur un rythme de marche grimaçante et languissante, avant que les bois ne marque la fin, Ă  peine martelĂ©e, furtivement. La maturitĂ© dont fait preuve alors Rachmaninov est saisissante.

Synopsis

Carmen russe ? La passion rend fou… D’aprĂšs Les Tziganes de Pouchkine, Alenko est un jeune homme que la vie de BohĂšme sĂ©duit irrĂ©sistiblement au point qu’il dĂ©cide de vivre parmi les Tziganes. Surtout auprĂšs de la belle Zemfira dont les infidĂ©litĂ©s le mĂšne Ă  la folie : possĂ©dĂ©, Aleko tue la jeune femme, sirĂšne fascinante et inaccessible, avant d’ĂȘtre rejetĂ© par le clan qui l’avait accueilli. Le trame de l’action et la caractĂ©risation des protagonistes rappelle Ă©videmment Carmen de Bizet (1875), mais alors que le français se concentre sur le duo mezzo-soprano/tĂ©nor (Carmen, JosĂ©), Rachmaninov choisit le timbre de baryton pour son hĂ©ros tiraillĂ© et bientĂŽt meurtrier.

 

 

 

 

Aleko et Francesca da Rimini de Rachmaninov Ă  Nancy

La figure de Francesca s’impose dans l’histoire des amants maudits magnifiques. Bien que mariĂ©e Ă  Lanceotto, la jeune femme ne peut rĂ©sister au frĂšre de ce dernier : Paolo. La princesse de Rimini a inspirĂ© de nombreux artistes surtout romantiques : les peintres (cĂ©lĂšbre tableau de monsieur Ingres et de William Dyce en une claire nuit enchantĂ©e
)  et les compositeurs tels Liszt (Dante Symphonie), Tchaikovski ou Ambroise Thomas sans omettre Riccardo Zandonai
 La lecture qu’en offre Rachmaninov s’inscrit dans l’illustration tragique, tĂ©nĂ©breuse, crĂ©pusculaire.

L’exceptionnel Francesca da Rimini opus 25 (1905) sur le livret de Modeste Tchaikovski, aux Ă©clats crĂ©pusculaires … souligne combien Rachmaninov est un auteur taillĂ© pour les atmosphĂšres somptueusement fantastiques voire lugubres : pas d’Ă©chappĂ©e possible pour Francesca. La partition met en avant le gĂ©nie symphonique de l’orchestrateur, sa capacitĂ© Ă  saisir des ambiances sombres et mĂ©lancoliques que sous-tend cependant une rĂ©elle Ă©nergie tendre (ample et prophĂ©tique prĂ©lude, trĂšs dĂ©veloppĂ©). Les profils psychologiques sont remarqualement caractĂ©risĂ©s par un orchestre ocĂ©anique qui fait souffler une houle flamboyante et introspective : difficile de rĂ©sister au chant de Lanceotto Malatesta (baryton) chez qui s’embrase littĂ©ralement le feu dĂ©vorant du soupçon et de la jalousie.
En dĂ©pit d’un livret assez sommaire et trĂšs schĂ©matique de Modeste Tchaikovsky, la musique comble les vides criants du texte, dĂ©veloppe de superbes variations symphoniques sur chaque situations en conflits opposant les deux amants ivres et impuissants face au venin de plus en plus menaçant de Lanceotto. StructurĂ© en flasback, le livret mĂȘle prĂ©sent de l’action tragique et dramatique, et passĂ©.
Le prologue Ă©voque le premier et le second cercle des enfers que traverse Dante conduit par Virgile (comme dans le tableau de Delacroix oĂč les deux sont sur la barque sur un ocĂ©an inquiĂ©tant…). Dante aperçoit l’Ăąme et les fantĂŽmes errants de Paolo et Francesca…

rachmaninov au pianoAu premier tableau, ans la palais Malatesta, le trĂšs grand monologue de Lanceotto Malatesta, solitaire, douloureux tĂ©moin d’un amour qu’il ne peut attĂ©nuer sans le dĂ©truire, se glisse l’amertume de Rachmaninov lui-mĂȘme qui compose cette partie (1900) alors qu’il vit une profonde dĂ©pression aprĂšs l’Ă©chec de sa premiĂšre symphonie. Conflit entre rage et impuissance tenace face au destin qui renforce sa totale frustration : Francesca qu’il aime en aime un autre : son propre frĂšre, Paolo. Toute la thĂ©matique de la malĂ©diction se dĂ©ploie ici avec des couleurs inouĂŻes. Contraint de partir Ă  la guerre, Lanceotto exprime nĂ©anmoins ses soupçons et sa colĂšre dĂ©munie. Le meurtre est Ă©vacuĂ© en quelques mesures comme si l’opĂ©ra Ă©tait plutĂŽt centrĂ© sur le ressentiment du frĂšre trahi et Ă©cartĂ© : Lanceotto est le vrai protagoniste de ce drame Ă  la fois Ă©conome et fulgurant.
Dans le tableau II, en l’absence de son frĂšre, le beau Paolo fait sa cour Ă  Francesca en lui narrant subtilement l’histoire de Lancelot et de GueniĂšvre : adultĂšre et trahison d’une force irrĂ©pressible au son de la harpe enchantĂ©e… Rachmaninov peint alors un superbe lieu d’amour enchantĂ© : ce lieu mĂȘme qu’Ă©voque insidieusement Paolo, lĂ  oĂč GueniĂšvre s’est donnĂ© au chevalier magnifique. Les deux s’embrassent quand surgit Lanceotto qui les poignarde de fureur.

L’Epilogue (avec son choeur surexpressif bouche fermĂ©e) Ă©voque le retour de Dante conduit par Virgile hors du second cercle des Enfers. L’ouvrage s’achĂšve ainsi dans les brumes du souvenir, de l’Ă©vocation fantomatique, comme un songe surnaturel.

decca-rachmaninov-the-complete-works-box-coffret-32-cd-ashkenazy-jarviCD. On ne saurait mieux conseiller la version signĂ©e il y a presque 20 ans, en 1996 par Neeme JĂ€rvi et le symphonique de Gothenburg (Decca) avec deux monstres sacrĂ©s du chant russe : le baryton ardent et noble Serguei Leiferkus (Lanceotto) et le tĂ©nor non moins hallucinant Serguei Larin dans le rĂŽle Ă©perdu de Paolo. Chacun Ă©blouit dans la premiĂšre et seconde partie. Il est temps de reconnaĂźtre le gĂ©nie lyrique de Rachmaninov tel qu’il se dĂ©voile dans ses pages hautement dramatiques. Certes la livret pĂȘche mais la construction et l’intelligence musicale captivent de bout en bout : la fin prĂ©cipite le drame, l’Ă©vocation des enfers de Dante offre une fresque symphonique avec chƓur d’une Ă©vidente puissance poĂ©tique.

 

 

Compte rendu, opéra. Nancy. Opéra National de Lorraine, le 25 novembre 2014. Giuseppe Verdi : Nabucco. Giovanni Meoni, Raffaella Angeletti, Alexander Vinogradov, Diana Axentii, Alessandro Liberatore. Rani Calderon, direction musicale. John Fulljames, mise en scÚne

Vague verdienne en juin 2014Peu reprĂ©sentĂ© dans l’Hexagone, le Nabucco de Verdi a eu bien de la chance grĂące Ă  cette nouvelle production montĂ©e par l’OpĂ©ra National de Lorraine. La maison nancĂ©enne a fait appel au mĂȘme metteur en scĂšne que pour sa triomphale ClĂ©mence de Titus la saison derniĂšre : John Fulljames. Le scĂ©nographe anglais a imaginĂ© un unique dĂ©cor surprenant, reproduisant jusque dans ses moindres dĂ©tails une synagogue d’Europe centrale, bĂątiment laissĂ© Ă  l’abandon au cƓur duquel se retrouvent les fidĂšles qui perpĂ©tuent la mĂ©moire de leur foi. Bien souvent, on se prend Ă  penser que l’histoire qui nous est contĂ©e n’est elle-mĂȘme qu’une reprĂ©sentation thĂ©Ăątrale qui permet au groupe de cimenter sa ferveur pour garder force et cohĂ©sion. Les nombreux enfants prĂ©sents sur le plateau, qui escortent le roi de Babylone, reprĂ©sentent l’indispensable transmission, vitale pour toute spiritualitĂ©. On n’oubliera pas de sitĂŽt la valse lente que dansent les hĂ©breux sur la musique de leur supplice au quatriĂšme acte, comme la nostalgie d’un passĂ© dĂ©sormais rĂ©volu. Et ce mystĂ©rieux vieil homme, qui paraĂźt veiller sur les destinĂ©es de chacun et de tous, dont l’omniprĂ©sence muette dans l’ombre du plateau ne cesse d’interroger sur son identitĂ© humaine ou
 divine.

 

 

 

Un Nabucco de mémoire

 

Les costumes, simples mais Ă©lĂ©gants, participent de cette atmosphĂšre intime, loin de tout faste grandiloquent, surprenante de prime abord mais d’une belle justesse Ă©motionnelle.
Cette proximitĂ© se voit renforcĂ©e par la direction remarquable de Rani Calderon, audiblement adoptĂ© par l’orchestre. Nonobstant quelques regrettables dĂ©calages, la pĂąte sonore dĂ©veloppĂ©e par le chef israĂ©lien sert magnifiquement la musique de Verdi, toute de legato et de profondeur. Les airs lents se voient ainsi superbement phrasĂ©s et le chƓur « Va pensiero » tant attendu s’élĂšve avec une pudeur qui transparaĂźt jusque dans les voix du chƓur, admirable d’homogĂ©nĂ©itĂ© et de justesse.
La distribution, comme Ă  l’ordinaire, a Ă©tĂ© particuliĂšrement soignĂ©e. MĂȘme lorsque la fatalitĂ© – et la chance – s’en mĂȘlent. Initialement prĂ©vue dans le rĂŽle d’Abigaille, la soprano allemande Silvana Dussmann a du ĂȘtre remplacĂ©e par Elizabeth Blancke-Biggs, que nous avions applaudie Ă  GenĂšve au printemps dernier. La loi des sĂ©ries ayant dĂ©cidĂ© de continuer son Ɠuvre, la chanteuse amĂ©ricaine s’est vue contrainte de dĂ©clarer forfait aprĂšs la rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale. Et c’est sur l’italienne Raffaella Angeletti que le rideau s’est levĂ© en ce soir de premiĂšre. Une rĂ©vĂ©lation, pas moins. Visiblement accoutumĂ©e aux rĂŽles rĂ©putĂ©s inchantables, cette valeureuse artiste paraĂźt ne rien craindre de l’écriture terrible du personnage. Aigus triomphants, graves sonores, mĂ©dium charnu et arrogance des accents, elle subjugue dĂšs son entrĂ©e par son port altier et son magnĂ©tisme en scĂšne. Avant d’étonner dans la deuxiĂšme partie avec une cantilĂšne piano chantĂ©e archet Ă  la corde, dans une suspension du son qu’on n’imaginait pas, et conduite avec l’art d’une grande musicienne. Toute la reprĂ©sentation se dĂ©roule ainsi, avec Ă©vidence, jusqu’à une mort poignante qui achĂšve de nous faire admirer cette cantatrice trop mĂ©connue.
Face Ă  elle, on rend les armes devant le chant invariablement racĂ© et chĂątiĂ© de Giovanni Meoni, percutant dans l’attaque, mordant dans l’émission et imperturbable dans la ligne vocale. Sa grande scĂšne est Ă  ce titre Ă©loquente, grĂące Ă  un « Dio di Giuda » qui rappelle une fois de plus Renato Bruson par la noblesse de son exĂ©cution, et une cabalette Ă  la fiertĂ© conquĂ©rante, couronnĂ©e par un la bĂ©mol aigu de toute beautĂ©, une note qu’on n’attendait pas chez le baryton italien.
Mention spĂ©ciale au Zaccaria surprenant d’Alexander Vinogradov, tant la silhouette adolescente de cette jeune basse ne laisse rien prĂ©sager de l’ampleur de l’instrument qu’elle abrite. Une voix puissante et riche, parfois un rien engorgĂ©e, mais dont on admire le grave caverneux et l’aigu robuste.
AprĂšs son Des Grieux liĂ©geois, le tĂ©nor Alessandro Liberatore trouve en Ismaele un rĂŽle qui convient mieux Ă  sa vocalitĂ© transalpine, tandis que Diana Axentii profite de son air dans la derniĂšre partie pour faire valoir la puretĂ© de son timbre et le raffinement de son chant. Belle surprise Ă©galement avec le Grand-PrĂȘtre de Baal incarnĂ© avec force et conviction par Kakhaber Shavidze.
Un beau spectacle, chaleureusement saluĂ© par le public au rideau final, qui prouve qu’il n’est pas impossible de servir dignement le drame verdien.

 

 

Nancy. OpĂ©ra National de Lorraine, 25 novembre 2014. Giuseppe Verdi : Nabucco. Livret de Temistocle Solera. Avec Nabucco : Giovanni Meoni ; Abigaille : Raffaella Angeletti ; Zaccaria : Alexander Vinogradov ; Fenena : Diana Axentii ; Ismaele : Alessandro Liberatore ; Le Grand-PrĂȘtre de Baal : Kakhaber Shavidze ; Abdallo : Tadeusz Szczeblewski ; Anna : Elena Le Fur ; L’Homme : Yves Breton. ChƓur de l’OpĂ©ra National de Lorraine. Chef de chƓur : Merion Powell. ChƓur de l’OpĂ©ra-ThĂ©Ăątre de Metz MĂ©tropole. Chef de chƓur : Jean-Pierre Aniorte. Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy. Direction musicale : Rani Calderon. Mise en scĂšne : John Fulljames ; DĂ©cors : Dick Bird ; Costumes : Christina Cunnigham ; LumiĂšres : Lee Curran ; ChorĂ©graphie : Maxine Braham